samedi 2 mai 2015

90 ans de l'Association philatélique montpelliéraine

Aujourd'hui, samedi deux, et demain dimanche trois mai 2015, l'Association philatélique montpelliéraine célèbre son quatre-vingt-dixième anniversaire par une exposition dans la salle Jules Pagézy, dans l'ancien hôtel de ville de Montpellier, situé sur le côté septentrional du centre commercial Polygone.
Habituel pour les animations en ville, l'APM a pu placer une banderole à l'entrée de l'Esplanade Charles-de-Gaulle. À partir de là, entre la place de la Comédie vers la salle Pagézy, des flèches en carton fluorescent dirigent les curieux (licence Creative Commons by-nc-sa 3.0).
Marchands :
J'y suis allé entre onze heures et demi et un peu avant treize heures, d'une grosse poignée de visiteurs au moment des discours donc au grand vide de la pause déjeûner. Néanmoins, l'inauguration eut droit à la présence du maire de Montpellier, généreux préteur de salle, et du sénateur de l'Hérault et maire de Castelnau-le-Lez dont la commune accueille une association philatélique dont la Bourse multicollections aura lieu le dimanche sept juin 2015.

Pendant discours et verre de l'amitié, je restai le nez dans les enveloppes britanniques du négociant Studio philatélique, descendu du sommet ombragé de l'Écusson, puis des classeurs de timbres à petits prix de ses voisins - principalement à la recherche de Royaume-Uni et Commonwealth au temps de George VI.

La partie négociant s'est achevée avec cinq euros donnés pour trois pièces andorranes, cinq, dix et vingt centimes d'usage encore brillantes. Il restait encore un autre spécialiste des choses classiques de France (timbres, enveloppes et cartes postales). Certes, ce n'est pas la foule, mais il y avait toujours un ou deux collectionneurs pour occuper chaque marchand.

Un représentant de l'Association philatélique du Paix d'Aix était présent avec deux publications : l'œuvre collective 4 Siècles d'histoire de la poste à Aix (vingt euros) et Lettres des internés du camp des Mille (trente euros) ; chacun dispose de son bon de commande sur le site de l'A.P.P.N.

Collections exposées :
Malgré une épiphanie récente, les collections ont eu du mal à accrocher mon attention, soit par leur thématique, soit par leur présentation aride. Deux exceptions.

Vous trouverez votre bonheur entre : une reprise des souvenirs montpelliérains des Journées/Fêtes du timbre à travers les années, des dinosaures, la vie quotidienne en Éthiopie.

Avec plus de philatélie, les preuves postales des actions des Croix-Rouges (première exception pour certains documents), les usages à l'étranger du cinq centimes au type Blanc, l'une des premières séries de timbres d'Éthiopie, la Sabine de Gandon, pré-philatélie dans les départements conquis pendant la Révolution et l'Empire, et quelques monographies communales héraultaises (Pézenas, Ganges), et j'en oublie.

Je fus tout de même accroché par les plis présentant l'histoire postale de Jérusalem depuis l'Empire ottoman jusqu'à la fin de la première guerre arabo-israélienne de 1948. En effet, comment les autorités en présence, ont-elles géré le changement géopolitique que fut le partage avorté du mandat britannique de Palestine ?

J'ai oublié de noter la bibliographie utilisée par Claude Pesche. Sûrement que les travaux de Raphaël Livnat ou de Ernst Fluri aident à retrouver les actes postaux des Britanniques, des groupes sionistes, de l'ambassadeur de France et de la Jordanie. Mais cela ne fait pas le rassemblement des pièces exposées ce week-end.

L'association :
Enfin - ou pour commencer selon comment vous aborder la visite à l'entrée, la table de l'Association philatélique montpelliéraine où sont proposés les anciens souvenirs locaux et fédéraux - sourires ravis du trésorier de la φφAP.

J'ai préféré le bulletin spécial, daté mai 2015 (cinq euros), de l'association comprenant un historique et plusieurs études philatéliques françaises, régionales, éthiopienne et de la surcharge « EA » de la fin de l'Algérie française.

En souhaitant à l'association et ses membres, un nombre de visiteurs suffisants cet après-midi ensoleillé et demain dimanche.

