vendredi 18 avril 2014

Visite philatélique et historique à la poste de Chester

En mars dernier, je visitais Liverpool et sa région, le comté métropolitain de Merseyside, avec une petite excursion, le jeudi 27, à Chester, dans le comté voisin du Cheshire.

Grandes bâtisses à colombages marquent les rues du centre de Chester, colonisées par les commerces franchisés (photographie sous licence Creative Commons by-nc-sa 4.0).
Pour la partie touristique, Chester est l'ancien port fluvial de ce nord-ouest anglais, sur la Dee, avant que Liverpool dans l'estuaire de la Mersey ne la détrône définitivement au dix-septième siècle avec les commerces atlantiques, notamment la traite d'esclaves africains vers les Amériques.

De sa fondation romaine, en 79, elle a conservé les rues principales de son centre. Du moyen-âge, elle a gardé ses murailles sur lesquelles il est permis de marcher et ainsi de dominer les grandes rues commerçantes et le fleuve. De magnifiques édifices à colombages s'admirent, hélas transformés en commerces franchisés... Néanmoins, les dits commerces s'amusent à respecter la tradition des enseignes médiévales, depuis les pubs jusqu'à la boutique de produits dérivés de la Walt Disney Company.
Un des aspects de pouvoir marcher sur l'ancien chemin de garde d'une ville capitaliste est de voir l'arrière-boutique de nombreuses entreprises : ici, le bureau de poste (photographie sous licence Creative Commons by-nc-sa 4.0).
Malgré une arrivée à quelques instants de la fermeture de 17 heures et demi, l'employée de Post Office accepte les deux derniers clients, une dame et moi. Le bureau se situe sur St. John's Street, à deux pas de Eastgate, la porte à horloge victorienne, repère important du centre-ville quand on arrive à pied de la gare ferroviaire.
Souvenez-vous : le commerçant britannique est aimable et prévenant : si vous donnez votre avis sur votre visite au bureau de poste, vous participez à un concours.
J'ai pu trouver le presentation pack de la série des Britanniques honorables nés en 1914 dont nous avons évoqué l'héroïne qui servit et se sacrifia en France occupée, ainsi que des timbres Machin à quatre-vingt huit pence, tarif alors pour l'Europe (quatre-vingt-dix-sept dès le lundi 31 mars suivant avec la hausse des tarifs).

Et, au dos du ticket de caisse, un concours ouvert aux clients qui répondront à un questionnaire de satisfaction sur internet ou par téléphone. Deux cents cinquante livres sterling de bons d'achat dans des commerces. J'ai pu remplir la première partie, mais pas la deuxième qui requiert de résider à une adresse britannique.

L'employée, bien que l'heure de fermeture était dépassée de quelques secondes m'accorda sans souci, ni moue - vous serez prévenu sur certains commerçants montpelliérains, l'instant nécessaire pour prendre en photographie un mémorial aux employés du Greater Post Office mort pendant les deux guerres mondiales.

Haut perché au-dessus des panneaux et présentoirs de produits de Post Office, le mémorial en bois (photographie sous licence Creative Commons by-nc-sa 4.0).

Sous le mémorial, un petit mot rappelle qu'il est entretenu par la Royal Mail dont le bureau en charge des propriétés et locaux doit être contacté en cas de travaux prévus dans le bâtimente (photographie sous licence Creative Commons by-nc-sa 4.0).
Une fois raccompagnée vers la sortie avec la sourire, une photographie de la boîte aux lettres du règne d'Elizabeth II à côté de l'entrée du bureau.


Après une dernière randonnée au calme sur le côté méridional des murs pour longer la rivière et retourner vers la gare, il était temps de clore la journée dans le train, puis un bon repas dans un des restaurants de Broad Street, à Liverpool (dont les bureaux seront l'objet d'un autre article).

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Pour aller à Chester depuis Liverpool : la ligne Wirral se dirige vers la rive gauche de la Mersey et une branche a son terminus à Chester. L'aller-retour est à un prix raisonnable, à horaire assez fréquent (trois quarts d'heure l'aller). Dans Liverpool, aucun problème pour se diriger : la ligne tourne en rond sous la ville. Le train s'attrape donc à l'une des quatre gares centrales. L'agence de transport Merseytravel vous renseignera, notamment si vous avez besoin d'une carte journée valable également dans les bus de Liverpool.

