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dimanche 16 août 2026

Police recherche propriétaire d'une collection d'or quasi-neuve, peu servie

 Mardi onze août 2026, un jeune ouvrier et ses collègues, effectuant des travaux de terrassements en Belgique, ont découvert une immense collection de pièces et lingots en or, enterrée sur une frise industrielle rachetée et reconvertie en bureaux et logement par le Centre d'action sociale flamand (CAW).

Suite à une communication de la police locale, des autorités belges et aux témoignages de l'ouvrier, les médias belges et européens se sont emparés de l'histoire à partir de vendredi quatorze août, avec de magnifiques photographies des objets par ladite police de Termonde (Dendermonde en néerlandais), dans la province de Flandre-Orientale.

Le trésor rangé et exposé par la police de Termonde (photographie par la police, reprise par The Guardian, le quatorze août 2026).

Dans la commune de Saint-Gilles-lez-Termonde, section de Termonde, a existé une brasserie entre 1899 et 1970. Elle a été fondée par Theophilus Van Assche et est restée propriété gérée par ses descendants.

Le trésor a été découvert dans une cavité sous la villa de maître, construite peu après le bâtiment de production. Un représentant du CAW explique que les murs de celle-ci sont conservés, mais que tout le reste devait être rénové ; les ouvriers creusaient pour l'installation de tuyaux.

Les lingots d'or trouvés, apparemment photographiés sur le site du chantier (source : police de Termonde via The Guardian).

Face à l'immensité de la découverte, l'équipe a appelé la police et le propriétaire actuel, le CAW. L'estimation des services fédéraux belges est de neuf millions d'euro.

Les lingots sont marqués des marques et numéros de séries des fondeurs et des banques d'achat, dont la banque NM Rothschild & Sons, la branche britannique du groupe Rothschild & Co., le raffineur britannique Johnson Matthey.

Nul doute que l'identification de ces lingots auprès de leur fondeur et des banques pourra dater leur dernière vente connue dans les circuits officiels et déclarés.

Un seau en parti rempli de plusieurs centaines de pièces d'or (source : police de Termonde via The Guardian).

Les pièces d'or sont en excellent état, brillantes, comme passée de la frappe à la cave murée...

Apparemment, il n'y aurait que des Souverains frappés par la Monnaie royale britannique depuis Victoria (régnant de 1837 à 1901) jusqu'à la jeune Elizabeth II dans sa première effigie par Mary Gillick, La première apparaît sous deux effigies, suivie par son fils Edward VII et petit-fils George V.

Une grande partie des monnaies visibles sur la photographie portent Saint Georges terrassant le dragon des pièces britanniques.


Évidemment, ouvriers, policiers et médias se demandent à qui revient la propriété de cette trouvaille oubliée dans une propriété privée vendue.

Pour la police et sûrement le fisc belge, il s'agit de distinguer s'il s'agit d'un ancien trésor familial des Van Assche - une sécurité légalement acquise et déclarée, ou une fraude fiscale. Ou s'assurer qu'il ne s'agit pas d'une cache de criminalité plus récente, datant d'après la fermeture de la brasserie.

Dans tous les cas, la loi belge impose aux découvreurs d'attendre cinq années avant de se voir accorder des droits. Cela va laisser le temps aux descendants des derniers propriétaires de la brasserie de se signaler et de justifier cette cache visiblement oubliée...

La presse fait état d'une complexe procédure judiciaire civile croisant les ouvriers découvreurs, leur employeur, l'institution propriétaire actuel, et les descendants potentiels.


Les frappes de Souverains britanniques ont lieu de manière intermittente jusqu'à l'époque de l'effigie Gillick, selon les besoins en pièces circulantes d'une livre sterling, puis comme valeurs de placement. Le Souverain Gillick est frappée pour la dernière fois en 1968 ; les Souverains suivant portent l'effigie Machin au diadème qu'il ne semble pas apparaître dans le seau - sauf à considérer l'autre face des pièces.

Il est fort probable que cette cache a fini d'être emplie dans les années 1950 ou 1960 par un membre de la famille. Était-il ou elle trop âgé, ou un décès accidentel, pour transmettre le secret à ses descendants - secret conservé pour éviter que les jeunes, le personnel, ou des malfrats, veuillent s'approprier le magot.

Les généalogistes belges reconstitueront sûrement l'arbre familial et le confronteront à l'histoire immobilière du lieu : qui vivait là dans les années 1950 et 1960 ? Qui était encore présent lors de la fermeture de la brasserie, puis quand la famille quitta la villa ? Enfin les dates de cession des bâtiments et terrains jusqu'à l'achat par le CAW.


... oubliant en chemin des kilogrammes de métaux précieux dans une cave ...

vendredi 15 mai 2026

Disparition de Michael Sefi, gardien de la Collection philatélique royale

 Ce mercredi treize mai 2026, le journal britannique The Telegraph rapporte la mort de Michael Sefi, le neuf mai.

Accompagné de son épouse, Michael Sefi reçoit des timbres personnalisés belges du président de la RPSL Patrick Maselis lors de sa retraite de la Collection philatélique royale, en septembre 2018 (communiqué de presse de la RPSL, via le blog de Delcampe, vingt septembre 2018).

Expert-comptable de profession, ce philatéliste est principalement connu comme Gardien de la Collection philatélique royale de 2003 à 2018, organisant et ouvrant au public cette accumulation du Royaume-Uni, de l'Empire britannique et d'une partie du Commonwealth au nom de la Reine Elisabeth II.

Par ailleurs, il a grandement animé et présidé à deux reprises la Great Britain Philatelic Society, et élu au conseil de la Société philatélique royale de Londres.

J'ai découvert Michael Sefi et la Collection philatélique royale des Windsor à la lecture de The Queen's Stamps de Nicholas Courtney, publié en 2004. L'ancien adjoint de Charles Goodwyn depuis 1996 accompagnait l'auteur dans la découverte des albums que ses prédécesseurs et lui ont progressivement créés, par règne depuis George V, et ce quelques années après leur déménagement du palais de Buckingham à celui de St James.

Le livre présentait aussi ses efforts constants, avec Goodwyn puis avec son propre adjoint Surésh Dhargalkar, de montrer la collection au plus grand nombre. Il a poursuivi la présentation inaugurale de la saison de la Société philatélique royale, chaque septembre, mais aussi œuvré à la logistique la menant à des expositions internationales comme Washington en 2004.

En 2013, il a été nommé lieutenant dans l'Ordre royal de Victoria par la reine, et ses pairs l'ont invité à signer le Roll of Distinguished Philatelists.


Depuis sa retraite en 2018, la Collection n'a plus de Keeper en titre tout en ayant été ramené à Buckingham l'année suivante.

Rod Vousden, adjoint de Sefi depuis 2003, sert d'intermédiaire entre la Couronne et le monde philatélique, notamment pour la consultation de cette collection de référence, et lors de la présentation de rentrée au siège de la Société philatélique royale de Londres.

Diplomatiquement, Michael Sefi indiquait que la reine appréciait feuilleter les albums, même si elle venait rarement... Qu'en est-il de Charles III ? [1]


En France, la disparition du journaliste philatélique Michel Melot, le huit mai dernier, a été annoncée par Yvert et Tellier.

De 1969 à 2026, il a rédigé pour Le Monde des philatélistes, puis avec Georges Bartoli (1926-2018) auquel succède Gauthier Toulemonde pour les publications de Timbropresse : Timbroscopie, Timboloisirs et Timbres magazine. Il était le rédacteur-en-chef de ce dernier depuis l'été 2020.


