mardi 1 octobre 2019

Machine à affranchir chocolatière

C'est déjà Noël dans le courrier d'entreprise : la chocolaterie De Marlieu distribue son catalogue pour les comités, amicales et associations souhaitant lancer une commande groupée.

Marque de machine à affranchir illustré au logotype et adresse de la chocolaterie De Marlieu.
Le catalogue arrive dans une grande enveloppe blanche marquée de bleu, au tarif écopli.

La chocolaterie se situe au nord de l'Isère, entre La Tour-du-Pin et Chambéry, en pleine campagne. Cependant, l'abonnement de la machine est indiquée être lié au bureau de « ST QUENTIN LA / ISERE »...

Saint-Quentin-Fallavier, à l'ouest en limite avec le département du Rhône ou le village de Saint-Quentin-sur-Isère au sud près de Grenoble ?

Je suppute que l'entreprise préparatrice du courrier de la chocolaterie peut se trouver ailleurs qu'à Chimilin... Cette tâche peut s'effectuer chez l'imprimeur (cet été, les nombreux exemples de cartes postales envoyables par smartphone ont montré l'intérêt de disposer d'une imprimerie au sein de l'entreprise) ou à proximité - malgré ses seulement six mille habitants, Saint-Quentin-Fallavier dispose de grandes zones d'activités et de commerces, en plus de celles proches du Rhône avec l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry.

Pourquoi « LA » après Saint-Quentin ?

Pourquoi pas ? Ou serait-ce le centre de distribution qui serait nommé « Saint-Quentin - La Verpillière », du nom de la commune limitrophe ? Chacune son bureau, mais une entité commune en ces temps de restrict... d'efficacité budgétaire ?

Soit je me pose trop de questions inutiles, soit il y a toujours à rechercher avec le courrier contemporain, contrairement à ce qu'il peut se dire.

dimanche 8 septembre 2019

Retour d'expérience : merci La Poste et ses filiales

Pour changer un peu de l'ambiance anti-LaPoste, anti-fonctionnaires, puis de pleurs de la disparition du service public au profit des seuls actionnaires laissant les destinataires face à des livreurs exploités...

Complimentons La Poste et ses filiales (ou directions, on s'y perd dans ce capitalisme diviseur) : Coliposte et Chronopost.

Ces derniers mois, contraints par les entreprises vendeuses, trois commandes ont été expédiées en service express : livraison en une poignée de jours depuis l'étranger.

Avec Chronopost et Coliposte, un gros carton tendance cube et un autre très étendu tendance plat : aucun souci. Comme le destinataire est obligé de fournir un numéro de téléphone portable, je reçois la veille de la livraison un message m'indiquant cette livraison et un lien vers leur site respectif si j'ai besoin de modifier le lieu d'arrivée en raison de mon absence.

Dans le premier cas, je n'ai rien fait : j'étais sûr d'être chez moi. Sonnerie, remise et signature. Dans le second, redirection vers un point relais en bas de la rue - deux cents cinquante mètres.

Maintenant, un concurrent privé d'outre-Atlantique (pas celui qui me rend postal, l'autre... décidément) pour une simple enveloppe-bulle contenant un livre.

Le jour de la livraison, en sortant du travail, découverte d'un message en absence sur mon téléphone en début d'après-midi du livreur qui a besoin de savoir si je suis chez moi ou d'une consigne pour le point-relais...

Et Amazon, tout penaud de m'annoncer par mail que le colis n'a pu être délivré...

...et, pire, me demandant de me débrouiller à contacter l'entreprise de messagerie - un numéro surtaxé en France. Pas de petits profits, on a dit.

Heureusement qu'il y a Twitter et à vingt heures du soir, j'ai balancé mon numéro de colis, celui de mon téléphone et une demande de livraison en point-relais à proximité de chez moi.

Ce qui fut fait le lendemain... à un kilomètre de chez moi à vol d'oiseau à travers champs privés... le long d'une voie rapide sans arrêt de transport en commun... Une randonnée donc.

Franchement, une maîtrise minimale de la cartographie urbaine, c'est trop demandé, les compagnies américaines ?!

Ou c'est le règne du tout-bagnole !

Alors qu'il y a au moins cinq commerces côté ville et un centre commercial à proximité pédestre ou en tramway pour réceptionner les colis.

Pour ne pas rappeler à Amazon que La Poste et ses filiales sont partout, elles.

vendredi 30 août 2019

Disparition d'un des « facteurs de Mafate »

Six fois le tour de la Terre en quarante années de carrière, à marcher avec le courrier des habitants du cirque de Mafate, un des reliefs isolés de l'île de la Réunion, département-région française d'outre-mer.

Les médias annoncent la mort, hier jeudi vingt-neuf août 2019, à quatre-vingt-onze ans, de Ivrin Pausé, « le facteur de Mafate », titre de ces trois postiers obligés de randonner une semaine durant pour chaque tournée, faute de route entre le littoral et l'intérieur des cirques.

Les deux autres étant le père d'Ivrin Pausé et Angelo Thiburce (quatre fois et demi la tour de la planète avant que des rotations par hélicoptère ne le relaie).


Bat'ker, Le Facteur de Mafate2008, dans l'album Lé Gadianm (clip sur youTube posté par Booster Label).

Les facteurs de Mafate ont été évoqués sur ce blog, articles rerésumés sur la version en anglais en 2016, avec le clip de 2008 du groupe Bat'Ker et des liens vers d'autres sources médiatiques réunionnaises ou métropolitaines.

mardi 27 août 2019

Stockholmia (9) : quand un courrier est la dernière trace connue d'un individu

Reprenons le cheminement suédois de ma pensée sur le lien que certains collectionneurs souhaiteraient encore plus fort entre philatélie et histoire - et pas seulement qu'en classe d'exposition.

En suivant l'actualité des expositions étrangères et mes visites aux Stampex de Londres et de Stockholmia en mai dernier, apparaît le caractère systématique des conférences et des séminaires au Royaume-Uni et aux États-Unis. Une habitude qui commence à apparaître en France, mais encore modestement en comparaison.

Ainsi, à Stockholm, une poignée de réunions autour d'un sujet ou d'un philatéliste avait lieu en simultané, de dix à dix-huit heures, chaque journée de l'exposition des cent cinquante ans de la Société philatélique royale de Londres. L'exemple de la collection Estonie 1918 a été évoqué ici : son auteur a expliqué le cheminement de sa collection exposée pendant une quarantaine de minutes, acceptant les questions et commentaires, puis en descendant montrer quelques autres pièces directement sur les panneaux.

Le temps passant, les générations souhaitant établir la mémoire familiale pour la transmettre aux suivantes, et l'outil postal étant omniprésent à l'époque, les moments troublés de la « guerre civile européenne » motive les chercheurs en philatélie et en histoire postale.

Notamment, le moment le plus tragique : la Shoah. Ainsi, pour plusieurs pays, nous disposons du travail et du volontariat de partager les connaissances acquises de Birthe King pour le cas du Danemark, Ron Brown pour les îles Anglo-Normandes, Kees Adema et Jeffrey Groeneveld pour les Pays-Bas, etc.

Et ce n'est pas qu'une forme de thématique, comme l'a montré Heinz Wewer à Stockholm avec une conférence intitulée Social Philately - a mere paraphrase of History or a new source of Historiography? On the relationship between Philately and History, le jeudi trente mai à onze heures.

