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dimanche 2 août 2026

Inflation des prix, déclin des cotes

 Une des deux cartes postales présentées cette semaine est arrivée dans une enveloppe affranchie de deux timbres-poste de 1989, de ce qui fut le premier produit philatélique coûteux de ma jeune collection démarrée au printemps 1988.

Cinquante francs ! Pour vingt francs de timbres ! À réserver d'avance, donc en plus de la réservation des timbres émis normalement... et sans pouvoir profiter de l'entrée à trente francs à l'exposition parisienne. Une somme pour mes modestes parents.

En 2026, la moitié de ce bloc événement sert d'affranchissement à bas coût pour une banale lettre verte... loin de la lettre très pesante de 1989.

Le bas du bloc Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen, émis à l'occasion de l'exposition PhilexFrance 89, oblitéré manuellement le vingt-quatre juillet 2026.

Côté conversion monétaire, les Français de l'an 2000 savent qu'un euro vaut 6,559 57 francs, donc que dix francs valent 1.52449... euro. Presqu'un demi-centime de trop pour la lettre verte actuelle à 1,52 euro pile.

Côté cote catalogue, le Dallay 2007-2008 affiche chaque timbre 4,50 euro neuf ou oblitéré, et 20 euro sur lettre - même  trente-sept ans après ?

Oui, j'ai quand même plus récent avec l'Yvert et Tellier 2024 : 3,50 euro neuf ou oblitéré chaque timbre, et 15 en bloc entier...

Il y a bien une plus-value l'exemplaire toujours dans ma collection, mais des actions d'une compagnie pétrolière auraient plus dynamiques.

Donc, ce bloc et sûrement des années entières de timbres de France servent donc d'économies de frais postaux aux marchands de timbres et cartes postales.

Un rappel pertinent aux collectionneurs complétistes : c'est une passion, pas un investissement, donc étymologiquement une souffrance si on cherche la plus-value réelle.

Oblitération mécanique de centre de tri au dos et en diagonale : non, aucun courrier n'y échappera dans la France de 2026 !

Usages postaux : l'expéditeur a-t-il de bonnes relations avec les employés de son bureau de poste pour obtenir des oblitérations manuelles rondes, datées, même sans lieu ? Probable.

Cela n'a pas empêché les machines à oblitérer actuelles en centres de tri régionaux de passer au dos de ce courrier, le même jour avec le code 37845A-02, qui correspond à une des machines de la plate-forme industrielle courrier de Saint-Priest, gérant le trafic postal des départements du Rhône et de l'Ain - ce qui concorde avec l'adresse du vendeur.

Joie ! Les vagues jet d'encre ne sont pas sur les timbres au recto, mais ça n'aura d'intérêt qu'en cas de revente (en carton de brocante) pour un acheteur ayant ce critère de sélection.

samedi 30 mai 2026

À Boston 2026, les philatélistes méfiants du culte de la personnalité

 Deux publications en ce mois de mai 2026 montrent que le culte de la personnalité autour de l'actuel président des États-Unis d'Amérique inquiète des philatélistes face au Maître général des postes David Steiner, dirigeant l'United States Postal Service depuis juillet 2025.

Un courrier des lecteurs paru dans The American Philatelist daté mai 2026, et consacré majoritairement à Boston 2026, l'exposition mondiale décennale de l'American Philatelic Society, résume les difficultés financières continues de l'opérateur postal historique du pays, un des premiers éléments de son indépendance du Royaume-Uni quelques temps avant la Rébellion et la Déclaration d'Indépendance du quatre juillet 1776.

L'USPS est une entreprise publique, fort dépendante de la politique fédérale puisque le Congrès veille et que l'actuel président n'hésite pas à commenter ses échecs. De plus, sur l'express et les colis, elle est en concurrence avec ses principaux clients tels Amazon qui lui sous-traitent une partie de ses livraisons, notamment en zone d'exploitation coûteuse comme les immenses régions rurales.

Le lecteur de The American Philatelist place ensuite sa loupe sur Steiner, un ancien membre du conseil d'administration du concurrent Fedex, suscitant des interrogations sur la volonté de l'Administration Trump de privatiser l'USPS. Steiner n'a cessé de convaincre du contraire, notamment de proposer les services du dernier kilomètre de livraison à tous les opérateurs courrier express et colis du pays.

L'inquiétude du philatéliste provient aussi que, dans sa recherche de revenus sans coût supplémentaire, Steiner dispose du programme philatélique : pourrait-il imposer au Comité consultatif des citoyens (Citizens' Stamp Advisory Committee) d'abandonner ses règles strictes sur les thèmes des timbres émis au nom des États-Unis, tels la non-représentation de personnes vivantes ou l'aspect jugée extraordinaire de la contribution de la personne passée à l'histoire du pays.

Le lecteur d'imaginer que les intérêts commerciaux dépassent l'intérêt national commun du timbre : des entreprises promouvant leur marque, leurs produits, leurs dirigeants... et donc aussi des partis politiques poussant à représenter des élus encore vivants, voire de faire voter les thèmes sur les réseaux sociaux [aux choix d'affichage aux algorithmes manipulables], des messages de prosélytisme religieux dépassant la simple évocation des grandes fêtes des communautés du pays ?

Et Trump apparaît donc puisque l'U.S. Mint va frapper des pièces en or de deux cinquante dollars à son effigie pour les deux cent cinquante ans de l'Indépendance [entre autres objets à vendr... de collection].

Cinq des vingt-cinq timbre de l'émission sur les personnalités de la Révolution, émis en mai 2026. L'image proposée sur la boutique web de l'USPS prend soin d'une grande diversité des profils choisis.

Avançons donc à l'exposition mondiale qui a lieu depuis samedi dernier jusqu'à ce samedi trente mai 2026, à Boston, lieu emblématique de la rébellion des colons contre les taxations britanniques et des premiers affrontements militaires de la guerre d'Indépendance dès 1774.

Hier, vendredi vingt-neuf mai 2026, le journaliste et éditorialiste Bill Shein publie sur son site Reason Gone Mad un compte-rendu de la manifestation à travers le discours du Maître général des postes et les réponses des visiteurs à ses conséquences potentielles.

Habitant du Massachussetts, l'exposition est une occasion pour lui d'écouter le discours aux philatélistes de David Steiner, de l'interroger directement sur Trump, et de se rendre compte des effets de ces annonces sur le public le plus investi du loisir.


Ainsi, Steiner a expliqué concernant le programme philatélique, ses équipes et lui n'écartent aucune possibilité afin de renouveler son contenu, son attractivité publique. Son objectif est que ce programme montre ce qui rassemble, est commun aux citoyens des États-Unis.

Il a constaté également que les restrictions du CSAC, institution établie en 1957, n'étaient pas inscrite dans une loi du Congrès, mais dans les régulations internes au CSAC et par coutume accepté par les dirigeants de l'USPS.

Seul, Patrick Donohoe contourna la règle de l'interdiction des personnes vivantes sur timbres, entre 2011 et 2018, en contournant complètement le CSAC pour quelques émissions dites commerciales par les collectionneurs : séries sur des films, séries télévisée ou dessins animés très récents, mais très populaires.

Ainsi, Bill Shein confirme qu'en 2011, l'objectif n'était absolument pas de mettre le président Obama sur un timbre, mais de pouvoir émettre une série sur l'univers de Harry Potter en achetant une licence pour utiliser les images des films. Le Maître des postes insistant alors que ce sont les personnages qui sont représentés et appréciés du public, encouragés à la lecture et à l'imagination, pas les acteurs eux-mêmes.

