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samedi 7 juin 2025

Boîte aux lettres disparue rue de la Turbie à Monaco

 Lors de mon premier séjour à Monaco, du deux au quatre décembre 2011, j'ai découvert et la principauté et le salon et exposition philatélique Monacophil.

Après la première nuit sur la commune française de Beausoleil, dans un hôtel côté du stade des Moneghetti, j'ai franchi la frontière et, sur la rue de la Turbie, je suis de suite tombé sur un bureau de poste.

La boîte aux lettres du bureau rue de la Turbie, à Monaco, en décembre 2011 (photographie sous licence Creative Commons CC BY-NC-SA).

Actuellement identifié comme le bureau Herculis sur le site de la filiale monégasque de La Poste française, ce bureau avait alors une boîte aux lettres ancienne du modèle français, peinte aux couleurs princières : un bloc rouge et une porte blanche.

La seule distinction de la France étant le rappel aux voisins d'au-delà des hauteurs de la rue qu'il faut « affranchir avec des timbres de Monaco » sur le territoire souverain de la Principauté.

Le bureau de La Poste Monaco, rue de la Turbie, en décembre 2011 (photographie du vingt juillet 2024 sous licence Creative Commons CC BY-NC-SA).

La devanture est très méditerranéenne et azuréenne (sarde = colorée) avec un bandeau de marque bleu marin et un store jaune soleil.

La gestion française est visible par l'affiche publicitaire de La Poste et le logotype de La Banque postale, qui ne paraît pas avoir de spécificités affirmées à Monaco - sauf lois nationales sur les comptes en banque domiciliés sur place ?


Le même bureau de poste en juillet 2021, photographié par un véhicule de Street View pour Google Maps (tous droits réservés).

Comme pour Monacophil 2013 et 2019, j'ai logé à Beaulieu - à mi-chemin entre Nice et Monaco - pour des raisons géographiques autant que pécuniaires, et que la pente est rude dans les Alpes, je n'étais pas retourné à ce bureau.

Google Maps propose par son service Street View de photographies tous azimuts des rues et façades de revoir ce bureau dans son aspect de 2021.

La boîte a disparu... peut-être placer dans des lieux plus passants et sûrement victimes de l'abandon de la correspondance manuscrite ou imprimée matérielle.

La couleur et les affiches sont désormais monégasque : rouge et blanc, annonce d'événements culturels locaux.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

samedi 15 février 2025

Des boîtes aux colis à foison en France

 Les casiers pour récupérer ou renvoyer des colis se multiplient depuis que les plateformes commerciales géantes comme Amazon et les compagnies de livraison à domicile se sont rendus compte de la dissonance entre moment de livraison et capacité du livré à être à son domicile un jour de travail.

En 2016, Tomate d'Amazon était un exemple de ces nouveaux grands meubles urbains. Au sein de ses magasins, la FNAC a ses meubles pour soulager son personnel du comptoir retrait d'achat. Enfin, les résistants comme moi s'efforcent d'avoir soit le numéro de suivi pour dévier vers un bureau de poste ou un point-relais postal ou situé dans un commerce qui m'est utile (une épicerie asiatique ouverte jusqu'à dix-neuf heures).

Un casier de colis Vinted Go à Lattes, au sud de Montpellier. Oui, il voisine avec un long casier Mondial Relay avec un bureau de La Poste au coin du centre Jacques Cœur (vue satellite oblique de ces casiers à gauche au bureau de poste à droite de l'image Google Maps).

Sauf que plus gros les plateformes du web, plus réticentes elles sont à laisser le risque colis à autrui ou un concurrent. Car, en cas de retard, acheteur et vendeur vont se chamailler sur les frais de port... autant de temps qu'ils ne passeront pas à vendre et commander contre commission à la plateforme.

Ainsi, Vinted, spécialisée dans la vente entre particuliers de vêtements d'occasion, installe depuis plusieurs mois ses propres casiers à colis de réception et de retour...

Même si un vêtement, ça s'essaie : il y a des magasins avec cabines d'essayage depuis le milieu du dix-neuvième siècle. Au Bonheur des dames ? Non. Personne. Continuez alors à marchander sur Vinted et à décorer les quartiers denses.

L'en-tête de la page « Comment envoyer un colis Vinted avec La Poste ? ».

Sauf qu'en plus des consommateurs de mode à courte durée de vie, on peut s'interroger sur le rôle de La Poste elle-même : une page conseil spécial Vinted !

Alors qu'il existe des pages de conseils pour les colis : comment emballer, le faire le plus petit possible, les formats avec affranchissements, le faire prendre en charge par le facteur depuis sa boîte aux lettres, etc. 

Sauf que là, il existe l'offre Colissimo Vinted !

Pour un euro et demi de plus que le service de point relais à point relais, La Poste indique une arrivée en boîte aux lettres du destinataire en deux ou trois jours, avec second passage ou modification du lieu de livraison vers point relais inclus.

Le vendeur bénéficie dans deux milles bureaux de boîtes à roulettes de dépose de ses colis pré-affranchis ou du bla-bla-bla marketing La Poste pour : si vous avez imprimé et collé le bulletin d'expédition, le postier scannera le code-barre et fissa.

Avec numérisation totale du suivi par courriel - ce qui me rappelle que les managers postaux pourraient-ils cesser de harceler les postiers remplaçants et intérimaires en décembre-janvier, s'il vous plaît ? Un, ça les stresse inutilement, je suis pas à un jour près et ça évitera aux charmantes postières des retours de La Poste Monaco d'avoir à contacter les destinataires pour s'excuser des aléas de La Poste France. Comment puis-je deviner que le facteur a tenté de livrer contre signature s'il n'y a pas d'avis en boîte aux lettres, managers de mes d... !

Pourquoi donc ne pas automatiser ce suivi par courriel et sms à tous les destinataires l'autorisant lors d'une commande au sein de l'Union européenne. À intensifier le travail des facteurs, autant le faire avec des procédures efficaces, b... de m... !

Une cabine d'essayage de 2023, à la porte imitant une boîte aux lettres classique de France, à Saint-Étienne (Jenna Della Torre pour Le Progrès, treize novembre 2024)

De plus, dans huit bureaux entre novembre 2023 et janvier 2024, La Poste, sous couvert d'adaptation au e-commerce, a testé des cabines d'essayage dans des bureaux de poste rénovés, afin de recevoir et renvoyer de suite en cas de souci... Après la fast fashion, le fast return !

Et tournent les camions postaux !

Ici, un article pour le bureau de Lannion en Bretagne, pour lequel Briac Trébert d'Actu.fr a rencontré également des commerçants textiles et chaussures de la ville... Pour eux, ceci est une provocation de l'entreprise sous actionnariat public en faveur du commerce en ligne contre le commerce en face à face, conseillé et qui peut aussi commander aux fournisseurs dans le neuf, et dont certains entrepreneurs redécouvrent la friperie à l'échelle du bassin de vie des vendeurs et acheteurs.