For our English speaking readers, slowly but hopefully surely, our blog in English is awakening from a long sleep. Please visit it to find translation from this blog and sometimes new articles about French Frog's philatelic stories and craziness.

vendredi 11 avril 2014

Hitler sur tasse ou la philatélie par la banque d'images

On sait, avec plus ou moins de bonheur artistique, que les banques d'images au contenu licenciable sur le web sont devenus des sources de l'iconographie des programmes philatéliques du monde entier, même en France et les timbres gravés à partir de photographies...

Il y a parfois des incidents ou des adaptations : Dominique Stéphan, en 2008 avec publication ensuite dans Timbres magazine, avait découvert que le timbre pour le sommet de Paris pour la Méditerranée avait beaucoup rapproché la mer d'un olivier près du pont du Gard.

...

Vous ne vous souvenez plus de ce sommet sarkozyste ? Mais si ! L'un des 14 juillet les plus honteux de notre République avec dictateurs invités pour une institution-fantôme, l'Union pour la Méditerranée, doublonnant les projets et partenariats de l'Union européenne.


C'est par un lot de quelques milliers de tasses florales fabriquées en République populaire de Chine (en version allemande aussi) qu'un magasin allemand de mobiliers et d'accessoires de maison a droit à de la publicité gratuite, ce matin.

Quelques centaines de clients de Bielefeld, en Rhénanie du Nord-Wesphalie ont failli s'étrangler avec leur café matinal en se rendant compte que c'est un timbre et une oblitération du Troisième Reich et son dictateur qui a été malheureusement choisi comme fond délavé des souvenirs de correspondance derrière de belles fleurs...


En philatélie officielle comme en décoration ménagère, il faudrait retourner au Made by an artist plutôt que de laisser copier-coller ou copier-graver des images trouvées avec Google Images qui reste un outil pour aller plus loin dans une recherche, et n'a pas à être la finalité de la recherche.

samedi 5 avril 2014

Postes Canada vend de nouveau des timbres permanents

Début décembre 2013, les Canadiens découvraient que l'ensemble des timbres permanents de leur opérateur postal n'étaient plus disponibles à la vente. Ces timbres à validité permanente pour la lettre simple gênait la forte augmentation de tarif que Postes Canada a appliqué lundi dernier, le 31 mars 2014. Ils se reconnaissent au logotype du P dans une feuille d'érable rouge.

En effet, la lettre passant de soixante-trois centièmes de dollar du Canada à quatre-vingt cinq. Vingt-deux cents d'augmentation et l'entreprise, qui se réforme pour garantir son financement (distribution en boîtes collectives en ville par exemple), ne pouvait laisser ses clients stocker des millions de timbres à bas coût.

Fin mars, m'est arrivé le catalogue du Centre national de philatélie, En détail, daté mars 2014. La publication en est à son deuxième numéro dans une nouvelle formule : unilingue et petit format quand l'ancienne était bilingue et au format A4... Pas de petite économie donc.

Dans ce catalogue, de nouvelles séries de timbres permanents à quatre-vingt-cinq cents sont émises : paysages naturels protégés, bébé castor (dans la nouvelle série d'usage courant La faune et ses bébés), en plus du papillon monarque Danaus Plexippus sur le timbre de complément de vingt-deux cents.

En fin de catalogue, l'ensemble des timbres d'usage courant ou commémoratifs à validité permanente est remis à la vente au nouveau tarif... tandis qu'une des premières pages annonce la vente jusqu'à épuisement des timbres explicitement à soixante-trois cents des deux carnets (Reine et Fierté canadienne) et des rouleaux (Bébés marmottes) spécialement émis en décembre pour assurer la pénurie des Permanents.

Tout est de nouveau disponible et les comptes de Postes Canada ont eu leur bulle d'oxygène... quant à sa réputation, il faudra écumer les journaux d'outre-Atlantique et les commentaires de leurs lecteurs.

vendredi 21 mars 2014

Jeu vidéo postal d'outre-Manche

Dans son édition bimensuelle du 15 mars 2014, Canard PC, le magazine ironique du jeu vidéo pour ordinateur PC (et un peu consoles), critique le jeu Post Master développé par le britannique Excalibur Publishing, spécialisé dans les jeux de simulation, et distribué depuis le 6 mars par Merge Games en dvd-rom et sur la plate-forme de téléchargement Steam.

