lundi 29 février 2016

Hier, jour du Kalevala en Finlande

Le Kalevala est un poème épique de Elias Lönnrot qui compila des mythes et traditions orales caréliennes et finlandaises en un livre publié en 1835. En plein siècle d'émergence des identités nationales en Europe, l'ouvrage contribua à établir la culture nationale finlandaise, pays alors sous contrôle de l'Empire russe.

Depuis, le livre et la culture finlandaise sont célébrés tous les vingt-huit février.
Carte postale de Postverk Føroya d'après un timbre d'Anker Eli Petersen, 2001.
Ce blog a déjà évoqué le Kalevala à travers ma collection de classe ouverte sur Don Rosa. En 1999, l'artiste anatide avait honoré ses nombreux fans finlandais d'une histoire confrontant Donald Duck et Uncle Scrooge avec les héros des traditions finnoises.

En farfouillant ma collection de cartes postales pour de nouveaux échanges Postcrossing, j'en ai retrouvé une série reproduisant les illustrations d'une série de timbres de la poste des îles Féroé. En 2001, Anker Eli Petersen représenta une poignée de mythes et légendes nordiques, incluant celle du sampo, une forge de richesses, brisé pendant le combat entre le héros Väinämöinen et la sorcière Louhi.

Note : et je découvre que Postverk Føroya, créée en 1976 avec l'autonomie de l'archipel danois, est devenue une société publique par actions en 2005 et renommée Posta en 2009.


samedi 27 février 2016

Quand le caricaturiste s'amuse avec les vacances à la carte

Cette semaine, l'enseignant-dessinateur Fabrice Erre publie des cartes postales de ses vacances d'hiver, sur son blog Une année au lycée, qui constitue la pré-publication de ses « guides de survie en milieu scolaire ».
Montage des affranchissements imaginaires des trois premières cartes (avec l'autorisation de l'artiste - merci).
Vacances scolaires en zone C obligent, l'enseignant de lycée explore le monde pour approfondir les chapitres d'histoire et de géographie : au ski mardi vingt-trois, dans les îles à palmiers et eaux turquoises le mecredi vingt-quatre, les temples anciens le jeudi vingt-cinq, la Lune vendredi vingt-six - jusqu'où ira-t-il d'ici la rentrée des classes le lundi vingt-neuf ???1

Je vous laisse visiter le blog pour découvrir les jeux de mots des messages adressés aux fidèles lecteurs pour me concentrer sur le verso affranchi.

Le réalisme est peu de mise, mais la recherche d'images permet de s'amuser à retrouver quoi, où, quand ? Les puristes hurleront d'une recommandation rouge oblitérant deux timbres, mais reliront l'histoire de l'apparition de la recommandation et de ses marques postales : il y a avec cette oblitération inédite une uchronie à écrire.

1 : un euro Cérès rouge non dentelé, sensation de l'année 2014, chez les complétistes français qui refusent de s'informer, ce qui a provoqué la spéculation du bloc Libération de novembre 2015, pourtant émis dans les mêmes quantités... (note : j'ai en-fin récupéré mes quarante euros après avoir forcé : harcelez notre φ-fournisseur).

2 : timbre de Nouvelle-Zélande à la jeune princesse Elisabeth oblitéré de Lattes, charmante bourgade où sont élevés les moutons néo-z... Lattes, comme dans mon Lattes ? Ma collection lattoise contemporaine devient une « classe ouverte » grâce à l'amusement de Fabrice Erre :)

3 : il y a un aspect délirant pour la troisième carte. J'hypothèse un souvenir de carte rédigée sur place, mais faute de boîte aux lettres, nécessité d'attraper le car du groupe, oubli dans une poche du sac, on se retrouve tous un jour ou l'autre à poster la carte loin de sa provenance le long du circuit (koala d'Australie, lions d'Ashoka indiens, Cambodge) ou en rentrant en France - oups.

Petit concours non spéculatif : quel est ce timbre bleu sombre caché par le timbre vert-jungle clair du Cambodge ?

4 : publié après mon montage, une vraie thématique spatiale puisque même l'oblitération colle, visiblement une célébration de lancement en Guyane. Le timbre Dark Vador de la première émission de la Royal Mail totalement privée au timbre albanais de 1962 célébrant Iouri Gagarine, premier Homme dans l'espace. Deux autres timbres-fusées complètent de la République dominicaine et de...

Deuxième concours : d'où vient ce timbre décollage et palmiers ? Et la deuxième oblitération touchant le timbre britannique ?

Bonne recherche : à vos loupes, catalogues et Google Images !


Mise à jour du soir-même :
1 : Pas très loin finalement.

vendredi 26 février 2016

Faut-il guillotiner les kangourous sans tatouage à Adelaide ?

Comme le tatouage obligatoire des chiens et chats en France depuis 1989, faut-il imposer le tatouage obligatoire de la valeur faciale et du lieu d'émission sur les timbres d'urgence d'Adelaide ?

L'animal a bien fait de se baisser pour observer le problème...
La variété non imprimée avec sa découpe imparfaite dans la partie haute, et toujours attaché à sa bande par ses deux millimètres non guillotinés après impression (wucky100 sur eBay).
Aujourd'hui, vendredi vingt-six février 2016, un peu avant midi heure d'été en Australie orientale, une bande cinq timbres de l'émission d'urgence d'Adelaide accompagnée d'un sixième compagnon isolé s'est vendue pour à peine moins neuf mille dollars australiens !!!

Le week-end dernier, nous en étions à deux mille et plus la bande de six, et même, en lot, la proportionnalité était très suivie à ce niveau croissant là.

La nouvelle justification pour faire monter des prix déjà très forts : un des cinq timbres n'a pas reçu sa valeur faciale lors de l'impression réalisée début janvier dernier, que le vendeur a pu prouver par la conservation de la bande entière.

Une chose peu évidente à réaliser : les participants de StampBoards.com, toujours à suivre avec enthousiasme l'évolution enchériste et spécialiste de l'émission, témoignent de la fragilité des deux minuscules millimètres qui relient encore les timbres de distributeur après découpe partielle dans la machine.
Le lot entier que le vendeur a eu l'intelligence de proposer avec le sixième manquant (wucky100 sur eBay).
Si l'émission paraît légitime quoique démontrant une certaine impréparation des bureaux de poste et franchisés de la région d'Adelaide lors de l'augmentation des tarifs intérieurs, les aspects techniques et spéculatives se font concurrence quand vous suivez les échanges sur le forum philatélique, principale source d'information sur cette émission.

Si les timbres portaient des puces électroniques...
Le vingt-deux février, un membre, saphilatelist, a posté son recensement d'après les achats marchands et collectionneurs, et des estimations sur la part non-philatéliques (par les Muggles pour payer leurs factures par exemple) d'après les ventes sur eBay.

Grâce à la découverte fortuite par un collectionneur le jeudi sept janvier et le bouche-à-oreille dans le milieu, un peu moins de deux mille timbres neufs intacts existeraient, soit, d'après lui, presque les quatre cinquièmes des timbres survivants... Spéculation ? Promotion de l'étude spécialisée des timbres CPS de distributeur australien ? Vaste débat.

Un vingt-cinquième serait collée sur du courrier qui n'est jamais parti : les médias généralistes ont explosé l'affaire à partir du samedi vingt-trois janvier et les expéditeurs se sont rendus compte de ce qu'ils possédaient. Au contraire, une quantité équivalente a servi sur du courrier et est encore collée dessus alors cent cinquante auraient déjà étaient été découpés - par chance avec date lisible et le timbre de soixante-dix cents - voire décollés. Cette pratique philatéliste mal expliquée aux muggles qui croit que c'est un rite obligatoire de passage du timbre rare.

Les philatélistes attirés par la cote et la valeur ont déjà évalué les créneaux calendaires pertinents : au plus près du jeudi sept janvier, à la rigueur avant le lundi vingt-cinq mais si preuve de non-philatélisme : avec ou sans tatouage de sécurité alors ?

Dix pour cent des timbres existant ont, enfin, servi sur du courrier créé par des marchands et des collectionneurs de timbres avant la diffusion sur le forum de la nouvelle, le dix-sept janvier ; certains en utilisant des enveloppes à fenêtre anonymisant le destinataire, donc l'origine philatélique traçable... Débat encore : ça permet au moins de valoriser les courriers adressés à des entreprises d'électricité ou à des particuliers sans aucun rapport avec la philatélie.

Chacun jugera de la pertinence commerçante, spécialiste ou complétiste de la bulle spéculative autour des timbres neufs... tout en espérant que davantage d'enveloppes ingénues apparaissent pour prouver l'intérêt postal de l'émission... qui encouragera le gonflement de la bulle...

Ce kangourou peut-il cesser de sauter, please ?

jeudi 25 février 2016

Monnaies en métaux précieux entre pirates, collectionneurs et l'État

D'un navire oublié, mais pas perdu...
Le mercredi trente septembre dernier, le tribunal correctionnel de Montpellier condamnait sept personnes - des pilleurs d'épaves et deux numismates - pour le pillage du navire de commerce suédois Jeanne-Elisabeth qui fit naufrage dans la nuit du quatorze au quinze novembre 1755 au large de l'île de Maguelone, à une dizaine de kilomètres au sud de la préfecture héraultaise.

