mardi 22 août 2017

Oblitération pointilliste lisible en Malaisie

Que ce soit Royal Mail au Royaume-Uni, Postes Canada ou le Postal Service aux États-Unis, les oblitérations jet d'encre à petits points laissent bien souvent à désirer en termes de lisibilité du lieu et de la date d'impression, voire de la possibilité de comprendre le message de la flamme.
Timbre sur la faune de Malaisie et oblitération lisible de loin (ne cliquez pas !) du vingt-neuf juin 2017 (merci Hasbullah et Postcrossing).
Le point commun des trois pays anglo-saxons est de rentrer les informations postales dans un rectangle très allongé, rappelant peu le format traditionnel de l'oblitération.

Début juillet, j'ai reçu un exemple de Malaisie grâce à un échange en aveugle de Postcrossing : à points d'encre et au format cachet rond et flamme ondulée.

À distance normale de lecture, c'est agréable : marque du vingt-neuf juin 2017 à Pusat Mel Nacional, littéralement « centre national du courrier » en malais. Une recherche Google semble indiquer que c'est le nom du - notez le singulier - centre de tri national de la poste malaisienne, situé à Shah Alam, capitale de l'État de Selangor où se situe la capitale fédérale Kulua Lumpur.

Vue de près, c'est un petit peu flou car une des couches de points est décalée vers la gauche, mais la densité de points correctement placés limite les conséquences : une leçon pour les centres de tris des opérateurs cités en début d'article ?

jeudi 17 août 2017

Le programme des jeudis de la RPSL pour 2017-2018

Le programme des conférences et des expositions des jeudis de 2017-2018 a été récemment publié sur le site de la Royal Philatelic Society London.

Royaume-Uni, Empire et Commonwealth bien entendu, mais avec de nombreuses escapades outre-mer, ponctuées de quelques promenades maselisiennes.

Nouveau président belge de la Société, Patrick Maselis proposera, le huit février, une exposition sur l'ensemble de la « fin du catalogue » des timbres de Belgique : fiscaux, aériens, carnets, taxe, roulettes, timbres des postes locales et ferroviaires. Son rôle de président du Club de Monte-Carlo, réunissant des collectionneurs importants et des institutions - et organisateur de Monacophil, se verra avec une sélection des collections du Prince Albert II de Monaco, le dix-sept mai.

Les expositions de groupes seront nombreuses, invitant successivement la Deutscher Altbriefsammlung-Verein le douze octobre, le Belgian Congo Study Circle le vingt-six octobre, l'Académie russe de philatélie le vingt-cinq janvier, l'East Africa Study Circle le quinze février, les membres du Sud-Ouest anglais le dix-neuf avril.

L'Afrique ne sera donc pas contournée ; d'autant plus que, le onze janvier, le Français Maurice Haddida exposera l'histoire postale du Maroc de 1852 à 1925, faisant suite à ses articles conjoints avec le Gibraltarien Richard Garcia dans les récents numéros du London Philatelist.

L'Europe continentale sera complétée par un tour extérieur des Alpes avec une conférence le vingt-huit septembre de Jean Voruz sur le système postal du canton de Genève, une autre le vingt-deux février de Harald Lang sur l'émission d'Autriche-Hongrie de 1867, issu du compromis austro-hongrois, et une exposition le vingt-deux mars de Vittorio Morani sur l'histoire postale de Toscane.

L'Amérique centrale et caraïbe sera évoquée par l'histoire pré-philatélique du Salvador, une allocution de Guillermo Gallegos le neuf novembre, et une chronologie complète des îles Cayman par James Podger le trois mai.
La couverture de l'ouvrage de Bryan Kearsley (site de la Great Britain Philatelic Society).
Côté Royaume-Uni, deux grandes traditions seront étudiées : les entiers gaufrés de 1841 à 1973 exposées par Alan Huggins le vingt-trois novembre et les Seahorses, les fortes valeurs faciales de George V, par une conférence de Bryan Kearsley le cinq avril - douze ans après son livre Discovering Seahorses publié par la Great Britain Philatelic Society.

Que reste-t-il encore du programme ?

Avec les beaux jours, l'ensemble des membres va apparemment être invité à présenter sur le thème de la philatélie polaire le trente-et-un mai, puis pour une compétition « un cadre » estivale le douze juillet.

Et, apparaissent deux titres peu communs de conférences.

Pour la dernière de l'année 2017, Dane Garrod titre son discours du sept décembre de la célèbre citation, devenue expression courante : "Your Very Loving Madeline" (guillemets compris). Une thématique sur Proust ? Sur les souvenirs philatéliques de jeunesse ? Sur les desserts ?
Marcel Proust sur timbre de France de 1966 (via Phil-Ouest.com).
Pour la dernière du programme, Tim O'Connor propose « Le Docteur Franklin s'adressera aux Lords sur l'état de la Poste de Sa Majesté ». Une étude des activités à Londres du Maître des postes colonial nord-américain Benjamin Franklin ?