Pour finir, en plus du site de l'A.P.M. déjà inclus ci-dessus, voir aussi celui du Groupement philatélique Languedoc-Roussillon pour l'actualité des associations fédéralisées.

jeudi 30 avril 2015

Un petit Pitcairn sur fragment

Trouvé chez Ciry Philatélie, à Toulouse, ce timbre de Pitcairn sur fragment. Petit timbre car faible cote et l'année d'oblitération est illisible.


Voilà ce que nous apprend le catalogue Stanley Gibbons Empire & Commonwealth, dans son édition de 2008 ; en renvoyant également aux publications du Pitcairn Islands Study Group.

Après des décennies sans système postal vers l'extérieur, les îles Pitcairn bénéficient d'une liaison maritime postale régulière et gratuite à partir de 1920. À défaut de timbres-poste, plusieurs marques ont signalé l'origine du pli et l'explication « No stamps available » / pas de timbres disponibles.

Cependant, à partir du douze mai 1926, le gouvernement néo-zélandais supprima la franchise pitcairne, puis ouvrit une agence postale du sept juin 1927 au quatorze novembre 1940 et la première émission au nom de la colonie. Les timbres de Nouvelle-Zélande y étaient vendus et oblitéré d'un cachet explicite sur le lieu de départ et l'opérateur postal en action.

Ce timbre d'un penny et demi appartient donc à la première série de la poste pitcairne1, émise le quinze octobre 1940, et comprenant huit timbres, tous liés à l'île à l'exception de l'effigie du roi George VI.

Ici, John Adams et sa maison célèbre le dernier survivant des mutins du Bounty - non, pas de thématique mutins, Bounty et vahinés ici, il y a les φn-ups de Timbres magazine pour ça. Le capitaine déchu en 1789 et le chef des mutins font l'objet du timbre de deux pence pour le premier, des timbres d'un penny et du shilling pour le second.

Adams, ainsi que Ned Young qui meurt en 1800, sont importants pour la survie de la colonie mutino-tahitienne car après les affres de l'alcoolisme et de la violence, ils décident, en 1799, d'éduquer à la lecture et l'écriture et de convertir l'ensemble des descendants des mutins et de leurs compagnes tahitiennes au christianisme à l'aide de la Bible du navire.

Le timbre est peu coté, même oblitéré. Stanley Gibbons accorde dix fois plus de valeur aux timbres sur lettre. Cinquante pence isolé... Sur fragment à l'année d'oblitération illisible... L'usage de ces petites valeurs est assez large : jusqu'à la série Elizabeth II émise à partir de juillet 1957.

Note :
Ajout du vendredi premier mai 2015 : le hasard d'une autre recherche m'a fait retrouver dans les archives du magazine Gibbons Stamp Monthly [achat à faire prudemment tellement l'interface logicielle n'est pas durable qu'elle vous obligera rapidement à fouiller directement fichier pdf par fichier].

Dans son édition daté décembre 1940, un article compte l'histoire de Pitcairn et décrit sa première émission, en indiquant qu'à partir du quinze octobre précédent, le système postal insulaire était placé sous la responsabilité du Haut-Commissaire pour le Pacifique occidental, position suspendue de 1942 à 1945 par le second conflit mondial.

dimanche 26 avril 2015

De la généalogie en philatélie

Autre enseignement du week-end toulousain consacré aux expositions, la généalogie se rend fort utile pour tirer toute l'importance de certains courriers du dix-neuvième siècle, principalement dans les correspondances coloniales et maritimes.

Ce qui peut être important dans les classes d'exposition souhaitant relier l'importance de l'histoire postale sur l'évolution des sociétés. Pouvoir suivre ce qu'il est advenu d'un expéditeur depuis l'île Maurice, d'où il écrit à destination de sa famille en Angleterre, jusqu'à l'Australie via l'Inde, et voilà le collectionneur-exposant racontant, le week-end dernier, sa trouvaille avec l'euphorie du généalogiste qui a réussi à débusquer l'ancêtre perdu dans les archives, ou une grande partie de sa vie à travers un document administratif.

Actuellement, en France, les registres d'état civil sont largement disponibles sur les sites des archives départementales (sauf exceptions) de la limite du début du vingtième siècle imposée par la Commission nationale internet et libertés (CNIL) jusqu'à la fin du dix-septième voire avec de la chance, ou du premier tiers de ce siècle si vous consultez dans la salle de lecture des archives municipales et départementales.

