jeudi 30 juin 2016

Mille en neuf ans et presque demi

Millième post, article, blague, dissertation philatéliques aujourd'hui, jeudi trente juin 2016 pour ce blog en neuf ans et cinq mois. Mes meilleurs souvenirs liés à son écriture ?

Non pas tellement mes exhibitions hyper-ironiques des actions des directions successives de φl@poste et de leurs alliés fédéral et négociant... Ça m'amuse de les écrire bien sûr, surtout les imaginatifs épisodes de Marian, Gloire et Beauté (merci Posti) quand la probable déception des dirigeants de La Poste et des traditionnels artistes du timbre a provoqué d'étranges réactions des φ-journalistes φrançais (depuis quand ne respecte-t-on pas les embargos et la sainte neutralité face aux émissions de France ??? Jamais sauf quand...) pour la nouvelle Marianne de la jeunesse, avant même qu'Olivier Ciappa ne tweete sur le lien entre son timbre et la thématique mamelles.

Tout cela permet de passer de lasses et inutiles colères... Lasses quand je vois le pigeonni... je lis le témoin « boucheur de cases » trouvé par l'éditorialiste Socrate dans Timbres magazine de ce juillet-août : il ne peut s'empêcher d'acheter tout ce qu'il trouve beau, mais φl@poste devrait comprendre que son porte-feuille n'est pas extensible...

lol ? Grrrrr ? Appeler la CGT à manifester au cri : « Françoise et Gilles au pilori » ? Écrire un essai Désir eslingérien et frustrations gilliennes de la case non bouchée chez le collectionneur français post-moderne ? Avec une édition poche enrichie d'un chapitre Les 12 méthodes de la spéculation heureuse ?

Aujourd'hui, j'écris au premier degré sans aucun humour : que ce collectionneur se démerde. Moi, je continue à couper des arbres... on ne sait jamais en cas de spéculation sur le marché du pilori :)

Alors quoi comme souvenirs ?

L'oblitération du bureau de Cacao, en Guyane, en 2002 (scan envoyé par Pierre Millien).
La découverte au hasard des lectures et des recherches de lieux et de populations, tel le village guyanais de Cacao où la République française installa des réfugiés hmongs en 1977 (article du trente-un juillet 2009).

Oui, ce simple petit article sur un si petit lieu découvert en farfouillant ce que je pouvais découvrir au moment du feuillet chocolaté de 2009. Parce que le timbre, l'oblitération, l'activité postale sont liés au besoin humain de communiquer et de commercer, pas à étouffer dans des classeurs, ni à être limités à une valeur spéculative.

Sinon, ce sont toutes les personnes qui m'ont permis d'apprendre et de découvrir qui marquent cette décennie.

Des marchands-auteurs britanniques qui étudient ce qu'ils vendent. Certes, on peut se poser la question de leur objectivité à multiplier les découvertes de variations des timbres-poste et de distributeurs de Royal Mail, mais au moins Outre-Manche, ce sont des Philatélistes qui étudient, commentent, critiquent les nouveautés britanniques dans les périodiques grand public Stamp Magazine, Gibbons Stamp Monthly et sur leurs blogs (comme celui de Norvic Philatelics de Ian et John Billings).

Les rencontres de Basil Herwald avec les dirigeants des services philatéliques de pays variés lors de ses voyages pour Gibbons Stamp Monthly, loin de se contenter d'attendre le mail annonçant le programme annuel d'émissions depuis son fauteuil et qui permet de montrer que nouvelles émissions actuellement n'est pas synonymes de diarrhées philatéliques ou de papier-peint d'agences.

Quel bonheur donc que mes abonnements à ces deux mensuels britanniques depuis 2007, découverts par leur couverture sur les quarante ans de la série Machin (vous pouvez aussi rejoindre les fanatiques de l'effigie Annigoni sur le forum StampBoards). Un salut amical à Julia Lee où que ses pas professionnels l'aient porté depuis les pages News de Stamp.

À l'époque temporairement éloigné à Paris, ce blog fut inspiré du modèle d'alors le Blog philatélie de Dominique Stéphan, hélas disparu du web. Comme est en sommeil depuis quelques temps l'actif thématiste Oh les timbres. Des devenirs que ce blog aurait pu connaître entre 2011 et 2013 quand il fut très difficile de concilier et placer dans des priorités durables philatélie et écriture avec vies professionnelle et personnelle, et autres loisirs... Pourquoi des catégories Uchronie et Jeu vidéo sur un blog philatélique ?!! Parce que.
Helen Morgan, non-philatéliste, a enquêté sur les premiers timbres de Maurice (amazon.co.uk).
Les lectures ont aidé à maintenir un chemin, même quand elles ne finissent pas toutes sur le blog. Avec internet d'abord qui a permis de découvrir deux livres écrits par des Moldus sur les premiers timbres de Maurice et la Collection philatélique royale. Dans le même temps, je découvrai Londres et sa richesse philatélique à l'époque où le libraire Vera Trinder y était encore.
La bibliothèque est toujours là malgré les déménagements (IKEA c'est du solide), mais depuis mai 2010, les albums ont dû se tasser plus bas encore face à l'afflux d'ouvrages et de dvd... Oui, fan de séries télévisées en plus (licence creative commons cc by-nc-nd 3.0 fr).
De fil en aiguille, je suis passé des ouvrages de Douglas Muir du British Philatelic Museum & Archive aux publications de la Royal Philatelic Society London...

En effet, alors que je découvrai l'ambiance si feutré (plus qu'en 2009) de la halle des marchands de Monacophil 2011, j'abordai timidement le stand de la Royal Philatelic Society London car le modeste lecteur-blogueur philatélique que je pense être, osai demander à acheter le cd-rom de l'intégrale du London Philatelist (aujourd'hui sur clé USB pour trente livres sterling) pour enfin profiter de certains articles inacessibles mais hautement intéressants.

Là, un chaleureux et jovial Frank Walton me transforme en membre-lecteur-blogueur visiteur impatient de revoir la bibliothèque du 41 Devonshire Place, intenable au travail les jeudis de conférences diffusées en ligne, explorateur aventureux des milliers de volumes et le million de pages de la Crawford Library - cela va-t-il finir comme dans un double-épisode de Doctor Who ? Qui a éteint la lumière ? Brrrr... - et, dans le même élan et à ma grande surprise, spectateur intéressé des expositions philatéliques : la partie que la presse philatélique française ne commente jamais (encore merci, Robert Marion).
Franchement quelles associations peuvent se vanter de disposer de toilettes aussi philatéliques que celles de la Société philatélique royale de Londres ? Distributeur de timbres et boîtes aux lettres extrait des collections du musée de la RPSL.
Si les commentaires sur ce blog sont fermés et son auteur assez contemplatif, les contacts liés existent, ponctuellement avec Pierre Millien et Olivier Gervais (Avez-vous vu sa lumineuse collection à Paris-Philex ? Au moins son site) quand je faute grandement... Laurent Bonnefoy en sait quelque chose dernièrement.

