samedi 15 novembre 2014

Lundy n'intéresse pas que les ornithologues et les philatélistes

Au gré des lectures de magazines philatéliques, il est des sujets où l'auteur de ces lignes se dit que, décidément, ne s'y intéressent que les personnes en manque d'images dentelées gommées : le système bipostal andorran quant le reste du monde ne va dans ce pays que pour les produits détaxés, la multitude des souverains locaux disposant leurs effigies sur des timbres censément d'un pays membre de l'Empire britannique ou de la Fédération de Malaisie ou d'une communauté d'émirats...

Sans oublier pourquoi, en Antarctique, des manchots adéliens acceptent d'emprunter une passerelle et pourquoi on en fait un timbre.

Dans ces sujets figurent les postes privés des îles et îlots britanniques, tellement peu peuplés et difficiles d'accès, que l'administration des postes de Sa Majesté a très tôt trouvé trop coûteuses à desservir. Comme Lundy à dix-neuf kilomètres du Devon, au sud-ouest de l'Angleterre, à deux heures de ferry des ports proches.

Pour une histoire postale et des images des timbres à valeur faciale émise en puffin ou macareux au sud de la Manche, voir cette page non datée du Stamp Collecting Blog.

Et bien, j'avais tort, en découvrant pendant un séjour anglais, dans The Times, pardon un de ses multiples magazines additionnels du week-end The Sunday Times Magazine du dix août 2014, une rencontre entre la journaliste Victoria Coleman-Smith et le manager de l'île Derek Green. Version (payante) en ligne par ici.

lundi 20 octobre 2014

Comment fait La Poste pour faire oublier la prochaine augmentation ?

Depuis le premier octobre dernier, La Poste essaie de communiquer à l'opposé des réactions de l'annonce d'une forte augmentation des tarifs postaux du service universel de la lettre au premier janvier 2015, et ce, rapidement dans la presse et... au cinéma.

La couverture du Figaro du 3 octobre 2014 (copie d'écran du site).
 Alors que les lecteurs des journaux en ligne gaussaient l'entreprise postale qui augmente les tarifs de produits de moins en moins utilisés, il fallait bien réagir et réattirer la clientèle vers les activités contemporaines du groupe.

Rien de bien neuf : en septembre 2013, un petit chaperon bleu postal faisait découvrir les offres data de La Poste.

Effet garanti en tout cas : la une du bleu conservateur Figaro qui devient jaune canari. Un slogan-rappel fort : « aujourd'hui dans Le Figaro. Tous les jours dans votre quotidien ».

La couverture de Libération des 4 et 5 octobre 2014 (copie d'écran du site).
Le lendemain, numéro de week-end du plus libéral Libération avec oblitération fictive de la plate-forme industrielle courrier de Paris Nord à Gonesse (95504 cedex).

Celui-là fut acheté par votre serviteur, surtout pour le dossier sur « La nuit menacée » à Paris où les habitants souhaitent plus de calme de la part des noctambules.

Quels messages individuels pour La Poste ?

En page deux, un bloc de vignettes dentelées - certains symboles ont la vie dure - résume en images : tout pour comprendre que votre colis et les services postaux vous parviendront vaille que vaille, quitte à utiliser un téléphone mobile.

Puis, quelques cases dans le journal explicite : livreur de colis page 7, La Poste « donne des bras, des jambes et un sourire à Internet » page 9. Pages 13 et 15, l'application mobile de La Poste permet « d'avoir un bureau de poste dans [son] bus », permettant pages 21 et 23 de suivre vos colis. En grasse matinée et la flème, pas de souci, le site de La Poste - pages 39 et 41 - vous permet d'acheter des timbres et d'envoyer du courrier depuis son domicile.

Pour finir page 49, une pique sur les tarifs : « Morlaix-Tokyo : 0,98 €* / Qui dit mieux ? ». L'astérisque précisant qu'il ne s'agit pas du prix du voyage du lecteur pour Tokyo.