Mais, l'intérêt d'internet et de la numérisation des archives est que d'autres documents requérant un peu de patience et de recherche permettent de trouver bien des éléments de la vie familiale et personnelle de nos ancêtres.

Certains départements proposent de consulter les listes nominatives par rue des recensements, en ligne du début du dix-neuvième siècle jusqu'aux années trente, en salle jusqu'aux années soixante-dix. Là, c'est les lieux de vie et les noyaux familiaux qui sont retrouvés.

Avec la mode du centenaire de la Grande Guerre, ce sont tous les registres matricules des soldats en service militaire ou appelés sous les drapeaux qui deviennent disponibles, sans avoir à passer par les services historiques de la Défense.

Autre exemple présenté à Toulouse et que je vais creuser à cause d'un patronyme intéressant : suivre la famille de marchand d'un grand port français destinataire d'une lettre d'un fournisseur des colonies.

Coïncidence des exemples : dans le numéro daté mai 2015 de Timbres magazine, c'est en généalogiste que Guy Dutau à retrouver l'histoire familiale des Laharrague pour mieux comprendre une des premières lettres entre Tahiti et le Chili, rédigée le trente-et-un août 1861.

Pour se lancer, chez les marchands de journaux et certaines médiathèques publiques, lisez La Revue française de généalogie.

samedi 25 avril 2015

J'ai enfin compris ce qu'est une exposition philatélique

Grâce à une inattendue invitation liée à la seule association à laquelle j'adhère - sans timbre fédéral, j'ai enfin compris une partie du processus menant un philatéliste à monter une collection pour l'exposer lors d'une compétition.

Le week-end dernier, des samedi dix-huit et dimanche dix-neuf avril 2015, dans la verte et calme banlieue toulousaine, nous étions sept dont le point commun était une certaine passion pour la philatélie britannique (mais pas que) et l'envie de présenter le travail qui sera présenté à l'exposition London 2015 Europhilex, un mois après.

C'est ainsi qu'en vingt-quatre heures, nous avons voyagé, avec ou sans timbres-poste, des aérodromes de Terre-Neuve au port de Marseille via Haïti, de la colonisation batailleuse de Maurice à la tranquillité des courriers de la Réunion, avant d'examiner les échanges des premiers courriers timbrés entre la Russie et l'Europe. N'étant pas assez collectionneur, j'apportais le récit d'un duel de conception artistique autour de la genèse de deux séries d'usage courant britannique et une présentation de ce blog - et put rencontrer un de ses lecteurs.

Et lorsque l'auteur expose oralement sa collection, les connaissances nécessaires du thème, le pourquoi de la présence de telle ou telle pièce - presqu'uniquement des lettres ou des enveloppes préférées aux timbres isolés, c'est immensément plus intéressant que zigzaguait seul au milieu de centaines de panneaux pendant un salon.

Certes, cela permet de piocher selon ses goûts et ses trouvailles, mais le modèle de seize feuilles par panneau est à réfléchir pour attirer le spectateur... Sauf à considérer que les meilleurs pièces et développements sont stratégiquement placés sur la rangée centrale, commentaire entendu régulièrement la semaine dernière. Le souci d'être compétitif ressortait de ces exposés.

Évidemment, entourés de médaillés d'or et de grand or, rompus à l'exercice et à la recherche de pièces rares, doubler la lecture de la collection par l'écoute du philatéliste ne pouvait qu'être révélateur et captivant.

Tout comme les conversations : une en particulier sur la dernière des provinces canadiennes me relancera, cet été, dans les lectures sur des petites parties du monde qui ont toujours des particularités sociales, monétaires et géopolitiques incitant à les redécouvrir.

Non, je ne vais pas commencer à exposer... Peut-être à adhérer à une association avec timbre fédéral (brrrr)... vraiment pour sa spécialité. L'écriture me convient mieux tant que je n'aurai pas envie de posséder les illustrations de mon propos.

Prochaines étapes exposition : l'Association philatélique montpelliéraine les deux et trois mai, puis à Londres, la Société philatélique royale le jeudi quatorze et le Business Design Center le lendemain.

