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samedi 11 novembre 2023

Monument Frédéric Bazille, tombé pour la France en 1870

 Ce samedi onze novembre 2023, la France commémore l'armistice mettant fin aux combats de la Première Guerre mondiale avec l'Allemagne, même si le conflit et son cortège de morts perdura en Europe centrale et orientale jusqu'au Caucase le temps que les frontières des nouveaux États se stabilisent et la fin de la Guerre civile russe.

Depuis 2021, la République française appelle aussi chaque Onze-Novembre au souvenir de tous les morts pour la patrie.

À Montpellier, cela peut concerner le peintre précurseur de l'impressionnisme et engagé volontaire Frédéric Bazille, tué quant l'armée de la Loire tente de reprendre Beaune-la-Rolande où sont retranchées d'importantes forces allemandes, le vingt-huit novembre 1870.

Le monument à Frédéric Bazille à Beaune-la-Rolande, carte postale des éditions Prudhomme, avant 1917 (d'après la correspondance).

Sur place, son père Gaston Bazille, un avocat et propriétaire viticulteur protestant de Montpellier, fait ériger un monument. Fin 1871, il venait retrouver et rapatrier le corps de son fils au cimetière protestant de Montpellier.

La carte postale des éditions Prudhomme (plisser les yeux sur l'inscription en noir sur fond sombre en bas à droite) montre le monument au milieu de la nature, plusieurs habitants posant, avec l'église de Beaune au loin.

La correspondance d'Eva à sa mère et ses sœurs le dix-huit octobre 1917.

Quand j'ai reçu cette carte choisie pour sa vue, j'ai eu la très grande surprise de la correspondance au dos. D'Arconville dans l'Aube, Eva écrit à sa mère et ses sœurs en réponse à leur lettre, « en revenant du marché de Beaune. Nous avons été voir le monument que je vous envoie. »

Une correspondance liée incidemment à la carte choisie.

Octobre 1917, une lettre du père est évoquée... du front ?

J'interprète ce court récit d'Eva : elle vit désormais dans l'Aube avec un oncle marié et une tante où elle parcourt les routes avec eux pour vendre leurs productions alentours, jusqu'au Loiret... ?

jeudi 12 juillet 2018

Les familles Bazille et Castelnau face au siège de Paris

Le vendredi six juillet 2018, une vente aux enchères d'histoire postale, organisée par la maison Aguttes, poursuivait la dernière affaire d'investissement philatélique en date... que Pierre Jullien a résumé le deux juillet sur Philatélie au quotidien*. Des épargnants ont cru pouvoir placer leur capital dans de coûteuses pièces de collections diverses et avoir un retour sur investissement garanti lors de leur revente.
Oui, d'une catastrophe de trois quarts de milliard d'euros - put... de b... de m... : investissez dans le développement durable sur les cinq continents avec tout ce fric !!! -, je retiens deux mots : le nom d'un des secrétaires d'une société depuis longtemps disparue (catalogue au format pdf de la neuvième vente liée à la liquidation de la société Aristophil).
La pyramide s'est écroulée... Mon opinion : planquer des pièces d'intérêt dans des coffres sans les exposer ou en proposer l'étude est le meilleur moyen qu'elles ne soient pas connues au-delà des cercles des spécialistes... Donc peu d'acheteurs au final, donc peu de montée d'enchères ? La crise du crédit immobilier états-unien de 2008 a montré que parier sur une montée continue de la valeur à la revente de biens que l'on ne souhaite pas vendre conduit à un catastrophique effet de levier inversé...

Cependant, sur les restes du champ de bataille, des collectionneurs ont pu se procurer des pièces intéressantes à un prix défiant toute concurrence, vu l'impatience des « victimes » à récupérer tout ce qui pouvait l'être.

L'histoire postale, objet de la neuvième vente à Drouot, semblait porter principalement sur les lettres transportés par ballon monté ou lâchés dans la Seine dans des « boules de Moulins », afin de faire sortir de ou parvenir à Paris du courrier malgré le siège des forces allemandes coalisées, pendant la guerre de 1870.