Retour au cahier de une : « Connaissez-vous les nouveaux services de La Poste ? »

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Le rédacteur en chef du journal Laurent Joffrin précise sur la véritable une que l'invasion jaune est une opération de communication entre deux alliés objectifs : « elle distribue les journaux - à un tarif préférentiel - et subit, comme eux, le défi de la mutation que lui lancent les réseaux en ligne ».

Un métier en difficulté communiquant à travers un autre métier en difficulté...

Heureusement que La Poste connaît le cinéma : destruction de 4L postale dans Les Visiteurs en 1993 côté film, Le Jeune côté publicité en 2002.

Surprise ce mercredi soir au cinéma, La Poste présente encore des jeunes, désormais à l'époque de la famille nouvelle - recomposée ou au désir tardif de deuxième enfant : le très grand frère gérant la toute petite sœur, et faute de talents de blanchisseur, devant faire appel à toute la panoplie nouvelle de La Poste pour se faire livrer dare-dare le jumeau du doudou avant le retour des parents.

Belle tentative en trente secondes de rappeler à la génération web et portable que le courrier a besoin d'opérateurs postaux pour circuler. Quitte à l'inciter à la correspondance en transformant l'écriture-clavier en carte postale imprimée par La Poste elle-même.

À en croire Le Figaro Économie du 2 octobre, c'est un bombardement publicitaire que subissent mes compatriotes regardant encore la télévision à horaires imposés, avec concours TF1 de Montimbramoi... Heureux je suis d'appartenir à la génération pour qui l'écran affiche ce que je veux quand je le souhaite.

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Cela aura-t-il un effet sur le chiffre d'affaires et les profits de La Poste ? Aucune idée, même si je pense que c'est par la fidélité des entreprises à ses services qu'elle tiendra bon.

Mais, il faudrait rattraper les clients particuliers en effet, qui, technologie aidant, ne sont obligés de passer par l'entreprise publique que pour les recommandés par obligation légale, et peut-être la réception de colis où les concurrents se multiplient.

Les collectionneurs de vignettes, eux, ont l'air d'avoir déserté le champ de bataille. Déjà, le passage du nombre de timbres vendus au nombre de timbres imprimés devait cacher un souci et faire croire à des pénuries...

L'émission de luxe de timbres en taille-douce pour lettre recommandée, « Les Trésors de la philatélie », sponsorisée par la φFAP, voit φ@l@laposte détruire la moitié du tirage pour tenter d'attirer les collectionneurs paniqués de l'avoir ratée et, remarque le blogueur Pierre Jullien, les spéculateurs de tout poil y venir pour les années suivantes.

Incinération pour tenter d'animer du feu sacré les visiteurs du Salon d'automne de novembre qui apprécieront les réchauffés :
1) carnet des nombreux timbres de juin : chers clients, pourriez-vous vous contenter de carnets commémoratifs autocollants plutôt que de coûteuses feuilles dentelées gommées ? Ça aiderait notre marge bénéficiaire.
2) la surcharge des invendus d'une autre feuille coûteuse. Quel meilleur moyen de marquer les soixante-dix ans de la première effigie philatélique Marianne émise par le phénix républicain à Alger qu'en employant une autre effigie maculée d'encre...

LOL

comme dirait ironiquement les jeunes.

jeudi 2 octobre 2014

L'international projet gravure d'Adrian Keppel

Pour les amateurs francophones de taille-douce et de gravure, le Néerlandais-Écossais par adoption Adrian Keppel accumule, depuis avril 2013, nombre de données sur les graveurs de timbres-poste du monde entier.

La page d'entrée du blog Stamp Engravers d'Adrian Keppel, le 2 octobre 2014.
Keppel tient une chronique dans le mensuel britannique Stamp Magazine, y présentant une série d'usage courant par numéro, de sa genèse à sa carrière en une page. Jusqu'en décembre 2013, il a également tenu le blog du magazine ; ce dernier disposant également d'un forum et de tous les outils des réseaux sociaux.