On en revient à cette notion de « philatélie sociale » que je retraduis d'après mes études : les traces philatéliques (timbres) et postales (marques, courrier, cheminement) ne peuvent-elles qu'illustrer une histoire déjà établie par les historiens - et c'est déjà un énorme travail de faire correspondre connaissance établie avec suffisamment d'objets de collection !!! - ou ces traces peuvent-elles constituer un réservoir de documents supplémentaires, voire uniques, pour les historiens ?

Heinz Wewer démontre le second point en trois moments progressifs... didactiques et tragiques ; le sujet étant le régime nazi de janvier 1933 à sa chute en mai 1945.

Tout d'abord, illustrer que le matériel postal a lui aussi été « un instrument de l'action politique » : - les entiers postaux dont l'illustration porte le message du nouveau régime ;
- les marques antisémites ajoutés en plus de l'oblitération, par des postiers zélés, puis, comme souvent dans le régime nazi, pratique institutionnaliser sous forme de flammes par celui-ci alors que la montée des slogans dans la violence s'accroît.

Certes, ce ne sont pas les discours filmés, retranscrits dans la presse, les affiches qui manquent aux historiens. Néanmoins, autant que la vitrine dégradée ou brisée du magasin voisin, le courrier reçu et envoyé est un moment quotidien de la plupart dans les années 1930 : les messages sous-entendus par les timbres et les marques postales deviennent terriblement habituels...

Dans un second temps, les objets postaux sont également « les témoins de l'actions politique » sur des sujets connus, mais, encore, peut-être pas dans le quotidien des victimes du régime hitlérien.

Ainsi, dès le vingt-huit février 1933, sur ordre présidentiel, le courrier des partis et associations démocratiques est censuré, une étiquette l'indiquant... avant que ces traces disparaissent au profit du décollage/recollage des enveloppes.

Les correspondances des personnes de confession juive indique le traitement subi :
- les cartes des intellectuels et scientifiques emprisonné en camp de concentration , tel Carl von Ossietzky, prix Nobel de la paix mort en détention ;
- les détails : „Konsulent“ au lieu d'avocat ou médecin, métiers désormais interdits... et c'est un tampon professionnel à refaire pour marquer sa correspondance. L'ajout des prénom „Israel“ et „Sarah“ pour ceux dont le prénom ne serait « pas assez juif », tel dans l'exemple de „Siegfreied Israel Mode“ ;
- enfin, l'aryanisation des entreprises se remarque entre les tampons d'entreprise retamponner de la nouvelle identité, les affranchissements à la machine pas encore mise à jour ;
- ou le courrier de ceux « partis sans laisser d'adresse »... que la Gestapo récupérait systématiquement...

Tout s'analyse sur un courrier dans cette approche historique : tout détail faisait baigner les juifs dans la stigmatisation, les autres dans l'acceptation du fait établi.

Et, pour Heinz Wewer, on passe la ligne qui permet aux traces postales de devenir des sources indispensables à l'historien académique comme à l'historien des familles (le généalogiste) : certains courriers par leur existence sont les toute dernières preuves qu'un individu a bien vécu.

...

Les dernières lettres envoyées à l'étranger décrivant aussi positivement que possible le quotidien ou la demande des autorités de se préparer à être déplacé vers un ghetto ou un camp. Et si, après recherche des dates, l'historien découvre un camp d'extermination au débouché du possible convoi, ce sera bel et bien la seule trace prouvant la déportation et l'assassinat dans une chambre à gaz.

Wewer évoque aussi des parcours pour lesquels ces courriers sont les rares traces d'événements dépassant l'entendement :
- un Polonais juif racontant à sa famille émigré en Palestine comment la Polenaktion entraîna la déportation d'au moins dix-sept mille Polonais juifs d'Allemagne vers la frontière que la Pologne, stupéfaite, ferma dans un second temps... certains réfugiés restant dans ce no man's land jusqu'à l'invasion de septembre 1939... [note personnelle : ça fait profondément réfléchir sur la problématique des réfugiés de nos jours]
- Et parfois, la définition de censure laisse dubitatif - ou est angoissante, telle cette carte d'un grand-père à sa petite-fille en septembre 1942 : le texte prouve qu'il sait que sa convocation à Berlin pour partir vers Theresienstadt est la fin. Correspondance laissée passer pour laisser un message à une réfugiée en Suède ?

Heinz Wever a rencontré cette femme qui a conservé toute sa correspondance de l'époque, qui permet de reconstituer le parcours des Kindertransport, leur intégration dans le pays de refuge, comment les adultes restés en Allemagne leur décrivent la vie quotidienne par parabole, détour d'écriture...

Pour l'historien « philatélique social » , disposer des archives familiales permet de suivre l'histoire d'une famille, dont certains individus pour lesquels ces quelques lignes sont les seules preuves qu'ils ont vécu en Allemagne, le régime nazi ayant tout fait pour en faire disparaître toute trace.

Et Wewer d'insister : il y a eu jusqu'à cinq centaines de « camps » dans Berlin pour le travail industriel forcé, cinq cents lieux d'emprisonnement, combien de milliers de personnes. Les combats du printemps 1945 et les destructions de leurs archives par les nazis font qu'il n'y a pas assez d'archives restantes pour tous les connaître - les lieux autant que les individus...

... sauf quelques noms sur des cartes postales.

...

Une de mes réflexions pendant cette dernière partie est une que j'ai régulièrement face à la recherche de « la belle marque » par les collectionneurs, une réflexion d'historien : combien d'archives dispersées entre de multiples collectionneurs au lieu de conserver unis des ensembles permettant l'étude de vie individuelle, de relations familiales, de leur quotidien face au contexte politique.

Savoir philatélique ou savoir historique ?

Tel est un de mes dilemmes face à l'acte de collectionner.



Note :
Heinz Wever est l'auteur de deux ouvrages en allemand, édité chez Hentrich & Hentrich :
- „Abgereist, ohne Angabe der Adresse, Postalische Zeugnisse zu Verfolgung und Terror im Nationalsozialismus, 2017, ISBN 978-3-95565-241-8 ;
Postalische Zeugnisse zur deutschen Besatzungsherrschaft im Protektorat Böhmen une Mähren, 2018, ISBN 978-3-95565-245-6.

dimanche 25 août 2019

Philatélie, généalogie : une question d'histoires ?

Un sujet qu'il faut que j'évoque dans ma série de souvenirs de l'exposition Stockholmia 2019, a rebondi deux fois début août de deux origines différentes alors que mon esprit n'a pas encore complètement envisagé l'article suédois...

Pour répéter le résumé général, la « philatélie sociale » a été une variante de l'histoire postale à la mode dans les années 1980 et qui connaît un revival depuis le milieu des années 2000.

Personnellement, ma formation historienne ne me l'a pas faite remarquer avant qu'elle soit explicitement évoqué. Après tout, je suis formé pour penser que toute trace humaine peut devenir, après étude critique, un document dans une étude historique.

Apparemment, au fil d'expériences remémorées rétrospectivement après Stockholmia, je me rends compte que ce n'est pas l'évidence pour les collectionneurs passionnés exclusivement par les marques, routes et tarifs postaux*...
Couverture du deuxième numéro de SocialPhilately, publié en Allemagne.
Alors que mon esprit analyse les implications - lentement -, voici qu'arrive le premier numéro de mon abonnement au mensuel allemand Briefmarken Spiegel (oh ! que mon allemand scolaire est rouillé) avec en compagnon le deuxième numéro de la revue SocialPhilately.

