jeudi 30 juin 2016

Mille en neuf ans et presque demi

Millième post, article, blague, dissertation philatéliques aujourd'hui, jeudi trente juin 2016 pour ce blog en neuf ans et cinq mois. Mes meilleurs souvenirs liés à son écriture ?

Non pas tellement mes exhibitions hyper-ironiques des actions des directions successives de φl@poste et de leurs alliés fédéral et négociant... Ça m'amuse de les écrire bien sûr, surtout les imaginatifs épisodes de Marian, Gloire et Beauté (merci Posti) quand la probable déception des dirigeants de La Poste et des traditionnels artistes du timbre a provoqué d'étranges réactions des φ-journalistes φrançais (depuis quand ne respecte-t-on pas les embargos et la sainte neutralité face aux émissions de France ??? Jamais sauf quand...) pour la nouvelle Marianne de la jeunesse, avant même qu'Olivier Ciappa ne tweete sur le lien entre son timbre et la thématique mamelles.

Tout cela permet de passer de lasses et inutiles colères... Lasses quand je vois le pigeonni... je lis le témoin « boucheur de cases » trouvé par l'éditorialiste Socrate dans Timbres magazine de ce juillet-août : il ne peut s'empêcher d'acheter tout ce qu'il trouve beau, mais φl@poste devrait comprendre que son porte-feuille n'est pas extensible...

lol ? Grrrrr ? Appeler la CGT à manifester au cri : « Françoise et Gilles au pilori » ? Écrire un essai Désir eslingérien et frustrations gilliennes de la case non bouchée chez le collectionneur français post-moderne ? Avec une édition poche enrichie d'un chapitre Les 12 méthodes de la spéculation heureuse ?

Aujourd'hui, j'écris au premier degré sans aucun humour : que ce collectionneur se démerde. Moi, je continue à couper des arbres... on ne sait jamais en cas de spéculation sur le marché du pilori :)

Alors quoi comme souvenirs ?

L'oblitération du bureau de Cacao, en Guyane, en 2002 (scan envoyé par Pierre Millien).
La découverte au hasard des lectures et des recherches de lieux et de populations, tel le village guyanais de Cacao où la République française installa des réfugiés hmongs en 1977 (article du trente-un juillet 2009).

Oui, ce simple petit article sur un si petit lieu découvert en farfouillant ce que je pouvais découvrir au moment du feuillet chocolaté de 2009. Parce que le timbre, l'oblitération, l'activité postale sont liés au besoin humain de communiquer et de commercer, pas à étouffer dans des classeurs, ni à être limités à une valeur spéculative.

Sinon, ce sont toutes les personnes qui m'ont permis d'apprendre et de découvrir qui marquent cette décennie.

Des marchands-auteurs britanniques qui étudient ce qu'ils vendent. Certes, on peut se poser la question de leur objectivité à multiplier les découvertes de variations des timbres-poste et de distributeurs de Royal Mail, mais au moins Outre-Manche, ce sont des Philatélistes qui étudient, commentent, critiquent les nouveautés britanniques dans les périodiques grand public Stamp Magazine, Gibbons Stamp Monthly et sur leurs blogs (comme celui de Norvic Philatelics de Ian et John Billings).

Les rencontres de Basil Herwald avec les dirigeants des services philatéliques de pays variés lors de ses voyages pour Gibbons Stamp Monthly, loin de se contenter d'attendre le mail annonçant le programme annuel d'émissions depuis son fauteuil et qui permet de montrer que nouvelles émissions actuellement n'est pas synonymes de diahrées philatéliques ou de papier-peint d'agences.

Quel bonheur donc que mes abonnements à ces deux mensuels britanniques depuis 2007, découverts par leur couverture sur les quarante ans de la série Machin (vous pouvez aussi rejoindre les fanatiques de l'effigie Annigoni sur le forum StampBoards). Un salut amical à Julia Lee où que ses pas professionnels l'aient porté depuis les pages News de Stamp.