Stamp Engravers est un blog-base de données qu'il faut consulter par la liste des pays/régions du monde ou celle des auteurs par ordre alphabétique : glissez la page jusqu'à retrouver les index dans la colonne de droite.
L'index pour retrouver les artistes dans la base-blog selon la première lettre du patronyme (au 2 octobre 2014).
L'ordre chronologique des posts signale l'ordre d'entrée du graveur dans la base ; chaque post pouvant être mis à jour par réécriture.

Évidemment, selon ce que la mémoire vivante, orale ou écrite retient, les fiches sont plus ou moins fournies. Les derniers entrées n'ont pas (encore : lecteurs, écrivez à Adrian si...) encore de prénom complet, mais ont dû être retrouvé grâce à leur signature sur timbre ou grâce à un catalogue qui veut bien fournir cette information (on oublie Yvert...).

L'outil se révèle fort utile. Hier mercredi premier octobre, Larry Rosenblums, un des deux rédacteurs du blog Machin Mania a pu ainsi retrouver le graveur des premiers timbres à l'effigie d'Elizabeth II, émis en 1969.

Si tout le monde connaît le père de l'effigie, Arnold Machin, et Czesław Słania, le graveur des Machins  de 1999, comment retrouver celui des timbres de 1969... sans ouvrir un catalogue puisque l'ordinateur est allumé.

Hop, une recherche Google avec site:stampengravers.blogspot.co.uk et nous retrouvons Robert George Godbehear, graveur de timbres néo-zélandais, et par la grâce de la passion machinique, la difficile genèse dessinée puis imprimée de ces timbres.

Un outil pratique que vous pouvez aider à compléter en anglais en participant au forum de Stamp Magazine, dans le fil de discussion consacré aux graveurs.

'Libération' par l'AFP, le plus pédagogue sur la forte augmentation des tarifs postaux

En reprenant hier, mercredi premier octobre 2014, la dépêche de l'Agence France Presse sur la très forte augmentation des tarifs postaux intérieurs de La Poste française le premier janvier prochain, Libération me semble expliquer le mieux les problèmes qui causent et seront causés par ce +7%.
Coûts de l'expédition d'une lettre et évolution du tarif d'expédition d'une lettre prioritaire jusqu'à vingt grammes (AFP via Liberation.fr). Remarquez qu'aucun article de presse ne s'interroge sur comment faire baisser le coût de la distribution, il ne faudrait pas braquer le lectorat.
Les autres médias focalisant sur le coût pour les particuliers et le risque d'aggraver la chute du recours à l'opérateur postal pour envoyer lettres et colis.

Allant même jusqu'à l'outil le plus stupide de la création médiatique : le sondage à question unique comme sur le site du quotidien languedocien Midi Libre. Et, hier soir alors que j'oubliai de sauvegarder l'adresse de la page introuvable ce matin, une majorité des internautes affirmaient qu'ils allaient envoyer moins de courrier...

Ce qu'ils font déjà, incités que nous sommes par les entreprises insistant de plus en plus à souscrire des abonnements ou des services par leurs sites web avec paiement par prélèvements ou carte bancaire.

Reste la facilité de l'AFP à parler du « prix du timbre », ce qui pour les collectionneurs de phi-vignettes postales a un goût amer de lait tiré d'une vache à lait.


Dernière joie, recommencée après l'augmentation de 2011, la Marianne des Français de Thierry Lamouche n'est pas morte et résiste face à ses deux successeurs, celle du deuil sous l'omni-Président, puis celle du quiproquo sous l'actuel. Et une belle image philatélique : une bonne boîte bien remplie de rouleaux de timbres à validité permanente rouges.

Dernière tristesse : malgré un beau graphique de l'infographiste idé, aucune référence à ce qui pourrait être décidé pour maintenir le coût d'expédition. La moitié est due à la distribution six jours par semaine par des facteurs aux tournées allongées desservant chaque boîte aux lettres de la nation...