Sous le nom de « philatélie sociale » se cache, dans cette revue au premier numéro de 2017, ce que j'appellerai « histoire postale » en historien : étudier et retrouver l'histoire humaine à travers le courrier ou les outils philatéliques et postaux.

Histoire postale étant déjà pris par l'étude philatélique du courrier*, j'imagine qu'il a fallu ruser ou que la linguistique ou le vocabulaire disciplinaire d'autres pays ont joué.

Néanmoins, cette incitation à rechercher derrière les enveloppes, les correspondances, les timbres et les marques de passage, l'histoire des expéditeurs, des destinataires ou des faits que leurs écrits évoquent, a remonté jusqu'à la Fédération internationale de philatélie. Les acteurs de la philatélie organisée y voyant un moyen d'attirer un public plus large à la philatélie et l'histoire postale.
Couverture du numéro d'août-septembre 2019 de La Revue française de Généalogie, disponible chez les marchands de presse.
Apparemment, ce besoin d'« histoire sociale » pour étendre le public existe également en généalogie. Là, c'est l'exploitation d'archives au-delà des registres paroissiaux et des actes d'état civil qui anime le mouvement.

Comment continuer une généalogie quand l'arbre familial et la cousinade sont jugés « finis » en l'état des archives existantes et des mystères irrésolubles ? Comment attirer des gens peu intéressés par l'accumulation de dates de naissances-mariages-décès à partir de vieux papiers répétitifs ?

Plonger dans le quotidien et le contexte historique des familles d'antan à travers de nouvelles archives à explorer : les détails variés des photographies de famille, le succès des registres-matricules lors du centenaire de la Grande Guerre, celles liées aux étrangers, à la religion pratiquée, aux corps de métier, recensements montrant la composition et l'évolution des foyers, donnant également les adresses intermédiaires qui peuvent permettre de décoincer la généalogie au sens strict,...

Pour un historien de formation, rien de nouveau, mais toujours très passionnant puisque cela concerne un très-proche affectif : passer de la trace familiale au document pour constituer une connaissance intime sur ses origines.

Là où mon raisonnement actuel sur la « philatélie sociale » a tiqué est une expression, déjà vue, mais répétée avec insistance dans les articles sur la généalogie organisée dans le numéro août-septembre 2019 du bimestriel La Revue française de généalogie.

Le pratiquant généalogiste devient un « historien des familles », d'après l'expression employée par Valérie Arnold-Gautier, la nouvelle présidente de la Fédération française de généalogie, et sous la forme d'« histoire familiale » sous la plume d'un généalogiste expliquant sa méthode pour « reprendre tout à zéro » sur les sept premières générations, celles où il y a eu le plus de mobilités géographiques et sociales, mais aussi le plus d'archives variées et accessibles au chercheur.

Du sommet de ma houle, je prends à peine conscience des courants marins plus profonds. Ça éclaire mes prochains écrits et recherches divers et variés.

À suivre dans un des articles sur Stockholmia 2019.

mercredi 21 août 2019

Changements dans l'organisation de l'OPT de Polynésie

Une information postale de Polynésie française m'est passée inaperçue, ici en métropole : depuis le début 2019, l'organisation du groupe Office des postes et télécommunications de la collectivité d'outre-mer française a changé.

Et cela se voit désormais sur le courrier du service philatélique polynésien.

Un nouveau logotype au coin des enveloppes (sans timbrage) du service philatélique polynésien.
D'après cet article de Radio 1, le groupe public connaît un problème de déséquilibre interne : la partie télécommunications prospère quant la partie postale et financière (sans offre de crédit néanmoins) connaît un déficit.

En Islande, ce dernier souci est en train de se régler par licenciements et fermeture du service philatélique fin 2019, à la fois la vente aux clients étrangers et, si le gouvernement suivait la logique de la dirigeante actuelle, le possible abandon de l'émission de timbres-poste...

Auparavant, le logotype de l'OPT (et avec un timbrage bleu, peu fréquent).
En Polynésie française, le gouvernement local a décidé de répartir les activités de l'OPT en deux filiales - deux sociétés par actions simplifiée, les profits de l'une comblant les déficits de l'autre.

Côté télécom, l'OPT offrait de la téléphonie fixe. Sa filiale Onati a racheté Vini, fournisseur d'abonnements de téléphonie mobile, internet, fibre,... Un domaine en pleine croissance dans les archipels du Pacifique avec la connection du continent océanien aux réseaux mondiaux. Cela offre des débits suffisants pour l'usage des entreprises et des particuliers.

Côté poste et banque, « Fare Rata - La poste » comme indiqué sur le courrier reçu ce jour avec les annonces des émissions des sept juin et dix-neuf juillet dernier (dont un timbre-senteur Le Melon créé et gravé par Martin Mörck.

Dans un entretien donné à La Dépêche de Tahiti le trois mai 2019, le président de l'OPT explique quelques-unes des problématiques de cette transformation. L'OPT est désormais une direction, avec deux entreprises privées sous son contrôle. Il affirme que ce n'est pas une privatisation et qu'il va falloir travailler pour les clients, pas pour les agents et employés mis ensemble à partir d'entreprises différentes (en cherchant sur la toile, le mot grève apparaît cet été).

Mais, le contexte local est très concurrentiel, rappelant celui des zones isolées en France métropolitaine, celles où seules les entreprises publiques (ou anciennement publiques) vont par obligation légale et subventionnée, tout en faisant face à une concurrence féroce dans les secteurs urbains ou denses rentables qui pourraient permettre de financer le coûteux...

En Europe, c'est quelles entreprises privées accepterait de passer chaque matin dans les villages des Cévennes pour déposer et prendre de manière dispersée du courrier et des colis, poser suffisamment de fibres optiques ou d'antennes hertziennes ou 4G pour desservir moins de dix habitants par kilomètre carré ?

En Polynésie, ce sont les archipels les plus éloignés de Tahiti, île sur laquelle les concurrents de l'OPT profitent des revenus engendrés pour équiper leur réseau avec les meilleures technologies une petite partie d'un territoire maritime grand comme l'Europe.

Le débat service public / rentabilité capitaliste a encore de beaux jours devant lui. À retenir en voyant passer les annonces d'émissions de Polynésie ou devant le stand de l'OPT aux prochains salons métropolitains.

dimanche 18 août 2019

80 ans de la Seconde Guerre mondiale dans Stamp Collector

Le numéro daté septembre 2019, en vente ce mois d'août, du mensuel britannique Stamp Collector comprend plusieurs articles sur la Seconde Guerre mondiale en Europe à l'occasion des quatre-vingts ans de son déclenchement, le premier septembre 1939 quand l'Allemagne nazie attaque la Pologne pour prendre possession de la ville de Danzig/Gdańsk.
La couverture du numéro septembre 2019 de Stamp Collector (à retrouver sur son site All About Stamps).
L'origine nazie est présentée par David Bailey à travers les timbres-poste du Troisième Reich, de 1933 à 1939. En juillet, six mois après l'arrivée au pouvoir de Hitler, les timbres allemands sont désormais imprimés sur un papier avec la croix gammée en filigrane.

