vendredi 6 mai 2016

Excellente introduction aux entiers de Saxe

Hier, jeudi cinq mai 2016 au 41 Devonshire Place, l'Allemand Arnim Knapp a animé une conférence sur les enveloppes pré-affranchies du Royaume de Saxe, émises de 1859 à 1965.

Et, en une demi-heure, a réussi une présentation philatélique de haut niveau (médaille d'or à Belgica 2001 d'après les archives de la Fédération internationale) tout en convaincant l'auditoire sur place et via youTube à s'intéresser aux entiers postaux.

Même les non-membres de la Royal Philatelic Society London peuvent profiter du talent d'Arnom Knapp à travers le très complet livret pdf consultable sur le site de la Société et d'imaginer quelle judicieuse sélection des documents il a réalisée pour la conférence : des entiers utilisés bien sûr, des impressions et archives préparatoires...

... et des schémas simples et efficaces pour expliquer comment ces enveloppes furent imprimées avec gaufrage, gommées (pour la fermeture) et fourbies en moyens de sécurité anti-fraude.

Avec les questions des Britanniques présents, versés dans les enveloppes Mulready, la réflexion alla jusqu'à se demander quels brevets protégeaient les machines britanniques mentionnées dans la présentation.

Je craignais le combo entier + non-Commonwealth : j'ai passé une magnifique heure sur la genèse d'une émission, d'histoire postale et d'histoire des technologies.

Prochain rendez-vous le jeudi dix-neuf mai : Frank Walton proposera une vidéo d'introduction à sa collection exposée du Sierra Leone jusqu'à 1961.

Pour ceux qui préfèrent la combinaison « prêt-à-poster », voir le site qu'André Hurtré a tenu de janvier 2001 à janvier 2012.

jeudi 5 mai 2016

Navires sur timbres chinois : une question de puissance

La montée en puissance de la République populaire de Chine obnubile les lycéens français à quelques semaines de leur examen final, autant que les intellectuels et politiciens européens depuis le dix-neuvième siècle, et encore plus depuis l'ouverture économique du pays depuis la direction de Deng Xiaoping.

Récemment, cela se traduit par un besoin insatiable de matières premières et de contrôler les routes maritimes pour produire, exporter et livrer tout ce que les entreprises et consommateurs du monde entier commandent aux entreprises chinoises : de revendiquer des récifs et îlots en mer de Chine du Sud à une distance exagérée de ses côtes jusqu'à ouvrir un port à Djibouti, découvrait Gauthier Toulemonde pendant la rédaction de son deuxième hors-série géopolitique.

Un suivi de la presse annonce pourtant cette expansion thalassocratique depuis quelques temps déjà.

Samedi vingt-huit mars 2015, Brice Pedroletti résumait dans Le Monde les aléas de la construction du centre d'affaires/habitat résidentiel/circuit de formule un de Port City à Colombo, la capitale du Sri Lanka. Financé entièrement par des entreprises chinoises, comme le port de Hambantota plus au sud, le chantier était alors suspendu par le nouveau président à cause de soupçon dans les conditions d'attribution du marché et si l'impact environnemental avait été suffisamment pris en compte. Replaçant l'affaire dans un contexte plus large, le journaliste expliquait que l'ancien président évita ainsi de faire appel à des entreprises de pays occidentaux souhaitant enquêter sur la fin de la guerre civile, tout en irritant l'Inde entourée d'alliés économiques de la Chine à force d'équipements offerts. Point final du jeu géopolitique asiatique : un sous-marin chinois faisait escale au port de Colombo (financé par devinez qui) en pleine visite du Premier Ministre japonais...

Les entreprises chinoises et l'État qui les soutient visent dans toutes les directions avec infrastructures en cadeau et matières premières en retour : les pays d'Afrique c'est connu, ou le « collier de perles » qui veille sur la route Chine-Europe ou qui étrangle l'Inde selon le point de vue, et l'Océanie. Dans son numéro du vingt-deux août 2013, Courrier international proposait un dossier composé d'articles japonais, chinois, australiens et fidjiens sur les investissements chinois dans les petits États de l'océan Pacifique, y compris ceux intimement liés aux États-Unis d'Amérique.

Intéressant serait une étude-catalogue des émissions de timbres réalisées et offertes à un pays en développement par l'État chinois ou un de ses affidés, disons une association nationale de philatélie. Je lis, ici et là, parfois avec photographies de cérémonies premier jour en Chine, ce genre de propos...