Devant le public, Steiner explique que des réalisations récentes comme une victoire olympique en sport d'équipe lors des Jeux olympiques d'hiver de cette année. Et que les photographies d'un des arrêts décisifs du gardien de but états-unien auraient pu faire un beau timbre-poste.


En aparté, le journaliste interroge le dirigeant de manière fort explicite : l'USPS envisage-t-elle l'émission d'un timbre à l'effigie de Donald Trump de son vivant, donc pendant son mandat.

I’d rather do Taylor Swift and Travis Kelce.

Voici la première phrase, avec humour, de sa réponse : la chanteuse connue dans le monde entier et son fiancé, joueur de football américain.

Avant de se montrer plus rassurant, il voulait annoncer publiquement que la représentation de personnes vivantes, de leurs réalisations rassemblant les citoyens, etc. est possible, même s'il affirme à Boston qu'aucun sujet n'a été discuté par les services de l'USPS.


Bill Shein a ensuite eu les journées suivantes pour constater l'effet de ces paroles sur les visiteurs, qui sont certes les philatélistes les plus impliqués puisqu'en compétition, visiteurs réguliers d'expositions, etc.

Il évoque deux conférences où l'évocation de la règle du CSAC et de la méfiance à la voir affectée a été sujet à de vives réactions, qui vont choquer ceux qui croient qu'on ne doit pas parler de ses opinions politiques quand on philatélise.

Lors de la présentation-encouragement au don de la production d'un documentaire sur la création des timbres-poste, il a été rappelé que cette règle visait à éviter les représentations du monarque des premières séries de timbres-poste, pour une République dont la Déclaration d'Indépendance rappelle qu'elle se rebelle contre le roi d'Angleterre [même si c'est bien le Premier Ministre et la Chambre des Communes qui décident depuis la Glorieuse Révolution].

Applaudissements nourris de l'auditoire.

No King.

Cela ferait-il écho aux manifestations ponctuelles, mais ayant établi le slogan « Pas de roi » depuis juin 2025 et la crainte que le président Trump et ses partisans sont sur le sujet de la dictature personnelle ? Slogan repris dans plusieurs pays quitte à remplacer le titre par dictateur ou tyran, notamment dans des pays dirigés par des personnalités ayant complimenté leur modèle d'outre-Atlantique ou d'outre-Pacifique.


Lors de sa présentation de la création des timbre-poste, c'est sa responsable, Lisa Bobb-Semple, directrice du Service des timbres de l'USPS, qui a dû assurer le service après-vente du discours de son chef.

Suite aux questions, elle n'a connaissance que la Maison Blanche ait demandé un timbre-poste à l'effigie de son locataire [à tendance destructice : jardin de fleurs transformés en terrasse minérale, destruction-reconstruction de l'Aile Est sans qu'on sache trop qui paye et qu'est-ce qui est vraiment construit en-dessous], puis si un criminel condamné pouvait être envisagé...

Elle a répondu qu'un criminel condamné ne rentrerait pas dans le standard, mais le journaliste a fait ses recherches, quelques grands Américains pour lesquels les réalisations dépassent leurs errements face à la loi dans la mémoire collective ou la destinée de leurs idées : le militant Malcolm X (vol et atteinte aux biens), le chanteur Lead Billy (meurtre), le boxeur Muhammad Ali pour désertion du service miitaire.

Aucun élu. D'où la règle de ne pas représenter une personnalité trois ans après sa mort (dix ans il y a encore quelques temps). L'objectif reste de timbrifier un politicien ou un autre citoyen en étant sûr que ses actions positives pour le pays dépassent grandement les errements potentiels à la loi, ou les opinions politiques que chacun juge à sa manière.

Ciblant les philatélistes habitués, le timbre sur timbre au bison américain, massacré pendant la colonisation de l'Ouest, lentement de retour sur ces terres. Mais, l'électorat visé par le président actuel encourage à bannir les protections des troupeaux de bison sur les pâturages du Montana (boutique web de l'USPS).

Découvrant ou faisant découvrir l'univers des émissions philatéliques, le journaliste a rencontré plusieurs personnalités de la philatélie organisée, associative, ayant ou pas participé au CSAC.

Il semble rassuré par la ligne politique de l'USPS. Les émissions de Boston 2026 liés à l'histoire de l'Indépendance reflètent la diversité des acteurs de celle-ci : hommes comme femmes, descendants de colons comme esclaves ou Indiens défendant leurs droits. Un timbre sur timbre sur la survie du bison, un produit pour collectionneur de classiques, survient la semaine où l'Administration Trump a signé des décrets révoquant des droits de pâturages à cette espèce dans plusieurs secteurs du Montana, pour complaire sûrement à l'électorat local [un peu comme le loup et le cerf en France].

Comme dit sur ce blog et quelques journalistes états-uniens, contrairement aux pièces de monnaies commémoratives de l'U.S. Mint, très histoire des Blancs anglo-saxons protestants (WASP) sur deux cent cinquante ans, l'USPS paraît vouloir représenter l'ensemble des histoires, personnalités, événements positifs de l'histoire du pays.

Le timbre que les participants d'une consultation de l'USPS ont souhaité voir réémis. L'USPS propose le thème sous forme d'un bloc de quatre timbres représentant l'animateur jeunesse avec plusieurs jouets-personnages de son émission (communiqué de presse de l'USPS ; magazine de l'USPS).

Enfin, quasiment tous les philatélistes interrogés sont hautement sceptiques de représenter des personnes vivantes sur les timbres de leur pays.

Particulièrement, Cheryl Ganz, qui a participé au CSAC, confirme que la question est revenu souvent en douze ans de mandat, mais que jamais la discussion n'a porté sur un politicien.

Le sujet semble dépasser les seuls collectionneurs : l'USPS a tenté cette année de proposer la réémission d'un timbre souhait par le public. Les votants ont choisi Fred Rogers, producteur et animateur d'une émission pour enfants qui a duré de 1968 à 2001.

Comme pour les affiches et autres recréations de Marianne et timbre gravé pour Philaposte, est-ce un effet générationnel : les philatélistes et curieux de la consultation ont-ils fixé leur attention sur leurs souvenirs d'enfance ? Y a-t-il un effet transgénérationnel ? Un souhait explicite de revoir sur timbres et bloc-souvenir une réalisation pacifique de la société ?


À titre personnel, je crains comme pour la monnaie, les passeports, le forçage actuel pour un billet de banque, les passes annuels des Parcs naturels, que si un trumpiste se penche sur la question philatélique pour faire plaisir au boss,... Steiner et ses équipes auront-ils le courage et même le choix de justifier un refus par les traditions ? L'arme financière pourrait-elle utiliser par les élus républicains trumpistes pour forcer l'USPS à un acte de dictature personnelle au risque de transformer la nature entière de l'entreprise postale et colis ?


Compléments du mercredi vingt-quatre juin 2026 :

Tels l'arbitrage sans vidéo en sport collectif ou les juges en patinage artistique, évaluer une collection en compétition lors d'une exposition philatélique, surtout au niveau international, peut susciter étonnement voire rancœur des exposants - entre le prix des pièces exposées, le temps passé à rechercher des connaissances et à organiser l'ensemble, et les frais d'expédition et d'entrée fort cher à ce niveau.

L'exposition de Boston 2026 connaît son drame. Le règlement de la Fédération internationale de philatélie demande à un groupe de jurés de sélectionner une ou des collections digne du Grand Prix national, parmi les collections étudiant le pays hôte.