Il est bon de voir que les magasins d'habillement indépendants, franchisés ou de marques solides découvrent les stratégies des libraires indépendants pour faire valoir leurs qualités et leur capacité à la solidarité pour commander pour un client où que se trouve l'ouvrage recherché... sans passer par les plateformes rouleaux compresseurs.

Pour les cabines d'essayage en bureau de poste, Google Actualités ne signale pas d'article de presse au-delà de janvier 2024, ni apparemment la page Vinted de La Poste... Expérience échouée pour cause de mauvaise réputation ?

Il est vrai qu'en décembre 2023, un des témoins parlaient déjà de Temu et Shein... Et là, ce n'est plus de la vente d'occasion entre particuliers.


Cet article est publié dans le cadre du #Postboxsaturday, habitude créée par des Britanniques sur le réseau social défunt Twitter et poursuivi sur le récent BluSky de publier des photographier des boîtes aux lettres de rue chaque samedi, décoration, environnement urbain ou rural inclus.

dimanche 22 janvier 2023

Un hommage gravé à la Reine Elisabeth II par la RPSL

 Avec son mille cinq cent-et-unième numéro de sa revue The London Philatelist, la Société philatélique royale de Londres a offert à ses membres un portrait gravé de la Reine Élisabeth II, patronne de la Société, réalisé par Martin Mörck à l'initiative de plusieurs membres.

L'arrivée du London Philatelist de décembre 2023.

L'éditorial de Tony Bard et un article de Armağan Özdinç explique la genèse et la réalisation artistique du projet, débuté comme un hommage pour son jubilé de platine, et achevé comme une commémoration après sa disparition, le huit septembre 2022.

Tony Bard souhaita ouvrir l'année éditoriale 2022 par une photographie de la Reine ; l'ancien président de la RPSL Frank Walton lui procura une signée aux initiales par Dorothy Wilding qui inspira la première série d'usage courant du règne élisabéthain. Elle est reproduite dans le numéro 1492 daté janvier-février 2022.

Lors de l'exposition internationale London 2022, en février, Bard rencontra Armağan Özdinç, membre états-unien de la Société, grand connaisseur de l'œuvre de Martin Mörck, et l'artiste lui-même - il avait déjà réalisé une vignette érinnophile pour Stockholmia 2019, l'exposition des cent-cinquante ans de la RPSL, et y avait assisté pour l'émission d'un timbre gravé de l'Administration postale des Nations unies à l'effigie de Kofi Annan. Il proposa à Walton, qui accepta immédiatement, de créer un souvenir du jubilé offert aux plus de deux mille deux cents membres.

Le Bureau de la RPSL, Özdinç et Mörck, et les mécènes Karl Louis et Dieter Michelson du groupe Global Philatelic Network ont réalisé les étapes de ce projet.

Début octobre, le bas-relief d'Arnold Machin ornait la couverture du numéro de deuil ; en bas à droite, un petit logotype a marqué chaque numéro de 2022 pour les cent trente années de publication de la revue.

Les amateurs de Martin Mörck connaissent ses timbres, les souvenirs proposés autour par les services philatéliques, et sûrement, le livre-entretien By Mörck de 2016, apprécieront l'article "Martin Mörck: Master Portrait Illustrator and Engraver" de Armağan Özdinç.

Dans celui-ci, l'auteur détaille les différents styles utilisés par Mörck au cours de sa carrière portraitiste - en reprenant les mots anglais : Free, Dot, European Classic, American Banknote - avec des exemples de timbres respectivement des États-Unis (Mary Breckinridge de 1998), de Monaco (Gandhi de 2019), du Danemark (Reine Margrethe II de 2010) et France (Jean-Baptiste Charcot de 2007), et enfin de Jersey (Churchill de 2015).

Deux timbres utilisant deux de ses techniques sont également montrés : Naomi Uemura sur timbre du Groenland de 2011 et la Reine consort de Suède de 2005.

Ensuite, Özdinç détaille les deux projets que Mörck vient de réaliser pour la Royal Philatelic Society London. Lors de Stockholmia 2019, le président Patrick Maselis proposa la réalisation du portrait des quatre-quatre anciens présidents de la Société. L'artiste explique comment il a dû travailler pour maintenir un style commun, surtout pour que le regard considère des portraits gravés alors qu'ils n'ont pas été imprimés en taille-douce ou en céroplastie (? traduction de wax relief printing ?).

L'auteur, avec photographie de l'artiste au travail, approfondit le travail sur le portrait de la Reine Élisabeth II à partir de la photographie de Dorothy Wilding, expliquant les différences entre les deux portraits, l'importance de l'angle des lignes de traits et de points dans l'appréciation du portrait.

Le six septembre 2022, les premiers essais ont été imprimés, deux jours avant l'annonce du décès de la Reine. Deux mille cinq cents portraits ont été imprimés en wax relief et chacun signé au crayon par Martin Mörck, puis glissé dans une enveloppe portant les armoiries du Royaume-Uni au recto et le logotype du mécène au verso.

Au milieu du numéro 1501 du même London Philatelist de décembre 2022, le portrait et les deux faces de l'enveloppe sont reproduites page 563, et un texte des mécènes explique leur démarche, avec leur photographie lors d'une rencontre avec le Roi de Suède lors de Stockholmia 2019 sur la page 532.


Les thématiques élisabéthaine et mörckienne, ainsi que celles liées à la gravure, sont grandement enrichies par de telles réalisations.


The London Philatelist est édité à raison de dix numéros par an à destination des membres de la Société philatélique royale de Londres, qu'ils reçoivent à domicile et dont ils peuvent rechercher et télécharger les anciens numéros et articles à partir du moteur de recherche du site de la Société.

L'American Philatelic Society a interrogé Armağan Özdinç sur sa passion pour l'œuvre de Martin Mörck en juillet 2021.

samedi 14 décembre 2019

Une exposition à lire à Monacophil 2019

L'attrait de l'exposition Monacophil est la non-compétitivité de ses expositions : cela offre une grande liberté aux philatélistes et historiens postaux pour montrer de belles pièces, mais aussi expliquer l'objet de leur collection.

Cela fut vrai autant des collections sur l'Égypte qu'au sujet de l'histoire postale maritime évoquée ici.
Page d'introduction de la collection de Rolf-Dieter Wruck, exposée à Monacophil 2019.
Parmi les collections didactiques, celle de Rolf-Dieter Wruck développait l'histoire des relations postales maritimes entre le Portugal et l'Atlantique-Sud. Le pays européen et ses colonies servant soit de destinations, soit d'escales.

Grâce à mes lectures, notamment des articles de Laurent Véglio dans Timbres magazine depuis 2015, j'ai quelques notions des grandes routes et compagnies maritimes du dix-neuvième siècle. Mais, le domaine portugais m'était totalement inconnu jusqu'à cette édition de Monacophil.

 Exemple d'une page de la collection de Rolf-Dieter Wruck, exposée à Monacophil 2019.
 Là où des collections de compétition proposent deux enveloppes par feuille type A4, avec force détails rédigés de tarifs et de routes, une majorité des collections montrées à Monaco proposaient autant de textes historiques (au sens général comme au sens postal) que d'espace consacrée à une enveloppe et sa légende.