Les fascicules de présentation des expositions et des conférences sont publiés sur le site de la Royal Philatelic Society London (page Recent displays) ; les vidéos des conférences, diffusées en direct puis à la demande sur youTube, sont accessibles aux membres (à demander au secrétariat pour les non-membres).

mardi 15 août 2017

Occupations française et communiste au Royaume-Uni

Apprendre les langues par les timbres.
StampIT (littéralement, timbre-le) est l'atelier jeunesse de L'Association des sociétés philatéliques écossaises (ASPS).

Parmi les nombreuses activités et sessions que ses volontaires proposent aux écoles et autres organisations, figurent des jeux de plateau et cartes pour découvrir le vocabulaire des langues étrangères.
Le plateau du jeu de découverte du français, créé par StampIT de The Association of Scottish Philatelic Societies.
Après l'espagnol et le japonais, ce mois d'août 2017 voit la sortie de la version avec timbres de France. Chaque jeu peut se télécharger gratuitement sur le site de l'ASPS sous la forme d'un fichier compressé .zip ; il contient une notice explicative (rappelant qu'une version manufacturée peut être commandée), le plateau et les cartes-timbres.

Comprendre l'iconographie communiste par le billet de banque.
À partir du dix-sept octobre et jusqu'au dix-huit mars 2018, rapporte The Guardian hier lundi quatorze août, le British Museum de Londres va exposer une collection de billets de banque de pays communistes pour marquer le centenaire de la Révolution d'Octobre 1917 en Russie.

Cette exposition relaiera celle de la British Library qui se termine le mardi vingt-neuf août. Elle a présenté l'abondante littérature et iconographie de l'époque des deux révolutions russes et de la guerre civile qui s'ensuivit.
Billet de cent shillings somaliens de 1975, consacré exclusivement au travail des femmes : de l'allégorie multi-tâches à l'usine agro-alimentaire (image fournie par le British Museum via The Guardian).
Les billets yougoslave de 1955, somalien de 1975 et chinois de 1980 permettent déjà de voir ce que l'État veut montrer du communisme et ce qu'il souhaite de son peuple - jusqu'à susciter l'ironie du conservateur Tom Hockenhull. En effet, la femme somalienne doit tout à l'État : le défendre au fusil-mitrailleur, nourrir avec une bêche, produire avec la pelle, le tout avec le bébé en bandouillère !

Espérons que les notices seront plus factuelles et que la lecture ne sera pas que la critique capitaliste ultralibérale du communisme.

Une grande partie des billets exposés appartiennent aux collections du British Museum qui compte également une collection de cartes postales, elles aussi étudiées avec la distance critique de ce que veut montrer son créateur, son éditeur et finalement son expéditeur.

Les collectionneurs de timbres, de billets et de monnaie, ou intéressés par les graveurs ont intérêt à visiter le musée londonien - malgré les masses touristiques des voyages organisés, quelques noms connus de nos disciplines y ont leur place.

samedi 12 août 2017

Aucune trêve aoûtienne en Philatélie française

Tandis qu'en Europe de l'Ouest, la météo change constamment, passant d'un épisode Lucifer à de grands vents frais, voire des pluies traditionnelles chez les Britanniques - pas une critique négative, j'adore ce temps pour me reposer du climat méditerranéen l'été, les collectionneurs de timbres, les philatélistes et les services philatéliques et postaux continuent leur activité sans trêve.

Du trois au sept août : des médailles indonésiennes pour les jeunes philatélistes français.
À l'exposition internationale de Bandung, en Indonésie, la délégation française est repartie avec des médailles de belles couleurs : deux d'argent, trois de grand argent et quatre de vermeil en classes thématique et ouverte avec de la faune, des sports, mais aussi de grands repères historique (la Grande Guerre), géographique (New York), civique (le président de la République) ou familiaux (les jeux de société).

Et jusqu'au Grand Vermeil, prix spécial et meilleure collection jeunesse pour Tanguy Pron avec, en philatélie traditionnelle, la série des Coqs de Decaris.

À Bandung, a eu également lieu le congrès de la Fédération inter-asiatique de philatélie qui a choisi le lieu de son exposition de mars 2020 : Auckland en Nouvelle-Zélande d'après la nouvelle délivrée par un membre des forums StampBoards.com.

Le palmarès complet par ici avec beaucoup d'idées de collections sur des thèmes indonésiens et asiatiques, le palmarès français sur le site fédéral.

