dimanche 28 juin 2015

(R)Évolution pour le catalogue France de Stanley Gibbons

Les timbres français sont à la mode au Royaume-Uni. Tandis que, début mai, la maison d'enchères Spink a annoncé l'achat du catalogue Maury, Stanley Gibbons publie une nouvelle édition de son catalogue France mi-mai dernier (même si le site de vente ne le répertorie pas encore).

David Rennie le critique dans le numéro daté juillet 2015 du mensuel Gibbons Stamp Monthly afin d'expliquer les nouvelletés - qui sont fort profitables à l'éditeur.

Souvenez-vous, le catalogue numéro six de l'éditeur britannique comprenait la France, les pays et collectivités dont l'opérateur postal est La Poste, les collectivités bénéficiant de l'autonomie postale, puis l'ensemble des timbres émis dans les colonies françaises jusqu'à l'indépendance des États concernés.

Le tout pour un peu moins de quarante-cinq livres sterling, avec précision des dates d'émission et des artistes. Une bonne affaire pour celui qui ne court pas l'ultra-spécialisation de la moindre variété ou variation de casage.

Ce temps est hélas révolu.

L'édition 2015 est réduite à la France, les deux Andorre et Monaco. Le nombre de pages diminue en même temps que le format : B5 contre A4. Avec pourtant autant de pages qu'auparavant, le catalogue peut devenir transportable et plus lisible par une mise en page aérée : inciter les philatélistes britanniques à se rendre à Monacophil ? Un stock de timbres de France dans les coffres de Gibbons ?

Le prix est hélas loin d'être proportionnel au nombre de pays philatélique : trente-quatre livres quatre-vingt-quinze pence pour trois (et demi avec Andorre)... Autant apprendre le français philatélique et acheter le Spink 2016.

...

Oui, Spink France, l'ancien zombi Maury ou les maintenant en putréfaction avancée Cérès et Dallay.


Post scriptum de bibliographie philatélique : 
en parlant de Maury-Dallay & autres Lutèce Diffusion, mais où est passé Armand Rousso, qui a marqué la φl@télie φr@nçaise des années 2000 ? Google me trouble par la diversité des secteurs d'activité trouvés : du timbre suédois unique au poker, du jeu d'échecs aux coupons de réduction !??

vendredi 26 juin 2015

Premières rencontres de l'Aéropostale au lycée Mermoz de Buenos Aires

Au hasard de la presse de ce vendredi vingt-six juin 2015, le quotidien languedocien Midi libre signale la récompense reçue au Rectorat de l'Académie de Montpellier par quatre lycéens pour leur « engagement civique » lors des « Jeux de l'Aéropostale »...

Certes, nous avons découvert, ce mois-ci, les premiers Jeux européens qui ont permis aux comités olympiques européens de rattraper leurs homologues des autres continents... et satisfaire les dirigeants d'une démocratie pétrolière imparfaite.

Mais les Jeux de l'Aéropostale à Buenos Aires ? Sans autre mention médiatique ?

Emplacement d'une illustration
dès que je remets la main sur mon exemplaire d'une carte spéciale
que la poste argentine - je crois - proposer de s'envoyer
lors d'un Salon biennal de Paris...


Google nous amène vers une page sur laquelle le ministère français des Affaires étrangères signale la célébration, le dix avril dernier, des vingt-cinq ans de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger, le réseau regroupant une partie des écoles proposant les cursus français dans le monde.

Dans la liste des événements pour cet anniversaire, les Jeux de l'Aéropostale à Buenos Aires, sans plus de précision. Donc un événement français, peut-être bilatéral avec des établissements argentins ?


Descendons encore les résultats de la recherche Google : une page Facebook et la page dédiée du site du lycée Jean-Mermoz de Buenos Aires, et le vrai nom de la manifestation : Rencontres de l'Aéropostale, du treize au seize mai 2015, comprenant, entre autres, un tournoi multisports avec des équipes de lycées français d'Amérique latine installés dans des villes-étapes des vols pionniers de la compagnie. et au cours desquels les lycéens audois cités au début ont servi d'officiels-arbitres.