Dans son supplément scientifique du mercredi dix février 2016 et prépublié le lundi huit février sur son site, Le Monde a fait une synthèse en deux articles de l'affaire policière et judiciaire, mais également du travail archéologique réalisé depuis 2007 et la découverte du délit, dont au moins un condamné est récidiviste. Le récit du procureur adjoint du Tribunal de grande instance de Montpellier est éloquent sur les pillages réalisés : jardin décoré d'amphores par exemple.

Le navire de commerce aurait pu avoir une vie tranquille sur sa route de Cadix à Marseille pour transporter du blé... si le contexte géopolitique de l'époque n'en avait fait un discret transporteur de fonds de trente deux mille piastres espagnoles en argent pour soutenir la France... alors que les tensions avec le Royaume-Uni vont aboutir quelques mois après à la Guerre de Sept Ans.

Un fort vent et le littoral sableux du Bas-Languedoc en décidèrent autrement : le navire s'échoue et coule, reposant sous une couche de sable protectrice, pas très profond, pas très loin du rivage, mais nécessitant volonté et matériel pour être sorti de là... L'appât du gain par exemple.

La consultation des archéologues du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASS) par Le Monde explique l'importance de l'épave : le bois très bien conservé sous le sable va permettre d'étudier comment était construit ce type de bateau au dix-huitième siècle, les autres objets la vie quotidienne à bord... Au-delà de maigres centaines de kilogrammes d'argent, vendus au poids par les condamnés.

... à beaucoup de navires perdus mais pas oubliés...
Un troisième article du dossier contextualisait cette affaire dans les problèmes des État européens face aux pilleurs d'épave ou même à la propriété des épaves explorées : l'Espagne vient de remporter un procès contre une compagnie états-unienne pour récupérer le contenu d'un navire espagnol coulé en 1804, et envisage désormais celui d'un autre navire disparu au large de la Colombie...

L'article concluait sur l'intérêt des États à mieux surveiller ces activités archéologiques pour lutter contre la fraude fiscale et le blanchiment de revenus illégaux, sans compter le commerce clandestin de vestiges archéologiques dans les pays en guerre civile (en Syrie ?) : un achat de petites pièces anciennes en métaux précieux, voyageant avec la menue monnaie dans la poche et revendue dans le pays où le capital a besoin de se trouver.

... à l'État français qui n'oublierait rien.
Hélas, le dernier dispositif imposé par l'actuel gouvernement français pour surveiller ces transactions de métaux précieux heurte la CBG, à la fois commerce et association numismatiques, comme en témoigne Joël Cornu dans l'éditorial du Bulletin numismatique numéro cent cinquante et un daté mars 2016 (bientôt en ligne à cette adresse).

Depuis le décret 2015-1295 du quinze octobre 2015, toute transaction de métaux précieux subit la législation sur les contrats avec une période de rétractation de vingt-quatre heures au cours desquels ni le commerçant-acheteur, ni le consommateur-vendeur ne peuvent donc s'échanger la monnaie du premier contre les objets du second.

Vous lirez les formulations du décret : le gouvernement protège-t-il le consommateur que le professionnel est allé chercher à domicile, ou par l'intermédiaire d'une offre d'expertise par correspondance, etc. ? Ou, comme le craint la CBG, toutes les ventes volontaires de pièces et de billons (entendre les monnaies démonétisées) sont-elles concernées au grand dam du commerce...

... et de la fiscalité des particuliers : qui dit contrat dit liste des biens vendus, valeur d'échange, nom et adresse du vendeur... Contrôle fiscal ?

Difficile et incomprise reste la collection de monnaies et billets.

...

Au fait, et le commerce des timbres ?

mercredi 24 février 2016

Nature du Japon mise en valeur dans Stamp Magazine de mars 2016

Dans le numéro daté mars 2016 de Stamp Magazine, le Japon est à l'honneur, principalement par un article de six pages de Nicholas Pertwee sur la première série d'usage courant du règne de l'empereur Akihito, aux valeurs émise de novembre 1992 à février 1998.
Lanius bucephalus de cent vingt yens, émis le seize février 1998 pour la lettre non standardisée jusqu'à cinquante grammes (site de la Japan philatelic Society Fundation).
D'une admirable densité, le dossier rappelle le nom scientifique de chaque insecte (de neuf à trente yens), oiseau (de quarante et un à cent soixante) et fleurs (cent quatre-vingt-dix à quatre cents trente), mais d'une tournure de phrase parvient à donner au lecteur de précieuses connaissances et informations pour commencer une étude spécialisée de cette émission qui comprend également deux grands formats pour les sept cents et mille yens, deux types pour distributeur de timbres à la demande, un timbre réémis modifié en 2012 car imitié trop souvent.

Après un historique rapide des timbres d'usage courant depuis 1952, fin de l'occupation du pays, tout est expliqué et montré efficacement, notamment les impressions marginales (nom de l'imprimerie et indicateurs des couleurs imprimés), annulation d'office des timbres de fin de roulettes, carnets mixtes gommés et autocollants.

Les illustrations comprennent quelques courriers dont un tableau des usages permis par chaque timbre à son émission permet d'évaluer la correction du tarif.

La série est relayée par une nouvelle de vingt-trois timbres aux types variés à partir de 2014. Pour admirer les deux séries, le site de la Japan philatelic Society (JPS ; japonais ou anglais) sera fort utile, notamment sa partie en anglais sur les nouveautés du Japon à partir de 1998. Les usage courant sont rangés dans les pages "Other stamps" et la description "definitive stamp".

Il existe également une International Society for Japanese Philately, à laquelle appartient la British Society for Japanese Philately dont Nicholas Pertwee est membre (les lecteurs attentifs des magazines britanniques relieront cet auteur avec le Bénin).

lundi 22 février 2016

Bernie Sanders et autres présidents des États-Unis sur porte-timbre

Pendant l'été 2015, les médias états-uniens ont bruissé d'un timbre-poste à l'effigie du candidat démocrate à la présidentielle Bernie Sanders... Il s'agit en fait d'une enveloppe-porte-timbre créée par le mensuel satirique progressif The Santa Cruz Comic News.
Le gif animé de l'enveloppe d'après ses concepteurs et la boutique de TheComicNews.com.
Pour soutenir leur candidat, le magazine a créé un dessin imprimé sur l'enveloppe dont le centre est vide et permet de coller un des timbres à usage permanent (forever) sur le thème de la bannière étoilée.

Le magazine vend ses entiers porte-timbre par lot de six, en trois formats, incluant les timbres nécessaires, pour douze dollars, et pour mot d'ordre : « L'USPS émet les timbres. Nous émettons les enveloppes sur lesquelles les placer. »

L'entreprise n'en est pas à son coup d'essai para-philatélique : en 1995, elle permit au bureau de poste de Santa Cruz, une des zones les plus libérales de Californie, de se débarrasser de leur stock de timbres-anniversaires de trente-deux cents à l'effigie du Président Richard Nixon.
Le jeu dessiné tel que trouvé dans une librairie d'occasion par un blogueur en 2012 (Hard-Boiled Poker at blogspot)
L'enveloppe illustrée par Aren Malkonian réalisait le rêve de beaucoup de le mettre en prison, bout de la cravate bleue compris. Le numéro du sept juillet 1995 de The Spokeman-Review évoque des ventes locales par paquets de quarante !!!

L'amusement inspira les caricaturistes de presse : pour le bilan de l'année 1995 dans Metro, un hebdomadaire de la Silicon Valley, Steven DeCinzo proposait de rétablir l'équilibre politique avec sa propre enveloppe.
La nouvelle enveloppe de privilège de l'exécutif par Steven DeCinzo (Metro, vingt-huit décembre 1995).
Le timbre en hommage à l'actrice Marilyn Monroe fut également émis en 1995, le premier juin, quant celui de Nixon le fut en avril.

En France, les porte-timbres sont connus, au début du vingtième siècle, comme des vignettes à coller sur l'enveloppe, et sur lesquelles sont posés les timbres-poste : ils ont porté des messages de santé publique autant que de la propagande politique en faveur d'un prétendant au trône ou d'une Bretagne libre.

Aux États-Unis, ils sont connus sous le nom de collar (col, collier, donc entourant le timbre) et, d'après un article de Scott Stamp Monthly évoqué sur The Stamp Collecting Forum, sont explicitement interdits d'usage sur les entiers postaux, mais apparemment pas sur simple enveloppe.


dimanche 21 février 2016

Hangover ou lever matinal à Adelaide ?

Les choses se calment sur le fil du forum StampBoards.com consacré à l'émission d'urgence d'Adelaide, en Australie-Méridionale, tandis que les vendeurs sur eBay semblent trouver un rythme de croisière. Vivement l'entrée en scène des éditeurs de catalogue pour relancer ou enterrer la spéculation.

