samedi 11 août 2018

Traces écrites de l'Occupation des Pays-Bas

En recherchant des informations sur les auteurs de Paper Trails, publié cette année par la Royal Philatelic Society London, j'ai pu visionner la conférence de mai 2015 de Kees Adema au Collectors Club de New York sur ce sujet dont il préparait alors le livre.
Orange, la couleur de l'espoir résistant, explique Adema en 2015 : le timbre orange à l'effigie de la Reine en haut, les valeurs complémentaires en-desous... Enfin tant que l'occupant a toléré la Reine en exil sur les timbres (couverture du livre).
Le propos de 2015 est un brillant résumé des objectifs des auteurs pour toucher un public philatélique étendu, depuis les collectionneurs de timbres aux historiens des routes postales complexes, en passant par les historiens en quête du sens intime des courriers expédiés et reçus.

En anglais et pas en néerlandais pour attirer de nouveaux collectionneurs et étudiants vers l'histoire postale des Pays-Bas et de ses colonies. Une période émouvante par ses tragédies dont Adema fut un jeune témoin : né en 1940, lui et sa famille sont expulsés d'Arnhem par les troupes allemandes lors de l'opération alliée Market Garden. Les maisons sont systématiquement pillées par les Allemands et les habitants qui revinrent chercher des biens furent fusillés.

Une présentation sommaire certes - un objet postal par partie du plan possible, mais à la profondeur historique et humaine me rappelant l'histoire de Jersey occupée racontée par Ron Brown à la RPSL en 2016 : de l'interruption brutale du courrier sortant, sa censure, les chemins de traverse pour le faire parvenir vers les pays alliés, le retour à la normalité à la Libération, et le courrier lié aux déportés...

Des anecdotes peuvent amuser ou intriguer, pour alléger la mémoire. Alors que le jour même de l'invasion l'armée allemande censure le courrier néerlandais, les postes françaises bloquent le courrier vers les Pays-Bas et le stockent... l'oublient... jusqu'en 1948 quand il est retrouvé. Les Français et 1940, une question de mémoire en effet.

Ou le parcours reconstitué d'un courrier des Pays-Bas occupé pour les Indes néerlandaises avant la conquête japonaise et, surtout, avant l'opération Barbarossa : par le Transibérien ! Ensuite, quand la guerre devient mondialement tous azimuts : passage par la Suisse puis le Portugal neutres pour une escale à New York ; ou expédition vers une connaissance résidant en pays neutre pour assoupir la censure, avant réexpédition au-delà.

L'ouvrage est en commande : Paper Trail. World War II in Holland and its colonies as seen through mail and documents , tout comme Detachment W de Derek Richardson. Ils rejoindront Timbres en guerre d'Alain Croix et Didier Guyvac'h, Band of Brothers de Stephen Ambrose et les mémoires d'Eugene Sledge qui servent de base aux séries télévisées Band of Brothers et The Pacific.

Sur Kees Adema et ses autres spécialités, notamment du courrier néerlandais pendant les troubles continentaux provoqués par les Français fin dix-huit-début dix-neuvième siècle, voir ses fiches sur le site de l'Académie néerlandaise pour la philatélie et de l'Académie européenne de philatélie.

jeudi 9 août 2018

Le tour du monde 2018-2019 depuis Londres et Stockholm

Sur le site de la Royal Philatelic Society London a été publié le programme des conférences et des expositions du jeudi après-midi ; et, de nouveau, c'est un tour du monde qui sera proposé aux philatélistes. En plus de tout ce qui sera proposé à Stockholmia, l'exposition des cent cinquante ans de la Société du vingt-neuf mai au premier juin 2019.

Du monde francophone
Avec un président belge, il n'y a pas que la France pour incarner les espaces francophones désormais. Ainsi, Patrick Maselis - probablement avec des souvenirs personnalisés - proposera une collection des « Belges Outre-Mer », en lien avec le thème de son ouvrage sur toutes les colonies belges ou en développant des groupes ou des personnalités particulières (missionnaires par exemple) ? Réponse le huit novembre.

Le deuxième jour de Stockholmia 2019, le trente mai, Henk Slabbinck racontera la « présence française en Inde » - aux antipodes des côtes atlantiques du Canada - et la dernière conférence du six juin sera consacrée à la Grande Armée napoléonienne par Paolo Bianchi - son autre passion avec l'Afrique.