Et le pays ne se cache pas des objectifs de ces actions, mais accrocs aux prix bas que nous sommes, consommateurs mondiaux (du portable de base en Afrique au grand écran pour regarder le football en Europe, sans oublier le petit connecté dans la poche), et dans une logique de dissuasion nucléaire, que pourraient faire les autres puissances ?

En illustration, deux timbres maritimes émis par la poste de Chine populaire en 2013 et 2014, dont les lecteurs français remarqueront la finesse de l'oblitération ronde, lisible, permettant avec le bagage linguistique adéquat de savoir où elle a été frappée. Merci au postcrosseur chinois anonyme pour sa carte postale du vingt-six juillet 2015.

À gauche, le timbre de 2014 semble illustrer l'exploration arctique par un navire de la Chinare, l'Administration arctique et antarctique chinoise : pour protéger la zone polaire ou pour savoir quand les armateurs vont enfin pouvoir faire passer des porte-conteneurs en hiver sans l'assistance d'un brise-glaces russe ?

À droite, le timbre de 2013 représente un navire qui dépose un oléoduc ou un navire-raffinerie qui livre ou récupère du pétrole ? En tout cas, une des trois activités de prospection pétrolière off shore illustrées par une série de trois avec le navire-sonar et la plate-forme d'extraction.

Comme témoin de puissance, ces timbres sont-ils plus rassurants que celui sur Les Armes de la victoire émis par la Russie en 2009 ?


Sachez que la puissance chinoise passionne puisque le dernier article de ce blog sur ce thème, daté vendredi douze juin 2015, a attiré plus de deux cents cinquante visites (c'est inouï par ici), une majorité se concentrant au premier trimestre 2016. Si, malgré mon avertissement, les lycéens français cherchent sur ce blog la réponse à leurs tourments de futurs bacheliers : ces deux timbres et les trois articles de presse évoqués peuvent illustrer les chapitres de terminale de géographie sur l'importance stratégique des espaces maritimes, la concurrence entre les puissances chinoises et japonaises, et l'interrogation sur l'état de la puissance états-unienne en ce début de vingt-et-unième siècle.

dimanche 1 mai 2016

Cent médailles d'or célébrées pour Jean-Jacques Tillard

A version in English of this article is available on SebPhilately: click here, please.

Décidément, les chaînes de télévision et de radio publiques Saint-Pierre-et-Miquelon 1ère adorent la philatélie : début avril, chacune a consacré un long moment à Jean-Jacques Tillard dont les cent médailles d'or ont été célébrées par le Lakeshore Stamp Club lors de sa cinquante-troisième exposition, du vendredi premier au dimanche trois avril 2016.
Jean-Jacques Tillard chez lui devant le classeur contenant les deux collections qu'il a présenté au Club de Lakeshore début avril 2016 (Marie-Paule Vidal, Flavie Bry et Séverine Luberry pour SPM 1ère).
Pour le reportage télévisé du lundi quatre avril chez le spécialiste de l'archipel, c'est par ici. Et pour l'émission Brumes de Capelans du mercredi treize avril, voilà.

Par rapport à la précédente émission d'octobre dernier, ces deux moments sont davantage tournés sur le collectionneur compétitif et la personne Jean-Jacques Tillard qui a accumulé donc cent médailles d'or et de grand or en dix ans, tout juste, depuis celle remportée à l'exposition du Club de Lakeshore, à Dorval, sur l'île de Montréal.

Le secret : une impressionnante collection accumulée depuis son enfance, des centaines d'heure de travail depuis une décennie pour mettre en forme... et placer sa carrière professionnelle en suspens pour devenir expert philatélique afin de gagner sa vie et pouvoir étudier et préparer.

Cela a fourni une cheville ouvrière efficace à la collectivité d'outre-mer française pour se faire connaître dans le monde philatélique bien au-delà de la Métropole.

C'est ainsi que c'est un club québécois qui s'est proposé d'inviter le recordman et ancien participant lors de son exposition annuelle. Et que le Club philatélique de l'archipel est membre à part entière de la Fédération inter-américaine de philatélie et arrivera donc en force au Stamp Show de New York fin mai : cinq exposants pour une collectivité de six mille habitants...
En bas et au centre, un timbre de Saint-Pierre-et-Miquelon sur timbre d'Équateur pour l'exposition continentale de Quito, en septembre 2015 (site de la Fédération interaméricaine de philatélie).
Tout en moquant les Cassandre (métropolitaines ?) des années 2000 qui lui promettaient toutes les difficultés à obtenir de bons résultats à partir de la philatélie de Saint-Pierre et Miquelon... L'exact opposé du président du Club de Lakeshore qui l'incita à se lancer en 2005.