Quatre et cinq août : Oh, φl@πoste ! Et la trêve du mois d'août ?!!
Déjà que le programme des émissions de timbres-poste de France est long comme le bras d'une grue télécospique capable de poser le parafoudre d'un gratte-ciel émirati, et qu'il s'allonge au gré des demandes tardives ou macronistes : timbres Bazille pour une exposition de peinture presque finie ou Charcot pour aider l'animation d'une réunion philatélique, voilà que le service φl@télique français empiète sur la sacralité du mois d'août où rien ne doit se passer en France.
L'« intensité douce amère du chocolat », un des timbres de Cécile Gambini du carnet Le Goût, émis le samedi cinq août dernier (via Phil-Ouest.com).
Oh, un timbre sur le chocolat, magnifiquement décrit par l'illustratrice de livres jeunesse Cécile Gambini, dans sa version crue ou chocolat noir... Hmmm...

Et sans φ en plus !

...

Où est le piège ?

!!!

Non, mais non !!!

C'est quoi ces façons de faire ?! M'amadouer avec la « boisson des dieux » amérindiens - l'éléphant africain se marie néanmoins avec les médailles jeunesse évoquées à Bandung et Paris-Philex - pour me faire écrire des choses agréables sur les timbres actuels de France...

Aucun respect pour la trêve sans émission du mois d'août donc : Le Goût, un carnet de douze timbres autocollants à valeur d'usage Lettre verte (délivrance théorique en deux jours) émis le samedi cinq et un premier jour le vendredi trente-et-un pour les cinq cents ans du port et de la ville du Havre.

De toute façon, acheter des timbres de collection en août à Montpellier...

Lundi sept août : réouverture du bureau Préfecture à Montpellier.
Après quatre mois de travaux, le bureau historique à côté de la préfecture de l'Hérault a ouvert dans l'aménagement actuel des bureaux de L'Enseigne (le nom de la direction des bureaux à La Poste) : ouste et basta l'alignement de guichets polyvalent postaux et bancaires.

Désormais deux espaces carrés à chacune des entrées s'occupent exclusivement de l'un ou de l'autre, reliés par un couloir longeant les bureaux des conseillers financiers en rendez-vous. Côté postal, l'usager se dirige vers les machines à affranchir, la file des colis et recommandés à poster ou retirer, ou le guichet entreprise s'il est un professionnel inscrit.

Avantage vu dans mon bureau de quartier : si un des postiers en charge d'une de ces spécialisations est libre d'activité, il peut venir aider ses collègues. Inconvénient pour ceux qui ne connaissent pas ce système : ils ont une impression d'attendre longuement dans une seule file sans fin.

Petit inconvénient dont témoigne un membre de l'Association philatélique de Montpellier : si le bureau Préfecture, historiquement le guichet philatélique de la ville, a bien reçu le nouveau cachet oblitérant « Bureau philatélique », il semble qu'au milieu des travaux de reconditionnement de l'espace d'accueil, la relance des ventes philatéliques n'a pas encore été adressée.

Félicitons encore les postiers de Montpellier Préfecture, réels amis de la Philatélie, et qui respectent la quiétude φl@télique du mois d'août. Je promets : aucune ironie dans cette phrase.

Note : les collectionneurs de nouveautés doivent pouvoir encore se fournir aux deux bureaux qui ont relayé Préfecture pendant les travaux.

Mercredi huit et jeudi neuf : Séb à Perpignan.
Un jour et demi de pause venteuse dans la capitale de la Catalogne française et des éphémères rois de Majorque - et sans philatélie, donc je ne sais si le bureau principal de Perpignan est déjà équipé « Bureau philatélique ».
L'oblitération ROC, le point culminant de la promotion touristique depuis la disparition des flammes il y a dix ans... sauf à Monaco, Andorre et, parfois, en Corse.
L'histoire de la ville-frontière géopolitique rend la visite urbaine du centre passionnante : outre la maquette de Perpignan en ses remparts sous la porte Notre-Dame au Castillet, ne pas hésiter à visiter tous les musées et maisons ouvertes pour découvrir comment Perpignan a été embastionné jusqu'à sa véritable libération début vingtième.

Habitué au Montpellier très français : immeubles de pierre et béton clairs, Perpignan m'a évoqué une version Art déco des vieilles façades colorées de la Côte d'Azur anciennement italienne.

La notice de l'ancien évêché (et auparavant académie militaire) et le musée Hyacinthe-Rigaud - rouvert avec une passionnante exposition temporaire sur Pablo Picasso à Perpignan dans le contexte de ses mariages - racontent comment les nouvelles autorités françaises ont intégré les notables catalans à la société française dans les décennies suivant le traité des Pyrénées. Et comment un peintre perpignanais a posé sur la toile l'image du roi absolu pour la postérité.

