lundi 5 décembre 2016

L'Inde démonétisée d'ici le 30 décembre ?

Cinquième semaine de l'après-démonétisation en Inde au cours de laquelle les Indiens qui souhaitent encore (ou ne peuvent faire autrement) utiliser des billets de banque au quotidien y parviendront aisément, pour la première fois depuis l'annonce-surprise du mardi huit novembre dernier du Premier Ministre.

Depuis, son gouvernement et l'opposition multi-partite s'affrontent par discours et médias interposés, chacun des camps trouvant une excuse pour ne pas le faire au Parlement. La journée de mobilisation nationale de l'opposition paraît bien loin, sept jours pourtant.

Car, depuis, le gouvernement a lancé toutes ses cartouches dans la dématérialisation des paiements du quotidien, en parallèle de lutte policière contre l'argent sale.

Toujours avec le suivi en direct de The Times of India (semaines 23 et 4 par les liens).

Lundi cinq décembre : pas de nouvelle, bonne nouvelle ? Hélas non.
L'éducation par l'exemple : tous les paiements des départements du gouvernement de plus de cinq mille roupies à ses fournisseurs et bien plus, se feront par voie électronique désormais.

Les journalistes sont-ils blasés des files d'attente ? Lassé de suivre les discours ? La mort de Jayalalithaa, ministre-en-chef du Tamil Nadu après une carrière primée au cinéma dans les années 1960 et 1970, occupe les médias indiens.

Mardi six décembre : saura-t-on le devenir monétaire des campagnes ?

dimanche 4 décembre 2016

Semaine n°2016.48 dans l'actualité postalo-philatélico-caissedesdépôts

Il gèle, il pèle, il bise, même dans le sud de la France... L'hibernation approche. C'est peut-être pour cela que j'apprécie de faire le point, le soir, sur la démonétisation en Inde.

En attendant, quelques nouvelles variées glanées au long de cette somnolente semaine.

Dimanche vingt-sept novembre : écumez, écumez Gallica, il en sortira toujours quelques choses.
L'auteur du blog Timbres au type Semeuse est parvenu à retrouver les photographies d'un reportage de presse à l'Atelier du timbre du boulevard Brune, à Paris, réalisées en 1913. Il en remercie Gallica, le site à explorer de la Bibliothèque nationale de France.

Une recherche avec l'expression Boulevard Brune, et en limitant aux photographies. Mais, sûrement que d'autres trouvailles discrètes restent à explorer. Un portail philatélique ?

Jeudi premier décembre, le soir à Nouméa : la lettre au Père Noël au journal de la 1ère.
Au journal télévisé de la chaîne publique Nouvelle-Calédonie 1ère (en rediffusion à la demande par ici), les enfants des écoles maternelles de Nouméa sont venus poster, sous un sapin entouré de palmiers, leurs lettres au Père Noël, préparées en classe.
La gigantesque boîte aux lettres du Père Noël à Nouméa (Nouvelle-Calédonie 1ère, journal de 19h30 du premier décembre 2016).
Certes pas d'enveloppes, pas de timbres, pas d'entier postal de service en retour - quoiqu'une fête est annoncée pour le vendredi vingt-trois...

Attendrissant de sincérité avant de passer aux déplorables nouvelles adultes suivantes >:)

D'ailleurs, ce reportage fut un des derniers non politiques diffusés sur la version télévisée de France Info, dans sa case outre-mer, avant que le président de la République annonce son départ anticipé en retraite.

Jeudi premier décembre, en journée à Montpellier : condamnation en appel pour le pillage de la Jeanne-Elisabeth.
Hier samedi, Yannick Philipponat a résumé l'affaire et signaler les condamnations prononcés en appel à Montpellier contre les pilleurs de l'épave d'un navire marchand - mais transporteur de fonds - suédois, pris dans une tempête entre Cadix et Marseille, mi-novembre 1755.