Parmi celles présentées par Pierre Jullien, une a capté mon attention pour le même motif que pendant la conférence de Kenneth Nilsestuen sur l'histoire postale algérienne en juin 2016 - un sujet sur lequel je reviendrai pendant l'été.
La page du catalogue Aguttes consacré à une cette lettre et page d'archive montpelliéraine (catalogue au format pdf de la neuvième vente liée à la liquidation de la société Aristophil).
Estimée entre huit et douze mille euros, la pièce n°56 est une lettre de Paris oblitérée le cinq novembre 1870 pour le Préfet de l'Hérault, résidant à Montpellier, et contenant une circulaire Aux citoyens originaires du Sud-Est de la France et résidant à Paris. Les amateurs doivent ajouter les zéros en raison de la qualité de conservation du document et du transport par le ballon La Ville de Chateaudun, j'imagine.

Était offert avec le pli une circulaire de la Société de secours aux citoyens de L'Hérault, association héraultaise pour venir en aide aux Héraultais enfermés dans la capitale par les armées d'outre-Rhin.

Adjugé dix mille quatre cents euros, j'en retiens deux mots, le prénom et le nom du secrétaire de la Société qui a signé la circulaire : Albert Castelnau (1823-1877) qui n'est pas un inconnu ni du Second Empire, ni de la Troisième République débutante.

Journaliste républicain, la relégation en Algérie puis l'exil européen s'imposent après son opposition au coup d'État du deux décembre 1851. Actif dans les années 1860, il n'est pas étonnant de le voir participer aux premières mobilisations de la Troisième République, même s'il devra attendre une élection partielle en juillet 1871 pour être élu puis réélu député, participant à l'établissement définitif de la République avec la crise de 1877, mais meurt de maladie peu après.

En dehors de sa « nationalité » montpelliéraine, mon intérêt porte sur sa famille étendue : il est le descendant d'une des plus grandes familles commerçantes protestantes de la capitale du Bas-Languedoc.

Son père Émile Castelnau est le « Castelnau » qui figure sur la lettre de Bône de 1840 présentée par Kenneth Nilsestuen, associé à Scipion Bazille. D'après mes connaissances, Albert, par contre, refusa de s'intéresser à la florissante maison de négoce et refusa de succéder à son père comme chef d'une cousinade de plus en plus étendue et puissante. Cela força le patriarche à choisir un gendre du fils de Scipion, Charles Leenhardt...

... oui, il faudrait plusieurs articles pour gérer l'arbre généalogique des Bazille-Castelnau-Leenhardt... Recherchez : il y a des articles d'universitaires accessibles en ligne ou sur ce blog si vous avez un peu de patience...
Carte-maximum réalisée lors de l'émission du timbre Vue de village [Castelnau-le-Lez] en février 2017.
Enfin, un des frères d'Albert Castelnau, Eugène (1827-1894), fut peintre - la famille est tellement riche qu'elle permet quelques libertés aux nombreux cadets : recherches agronomiques, carrières politiques, vie d'artistes, aventures commerciales à Marseille,...

Eugène est important pour l'histoire de l'art : il est le cousin de Frédéric Bazille. C'est lui qui aurait encouragé un des précurseurs impressionnistes d'aller étudier à Paris. Frédéric qui, au moment où Albert organise l'aide aux Héraultais de Paris, se bat contre l'envahisseur et en meurt le vingt-trois novembre, il y a bientôt cent cinquante ans.

Comme Frédéric et la plupart des membres de sa famille, Albert Castelnau est enterré au cimetière protestant de Montpellier, route de Palavas.

Complément du déjeûner :
* : coincidence des publications bloguistes, Pierre Jullien a publié le bilan de cette vente ce matin.

dimanche 3 juin 2018

Les grisettes inspirent les étudiants de Montpellier

Emploi du temps surchargé et ouverture limitée du lieu font que je vais évoquer une exposition non philatélique alors qu'elle s'est terminée aujourd'hui.

Ainsi, du samedi dix mars au dimanche trois juin 2018, le Musée Fabre de Montpellier et les étudiants de l'Université Paul-Valéry et de l'École supérieure privée ArtFX ont proposé une exposition temporaire sur les femmes, Muses et grisettes, les dames de Montpellier, dans le cadre de l'Hôtel de Cabrières-Sabatier d'Espeyran.

Les connaisseurs de Montpellier savent que les grisettes sont des bonbons de miel et de réglisse (et du sucre...)... Mais le nom désigne également, au dix-neuvième siècle, les jeunes couturières de la ville, et par extension toutes les petites travailleuses : domestiques, vendeuses sur les marchés, poissonnières accomplissant l'aller-retour entre le petit port de Palavas et les halles de la ville - leurs paniers et elles empruntant la troisième classe du Petit Train de Palavas.