Les épisodes précédents
Si vous n'avez toujours pas eu accès à un résumé (vraiment aucun ?), le lundi quatre janvier 2016, les tarifs intérieurs d'Australia Post ont augmenté et complété d'un service prioritaire. Alors que tous, marchands et collectionneurs participant à StampBoards et moi, pensions suivre comment l'opérateur postal allait réussir à prioritiser le courrier avec une simple vignette que l'oblitération ne doit pas toucher, selon les règles expliqués aux postiers publics ou franchisés.

La surprise est révélé sur ce forum le dimanche dix-sept janvier : le Bureau régional d'Adelaide a imprimé sur une machine plusieurs centaines de séries de timbres à valeur sur demande - généralement abandonnés au début des années 2000, mais servant pour des expositions philatéliques locales - pour pallier un manque de timbres de trente cents dans plusieurs bureaux de poste et comptoirs franchisés de la métropole d'Australie-Méridionale.

Le stampede et la spéculation ont bien pris grâce au suivi assuré sur le forum - non sans intérêt : entre la découverte vers le sept et la révélation... Cette semaine, la bande de six timbres neuf tend à atteindre les deux milles dollars australiens : soixante-dix-sept eurocentimes de faciale vendues mille trois cents euros !

La valorisation des courriers est moindre quoiqu'impressionnante plus la date d'oblitération se rapproche de l'émission. Le premier jour supposé est le mercredi six janvier, le sourcil des StampBoarder se soulève d'amusement passé la médiatisation de la semaine du dix-huit, et rigole franchement pour les envois de février... Ne croyant pas que des non-philatélistes aient pu rater le stampede et les accusant d'auto-envoi pour pouvoir récupérer une part du gateau.

La spéculation dans toute sa splendeur.

Mais combien ? Pourquoi les variétés ?
L'éloignement vers eBay de la galopade spéculative infernale permet sur le forum de voir les spécialistes de l'impression et des timbres de distributeur CPS (counter printed stamps) se poser des questions dont les vendeurs et acheteurs se moquent bien.

Sur combien de séries, de timbres, de ventes ? Mystère car les forumeurs témoins ont promis le secret aux autorités postales d'Adelaide. Ce qui est sûr est que l'utilisation de deux types de papier repérables à l'emplacement du millésime 1994 est aléatoire : les rouleaux étaient pris selon leur apparition dans les mains de l'opérateur.

Pourquoi des variétés albinos ? La bande de six portant une marque "$1.00 Adelaide 2016" inversé imprimé en blanc a atteint une enchère de cinq mille dollars. La marque "30c" albino existe aussi.

Mode d'emploi de la machine à impression thermique en main, un participant signale que le rouleau apposant la marque [oula, me faire parler de techniques d'imprimerie... en traduction en plus] a pu servir auparavant pour l'impression des vignettes habituelles millésimées du Bureau d'Adelaide, mise en vente le premier février... Au moment où la commande de trente cents d'urgence a été donnée,... je laisse les connaisseurs de ce genre de machines expliquait immensément plus correctement que moi.

Tout cela est expliqué à partir de la treizième page du fil de discussion.

Et maintenant ?
Les suppositions sur les prix de référence et les cotes de catalogue vont bon train, chacun tenant son calepin de ventes eBay à jour : ce sera fortement utile quand il faudra retrouver un courrier naturel au milieu des créations douteuses.

Le tassement devrait avoir lieu quand les collectionneurs les plus complétistes et les plus passionnés de l'Australie contemporaine auront été satisfaits, donc que leurs exemplaires seront durablement dans des albums.

Seulement, les principaux éditeurs de catalogue (Gibbons, Scott et l'australien Seven Seas Stamps) ont pris contact avec un des acteurs du forum pour connaître les conditions de l'émission... et deux d'entre eux sont en train de préparer la prochaine édition de leur catalogue d'Australie.

Y aura-t-il un nouveau stampede depuis les autres continents vers l'Australie tout au long de l'année 2016 au gré des sorties de catalogues ?

samedi 20 février 2016

Les coulisses du documentaire Penguin Post Office sur BBC Radio 4

Dans la foulée d'un documentaire diffusé sur les chaînes télévisées de la BBC en juillet 2014*, le caméraman et réalisateur spécialisé dans les documentaires naturalistes Andrew Graham-Brown, son assistante Ruth Peacey et leur équipe ont raconté leur voyage vers Port Lockroy en octobre 2013 et le séjour de cinq mois ensuite, en une série de cinq épisodes pour la culturelle BBC Radio 4, dont vous pouvez profiter de la réécoute suite à leur rediffusion fin décembre 2015 et début janvier 2016.
Logotype de BBC Radio 4, la chaîne information et culture.
La base de Port Lockroy est entretenue par l'Antartic Heritage Trust britannique sous la « marque » du Penguin Post Office depuis qu'en 1996, la base est transformée en musée et rouvert un bureau de poste (après celui de 1944-1962) accessible aux touristes polaires sur Wiencke, une des îles bordant la péninsule Antarctique. L'été austral correspondant à la période de séjour de quelques milliers de manchots papous.
Le musée et bureau de poste de Port Lockroy (BBC Radio 4).
La série sur les coulisses du documentaire témoigne de l'excitation du séjour laisse place à une croisière soucieuse au milieu d'icebergs, poussés vers la yacht par le blizzard, se concluant piégés au milieu de la glace à deux cents cinquante mètres à peine de l'île et de son immanquable bureau de poste rouge. Faut-il attendre ou marcher - assez vite, il fait frisquet - sur cette fine couche de glace ?

Une fois sur place : étudions donc les nombreux pingouins (bruyants et puants, rappelait un des postiers précédents) pendant cinq mois, avec une pause au bureau de poste/boutique de souvenirs ciblant les navires de touristes estivaux (troisième épisode), entre deux grands moments de plusieurs heures d'attente pour pouvoir filmer ce que l'équipe a besoin pour son documentaire. Si, bien sûr, les oiseaux prédateurs ne bouffent pas le poussin avant le tournage.

Enfin pause... Dans le quatrième épisode, la maître des postes rappelle les limites de la vie dans la base et la prise de conscience des facilités du confort occidental ; et l'équipe raconte les journées perdues à réparer leurs équipements de vie ou à ne pas pouvoir quitter la minuscule île gelée.

Jusqu'à la carte postale rédigée et jetée dans la boîte le jour de saint David, à la fin du dernier épisode.

Notes :
* et le vingt-huit janvier 2015 sur la chaîne publique états-unienne PBS qui a édité un DVD, probablement protégé en zone 1.

vendredi 19 février 2016

Conférence sur les premiers timbres de Chypre au 41 Devonshire Place

Hier après-midi, jeudi dix-huit février 2016, les fans de philatélie traditionnelle et classique ont été ravis de la présentation de Akis Christou au siège de la Royal Philatelic Society London : les timbres victoriens de Chypre de 1880 à 1896.

La particularité de ces timbres est, après une période d'utilisation tels quels de timbres britanniques, que ce sont ces mêmes timbres du Royaume-Uni surchargés pour Chypre dont les opérations postales sont gérés localement à partir de 1880.

Le premier juillet 1881, une émission propre à la colonie  apparaît, mais une de ses valeurs, la demi-piastre, subit elle aussi une surcharge reprenant sa valeur car il était possible de la confondre avec le timbre de deux piastres.

Ce sont les surcharges qui sont particulièrement développées par Christou au cours de sa conférence, leur variété, leur planchage, voire le travail prodigieux quoique non terminé faute de blocs existant du planchage d'une des émissions à partir du filigrane.

Une étude impressionnante même si la philatélie traditionnelle classique n'est pas dans mes passions.

Le fichier pdf de Akis Christou est lisible par tout visiteur du site de la Société ; l'adresse youTube de la conférence est disponible sur le site pour les membres.


jeudi 18 février 2016

Des boîtes aux lettres après la guerre nucléaire

Quand un joueur se plonge dans un jeu vidéo de rôle en monde ouvert, il peut rejouer de nombreuses fois au même jeu en changeant les caractéristiques physiques et de caractères de son avatar.

Le monde ouvert suppose d'explorer un vaste espace inconnu pour résoudre l'intrigue principale, mais également explorer les localités et contrées d'une zone où le joueur ramassera de nombreux objets plus ou moins utiles en apparence.
La première boîte aux lettres que le joueur rencontre dans Fallout 3 frappé du sceau du Post Office Department (un anonyme post sur la plate-forme Tumbr retrouvée grâce à Google Images).
Dans Fallout 3 et Fallout New Vegas, deux jeux de Bethesda Softworks, une limite de poids est imposée au joueur selon la caractéristique Force de son personnage : il ne peut porter qu'un certain nombre de kilogrammes d'armures, armes et objets divers et plus que variées sur lui. À la rigueur, la consommation d'alcool permet d'obtenir temporairement un point de force tout en perdant un point d'intelligence.

Où stocker son surplus de fourbi le temps d'en trouver une utilité (réparation ou création d'objets) dès qu'on en aura la capacité, le reste du matériel et la possibilité, dans l'univers de Fallout, dont l'intrigue s'inscrit dans une uchronie et un futur post-apocalyptique ?