Ici, une page commune de la collection de M. Wruck : route dessinée sur carte, texte sur la compagnie et la route qu'elle desservait. Un détail approfondit ici le timbre, là une marque postale.

D'autres collectionneurs jouent sur la dimension de la page : une collection conservait les deux enveloppes par page, sur un format intermédiaire entre le A4 et le A3 pour y ajouter les cartes et textes. Dans d'autres, l'historien postal - photographie flou du panneau nominatif, désolé - préférait une seule enveloppe par page pour détailler l'évolution des tarifs internationaux maritimes entre les États-Unis et les États allemands au gré des conventions postales signées au long du dix-neuvième siècle jusqu'à l'établissement de l'Union postale universelle.

Au final, beaucoup de ces collections pourraient être imprimées en fascicules d'initiation.

Le souci de la cartographie (collection de Rolf-Dieter Wruck, exposée à Monacophil 2019).
Avec l'un des deux thèmes sur l'histoire postale maritime, une certitude est apparue tout au long des collections : la cartographie est fort employée par les historiens postaux.

Cela permet de localiser bien entendu, mais aussi de se rappeler que la route du cap Horn était le plus commode pour relier l'Europe au Pérou, qu'une route maritime portugaise remontait l'Amazone jusqu'à Manaus.

Dans d'autres collections, cela permet de montrer le rôle essentiel joué par des « confettis d'empire » : Bermuda, Saint Thomas dans les îles Vierges danoises puis américaines.

Au-delà, une intéressante exposition au catalogue proposé au stand de l'Académie européenne de philatélie où chacun profitait de la liberté d'écriture pour développer soit les tarifs, soit les routes, soit l'histoire des compagnies et de leurs lignes, soit un point de passage... Un tour du monde en un musée.

dimanche 9 septembre 2018

Le Détachement W étudié et conté par Derek Richardson

Il y a quelques mois disparaissait l'historien postal Derek Richardson (1923-2018), connu en France pour sa compilation des tarifs postaux français de 1849 à 2011. À la lecture de sa nécrologie dans le Journal of the French & Colonies Philatelic Society (UK), j'ai découvert qu'il avait fait office d'historien « tout court » au sujet du Détachement W.

Commandé à un libraire britannique grâce au marché en ligne AbeBooks (filiale d'Amazon... nul n'est parfait) et lu en août, ce travail est remarquable par l'ensemble des archives britanniques et françaises, mais aussi écossaises, états-uniennes et suisses, consultées, et mises en un récit agréable à lire rappelant le contexte géopolitique et militaire très difficile de la France de Vichy, État ni totalement neutre, ni totalement allié de l'Axe.
La couverture de l'ouvrage.
L'objet principal de l'étude de Detachment W, publié en 2004, sont les soldats britanniques internés par l'État français, dit de Vichy, à partir des armistices avec l'Allemagne nazie du vingt-deux juin 1940 et avec l'Italie fasciste le vingt-quatre, et jusqu'à l'ordre de dissolution de l'armée d'armistice française par Hitler fin novembre 1942 après le débarquement allié en Afrique du Nord, qui entraîne le déplacement des prisonniers britanniques vers l'Italie.

À sa lecture, on peut être stupéfait de la grande liberté dont les soldats britanniques coincés en zone libre ont pu bénéficier : certes, le gouvernement de Vichy les loge rapidement au Fort Saint-Jean de Marseille, mais avec une telle liberté de circulation... que certains résident « en ville », qu'ils peuvent communiquer des nouvelles à leur famille par l'intermédiaire d'un pasteur écossais, recevoir de l'argent par l'entre-mise du consul des États-Unis...

... voire quitter la France pour rejoindre le Royaume-Uni et reprendre le combat !

La liberté est en effet telle que les officiers britanniques peuvent, avec des civils alliés ou rémunérés de la Côte d'Azur, de Provence, du Languedoc et du Roussillon, organiser de véritables filières de passage vers l'Espagne, où après un jeu de papier entre la police franquiste et l'ambassadeur britannique, ils atteignent Lisbonne ou, plus souvent, Gibraltar. Des navires militaires, repeints à chaque sortie, assurent des amenés d'espions et des rapatriements de ces soldats depuis les plages de l'Aude et des Pyrénées-Orientales.

Le lecteur est rapidement amené à penser que si les nazis avaient dédié davantage de temps à encadrer la France et le continent, et, entre autres, à enfermer les soldats britanniques, au lieu de se focaliser sur l'invasion de l'Union soviétique ou l'extermination des juifs, l'histoire de l'Europe aurait été fort différente.

Par contre, le récit montre la lente évolution des mentalités au sein du régime de Vichy et de ses généraux : à force de reproches allemands, les soldats britanniques sont internés dans une ancienne caserne à Saint-Hippolyte-du-Fort, dans les Cévennes gardoises. Las, entre la gentillesse de l'officier français et les droits de sortie, les évasions se multiplient... tant et si bien que c'est le blocage français des rapatriements médicaux qui limite l'hémorragie - l'officier supérieur britannique du camp étant le premier sur la liste des départs suspendus.

Le durcissement devient bien réel quand la petite troupe est transférée au Fort de la Revère, entre Nice et Monaco... au grand dam de l'Italie. Grâce à l'ingéniosité des internés à repérer les angles morts et la complicité de Monégasques et de Niçois, de nouvelles disparitions vers l'Espagne ont de nouveau lieu. La menace italienne est telle que l'aventure française se termine au camp de Chambaran, en Isère, après une courte étape dans le Lyonnais. Là aussi, malgré une discipline française plus affirmée, quelques évasions ont lieu.

On pourrait croire que la vie fut belle pour ses soldats et aviateurs britanniques de 1940 à 1942, mais Richardson rappelle, autant que leurs témoignages à leurs supérieurs à Londres ou dans leurs mémoires personnelles le permettent, que beaucoup d'entre eux ont réussi à fuir depuis les poches du Nord - Dunkerque notamment - ou de la zone interdite, à échapper aux Allemands avec l'aide de la population locale et à passer la ligne de démarcation avant d'arriver à Marseille ou les camps suivants.

Les aviateurs alliés, par les informations qu'ils obtenaient et leurs compétences meurtrières, étaient particulièrement recherchés par l'armée allemande tandis que la Royal Air Force espéraient leur retour. Ils donnent de fausses identités et de faux corps d'armée aux autorités françaises.

L'auteur évoque l'arrivée au camp des survivants échappés du raid de Dieppe, en août 1942... en soulignant l'échec meurtrier de l'opération. Les souvenirs des civils visitant les internés signalent le profond désarroi d'un officier pilote, survivant de Dieppe et possesseur d'informations sur les défenses allemandes, mais incapables de trouver un moyen de rejoindre les Pyrénées.

Le livre porte sur ceux qui ont atteint l'internement en zone libre et met en lumière le parcours de ceux qui ont mis en place les filières d'exfiltration vers l'Espagne, mais, en creux, se lit l'anonymat des soldats tués pendant la débâcle de mai-juin 1940, de ceux qui ont buté sur Dieppe et de ceux prisonniers de guerre en Allemagne.