Le nom de l'Aéropostale n'est pas galvaudé : le premier jour, les lycéens ont rencontré dans son atelier de Carlos Regazzoni qui s'inspire de l'épopée, puis visité les lieux de travail et de vie des pilotes à Buenos Aires. Le lendemain, c'est l'école de pilote de la compagnie Aerolínas Argentinas qui les accueillait, avant le dernier jour de se présenter au Musée national d'aéronautisme.


Pour les aérophilatélistes qui veulent suivre les prochaines éditions et disposer d'une intéressante liste des lieux à visiter, ces Rencontres semblent promis à de nouvelles éditions.

dimanche 21 juin 2015

Trains postaux et rationalisation des coûts

La Poste a de véritables stratèges de la communication : vous souvenez-vous qu'à la fin de ce mois de juin 2015, les trains à grande vitesse de La Poste cesseront leur service, après trois décennies d'activité ?

Certes, pour la plupart des collectionneurs, l'événement passera inaperçu : pas de timbre émis, pas de cachet d'oblitération dernier jour, pas de bureau fermé, etc.

Probablement, pas de journalistes la dernière nuit car il a fallu que je tmbe sur une brève d'information européenne dans un mensuel spécialisé - Ville Rail & Transports n°578 de juin 2015, pages 10 et 11 - pour me resouvenir de ce que La Poste a annoncé il y a un an - un an le temps que les inquiétudes des postiers dans les points d'arrêt de ces trains sont noyées dans le flux permanent d'informations.

Dans les arguments qui avaient déjà réduit le nombre de rotations en 2009 : la chute du courrier au jour le jour, et désormais la chute du courrier prioritaire à J+1... Encore l'intérêt de La Poste de pousser à la Lettre verte à J+2 : il coûte moins cher de reconfigurer l'intérieur des remorques de camions pour transporter plus de courrier lent que d'entretenir des motrices grande vitesse vieillissantes.

Le transport ferroviaire de courrier continuera et sera sûrement annoncé avec force vertitude (développement durable oblige) quand La Poste aura trouvé quel opérateur de fret déplacera ses courriers ciblés, triés par l'expéditeur : vous ne manquerez donc pas de publicités délivrés par l'opérateur public national.


En effet, déléguer à qui sait mieux est un moyen de baisser ses coûts, tels les opérateurs postaux privés britanniques qui refourguent le courrier rural à Royal Mail. Celle-ci, et c'est l'objet de la brève sus-cités, a reconduit en avril le contrat de 2010 qui la lie avec DB Schenker Rail UK jusqu'à juin 2018.

Quinze trains de banlieue reconfigurés déplacent des monceaux de courrier à raison de six trains entre Londres et la West Coast Main Line (Liverpool, Manchester, Écosse) et deux sur la East Coast (Édimbourg via Leeds et Newcastle).

Peu importe que le principal transporteur de fret ferroviaire au Royaume-Uni sont sous contrôle d'une firme allemande : il est efficace, donc moins coûteux que de le faire soi-même.


Cela n'empêche pas cependant le British Postal Museum & Archive de poursuivre son projet de réouverture d'un musée près du centre de tri londonien de Mount Pleasant, comprenant la recréation des métros postaux pour permettre la visite d'une partie de cet ancien système souterrain de Londres qui servit de 1927 à 2003.

Ouverture prévue pour 2016.

samedi 20 juin 2015

Difficultés variées en Philatélie africaine

Les quatre pays couverts par ces trouvailles du printemps 2015 ne résument bien entendu pas toute l'Afrique, mais sont inquiétantes pour les postes, les habitants et les collectionneurs concernés.


Bientôt plus de poste en Afrique du Sud

L'Afrique du Sud, considéré comme LA puissance émergente de l'Afrique, ne peut plus se cacher que son opérateur postal public, South African Post Office (Sapo), est financièrement proche de la faillite, que sa gestion est calamiteuse, voire délinquante d'après une commission spéciale.

Certes, Sapo n'est pas la seule concernée depuis 2014 : la compagnie aérienne publique South African Airways parvient à la fin de la préparation d'un plan de relance... Il était temps : d'une part, SAA refusait de transporter tout courrier de Sapo tant que celle-ci n'aurait pas payé ses factures en retard !

D'autre part, un correspondant local de l'auteur du Commonwealth Stamps Opinion témoignait que Sapo a dû reporter quatre émissions de timbres-poste, faute de payer ses fournisseurs !!