La localisation, à quelques mètres de la plage de Maguelone, ensevelie sous une couche de sable, fut trop tentante pour un pêcheur de Palavas-les-Flots condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis. Quatre complices sont condamnés à du sursis. Le groupe doit un peu plus d'un million d'euros de dommages et intérêts à l'État pour les dommages causés.

Par contre, le numismate mis en examen est finalement relaxé faute de preuves : aucun des prévenus n'a avoué l'identité de celui qui aurait acheté les cinq cents kilogrammes de pièces d'argent agglomérées.

Cette triste histoire avait permis, en février dernier, au journal Le Monde d'expliquer le travail du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASS) de Marseille et les conditions inouïes de l'échouage qui ont permis une excellente conservation du bateau.

Vendredi deux décembre : pas de grand feu d'artifice à Genève ? Des étincelles en France.
Lors de la vente aux enchères de prestige, la veille, les deux pièces uniques proposées chez David Feldman se sont vendus moins cher que l'estimation quoiqu'à des sommes défiant mon imagination économique limitée : 1,23 million d'euros pour la plaque d'impression des Post Office de Maurice et le double pour la lettre de Bombay.

Côté français du lac Léman, les silex s'entre-choquent pour mettre de nouveau le feu à l'émission à tirage excessivement limité sur papier de tellement haute technologie qu'il fallut s'y reprendre à plusieurs fois avec des phosphorescences différentes...

Oui, encore l'émission confidentielle pour spéculateurs du bicentenaire de la Caisse des dépôts. Désolé.

On aurait cru que la vente privilégiée aux abonnés des associations fédérées et aux visiteurs prévenus à l'avance du Salon d'automne de quelques milliers d'exemplaires de plus, aurait clos l'affaire... Tout en interrogeant sur combien de privilèges faut-il accumuler pour acheter un timbre commémoratif dans ce pays LOL

Non ! Il a fallu que les plus curieux sortent leurs lampes à ultra-violet et signalent, dès le premier jour du Salon d'automne, des différences entre la vente premier jour du vingt-huit avril et la vente quasi-générale de novembre.

Jusqu'à l'incendie débattoire. Certes, le blog choisi, sur la phosphorescence, paraît approprié sur le thème, mais pourquoi martyriser le pauvre article sur le Nouvel An chinois de 2014 sans barres ? Le webmestre a sifflé, vendredi, la fin de partie en prenant un recul bienvenu sur les acteurs en présence.

Où les joueurs trouveront-ils un nouveau terrain de jeu ? À suivre sur le plan des stands du prochain salon philatélique national ?

Samedi trois décembre: des timbres d'émirats arabes sur lettres !!!
Parmi les nombreuses discussions continuées ou lancées sur le forum StampBoards, une rappelle que certains timbres des émirats arabes des années 1970 peuvent présenter un intérêt au-delà de la thématique oblitérée dès l'imprimerie : s'ils ont servi sur courrier.

Voire davantage pour les errinophiles pour les vignettes de propagande indépendantiste acceptées seules sur lettre par la poste d'un État-soutien : c'est ainsi le cas de timbres du Dhufar (ou Dhofar) sur une enveloppe recommandée de 1972 à destination d'un marchand londonien de timbres, avec cachet de la poste syrienne.

Face à la dureté du régime absolu de l'époque, la région, particulièrement exploitée, s'est rebellée contre le sultan d'Oman dans les années 1960. Dans le contexte de la Guerre froide, la rébellion finit par opposer les voisins communistes du Yémen du Sud et les deux Grands communistes aux autres pays arabes liés au Royaume-Uni.

samedi 3 décembre 2016

L'Académie de philatélie exposait à Londres

Jeudi dernier, le vingt-quatre novembre, des membres titulaires et correspondants français ou associés étrangers de l'Académie de philatélie étaient invités à exposer au siège de la Royal Philatelic Society London.