Complément du dimanche vingt-quatre mai 2026 :

La Cour royale recherche actuellement le prochain Conservateur de la Collection philatélique royale. Date limite des candidatures : vingt-huit juin 2026, pour des entretiens le quatorze juillet suivant.

samedi 14 février 2026

Présentation d'une structure de base de données marcophile

 Dans le cadre de son programme de conférences en ligne, la Société philatélique royale de Londres a invité Ian Gibson-Smith à présenter, mardi dix février 2026, son modèle de base de données numériques qu'il a établie avec des membres de quelques sociétés spécialisées en philatélie classique, marcophilie et histoire postale.

Établir au sens de l'infrastructure informatique, des informations standardisées, et de leur remplissage en partant de listes et catalogues publiés sans réédition ni remise à jour, puis en encourageant les membres des associations à publier enveloppes et marques en leur possession, ou dont ils ont une preuve visuelle et notables d'existence.


En environ vingt minutes, il a présenté son parcours de collectionneurs le menant vers l'intérêt pour les marques postales et l'histoire postale - l'étude du parcours d'un courrier à partir de ces timbres, marques manuscrites, tamponnées, etc.

L'idée est de fournir un outil de création de base de données « libre », autant qu'un outil de connaissances collectif en lecture comme en écriture - avec l'association fournissant des administrateurs pour valider les ajouts et propositions de modifications faites par les membres de l'association eux-mêmes (à la Wikidata, la base de données commune aux sites de Wikimedia, avec une modération obligatoire).

L'outil calibré permet d'extraire ensuite à l'aide d'un moteur de recherche une liste des marques selon des éléments et des mots-clés intéressants un collectionneur.

« Libre » car les concepteurs de l'infrastructure laissent qui souhaite utiliser cette infrastructure, et avec capacité possible entre les associations adoptives de pouvoir communiquer et échanger leurs bases.


Une fois n'est pas coutume, la partie des questions des spectateurs dépasse en durée la présentation, déjà par la présence de Fellows et d'officiers de la RPSL, passés et actuels, puisque les questionnements ont beaucoup tourné autour de la publicité de ces connaissances face aux droits individuels des collectionneurs.

Premier point spontané de plusieurs membres de sociétés spécialisées des classiques de pays et colonies du Commonwealth : l'intérêt d'un de leurs membres ou de leur association qui ont établi ou sont en train d'établir des bases de données de marques postales. La réponse de M. Gibson-Smith est que l'outil développé est développé pour s'en servir sans avoir besoin de lui et ses équipiers pour le faire fonctionner.


Autre point sur le coût de fonctionnement paraît faire l'objet de multiples stratégies. Alliée à la fierté de partager des informations en leur nom, l'ajout d'une marque ou d'un objet lié se fait au nom du collectionneur-rédacteur. Gibson-Smith espère ainsi contourner le côté discret de nombreux collectionneurs face à la diffusion sur internet de leurs possessions... Mais un intervenant se demande s'il faut dater le début et la fin de la propriété d'une pièce par le rédacteur.

Les coûts actuels des serveurs de stockage ne semblent pas inquiéter le conférencier, même si le Bureau de la RPSL signale que, dans le cas récent de l'archivage des informations d'une collection complète ayant permis de nombreuses expositions médaillées, un étudiant reçoit dédommagement à passer ses journées de volontariat à scanner et inventorier correctement les items. Une véritable formation de documentaliste et conservateur de musée.

Il y aura donc sûrement rendre publiques et structurées les bases des sociétés spécialisées contre cotisations annuelles, appel aux grands collectionneurs à partager leurs bases de référence, volontariat bénévole de ceux qui ont preuve d'items (collection personnelle, lecture de catalogues de ventes, etc.), et ponctuellement indemnisation de quelques personnes en cas de numérisation de masse d'une collection de référence sans index numérique strandard.


Cependant, les anciens (donc sages) présents signalent des soucis récurrents, entre pratiques du monde philatélique et juridictions multiples dans le monde.

Ainsi, un intervenant insiste que la question de la propriété d'ensemble de la base n'est pas à négliger. Après tout, les maisons d'enchères par la publication de leurs catalogues et les marchands les compilant par eux-mêmes créent des bases de données propriétaires, et même privés au sens du secret permettant à leur entreprise d'être plus performante que la concurrence.

Une telle base de données pourrait-elle être vendue à une entreprise et devenir payante, et plus librement accessible à ceux qui l'ont établie, les ponctuels qui l'ont complétée, et même les membres de l'association anciennement propriétaire. D'où la présentation à la RPSL ? Proposer un chemin vers les grandes organisations philatéliques qui paraissent durables financièrement et techniquement ?

Sur le point de bases de données d'entreprises, en France avec la numérotation du catalogue Yvert et Tellier, comme dans le droit britannique sur la propriété de bases de données ayant coûté à un acteur, etc., cela peut poser un risque juridiques au propriétaire de la base selon l'origine d'ajouts massifs par un rédacteur employant sa collection de catalogues d'enchères par exemple.

Et ce, même si la quasi-totalité des enveloppes de collection sont dans le domaine public de fait : au-delà des décennies après le décès des créateurs des timbres (par ailleurs maculés d'encre), de l'écriture manuscrite des expéditeurs, ou avec des cachets stéréotypés.

Seulement, le fait de passer un temps à photographier, scanner, organiser, légender peut créer un droit sur la base de ces données, notamment au Royaume-Uni. Le collectionneur ayant organisé sa collection puis l'a vendu, la maison de vente ayant édité le catalogue, verront-ils tous avec plaisir ces bases de données se multiplier librement montrant leurs anciens biens ?

Cela se fait déjà, mais ponctuellement quand un article de marchand ou de presse philatélique veut illustrer l'évolution du marché d'un type de lettres ou l'historique des propriétaires d'une rareté postale.


Dernière crainte : avec de telles bases quasi-complètes et voulues aussi ouvertes à la consultation que possibles, n'y a-t-il pas à crainte leur utilisation par des faussaires ?

On peut se rassurer par deux points. Martin-Redman signale qu'une marque fausse peut être listée comme fausse et ainsi être connue par ceux qui auront le réflexe de consulter la base spécialisée avant un achat...

... ce qui renvoie à l'éducation des collectionneurs. On ne peut accuser les experts en philatélie passés et actuels, ni la RPSL d'ailleurs*, de diffuser les images imprimées sur papier ou mieux transparents (*Madame Joseph Revisited), ou numérisées de marques postales frauduleusement réemployés ou falsifiées.


Enfin, Simon Martin-Redman, actuel vice-président de la RPSL et président du site web Museum of Philately de sauvegarde des collections renommées, conclut les questions en reprenant une problématique connue au sein de la Société philatélique royale : trouver de jeunes philatélistes doués ou professionnels de l'informatique pour animer ces projets au sein des diverses sociétés spécialisées.

Cela résonne avec l'hommage que Chris King a fait au défunt Frank Walton, dans son entretien avec Abhishek Bhuwalka, publié fin 2025 dans la Philatelic Literature Review. Walton et lui avait de nombreuses idées et maints projets ; le premier y apportant en plus ses compétences techniques en informatique.

Comme le montre les travaux de Ian Gibson-Smith, l'informatique comme outil de la philatélie et de l'histoire postale a toujours de l'avenir, mais combien d'ingénieurs et techniciens pour soutenir, entretenir et tenir à jjour tout cela au bénéfice des associations et de la collectivité ?

[Note : pas moi, je remercie Google de maintenir Blogger et ses outils pour naïfs.]


La présentation de Ian Gibson-Smith est visible sur la page YouTube de la Société philatélique royale de Londres. En libellés de cet article de blog, les trois pays pour lesquels le conférencier a établi des bases de données de marques postales par passion (Hong Kong), puis en lien avec ce projet spécifique.

vendredi 26 décembre 2025

La vie en philatélie organisée de Chris King

 Le numéro automne-hiver 2025 de la Philatelic Literature Review, journal de l'American Philatelic Research Library, et, en version longue sur le blog de l'auteur, l'historien de la philatélie Abhishek Bhuwalka propose un long entretien avec le Britannique Chris King, qui depuis un quart de siècle participe de l'évolution de la Société philatélique royale de Londres (RPSL) d'une part, et de la philatélie organisée d'autre part.

