vendredi 29 mai 2015

La poste autrichienne, un aspirateur et l'Eurovision

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Un aspirateur ?

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Non, lecteur, ce n'est pas parce que j'apprécie les ratons-laveurs de Prévert - et le timbre Racoon de 2007, mais quand une de mes passions non philatéliques croisent histoire philatélique et postale... Je fais des rencontres très inattendues.

En mars dernier, la poste autrichienne - Österreichische Post - est devenu un des partenaires officiels du Concours Eurovision de la chanson 2015, organisé par l'Österreichischer Rundfunk, le service public de radio-diffusion autrichien.
Émis le vingt-quatre avril 2015, le timbre-poste émis par Austria Post à l'occasion du concours qui a eu lieu à Vienne la semaine du vingt-trois mai dernier (site marchand de la poste autrichienne).

L'organisateur du concours était heureux de l'annoncer ici et de profiter d'un service de communication pour son centre de presse : plus de mille sept cents journalistes des pays membres de la zone européenne de radio-diffusion, définie par l'Union internationale de télécommunications, commentant l'événement pour des téléspectateurs d'Europe, de Méditerranée et d'horizons aussi lointains que les Australiens passionnés à tel point que leur pays put concourir cette année.

Certes, nombreux sont les téléspectateurs français à considérer que ce concours est à abandonner pour le service public télévisé français car :
- il est anglophone, même si les chanteurs italiens chantant en italien ont fini troisième lol,
- les votes des jurys et des publics sont géopolitisés : je ne savais pas que tous les Européens aimaient à ce point les Allemands en 2010 et les Autrichiens en 2014 (zéro point cette année), et les Scandinaves (trois victoires en quatre ans). On passera sur les commentateurs français critiquant ces votes de proximité tout en réclamant des votes aux Belges et aux Arméniens... Vivement la participation des télévisions andorrane, luxembourgeoise et monégasque.

Certes, la sélectionneuse française, Nathalie André, responsable des divertissements de France 2, a critiqué le fonctionnement du concours... sans se demander si la chanson qu'elle envoyait à Vienne correspondait à ce qu'un tiers des Allemands et des Britanniques, quatre Espagnols sur dix, près de quatre-vingt-dix pour cent des Suédois considèrent comme la définition de divertissement.

Certes, la chanson de Lisa Angell par Robert Goldman est dans l'idée du centenaire de la Grande Guerre, et mérite sûrement une audience pour faire réfléchir les populations... Est-ce crédible d'envoyer une telle chanson politique - au sens noble du terme - à un concours festif ? Est-on crédible de prétendre à des points dans un concours festif avec une chanson triste - et où, personnellement, j'ai du mal à voir où est l'espoir final que nombre de téléspectateurs français ont vu.

Le ministre des Affaires étrangères (et du Rayonnement de la France) l'a rappelé vertement cette semaine : soit on fait dans le message politique sérieux et on ne se plaint pas, soit on veut gagner et il faut divertir l'Europe et le voisinage de l'Atlantique à Vladivostock et du Cap Nord au Sahara.

Reste à trouver le budget d'organisation avant de choisir un artiste et une chanson qu'il faudra promener dans toute l'Europe pour le faire connaître plusieurs semaines avant et casser justement le vote d'amitié entre voisins. Il ne sert à rien d'espérer convaincre des téléspectateurs de retenir une chanson entendue pour la première fois le soir-même.
L'Eurovision austrichien a droit aussi à deux types de timbres de distributeur : sus aux collectionneurs et aux touristes-fans du concours  (site marchand de la poste autrichienne).
Les lecteurs philatélistes et patients de ce blog doivent lever les yeux au ciel : encore un hors-sujet. Les lecteurs collectionneurs thématiques ont déjà foncé sur la boutique de la poste autrichienne où c'est la foire...

Non, ce n'est pas une image : c'est bien la foire au sens grand marché de tout.

Certes, il se trouve facilement le timbre commémoratif à l'unité, en pochette de quatre détachés pour vente rapide en bureau de poste j'imagine. Mais aussi, deux types pour les distributeurs (illustrés ci-dessus).

Partenaire officiel, on excuse la poste autrichienne de vendre le livre du concours, le cd des chansons du concours... Il faut bien rentabiliser son sponsoring.

Extrait de la page d'entrée du site marchand de la poste autrichienne (copie d'écran, le vendredi vingt-neuf mai 2015).

À la rigueur, on peut comprend l'association d'une entreprise postale avec du matériel d'écriture et de coloriage (Crayola)... Mail art quand tu nous tiens.

