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samedi 3 janvier 2026

De la fin profitable mais à l'avenir inquiétant des "one cent" aux États-Unis

 Suite à quelques recherches, la date de la révélation des pièces de monnaie des deux cent cinquante ans de l'indépendance des États-Unis fait partie de grandes journées numismatiques pour l'United States Mint et les collectionneurs (riches) : la veille, mardi onze décembre 2025, la Monnaie confiait l'ensemble des derniers pennies à l'effigie d'Abraham Lincoln à la maison d'enchères californienne Stack’s Bowers Galleries.

Cependant, à côté de ces festivités profitables, des pénuries de pièces et l'absence de gestion de l'avenir monétaire rendent difficiles le quotidien des commerçants.

Couverture du catalogue de la vente des derniers cents Lincoln marqués de la lettre grecque omega, publié par Stack's Bowers Galleries (via la bibliothèque de leurs catalogues).

Le douze novembre précédent, dans ses ateliers de Philadelphie et de Denver (marque D), l'U.S. Mint a appliqué la décision du Secrétaire au Trésor de ne plus commander de pièces de one cent de circulation, en raison du coût des métaux et de la fabrication, du manque de réutilisation des pièces par les habitants qui les récupèrent principalement en retour de monnaie.

Les pièces au millésime 2025 seront donc les dernières de circulation ; à partir de 2026, seules des médailles de collection seront frappées pour les collectionneurs.

Les dernières frappes étaient prévues pour être mises aux enchères le mois suivant en deux cent trente-deux trios : deux en zinc plaqué de cuivre - une pour chaque atelier, accompagné d'une pièce de six grammes en or 24 carats.

Ces pièces portent la marque Ω : la lettre grecque de l'expression biblique qu'utilise Dieu pour se décrire comme « l'alpha et l'oméga », la Création et sa Fin.

Le dernier lot, 232, comprenait les coins annulés de ces frappes oméga (catalogue de la vente).


Indiquée dans le catalogue, la qualité de chaque pièce a été évaluée (grade, qui, avec la mise sous capsule hermétique, est une habitude états-unienne), les collectionneurs connaissaient donc dans quels lots étaient les meilleurs frappes et les moins bonnes. L'ordre du lot dans les frappes et la vente est indiqué sur la légende accompagnant l'emballage de chaque pièce.

Le site d'information numismatique CoinWeek a ainsi pu résumer les résultats de la vente d'après ces évaluations.

Le lot n°1 a eu un effet bonifié par qualité des premières frappes validées par les employés de l'U.S. Mint et le numéro d'ordre : adjugé deux cent mille dollars.

Selon CoinWeek, le moins lot (n°64) est parti à seulement quarante-huit mille dollars. La majorité des lots se situe entre cinquante et quatre-vingt-sept mille.

Le haut du panier des évaluations, huit lots, ont dépassé les cent mille juqu'à cent soixante mille dollars pour le lot 69, suivi du 231 à cent cinquante.

Trois lots seulement comprenaient des pièces évaluées à MS-67, frappées à Denver. C'est pour cela que le lot 157 a atteint cent trente mille dollars, en troisième position avant le dernier lot.

Le lot final a atteint huit cent mille dollars, comprenant les six coins ayant servi à ces frappes, mutilés d'une croix pour ne plus resservir.


Au final, la vente au nom de l'U.S. Mint atteint 16,76 millions de dollars pour une valeur de deux cent dix mille dollars d'or contenu dans les pièces les plus précieuses. Joli profit pour l'United States Mint et pour la maison d'enchères.


Parmi les réactions du public connaisseur, sur le site de CoinWeek, de nombreuses déceptions. Un rappelle que ce ne sont pas les derniers cents puisque des exemplaires de collection seront encore frappés pour les sets annuels à venir.

D'autres regrettent ce choix de viser les collectionneurs les plus riches avec cette rareté tout en faisant la promotion de la fin d'une histoire populaire de la monnaie états-unienne, créée en 1793. Intéressante la question d'un intervenant : à ce prix-là, les pièces en zinc saucé de cuivre auraient pu être en cuivre.


