dimanche 31 mars 2013

Conte postal de Pâques dans 'Libération'

Pour célébrer les fêtes de Pâques, la chronique gastronomique du quotidien Libération a proposé un conte de Pâques, signé Jacky Durant, pour l'édition imprimée du vendredi 29 mars 2013.

Le colis postal et les postiers... ou l'amour paternel qui entoure la préparation du contenu et de la boîte y jouent un rôle essentiel.

Alors : agneau ou chocolat ? Tiens, La Poste ne nous pas encore pondu un timbre au goût de la viande d'agneau.

Surprise ! La Poste préfère J+2 à J+1

Un an après l'ARCEP, la presse française découvre que La Poste préfère le courrier à emmener à destination en deux jours, plutôt qu'un... Il était craint alors que l'expéditeur trouve ainsi plus facilement timbres de distributeur, en carnets, etc. de la lettre verte plutôt que ceux du courrier prioritaire.

Une telle crainte que, désormais, c'est le contrat de service public liant l'État français et La Poste qui entérine que J+2 est du service public acceptable, y compris en lettre recommandée.

Certes, les délais J+ sont théoriques, dépendant de sa localisation (ville/campagne, avant/après la levée de la boîte), du contexte social local découvert aux détours des quotidiens régionaux, et plus simplement, de la capacité des postiers à trier plus en étant moins nombreux.

Certes, peu de courrier étant pressé de nos jours (merci les nouvelles techniques de communication), cinq centimes d'économie montrent que La Poste se soucie de ses clients,... du coût du J+1 et des pénalités financières si elle ne tient pas cet objectif.

Certes, l'une est peinte en vert et pas l'autre. L'une se contente de lents et électriques trains contre l'autre qui abuse de rapides et polluants avions... Il faudrait juste rajouter tous les véhicules à moteur du circuit et m'expliquer comment le courrier de la plate-forme du Languedoc, sise à l'aéroport de Montpellier - commune non ferroviaire de Mauguio - arriverait en train sans passer dans un camion diesel...

Le but est bien de diminuer le nombre d'employés nécessaires chaque jour pour garantir le J+1, ce qui inquiète logiquement les syndicats.

Et, l'UFC-Que choisir ? d'ajouter que notre opérateur se rattraperait sur les petits colis plats : les guichetiers oubliant l'existence du MiniMax.

Reste qu'avec l'essor des communications immatérielles, à part les colis, le marché postal est peu florissant. Et l'actionnaire principal souhaite récupérer des bénéfices.

...

Non !!!

...

J'apprends que l'actionnaire de La Poste serait l'État français à 100%, donc la nation ?!

La politique commerciale de La Poste, les décisions de l'ARCEP, les articles de presse et les commentaires de politiciens et de consommateurs outrés sont finalement résumables à l'éternelle équation à laquelle les Français refusent de penser quand ils doivent choisir entre socialisme et libéralisme :

État et contribuables ou électeurs contre syndicats et clients ou électeurs.

dimanche 24 mars 2013

Parler de la "Marianne aveugle", est-ce faire de la politique ?

À la déception d'un commentateur qui croit que la collection de timbres et la philatélie sont apolitiques, le journaliste Pierre Jullien signale que l'association La Manif pour tous utilise sur certaines affiches de mobilisation la Marianne du Bicentenaire que Louis Briat dessina pour servir de timbres-poste au début des années 1990.

La page Facebook de La Manif pour tous (consulter la section « Images »)
au dimanche 24 mars 2013 matin.

La « Marianne aveugle » est son surnom péjoratif que « certains » lui ont donné, rapportait Timbroloisirs (et certainement les autres magazines philatéliques du temps) en mai-juin 19981. Je ne suis pas sûr que c'est un grand choix de communication : car, si les manifestants de ce dimanche pensent que le peuple incarné est bâillonné sur un certain sujet de leur inquiétude, montrer que ce peuple manifestant est aveugle...

Contrairement au commentateur anti-politisation de la collection de timbres et de la philatélie, il y a un intérêt à faire connaître ces réutilisations : pourquoi cette Marianne et pas une autre ? Quel sens pour les auteurs ? Pour les partisans du mouvement ? Quelle interprétation par le public extérieur ?

Il suffit de consulter la section « Images » pour voir des caricatures détournées de caricatures des mouvements anti-de Gaulle des années 1960, dont mai 68. Un politologue ou un historien saliverait à mener une étude comparative des convictions des lamanifpourtousistes et de celles des antidegaullistes... « Aux antipodes » serait ma première hypothèse.


Enfin, à ceux qui croient suivre un loisirs apolitique : LOL.

Monsieur Sarkozy n'a-t-il pas essayé de politiser la philatélie par une lettre ouverte ? En annonçant trente pour cent « du nombre de timbres en taille-douce » alors que c'était déjà le cas en ce temps-là... Sans compter les croyants béats des états généraux de Fifi que Nico octroya et qui ont donné une charte de la fifilatélie frââânçaise... Des choses qui prennent la poussière dans un coin.

D'abord, à cause des politicards qui débattent sans échange d'idées dans les médias, croire que Pierre Jullien fait de la « politique » en rapportant ce détournement d'œuvre est donc avoir intériorisé une bien piètre définition de « politique ». Cette grande discipline de la gestion en commun de la société à toute échelle, depuis la commune jusqu'à notre planète commune.

