lundi 26 septembre 2016

Nouveau billet, nouvelle génération au Royaume-Uni

Depuis mardi treize septembre dernier, la Banque d'Angleterre a commencé la diffusion du nouveau billet de cinq livres sterling à l'effigie du Premier Ministre Winston Churchill. Elle entame une nouvelle génération de billets en passant au polymère.

Habitude toute britanniques, les banques écossaises suivent avec, dès demain, la Clydesdale Bank émettra son billet de cinq livres en polymère, suivie par la Bank of Scotland le quatre octobre et la Royal Bank of Scotland le vingt-sept octobre.
Le labyrinthe du palais où naquit le grand homme, une citation historique, Big Ben hologramme parmi les mesures de sécurité (compte Flikr de la Bank of England).
L'étape est à réussir dans un pays où j'ai pu voir des commerçants dénués d'appareils de vérification être hautement méfiants envers les billets de cinquante livres d'avant 2011.

Le nouveau billet est plus petit, réputé plus propre grâce à un support impropre aux champignons, résistant à l'eau (bientôt les tests par les youTubeurs) et à durée de vie plus longue...

Tellement de qualités révolutionnaires que les participants australiens de StampBoards.com moquent les métropolitains qui découvrent un matériau bancaire employé dans la Grande Île depuis un billet commémoratif en 1988 et sa série générale depuis 1992.

La Reine Elizabeth II, une couronne en relief,  les blasons des quatre pays unis du Royaume (compte Flikr de la Bank of England). 
À l'âge d'internet, le lancement du billet nouveau fait appel à tous les moyens possibles. Fini est le temps où la pédagogie sécuritaire se limitait aux reportages didactiques des médias et aux prospectus dans les banques et les commerces.

Les images sont rangées dans la banque d'images Flikr. Le billet a même son propre site de présentation : The New Fiver, comprenant un concours de vidéo pour les écoles. Et même trois clips sur youTube : introduction sur une musique digne de l'Angleterre éternelle, sécurités, production.

Par contre, les touristes ont jusqu'au cinq mai 2017 pour utiliser les billets à l'effigie de la réformatrice du dix-neuvième siècle Elizabeth Fry. Ensuite, c'est le guichet de la Bank of England.

Prochain épisode monétaire en mars avec la nouvelle pièce d'une livre de la Royal Mint. Pour les prochains billets plastiques : le dix livres et l'écrivaine Jane Austen est prévu pour l'été 2017 et le vingt livres consacré au peintre Turner d'ici 2020.

samedi 24 septembre 2016

The Witcher, fierté vidéoludique de la Poste polonaise

A translation of this article in English is available on SebPhilately since Monday 26 September 2016.

Depuis vendredi seize septembre 2016, des millions d'adolescents et d'adultes non philatélistes se sont vus rappelés par leurs sites d'information préférés, ici et , que les timbres-postes existent encore : un des grands jeux vidéo du moment a droit à son timbre de six złotys en Pologne.
Le timbre à l'effigie de Geralt de Riv dans son feuillet (Poczta Polska).
Les joueurs de jeu vidéo se voit proposer par la Poste polonaise cent quatre-vingt mille exemplaires d'un feuillet d'un timbre sur la série The Witcher et son héros Geralt de Riv qui a atteint son troisième épisode en mai 2015 sur ordinateurs sous Windows et les consoles de salon actuelles.

Les jeux sont inspirés des nouvelles et romans de fantasy de Andrzej Sapkowski, traduits en France comme le Cycle du Sorceleur aux éditions Bragelonne. Dans un univers mêlant Europe médiévale et magie, le héros combat tous les monstres et dangers menaçant les humains dans un monde grand ouvert à l'exploration par le joueur.

Un coup de pub ?

Pas forcément : un seul timbre polonais qui honore un écrivain polonais, pour une partie de son œuvre connue dans le monde, et des jeux vidéo liés créés par un studio polonais, CD Projekt RED.

Où ai-je mis ce bloc de timbres vidéo-ludiques ramené par un ami après un voyage au Japon ?

vendredi 23 septembre 2016

Même la Centrafrique est étudiée dans Gibbons Stamp Monthly

Mercredi matin, l'encre numérique avait à peine eu le temps de sécher sur l'article des coins et recoins que le lendemain matin, le numéro daté octobre 2016 de Gibbons Stamp Monthly dévoilait la philatélie contemporaine d'un pays d'Afrique francophone, peu explorée par la presse philatélique francophone.

