samedi 13 septembre 2014

La Poste à la ramasse selon 'Capital' de septembre 2014 ou pas...

Deux petites allusions dans le numéro 276 de Capital daté septembre 2014 annoncent des moments difficiles pour La Poste française. Bien fait pour elle vue la réexpédition chaotique que subit mon courrier de mon ancien domicile. Sauf qu'en creusant les allusions, ce n'est peut-être pas toujours méritée...

Tout d'abord un beau dossier pédagogique d'un trio rédactif sur le rôle des autorités indépendantes et de l'activisme de leurs présidents respectifs ; ces organismes étatiques s'assurant du respect des règles du jeu dans certains secteurs-clés ou stratégiques (télécoms, audovisuel, ferroviaire, énergie, bourse, jeux en ligne) ou de la concurrence globale.

C'est cette dernière, l'Autorité de la concurrence présidée par Bruno Lasserre, qui a une enquête postale sur le feu : elle a « un soupçon d'entente dans les colis postaux »... C'est tout et c'est bien mystérieux. La photographie d'illustration est claire : un facteur en bleu et jaune remettant un colis au scotché portant oiseau postal et la légende « Colis postaux : soupçons d'entente entre Poste et privés ».

En effet, Google Actualités révèle plusieurs articles mi-juillet 2014 sur ce lancement d'enquête. Un vieux sujet puisque le 12 mai 2011, l'Autorité interdisait l'accord de coopération entre La Poste et Mondial Relay, quelques mois à peine après l'ouverture de ce secteur à la concurrence.

Au gré de mes découvertes dilettantes, il est vrai que le secteur du colis de bureau postal à particulier, de point-dépose en point-retrait connaît de multiples acteurs... même si certains appartiennent au groupe La Poste sans trop en faire la référence dans leur publicité, tels La Navette Pick Up et ses transporteurs Geopost.

Sauf que si Capital insiste sur La Poste, l'article de Challenges du 16 juillet (à partir d'une dépêche Reuters) met la loupe sur trois filiales françaises de deux groupes européens et un états-unien : TNT Express et sa filiale TNT Express France, FedEx pour FedEx Express France (original pour l'ancienne Tatex) et Royal Mail pour GLS.

Rien sur une entreprise liée à La Poste...

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Plus tangible est la poste aux armées que les philatélistes militaires savent en réforme en ce début de vingt-et-unième siècle, tel le blog La Poste aux armées qui annonce régulièrement la dissolution des bureaux postaux interarmées.

Avec Capital, nous retrouvons qui fait passer ce courrier « avec l'engagement de livraison, un argument qui a fait mouche » : l'entreprise de restauration collective Sodexho livre depuis 2011 le courrier des militaires français en opération.

Une activité de moins en moins étonnante pour ce groupe, la cantine ne pourvoyant que de faibles marges bénéficiaires que le groupe s'emploie à maintenir par une stricte lutte contre les repas jetés et maintenant le plus possible son personnel peu qualifié, mais bien formé.

Il s'emploie donc, en France et dans le monde, à développer des activités de services aux entreprises demandant personnel peu qualifié et tâches répétitives : de la gestion du stress des cadres chinois à la désinfection aux lampes au xénon dans les hôpitaux états-uniens, voire la gestion de salles de sport à côté des cantines de plate-formes pétrolières canadiennes.

Pour les militaires française, ce que ne dit pas Capital dans sa petite phrase, c'est que Sodexho et La Poste travaillent en consortium sur ce contrat depuis novembre 2012 jusqu'à 2016, en se répartissant le travail selon la présence de personnels de Sodexho.

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Finalement, tout n'est pas si sombre pour La Poste. Quant à mon courrier censé être réexpédié... peut-être devrais-je demander à ma concierge de se faire embaucher par Sodexho ?

dimanche 7 septembre 2014

Jean-Pierre Callu : discret révolutionnaire numismate

Dans son édition daté dimanche 7 - lundi 8 (version web), Le Monde publie la nécrologie de l'académicien, latiniste, historien et numismate Jean-Pierre Callu, mort le 29 août 2014.
Jean-Pierre Callu en tenue d'académicien (site de l'Académie des inscriptions et belles-lettres).
Normalien, agrégé de lettres classiques au début des années 1950, papillonne à l'École pratique des hautes études (EPHE), à l'École française de Rome, il se fixe sur les monnaies pour ses études de l'Empire romain tardif (IIIe-Ve siècle).