En attendant un clin d'œil aux deux seuls anonymes qui ont tenté le mail hautement moralisateur sur l'odieux que je suis de ne pas nommer de son nom philatélique la Marianne de Nicolas ou d'oser faire autre chose que de la philatélie sur un site philatélique... Deux clics : un sur le bouton Spam, un autre sur la corbeille. C'est un blog/bloc-notes personnel d'un amateur.

Et désolé à deux ou trois autres, mais je ne m'intéresse pas à tout : je ne suis pas une agence de presse philatélique, même si je passe du temps à débusquer des informations avec Google Actualités. Être systématiste dans la publication reçue, c'est un métier, il y a des professionnels : profitez-en.

Le reste des lecteurs ? D'après les outils de mon hôte Blogger, je salue la majeure partie de mon public : les robots de Google et de Google Images :) Sans oublier ceux de l'entreprise privée qui assure le suivi de la réputation du Groupe La Poste sur les réseaux sociaux ;) que je remercie d'avoir retweeter des articles de temps à autre, provoquant des explosions inexplicables de consultations (deux cents lecteurs pour ce résumé de Midi libre !??)... Généralement quand je complimente La Poste. Aussi rare qu'un bloc Courrèges en couleurs à Paris-Philex :p
La trouvaille de l'année et l'article qui m'a fait le plus plaisir d'écrire : comment le Conseil de promotion de la philatélie du Nigeria a réussi une exposition-colloque en mars dernier, en présence de l'ancien président Obasanjo (à droite ; NTA News, trois mars 2016).
Heureusement quelques humains lisent également ce blog : une douzaine dans la journée chaque publication à coup sûr - Bonjour ! Une centaine d'un coup quand je critique le monde φl@télique, mais seulement la moitié quand je le complimente le lendemain... Oh ! Lectorat aussi difficile que je suis hypocrite :p

Depuis 2015, vous provenez d'une liste de plus en plus longue de pays différents selon où l'adresse du blog a pu être publiée (Jean-Jacques Tilleard et la philatélie de Saint-Pierre-et-Miquelon ont énormément d'amis en Amérique Latine et en Asie du Sud-Est, j'en témoigne) ou selon le sujet touché (quelqu'un aux îles Falklands utilise l'approprié IceWeasel comme navigateur).

Ce lectorat atteint des contrées encore plus inattendues comme le Pakistan et l'Égypte quand deux philatélistes ont apprécié sur Facebook qu'un « petit pays philatélique » soit évoqué ici, le Nigeria en mars dernier, pour un reportage télévisé montrant qu'il se passe des choses en dehors des fédérations européennes de « boucheurs de cases ».


Quoi pour les mille prochains ?

Un article par nouveau timbre de France, d'Outre-Mer et des Principautés reproduits dans Timbres magazine à partir de la nouvelle nouvelle formule de septembre prochain... Prochain article du millier dans très peu de temps donc :)) Non, mauvaise blague que j'ai déjà écrite, rappelleront les lecteurs attentifs et réguliers (jeu interdit aux robots indexateurs).

Les types d'articles en place depuis la relance de 2014, à coup sûr : nouveaux timbres du monde qui me plaisent, compte-rendus de lectures par le croisement que mon esprit du moment réalise entre elles, et quand l'enthousiasme de l'écrivain y est, un pièce de profonde ironie sur les aléas - ou les grands moments : l'offensive médiatique d'octobre-janvier - de la  φl@postie φranç@ise, objet d'étude en elle-même pour un historien.

L'espoir aussi de mieux tenir et plus souvent le blog en anglais que je ne veux pas être qu'une traduction de celui-ci.

Au-delà, qu'en sais-je ? Ce jeudi après-midi, j'écris (pire : vous lisez) des mots aussi futiles alors que la Royal Philatelic Society London et la British Library présentent en direct sur youTube l'impressionnant, sisyphien, coûteux et absolument inestimable travail réalisé pour que la Crawford Library soit accessible à tous par l'intermédiaire d'internet...

Au-delà donc, il y aura sûrement plus d'activités dans mes classeurs - c'est fou les trucs hyper-intéressants que j'y entasse depuis que j'ai dix ans (et seulement cinq ans comme abonné aux nouveautés de France) - et, j'espère, au-delà, en d'autres lieux et formes philatéliques.

Sinon, dans les prochaines semaines avant une pause estivale : la fin de l'exposition-compétition Paris-Philex, le bilan de la future ancienne nouvelle formule 2015-2016 de Timbres magazine, et ce qui m'inspirera dans tout ce qu'internet permet de diffuser et de faire connaître.

mardi 28 juin 2016

Enquêtes, surprise et boîtes aux lettres dans le London Philatelist de juin

Les articles, proposés dans le numéro de juin 2016 du London Philatelist, pourraient constituer une excellente soirée canapé/télévision pour oublier les affres européens du Royaume-Uni ou l'ennui profond que m'inspire une compétition de football.

En avant-soirée : documentaire touristique à Gibraltar...
... comme sur arte à vingt heures en attendant le film.
Le Gibraltarien Richard Garcia, après un article conjoint sur la première série d'usage courant du Rocher du règne d'Elizabeth II en novembre 2015, propose une ballade le long de Main Street le long de laquelle le Royal Gibraltar Post Office a placé des boîtes aux lettres monogrammées, une par souverain depuis la Reine Victoria.
Bricolage sebphilatélien à partir des informations fournies par Richard Garcia (fond de carte et itinéraire Google Maps, ajout avec Paint.NET - un logiciel libre).
La principale avenue marchande de Gibraltar compte désormais six boîtes pour un gros kilomètre. La dernière de la série porte le monogramme d'Edward VIII et a été installée en octobre 2015.

Le parcours est assez touristique aller comme retour : d'Edward VII près d'un centre commercial / parking jusqu'à George VI devant le centre culturel du territoire, en passant par les commerces locaux, le bureau de poste principal, les batiments officiels, la cathédrale.

Vivement un voyage à Gibraltar...

D'autres publications de Garcia sont listées sur sa page LinkedIn.

Une bande-annonce
Au milieu de la revue de la Royal Philatelic Society London, quatre pages annonçant l'exposition internationale Stockholmia 2019 organisée pour célébrer les cent cinquante ans de la Société.

Le grand film de la soirée : le postier, le bush et les truands...
... souvenir de La Dernière Séance.
Quinze pages sur un sujet d'histoire postale, sociale et criminelle : les attaques de malles postales dans le bush australien au dix-neuvième siècle. Un véritable western à la John Wayne.

Auteur d'ouvrages récents sur les accidents subis par le courrier australien, Brian Peace raconte puis illustre de toutes les manières possibles la vague délinquante qu'a connu l'intérieur des colonies occidentales d'Australie des années 1840 à 1870 jusqu'à leur terme définitif au tout début des années 1900 - l'auteur déduisant que la sévérité accrue de la justice contre les criminels a mis fin à l'incroyable nombre d'affaires dans les années 1860 : plus de deux cents ! Plus de la moitié de toutes les attaques recensées.

L'article reproduit les trois seules lettres conservées portant une mention manuscrite expliquant leurs involontaires aventures, ainsi qu'une liste des lettres recommandées transportée avec le sac de courrier, qui, elle aussi, accompagna des bandits avant d'être retrouvée.