Côté histoire postale, le petit bureau de la place de la République m'a dépanné de timbres de distributeur, ayant oublié mes vieux timbres, mais l'oblitération comme prévue est d'une tristesse ROCienne : 42618A-01...

lundi 7 août 2017

Faut-il altérer le timbre pour lui donner de la valeur ?

Voilà un possible sujet de l'épreuve de philosophie du baccalauréat français dès que la philatélie aura été ajoutée au programme scolaire de terminale.

Faut-il altérer le timbre pour lui donner de la valeur ?


L'introduction interrogera les définitions des termes altérer et valeur, et de là, retrouver des exemples probants des diverses situations trouvées.

À un extrême qui est le point de départ du sujet, conserver la feuille de timbres neuves, gomme d'origine, sans aucune trace de charnière possède une forte valeur sentimentale, esthétique et patrimoniale à son propriétaire - sauf si c'est un marchand pour lequel cette feuille pèse financièrement dans son stock, jusqu'à ce que d'autres collectionneurs signalent qu'ils souhaitent reconnaître les deux premières, mais pour acheter la dite feuille considérerons une plus modeste valeur chiffrée...
La couverture du livre de James Barron sur le One Cent magenta (via amazon.fr).
À l'autre extrême, il y a le cas légendaire de l'industriel états-unien Arthur Hind qui aurait brûlé un second exemplaire du One Cent magenta du Guyana britannique afin de posséder un exemplaire unique et dont inestimable - comprendre un chiffre fois dix puissance incroyable de dollars à chaque vente aux enchères. La source du brûlement est rappelée par James Barron dans son livre The Once-Cent Magenta, récemment publié - et cité dans le numéro daté août 2017 de Stamp Magazine : le récit du seul autre acteur de la scène, devenu depuis quelques instants l'ancien propriétaire de l'exemplaire brûlé, et qu'il envoya à une publication philatélique de Virginie en 1938.

Entre les deux, le débat commun est les intérêts de collectionner les timbres neufs ou oblitérés, de l'aspect de cette oblitération : du killer cancel au cachet à date bien rond. De là, oblitéré certes, mais décollé ou sur pli ? Sur pièce de correspondance : quelle valeur accorder à l'histoire de l'expéditeur et du destinataire ? À celle des entreprises et pays traversés pendant le cheminement postal ?

Et arrive, en dernière partie, les aléas des service postal et philatélique. Service postal : quelle valeur accordée au choix de l'expéditeur belge de laisser ou de détacher la vignette « Ne pas livrer le dimanche » sous le timbre-poste ? Un bon catholique ? Un courrier suffisamment urgent pour détacher la vignette ? Cela nuit à sa valeur quand le service philatélique plie ou découpe les marges des feuillets commémoratifs pour les faire rentrer dans leur matériel d'expédition.

Que le commerce philatélique démultiplie sous prétexte de prouesses de design ou d'imprimerie - et souci de valoriser les revenus philatéliques au sein du budget de groupes postaux en manque de courrier à délivrer.

Quelle valeur - autre que le revenu du service philatélique - ces timbres en matières variées ont ? Promotion d'un artisanat, d'une filière nationale. Promotion des timbres du pays dans la presse philatélique. Promotion du pays entier si les journaux internationaux sont attirés.

Revenons à l'échelle individuelle des acheteurs de ces timbres. Souvenez-vous des timbres néerlandais de 2007 sur lesquels avaient été emprisonnés des graines de fleurs : faut-il les conserver, stériles, dans un album ? Ou les planter pour réaliser un de leurs buts non postaux ? Ou, conservés par le collectionneur, celui-ci a-t-il eu l'idée de se procurer d'autres graines et les planter, ayant eu une prise de conscience par cette émission ?
Le premier timbre-origami du monde d'après la poste espagnole.
Revenons au pliage : quelles quantités d'encre a coulé sur les timbres ayant subi de malheureuses pliures... Le lundi dix-sept juillet 2017, Correos, la poste espagnole, a émis un feuillet d'un timbre de quatre euros trente-cinq centimes, avec comme légende un plan d'origami pour transformer le timbre en cocotte.

Nouveau dilemme du collectionneur : combien d'exemplaires conserver ? Deux : un tel quel, un plié. Trois ou quatre : avec plié et oblitéré sur demande, et plié et oblitéré sur pli... Au centre de tri et dans les catalogues de cotation : combien d'illustrations a ce timbre ? Une seule ou deux avec la version pliée ? Et le destinataire du feuillet collé oblitéré : appréciera-t-il l'oblitération sur sa cocotte ?

Est-ce du service postal ? Un encouragement aux activités créatives ? Aux débats philosophiques sur l'intérêt du timbre-poste au début du vingt-et-unième siècle ? Y aura-t-il une conclusion heureuse ?