L'objectif : être le patron gestionnaire d'un réseau postal dans une ville en croissance, fixer les tarifs, embaucher du personnel, acheter les véhicules, ouvrir de nouveaux bureaux, fixer les tournées, etc.


La bande-annonce du jeu, en décembre 2013.

Guy Moqette (sic), le testeur de Canard PC, s'amuse ainsi du doux plaisir de décider de « fermer le dernier guichet à 16 h pile et adresser un sourire narquois à des clients qui font la queue depuis deux heures », « donner la consigne aux agents de n'emporter que des avis de passage préremplis » pour faire des économies de carburants en ne faisant pas faire des allers-retours à de lourds colis,...

Son contentement fut court : pour un gamer aguerri, la simulation postale proposée lui a paru peu audacieuse, assez simple à mener.

Pour un philatéliste, collectionneur de timbres, amateur de la mécanique postale, découvrir les arcanes d'un tel jeu, prendra peut-être plus de temps.

Sur le site du distributeur, la version téléchargeable coûte dix livres sterling. À vos risques et périls, ou à votre contentement de faire mieux que Royal Mail et La Poste.

mardi 18 mars 2014

Disparition du républicain qui initia le type Machin

Vendredi dernier, le 14 mars 2014, le politicien travailliste old school Tony Benn est mort à l'âge de quatre-vingt huit ans.

Une des propositions de David Gentleman suite à une commande de Tony Benn pour des timbres britanniques sans effigie royale. Extrait du blog du BPMA, le timbre Churchill revu ; le Premier Ministre avait permis l'anoblissement du père de Benn afin de disposer d'alliés à la Chambre des Lords pendant la Seconde Guerre mondiale. Convaincu de l'abolition de cette assemblée, mais devenu pair par héritage en 1961, Benn batailla pendant deux ans pour ne pas perdre son mandat à la Chambres des Communes et convaincre le gouvernement conservateur de modifier la loi afin de permettre la possibilité de renoncer à la pairie.
De conviction républicaine, il fut, selon l'écrivain Robert McLiam Wilson dans une chronique du Monde du 17 mars, le dernier homme de gauche du Royaume-Uni. En 1981, il échoue d'un point de suffrage à l'élection interne au Parti travailliste et ne put mener la lutte contre la reconduite d'une majorité conservatrice derrière Margaret Thatcher. Depuis, son parti s'est rénové dans un sens libéral, thatchérien par moment blairiste.

Philatéliquement, il a reçu l'hommage du British Postal Museum & Archives sur son blog, le jour même de sa disparition, à deux grands titres.

Tony Benn fut le Maître général des postes de 1964 à 1966. Il inaugura la Post Office Tower, connu aujourd'hui comme la British Telecom Tower qui domine le paysage du nord du centre de Londres. Il dirigea la création de Girobank, la banque postale qui permit de rendre accessible des services bancaires à un plus grand nombre de Britanniques.

Côté timbres-poste, le républicain tenta de forcer le Royaume-Uni d'intégrer les codes de l'Union postale universelle : avoir le nom du pays en alphabet latin... donc supprimer l'effigie du Souverain. Il commissionna l'illustrateur David Gentleman qui adapta nombre d'émissions récentes pour donner un aperçu du résultat.

Imprimés en grand format, ces projets furent déployés au sol même du salon où Elisabeth II recevait les membres du gouvernement et écouter leurs projets. Il faut lire l'aventureuse exposition de Benn sous les yeux de la reine dans l'ouvrage de Douglas Muir, A Timeless Classic, consacré au type Machin.

La réponse royale, une fois remis des émotions artistiques, fut négative, mais elle initia une réforme complète de l'image de la Reine sur les timbres britanniques : les artistes ayant signalé le handicap graphique posé par l'effigie Wilding sur les timbres commémoratifs, Gentleman créa le petit profil uni qui fut retravaillé par Arnold Machin qui obtint d'être choisi pour la nouvelle série d'usage courant.

Le Royaume-Uni perd donc un de ses derniers travaillistes d'avant-Thatcher, un républicain audacieux et le père spirituellement involontaire des deux types Machin qui marquent toujours la quasi-totalité des timbres-poste outre-Manche.

samedi 15 mars 2014

À quoi sert le timbre-poste ou miscellanées commonwealthiennes

Humour british et miscellaneous pour fin de semaine du Commonwealth.

À quoi sert le timbre-poste ?

Que de réponses, souvent similaires dès les premiers changements de types du dix-neuvième siècle !