Les collectionneurs d'archives se tourneront vers les journaux officiels des colonies (Government Gazette), les quelques lettres témoignant de l'événement. Par exemple, cette lettre de 1864 entre deux maîtres des postes pour confirmer que la moitié de chèque amené par un destinataire est bien à payer ; le dit chèque avait disparu lors d'un vol, puis déchiré lors du tri des valeurs par les malfaiteurs.

Chacune des affaires concernées est racontée à partir des articles de presse et des récits dans les archives judiciaires. Prenant, surtout avec la figure de Paddy Tom, qui apparaît dans plusieurs coups réalisés par des bandes différentes dans des colonies différentes, et qui finit condamné à la pendaison pour meurtre le vingt mai 1865.

L'entracte.
Le temps d'une pause eskimo (chouchous, beignets ! sur les plages de France) résumé des conférences d'avril, annonce du nouvel ouvrage Guide to the Postal Stationery of Iraq par Clayton Rubec et Akhtem Al-Manaseer.

En amusement avant le deuxième film, Richard Wheatley se contente d'une seule enveloppe recommandée de 1970, de Leeds (Angleterre) pour les passagers d'un navire faisant escale à Punta Arenas, au sud du Chili : quatre Wildings et le timbre commémoratif Gandhi...

Les cinq comportent une variété présente au catalogue Stanley Gibbons !

Soir de vacances, encore envie d'un vieux film dans l'immensité classique...
... Le Cinéma de minuit ?
Restons dans les immensités à explorer et les enquêtes policières : la présence militaire britannique avec la révolte arabe dans l'Empire ottoman pendant la Grande Guerre à l'établissement du mandat britannique dans ce qui devient le Royaume d'Irak.

Barry Scott fait face à un mystère... Trente-trois en fait. Trente-trois enveloppes originaires de Mésopotamie du vingt-cinq mai 1920 au vingt-neuf novembre 1921 portent une marque rouge : un M et un numéro dans un cercle.

Trace de censure ? Tampon indiquant la franchise militaire pour les troupes britanniques ? Scott propose cette seconde solution par les archives pour la date de fin de censure d'une part, et en comparant des courriers civils et militaires par voie aérienne, d'autre part : un timbre-poste (ottoman surchargé) de moins et un coup de tampon de plus pour les seconds.


Il est minuit passé dans le sud de la France, le soleil est enfin couché et le courant d'air frais permet enfin d'aller dormir.


Complément du dimanche seize octobre 2016 :
Le dix octobre 2016, la poste de Gibraltar a émis cinq timbres sur les boîtes aux lettres, une par règne dont le souverain est apparu sur les timbres du territoire britannique. Néanmoins, l'auteur du blog Commonwealth Stamp Opinion avait du mal à voir qu'est-ce qui pouvait motiver le Bureau philatélique de Gibraltar.
L'émission des pillar boxes de Gibraltar du dix octobre 2016 (Bureau philatélique de Gibraltar).
À part les cinq cents (autoproclamés) du service postal britannique célébré par Royal Mail cette année, je lui ai signalé l'article de Richard Garcia évoqué ici sur l'installation par le Royal Gibraltar Post Office des six boîtes-piliers historiques sur Main Street.

Pour être sûr du lien entre cette installation et l'émission de timbres, j'ai pu obtenir une réponse de M. Garcia qui a contacté Aaron Enriles, un responsable du Bureau philatélique de Gibraltar, qui lie les deux. Sauf qu'en 2015 lors de la préparation du programme philatélique, le RGPO ne possédait pas de boîtes au monogramme d'Edward VIII et n'a envisagé que cinq timbres.

Faute de temps, il est envisagé pour 2019 une émission complémentaire pour représenter cette boîte installée près du Parlement du Territoire.

Merci à Robert Garcia et à Aaron Enriles pour leurs réponses.

samedi 25 juin 2016

Été historique et exotique français pour Gibbons Stamp Monthly

Les numéros datés juillet (déjà sorti) et d'août (prévu pour début juillet) du mensuel britannique Gibbons Stamp Monthly se tournent vers la France, son histoire commune avec les Britanniques, et son empire colonial.

Histoire postale commune : la Somme.
La série de six timbres du centenaire de 1916 dans la Grande Guerre, dont trois au tarif prohibitif d'une livre cinquante-deux, soit la lettre européenne de plus de cent grammes !!! (Royal Mail).
Pour le centenaire de la bataille de la Somme, qui eut lieu du premier juillet au dix-huit novembre 1916, la Royal Mail émet un timbre sur le mémorial de Thiepval, photographié de loin, à l'arrière-plan dominant les champs et bois actuels.

Deux articles d'histoire postale complète la description de l'émission. Graham Mark explique comment la censure postale britannique s'est développée en 1916 sur tous les fronts.

Alistair Kennedy se concentre sur le courrier des forces britanniques pendant la bataille de la Somme avec force oblitération de field post offices sans timbre-poste - franchise postale oblige - et de marques de censeur.

Une capte le regard français dès son apparition en couverture de ce numéro de juillet : la République assise en majesté entourée d'un cercle dans lequel est inscrit « Service de l'aviation navale anglaise », oblitérée par la poste de l'armée britannique... Quel mélange.

L'article se conclut par une carte postale humoristique montrant que, malgré la bataille, la poste fonctionne avec un grand flegme.

Gibbons au Congo.
Un autre événement de moindre importance appelle un autre article dans la fibre française dans le même numéro de juillet 2016 : suite à la division de son catalogue France & Colonies (France seule par ici), l'éditeur Stanley Gibbons vient de mettre en vente un catalogue comprenant l'ensemble des colonies, départements, territoires et actuelles collectivités d'outre-mer françaises, y compris les bureaux à l'étranger. Ouf.

Un peu moins de trente-cinq livres sterling, soit cinquante euros quand la livre se porte trop bien (1,50), quarante-six quand elle se porte normalement (1,33) ou vous patientez un œil sur les taux de change que propose votre banquier dans les prochaines semaines.

La publicité est page cinquante-huit. Pour mettre immédiatement le pied à l'étrier au collectionneur britannique, Michael Round avec l'aide de Claire de la Feuillade détaille en quatre pages toute une étude traditionnelle de la série de 1900 du Congo français, comprenant le Congo et le Gabon actuels.

Par pitié du Britannique, alors méditant un référendum difficile sur l'Union européenne, les modifications administratives coloniales françaises de 1906-1910 ne sont qu'effleurées : Congo, Moyen-Congo avec/sans Gabon, Afrique équatoriale française, etc.

Une étude approfondie puisque Round se plonge dans les auteurs anciens pour préciser la date d'émission avant de passer en revue papier, dentelure, couleurs et filigranes. Dictionnaire de traduction en main pour ce dernier : le couple de faux jumeaux renversé/inverted - inversé/reversed pouvant gravement tromper l'anglophone.

Perfides Français !

La vengeance est d'ailleurs terrible : pour marquer l'Euro de football organisé en France, le mensuel propose son équipe britannique idéale à travers les timbres et les enveloppes-souvenirs.

Que s'échoue la galère...
Et ces pérégrinations dans le domaine français vont se poursuivre dans le numéro d'août, disponible en kiosque début juillet. L'annonce est "Tromelin: A True Desert Island".