Merci à tous pour l'invitation et m'avoir permis d'admirer vos œuvres.

jeudi 23 avril 2015

Ciry Philatélie, commerce familial toulousain à visiter

Un court message alors que le prochain est en gestation suite à un week-end philatélique toulousain très formateur.

Suite au dit week-end dernier, j'avais décidé de passer lundi vingt avril 2015 à Toulouse pour visiter ce que je n'avais pu lors de ma première visite, en juin 2014. Cité de l'espace de dix à quatorze heures, puis centre-ville pour observer l'architecture et chercher quelques occasions de loisirs.

Et c'est la boutique philatélique Ciry Philatélie, 9ter rue des Lois, à deux pas de la place du Capitole, qui conclut avec bonheur mon séjour, une heure avant mon train de retour.

Commerce familial depuis trois générations, il est tenu avec une amabilité remarquable par la petite-fille du fondateur. Outre les jours de semaine, on note qu'il n'ouvre que le quatrième samedi du mois, mais tous les lundis après-midi. De plus, la pause du repas est assez courte pour que l'actif travaillant dans le centre puisse en profiter jusqu'à midi et demi ou dès treize heures trente.

Évidemment, il propose catalogues actuels et matériels de base - l'odeur de tabac en moins... souvenir fort déplaisant d'un marchand montpelliérain et qui reste encore dans mes narines..., mais quelques classeurs révèlent des timbres et enveloppes à fouiller pour trouver son bonheur.

Enfin, comme tout bon commerce philatélique, les ouvrages datés ou un peu abîmés sont disponibles à bons prix dans une boîte.

Bilan : quelques timbres simples du Commonwealth pour démarrer quelques recherches et la biographie officielle de la centenaire maison Yvert et Tellier, publiée en 1996. Ouvrage qu'il faudra mettre à jour en 2021 pour les cent vingt-cinq ans : le dernier chapitre est un peu daté avec « Du buis au CD-ROM » qui deviendra sûrement « Du buis au livre numérique ».

vendredi 17 avril 2015

Timbré de 'Going Postal'

Hier soir, j'ai regardé la mini-série en deux épisodes Going Postal, produit pour la chaîne Sky 1 qui l'a diffusée en mai 2010. Le DVD est toujours disponible au Royaume-Uni (avec sous-titres anglais) comme en France, à des prix bas... Cinq ans est déjà un produit ancien dans nos sociétés de consommation.
Le boîtier britannique du dvd (amazon.co.uk).

L'œuvre est inspirée par le trente-troisième roman dans l'univers comique fantastique du Disque-Monde de l'écrivain anglais Terry Pratchett, récemment disparu.

Il plaira aux amateurs de comédie caricaturant nos sociétés occidentales au second degré et dans un univers parallèle, mêlant cité médiévale, société et innovation victoriennes, et extrêmes commerciaux de notre temps.

Après avoir suivi les derniers exploits d'un escroc, le héros Moist von Lipwig, est finalement arrêté et exécuté publiquement... Pour se réveiller dans le bureau du Prince - avec un air de Lannister - qui lui propose un dilemne : redevenir libre et sortir par la porte qui donne sur un goufre ou devenir le nouveau Maître des postes afin de rétablir un semblant de concurrence face au monopole des Clacks, sorte de télégraphe Chappe géant et lumineux... et géré par Reacher Gilt au seul profit de lui-même et des actionnaires.

La suite dans le roman de 2004 ou le téléfilm de 2010.

Mais, ceux qui s'interrogent sur l'avenir du service public - ou universel, dirions-nous de nos jours - des télécommunications s'amuseront de retrouver dans les postiers inventifs et les capitalistes escrocs les travers de l'univers des opérateurs postaux, téléphoniques et internet des années 2000.

Les collectionneurs et leurs lubies ne seront pas en reste face au postier Stanley, exalté par sa collection. Le renversement collectionniste suscitera sûrement des remises en question et un peu de mise en perspective.

Bon visionnage amusé !

jeudi 16 avril 2015

Caché, raturé, en hélico, le postier toujours à l'heure !

Note : si vous ne pouvez comprendre que des textes au premier degré... Aïe.

Alors qu'un journaliste français fait la promotion d'un livre où il raconte comment il s'est sevré du suivi permanent de l'actualité, je continue à entre-choquer des nouvelles aux points communs ténus.