Dans une boîte de collecte des lettres !

Ainsi, comme signalé par un joueur à travers un texte sur une capture du jeu, la toute première devant laquelle le joueur passe devant dans les premières minutes du jeu peut tout contenir sans jamais être vidée par le jeu, contrairement aux nombreux autres contenants de cet univers.

Ce qui peut étonner est qu'en 2077, date de la guerre nucléaire qui marque l'intrigue des cinq épisodes du jeu sur ordinateur et consoles, les boîtes bleues portent le sceau de l'United States Post Office Department, l'administration postale des États-Unis de 1792 à 1971...

Un siècle de survie : vive l'uchronie !

L'uchronie semble démarrée après la Seconde Guerre mondiale quand, dans l'univers de Fallout, la technologie nucléaire a été miniaturisée et dispersée dans tous les domaines industriels, mais sans empêcher une lutte pour les dernières ressources pétrolières entre les puissances mondiales, notamment les États-Unis, lieu des jeux, et la République populaire de Chine, son principal ennemi dans cette lutte à travers l'invasion de l'Alaska, à combattre lors d'une mission de Fallout 3.

Un second aspect de l'uchronie est que les années 1950 sont restées à la mode jusqu'en 2077 à travers les comics dont un exemplaire se retrouve dans une des premières boîtes aux lettres devant un reste de maison, la musique des radios survivalistes, la carrosserie des automobiles et des trains, jusqu'aux insultes anti-communistes des robots de combat programmés deux cents ans plus tôt.

Pour les curieux, avec la mode actuelle, nul besoin d'acheter un PC haut de gamme, une Xbox ou une PS3, les joueurs postent sur youTube leur progression dans le jeu en la commentant (par exemple) et un site wiki accumule les détails sur les jeux (le Wikia de Fallout en anglais et en français).

Le début de l'intrigue principale du n°3 : jeune habitant d'un abri anti-atomique, vous devez fuir ce lieu reclus pour retrouver votre père, scientifique, qui a peut-être découvert un moyen de ramener la vie dans la région de l'ancienne capitale Washington... peuplée des descendants des survivants de la guerre nucléaire : humains divisés, mutants racistes et goules se partagent désormais les ressources disponibles et viande radioactives de charmantes bestioles.

lundi 15 février 2016

Ken Baker, le centenaire marchand philatélique de Sydney

Le dimanche dix-sept janvier 2016, le marchand de timbres australien Ken Baker est mort à presque cent quatre ans, âge qu'il aurait célébré le lundi huit février. Autre pilier du négoce australien avec Max Stern, de dix ans son cadet et disparu la semaine dernière, Baker était le dernier membre vivant ayant participé à la réunion inaugurale de l'Australian Stamp Dealers' Association, en septembre 1948.

Comme pour Stern, l'importance de la personnalité sur la philatélie peut se mesurer aux marques de respect sur le forum StampBoards.com - oui, j'ai du mal à quitter la Grande Île. Lors de son centenaire en 2012, le marchand Glen Stephens aidait Baker à conter les grands moments de sa carrière.

Né le huit février 1912 à Londres et déclaré à Beckenham, alors au nord-ouest du Kent, Kenneth Stanley Baker aide, enfant, son père à confectionner des carnets de timbres pour fournir les marchands de journaux de la capitale britannique.

Profitant d'une prime d'immigration du gouvernement australien, la famille s'installe à Melbourne où le père continue son métier jusqu'à sa mort en 1951, endetté. En 1928, Ken est employé chez un marchand de livres rares où il obtient de vendre des timbres en plaçant quelques-unes de ses pièces dans la vitrine - une nouveauté alors : les marchands tenait boutique dans les étages.

Le succès aidant, il fait la connaissance des collectionneurs importants d'Australie, peut racheter la boutique et fait partie des premiers annonceurs de The Australian Stamp Monthly en 1930 - à dix-huit ans donc. Après quelques déconvenues, il reprend le négoce dans une autre librairie à Sydney en 1936, avant de s'installer en 1937 au Royal Arcade qui, avec l'arrivée de cinq autres négociants, devient rapidement l'équivalent du passage des Panoramas de Paris.

Après un passage sous l'uniforme au cours duquel sa future épouse tient boutique, il accomplit le « coup » de 1948 qui le rend célèbre : au nom de A. Jack Kilfoyle, il parvint à acheter pour sept mille cinq cents livres sterling l'ensemble de la collection australienne de T.E. Field, une dizaine de jours avant la vente aux enchères chez Harmers qui devaient la disperser à Londres, mi-novembre 1948, au nez et à la barbe des spécialistes des Kangourous et des George V du Commonwealth d'Australie au temps où les relations postales, télégraphiques et téléphoniques entre l'Europe et l'Océanie étaient lentes... et la maison d'enchères soucieuses de voir arriver au compte-goutte les offres par courrier d'Australie. L'ensemble de la collection de Kilfoyle constituée avec l'aide de Baker peut s'admirer dans le catalogue de vente établi par Robson Lowe à Londres en 1961, mais faute de trouver preneur du tout (trente-cinq mille livres de l'époque !), elle fut dispersée chez Harmers.

Il s'installe à Londres à la fin des années 1970, grande époque marchande selon son témoignage, et vend son stock en 1981 de retour à Sydney. Mais, il continue à accomplir quelques opérations à soixante-dix ans passés, voire reprend le stock de quelques collègues retraités pour finir de les écouler... Le plus vieux des marchands de timbres et la plus longue longévité dans le métier.

Le récit qu'il livre à Glen Stephens - richement illustré - sur le commerce philatélique dans l'après-Seconde Guerre mondiale jusqu'aux années 1970 fait rêver en notre temps qui donne l'impression du spleen permanent des marchands français et de la philatélie internautique : quatre cents ventes par jour, une porte verrouillée afin de s'occuper des clients déjà présents, des entreprises de vente aux enchères avec des associés-concurrents, raretés à la feuille entière vendues à de grands marchands voire aux archives du Post Office britannique, etc.

Pour ceux qui veulent creuser encore le thème des marchands de timbres australiens iront rechercher deux amis de Ken Baker : Max Cohen et Kevin Duffy.

dimanche 14 février 2016

Disparition de Max Stern, négociant à Melbourne

Ce jeudi onze février 2016, le marchand philatélique Max Stern est mort à l'âge de presque quatre-vingt-quinze ans et cinquante-cinq années passées dans son établissement installé dans la galerie commerciale Port Phillip Arcade, au centre de Melbourne, en Australie.
Max Stern en mars 2015 dans une de ses boutiques (site Max Stern & Company).
Né en mars 1922, il entame sa carrière de marchand de timbres à dix-sept ans à Bratislava jusqu'à son entrée en clandestinité en octobre 1944 pour échapper à la déportation des juifs slovaques lors de l'intervention allemande dans le pays. Capturé début 1945, il survit au camp de Sachsenhausen et à la marche de la mort de Berlin vers Hambourg.

La prise de pouvoir communiste met fin à son entreprise créée à Bratislava en 1945. Sa femme et lui s'exile vers l'Australie en 1948 et y devient négociant de timbres à Melbourne, dans l'État de Victoria, en 1950.

Il est parmi les premiers commerçants installés dans Port Phillip Arcade en 1961 où il occupe jusqu'à neuf emplacements et offre toutes les spécialités possibles : nouveautés du monde tout d'abord, timbres-poste, histoire postale, monnaie et billets, etc.

Très actif sur de nombreux fronts philatélique et hors philatélie, il aide, par exemple, l'Unité Raoul Wallenberg de l'association B'nai B'rith de Melbourne à émettre une feuille de timbres personnalisés pour les vingt-cinq ans de leur unité en 2008, puis relancée avec une oblitération spéciale en 2012 pour le centenaire de la naissance du diplomate suédois, Juste parmi les nations et mort prisonnier en Union soviétique.

La dernière apparition médiatique de ce pilier du commerce philatélique exercé dans une boutique de centre-ville, a eu lieu en octobre 2015 à l'annonce de l'éviction en 2017 des commerces de Port Phillip Arcade pour les travaux d'un tunnel ferroviaire qui doit améliorer la desserte du centre d'affaires.

Membre de l'Ordre d'Australie dans la division générale (comprendre civile) en 1999, il fut le premier membre étranger admis après la Seconde Guerre mondiale de l'American Stamp Dealers Association, a présidé l'Australian Stamp Dealers' Association quatre ans à peine après son adhésion en 1950, membre fondateur de l'Australian Philatelic Federation, activiste de la philatélie du Victoria, participant actif de l'exposition internationale Ausipex '84 et représenta également la poste australienne lors de plusieurs salons et de négociations d'émissions conjointes.

Sources : site de Max Stern & Company comprend une sommaire biographie de son fondateur et sa biographie philatélique de 2001 à l'occasion de son intronisation dans l'Ordre philatélique australien.

samedi 13 février 2016

"Binge philatelying" à Adelaide : la fête continue avec l'émission d'urgence australienne

Les mensuels philatéliques anglophones commencent à diffuser la nouvelle de l'émission d'urgence d'Adelaide du cinq janvier 2016 et de la spéculation dont elle fait l'objet sur eBay depuis sa publicité par un membre du forum StampBoards.com le dix-sept janvier.