Stephen Pendleton va décrire les timbres, courriers et tampons de mission à rechercher de cet îlot du district des Îles éparses, rendu célèbre par le naufrage en 1761 d'un navire pratiquant illégalement la traite et l'abandon ensuite des esclaves survivants par l'équipage. Une poignée sera finalement sauvée quinze ans plus tard par le chevalier de Tromelin.

Un article récit d'aventure et d'histoire postale des Terres australes et antarctiques françaises en perspective.

vendredi 24 juin 2016

Timbre olympique quatre ans après en Australie

Affaire suivie depuis jeudi vingt-quatre mars dernier par les participants du forum StampBoards.com, Australia Post a émis un timbre pour un médaillé d'or australien presque quatre ans après la fin des compétitions.
L'« instant stamp » en cours de diffusion vers certains bureaux de poste et sur la boutique web d'Australia Post.
En effet, alors que l'opérateur postal a annoncé la pré-commande des timbres « instantanés » pour les médaillés d'or australiens des Jeux olympiques de Rio, les actuels tourments de l'athlétisme russe a entraîné une modification du podium de l'épreuve de cinquanten kilomètres marche de Londres : Jared Tallent a reçu sa médaille d'or, la semaine dernière, suite à la conviction de dopage du vainqueur d'alors.
Le timbre est vendu en feuille de dix (Australia Post).
Dans les questionnements philatélistes, la remarque qu'un timbre de médaille de 2012 porte le millésime 2016, ainsi que la valeur faciale de base actuelle. Qu'avec les Jeux de Rio, il est possible que Jared Tallent bénéficie en un trimestre de deux timbres différents.

Enfin, ce timbre aurait-il pu être émis si Australia Post n'avait relancé son partenariat avec le comité olympique australien ? En effet, aurait-il été opportun de payer chèrement le droit d'utiliser les anneaux olympiques, propriété commerciale jalousement protégée du Comité international olympique ?

jeudi 23 juin 2016

Paris-Philex (5) : de l'exotisme hors les murs

« Paris-Philex hors les murs ».

Je rassure tout de suite les collectionneurs et spéculateurs de nouveautés hors-programme : n'écrivez pas à Timbropresse, ni à la Fédération. Inutile que leurs chefs aillent envahir de nouveau le bureau de Gil@poste Livchitz, ni que Socrate et Gauthier Toulemonde nous répandent des pages entières sur leur rôle intermittent de défenseurs du collectionneur de nouveautés, comme dans le numéro de ce juin 2016 : c'est quoi ce trou d'actions de 2007 à 2015 pendant l'application délétère des états eslingériens de la φl@télie ?

Dans ce « hors les murs », aucune action secrète de Gil@poste pour émettre des timbres spéculatifs ou des entiers en douce en avertissant uniquement quelques happy fews franciliens.
La façade du palais de la porte Dorée par Alfred Janniot - 1929-1931 - en hommage à un empire exploité que nous fantasmions « libre » et en « paix », selon les grands principes entourant l'allégorie centrale (photographie sous licence Creative Commons cc by-nc-nd 3.0 fr - rappel : Janniot est mort en 1969).
« Paris-Philex hors les murs » est ma façon de profiter de trois jours parisiens - alléluia, une marée basse professionnelle, dommage qu'elle fut haute pour Monacophil 2015 - entre philatélie et découverte de Paris.

Car il suffisait de prendre le tramway devant le parc des expositions de la porte de Versailles, siège de l'exposition philatélique nationale pour rallier la porte Dorée et une scénographie colonialiste évoquant l'époque de naissance d'une grande partie des visiteurs de Paris-Philex et du volailler φl@postal.

Le monument ouvrant la zone honore les anciens combattants d'Indochine, fontaine-rivière minérale entouré de pelouse et de palmiers par l'architecte Louis Madeline, provenant d'une statue d'Athéna par Louis-Ernest Drivier. Il est suivi d'un bas-relief de l'expédition de 1898 du colonel Marchand du Congo à Djibouti, via un arrêt dangereusement imprévu à Fachoda, sur lequel tous les officiers français sont nommés et les tirailleurs sénégalais évoqués par leur nombre...

Face à cela, le palais-musée-aquarium de la porte Dorée et sa façade exploitons les richesses des colonies... Nous savons depuis 2005 qu'il n'est toujours pas possible de faire l'histoire de l'empire colonial français par les historiens, de montrer comment l'empire raciste bénévole de Jules Ferry est devenu un empire raciste et parasite, oublieux des valeurs de la République. Que dans les colonies le bon est mêlé au mal dans la manière dont la France, les colons et les métropolitains ont géré ces territoires et ces peuples.

Tant de débats historiens et de réflexions invisibles quand sont évoqués les timbres créés pour les colonies.
Carte postale utilisée en 1907 : des bûcherons immigrés belges et leur... hutte... (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Quelle ironie d'y avoir installé le Musée de l'histoire de l'immigration depuis 2007, avec dans les premières pièces une carte postale du début du vingtième siècle, dans une mise en scène digne d'un timbre colonial de l'indigène exploitant l'hévéa grâce au Français civilisateur : une équipe de bûcherons belges œuvrant dans la forêt de Marchenoir, en Loir-et-Cher où la carte fut postée avec une Semeuse en 1907.

Le détail qui montre que le point de vue français est autant un problème que les migrants : « et leur hutte »... Habitat temporaire pour une taille d'accord, mais rudesse du confort : une cause du refus des bons Français de réaliser ce travail ?
Cartes postales (!) françaises sur l'expulsion de « romanichels » par les gendarmes, vers 1900 (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Une exposition temporaires sur les frontières sur deux siècles, « sur les limites et leurs limites », se tient juqu'au dimanche trois juillet prochain.

Pour le sens des frontières françaises au début du vingtième siècle, un lot de cinq cartes postales est présenté : des photographies prises, clairement mises en scène, imprimées, vendues, utilisées sur un sujet qui provoquerait un scandale médiatique aujourd'hui, quoique vu le débat britannique sur les frontières (exemple par UKIP)...

... des photographies d'opérations de gendarmerie expulsant des « Romanichels » du territoire, voire sur une autre carte « Nos campagnes. Voyageurs indésirables »... Pfiou.

Illustrées ci-dessous, deux affranchies sur l'image.

À gauche, une carte française mais avec une légende sommairement traduite en allemand. Sur la route entre Arracourt (Meurthe-et-Moselle) et Vic-sur-Seille (Moselle), au poste-frontière, une ligne bien rangée de gendarmes soldats allemands - et d'habitants endimanchés - posent barrant le chemin à des « romanichels serbes » qui posent avec leurs ours, après leur expulsion par les gendarmes français. Le montreur d'ours pyrénéen contre la loi de séparation des Églises et de l'État a été plus populaire...

La carte est utilisée côté allemand à « Vic (Seille) » le vingt-cinq mars 1916. L'oblitération sur timbre allemand m'étonne car elle conserve le nom français de la commune, allemande depuis l'annexion de l'Alsace-Lorraine, régions qui appraît beaucoup dans le premier tiers de l'exposition Frontières.