Après le Bénin en novembre et décembre 2015 avec Nicholas Pertwee, Michael Round affronte en six pages [des sels pour ranimer les lecteurs évanouis de fatigue de la nouvelle petite formule de Timbres magazine, s'il vous plaît] la République centrafricaine : son histoire coloniale, ses timbres gravés de l'indépendance, ses oblitérés sur commande pour le marché des pochettes de débutants, ses dirigeants et empereur Bokassa, ses multiples imprimeurs.

Et surtout, comment les différents catalogues de timbres traitent les timbres de ce pays depuis les oblitérés des colonies jusqu'aux émissions illégales. L'éditeur Michel liste tout, Yvert surcote les neufs des colonies alors que les oblitérés sont difficiles à trouver.

Mais aussi, quelques preuves qu'avec persévérance le collectionneur et l'historien postal peut explorer ce pays indépendant par les oblitérés et les courriers : l'essentiel des illustrations proposées par Round sont dans cet état ! Dont deux flammes postales à la française des années 1970.

Évidemment, les aléas politiques et militaires depuis 2004, aggravés fin 2012, et le très faible développement humain limite une collection actuelle.

jeudi 22 septembre 2016

Disparition de Jacques Renollaud, spécialiste des relations franco-britanniques

Par un triste mail, le président du Club philatélique franco-britannique, Robert Marion, annonce la disparition de Jacques Renollaud, samedi dix-sept septembre dernier, à l'âge de quatre-vingt-dix ans.

Ancien président du Club et de l'Irish Philatelic Circle, l'académicien européen vendéen s'est illustré dans l'étude des relations postales franco-britanniques jusqu'en 1855 et irlando-britanniques avant les années 1920. Dans Britannica, la revue du Club franco-britannique, il tenait une chronique des nouveautés de la saga Machin.

Un des doyens de la philatélie, il participait encore à Europhilex 2015 à Londres et au World Stamp Show de New York le printemps dernier grâce à son catalogue des lettres prisonniers de guerre français en Angleterre entre 1744 et 1815, auto-édité et disponible via le Club. Vous pouvez lire, sur le site du Club philatélique brainois, le résumé de la collection proposée par M. Renollaud au sein d'une exposition d'académiciens européens pour Braphil'15, lors du bicentenaire de la bataille de Waterloo.

mardi 20 septembre 2016

Coins et recoins à explorer dans la presse britannique

En 2017, ce fera une décennie que deux magazines philatéliques britanniques me surprennent fréquemment malgré leurs styles fort différents. L'été 2016 n'a pas fait exception.

Inattendue série de guerre d'Afrique du Sud...
Si Adrian Keppel fait le tour du monde des grands classiques dans ses chroniques d'une page, Stamp Magazine explore des séries d'usage courant plus modernes avec l'aide de ses auteurs réguliers et de quelques spécialistes invités. On se souviendra de la Nature du Japon (1992-1998-années 2010) par Nicholas Pertwee dans le numéro daté mars 2016.
Un joli bloc de timbres d'un penny et demi à l'effigie de Bob Kershaw. Notez les séparations entre les timbres (emprunt au site marchand africastamps.co.uk, apparemment un bon point de départ d'une collection).
Dans le numéro paru en août (daté septembre), pendant que ses confrères français roupillaient sous le soleil, le rédacteur-en-chef Guy Thomas lançait avec enthousiasme l'article de Daniel Scheepers sur la série d'Afrique du Sud pour « l'effort de guerre ».

L'auteur évoque la genèse et l'évolution de la série de 1941, au format diminué entre 1942 et 1944, économie de papier oblige, en six pages illustrées de grandes images (évanouissement de la rédaction du nouveau petit Timbres magazine au format plus petit, aux images microscopiques et aux articles très courts).

Les anecdotes pullulent rendant la série attrayante à étudier : comment l'imprimerie gouvernementale s'y est-elle pris pour créer les "bantams", les versions petit format ? Certes, recalibrer les illustrations, mais aussi faire face à l'impossibilité de denteler chaque timbre. L'auteur le rappelle : en neufs, ces timbres se collectionne par paire bilingue (un timbre en anglais se-tenant à un autre en afrikaan) voire en triple pour certains bantams séparés par des tirets à l'emporte-pièce.