À l'époque temporairement éloigné à Paris, ce blog fut inspiré du modèle d'alors le Blog philatélie de Dominique Stéphan, hélas disparu du web. Comme est en sommeil depuis quelques temps l'actif thématiste Oh les timbres. Des devenirs que ce blog aurait pu connaître entre 2011 et 2013 quand il fut très difficile de concilier et placer dans des priorités durables philatélie et écriture avec vies professionnelle et personnelle, et autres loisirs... Pourquoi des catégories Uchronie et Jeu vidéo sur un blog philatélique ?!! Parce que.
Helen Morgan, non-philatéliste, a enquêté sur les premiers timbres de Maurice (amazon.co.uk).
Les lectures ont aidé à maintenir un chemin, même quand elles ne finissent pas toutes sur le blog. Avec internet d'abord qui a permis de découvrir deux livres écrits par des Moldus sur les premiers timbres de Maurice et la Collection philatélique royale. Dans le même temps, je découvrai Londres et sa richesse philatélique à l'époque où le libraire Vera Trinder y était encore.
La bibliothèque est toujours là malgré les déménagements (IKEA c'est du solide), mais depuis mai 2010, les albums ont dû se tasser plus bas encore face à l'afflux d'ouvrages et de dvd... Oui, fan de séries télévisées en plus (licence creative commons cc by-nc-nd 3.0 fr).
De fil en aiguille, je suis passé des ouvrages de Douglas Muir du British Philatelic Museum & Archive aux publications de la Royal Philatelic Society London...

En effet, alors que je découvrai l'ambiance si feutré (plus qu'en 2009) de la halle des marchands de Monacophil 2011, j'abordai timidement le stand de la Royal Philatelic Society London car le modeste lecteur-blogueur philatélique que je pense être, osai demander à acheter le cd-rom de l'intégrale du London Philatelist (aujourd'hui sur clé USB pour trente livres sterling) pour enfin profiter de certains articles inacessibles mais hautement intéressants.

Là, un chaleureux et jovial Frank Walton me transforme en membre-lecteur-blogueur visiteur impatient de revoir la bibliothèque du 41 Devonshire Place, intenable au travail les jeudis de conférences diffusées en ligne, explorateur aventureux des milliers de volumes et le million de pages de la Crawford Library - cela va-t-il finir comme dans un double-épisode de Doctor Who ? Qui a éteint la lumière ? Brrrr... - et, dans le même élan et à ma grande surprise, spectateur intéressé des expositions philatéliques : la partie que la presse philatélique française ne commente jamais (encore merci, Robert Marion).
Franchement quelles associations peuvent se vanter de disposer de toilettes aussi philatéliques que celles de la Société philatélique royale de Londres ? Distributeur de timbres et boîtes aux lettres extrait des collections du musée de la RPSL.
Si les commentaires sur ce blog sont fermés et son auteur assez contemplatif, les contacts liés existent, ponctuellement avec Pierre Millien et Olivier Gervais (Avez-vous vu sa lumineuse collection à Paris-Philex ? Au moins son site) quand je faute grandement... Laurent Bonnefoy en sait quelque chose dernièrement.

En attendant un clin d'œil aux deux seuls anonymes qui ont tenté le mail hautement moralisateur sur l'odieux que je suis de ne pas nommer de son nom philatélique la Marianne de Nicolas ou d'oser faire autre chose que de la philatélie sur un site philatélique... Deux clics : un sur le bouton Spam, un autre sur la corbeille. C'est un blog/bloc-notes personnel d'un amateur.

Et désolé à deux ou trois autres, mais je ne m'intéresse pas à tout : je ne suis pas une agence de presse philatélique, même si je passe du temps à débusquer des informations avec Google Actualités. Être systématiste dans la publication reçue, c'est un métier, il y a des professionnels : profitez-en.