La carte de droite est encore plus révoltante. Les gendarmes posent avec les riverains lors d'une expulsion de « Bohêmiens », enfants bien placés dont le bébé voit sa joue pincer affectueusement par l'officier...
Barthélémy Toguo ( exposition temporaire FrontièreMusée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Coincés entre les postes-frontières est le message que je retiens de nombreux documents et œuvres d'art de cette exposition. L'artiste camerounais Barthélémy Toguo résume cette situation humaine en 2010 : des sculptures en bois représentent des êtres humains tandis que le dessous est gravé comme des tampons douaniers, dont un porte un prénom.

Envie de jouer le douanier comme sur ces cartes postales : testez ce jeu vidéo.
Philatélie fiscale : un visa temporaire de réfugié célèbre (France) en haut et un passeport soviétique de1935 en bas ( collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
À entrer ainsi dans les vies individuelles, l'exposition temporaire, comme l'exposition permanente, oblige le visiteur à se souvenir que les migrants sont des êtres humains au-delà des timbres fiscaux, visas et passeports présentés.

Si la collection de photographies de « voitures-cathédrales » des travailleurs immigrés retournant en vacances au Maghreb avec des achats pour toute la famille étendue provoquera à coup sûr des blagues racistes - et peut-être un gentil rappel à la sécurité routière, le retour sur terre a lieu peu après avec la carte temporaire de séjour de janvier 1962 avec timbre fiscal de cinq francs - photographie retirée - au nom du réfugié soviétique :
Conférence de presse aux Champs-Élysées six jours après sa demande d'asile à la France (SIPA / initialement Paris-Jour).

« Saleté de réfugiés, refoulons-les », « S'ils restaient pour combattre, ils sauveraient leur pays », etc., etc. Entre un président fils d'exilé hongrois et un premier ministre né espagnol d'un couple espagnol et italien...
Document de voyage visé à l'ambassade britannique de Paris en 1949.
Bref, ce musée est une œuvre de salut public pour éclairer bien des débats avec le recul de l'histoire, tout en œillades à destination des philatélistes postaux autant que fiscaux. Quelques dernières pièces que vous pouvez découvrir dans leur contexte individuel au musée de la porte Dorée.

Visa portant trois timbres fiscaux consulaires britanniques à l'effigie du Roi George VI pour seize shillings, déjà une belle dépense en septembre 1949, oblitérés à l'ambassade du Royaume-Uni à Paris.
Timbre fiscal belge sur un coin d'une affiche de cinéma de l'exposition temporaire Frontières (Musée de l'histoire de l'immigration, Paris, 2016).
Une partie de l'exposition temporaire est également consacrée au travail des douaniers, notamment leur matériel au fil des décennies - ce qui me rappelle l'exposition sur les douanes britanniques (Seized - Saisi) au Musée maritime du Merseyside de Liverpool : un grand musée qui rassemble de nombreux aspects du voyage maritime depuis le Titanic à la traite atlantique, en passant par la marine marchande, les peintures marines et l'exploitation humaine de nos jours.

Aspect culturel de ce métier avec l'affiche du film franco-italien La loi c'est la loi de Christian-Jacque avec les comédiens Fernandel et Totò, de 1958 - en pleine genèse du Marché commun européen.

Dans le coin inférieur droit, le philatéliste remarque un timbre fiscal belge oblitéré le vingt-cinq mai 1961... Une taxe sur l'affichage public ?
Facture italienne pour un accordéon commandé en France (Collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Dans la collection générale, une galerie rappelle tout ce que les immigrés ont apporté à la culture française depuis Offenbach... Un immigré célèbre encore.

Une facture y est présentée pour la commande d'un accordéon (ou un harmonica, mes souvenirs musicaux sont vagues comparés à la philatélie) avec dans le coin un timbre fiscal italien d'une lire oblitéré le huit mars 1932, et donc conservé par la famille pour finir au musée. La fenêtre d'exposition évoquant la vie des immigrés arrivant en France avec quelques talents musicaux.

Un samedi matin enrichissant culturellement, politiquement et... philatéliquement.


Notes de l'après-midi :
Il suffit d'un tour en ville après avoir écrit pour enrichir un article déjà rassasiant.

Ainsi, actuellement dans les salles, l'histoire d'un jeune médecin zaïrois, seul volontaire pour s'installer avec sa famille à Marly-Gomont, dans l'Aisne, dans les années soixante-dix. D'après la jeunesse de l'humoriste Kamini qu'il avait évoquée dans un rap.

Bande-annonce de Bienvenue à Marly-Gomont (youTube).

Années soixante-dix oblige, le bureau des PTT et le courrier jouent de petits rôles secondaires dans l'intrigue.

À la librairie, dans ce thème, on peut toujours encourager à lire les essais de Gaston Kelman, né Camerounais, mais qui n'aime pas le manioc, comme le rappelle le titre d'un ouvrage de 2003 où il démonte les idées reçues sur les personnes noires. Pour les plus jeunes, Niourk, le roman de Stefan Wul ou sa récente adaptation en bande dessinée par Olivier Vatine.

Bande-annonce de l'exposition Déluge (Ville de Montpellier via youTube).
Une fois n'est absolument pas coutume, j'ai parlé d'art contemporain avec Barthélémy Toguo. Une exposition de l'artiste a lieu à Montpellier depuis hier ! D'hier mercredi vingt-deux juin au six novembre prochain, Toguo a créé une exposition inédite sur le thème du Déluge, au Carré Sainte-Anne, au cœur du centre historique (et gratuite).

Mon vendredi après-midi est prêt.

vendredi 17 juin 2016

Paris-Philex (4) : de l'exotisme

Outre les marchands allemands et scandinaves à Paris-Philex, du dix-neuf au vingt-deux mai 2016, la compétition philatélique permettait de se balader dans le monde... sans l'excuse de timbres classiques français.

Deuxième épisode de mon commentaire sportif (amateur, partiel et partial) du championnat de France de philatélie.

Petite précision : je ne lie pas les noms des exposants avec leur fiche sur le site fédéral si elles signalent des coordonnées privées précises.

Sans aller trop loin :  quatre escales en Espagne.
Juan-José Ara Somohano exposait deux collections, toujours sur le thème de la Guerre d'Espagne et des Républicains espagnols, dont l'exil fait l'objet d'une collection lors de la compétition départementale de Montpellier, en mars dernier.

À Paris, l'histoire postale de La Guerre d'Espagne poursuit un long chemin, depuis 2002 selon la page du philatéliste sur le site fédéral. Elle confirme désormais un niveau de Grand Vermeil pour la seconde fois de suite, avec cette année les félicitations du jury. Pourquoi ? Aucune idée.

Mais, le Biterrois a profité de l'innovation de Paris-Philex : l'invitation adressée à l'Association arc-en-ciel regroupant les errinnophiles, collectionneurs de vignettes non postales (les Cinderella/Cendrillon britanniques). Sa collection Une page de l'histoire espagnole - secteur républicain 1936-1939 a participé dans cette catégorie hors concours en laissant le jury mixte débattre vendredi matin de son classement : le juré philatéliste reconnaissant une collection de philatélie - une grande partie des vignettes ayant pour but affirmé l'affichage sur le courrier voire une fonction postale d'urgence ; ses collègues erinnophiles confirmant l'entre-deux du travail de M. Ara Somohano.