Ensuite, les grands thèmes de l'idéologie nazie sont déclinés : le culte militariste (jour du Héros, Jeunesse hitlérienne), la fidélité au parti, et, enfin, les timbres célébrant le retour de territoires (Sarre, Autriche, Sudètes, Danzig).

À l'opposé chronologique, le souvenir des sacrifices de la guerre et de la victoire est l'objet d'un article thématique, sous la forme de pistes d'approfondissement : anniversaires, dirigeants et officiers, la chose militaire, honorer les morts au combat, ou préparer un nouvel avenir.

Chose militaire justement. Nick Colley de The Forces Postal History Society et Colin Tabeart proposent deux initiations au courrier militaire britannique. Les grands principes, toutes armes confondues pour le premier, la Marine royale spécifiquement pour le second. Cela permet d'expliquer le fonctionnement de la censure et des numéros postaux codés : le « code postal » - A.P.O. - pour envoyer à un soldat étant, par sécurité, différent du « bureau de poste du champ de bataille » - F.P.O.

Après un détour sur la carrière de Philippe Pétain (et le premier timbre à son effigie) par Chris West, le courrier des prisonniers de guerre est introduit par Dane Garrod à partir de la correspondance, scrupuleusement conservée, du couple Ron et Eileen Harris, dont la lune de miel à Guernesey de juin 1940, dura cinq années dont trois dans un camp d'internement dans le sud de l'Allemagne.

Depuis le télégramme annonçant le report de leur départ à cause de la panique dans le port de l'île anglo-normande jusqu'à l'article du Daily Herald du dix-neuf juin 1945, évoquant leur lune de miel.

Et ceci ne constitue qu'environ la moitié des articles proposées dans ce numéro de Stamp Collector, dont comment exposer en compétition une (trop courte, selon les règlements) collection aérienne de Brunei.

jeudi 15 août 2019

Stockholmia (8) : les enfants bienvenus au musée postal

Dernier article sur le musée postal suédois, dans le quartier de Gamla Stan à Stockholm : la galerie des activités dédiées aux enfants accompagnés. Et elle est magistralement réalisée pour plaire autant aux enfants impatients de faire quelque chose et aux parents soucieux de faire savoir. Cette galerie parvient, à mon avis, le double objectif de faire savoir et savoir-faire.
L'entrée de Hej!, la galerie d'activités dédiée aux jeunes visiteurs du musée postal de Stockholm.
Grosses lettres tenant des bureaux d'enfants. Au mur, lettres d'alphabets et d'écritures du monde entier. Et, lors de ma visite, deux petits-enfants galopent vers les tables bien plus rapidement que leur grand-mère.
La première table est consacrée à l'écriture manuscrite, avec explications courte et longue selon la capacité de concentration du visiteur (ou l'impatience du parent...).
Le parcours est traditionnel : comment envoyer un souvenir du musée à quelqu'un ?

D'abord, il faut écrire à la main. Ceci est en débat dans plusieurs systèmes scolaires en Europe du Nord : faut-il passer à une écriture manuscrite imitant les caractères d'imprimerie (déchiffrable par tous, facilitant l'apprentissage de la lecture imprimée et de l'écriture informatique) ou maintenir l'apprentissage de l'écriture à la main (capacités d'adaptation en écriture et en lecture, et surtout, un des éléments intimes de l'identité) ?

Ardoise, craie et chiffons sur la table, avec consigne sur un panneau. Quelques textes plus long rappellent au-delà aux adultes accompagnateurs l'intérêt de l'activité, ou un aspect philatélique ou postal, comme dans le reste du musée donc.

Et, ainsi, de table en table, d'étape en étape de la correspondance : brouillon de message, puis dessin de la carte postale (offerte). Une machine à écrire (tic, tic, tic, Ding !) évoque les différentes formes d'écriture selon à qui on écrit, ce qu'on écrit, etc.

L'exposition est bilingue suédois-anglais.
Arrive enfin la dernière salle : comment faire découvrir simultanément aux enfants et aux adultes la création du timbre-poste ?
Un espace entre la galerie enfants et les expositions pour adultes : la création du timbre-poste.
Dans cet espace intermédiaire, le visiteur est invité à partir de l'objet à représenter (ici, une armure importante dans l'histoire de la Suède) et à aboutir à l'impression rotative du timbre, reproduite par un ensemble de cylindres-luminaires reliés de toiles de projection au plafond.

Au niveau du regard de tous, du touche-à-tout : des timbres avec une loupe pour repérer des détails dans la création ou le mode d'impression. Une plaque de métal gravé sous un microscope peut être touchée, retouchée pour découvrir la gravure. Un cylindre d'impression éclairée voit la maquette du timbre projetée en ombre chinoise à l'endroit sur le mur.

Il y a de tout pour tous les publics. Jusqu'aux philatélistes aguerris ou amateurs avec le panneau du programme philatélique de l'année en cours.
Retour chez les grands !
Et, en ressortant de ces deux galeries, on remarque mieux le rappel de respect, au début de la visite de l'exposition temporaire d'art contemporain, aux bonnes pointures.



Rappel : si le philatéliste en herbe que vous accompagnez connaît déjà les pays du monde, ne pas oublier le jeu dans la galerie philatélique.

lundi 12 août 2019

L'industrie du colis caricaturée dans GTA 5

Les services de livraison de colis sont gentiment moqués dans le jeu vidéo Grand Theft Auto V (très déconseillé aux moins de dix-huit ans)... Gentiment comparées aux autres caricatures des membres de la société états-unienne, de l'indécence des acteurs de son capitalisme actuel et de la méfiance ambiante envers les services fédéraux.

L'entrepôt de GoPostal dans la principale métropole du jeu (copie d'écran, Rockstar Games).
Les deux moqués se reconnaissent aux couleurs emblématiques détournées depuis le quatrième épisode de la série GTA.

L'un, tendance brun et beige, est déguisé en Post Op... Peu évocateur, mais plusieurs missions du jeu sous-entendent que ses camions de livraison servent à surveiller électroniquement les citoyens au quotidien. D'où le besoin de les voler, détruire ou détourner.

Plus réaliste, l'emplacement de son dépôt principal à Los Santos, la Los Angeles déformée : dans le port et à proximité de l'aéroport.

L'autre... connaît un traitement plus incisif.

Renommé Go Postal : devenir dingue en argot (et en titre d'un roman de Terry Pratchett), ce qui peut caractériser le destinataire de colis à un moment donné de sa vie depuis la libéralisation de ce marché.

Le coin est encore enfoncé dans une fausse impasse qui mène le joueur forcément vers le slogan de la fausse compagnie.

Forcément car l'impasse conduit droit dessus, mais donne accès à deux chemins de fuite en cas de poursuite policière (activité fort commune et violente du jeu - pas pour les mineurs, on a dit).

"We aim not to lose it" : Notre objectif, ne pas le perdre... avec, en anglais, un doute sur les deux derniers mots. Perdre le colis ou perdre (votre) esprit ?

Pourquoi revenir sur ces détails d'un jeu sorti en 2013 ? D'abord parce que sa version multijoueur continue. Ensuite, devinez quoi ?

...

Oui, I'm "going postal" avec un colis états-unien... Grrrrrr...

vendredi 9 août 2019

Stockholmia (7) : une histoire de bibliothèques

Dans les étages du Musée postal de Stockholm, se trouve une bibliothèque philatélique de bois clair et foncé, teinté de rouge orangeoyant ici et là. L'accueil signale bien la destination du lieu :
Timbres sur taies de coussins (je ne sais pas si ça se trouve à la boutique souvenir).
Après l'accueil, deux salles de travail peuvent accueillir les chercheurs, chacune donnant sur des ouvrages.
La première, donnant sur le un sud ensoleillé.