En-tête de l'article posté le sept novembre 2025 sur le blog The Philatelist, version longue de l'entretien.

Devenu semestrielle cette année et allégée des listes d'entrées d'ouvrages de la bibliothèque de l'American Philatelic Society, la Philatelic Literature Review vise à l'actualité des bibliothèques philatéliques, la recherche sur comment furent établies de grandes publications depuis origines des commerces ou études philatéliques et postales, ainsi la biographie de leurs auteurs.

Dans ce cadre, l'Indien Abhishek Bhuwalka (ici se présentant sur son site d'auteur et collectionneur) y transmet régulièrement des entretiens avec des bibliophiles, des libraires philatéliques.


À soixante-seize ans, et entré en philatélie exposée à cinquante, le cheminement de Chris King demande de nombreuses pages puisque son parcours personnel permet de voir apparaître le collectionneur spécialisé, mais aussi l'administrateur organisé et réfléchi dont la RPSL et la philosophie de la philatélie avaient besoin en ce début de vingt-et-unième siècle.

La lecture de cette autobiographie guidée permet de voir comment Chris King fut un collectionneur comme beaucoup (enfant ayant abandonné jeune adulte, mais repris avec plus de passion encore), et que sa vie professionnelle et politicienne l'a formé à des compétences indispensables aux sociétés philatéliques dans lesquelles il s'est, tardivement, investi.

Le rôle de son épouse, la Danoise Birthe Troelsen, rencontrée lors d'un stage professionnel à Venise, est déterminant, au point qu'ils ont créé le Double Geneva Club, en 2016, pour les couples philatélistes. Birthe a permis le déchiffrement et la traduction des courriers que Chris étudiait dans ses spécialités autour des duchés du Schleswig et de Holstein, puis des routes postales autour de la Scandinavie. À tel point que sa première exposition en classe ouverte au London Stamp Show 2000 est autant la sienne que celle de sa femme. Ensuite, celle-ci se prend de passion avec des collections sur la Seconde Guerre mondiale au Danemark et en lien avec le génocide perpétré par les nazis.


Je laisse la découverte des détails d'avant cette collection exposée, et surtout, de la suite. Mais quelques points m'ont intéressé.

Parmi les réponses aux questions d'Abhishek Bhuwalka, Chris King rappelle que la présidence de deux de la RPSL est en fait un parcours d'une décennie au sein de son Bureau, et dont la présidence est la partie centrale. L'étude de la modernisation du 41 Devonshire Place, siège historique de la RPSL, puis de sa vente et la gestion quotidienne et sur place du chantier du 15 Abchurch Lane, ont eu lieu après, sous le titre de Past President.

Cela permet à King de montrer qu'avant son adhésion en 2005, les membres du Bureau sont déjà en train de faire évoluer cette société d'apparence élitiste en une société explicitement ouverte à de nouveaux membres, mais surtout à offrir au plus grand nombre ses ressources de recherche.

Tragiquement, Frank Walton (1953-2022) fait partie de ce grand moment d'ouverture et de projets... avec leur fragilité. La genèse de la Global Philatelic Library, incluses les négociations avec le Smithonian en charge du Musée postal national de Washington, montre le bouillonnement d'idées entre King et Walton, mobilisant les cadres de la RPSL autour d'eux. Mais, également que depuis la mort prématurée de ce dernier, il manque une cheville ouvrière pour la Bibliothèque globale.

Car, au terme de la lecture qui montre un Chris King ayant déjà une année 2026 déjà bien remplie, son souci constant est : comment rendre l'ensemble des ouvrages, archives, collections de la Société philatélique royale de Londres, mais aussi du plus grand nombre de sociétés et associations philatéliques accessibles, au moins qu'un moteur de recherche permette d'en connaître l'existence ?

Le séminaire Crawford, en liaison avec le musée intégré à la RPSL, des présentations reprenant les définitions des disciplines et classes d'exposition philatéliques, et donc ouvrant les possibles ouvertures vers l'histoire sociale, les autres collections d'objets (monnaie, affiches, pamphlets, etc.).


À une autre échelle, enfin, Bhuwalka demande à King s'il pense que, depuis les confinements du covid-19, le développement rapide des conférences virtuelles, en parallèle des rencontres physiques, est une bonne chose pour la philatélie.

Là, il est pessimiste. Certes, le virtuel a permis de rapprocher les membres lointains de leurs sociétés, en particulier la très-londonienne RPSL. Cependant, cela a fortement ralenti l'adhésion de membres, leurs visites au 15 Abchurch Lane, la découverte des idées et compétences de chacun.


Je conseille vivement la lecture des entretiens réalisés par Abhishek Bhuwalka, et plus généralement la lecture de la Philatelic Literature Review. La philatélie a besoin d'une mémoire, d'un Who's Who qui ne soit pas qu'une parade des propriétaires de British Guyana, plus de la biographie de ce qu'ils ont apporté à leur échelle à la collection, à l'exposition, à la curiosité générale. Avec remise dans le contexte de l'époque car on est rarement seul comme Chris King le rappelle pour la période 2000-2015 concernant la Direction de la RPSL.

mardi 23 décembre 2025

Du numéro 1 du trimestriel So'Philatélie & Co

 Lors du Salon philatélique d'automne en novembre 2025 à Paris, Sophie Bastide-Bernardin a présenté So'Philatélie & Co, un nouveau magazine philatélique à parution trimestrielle, dont le premier numéro est envoyé aux abonnés depuis le vingt-six octobre.

La couverture londonienne signée Miles Hyman du premier numéro d'automne de So'Philatélie & Co.

Quelques mois après la disparition brutale de L'Écho de la timbrologie et la reprise de la rédaction-en-chef d'Atout timbres par le patron, il est agréable de voir Sophie Bastide-Bernardin de retour avec une publication philatélique aux objectifs et contenus proposant une alternative aux publications philatéliques habituelles.

So'Philatélie & Co souhaite proposer aux lecteurs des nouvelles et articles philatéliques ainsi que des ouvertures sur les à-côtés : philatélie organisée en prenant le temps, place du timbre et de la correspondance dans d'autres domaines, tels l'œuvre romanesque de Jane Austen et de ses adaptations audio-visuelles pour ce premier numéro.

Même si l'actrice interviewée est très loin du domaine, il permet tout de même une cohésion thématique londonienne-anglaise d'une partie du numéro : les lettres entre personnages de Jane Austen, couverture par Miles Hyman (artiste du timbre en 2020), visite riche en photographies de ce que la Royal Philatelic Society London et le Postal Museum peut offrir aux collectionneurs, dont l'exposition temporaire Voices of Resistance: Slavery and Post in the Caribbean jusqu'au cinq janvier 2026, et les créations d'Alistair Mavin à partir de collages de timbres d'usage courant.

De là, sans se perdre dans des pages infinies des nouveautés de France (il y a tellement de ressources répétées pour les retrouver), la philatélie se développe à côté du thème principal : initiation aux timbres perforés de France [il y aurait à découvrir plus tard ceux à usage sociaux-fiscaux britanniques pour payer les factures de commodités énergétiques], une thématique des déserts étendue aux multiples sens.

De petits cadres précisent des définitions philatéliques qui pourraient intéresser le public non ou peu collectionneur aussi visé par la publication.

Affranchissement de l'envoi du premier numéro de So'Philatélie & Co début décembre 2025.

Étant au commencement de l'aventure éditoriale par abonnement, l'affranchissement est en timbres récents et quelques anciens pour arrondir les centimes d'euro.


L'abonnement à So'Philatélie & Co est possible sur le site du magazine.

samedi 20 décembre 2025

La poste en Antarctique, marque de souveraineté ou indispensable du quotidien ?

