dimanche 21 décembre 2014

Orgueils et préjugés franco-britanniques en bilan de fin d'année

La livraison du dernier numéro de 2014 du britannique Stamp Magazine, daté janvier 2015, flattera l'orgueil des collectionneurs français, tout en bousculant leurs préjugés et suscitera réflexions sur la façon dont leurs opérateurs postaux et services philatéliques les considèrent malgré leurs efforts en cette année 2014 finissante.


Pour l'orgueil, Michael Chambers consacre un article richement illustré à la carrière de Pierre Gandon, avec photographie d'une lettre de l'artiste donnant sa version de la genèse de la Marianne de 1945.

La philatélie britannique se pique de plus en plus de la taille-douce de France, une chance pour les auteurs et les collectionneurs français qui veulent passer à l'assaut de la grande île.

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Pour les préjugés et les réflexions, lire l'éditorial de Guy Thomas sur l'envie de bien faire de Royal Mail envers les collectionneurs... maladroitement appliquée à leur grande colère.

Ainsi, en omettant bien sûr l'inflation de leur nombre, le rédacteur en chef constate l'historique effort graphique du programme philatélique en général et celui d'être plus commémoratif pour celui de 2015... sauf que, faute d'atteindre les médias grand public, l'homme de la rue ne le saura jamais. Un lecteur exprime sa déception que le timbre à l'effigie de Margaret Thatcher, au sein d'une série sur les Premiers Ministres, n'a provoqué aucun débat ; pourtant Google témoigne des articles qui ont été consacrés à cette émission.


Ensuite, Thomas se félicite d'une activité inouïe dans les centres de tri pour que les slogans des flammes d'oblitération (oui... la technique moderne le permet, n'est-ce pas La Poste !), autant pour des messages d'importance régionale que nationale. Néanmoins, les imprimantes jet d'encre britannique porte bien leur nom : elles jettent de l'encre sans trop se soucier de la lisibilité :(


Finalement, les quatre années des timbres de distributeurs avec leurs versions d'usage courant (effigie Machin et Union Jack) et temporaire (faune et flore variées) semblent montrer l'avenir de la philatélie... Cependant, les philatélistes spécialisés dans cette nouvelle espèce courent les bureaux pour comprendre les variations de police causées par les changements de machine et les mises à jour de logiciel, leur apparition sur des illustrations non prévues par Royal Mail elle-même.

Pour Thomas, ces variétés ont été créées inutilement... mais n'est-ce pas le cas de bon nombre de surcharges des colonies : en rouge ou en noir, bien droite se-tenant à de travers. Il y en a dans l'empire français comme britannique : voir l'article du même numéro sur les tourments du nouveau postier britannique du protectorat d'Oil Rivers (devenu ensuite le protectorat de la Côte du Niger).

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Tout ceci  fait écho aux aléas des bonnes intentions du nouveau directeur de φ-φ, Gilles Livchitz, qui s'est montré, en juin 2014, très attentif aux demandes et plaintes des représentants régionaux de la φFAP... qui lui firent remarquer que ses prédécesseurs avaient montré le même empressement à leur plaire LOL

Donc, des émissions suscitant le désir des collectionneurs : Trésors de la (vieille) philatélie, gavage des oies à coups de reprise d'usage courant anciens à tout va... Bilan : destruction d'invendus et surchargement à la logique évanescente. N'est pas Françoise Eslinger qui veut ! Nah !


Au bilan fin 2014, quant Royal Mail fait imprimer les code-barres des feuillets dans une marge découpée si vendus par son service par correspondance / conservée si vendus en bureau, φ-φ annonce que ces barres qui chagrinent certains seront aisément effaçables à la gomme, voire à l'eau, selon le procédé d'impression du bloc. Comme si le marché des variétés falsifiées ne causait pas tant de victimes.