La majorité des collections furent consacrées à la France, métropolitaine comme d'outre-mer. Quelques-unes à des correspondances étrangères arrivées ou parties de ce pays, ou françaises passées par l'étranger. Quelques-unes développaient d'autres pays francophones - Haïti par Guy Dutau, l'enclave du Lado par Patrick Maselis - ou sur lequel l'expertise française (du graveur, de l'imprimeur et du collectionneur) s'exerçait - Louis Fanchini et les timbres de Grèce.

Le menu est disponible sur le site de l'Académie et les résumés des présentations au format pdf sur celui de la Société.

Esprit de contradiction oblige, mon résumé trop succinct s'attache à ce que mon regard à trouver inhabituel, mais la lecture n'a pas négligé les autres collections proposées.

Ainsi, les pêcheurs français sur les grands bancs de l'Atlantique Nord de 1896 à 1939, travaillant sur leurs navires toute la saison de pêche durant, sans escale. Leur courrier était confié aux navires ravitailleurs ou croisés à l'occasion, ainsi qu'aux navires-hôpitaux de la Société des œuvres de mer. Le livret-souvenir reproduit deux éléments proposés par Hendrik Schlabbink une carte déposée par un tel navire en Islande pour Cannes ; et une lettre taxée en France déposée non affranchie en Nouvelle-Écosse.

En cartophilie innovante, Michèle Chauvet évoque le quart de siècle d'existence des cartes porcelaine, à l'aspect lithographique particulier permis par la céruse, un des carbonates de plomb, dangereux pour l'utilisateur...

Plus éphémère encore, Jean-Christophe Jacquot se concentre sur la liaison maritime de la Compagnie générale transatlantique entre Panamá et Valparaíso, au Chili, de mars 1872 à février 1874, dans le contexte de la concurrence impériale avec le Royaume-Uni.
La lettre entre Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon de 1875 présentée par Peter Kelly (copie d'écran du livret de l'exposition RPSL-Académie de philatélie du jeudi vingt-quatre novembre 2016).
Lignes de la C.G.T. poursuivies par Peter Kelly dans l'océan Indian de 1864 à 1882, avec, entre autres, une lettre entre négociants, partis de la Réunion - affranchie par cinq timbres de trois séries différentes - à Saint-Pierre-et-Miquelon via Aden, Marseille et la Grande-Bretagne. Je suis très curieux de savoir qui avait acheté (ou avait besoin de) quoi entre ces deux extrêmes coloniaux.

Spécialiste des duchés et villes entre Allemagne et Danemark, Chris King propose des lettres de soldats danois envoyés depuis le nord de la France qu'ils occupent de janvier 1816 à l'automne 1818, conformément au traité de Paris (celui de novembre 1815 probablement, faisant suite à celui de 1814 et de l'aventure des Cent-Jours).

Prix du modernisme avec Jean-Jacques Rabineau qui atteint l'année 1977 et la genèse du type Sabine de David par Gandon, suivi de près par Jean-Pierre Magne et le service express de Maurice entre 1903 et 1966. Ce dernier explique que moins de soixante-dix lettres sont connues avec les timbres surchargés spécifiques jusqu'à 1910, et qu'au-delà, les courriers sont rares.

Presqu'à la fin du cheminement, l'histoire postale de Montpellier jusqu'à 1849 apparaît, non sous les cadres de Michel Soulié, président de l'Association postale de Montpellier, mais de Iain Stevenson qui a étudié l'histoire du Collège des Écossais, lieu d'études fondé par l'Écossais Patrick Geddes en 1924 sur les hauteurs nord de Montpellier.

Merci pour cette diverse-tissante et inspirante lecture.

mercredi 30 novembre 2016

Des origines du scoutisme aux îles éparses de l'Atlantique

Deux expositions temporaires au siège de la Royal Philatelic Society London pour explorer un thème et une région.

Le jeudi vingt-sept octobre, Hallvard Slettebö a proposé six expositions en une sur le scoutisme, thématique qu'il développe abondamment sur son site web.