L'autre donne sur les rayonnages de littérature philatélique du monde entier, dont la France.


En dehors des portes ouvertes, organisées pendant Stockholmia, l'ouverture est assez limitée : les mardis et mercredis de midi à seize heures - ils n'ont pas oublié les actifs du centre-ville pouvant se jeter sur ces connaissances pendant le repas. De septembre à avril, la bibliothèque est ouverte jusqu'à dix-neuf heures néanmoins.

Cet excellent outil était, dans l'émotion, concurrencé par la bibliothèque en cours de déménagement de la Royal Philatelic Society London.

Elle ne fut pas amenée jusqu'en Suède, mais la reproduction photographique de la Large Library jouait le rôle de café-point de rencontre qu'était celui de cette salle des revues et périodiques au 41 Devonshire Place.
La Grande Bibliothèque de la Royale reconstituée pendant l'exposition Stockholmia 2019 du cent cinquantenaire de la Société londonienne.
Depuis le milieu du printemps, la bibliothèque de la Royal attend patiemment dans ses cartons la fin des travaux de réaménagement du nouveau siège, 15 Abchurch Lane. Ce qui sera progressivement réalisé à partir de la fin de cet été, d'après les nouvelles.

vendredi 2 août 2019

Tjokholmia (6) : le secret du Président est cristallisé

Le beurre de cacao a cuit ! Le contrebandier du chocolat entre la Belgique et Londres n'est plus Président de la Société philatélique royale de Londres, et donc le secret de sa popularité est évent... s'est cristallisé.

Mais, trêve de mes insipides plaisanteries : le chocolat et le cacao sont des choses sérieuses sur ce blog.
La vraie ? Celle en chocolat ? « Le loisirs des rois » est désormais un surnom véritablement mérité ! (photographie de Dane Garrod pour Stockhlmia 2019)
De l'été 2017 au printemps 2019, Patrick Maselis a été le premier président non britannique de la RPSL, mais aussi un animateur inventif lors des événements sociaux de la Société. 

Outre son humour, il a ainsi laissé nombre de souvenirs philatéliques sous forme de timbres personnalisés et oblitérations privées de Belgique, aux philatélistes exposants au 41 Devonshire Place, aux membres venant assister aux conférences et aux membres recevant par courrier les dernières actualités concernant l'avenir de l'organisation commune.

Surtout, il y a eu la certitude pour les stars des jeudis, que ce soit à 1 pm (les expositions) ou à 5 pm (les conférences), ou aux convives des grands dîners présidentiels, de repartir avec du chocolat artisanal de grande qualité. Depuis Rococo Chocolates à Chester (boutique fermée : se reporter à celles de Londres), je comprend mieux la différence avec les marques industrielles (bio ou pas) des commerces à ma portée.

Et donc, agréable surprise ce vendredi deux août, dans le troisième numéro spécial du London Philatelist consacré à l'exposition Stockholmia 2019 des cent cinquante ans de la RPSL : le secret chocolaté du Président !
Une enseigne à connaître à Bruges.
... Ou plutôt, le chocolatier secret : quatre pages de photographies succulentes des pièces uniques qu'Oliver Van Nueten a réalisé pendant deux ans pour Patrick Maselis. Âgé de vingt ans, l'artisan est Maître Chocolatier de Belgique depuis trois ans et, avec l'aide de sa famille, à la tête de sa propre entreprise depuis deux à Bruges.

Trois timbres ont eu droit à leur reproduction en chocolat : le Penny Black et le type Machin en 2018, et la variété unique, le Tre Skilling jaune pour Stockholmia, qui permet à Maselis de s'amuser de la réaction de Van Nueten face à la photographie : N'a-t-il pas le scan d'un exemplaire en meilleur état ?

Vingt kilogrammes de chocolat moulé et sculpté en surface chacun !

Le Vasa, navire autour duquel s'est déroulé le repas du palmarès de Stockholmia, est montré en pleine reconstitution au chocolat blanc sur noir, avec dessin détaillé à portée du regard de l'artisan.

Au-delà des tablettes épaisses (au marteau la découpe !), le Roi de Suède est reparti, très surpris, avec sa couronne fidèlement reproduit en chocolat (et joyaux en sucre transparent), avec un bonnet saupoudré de cacao rouge : quarante-quatre heures de travail !
L'emblématique porte, stylisée par Maria Gadh, pour l'exposition Stockholmia 2019.

Découverte par les membres présents lors d'une des réunions du printemps, la dernière sculpture en date est également présentée : dans un volume approximativement cubique : le porche d'entrée du 41 Devonshire Place, siège de la RPSL de 1925 jusqu'au trente juin dernier, avec ses deux piliers, sa porte et les vitrages l'entourant.

Je conseille la lecture de ce numéro hors-série aux philatélistes, aux amateurs de chocolat, mais aussi à ceux qui essaient de prolonger le hobby : comment ces gestes non philatéliques d'une part, et la manière d'organiser et de faire vivre l'exposition de Stockholm, permettent de prolonger la collection de timbres et de courrier.

Pour les non-philatélistes, trompés par le mot-clé chocolat : outre ses chocolats plus petits et habituels, Oliver Van Nueten propose de travailler sur commande. Un portfolio moins timbré est visible sur son site.


...

Sinon, j'ai besoin d'un conseil : MM. Maselis et Van Nueten, quand on vit dans le sud de la France avec du 30°C quasi toutes les après-midis en été, comment peut-on éviter la cristallisation du chocolat dans le placard de la cuisine ?

vendredi 26 juillet 2019

Stockholmia (5) : La salle du trésor au Musée postal de Stockholm

Suite de la visite au musée de la poste suédoise, à Stockholm, dans une ambiance toute en bois.

La chambre du trésor est consacrée au premier siècle du timbre-poste. Des textes expliquent son apparition et son évolution en Suède, depuis les causes de la réforme de 1840 au Royaume-Uni. Les vitrines exposent les objets les plus rares possédés par le musée : timbres, lettres, oblitérations.

Une partie consacrée aux émissions de Suède permet d'expliquer les méthodes d'impression, avec les schémas habituels.
Distributeur de timbres au mécanisme apparent au Musée postal, à Stockholm (photographie du vingt-neuf mai 2019).
Sur un côté, le visiteur peut découvrir le mécanisme d'un distributeur de timbres, ses cloisons d'origine ayant été remplacées par des plaques transparentes.
Plus anciens vestiges de la collection de timbres au Musée postal, à Stockholm (photographie du vingt-neuf mai 2019).
Progressivement, l'exposition passe à la collection de timbres. Dans une vitrine, un des premiers albums encore existant, ayant appartenu à Olof Arborelius et qu'il remplit, dans sa jeunesse, vers 1858. Il devint ensuite un célèbre peintre suédois.

Cependant, les vitrines font deux mètres de haut, les textes sont de l'histoire... Comment occuper les enfants qui vous accompagnent. Les abandonner dans la section pour enfants (objet d'un prochain article) ? Tout leur raconter et les porter pour que leur regard soit à la hauteur des objets en hauteur ?
Jouer au collectionneur-trieur au Musée postal, à Stockholm (photographie du vingt-neuf mai 2019).
Pourquoi ne pas leur faire découvrir la grande table au centre de la pièce ?