À remplir les coffres des administrations postales et gouvernementales est l'accusation récurrentes des collectionneurs face à l'inflation des émissions dénoncée très tôt.

À rendre agréable et personnalisé le courrier envoyé, répondent ceux qui continuent à correspondre par écrit, plutôt qu'à tout faire passer par e-mail ou sms.

À faire ouvrir nos courriers publicitaires font écho les entreprises en quête d'illustration imitant la dentelure, l'image, le goût du timbre, mais sans en assumer le coût.

En ouverture d'un article du dossier que le magazine Diplomatie consacré à l'Australie, nouvelle puissance asiatique ? dans son numéro 67 daté mars-avril 2014 (site-boutique de l'éditeur).
À illustrer tout, répondent les collectionneurs thématistes, et n'importe quoi, leurs contradicteurs.

Comme cet article du numéro 67 de Diplomatie afin d'illustrer un des problèmes géopolitiques intérieurs de l'Australie : son identité nationale. Le timbre est celui marquant l'Australia Day de 1982, le 26 janvier fête nationale, avec les profils et accoutrements traditionnels d'un Européen, d'un Aborigène et d'une femme qui peut être tout à la fois une Européenne, une Nord-Africaine ou une Moyen-Orientale habillée d'un voile ou d'un châle pour voyager vers l'inconnu.

À montrer comment l'émetteur du timbre souhaite se représenter : le gouvernement australien tentant d'inclure tout ce que la population australienne comptait au dix-neuvième comme au vingtième siècle.

Publicité pour Kalaweit, association française de défense de l'habitat des singes gibbons en Indonésie, parue dans Terra Eco de janvier-février 2014.
À évoquer la correspondance, le contact, le lien et l'engagement volontaire de l'expéditeur !

Le logotype de l'association Kalaweit montre un gibbon (prénommé Stanley ???) se déplaçant sur des branches en forme d'oblitération ondulée, dont le cachet rond est un sous-logotype portant le slogan « Nous essayons juste d'aider ».

Un don, un courrier en France permet de sanctuariser et préserver des espaces forestiers aux primates d'Indonésie.

Ce blog traitait un autre exemple aussi peu philatélique à ses débuts avec un logiciel de lecture vidéo.

Affranchissement de timbres accumulés de Murray Payne pour envoyer un exemplaire de son périodique Sixth Sense.
À poster du courrier !!!, répondent les enfants et ceux qui écrivent ou veulent recevoir encore de l'écrit et de l'imprimé.

Un peu daté ce bloc de Machin 2nd class issus de carnet (découpes horizontales) et d'avant les dentelures elliptiques, complétés d'une valeur - aujourd'hui - ridicule trois pence des noces d'argent de la reine Elisabeth II et Philipp d'Edinburgh de 1972. Mais oblitération au caché, plutôt à l'impression jet d'encre.

Mais pas merci aux postiers pour l'état de l'enveloppe et du fascicule plié en deux...

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Donc, hier, j'ai reçu le dernier exemplaire de l'année 2013 de Sixth Sense, envoyé contre abonnement par le marchand spécialisé dans le règne de George VI, Murray Payne, récemment acquis par Stanley Gibbons.

Les philatélistes ultra-spécialisés dans ces timbres seront aux anges avec ces douze pages de bon papier glacé épais, envoyés quatre fois par an sur la base d'abonnements par année civile depuis le premier numéro de mai 1995.

En décembre 2013, la première page résume l'actualité de l'entreprise. Les pages 2 et 3, Insight, plonge dans les détails des variétés d'un ou quelques domaines du Commonwealth et de l'Empire, continué en pages 3 et 4 par la publication des notes d'un connaisseur complétant toute connaissance des catalogues sur des dates d'utilisation, des nuances de couleur et des variétés.

Au centre, la liste des lots invendus de la dernière vente et leurs prix ; un article en dernière page résumant la vente en question. Pages 8 et 9 est le forum des lecteurs et clients envoyant découvertes et interrogations. Un dernier article spécialisé - une série sur les dates des tirages des timbres malais actuellement -fait face à une grille de mots croisés pour georgesixièmistes.