Quelles dates retient-il à la demande de la présentatrice ?
2 avril 2006 : première médaille d'or à Lakeshore.
Juin 2007 : première médaille d'or mondiale à Saint-Pétersbourg, en Russie.
2010 : victoire au championnat du Canada.
2012 : première participation à une exposition aux États-Unis.
2013 : premier grand or mondial à Rio de Janeiro.
La collection grand or devenue un livre (site de Jan-Jacques Tillard).
2015 : deuxième grand or mondial à Singapour.
2016 : vers la FIP Championship Class ?

Et, après New York ? De nouveaux projets en vue, révèle-t-il en maintenant un certain mystère.

samedi 30 avril 2016

De Bermuda à la Finlande, vers la classe 2C d'histoire postale

Deux conférences de 5pm au siège de la Royal Philatelic Society London à trois ans de distance et j'apprécie de plus en plus l'histoire postale à travers la récente classe compétitive 2C de la Fédération internationale de philatélie.

Bermuda, carrefour maritime...
... qui mènera vers une histoire socio-postale ?

Jeudi dernier, le vingt-huit avril 2016, David Pitts et Arthur Groten des États-Unis ont présenté une vision d'ensemble de l'histoire postale de Bermuda, colonie britannique, de hasard quand un équipage de colons virginiens y échoue en 1609, définitivement depuis 1612 avec une première lettre connue de 1617 que Groten présente dans le numéro du premier trimestre 2016 de la revue de la Bermuda Collectors Society.

David Pitts, en bon orateur, introduisit rapidement les grandes parties de cette histoire postale, illustrées de quelques exemples du dix-septième siècle à 1877 et l'entrée des colonies britanniques dans l'Union postale universelle : précurseurs ; courrier intérieur dont les timbres locaux de 1848 par le maître des postes William Perot ; courrier militaire avec des lettres qui ont forcé les blocus des conflits états-uniens (guerre de 1812 et guerre de Sécession) ; et les lettres amenées par les capitaines de navire ou forwarded par divers agents les marquant.

Il précisa que l'ensemble des courriers présentés et de ceux qu'il a étudié avec Arthur Groten sont sûrs d'être passé par Bermuda, même si le nom de l'archipel n'apparaît pas. Les archives portuaires conservent les dates du passage de tous les navires sur plusieurs siècles.


Mais, l'orateur devint le spécialiste absolu de Bermuda avec la seconde partie sur les packet letters : savoir quelle route maritime régulière passant par Bermuda a suivi la lettre trouvée des premières établis par le GPO et l'Amirauté britanniques en 1806 aux compagnies privées de paquebots transportant également du courrier jusqu'à l'avènement de l'aviation.

Même si le diaporama (disponible en pdf par ici) énumère les multiples services et leurs principales points de départ et d'arrivée (Falmouth, Liverpool, New York) et escales nord-américaines (Halifax, Bermuda donc) puis antillaises, Pitts insista en conclusion sur deux idées. La première est qu'avec Groten, ils ont sûrement étudié toutes les lettres connues parties de ou étant passé par Bermuda pour la période considérée... Une collection à disperser prochainement ?

En second, ce qui amène la classe 2C dans mon raisonnement : que ces lettres par leurs expéditeurs, destinataires et contenus, leur nombre croissant, leurs trajets, illustrent l'histoire de Bermuda, de ses habitants et de ses entreprises. Comme le confirma un membre de l'auditoire : la plupart des noms lisibles sur les lettres sont des familles encore connues de l'économie bermudienne.

Un appel aux prochains historiens postaux et collectionneurs de Bermuda de montrer comment l'activité postale est intimement liée à la société et au commerce d'un territoire à une époque considérée... si je paraphrase l'introduction d'une présentation de la classe 2C par la commission d'histoire postale de la Fédération internationale.

L'indépendance de la Finlande à travers l'histoire postale...
... ou les aléas d'une nouvelle classe.

Ayant l'âme farfouilleuse ce week-end, j'étais parti vers histoire postale maritime liée à ce secteur de l'Atlantique pour voir jusqu'où Stephen Walske était allé sur les courriers de blocus après son article dans The London Philatelist de janvier 2015,...

J'ai trouvé certes, mais j'ai fini dans la Finlande de la fin de la Première Guerre mondiale avec une conférence au 41 Devonshire Place, le jeudi dix-huit avril 2013, de Jussi Tuori.