Une boîte de timbres décollés entourés de casier à feutrines, dont chaque case porte le nom d'un pays (en suédois). Les règles du jeu sont simples.

dimanche 21 juillet 2019

Collectionner ou savoir (3) : le cheval en tellines de Lattara

Un petit souvenir du musée archéologique Henri Prades, à Lattes, au sud de Montpellier, en lien avec les réflexions sur Collectionner et Savoir.

Dans la galerie consacrée au site du port étrusque, puis romain, de Lattes, est reconstituée une maison antique, avec au sol ce vestige de collection :

Scan de la carte postale du vestige => disponible à la boutique du musée (photographie de Loïc Damelet pour le Site archéologique Lattara - Musée Henri Prades, 390 route de Pérols, 34970 Lattes) ou par le hasard de Postcrossing.
Au sol, dans un coin de la pièce commune, des coquilles de tellines - délicieuses avec sauce à l'ail et aux herbes de Provence - sont disposées en forme d'un équidé. L'ensemble est daté du début du premier siècle avant Jésus Christ.

Déjà un souci d'accumulation spatialement encombrante, dans un but matériellement inutile.

À moins que, pour le créateur ou la famille, cela eut un but religieux, culturel (comme tout port, les personnes d'origines variées se côtoient) ?

En attendant, à la différence des collections philatéliques, l'accumulation organisée ne fut pas détruite, ni ses éléments dispersés lorsque le logis disparut dans les mystères de l'histoire : recouvert par un sol, maison abandonnée ou détruite,...

Ce cheval en tellines, une idée de trophée philatélique ?


mercredi 17 juillet 2019

Collectionner ou savoir (2) : de l'archéologie

Suite des réflexions posées le lundi quinze juillet 2019.

Depuis le vingt-trois février et jusqu'au deux septembre 2019, le musée archéologique Henri Prades (avec programme par ici) accueille une exposition, Torques et compagnie, qui permet de découvrir un siècle d'archéologie dans le département de la Marne, à partir des collections du musée d'archéologie régionale d'Épernay, actuellement en travaux.

Portant le nom de l'archéologue autodidacte et directeur d'école qui a étudié le site dans les années 1960, le musée Henri Prades se trouve à Lattes, au sud de Montpellier. Il jouxte le site de Lattara, port lagunaire antique fondé par des Étrusques au sixième siècle avant Jésus Christ et en activité jusqu'au troisième siècle après. De récentes fouilles préventives sur les hauteurs de Lattes ont révélé l'existence d'un gros bourg gaulois, apparemment lié à l'existence de ce port étranger.

L'intérêt de l'exposition Torques et compagnie dépasse les objets présentés : torques (collier ouvert de métal), vase, etc. Des panneaux de tissus présentent comment les archéologues de la fin du dix-huitième jusqu'au milieu du vingtième ont travaillé les sites marnais et en ont tiré des connaissances sur la vie des populations antiques.

Quelques citations participent du questionnement philatélique et marcophile, présenté sur ce blog avant-hier : collectionner le beau ou ce qui apporte des savoirs ?
« Objets de vitrine souvent sans état civil » : fouiller pour ne garder et montrer que les objets jugés beaux de nos jours, sans conserver le lieu, la position, l'origine de l'objet...

La recherche demande des sources. Ces sources demandent des documents. Un document est une trace dont on connaît le plus précisément possible le contexte de création et d'usage.

« Ne se sont point préoccupés des vases brisés » : les premiers archéologues, et de là, les paysans qui trouvaient des vestiges dans leurs champs, ont ignoré les objets brisés ou jugés insignifiants.

Sauf que l'exposition montre un intrigant vase en forme de canard... recollé car retrouvé en morceaux dans une tombe.

Pire : l'essentiel des premières trouvailles étaient des tombes et des nécropoles ; le monde des vivants ayant pu être réutilisés ou, matières organiques, ont disparu.

Comment connaître l'ensemble de la vie des hommes et femmes d'une époque en n'observant que les objets trouvés intacts plus de deux mille ans après ?

En philatélie, cela résonne : timbres abîmés, neufs sans gomme, à oblitération imparfaite, lettres actuelles, faux pour tromper, etc. etc. Tous à jeter ?

#Jesuisundesdeux


Et voilà comment les archéologues du vingtième siècle ont révolutionné leur discipline : s'intéresser à tout et faire des hypothèses.

L'introduction de l'exposition signale que les terres de Champagne étaient bien plus vallonnées et fertiles qu'actuellement : outre la modernisation, de bonnes terres ont au gré des événements naturels recouverts la région. Retiré ces bonnes terres noires a permis de retrouver les couches géologiques précédentes et les vestiges anciens.

Notamment, ces excavations creusées dans l'Antiquité qui ne sont ni belles, ni transportables sur une étagère de collectionneur !

Certes, l'hypothèse de Brisson et Loppin est sûrement éronnée : ces excavations ne sont pas les restes des habitats d'alors ; plutôt des lieux de stockage et de dépôts de déchets. Mais, au moins, leur erreur étant fondé sur des relevés précis,...

... la connaissance peut être reprise, vérifiée et améliorée.

Des expositions, qui montrent les vestiges autant qu'elles expliquent comment la science autour d'eux a évolué, j'espère en voir très souvent.

Des collections, qui montrent les timbres et courrier autant qu'elles expliquent comment la philatélie et l'histoire postale autour d'eux, ont évolué, j'espère en voir très souvent.

lundi 15 juillet 2019

Collectionner ou savoir ? (1)

Comparé à beaucoup d'autres, je collectionne immensément peu côté philatélie et histoire postale ; je préfère lire, découvrir, même sur des choses que je ne possède pas. Surtout quand celles-ci coûtent cher, sont difficiles à trouver, ou nécessitent la prudence d'un expert avant achat. Outre que je ne suis pas vraiment un revendeur.

Seulement, cela cause problème quand je lis ou entend des propos sur les archives publiques et les musées, qui privent les collectionneurs de bonnes pièces ; l'importance de désigner si la lettre est unique ou rare « en mains privées », etc.

Voire pire quand le débat se décentre vers l'histoire, celle des historiens de l'université, comme je l'évoquerai bientôt avec un épisode de Stockholmia ou en relisant les numéros récents de la Philatelic Literary Review. Il existe, tel un serpent de mer pluri-décennal, une « querelle des anciens et des modernes », qui se lit, se voit, et, parfois, s'entend dans les travées jalouses des expositions :

Dans notre loisirs, rechercher la beauté (et la rareté) de la belle pièce d'histoire postale ou marcophile, vaut-il davantage que l'étude du sens de la correspondance qu'elle portait au moment où les postes l'ont acheminée ?

Et, mes cours d'épistémologie historiographique étant lointains à présent, j'hésite à me lancer dans un article de blog pour tenter de démêler les enjeux de cette problématique du posséder pour démontrer son savoir et du savoir sans besoin de posséder. Et comment exposer ou conférencer sans posséder dans un milieu où cela est très inhabituel - voir comment David Beech résout ce problème lors d'une exposition collective à Londres en avril dernier.