Enfin, deux anciennes colonies antillaises de la France : la Dominique par une collection de Simon Richards le quatorze février et Haïti le quatre octobre dans une exposition collective américaine.

Sociétés
Les expositions collectives seront donc présentes. En novembre, les membres de l'association spécialisée dans les territoires occupés par l'Allemagne pendant la Première Guerre mondiale (le quinze) et ceux du cercle d'étude des îles du Pacifique (le vingt-deux) montreront l'étendue de leurs travaux.

À l'invitation de son président, l'Académie royale de philatélie de Belgique sera à Londres le quatre avril. Et le Malaya Study Group, le vingt-et-un mars, plongera dans les multiples entités d'avant la Malaisie et Singapour actuels.

Des bouts du monde...
Le dix-huit octobre, David Leathart explorera la collection de spécimens des timbres à l'effigie de la Reine Victoria que posséda Marcus Samuel (1904-1997). Voilà pour le Royaume-Uni.

Côté Empire, la Dominique donc, auxquelles sont jointes la conférence de Freddy Khalastchy, le vingt-trois mai, sur les surcharges de Bagdad, première émission britannique en Mésopotamie pendant la Première Guerre mondiale.

La deuxième moitié de Stockholmia 2019 - trente-en-un mai et premier juin - verra Eddie Bridges aborder « controverse et intrigue » des essais Darmstadt de 1929 de l'Union sud-africaine et John Barwis explorer les routes maritimes du Victoria australien.

Hors Couronne britannique, deux conférences : Gustaf Douglas décrira, en philatélie classique, les ovales de Finlande, le vingt-huit février, quant Georg Stømer se consacrera à la Norvège de 1855 à 1868. Le premier offrira aux regards sa collection d'or de Suède à Stockholmia, dont la variété Tre Skilling jaune.

William Tatham passera la riche décennie 1876-1886 en Roumélie orientale et Bulgarie du Sud, entre l'insurrection bulgare contre l'Empire ottoman et la fin de la guerre contre la Serbie, période qui voit l'indépendance de la Bulgarie.

...à l'Amérique entière.
Le « Nouveau Monde » sera - à mon sens - omniprésent cette saison à la Royale pour sa dernière année à 41 Devonshire Place, avant son emménagement mi-2019 dans la City de Londres, 15 Abchurch Lane.

Dès le quatre octobre, trois collectionneurs, John Shaw, Glen Stafford et Ray Todd, exposent Chili, Haïti, des entiers du Nicaragua et le Paraguay, complété par Dominique le quatorze février.

Les États-Unis constituent l'autre moitié, avec un poids événementiel dans chacune des conférences prévues, ici dans l'ordre chronologique de leur sujet. Le sept février, Mark Schwartz plonge dans l'histoire postale de Boston pendant la Guerre d'indépendance.

À Stockholm, le vingt-neuf mai, Scott Trepel racontera comment « dix-neuf mois d'opération » a contribué à « une éternité de fascination » pour le Pony Express de 1860-1861 - pour les plus curieux, Trepel a proposé l'histoire du Pony Express face au conflit indien devant le Collectors Club de New York en 2016. Le six décembre, la conférence de John Walker plongera dans l'autre union avec « les lettres patriotiques utilisées dans les États confédérés d'Amérique pendant la Guerre civile (1861-1865) »
L'émission pour l'exposition de Jamestown de 1907 (via la base documentaire Commons de Wikimédia).
Le dix-sept janvier, Roger Brody se rend à l'exposition internationale de Jamestown de 1907, à Norfolk, en Virginie, qui eut droit à une série de trois timbres à l'effigie du capitaine John Smith et de Pocahontas, et la fondation de Jamestown en 1607 par la scène du débarquement du premier sur le littoral virginien.

Pour clore mon parcours dans ce programme, on passera des États-Unis au Libéria, le vingt-cinq avril, avec Bryant E. Korn : un siècle des timbres et de l'histoire postale de ce pays à partir de 1820.

Cerises sur le gâteau d'anniversaire.
La première exposition, le treize septembre, sera traditionnellement issue de la Collection philatélique royale, mais aussi la dernière préparée par Michael Sefi qui prend sa retraite en tant que Gardien de celle-ci : les émissions du règne de George V seront à l'honneur.