Cela me rappelle un mail de Julia Lee de Stamp Magazine me demandant, en 2007, de vérifier une rumeur parvenue jusqu'à Londres : l'encre d'un des timbres de France pouvait aisément s'effacer avec une gomme. Hop, achat de deux exemplaires de la galerie des Glaces et, en effet, l'encre s'efface... tout comme celle d'autres timbres commémoratifs d'aspect très lisse, pour ne pas dire copier-coller d'une banque d'images. Merci de proposer quelque chose qui peut déjà se faire, ça vous place au niveau de l'Omni-Président chartiste qui promettait un tiers du programme en taille-douce alors que c'était déjà le cas...


Évidemment que les houleuses relations que des associations philatéliques ont - ou, en l'occurence, n'ont pas - avec plusieurs directions de bureaux et de centres de tri pour obtenir des premiers un bureau à oblitération spéciale et d'éviter une oblitération inesthétique des seconds, ce sera pour quand il y aura un capitaine sur le navire postal pour rappeler que le mousse φ-φ a sa place dans l'équipage.

Sur ce point, Royal Mail a une solution protectrice quoique peu environnementale et qu'elle retire l'effet « je suis passée par un centre de tri » à l'enveloppe - mais à un exemple de courrier massacré au stylo ou au feutre par numéro, les centres de tri british valent les nôtres.

On peut imaginer offrir un des nombreux invendus des trésors de la philatélie aux collectionneurs premierjouristes qui rapporteraient dix enveloppes en plastique.

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2015, ici comme au-delà de la Manche, sera encore une année difficile pour les relations tripartites entre les collectionneurs conservateurs, les services philatéliques et les centres de tri.

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Ah, au fait, je la ramène encore, mais... deux directeurs depuis la retraite de madame Eslinger et QU'EST-CE QUE CE <époque de Noël, de paix et de compréhension> DE φ fait encore sur les timbres de France (sans demander pourquoi ceux-ci sont encore à valeur faciale numérique) !!!


dimanche 7 décembre 2014

Des territoires impénétrables ou presque sur France Culture

Quand il n'y a pas assez de temps pour philatélier autrement qu'en lisant les abonnements mensuels britanniques, on se cultive les oreilles pendant les divers trajets qui parsèment la vie de homo urbanicus : en allant travailler, faire les courses, etc.
Image-totem de l'émission CulturesMonde (site de France Culture).

Magie de la modernité : nul besoin d'être disponible pour écouter une émission de radio lors de sa première diffusion. Podcast propriétaire ou capture à travers de multiples logiciels externes ou internes au navigateur internet.

Ainsi, cette semaine de trajets professionnels nocturnes (vivement que le solstice soit dépassé), écoute des quatre émissions sur les « territoire impénétrable » de CulturesMonde, diffusé à onze heures du dix au treize novembre 2014 par France Culture.

Et les philatélistes apprécieront certains thèmes et témoins.

Le lundi : les « royaumes ermites » avec les exemples des dictatures fermées de Corée du Nord et de l'Érythrée. Et dont pourtant, au moins pour la première, les timbres-poste se diffusent en masse.

Mardi : « Quand les frontières s'entrouvent » en Birmanie et en Iran, l'une en cours de démocratisation, l'autre une démocratie qui dépayse l'occidental sécularisé. Du courrier en perspective ou les nouvelles technologies sont-elles déjà trop présentes ?

Mercredi : « Terres saintes, entrée interdite » avec la gestion des flux humains à La Mecque et Jérusalem, mais aussi le territoire religieux, machiste et émetteurs de timbre-poste qu'est le mont Athos en (dehors de la) Grèce.

Enfin jeudi, deux témoins de territoires très difficiles d'accès, autant par les moyens et distances que par les autorisations nécessaires : l'océanographe Paul Tréguer évoque la conquête de l'Antarctique depuis la course au pôle Sud jusqu'à l'invasion des touristes... Mise en perspective des articles du reporter Pierre Jullien sur sa croisière des Terres australes françaises en seize épisodes répartis entre novembre et décembre 2014... et du débat d'il y a un an sur le tourisme antarctique quand un navire russe en perdition avait retardé plusieurs missions scientifiques.