N'est-il pas tant de se demander si recevoir du courrier le samedi est essentiel - exception des colis dont il faudrait pouvoir choisir la demi-journée - voire si une tournée un jour sur deux n'y suffiraient pas. Si, dans ces nouvelles zones bétonnées des couronnes périurbaines, un regroupement des boîtes par lotissement n'aiderait pas sur les postes carburant et temps de distribution nécessaires.

Que de sondages simplistes dans les quotidiens pour frigorifier des politiciens ambigus.

samedi 13 septembre 2014

La Poste à la ramasse selon 'Capital' de septembre 2014 ou pas...

Deux petites allusions dans le numéro 276 de Capital daté septembre 2014 annoncent des moments difficiles pour La Poste française. Bien fait pour elle vue la réexpédition chaotique que subit mon courrier de mon ancien domicile. Sauf qu'en creusant les allusions, ce n'est peut-être pas toujours méritée...

Tout d'abord un beau dossier pédagogique d'un trio rédactif sur le rôle des autorités indépendantes et de l'activisme de leurs présidents respectifs ; ces organismes étatiques s'assurant du respect des règles du jeu dans certains secteurs-clés ou stratégiques (télécoms, audovisuel, ferroviaire, énergie, bourse, jeux en ligne) ou de la concurrence globale.

C'est cette dernière, l'Autorité de la concurrence présidée par Bruno Lasserre, qui a une enquête postale sur le feu : elle a « un soupçon d'entente dans les colis postaux »... C'est tout et c'est bien mystérieux. La photographie d'illustration est claire : un facteur en bleu et jaune remettant un colis au scotché portant oiseau postal et la légende « Colis postaux : soupçons d'entente entre Poste et privés ».

En effet, Google Actualités révèle plusieurs articles mi-juillet 2014 sur ce lancement d'enquête. Un vieux sujet puisque le 12 mai 2011, l'Autorité interdisait l'accord de coopération entre La Poste et Mondial Relay, quelques mois à peine après l'ouverture de ce secteur à la concurrence.

Au gré de mes découvertes dilettantes, il est vrai que le secteur du colis de bureau postal à particulier, de point-dépose en point-retrait connaît de multiples acteurs... même si certains appartiennent au groupe La Poste sans trop en faire la référence dans leur publicité, tels La Navette Pick Up et ses transporteurs Geopost.

Sauf que si Capital insiste sur La Poste, l'article de Challenges du 16 juillet (à partir d'une dépêche Reuters) met la loupe sur trois filiales françaises de deux groupes européens et un états-unien : TNT Express et sa filiale TNT Express France, FedEx pour FedEx Express France (original pour l'ancienne Tatex) et Royal Mail pour GLS.

Rien sur une entreprise liée à La Poste...

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Plus tangible est la poste aux armées que les philatélistes militaires savent en réforme en ce début de vingt-et-unième siècle, tel le blog La Poste aux armées qui annonce régulièrement la dissolution des bureaux postaux interarmées.

Avec Capital, nous retrouvons qui fait passer ce courrier « avec l'engagement de livraison, un argument qui a fait mouche » : l'entreprise de restauration collective Sodexho livre depuis 2011 le courrier des militaires français en opération.

Une activité de moins en moins étonnante pour ce groupe, la cantine ne pourvoyant que de faibles marges bénéficiaires que le groupe s'emploie à maintenir par une stricte lutte contre les repas jetés et maintenant le plus possible son personnel peu qualifié, mais bien formé.

Il s'emploie donc, en France et dans le monde, à développer des activités de services aux entreprises demandant personnel peu qualifié et tâches répétitives : de la gestion du stress des cadres chinois à la désinfection aux lampes au xénon dans les hôpitaux états-uniens, voire la gestion de salles de sport à côté des cantines de plate-formes pétrolières canadiennes.

Pour les militaires française, ce que ne dit pas Capital dans sa petite phrase, c'est que Sodexho et La Poste travaillent en consortium sur ce contrat depuis novembre 2012 jusqu'à 2016, en se répartissant le travail selon la présence de personnels de Sodexho.