 Tel The Guardian hier soir, samedi treize décembre 2025, la presse britannique se fait écho de l'arrivée de la nouvelle boîte aux lettres à la station de recherche Rothera, située sur une île le long de la péninsule antarctique par l'institut British Antarctic Survey et qui fait fonction de capitale administrative du Territoire antarctique britannique. 

La poste aux manchots... Ah non, juste la boîte (photographie du British Antarctic Survey, via The Guardian).

Les amateurs des postes polaires connaissent bien, par publicité, croisières, émission de timbres et film documentaire, le Penguin Post Office de la minuscule base devenue musée et bureau postal de Port Lockroy, gérée désormais par le United Kingdom Antarctic Heritage Trust, puisqu'il s'agit d'un patrimoine désormais purement touristique.

À un peu plus de deux cents kilomètres au sud de la péninsule, à Rothera, Kirsten Shaw était déçu de la boîte aux lettres de la base : une vague boîte métallique à peinture rouge, vraiment le modèle officiel de Royal Mail ?

Elle a donc écrit au Roi Charles III pour demander l'envoi d'une nouvelle boîte standardisée à son monogramme - dont plusieurs modèles sont en cours d'installation au Royaume-Uni depuis juillet 2024.

À l'approche de Noël, pendant l'été austral, vient d'arriver une boîte de type lamp post, avec plaque métallique au monogramme et la couronne royal.

Kirsten Shaw et la nouvelle boîte, une enveloppe affranchie de timbres du Territoire antarctique britannique (photographie du British Antarctic Survey, via The Guardian).

Le témoignage de Shaw rappelle l'importance du courrier familial arrivant aux ou envoyé par les estivants ou hivernants, y compris par la symbolique du quotidien d'une boîte aux lettres rouge.

À Rothera, le courrier dépend des rotations du RSS Sir David Attenborough ou des avions du British Antarctic Survey. Le navire, en opération dans l'océan austral depuis novembre 2021, est passé début décembre 2025 (avec les cadeaux de Noël des estivants) et ne reviendra que le vingt-deux janvier 2026.

L'article précise que le lien postal est réalisé par l'intermédiaire des îles Falkland... et donc si le navire arrivant en Antarctique n'y a pas fait escale : pas de courrier.

L'immensité australe : en rouge Rothera, en noir Port Lockroy, au nord vertical la Terre de feu, l'Amérique du Sud et les îles Falkland (Google Maps).

Un avantage néanmoins de la solidarité ultra-marine, comme pour les départements et collectivités d'outre-mer français et la métropole : l'affranchissement de la lettre de base est de seulement 87 pence pour le Royaume-Uni - ce qui est le tarif de la lettre intérieure de moins de cent grammes en seconde classe. Entre le Royaume-Uni et l'Argentine, la même enveloppe coûte 3,30 livres sterling en économie ou 3,40 en envoi standard.

Les tarifs postaux visibles sur le site de Falkland Post Service pour l'archipel des Falkland et les deux territoires britanniques peuvent faire rêver les historiens postaux : une lettre locale par voie terrestre à l'intérieur de l'Antarctique britannique.


Les timbres du Territoire antarctique britannique, ceux communs de Géorgie du Sud et îles Sandwich du Sud, et ceux propres aux îles Falkland peuvent être commandés auprès du bureau philatélique du Service postal des îles Falkland : https://www.falklandstamps.com/ . L'envoi est affranchi en timbres-poste.

Le siège du British Antarctic Survey se trouve à Cambridge, et comprend un musée dont j'ai présenté la façade et l'annonce d'une exposition philatélique en 2014.

mercredi 26 novembre 2025

La France et ses colonies dans The American Philatelist de novembre 2025

  Les timbres et le courrier de France et de son empire colonial sont à la une du journal mensuel de l'American Philatelic Society, The American Philatelist de novembre 2025.

Couverture du numéro de novembre 2025 de The American Philatelist - par contre, pas de Semeuse dans les articles.

Quatre articles géographiquement et de classes variés.

Spécialiste de l'Algérie des origines à la conquête française, Kenneth Nilsestuen propose le récit des dangers posés par les corsaires des côtes algériennes en Méditerranée occidentale du seizième siècle à l'invasion française de 1830, à travers des lettres d'Européens.


Pré-philatélie, philatélie, marques postales : Jere Dutt raconte, avec des courriers puis des émissions de timbre, l'incursion des Européens, puis la colonisation française du Dahomey (actuel Bénin). La flotte de guerre britannique veilla à l'abolition de la traite esclavagiste à partir de 1834, le Parlement de Londres promettant récompenses pécuniaires à ceux qui empêcheraient les navires négriers de quitter l'Afrique de l'Ouest.

Ensuite, dans les années 1880, arrivèrent les forces françaises pour tenter de disposer d'un accès à la région déjà bien occupée par les Britanniques, d'où l'usage de routes maritimes postales de ces derniers.

Suit ensuite les timbres et des exemples de courrier affranchis avec les séries générales des colonies françaises, au nom du Bénin, puis du Dahomey.


Côté poste aérienne, Dan Gribbin se plonge dans l'histoire des vols Air France de l'année 1935, lui permettant d'expliquer le développement de l'aviation civile pendant les années 1930 malgré la Grande Dépression, au début des années 1940.

L'article, richement illustré d'enveloppes circulant entre trois continents, est captivant en rappelant donc les étapes qui ont mené à l'aviation connue dans la seconde moitié du vingtième siècle, notamment le développement des aérodromes, diminuant de manière importante le recours aux hydravions.

Néanmoins, il signale que ceux qui tenteraient d'assembler un courrier par vol de la compagnie française dans l'Atlantique Sud entre 1931 et 1940 - 511 d'après Pierre Labrousse en 1974 - se fâcheraient avec leur banquier, leur ophtalmologiste et leur conjoint, et pas forcément dans cet ordre.

Les héros vont-ils réussir à prendre cet avion avant un drame ? (capture d'écran du film Casablanac)

Il termine son récit par une anecdote dans la réalisation du film Casablanca (1942) dont la fin montre un avion à destination de Lisbonne, escale pour les héros, vers l'Amérique avec la compagnie PanAm. Comment cet avion a-t-il pu être filmé dans un studio devenu trop petit pour faire entrer ce genre d'appareil dans les années 1940. Autre signe des rapides progrès des objets plus lourds que l'air.

Cette ouverture cinématographique sert de bande-annonce à la collection d'accessoires hollywoodiens, imitant timbres-poste et courrier, assemblée par Thomas Richards.


Vous remarquerez que les auteurs assemblés par la rédactrice-en-chef explorent l'espace philatélique et postal français loin des sentiers convenus.

Ainsi, l'étude de Bruce Arlen Wasserman se concentre sur l'enveloppe circulant entre des Virginiens et un soldat de l'Armée des États-Unis, alors inaccessible puisque parti à l'offensive dans la seconde bataille de la Marne, entre le printemps et l'été 1918.

L'objectif allié était de repousser vivement les troupes allemandes renforcées par les contingents orientaux libérés par la paix de Brest-Litovsk avec la Russie, signée le trois mars, en profitant des renforts états-uniens arrivant progressivement depuis une année.

Récit des opérations, photographies retrouvées dans les archives numérisées du gouvernement des États-Unis, journaux d'époque également numérisés, permettent d'expliquer la tardive remise de cette lettre au soldat au début de l'automne.


En dehors de l'espace français, deux articles évoquent les droits de douane autant des premières années d'indépendance d'une nation en quête de finances, puis en tentant d'interpréter les règlements de l'Administration Trump sur la circulation commerciale de timbres-poste et de biens de collection philatélique.