Mais, qui peut m'expliquer la vente d'aspirateurs Dyson par un opérateur postal ??? Pour mieux ramasser les petits confettis de papier après l'ouverture du courrier ?

Et certains qui trouvent que le Concours Eurovision c'est n'importe quoi.



Aller plus loin :
- les thématistes rechercheront les timbres consacrés à d'autres éditions dans le pays organisateur, ou aux vainqueurs, notamment en Finlande et en Norvège.
- Ceux qui souhaitent qu'un concours de chant, de musique et de danse soit réservé à des artistes plus sérieux, je rappelle que l'Eurovision - en charge de la coopération et l'échange de programmes entre les chaînes publiques membres de l'Union européenne de radio-diffusion - organise également des concours de jeunes musiciens et de danse. Sinon, il vous reste les examens des conservatoires.

mardi 26 mai 2015

Timbres "low cost" contre timbres "collectors"

La lecture du billet de Gauthier Toulemonde, dans le numéro 168 de Timbres magazine, daté juin 2015, me laisse dubitatif.

En effet, à la scène d'une dame refusant des « beaux timbres » au guichet d'un bureau de poste, au cri qu'on ne la ferait pas payer plus cher que le tarif normal représenté pour elle par une simple Marianne, l'éditorialiste conclut que la majorité ne connaît pas ce qu'est un timbre... et de proposer une forme de communication publicitaire à La Poste pour les timbres-œuvres d'art.

S'il a sûrement raison sur le fait que nos contemporains ne connaissent plus grand chose du timbre à part les carnets autocollants de Marianne et de timbres à valeur d'usage, et, sûrement pas le classement des émissions depuis les états généraux de φφ, il me semble qu'il oublie un travers des dernières années de part de L'Enseigne et La Distribution.

En parlant de timbres « low cost » pour les Mariannes, ne les opposent-elles pas plutôt à la plaie des « timbres collectors », ces timbres personnalisés que les multiples déclinaisons de La Poste personnalisent elles-mêmes en vendant elles-mêmes bien au-dessus de la valeur faciale... Et sur des choses qui n'ont rien à voir avec la chose postale : Johnny Halliday 2009 me vient à l'esprit, ainsi qu'une flopée de collectors touristiques (thème pourtant fort présent dans le programme φlatélique).

Avec, en plus peut-être, dans le cas de cette personne, un peu de poussette à l'achat de la part de certains guichetiers payés à la commission au mieux, forcés à vendre pour calmer le chef de service qui veut calmer son sur-chef au pire.

Mais, cette hypothèse aurait permis également la promotion de la série artistique gravée et de ses cotations chinoises, outre les doubles promotions-maison pour les timbres en taille-douce et une séance de dédicace dans l'antre φl@postière du neuvième arrondissement parisien.

D'après mon cheminement, c'est plutôt à m'étonner que l'expérience du carnet La France en timbres de 2009 n'a pas été poursuivie avec des déclinaisons plus grandes-régionales, en s'inspirant de l'opérateur privé Universal Mail... Mais il est vrai que huit timbres au tarif Monde normal qui risquent d'être vraiment utilisés pour aller dans le monde entier, c'est moins rentable que les grands collectors et livrets régionaux vendus avec une forte valeur ajoutée et dont une grande partie dort dans leur stockage, immaculée.

samedi 23 mai 2015

London 2015, récit de voyage

Hélas, mon week-end londonien option salon philatélique est déjà terminé depuis une semaine. Vivement le prochain séjour britannique. Avec un récit de mon emploi du temps de voyage, quelques articles compléteront certains sujets particuliers, une fois dépouillés photographies et lues publications.

Bonne lecture.

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Après les foules, le repos

Mercredi en fin d'après-midi, après le vol et le transit ferroviaire dans les heures de pointe de la capitale, un grand bol d'air à Stratford où se trouve mon hôtel.

Certes, depuis les Jeux olympiques de 2012, la coupure entre le Stratford historique à l'Est et le quartier commercial/d'affaires en expansion/gares de Stratford est très marquée : entre l'hôtel et la station de métro, j'ai eu un petit aperçu du premier (ancienne mairie, église, briques) et de son centre commercial de proximité. Au-delà de la station, c'est le Mall du groupe Westfield et au bout d'une rue de pubs branchés au pied d'immeubles de verre et d'acier...