Le reste des lecteurs ? D'après les outils de mon hôte Blogger, je salue la majeure partie de mon public : les robots de Google et de Google Images :) Sans oublier ceux de l'entreprise privée qui assure le suivi de la réputation du Groupe La Poste sur les réseaux sociaux ;) que je remercie d'avoir retweeter des articles de temps à autre, provoquant des explosions inexplicables de consultations (deux cents lecteurs pour ce résumé de Midi libre !??)... Généralement quand je complimente La Poste. Aussi rare qu'un bloc Courrèges en couleurs à Paris-Philex :p
La trouvaille de l'année et l'article qui m'a fait le plus plaisir d'écrire : comment le Conseil de promotion de la philatélie du Nigeria a réussi une exposition-colloque en mars dernier, en présence de l'ancien président Obasanjo (à droite ; NTA News, trois mars 2016).
Heureusement quelques humains lisent également ce blog : une douzaine dans la journée chaque publication à coup sûr - Bonjour ! Une centaine d'un coup quand je critique le monde φl@télique, mais seulement la moitié quand je le complimente le lendemain... Oh ! Lectorat aussi difficile que je suis hypocrite :p

Depuis 2015, vous provenez d'une liste de plus en plus longue de pays différents selon où l'adresse du blog a pu être publiée (Jean-Jacques Tilleard et la philatélie de Saint-Pierre-et-Miquelon ont énormément d'amis en Amérique Latine et en Asie du Sud-Est, j'en témoigne) ou selon le sujet touché (quelqu'un aux îles Falklands utilise l'approprié IceWeasel comme navigateur).

Ce lectorat atteint des contrées encore plus inattendues comme le Pakistan et l'Égypte quand deux philatélistes ont apprécié sur Facebook qu'un « petit pays philatélique » soit évoqué ici, le Nigeria en mars dernier, pour un reportage télévisé montrant qu'il se passe des choses en dehors des fédérations européennes de « boucheurs de cases ».


Quoi pour les mille prochains ?

Un article par nouveau timbre de France, d'Outre-Mer et des Principautés reproduits dans Timbres magazine à partir de la nouvelle nouvelle formule de septembre prochain... Prochain article du millier dans très peu de temps donc :)) Non, mauvaise blague que j'ai déjà écrite, rappelleront les lecteurs attentifs et réguliers (jeu interdit aux robots indexateurs).

Les types d'articles en place depuis la relance de 2014, à coup sûr : nouveaux timbres du monde qui me plaisent, compte-rendus de lectures par le croisement que mon esprit du moment réalise entre elles, et quand l'enthousiasme de l'écrivain y est, un pièce de profonde ironie sur les aléas - ou les grands moments : l'offensive médiatique d'octobre-janvier - de la  φl@postie φranç@ise, objet d'étude en elle-même pour un historien.

L'espoir aussi de mieux tenir et plus souvent le blog en anglais que je ne veux pas être qu'une traduction de celui-ci.

Au-delà, qu'en sais-je ? Ce jeudi après-midi, j'écris (pire : vous lisez) des mots aussi futiles alors que la Royal Philatelic Society London et la British Library présentent en direct sur youTube l'impressionnant, sisyphien, coûteux et absolument inestimable travail réalisé pour que la Crawford Library soit accessible à tous par l'intermédiaire d'internet...

Au-delà donc, il y aura sûrement plus d'activités dans mes classeurs - c'est fou les trucs hyper-intéressants que j'y entasse depuis que j'ai dix ans (et seulement cinq ans comme abonné aux nouveautés de France) - et, j'espère, au-delà, en d'autres lieux et formes philatéliques.

Sinon, dans les prochaines semaines avant une pause estivale : la fin de l'exposition-compétition Paris-Philex, le bilan de la future ancienne nouvelle formule 2015-2016 de Timbres magazine, et ce qui m'inspirera dans tout ce qu'internet permet de diffuser et de faire connaître.

mardi 28 juin 2016

Enquêtes, surprise et boîtes aux lettres dans le London Philatelist de juin

Les articles, proposés dans le numéro de juin 2016 du London Philatelist, pourraient constituer une excellente soirée canapé/télévision pour oublier les affres européens du Royaume-Uni ou l'ennui profond que m'inspire une compétition de football.

En avant-soirée : documentaire touristique à Gibraltar...
... comme sur arte à vingt heures en attendant le film.
Le Gibraltarien Richard Garcia, après un article conjoint sur la première série d'usage courant du Rocher du règne d'Elizabeth II en novembre 2015, propose une ballade le long de Main Street le long de laquelle le Royal Gibraltar Post Office a placé des boîtes aux lettres monogrammées, une par souverain depuis la Reine Victoria.
Bricolage sebphilatélien à partir des informations fournies par Richard Garcia (fond de carte et itinéraire Google Maps, ajout avec Paint.NET - un logiciel libre).
La principale avenue marchande de Gibraltar compte désormais six boîtes pour un gros kilomètre. La dernière de la série porte le monogramme d'Edward VIII et a été installée en octobre 2015.