Certes, l'histoire ancienne a montré la sélection d'une seule collection, mais la tradition et le folklore du dîner du palmarès (cher aussi) avaient établi une sélection d'au moins deux des collections aux meilleurs scores. Au moment du palmarès, l'ensemble des jurés vote pour désigner celle qui mérite le Grand Prix national.

À Boston, une seule collection a été sélectionnée, choix acceptée par le bureau du jury, et donc déclarée primé sans vote.

Le souci est que deux autres collections sur la philatélie ou l'histoire postale des États-Unis d'Amérique ont reçu le même nombre de points et quelques autres un point au-dessous.

La rumeur immédiate pré-cérémonie se diffusant, le président de l'American Philatelic Society a publié, le mercredi dix-sept juin, un communiqué acide. Tout d'abord pour rappeler que l'APS, même à l'origine de l'exposition, n'a aucun pouvoir sur le jury, surtout qu'il est lié à la FIP et à un secret des délibérations. De plus, l'APS délègue depuis longtemps la responsabilité à un comité d'organisation autonome, qui reverse le bénéfice financier pour des actions de promotion philatélique.

La déception des participants et du public connaisseur a dû être tellement fort pour justifier à la fois qu'il ne peut rien faire à ce que le président du jury, fort expérimenté et respecté, n'a pas demandé au comité de sélection de revoir sa courte liste.

Cependant, les conséquences annoncées sont brusques :

- demande à ce président de jury de démissionner de ses fonctions au sein de l'American Philatelic Society [merci l'indépendance],

- l'annonce de la constitution d'un comité indépendant d'étude et de proposition des relations entre l'APS et la Fédération internationale, notamment la délégation à un comité d'organisation autonome,

- et sur les règlements applicables à la sélection des juges, notamment l'âge maximum pour être juré international - Il remarque que la FIP a récemment retiré cette condition d'âge de son règlement. Le président de l'APS insistant sur le nombre limité de mandats qu'un membre peut exercer au sein de l'organisation états-unienne.

Pourquoi cibler l'âge du capitaine ? La nouvelle présidence de l'American Philatelic Society veut-elle montrer sa force face à une intrusion extérieure - les États-Uniens sont isolationnistes en première intention (sauf si intérêts évidemment) ? Quelles sont les relations internes entre dirigeants de la Fédération philatélique international encore en jeu cette fois-ci ?

dimanche 17 mai 2026

La poste autrichienne fête l'Eurovision sans l'Eurovision

 Cette semaine a eu lieu à Vienne, capitale de l'Autriche, le Concours Eurovision de la chanson 2026, remporté par Dara, la candidate bulgare et son équipe, sur une chanson arythmique de libération de soi face aux angoisses de notre époque.

La prestation partant d'un décor d'anonymes bureaux avant de partir en tout sens. Bangaranga! étant le motif de cette révolte.

Le timbre sur la harpe de septembre 2025, omniprésent lors de la finale, samedi seize mai 2026 (communiqué de presse de la poste autrichienne).

Mais, contrairement à l'édition autrichienne de 2015, pas de timbre-poste national en 2026.

Au générique final, en effet, Österreichische Post n'est pas un des partenaires nationaux de l'événement, contrairement à d'autres fournisseurs d'équipements liés aux « cartes postales » (vélo par exemple), ces clips courts permettant aux téléspectateurs de découvrir les chanteurs dans le cadre de lieux du pays d'accueil proposé par l'Office du tourisme d'Autriche.

Et pourtant, chacun de ces clips débutaient par la réception d'une carte postale photographique que l'artiste reposait dans sa chambre d'hôtel autographié par le remerciement du pays qu'il représentait.

Et, à côté du message de l'organisation souhaitant la bienvenue, plusieurs clips montraient un timbre oblitéré... bien réel et bien émis par la poste autrichienne, dans les semaines précédant le début des tournages étalés d'octobre 2025 à avril 2026.

Jean-Baptiste Krumpholtz et la harpe sur l'oblitération rectangulaire premier jour d'émission de Vienne (communiqué de presse de la poste autrichienne).

Émis le dix septembre 2025, avec premier jour le cinq, ce timbre d'un euro représente une harpe, dans la série Autriche, pays de la musique.

Sa composition est digne de la préparation du Concours Eurovision pourtant. La finale a été ouverte par l'Orchestre symphonique de la radio de Vienne, appartenant au diffuseur public hôte ; l'instrument a donc convenu aux cartes postales.

La partition est signé du harpiste et compositeur Jean-Baptiste Krumpholtz. Né en Bohême en 1742, il avait ravi le public viennois et a joué au sein de l'orchestre d'une des puissantes familles hongroises avant de partir en tournée où il séjourna longuement à Paris.

 Dans la capitale française, il fréquentait les artisans harpistes, milieu dans lequel il se maria avant de se suicider dans la Seine en 1790, cette seconde épouse ayant fui à Londres avec un amant.

Tchéquie, Autriche, Hongrie, France, le tour promotionnel d'Europe pouvait débuter à prix modique : un euro le timbre ou dix euros en feuillet ou en carnet (pour le commander).

Le timbre à cryptogramme associé, Vienne, ville de musique, émis en avril 2026 par la poste autrichienne (boutique web de la poste autrichienne).

Hélas pour les porte-monnaies et la logique postale, la poste autrichienne a décidé de profiter du concours télévisé sans partenariat et avec un timbre-crypto ou timbre à NFT selon les multiples appellations commerciales de ces coûteux timbres-poste associés à un double numérique par une chaîne de valeur numérique ; double souvent illustré d'une seconde image plus ou moins rare... Spéculation...

Ainsi, le seize avril, la poste a proposé au QWIEN, le Centre de culture et d'histoire queer, à Vienne, le premier jour d'émission du timbre Vienna, City of Music, ouvertement lié à l'Eurovision, mais sans jamais cité le concours...

Pourquoi ce centre ? Déjà car il propose une exposition, , de février au vingt-quatre mai 2026, sUnited by Queerness, reprenant le slogan actuel du concours (United by Music) sur la place des LGBT+ dans cette manifestation depuis les années 1960.

En association avec le Musée d'histoire autrichienne qui, avec Unstoppable, de mars à octobre 2026 une exposition sur comment les messages politiques ont pu être exprimés discrètement ou très audiblement par les artistes. Le titre s'inspire de la phrase dite en montrant le public par Conchita Wurst lors de la remise du trophée lors du Concours Eurovision 2014.


Et, c'est là que la poste autrichienne a joué avec le non-partenaire qui détourne l'événement local.

Sur le crypto-timbre à 11,35 euros de faciale (tousse, tousse), du paysage urbain moderne de Vienne s'élève la tour de télécommunication et un phénix... Rise Like a Phenix est le titre de la chanson vainqueur de 2014.

Je n'invente pas : c'est écrit en toutes lettres sur le site spécial cryptostamp de la poste autrichienne.

Plus subtil est le piano de Udo Jürgens, chanteur-compositeur qui a participé trois fois de suite au concours jusqu'à sa victoire en 1966 avec une chanson titrée en français, chantée en allemand et jouée au piano : Merci, chérie. Les deux dernières conditions rendent identifiables le piano aux fans autrichiens.


Onze euros et trente-cinq centimes, pas cinq de plus, pas cinq de moins car c'est le tarif du colis format "L" économique vers le monde entier de moins de deux kilogrammes. En sachant qu'affranchir un colis en timbre à l'avance et faire décompter sa valeur faciale du prix à payer au guichet, de nos jours, c'est... 

... audacieux.

Alors que les avancées numériques de l'objet sont affirmées par les service philatéliques vendeurs et autres entreprises qui ont tenté de refourguer de tels objets concrets ou abstraits en promettant des valeurs digne d'investissements boursiers dans l'industrie pétrolière.