En bas de la dernière page, le calendrier des salons britanniques où Murray Payne sera présent en 2014.

vendredi 14 mars 2014

Au service de Sa Majesté en France occupée

Le 25 mars 2014, la Royal Mail émettra son habituelle série des Britanniques d'exception, cette année tous nés en 1914. De nouveau, après 2012, une femme courageuse est honorée pour ses actions au sein du Special Operations Executive, service de renseignements créé en 1940 pour opérer dans l'Europe sous domination nazie.

Les photographies des archives militaires illustrant cet article ont servi pour les timbres au format carré émis par Royal Mail.

Noorunissa (ou Noor-un-Nisa) Inayat Khan en uniforme (photographie conservée aux Imperial War Museums).



 Noor Inayat Khan était la fille du fondateur d'un mouvement de « soufisme universel » qui voyagea en Europe et aux États-Unis pour le diffuser, d'où la naissance de Noor à Moscou en 1914.

Musulmane donc, indienne par son père, états-unienne par sa mère, la famille quitte la Russie au tout début de la Grande Guerre pour l'Angleterre, puis Suresnes en 1920 où ses parents diffusent musique et soufisme. Au printemps 1940, la mère et les enfants suivent l'exode vers Bordeaux et embarque pour l'Angleterre où, malgré les enseignements pacifistes de leur père, Noor et un de ses frères décident de s'engager.

Après plusieurs postes, elle devient une agent de la section France du Special Operations Executive. Arrivée en France en juin 1943, elle refuse d'être rapatriée lorsque dans les semaines qui suivent presque tout son réseau d'opérateurs radio et de nombreux résistants sont arrêtés par le Sicherheitsdienst, le service de renseignement des SS.

Seule agent du SOE en opération dans Paris, elle devient l'ennemi numéro un du SD qui la capture en octobre 1943 après la trahison par l'un ou l'autre des agents français du SOE - le premier possible agent double, l'autre par jalousie... Son arrestation et son premier mois d'interrogatoire furent terribles pour les agents du SD, des aveux mêmes de leur chef à Paris. Si elle ne divulgua rien, les cahiers qu'elle tenait donnèrent hélas suffisamment d'informations pour que les Allemands la forcent à continuer d'émettre, ce dont furent victimes trois agents envoyés en France avant que le SOE ne se rendent compte d'avoir perdu Inayat Khan.

Après une de ses évasions, elle est envoyée en prison en Allemagne et placée au secret, toujours entravée de chaînes de novembre 1943 à son exécution à Dachau, le 13 septembre 1944, aux côtés de trois autres agents françaises du SOE : Yolande Beekman, Éliane Plewman et Madeleine Damerment.

Noor Inayat Khan est l'une des trois seules femmes du First Aid Nursing Yeomanry du SOE décorées de la George Cross en 1949 à titre posthume. Sur le chemin hautement philatélique entre la British Library et la Royal Philatelix Society, à Londres, une statue en bronze peut être vue depuis 2011 dans les jardins de Gordon Square. Le timbre du 25 mars prochin est le dernier honneur en date.

Odette Brailly, épouse Sansom pendant la guerre, épouse Churchill et Hallowes après, en uniforme (photographie conservée aux Imperial War Museums).
Philatéliquement, elle rejoint Odette Brailly, née en 1912 à Amiens et orpheline de la Grande Guerre. Mariée en 1931 à un Anglais, Roy Sansom, mobilisé en 1940.

Le courage a parfois besoin du hasard pour apparaître : c'est une erreur d'adresse qui fait qu'elle est recrutée par le SOE. Au lieu d'envoyer ses documents familiaux sur la région de Boulogne à l'Amirauté, qui recherchait de tels documents au printemps 1942, elle les envoie au War Office.

Arrivée à Cannes la même année, elle sert de courrier à Peter Churchill, déjà en opération sur place auprès de la Résistance. Trahi par un infiltré, ils sont arrêté en Haute-Savoie en avril 1943 et expédiés au siège parisien du SD.

Condamnée à mort en juin, elle est envoyée au camp de Ravensbrück et doit sûrement sa survie à la croyance qu'ont eu ses bourreaux qu'elle était la femme de Peter Churchill (ce qu'elle fut de 1947 à 1956), et que celui-ci avait un lien de parenté avec le Premier Ministre.

Odette Brailly est faite membre de l'Ordre de l'Empire britannique, la première et la seule survivante des trois femmes du FANY décorée de la George Cross en 1946.