Et enfin atteindre du calme, du vert : au-delà du chantier de gratte-ciel de bureaux, le parc olympique Reine Elizabeth réaménagé en poumon vert et sportif pour les habitants alentours. La piscine et le stade olympique trônent, ainsi que les boîtes d'autres équipements sportifs non démontés. Sur une carte, une idée pour un séjour long : randonner à travers tous les parcs depuis le Queen Elizabeth jusqu'où mes pieds me porteront vers le nord-ouest.

La zone commerciale et le poumon vert occupèrent mes soirées de repos après les marches londoniennes et la philatélie.

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Le jeudi, premier jour philatélique ; la vraie philatélie, sans lettre grecque.

Le hall principal du Business Design Center, le vendredi quinze mai 2015 (photographie sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr).
Après, néanmoins, un rapide passage dans une des agences de Metro Bank, un des rares lieux où l'on vous change gratuitement votre lourde petite monnaie incompréhensible britannique en bons billets de banque avec la Magic Money Machine. Disparus les deux kilogrammes de un à vingt pence qui traînaient après une poignée de séjours personnels et professionnels.

Rassurez-vous, j'ai retiré de cela les pièces commémoratives de cinquante pence et deux livres.

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Ensuite, retrouvailles avec deux collectionneurs au siège de la Royal Philatelic Society London qui ouvrait grand ses portes à tous les visiteurs pour découvrir le lieu et admirer des collections de membres qui ont adhéré depuis London 2010 (avec un des bas-reliefs Machin dans un coin... hmmm). 

Tiens, un groupe de collectionneurs français sont venus voir en croyant ne pas avoir leur place ici. C'est ce que j'ai cru en décembre 2011, à Monacophil, alors que, venu acheter en euros le cd-rom des archives du London Philatelist, je repartis membre avec la promesse d'un bon accueil au 41 Devonshire Place malgré la modestie de mes ambitions philatéliques.

Depuis, une lecture de très haut niveau arrivent dans ma boîte aux lettres chaque mois, des conférences académiques ouvertes à tous me sont accessibles même par internet, des recherches livresques passionnantes sont facilitées par un scanner de pointe - quoi que mes visites au 41 ont été peu nombreuses avec le coût des séjours londoniens - et des conversations éclairantes avec les philatélistes toujours présents autour du thé et des petits gâteaux.

Par exemple, après l'épiphanie de Toulouse, ma curiosité pour les bizarreries du fonctionnement de la colonie de Terre-Neuve avait été titillée... Après ce bref passage à la bibliothèque du 41, c'est un de mes travaux de découverte de l'été à venir !

Sans oublier qu'au lieu de braquer son compte financier sur des souvenirs timbrés, la Société se concentre sur les placements financiers et la publication d'ouvrages spécialisés d'une écriture passionnante à lire autant que techniquement complète : je partis donc du 41 avec l'ouvrage de Geoffrey Lewis sur la convention postale franco-anglaise de 1836.

Si vous y tenez, la Société propose aussi cravates et broches.

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Après-midi à l'exposition européenne Europhilex dans la désormais cathédrale de la philatélie britannique : le Business Design Center à Islington, relativement proche de la gare Eurostar de Saint Pancras.

Jadis, Royal Agricultural Hall avec une entrée devenue l'arrière d'un bâtiment transformé en 1986 en halle d'exposition modernisée et vitrines d'entreprises dont le point commun est le design dans toutes ses définitions.

I had a cunning plan : acheter le plus lourd le jeudi, tasser la valise le soir même, afin d'avoir le sac léger pour visiter toute l'exposition le lendemain et savoir quels volume et masse restaient disponibles face aux exigences de la compagnie aérienne à bas coût.

Note : un sac à dos bien profond en cabine et une petite valise chargeable jusqu'à vingt kilogrammes (et deux tenues vestimentaires légères) ont suffi à tenir trois jours, ramener trois livres et une douzaine de publications individuelles fines... envahissantes superposées.

Comme signalé ici et par le Chevalier Blanc du Commonwealth Stamp Opinion, blog spécialisé dans les nouveautés, le stand de Royal Mail débordait côté timbres de collection, mais pas vraiment de celui des machines Post & Go britannique, jersey- et guernseyienne et, nouveauté, gibraltarienne. Le business des timbres de distributeur est tel que le nouveau fournisseur de machines et logiciel a ouvert un site spécialisé pour signaler les impressions commémoratives et le déplacement des machines aux salons européens et mondiaux de philatélie !

Autant dire que les collectionneurs délaissent un peu ces nouveautés qui trouvent encore leurs yeux dans les bureaux de poste, dans leur environnement naturel.

Les timbres des deux Dépendances de la Couronne et de la colonie européenne ne sont bien entendus pas acceptables sur du courrier posté en Grande-Bretagne, mais il semblerait que ceux de Gibraltar ne le seraient pas même à partir du Rocher ?!!