Comme la numismatique est considérée comme une basse science auxiliaire de l'histoire, il passe sa carrière d'universitaire comme enseignant de latin et de littérature latine aux universités de Strasbourg, de la Sorbonne, de Rennes et de Nanterre.

C'est en 1981 que l'EPHE crée un statut à la mesure de son œuvre d'historien : il devient directeur d'« histoire et littérature du Bas Empire ».

En effet, au-delà de la traduction et de la leçon des textes latins, jusqu'aux plus négligés, dès les années 1960, il étudie tout vestige monétaire permettant de comprendre l'évolution de l'Empire dans ses derniers siècles : archéologue dans les provinces extérieures, rat de bibliothèque dans les cabinets de médaille et collectionneurs dans les catalogues des collections célèbres et des ventes.

Cette étude systématique lui a permis de renouveler la connaissance de la circulation monétaire, et par là, de l'histoire économique de l'Empire tardif.

Depuis 1995, il siégeait à l'Académie des inscriptions et belles-lettres.


Je me permets de citer la fin de la nécrologie rédigée par Philippe-Jean Catinchi car elle montre en quoi le travail de Callu tranche avec notre époqu de crétins historiens-stars, de numismates achetant des pièces décorées du Vatican, et autres couples de littérateurs mal assortis :


« (...) cet homme discret, presque timide, 
a mené un parcours semblable à son sujet d'études : 
invisible au premier regard mais décisif 
pour qui veut comprendre les enjeux réels de la recherche. »

Aller plus loin, ses deux premiers grands textes fondateurs :
- Genio Populi Romani (295-316) : contribution à une histoire numismatique de la Tétrarchie, 1960 ;
- La Politique monétaire des empereurs romains de 238 à 311, 1969 ;

puis de l'étude de littératures latines :
- Lettres, puis Discours du sénateur Symmaque (340-405), 1972-2009 ;
- avec Anne Gaden et Olivier Desbordes, tome 1 de l'édition de l'Histoire auguste, 1992 ;
- avec Pierre Riché, Correspondance de Gerbert d'Aurillac (alias pape Sylvestre II), 1993.

samedi 30 août 2014

D'un catalogue des timbres-sms ?

Depuis le mercredi 20 août 2014 environ, la presse française couvre le lancement du timbre-sms par La Poste helvétique (exemple au Figaro des philatélistes). À partir d'un article dans le magazine de fin de semaine du Monde daté samedi 30,sur son blog Philatélie au quotidienle journaliste philatélique Pierre Jullien accuse l'opérateur postal d'enterrer le timbre-papier.

Avec un peu de recul, le postier suisse n'invente rien, mais il semble que les journalistes et les collectionneurs français ne lisent pas l'anglais, ni l'allemand et qu'il a fallu attendre six ans qu'un pays francophone soit concerné pour s'insurger...

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1. La Deutsche Post avec Handyporto : 15 août 2008 (source : la foire aux questions du site officiel).

Ici même, le 24 novembre 2008, nous signalions une publicité pour ce service d'« affranchissement à portée de main » ciblant les jeunes qui ont plus facilement un téléphone portable à proximité qu'un bureau de poste ouvert.

Actuellement, le service reste disponible par sms au 22122 (messages : BRIEF ou KARTE). Le sms-réponse donne un code de douze chiffres en trois lignes de quatre.

Le service reste cher : 95 cents pour la lettre puis 98 à partir du premier janvier 2013, 85 pour la carte postale, contre respectivement 65 et 45. L'entreprise le justifie par le coût des opérateurs téléphoniques, le coût de l'innovation (matériel de tri et temps de traitement) et le fait de s'affranchir d'un timbre physique (tiens, mourra-t-il avec cette condition ?).

Notons en 2014 que le site de la Deutsche Post incite davantage à installer une application pour téléphone mobile qui permet d'obtenir le code plus rapidement et qui localise la boîte aux lettres le plus proche du téléphone.


2. En 2011, le web anglophone signale l'apparition de ce service au Danemark et en Suède, Post Danmark et Posten AB appartenant au même groupe PostNord depuis 2009.

Mes compétences en danois et suédois ne m'ont permis que de retrouver la page mobile de Post Danmark : application ou sms sont également disponibles.

Code de neuf chiffres valable pour de nombreux types d'envoi, mais il faut avoir envoyer les informations nécessaires : prioritaire A ou économique B, masse du pli en grammes, nom du pays pour l'étranger. Valable sept jours, le timbre-sms offre les mêmes tarifs que les autres systèmes d'affranchissement.