Ces réflexions sont parfois éclairées par surprise. Comme le mardi quatre juin dernier, premiers des après-midis de grande chaleur languedocienne, lors de l'exposition-conférence de René Martin de l'Association philatélique et numismatique biterroise et Michel Soulié de l'Association philatélique montpelliéraine, en marge de Phila-France 2019, au cours de laquelle ils sont parvenus à m'intéresser à la marcophilie classique de France...

Il fallait le faire.

Comme la recherche mécanique des variétés sur les timbres classiques sans expliquer le fonctionnement d'une imprimerie, la succession des origines à 1876 de courrier de chaque département ou ville de France, longue succession de pages d'exposition pleine enveloppes d'apparence similaires...

Bref, la marcophilie n'est pas la partie la plus attractive, pour moi, lors d'une exposition philatélique - mes lecteurs imaginent donc, à présent, l'infinité du temps vécu pendant la rédaction de la partie marcophile de cet article-là.

En aparté, je remercie donc ceux qui vont jusqu'aux oblitérations ROC actuelles : l'histoire du tri postal encré ne s'est pas arrêté en 1876, ni avec la disparition des flammes illustrées en 2005 (oui, les ROC, c'est moche).

Merci donc à Jean-Claude Ferret pour Nemours à Paris-Philex 2016 et Michel Mangin pour Les oblitérations mécaniques françaises au XXIe siècle à Phila-France 2019. Et pensez à lire les deux livres - 1 et 2 - d'Yvon Nouazé.


Retour à Pierres-Vives, le centre culturel du Conseil départemental de l'Hérault, le mardi quatre juin en fin d'après-midi, près de la bibliothèque publique où l'exposition a été posée sur le passage des habitants du quartier : comment ont-ils fait, René Martin et Michel Soulié pour réussir à m'intéresser ?

Voyez par ici et imaginez écouter le récit des deux conférenciers :

Ils ont, tout simplement, lier les marques qui les passionnent avec, explicitement, les raisons de leur usage par les postes à cheval, à pied, en ville, à la campagne, et par train dans le département de l'Hérault des origines à 1876.

Ce n'était pas inutile : je pensais que la barrière marcophile de 1876 était philatélique : passage de l'ère Barre et fils / Hulot au type Sage imprimé sous un contrôle plus direct des postes (rue d'Hauteville par la Banque de France, puis boulevard Brune par l'imprimerie postale).

Et non ! 1876 marque la fin de l'oblitération du timbre-poste par un cachet à points, et son annulation par le cachet à date.

Quant les collectionneurs recherchent le nécessaire index détaillant les marques et variations, voire le catalogue avec cotes ou indices de rareté, je rêve du livre-récit introductif sur ce modèle Martin-Soulié.

D'ailleurs, du coq à l'âne : qui connaît un (ou des) livres sur l'histoire des monnaies d'or et d'argent, depuis l'empire colonial espagnol jusqu'à l'individualisation des monnaies nationales avant la Seconde Guerre mondiale, s'il vous plaît ?

Réflexion à suivre au prochain article (promis : il y aura des images).

vendredi 12 juillet 2019

Stockholmia (4) : dîner dans un timbre-poste !

Pour mon séjour à Stockholm, fin mai dernier, mes contraintes alimentaires ont conduit mes recherches des collections et conférences à voir à l'exposition Stockholmia de la Royal Philatelic Society London jusqu'aux restaurants où manger convenablement.

Par son statut touristique, l'île centrale de Gamla Stan propose masse de restaurants, façon quartier Saint-Michel à Paris - ce n'est pas un compliment. Dans la partie basse au sud-est, quelques perles de qualité existent, tel le pub/brasserie Movitz.
Le logotype du restaurant Under Kastajen (site web).
Plus intéressant pour ceux souhaitant une cuisine plus suédoise - ils ont un burger ;) -, Under Kastanjen au sommet de la vieille ville propose un menu succulent et des desserts magnifiques. Le nom du restaurant peut se traduire du suédois : « Sous la châtaigne » ou « Sous le châtaignier », celui qui orne la place Brända Tomten ; ce triangle tire son nom du pâté de maison disparu lors d'un incendie en 1728 et jamais rebâti.

En dînant le vendredi trente-et-un, je profitai de mon apéritif en rêvassant tandis que mon regard philatéliste m'indiquait un problème à résoudre... dans un restaurant ? La fatigue sûrement.

Sauf que...
Même hors d'une exposition philatélique ou d'une boîte aux lettres, le collectionneur de timbres a toujours l'esprit aux aguets (tous droits réservés).
... sur un mur de la salle : un cadre blanc contenant de petits rectangles rappelant des timbres !

En effet, cinq timbres sur deux lignes, surmonté de l'un d'entre eux imprimé en grand format décoratif et représentant la place Brända Tomten, la façade et la terrasse du restaurant Under Kastanjen !
Le carnet autocollant Gamla Stan de 2016.
Ainsi, le quatre mai 2016, la poste suédoise a émis cinq timbres sur le centre historique de Stockholm, l'île de Gamla Stan - la vieille ville en suédois.
Manger dans un timbre, un timbre sur un restaurant.

Le timbre dessiné par J. Windström est très détaillé, ce que la gravure de Martin Mörck confirme. Ainsi, en observant la droite du timbre :
Détail du timbre, avec les signatures.
Outre les touristes (pousette, enfants, sac à dos), l'artiste n'a pas oublié le drapeau du restaurant, ni les éléments sur la façade de l'immeuble voisin.
La rue Kindsugatan, sur la droite du restaurant Under Kastanjen (photographie du trente-et-un mai 2019, sous licence Creative Commons by-nc-sa 4.0).
Plissez encore les yeux sur le haut de la porte :
Au 4 Kindsugatan, à Stockholm, une intéressante inscription pour la petite histoire des habitants de la ville (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/).
En sortant, de mon dîner, sans connaître les détails du timbre - dont j'ai commandé le carnet à un vendeur sur Delcampe et que j'ai reçu hier -, j'ai admiré cette place dont l'histoire et le confort ombrager lui a accordé le droit à un timbre.

Et, j'ai remarqué cette inscription au-dessus de la porte de l'immeuble voisin - dont le cadre général est reproduit sur le timbre. Avec mon allemand scolaire, j'avais compris que l'identité d'un couple marié entouré un message central.

La Wikipédia en anglais, à partir de sources historiennes (auquel peut s'ajouter celle-ci), explique qu'il s'agit de la maison occupée par un marchand de la fin du dix-septième siècle qui devint maire de Stockholm, puis fut anobli. La devise : « Ceux que Dieu aide ne peuvent plus avoir de problèmes » en traduction très littérale et peu poétique.

Par contre, admirez bien ces timbres.

En effet, PostNord, l'entreprise chapeautant désormais les postes suédoises et danoises, a renoncé à la gravure et la taille-douce peu après. Pour preuve, à Stockholmia, les timbres proposés par PostNord pour ces deux pays à son stand.

Mais, la RPSL a aidé les graveurs à... Pour un prochain article.



Note : Sur son site, dans les actualités, le restaurant évoque ce timbre par deux fois : à son émission, et en bilan de fin d'année.

mardi 2 juillet 2019

Stockholmia (3) : art contemporain au Musée postal

À Stockhlom, pendant l'exposition du cent cinquantenaire de la Royal Philatelic Society London, du vingt-neuf mai au deux juin 2019, le Musée postal était un autre lieu de philatélie possible dans la capitale suédoise.