Sa collection grand or sur le succès du scoutisme depuis le siège de Mafeking au cours duquel les éclaireurs de Robert Baden-Powell s'illustrèrent comme facteurs, jusqu'à la diffusion du mouvement dans le monde avant la Seconde Guerre mondiale. Elle se conclut sur une carte postale oblitéré - grâce à une pomme de terre gravée - le premier jour du service postal organisé par les scouts polonais, cinq jours après le début de l'insurrection de Varsovie, en août 1944.

La deuxième partie poursuit sur ce rôle postal des scouts dans les camps de personnes déplacées au sortir de la Seconde Guerre mondiale en Europe, avant d'explorer l'histoire postale du scoutisme au Royaume-Uni, en Norvège et dans les autres pays d'Europe et du monde jusqu'en 1957, centenaire de la naissance de Baden-Powell et le cinquantenaire de la fondation du scoutisme.

Qu'il est agréable de lire une collection thématique sans « papier-peint » d'agence.

Le jeudi dix novembre, ce sont les spécialistes des îles britanniques de l'Atlantique au sein du West Africa Study Circle qui ont proposé de découvrir la philatélie et l'histoire postale de Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha.

Courrier précurseur (1677 pour Sainte-Hélène), études classiques des timbres, histoire postale. Qu'est-ce qui m'a marqué ?

Après la découverte de ceux des guerres anglo-françaises de 1744 à 1815 avec Jacques Renollaud, l'étude du courrier des prisonniers de guerre fait halte à Sainte-Hélène - île-prison - pendant la deuxième guerre Anglo-Boer (1899-1902). Barry Burns et Kevin Darcy précisent que des camps de prisonniers boers furent également ouverts à Bermudes, Ceylan et en Inde, en plus de ceux en Afrique du Sud.

Les collectionneurs des colonies et protectorats français iront voir dans le pot-pourri où Burns présente des fiches cartonnées sur lesquels sont collés des timbres de Sainte-Hélène surchargés par les postes de Madagascar, de Mauritanie et de Tunisie, des spécimens envoyés conformément aux règlements de l'Union postale universelle. Une pratique que Burns et Bernard Mabbett ont pu confirmer jusqu'aux années 2000 lorsqu'ils ont catalogué et rangé les archives de la poste de Saint-Hélène en 2013 : deux cartons contenant des émissions neuves de nombreux pays du monde des années 1990 et 2000 ont été retrouvées.

Graham Mytton présente des enveloppes fort intéressantes : envoyées depuis Ascension de 1991 à nos jours, elles l'ont toutes été pour des motifs nécessaires. Courrier des auditeurs insulaires au BBC World Service, puis courrier entre le siège social et les employés sur place de l'entreprise entretenant les équipements de la BBC sur Ascension.

Le fascicule-résumé se conclut par une bibliographie. Celui-ci avec celui de Hallvard Slettebö sont consultables au format pdf sur le site de la RPSL par ici.

lundi 28 novembre 2016

Démonétisation en Inde : "et ça continue encore et encore"

Quatrième semaine de l'opération main propre du Premier Ministre Modi à l'échelle des échanges monétaires d'un État-continent entier.

Quelques rappels : brutalement, depuis le mercredi huit novembre dernier, minuit, les billets de cinq cents et mille roupies n'ont plus de valeur marchande, sauf pour quelques exceptions de service public, d'intérêt social ou pour faciliter la vie économique d'un pays privé de numéraires d'un coup.

La Reserve Bank of India peine à diffuser les nouveaux billets de cinq cents et ceux de deux mille posent des problèmes de rendu de monnaie. Les Indiens devront faire avec quelques semaines encore, surtout avec le durcissement des conditions de l'échange anciens/nouveaux billets, ou passer à la dématérialisation des paiements pour peu que certains gros acteurs économiques jouent le jeu.

Ce lundi vingt-huit, l'opposition furibarde sur la manière de faire et alarmée des problèmes des plus modestes et des agriculteurs appelait à une mobilisation nationale pour faire barrage à cette politique.