Une carte postale pour la France depuis Copenhague et vous ne savez pas trouver un bureau de poste : "A 20g France" au 1900.


3. Póstur en Islande vers décembre 2011 avec information en français (en anglais).

Dans un pays où les éléments peuvent rendre l'accès aux services postaux complexe (hiver rigoureux, éruption volcanique, ou tout simplement distances, etc.), il paraît naturel que sa poste songe à toute une panoplie de services en ligne : plutôt enterrer le timbre-papier que le postier ou le client, en quelque sorte.

Le système est identique au Danemark : message simplifié au 1900 pour recevoir un code de cinq chiffres qui peut être valable de une à cinquante lettres.

F 1 = le code reçu est valable une seule fois pour une lettre intérieure prioritaire.
F B 1 = de même pour une lettre économique.
F 50 = le code reçu est valable cinquante fois.

Aucun souci de triche dans le temps puisque le code est valable sept jours. Un code sur une lettre surnuméraire doit être refusé au tri et taxer.

Cela commence à faire davantage penser à des timbres préoblitérés ou vignettes de comptoir postal pour ceux qui ne voient que des timbres là où il y a des dents et une illustration.


4. La Poste en Suisse : premier septembre 2014, après un test d'un an.

Système à l'allemande, envoyez timbre au 414 pour un code de douze signes valables dix jours pour un courrier standard.

Surcoût : vingt centimes de franc suisse.

M, le magazine du Monde signale - ou recopie une agence de presse - cent mille courriers ainsi affranchis depuis septembre 2013... Avant de parler de mort du timbre-papier, retrouver le nombre de courriers de particuliers circulant chaque année en Suisse ?

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Avant la Suisse lundi prochain, trois (ou quatre) pays européens déjà concernés en six ans et qui ne semble pas avoir abandonné l'émission de timbres-poste aux clients non collectionneurs...

ou pas plus que La Poste française : le timbre-poste-papier n'est pas en général le moyen le plus pratique pour les opérateurs postaux de signaler les courriers correctement affranchis... sauf pour les clients individuels qui veulent acheter ces affranchissement à l'avance pour poster des courriers quand ils veulent.

Pour tenir à jour cette liste et les modes d'emploi, je remercie ceux qui m'indiqueront des corrections par l'usage qu'ils ont de ces services, et d'autres expériences ou timbres-code-par-sms existant de par le monde et que des médias trop franco-centrés oublient de remarquer.

jeudi 28 août 2014

Mayotte vue des Comores, loin de la quiétude philatélique

Tournant été/rentrée en France métropolitaine, moment des îles : nostalgie pour une majorité des actifs rêvant déjà de leurs prochains congés en se tournant vers la collection de leurs timbres, préparation de voyage en dehors des grandes affluences estivales pour une partie des retraités. Timbres magazine de septembre en joue avec communication néo-calédonienne et thématique polynésienne.

Tournons-nous donc vers Mayotte, la colonie rebelle qui a préféré la République coloniale alors que les trois autres îles de l'archipel des Comores prenaient leur indépendance. Difficile de parler des nouveautés du cent-unième département : y sont utilisés les timbres de métropole (et ceux de l'ancienne collectivité au départ).

Ni même de ceux des Comores. Un article du journal de Moroni El Watwan du 13 octobre 2008 signale la séparation de la Société nationale des postes en deux entités, le premier avril 2005 : une SNPT - Comores Telecom entièrement voué aux télécommunications, et une SNPT - services financiers dont quasiment seules les activités bancaires s'affichent sur le web (notamment l'ouverture de deux agences à Paris et Marseille à destination de la diaspora.


Mais, il est un sujet que les politiciens comoriens n'oublient jamais de rappeler : Mayotte dont la philatélie de 1997 à janvier 2012 est calme, à thématiques locales... Tout le contraire des rappels incessants à la France que les Comores, l'Union africaine et l'Organisation des nations unies ne reconnaissent pas la lecture du (ou des) référendums d'indépendance comorienne de décembre 1974. Le fondateur de Rue 89, Pierre Haski, en accuse le président français Giscard d'Estaing de cette inconséquence sous la pression de la Marine française : coût financier pour la métropole et social pour les Mahorais, humain pour les migrants comoriens attirés par l'État-providence français pendant que leur pays voguaient au gré des régimes et des coups d'État jusqu'au choc de la tentative d'indépendance-retour à la France d'une partie des habitants d'Anjouan en 1997.