Vue de village de Frédéric Bazille revu par les étudiants d'ArtFX de Montpellier (exposition Muses et grisettes, Musée Fabre, mars-juin 2018 - désolé pour les trois étudiants-artistes, prise au smartphone, mon cliché du panneau explicatif est flou...).
L'exposition commence par une salle évoquant la ville, ses argentiers et la place des femmes au dix-neuvième siècle. Les philatélistes classiques y apprécieront les gravures. Aux étages de l'hôtel bourgeois, parmi le mobilier et les vêtements d'époque, des témoignages d'époque expliquent le rôle des femmes montpelliéraines ou la vision qu'en ont eu les visiteurs masculins : depuis la femme du jeune Gaston Bazille présente au bal organisé en l'honneur de Louis-Napoléon Bonaparte, accomplissant un tour de France en faveur du nouvel Empire, jusqu'au bilinguisme languedocien/français des grisettes - charmant pour ces messieurs, horrible pour leurs dames qui apprécient toutefois de trouver enfin des domestiques parlant français.

Au rez-de-chaussée, les étudiants de première année de master de l'Université Paul-Valéry ont choisi les objets et œuvres exposés ; à ceux de troisième année de licence de créer un parcours muséographique.

Leurs camarades de l'école d'effets spéciaux ArtFX de trouver comment les nouvelles technologies peuvent éclairer l'ancien et susciter la curiosité des visiteurs. Au-rez-de-chaussée, ils sont partis des gravures anciennes des paysages de la ville pour, morceau par morceau, faire réapparaître la ville actuelle : quel bâti est resté, quels murs ont disparu depuis l'hôtel de l'Intendance aux abords de la place royale du Peyrou.

Dans les étages, plusieurs peintures ont été remplacés le temps de l'exposition par des copies modifiées : les visages deviennent ceux d'étudiants et quelques détails contemporains remplacent les objets du dix-neuvième siècle.
Mes trois modèles de cartes-maximum de février 2017, envoyées à deux amies, un blogueur et quelques Postcrosseurs.
Vue de village de Frédéric Bazille, objet d'un timbre-poste l'année dernière, en est affectée puisque son modèle est la fille d'un des ouvriers du domaine de Méric, propriété de la famille Bazille. Parviendrez-vous à repérer les différences entre l'original et sa copie ?

Pour les timbres, vignettes et souvenirs de Phila-France 2019, ce ne sont pas les œuvres, gravures et mémoires locales qui manquent au Musée Fabre.

vendredi 9 juin 2017

Hommage à Bazille pour la Journée du timbre 1980

Grâce à la mémoire de Michel Soulié, le président de l'Association philatélique montpelliéraine, et à la chance de la dernière carte disponible, ma thématique sur le peintre impressionniste Frédéric Bazille est complété d'une carte postale.
Carte locale montpelliéraine pour la Journée du timbre de 1980 : réinterprétation par G. Jeanjean d'une peinture de Bazille.
Pour la Journée du timbre de mars 1980 (timbre de Mario Avati), l'APM a réalisé une carte postale en hommage au peintre. Guy Jeanjean, qui a dessiné de nombreux souvenirs de l'association, propose une vue étendue de La Robe rose, peinte en 1864 et conservée au Musée d'Orsay, à Paris.
Carte-maximum à La Robe rose que j'ai réalisée lors du premier jour montpelliérain du timbre Vue de village, le vendredi dix-sept février 2017).
Cette peinture précède Vue de village de quatre ans - cette dernière qui illustre le timbre émis en février dernier. Le mas de Méric, actuellement parc municipal façon forêt pentue et fluviale en milieu urbain, sert toujours de point de vue sur le village de Castelnau-le-Lez, aux portes de Montpellier.

lundi 20 février 2017

Premier Jour Bazille : une autre vue de village

Une dernière étape artistico-philatélique avec Frédéric Bazille... avec une autre « vue de village ».
La Robe rose de Frédéric Bazille, tableau réalisé en 1864 (carte postale éditée par le Musée d'Orsay).
Une autre carte-maximum sur un thème proche, quatre ans avant Vue de village, mais toujours le même village de Castelnau, vu depuis le domaine Méric, de l'autre côté du Lez.
Une demi-feuille droite de l'émission, avec tous les indicateurs de couleurs.
Il reste à trouver une poignée de Postcrosseurs amateurs de peinture pour leur envoyer des cartes-maximums.
L'article de Théo Combes, paru dans l'édition montpelliéraine de Midi libre, le samedi dix-huit février 2017.
Sinon, la rumeur circule que les postiers du bureau Préfecture - sûrement un des meilleurs bureaux philatéliques des dix dernières années sans besoin d'un label φ, parole de client - auraient déjà imprimé l'article du Midi libre en très grand format pour agrémenter le nouvel aménagement dont la construction aura lieu de mars à juin prochain.