À travers de courriers, mais également d'autres archives, il raconte comment la Finlande sous domination russe déclara son indépendance le six décembre 1917, puis sombra dans une guerre civile début 1918 entre le Sénat et les forces socialistes.

Avec Google, l'une des premières conférences filmées par la Société royale se retrouve.

Intéressant mon sujet accessoire est le retour de Jussi Tuori sur un échange qu'il eut avec les jurés lors d'une exposition dans ce qui était les débuts de la classe 2C : il était accusé d'avoir constituer une collection de classe ouverte car trop de documents n'étaient ni philatéliques, ni d'histoire postale...

Pourcentages des documents et réglement à l'appui (point 3.2), l'exposant signala le débat à l'auditoire : les documents non philatéliques ne doivent pas noyer les documents philatéliques... Vastes discussions lors des évaluations.


Néanmoins, cette classe 2C que j'ai découverte l'année dernière me passionne : comment philatélier et histoirepostaler tout en racontant l'histoire/les histoires dont témoignent ces documents - sans se contenter que du timbre, de l'oblitération ou de la marque en tant que tels ou de leur cote.

Vivement que j'en observe d'autres. À Paris Philex par exemple... Mais il faudra que je sois sur place : toutes les collections d'histoire postale sous HIS dans la liste de la Fédération :(

vendredi 29 avril 2016

Correspondances balkaniques dans les magazines de mai

Après avoir écumé les confins des empires russes et austro-hongrois du dix-neuvième siècle des nationalités à la fin de la Première Guerre mondiale dans les numéros de février 2016, voilà que deux de mes magazines français et britanniques s'attaquent aux Balkans dans les numéros datés de mai : de Belgrade à Constanza aux marges d'un Empire ottoman déclinant en Europe, avec escales grecques.
La couverture rangée au cordeau du Stamp Magazine daté mai 2016.
Toujours à compulser leur calendrier universel des anniversaires, Stamp Magazine place en couverture l'article des cent cinquante ans du premier timbre-poste de Serbie.

John Winchester raconte la tumultueuse histoire de l'autonomie de la principauté de Serbie des insurrections de 1804 et 1817, à l'établissement d'un royaume indépendant d'Istanbul après deux guerres en 1876, et conclut l'article avec l'établissement de la Yougoslavie, le royaume des Slaves du Sud.

Tout en décrivant les timbres émis, leur genèse dans les grands ateliers de gravure d'Europe (Louis-Eugène Mouchon en guest star aux côtés de Wincenz Katzler de la Monnaie de Vienne, Carl von Radnitzky à Vienne, des Français C. Dumont et G. Tasset) de Vienne à Paris, en passant même par Berlin en 1890.

Surtout, le passage d'un souverain à un autre, d'une timbre à un autre, montre le conflit de deux familles pendant ce première siècle serbe : les Obrenovic d'un côté, les Karadjordjevic d'un autre. Quatre révolutions entre ces deux dynasties, en plus des deux soulèvements du début et les multiples conflits contre l'Empire ottoman, puis les voisins, eux aussi prenant leur indépendance, afin de définir des frontières nationales dans un espace multinational.

Un bon moyen de se rendre compte que venir au secours de la Serbie en 1914 était peut-être protéger un petit pays contre un gigantesque voisin - et régler des comptes entre six puissances mondiales, mais aussi une petite folie face à un État si remuant dans un environnement tendu et qui le restera longtemps. En 1934, le roi Alexandre Ier de Yougoslavie est assassiné à Marseille par un terroriste bulgare dont l'organisation visait à ce que les Bulgare contrôle la Macédoine et la Thrace - organisation que l'armée bulgare était en train de détruire après le coup d'État du printemps précédent.


Côté français, ce sont les deux dernières publications de Timbres magazine qui présentent l'histoire et la complexité géopolitique de cette région d'Europe à des moments et par des spécialités philatéliques qui la montre calme et suffisamment pacifiques pour permettre au courrier international de circuler l'Europe occidentale et centrale vers l'Empire ottoman.
La couverture du Timbres magazine de mai 2016 et ses (seulement) huit titres à la une (version bien verticale via www.trouverlapresse.com).
Côté magazine mensuel daté mai 2016, Laurent Veglio présente les options maritimes et terrestres qui se présentent à un expéditeur français du Second Empire pour sa lettre à destination de Constantinople.