Côté grand public, je ne peux que constater, avec nombre de numismates, de curieux, de contribuables précautionneux et la journaliste Caity Weaver, que le président Trump et son ancien meilleur conseiller Elon ont eu raison de contraindre le Secrétariat au Trésor de trouver une solution légale pour suspendre la fort coûteuse frappe de pennies inutiles : trois fois leur valeur faciale en coût, des milliards de ces pièces dans la nature, des citoyens qui ne les utilisent pas alors que les commerces doivent leur rendre la monnaie eu cent près.

Ainsi, dans un long article pour The Atlantic du seize novembre 2025, Caity Weaver a fort raison de dire que les pièces d'un cent sont des détritus sans aucune valeur autre que de nuisance, faute d'avoir su interpréter la section 5111 et 5112, titre 31 du Code des lois des États-Unis d'Amérique, qui semble pouvoir autoriser les quantités de pièces que le Secrétaire au Trésor peut commander.

Sauf que, depuis l'annonce de la non commande de cette valeur, la réalité légale se rappelle à beaucoup : dans la plupart des cinquante États, le District de Columbia et les Territoires (Porto-Rico, Guam,...), voire dans les règlements urbains, les commerces sont toujours dans l'obligation de rendre la monnaie au cent près en cas de paiement en espèces... mais, désormais, la Réserve fédérale ne distribue que les stocks restants de pièces d'un cent qui atteignent déjà la pénurie régionale par endroits.

Weaver de constater qu'en fait, l'Administration Trump par son Secrétaire au Trésor n'a rien prévu en lien avec la fin des frappes de ces pièces !

L'article de la Wikipédia en anglais signale cet amateurisme en listant des articles de médias à partir de novembre, et des - enfin - premières réactions d'élus des chambres législatives fédérées mi-décembre. Des commerces arrondissent ou tronquent la somme à régler par les clients, mais juridiquement sans droit, et, le faisant sûrement à l'avantage du client, en perdant de l'argent (un cent fois combien de millions de transactions ?).

Weaver raconte comment le gouvernement fédéral canadien a stoppé la fabrique de pièce d'un cent en 2012, et lancer la lente procédure de leur disparition sans heurts pour les consommateurs : large communication, règle officielle d'arrondi en l'absence de ces pièces, droit de recyclage des métaux par la Monnaie royale canadienne, etc. En conséquence, au Canada, la récupération du cuivre et de l'acier a permis de compenser le coût du transport des pièces, de les reprendre à leur valeur monétaire d'un cent, et de limiter le désastre environnemental de leur dispersion comme déchets domestiques.

L'environnement... La journaliste, qui a vraiment travaillé son sujet, a découvert le problème dramatique du choix du zinc dans la pièce états-unienne : très peu de valeur en recyclage faute d'offre, hautement difficile à séparer du cuivre, mais au moins le zinc des pièces est bien moins toxique à récupérer que de produire du zinc depuis une mine.

En 2019, l'United States Government Accountability Office, agence indépendante de conseils et d'audit du Congrès fédéral, avait publié un rapport d'alerte, avec les banques témoignant, sur ces questions d'éducation du public, de gestion des conséquences de la fin de la frappe,... ni - je rajouterai - comment rendre populaire l'usage des pièces de monnaie dans une population accroc aux billets de banque et à la carte de paiement différé.


Même non frappé, les pennies vont rester un coûteux problème américain très longtemps.

vendredi 2 janvier 2026

Point de Trump, mais un anniversaire très... WASP.

Le douze décembre 2025, l'United States Mint a annoncé les faces des différentes pièces de circulation ou commémoratives commandées par une loi du Congrès pour le deux cent cinquantenaire anniversaire de la Déclaration d'indépendance de treize colonies britanniques en Amérique du Nord, le quatre juillet 1776, formant dès lors la république des États-Unis d'Amérique.

La description complète des pièces, artistes inclus, se retrouve actuellement sur la partie communication du site web de la monnaie états-unienne.

La pièce de dix cents (en haut à gauche) et les cinq pièces de vingt-cinq cents de circulation de l'émission des deux cent cinquante ans de la déclaration d'indépendance (site web de l'U.S. Mint).

Comme je le pensais, l'annonce en octobre du portrait de l'actuel président sur une de ces monnaies par un des officiels du Secrétariat au Trésor était bien de la brosse à reluire... enfin, espérons, tellement peut se produire en ces temps étranges.