vendredi 17 février 2017

Premier jour Bazille : un si philatélique Bureau Préfecture

Aujourd'hui, avec le retour d'un soleil pré-printanier, le bureau de poste Préfecture a accueilli la mise en vente premier jour du timbre artistique consacré à l'œuvre du Montpelliérain Frédéric Bazille.

Avec une bien belle ambiance créée par le personnel postal, autant les guichetiers philatéliques que non spécialisés que leur directeur : café, biscuits, dans un coin bien signalé pour l'Association philatélique de Montpellier qui avait amené ses souvenirs et une exposition de timbres et de flammes préparée par René Maréchal sur les contemporains de Bazille.

Concernant le choix draconien, finalement, j'ai aperçu une cinquième proposition que j'ai appliqué à deux des cartes achetées à la librairie du musée Fabre.
La cinquième possibilité : préserver la jeune femme, le pin, le village. Sacrifier le fleuve Lez.
Bien que le bureau n'ait pas encore connu la nouvelle configuration commerciale (fermeture pour travaux ce printemps), il y avait bien la place pour de la philatélie et l'esprit pour accueillir ses adeptes.

Malgré les politiques productivistes de L'Ɛnseigne et de φl@poste dans les années 2000, les directions successives du bureau de Montpellier Préfecture sont restées fidèles à la philatélie.

Certes, le Point philatélie a dû fermer et les deux guichetiers participer aux efforts de tant de secondes par client, mais tout acheteur de timbres a toujours été accueilli cordialement, en prenant le temps... et, probablement, sans perdre ni temps, ni argent.

Cela a permis également l'organisation sans faille de bureau temporaire lors des manifestations de l'Association philatélique de Montpellier.

Bravo à tous ces postiers.

...

Oui, tant de compliments pour La Poste ne peuvent indiquer que le départ de quelques flèches enflammées >:-(

Le papier doit être un produit de luxe dans le Périgord. Il est vrai que j'ai acheté très peu des émissions depuis l'introduction du φ en janvier 2010, mais les timbres actuels me paraissent bien fins... anorexiques.

Humidifiés, il faut les manier avec grande précaution pour les coller... et lisser leur grand format artistique. Une dizaine de cartes et d'enveloppes sont devenus un entraînement de pose de papier peint...

... Et un timbre recevra tantôt un petit bain pour le décoller et réaplanir...
Mal photographiée avec mon appareil téléphonique, une feuille entière de l'émission : oui, j'ai rompu mes achats au compte-goutte bouché pour apprécier une émission fort montpelliéraine en un bureau fort philatélique.
Je serai plus modéré sur la reproduction des couleurs tant la translation d'une peinture aussi riche en détails, coups de pinceaux et en importance de chaque plan aux couleurs dominantes différentes, que chacun trouvera des qualités et des défauts dans la version réalisée par l'imprimerie de Boulazac.

De mon point de vue, le paysage de fond - fleuve et village - auraient mérité plus de force... là où d'autres applaudiront, au premier plan, la netteté et la solidité des couleurs du personnage et de la végétation du parc du Domaine Méric.

Sinon, pourquoi y a-t-il une lettre grecque dans le coin supérieur gauche de ce timbre ???


Pour les régionaux, demain tout continue le matin pendant les horaires d'ouverture du bureau Préfecture. La carte postale souvenir est disponible auprès de l'Association philatélique de Montpellier.

Pour admirer le tableau Vue du village, par contre, il faut visiter l'exposition temporaire au musée d'Orsay, jusqu'au cinq mars prochain à Paris (le timbre est bien tardif...), répétition de celle du musée Fabre de 2016. Ensuite, direction la National Gallery of Art à Washington, la capitale des États-Unis, du neuf avril au neuf juillet prochain.