Le parcours est assez touristique aller comme retour : d'Edward VII près d'un centre commercial / parking jusqu'à George VI devant le centre culturel du territoire, en passant par les commerces locaux, le bureau de poste principal, les batiments officiels, la cathédrale.

Vivement un voyage à Gibraltar...

D'autres publications de Garcia sont listées sur sa page LinkedIn.

Une bande-annonce
Au milieu de la revue de la Royal Philatelic Society London, quatre pages annonçant l'exposition internationale Stockholmia 2019 organisée pour célébrer les cent cinquante ans de la Société.

Le grand film de la soirée : le postier, le bush et les truands...
... souvenir de La Dernière Séance.
Quinze pages sur un sujet d'histoire postale, sociale et criminelle : les attaques de malles postales dans le bush australien au dix-neuvième siècle. Un véritable western à la John Wayne.

Auteur d'ouvrages récents sur les accidents subis par le courrier australien, Brian Peace raconte puis illustre de toutes les manières possibles la vague délinquante qu'a connu l'intérieur des colonies occidentales d'Australie des années 1840 à 1870 jusqu'à leur terme définitif au tout début des années 1900 - l'auteur déduisant que la sévérité accrue de la justice contre les criminels a mis fin à l'incroyable nombre d'affaires dans les années 1860 : plus de deux cents ! Plus de la moitié de toutes les attaques recensées.

L'article reproduit les trois seules lettres conservées portant une mention manuscrite expliquant leurs involontaires aventures, ainsi qu'une liste des lettres recommandées transportée avec le sac de courrier, qui, elle aussi, accompagna des bandits avant d'être retrouvée.

Les collectionneurs d'archives se tourneront vers les journaux officiels des colonies (Government Gazette), les quelques lettres témoignant de l'événement. Par exemple, cette lettre de 1864 entre deux maîtres des postes pour confirmer que la moitié de chèque amené par un destinataire est bien à payer ; le dit chèque avait disparu lors d'un vol, puis déchiré lors du tri des valeurs par les malfaiteurs.

Chacune des affaires concernées est racontée à partir des articles de presse et des récits dans les archives judiciaires. Prenant, surtout avec la figure de Paddy Tom, qui apparaît dans plusieurs coups réalisés par des bandes différentes dans des colonies différentes, et qui finit condamné à la pendaison pour meurtre le vingt mai 1865.

L'entracte.
Le temps d'une pause eskimo (chouchous, beignets ! sur les plages de France) résumé des conférences d'avril, annonce du nouvel ouvrage Guide to the Postal Stationery of Iraq par Clayton Rubec et Akhtem Al-Manaseer.

En amusement avant le deuxième film, Richard Wheatley se contente d'une seule enveloppe recommandée de 1970, de Leeds (Angleterre) pour les passagers d'un navire faisant escale à Punta Arenas, au sud du Chili : quatre Wildings et le timbre commémoratif Gandhi...

Les cinq comportent une variété présente au catalogue Stanley Gibbons !

Soir de vacances, encore envie d'un vieux film dans l'immensité classique...
... Le Cinéma de minuit ?
Restons dans les immensités à explorer et les enquêtes policières : la présence militaire britannique avec la révolte arabe dans l'Empire ottoman pendant la Grande Guerre à l'établissement du mandat britannique dans ce qui devient le Royaume d'Irak.

Barry Scott fait face à un mystère... Trente-trois en fait. Trente-trois enveloppes originaires de Mésopotamie du vingt-cinq mai 1920 au vingt-neuf novembre 1921 portent une marque rouge : un M et un numéro dans un cercle.

Trace de censure ? Tampon indiquant la franchise militaire pour les troupes britanniques ? Scott propose cette seconde solution par les archives pour la date de fin de censure d'une part, et en comparant des courriers civils et militaires par voie aérienne, d'autre part : un timbre-poste (ottoman surchargé) de moins et un coup de tampon de plus pour les seconds.