Pour une fois, sous le soleil le vingt-trois août dernier, le président actuel François Hollande se rendit au quatrième sommet de la Commission de l'océan Indien, association internationale réunissant les cinq États insulaires africains : Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles, et la France au nom de la Réunion.

En métropole, le voyage austral fut lu comme un moyen de vivre deux jours de popularité chez nos compatriotes d'outre-mer. À Mayotte, comme un moyen d'être sûr que la République n'abandonnera pas la départementalisation providentielle. Aux Comores, les politiciens ont aiguisé leurs arguments... le président de l'Unon des Comores Ikililou Dhoinine en tête en tant qu'hôte du sommet, reproduit sur le site du journal El Watwan reprenant Le Journal de Mayotte.

L'impérialisme occidental inquiète toujours ce continent où la partition du Soudan peut être interprété comme une demande états-unienne contre le président Omar El Béchir que comme un souhait des États africains. Donc que le président français fasse escale à Mayotte avant d'arriver à Moroni est mal vécu... même si le journaliste ne paraît pas savoir que penser de la venue dans la délégation française de deux élus mahorais.

Le point de contention reste l'émigration comorienne vers Mayotte, à travers la rupture créée par la frontière de 1975, mal vécue des deux côtés : perte de forces vives et cimetière marin d'un côté, surpopulation et surcharges des services publics de l'autre.

Des faits pas timbrifiées, voire non timbrifiables si l'Union des Comores tient tout de même à ses (finalement) bonnes relations avec la France : amusé, Rémi Rozié conclut son article en rappelant la dernière annulation de dettes comoriennes par la République voisine.

Relations en tension depuis les Comores veulent profiter des richesses de l'ensemble de la Zone économique exclusive que le droit internationale lui accorde depuis 1975.

La géographie des îles, loin des images stéréotypées...


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La poste comorienne a enregistré des émissions de timbres-poste de 2002 à 2007 sur le Système de numérotation de l'Association mondiale pour le développement de la philatélie (WNS en anglais).

mardi 26 août 2014

'Marianne Femen' : une glorieuse ancêtre gaullienne

Quel calme depuis plusieurs mois alors que cette émission avait le potentiel du grand scandale national, plaçant ainsi la φl@télie au centre de la vie médiatique française : un timbre Marianne créé par un duo et une graveure, dont le Français est un militant homosexuel, inspiré par une féministe dénudée violemment anticléricale (mais l'été assoupit tout), choisi en pleine fièvre ultramontaine et bananière, et dont le second membre fut potentiellement volé de sa création, affaire portée en justice en Israël (mais trop lentement pour activer le scandale)...
Marianne par Jean Cocteau, gravée par Albert Decaris (Phil-Ouest).

Et puis, avec des héros comme l'actuel président de la République et ses ministres, quelle mini-série de niche comme Gloire, Marian et Beauté peut espérer concurrencer les grandes sagas Bercy (à chanter comme le générique très-français de Dallas), la pariso-parisienne Plus cruelle la vie et leurs versions pour enfants Hollandiméro (hier, sous une pluie battante).

Retour à nos producteurs fictifs qui essaient de créer scandales, donc bénéfices depuis juin 2013 avec la Marianne de la jeunesse.

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- Quoi ! Un documentaire ! Et pourquoi pas des femmes à poil en couv' de Timbres magazine tant que vous y êtes ?!!

- ... euh, chef, comme vous étiez occupé à suivre les aventures de vos amis politiques des deux camps... et bien, pour relancer les ventes on a déjà fait L'Origine du monde de Courbet en juin et les noix de coco d'une Polynésienne en septembre... Sans carré blanc pour la deuxième et sous couvert du spécialiste local Christian Beslu. Mais, il a fallu le vendre sous plastique, protection de la jeunesse et tout ça, quoi.
Après un été mitigé sur la métropole, Timbres magazine propose une couverture été indien avec invitations aux pays français dans l'océan Pacifique (numéro 159 sorti le samedi 23 août 2014).
- Bon, comme disent les Américains : It's not porn, it's φl@télie. Tant que ça se vend chez ce difficile public « ringard, masculin et vieillot ». Ç'avait bien marché à Monaco il y a cinq ans [1 et 2]. Revenons à nos moutons : un documentaire sur la Marianne Femen : pour montrer encore plus de nibards ?