Kang'rou, Gloire et Beauté...*
Résumons l'essentiel : le lundi quatre, nouveaux tarifs d'Australia Post dont passage de soixante-dix cents à un dollar pour la lettre standard intérieure. Le jour dit, le Bureau régional d'Australie-Méridionale découvre que ses bureaux de la capitale Adelaide manquent de timbres de complément à trente cents : il autorise l'usage d'un distributeur réformé (sauf pour les expositions philatéliques) de timbres à la demande et diffuse aux bureaux se signalant en rupture de stock, et ces derniers dépannent les bureaux franchisés.

Depuis, c'est les participants - philatélistes, collectionneurs et marchands - qui suivent le mieux le devenir des séries de six des animaux d'Australie, les deux types présents, et l'origine des courriers selon leurs dates : pactole si oblitéré dès les premiers jours, aussi bien avant le dix-sept (spéculation...), et avec un doute ensuite car les médias généralistes australiens ont largement propagé la nouvelle. Mille dollars la bande de six semble le minimum pour le moment sur eBay.

La nuit, tous les kangourous sont gris... Non.
Un des membres s'amusait de savoir combien de pages pourrait comprendre une collection compétitive sur cette émission... Depuis deux jours, il y aura de quoi remplir avec la découverte d'une... de deux erreurs d'impression dans l'urgence !
Pouquoi une lampe à ultraviolet doit se trouver dans la boîte à outils du collectionneur moderne (photographie de successman publiée le douze février 2016 sur StampBoards.com et une vente eBay).
Un nouveau membre du forum et client fidèle d'un des marchands qui a permis la diffusion de bandes de six à prix d'amis à ses meilleurs clients, signale le jeudi onze que sa commande est un Chopin de la plus grande qualité : intrigué par les blancs dans l'impression de l'expression « Adelaide 2016 », il a observé sa série à la lampe à ultraviolet et découvert que ses blancs sont provoqués par une impression invisible à l'œil d'une valeur faciale de « $ 1.00 » à l'envers du sens des timbres !!!

Surpris, le marchand reprend son stock et découvre bien une impression erronée sur quelques séries, mais de « 30c » !?? Le client publie le lendemain les photographies sous ultraviolet... Deux surprises en moins de vingt-quatre heures.

Lancée le mardi neuf février, la vente de cette série au « dollar erroné inversé albino » sur eBay explose à deux mille six cents dollars australiens, actuellement à trois jours de l'adjudication... Plus de mille six cents euros, près de mille trois cents livres sterling...
Kangourous (ici version sans l'erreur « albino » : « Adelaide 2016 » sans coupure blanche), koalas, une faune qui fait tourner les têtes sur eBay... Qu'en penseront les éditeurs de catalogues ? (scan de GlobalAdministrator sur StampBoards).
À côté de ces erreurs, passeraient inaperçus les autres trouvailles sur courrier des premiers jours de janvier :
- deux mille dollars pour un affranchissement d'urgence oblitéré du six janvier (yeepee!!!) sur fragment (beurk!) que les collectionneurs fuient ou décollent d'habitude,
- une lettre partie du bureau de Torrentsville Plaza en date du sept janvier qui a circulé entre collectionneurs à la valeur initiale du pack de vingt-quatre canettes de bière australienne**,
- une émission de pseudo-urgence d'un dollar du même Bureau régional d'Adelaide existerait, etc.

Du Prix Socrate de la métaphilatélie : où acheter et vouloir être informé.
Surtout, les discussions du forum permettent de philosopher sur la philatélie contemporaine, à partir des opinions des participants ou des réflexions permises par ces faits et ces prix atteints.

Il apparaît ainsi une opposition claire entre les enchères astronomiques sur eBay et les prix fort raisonnables entre un marchand et ses clients habitués ou entre amis collectionneurs, sans compter sur les particuliers ne connaissant pas la philatélie et essaie de vendre des blocs de timbres-poste au crocodile de trente cents comme étant la rareté décrite dans le journal local...

Mais, il n'y a pas qu'eux qui sont peu ou mal informés : les premières réunions des clubs philatéliques de la métropole d'Australie du Sud ont lieu et de nombreux membres entendent parler pour la première fois de cette émission d'urgence... Un forum internet où l'Australie tient une bonne place, tous les médias généralistes, et, un mois après...

Qu'en est-il des collectionneurs européens passionnés de l'Australie contemporaine ?... Non, ils collectionnent tous soit les classiques d'Europe ou les émissions du programme philatélique local.

S'informer est une problématique essentielle dans bien des domaines. Pour ces collectionneurs peu connectés, il reste donc le mensuel national et encore... Comme signalé par un marchand, certains timbres australiens du début du vingtième siècle au filigrane spécifique n'ont commencé à se vendre fréquemment et à très bons prix que récemment lorsque l'éditeur Stanley Gibbons leur accorda une ligne et un numéro dans son catalogue. Auparavant, personne ne s'y intéressait sauf quelques rares collectionneurs très spécialisés.

Combien de numéros pour ces six timbres d'urgence et quelles cotes, notamment oblitérées selon les dates ?

Une question fort utile pour les contemplatifs : laissez la poussière du stampede retomber et faire le point dans des articles et un livre que je pourrai lire calmement :)


To English reading visitors:
* : Amour, Gloire et Beauté is the French title of the U.S. soap opera The Bold and The Beautiful, broadcasted in France every week mornings. I regularly used the French title to make fun of stamp sagas because of the song created in France for the open credit, a sort of huge male unmelodious shouting: "A!!!mour!!! Gloir'! et! Beau!téééé!!!!!"

Aux lecteurs francophones :
** : un slab en argot australien est le nom du pack de vingt-quatre canettes de bière... soit quelques dizaines de dollars (une trentaine selon un site touristique que je ne retrouve plus). Dans tous les cas : entretenez vos relations philatéliques, ça aidera toujours.


Mise à jour du lendemain, dimanche quatorze février 2016 :
Décalage horaire aidant, l'action australienne a lieu pendant la nuit française. Ainsi, les vendeurs sur eBay semblent entamés une réflexion sur le prix à venir de leurs précieuses possessions : des ventes directes de bande de six sont proposées à deux mille dollars australiens désormais.

La variété de la bande de cinq à la marque « $ 1.00 » inversée albino s'approche doucement des cinq mille dollars, mais le vendeur annonce ce jour qu'il espère voir son lot atteindre plus de dix mille dollars d'ici un an... Aux enchérisseurs d'agir : qui sortira vainqueur de ce poker menteur dans quarante-huit heures ?

Enfin, les associations carétatives continuent à fouiller les enveloppes de leurs donateurs au cas où... Les bonnes œuvres remercient le Bureau principal d'Adelaide.

vendredi 12 février 2016

Le facteur français, punching ball de la libérale Cour des comptes ?

Hier jeudi onze février 2016, les médias français ont vagi dans leur marigot grâce à la Cour des comptes - dont une émission de timbres provoqua une fièvre spéculative en 2007 : elle avait trouvé une preuve permettant de taper sur les facteurs.

Dans son rapport public annuel, un dossier est consacré aux « postiers face au défi de la baisse du courrier : des mutations à accélérer », téléchargeable au format pdf.

Les journalistes se sont jetés sur la pratique du « fini - parti », ses risques sur la qualité du service rendu et ses dangers pour le postier et les autres usagers de la voirie... et suscitant la suspicion sur l'ensemble de la profession.
Alan Johnson débuta dans les beaux quartiers de Londres avant de poursuivre sa carrière dans un quartier populaire où il avait déménagé (disponible à la boutique de The Postal Museum, le nouveau musée postal à Londres).
Les contre-exemples pulullent : ma factrice passe vers midi et demi toute la semaine, midi le samedi. Avec le deuxième tome de son autobiographie, Please Mr. Postman, Alan Johnson, ancien dirigeant syndical britannique qui fut ministre de l'Intérieur, montre l'inefficacité du « fini - parti », voire, dans la logique de la Cour des comptes, sa haute nécessité :)

Orphelin, marié à dix-huit ans, immédiatement en charge d'une famille de deux enfants, Alan Johnson entra au Post Office par défaut en 1968, espérant toujours une grande carrière avec un groupe de rock ou d'écrivain. Jeune au milieu d'anciens vétérans, le représentant syndical lui fait rapidement comprendre pourquoi, même s'il bénéficie une semaine d'une tournée courte, il ne doit pas revenir avant l'heure prévue au bureau... ni être en retard.

La Cour des comptes reconnaîtra là un moyen commode d'accroître la productivité des facteurs : laisser faire le « fini - parti » et réformer le parcours des tournées en conséquence. À terme, tous les facteurs finiront à l'heure prévue en ayant réalisé les plus longues et productives tournées possible.


Sauf que...