Un élément du développement durable n'est pas seulement la croissance du produit intérieur brut ou l'attraction des investissements directs étrangers, c'est aussi se gérer en évitant gaspillage et corruption.


Bientôt plus de monnaie au Zimbabwe

Ancien grenier de l'Afrique devenu un gouffre inflationniste sous le joug raciste et corrompu de Robert Mugabe, qui a prétendu transformer la population urbaine pauvre en productifs paysans sur les terres des Zimbabwéens blancs (dont certains essayèrent de former les pauvres erres envoyés sur leurs terres confisquées), le Zimbabwe poursuit sa sortie du dollar zimbabwéen depuis son abandon officiel, le 12 avril 2009.

Nouvelle étape qui a marqué les esprits des journalistes du monde entier, comme Le Figaro dimanche quatorze juin : le gouvernement a annoncé les règles de conversion de l'ancienne monnaie à quinze zéros vers le dollar des États-Unis.

Et bien, il vaut mieux posséder un petit compte en banque que d'avoir thésaurisé sur son compte ou des masses de billets. Ainsi un compte créditeur jusqu'à 175 x 10^15 dollars locaux sera converti en cinq dollars états-uniens ; au-delà, un dollars US seront crédités par tranche de 35 x 10^15.

Les billets vaudront encore moins : un USD pour 250 x 10^15... Autant les vendre aux touristes ou à nos marchands de timbres et billets « authentiques » dont les pays sous-développés assurent le coût de revient des pochettes de billets neufs.

Sur la reconversion du président nonagénaire, il y a un risque inflationniste de le convertir par son énième épouse, voire un ses enfants... Il y a des révolutions qui se perdent.


Bientôt plus de collectionneurs des timbres de Sierra Leone

Autre type d'inflation que le webmestre de Commonwealth Stamp Opinion a du mérite de suivre pour la connaissance future des philatélistes des pays anglophones d'Afrique : lister toutes les émissions des agences IGPC et Stamperija... En espérant que des témoins prouvent que ces piles de feuillets et de blocs thématiques finissent bien, en partie, dans les bureaux de poste des pays qui ont signé ces contrats diaboliques.

Dernière victime du besoin financier immédiat apporté par Stamperija, le Sierra Leone avec une première émissions faune d'Afrique occidentale pour soixante-quinze livres sterling de production... Phil@poste, petits joueurs que vous êtes lol

Pendant que le concurrent IGPC imprime des très fortes valeurs d'usage courant pour des îles caraïbes : deux timbres de Saint Kitts et Nevis équivalents à trente-cinq livres sterling... À côté, les timbres de poste aérienne français sont raisonnables.

Je n'ai rien contre les collectionneurs de timbres neufs (j'en achète rarement, mais aussi), ni contre les thématistes (souvent très cultivés), mais, pitié, un brin de clairvoyance et, quand la maturité philatélique émerge en vous, cherchez des correspondants sur place pour échanger sur courrier les timbres qui circulent effectivement dans ces pays.


Bientôt une monarchie éclairée au Gambie ?

La politique de profit des agences postales et l'indifférence des administrations postales deviennent graves ou preuves de maturité, selon l'interprétation, en Gambie.

En octobre 2013, le pays a quitté d'un coup le Commonwealth of Nations, organisation accusé d'être une forme de néo-colonialisme... Si ce gouvernement avait connu la Françafrique des années 1960 à 1980, qu'aurait-il hurlé ?

Son président est illuminé de connaissances promises à assurer l'avenir de l'humanité à partir de cures médicales à partir d'herbes médicinales soignant l'infertilité féminines jusqu'au syndrome d'immunodéficience acquise...

La poste gambienne (dont le site est offline) a donc émis (ou IGPC a imprimé pour vente directe aux marchands de timbres) un bloc-feuillet en hommage à la Famille royale de George VI à Charlotte de Cambridge. Signe de maturité et d'amitié entre les peuples ?


Toute ressemblance avec des situations européennes actuelles ne serait que pure coïncidence.

jeudi 18 juin 2015

Juin 2015 : nouvelles défaites françaises face à Waterloo

Pour une question d'egos mal placés, trois États de la zone euro entraînent la France dans le déshonneur une fois de plus, deux cents ans après la défaite militaire de Waterloo et la libération de l'Europe des progrès de la Révolution française imposée par la force des armes, de l'occupation et de l'esprit de pure conquête napoléonienne.