Par contre, le choix des personnages et des événements sont très coloniaux, blancs anglo-saxons protestants (WASP).

Les cinq quarters parcourent une partie du « roman national » : en démarrant avec le Mayflower Compact de 1620 signé par une partie des colons fondateurs de la colonie de Plymouth, devenu le Massachusetts, les fameux passagers du Mayflower. Suivent George Washington et la Guerre révolutionnaire, Thomas Jefferson et la Cloche de la liberté pour la déclaration d'indépendance, James Madison et l'Independence Hall de Philadelphie pour la Constitution.

Si la population originelle du continent se retrouve sur les autres pièces du programme numismatique officielle, les anciens esclaves et leurs descendants peuvent se retrouver dans la cinquième pièce à l'effigie du président Abraham Lincoln... mais pour le discours de Gettysburg de 1863, lors de l'ouverture du premier cimetière militaire de l'Union. Celui sur la nécessité de poursuivre la guerre pour concerner une union fondée sur la liberté et la démocratie décrite comme « le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

La pièce de circulation de cinq cents et les deux pièces de collection de cinquante cents et d'un cent (site web de l'U.S. Mint).

Le nickel de cinq cents suscite aussi le débat sur ce que cette émission commémore de deux cent cinquante ans de république états-unienne. Thomas Jefferson est bien un des Pères fondateurs de l'indépendance et des premières décennies du pays neuf et les deux faces de la pièce sont celles utilisées, repensées, regravées depuis 1938.

Cependant, représenter Monticello, le bâtiment principal du maître d'une plantation esclavagiste en 2026... Certes, il semblerait que Jefferson ne fut pas le plus mauvais, que l'existence même de l'esclavage dans les États du sud rendait sa prolongation nécessaire à la survie de la nouvelle Union,... et je ne suis pas citoyen des États-Unis.

Même de circulation, les images de la pièce de cinq cents et sa description cryptique sur le rôle de Jefferson et le lieu Monticello semblent indiquer un souci chez les communicants de l'U.S. Mint.


Le dime de circulation et le half-dollar de collection sont allégoriques.

Pour la première, une Liberté guerrière au bonnet phrygien aux étoiles et rayures du drapeau des États-Unis est accompagnée de l'Aigle portant des flèches.

Pour la seconde, le cadeau de la France pour le centenaire de l'indépendance fait une apparition fort vivante sur une face, puis tend la flamme de la liberté à une main enfantine, la génération suivante.


Pour clore ce programme-anniversaire, le cent revient malgré la suspension de sa frappe en 2025 en raison du coût du métal et du manque d'appétence des habitants pour les pièces de monnaie.

Seulement, les collectionneurs étant un marché : les derniers cents frappés le douze novembre 2025 à Philadelphie et Denver portent une marque spéciale, et les sets à venir devraient comprendre le cent, même s'ils n'auront plus valeur d'usage.

Pour 2026, la pièce au président Lincoln et au blason de l'union fédérale revient avec, comme toutes ces pièces, le millésime « 1776 - 2026 ».


Selon le calendrier de l'United States Mint, les pièces anniversaires vont être mises progressivement en circulation à partir de février 2026.

Pour les autres citoyens du pays, il faut se tourner vers le dollar de la série Native American en janvier (Polly Cooper, une Oneida, qui nourrit une troupe rebelle en 1778)... et c'est tout. Entre les monnaies en argent et en or, et celles consacrées à la coupe du monde de football, plus de place au-delà de la série des présidents.

mercredi 8 octobre 2025

Brosse à reluire trumpienne au Trésor des États-Unis

 Le culte de la personnalité se poursuit aux États-Unis d'Amérique avec, vendredi trois octobre 2025, la diffusion par le Département du Trésor d'un projet (j'espère pas le seul en étude) pour la pièce commémorant les deux cents cinquante ans de la déclaration d'indépendance du quatre juillet 1776.

Cette pièce d'un dollar, prévu pour 2026, est une commande passée par une loi du Congrès de 2020.

Les informations de base ont été diffusées, vendredi soir heure de New York par l'agence Reuters, avant que des journaux télévisés consultent des spécialistes en politique et en numismatique.

Profil présidentiel empêchant de lire le mot "Liberty"... (Département du Trésor des États-Unis, via l'Australian Broadcasting Corporation).