- Non, non pour le public des intellos et des bobos : le Musée de La Poste a retrouvé un reportage avec un artiste sixties qui explique, rouge à lèvres à la main, comment l'acteur Jean Marais a inspiré le visage de son allégorie.

- Comment ça : si ce n'est pas Hollande, c'est Mitterrand forcé par Jack Lang qui a pondu ça, à coup sûr.

- Non, non : de Gaulle.

- ... Allez-y, de toute façon, avec la guerre entre Armagnac et Bourguignons socialistes, qui le verra...

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À voir (ou revoir) les extaits de Télé-philatélie au cours desquels Jacqueline Caurat s'entretient avec Jean Cocteau repris dans le vingt-neuvième épisode d'Histoire de timbres (première diffusion : vers mars 2014), disponible sur le site du musée et la plate-forme Vimeo.

lundi 25 août 2014

Caledoscope, un an après : acte 2 de la communication philatélique néo-calédonienne

Un an après son ouverture, le samedi 27 juillet 2013, la boutique philatélique à Nouméa de l'Office des postes et télécommunications de Nouvelle-Calédonie devient avec insistance la marque commerciale de l'agence philatélique de l'archipel, territoire autonome au sein de la République française.
Le timbre de 75 francs pacifiques, émis le 7 juin 2013 (site de l'agence philatélique OPT NC).
Le mot-clé Caledoscope, c'est le nom de la boutique souvenez-vous, est ainsi clamé dans tous les recoins du numéro de septembre 2014 de Timbres magazine, en kiosque depuis samedi dernier :
- annonce d'un article thématique en couverture, rappelé en sommaire,
- logotype et adresse postale/web grâce à la couverture du nouveau carnet de dix timbres d'usage courant dans la page 16 des nouveautés d'outre-mer (l'Office des émissions monégasques est, elle, très sobre pour ses carnets),
- demi-page de publicité de l'OPT-NC page 66 pour ses émissions récentes.

Enfin, après ces amuse-gueules, pages 78 à 80, Nicolas de Pellinec fait un rappel sur l'existence philatélique de la Nouvelle-Calédonie, avec photographies de la boutique de Nouméa et détail des produits dérivés qu'elle propose, avec copier-coller de l'adresse Facebook dans la parole même de la chef de l'Agence Laure Recasens.

Mur/Fil Facebook qui permet de découvrir le vernissage de l'exposition en cours au Caledoscope et de savoir que le président de l'OPT, nommé en juin dernier, Thierry Cornaille, est également président de la Commission philatélique.

Et, afin d'être sûr que le lecteur a bien intégré le message, page de publicité coloré sur la troisième de couverture qui devrait se retrouver dans plusieurs pays anglophones d'après les slogans : « I NC Nouméa » et « Caledoscope by OPT », ponctué d'un code datamatrix au cœur-logo permettant de rejoindre la page Facebook d'un clic de l'appareil photographique d'un smartphone.

dimanche 27 juillet 2014

La poste antarctique britannique en 'prime time' sur BBC2

Hasard des écritures et des lectures pour ce blog, l'après-midi après l'article d'hier sur l'exposition philatélique au Scott Polar Research Institute, j'ai commencé à lire les magazines acquis pendant mon séjour à Cambridge, dont un programme de télévision.

Toujours utile pour découvrir comment fonctionne la culture populaire d'un pays - que de télé-réalité et d'émissions de cuisine outre-Manche, c'est la case du jeudi 24 juillet 2014 à vingt heures qui attira mon attention, après un dossier sur les meilleures chances britanniques aux Commonwealth Games de Glasgow.

En prime time, la chaîne publique BBC2 propose Natural World, une émission documentaire hebdomadaire sur la faune. Et, jeudi dernier, sur le Penguin Post Office, la poste des manchots [attention, faux amis lingusitiques], une plongée dans le quotidien de l'environnement de Port Lockroy, port naturel et base militaire puis scientifique britannique de 1944 à 1962.

Une touche de France : ce qui fut un port baleinier porte le nom d'Édouard Lockroy, politicien français (1838-1913) qui apporta son soutien aux expéditions de Charcot.

Le documentaire suit des manchots, obviously, dans la proximité de la base transformée en musée et bureau de poste en 1996 afin d'accueillir des touristes (souvenez-vous du débat...), permettant à l'Antarctic Heritage Trust de financer la protection d'un large espace où vivent tranquillement lesdits manchots papous (Gentoo penguins en anglais).

L'émission du 24 juillet est l'occasion d'une opération de communication tous azimuts : documentaire accessible aux enfants sur CBBC, tenue d'un blog par les documentaristes depuis octobre 2013, etc.