Doublement mise en perspective par le témoignage de Clarence Boulay qui a passé une année entière à Tristan da Cunha, territoire d'un outre-mer très isolé du Royaume-Uni. Aventure scientifique et sociale, où la vente de timbres-poste n'a pas encore détroné la pêche et est concurrencée par les escales de paquebots pendant l'été austral.

L'émission se termine à la base Concordia où la glaciologue Albane Barbero a passé l'année 2013 et dont elle a nourri un blog.

samedi 15 novembre 2014

Lundy n'intéresse pas que les ornithologues et les philatélistes

Au gré des lectures de magazines philatéliques, il est des sujets où l'auteur de ces lignes se dit que, décidément, ne s'y intéressent que les personnes en manque d'images dentelées gommées : le système bipostal andorran quant le reste du monde ne va dans ce pays que pour les produits détaxés, la multitude des souverains locaux disposant leurs effigies sur des timbres censément d'un pays membre de l'Empire britannique ou de la Fédération de Malaisie ou d'une communauté d'émirats...

Sans oublier pourquoi, en Antarctique, des manchots adéliens acceptent d'emprunter une passerelle et pourquoi on en fait un timbre.

Dans ces sujets figurent les postes privés des îles et îlots britanniques, tellement peu peuplés et difficiles d'accès, que l'administration des postes de Sa Majesté a très tôt trouvé trop coûteuses à desservir. Comme Lundy à dix-neuf kilomètres du Devon, au sud-ouest de l'Angleterre, à deux heures de ferry des ports proches.

Pour une histoire postale et des images des timbres à valeur faciale émise en puffin ou macareux au sud de la Manche, voir cette page non datée du Stamp Collecting Blog.

Et bien, j'avais tort, en découvrant pendant un séjour anglais, dans The Times, pardon un de ses multiples magazines additionnels du week-end The Sunday Times Magazine du dix août 2014, une rencontre entre la journaliste Victoria Coleman-Smith et le manager de l'île Derek Green. Version (payante) en ligne par ici.

lundi 20 octobre 2014

Comment fait La Poste pour faire oublier la prochaine augmentation ?

Depuis le premier octobre dernier, La Poste essaie de communiquer à l'opposé des réactions de l'annonce d'une forte augmentation des tarifs postaux du service universel de la lettre au premier janvier 2015, et ce, rapidement dans la presse et... au cinéma.

La couverture du Figaro du 3 octobre 2014 (copie d'écran du site).
 Alors que les lecteurs des journaux en ligne gaussaient l'entreprise postale qui augmente les tarifs de produits de moins en moins utilisés, il fallait bien réagir et réattirer la clientèle vers les activités contemporaines du groupe.

Rien de bien neuf : en septembre 2013, un petit chaperon bleu postal faisait découvrir les offres data de La Poste.

Effet garanti en tout cas : la une du bleu conservateur Figaro qui devient jaune canari. Un slogan-rappel fort : « aujourd'hui dans Le Figaro. Tous les jours dans votre quotidien ».

La couverture de Libération des 4 et 5 octobre 2014 (copie d'écran du site).
Le lendemain, numéro de week-end du plus libéral Libération avec oblitération fictive de la plate-forme industrielle courrier de Paris Nord à Gonesse (95504 cedex).

Celui-là fut acheté par votre serviteur, surtout pour le dossier sur « La nuit menacée » à Paris où les habitants souhaitent plus de calme de la part des noctambules.

Quels messages individuels pour La Poste ?

En page deux, un bloc de vignettes dentelées - certains symboles ont la vie dure - résume en images : tout pour comprendre que votre colis et les services postaux vous parviendront vaille que vaille, quitte à utiliser un téléphone mobile.