Quatre-vingt points au milieu du classement errinophile... Vivement des publications fédérales, associatives et journalistiques commentant et expliquant ces scores aux visiteurs.

Pour les curieux de cet épisode de l'histoire espagnole, deux philatélistes espagnols - fédération invitée - ont complété : José Barros Calchadora avec la philatélie de la République espagnole (1931-1939) et Estanislao Pan de Alfao sur l'histoire postale du camp de concentration de Miranda de Ebro, au nord de la Castille, qui servit à enfermer successivement les républicains, les étrangers fuyant l'avancée allemande en France, puis les déserteurs allemands et nazis fuyant la Libération de l'Europe occupée.

Quand les machines Daguin voyagent hors de France...
... pour reprendre le titre de la collection de Brigitte Abensur.

Les machines manuelles d'oblitération françaises de l'ingénieur Eugène Daguin, fort populaires chez les collectionneurs de marques postales et de flammes illustrées, ont eu une carrière à l'exportation. Par exemple, sur le site Exponet, le Roumain Dan N. Dobrescu propose sa collection de marques Daguin en Roumanie entre 1890 et 1909.

Plus voyageur, Jean-Michel Garaud de l'Amicale philatélique des pays de la Fillière, en Savoie, les a suivies jusqu'au Chili après une collection plus mondiale exposée de 2003 à 2011 ayant atteint le grand vermeil.
Un exemple de Daguin mixte de 1934, petit résumé à mon avis des usages de ces machines au Chili (collection Jean-Michel Garaud).
Après un Catalogue des empreintes Daguin chiliennes de 1898 à 1950, médaille vermeil en 2014, voilà l'application sur cadres. Et c'est exotique pour le lecteur qui redécouvre ses classiques sous de nouvelles formes graphiques et d'usage : flamme muette, publicitaire ou illustrée, marque jumelée ou borgne, voire mixte.


Minute gueulante :
encore une fois, une collection difficile 
à lire et photographier
à cause d'un éclairage inacceptable
pendant qu'on avait sorti les projecteurs
de stade de football pour Phil@poste...


De l'exotique histoire postale de Nemours
Exotique Nemours ? Le nom colonial de Ghazaouet avant l'indépendance de l'Algérie.

Non, non : Nemours en Seine-et-Marne, à moins de cent kilomètres au sud de Notre-Dame de Paris.

...

Le Béarnais Jean-Claude Ferret remporte mon prix de l'exotisme en classe ultra-traditionaliste pour compenser une simple médaille d'argent à soixante-douze points malgré...

Ultra-traditionaliste : l'étude de l'évolution des marques postales d'une commune française des origines pré-philatéliques à 1876, date-repère-barrière entre les Cérès/Napoléon et le type Sage. À titre personnel - et sûrement j'ai tort..., j'en ai lu une complètement en exposition à Montpellier et j'ai l'impression de revoir la même chose quelque soit la ville, le département choisi, sauf à me parler de lieux qui me sont intimes ou si la présence d'une gare ou d'un port apporte un brin de variété.

M. Ferret ose aller jusqu'à nos jours !
Une oblitération ROC Toshiba sur enveloppe ouverte à la Moldu dans une exposition philatélique : scandale ! (collection Jean-Claude Ferret).
Oui, des Daguin et des flammes touristiques SECAP... et même une Toshiba à code ROC anonyme pour ne pas savoir où se trouve votre centre de tri.

Scandale diront certains : il faut dé-cou-per ! Et jeter les flammes ondulées :p

Visionnaire diront d'autres : pour créer un marcophile aujourd'hui, il faut partir du courrier qu'il reçoit ou trouvera en explorant les poubelles d'une entreprises.

Normal à mon sens : les découpages chronologiques classiques sont commodes pour se repérer et étudier efficacement. Mais, comme le découpage en grandes ères de l'Histoire, en quoi cela dérange-t-il de les dépasser ?

Encore une fois, savoir comment les jurés ont évalué cette présentation serait fort pédagogique. Complète chronologiquement, cette collection n'est-elle pas assez approfondie dans ses explications par époque ? L'inclusion d'une plate-forme courrier de Melun a-t-elle gêné et était considérée comme hors-sujet ? Ou est-ce simplement un problème de mise en forme des informations pour l'accessibilité du lecteur ?

À côté de la collection Nemours, la Fédération aurait dû placer le stand de vente des deux tomes de L'Oblitération mécanique en France d'Yvon Nouazé pour éclairer les curieux.

Vivement une médaille plus jaune pour cette collection.


L'exotisme philatélique à Paris-Philex continuera dans un prochain épisode.

mardi 14 juin 2016

Paris-Philex (3) : le prix du marchand

Puisqu'il y a une compétition des collections, pourquoi n'y aurait-il pas une compétition des marchands et négociants présents à Paris-Philex 2016 ?
Logotype du marchand danois (site web).
Mon vainqueur : JF-Stamps d'Odense, au Danemark.

Pourquoi ?

Politesse, courtoisie, stock international de timbres et d'enveloppes... Pas limité à la France et ses colonies, gros défaut des marchands français.

De la poignée de marchands dont j'ai parcouru les boîtes, AUCUNE enveloppe n'avait été abîmée par l'ajout du prix au crayon ou d'une mention quelconque.

Bravo !

Leur site web est consultable en danoisallemand et anglais.


dimanche 12 juin 2016

Paris-Philex (2) : exposer, ça a l'air si facile...

... comme quand, enfant, vous voyez quelqu'un de votre âge jouer du piano... Non, toujours pas d'instrument de musique ou de livrets de chants chez moi. C'est peut-être pour ça que j'écris après avoir lu... à force de lire et d'écrire depuis quelques décennies maintenant.

C'est ainsi que certaines collections paraissaient si faciles à Paris-Philex... mais cette compétition n'étant que très rarement évoquée dans la presse et le web philatélique...
Une des diagonales du championnat de France de philatélie 2016 menant jusqu'à son envahissant mécène... Je reviendrai sur le plafond dans quelques paragraphes (licence Creative Commons nc-by-sa 3.0 fr).
Aussi facile, nous sommes-nous dit avec une épouse de philatéliste devant Quand les « Empire dentelés » voyagent hors de France de Brigitte Abensur. Admirable dès la première approche est la simplicité d'accès de la collection - même si je suis partial sur ce thème entre les articles de Laurent Veglio dans Timbres magazine d'une part, destinations britanniques et impériales britanniques d'autre part.
Je me permets un extrait de la collection de Mme Abensur : lettre de Nantes pour la République dominicaine (collection Brigitte Absensur, 2016).
Un plan sous forme de planisphère pour pouvoir aller au plus vite vers les enveloppes rangées par destinations vers les plus lointaines. Des pages d'un jaune suffisamment léger pour que le lecteur ne remarque plus les bandes plastiques jaunis des cadres de la Fédération.