Pour ajouter au phénomène, pendant quelques heures, la machine Gibraltar débita de la faute d'orthographe :) Pour les curieux, entre deux salons internationaux, GI01 sera accessible à la Maison de Gibraltar sur le Strand.

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Je passe sur la ribambelle de marchands, de boîtes pleines d'enveloppes et de classeurs pleins de timbres. Il y avait, me semble-t-il pour un loisir au public pessimiste sur sa relève, assez de monde autant chez les marchands à l'unité que devant les maisons d'enchères qui semblent bien tournées.

Le Post Office, que certains collectionneurs commentateurs français rochons feraient bien d'étudier pour mieux comprendre leur chance de disposer de l'imparfaite Phil@poste face à l'autiste L'Enseigne, était un peu court mais sûrement rentable en proposant un seul employé pour gérer une double file de commandes d'affranchissement avec la nouvelle étiquette d'affranchissement au type Machin (Horizon label) d'un côté et de demande d'oblitération avec l'un de ces deux tampons.

Pour les amateurs de haute technologie, la Royal Mail proposait le tamponnage avec une machine à visée laser. Diantre o.O' 
Ce qui faisait contre-point à un imprimeur à l'ancienne qui pressait contre donation des exemplaires frais de faux de Sperati. Kjell Wikander et Christopher Philipps proposent gentiment leur vidéo de cette démonstration de la presse speratienne sur youTube.

Le dernier moment philatélique de cette journée, avant retour hôtel et comédie musicale The Book of Mormon dans le West End, fut la visite des associations thématiques présentes pour encourager l'adhésion, offrir d'anciens numéros de leur périodique et vendre... non, toujours pas de souvenirs timbrés, allez voir le stand de la φφAP, oui après le tunnel sous la Manche... leurs publications spécialisées, ce que j'espérais bien.

Vu sa masse physique et intellectuelle, j'ai pour le moment laissé de côté l'Ocean Penny Postage de David Duncan Turner, publié par la Great Britain Philatelic Society. Mais, je suis reparti avec deux beaux ouvrages que j'évoquerai dans un autre billet, en même que je nommerai ces associations aux membres si accueillants.

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Vendredi, deuxième jour philatélique : l'univers impitoyable de l'exposition compétitive

Après avoir bien ri des aventures chantées et dansées d'un groupe de missionnaires mormons en Ouganda, retour au Business Design Center pour retrouver deux des exposants rencontrés à Toulouse. Ils vont présenter leur collection à un groupe de philatélistes français et attendre impatiemment le palmarès avant de profiter de Londres pour se reposer de ces émotions... et du bonheur pour l'un d'être déclaré meilleur de sa catégorie.

Après avoir revu et réviser leurs collections, aux antipodes du Commonwealth et des moyens de transport d'ailleurs, j'ai pu entendre des grands philatélistes français émettre des commentaires alors qu'ils marchaient, s'exclamaient ou regardaient des collections...

Trions : certains étaient juges ou représentants en colère d'une fédération francophone (à accent situé entre Marseille et Lille) : « Dix points de moins ! C'est pas... » Un commentaire digne des couloirs du patinage artistique olympique... Je n'en saurai jamais plus, marchant tranquillement voir les Événements philatéliques qui ont changé le monde, une exposition du prestigieux Club de Monte Carlo.

D'autres, pourtant Grands en France, montrent par leur discussion le fossé entre philatélie traditionnelle de la pièce propre, rare, parfaite et une histoire postale encouragée par la Fédération internationale et plusieurs sociétés anglo-saxonnes.

Actuellement, celles-ci rappellent que l'expéditeur, son courrier, le destinataire, le parcours peuvent à eux seuls déjà constituer une connaissance philatélique de plein droit... et même constituée une collection exposable. Et surtout, attirer à la philatélie tous les passionnés d'histoire locale autant que mondiale, les férus de généalogie, etc.

J'ose à peine imaginer l'opinion des Maîtres entendus sur la thématique et la classe ouverte, entendu ce qu'ils pensaient d'une collection sur l'importance du fait postal dans une société à une époque dont les vestiges de correspondance sont, tout de même, rares en main privée.

Un débat à suivre.

Une partie des collections exposées dans une des trois salles, sûrement la plus agréable (photographie sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr).
Et des collections exposées, il y en avait. Sur la photographie ci-dessus, il y avait trois ou quatre rangées de panneaux encore derrière moi, et aussi des rangées devant une cafétéria et encore le hangar de stockage qui accueillait, ambiance glauque assurée, les thèmes de fin de catalogue et les lauréats de la partie thématique de l'exposition européenne délocalisée à Essen, en Allemagne.