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Finalement, tout n'est pas si sombre pour La Poste. Quant à mon courrier censé être réexpédié... peut-être devrais-je demander à ma concierge de se faire embaucher par Sodexho ?

dimanche 7 septembre 2014

Jean-Pierre Callu : discret révolutionnaire numismate

Dans son édition daté dimanche 7 - lundi 8 (version web), Le Monde publie la nécrologie de l'académicien, latiniste, historien et numismate Jean-Pierre Callu, mort le 29 août 2014.
Jean-Pierre Callu en tenue d'académicien (site de l'Académie des inscriptions et belles-lettres).
Normalien, agrégé de lettres classiques au début des années 1950, papillonne à l'École pratique des hautes études (EPHE), à l'École française de Rome, il se fixe sur les monnaies pour ses études de l'Empire romain tardif (IIIe-Ve siècle).

Comme la numismatique est considérée comme une basse science auxiliaire de l'histoire, il passe sa carrière d'universitaire comme enseignant de latin et de littérature latine aux universités de Strasbourg, de la Sorbonne, de Rennes et de Nanterre.

C'est en 1981 que l'EPHE crée un statut à la mesure de son œuvre d'historien : il devient directeur d'« histoire et littérature du Bas Empire ».

En effet, au-delà de la traduction et de la leçon des textes latins, jusqu'aux plus négligés, dès les années 1960, il étudie tout vestige monétaire permettant de comprendre l'évolution de l'Empire dans ses derniers siècles : archéologue dans les provinces extérieures, rat de bibliothèque dans les cabinets de médaille et collectionneurs dans les catalogues des collections célèbres et des ventes.

Cette étude systématique lui a permis de renouveler la connaissance de la circulation monétaire, et par là, de l'histoire économique de l'Empire tardif.

Depuis 1995, il siégeait à l'Académie des inscriptions et belles-lettres.


Je me permets de citer la fin de la nécrologie rédigée par Philippe-Jean Catinchi car elle montre en quoi le travail de Callu tranche avec notre époqu de crétins historiens-stars, de numismates achetant des pièces décorées du Vatican, et autres couples de littérateurs mal assortis :


« (...) cet homme discret, presque timide, 
a mené un parcours semblable à son sujet d'études : 
invisible au premier regard mais décisif 
pour qui veut comprendre les enjeux réels de la recherche. »

Aller plus loin, ses deux premiers grands textes fondateurs :
- Genio Populi Romani (295-316) : contribution à une histoire numismatique de la Tétrarchie, 1960 ;
- La Politique monétaire des empereurs romains de 238 à 311, 1969 ;

puis de l'étude de littératures latines :
- Lettres, puis Discours du sénateur Symmaque (340-405), 1972-2009 ;
- avec Anne Gaden et Olivier Desbordes, tome 1 de l'édition de l'Histoire auguste, 1992 ;
- avec Pierre Riché, Correspondance de Gerbert d'Aurillac (alias pape Sylvestre II), 1993.

samedi 30 août 2014

D'un catalogue des timbres-sms ?

Depuis le mercredi 20 août 2014 environ, la presse française couvre le lancement du timbre-sms par La Poste helvétique (exemple au Figaro des philatélistes). À partir d'un article dans le magazine de fin de semaine du Monde daté samedi 30,sur son blog Philatélie au quotidienle journaliste philatélique Pierre Jullien accuse l'opérateur postal d'enterrer le timbre-papier.

Avec un peu de recul, le postier suisse n'invente rien, mais il semble que les journalistes et les collectionneurs français ne lisent pas l'anglais, ni l'allemand et qu'il a fallu attendre six ans qu'un pays francophone soit concerné pour s'insurger...

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1. La Deutsche Post avec Handyporto : 15 août 2008 (source : la foire aux questions du site officiel).

Ici même, le 24 novembre 2008, nous signalions une publicité pour ce service d'« affranchissement à portée de main » ciblant les jeunes qui ont plus facilement un téléphone portable à proximité qu'un bureau de poste ouvert.