Il n'y a qu'à voir le petit bandeau de la Maison de la Monnaie belge, sous la médaille commémorative présentée par le président du comité de commémoration :

Tirez les premiers, Messieurs les Français et subissaient les moqueries (page d'entrée du site de la Maison de la Monnaie belge, en juin 2015).

« Les 2€ défendus par la France maintenant disponible ! » La Royal Mint britannique titre d'un polysémique « Egos, Enemies and Empire ». Depuis le début de l'année 2015, les forums numismates européens bruissent d'une querelle d'un ménage à trois, dont la Belgique fut la troisième victime (comme en 14 ?).

La France voulut frapper une pièce de deux euros pour les cinq cents ans de la bataille de Marignan : date facile à retenir (1515), supposée ouverture de la France à la Renaissance par la grâce de François Ier, les vieux écoliers français ayant oublié depuis longtemps qu'est-ce que les rois de France d'alors voulait en Italie du Nord. Évidemment, une pièce pour les cinq cents ans de l'avènement du roi qui avait recruté Leonardo ne pouvait nous suffire - même avec La Joconde ?

Les pièces commémoratives de deux euros ayant valeur fiduciaire partout en zone euro, il faut l'accord de ses membres : l'Italie ne voulut point... et la rumeur soupçonne le soutien d'un petit pays.

La Belgique demanda ensuite l'autorisation d'une deux euros pour le bicentenaire de la bataille de Waterloo, près de Bruxelles. Bam ! L'interdit français tomba.

Les Belges et les Néerlandais usèrent alors des pièces à valeur nationale : deux euros et demi en Belgique et cinq aux Pays-Bas. Bravo la France : la Belgique émet sa première pièce de collection d'une valeur fractionnaire. Clap, clap, clap ! Vous ne pouviez pas laisser ça à la Monnaie de Paris,ses Astérix et son vaste programme numismatique ?

La pièce de 2,5 euros, légale en Belgique, reprend l'illustration prévue pour la deux euros qui aurait eu une circulation dans toute la zone euro (Maison de la Monnaie belge).
Certes, comme ce lecteur du Monde, on peut avoir une lecture attristée de cette commémoration d'une victoire des États conservateurs qui clôt l'épisode révolutionnaire et ses avancées en Europe... Laissant à d'autres mouvements secrets, tantôt révolutionnaires (1830, 1848), tantôt terroristes, tantôt utopiques comme les socialismes de reprendre la lutte pour les libertés, l'égalité et la fraternité. Comme cause lointaine, on peut y voir les causes de la guerre civile européenne (1914-1945), mais bon, rien n'était obligé.

On peut y lire aussi la honte de la France : par les conquêtes de la Première République, puis de Napoléon, elle a pu imposer les valeurs de la Révolution à toute l'Europe : abolition des privilèges, Code civil. Mais avec les vexations et duretés liées à l'occupation militaire ou la vassalisation d'empereur... Et, au lieu de consolider son empire européen, cette folie de tenter la conquête de l'immense Russie... Oups, un oubli chez les anciens écoliers nationalistes ?
Importante pour l'histoire et l'économie touristique belges, la bataille orne la couverture du Catalogue officiel de Belgique daté 2015... qui provoqua des interrogations sur la liste de diffusion fr.rec.philatelie : quel lien entre Waterloo et la Belgique ?
N'est-il pas naturel que les États conservateurs à l'époque et ceux ressuscités dans cette bataille (Pays-Bas et Belgique : pour cette dernière, commençons par nous débarrasser des Français...) la célèbrent comme la reprise du chemin du progrès politique et social à un rythme moins meurtrier, et plus profitable pour la bourgeoisie, que celui d'une révolution ?

Niet pour la France qui a célébré les victoires napoléoniennes avec timbres et monnaies commémoratives nationales (Austerlitz en exemple), sans rappeler les pièces courantes sur des événements de la Seconde Guerre mondiale : en ce dix-huit juin, l'Appel, Jean Moulin.