Violette Szabo en couverture d'un carnet de timbres au type Machin de 1995, une des nombreuses manifestations en sa mémoire au Royaume-Uni et à Jersey (source de l'image).
La Franco-Britannique Violette Szabo était la troisième décorée de la George Cross et « la plus brave d'entre nous » d'après Odette Brailly. Elle est capturée deux jours à peine après le début de sa deuxième opération en France, en juin 1944 dans le Limousin.

À cause de l'invation alliée, elle est rapidement expédiée en Allemagne avec d'autres agents du SOE prisonniers qui ont témoigné du moral qu'elle a permis de conserver pendant la déportation en train et au camp de Ravensbrück.

Violette Szabo est exécutée en février 1945 aux côtés des agents Denise Bloch et Lilian Rolfe.

Elle fait l'objet d'un grand nombre de monuments et d'œuvres inspirées de sa vie : un film Carve Her Name With Pride en 1958 et a inspiré l'héroïne espionne/assassin un jeu vidéo de 2009, Velvet Assassin.

À défaut d'un timbre commémoratif, le Post Office illustra en 1995 ses carnets de timbres d'usage courant d'héros de la Seconde Guerre mondiale, dont Violette Szabo.

...

Tant d'héroïnes, tant de héros, si peu d'émissions de timbres qui leur sont destinées.

Tant de bêtises obtuses, nationalistes, racistes, pétainistes, fascistes ou impérialistes, voire pire aveugles, entendues dans notre actualité de 2014.


jeudi 13 mars 2014

Le Commonwealth philatélique dans les périodiques de fin février-début mars 2014


En cette semaine britannique et Commonwealth, un tour des articles dans les périodiques philatéliques reçus depuis ces trois dernières semaines.

Comme chaque mois, le marchand du 79 Strand, London, The Stamp Centre, propose une publicité de deux pages jetée dans les deux principaux magazines britanniques. Que du catalogué dans le Commonwealth & Empire de Stanley Gibbons et en lots à sommes promotionnelles (19.95, 39.90, etc) ; ce mois-ci : la première série d'usage courant et une collection complète des timbres-taxe de Guernsey et ses aléas de production, tout un tas d'usage courant oblitérés d'Australie du temps de George V, les George VI des Détroits et surchargés pour les États princiers de l'Empire des Indes, des fuites d'imprimerie avec les essais pour s'assurer qu'il était possible d'émettre en vingt-quatre heures des timbres pour chaque médaille d'or britannique aux Jeux olympiques de 2012, vignettes de Noël promouvant la lutte contre la tuberculose en Afrique du Sud dans les années 1950...

et des classiques de Suède des années 1870 ??? ... Un effet d'une exposition à la Royal Philatelic Society London, suivi d'une énorme exposition à Monacophil ?

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Dans Stamp Magazine daté avril 2014, la rédactrice des news, Julia Lee, part à la découverte des dix Britanniques nés en 1914 que Royal Mail a décidé d'honorer d'une série le 25 mars prochain - j'y reviendrai demain (ou samedi) - tout en rapportant un effet de mode qui contrit la même Royal Mail qui avait pourtant montré le mauvais exemple. En 2012, une boîte aux lettres de rue a été peinte couleur dorée dans la ville d'origine de chaque médaillé d'or des Jeux olympiques d'été... Les fans de Lizzy Yarnold, championne en skeleton (ne me demandez pas, je ne suis ni neige, ni glace), ont décidé de peindre une boîte à WestKingsdown, Kent.

Historique et hautement philatélique, la soapbox (un lecteur proposant un mini-article) de Robin Restall présente ses trouvailles réalisées avec un scanner des variations dans l'impression du 1 pence et demi du couronnement de George VI. Il montre ainsi que les techniques modernes aident à vérifier et approfondir les connaissances publiées dès 1949.

Pour faire le tour du Commonwealth, alliance solidaire toute Britishness rejointe par le Mozambique en 1995 et le Rwanda en 2009, il faut presque faire le tour du monde :
- aux Indes occidentales, John Winchester voyage avec Christophe Colomb jusqu'à Grenada,
- en Afrique australe, Noel Davenhill étudie les surcharges de la décimalisation de 1961 au Basutoland, Bechuanaland et Swaziland, sur les timbres desquels apparaissaient encore la reine Elisabeth II.

Et, même quand ils quittent les limites de la communauté des nations, les auteurs de Stamp restent captivants : Dave Hill revient sur un sujet érodé avec les timbres de l'inflation allemande de 1923... avec des utilisations réelles, sans forcément en coller des dizaines.