Puis, quelques cases dans le journal explicite : livreur de colis page 7, La Poste « donne des bras, des jambes et un sourire à Internet » page 9. Pages 13 et 15, l'application mobile de La Poste permet « d'avoir un bureau de poste dans [son] bus », permettant pages 21 et 23 de suivre vos colis. En grasse matinée et la flème, pas de souci, le site de La Poste - pages 39 et 41 - vous permet d'acheter des timbres et d'envoyer du courrier depuis son domicile.

Pour finir page 49, une pique sur les tarifs : « Morlaix-Tokyo : 0,98 €* / Qui dit mieux ? ». L'astérisque précisant qu'il ne s'agit pas du prix du voyage du lecteur pour Tokyo.

Retour au cahier de une : « Connaissez-vous les nouveaux services de La Poste ? »

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Le rédacteur en chef du journal Laurent Joffrin précise sur la véritable une que l'invasion jaune est une opération de communication entre deux alliés objectifs : « elle distribue les journaux - à un tarif préférentiel - et subit, comme eux, le défi de la mutation que lui lancent les réseaux en ligne ».

Un métier en difficulté communiquant à travers un autre métier en difficulté...

Heureusement que La Poste connaît le cinéma : destruction de 4L postale dans Les Visiteurs en 1993 côté film, Le Jeune côté publicité en 2002.

Surprise ce mercredi soir au cinéma, La Poste présente encore des jeunes, désormais à l'époque de la famille nouvelle - recomposée ou au désir tardif de deuxième enfant : le très grand frère gérant la toute petite sœur, et faute de talents de blanchisseur, devant faire appel à toute la panoplie nouvelle de La Poste pour se faire livrer dare-dare le jumeau du doudou avant le retour des parents.

Belle tentative en trente secondes de rappeler à la génération web et portable que le courrier a besoin d'opérateurs postaux pour circuler. Quitte à l'inciter à la correspondance en transformant l'écriture-clavier en carte postale imprimée par La Poste elle-même.

À en croire Le Figaro Économie du 2 octobre, c'est un bombardement publicitaire que subissent mes compatriotes regardant encore la télévision à horaires imposés, avec concours TF1 de Montimbramoi... Heureux je suis d'appartenir à la génération pour qui l'écran affiche ce que je veux quand je le souhaite.

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Cela aura-t-il un effet sur le chiffre d'affaires et les profits de La Poste ? Aucune idée, même si je pense que c'est par la fidélité des entreprises à ses services qu'elle tiendra bon.

Mais, il faudrait rattraper les clients particuliers en effet, qui, technologie aidant, ne sont obligés de passer par l'entreprise publique que pour les recommandés par obligation légale, et peut-être la réception de colis où les concurrents se multiplient.

Les collectionneurs de vignettes, eux, ont l'air d'avoir déserté le champ de bataille. Déjà, le passage du nombre de timbres vendus au nombre de timbres imprimés devait cacher un souci et faire croire à des pénuries...

L'émission de luxe de timbres en taille-douce pour lettre recommandée, « Les Trésors de la philatélie », sponsorisée par la φFAP, voit φ@l@laposte détruire la moitié du tirage pour tenter d'attirer les collectionneurs paniqués de l'avoir ratée et, remarque le blogueur Pierre Jullien, les spéculateurs de tout poil y venir pour les années suivantes.

Incinération pour tenter d'animer du feu sacré les visiteurs du Salon d'automne de novembre qui apprécieront les réchauffés :
1) carnet des nombreux timbres de juin : chers clients, pourriez-vous vous contenter de carnets commémoratifs autocollants plutôt que de coûteuses feuilles dentelées gommées ? Ça aiderait notre marge bénéficiaire.
2) la surcharge des invendus d'une autre feuille coûteuse. Quel meilleur moyen de marquer les soixante-dix ans de la première effigie philatélique Marianne émise par le phénix républicain à Alger qu'en employant une autre effigie maculée d'encre...