La lecture de la presse quotidienne régionale permet d'avoir une autre ambiance dans les bureaux de distribution. Deux exemples hérautlais ont pu être cités sur ce blog : tournées trop longues à heures supplémentaires non payées comme le rappelle hier Olivier Besancenot sur Europe 1, le non-remplacement des collègues malades, le manque de véhicules ou la non-adaptation au permis possédé par le postier. Les supérieurs locaux faisant sêrement avec les moyens du bord : mais cela incite à penser que les postiers ne sont pas vraiment la cause des aléas.

Au niveau national, le reportage d'Envoyé spécial de France 2 le jeudi dix-sept décembre dernier sur les entreprises sous-traitant la livraison des colis au nom de La Poste et de ses multiples filiales colis... Ces « petites mains » sont-elles responsables des colis entrés de force dans les boîtes ? Des avis de passage remplis d'avance pour éviter de perdre les minutes - au risque de pénalité de retard - nécessaire à trouver le destinataire dans un immeuble ?

Les plus mesquins - voire les révolutionnaires d'Europe 1 et leurs liens « sur le même sujet » - rappelleront que quarante-sept pour cent du résultat net de La Poste en 2007 provient du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE)... Ce crédit a-t-il vraiment servi à embaucher ou à payer mieux les postiers, voire les sous-traitants ?

Enfin, pour suivre les politiques Cohesio et Releveo du groupe La Poste (voire Permideconduito) je trouve très sévères et immérités le titre du rapport de la Cour des comptes et la lecture - très sûrement partielle et partiale - de ce rapport par les journaleux hier.

Les mutations imposées par l'employeur me semblent réalisées avec des facteurs qui viennent, au profit de leur employeur, vérifier la bonne santé de personnes isolées à la demande des communes-clientes, aider à installer un adaptateur TNT-HD, relever les compteurs électriques et constater des dégâts des eaux pour des assureurs,... avec des interrogations certes, mais dans la lignée de l'image du facteur du quartier ou du village.


J'attends donc le prochain rapport titré « Le groupe La Poste face au bien-être de ses salariés et de ses sous-traitants » afin d'être sûr qu'on ne passe pas d'un extrême à un autre dans les clichés. Sinon que les auditeurs de la Cour des comptes proposent aux postiers un numéro de Vis ma vie à TF1 : les usagers constateront si la productivité de La Poste aura augmenté en une semaine.


Mise à jour du lundi quinze février 2016 :
Il faut aller sur la partie économique du site lefigaro.fr pour trouver une journaliste qui a lu le rapport de la Cour des comptes. Le mercredi dix, Mathilde Visseyrias permet de comprendre que c'est la direction de La Poste et son actionnaire (l'État, donc vous et moi) qui sont alertés : les nouvelles activités sociales suffiront-elles ? La Cour doute.

Les solutions proposées par les auditeurs seront dures pour les postiers tout de même, mais signalent qu'ils maîtrisent leur sujet : pourquoi chaque entreprise du groupe envoie chacune son employé dans les mêmes rues ? Au lieu de stresser les facteurs qui finissent par déposer des avis de passage sans sonner, pourquoi ne pas signaler le courrier recommandé ou suivi en amont du premier passage et laisser le destinataire choisir comment, quand et où le récupérer selon son emploi du temps : internet et le téléphone mobile pour de vrai ?

Enfin, face au « théorème du timbre-poste », théorisé par Martial You de RTL, l'actionnaire-Nation est rappelé à redéfinir le service universel pour faire baisser les coûts : nombre de jours, regroupement des boîtes aux lettres... Vu l'ambiance canadienne sur ce dernier sujet, le débat public sera houleux.

Je comprend mieux pourquoi les autres médias ont fait dans le postier-bashing... Trop compliqué de faire comprendre le reste aux citoyens ?

mardi 9 février 2016

La magie des flyers de Stampex

Stampex, le salon de la société des marchands philatéliques britannique, célèbre ses soixante ans en cette année 2016, comme le rappelle le prospectus jeté dans les numéros datés février des mensuels d'Outre-Manche.
Le flyer du Stampex du printemps 2016 : une Victoria de diamant (The Philatelic Traders Society).
Magnifiques petites créations gratuites et plutôt inspirées : la silhouette d'une Victoria extraite d'un Penny Black, traitée façon diamant mauve... L'anniversaire du premier timbre-poste se poursuit l'année d'après.

J'avoue que ma collection systématique de ces flyers n'a débuté qu'avec celui du Stampex de l'automne 2015 alors que j'avais l'histoire postale maritime en tête, l'année dernière : collection des entrées maritimes de Marseille de Marcel Nadal, article de Stephen Walske sur les blocus nord-américains des guerres américano-britanniques, articles de Laurent Veglio, etc.

Cette illustration d'un navire à voiles constituées d'enveloppes britanniques des années 1840, voisinant avec des cachets d'entrées maritimes des ports d'Angleterre, d'Écosse, de Jersey et du Cap, tous repris à la date de la réforme postale, le six mai 1840.

Une belle promotion d'une philatélie vivante, toutes voiles dehors !


Stampex de printemps : du mercredi dix-sept au samedi vingt février prochain.

lundi 8 février 2016

Taxe allemande non récupérée en France

Reçue grâce à Postcrossing, cette carte postale de vœux allemande porte une marque indiquant une taxe pour un affranchissement insuffisant.
Un timbre Schloss Ludwiglust à quatre-vingt cents et double oblitération avec flamme de Brême.
Cette carte de Noël est demandée à Lara par le site d'échange de cartes postales le mercredi vingt-trois décembre 2015. Elle arrive dans la semaine du lundi dix-huit au samedi vingt-trois janvier 2016 - voyage en Angleterre, et déclarée reçue sur le site le lendemain dimanche.

Les outils statistiques de Postcrossing permettent de connaître la moyenne du voyage des cartes par pays - plus ou moins le temps de trouver, rédiger et poster effectivement celles-ci. Pour l'Allemagne, avec soixante-neuf cartes envoyées et soixante-huit reçues, la moyenne s'établit à sept jours dans les deux sens pendant ma participation depuis 2007.

Un mois est donc étonnant.

Le calculateur de port du site de Deutsche Post indique quatre-vingt-dix centimes d'euro pour un envoi vers la France. Contre quatre-vingt pour le timbre au château de Ludwigslust, du dix-huitième siècle et situé au sud-ouest du Mecklemburg, la moitié occidentale du Land de M.-Poméranie occidentale. D'où la taxe pour les dix cents manquants.

La page d'entrée du site indique également les tarifs de base, et sur la page des carnets de timbres du tarif international le rappel de l'augmentation de janvier 2016.

En observant très attentivement la double frappe du cachet dateur du Briefzentrum 28 de Brême, il est possible de distinguer les dates de chacune des frappes : ce qui est sûr, tous les deux ont été faites en janvier 2016 (-1 16). L'une d'entre elles, le cinq.

La carte m'étant parvenue sans demande pécuniaire de La Poste française : soit la Deutsche Post a renoncé d'elle-même à la taxe (le week-end prolongé du Nouvel An a été jugé la cause), soit La Poste m'en a fait cadeau - ou ne l'a pas remarquée (soit dix centimes et un forfait d'économiser)... Le tome des taxations du vingt-et-unième siècle en régime international de Guy Prugnon va être difficile à illustrer.

Enfin, la flamme représente la statue des Musiciens de Brême, inspirée du conte des frères Grimm avec le coq perché sur le chat perché sur le chien perché sur l'âne. Le site PhilaStempel.de fournit des exemples plus lisibles de cette flamme pour comprendre le dessin de gauche : il s'agit de la carte des zones postales numéros 27 et 28 dépendant du centre de Brême, mais commun au Land de Brême et les cercles voisins du Land de Basse-Saxe.

Merci à Lara pour la jolie carte et le retard qui a causé la marque de taxation. Merci à La Poste pour le non-paiement de cette taxe et d'avoir éviter le collage ou tamponnage d'un avis de taxation sur une si jolie carte :) À quand la réapparition des flammes sur les oblitérations en France métropolitaine ?

dimanche 7 février 2016

Semaine n°2016.05 sur SebPhilately, ici et ailleurs

Un article au profit de la culture francophone des anglophones sur SebPhilately, plusieurs suivis d'actualité sur deux articles récents de SébPhilatélie et un nouveau dans la blogosphère francophone.


Samedi six février sur SebPhilately : Saint-Pierre-et-Miquelon à la conquête des Amériques
L'article reprend la deuxième partie de celui-ci du blog francophone, daté du lundi dix-huit janvier, sur l'heureuse médiatisation de la philatélie en France métropolitaine.
Timbre de Saint-Pierre-et-Miquelon sur timbre d'Équateur lors de l'exposition AFE 150 Años à Quito, en septembre 2015 (site de la Fédération interaméricaine de philatélie).
Rappelons que le philatéliste médaillé saint-pierrais, Jean-Jacques Tillard, a été longuement reçu par la chaîne de radio Saint-Pierre-et-Miquelon 1ère, le sept octobre 2015 (vidéo par ici). Outre son expérience personnelle d'exposant, il évoque comment le Club philatélique de l'archipel a décidé d'affronter les éléments, les montages financiers et... pire que tout... le calendrier des correspondances aériennes pour participer à la vie philatélique de l'immense continent voisin.