La blockchain devrait pouvoir assurer quelque chose dans le suivi de colis... sauf à considérer que les codes-barres et enregistrement sur site web postal suffisent largement, avec la confiance dans les employés (ah, ça c'est le prochain article sur la poste belge et ses concurrents).

Le candidat lituanien découvrant le paysage de la carte postale, ici la partie correspondance montre le timbre à la harpe oblitéré (finale du concours Eurovision de la chanson, seize mai 2026).

Donc, pour les thématistes, la poste autrichienne n'a pas émis de timbre pour le Concours Euvovision de la chanson 2026 à Vienne, mais un de ses timbres illustrés a été bien montré pendant l'émission et un de ses timbres-souvenirs à forte valeur est digne de porter le logotype de la manifestation.

Cependant, ce n'est pas ni la seule poste, ni le seul événement d'importance mondiale à connaître ce refus de partenariat ou d'achat de droit d'usage de la marque.

La Poste française s'est garde bien, dans les années ayant précédé les Jeux olympiques de Paris 2024, d'afficher les anneaux olympiques sur ces blocs ronds représentant à tour de rôle chacun des continents, et quatre sports et sports adaptés. Elle a repris le principe pour les sports d'hiver pour cette émission continuée jusqu'aux Jeux alpins de 2030.

Sur le forum StampBoards.com, la liste des timbres 2026 sur le football, ce sport en Amérique du Nord, s'allonge sans nommer la Coupe du monde de la F.I.F.A., ni montrer le logotype ou le trophée pourtant identifiable d'un grand nombre.

Est-ce que la gourmandise des organisateurs nationaux ou propriétaires ultimes de la marque a atteint des niveaux indécents ? Ou les ventes philatéliques ont-elles descendu en Occident sous un niveau insuffisant pour se permettre cet ajout ?

Les véritables fans vont-ils plutôt vers d'autres objets-souvenirs : disque, écharpes, maillots, sets Lego, cannettes de soda illustrées, etc.

Cela peut aussi être le signe que l'émission de timbres est devenu moins étatique et plus commerciale : si l'Eurovision et la radio-diffusion publique en Autriche, si la F.I.F.A., veulent faire leur publicité, qu'ils commandent des timbres personnalisés semblent être la conclusion 2026.

mercredi 13 mai 2026

De la fin du service universel postal au Danemark sur la philatélie organisée

 Cela avait secoué les médias européens lors de l'annonce par étapes entre 2023 et 2025, et lors de l'application le premier janvier 2026 : le service postal universel a été aboli par le gouvernement et le parlement du Danemark, sauf subventions pour les îles isolées et les cécogrammes.

Le distributeur privé de journaux et colis, DAO, a remporté le contrat de la poste aux lettres, sans boîtes aux lettres de rue, ni bureau de poste, et des étiquettes interdites d'être appelées timbres-poste (privilège légal désormais inutile de PostNord Danmark). DAO a passé un contrat avec la poste autrichienne pour le courrier international sortant et entrant.

Un article de ce blog du premier janvier dernier, avec deux compléments en février et mars, a résumé les premières conséquences pour les Danois, et surtout les philatélistes et négociants de timbres : la fédération philatélique danoise s'inquiétant de la lenteur du courrier international dans les échanges commerciaux ou amateurs de timbres et lettres historiques.


Dans le numéro daté mai 2026 de The London Philatelist, Chris King, spécialiste du Danemark classique, poursuit son suivi didactique de cette réforme après un premier article en mars 2024 - repris dans FEPA News de juillet 2024.

Après un rappel du choix des politiciens, de l'origine de l'entreprise centenaire Dansk Avis Omdeling, des tarifs et offres postales de celle-ci, King évoque les premières conséquences attendues avant même le jour de l'an : plaintes de retard, association nationale des personnes âgées inquiets de la lenteur des courriers médicaux.

Les Danois sont en attente de mesures statistiques du régulateur, mais le courrier international pose déjà problème : la poste autrichienne imprime ou colle bien ses étiquettes pour montrer son rôle, mais il n'y a aucune date dessus...


Ces délais internationaux sont renforcés par une deuxième alerte des négociants philatéliques et leurs clients pour laquelle King apporte les raisons dues à la réforme : tout courrier de plus de deux cent cinquante grammes doit être envoyé en colis pour DAO ; tout contenu commercial n'est pas une lettre, mais un colis pour DAO... et son concurrent PostNord !

Ainsi, King explique les témoignages de collectionneurs et négociants danois, féroïens et étrangers dont les lettres recommandées avec timbres, enveloppes d'histoire postale, magazines de moins de deux cent cinquante grammes ou petits objets de collection être refusées par les postes des Féroé et d'Autriche et revenir après plusieurs semaines à leur expéditeur.


Enfin, et là, il faudra que l'ensemble des partis politiques danois qui ont accepté cette réforme reprennent les inchangés de la principale loi postale : DAO ne peut transmettre en lettre recommandée intérieure que des lettres de faible valeur. Aucun objet de valeur ne peut être pris en charge en recommandé intérieur ou vers les Féroé par DAO.

Pire, DAO a interdiction de transmettre ou recevoir des lettres recommandées internationales qui restent le monopole de PostNord Danmark !!!

L'auteur signale ainsi que de grandes entreprises danoises envoient en recommandé leurs courriers importants depuis PostNord à Malmö, en Suède de l'autre côté du détroit de l'Öresund... Et, en retour, il conseille aux correspondants internationaux souhaitant assurer une prompte arrivée au Danemark d'envoyer en lettre recommandée les envois nécessitant de la confiance, ce qui fera aboutir directement à PostNord Danmark.


Mon point de vue conclusif : les dirigeants de l'opérateur historique ont donc touché le pactole. Ils n'ont plus la charge d'un réseau de poste aux lettres, concurrencent le prestataire du courrier national sur le colis, et ont encore les lettres recommandées internationales ; tout en forçant les Danois à envoyer tout objet commercial même imprimé au tarif libre des colis.

Et comme l'indique Chris King, l'argument libéral politicard de l'entrée de nouveaux acteurs sur la poste aux lettres a fait long feu : DAO est en monopole de droit puisque le seul à avoir répondu à l'appel d'offres du gouvernement.


Mais, il y a pire que pire pour les philatélistes lorsque King observe les conséquences fonctionnelles et financières du retrait de PostNord Danmark de la poste aux lettres et de l'émission de timbres-poste, pourtant encore inscrites dans la loi générale.

L'actuel musée des postes et télécommunications, ENIGMA, est l'héritier privé du musée historique. Le musée, mais aussi l'accès aux archives et à la bibliothèque, sont dépendants des subsides alloués par les deux compagnies historiques (la poste et les télécommunications), avec bien sûr les entrées et achats des visiteurs.

Aucune subvention publique.

Désormais, les demandes des chercheurs en histoire de ces administrations et entreprises reçoivent un courriel reproduit par King. Les consultations sur place et les recherches par les documentalistes sont drastiquement limitées et si vous ne recevez pas de réponse dans les trois mois... c'est qu'il n'y a pas les moyens financiers et humains de vous répondre ou recevoir.


De là, et les philatélistes du monde entier le savent bien, une poste même libéralisée, voire privatisée, est [trop ?] essentielle au financement de la philatélie organisée : émissions de timbres suscitant manifestations locales et souvenirs d'associations, participation financière et événementielle des expositions philatéliques, etc.

La Danmarks Filatelist Forbund, qui connaissait les mêmes difficultés que d'autres fédérations nationales, voit l'année 2026 devenir une période de décisions graves aux yeux de l'auteur britannique.