LOL

comme dirait ironiquement les jeunes.

jeudi 2 octobre 2014

L'international projet gravure d'Adrian Keppel

Pour les amateurs francophones de taille-douce et de gravure, le Néerlandais-Écossais par adoption Adrian Keppel accumule, depuis avril 2013, nombre de données sur les graveurs de timbres-poste du monde entier.

La page d'entrée du blog Stamp Engravers d'Adrian Keppel, le 2 octobre 2014.
Keppel tient une chronique dans le mensuel britannique Stamp Magazine, y présentant une série d'usage courant par numéro, de sa genèse à sa carrière en une page. Jusqu'en décembre 2013, il a également tenu le blog du magazine ; ce dernier disposant également d'un forum et de tous les outils des réseaux sociaux.

Stamp Engravers est un blog-base de données qu'il faut consulter par la liste des pays/régions du monde ou celle des auteurs par ordre alphabétique : glissez la page jusqu'à retrouver les index dans la colonne de droite.
L'index pour retrouver les artistes dans la base-blog selon la première lettre du patronyme (au 2 octobre 2014).
L'ordre chronologique des posts signale l'ordre d'entrée du graveur dans la base ; chaque post pouvant être mis à jour par réécriture.

Évidemment, selon ce que la mémoire vivante, orale ou écrite retient, les fiches sont plus ou moins fournies. Les derniers entrées n'ont pas (encore : lecteurs, écrivez à Adrian si...) encore de prénom complet, mais ont dû être retrouvé grâce à leur signature sur timbre ou grâce à un catalogue qui veut bien fournir cette information (on oublie Yvert...).

L'outil se révèle fort utile. Hier mercredi premier octobre, Larry Rosenblums, un des deux rédacteurs du blog Machin Mania a pu ainsi retrouver le graveur des premiers timbres à l'effigie d'Elizabeth II, émis en 1969.

Si tout le monde connaît le père de l'effigie, Arnold Machin, et Czesław Słania, le graveur des Machins  de 1999, comment retrouver celui des timbres de 1969... sans ouvrir un catalogue puisque l'ordinateur est allumé.

Hop, une recherche Google avec site:stampengravers.blogspot.co.uk et nous retrouvons Robert George Godbehear, graveur de timbres néo-zélandais, et par la grâce de la passion machinique, la difficile genèse dessinée puis imprimée de ces timbres.

Un outil pratique que vous pouvez aider à compléter en anglais en participant au forum de Stamp Magazine, dans le fil de discussion consacré aux graveurs.

'Libération' par l'AFP, le plus pédagogue sur la forte augmentation des tarifs postaux

En reprenant hier, mercredi premier octobre 2014, la dépêche de l'Agence France Presse sur la très forte augmentation des tarifs postaux intérieurs de La Poste française le premier janvier prochain, Libération me semble expliquer le mieux les problèmes qui causent et seront causés par ce +7%.
Coûts de l'expédition d'une lettre et évolution du tarif d'expédition d'une lettre prioritaire jusqu'à vingt grammes (AFP via Liberation.fr). Remarquez qu'aucun article de presse ne s'interroge sur comment faire baisser le coût de la distribution, il ne faudrait pas braquer le lectorat.
Les autres médias focalisant sur le coût pour les particuliers et le risque d'aggraver la chute du recours à l'opérateur postal pour envoyer lettres et colis.

Allant même jusqu'à l'outil le plus stupide de la création médiatique : le sondage à question unique comme sur le site du quotidien languedocien Midi Libre. Et, hier soir alors que j'oubliai de sauvegarder l'adresse de la page introuvable ce matin, une majorité des internautes affirmaient qu'ils allaient envoyer moins de courrier...

Ce qu'ils font déjà, incités que nous sommes par les entreprises insistant de plus en plus à souscrire des abonnements ou des services par leurs sites web avec paiement par prélèvements ou carte bancaire.