Le onze avril, dans le cadre du cent cinquantenaire de la Société, la Reine et les anciens présidents de la RPSL proposeront des parties de leurs collections avant l'exposition de Stockholm, fin mai, au programme très riche.

lundi 6 août 2018

Disparition de Derek Richardson : le héraut des tarifs postaux de France

Par l'intermédiaire du Forum des collectionneurs, nous apprenons la disparition du Britannique Derek Richardson (1923-2008), triste événement qui fait l'objet d'une nécrologie dans The Journal of the France & Colonies Philatelic Society, association spécialisée d'Outre-Manche.
La couverture de la quatrième et dernière en date des tarifs postaux français par Derek Richardson (via le blog Histoire postale d'ici et d'ailleurs, cinq mai 2012).
Le travail de Richardson à avoir de toute urgence pour un collectionneur de France est Tables of French Postal Rates 1849 to 2011 (ISBN 095196172), quatrième édition d'un rassemblement des tarifs postaux de France métropolitaine - et de quelques-uns des tarifs entre l'outre-mer et la métropole.

Certes, l'ajout au fil de la chronologie des émissions de timbres des principaux tarifs dans les catalogues Dallay avaient constitué un énorme progrès pour le collectionneur au quotidien. Mais, la somme de Richardson en cent pages (dont deux pages de sources et références) est inouïe dès sa première publication en 1992.

Sa nécrologie développe son action au sein de la FCPS : membre autour de 1970, il devient le rédacteur-en-chef du Journal en 1985. Président en 1996, puis Secrétaire général en 1998, il se retire du Comité directeur en 2002, mais était très actif : mise à jour des tarifs postaux, direction d'un index des articles de quatre magazines philatéliques français de 1946 à 2000.

En terme de réputation en France même, Tables a été précédé par sa monographie de 1982 sur Le Type Paix 1932-1941, traduit et publié par Philoffset édition à Marseille.

Outre ses collections sur quelques usages courants précis du cinq centimes Sage aux Chaînes brisées, il a publié plusieurs articles (1988-1993) sur les camps d'internement en France pendant la Seconde Guerre mondiale, histoire postale consolidée par l'étude approfondie des archives françaises. Cela donna un livre en 2004 sur le Détachement W, un regroupement de prisonniers de guerre alliés que l'armée vichyste déplaça dans le sud de la France entre 1940 et 1942 pour tenter d'empêcher les évasions - je sens une nouvelle pelote historique à dévider.

lundi 30 juillet 2018

Un timbre, un pays : il faut tricher pour la Bosnie-Herzégovine

La collection « un timbre, un pays » paraît simple à mettre en œuvre et permet de papillonner à travers le monde et les cultures... tant que l'on ne se pose pas de questions existentielles.

Quels timbres ? est une question simple malgré le choix immense pour de nombreux pays : une thématique appréciée, un symbole national ou le plus beau que l'on trouvera.

Qu'est-ce qu'un pays ? demanderait, en géopolitique, en système postal et en philatélie, des articles entiers de règles affirmées et d'exceptions confirmantes. La réponse la plus simple : la liste du catalogue mondial de timbres dont on dispose.

Certains poussent même à la précision historique : Est-ce qu'un régime politique change un pays ? Voire économique : Qu'est-ce qu'une devise monétaire montre de l'évolution d'un pays ? Les catalogues de timbres signalent en effet ces changements.

Restons simple : « un timbre, un pays » à partir des timbres actuels.

Sauf que, dès la lettre B, arrive la Bosnie-Herzégovine.

Et là, comme la lettre A comme Allemagne n'a pas déjà fait son œuvre - une seule Allemagne unifiée -, la philosophie « un timbre, un pays » va éclater à la figure de l'innocent qui se posait peu de questions : actuellement - non, l'annexion austro-hongroise, pas dans cet article -, la Bosnie-Herzégovine, c'est un pays, un État fédéral, deux États fédérés et un territoire, trois opérateurs postaux à l'implantation territoriale très marquée.