Passons vite sur les deux bémols du hangar glauque et, côté cafét', de la rangée d'une collection vainqueur placée pile là où il n'y a aucun éclairage... L'ensemble est admirable quand on prend la peine de regarder attentivement : deux heures et demi tout de même avec seulement Britain et Commonwealth comme intérêt et un appareil photo pour revoir certaines choses à tête reposée, et d'écouter au hasard d'un virage l'exposant qui explique justement certaines pièces à des visiteurs.

Il faudra que je regarde ces photographies pour résumer mes collections coups de cœur sur ce blog, auxquelles j'ajouteraient l'étude d'un paquet de cinquante enveloppes nature bradées cinq livres par un professionnel philatélique du déstockage d'où je repartis avec souvenirs numismatiques et une vieille édition d'un petit livre... Que d'articles en prévision, dont un sur ma visite aux deux commerces philatéliques du Strand dans l'après-midi.

La soirée passa entre entreposage de quinze kilogrammes en valise, puis grande aération jusqu'à l'ancien Village olympique en train de devenir quartier, à l'opposé de la gare international de Stratford, et le parc Queen Elizabeth.

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Samedi : rien de philatélique, mais du tourisme anglais

Sachant les longues distances londoniennes et la surfréquentation du Tube le samedi, j'ai longuement hésité en avril à comment organiser le samedi : pas de philatélie, où poser la valise l'hôtel étant trop loin de la gare menant à l'aéroport.

La solution fut d'aller découvrir la verte Angleterre du Sud-Est : partir tôt, déposer la valise en consigne à l'aéroport, puis hop le train jusqu'à Guildford, chef-lieu du Surrey, pour une journée ensoleillée léger vent de Nord, comme un bon Anglais du siècle de la consommation.

Visite de la tour, dernier vestige du château normand qui surveilla la ville saxonne quelques siècles avant de finir démoli pour quelques maisons et, enfin, ce qu'il restait acquis par la municipalité pour y établir un jardin tout ce qu'il y a de plus anglais.

Après le repas, théâtre de matinée pour faire vivre les arts et entretenir l'oreille anglaise. Enfin, le tour des librairies et vendeurs de dvd d'occasion pour combler les derniers espaces de la valise avec des occupations anglophones sans timbres-poste.

Quoique... La série Indian Summers et le livre sur l'évolution du plan du métro londonien ferait de bons articles de blog, entre philatélie coloniale vs réalités de la colonisation, et autres questions d'accessibilité de l'information au public.

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Nuit très courte dans un hôtel créé pour ces nuits-là : bloc que je vous conseille vivement si vous n'avez que quelques heures de repos avant un vol.

Un hôtel dont l'ascenseur donne directement à l'enregistrement des bagages ou l'accès au contrôle de sécurité, où les chambres les moins chères peuvent se louer pour douze heures pourvu que vous acceptiez l'absence de fenêtres et de bac de douche sous le pommeau pour un si court temps...

Évidemment, technophile et anglomane que je suis, malgré l'heure tardive, je n'ai ni résisté à essayer le téléviseur haute-définition proposé, ni à voir le premier film de la série Hunger Games pour savoir si j'avais raté quelque chose depuis Twilight et Harry Potter.

Je m'endormis à minuit (pour un réveil à quatre heures) en remarquant que le moyen de transport que j'adore prendre pour voyager, était plus utilisé par les personnages de Hunger Games et Divergente qu'étudier par les collectionneurs dont j'ai pu voir les œuvres à Londres.

Quelqu'un pour me montrer une histoire postale des premiers temps du chemin de fer ?

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En attendant un prochain séjour britannique que je me souhaite aussi philatélique, touristique et moins intense qu'un sprint d'exposition, visons déjà Monacophil à la thématique polaire en décembre 2015.

mardi 19 mai 2015

Le catalogue Maury acheté par Spink

Avant d'entamer des articles sur mon séjour londonien à l'occasion d'Europhilex 2015, une nouvelle est tombée le jeudi sept mai 2015 : la maison d'enchères britannique Spink annonce qu'elle a racheté le catalogue Maury (alias le catalogue du zombi Arthur ou l'équation Dallay + Cérès = Maury par la confusion des aventures capitalistiques).