Il semble que les hauts fonctionnaires ont constaté l'absurdité des taxes par pays d'arrivée, imposée du Bureau ovale, sur des objets qui ont une transmission qui les éloigne progressivement du pays de fabrication ou d'émissions. En plus de causer des sueurs froides aux organisateurs de l'exposition mondiale de Boston 2026 sur l'entrée des collections et des marchandises aux États-Un

dimanche 9 novembre 2025

Une carte postale, une fresque, des puzzles : des ados bien étonnants dans ce roman coréen

 Pendant mon séjour à Paris en juillet 2025, j'ai enfin pu découvrir la Librairie Le Phénix, 72 boulevard de Sébastopol, dans le troisième arrondissement de Paris, spécialisée dans les cultures d'Asie de l'Est principalement, mais aussi du Sud-Est, de l'intérieur (Mongolie, Tibet), et quelques aspects en Inde.

L'équipe de libraires organise également ateliers et rencontres d'auteurs sur place. N'hésitez pas à vous abonner à leur infolettre.

Couverture de l'édition coréenne du roman évoqué : une scène urbaine de graffitis qui peut illustrer un moment libérateur pour le héros lycéen.

En mode exploration des étagères coréennes, j'ai pu revenir avec des manuels de présentation de la Corée du Sud et de sa culture, quelques bandes dessinées et romans traduits en français dont Encouragez donc les garçons ! de Eun Hee-Kyung de 2010, publié en français par L'Atelier des Cahiers Éditeur en 2022.

La couverture (brutale) de la traduction française de 2022, avec une traduction alternative du titre : approximativement « Console le garçon / Réconfortez les garçons » (소년을 위로해줘).

Dans ce récit à la première personne, l'écrivaine met en scène Kang Yeonu, surnommé « L'Indifférent » par son nouvel ami Dokgo Taesu, au moment de son adolescence où il va changer à la fois progressivement et par à-coups alors que rien ne paraît changer dans le cadre imposé par sa mère a-maternelle.

Élevé par une mère divorcée à la fois égoïste et colocataire de son fils, et le petit ami du moment de celle-ci, Yeonu déménage une nouvelle fois et sait déjà qu'il va s'enregistrer pour être dirigé vers un nouveau lycée, dans lequel son physique et ses piètres résultats vont le mettre à la marge des groupes sociaux distingués comme harceleurs du quartier.

Bref, il est comme le duo de chats de l'appartement : sa mère les a voulus, mais elle regrette de devoir les faire souffrir en les gardant... Guère réjouissant.

Seulement, il fait la rencontre de l'impulsif Taesu et de sa sérieuse sœur, revenus d'une année aux États-Unis avec leurs parents, et de la craintive Chaeyeong par le hasard du déménagement. Le premier lui fait écouter - et Yeonu s'identifie rapidement - les paroles du rappeur lycéen inconnu et amateur G-Griffin (griffon...), et ne sait que faire des sentiments nouveaux que semblent montrer les deux lycéennes.

Dans sa nouvelle chambre, dont Chaeyeong semble connaître l'emplacement de la fenêtre avant même leur rencontre, Yeonu découvre qu'il place ses meubles stéréotypés exactement aux mêmes endroits que l'occupant précédent, que celui-ci a petit à petit dessiné des ailes déployées sur le mur dans l'axe du miroir... trop hautes pour le narrateur, mais inspirante.

Et, à la première venue du facteur, Yeonu découvre, oublié par la famille, une carte postale de Chaeyeong envoyée à ce Min Gihun, l'auteur de la fresque ailée. Une carte achetée au musée Franz Kafka et expédiée de Prague par Chaeyeong, sur laquelle l'écrivain, regard gêné, est photographiée à la plage avec une amie.

Chaeyeong, personnage mystérieux, mais attachant, ce qui s'accorde bien avec l'attitude mutique et prudente de Yeonu : elle lui fait cadeau de la carte qu'il parvient à lui rendre, elle l'introduit au bar à puzzle du quartier, elle lui offre un pendentif orné d'un griffon identique au sien quand leurs sentiments s'accordent...


L'intrigue adolescente paraît simple, mais non : d'abord ces adolescents et la mère détonnent dans la société coréenne de compétition par le comportement social attendu, les résultats ou la force brute.

Le fait de vivre de nouvelles expériences avec ces trois camarades entraîne des péripéties inattendues pour le héros et une frustration montante et surprenante en lui malgré la découverte qu'il aime lire (un roman de Kafka que sa mère récupère dans les livres de son ex-mari qu'elle n'a jamais jetés) et la formation à la course à pied reçu par le petit ami de sa mère, qui semble avoir plus de parentalité en lui.

Le premier tiers du roman pose Yeonu dans ses habitudes de suivre sa mère dans sa manière de vivre, avec les premiers intérêts pour ces trois nouveaux ami.e.s. Le deuxième tiers semble faire mûrir le héros au rythme des aléas adolescents (la passion pour les chansons du rappeur, un enseignant méchant et donc la peur de celle des parents face aux punitions, le passé non-dit des trois autres, la déception non dissimulée d'une des filles, l'accomplissement par la course à pied,...).

Au troisième tiers, brusquement, Yeonu prend conscience qu'il a depuis son emménagement une collection d'objets sous ses yeux, en main, qu'il utilise même, mais qui ne le mène en fait pas vers la découverte de lui-même. La carte postale est incluse dans cette révélation vue le titre de ce blog.

Là, l'éditeur français peut justifier sa couverture, et l'autrice son titre : qui va venir consoler ce garçon de cette découverte pour qu'il la dépasse, confronte la situation de manière réfléchie. Ses amis, ils sont juges, parties, et eux-mêmes dépassés. Le petit ami, faux beau-père, il a déjà bien encouragé et ce n'est pas son rôle. La mère est-elle si distante de ses devoirs parentaux ?

...

Je ne sais pas : il me reste cinq chapitres, l'épilogue et relire le chapitre introductif pour savoir si et comment Yeonu va devenir un jeune adulte libre.

En attendant, encore un auteur de fiction qui place la correspondance écrite et postale en bonne place de la construction de ses personnages.


Postscriptum du mardi onze novembre 2025 :

J'ai terminé la fin du roman, surprenante quoique logique en évoquant des adolescents en construction.

Pour les accrocs du timbre-poste et de la carte postale illustrée, une surprise dans les dernières pages : comment un des personnages compare sa rencontre avec le héros à partir du roman épistolaire illustré de courrier réalistes Griffin and Sabine, premier tome d'une saga de Nick Bantock, publié en 1991.

La fiction relie par la correspondance un illustrateur de cartes postales londonien et une illustratrice de timbres-poste vivant en Océanie... Le point-clé pour clore le roman coréen est le nom du héros : griffon.

mardi 28 octobre 2025

Des artistes du timbre reconnus dans l'actualité philatélique

 Des collectionneurs de timbres apprécient de découvrir les artistes qui signent les petits papiers dentelés qu'ils amassent et organisent. Quelques exemples récents.

Le courriel d'annonce d'une vente d'impressions inédites de David Gentleman au profit du Postal Museum de Londres (daté du vingt-quatre octobre 2025).

The Postal Museum de Londres a reçu un don d'impression de dessins que David Gentleman a réalisé dans les tunnels du petit train postal, qui a servi sous les rues de la capitale londonienne. Leur vente démarre le mardi quatre novembre 2025 et le produit permettra de financer les opérations du musée.

Sur le site web du musée, il est rappelé l'importance de Gentleman dans l'histoire philatélique britannique, au temps de la généralisation des timbres commémoratifs et illustrés : gravure sur bois, créations plus contemporaines dans la lignée du design commercial, et comment il a établi le caméo de la Reine Elisabeth II lorsque le Maître général des postes Tony Benn tenta de remplacer la photographie Wilding par le nom du pays.

En-tête de l'entretien entre une membre de Postcrossing et l'artiste du timbre portugais João Machado, le vingt-cinq octobre dernier.