Ainsi, quand un ami annonce qu'il va faire une tournée adriatique de la Croatie au Monténégro en passant par Sarajevo, et qu'il me demande s'il me ramène des timbres... la réponse est plus complexe que d'habitude : « Rentre dans tous les bureaux de poste qui n'ont pas le même logo. »

Et ce fut fait le printemps dernier (merci Tommy), mais sans timbre de la République serbe de Bosnie et de sa poste.
Deux timbres de la BH Pošta de 2015 et 2016.
Donc, dans la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine... qui n'est pas le pays Bosnie-(et-)Herzégovine, mais qu'une partie de celui-ci, à majorité croate et musulmane (au sens de nationalité yougoslave de ce terme)... mais avec des habitants serbes aussi (d'où un canton nommé par un numéro... pour ne vexer personne ?) imposant ce nom à celui des années 1990 de Fédération croato-musulmane... en sachant que pendant la Guerre de Bosnie, ces populations n'ont pas toujours été alliés au niveau de leurs dirigeants intérieurs ou voisins...

Reprenons, dans la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, on trouve des bureaux de BH Pošta et ses timbres libellés du nom de l'État fédéral en grand et de la Fédération fédérée en-dessous, plus le logotype de l'opérateur.

Reste une interrogation liée à la complexité culturelle de la région : les perforations permettant de retirer le Père Noël du timbre de 2016 visent-elles à permettre aux fidèles de chaque religion d'ôter ce personnage laïque ?
BH Pošta a localisé ses bureaux sur Google Maps.
Si vous avez la patience des calques et des retoucheurs d'images, à l'aide de la localisation des bureaux fournis par l'opérateur, vous pouvez reconstituer la carte politico-ethnique de la Bosnie-Herzégovine si on estime que BH Pošta dessert les localités à majorité musulmane et celles suffisamment mixtes.

Car, en effet, les Croates de Bosnie semblent préférer HP Mostar, en entier, et ce, depuis la division meurtrière du pays en 1993 : Hrvatska Pošta Mostar, la Poste croate de Mostar.
Deux timbres de HP Mostar de 2016.
Sur les timbres, la poste croate indique le nom du pays et ajoute la Fédération en forme abrégée : FBiH ou « Federacija BiH ».

Une église, un ange... Hasard du choix des timbres par le postier pour un touriste étranger ? Ou dominante religieuse du programme philatélique croate ?

Enfin, dans l'autre partie fédérée de la Bosnie-Herzégovine, en République serbe de Bosnie, c'est Pošte Srpske (Poste serbe) qui officie depuis 1992.

Tandis que dans le district de Brčko, grand port fluvial du nord du pays, les Nations unies ont imposé l'administration fédérale pour permettre aux trois peuples de profiter de ce lien vers l'Europe danubienne. Pas de poste ou de timbre particulier, à part les bureaux des trois opérateurs du pays.

Les ravages du nationalisme... Petit à petit, il apparaît que l'État fédéral parvient à fusionner des compétences régaliennes à son niveau : la défense dès 2005, la police en 2010. La division postale se jouant sur un secteur économique concurrentiel, elle perdurera sûrement.

La philatélie bosniaque montre donc toute la richesse culturelle du pays... mais divisée entre ses entités fédérées et ses postes.

Reprenons du début : « un timbre, un pays » ou « un timbre, une poste » ?

mardi 24 juillet 2018

Comment évoquer la Marianne de l'Absence ?

Bon, comment ironiser gentiment sur la nouvelle Marianne l'engagée - en effet, je l'apprécie peu - dans le contexte estival de cynisme tous azimuts de la classe politique française - majorité comme oppositions. À tel point, que les députés du vrai φ et leurs collègues semblent prêts à renoncer à leurs vacances d'été alors qu'ils peinaient l'année dernière pour s'éduquer sur les procédures administratives de l'État en France.

Certes, reconnaissons à YZ d'avoir expliqué posément et calmement sa création quant le demi-duo censément auteur de la Marianne de la jeunesse pulvérisa, dès le dévoilement dans les salons de l'Élysée, la communication de La Poste et du Président Hollande en jouant la provocation avec les prétendues inspirations du timbre... Si YZ souhaitait restée dans sa lumière médiatique habituelle, c'est involontairement réussi.