Fidèle à l'aventure des deux créateurs du catalogue encyclopédique de cotations Dallay, j'avais abandonné lors de la résurrection du catalogue Maury par appât du gain rapide de celui-que-nous-ne-nommerons-pas et que la presse φl@télique φrançaise n'évoque plus d'ailleurs.

Avec Spink, éditeur notamment d'un catalogue des monnaies anglaises et britanniques, il est possible que je jette un œil sur l'évolution des catalogues français, colonies et territoires divers, surtout si la nature encyclopédique est renforcée.

La maison d'enchères annonce d'ailleurs un tome consacré à l'Amérique du Sud... Concurrencer Yvert et Tellier sur ses terres donc, l'éditeur d'Amiens avait ENFIN, en 2014, inauguré un catalogue mondial par continent avec celui-ci justement.

Enfin, les collectionneurs et investisseurs qui souhaitent vendre leurs timbres et plis sur de nouveaux marchés anglophones vont être aux anges.

samedi 2 mai 2015

90 ans de l'Association philatélique montpelliéraine

Aujourd'hui, samedi deux, et demain dimanche trois mai 2015, l'Association philatélique montpelliéraine célèbre son quatre-vingt-dixième anniversaire par une exposition dans la salle Jules Pagézy, dans l'ancien hôtel de ville de Montpellier, situé sur le côté septentrional du centre commercial Polygone.
Habituel pour les animations en ville, l'APM a pu placer une banderole à l'entrée de l'Esplanade Charles-de-Gaulle. À partir de là, entre la place de la Comédie vers la salle Pagézy, des flèches en carton fluorescent dirigent les curieux (licence Creative Commons by-nc-sa 3.0).
Marchands :
J'y suis allé entre onze heures et demi et un peu avant treize heures, d'une grosse poignée de visiteurs au moment des discours donc au grand vide de la pause déjeûner. Néanmoins, l'inauguration eut droit à la présence du maire de Montpellier, généreux préteur de salle, et du sénateur de l'Hérault et maire de Castelnau-le-Lez dont la commune accueille une association philatélique dont la Bourse multicollections aura lieu le dimanche sept juin 2015.

Pendant discours et verre de l'amitié, je restai le nez dans les enveloppes britanniques du négociant Studio philatélique, descendu du sommet ombragé de l'Écusson, puis des classeurs de timbres à petits prix de ses voisins - principalement à la recherche de Royaume-Uni et Commonwealth au temps de George VI.

La partie négociant s'est achevée avec cinq euros donnés pour trois pièces andorranes, cinq, dix et vingt centimes d'usage encore brillantes. Il restait encore un autre spécialiste des choses classiques de France (timbres, enveloppes et cartes postales). Certes, ce n'est pas la foule, mais il y avait toujours un ou deux collectionneurs pour occuper chaque marchand.

Un représentant de l'Association philatélique du Paix d'Aix était présent avec deux publications : l'œuvre collective 4 Siècles d'histoire de la poste à Aix (vingt euros) et Lettres des internés du camp des Mille (trente euros) ; chacun dispose de son bon de commande sur le site de l'A.P.P.N.

Collections exposées :
Malgré une épiphanie récente, les collections ont eu du mal à accrocher mon attention, soit par leur thématique, soit par leur présentation aride. Deux exceptions.

Vous trouverez votre bonheur entre : une reprise des souvenirs montpelliérains des Journées/Fêtes du timbre à travers les années, des dinosaures, la vie quotidienne en Éthiopie.

Avec plus de philatélie, les preuves postales des actions des Croix-Rouges (première exception pour certains documents), les usages à l'étranger du cinq centimes au type Blanc, l'une des premières séries de timbres d'Éthiopie, la Sabine de Gandon, pré-philatélie dans les départements conquis pendant la Révolution et l'Empire, et quelques monographies communales héraultaises (Pézenas, Ganges), et j'en oublie.

Je fus tout de même accroché par les plis présentant l'histoire postale de Jérusalem depuis l'Empire ottoman jusqu'à la fin de la première guerre arabo-israélienne de 1948. En effet, comment les autorités en présence, ont-elles géré le changement géopolitique que fut le partage avorté du mandat britannique de Palestine ?

J'ai oublié de noter la bibliographie utilisée par Claude Pesche. Sûrement que les travaux de Raphaël Livnat ou de Ernst Fluri aident à retrouver les actes postaux des Britanniques, des groupes sionistes, de l'ambassadeur de France et de la Jordanie. Mais cela ne fait pas le rassemblement des pièces exposées ce week-end.