À la fin des années 1850, une compagnie britannique propose au sultan la construction d'une voie ferrée entre le Danube et la mer Noire, au port de Constanza (Constanța en roumain et écrit à la française à partir du turc Kustendje). L'objectif postal est d'économiser de précieuses demi-journées de transport fluvial à travers la Dobroudja par le coude menant au delta du Danube, tout en s'éloignant géopolitiquement d'un Empire russe alors honni par une les puissances françaises et britanniques : voir la guerre de Crimée de 1853 à 1856.

Pendant six ans, à Vienne, la voie de terre permet soit de passer par Belgrade, alors à la frontière danubienne de l'Empire ottoman, puis d'employer les postes ottomanes, ou de continuer à descendre le Danube sur un bateau autrichien entre rive ottomane et rive vallache au nord (Valachie tout juste devenue l'embryon futur de la Roumanie par fusion avec la principauté de Moldavie... oïe, nous revoilà aux confins de l'Ukraine et du futur Empire soviétique) pour atteindre le nouveau barreau ferroviaire.

Un tableau de Laurent Veglio, à partir du calcul des temps de parcours et des jours de départ, démontre la pertinence de l'entreprise si la lettre pour la capitale ottomane ne rate pas le départ : de trois à quatre jours d'économiser par rapport à la voie balkanique et même les deux voies maritimes étudiées : par les Messageries impériales au départ de Marseille ou la Lloyd Austriaco par Trieste - au nord-est d'une Italie remuée par l'unification piémontaise.

À tel point, que la voie de Kustendje est concurrencée dès 1866 - merci « la bulle ferroviaire » de l'époque,par un barreau en Dobroudja méridionale, dans la future Bulgarie, entre Roussé (Routchouk en turc, presque au droit de Bucarest) et Varna, cent cinquante kilomètres environ au sud de Constanza.

Cet article prenant à lire est complété de notes infrapaginales et de ses sources, deux moyens pour que les lecteurs aillent d'eux-mêmes plus loin. Encore trop rarement présents dans les pages de Timbres magazine.
Couverture du second Dessous des timbres que Gauthier Toulemonde consacre à la présence française dans le monde.
Car c'est avec un dictionnaire historique ou les articles opportuns des Wikipédias (selon les sources de leur contenu, leur illustration, parfois liés à la langue des contributeurs) qu'il faut lire la longue liste des bureaux de poste français en Grèce de 1852 à 1914 dans le deuxième numéro hors-série Les Dessous des timbres en cours de commercialisation depuis mi-avril...

... pour expliciter les quelques remarques dispersées sur le pays où se trouvait la ville concernée au fil des conflits entre indépendantistes grecs ou bulgares et l'Empire ottoman.

Certes, l'article avait d'autres buts premiers, demandant déjà de la rédaction et des illustrations. Il constitue une étude de cas pour l'ensemble des bureaux français d'Europe et du Proche-Orient, comme le sont également les articles sur Fort Bayard en Chine du Sud et Yokohama au Japon : rappeler quels timbres de France furent imprimés ou surchargés pour ces bureaux lointains, quelles oblitérations gros chiffres recherchés avant ces timbres spécifiques. Et, enfin, quelle est la chronologie typique qui justifia l'ouverture de ces bureaux entre nécessité postale maritime et expression de la puissance dans des zones à influencer ou coloniser.

Un catalogue de cotations suffit pour débuter après la lecture de cet article.

En grattant internet, avant de se jeter sur une bibliothèque d'association ou organisation philatélique, on tombe assez rapidement sur le site de Robert Désert sur les « bureaux français de l'Empire ottoman (oblitérations sur timbres français, 1854-1902) », dernière mise à jour en 2004 et premier (et depuis le seul remis) Prix internet 2002 de l'Académie de philatélie. On y apprend qu'un bureau français fut ouvert de 1869 à 1879 à Kustendje, combien peu de timbres et d'enveloppes en sont restés.
Timbre émis par la Danube and Black Sea Railway pour le courrier transporté sur sa ligne (base d'images Commons de Wikimedia).
Parvenu au web anglophone, c'est un contributeur roumain du forum StampCommunity.org qui proposait en juin 2013 quelques éléments de l'histoire philatélique et postale de Kustensje : un timbre local est issu d'un accord entre la compagnie Danube and Black Sea Railway et une compagnie du port de Constanza. Il fut employé seul pour les correspondances entre les villes de la ligne ou en complément de timbres autrichiens (Levant ou Lombardie-Vénétie).

Les Balkans au temps des indépendances et des conflits nationaux, une région à creuser autant que l'Europe orientale dans l'après-Grande Guerre.