Par la fin du courrier affranchi en timbres illustrés, PostNord Danmark cessent le financement direct ou indirect de la philatélie danoise, confrontant les collectionneurs fédérés ou non aux choix budgétaires de la Fédération et des représentants de ses associations membres.

Outre des décisions logiques en période difficile, la bibliothèque fédérale, trop peu utilisée, vient d'être fermée et dispersée entre ce qui a été rendu au musée ENIGMA, des éléments précis transmis à la Société d'histoire postale danoise pour numérisation et publication en ligne, et le reste vendu à la maison Göta Frimärken.

La Société philatélique royale de Londres, l'American Philatelic Society et une poignée d'autres bibliothèques en Allemagne, en Amérique du Nord, jusqu'aux associations locales, ont montré l'importance d'une bibliothèque de recherche adaptée aux intérêts de leurs membres.


King, qui a montré qu'il tient à une philatélie organisée solide et financièrement autonome, conclut que la situation danoise l'inquiète grandement et sert de preuve qu'il ne faut pas attendre pour aller vers le grand public, et apparemment pas certains opérateurs postaux actuels.

mercredi 8 avril 2026

Cataloguer, coter, estimer la valeur des affiches-cadeaux de Philaposte

 Le forum du site Le Marché du timbre est fort pertinent pour comprendre la philosophie ou l'épistémologie de la philatélie, dans son aspect « Comment identifier un timbre précis ? », ce qui me rappelle des discussions sur l'importance de l'établissement des bases de données dans la revue de la Bibliothèque de recherche philatélique américaine (APRL) et au sein de la Société philatélique royale de Londres, et des critiques lors des premières années du système de numérotation de l'AMDP (WNS) de l'Union postale universelle.

L'entrée du site d'échanges philatéliques Le Marché du timbre, le cinq avril 2026.

Le but du Marché du timbre est de permettre les échanges de timbres entre les membres inscrits. Aucun commerce, aucune vente, des échanges.

La page d'entrée utilise donc le vocabulaire habituel de l'échanges entre collectionneurs : « dispos » pour les listes de timbres proposés, « mancos » pour les listes de timbres recherchés.

Le forum permet d'établie la communauté, et dans sa partie « Service des renseignements » de nombreux fils montrent l'importance de bien identifier le timbre d'une part, mais aussi son code d'identification pour être retrouvé par tous...

... Et là, même si la catalogue Yvert est la ressource principale, il présente des limites.

D'abord car les catalogues de référence servent principalement à disposer d'une cote « officielle » qui va permettre aux échangeurs de s'entendre sur la « valeur » des timbres échangés. Plusieurs fils reprochent ainsi à des participants de ne pas avoir leurs cotes à jour de la dernière édition, ou aux éditeurs l'ancienneté du dernier catalogue sur une zone du monde - les cotes des dernières émissions sont à estimer à tâtons, à s'entendre sur l'éditeur non-Yvert ou sur comment lui et ses concurrents établissent les cotes des produits récents (valeur faciale + un pourcentage estimant les frais de port et coûts des marchands spécialisés).

Ensuite, le catalogue de référence identifie-t-il toutes les variations possibles d'un timbre, à une époque où les postes et leurs services philatéliques tentent de vendre en plaisant à toutes les clientèles tout en maintenant un service simple en bureaux et commerces : gommé seul, gomme en feuille, bloc-feuillet, autocollant en carnet, en feuille, souvenir sous format spécial, modes d'impressions variables, souvenirs de prestige fort coûteux,...

... auxquelles s'ajoutent chez les anciens timbres abondamment étudiés, et parfois pour les nouveaux : types et les différentes formes de vente, retirage identifiable, etc.

À s'interroger si les sites participatifs comme Le Marché du timbre ou Colnect n'auraient pas des bases de données d'identité des timbres bien plus complètes et intéressantes pour les collectionneurs curieux que les catalogues professionnels.

Affiche reprenant un timbre de France de 1959, offerte comme cadeaux aux gros acheteurs de Philaposte et lors d'un tirage au sort (scan perso : non je ne suis pas riche, oui j'ai de la chance).

Cependant, l'organisation collective bute parfois sur l'imagination commerciale prolifique des services philatéliques et le règlement intérieur des éditeurs de catalogues.

Ainsi, cette affiche au timbre Guadeloupe - Rivière Sens a suscité une courte discussion sur le forum du Marché du timbre, en février dernier, peu après son envoi aux gros clients de Philaposte ou aux vainqueurs du tirage au sort organisés fin 2025.

Le timbre d'origine à cent (anciens) francs a été émis en février 1959. Il a déjà été réinterprété par le service philatélique de La Poste lors de l'émission hors-programme et de prestige Trésors de la philatélie de 2014 en cinq exemplaires de couleurs et faciales différentes, mais vendues en un lot de plusieurs feuillets valorisant d'anciens émissions en taille-douce.

Enfin, en 2025, le programme de fidélisation de Philaposte a annoncé que le timbre au format affiche serait le cadeau des clients ayant dépensé huit cents euros sur l'année. L'« affiche », produit taille-douce récent reprend d'anciens timbres en leur accordant une forte valeur faciale (ici quatre fois sept euros) placés en coin d'une reproduction grand format de leur illustration.

Et là, comment identifié ce timbre et l'affiche complète ?


La base de données Phil-Ouest donne un premier élément justifiant l'interrogation sur le forum des échangeurs : si les affiches vendues publiquement par Philaposte et les feuillets individuels Trésors de la philatélie promus largement sont listés, ce n'est pas le cas de l'affiche Guadeloupe - Rivière Sens.

Car si le catalogue de cotation de l'éditeur de référence fait foi (Phil-Ouest tend à suivre Yvert), alors ces timbres parfaitement utilisables sur le courrier se heurtent à un des plus vieux débats de la collection de timbres, qui rejaillit régulièrement : les émissions jugées abusives, surtout celles non accessibles à l'ensemble du public.

Depuis quelques années, pour remercier ses clients les plus dépensiers, Philaposte offre jusqu'à trois cadeaux selon le montant commandé : un timbre du programme réimprimé en mini-feuillet, un bloc de quatre même idée ou ancien type, et un grand format, tous hors-programme, tous offerts sous cette condition d'achats.

Or, depuis fort longtemps, les éditeurs de catalogues de cotation excluent ces timbres non largement vendues au public dans les bureaux de poste ou par le service philatélique.

Certains avaient justement critiqué la Charte de la philatélie lorsque Philaposte assurait au moins un moyen d'accès public aux émissions : d'où les courriers (ou éditorial publicitaire dans la presse philatélique) pour chaque émission hors-programme avec le jour et l'heure à partir duquel l'émission sera vendue par appel téléphonique.


Sur Le Marché du timbre, le début du code a été déterminé au plus simple : nom commercial « Affiche », identifiant AFF.

Pour le code numérique suivant, Yvert listera-t-il ce produit hors-commerce ? Si cet éditeur est la référence du site d'échange, comment faire ? Intercaler avec des petits "a" entre deux affiches reconnues, numéroter avec un identiant AFF spécifique au cadeau. Il faut espérer une bonne maîtrise du moteur de recherches si on ne connaît pas les spécificités du produit.

Pour la cote, la discussion trouve sa solution grâce aux sites de ventes (Delcampe, eBay) où la rencontre du marché se fait rapidement : cette affiche se trouve le plus souvent offerte à cent euros. Pour demander plus, les vendeurs proposent généralement les deux autres cadeaux, ce qui établit un ratio approximatif (100 + 70 + 30) et un prix de trente à trente-cinq euros le timbre Guadeloupe 7€ isolé.