L'association :
Enfin - ou pour commencer selon comment vous aborder la visite à l'entrée, la table de l'Association philatélique montpelliéraine où sont proposés les anciens souvenirs locaux et fédéraux - sourires ravis du trésorier de la φφAP.

J'ai préféré le bulletin spécial, daté mai 2015 (cinq euros), de l'association comprenant un historique et plusieurs études philatéliques françaises, régionales, éthiopienne et de la surcharge « EA » de la fin de l'Algérie française.

En souhaitant à l'association et ses membres, un nombre de visiteurs suffisants cet après-midi ensoleillé et demain dimanche.

Pour finir, en plus du site de l'A.P.M. déjà inclus ci-dessus, voir aussi celui du Groupement philatélique Languedoc-Roussillon pour l'actualité des associations fédéralisées.

jeudi 30 avril 2015

Un petit Pitcairn sur fragment

Trouvé chez Ciry Philatélie, à Toulouse, ce timbre de Pitcairn sur fragment. Petit timbre car faible cote et l'année d'oblitération est illisible.


Voilà ce que nous apprend le catalogue Stanley Gibbons Empire & Commonwealth, dans son édition de 2008 ; en renvoyant également aux publications du Pitcairn Islands Study Group.

Après des décennies sans système postal vers l'extérieur, les îles Pitcairn bénéficient d'une liaison maritime postale régulière et gratuite à partir de 1920. À défaut de timbres-poste, plusieurs marques ont signalé l'origine du pli et l'explication « No stamps available » / pas de timbres disponibles.

Cependant, à partir du douze mai 1926, le gouvernement néo-zélandais supprima la franchise pitcairne, puis ouvrit une agence postale du sept juin 1927 au quatorze novembre 1940 et la première émission au nom de la colonie. Les timbres de Nouvelle-Zélande y étaient vendus et oblitéré d'un cachet explicite sur le lieu de départ et l'opérateur postal en action.

Ce timbre d'un penny et demi appartient donc à la première série de la poste pitcairne1, émise le quinze octobre 1940, et comprenant huit timbres, tous liés à l'île à l'exception de l'effigie du roi George VI.

Ici, John Adams et sa maison célèbre le dernier survivant des mutins du Bounty - non, pas de thématique mutins, Bounty et vahinés ici, il y a les φn-ups de Timbres magazine pour ça. Le capitaine déchu en 1789 et le chef des mutins font l'objet du timbre de deux pence pour le premier, des timbres d'un penny et du shilling pour le second.

Adams, ainsi que Ned Young qui meurt en 1800, sont importants pour la survie de la colonie mutino-tahitienne car après les affres de l'alcoolisme et de la violence, ils décident, en 1799, d'éduquer à la lecture et l'écriture et de convertir l'ensemble des descendants des mutins et de leurs compagnes tahitiennes au christianisme à l'aide de la Bible du navire.

Le timbre est peu coté, même oblitéré. Stanley Gibbons accorde dix fois plus de valeur aux timbres sur lettre. Cinquante pence isolé... Sur fragment à l'année d'oblitération illisible... L'usage de ces petites valeurs est assez large : jusqu'à la série Elizabeth II émise à partir de juillet 1957.

Note :
Ajout du vendredi premier mai 2015 : le hasard d'une autre recherche m'a fait retrouver dans les archives du magazine Gibbons Stamp Monthly [achat à faire prudemment tellement l'interface logicielle n'est pas durable qu'elle vous obligera rapidement à fouiller directement fichier pdf par fichier].

Dans son édition daté décembre 1940, un article compte l'histoire de Pitcairn et décrit sa première émission, en indiquant qu'à partir du quinze octobre précédent, le système postal insulaire était placé sous la responsabilité du Haut-Commissaire pour le Pacifique occidental, position suspendue de 1942 à 1945 par le second conflit mondial.

dimanche 26 avril 2015

De la généalogie en philatélie

Autre enseignement du week-end toulousain consacré aux expositions, la généalogie se rend fort utile pour tirer toute l'importance de certains courriers du dix-neuvième siècle, principalement dans les correspondances coloniales et maritimes.

Ce qui peut être important dans les classes d'exposition souhaitant relier l'importance de l'histoire postale sur l'évolution des sociétés. Pouvoir suivre ce qu'il est advenu d'un expéditeur depuis l'île Maurice, d'où il écrit à destination de sa famille en Angleterre, jusqu'à l'Australie via l'Inde, et voilà le collectionneur-exposant racontant, le week-end dernier, sa trouvaille avec l'euphorie du généalogiste qui a réussi à débusquer l'ancêtre perdu dans les archives, ou une grande partie de sa vie à travers un document administratif.