La face commémorative « 1776-2026 » choisit en toute modestie et illégalement le profil de l'actuel président Donald Trump... alors que la loi de 2020 annonce bien que la pièce ne doit pas représenter de personne morte, portrait de tête ou coupé aux épaules, ni de buste, ni de personne vivante.

Donald Trump survivant à une tentative d'assassinat : deux cents ans de la République états-unienne... Et bin(Département du Trésor des États-Unis, via l'Australian Broadcasting Corporation).

Les journalistes de Reuters s'interrogent donc si le côté pile, portant la valeur, sur lequel est représenté comme lorsqu'il s'est relevé poing tendu et criant "Fight!", après avoir touché par une balle lors d'un attentat, le treize juillet 2024.

...

Deux cents cinquante ans d'indépendance, de discours sur la liberté, de Destinée manifeste, de lutte pour rendre égaux en libertés tous les habitants du pays, de modèle imposé au monde de liberté principalement économique et commerciale au profit des acteurs capitalistes et financiers états-uniens...

... pour cet épisode-là.

Certes, l'actuel Trésorier des États-Unis a posté ce projet sur le réseau social X pour signaler que l'actuelle extinction des services publics fédéraux, en raison d'un conflit budgétaire au Congrès, empêche la poursuite des travaux sur cette pièce commémorative.

Rien n'est montré des autres projets.

Brandon Beach, un de ceux qui ont tenté de modifier les résultats présidentiels de son État en 2020, se rappelle-t-il ainsi son allégeance sans faille ?


Hélas, le précédent de 1976 - sous le républicain Gerald Ford - est là. La pièce du bicentenaire s'inscrit au moment où la pièce d'usage courant d'un dollar porte depuis 1971 - Nixon... - l'effigie du président Eisenhower. C'était alors la première fois qu'un président avait cet honneur.

Et donc, la Liberty Bell sous une Lune, souvenir du premier pas de l'Homme, voisinait avec le défunt chef de l'État.

Les pièces de monnaie étant quasiment pas utilisées aux États-Unis, la population préférant les liasses de billets... Une militante du droit de vote des femmes, puis les figures indiennes du dollar d'usage courant sont ainsi peu connues, les pièces présidentielles et, actuellement, sur les innovations, ont des tirages limités aux collectionneurs, les stocks de circulation ayant eu tendance à s'accumuler à l'U.S. Mint.


Les années 2020 semblent bien longues à se dérouler.


Complément du samedi vingt-deux novembre 2025 :

Le magazine numismatique états-unien COINage reproduit, dans son numéro daté décembre 2025-janvier 2026, cinq projets pour le quart de dollar à venir pour les deux cent cinquante ans de l'indépendance des États-Unis d'Amérique en 2026.

Cinq projets pour le quart de dollar prévu pour 2026 (Citizens Coinage Advisory Committee via le magazine COINage daté décembre 2025-janvier 2026).

Ils proviennent du Citizens Coinage Advisory Committee, une instance consultative créée en 2003 pour relier le public et l'émission des monnaies des États-Unis.

Le chercheur numismate et membre du CCAS, Dennis Tucker, raconte dans l'article la chronologie de l'émission à venir, depuis la loi de 2020 promulguée en janvier 2021, et, notamment, l'appel à projets citoyens dans le dernier trimestre 2023. Plus de quinze mille réponses, dont les cinq ci-dessus.

On peut toujours craindre le pire, mais au moins, cette publication rappelle que le processus reste sérieux et, normalement, en dehors des mains des fanas trumpistes.

lundi 23 novembre 2015

Marronnier de zinc saucé au cuivre

... ou d'acier saucé pour la recette britannique qui a influé sur la recette €uropéenne.

Le marronnier journalistique de l'élimination de la plus petite pièce de monnaie en usage dans le pays revient régulièrement comme hier soir, dimanche vingt-deux novembre 2015, contre le centime de dollar des États-Unis dans l'émission humoristico-intelloremuante Last Week Tonight présentée sur HBO par John Oliver.
Capture d'écran : l'émission poste le monologue thématique de l'émission sur youTube (HBO est une chaîne à péage).
Tel un marteau-pilon qui frappe incessamment jusqu'à ce que l'empreinte ait marqué, une émission de plus a expliqué au public pourquoi il faut cesser la frappe courante de la pièce de one cent à l'effigie du président Abraham Lincoln.