Aujourd'hui, suite au documentaire de France Culture rediffusé hier mercredi : quel postier pour nos sociétés ?


Cachons ce courrier dont je ne trouve pas la boîte

La presse lyonnaise signale, cette semaine, le renvoi par La Poste et la mise en examen par la justice d'un jeune postier qui cachait et jetait les sacs de courrier en pleine nature parce qu'il ne parvenait pas à retrouver les adresses de livraison et à tenir le rythme imposé...

Négligence criminelle ? 
Désarroi face à la peur du chômage ? 
Repli sur soi face à une entreprise capitaliste où le meilleur reste et le moins bon - même bon - doit partir ?


Raturons ces timbres, obstacle à ma productivité contrainte

Au Royaume-Uni, Ian et John Billings sur leur blog dévoilent, lundi treize avril, la trouvaille de Royal Mail pour complaire aux philatélistes et collectionneurs de timbres mécontents de l'usage abusif du stylo-bille par les postiers, véritable épidémie outre-Manche.

L'objet a été testé dans les centres de distribution de Banbury et de Londres : un simple tampon auto-encreur avec des vagues en motif... À quand la version Mon Petit Poney ou Frozen ?

Mais pourquoi les postiers britanniques s'acharnent-ils parfois à coups de stylo sur les recommandés et colis affranchis par les philatélistes ?
Peur d'en rater et d'être averti ? Lassitude de devoir recompter la valeur faciale d'une vingtaine de timbres ?

La lecture des courriers des lecteurs des magazines britanniques et du blog de Norvic Philatelics appellent d'autres facteurs : les nouveaux postiers - désormais salariés recrutés sur entretien, et plus fonctionnaires sur concours - ont-ils conscience d'une histoire de l'affranchissement postal ? Ont-ils conscience que les code-barres lus automatiquement par la machine ne sont pas la seule forme d'affranchissement existant ? Et que l'humain peut varier cette obligation à l'infini ?

Leurs chefs se rendent-ils compte des déficiences de leur système actuel : surtout en Angleterre, des machines qui affranchissent mal - soit illisiblement, soit pas du tout - et donc imposant ce travail de vérification/oblitération aux employés pressés d'obligation sous peine de non reconduction de leur contrat de travail ?

Que laisser aux particuliers valide un stock immense d'anciennes émissions de timbres, c'est s'imposer la charge technique que les machines puissent tout reconnaître... Donc, de ne pas le faire pour économiser et laisser les employés pressurés devoir juger rapidement si la masse de timbres en petits pences côté anglais, en vieux, nouveaux francs et bons euros mélangés côté français, suffit à affranchir correctement le pli ou le colis...

Voilà nos postiers contemporains coincés entre démonétisation impopulaire et coût d'un logiciel de reconnaissance graphique. Bon, s'ils acceptent de reremplir l'encrier du tampon et de laisser tomber le stylo... ce sera déjà ça.


Un colis ? Attendez, je finis cette manche de chemise.

Le pire est à venir : les lecteurs de Ian Billings évoquent le transfert par Post Office de ses services postaux dans tout un tas de petits commerces. En ville, cela doit permettre d'atteindre timbres, recommandés et colis aux heures où le particulier visite ces commerces du quotidien ; à la campagne, cela permet de maintenir le service postal.

Même si ça étonne la première fois ; tel lorsque mon opérateur internet me demandant si je préfère retirer ma box dans une blanchisserie ou l'épicerie russe dans le quartier de la gare de Montpellier...

De son côté, Ian Billings s'amuse qu'un de ces commerçants local post office gagne aussi sa vie en distribuant les services de MyHermes, opérateur privé du colis postal pas cher.

Il est sûr que ces commerçants, très soucieux de la qualité du service pour recevoir leur obole qui aidera à tenir leur marge bénéficiaire en fin de mois, n'ont aucune conception du métier historique de postier et ne sauront trop quoi faire de récupérer un colis couvert de timbres-poste... quant on a dû leur apprendre de coller ou vérifier si le client à coller l'étiquette standard, comment scanner le code-barres, etc.

Autant le dire, la majorité d'entre nous - nous social, pas nous philatélique, cela est bien suffisant pour récupérer le contenu tant attendu du colis ou en envoyer un pour lequel seule la preuve d'expédition intéressera pour ne pas passer pour un mauvais expéditeur.