... Et des légendes d'une clarté limpide, aussi exhaustive que facile à comprendre. Même l'ignorant du thème comprend ce qui est écrit, pourquoi cette lettre est là et, comme dans l'exemple choisi ci-dessus : quel exceptionnalité présente la pièce encadré de bleu voire de rouge...

Malgré la présentation, est ainsi rappelé le labeur de plusieurs années de lectures, de collections, de recherches afin de placer plus de cent cinquante enveloppes toutes légendées. Mme Abensur et son mari, président de l'Académie de philatélie, sont réputés pour leurs collections d'histoire postale : ils sont, par exemple, remerciés par Geoffrey Lewis pour leur aide à étudier autant de lettres des années 1830 que possible pour étudier les effets des conventions postales franco-britanniques de l'époque.

Résultat : médaille d'or à quatre-vingt-onze points et prix spécial du jury pour ces qualités... et sûrement pour s'excuser d'un éclairage haut perché d'entrepôt gênant la lecture des feuilles placées en haut de cadre.

Message à Gilles et ses vassaux :

Pourquoi les collections ne bénéficient-elles pas d'un éclairage aussi avantageux que les stands des marchands et du parc à volailles plumées de φl@poste, bordel de merde !!!

Placez les collections dans la lumière naturelle près des baies vitrées !
Et aménagez les entrées pour diriger les visiteurs vers les marchands dans l'entrepôt.
Et émettez un bloc spécial spéculatif de plus - on n'est plus à ça près - pour vous payer un éclairage confortable pour les collections !


Revenons au plaisir de lire avec un cadre proposé par Marc Gérault en philatélie moderne :
Le premier cadre de la collection de Marc Gérault sur les quinze francs typographiés au type Marianne de Gandon (collection Marc Gérault).
Et le lecteur débutant en exposition philatélique devine rapidement qu'il doit y avoir une « querelle des classiques et des modernes » : la page A4 contre la page A3.

Cette dernière apparaît surtout dans des expositions de philatélie moderne, thématiques et classe ouverte. Un bon exemple, illustré ci-dessus, est la collection de Marc Gérault, président de l'Union philatélique de Flers, dans l'Orne, consacré aux timbres de 15 francs rouge et outremer typographiés Marianne de Gandon, qui a pris dix points depuis le championnat de France de 2014.

Le format double A4 permet de faire entrer davantage de documents que sur le format simple : les enveloppes longues restent horizontales, la deuxième page sur la genèse des timbres tient en une seule feuille - deux pages, et probablement respecte les proportions du plan attendu dans cette catégorie.

Vermeil et soixante-dix-sept points en 2014 -> grand vermeil et quatre-vingt-sept en mai dernier.
La présentation des types par Marc Gérault avec publicités, s'il vous plaît (collection Marc Gérault).
Mais, la difficulté et l'exigence de la compétition se devinent immédiatement. Dans la collection de M. Gérault, c'est l'usage de paires verticales de timbres de carnets publicitaires pour la page sur les différents types des timbres étudiés.

Laurent Bonnefoy1 a placé la barre beaucoup plus haut :
Une pièce de tissu pour un cadre complet (collection Laurent Bonnefoy) . En-dessous, un autre affranchissement pour un envoi de douze kilogrammes ! (correspondance avec M. Bonnefoy).
S'il faut impressionner le visiteur, Laurent Bonnefoy méritait bien un prix spécial : dans un seul cadre de sa collection Le 5 francs Merson (France métropolitaine, 1900-1931), une seule pièce d'emballage d'une lettre lourde2.

Déjà que les timbres de plus d'un franc étaient coûteux en 1907... alors une grosse vingtaine de cinq francs Merson perforés d'entreprise.
La légende de la pièce (droits d'auteur du texte : Laurent Bonnefoy).
Ce colis d'une valeur déclarée de cinq cents francs partit du Crédit lyonnais de Paris vers le trésor public finlandais, à Helsinki, le onze mars 1907. Auquel s'ajoute les marques postales françaises, allemandes de transit et une finlandaise d'arrivée... Plus les sceaux de cire rouge pour clore le tout.

Comment cela a-t-il survécu à la poubelle, au découpage, au décollage des timbres, aux conflits de « la guerre civile européenne » ??? Et comment M. Bonnefoy l'a-t-il retrouvée, se demande l'ignare que je suis ? Est-ce une pièce réputée de la philatélie française ? L'a-t-il déjà décrite dans une revue philatélique ?3

Médaille d'or et quatre-vingt-dix points pour l'ensemble de la collection. Aucun prix spécial ? Retenons-nous et ne nous comportons pas comme des supporters de football face aux arbitres, mais...

À suivre...

Notes du quatorze juin 2016 :
1 : Laurent Bonnefoy, et non Jacques Lavigne comme écrit dans la version initiale de l'article... Erreur dans le rangement des photographies et la relecture des titres de collection : les deux philatélistes proposaient des collections sur les fortes valeurs au type Merson ; M. Lavigne sur Valeurs déclarées dans le régime intérieur de 1877 à 1916, emploi des 2F et 5F Sage et Merson. Merci à Laurent Bonnefoy et à Olivier, webmestre du blog News du Phospho, pour leurs mails d'alerte.
2 : Laurent Bonnefoy qui me rappelle que c'est une lettre à postalement parler. À l'époque, il n'y avait pas de limite de poids pour la lettre alors que les colis si (l'exemple est de cinq kilogrammes pour la Finlande).
3 : Le même répond par mail à deux questions : une vente sur offres en Allemagne en 2008 et présentée à l'Académie de philatélie le cinq décembre 2009.

samedi 11 juin 2016

La philatélie Pacifique française dans les médias

Habituelle sur les chaînes publiques de radio et de télévision de Saint-Pierre-et-Miquelon, la présence de la philatélie est plus ponctuelle dans les autres collectivités françaises, sauf en ce début de juin 2016.

Le timbre street art de l'Office des postes et télécommunications de Polynésie française (via Tahiti infos).
Polynésie 1ère a signalé, comme plusieurs médias polynésiens, l'émission du vingt-cinq mai sur le graffiti du Parisien Seth et du Tahitien HTJ sur le mur d'un immeuble à l'occasion d'ONO'U, un festival de street art en 2015.

Mais, le média public a également rapporté la présence du service philatélique de Polynésie à l'exposition internationale de New York avec ledit timbre.

En Nouvelle-Calédonie, c'est vers une télévision privée qu'il faut se tourner : le sept juin, NCI a accueilli Jean-Pierre Bressler du Cagou, responsable des expositions de l'association philatélique de l'archipel, pour évoquer le seizième Salon des collectionneurs qui a lieu ce week-end du vendredi dix au dimanche douze à la Mairie de Nouméa.

Le Cagou, fort occupé avec la fin du concours du prochain timbre néo-calédonien du seize mai au trois juin.

lundi 6 juin 2016

Premier jour omelette populaire pour Macron

Flash spécial... mais aussi parce que c'est long de préparer mon résumé de la compétition philatélique de Paris-Philex...