Et ça marche : peu nombreux, les membres du club ont obtenu de belles médailles, d'accueillir une exposition internationale interaméricaine en septembre 2014 et de voir le drapeau de la collectivité d'outre-mer sur un timbre d'Équateur lors d'une exposition continentale cet automne.


Quand l'actualité ne s'arrête pas...
Deux articles du blog que vous lisez ont nécessité des mises à jour.

Le premier est de ma responsabilité : écrit en vitesse juste avant mon départ pour Liverpool, je me doutais que l'offensive du hors-série de Timbres magazine se déployait encore. Se reporter à la fin de l'article « Philatélie-minute à la télévision française » pour le dernier passage de Gauthier Toulemonde sur un média national (et les liens vidéo) avant le retrait du hors-série des kiosques, si j'en crois le site Trouver la presse.com de Presstalis.

Toujours à la commande à la boutique de Timbropresse. Prochain épisode annoncé en mai avec les colonies françaises.

Un des six timbres provisoires de trente cents du Bureau d'Adelaide émis en urgence en janvier 2016 (scan de GlobalAdministrator sur StampBoards). Notez l'emplacement près du bord du millésime.
Le deuxième est due à la nature même des sujets : alors que j'attendai quelques semaines que les participants australiens du forum StampBoards.com jugent des conséquences de l'augmentation des tarifs intérieurs et du nouveau service prioritaire, a explosé l'émission d'urgence du bureau central d'Adelaide, en Australie-Méridionale.

J'ai dû à la fois attendre de voir comment évoluer cette découverte, n'ayant pas envie de séparer en deux articles les causes et un de ses effets inatttendus. Depuis la publication de l'article, mardi, deux mises à jour ont complété l'état des connaissances mercredi et hier samedi parce que les spécialistes des timbres de distributeurs (qui ont cessé dans les années 1990 en Australie) ressortent la liste des types connus, puis que les trouvailles se révèlent et les enchères en cours se concluent.

À ce jour, les mille dollars australiens la série complète (et aux timbres liés par leurs deux millimètres de papier) neuve sont la valeur haute, mille quatre cents pour une enveloppe dans les trois jours de la pénurie de timbres de trente cents... Au-delà, comment évaluer les enveloppes philatéliques des marchands bien informées et de ceux qui les ont envoyées après la révélation publique mi-janvier ?

Encore un article de philosophie philatélique : philatélie, spéculation et valeur réelle d'une rareté ?


Quand la blogosphère s'étend.
Laurent Veglio, dont la prose est publiée par Timbres magazine depuis le numéro de septembre 2015, y propose une excellente série d'articles d'histoire postale mêlant le français (affranchissement en Empire lauré) et le britannique (voie maritime et colonisation), tout en montrant, dans le numéro en cours, ses connaissances autrichiennes et aéropostales... et géopolitique, ça tombe bien avec le hors-série.

Il m'avait indiqué qu'il avait publié en italien une série d'articles, hébergé par le portail philatélique Il Postalista. Soyez heureux si vous ne lisez pas l'italien, même avec Google Translate, Laurent Veglio envisage leur traduction en français sur son propre blog, histoireS postaleS du XIX° siècle, hébergé sur la plate-forme LeMonde.fr.


samedi 6 février 2016

Le postier français, expert en réglage de téléviseur

Le cinq avril 2016, les émissions de la télévision numérique terrestre passeront à la norme haute définition en France métropolitaine. Afin d'aider les téléspectateurs à savoir si leurs postes de télévision sont à la norme HD et que faire si non ou le jour dit si oui, l'Agence nationale des fréquences diffuse largement la nouvelle et les procédures : messages télévisés et radiodiffusés, et prospectus dans les boîtes aux lettres.
La dernière page du document jeté dans les boîtes aux lettres pour avertir les habitants.
Faisant partie de ceux qui reçoivent la télévision par internet et doté d'écrans HD depuis longtemps, je ne vais pas rendre le service public d'expliquer aux possesseurs d'antennes rateaux : allez lire Recevoir la TNT . fr et profitez d'arte :) Même TF1 vous le recommande :))

Ce qui ramène vers une vision large du domaine postal est la présence de La Poste dans les aides pour passer à la HD, ce qui est précisé dans la quatrième page du fascicule distribué au milieu des publicités pour les promotions de supermarchés.

S'ils n'ont pas d'autres moyens de recevoir la télévision et ne souhaitent pas changer de téléviseur, les foyers, dont les membres ont « tous plus de soixante-dix ans ou ayant un handicap supérieur à 80% », peuvent demander l'assistance d'un postier pour brancher leur adaptateur TNT HD et retrouver les canaux de leurs chaînes.

Le facteur n'arrivera exprès avec ledit adaptateur néanmoins. Il faudra aller l'acheter ou le commander soi-même.

En proposant ce service lors d'une opération nationale en concurrence avec les réparateurs et les vendeurs d'équipements audio-visuels, l'opérateur postal continue à placer ses facteurs comme élément de cohésion sociale à destination des personnes âgées ou isolées, dont l'utilité dépasse la livraison du courrier, dans la lignée du service Proxi Vigie.

vendredi 5 février 2016

Vers le nouveau Postal Museum à Londres

Avec une ouverture en 2017, le British Postal Museum & Archive change de nom en ce début février 2015 pour retrouver le nom de The Postal Museum, appellation disparue avec la fermeture du National Postal Museum en 1998.
Le logotype du nouveau musée de la Royal Mail et de Post Office Ltd. (site de The Postal Museum).
Effet immédiat : les sites et blog du BPMA deviennent eux-mêmes des musées de la fondation qui, depuis 2004, a perpétué l'espoir d'un musée consacré à l'histoire de la King's Post, du Great Post Office, et des deux entreprises actuelles, l'opérateur du courrier Royal Mail et l'opérateur principal des bureaux de poste Post Office.

Et ses réalisations furent concrètes et réussies : maintien d'une salle de travail des archives postales au Phoenix Center, au sein de Mount Pleasant, le principal centre de tri londonien, visites des réserves en province, projet de rénovation muséographique du métro postal londonien, vente de cartes postales, d'affiches, édition de livres dont les excellents du conservateur Douglas Muir. Et même, le onze juillet 2013, une vente aux enchères de timbres en doubles chez Sotheby's pour prouver aux mécènes la capacité du futur musée à être financièrement autonome.

L'ouverture à venir aura lieu à Calthorpe House, un ancien bâtiment de la Royal Mail, près de Mount Pleasant.

Sur la page d'ouverture du nouveau site, le Musée postal reprend la date de 1516 comme le début de l'histoire menant à la Royal Mail, ce qui ne cesse d'étonner les lecteurs de Masters of the Post de Duncan Campbell-Smith, histoire autorisée de la Royal Mail, paru en 2012 pour les cinq cents ans de...

Oups.

En effet, The White Knight, comme moi, ne peut que constater que 1516 n'a pas grande raison de servir de commémoration postale. Certes, cette année-là, le premier gouverneur des postes du roi est anobli, mais ce Brian Tuke reçoit sa fonction de gouverneur en février 1517 et s'occupait des postes en charge de fournir chevaux et cavalier-guide aux courriers royaux depuis 1512.

L'émission des cinq cents ans des postes royales britanniques, le mercredi dix-sept février à venir, est-elle un moyen pour la Royal Mail totalement privatisée en octobre dernier de rester dans le cœur du public ? Est-ce, plus positivement, un tremplin pour communiquer le plus largement possible l'ouverture du Postal Museum en 2017 en vaccinant les médias à l'avance ?

Il serait magnifique que cette ouverture connaisse autant de publicité que celle du musée postal de Tampere, en Finlande, avec sa première exposition et émission de timbres. La ville accueillera l'exposition européenne Finlandia du vingt-quatre au vingt-huit mai 2017.


Pour ceux qui souhaitent soutenir le musée et se procurer ses fac-similés et productions, la boutique reste localiser dans le domaine web du Postal Heritage.

mardi 2 février 2016

Stampede à Adelaide suite à une augmentation douteuse des tarifs australiens

Grâce au forum StampBoards.com, il est possible de suivre l'augmentation des tarifs postaux du lundi quatre janvier 2016, ses prémices, les railleries, et ses conséquences plus ou moins attendues. Une d'entre elles réussit même à toucher les médias non philatéliques et les sites de vente aux enchères avec des culbutes en quadruple salto vrillé de six timbres de trente cents vendus plus de mille dollars australiens. Diantre !

Pour ne pas multiplier les parenthèses : aujourd'hui, un dollar australien = 0,646 euro = 0,489 livres sterling. En 2014 au plus haut, 1 AUD = 0,60 à 0,70 euro  = 0,55 GBP (source : xe.com).