Qu'est-ce qu'un timbre-poste ? Ce timbre-là précisément ?

Qu'est-ce qu'un pays postal ?

De l'intérêt de la diversité des approches, notamment à partir de celles des usages réels des collectionneurs et des vendeurs car cette affiche hors-commerce reste un produit postal, philatélique, collectionnable.


Ah, et merci Philaposte pour le tirage au sort car je n'ai pas huit cent euros à consacrer aux nouveautés de France.

jeudi 1 janvier 2026

Abolie, la poste aux lettres danoise existe encore...

 Depuis le six mars 2025, les médias et sûrement de nombreux opérateurs postaux historiques observent le Danemark. Ce jour-là, la partie danoise du groupe dano-suédois PostNord, dont la mission fêtait tout juste quatre cents, annonçait abandonner la distribution de la lettre nationale comme internationale !

L'année philatélique danoise 2025 était complexe. Gouvernement et parlement danois ont mis fin au service postal universel en 2023, ce qui imposait la levée de la taxe sur la valeur ajoutée. D'un coup, l'ensemble des timbres danois était démonétisée et les expéditeurs devaient acheter des timbres mentionnant explicitant le service intérieur (donc la perception de la TVA) ou le service international.

Avec l'annonce de mars, PostNord Danmark se débarrasse de l'ensemble des contraintes : émettre des timbres, s'assurer de leur bon usage, reverser la nouvelle TVA, assurer les tournées aux bureaux et aux boîtes de rue, puis leur transmission et distribution à domicile, équilibrer les coûts de l'ensemble avec la décroissance du courrier physique au profit des échanges numériques, etc.

Plus que du colis.

Courrier ayant circulé à l'intérieur du Danemark en 2025 avec l'opérateur privé DAO, proposé par un vendeur sur eBay (qui propose également des objets liés aux hôtels).

Sauf qu'il restait tout de même cent dix millions de lettres postées et ayant circulé par la poste danoise en 2024 et un contexte géopolitique de « guerre hybride » avec une grande puissance de l'est du continent européen, notamment des attaques sur les réseaux de télécommunication.

En théorie, le service universel postal était maintenu pour les îles les plus isolées, aux électeurs peu nombreux mais sûrement facilement médiatisables. En plus des usagers ayant besoin du courrier papier pour rester informés et sûrs d'eux face aux services administratifs et médicaux.

Évolution du nombre de lettres gérées par PostNord au Danemark entre 2000 et 2024, graphique de l'entreprise remis en pour un article de la BBC britannique, le six mars 2025.

Donc, dans une logique libérale capitaliste assez étrange, les autorités politiques danoises ont pris acte de la décision de PostNord et voté une subvention exceptionnelle à DAO pour qu'il devienne le nouveau transporteur de lettres de référence au Danemark à partir de ce premier janvier 2026 !

...

DAO, pour Dansk Avis Omdeling ou Distributeur de journaux danois, a été créé en 1921 par trois grandes entreprises de presse du pays pour assurer la distribution de leurs publications quotidiennes.

Avec la libéralisation du marché du colis en 2010, DAO était devenu une des nouvelles postes privées du pays. Un de ses arguments auprès des clients était la possibilité de livrer les paquets avant le lever du soleil, chaque jour de l'année, grâce au réseau de buralistes et à la remise quotidienne de la presse aux abonnés.

En cette année 2025, l'entreprise a dopée son offre courrier en prenant en charge trente millions de lettres et en prévoyant quatre-vingt millions en 2026.

Faute de boîtes aux lettres, toutes démontées par PostNord, les Danois ont deux solutions d'affranchissement : acheter des « timbres » autocollants (je reviendrai sur les guillemets) ou se connecter au site DAO, remplir sa demande, et recopier un code sur l'enveloppe.

Deux solutions pour poster sa lettre : la déposer affranchie dans un des commerces partenaires (DAO shop) ou demander, pour dix couronnes danoises, qu'elle soit récupérer par un livreur lors de sa tournée - ce qui se pratiquait déjà pour les colis à expédier.

Le vendeur eBay cité ci-dessus montre et explique ce qui arrive ensuite : une étiquette est ajoutée portant le logotype de DAO dans une dentelure illustrative, voisinant avec un long code chiffrée et un code-barres en deux dimensions. Désormais fort classique pour le courrier mondial, voir dernièrement au Laos.

Les tarifs Lettre de DAO en 2025 (copie d'écran du premier janvier 2026).

Le service courrier de DAO est complet, même si philatéliquement ultra-simplifiée :

- deux tranches de poids : jusqu'à cent grammes ou deux cents cinquante ; au-delà, ce sera un colis.
- deux zones géographiques : Danemark, Monde.

Et pour le Danemark, trois services, avec la recommandation apparue en décembre 2025 :
- courrier normal livré en deux à cinq jours ;
- service PLUS en un à deux jours pour treize couronnes de plus ;
- le courrier recommandé en deux à cinq jours pour 210 ou 233 DKK selon la masse.

Pour l'international, un seul mode d'expédition classique au prix double du national.

Actuellement, 10 DKK valent environ 1,34 euro. 3,10 € la lettre nationale, 6,20 la lettre pour l'étranger... Vingt et quelques le recommandé ! Tousse...


Les limites au-delà des tarifs.

Une est « amusante ». Les « timbres », blanc et rouge pour le service intérieur, blanc et bleu pour le service global, et vendus par dix ou cinquante, ne sont officiellement pas des « timbres-poste »...

Un participant du forum StampBoards.com a lu un article de presse danois indiquant que l'actuelle loi postale du pays limite le droit d'émission de timbres-poste à PostNord Danmark, qui ne veut plus ni des lettres, ni donc des timbres qui vont avec.

Voilà pourquoi DAO a dû se passer de dentelure même simulée, d'illustration autre que fonctionnelle. Les amateurs de design pur sont donc ravis.


L'autre limite est plus sérieuse : se promener sur la carte des commerces proposant les services DAO, dont les boîtes aux lettres, sont nombreux à Copenhague, mais fort inégalement répartis dans de nombreuses régions. Des zones rurales ou péri-urbaines dépendent d'un ou deux commerces dans le bourg d'à-côté ; des îles ont un ou deux points d'accès maximum.

Les dix couronnes de frais de retrait dans sa boîte personnelle seront-elles acceptées ?


Les postes historiques ne veulent plus de la poste aux lettres, voire du service universel, même subventionnées, mais les gouvernements ont besoin de rassurer leurs électeurs avec celle-ci, quitte à la relancer par l'intermédiaire d'un concurrent privé.

Nul doute qu'en France, où les tarifs postaux pour la presse viennent d'augmenter brusquement ce jour de l'an, La Poste et les entreprises de presse observent d'un œil la situation danoise, en se léchant les babines ou en tremblant de crainte, tout en se regardant de l'autre en chiens de faïence.

L'échec de Presstalis montre que les grands quotidiens parisiens n'auront aucune envie de créer un DAO à la française et de se coltiner les livraisons de courrier en zone rurale - oui, je provoque les journaux de droite libérale anti-service public (exemple d'hypocrisie par ici - oui, l'article est payant).


Compléments du dimanche huit février 2026 : aléas d'une poste privée exerçant la seule poste aux lettres d'un membre de l'UPU.

Un bon mois après que DAO, opérateur privé, a reçu la mission de la poste aux lettres au Danemark, de premiers témoignages arrivent des habitants, à retrouver sur le fil spécifique du forum anglophone StampBoards.com.