Actuellement, en France, les registres d'état civil sont largement disponibles sur les sites des archives départementales (sauf exceptions) de la limite du début du vingtième siècle imposée par la Commission nationale internet et libertés (CNIL) jusqu'à la fin du dix-septième voire avec de la chance, ou du premier tiers de ce siècle si vous consultez dans la salle de lecture des archives municipales et départementales.

Mais, l'intérêt d'internet et de la numérisation des archives est que d'autres documents requérant un peu de patience et de recherche permettent de trouver bien des éléments de la vie familiale et personnelle de nos ancêtres.

Certains départements proposent de consulter les listes nominatives par rue des recensements, en ligne du début du dix-neuvième siècle jusqu'aux années trente, en salle jusqu'aux années soixante-dix. Là, c'est les lieux de vie et les noyaux familiaux qui sont retrouvés.

Avec la mode du centenaire de la Grande Guerre, ce sont tous les registres matricules des soldats en service militaire ou appelés sous les drapeaux qui deviennent disponibles, sans avoir à passer par les services historiques de la Défense.

Autre exemple présenté à Toulouse et que je vais creuser à cause d'un patronyme intéressant : suivre la famille de marchand d'un grand port français destinataire d'une lettre d'un fournisseur des colonies.

Coïncidence des exemples : dans le numéro daté mai 2015 de Timbres magazine, c'est en généalogiste que Guy Dutau à retrouver l'histoire familiale des Laharrague pour mieux comprendre une des premières lettres entre Tahiti et le Chili, rédigée le trente-et-un août 1861.

Pour se lancer, chez les marchands de journaux et certaines médiathèques publiques, lisez La Revue française de généalogie.

samedi 25 avril 2015

J'ai enfin compris ce qu'est une exposition philatélique

Grâce à une inattendue invitation liée à la seule association à laquelle j'adhère - sans timbre fédéral, j'ai enfin compris une partie du processus menant un philatéliste à monter une collection pour l'exposer lors d'une compétition.

Le week-end dernier, des samedi dix-huit et dimanche dix-neuf avril 2015, dans la verte et calme banlieue toulousaine, nous étions sept dont le point commun était une certaine passion pour la philatélie britannique (mais pas que) et l'envie de présenter le travail qui sera présenté à l'exposition London 2015 Europhilex, un mois après.

C'est ainsi qu'en vingt-quatre heures, nous avons voyagé, avec ou sans timbres-poste, des aérodromes de Terre-Neuve au port de Marseille via Haïti, de la colonisation batailleuse de Maurice à la tranquillité des courriers de la Réunion, avant d'examiner les échanges des premiers courriers timbrés entre la Russie et l'Europe. N'étant pas assez collectionneur, j'apportais le récit d'un duel de conception artistique autour de la genèse de deux séries d'usage courant britannique et une présentation de ce blog - et put rencontrer un de ses lecteurs.

Et lorsque l'auteur expose oralement sa collection, les connaissances nécessaires du thème, le pourquoi de la présence de telle ou telle pièce - presqu'uniquement des lettres ou des enveloppes préférées aux timbres isolés, c'est immensément plus intéressant que zigzaguait seul au milieu de centaines de panneaux pendant un salon.

Certes, cela permet de piocher selon ses goûts et ses trouvailles, mais le modèle de seize feuilles par panneau est à réfléchir pour attirer le spectateur... Sauf à considérer que les meilleurs pièces et développements sont stratégiquement placés sur la rangée centrale, commentaire entendu régulièrement la semaine dernière. Le souci d'être compétitif ressortait de ces exposés.

Évidemment, entourés de médaillés d'or et de grand or, rompus à l'exercice et à la recherche de pièces rares, doubler la lecture de la collection par l'écoute du philatéliste ne pouvait qu'être révélateur et captivant.

Tout comme les conversations : une en particulier sur la dernière des provinces canadiennes me relancera, cet été, dans les lectures sur des petites parties du monde qui ont toujours des particularités sociales, monétaires et géopolitiques incitant à les redécouvrir.

Non, je ne vais pas commencer à exposer... Peut-être à adhérer à une association avec timbre fédéral (brrrr)... vraiment pour sa spécialité. L'écriture me convient mieux tant que je n'aurai pas envie de posséder les illustrations de mon propos.

Prochaines étapes exposition : l'Association philatélique montpelliéraine les deux et trois mai, puis à Londres, la Société philatélique royale le jeudi quatorze et le Business Design Center le lendemain.

Merci à tous pour l'invitation et m'avoir permis d'admirer vos œuvres.