Reste la facilité de l'AFP à parler du « prix du timbre », ce qui pour les collectionneurs de phi-vignettes postales a un goût amer de lait tiré d'une vache à lait.


Dernière joie, recommencée après l'augmentation de 2011, la Marianne des Français de Thierry Lamouche n'est pas morte et résiste face à ses deux successeurs, celle du deuil sous l'omni-Président, puis celle du quiproquo sous l'actuel. Et une belle image philatélique : une bonne boîte bien remplie de rouleaux de timbres à validité permanente rouges.

Dernière tristesse : malgré un beau graphique de l'infographiste idé, aucune référence à ce qui pourrait être décidé pour maintenir le coût d'expédition. La moitié est due à la distribution six jours par semaine par des facteurs aux tournées allongées desservant chaque boîte aux lettres de la nation...

N'est-il pas tant de se demander si recevoir du courrier le samedi est essentiel - exception des colis dont il faudrait pouvoir choisir la demi-journée - voire si une tournée un jour sur deux n'y suffiraient pas. Si, dans ces nouvelles zones bétonnées des couronnes périurbaines, un regroupement des boîtes par lotissement n'aiderait pas sur les postes carburant et temps de distribution nécessaires.

Que de sondages simplistes dans les quotidiens pour frigorifier des politiciens ambigus.

samedi 13 septembre 2014

La Poste à la ramasse selon 'Capital' de septembre 2014 ou pas...

Deux petites allusions dans le numéro 276 de Capital daté septembre 2014 annoncent des moments difficiles pour La Poste française. Bien fait pour elle vue la réexpédition chaotique que subit mon courrier de mon ancien domicile. Sauf qu'en creusant les allusions, ce n'est peut-être pas toujours méritée...

Tout d'abord un beau dossier pédagogique d'un trio rédactif sur le rôle des autorités indépendantes et de l'activisme de leurs présidents respectifs ; ces organismes étatiques s'assurant du respect des règles du jeu dans certains secteurs-clés ou stratégiques (télécoms, audovisuel, ferroviaire, énergie, bourse, jeux en ligne) ou de la concurrence globale.

C'est cette dernière, l'Autorité de la concurrence présidée par Bruno Lasserre, qui a une enquête postale sur le feu : elle a « un soupçon d'entente dans les colis postaux »... C'est tout et c'est bien mystérieux. La photographie d'illustration est claire : un facteur en bleu et jaune remettant un colis au scotché portant oiseau postal et la légende « Colis postaux : soupçons d'entente entre Poste et privés ».

En effet, Google Actualités révèle plusieurs articles mi-juillet 2014 sur ce lancement d'enquête. Un vieux sujet puisque le 12 mai 2011, l'Autorité interdisait l'accord de coopération entre La Poste et Mondial Relay, quelques mois à peine après l'ouverture de ce secteur à la concurrence.

Au gré de mes découvertes dilettantes, il est vrai que le secteur du colis de bureau postal à particulier, de point-dépose en point-retrait connaît de multiples acteurs... même si certains appartiennent au groupe La Poste sans trop en faire la référence dans leur publicité, tels La Navette Pick Up et ses transporteurs Geopost.

Sauf que si Capital insiste sur La Poste, l'article de Challenges du 16 juillet (à partir d'une dépêche Reuters) met la loupe sur trois filiales françaises de deux groupes européens et un états-unien : TNT Express et sa filiale TNT Express France, FedEx pour FedEx Express France (original pour l'ancienne Tatex) et Royal Mail pour GLS.

Rien sur une entreprise liée à La Poste...

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Plus tangible est la poste aux armées que les philatélistes militaires savent en réforme en ce début de vingt-et-unième siècle, tel le blog La Poste aux armées qui annonce régulièrement la dissolution des bureaux postaux interarmées.

Avec Capital, nous retrouvons qui fait passer ce courrier « avec l'engagement de livraison, un argument qui a fait mouche » : l'entreprise de restauration collective Sodexho livre depuis 2011 le courrier des militaires français en opération.