La douloureuse est vécue par tous les expéditeurs. La lettre n'est plus un service universel, donc il doit être rentable pour DAO.

Par contre, le site de l'Union postale universelle indique toujours PostNord comme opérateur postal de référence pour le Danemark... Et cela s'en ressent dans la manière dont DAO gère l'expédition du courrier pour l'étranger et la réception-distribution en sens inverse.

Ainsi, fin janvier, le directeur de l'Association philatélique danoise a averti ses membres de la lenteur du courrier internationale, signalé par des vendeurs danois, leurs clients étrangers, ou des destinataires au Danemark de courrier d'au-delà.

Courrier danois vers la Belgique, transmis via la poste autrichienne, janvier-février 2026 (photographie de Aerogi, participant du forum StampBoards, diffusée le sept février 2026).

Un correspondant belge montre l'explication prévisible : une lettre danoise lui est parvenue avec un non-timbre DAO (rappel : la loi postale danoise limite toujours les mots-clés à la seule PostNord...).

Celui-ci est en partie recouvert d'une étiquette prioritaire d'affranchissement payé de la poste autrichienne.

Poste privée, qui n'est pas l'opérateur historique ou membre de l'Union postale universelle, égale recours à des contrats au mieux-disant avec les opérateurs postaux historiques ou alternatifs pour transmettre le courrier vers l'étranger.

DAO est historiquement un distributeur de journaux au petit matin, devenu opérateur colis puis de lettres avec la libéralisation du secteur. De fait, il n'a jamais eu (et n'en aura pas les moyens) les capacités de transmission internationale du courrier. Sûrement que les lettres de ce genre qu'il prenait en charge devait être reversé, comme client grand compte, à PostNord ou à un opérateur postal étrangers aux capacités établies.

Au fur et à mesure que les lettres internationales danoises avancent au rythme des cartes postales de vacances remises à des petites postes privées, les historiens postaux pourront établir une liste des opérateurs avec qui DAO a contractualisé le courrier international partant ou arrivant au Danemark.


Chers gouvernement et parlement danois, ne serait-il pas temps de réformer la loi postale de votre pays puisque vous et PostNord avait décidé de lâcher cette mission de service public ?


Compléments du dimanche vingt-deux mars 2026 :

Dans le numéro de mars 2026 de The American Philatelist, Morten Soerensen synthétise la fin de la poste aux lettres historique au Danemark et le relais pris par DAO. Type de distributeurs privés qu'il connaît pour avoir eu son premier métier de jeune adolescent de distributeur de prospectus publicitaires, puis de journaux gratuits.

Il propose un résumé des obligations postales du Danemark : en tant que membre de l'Union postale universelle, le pays doit permettre le courrier international et celui pour les aveugles et mal-voyants. De plus, malgré e-boks, une plate-forme de courrier administratif en ligne, les cartes d'électeurs restent des imprimés officiels.

Il illustre les différents courriers ayant transité nationalement par DAO, avec leur point commun essentiel : un QR-code avec la ligne de chiffres en clair ajoutés quelque soit le moyen d'affranchir choisi par l'expéditeur (timbres officiellement vignettes ou code alpha-numérique commandé par message téléphonique (sms) ou le site web.

Enfin, il confirme que la poste autrichienne est missionnée par DAO pour faire arriver le courrier de l'étranger et délivrer le courrier danois à l'étranger. L'exemple est un coin d'enveloppe du Danemark pour la Suède, avec un timbre autocollant DAO, oblitéré surimprimé d'une marque de port payé autrichien, avec logotype d'Austria Post, compte client à Salzbourg, et adresse de retour dans cette même ville en cas de non-distribution.


Provocateur, Soerensen rappelle que si certains estiment que le Danemark est un pays philatéliquement mort, c'est aussi un pays qui a connu des postes privées et leurs timbres dans une douzaine de villes de 1866 à 1916. Et que, même de manière peu artistique mais fort pratique, DAO use des timbres, marques imprimées et d'un agent postal international (a forwarding agent, diront les historiens postaux qui collectionnent et interprètent leurs tampons de l'ère classique).

Bref, que le catalogue des timbres du Danemark a un nouveau chapitre ouvert, et surtout que l'histoire postale du pays n'est pas terminé. DAO a même communiqué sur le courrier manuscrit postal de Noël qui semblent intéresser toutes les générations de Danois, y compris les adolescents, depuis quelques années, L'opérateur privé ne souhaitant pas perdre cet élan avec la fuite de PostNord.

samedi 27 décembre 2025

Au Musée du timbre-poste de Corée (2) : l'interactivité pour créer, écrire, poster

 Deuxième article sur le Musée du timbre-poste de Corée (우표박물관) que j'ai visité le vingt-quatre juillet 2024 : une fois la galerie introductive passée, les visiteurs sont invités à toucher, manipuler, jouer... Idéal pour les enfants, qui ont vu sous verre figurines et véhicules miniatures, et surtout, leurs accompagnateurs parentaux ou scolaires.

Des invitations aux rires et aux selfies avec plusieurs panneaux ornés de héros des séries d'animation jeunesse de la télévision coréenne... et qui ont fait l'objet d'émissions de timbres récemment (tous droits réservés).

La première idée pour faire visiter les trois espaces, malgré le sérieux de certains d'entre eux, est un petit jeu de pèlerinage à la quête des tampons du musée.

La fiche remplie des tampons disponibles à neuf endroits du musée philatélique coréen.

Contre la promesse d'un cadeau philatélique (épuisé pour la saison printemps-été 2024), le visiteur doit tamponner correctement sa fiche à neuf emplacements à deviner selon le titre sous chaque rond blanc.

Les emplacements choisis sont peu interactifs, mais doivent permettre une pause sur le premier timbre coréen, les boîtes aux lettres, les galeries thématiques (ici l'aquarium empli de poissons timbrifiés), l'art du timbre.

En bas, sont représentés à gauche deux activités d'écriture et de prévention : la poste chaleureuse déjà évoquée, présente aussi dans l'espace public. Le passant est invité à coucher ses soucis sur le papier et recevra une réponse encourageante et motivante de l'association de proximité.

La boîte dédiée au courrier à recevoir dans un an dans le Musée du timbre-poste de Corée.

Au milieu, avec la tortue, symbole de lenteur mais de constance : la boîte dédiée à recevoir une correspondance à soi-même une année après l'avoir posté. Le message sur papier orange rappelle le mode d'emploi et l'enveloppe est celle dédiée à ce service : adresse du musée, légende rappelant qu'aucun courrier ne peut être récupéré... Prudence à ce que l'on s'écrit.

Une des deux presses pour gaufrer des cartes postales : initiation à l'imprimerie.

La galerie de la création du timbre-poste comblera les passionnés d'artistes du timbre, de modes d'impression, etc... Pour mettre en pratique de suite avec les moins passionnés et les touche-à-touche, deux presses à roue et des cartes postales reproduisant deux timbres sud-coréens sont proposées.

Avant / après la presse, la mise en relief du monument en pierre sur ce timbre coréen de 2003.

Le but est à la fois de comprendre la presse à imprimer et de repartir avec un souvenir concret et fait soi-même.

La présence coréenne en Antarctique avec la mise en valeur de l'aile et des traits du manchot sur ce timbre de 2008 (zoologie ou géopolitique ?).

Le choix des deux timbres reproduits montrent le souci de plaire au plus large public, adultes comme enfants, passionné d'histoire nationale ou de science et d'animaux.

Un puzzle à réaliser en famille pour reconstituer ce bloc-feuillet de la Nature de Dokdo.