Le mois prochain, sortie le 10 avril outre-Manche et disponible à Paris au WHSmith près de la place de la Concorde avec tout un tas de romans et de livres en anglais.

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Gibbons Stamp Monthly daté mars (il arrive en fin de mois dans ma boîte) varie encore plus la Britishness dans toutes ses limites depuis l'étude - et non le copier-coller de Phil@poste comme en France - des nouveautés commémoratives et des trouvailles dans les usages courant par des auteur réguliers philatélistes, dont John M. Deering et son Machin Watch mensuel étendu, depuis longtemps, aux timbres de distributeurs et aux timbres régionaux.

Même si le mandat britannique en Mésopotamie est terminée depuis 1932, il n'y a que sept ans que l'Iraq est indépendant et que le très jeune - 3 ans - Faisal II monte sur un trône digne du futur Lion King de Disney, avec un oncle putschiste en faveur d'une alliance avec l'Axe pendant la Seconde Guerre mondiale. John Holman fait découvrir les timbres de son règne qui finit tragiquement le 14 juillet 1958.

Plus loin à l'est en Asie, Rob Holley inaugure une série d'articles sur les surcharges réalisées pour pallier le manque de timbres dans les États malais fédérés de 1899 à 1901, avec le tigre comme animal thématique de ces figurines.

Un tour en Amérique du Nord avec l'étude par John Hillson du Half Cent Small Queens du Canada  de la toute fin du dix-neuvième siècle, tandis que Iain Stevenson se plonge dans une introduction aux entiers postaux de la confédération.

Striking est l'émission de Gibraltar du 2 novembre 2013 : le timbre porte sur la traditionnelle cérémonie des Clés, celles de la forteresse gardées par le gouverneur sauf le matin et le soir quand le sergent les emprunte pour la fermeture et l'ouverture des portes de la ville. Les vignettes se-tenant permettent d'honorer le gouverneur, désormais retraité, le vice-amiral Sir Adrian Johns.

Pour clore le magazine avant le supplément au catalogue, l'ancien rédacteur-en-chef Hugh Jefferies signale les surcharges contemporaines de Fiji, listées dans le Western Pacific Catalogue. Enfin, David Horry continue de détourner l'histoire des classiques du Commonwealth avec une fausse émission non-émise : ce mois-ci, c'est un palmier sur timbre d'Antigua de 1953 qui est le héros du délire. Horry est auteur d'une étude des marques postales des Indes occidentales et d'un recueil de ses égarements sur timbres du règne de George VI.

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La perle des lectures mensuelles se trouvent dans le London Philatelist daté mars 2014.

Brian Livingstone remonte l'origine de la photographie du roi George VI par Bertram Park qui servit pour plusieurs séries d'usage courant de colonies, dont Grenada, en 1937. À partir des archives photographiques de la Bibliothèque royale à Windsor, des photographies conservés dans la Collection royale et au British Postal Museum & Archives, il confirme que le portrait date de 1933 et qu'une partie des décorations portées par celui qui était alors duc d'York a été repeintes pour mise à jour au fur et à mesure des années jusqu'à l'évènement, ajoutant ainsi les insignes acquis.

Cerise sur le gateau, le discours sur le calendrier des émissions, précipité et retardé par l'abdication de décembre 1936, est illustré d'un projet non émis de timbres de Ceylon à l'effigie d'Edward VIII.

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N'oublions pas les blogs qui permettent régulièrement d'essayer de suivre la philatélie contemporaine au rythme où les philatélistes britanniques l'écrivent :
- celui régulièrement tenu et commenté par le marchand Norvic Philatelics,
- Postal Labels of the UK de Brian Sinnott pour les distributeurs de timbres,
- Machin Mania.

Et les sites de référence sur le net ou sur les lieux des institutions qu'ils représentent :
- le British Postal Museum & Archives qui, espérons-le, aura bientôt un musée en plus de son actuelle salle des archives à Mount Pleasant,
- les collections philatéliques de la British Library, juste à côté de la gare Eurostar de Saint Pancras,
- la National Philatelic Society,
- plus tenu à jour, mais mine d'archives, les sites liés au GBStamps.com,
- et la complète et chaleureusement tenue bibliothèque de la Royal Philatelic Society London.

Promis pour ceux qui préfèrent les affres de nos élus présidents républicains, 
bientôt Marianne revient dans ses pages.