Les marges de propagande en faveur des emprunts d'État voisinent avec le choix des personnages : divers corps d'armée, des femmes sous uniforme et pas qu'infirmière, un ouvrier, mais... Malgré le choix de Maître général des Postes et du Ministre des Postes et Télégraphes, le Premier Ministre Jan Smuts refusait l'apparition d'un soldat noir sur un des timbres que le capitaine Neville Lewis devait dessiner. L'Apartheid se rapprochait.

Trois des portraits représentaient des Sud-Africains réels : l'infirmière Barbara Palmer, l'aviateur Bob Kershaw (décoré pour un acte héroïque l'année précédent le timbre de 1942) et le marin Clive Edward Peter, immortalisés par Lewis.

Comment intéresser les collectionneurs français ?

Après l'entrée en guerre du Dominion d'Afrique du Sud le quatre septembre 1939 - à une petite majorité de son Congrès, l'armée sud-africaine a principalement servi sur des théâtres africains : Éthiopie, Afrique du Nord, et de là Italie, mais aussi l'invasion et l'occupation de Madagascar, colonie fidèle au régime de Vichy... donc une menace navale si le Japon l'atteignait.

Quels timbres utilisaient les services militaires postaux sud-africains à Madagascar et en Afrique du Nord ?

... à la surprenante série australienne « Vivre ensemble ».
Le mois suivant - numéro actuel daté octobre 2016, c'est Alaistair Gunn qui se plonge dans une série très contemporaine aux dessins peu conventionnels : Living Together en Australie émise en 1988.

Vingt-sept valeurs du cent - la diversité religieuse - au dollar - sur les services de secours, qui apparaissent pour le bicentenaire du premier établissement européen permanent... Et les thématistes et historiens lèvent et chassent le lièvre à la suite de Gunn : une série pleine de bons sentiments, adorables par les différents styles de dessins, mais maladroites par moment.

Aucun lien avec les Aborigènes. Rarissimes les personnages non-Européens, voire même l'évocation des multiples cultures présentes dans cette terre d'immigration, à part les différents types de lieux de culte sur le un cent justement.

Pour revenir à l'étude philatélique en troisième page (c'est un article court oui...), certaines valeurs émises correspondent à des changements de tarifs entre les trois émissions échelonnées pendant l'année 1988. À partir d'octobre 1989, les réimpressions sont indiquées par des koalas dans la marge des feuilles - un par réimpression.

Contemporaine et avant la généralisation de l'e-mail et du sms, on pourrait croire à la facilité d'une collection d'histoire postale (... mais avec de grandes images). Et non, outre le changement de tarif de 1988, dès 1989, une nouvelle série est lancée sur les sports qui a affecté les Living Together de manière inégale de 1989 jusqu'à 1997 ! Alistair Gunn signale la difficulté des utilisations seules sur lettre de quatre valeurs.

Sus aux boîtes d'enveloppes des marchands au prochain salon !

Et même pour les historiens postaux classiques.
Certains ne continueront de jurer que par les lettres du dix-neuvième siècle. Soit : Gibbons Stamp Monthly daté septembre propose un article fort pédagogique de John L. Kimbrough (son site web) sur comment juger de la rareté des premiers courriers des États confédérés aux premières semaines de la Sécession de 1861-1863.

Sans jamais donner de sommes en dollars, Kimbrough explique quelles dates recherchées avec un texte historique et postal dense de quatre pages (un aussi grand nombre de caractères, quel plaisir de lecture).

En effet, il faut différencier la date officielle de la Sécession de chacun des onze États, de la date de fondation des ou de ralliement aux États confédérés d'Amérique des treize États au final, de la date de fin des services postaux des États-Unis et de la mise en place de ceux du nouveau pays...

Ouf !

Un tableau résume le tout et permet de suivre l'article, complété d'un tableau des tarifs postaux de cette courte histoire postale.

À suivre pour les ventes aux enchères, quelques exemples montrant comment à quelques jours près comment deux enveloppes peuvent avoir une valeur historique très différente.

Le summum étant un courrier ayant circulé à partir d'un de ces États en sécession mais avant qu'il ne se joigne aux États confédérés : une fenêtre allant de quarante-six jours pour la Caroline du Sud à une semaine seulement pour la Caroline du Nord. Sortez calendrier perpétuel et atlas routier des États sudistes !