Une activité de moins en moins étonnante pour ce groupe, la cantine ne pourvoyant que de faibles marges bénéficiaires que le groupe s'emploie à maintenir par une stricte lutte contre les repas jetés et maintenant le plus possible son personnel peu qualifié, mais bien formé.

Il s'emploie donc, en France et dans le monde, à développer des activités de services aux entreprises demandant personnel peu qualifié et tâches répétitives : de la gestion du stress des cadres chinois à la désinfection aux lampes au xénon dans les hôpitaux états-uniens, voire la gestion de salles de sport à côté des cantines de plate-formes pétrolières canadiennes.

Pour les militaires française, ce que ne dit pas Capital dans sa petite phrase, c'est que Sodexho et La Poste travaillent en consortium sur ce contrat depuis novembre 2012 jusqu'à 2016, en se répartissant le travail selon la présence de personnels de Sodexho.

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Finalement, tout n'est pas si sombre pour La Poste. Quant à mon courrier censé être réexpédié... peut-être devrais-je demander à ma concierge de se faire embaucher par Sodexho ?

dimanche 7 septembre 2014

Jean-Pierre Callu : discret révolutionnaire numismate

Dans son édition daté dimanche 7 - lundi 8 (version web), Le Monde publie la nécrologie de l'académicien, latiniste, historien et numismate Jean-Pierre Callu, mort le 29 août 2014.
Jean-Pierre Callu en tenue d'académicien (site de l'Académie des inscriptions et belles-lettres).
Normalien, agrégé de lettres classiques au début des années 1950, papillonne à l'École pratique des hautes études (EPHE), à l'École française de Rome, il se fixe sur les monnaies pour ses études de l'Empire romain tardif (IIIe-Ve siècle).

Comme la numismatique est considérée comme une basse science auxiliaire de l'histoire, il passe sa carrière d'universitaire comme enseignant de latin et de littérature latine aux universités de Strasbourg, de la Sorbonne, de Rennes et de Nanterre.

C'est en 1981 que l'EPHE crée un statut à la mesure de son œuvre d'historien : il devient directeur d'« histoire et littérature du Bas Empire ».

En effet, au-delà de la traduction et de la leçon des textes latins, jusqu'aux plus négligés, dès les années 1960, il étudie tout vestige monétaire permettant de comprendre l'évolution de l'Empire dans ses derniers siècles : archéologue dans les provinces extérieures, rat de bibliothèque dans les cabinets de médaille et collectionneurs dans les catalogues des collections célèbres et des ventes.

Cette étude systématique lui a permis de renouveler la connaissance de la circulation monétaire, et par là, de l'histoire économique de l'Empire tardif.

Depuis 1995, il siégeait à l'Académie des inscriptions et belles-lettres.


Je me permets de citer la fin de la nécrologie rédigée par Philippe-Jean Catinchi car elle montre en quoi le travail de Callu tranche avec notre époqu de crétins historiens-stars, de numismates achetant des pièces décorées du Vatican, et autres couples de littérateurs mal assortis :


« (...) cet homme discret, presque timide, 
a mené un parcours semblable à son sujet d'études : 
invisible au premier regard mais décisif 
pour qui veut comprendre les enjeux réels de la recherche. »

Aller plus loin, ses deux premiers grands textes fondateurs :
- Genio Populi Romani (295-316) : contribution à une histoire numismatique de la Tétrarchie, 1960 ;
- La Politique monétaire des empereurs romains de 238 à 311, 1969 ;

puis de l'étude de littératures latines :
- Lettres, puis Discours du sénateur Symmaque (340-405), 1972-2009 ;
- avec Anne Gaden et Olivier Desbordes, tome 1 de l'édition de l'Histoire auguste, 1992 ;
- avec Pierre Riché, Correspondance de Gerbert d'Aurillac (alias pape Sylvestre II), 1993.