Il est minuit passé dans le sud de la France, le soleil est enfin couché et le courant d'air frais permet enfin d'aller dormir.



samedi 25 juin 2016

Été historique et exotique français pour Gibbons Stamp Monthly

Les numéros datés juillet (déjà sorti) et d'août (prévu pour début juillet) du mensuel britannique Gibbons Stamp Monthly se tournent vers la France, son histoire commune avec les Britanniques, et son empire colonial.

Histoire postale commune : la Somme.
La série de six timbres du centenaire de 1916 dans la Grande Guerre, dont trois au tarif prohibitif d'une livre cinquante-deux, soit la lettre européenne de plus de cent grammes !!! (Royal Mail).
Pour le centenaire de la bataille de la Somme, qui eut lieu du premier juillet au dix-huit novembre 1916, la Royal Mail émet un timbre sur le mémorial de Thiepval, photographié de loin, à l'arrière-plan dominant les champs et bois actuels.

Deux articles d'histoire postale complète la description de l'émission. Graham Mark explique comment la censure postale britannique s'est développée en 1916 sur tous les fronts.

Alistair Kennedy se concentre sur le courrier des forces britanniques pendant la bataille de la Somme avec force oblitération de field post offices sans timbre-poste - franchise postale oblige - et de marques de censeur.

Une capte le regard français dès son apparition en couverture de ce numéro de juillet : la République assise en majesté entourée d'un cercle dans lequel est inscrit « Service de l'aviation navale anglaise », oblitérée par la poste de l'armée britannique... Quel mélange.

L'article se conclut par une carte postale humoristique montrant que, malgré la bataille, la poste fonctionne avec un grand flegme.

Gibbons au Congo.
Un autre événement de moindre importance appelle un autre article dans la fibre française dans le même numéro de juillet 2016 : suite à la division de son catalogue France & Colonies (France seule par ici), l'éditeur Stanley Gibbons vient de mettre en vente un catalogue comprenant l'ensemble des colonies, départements, territoires et actuelles collectivités d'outre-mer françaises, y compris les bureaux à l'étranger. Ouf.

Un peu moins de trente-cinq livres sterling, soit cinquante euros quand la livre se porte trop bien (1,50), quarante-six quand elle se porte normalement (1,33) ou vous patientez un œil sur les taux de change que propose votre banquier dans les prochaines semaines.

La publicité est page cinquante-huit. Pour mettre immédiatement le pied à l'étrier au collectionneur britannique, Michael Round avec l'aide de Claire de la Feuillade détaille en quatre pages toute une étude traditionnelle de la série de 1900 du Congo français, comprenant le Congo et le Gabon actuels.

Par pitié du Britannique, alors méditant un référendum difficile sur l'Union européenne, les modifications administratives coloniales françaises de 1906-1910 ne sont qu'effleurées : Congo, Moyen-Congo avec/sans Gabon, Afrique équatoriale française, etc.

Une étude approfondie puisque Round se plonge dans les auteurs anciens pour préciser la date d'émission avant de passer en revue papier, dentelure, couleurs et filigranes. Dictionnaire de traduction en main pour ce dernier : le couple de faux jumeaux renversé/inverted - inversé/reversed pouvant gravement tromper l'anglophone.

Perfides Français !

La vengeance est d'ailleurs terrible : pour marquer l'Euro de football organisé en France, le mensuel propose son équipe britannique idéale à travers les timbres et les enveloppes-souvenirs.

Que s'échoue la galère...
Et ces pérégrinations dans le domaine français vont se poursuivre dans le numéro d'août, disponible en kiosque début juillet. L'annonce est "Tromelin: A True Desert Island".

Stephen Pendleton va décrire les timbres, courriers et tampons de mission à rechercher de cet îlot du district des Îles éparses, rendu célèbre par le naufrage en 1761 d'un navire pratiquant illégalement la traite et l'abandon ensuite des esclaves survivants par l'équipage. Une poignée sera finalement sauvée quinze ans plus tard par le chevalier de Tromelin.