Actuellement, le service reste disponible par sms au 22122 (messages : BRIEF ou KARTE). Le sms-réponse donne un code de douze chiffres en trois lignes de quatre.

Le service reste cher : 95 cents pour la lettre puis 98 à partir du premier janvier 2013, 85 pour la carte postale, contre respectivement 65 et 45. L'entreprise le justifie par le coût des opérateurs téléphoniques, le coût de l'innovation (matériel de tri et temps de traitement) et le fait de s'affranchir d'un timbre physique (tiens, mourra-t-il avec cette condition ?).

Notons en 2014 que le site de la Deutsche Post incite davantage à installer une application pour téléphone mobile qui permet d'obtenir le code plus rapidement et qui localise la boîte aux lettres le plus proche du téléphone.


2. En 2011, le web anglophone signale l'apparition de ce service au Danemark et en Suède, Post Danmark et Posten AB appartenant au même groupe PostNord depuis 2009.

Mes compétences en danois et suédois ne m'ont permis que de retrouver la page mobile de Post Danmark : application ou sms sont également disponibles.

Code de neuf chiffres valable pour de nombreux types d'envoi, mais il faut avoir envoyer les informations nécessaires : prioritaire A ou économique B, masse du pli en grammes, nom du pays pour l'étranger. Valable sept jours, le timbre-sms offre les mêmes tarifs que les autres systèmes d'affranchissement.

Une carte postale pour la France depuis Copenhague et vous ne savez pas trouver un bureau de poste : "A 20g France" au 1900.


3. Póstur en Islande vers décembre 2011 avec information en français (en anglais).

Dans un pays où les éléments peuvent rendre l'accès aux services postaux complexe (hiver rigoureux, éruption volcanique, ou tout simplement distances, etc.), il paraît naturel que sa poste songe à toute une panoplie de services en ligne : plutôt enterrer le timbre-papier que le postier ou le client, en quelque sorte.

Le système est identique au Danemark : message simplifié au 1900 pour recevoir un code de cinq chiffres qui peut être valable de une à cinquante lettres.

F 1 = le code reçu est valable une seule fois pour une lettre intérieure prioritaire.
F B 1 = de même pour une lettre économique.
F 50 = le code reçu est valable cinquante fois.

Aucun souci de triche dans le temps puisque le code est valable sept jours. Un code sur une lettre surnuméraire doit être refusé au tri et taxer.

Cela commence à faire davantage penser à des timbres préoblitérés ou vignettes de comptoir postal pour ceux qui ne voient que des timbres là où il y a des dents et une illustration.


4. La Poste en Suisse : premier septembre 2014, après un test d'un an.

Système à l'allemande, envoyez timbre au 414 pour un code de douze signes valables dix jours pour un courrier standard.

Surcoût : vingt centimes de franc suisse.

M, le magazine du Monde signale - ou recopie une agence de presse - cent mille courriers ainsi affranchis depuis septembre 2013... Avant de parler de mort du timbre-papier, retrouver le nombre de courriers de particuliers circulant chaque année en Suisse ?

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Avant la Suisse lundi prochain, trois (ou quatre) pays européens déjà concernés en six ans et qui ne semble pas avoir abandonné l'émission de timbres-poste aux clients non collectionneurs...

ou pas plus que La Poste française : le timbre-poste-papier n'est pas en général le moyen le plus pratique pour les opérateurs postaux de signaler les courriers correctement affranchis... sauf pour les clients individuels qui veulent acheter ces affranchissement à l'avance pour poster des courriers quand ils veulent.