Si l'objet du livre se clôt avec le départ des soldats et officiers britanniques vers les camps de prisonniers de guerre en Italie, Richardson consacre son dernier paragraphe au devenir des civils qui ont aidé dans toutes les zones françaises... et, pour la plupart, la mort tomba sur eux.

En collectionneur, Derek Richardson reproduit dans son livre quelques courriers symboliques de l'étude : entier postal interzones (il ne faudrait pas que l'on écrive des messages au dos des timbres-poste collés), enveloppes avec marques de censure entre les internés et leurs familles, télégrammes du pasteur avec sa hiérarchie en Écosse, monnaie de camp.

Les généalogistes des îles britanniques retrouveront des listes des internés, et des petites biographies pour ceux qui reçurent récompenses ou médailles selon la manière dont ils menèrent leur retour vers leur patrie.

Un ouvrage court, mais efficace.

Référence du livre :
- pour l'édition britannique : ISBN 1-904959-00-8,
- pour l'édition états-unienne : ISBN 1-58690-012-9.

jeudi 17 août 2017

Le programme des jeudis de la RPSL pour 2017-2018

Le programme des conférences et des expositions des jeudis de 2017-2018 a été récemment publié sur le site de la Royal Philatelic Society London.

Royaume-Uni, Empire et Commonwealth bien entendu, mais avec de nombreuses escapades outre-mer, ponctuées de quelques promenades maselisiennes.

Nouveau président belge de la Société, Patrick Maselis proposera, le huit février, une exposition sur l'ensemble de la « fin du catalogue » des timbres de Belgique : fiscaux, aériens, carnets, taxe, roulettes, timbres des postes locales et ferroviaires. Son rôle de président du Club de Monte-Carlo, réunissant des collectionneurs importants et des institutions - et organisateur de Monacophil, se verra avec une sélection des collections du Prince Albert II de Monaco, le dix-sept mai.

Les expositions de groupes seront nombreuses, invitant successivement la Deutscher Altbriefsammlung-Verein le douze octobre, le Belgian Congo Study Circle le vingt-six octobre, l'Académie russe de philatélie le vingt-cinq janvier, l'East Africa Study Circle le quinze février, les membres du Sud-Ouest anglais le dix-neuf avril.

L'Afrique ne sera donc pas contournée ; d'autant plus que, le onze janvier, le Français Maurice Haddida exposera l'histoire postale du Maroc de 1852 à 1925, faisant suite à ses articles conjoints avec le Gibraltarien Richard Garcia dans les récents numéros du London Philatelist.

L'Europe continentale sera complétée par un tour extérieur des Alpes avec une conférence le vingt-huit septembre de Jean Voruz sur le système postal du canton de Genève, une autre le vingt-deux février de Harald Lang sur l'émission d'Autriche-Hongrie de 1867, issu du compromis austro-hongrois, et une exposition le vingt-deux mars de Vittorio Morani sur l'histoire postale de Toscane.

L'Amérique centrale et caraïbe sera évoquée par l'histoire pré-philatélique du Salvador, une allocution de Guillermo Gallegos le neuf novembre, et une chronologie complète des îles Cayman par James Podger le trois mai.
La couverture de l'ouvrage de Bryan Kearsley (site de la Great Britain Philatelic Society).
Côté Royaume-Uni, deux grandes traditions seront étudiées : les entiers gaufrés de 1841 à 1973 exposées par Alan Huggins le vingt-trois novembre et les Seahorses, les fortes valeurs faciales de George V, par une conférence de Bryan Kearsley le cinq avril - douze ans après son livre Discovering Seahorses publié par la Great Britain Philatelic Society.

Que reste-t-il encore du programme ?

Avec les beaux jours, l'ensemble des membres va apparemment être invité à présenter sur le thème de la philatélie polaire le trente-et-un mai, puis pour une compétition « un cadre » estivale le douze juillet.

Et, apparaissent deux titres peu communs de conférences.

Pour la dernière de l'année 2017, Dane Garrod titre son discours du sept décembre de la célèbre citation, devenue expression courante : "Your Very Loving Madeline" (guillemets compris). Une thématique sur Proust ? Sur les souvenirs philatéliques de jeunesse ? Sur les desserts ?
Marcel Proust sur timbre de France de 1966 (via Phil-Ouest.com).
Pour la dernière du programme, Tim O'Connor propose « Le Docteur Franklin s'adressera aux Lords sur l'état de la Poste de Sa Majesté ». Une étude des activités à Londres du Maître des postes colonial nord-américain Benjamin Franklin ?

Les fascicules de présentation des expositions et des conférences sont publiés sur le site de la Royal Philatelic Society London (page Recent displays) ; les vidéos des conférences, diffusées en direct puis à la demande sur youTube, sont accessibles aux membres (à demander au secrétariat pour les non-membres).

mercredi 14 juin 2017

Lions Club : Jersey contre la φacilité

Mais pourquoi ai-je jeté un nez dans les nouveautés de France du printemps sur Twitter et dans ma boîte aux lettres ?
Je prie intensément pour que cette φ-connerie soit une tentative de même nature que celles d'artistes britanniques de faire retirer ou remplacer l'effigie photographique Wilding qui gênait la création philatélique britannique des années 1960 (via Phil-Ouest.com).
Évidemment, il y a ce φ qui traîne encore et toujours, parfois à des endroits graphiquement inadéquats : Anne de France, dame de Beaujeu, priant la lettre grecque entre les doigts sur le timbre à venir à la fin de ce mois... Qui faut-il en remercier : le Meilleur Ouvrier de France 2011 ou son employeur obstiné à maintenir ce symbole ?

Pire car plus habituel depuis l'apparition des timbres commémoratifs est le manque d'imagination graphique sur certains thèmes à la mode : pourquoi faire un effort puisqu'on est sûr de vendre aux complétistes français, aux thématistes étrangers, et le stock restant aux marchands pour des pochettes ?


Ainsi en est-il du centenaire du Lions Clubs International, institution multitimbrifiée dans le monde entier : voir Colnect et relire Timbroscopie.

Le sept juin 1917, Melvin Jones et des membres de clubs et de cercles de Chicago créèrent le Lions Club afin d'organiser des actions philanthropiques. Cet événement de l'histoire de la générosité privée mérite la commémoration philatélique bien entendu.
Espérons la curiosité de l'expéditeur ou du destinataire d'un courrier (boutique web de La Poste).
Le vingt-neuf mai dernier, φl@l@poste a pris énormément de risque : le logotype du centenaire fourni clé en main par l'organisation... et au tarif du premier échelon de la lettre prioritaire alors que La Poste encourage la lettre verte.

Interrogation écrite (c'est la saison) : à partir de ce seul document, à quoi sert un Lions Club ?  Protéger la faune d'Afrique ? Rénover les statues gardant Nelson à Trafalgar Square ? Organiser des chorales du Roi Lion ?