Ce lundi six juin 2016 matin, le ministre français de l'Économie Emmanuel Macron a eu droit à un comité d'accueil façon lancer d'œufs devant le bureau de poste de Montreuil, près de Paris, de la part de militants syndicaux et de gauche.
Portraits sur fond rouge par Ernest Pignon-Ernest (phil-ouest.com).
En l'absence volontaire du maire communiste des lieux, le ministre est venu lancer la manifestation premier jour du timbre pour les quatre-vingts ans du Front populaire, dédié cette année aux premiers femmes nommées dans un gouvernement français : Cécile Brunschvicg, Irène Joliot-Curie et Suzanne Lacore.

Sur ces dames, lire les fiches nouveautés dans la presse philatélique, Wikipédia ou un bon livre d'histoire sur le Front populaire ou leurs biographies.

Car, plus important encore dans ses temps hypermédiatisés : quel communicant a eu l'esprit assez saugrenu d'envoyer son politicien libéral présenter un timbre sur l'espoir social-radical du Front populaire ? À coup sûr, les médias reprendront la photographie du « shampooing aux œufs » plutôt que la rencontre avec les entrepreneurs locaux qui a suivie.

Ou alors, est-ce le génie de l'Association pour le développement de la philatélie qui a indiqué au ministre l'auguste honneur qu'il ferait à la collection de timbres de France de venir à la rencontre des traditionnels premiers-jouristes franciliens, qui seraient heureux de recevoir son autographe spéculatif sur leurs documents ? Après les « cars Macron », les « souvenirs Macron ».

L'œuf devenant le meilleur ami de la médiatisation de la philatélie ! Une idée pour de prochaines inaugurations de Salons avec émissions hors-programme de Phil@poste ?

samedi 4 juin 2016

Palmarès de New York 2016

Aujourd'hui est le dernier jour de l'exposition philatélique internationale de New York et le palmarès est paru (à part pour la catégorie des Champions) : que de médailles, de prix spéciaux et de félicitations.
Le modèle des médailles du World Stamp Show de New York par Niko Courtelis.
En parlant de la Champions Class, c'est bon pour Jean-Jacques Tillard et les surcharges de Saint-Pierre-et-Miquelon au dix-neuvième siècle : troisième Grand Or ! Quatre-vingt-seize points et prix spécial du jury pour le matériel.


La collection grand or devenue un livre que Tillard a proposé comme prix au comité d'organisation de New York 2016 (site de Jan-Jacques Tillard).
Dans sa foulée, les Saint-Pierrais, Miquelonnais et un gendarme métropolitain ont suivi : Vermeil pour Loïc Detcheverry pour cette collection-qui-m'intrigue des oblitérations de Nouvelle-Écosse sur timbres de Saint-Pierre et Miquelon ; Fabrice Fouchard pour la Tête du pêcheur ; Argent pour Éric Rességuier pour l'archipel dans la philatélie de France en 1982, année de l'émission d'un timbre métropolitain.

Non médaillé à quatre-vingts points tout de même - dans la liste des invités de la Fédération interaméricaine de philatélie, Jean-Louis Desdouets pour Le Frigorifique de 1955-1956.

Pour clore sur la philatélie de l'archipel français : le Canadien James Taylor repart avec le Grand Vermeil pour une collection sur les premiers timbres depuis les séries coloniales jusqu'aux premiers timbres illustrés.


Comment commenter le reste sans avoir visité l'exposition et avec quasiment qu'un tableur pour guide ? Par les classes : histoire postale et son impact sur les sociétés (2C pour la FIP, 3D dans le palmarès où je rate quelque chose) ?
L'éditorial encourageant à l'exposition signé Robert Marion paru dans la revue du Club philatélique franco-britannique (Timbres magazine de juin 2016, rubrique « Club des clubs »).
Et hop, le Grand Prix international est trouvé : le Chinois Wei Gang marque quatre-vingt-dix-sept points pour l'histoire postale de la Mongolie de 1841 à 1921. Et un Français à deux points, Maurice Hadida et l'histoire postale du Maroc de 1852 à 1925. En tout quatre Grand Or pour une classe d'histoire postale rappelant le rôle du système postal dans les sociétés.

Pour les pressés, les résultats des Bleus sont résumés par la Fédération française par ici.

Et cela permet de constater que la collection de Robert Marion sur l'histoire de la colonisation de Maurice à travers son histoire postale passe de Grand Vermeil à Or. Le président du Club philatélique franco-philatélique peut se reposer des efforts qu'il décrivait dans l'éditorial de Britannica n°146 de mai, cité dans Timbres magazine de juin 2016 dont est tiré l'image ci-dessus.


Essayons de partir de la fin sans regarder la très courte liste des disqualifiés. Treize collections ont été reclassés, indiquant la difficulté à envisager les nuances des sous-classes de la Fédération internationale de philatélie, notamment chronologique quand le sujet d'étude dépasse la limite arbitraire entre traditionnelle et moderne. Commode comme pour les grandes périodes historiques, mais fantaisistes selon les thèmes et pour ceux étudiant la période-rupture.

Dans les non-médaillés, il y a principalement les invités du continent américain, mais également des collections qui ne sont pas arrivées... La lecture vaut la peine car les scores sont tout aussi impressionnants que ceux de la compétition mondiale, avec même un Meilleur de sa classe : Cheryl R. Ganz des États-Unis avec la genèse du 50 cents Zepellin : quatre-vingt-quatorze points !

Un non-noté Out of competition intrigue : l'Émirati Nasser Bin Ahmed Bin Eisa Alkserkal et Stamp Collecting A New Vision... Un article, un livre, une conférence ?
Un des mythes de la philatélie financière qui fait couler l'encre des journaux moldus, présent à New York (commons.wikimedia.org depuis un article de Glen Stephens).
Il reste les petites anecdotes lues ici et là (merci au marchand australien et participant du forum StampBoards.com Glen Stephens) qui éclairent particulièrement l'une ou l'autre ligne du palmarès.

Ainsi, apprends-je que le comte Gustaf Douglas a inclus son Tre Skilling Banco jaune - erreur unique de couleur expertisé par Jean-François Brun - dans sa collection sur la première émission de timbres de la réforme postale suédoise de 1855-1858 : Grand Or, prix spécial pour le matériel (au moins...) et nommé pour le Grand Prix international.

Et pour une de mes passions secrètes, une collection australienne Grand Vermeil sur les timbres australiens évoquant des personnalités vivantes, un éphémère roi parvient sur une des pages de la collection de Martin Walker... regard suspicieux : un projet de timbres Edward VIII... hmm...

Lire le palmarès montre l'immensité des choix philatéliques, historio-postaux, thématiques, aériens, ferroviaires, maritimes, spatiaux, fiscaux, littéraires, etc. existant et tous capables d'atteindre un haut niveau. Comme la collection Publicité du Français François Krol, Grand Or et, surtout, Félicitations du jury pour la créativité (compliment unique).

Note du mardi quatorze juin 2016 :
Dans un résumé de l'exposition de New York, Larry Rosenblums sur le blog Machin Mania, vendredi dix juin, rapporte les résultats des trois collections sur le type Machin exposées à New York : deux médailles d'or et une grand vermeil pour une étude générale par Steve McGill et deux études spécialisées sur une valeur (le cinq livres sterling de 1967 par Tony Walker et le demi-penny decimal par Larry Haber).