Postier négligent, notre faute à tous ?

Qui se soucie encore des timbres sur un courrier, un colis ?

Qui se soucie de savoir si la personne qui prend en charge notre colis est un postier convaincu, un ancien chômeur heureux ou un commerçant qui tire le diable par la queue entre plusieurs métiers ?

Les journalistes de France Culture certes. Les collectionneurs de timbres par collectionnite égoïste également. Les socialistes convaincus - au sens dix-neuvième siècle s'entend - évidemment et les nouveaux résistants au capitalisme déshumanisé : locavores, bio, durable qui ont tous un accent marqué sur l'importance des relations sociales, y compris dans les relations commerciales.

Le reste de la société, soit nonante-... %... Bof ?

Faut-il donc que les dernier postiers convaincus de leur rôle social et économique prennent position eux-mêmes de manière spectaculaire ?

Hier mercredi, un de leurs collègues a montré le chemin à Washington : avec un gyrocoptère - sorte de drone avec pilote, Doug Hughes, postier de soixante-et-un ans, a violé l'interdiction de vol au-dessus de la capitale fédérale pour atterrir sur les gazons du Congrès des États-Unis et se plaindre de la corruption des politiciens à la manière, d'après lui, de Thomas Jefferson.

L'autogire, nouvelle arme contre le drone postal d'Amazon ?


Mise à jour du lundi vingt-sept avril 2015 :
Un lecteur du blog de Norvic Philatelics a fait suivre des images des oblitérations des tampons d'essai utilisés au centre de Banbury. À chercher sur les courriers récents du Royaume-Uni.

mercredi 15 avril 2015

France Culture retourne à la poste de Sanssat (Allier)

Progressivement, les chaînes de l'excellent service public radiophonique français retournent à une programmation normale... Enfin sortir du franco-centrisme râleusement bouché des animateurs et auditeurs des radios privées périphériques.

Néanmoins, ce retour à la normale passe par une touche d'ironie selon les émissions. Par exemple, l'émission documentaire contemporain Les Pieds sur terre rediffusait aujourd'hui, mercredi quinze avril 2015 à trente heures trente sa visite aux postiers de la commune de Sanssat, dans le département de l'Allier.

Une petite pointe sur le service public sur lequel beaucoup crache, mais vers lequel ils se précipitent au moindre bobo, physique, moral ou financier...

Première diffusion le neuf décembre 2004 alors que le postier d'agence et son collègue facteur s'inquiétaient du productivisme déshumanisé dont leur direction les menaçait : interdit de porter le courrier à la mamie aux volets étrangement fermée, d'amener le service à midi chez quelqu'un qui ne peut plus se déplacer, bureau trop petit donc soit il est remplacé par la boulangerie, soit il devient une boulangerie !

Et contentement de ces messieurs qui estiment que tous ces écarts font partie du service public. Avec retour auprès de la population, telle cette entrepreneuse qui n'hésite pas à déposer son courrier au guichet plutôt que dans la boîte pour montrer l'importance du bureau et lutter contre sa fermeture.

Sur l'interdiction de bavarder pendant la tournée, La Poste est revenue dessus contre paiement...

Capture d'écran du jour, quinze avril 2015, des pages de la commune de Sanssat au sein du  site de la communauté de communes de Varennes-Forterre (adresse).
Après le reportage de Stéphane Correa, réalisé par Séverine Cassar, la présentatrice Sonia Kronlund raconte ce qu'il est advenu au postier et son bureau. Avec la disparition du fonctionnaire, il y a cinq ans, le bureau a été à moitité fermé, tenu par des postiers des bureaux voisins... avant une fermeture définitive.

Le site de La Poste ne trouve, en effet, aucun bureau pour Sanssat. La fermeture date-t-elle de la dernière mise à jour des pages Sanssat du site de la communauté de communes qui évoque encore un bureau de poste ?

En observant les images satellites de l'Allier, comment maintenir un service public quotidien dans un ensemble de villages dispersés que seules les routes relient ? La qualité, que montraient ces postiers dans le reportage, relève-t-elle aujourd'hui de l'entreprise postale ou d'une mairie/intercommunalité ? Dans son programme Cohesio, qui La Poste ferait-elle payer pour maintenir un bureau de poste ?