Pour tenir à jour cette liste et les modes d'emploi, je remercie ceux qui m'indiqueront des corrections par l'usage qu'ils ont de ces services, et d'autres expériences ou timbres-code-par-sms existant de par le monde et que des médias trop franco-centrés oublient de remarquer.

jeudi 28 août 2014

Mayotte vue des Comores, loin de la quiétude philatélique

Tournant été/rentrée en France métropolitaine, moment des îles : nostalgie pour une majorité des actifs rêvant déjà de leurs prochains congés en se tournant vers la collection de leurs timbres, préparation de voyage en dehors des grandes affluences estivales pour une partie des retraités. Timbres magazine de septembre en joue avec communication néo-calédonienne et thématique polynésienne.

Tournons-nous donc vers Mayotte, la colonie rebelle qui a préféré la République coloniale alors que les trois autres îles de l'archipel des Comores prenaient leur indépendance. Difficile de parler des nouveautés du cent-unième département : y sont utilisés les timbres de métropole (et ceux de l'ancienne collectivité au départ).

Ni même de ceux des Comores. Un article du journal de Moroni El Watwan du 13 octobre 2008 signale la séparation de la Société nationale des postes en deux entités, le premier avril 2005 : une SNPT - Comores Telecom entièrement voué aux télécommunications, et une SNPT - services financiers dont quasiment seules les activités bancaires s'affichent sur le web (notamment l'ouverture de deux agences à Paris et Marseille à destination de la diaspora.


Mais, il est un sujet que les politiciens comoriens n'oublient jamais de rappeler : Mayotte dont la philatélie de 1997 à janvier 2012 est calme, à thématiques locales... Tout le contraire des rappels incessants à la France que les Comores, l'Union africaine et l'Organisation des nations unies ne reconnaissent pas la lecture du (ou des) référendums d'indépendance comorienne de décembre 1974. Le fondateur de Rue 89, Pierre Haski, en accuse le président français Giscard d'Estaing de cette inconséquence sous la pression de la Marine française : coût financier pour la métropole et social pour les Mahorais, humain pour les migrants comoriens attirés par l'État-providence français pendant que leur pays voguaient au gré des régimes et des coups d'État jusqu'au choc de la tentative d'indépendance-retour à la France d'une partie des habitants d'Anjouan en 1997.


Pour une fois, sous le soleil le vingt-trois août dernier, le président actuel François Hollande se rendit au quatrième sommet de la Commission de l'océan Indien, association internationale réunissant les cinq États insulaires africains : Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles, et la France au nom de la Réunion.

En métropole, le voyage austral fut lu comme un moyen de vivre deux jours de popularité chez nos compatriotes d'outre-mer. À Mayotte, comme un moyen d'être sûr que la République n'abandonnera pas la départementalisation providentielle. Aux Comores, les politiciens ont aiguisé leurs arguments... le président de l'Unon des Comores Ikililou Dhoinine en tête en tant qu'hôte du sommet, reproduit sur le site du journal El Watwan reprenant Le Journal de Mayotte.

L'impérialisme occidental inquiète toujours ce continent où la partition du Soudan peut être interprété comme une demande états-unienne contre le président Omar El Béchir que comme un souhait des États africains. Donc que le président français fasse escale à Mayotte avant d'arriver à Moroni est mal vécu... même si le journaliste ne paraît pas savoir que penser de la venue dans la délégation française de deux élus mahorais.

Le point de contention reste l'émigration comorienne vers Mayotte, à travers la rupture créée par la frontière de 1975, mal vécue des deux côtés : perte de forces vives et cimetière marin d'un côté, surpopulation et surcharges des services publics de l'autre.

Des faits pas timbrifiées, voire non timbrifiables si l'Union des Comores tient tout de même à ses (finalement) bonnes relations avec la France : amusé, Rémi Rozié conclut son article en rappelant la dernière annulation de dettes comoriennes par la République voisine.

Relations en tension depuis les Comores veulent profiter des richesses de l'ensemble de la Zone économique exclusive que le droit internationale lui accorde depuis 1975.

La géographie des îles, loin des images stéréotypées...


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La poste comorienne a enregistré des émissions de timbres-poste de 2002 à 2007 sur le Système de numérotation de l'Association mondiale pour le développement de la philatélie (WNS en anglais).