Là, rien pour Waterloo, boudons entre nous dans notre hexagone. Allez pourtant voir les émissions de timbres de nos voisins : Napoléon est présent en Belgique malgré la défaite.

Et oui, Napoléon aussi : La Poste française va-t-elle renvoyer en Belgique les courriers affranchis avec ces timbres, comme la poste algérienne face à certains timbres français ? (La Poste belge)
Restent les perfides anglais : évidemment que Wellington a droit à sa pièce de cinq livres en argent et en or, évidemment que leur leadership est marqué philatéliquement par un bloc de peintures historiques et un carnet philatélique de prestige.
Émis le deux juin, ce timbre des huit cents ans de la Magna Carta anglaise commémorant la Déclaration des droits de 1689... un siècle avant quoi ?
Perfidissime : le deux juin, la Royal Mail a célébré les huit cents de la Grande Charte de 1215 en citant plusieurs textes qui ont marqué le chemin vers le parlementarisme, les droits et égalités au Royaume-Uni, puis dans le monde. Certes, c'est aussi maladroit que quand les Français affirment avoir libéré les peuples d'Europe entre 1792 et 1815...

L'esprit reste magnifique et, surtout, moins francophobe, dites-vous ? Mais êtes-vous aveugle ! Il faut interdire que ces timbres entrent sur notre territoire aux frontières hexagonales naturelles (encore une création qui demanderait beaucoup plus de débats historiens, notamment en Flandre tout autant que sur l'ancienne frontière impériale du Rhône, que ce que les anciens écoliers français peuvent imaginer).

Car les quatre premiers timbres affirment ce que les nouvelles générations d'historiens depuis un demi-siècle et d'écoliers français apprend depuis deux décennies : la Révolution française n'a d'exceptionnel que son exceptionnelle violence populaire. Politiquement, elle n'est qu'inspiration de mouvements révolutionnaires et intellectuels occidentaux qui se sont concrétisés au Royaume-Uni et aux États-Unis bien avant qu'en France...

Célébrer notre défaite : propagande !
Nous rappeler que les Anglais ont lutté contre l'absolutisme bien avant nous : blasphème !
Que l'histoire n'appartient pas qu'à nous : au bûcher ! :)

Sinon, pensez à lire des livres écrits par des historiens, remplis de notes infra-paginales ou à écoutez des émissions historiques sérieuses sur France Culture par exemple. Vous lirez et écouterez de l'histoire telle que les historiens la recherchent, et pas les mémoires telles que nos contemporains médiatiques les manipulent.

mercredi 17 juin 2015

Tour du monde de l'actualité postale : Outre-Manche

Au gré des lectures quotidiennes de journaux nationaux et étrangers, ainsi que des blogs philatéliques, je trouve de nombreuses petites informations sur l'évolution des opérateurs postaux ou d'autres éléments dont les changements finiront par intéresser le collectionneur de timbres.

En voici une brassée pour le printemps 2015, en débutant avec le Royaume-Uni, très avancé sur la libéralisation du secteur postal.


Vendre Le joyau de la Couronne, l'épisode final ?

Au Royaume-Uni, Jean-Baptiste Jacquin, dans le complément économique du Monde daté dimanche 7 juin 2015, raconte que le conservateur David Cameron, Premier Ministre reconduit, veut se séparer des trente pour cent que l'État britannique avait conservé lors de la privatisation de Royal Mail, en octobre 2013.

Le journaliste rappelle pourtant toute la prudence des Premiers Ministres conservateurs face à l'opérateur héritier de l'administration du General Post Office de 1660 : Thatcher n'y avait pas touché et Cameron a gardé le contrôle de Post Office Ltd qui gère les points d'accès aux services postaux et financé le fonds de retraite des postiers.

Pourquoi vendre le reste ? Le premier gouvernement Cameron est accusé d'avoir sous-estimé la valeur de Royal Mail : la valeur de l'action a monté très rapidement, enthousiasmant les fonds de placement qui ont pu fournir des plus values conséquentes à leurs clients. Donc, il y a aussi l'espoir de récupérer un milliard et demi de livres sterling avec ce petit tiers d'actions... Pour une entreprise qui doit demander de fortes augmentations de tarifs postaux pour combler la baisse du nombre de lettres postées ?


Acheter le droit de participer au joyau restant ?