Tournons quelques pages d'un des multiples catalogues de φl@l@poste pour tomber sur un crime de lèse-majesté.

Vu le grand nombre de ses résidents ayant capitalistement réussi, la Principauté de Monaco est une habituée des actions du Lions Club et de le timbrifier : au moins quatre fois. De nouveau, peu de choses sur ce que sont ces associations, mais emblème et paysage monégasque.

Jusqu'au tim...
Melvin Jones (1879-1961) version psychédélique à Monaco... (site de l'Office des émissions de timbres-poste de Monaco).
...bre du jeudi premier juin 2017, illustré ci-dessus, et son étonnant effet Pot de peinture sous logiciel de retouches...

Les goûts et les couleurs, pourquoi pas. Mais en coupant les lunettes en deux ?


Finalement, il faut se rendre vers une des postes souvent accusées d'émettre pour vendre aux collectionneurs plus qu'à ses usagers îliens en nombre limité.
Et à Jersey, enfin, l'idée d'expliquer à quoi sert un Lions Club (boutique web de Jersey Stamps).
Le sept juin, le service philatélique de l'île anglo-normande de Jersey a émis six timbres et laissé So Design Consultants réaliser un travail simple, mais pédagogique auprès du public.

Chaque timbre représente une étape ou une action des Lions Clubs depuis la manifestation sportive de collecte à l'assistance à différents groupes proches comme lointains, au quotidien comme dans l'urgence après une catastrophe.

Pour une vision plus positive des nouveaux timbres de France : lire cet autre article en anglais sur SebPhilately, grâce aux efforts techniques du webmestre du Blog philatélie.

Note du jeudi vingt-quatre août 2017 :
Face à l'article en anglais plus positif sur les émissions françaises (pour une fois sur ce blog), lire l'éditorial d'été de L'Écho de la timbrologie dans lequel la pratique de l'embargo est sévèrement critiquée. Lancer la médiatisation publique d'un timbre à un moment choisi et en interdisant les médias habituels de la spécialité semblent inacceptable...

Au Royaume-Uni, ce sont quelques marchands qui s'en plaignent. La pratique les empêche de préparer des enveloppes illustrées pour les premier jours quand même le sujet de l'émission reste secret. Ils grincent plus sévèrement des dents quand ils ont interdiction de montrer les futurs timbres à leurs clients tandis que les vendeurs semi-amateurs propagent déjà les images sur les sites de ventes aux enchères.

jeudi 30 juin 2016

Mille en neuf ans et presque demi

Millième post, article, blague, dissertation philatéliques aujourd'hui, jeudi trente juin 2016 pour ce blog en neuf ans et cinq mois. Mes meilleurs souvenirs liés à son écriture ?

Non pas tellement mes exhibitions hyper-ironiques des actions des directions successives de φl@poste et de leurs alliés fédéral et négociant... Ça m'amuse de les écrire bien sûr, surtout les imaginatifs épisodes de Marian, Gloire et Beauté (merci Posti) quand la probable déception des dirigeants de La Poste et des traditionnels artistes du timbre a provoqué d'étranges réactions des φ-journalistes φrançais (depuis quand ne respecte-t-on pas les embargos et la sainte neutralité face aux émissions de France ??? Jamais sauf quand...) pour la nouvelle Marianne de la jeunesse, avant même qu'Olivier Ciappa ne tweete sur le lien entre son timbre et la thématique mamelles.

Tout cela permet de passer de lasses et inutiles colères... Lasses quand je vois le pigeonni... je lis le témoin « boucheur de cases » trouvé par l'éditorialiste Socrate dans Timbres magazine de ce juillet-août : il ne peut s'empêcher d'acheter tout ce qu'il trouve beau, mais φl@poste devrait comprendre que son porte-feuille n'est pas extensible...

lol ? Grrrrr ? Appeler la CGT à manifester au cri : « Françoise et Gilles au pilori » ? Écrire un essai Désir eslingérien et frustrations gilliennes de la case non bouchée chez le collectionneur français post-moderne ? Avec une édition poche enrichie d'un chapitre Les 12 méthodes de la spéculation heureuse ?

Aujourd'hui, j'écris au premier degré sans aucun humour : que ce collectionneur se démerde. Moi, je continue à couper des arbres... on ne sait jamais en cas de spéculation sur le marché du pilori :)

Alors quoi comme souvenirs ?

L'oblitération du bureau de Cacao, en Guyane, en 2002 (scan envoyé par Pierre Millien).
La découverte au hasard des lectures et des recherches de lieux et de populations, tel le village guyanais de Cacao où la République française installa des réfugiés hmongs en 1977 (article du trente-un juillet 2009).

Oui, ce simple petit article sur un si petit lieu découvert en farfouillant ce que je pouvais découvrir au moment du feuillet chocolaté de 2009. Parce que le timbre, l'oblitération, l'activité postale sont liés au besoin humain de communiquer et de commercer, pas à étouffer dans des classeurs, ni à être limités à une valeur spéculative.

Sinon, ce sont toutes les personnes qui m'ont permis d'apprendre et de découvrir qui marquent cette décennie.

Des marchands-auteurs britanniques qui étudient ce qu'ils vendent. Certes, on peut se poser la question de leur objectivité à multiplier les découvertes de variations des timbres-poste et de distributeurs de Royal Mail, mais au moins Outre-Manche, ce sont des Philatélistes qui étudient, commentent, critiquent les nouveautés britanniques dans les périodiques grand public Stamp Magazine, Gibbons Stamp Monthly et sur leurs blogs (comme celui de Norvic Philatelics de Ian et John Billings).

Les rencontres de Basil Herwald avec les dirigeants des services philatéliques de pays variés lors de ses voyages pour Gibbons Stamp Monthly, loin de se contenter d'attendre le mail annonçant le programme annuel d'émissions depuis son fauteuil et qui permet de montrer que nouvelles émissions actuellement n'est pas synonymes de diarrhées philatéliques ou de papier-peint d'agences.

Quel bonheur donc que mes abonnements à ces deux mensuels britanniques depuis 2007, découverts par leur couverture sur les quarante ans de la série Machin (vous pouvez aussi rejoindre les fanatiques de l'effigie Annigoni sur le forum StampBoards). Un salut amical à Julia Lee où que ses pas professionnels l'aient porté depuis les pages News de Stamp.