Toujours avec le suivi en direct de The Times of India (semaines 2 et 3 par les liens).

Lundi vingt-huit novembre: jour de colère.
Les compte-rendus de manifestations permettent aux journaux de reprendre les principaux arguments d'incompréhension des partis d'opposition : l'impréparation des autorités, la surprise subie par le peuple, la lutte contre l'argent sale et la corruption en introduisant une nouvelle coupure de valeur supérieure, pourquoi le Premier Ministre n'a-t-il pas présenté cette politique lors de l'ouverture de la session de l'Assemblée nationale quelques jours après...

Cependant, ces partis sont divisés : de ceux qui appellent à un Bharat bandh, une forme de grève générale, à ceux qui acceptent le moyen et le but de la démonétisation, mais pas la méthode : ainsi, des quartiers de commerces fermés alternent avec de grandes marches ou une vie urbaine toujours active. Les transports ferroviaires et aériens fonctionnent sans souci.

Néanmoins, cette journée permet à de nombreux chefs des gouvernements fédérés et des dirigeants politiques locaux de s'exprimer sur le sujet et de rappeler les groupes sociaux qui souffrent le plus depuis le début du mois. Certains ministres en chef mènent même des manifestations.

Les réponses des membres du Parti du peuple indien, au pouvoir, sont identiques depuis trois semaines : ceux qui s'opposent à la démonétisation sont ceux qui ont de l'argent sale à cacher.

En attendant, The Times of India a fait le tour des files devant les distributeurs automatiques de Delhi, de la banlieue vers le centre : l'approvisionnement laisse à désirer. Il vaut mieux attendre devant les appareils installés aux stations de métro.

Mardi vingt-neuf novembre : la fin du mois arrive... avec les fiches de paye.
Les protestations publiques ont continué dans une certaine mesure aujourd'hui. Les commerçants d'un village manquant de liquidités sont restés fermés. Et Mamata Banerjee tenait meeting à Lucknow, en Uttar Pradesh.

Le Premier Ministre a répondu tactiquement : ils demandent aux députés fédéraux et fédérés du Parti du peuple indien (BJP) de remettre les relevés de transactions de leurs comptes bancaires entre le huit novembre et le trente-et-un décembre au président du parti.

Plus pratique, le gouvernement a abaissé deux taxes sur les banques pour qu'elles installent un million de terminaux de paiement par carte dans les trois prochains mois. Et une coopérative agricole, l'Indian Farmers Fertiliser Cooperative, va former les agriculteurs à la banque dématérialisée.

D'après la Reserve Bank of India, soixante pour cent de la valeur des billets démonétisés ont été récupérés, l'essentiel par versement sur les comptes bancaires et trois pour cent par échange.

Dans les étranges effets de la démonétisation : de la nuit du mardi huit aux trois jours suivants, cent mille téléphones Apple ont été vendus en Inde, certains magasins les vendant même au-dessus du prix habituel. Plus sérieux, l'année 2016 est celle où le plus de combattants maoïstes se sont rendus aux autorités dans l'Est du pays : près de mille quatre cents dont plus de cinq cents en novembre.

Victimes de la démonétisation sont les touristes qui se sont retrouvés en cours de voyage avec l'essentiel de leur budget en billets sans valeur, atteignant le plafond de leurs cartes bancaires, subissant des frais prohibitifs des commerçants et restaurants pour faire accepter ces billets.

Enfin, mardi marque, jusqu'au dix décembre, de la période de paiement des salaires en Inde, avec les retraits de numéraires par les employeurs ou les salariés... Les banques ont de grandes craintes car, si les livraisons de billets de cinq cents roupies augmentent chaque jour, le nombre fourni ne suffira pas. Pour la logistique, les groupes bancaires mettront à disposition plus d'employés et de comptoirs, et continueront à proposer des comptes en banque et des solutions dématérialisées aux travailleurs des secteurs informels.