Si Royal Mail va définitivement devenir une compagnie privée - avec service universel imposé néanmoins, l'État garde Post Office Ltd pour garantir l'accès à tous aux services postaux... Euh oui, after a fashion.

Dans un très intéressant reportage publié le vingt-trois mai dernier, le site économique This is money (.co.uk) a rencontré des subpostmasters et des franchisés de Post Office pour expliquer le dernier plan de réduction du nombre de bureaux britanniques.

Le plan est appliqué depuis 2012, mais suffisamment prudemment : sauf cas grave, point de fermeture qui braqueraient immédiatement médias et villageois.

Mieux et ultra-libéralement perfide, le choix est librement laissé depuis 2012. Soit le postier-entrepreneur indépendant (deux grades : à temps plein dans un coin clairement affiché d'un autre commerce ou en complément mêlé d'une autre activité dans le même lieu) accepte de renoncer à son contrat en échange de dix mille livres immédiatement, et hop, un heureux retraité ou une reconversion rêvée vers un nouvel horizon.

Soit il persévère et là, pas de problème : il peut s'il rénove son lieu de vente postal ou change de grade, travaux que Post Office finance pour dix mille livres.

...

Hmmm ? Où est le piège ?

Après la rénovation, le revenu tiré des activités postales sera diminué. En cas de refus de rompre le contrat ou de rénover, Post Office dénoncera le contrat et trouvera un franchisé plus compréhensif aux nouveaux revenus postaux.

Ça me rappelle un jeu de télé-réalité ou la série des films Saw.


Travaillez pour le secteur privé, vous ne serez plus soumis à l'État

Dans un pays aussi ultra-libéral que l'Angleterre, nul problème : les opérateurs postaux privés seront plus efficaces et plus employeurs que l'État. Hum...

Ce n'est pas faux pour les bureaux de Post Office : le groupe de distributeurs de presse WHSmith concurrencent les particuliers-entrepreneurs dans le centre des villes et les centres commerciaux, comme le Post Office du centre commercial Liverpool One, à l'étage d'un marchand de journaux.

Ça l'est moins pour le reste du parcours postal. Début mai 2015, la filiale britannique du monstre mondial TNT, rebaptisée Whistl en 2014, a cessé la distribution directe à la porte après que son partenaire financier a décidé d'arrêter les frais.

En effet, à Londres, Liverpool et Manchester, vous pouviez croiser des postiers rouges de Royal Mail et des facteurs orange et noir de Whistl dans ces trois grands métropoles anglaises. Mais, ça coûte cher deux mille employés qui font de la distribution directe à la boîte...

Accusé de « cherry picking » par Royal Mail qui, elle, doit délivrer et aller chercher du courrier absolument partout au Royaume-Uni (les hautes montagnes d'Écosse...), même les opérateurs privés ont donc du mal à faire du courrier aux particuliers, sauf à pressurer les coûts ou disparaître.

Deux mille personnes risquent le chômage. Et nous parlons d'une filiale d'un géant mondial établie dans une des puissances économiques mondiales...

Prochain article sur ce tour de l'actualité postale dans des pays moins développés.

mardi 16 juin 2015

Russie et Slovénie allongent le catalogue Postcrossing

Après les quatre premiers pays (et huit timbres) d'octobre 2011 à mai 2014, le site d'échanges de correspondances par cartes postales Postcrossing a obtenu deux nouveaux timbres en son honneur lors du premier semestre 2015.

Le timbre de Russie pour Postcrossing, émis le vingt-sept janvier 2015,  [cynisme : on]entre deux perturbations chez les voisins - invasions ? Noooooon- , trois emprisonnements politiques et une visite de traîtr... parlementaires français [cynisme : off].
n°9 : 27 janvier 2015 par Pochta Rossii en Russie : un timbre de vingt-trois roubles, par O. Shushlebina, d'un globe aux grands monuments européens et un Taj Mahal. Joli quoique très marqué par l'imaginaire touristique occidental. Les membres russes du site constituent le second groupe national d'expéditeurs avec trois millions deux cents mille cartes - sept fois plus que les membres français.

n°10 : 29 mai 2015 par Pošta Slovenije en Slovénie : un timbre de soixante centimes d'euro au touriste sautillant sur une large plage de sable blond.