Le lendemain dans la presse :
Achetez le Midi libre du samedi dix-huit février 2017, sur papier ou en ligne ! L'article de Théo Combes et sa photographie mêlant philatélistes, postiers et un élu, se trouvent en page 2 de l'édition Montpellier.

mercredi 15 février 2017

Premier jour Bazille : le drame de la carte-maximum amateur

Dans la journée du vendredi dix-sept et samedi dix-huit matin, aura lieu la mise en vente premier jour du timbre artistique Vue de village que le peintre montpelliérain Frédéric Bazille peint en 1868, à vingt-sept ans, deux ans avant sa mort pendant la guerre franco-prussienne.
Proposition 1 : le panorama vers Castelnau est magnifique, mais le personnage en pâtira... les réelles proportions timbre/carte étant différentes ce montage (timbre Phil@poste et peinture à partir d'une reproduction sur le Réseau Canopé).
La localisation de la manifestation a varié à en croire le site de l'Association philatélique de Montpellier : la salle Pagézy au sous-sol de l'ancien hôtel de ville - un des lieux habituels de la philatélie - comme annoncé dans Philinfo de février, puis le très approprié Musée Fabre où la peinture est conservée,...
Proposition 2 : mieux puisque la direction des jambes, l'encadrement par l'arbre du panorama sont respectés. Espérons alors que le timbre n'atteindra pas le visage de la demoiselle vendredi... (timbre Phil@poste et peinture à partir d'une reproduction sur le Réseau Canopé).
... pour s'installer finalement aux horaires d'ouverture du bureau de poste Préfecture, en espérant qu'il ne sera pas trop étroit. Avantage néanmoins : les guichetiers philatélistes seront comme à la maison :)
Proposition 3 : profitez de l'encadrement par le pin pour mettre en valeur le modèle. Option choisie par l'Association (timbre Phil@poste et peinture à partir d'une reproduction sur le Réseau Canopé).
L'Association proposera une carte-maximum et une exposition thématique artistique de René Martin de l'Association philatélique et numismatique biterroise.
Proposition 4 : après tout, toutes les interprétations graphiques l'affirment. Ce tableau tient par son pin. Choisissons alors de protéger le modèle et le pin (timbre Phil@poste et peinture à partir d'une reproduction sur le Réseau Canopé).
Reste un problème à résoudre de mon côté : dans quel coin des cartes postales, achetées à la librairie du Musée Fabre, placer le timbre pour confectionner mes cartes-maximums-souvenirs (quelques Postcrosseurs vont être gâtés) ?
Une proposition de parcours du bureau postal Préfecture au domaine de Méric. La gare Saint-Roch est au milieu en bas (Google Maps modifié avec le logiciel libre Paint.NET).
Une fois timbres et souvenirs réalisés, resdescendre la colline centrale vers le Musée Fabre pour admirer la courte carrière de l'artiste ou, si le temps le permet - très capricieusement humide ces derniers temps - retrouver la deuxième ligne du tramway et avec un peu de marche découvrir le domaine municipal Méric, ancien domaine de la famille Bazille où la peinture fut réalisée, il y a presque un siècle et demi.

Retrouver le point de vue sur le village et observer.

jeudi 18 août 2016

L'Algérie postale de 1603 à 1851 au Collectors Club de New York

Laissons Paris et Londres pour traverser le vaste océan et atteindre la page des conférences filmées du Collectors Club de New York. Et les conférenciers semblent s'intéresser grandement aux choses françaises quand ils ne viennent pas de France eux-mêmes !

Premier visionnage : le mercredi quinze juin dernier, Kenneth Nilsestuen, président de la France and Colonies Philatelic Society*, a proposé une promenade à travers l'histoire postale « européenne » de l'Algérie des origines jusqu'à 1851, soit le début de l'emploi de timbres-poste français.

Promenade car le conférencier n'hésite pas à aider ses auditeurs à entrer dans le pays concerné : gravures du dix-neuvième siècle, photographies des années 1950 sinon, des ruelles de la Casbah d'Alger aux paysages agricoles coloniaux. Et contrairement au Musée de l'Armée aux Invalides, les affres de l'invasion et de la « pacification » sont explicitement évoquées, notamment pour la prise de Constantine.

Les marcophiles seront aux anges à partir de l'arrivée de l'expédition militaire de 1830 avec la multiplication des lettres, des marques militaires, de désinfection, d'entrées, puis des oblitérations indiquant « Possessions d'Afrique » en bas de la couronne, remplacées en 1839 par le nom « Algérie » (avec dernière date d'utilisation connue pour la première - 25 mai 1839 - et première pour la seconde - 27 août 1839).
La plus ancienne lettre européenne connue, datée de 1603 (collection Kenneth Nilsestuen, Collectors Club, New York, juin 2016).
Néanmoins, la première partie est très intéressante même si elle comprend seulement onze plis et un document pour trois cents vingt-trois ans d'histoire d'Alger et d'Oran. Pour le dix-septième siècle, la plus ancienne lettre survivante est datée d'Alger le treize juin 1603 pour Toulon, suivie de celle d'un prisonnier italien des pirates locaux écrivant en 1674 pour demander à ses proches de payer sa rançon. Entre les deux, un document rappelle la présence espagnole sur ses côtes.