À l'époque temporairement éloigné à Paris, ce blog fut inspiré du modèle d'alors le Blog philatélie de Dominique Stéphan, hélas disparu du web. Comme est en sommeil depuis quelques temps l'actif thématiste Oh les timbres. Des devenirs que ce blog aurait pu connaître entre 2011 et 2013 quand il fut très difficile de concilier et placer dans des priorités durables philatélie et écriture avec vies professionnelle et personnelle, et autres loisirs... Pourquoi des catégories Uchronie et Jeu vidéo sur un blog philatélique ?!! Parce que.
Helen Morgan, non-philatéliste, a enquêté sur les premiers timbres de Maurice (amazon.co.uk).
Les lectures ont aidé à maintenir un chemin, même quand elles ne finissent pas toutes sur le blog. Avec internet d'abord qui a permis de découvrir deux livres écrits par des Moldus sur les premiers timbres de Maurice et la Collection philatélique royale. Dans le même temps, je découvrai Londres et sa richesse philatélique à l'époque où le libraire Vera Trinder y était encore.
La bibliothèque est toujours là malgré les déménagements (IKEA c'est du solide), mais depuis mai 2010, les albums ont dû se tasser plus bas encore face à l'afflux d'ouvrages et de dvd... Oui, fan de séries télévisées en plus (licence creative commons cc by-nc-nd 3.0 fr).
De fil en aiguille, je suis passé des ouvrages de Douglas Muir du British Philatelic Museum & Archive aux publications de la Royal Philatelic Society London...

En effet, alors que je découvrai l'ambiance si feutré (plus qu'en 2009) de la halle des marchands de Monacophil 2011, j'abordai timidement le stand de la Royal Philatelic Society London car le modeste lecteur-blogueur philatélique que je pense être, osai demander à acheter le cd-rom de l'intégrale du London Philatelist (aujourd'hui sur clé USB pour trente livres sterling) pour enfin profiter de certains articles inacessibles mais hautement intéressants.

Là, un chaleureux et jovial Frank Walton me transforme en membre-lecteur-blogueur visiteur impatient de revoir la bibliothèque du 41 Devonshire Place, intenable au travail les jeudis de conférences diffusées en ligne, explorateur aventureux des milliers de volumes et le million de pages de la Crawford Library - cela va-t-il finir comme dans un double-épisode de Doctor Who ? Qui a éteint la lumière ? Brrrr... - et, dans le même élan et à ma grande surprise, spectateur intéressé des expositions philatéliques : la partie que la presse philatélique française ne commente jamais (encore merci, Robert Marion).
Franchement quelles associations peuvent se vanter de disposer de toilettes aussi philatéliques que celles de la Société philatélique royale de Londres ? Distributeur de timbres et boîtes aux lettres extrait des collections du musée de la RPSL.
Si les commentaires sur ce blog sont fermés et son auteur assez contemplatif, les contacts liés existent, ponctuellement avec Pierre Millien et Olivier Gervais (Avez-vous vu sa lumineuse collection à Paris-Philex ? Au moins son site) quand je faute grandement... Laurent Bonnefoy en sait quelque chose dernièrement.

En attendant un clin d'œil aux deux seuls anonymes qui ont tenté le mail hautement moralisateur sur l'odieux que je suis de ne pas nommer de son nom philatélique la Marianne de Nicolas ou d'oser faire autre chose que de la philatélie sur un site philatélique... Deux clics : un sur le bouton Spam, un autre sur la corbeille. C'est un blog/bloc-notes personnel d'un amateur.

Et désolé à deux ou trois autres, mais je ne m'intéresse pas à tout : je ne suis pas une agence de presse philatélique, même si je passe du temps à débusquer des informations avec Google Actualités. Être systématiste dans la publication reçue, c'est un métier, il y a des professionnels : profitez-en.

Le reste des lecteurs ? D'après les outils de mon hôte Blogger, je salue la majeure partie de mon public : les robots de Google et de Google Images :) Sans oublier ceux de l'entreprise privée qui assure le suivi de la réputation du Groupe La Poste sur les réseaux sociaux ;) que je remercie d'avoir retweeter des articles de temps à autre, provoquant des explosions inexplicables de consultations (deux cents lecteurs pour ce résumé de Midi libre !??)... Généralement quand je complimente La Poste. Aussi rare qu'un bloc Courrèges en couleurs à Paris-Philex :p
La trouvaille de l'année et l'article qui m'a fait le plus plaisir d'écrire : comment le Conseil de promotion de la philatélie du Nigeria a réussi une exposition-colloque en mars dernier, en présence de l'ancien président Obasanjo (à droite ; NTA News, trois mars 2016).
Heureusement quelques humains lisent également ce blog : une douzaine dans la journée chaque publication à coup sûr - Bonjour ! Une centaine d'un coup quand je critique le monde φl@télique, mais seulement la moitié quand je le complimente le lendemain... Oh ! Lectorat aussi difficile que je suis hypocrite :p

Depuis 2015, vous provenez d'une liste de plus en plus longue de pays différents selon où l'adresse du blog a pu être publiée (Jean-Jacques Tilleard et la philatélie de Saint-Pierre-et-Miquelon ont énormément d'amis en Amérique Latine et en Asie du Sud-Est, j'en témoigne) ou selon le sujet touché (quelqu'un aux îles Falklands utilise l'approprié IceWeasel comme navigateur).

Ce lectorat atteint des contrées encore plus inattendues comme le Pakistan et l'Égypte quand deux philatélistes ont apprécié sur Facebook qu'un « petit pays philatélique » soit évoqué ici, le Nigeria en mars dernier, pour un reportage télévisé montrant qu'il se passe des choses en dehors des fédérations européennes de « boucheurs de cases ».


Quoi pour les mille prochains ?

Un article par nouveau timbre de France, d'Outre-Mer et des Principautés reproduits dans Timbres magazine à partir de la nouvelle nouvelle formule de septembre prochain... Prochain article du millier dans très peu de temps donc :)) Non, mauvaise blague que j'ai déjà écrite, rappelleront les lecteurs attentifs et réguliers (jeu interdit aux robots indexateurs).

Les types d'articles en place depuis la relance de 2014, à coup sûr : nouveaux timbres du monde qui me plaisent, compte-rendus de lectures par le croisement que mon esprit du moment réalise entre elles, et quand l'enthousiasme de l'écrivain y est, un pièce de profonde ironie sur les aléas - ou les grands moments : l'offensive médiatique d'octobre-janvier - de la  φl@postie φranç@ise, objet d'étude en elle-même pour un historien.

L'espoir aussi de mieux tenir et plus souvent le blog en anglais que je ne veux pas être qu'une traduction de celui-ci.

Au-delà, qu'en sais-je ? Ce jeudi après-midi, j'écris (pire : vous lisez) des mots aussi futiles alors que la Royal Philatelic Society London et la British Library présentent en direct sur youTube l'impressionnant, sisyphien, coûteux et absolument inestimable travail réalisé pour que la Crawford Library soit accessible à tous par l'intermédiaire d'internet...

Au-delà donc, il y aura sûrement plus d'activités dans mes classeurs - c'est fou les trucs hyper-intéressants que j'y entasse depuis que j'ai dix ans (et seulement cinq ans comme abonné aux nouveautés de France) - et, j'espère, au-delà, en d'autres lieux et formes philatéliques.

Sinon, dans les prochaines semaines avant une pause estivale : la fin de l'exposition-compétition Paris-Philex, le bilan de la future ancienne nouvelle formule 2015-2016 de Timbres magazine, et ce qui m'inspirera dans tout ce qu'internet permet de diffuser et de faire connaître.

samedi 23 mai 2015

London 2015, récit de voyage

Hélas, mon week-end londonien option salon philatélique est déjà terminé depuis une semaine. Vivement le prochain séjour britannique. Avec un récit de mon emploi du temps de voyage, quelques articles compléteront certains sujets particuliers, une fois dépouillés photographies et lues publications.