Toujours rien sur le front de φl@l@poste qui préfère débiter du timbres à stocker en chambre froide que du timbre qui encourage la correspondance autre que celles destinées à payer ses factures.

dimanche 14 juin 2015

Premiers bilans de London 2015 dans 'Stamp Magazine'

Pour la première tentative d'exposition européenne britannique entre deux expositions internationales décennales, l'édition datée juillet 2015 de Stamp Magazine publie plusieurs points de vue de visiteurs professionnels et de lecteurs... en attendant la réalité des nombres d'entrées et de chiffres d'affaires ?

La victoire londonienne de 2015 doublée d'une thématique fort opportuniste... Perfide, dirons les Français.
Le rédacteur en chef Guy Thomas souligne la foule du premier matin payant, le mercredi treize mai dernier, et avoue s'être volontairement perdu dans les rangées de marchands et d'animations proposées au lieu d'assister à l'inauguration officielle de l'exposition.

Exposition qui est au cœur des deux pages d'actualité avec photographies du vainqueur du Grand Prix, James Peter Gough (collection sur l'Union postale universelle et son impact sur les services postaux à l'échelle globale) et de la rosette grand-or pour le vainqueur du Grand Prix national, Alan Holyoake (Secured Delivery in Great Britain 1450-1852). Complétée par le palmarès des médailles grand or de la collection bolivienne de Arthur Woo à la thématique à plumes de Damian Läge, exposée après sa victoire à l'exposition-sœur thématique de Essen.

Un lecteur se plaint tout de même des deux rangées d'aérophilatélie mal éclairées et, je complète, dans lesquelles se trouvait la collection vainqueur de cette série : les pionniers de la traversée atlantique à partir de Terre-Neuve par Jean-Claude Vasseur.


Les animations de prestige sont louées par Guy Thomas, autant que par son chroniqueur Richard West : les rarissimes moments de l'histoire postale par le Club de Monte Carlo, la plaque d'impression des Post Office de Maurice par la maison aux enchères David Feldman et les démonstrations de la presse du faussaire Jean de Sperati par la Royal Philatelic Society London, et avec le feuillet Winston Churchill en taille-douce, Jersey Post a permis aux visiteurs de rencontrer le graveur Martin Mörck.

Plus discrètement, derrière son stand de vente, la Royal Mail proposait également des petites conférences par ses créateurs de timbres telle Kate Stephens, dont plusieurs émissions sont consultables sur le blog du British Postal Museum & Archive.

Richard West, un des officiers de la Philatélie britannique, rappelle grâce à qui cette exposition intermédiaire a eu lieu malgré les doutes initiaux du principal financeur, la Royal Mail, et du monde associatif britannique : Bill Hedley.


Les nouveautés présentées dans ce numéro sont celles découvertes au Salon : la nouvelle série héraldique des timbres de distributeur Post & Go et la nouvelle étiquette pour machine de bureau de poste sur laquelle je reviendrai prochainement, mais également la faute d'orthographe qui a duré plus d'un jour sur les Post & Go de Gibraltar et son Wordwide up to 20g : un mot par courrier... digne retour aux premières cartes postales de quelques mots.

Au sujet des nouveautés, c'est le marchand internautique Ian Billings de Norvic Philatelics qui porte la controverse sur le bloc-feuillet du cent soixante-quinzième anniversaire du Penny Black dont sept mille cinq cents furent préparés avec surcharge Europhilex 2015 et vendus uniquement au salon et, en petites quantités, aux marchands.

Dans une lettre entière, Ian Billings décrit le processus de décision et de vente, les conséquences sur les collectionneurs arrivés trop tard chaque jour après la vente du quota quotidien, ceux qui ne purent se déplacer, les premiers jouristes déçus,...

Que des choses connues sur le continent, à Monacophil en 2009 ou lors de l'épisode dit de la Marianne du désir à Paris en 2010...

Hélas, pour monsieur Billings et autres collectionneurs de nouvelletés, l'expérience φrançaise montre que l'opérateur φl@télique ne comprend pas les raisonnements non financiers : voir dans le courrier l'annonce du second épisode des Trésors de la φl@télie et les soldes collector du c@t@logue d'été...


Bref, un grand moment où chacun a pu trouver ce qu'il cherchait, même des collections à étudier.