Problème simple, solution simple ?
Scène coloniale : couple de philatélistes sérieux observant stoïquement les événements timbrés d'Adelaide (Don Rosa pour Egmont et Disney).
Au départ, comme dans certains pays occidentaux (Royaume-Uni, France, Canada), la chute du nombre de lettres envoyées entraîne une politique radicale de licenciements, de croissance du nombre de comptoirs postaux tenus par des franchisés et, pour janvier 2016, une sévère augmentation du tarif postal de la lettre intérieure.

Enfin, si c'était si simple.

En effet, les contribuables australiens et leurs postiers ont du mal avec l'actuel président-directeur général d'Australia Post, Ahmed Fahour : en 2014, alors qu'il virait neuf cents employés, il était le fonctionnaire... et le patron le mieux payé d'Australie avec à peine moins de cinq millions de dollars australiens annuels, même si en 2015, il aurait renoncé à ses bonus soit la moitié de ce revenu alors qu'il avait connu les premiers exercices déficitaires de toute l'histoire de la poste australienne.


Enfin si on a deux solutions, c'est mieux, non ?
Un des dessins parmi les documents qu'Australia Post a publié pour expliquer au public (et à ses postiers et franchisés) le nouveau système (site d'Australia Post).
Le vingt-sept novembre 2015, l'autorité de la concurrence autorisa une augmentation de la lettre intérieure, passant de soixante-dix cents à un dollar... Et Australia Post, aussitôt, annonça une réforme du système des priorités, portant à un dollar cinquante cents le nouveau tarif prioritaire.

Pour faire aussi simple que le charmant dessin ci-dessus, la durée du voyage postal de la lettre dépend désormais explicitement si la destination est dans une métropole et dans quel État. Vers la métropole de l'État, l'expédition sera plus rapide que la campagne d'un autre État, s'étalant ainsi du peut-être le lendemain à une semaine. Un dollar donc, anciennement soixante-dix cents.

Mais, si vous souhaitez être sûr du lendemain, le service Express aux boîtes aux lettres jaunes et entiers postaux spécifiques à cinq dollars soixante-quinze, existe encore.

Entre les deux, le nouveau service prioritaire vous garantit un délai d'acheminement un à deux jours plus courts si vous payez cinquante cents de plus, soit un dollar et demi... Qui a dit pigeon ?

Pour l'heure, les essais postaux des participants australiens de StampBoards.com semblent indiquer une inefficacité du service prioritaire comparé au service regular... voire pire.


Pourquoi faire simple ?
Les étiquettes... timbres-poste... machins à coller pour qu'une lettre devienne prioritaire (site d'Australia Post).
Pourquoi ce relatif échec ?

De ma compréhension des débats australiens, il faut se tourner vers les timbres-vignettes ci-dessus. Australia Post n'émet pas de timbre d'un dollar cinquante car, pour rendre le service prioritaire, elle s'est équipée de machines de tri dernier cri.

Le timbre prioritaire est donc une vignette à valeur d'usage avec code datamatrix à coller à côté de l'affranchissement habituel. La lettre jetée dans une boîte rouge sera distinguée du reste grâce au code datamatrix et son traitement expéditif.

Enfin, en théorie.

Les témoignages des philatélistes vont de la postière franchisée qui ne croit pas que ce système va fonctionner, jusqu'à l'interrogation franche : avec les cinq millions de dollars cités auparavant, ne pouvait-on pas commander aux postes européennes (genre TNT ou DHL) des machines qui fonctionnent clé en main ? Il semble qu'Australia Post aurait commandé des machines diverses aux logiciels peu intercommunicants.

Autre étrangeté : les postiers ne doivent pas oblitérer la vignette prioritaire... Les encoches à l'emporte-pièce empêcheront-elles la réutilisation d'exemplaires non maculés ?


Et voilà les philatélistes qui s'en mêlent...

Premier gros accroc : alors que les nouveaux tarifs postaux doivent entrer en vigueur le lundi quatre janvier, les carnets de cinq vignettes prioritaires sont mis en vente dès fin novembre sur le site d'Australia Post au grand étonnement de postiers franchisés à qui l'opérateur a à peine annoncé la nouvelle.

Deux membres de StampBoards.com ont ainsi lancé une vente aux enchères au profit de l'Armée du salut avec une enveloppe postée le deux décembre 2015 et portant - non touchée par l'oblitération - une vignette prioritaire. Un peu d'amusement pour une bonne cause.

Par contre, combien de pseudophilatélistes-spéculateurs malhonnêtes ont-ils proposé de telles pièces aussi peu utiles que des autocollants décoratifs à des collectionneurs mal informés ?


... relayés par une direction régionale inconséquente.
Un des six timbres provisoires de trente cents du Bureau d'Adelaide émis en urgence en janvier 2016... Comme dans les bureaux coloniaux qui ne voyaient pas le bateau-ravitailleur arriver (scan de GlobalAdministrator sur StampBoards).
La situation est déjà passablement compliquée : nouveaux tarifs, nouveau service, doute sur la capacité des dirigeants actuels à gérer une industrie postale... Normalement, ça suffit déjà pour que les médias locaux se jettent sur les témoignages d'usagers mécontents.

Sauf qu'il y a la direction du Bureau d'Adelaide (GPO pour Great Post Office dans les discussions an anglais) qui a oublié de s'approvisionner en timbres de trente cents pour fournir les bureaux de la ville et de l'État d'Australie-Méridionale pour finir de vider leurs stocks de soixante-dix ou permettre aux usagers d'utiliser les leurs.

Pour parer au plus pressé, on ressortit de la naphtaline une machine débitant des timbres à la demande pour sortir sur des rouleaux de six animaux australiens datant de 1994 des valeurs postales de trente cents avec mention « Adelaide 2016 »...

...

Oui, oui. En 2016, dans un pays occidental, où la spéculation philatélique est connue des dirigeants postaux qui doivent la manier façon « timbres du désir » lors des salons philatéliques uniquement - ce à quoi servait ponctuellement la machine d'ailleurs, un directeur régional a émis des timbres d'urgence...

Publiée le dix-sept janvier sur StampBoards, la nouvelle est contée par un participant qui a découvert, le huit janvier, les timbres dans son bureau de quartier qui en limitait la vente à cause du manque de timbres de trente cents. Après enquête, il raconte que, le cinq, le GPO avait fourni les bureaux de la ville qui en avaient fait la demande avec ces timbres, qui à leur tour ont fourni les bureaux franchisés de leur zone, jusqu'au huit et l'arrivée des timbres-poste habituels.

Dimanche trente-et-un janvier, avec l'aide du même Glen Stephens qui suit bien les péripéties dans son pays, le marchand britannique Ian Billings conte l'inévitable : un lot de six timbres s'est vendu mille cinquante-et-un dollars sur eBay le vingt janvier ! Et une lettre s'est adjugée à presque mille sept cents dollars !!!


Au moins, fin janvier, les médias australiens ne s'interrogeaient plus sur le salaire du patron de la poste et j'avais l'impression de relire, plus d'un siècle après, les épisodes de timbres coupés en deux ou surchargés dans un bureau perdu où le postier attend fébrilement le prochain bateau et sa livraison de timbres neufs.


Et vingt-quatre heures de plus, le mercredi soir trois février 2016 :
Une journée australe de plus a permis une remarque sur le fil de StampBoards consacré à l'émission d'urgence d'Adelaide : parmi les six timbres, le timbre de distributeur « Famille de koala » [et pas seulement, note du dimanche sept février 2016] existait en 1994 sous deux types avec le millésime décalé. Un témoignage de philatélistes ayant pu consulter les stocks créés début janvier confirmerait l'existence des deux types.

Sur les sites d'enchères, une bulle se forme : certaines séries neuves atteignent des propositions de mille cinq cents à deux mille dollars ! La recherche des participants du forum se concentre davantage sur estimer les courriers effectivement affranchis et ayant circulé postalement sans philatéliste : le six janvier reste le premier jour connu, mais une résidente a témoigné avoir acheté ces timbres le mardi cinq et utilisé plus tard...


En fin de semaine, le samedi six février 2016 :
À présent, les membres du même fil de StampBoards suivent les ventes sur eBay ou entre marchands et collectionneurs connus localement, en essayant d'imaginer où les cotes vont se stabiliser et, même, quel serait le plan d'une exposition sur cette émission d'urgence.

Actuellement, la série de six bloque à mille dollars australiens (environ mille six cents euros), mais l'intérêt des philatélistes se portent sur les enveloppes d'origine non philatéliques oblitérées avant que la nouvelle ne soit connue, au plus près du cinq janvier donc.

Et là, une anecdote glace le sang sur le plein d'idées reçues des moldus concernant la philatélie : un membre a l'habitude de trouver son bonheur dans le courrier reçu par une association carétative (charity). Hélas, cette semaine, aucun timbre des timbres d'Adelaide...

... car un bénévole de l'association a déjà débusqué trois enveloppes les portant et décollé les timbres comme pour tous les courriers afin de confectionner les pochettes de timbres. Nombre de fois où j'ai dû accepter de ne récupérer que le coin déchiré d'une enveloppe reçue par une connaissance... soupirs...