Bonne lecture.

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Après les foules, le repos

Mercredi en fin d'après-midi, après le vol et le transit ferroviaire dans les heures de pointe de la capitale, un grand bol d'air à Stratford où se trouve mon hôtel.

Certes, depuis les Jeux olympiques de 2012, la coupure entre le Stratford historique à l'Est et le quartier commercial/d'affaires en expansion/gares de Stratford est très marquée : entre l'hôtel et la station de métro, j'ai eu un petit aperçu du premier (ancienne mairie, église, briques) et de son centre commercial de proximité. Au-delà de la station, c'est le Mall du groupe Westfield et au bout d'une rue de pubs branchés au pied d'immeubles de verre et d'acier...

Et enfin atteindre du calme, du vert : au-delà du chantier de gratte-ciel de bureaux, le parc olympique Reine Elizabeth réaménagé en poumon vert et sportif pour les habitants alentours. La piscine et le stade olympique trônent, ainsi que les boîtes d'autres équipements sportifs non démontés. Sur une carte, une idée pour un séjour long : randonner à travers tous les parcs depuis le Queen Elizabeth jusqu'où mes pieds me porteront vers le nord-ouest.

La zone commerciale et le poumon vert occupèrent mes soirées de repos après les marches londoniennes et la philatélie.

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Le jeudi, premier jour philatélique ; la vraie philatélie, sans lettre grecque.

Le hall principal du Business Design Center, le vendredi quinze mai 2015 (photographie sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr).
Après, néanmoins, un rapide passage dans une des agences de Metro Bank, un des rares lieux où l'on vous change gratuitement votre lourde petite monnaie incompréhensible britannique en bons billets de banque avec la Magic Money Machine. Disparus les deux kilogrammes de un à vingt pence qui traînaient après une poignée de séjours personnels et professionnels.

Rassurez-vous, j'ai retiré de cela les pièces commémoratives de cinquante pence et deux livres.

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Ensuite, retrouvailles avec deux collectionneurs au siège de la Royal Philatelic Society London qui ouvrait grand ses portes à tous les visiteurs pour découvrir le lieu et admirer des collections de membres qui ont adhéré depuis London 2010 (avec un des bas-reliefs Machin dans un coin... hmmm). 

Tiens, un groupe de collectionneurs français sont venus voir en croyant ne pas avoir leur place ici. C'est ce que j'ai cru en décembre 2011, à Monacophil, alors que, venu acheter en euros le cd-rom des archives du London Philatelist, je repartis membre avec la promesse d'un bon accueil au 41 Devonshire Place malgré la modestie de mes ambitions philatéliques.

Depuis, une lecture de très haut niveau arrivent dans ma boîte aux lettres chaque mois, des conférences académiques ouvertes à tous me sont accessibles même par internet, des recherches livresques passionnantes sont facilitées par un scanner de pointe - quoi que mes visites au 41 ont été peu nombreuses avec le coût des séjours londoniens - et des conversations éclairantes avec les philatélistes toujours présents autour du thé et des petits gâteaux.

Par exemple, après l'épiphanie de Toulouse, ma curiosité pour les bizarreries du fonctionnement de la colonie de Terre-Neuve avait été titillée... Après ce bref passage à la bibliothèque du 41, c'est un de mes travaux de découverte de l'été à venir !

Sans oublier qu'au lieu de braquer son compte financier sur des souvenirs timbrés, la Société se concentre sur les placements financiers et la publication d'ouvrages spécialisés d'une écriture passionnante à lire autant que techniquement complète : je partis donc du 41 avec l'ouvrage de Geoffrey Lewis sur la convention postale franco-anglaise de 1836.

Si vous y tenez, la Société propose aussi cravates et broches.

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Après-midi à l'exposition européenne Europhilex dans la désormais cathédrale de la philatélie britannique : le Business Design Center à Islington, relativement proche de la gare Eurostar de Saint Pancras.

Jadis, Royal Agricultural Hall avec une entrée devenue l'arrière d'un bâtiment transformé en 1986 en halle d'exposition modernisée et vitrines d'entreprises dont le point commun est le design dans toutes ses définitions.

I had a cunning plan : acheter le plus lourd le jeudi, tasser la valise le soir même, afin d'avoir le sac léger pour visiter toute l'exposition le lendemain et savoir quels volume et masse restaient disponibles face aux exigences de la compagnie aérienne à bas coût.

Note : un sac à dos bien profond en cabine et une petite valise chargeable jusqu'à vingt kilogrammes (et deux tenues vestimentaires légères) ont suffi à tenir trois jours, ramener trois livres et une douzaine de publications individuelles fines... envahissantes superposées.

Comme signalé ici et par le Chevalier Blanc du Commonwealth Stamp Opinion, blog spécialisé dans les nouveautés, le stand de Royal Mail débordait côté timbres de collection, mais pas vraiment de celui des machines Post & Go britannique, jersey- et guernseyienne et, nouveauté, gibraltarienne. Le business des timbres de distributeur est tel que le nouveau fournisseur de machines et logiciel a ouvert un site spécialisé pour signaler les impressions commémoratives et le déplacement des machines aux salons européens et mondiaux de philatélie !

Autant dire que les collectionneurs délaissent un peu ces nouveautés qui trouvent encore leurs yeux dans les bureaux de poste, dans leur environnement naturel.

Les timbres des deux Dépendances de la Couronne et de la colonie européenne ne sont bien entendus pas acceptables sur du courrier posté en Grande-Bretagne, mais il semblerait que ceux de Gibraltar ne le seraient pas même à partir du Rocher ?!!

Pour ajouter au phénomène, pendant quelques heures, la machine Gibraltar débita de la faute d'orthographe :) Pour les curieux, entre deux salons internationaux, GI01 sera accessible à la Maison de Gibraltar sur le Strand.

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Je passe sur la ribambelle de marchands, de boîtes pleines d'enveloppes et de classeurs pleins de timbres. Il y avait, me semble-t-il pour un loisir au public pessimiste sur sa relève, assez de monde autant chez les marchands à l'unité que devant les maisons d'enchères qui semblent bien tournées.

Le Post Office, que certains collectionneurs commentateurs français rochons feraient bien d'étudier pour mieux comprendre leur chance de disposer de l'imparfaite Phil@poste face à l'autiste L'Enseigne, était un peu court mais sûrement rentable en proposant un seul employé pour gérer une double file de commandes d'affranchissement avec la nouvelle étiquette d'affranchissement au type Machin (Horizon label) d'un côté et de demande d'oblitération avec l'un de ces deux tampons.

Pour les amateurs de haute technologie, la Royal Mail proposait le tamponnage avec une machine à visée laser. Diantre o.O' 
Ce qui faisait contre-point à un imprimeur à l'ancienne qui pressait contre donation des exemplaires frais de faux de Sperati. Kjell Wikander et Christopher Philipps proposent gentiment leur vidéo de cette démonstration de la presse speratienne sur youTube.