Un article récit d'aventure et d'histoire postale des Terres australes et antarctiques françaises en perspective.

vendredi 24 juin 2016

Timbre olympique quatre ans après en Australie

Affaire suivie depuis jeudi vingt-quatre mars dernier par les participants du forum StampBoards.com, Australia Post a émis un timbre pour un médaillé d'or australien presque quatre ans après la fin des compétitions.
L'« instant stamp » en cours de diffusion vers certains bureaux de poste et sur la boutique web d'Australia Post.
En effet, alors que l'opérateur postal a annoncé la pré-commande des timbres « instantanés » pour les médaillés d'or australiens des Jeux olympiques de Rio, les actuels tourments de l'athlétisme russe a entraîné une modification du podium de l'épreuve de cinquanten kilomètres marche de Londres : Jared Tallent a reçu sa médaille d'or, la semaine dernière, suite à la conviction de dopage du vainqueur d'alors.
Le timbre est vendu en feuille de dix (Australia Post).
Dans les questionnements philatélistes, la remarque qu'un timbre de médaille de 2012 porte le millésime 2016, ainsi que la valeur faciale de base actuelle. Qu'avec les Jeux de Rio, il est possible que Jared Tallent bénéficie en un trimestre de deux timbres différents.

Enfin, ce timbre aurait-il pu être émis si Australia Post n'avait relancé son partenariat avec le comité olympique australien ? En effet, aurait-il été opportun de payer chèrement le droit d'utiliser les anneaux olympiques, propriété commerciale jalousement protégée du Comité international olympique ?

jeudi 23 juin 2016

Paris-Philex (5) : de l'exotisme hors les murs

« Paris-Philex hors les murs ».

Je rassure tout de suite les collectionneurs et spéculateurs de nouveautés hors-programme : n'écrivez pas à Timbropresse, ni à la Fédération. Inutile que leurs chefs aillent envahir de nouveau le bureau de Gil@poste Livchitz, ni que Socrate et Gauthier Toulemonde nous repondent des pages entières sur leur rôle intermittent de défenseurs du collectionneur de nouveautés, comme dans le numéro de ce juin 2016 : c'est quoi ce trou d'actions de 2007 à 2015 pendant l'application délétère des états eslingériens de la φl@télie ?

Dans ce « hors les murs », aucune action secrète de Gil@poste pour émettre des timbres spéculatifs ou des entiers en douce en avertissant uniquement quelques happy fews franciliens.
La façade du palais de la porte Dorée par Alfred Janniot - 1929-1931 - en hommage à un empire exploité que nous fantasmions « libre » et en « paix », selon les grands principes entourant l'allégorie centrale (photographie sous licence Creative Commons cc by-nc-nd 3.0 fr - rappel : Janniot est mort en 1969).
« Paris-Philex hors les murs » est ma façon de profiter de trois jours parisiens - alléluia, une marée basse professionnelle, dommage qu'elle fut haute pour Monacophil 2015 - entre philatélie et découverte de Paris.

Car il suffisait de prendre le tramway devant le parc des expositions de la porte de Versailles, siège de l'exposition philatélique nationale pour rallier la porte Dorée et une scénographique colonialiste évoquant l'époque de naissance d'une grande partie des visiteurs de Paris-Philex et du volailler φl@postal.

Le monument ouvrant la zone honore les anciens combattants d'Indochine, fontaine-rivière minérale entouré de pelouse et de palmiers par l'architecte Louis Madeline, provenant d'une statue d'Athéna par Louis-Ernest Drivier. Il est suivi d'un bas-relief de l'expédition de 1898 du colonel Marchand du Congo à Djibouti, via un arrêt dangereusement imprévu à Fachoda, sur lequel tous les officiers français sont nommés et les tirailleurs sénégalais évoqués par leur nombre...

Face à cela, le palais-musée-aquarium de la porte Dorée et sa façade exploitons les richesses des colonies... Nous savons depuis 2005 qu'il n'est toujours pas possible de faire l'histoire de l'empire colonial français par les historiens, de montrer comment l'empire raciste bénévole de Jules Ferry est devenu un empire raciste et parasite, oublieux des valeurs de la République. Que dans les colonies le bon est mêlé au mal dans la manière dont la France, les colons et les métropolitains ont géré ces territoires et ces peuples.