Ce qui marque également nombre de lettres du dix-huitième et dix-neuvième siècle sont les marques indiquant une désinfection arrivée en France : tampon après la Révolution, mais également traces de coups de couteau, recto acidifiée par un bain de vinaigre. D'ailleurs, trois lettres à marques consulaires françaises présentées sont des rapports sur la situation sanitaire en Algérie.

Après le début de l'invasion français, les pièces collectées se multiplient de manière exponentielle et M. Nilsestuen les suit lieu par lieu, ponctué d'évocations historiques et géographiques. Et les origines vont des militaires aux civils européens (dont une lettre de 1835 de Mostaganem pour Zagreb!?), et même algériens avec une lettre de 1832 du Dey d'Alger à un correspondant à Bougie évoquant les événements militaires.
Lettre de Bône de 1830 pour un Bazille de Castelnau, près de Montpellier... Des généalogistes vont être vivement intéressés par le contenu de ce courrier au cas où (collection Kenneth Nilsestuen, Collectors Club, New York, juin 2016).

À Bône (actuelle Annaba), c'est le Montpelliérain qui plisse les yeux. Non sur l'oblitération du trente juin 1840 qui indique, explique Nilsestuen que le postier a bricolé avec les morceaux de cachets disponibles : le millésime étant trop grand pour la couronne.

Mais quel nom pour le destinataire : « Monsieur Bazille, Castenau[-le-Lez ???] / Montpellier »... Frédéric Bazille, le peintre pas encore né alors ? Son père Gaston, vingt-et-un ans, futur viticulteur important et homme politique de la Troisième République ? Aucun lien généalogique ? Il faudrait pouvoir lire le contenu.

La dernière partie sont les premiers usages des timbres Cérès de France en Algérie en 1849, avec des exemples de lettres partis de Batna, à la même époque où les premiers convois de colons débarquent en Algérie conquise (États-Unis obligent, est rappelé que c'est contemporain de la ruée vers l'or en Californie).

Les amateurs de marcophilie et de l'histoire postale de l'Algérie sous contrôle français retrouveront cette conférence sur le site du Collectors Club et sur l'hébergeur Vimeo par ici.

* : non, je n'ai pas fait exprès que la page d'ouverture du site de cette société montre un aussi statistiquement improbable grand nombre de collectionneurs de Saint-Pierre-et-Miquelon dans l'Oklahoma en 2015.

Compléments du week-end suivant :
La lettre Bazille fera très prochainement l'objet d'un petit article sur ce blog grâce à la gentillesse de Kenneth d'avoir bien voulu me transmettre des scans de son contenu.

Compléments du mercredi vingt-six octobre 2016 :
Je modifie l'annonce de la conférence d'automne sur l'Afrique coloniale français au Collectors Club. Au lieu de l'Algérie, c'est l'Afrique française à partir du Sénégal entre 1914 et 1940 par Kathy Johnson, le mercredi dix-neuf octobre. À visionner sur le site du Collectors Club ou sa page Vimeo.

Pour ceux qui ont apprécié les illustrations paysagères de Kenneth Nilsestuen, deux articles dans Timbres magazine de François Chauvin sur les cartes-lettres illustrées d'Algérie, émises par les postes dans la seconde moitié des années 1930 : sur l'artisanat indigène (numéro de juillet-août 2016) et les vues touristiques (novembre suivant).

Compléments du samedi deux octobre 2021 :
Le vingt-six septembre 2021, Kenneth Nilsestuen a une présentation en ligne sur l'histoire postale et l'histoire en général de l'Algérie du seizième siècle à 1830 aux membres de la France and Colonis Philatelic Society (États-Unis), visible sur YouTube.

Les intéressés auront une mise à jour des plus anciens courriers connus et possédés par les collectionneurs, autant Ken Nilsestuen que la fédération philatélique turque. Comme celle de juin 2016, la présentation est riche d'illustrations d'époque de l'Algérie de l'époque moderne et des problèmes de captures d'Européens par les marins locaux.