Le dernier moment philatélique de cette journée, avant retour hôtel et comédie musicale The Book of Mormon dans le West End, fut la visite des associations thématiques présentes pour encourager l'adhésion, offrir d'anciens numéros de leur périodique et vendre... non, toujours pas de souvenirs timbrés, allez voir le stand de la φφAP, oui après le tunnel sous la Manche... leurs publications spécialisées, ce que j'espérais bien.

Vu sa masse physique et intellectuelle, j'ai pour le moment laissé de côté l'Ocean Penny Postage de David Duncan Turner, publié par la Great Britain Philatelic Society. Mais, je suis reparti avec deux beaux ouvrages que j'évoquerai dans un autre billet, en même que je nommerai ces associations aux membres si accueillants.

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Vendredi, deuxième jour philatélique : l'univers impitoyable de l'exposition compétitive

Après avoir bien ri des aventures chantées et dansées d'un groupe de missionnaires mormons en Ouganda, retour au Business Design Center pour retrouver deux des exposants rencontrés à Toulouse. Ils vont présenter leur collection à un groupe de philatélistes français et attendre impatiemment le palmarès avant de profiter de Londres pour se reposer de ces émotions... et du bonheur pour l'un d'être déclaré meilleur de sa catégorie.

Après avoir revu et réviser leurs collections, aux antipodes du Commonwealth et des moyens de transport d'ailleurs, j'ai pu entendre des grands philatélistes français émettre des commentaires alors qu'ils marchaient, s'exclamaient ou regardaient des collections...

Trions : certains étaient juges ou représentants en colère d'une fédération francophone (à accent situé entre Marseille et Lille) : « Dix points de moins ! C'est pas... » Un commentaire digne des couloirs du patinage artistique olympique... Je n'en saurai jamais plus, marchant tranquillement voir les Événements philatéliques qui ont changé le monde, une exposition du prestigieux Club de Monte Carlo.

D'autres, pourtant Grands en France, montrent par leur discussion le fossé entre philatélie traditionnelle de la pièce propre, rare, parfaite et une histoire postale encouragée par la Fédération internationale et plusieurs sociétés anglo-saxonnes.

Actuellement, celles-ci rappellent que l'expéditeur, son courrier, le destinataire, le parcours peuvent à eux seuls déjà constituer une connaissance philatélique de plein droit... et même constituée une collection exposable. Et surtout, attirer à la philatélie tous les passionnés d'histoire locale autant que mondiale, les férus de généalogie, etc.

J'ose à peine imaginer l'opinion des Maîtres entendus sur la thématique et la classe ouverte, entendu ce qu'ils pensaient d'une collection sur l'importance du fait postal dans une société à une époque dont les vestiges de correspondance sont, tout de même, rares en main privée.

Un débat à suivre.

Une partie des collections exposées dans une des trois salles, sûrement la plus agréable (photographie sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr).
Et des collections exposées, il y en avait. Sur la photographie ci-dessus, il y avait trois ou quatre rangées de panneaux encore derrière moi, et aussi des rangées devant une cafétéria et encore le hangar de stockage qui accueillait, ambiance glauque assurée, les thèmes de fin de catalogue et les lauréats de la partie thématique de l'exposition européenne délocalisée à Essen, en Allemagne.

Passons vite sur les deux bémols du hangar glauque et, côté cafét', de la rangée d'une collection vainqueur placée pile là où il n'y a aucun éclairage... L'ensemble est admirable quand on prend la peine de regarder attentivement : deux heures et demi tout de même avec seulement Britain et Commonwealth comme intérêt et un appareil photo pour revoir certaines choses à tête reposée, et d'écouter au hasard d'un virage l'exposant qui explique justement certaines pièces à des visiteurs.

Il faudra que je regarde ces photographies pour résumer mes collections coups de cœur sur ce blog, auxquelles j'ajouteraient l'étude d'un paquet de cinquante enveloppes nature bradées cinq livres par un professionnel philatélique du déstockage d'où je repartis avec souvenirs numismatiques et une vieille édition d'un petit livre... Que d'articles en prévision, dont un sur ma visite aux deux commerces philatéliques du Strand dans l'après-midi.

La soirée passa entre entreposage de quinze kilogrammes en valise, puis grande aération jusqu'à l'ancien Village olympique en train de devenir quartier, à l'opposé de la gare international de Stratford, et le parc Queen Elizabeth.

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Samedi : rien de philatélique, mais du tourisme anglais

Sachant les longues distances londoniennes et la surfréquentation du Tube le samedi, j'ai longuement hésité en avril à comment organiser le samedi : pas de philatélie, où poser la valise l'hôtel étant trop loin de la gare menant à l'aéroport.

La solution fut d'aller découvrir la verte Angleterre du Sud-Est : partir tôt, déposer la valise en consigne à l'aéroport, puis hop le train jusqu'à Guildford, chef-lieu du Surrey, pour une journée ensoleillée léger vent de Nord, comme un bon Anglais du siècle de la consommation.

Visite de la tour, dernier vestige du château normand qui surveilla la ville saxonne quelques siècles avant de finir démoli pour quelques maisons et, enfin, ce qu'il restait acquis par la municipalité pour y établir un jardin tout ce qu'il y a de plus anglais.

Après le repas, théâtre de matinée pour faire vivre les arts et entretenir l'oreille anglaise. Enfin, le tour des librairies et vendeurs de dvd d'occasion pour combler les derniers espaces de la valise avec des occupations anglophones sans timbres-poste.

Quoique... La série Indian Summers et le livre sur l'évolution du plan du métro londonien ferait de bons articles de blog, entre philatélie coloniale vs réalités de la colonisation, et autres questions d'accessibilité de l'information au public.

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Nuit très courte dans un hôtel créé pour ces nuits-là : bloc que je vous conseille vivement si vous n'avez que quelques heures de repos avant un vol.

Un hôtel dont l'ascenseur donne directement à l'enregistrement des bagages ou l'accès au contrôle de sécurité, où les chambres les moins chères peuvent se louer pour douze heures pourvu que vous acceptiez l'absence de fenêtres et de bac de douche sous le pommeau pour un si court temps...

Évidemment, technophile et anglomane que je suis, malgré l'heure tardive, je n'ai ni résisté à essayer le téléviseur haute-définition proposé, ni à voir le premier film de la série Hunger Games pour savoir si j'avais raté quelque chose depuis Twilight et Harry Potter.

Je m'endormis à minuit (pour un réveil à quatre heures) en remarquant que le moyen de transport que j'adore prendre pour voyager, était plus utilisé par les personnages de Hunger Games et Divergente qu'étudier par les collectionneurs dont j'ai pu voir les œuvres à Londres.

Quelqu'un pour me montrer une histoire postale des premiers temps du chemin de fer ?

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En attendant un prochain séjour britannique que je me souhaite aussi philatélique, touristique et moins intense qu'un sprint d'exposition, visons déjà Monacophil à la thématique polaire en décembre 2015.