Le lendemain du courriel du musée londonien, sur le blog de Postcrossing, le site d'échanges de cartes postales en aveugle, Clarisse a proposé un entretien avec João Machado qui crée des timbres pour Correios de Portugal (CTT) depuis 1987.

Livre jeunesse, affiches, multiples techniques manuelles, couleurs vives... Le touche-à-touche de l'illustration a fait de même au cours de sa carrière philatélique, dont le timbre en liège en 2007.

Logotype de Nordfrim, marchands de timbres, de catalogues et de matériels de collections.

Reconnaissant la popularité et la longévité de certains artistes, Nordfrim propose une case à cocher « Martin Mörck » dans la liste des timbres en vente, et même, récemment, des paquets de timbres signés du norvégien Mörck pour accompagner son millième timbre féroïen ou du groenlandais Jens Rosing (1925-2008) dont la poste de sa nation a célébré le centenaire.

mercredi 15 octobre 2025

Classe ouverte exposée sur réfrigérateur

 Suite à un post sur le réseau social Bluesky d'un cartographe sur ses magnets quasi-sculptures de destinations de voyage, ce mercredi quinze octobre 2025, voici la porte de mon réfrigérateur, le deuxième à voir se superposer souvenirs de mes voyages en France et à l'étranger.

Le réfrigérateur du blogueur (tous droits réservés).

Cartes postales marquantes : reproduction de dessins des amoureux de Peynet trouvés au musée d'Antibes, photographies ou montage artistique de paysages de la descente vers le Vieux Port de Marseille aux monuments de Liverpool et Chester, et le pic Saint-Loup au nord de Montpellier.

Les magnets permettent de faire tenir le tout, avec l'aide de ceux offerts par Médecins sans frontières et de représentations amusées de deux membres du groupe ukrainien Kalush Orchestra, et certains ont été présentés sur ce blog : armoiries de Cologne et Liverpool, singe de Gibraltar postant une lettre, carte touristique de Jeju, reproduction de sceaux anciens de Montpellier ou d'une tuile d'avant-toit du royaume coréen de Silla (par ici aussi), datée du septième siècle avant Jésus Christ.

D'autres ornent les montants de porte de la chambre à coucher, en signe de bons augures pour la journée - non, je ne vérifie pas de quel pied je me lève : 

Le palier du jour du blogueur (tous droits réservés).

Paysages des saisons fraîches depuis la forêt au pied de la tour nord de Séoul, la Vue de village de Frédéric Bazille, le message patriote britannique "Keep Calm and Carry On", et un très beau magnet métallique à l'oiseau emblématique de Liverpool, le Liver bird.


Oui, la plupart ne pourront pas se placer sous les lourdes vitres des traditionnels panneaux d'exposition philatéliques.... d'où leur exposition sur meubles et infrastructures métalliques du domicile.

samedi 30 août 2025

Des panneaux solaires sur les boîtes aux lettres britanniques

 Soucieuse de rentabilité, les opérateurs postaux historiques tentent de rester compétitifs sur le marché de l'expédition, transmission et réception des colis. Depuis avril dernier et avec une accélération en cet été 2025, au Royaume-Uni, Royal Mail modifie ses boîtes-piliers à lettres de rues pour qu'ils acceptent les colis tout en permettant de lancer leur suivi numérique.

Le mode d'emploi du dépôt de colis en boîte aux lettres sur le site de Royal Mail, en 2025 (notez le changement de la couronne royale).

En avril 2025, la presse a fait écho à l'annonce de Royal Mail sur deux nouvelles méthodes d'envoi de colis. Rappelons que la poste historique, déjà séparée des bureaux de poste (Post Office Ltd.), puis totalement privatisée et désormais filiale d'un groupe multinational contrôlé par le capitaliste tchèque Daniel Křetínský depuis les Pays-Bas - oui le même qui, avec d'autres millionnaires, tendent à vouloir posséder des médias.

Sur la capture d'écran ci-dessus, la grosse boîte de gauche a déjà quelques années et était dédiée spécifiquement au dépôt de colis pré-affranchis.

En avril 2025, l'application sur téléphone portable de Royal Mail permet désormais de poster tout courrier suivi ou colis suffisamment plat dans toute boîte aux lettres britannique, majoritairement toutes de forme pilier cylindrique assez mince.

L'envoi porte l'autocollant créé à la commande de l'affranchissement chez soi ou sur le lieu du commerce ou de l'entreprise expéditeurs. Le principe est que, devant la boîte aux lettres, l'expéditeur scanne le code-barres collé, identifie et sélectionne la boîte devant lui, clique et poste. L'application enregistre et fournit la preuve d'envoi... même si, tant qu'un nouveau scan dans un centre de tri, la poste et le destinataire doivent faire confiance que le geste manuel a bien eu lieu.

Une boîte-pilier ancienne modifiée telle que présentée par Royal Mail, en avril 2025 (photographie Royal Mail via The Guardian, le dix avril).

L'expérience visiblement concluante des grosses boîtes à colis, mais la confiance ayant ses limites face aux quelques malhonnêtes, la Royal Mail a eu l'idée de poser un scanner et un mécanisme de repérage sur ses milliers de boîtes aux lettres... petit à petit.

En avril 2025, le modèle mis en service a été une boîte totalement habituelle sur le chapeau de laquelle a été placé un toit noir garni de petits panneaux solaires disposés dans toutes les directions du ciel. Et où l'ouverture a été changée : sous la fente à lettres, un tiroir est apparu.

Sur la face de ce tiroir, un scanner permet d'identifier le code-barres de son colis. Le tiroir, une fois tiré, permet de pousser celui-ci dans la boîte.

Le modèle été 2025 du panneau solaire (photographie Royal Mail via BBC News).

Cette semaine, Royal Mail a annoncé le déploiement progressif, mais déjà visible dans plusieurs régions du pays, de ces boîtes, avec une modification fort logique : le panneau solaire est désormais composé de cellules disposées en rectangle, et avec le chapeau orientable et fixé dans la direction méridionale la plus adaptée.

Une boîte modifiée en Écosse - couronne d'Écosse sans monogramme royal pour éviter les problèmes de numérotation des rois et reines avec l'Angleterre (The Letter Box Study Group sur le réseau BluSky, le vingt-trois août 2025).

Un des principaux membres de The Letter Box Study Group (site officiel ; page sur BluSky), association britannique de passionnés des boîtes aux lettres, a été interrogé au journal de la BBC Radio 4 sur cette innovation.

Il a rappelé le contexte déficitaire et en fin de vie de la correspondance postale, expliqué le fonctionnement du système.

Une question est venu au journaliste sur la capacité des boîtes-piliers. Une poignée de colis apparemment. Le mini-logiciel est-il prévu pour verrouiller le tiroir dès la capacité dépassée ? L'application téléphonique peut-elle, dans ce cas, signalé la boîte ou le point-colis le plus proche ?

Parmi les lecteurs du blog Norvic Philatelics, il y a aussi une inquiétude pour les bureaux de poste et les franchisés de l'entreprise publique Post Office Ltd., qui subissent ainsi une nouvelle concurrence, et qui deviennent petit à petit les points d'envoi de colis de plusieurs groupes logistiques.

La libéralisation postale touche toutes les étapes du colis : le lieu et la méthode de dépôt sont enjeu de coût et de concurrence. Ce qui rappelle la libéralisation du marché de l'électricité, du gaz et du transport ferroviaire (producteurs ≠ transporteurs ou entretien du réseau ≠ livreurs ou vendeurs ≠ gestionnaire public des adresses ou des compteurs).


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

samedi 16 août 2025

Spink vend sa maison d'édition à Pen & Sword

 La nouvelle ne rassurera pas les tout derniers espérant, sur un coup de poker, une nouvelle édition du catalogue Spink-MauryZomby-Dallay, mais qui sait ?