Mercredi trente novembre : journée légère, rien ne change.
L'article de mercredi matin de Times of India confirme le problème de la paye mensuelle : des agences bancaires dans des quartiers centraux des métropoles indiennes ont dû fermer plus tôt que prévu, faute de billets en quantités suffisantes.

La Reserve Bank of India confirme avoir doublé sa capacité d'impression de nouveaux billets de cinq cents roupies, ainsi qu'augmenter celle des billets de cent roupies. Cependant, les billets de deux mille restent ceux les plus disponibles dans les banques et les automates de retrait... et comme l'ensemble des acteurs économiques a tendance à thésauriser les billets de cent...

Se multiplient les faits divers qui atteignent les journaux : hier, à Ghaziabad, le directeur d'une banque et un de ses clients ont prété sur leurs fonds propres l'argent nécessaire pour une crémation. L'agence n'a reçu que deux jours de billets la semaine dernière et aucun billet cette semaine.

Problème de riche : la banque centrale devrait mettre un an pour vérifier et détruire quinze milliards de billets démonétisés, escomptant récupérer soixante-dix pour cent d'entre eux.

Jeudi premier décembre :
Les chefs des partis de l'opposition ont rencontré le président de la république pendant que la session d'hiver des deux chambres du Parlement continuent à être bloquées par la démonétisation. L'opposition accepte d'entendre le Premier Ministre s'il y a un vote, mais étant minoritaires pour une censure, ils multiplient les ajournements.

Le président a reçu un mémorandum en opposition à la nouvelle loi fiscale votée punissant les revenus non déclarés d'une amende de soixante pour cent du montant découvert.

Le gouvernement a continué à communiquer sur la dématérialisation des paiements - à marche forcée - en indiquant qu'une hypothèse de travail était l'emploi du numéro personnel de recensement de chaque Indien (l'Aadhaar) couplé à l'iris ou une empreinte digitale pour valider une transaction à travers une application téléphonique.

Et il a annoncé que les anciens billets de cinq cents roupies ne seront plus valables pour le paiement aux stations d'essence et pour l'achat de billets d'avion après demain vendredi, au lieu du quinze décembre initialement.

Tout ça pour faire oublier l'aggravation du problème de liquidités ? Au troisième jour de la période du versement des payes et des pensions, les agences bancaires de tout le pays ne parviennent pas à disposer de suffisamment de billets pour faire face aux demandes de retraits. Entre distributeurs automatiques vides et refus de servir les non-clients de l'agence, le rationnement est de mise.

Cependant, des scènes de colère sont rapportées dans la presse un peu partout, notamment quand les agences ne peuvent délivrer que des billets de deux mille roupies alors que les commerces ne parviennent plus à rendre la monnaie...

Vendredi deux décembre : India Ratings et les pieds dans le plat.
Les ministres des finances et de l'intérieur tentent d'appeler à la patience face au manque de billets : d'ici le trente décembre, la situation sera revenue à la normale. Pendant que les services fiscaux garantissent suivre toutes les pistes de dépôts et d'échanges suspects pour retrouver les fraudeurs à la déclaration des revenus.

L'agence India Ratings & Research estime que seulement douze pour cent de l'argent sale va être supprimé par la démonétisation, celui sous forme d'activités illégales payées en liquide et le trafic de fausse monnaie. Elle estime également que les conséquences positives seront limitées : elle évalue à une diminution d'un point de la croissance du produit intérieur brut pour l'année fiscale 2016-2017, avec une baisse des rentrées fiscales ensuite à cause du ralentissement de l'activité économique.

Côté rural, la Cour suprême a interrogé le représentant du gouvernement sur la raison d'avoir exclu les banques coopératives rurales de la démonétisation, entraînant des difficultés monétaires dans les campagnes. Réponse : leur inexpertise à détecter les faux billets.

Suspendu depuis le onze novembre face au manque d'agent liquide - notamment pour les conducteurs de camions, les péages sont rétablis sur les autoroutes et routes fédérales. Les anciens billets de cinq cents roupies peuvent y être utilisés jusqu'au jeudi quinze.

