dimanche 12 juin 2016

Paris-Philex (2) : exposer, ça a l'air si facile...

... comme quand, enfant, vous voyez quelqu'un de votre âge jouer du piano... Non, toujours pas d'instrument de musique ou de livrets de chants chez moi. C'est peut-être pour ça que j'écris après avoir lu... à force de lire et d'écrire depuis quelques décennies maintenant.

C'est ainsi que certaines collections paraissaient si faciles à Paris-Philex... mais cette compétition n'étant que très rarement évoquée dans la presse et le web philatélique...
Une des diagonales du championnat de France de philatélie 2016 menant jusqu'à son envahissant mécène... Je reviendrai sur le plafond dans quelques paragraphes (licence Creative Commons nc-by-sa 3.0 fr).
Aussi facile, nous sommes-nous dit avec une épouse de philatéliste devant Quand les « Empire dentelés » voyagent hors de France de Brigitte Abensur. Admirable dès la première approche est la simplicité d'accès de la collection - même si je suis partial sur ce thème entre les articles de Laurent Veglio dans Timbres magazine d'une part, destinations britanniques et impériales britanniques d'autre part.
Je me permets un extrait de la collection de Mme Abensur : lettre de Nantes pour la République dominicaine (collection Brigitte Absensur, 2016).
Un plan sous forme de planisphère pour pouvoir aller au plus vite vers les enveloppes rangées par destinations vers les plus lointaines. Des pages d'un jaune suffisamment léger pour que le lecteur ne remarque plus les bandes plastiques jaunis des cadres de la Fédération.

... Et des légendes d'une clarté limpide, aussi exhaustive que facile à comprendre. Même l'ignorant du thème comprend ce qui est écrit, pourquoi cette lettre est là et, comme dans l'exemple choisi ci-dessus : quel exceptionnalité présente la pièce encadré de bleu voire de rouge...

Malgré la présentation, est ainsi rappelé le labeur de plusieurs années de lectures, de collections, de recherches afin de placer plus de cent cinquante enveloppes toutes légendées. Mme Abensur et son mari, président de l'Académie de philatélie, sont réputés pour leurs collections d'histoire postale : ils sont, par exemple, remerciés par Geoffrey Lewis pour leur aide à étudier autant de lettres des années 1830 que possible pour étudier les effets des conventions postales franco-britanniques de l'époque.

Résultat : médaille d'or à quatre-vingt-onze points et prix spécial du jury pour ces qualités... et sûrement pour s'excuser d'un éclairage haut perché d'entrepôt gênant la lecture des feuilles placées en haut de cadre.

Message à Gilles et ses vassaux :

Pourquoi les collections ne bénéficient-elles pas d'un éclairage aussi avantageux que les stands des marchands et du parc à volailles plumées de φl@poste, bordel de merde !!!

Placez les collections dans la lumière naturelle près des baies vitrées !
Et aménagez les entrées pour diriger les visiteurs vers les marchands dans l'entrepôt.
Et émettez un bloc spécial spéculatif de plus - on n'est plus à ça près - pour vous payer un éclairage confortable pour les collections !


Revenons au plaisir de lire avec un cadre proposé par Marc Gérault en philatélie moderne :
Le premier cadre de la collection de Marc Gérault sur les quinze francs typographiés au type Marianne de Gandon (collection Marc Gérault).
Et le lecteur débutant en exposition philatélique devine rapidement qu'il doit y avoir une « querelle des classiques et des modernes » : la page A4 contre la page A3.

Cette dernière apparaît surtout dans des expositions de philatélie moderne, thématiques et classe ouverte. Un bon exemple, illustré ci-dessus, est la collection de Marc Gérault, président de l'Union philatélique de Flers, dans l'Orne, consacré aux timbres de 15 francs rouge et outremer typographiés Marianne de Gandon, qui a pris dix points depuis le championnat de France de 2014.

Le format double A4 permet de faire entrer davantage de documents que sur le format simple : les enveloppes longues restent horizontales, la deuxième page sur la genèse des timbres tient en une seule feuille - deux pages, et probablement respecte les proportions du plan attendu dans cette catégorie.

Vermeil et soixante-dix-sept points en 2014 -> grand vermeil et quatre-vingt-sept en mai dernier.
La présentation des types par Marc Gérault avec publicités, s'il vous plaît (collection Marc Gérault).
Mais, la difficulté et l'exigence de la compétition se devinent immédiatement. Dans la collection de M. Gérault, c'est l'usage de paires verticales de timbres de carnets publicitaires pour la page sur les différents types des timbres étudiés.

Laurent Bonnefoy1 a placé la barre beaucoup plus haut :
Une pièce de tissu pour un cadre complet (collection Laurent Bonnefoy) . En-dessous, un autre affranchissement pour un envoi de douze kilogrammes ! (correspondance avec M. Bonnefoy).
S'il faut impressionner le visiteur, Laurent Bonnefoy méritait bien un prix spécial : dans un seul cadre de sa collection Le 5 francs Merson (France métropolitaine, 1900-1931), une seule pièce d'emballage d'une lettre lourde2.

Déjà que les timbres de plus d'un franc étaient coûteux en 1907... alors une grosse vingtaine de cinq francs Merson perforés d'entreprise.
La légende de la pièce (droits d'auteur du texte : Laurent Bonnefoy).
Ce colis d'une valeur déclarée de cinq cents francs partit du Crédit lyonnais de Paris vers le trésor public finlandais, à Helsinki, le onze mars 1907. Auquel s'ajoute les marques postales françaises, allemandes de transit et une finlandaise d'arrivée... Plus les sceaux de cire rouge pour clore le tout.

Comment cela a-t-il survécu à la poubelle, au découpage, au décollage des timbres, aux conflits de « la guerre civile européenne » ??? Et comment M. Bonnefoy l'a-t-il retrouvée, se demande l'ignare que je suis ? Est-ce une pièce réputée de la philatélie française ? L'a-t-il déjà décrite dans une revue philatélique ?3

Médaille d'or et quatre-vingt-dix points pour l'ensemble de la collection. Aucun prix spécial ? Retenons-nous et ne nous comportons pas comme des supporters de football face aux arbitres, mais...

À suivre...

Notes du quatorze juin 2016 :
1 : Laurent Bonnefoy, et non Jacques Lavigne comme écrit dans la version initiale de l'article... Erreur dans le rangement des photographies et la relecture des titres de collection : les deux philatélistes proposaient des collections sur les fortes valeurs au type Merson ; M. Lavigne sur Valeurs déclarées dans le régime intérieur de 1877 à 1916, emploi des 2F et 5F Sage et Merson. Merci à Laurent Bonnefoy et à Olivier, webmestre du blog News du Phospho, pour leurs mails d'alerte.
2 : Laurent Bonnefoy qui me rappelle que c'est une lettre à postalement parler. À l'époque, il n'y avait pas de limite de poids pour la lettre alors que les colis si (l'exemple est de cinq kilogrammes pour la Finlande).
3 : Le même répond par mail à deux questions : une vente sur offres en Allemagne en 2008 et présentée à l'Académie de philatélie le cinq décembre 2009.

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