La maison d'enchères londonienne et internationale, Spink, a décidé de céder son département publications à Pen & Sword, maison d'édition spécialisée dans l'histoire militaire, navale, maritime et aérienne, les objets de collection liés, ainsi que les microhistoires : locales et familiales. Elle est établie au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie.

Le premier catalogue Coins of England & the United Kingdom - Decimal Issues de Sovereign Rarities (site de cette dernière entreprise).

C'est la dernière étape du lâcher de l'édition pour Spink, dont le courriel d'annonce montre une focalisation accrue sur le marché des ventes aux enchères de prestige en Europe, États-Unis et Asie, pour les monnaies, médailles, et autres articles de collection à haute valeur ajoutée.

... ou fuir un secteur d'activité dont les coûts d'impression matérielle et d'expédition postale croissent trop pour un groupe dont ce n'est pas la réputation et le revenu prioritaires ? 

La première étape a eu lieu en avril 2024 quand le marchand de monnaies londonien Sovereign Rarities a acheté les droits des catalogues de monnaies des îles Britanniques : les deux volumes de Coins of England & the United Kingdom (avant et après la décimalisation de 1971) et Coins of Scotland, Ireland and the Islands including Anglo-Gallic Coins. L'édition 2025 des deux premiers étant les premiers avec le nouveau nom d'éditeur.

Le logotype de Pen & Sword Books (boutique web britannique).

Le courriel de Spink de juillet 2025 est évidemment optimiste, même s'il se détache d'un élément centenaire de l'entreprise, qui a créé en propre ses publications, mais aussi pour d'autres entités gouvernementales, privées et associatives dont la Royal Numismatic Society and the British Numismatic Society.

La transition pour les clients de Spink Books est annoncé comme aisée. Pen & Sword est l'actionnaire majoritaire de Script Publisher Services, un sous-traitant du monde de l'édition, aidant depuis la mise en forme, la mercatique jusqu'à la distribution ; et dont Spink utilisait les services.

Pour l'heure, le site web Spink Books est maintenu sous contrôle désormais de Pen & Sword. La Direction du nouveau propriétaire annonce une nouvelle marque (Imprints sur la boutique web) pour incorporer les titres Spink et attirer les auteurs et institutions : Script Collectables.

Quand au catalogue de cotations des timbres de France et de son empire colonial... Certains pourront espérer que zombie Maury deviennent anglophone pour rentabiliser les droits que Pen & Sword a acquis. Les conquêtes coloniales avec l'imaginaire militaire et naval qu'elles suscitent - à côté de leurs immenses violences meurtrières - peuvent peut-être susciter une envie philatélique outre-Manche ?

jeudi 14 août 2025

Archives, recherches et rédaction dans The London Philatelist été 2025

 Dans le numéro juillet-août 2025 de The London Philatelist et ses compléments sponsorisés, les membres de la Société philatélique royale de Londres (RPSL), l'Association internationale des journalistes philatéliques (AIJP) et deux grandes maisons de commerce proposent abondance de conseils et de ressources passés et à venir sur le rôle des archives, de la recherche et de la rédaction en philatélie.


Ce qui a attiré d'abord mon regard a été le fascicule édité par l'AIJP et la maison aux enchères allemande Heinrich Köller pour annoncer un Sommet sur la littérature philatélique suivi de la vente de « La Bibliothèque "PARIS" », les treize et quatorze novembre 2015 pour le premier, le quinze pour la seconde ; le tout à Wiesbaden, en Hesse.

Le Suédois Tomas Bjäringer cède son immense bibliothèque philatélique aux enchères, dont une partie est photographiée au siège de la maison d'enchères, rangée comme au départ dans ses étagères d'origine.

Le catalogue est téléchargeable en pdf sur le site de vente, sous le nom donc The "PARIS" Library (sa seconde ville de résidence), et numéro 387, ISBN 978-3-911997-32-4.

Plus de mille deux cents ouvrages des origines de la timbromanie aux ouvrages récents de référence aux tirages limités ; présentés pour certains comme rares et/ou reliés luxueusement, de provenance à faire frémir les fans d'autographes ; ou, plus utile à mon avis, annotés par l'auteur, le marchand aux enchères, ou un de ses propriétaires.

Attention aux spécialistes de la Suède, la partie de la bibliothèque de Tomas Bjäringer sur son pays sera proposée le trente novembre par GÖTA Frimärken, à Göteborg, même si la liste des lots suédois est reproduite dans le même fichier pdf.

Le catalogue comprend plusieurs pages sur l'œuvre philatélique de Bjäringer, principalement ses réalisations en écriture philatélique, sa participation à l'organisation de grands moments bibliophiles tels une partie de sa collection lors de Stockholmia 2019 pour les cent cinquante ans de la RPSL ; ainsi qu'une sorte de « généalogie » philatélique, à la fois familiale et de ses mentors.

Avant la liste des lors, Bjäringer présente les dix livres qu'il emporterait sur une île déserte et une page présente celle à qui il confie la reliure de ses ouvrages depuis deux décennies : Annika Baudry de ateljé b, une Suédoise, diplômée et installée à Paris.

Vue l'inflation des tarifs postaux, notamment pour les colis express avec assurance, Henrich Köller offre deux pour cent de ristourne sur les frais du vendeur (buyer's premium) aux acquéreurs qui viendront retirer leurs lots le lendemain, dimanche quinze novembre.


Pour ces objets spécifiques que sont les livres philatéliques, à la fois fruits de la recherche, outils de travail des chercheurs suivants, et objets de collection, l'AIJP organise un sommet sur la littérature philatéliques, toujours à Wiesbaden, les deux jours précédents cette vente.

Certes, avec un hôtel partenaire, on pressent que cela aidera à attirer des acheteurs à de petites vacances philatéliques en Allemagne, mais le titre des exposés et discussions montre le développement des questionnements.

Venus d'Allemagne, du Royaume-Uni et de Suède principalement, et quelques autres pays européens, les animateurs s'interrogeront, entre autres le premier jour :

- la littérature philatélique se limite-t-elle aux timbres et donc à la période depuis le six mai 1840 (Chris King) ;

- Karl Louis, connu pour tenir des bases de données philatéliques, d'histoire postale et de littérature, présentera l'intérêt et les limites des catalogues de vente aux enchères comme fondements de « registres philatéliques ». Il sera suivi par James Podger sur comment collectionner lesdits catalogues ;

- L'après-midi du premier jour verra la question des collectionneurs renommés (provenance, valeur de placement, j'imagine) autant que celle de la conservation d'une bibliothèque privée.

Le deuxième jour sera celui des études de cas, entre autres :

- des grandes bibliothèques de référence allemandes : à Wuppertal, Hambourg et celle nommée en mémoire d'Heinrich Köller à Francfort-sur-le-Main ; et celle de la RPSL à Londres ;

- des éditeurs passées (Jean-Baptiste Moens, et un panorama sur la littérature suisse) et actuels avec The Stuart Rossiter Trust.

Pour clore, Claudio Manzati posera une question d'actualité : « Lancer un journal international d'histoire postale de nos jours : une idée folle ou un défi raisonnable ? »


Néanmoins, il faut bien que ses livres aient été rédigées, des recherches menées pour les emplir de connaissances aussi fiables que possible.

Et là, le numéro lui-même du London Philatelist présente le compte-rendu du Crawford Festival qui s'est tenu les vingt-quatre et vingt-cinq juin 2025, au siège de la RPSL, 15 Abchurch Lane, à Londres.

Les archives étaient le thème de ce colloque annuel sur la recherche philatélique, nommé d'après James Lindsay, comte de Crawford (1847-1913), grand bibliophile et sûrement un des premiers à acquérir et mettre en valeur les épreuves et essais qui participent de la genèse des timbres-poste.

La première présentation par le Français Maurice Hadida et le Gibraltarien Richard Garcia a montré comment leur ouvrage sur les postes locales et chérifiennes du Maroc a précisé, corrigé, voire découvert des connaissances en partant des archives diplomatiques de Gibraltar, Espagne, France, Royaume-Uni et Allemagne.