Les horaires d'ouverture de ce musée sont serrés : de onze heures à seize heures du mardi au dimanche... Heureusement que le trajet est court entre la gare et le centre de congrès de Stockholmia d'une part et le Musée installé dans l'île centrale de Gamla Stan.

Avant de décrire les expositions permanentes du musée dans un autre article, consacrons un peu de temps à l'exposition temporaire Postal Art, d'art contemporain, de novembre 2018 à août 2019.
Une bannière annonce l'exposition temporaire au Musée postal, Lilla Nygatan 6, 111 28 Stockholm, en Suède (photographie sous licence Creative Commons by-nc 4.0, prise le jeudi trente mai 2019).
Le site web - et j'imagine le catalogue en suédois... - décrit comment les œuvres ont été conçues selon trois cheminements différents que je vais décrire selon mes impressions.

D'abord, le plus étrange au premier abord - pour quelqu'un n'ayant qu'une exposition annuelle à l'art contemporain (dans tous les sens du mot « exposition ») - fut tous les broderies exposés sur beaucoup de murs. En 2018, un club de broderie de Stockholm a visité le musée tous les mercredis pour les préparer, y trouvant inspiration autour des timbres, réels ou imaginés, et de leur illustration, de la correspondance, y compris un meuble de tri postal composé de poches en tissus pastels et brodés. Décoratif et apportant des couleurs distrayantes dans cette exposition.

Ensuite, une œuvre encombrante autant que morcelée de Linn Lindström et Kristine Lund amenait l'observateur à réfléchir. Simultaneous Souvenirs (a record of a wordless correspondence) est l'assemblage d'objets hétéroclites, autant quotidiens qu'exceptionnels, que les deux artistes s'envoient depuis trois ans selon un rituel artistique : à une date et une heure définie, chacune s'empare d'un objet et l'envoie à l'autre par la poste.

Penser à l'autre ? Sens de l'amitié ? Critique de la société de consommation ? Du sens de la communication ?

Une vision de l'œuvre clouée à un mur est visible sur le site de Linn Lindstöm ; au musée postal, les objets sont assemblées sur des tables et tablettes, ce qui prend l'essentiel de l'espace d'une des salles.

Enfin, le reste des œuvres pouvant susciter la réflexion autant que la perplexité du visiteur proviennent du travail d'étudiants d'une école d'art, la Gerlesborgsskolan. Le catalogue de l'exposition indique que ce partenariat provient de la visite d'une collection d'art postal conservée par le Musée postal canadien, à Ottawa (fermé depuis et inclus désormais dans le Musée canadien de l'histoire).

Les étudiants ont visité le musée et travaillé pendant l'automne 2018 autour des thèmes de la poste, les lettres, les colis, la communication.

Et là, je garderai une seule œuvre qui a résonné immédiatement et rebondi mi-juin dans ma vie quotidienne.

L'installation est simple : posée contre une fenêtre, elle imite le perron d'une maison. Juste devant, vers le visiteur donc, le paillasson sur lequel est posé un immense parallélépipède rectangle aux parois transparentes...

... empli de...
En entrée d'exposition : simple, efficace, marquant (auteur et titre honteusement oubliés, en cours de recherche).
... prospectus publicitaires, bien sûr !

Ce paquet que beaucoup retrouve en rentrant chez eux après le travail.

Alors que dirigeants postaux, personnes de lettres et collectionneurs de timbres pleurent le triomphe du sms et de l'e-mail - pardon, du texto et du courriel - sur la correspondance écrite, les particuliers reçoivent toujours et encore du courrier...

... publicitaire !

Qu'il soit déposé par le facteur, diversification nécessaires des postes (Destineo en France) ou par des travailleurs de la nécessité.

Ce sera l'œuvre marquante de mon année d'art contemporain.

Quinze jours plus tard, ayant repris le rythme normal - comprenant donc deux paquets concurrents de publicité par semaine -, voilà qu'un petit couvercle en plastique a fait son apparition avec un petit mot est apparu au coin du mur de boîtes de lettres de mon immeuble : « Servez-vous. »

Dedans, des autocollants verts « Pas de pub ».

Le résultat est digne d'une œuvre contemporaine : en deux jours, le bol était vide et les trois-quart de la façade des boîtes pleines :
Sans titre, œuvre d'un voisin anonyme, Montpellier, juin 2019 (droits réservés).
Souci d'éviter le gaspillage de papier et d'encres ? Souci de ne pas voir de paquets de pub abandonnés dans le hall ? Ou œuvre vivante et collective d'art contemporain ?

dimanche 23 juin 2019

Exposer les deux côtés d'une médaille

Comment exposer une médaille ou une monnaie quand les deux côtés sont intéressants ?

Un feignant comme moi photographiera ou scannera les deux côtés, tapera au clavier son texte en insérant les images aux endroits souhaités. Imprimera, pochettera et exposera.

Mais, des conservateurs de musée, voire des collectionneurs en exposition compétitive, ne peuvent se contenter de cette facilité.
La solution vue au Merseyside Maritime Museum de Liverpool, en janvier 2019.
Dans la galerie consacrée au RMS Titanic, le Musée maritime du Merseyside - le nom de la région de Liverpool - expose des médailles décernées officiellement ou remises par des associations au Capitaine Arthur Roston, du RMS Carpathia, pour avoir secouru les naufragés du paquebot géant, dans la nuit du quatorze au quinze avril 1912.
Oui, c'est illisible : je suis nul en photographie au smartphone, surtout en éclairage artificiel.
Le présentoir en plastique permet la pose d'un miroir orienté de manière à rendre visible l'arrière de la médaille au visiteur.

Le moyen n'est sûrement pas novateur*, mais le pliage m'a rappelé la création manufacturière du cours de technologie de ma classe de troisième, dans les années 1990 : une plaquette plastique pliée à la main après chauffage pour constituer un repose-stylo et papier, avec une autre plaquette pliée et équipée d'un transistor et d'un interrupteur-poussoir posé dans un repli de la première. Nos parents, plus vraiment ébahis depuis les souvenirs en pâte de la maternelle, pouvait, dès lors, poser le combiné du téléphone fixe pour faire attendre le correspondant en musique ou prendre des notes (ou gribouiller des dessins) tout en téléphonant.

Dans un atelier associatif de bricolage, aujourd'hui, ce sont des présentoirs à pièces et médailles que je préparerais : le téléphone fixe - aimant à démarchage publicitaire - ayant rejoint le carton avec les souvenirs d'école.

L'outil peut servir pour les timbres-poste, en tout cas pour ceux qui veulent voir le dos bien gommé, pas rafistolé ou aminci... Pardon, pour pouvoir exposer les deux faces des timbres à surcharge dorsale : premiers timbres grecs, certains Machins vendus à tarif inférieur pour les Fêtes, etc. Voire, en grand format, des lettres dépliées... mais là, l'effet-miroir va poser souci de lecture.

Mais, je ne suis pas sûr que les associations et fédérations apprécient de devoir s'équiper de plusieurs vitrines 3D tant que les lourds panneaux plats seront la norme des règlements.


* : Le week-end de Pentecôte, avec Phila-France 2019, au Parc des expositions de Montpellier, ayant été une accumulation de travail, fièvre et volontariat, ne pas me taper si jamais il y avait cette forme d'exposition dans la présentation Revivez la France (en relief et classe ouverte) par Philippe Lesage.