Ça n'empêcha pas certains de s'amuser à voir des ressemblances entre la nouvelle Marianne et les femmes de la famille du Président actuel. Tst, tst, tst... Emmanuel Macron n'est pas si naïf et imbu de lui-mê... ... ...
L'actrice Jane Badler dans le rôle de Diana, la chef des Visiteurs dans V est le modèle indiscutable du regard et des cheveux de la Marianne l'engagée, et Diana était très engagée dans sa mission (via Internet Movie DataBase).
Non ! Regardez ce regard, c'est la série télévisée de science-fiction V et le manga Saint Seiya qui ont inspiré cette allégorie dans laquelle d'autres dont moi, nostalgiques des années 1980, ont reconnu Méduse, une des trois gorgones de la mythologique grecque.
Un « insoumis », les yeux volontairement crevés, déchirant une feuille de Marianne-Méduse de la République à la surprise du malheureux guichetier dans un bureau philatélique (capture d'écran de la série animée).
De plus polis y ont vu une proue de navire puisqu'elle n'a pas de torse, avec cette posture le corps à quarante cinq degrés rappelant... non... des personnages d'animés japonais courant très vite de manière comique ? Image commode toutefois en cas de naufrage de la présidence d'ici 2022.
Ajout du jeudi vingt-six juillet suivant : militant macroniste courant se procurer Marianne l'engagée avant que le Président du Sénat ne choisisse sa Marianne par intérim (Naruto via Twitter).

Ce regard tout de même !

Espérons que ce n'est pas la preuve d'un complot des reptiliens...

...

Ohé ! Députés et sénateurs ! Avez-vous pensé à imposer un examen ophtalmologique du couple présidentiel et de son ancien bagagiste ? Depuis lundi vingt-trois juillet, les deux Commissions des lois ne sont plus à ça près.

En fait, avec sa « Marianne aveugle », Louis Briat nous a donné une arme pour lutter contre Marianne la reptilienne.

En dehors de ce regard et posture, qu'est-ce que je reproche à cette création ?

Comme pour la Marianne du Bicentenaire et la Marianne et l'Europe, que le Président de la République n'a pas tenu compte de l'avis d'un public. Pour la première, François Mitterrand n'a pas suivi le public de Philexfrance 89 ; la cécité et l'accélération des progrès graphiques des nouvelles technologies l'ont vieilli prématurément.

Pour la seconde, après deux Mariannes très vivantes, heureuses et optimistes choisies par un public et le Président Jacques Chirac - au cas où : gauche plurielle et Lionel Jospin étaient mes choix -, voilà une Marianne à la robe de bure, triste, sonné par les étoiles européennes... comme la politique de son sélectionneur Nicolas Sarkozy à  mon avis.

Retour à une espérance avec les lycéens qui ont proposé un choix suivi par François Hollande - non, son social-libéralisme ne me convient pas - : jeune femme réfléchissant avant d'agir, semblant écouter et dialoguer avec les autres.
Choix final du Président de la République, mais vote inspiré des Français, affichage des projets et du résultat sur le palais de l'Assemblée nationale... Bref : la République (photographie personnelle du huit janvier 2005 lors du premier jour d'émission).
Et blam ! Retour au prince-président, voire à Jupiter-Roi-Soleil pour les plus opposants. Le Directeur de Phil@poste Gilles Livchitz a témoigné au Congrès de la Fédération française des associations philatéliques en juin 2018, de la grande - totale ? - implication du Président Macron dans le processus de sélection.

Pour une Marianne l'engagée qui ne montre pas, à mes yeux, d'engagement considérée à l'échelle d'un mur... et beaucoup de colère à l'échelle d'un timbre-poste.

Ainsi, depuis 1989, soit les timbres d'usage courant sont choisis par le Président seul et la vision de la République est classique façon Troisième République pompier au mieux, triste ou fâchée comme la « démocrature » du parti majoritaire - voir les résultats sociaux et politiques de ce genre de travestissement du régime parlementaire au Royaume-Uni depuis Margaret Thatcher.

Soit l'allégorie qu'ils portent est choisie par une partie de la Nation et la représentation de la République est innovante sur le fond - devise, développement durable, bonheur des enfants - et la forme - crayonné, ligne claire et ouverte, dessin animé - et inspirant l'optimisme.

Sûrement que la création artistique de YZ est réussie dans son style mural avec ses habituels « sourires de Joconde » de face et que la gravure d'Elsa Catelin est à la hauteur du modèle comme toujours, mais le message transmis choisi par le Président de la République n'est, à mon avis, absolument pas le bon... si message il y a.

Bon, mon stock de timbres d'un, cinq et dix centimes de Marianne des Français de Thierry Lamouche va continuer à servir cinq années de plus.