Bonne nouvelle pour le gouvernement dans la dématérialisation de l'économie : dans la ville de Gurugram, en Haryana, la police routière sera équipée, la semaine prochaine, de lecteurs de cartes pour le paiement électronique des amendes et comprenant un lecteur de puces des cartes sans contact.

Mauvaises nouvelles : les chauffeurs de taxi (pour l'achat d'essence, affirment-ils) et le personnel de maison veulent se faire payer en billets de banque... Pour les seconds aux patrons de faire la queue devant les banques ou d'économiser leurs rares billets.

Samedi trois décembre : étrangement calme, les journalistes font la queue pour trouver des billets ?
Tiens ! Aucune information sur le suivi en direct des effets de la démonétisation sur le site du Times of India. Les événements et les aléas pour la population seraient-ils devenus si répétitifs ?

Non, la ministre-en-chef du Bengale-Occidental et anti-démonétisation Mamata Banerjee et le gouverneur de l'État Keshari Nath Tripathi, membre du parti du Premier Ministre Modi, et leurs soutiens ont échangé par médias interposés sur pourquoi l'armée surveillait les péages routiers - redevenus payants. L'une, dirigeante élue, s'inquiétant d'une tentative de coup d'État, l'autre, incarnation de l'État, refusant de laisser quiconque s'en prendre à l'armée... Entre rôle de l'armée dans la démonétisation et respect du gouvernement élu par le préfet nommé.

Le ministre fédéral du travail a annoncé que les travailleurs devront recevoir leurs salaires par virement bancaire ou par chèque. Il devrait signer une ordonnance prochainement avant de demander au Parlement d'amender la loi sur le paiement des salaires.

Lentement, le Premier Ministre va-t-il réussir ce pari insensé de mettre fin à toutes les files d'attente et à l'impunité de l'argent sale, pour reprendre les deux thèmes de son discours du jour à Moradabad.

Dimanche quatre décembre : aussi calme médiatiquement que le samedi ?
C'est bientôt Noël. Un cabinet de réflexion gouvernemental, l'Institut national pour transformer l'Inde, offre une prime de dix roupies aux hauts-fonctionnaires de districts par citoyen qui effectuera deux transactions dématérialisées. Ils sont encouragés à user des fonctionnaires déjà formés aux nouvelles technologies pour remporter un prix du district le plus transformé.

Efficacité de la police : à Sambalpur, en Odisha, un vendeur d'alcool et racketteur a été arrêté avec ses fils et des complices, dont un employé de banque, en possession d'une grosse somme en anciens billets démonétisés, mais surtout avec une somme encore plus importante en nouveaux billets de deux mille.

Inefficacité des banques ? La principale agence de cybersécurité du pays avertit que l'encryptage des données bancaire par les systèmes bricolés de retrait d'espèces doit être garantis. Les systèmes sont le micro-ATM et le POS. Le premier est un employé mobile de banque faisant office de distributeur de billets en extérieur et dont l'équipement communique à distance avec les serveurs de l'institution. Le second est simplement l'utilisation des terminaux de paiement pour faire office de vérification de l'identité du client. L'agence rappelle que les informations du client doivent être chiffrées dès que possible et toujours l'être pour la communication entre l'appareil et les serveurs de la banque.

Bande-annonce : la banque centrale a annoncé l'arrivée prochaine des nouveaux billets de vingt et cinquante roupies sans démonétisation des anciens billets.

Clap de fin ? Cible des partis d'opposition, Urjit Patel, le gouverneur de la banque centrale indienne depuis septembre, sera peut-être laissé tranquille sur son train de vie. Son établissement a divulgué ses salaires et avantages, ainsi que ceux de son prédécesseur. Monsieur Patel consomme moins de voitures avec chauffeur (deux) et, s'il loge dans la résidence officielle de Mumbai, la banque ne lui paye pas d'employés.

À suivre dans un nouvel article.