Tout un tas de débat historien et de réflexions invisible quand sont évoqués les timbres créés pour les colonies.
Carte postale utilisée en 1907 : des bûcherons immigrés belges et leur... huttes... (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Quelle ironie d'y avoir installé le Musée de l'histoire de l'immigration depuis 2007, avec dans les premières pièces une carte postale du début du vingtième siècle, dans une mise en scène digne d'un timbre colonial de l'indigène exploitant l'hévéa grâce au Français civilisateur : une équipe de bûcherons belges œuvrant dans la forêt de Marchenoir, en Loir-et-Cher où la carte fut postée avec une Semeuse en 1907.

Le détail qui montre que le point de vue français est autant un problème que les migrants : « et leur hutte »... Habitat temporaire pour une taille d'accord, mais rudesse du confort : une cause du refus des bons Français de réaliser ce travail.
Cartes postales (!) françaises sur l'expulsion de « romanichels » par les gendarmes, vers 1900 (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Une exposition temporaires sur les frontières sur deux siècles, « sur les limites et leurs limites », se tient juqu'au dimanche trois juillet prochain.

Pour le sens des frontières françaises au début du vingtième siècle, un lot de cinq cartes postales est présenté : des photographies prises, clairement mises en scène, imprimées, vendues, utilisées sur un sujet qui provoquerait un scandale médiatique aujourd'hui, quoique vu le débat britannique sur les frontières (exemple par UKIP)...

... des photographies d'opérations de gendarmerie expulsant des « Romanichels » du territoire, voire sur une autre carte « Nos campagnes. Voyageurs indésirables »... Pfiou.

Illustrées ci-dessous, deux affranchies sur l'image.

À gauche, une carte française mais avec une légende sommairement traduite en allemand. Sur la route entre Arracourt (Meurthe-et-Moselle) et Vic-sur-Seille (Moselle), au poste-frontière, une ligne bien rangée de gendarmes soldats allemands - et d'habitants endimanchés - posent barrant le chemin à des « romanichels serbes » qui posent avec leurs ours, après leur expulsion par les gendarmes français. Le montreur d'ours pyrénéen contre la loi de séparation des Églises et de l'État a été plus populaire...

La carte est utilisée côté allemand à « Vic (Seille) » le vingt-cinq mars 1916. L'oblitération sur timbre allemand m'étonne car elle conserve le nom français de la commune, allemande depuis l'annexion de l'Alsace-Lorraine, régions qui appraît beaucoup dans le premier tiers de l'exposition Frontières.

La carte de droite est encore plus révoltante. Les gendarmes posent avec les riverains lors d'une expulsion de « Bohêmiens », enfants bien placés dont le bébé voit sa joue pincer affectueusement par l'officier...
Barthélémy Toguo ( exposition temporaire FrontièreMusée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Coincés entre les postes-frontières est le message que je retiens de nombreux documents et œuvres d'art de cette exposition. L'artiste camerounais Barthélémy Toguo résume cette situation humaine en 2010 : des sculptures en bois représentent des êtres humains tandis que le dessous est gravé comme des tampons douaniers, dont un porte un prénom.

Envie de jouer le douanier comme sur ces cartes postales : testez ce jeu vidéo.
Philatélie fiscale : un visa temporaire de réfugié célèbre (France) en haut et un passeport soviétique de1935 en bas ( collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
À entrer ainsi dans les vies individuelles, l'exposition temporaire, comme l'exposition permanente, oblige le visiteur à se souvenir que les migrants sont des êtres humains au-delà des timbres fiscaux, visas et passeports présentés.

Si la collection de photographies de « voitures-cathédrales » des travailleurs immigrés retournant en vacances au Maghreb avec des achats pour toute la famille étendue provoquera à coup sûr des blagues racistes - et peut-être un gentil rappel à la sécurité routière, le retour sur terre a lieu peu après avec la carte temporaire de séjour de janvier 1962 avec timbre fiscal de cinq francs - photographie retirée - au nom du réfugié soviétique :
Conférence de presse aux Champs-Élysées six jours après sa demande d'asile à la France (SIPA / initialement Paris-Jour).