Un labeur de quelques décennies, dans des archives non postales a priori, mais qui contiennent des informations indispensables pour comprendre des services tenus par des étrangers, parfois sur des périodes très courtes... à peine le temps pour la presse philatélique de l'époque de les découvrir.

Cette réflexion est commune avec le troisième intervenant, Richard Scott Morel, conservateur des Collections philatéliques de la British Library, quand il présente des objets des collections nationales du Royaume-Uni : diplôme d'un grand scientifique portant un timbre fiscal de quarante shillings (cher !), une lettre supposée écrite par Jack l'éventreur,...

Des items parfaitement identifiés, catalogués pour leur importance historique, mais pas philatélique ou postale. Le conservateur d'insister sur l'importance des méta-données : cette formalisation des archivistes et documentalistes pour décrire et indexer au départ de la conservation... au risque sinon que les chercheurs suivants ne puissent redécouvrir faute de pouvoir rechercher dans le catalogue général, aussi informatisé soit-il.

Notamment pour des domaines spécialisés, que je dirais « de niche », pour lesquels la connaissance ou prise de consciences des professionnels peut manquer, vu l'immense champ des possibles face aux archivistes (et aux documentalistes dans les bibliothèques).


Justement, la numérisation d'archives a été l'objet de deux exposés, les deux pour mettre à disposition plus aisément au public potentiel, mais le but de la conservation n'est pas la même.

Éviter d'user les archives, pouvoir indexer leur contenu pour faciliter des recherches et la consultation immédiate chez soi sur un ordinateur, a été le but et les étapes du travail mené par la RPSL et des membres volontaires pour les archives de production de timbres-poste de l'imprimeur Perkins-Bacon en possession de la Société. Le processus de numérisation depuis la manutention des registres jusqu'à la livraison des fichiers a été expliqué par deux responsables de Max Communications, l'entreprise spécialisée au Royal Warrant, qui a réalisé cette tâche.

Cependant, David Beech, ancien président de la RPSL et prédécesseur de Morel à la British Library, rappelle comment Alan Druce et lui ont développé les connaissances sur cette imprimerie quant il s'est révélé que, difficiles à trouver et consulter, des archives se trouvaient également à la British Library et aux Archives nationales... alors que les chercheurs n'allaient que vers celles possédées par la RPSL, les seules dont le public avait le plus facilement connaissance grâce à l'achat et à la numérisation par l'association.

D'un autre point de vue, comment conserver les collections d'exposition compétitives qui sont, par nature, temporaires puisque le collectionneur crée un bilan de recherche philatélique, thématique, classe-ouvertiste sur un sujet donné à partir d'objets collectionnés... avant de les sortir de cet ensemble pour en revendre une partie, constituer une autre approche, remplacer par mieux, passer à tout autre chose, etc.

C'est pourquoi l'actuel président de The Museum of Philately, Simon Martin-Redman, a expliqué l'initiative de David Feldman, fondateur de la maison d'enchères éponyme, et Marcus Orsi de conserver sous forme numérisée les collections ayant obtenu une médaille Grand Or dans une exposition internationale. Devenue une entreprise non-profitable, le musée virtuel utilise ses bénéfices pour développer la philatélie dans le monde.

L'avantage du colloque-séminaire est que le public présent semble avoir répondu de manière critique au Museum of Philately. L'intérêt est vu immédiatement pour retrouver des connaissances et des objets à l'avenir ; assurer la provenance et l'histoire des propriétaires d'un objet ; la simplicité de consultation.

Néanmoins, la question de l'indexation est revenue, ce dont le président a conscience : actuellement, l'organisation vise la facilité d'accès, pas encore les méta-données de chaque item inclus dans les collections...

Personnellement, pour revenir au Sommet sur la littérature philatélique de novembre prochain, j'espère que les intervenants présents à Londres en juin s'interrogeront alors sur comment indexer les lots de chaque catalogue de vente aux enchères... Tout indexer, quels lots ? Et, questions posées au festival : la reconnaissance automatique de caractères et des logiciels d'indexation de mots sont-ils déjà efficaces ? Les deux participants de Max Communications n'écartent pas ces outils, mais signalent la constante nécessité d'une vérification humaine du travail réalisé par la machine. 


C'est ainsi que, lors de la quatrième et dernière demi-journée, Chris King seul, puis en discussion avec un panel, a insisté sur l'importance d'aller aux archives, aux sources primaires pour construire la connaissance philatélique et d'histoire postale.

Les auteurs reprenant pour argent comptant les écrits antérieurs sans vérification, mais King déplore également la difficulté à accéder aux archives principales, non numérisées ou nécessitant de trop coûteux voyages. En plus du problème de l'indexation et des méta-données.

Et là, je ne peux conseiller à ceux qui sont intéressés par ses questions à s'abonner à la revue de l'American Philatelic Research Library, qui est partie de l'American Philatelic Society, mais dont la cotisation-abonnement est dissociée : nul besoin de prendre les deux.

En effet, ce sont des enjeux permanents en archives et même en bibliothèque-documentation que le panel a évoque comme l'APRL : indexation ; durabilité des moyens de stockage numérique (autant matériels que logiciels) ; et puisqu'un représentant des archives postales britanniques était présent pour signaler ce qui pouvait intéresser les philatélistes, la nécessité d'identifier les acteurs-clés des archives sur un temps long : propriétaire [idée personnelle : le dépositaire le reste-t-il ?], conservateur, financeur [voir premiers crochets ; autres financements pérennes ?],...

Évidemment que les philatélistes, qui ont acheté des essais et tirages particuliers d'imprimeries philatéliques privées ayant liquidé leurs archives, sont heureux... Les chercheurs moins.


Pour illustrer tout cela, des articles de philatélie sociale sur les civils pendant la Seconde Guerre mondiale sont proposés dans ce numéro. Les auteurs ayant le souci de retrouver les correspondants et le contexte de leurs échanges.

Et un article de John Stimson sur l'achat grâce à deux mécènes (dont Patrick Maselis) et le dévoilement par la RPSL d'une des trois copies historiques du portrait de la Reine Victoria par Alfred Edward Chalon, dont l'original est passé de la Famille royale britannique à celle de Belgique, et est connue des philatélistes de l'Empire colonial britannique, de l'Océanie au Canada, en passant par les Indes occidentales.

L'avantage des archives et des recherches bien documentées permet ainsi à l'auteur d'expliquer comment le « Chalon portugais » est dit « portugais » et quel parcours l'a mené jusqu'à Londres.


Enfin, le deuxième cahier publicitaire est véritablement un périodique de connaissances en lui-même : le dixième numéro de The Corinphila Gazette daté août 2025, publié par la maison d'enchères allemande Corinphila.

Certes, un journal par une entreprise marchande est bien pour attirer des collectionneurs souhaitant vendre leurs biens les plus précieux, et signaler le contenu des prochaines ventes.

Néanmoins, l'activité d'édition de collections médaillées internationales en coopération avec Heinrich Köller, la série Édition d'Or ; les principales dates des cent années de la CORportation INternationale de PHIlatélie ; et les annonces de nouveaux livres spécialisés ; complètent la presse philatélique grand public.


Au final, comment conserver un linéaire de livres, catalogues, journaux, « presse publicitaire », timbres en albums et classeurs, dont plusieurs adaptés aux enveloppes, voire morceaux de colis,...

Sans parler du temps de loisir nécessaire...

Je comprend mieux pourquoi se spécialiser.


Merci à toutes les personnes, institutions et entreprises mentionnées pour cette lecture estivale qui sert de piqûre de rappel à tous, même à moi (mes articles sur la Corée doivent être bourrés d'erreurs ou de manques de recherche ; que mes libellés ne doivent pas permettre de retrouver facilement des informations ; etc :(