Plusieurs murs sont à toucher en tout sens : exposition des timbres de Corée à tirer du mur, tiroirs renfermant thématiques ou timbres par pays... et un bloc-feuillet transformé en puzzle à tourniquets.

Nature de Dokdo de 2004 sert à cette activité ludique et nationaliste : dès le train direct aéroport d'Incheon - gare centrale de Séoul, la revendication de souveraineté de la République de Corée sur les rochers Liancourt est affirmée.

Dans le train, ce sont des documents anciens qui sont montrés dans une vidéo. Au musée du timbre-poste, c'est la connaissance de la faune aérienne et de la flore qui fait connaître cette partie du territoire national aux visiteurs.

Un grand écran à l'horizontale pour un quiz philatélique à trois joueurs au Musée du timbre-poste de Corée.

Et comme les vieux grincheux pensent que la jeunesse est collée aux écrans : le quiz philatélique a lieu sur un grand écran tactile posé à plat et permet à trois joueurs de gagner une fanfare victorieuse...

...

Oui, c'est la traduction proposée par Google Translate pour le texte sur le mur vertical qui donne aussi le mode de jeu : cinq histoires sur des sujets montrés par des timbres, sont-elles vraies, fausses ?

En raison des animations, de la mise en scène, l'espace des thématiques par les timbres est le plus grand des trois du musée, mais c'est celui qui permet d'apprendre aux visiteurs non collectionneurs et aux enfants curieux que le monde peut se découvrir avec ses petits bouts de papier.

Le premier tampon à trouver dans le musée.

C'était d'ailleurs le message du tout premier des tampons de la quête initiale, à trouver dans la galerie introductive, un des murs non directement consacré à la poste et au timbre-poste :

« Un grand monde dans un petit carré

Le musée du timbre. »


Par un escalier du jardin d'ornement, le Musée du timbre-poste de Corée se situe au premier sous-sol du gratte-ciel et siège social de Korea Post, au centre de la capitale Séoul, entre la gare centrale et les deux palais de Gyeongbok et Changdeok.

vendredi 26 décembre 2025

La vie en philatélie organisée de Chris King

 Le numéro automne-hiver 2025 de la Philatelic Literature Review, journal de l'American Philatelic Research Library, et, en version longue sur le blog de l'auteur, l'historien de la philatélie Abhishek Bhuwalka propose un long entretien avec le Britannique Chris King, qui depuis un quart de siècle participe de l'évolution de la Société philatélique royale de Londres (RPSL) d'une part, et de la philatélie organisée d'autre part.

En-tête de l'article posté le sept novembre 2025 sur le blog The Philatelist, version longue de l'entretien.

Devenu semestrielle cette année et allégée des listes d'entrées d'ouvrages de la bibliothèque de l'American Philatelic Society, la Philatelic Literature Review vise à l'actualité des bibliothèques philatéliques, la recherche sur comment furent établies de grandes publications depuis origines des commerces ou études philatéliques et postales, ainsi la biographie de leurs auteurs.

Dans ce cadre, l'Indien Abhishek Bhuwalka (ici se présentant sur son site d'auteur et collectionneur) y transmet régulièrement des entretiens avec des bibliophiles, des libraires philatéliques.


À soixante-seize ans, et entré en philatélie exposée à cinquante, le cheminement de Chris King demande de nombreuses pages puisque son parcours personnel permet de voir apparaître le collectionneur spécialisé, mais aussi l'administrateur organisé et réfléchi dont la RPSL et la philosophie de la philatélie avaient besoin en ce début de vingt-et-unième siècle.

La lecture de cette autobiographie guidée permet de voir comment Chris King fut un collectionneur comme beaucoup (enfant ayant abandonné jeune adulte, mais repris avec plus de passion encore), et que sa vie professionnelle et politicienne l'a formé à des compétences indispensables aux sociétés philatéliques dans lesquelles il s'est, tardivement, investi.

Le rôle de son épouse, la Danoise Birthe Troelsen, rencontrée lors d'un stage professionnel à Venise, est déterminant, au point qu'ils ont créé le Double Geneva Club, en 2016, pour les couples philatélistes. Birthe a permis le déchiffrement et la traduction des courriers que Chris étudiait dans ses spécialités autour des duchés du Schleswig et de Holstein, puis des routes postales autour de la Scandinavie. À tel point que sa première exposition en classe ouverte au London Stamp Show 2000 est autant la sienne que celle de sa femme. Ensuite, celle-ci se prend de passion avec des collections sur la Seconde Guerre mondiale au Danemark et en lien avec le génocide perpétré par les nazis.


Je laisse la découverte des détails d'avant cette collection exposée, et surtout, de la suite. Mais quelques points m'ont intéressé.

Parmi les réponses aux questions d'Abhishek Bhuwalka, Chris King rappelle que la présidence de deux de la RPSL est en fait un parcours d'une décennie au sein de son Bureau, et dont la présidence est la partie centrale. L'étude de la modernisation du 41 Devonshire Place, siège historique de la RPSL, puis de sa vente et la gestion quotidienne et sur place du chantier du 15 Abchurch Lane, ont eu lieu après, sous le titre de Past President.

Cela permet à King de montrer qu'avant son adhésion en 2005, les membres du Bureau sont déjà en train de faire évoluer cette société d'apparence élitiste en une société explicitement ouverte à de nouveaux membres, mais surtout à offrir au plus grand nombre ses ressources de recherche.

Tragiquement, Frank Walton (1953-2022) fait partie de ce grand moment d'ouverture et de projets... avec leur fragilité. La genèse de la Global Philatelic Library, incluses les négociations avec le Smithonian en charge du Musée postal national de Washington, montre le bouillonnement d'idées entre King et Walton, mobilisant les cadres de la RPSL autour d'eux. Mais, également que depuis la mort prématurée de ce dernier, il manque une cheville ouvrière pour la Bibliothèque globale.

Car, au terme de la lecture qui montre un Chris King ayant déjà une année 2026 déjà bien remplie, son souci constant est : comment rendre l'ensemble des ouvrages, archives, collections de la Société philatélique royale de Londres, mais aussi du plus grand nombre de sociétés et associations philatéliques accessibles, au moins qu'un moteur de recherche permette d'en connaître l'existence ?

Le séminaire Crawford, en liaison avec le musée intégré à la RPSL, des présentations reprenant les définitions des disciplines et classes d'exposition philatéliques, et donc ouvrant les possibles ouvertures vers l'histoire sociale, les autres collections d'objets (monnaie, affiches, pamphlets, etc.).


À une autre échelle, enfin, Bhuwalka demande à King s'il pense que, depuis les confinements du covid-19, le développement rapide des conférences virtuelles, en parallèle des rencontres physiques, est une bonne chose pour la philatélie.

Là, il est pessimiste. Certes, le virtuel a permis de rapprocher les membres lointains de leurs sociétés, en particulier la très-londonienne RPSL. Cependant, cela a fortement ralenti l'adhésion de membres, leurs visites au 15 Abchurch Lane, la découverte des idées et compétences de chacun.


Je conseille vivement la lecture des entretiens réalisés par Abhishek Bhuwalka, et plus généralement la lecture de la Philatelic Literature Review. La philatélie a besoin d'une mémoire, d'un Who's Who qui ne soit pas qu'une parade des propriétaires de British Guyana, plus de la biographie de ce qu'ils ont apporté à leur échelle à la collection, à l'exposition, à la curiosité générale. Avec remise dans le contexte de l'époque car on est rarement seul comme Chris King le rappelle pour la période 2000-2015 concernant la Direction de la RPSL.