« Saleté de réfugiés, refoulons-les », « S'ils restaient pour combattre, ils sauveraient leur pays », etc., etc. Entre un président fils d'exilé hongrois et un premier ministre né espagnol d'un couple espagnol et italien...
Document de voyage visé à l'ambassade britannique de Paris en 1949.
Bref, ce musée est une œuvre de salut public pour éclairer bien des débats avec le recul de l'histoire, tout en œillades à destination des philatélistes postaux autant que fiscaux. Quelques dernières pièces que vous pouvez découvrir dans leur contexte individuel au musée de la porte Dorée.

Visa portant trois timbres fiscaux consulaires britanniques à l'effigie du Roi George VI pour seize shillings, déjà une belle dépense en septembre 1949, oblitérés à l'ambassade du Royaume-Uni à Paris.
Timbre fiscal belge sur un coin d'une affiche de cinéma de l'exposition temporaire Frontières (Musée de l'histoire de l'immigration, Paris, 2016).
Une partie de l'exposition temporaire est également consacrée au travail des douaniers, notamment leur matériel au fil des décennies - ce qui me rappelle l'exposition sur les douanes britanniques (Seized - Saisi) au Musée maritime du Merseyside de Liverpool : un grand musée qui rassemble de nombreux aspects du voyage maritime depuis le Titanic à la traite atlantique, en passant par la marine marchande, les peintures marines et l'exploitation humaine de nos jours.

Aspect culturel de ce métier avec l'affiche du film franco-italien La loi c'est la loi de Christian-Jacque avec les comédiens Fernandel et Totò, de 1958 - en pleine genèse du Marché commun européen.

Dans le coin inférieur droit, le philatéliste remarque un timbre fiscal belge oblitéré le vingt-cinq mai 1961... Une taxe sur l'affichage public ?
Facture italienne pour un accordéon commandé en France (Collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Dans la collection générale, une galerie rappelle tout ce que les immigrés ont apporté à la culture française depuis Offenbach... Un immigré célèbre encore.

Une facture y est présentée pour la commande d'un accordéon (ou un harmonica, mes souvenirs musicaux sont vagues comparés à la philatélie) avec dans le coin un timbre fiscal italien d'une lire oblitéré le huit mars 1932, et donc conservé par la famille pour finir au musée. La fenêtre d'exposition évoquant la vie des immigrés arrivant en France avec quelques talents musicaux.

Un samedi matin enrichissant culturellement, politiquement et... philatéliquement.


Notes de l'après-midi :
Il suffit d'un tour en ville après avoir écrit pour enrichir un article déjà rassasiant.

Ainsi, actuellement dans les salles, l'histoire d'un jeune médecin zaïrois, seul volontaire pour s'installer avec sa famille à Marly-Gomont, dans l'Aisne, dans les années soixante-dix. D'après la jeunesse de l'humoriste Kamini qu'il avait évoquée dans un rap.

Bande-annonce de Bienvenue à Marly-Gomont (youTube).

Années soixante-dix oblige, le bureau des PTT et le courrier jouent de petits rôles secondaires dans l'intrigue.

À la librairie, dans ce thème, on peut toujours encourager à lire les essais de Gaston Kelman, né Camerounais, mais qui n'aime pas le manioc, comme le rappelle le titre d'un ouvrage de 2003 où il démonte les idées reçues sur les personnes noires. Pour les plus jeunes, Niourk, le roman de Stefan Wul ou sa récente adaptation en bande dessinée par Olivier Vatine.

Bande-annonce de l'exposition Déluge (Ville de Montpellier via youTube).
Une fois n'est absolument pas coutume, j'ai parlé d'art contemporain avec Barthélémy Toguo. Une exposition de l'artiste a lieu à Montpellier depuis hier ! D'hier mercredi vingt-deux juin au six novembre prochain, Toguo a créé une exposition inédite sur le thème du Déluge, au Carré Sainte-Anne, au cœur du centre historique (et gratuite).

Mon vendredi après-midi est prêt.