À cette occasion, le Foreign & Commonwealth Office a publié un questions-réponses expliquant le fonctionnement du Territoire antarctique britannique et de sa poste en adoptant le point de vue du contribuable près de ses sous :
- qu'il existe un Territoire antarctique britannique dont la poste est opéré par l'Antarctic Heritage Trust ou par le British Antarctic Survey, et non par Royal Mail ;
- des bureaux de poste pour le courrier du personnel des bases et les trente-cinq mille visiteurs du territoire d'outre-mer - soixante-cinq pence la carte postale ;
- quand le courrier circule : de novembre à mars par bateau de croisière pour Port Lockroy, quand il peut être exfiltrer par avion et bateau pour les bases du BAS ;
- et que tout cela ne coûte rien au contribuable britannique car la vente de timbres et monnaie (par CASCO jusqu'à début 2014, Pobjoy Mint depuis) permet de rendre autonome le service postal antarctique.

Enfin, le ministère des Affaires étrangères et au Commonwealth dirige vers les conditions d'octroi d'un permis de visite du Territoire...

Post scriptum : l'émission est visible en rediffusion à la demande jusqu'au trente-et-un juillet prochain pour les résidents et contribuables britanniques (ou ceux qui ont quelques connaissances en localisation sur le web).

samedi 26 juillet 2014

Exposition philatélique polaire à Cambridge

Pour ceux qui se rendent en vacances en Angleterre, ils peuvent profiter depuis le douze juin jusqu'au six septembre 2014 d'une exposition philatélique polaire à Cambridge, la ville universitaire à une heure environ par l'autoroute ou le train au nord de Londres.

Je ne peux dire quoique ce soit de plus puisque ma venue à Cambridge fut professionnelle et que ce musée est fermé les dimanche et lundi, et clôt ses portes à seize heures (!).
Le musée du Scott Polar Research Institute à Cambridge, Lensfield Road (photographie sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr).
 En passant devant lors d'une rapide marche matinale avant le travail, j'ai remarqué immédiatement un timbre-poste devant ce bâtiment de Lensfield Road, à proximité de l'église catholique Our Lady dont le clocher sert de point de repère pour la partie sud de la ville.

Montage d'éléments visibles devant le musée et sur sa façade, notamment des œuvres d'art arctiques et contemporaines (photographie sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr).
La reproduction d'un timbre d'une livre du Territoire antarctique britannique de 1969, représentant le HMS Endurance, alors récente acquisition de la Royal Navy pour patrouiller les eaux australes. Il servit de 1967 à 1991.

Sur un poteau rouge marquant l'exposition temporaire combinant des archives de l'institut de recherche, partie de l'Université de Cambridge, et des archives offertes par les Crown Agents, l'agence de la Couronne en charge de proposer aux colonies britanniques, puis aux pays indépendants et aux territoires d'outre-mer de nombreux services régaliens et administratifs, tels la frappe monétaire et l'impression de timbres-poste.

Dimanche matin, enfin libre de mes mouvements, je découvrais les difficiles horaires de ce musée et me contentait des œuvres dispersées autour de lui, dont l'effigie de Robert Falcon Scott, mort en explorant l'Antarctique en 1912, et un inuksuk.

Les inuksuit sont des statues composées de pierres accumulées, d'apparence humaine et qui servent dans l'Arctique américain à marquer des lieux et des repères pour diverses raisons (navigation, chasse, religion,...).

La boutique en ligne du musée propose plusieurs pièces de monnaie commémorative et enveloppes premier jour du Territoire antarctique britannique.

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À Cambridge, si vous trouverez le British Museum trop immense et trop touristiquement fréquenté, profitez en deux bonnes heures du Fitzwilliam Museum, à quelques enjambées de l'Institut Scott. Composé en grande partie de collections de peintures, sculptures, porcelaines offertes à leur mort par des professeurs des universités et colleges de la ville, il propose actuellement une exposition d'affiches de propagande française de la Première Guerre mondiale d'une part, et une autre sur l'expression artistique de la recherche scientifique.

Après les musées, profitez d'une croisière en punt sur la tranquille rivière Cam, sans oublier de flâner dans les nombreux jardins et parcs de la ville et de ses quartiers de banlieue, tels Milton et son country park protégeant de nombreuses espèces d'oiseaux.

Et bien évidemment, les nombreux bâtiments historiques des différentes institutions universitaires.