Certes, cela suppose que certains volontaires convainquent les autres - veaux, dirait un politicien célèbre2 s'ils ne participent pas à la chose commune -, et là, je hurle de rire : collectionner des timbres est apolitique. Entasser, trier, admirer, étudier des timbres-poste, émis par des États pour se donner une identité... N'est-ce pas là une activité politique, de propagande - qu'elle soit patriotique, nationale, nationaliste ou dictatoriale ?

Aux croyants de l'apolitisme philatélique, nul besoin d'aller confronter des timbres de pays sud-américains menaçant de régler par la guerre leurs problèmes de frontières (Chaco, Gronchi, Falklands, etc.) ou des timbres représentant des élus aux entrêmes de la démocratie : de Konrad Adenauer à Adolf Hitler, de George Washington à George "ADM" Bush Jr. et Barack "Drone" Obama. Dans le second cas, affirmer que les uns sont collectionnables, timbrifiables, etc. et pas les autres, c'est déjà faire de la politique.

Quelles sont alors les « publicités "subliminales" » qui se cachent derrière les timbres de France sur les chemins de Saint-Jacques, le salon de l'Agriculture, le greenwashing de la Lettre verte ? Et la pauvreté de l'offre de timbres présentant les départements et région d'outre-mer, lieu de vie de nos concitoyens ? Pour ne prendre que des timbres récents ; en apparence, innocents, mais qui donnent une certaine image de la France et des Français.


Notes :
1 : ici, contrairement au marronnier, ce n'est pas Wikipédia qui est en faute pour déterminer qui sont ces « certains » : c'est l'auteur de la timbro-fiche de Timbroloisirs qui ne donne pas ses sources (comme parfois en philatélie-magazine).
2 : Mon Dieu ! Mais, il faut interdire l'exposition de collections thématiques sur Charles de Gaulle alors : c'est politique !

vendredi 8 mars 2013

Émulation autour de Perkins Bacon et du Penny Black

Avec la publication en septembre 2012 de Line Engraved Security Printing, la Royal Philatelic Society London se place en carrefour pour que les philatélistes découvrent de nouvelles connaissances et hypothèses sur les premiers timbres-poste britannique, les Penny Black et Penny Red.


Formé en ingéniérie chimique et en droit, Gary Granzow, Fellow de la Société, étudie le travail de l'imprimerie Perkins Bacon depuis 2003, à partir d'une passion pour les timbres britanniques et du savant-ingénieur-inventeur pluridisciplinaire - digne de son époque - états-unien Jacob Perkins.

De son côté, la Royale avait acquis les archives de Perkins Bacon et entamé un long travail de tri, indexation et numérisation. Granzow a profité de l'accueil du siège de la RPSL, au 41 Devonshire Place, pour étudier ces archives et a même pu retrouver des liasses cachées dans des doublures de dossier.

 Pour ceux qui veulent étudier eux-mêmes les archives de Perkins Bacon, 
la Royale propose deux volumes en reproduisant une première partie.

Au bilan, un livre général sur l'imprimerie de sécurité de Perkins Bacon de 1790 à 1935, timbres et billets de banque, et un article dans le London Philatelist d'octobre 2012 proposant une nouvelle estimation du nombre de Penny Black imprimés avec ventilation planche par planche. Car, pour les collectionneurs, trouver les perles rares et cotées importent également.

Et là, commence le débat dans le numéro de mars 2013 du London Philatelist. Car, si, pour établir le nombre de timbres produits et la carrière des planches, Granzow part des archives des imprimeurs qui œuvrent pour améliorer la qualité de leurs productions, il étonne les philatélistes qui ont dû imaginer cette carrière par l'étude systématique de milliers d'exemplaires des Penny Black and Red (ils furent pendant quelques semaines imprimés conjointement).

La contradiction lui est portée, en mars, par Scott Treacy autour un mystère précis, qui fait toute le sel intellectuel du planchage du Penny Black : l'origine et la carrière des planches 9, 21 et 25. Pour le non averti que je suis, un petit polar (que la lecture de Line Engraved... complétera dès que les journées de travail dureront 36 heures pour y loger du loisir) sur quelle plaque a bien pu être remaniée/refaite/resculptée/re... pour devenir la numéro 9 ? Les archives sont-elles fiables pour déduire des nombres qui importent aussi grandement les collectionneurs et philatélistes plancheurs ?

Plusieurs éditions commentées de ces archives ont été réalisées fin XIXe et avant 1953.
Le domaine public permet à la RPSL de les reproposer sur un cd-rom.

Note : pour ceux qui souhaitent se procurer les ouvrages publiés par la Royal Philatelic Society London, les frais de port peuvent être évités par une virée touristique à Londres (musées, gratte-ciel, comédies musicales, bibliothèques philatéliques, etc.). Dans tous les cas, sur place ou par mail, aucun souci de communication : le secrétariat de la Société est tenue par deux Françaises. Bonne lecture.

Note du lundi dix-sept octobre 2016 :
Pour ceux qui souhaitent une première écoute du livre de Gary Granzow, lire l'article sur sa conférence du cinq octobre 2016 au Collectors Club de New York.