Les arguments sont les mêmes que pour les pièces d'un et deux centimes d'euro, jamais émise par la Finlande en 2002, et cessée rapidement par les Pays-Bas et la Belgique, et désormais l'Irlande. Dès l'émission de l'euro fiduciaire, les deux premiers et, ces deux dernières années pour les deux derniers, le montant total payé en billets et monnaie est arrondi au multiple de cinq le plus proche.

Le coût de production de la pièce est supérieure à sa valeur faciale ; certes, mais ça reste de la valeur marchande... Non pour les citoyens remontrés par John Oliver à partir de deux exemples de reportages-marronniers des chaînes locales : le reporter jette des cents par terre dans la rue et... PERSONNE ne les ramasse, voire affirme un refus.

Dans un sondage, en 2002, Gallup se vit répondre par deux pour cents des sondés qu'ils jetaient les pennies à la poubelle... Émission satirique oblige, d'autres exemples d'usage volontaire ou pas sont présentés : [auto-censure, pas si prêt du petit-déjeuner ou du dîner selon votre fuseau horaire], étudiant payant en pennies onze mille dollars d'amende pour mauvais stationnement dans son campus et un toutou qui a englouti une centaine thésaurisés en bocal par son maître.

Après l'annonce irlandaise, le buzz médiatique a repris en France entre interrogation dans le vide (Fortuneo qui rappelle que le Parlement n'a pas été saisi par le gouvernement) et avertissement au lecteur : vos centimes d'euro valent de l'or... C'est connu que les spéculateurs de monnaie monégasque, capable de créer une remuade en pleine principauté, vous ont laissé un centime de Monaco sans trace d'usure dans le porte-monnaie.

Les craintes sont des fantasmes tant que l'unité retirée est minime face aux aléas économiques qui influent sur les prix, comme le rappellent l'histoire du retrait de la pièce d'un demi-penny au Royaume-Uni en 1984. En un an, le taux d'inflation de cinq pour cent monte à six puis revient à la situation antérieure.

Aux États-Unis, reste deux points que les €uropéens n'auront pas avec les centimes d'euro : le premier est la crainte d'effacer la mémoire d'Abraham Lincoln, la figure de l'abolition de l'esclavage dans l'esprit collectif. Oliver de conclure : mais Lincoln est partout ! Sur une montagne et le billet de cinq dollars, cinq cents fois plus que le penny!

Le second est le lobbying d'une entreprise de zinc qui fournit les disques de base... Oliver liste l'ensemble des filiales du groupe, prouvant qu'elle peut développer d'autres secteurs zingueux dont les bijoux-fantaisie.

Je n'ai rien trouvé sur l'envie de retrait du penny britannique, sauf une banque qui propose gracieusement un service fort utile : la Magic Money Machine de Metro Bank compte votre monnaie et vous repartez avec de légers billets de banque.

Vu le contexte français, nulle abolition à venir : allez disperser vos centimes là où ils sont bienvenus, comme le marché du village et du quartier, le pharmacien, etc. ou dévisser les vis de blocage de certains appareils électro-ménagers, garder à l'heure les pendules d'antan.

dimanche 8 novembre 2015

Stephen Colbert s'amuse de la billetophilie

Dans son émission The Late Show du mardi trois novembre 2015, l'humoriste Stephen Colbert a présenté tout en amusant son public de la collection des billets de banque selon leur numéro de série.
Après une longue introduction sur le papillonnage sur internet... le quart d'heure de gloire pour un site de passionnés (capture à partir de youTube - CBS).
L'extrait est visible sur youTube, posté par la production de l'émission diffusée sur CBS depuis septembre dernier.

Dans le sketch concerné, il rappelle les atouts et contraintes de « l'infinet » : tout se trouve sur internet - comme la teneur en vitamine C des fruits qui poussent à Hawaï - mais en faisant oublier à l'utilisateur ce qu'il était parti chercher au départ.

Ce qui ressemble à mon hier matin de recherche d'un sujet d'article jusqu'à une révélation belge.

Ainsi, d'un fil de discussion sur les forums Reddit l'a amené vers une image stockée sur Imgur et enfin vers un site d'information de Floride, il a découvert le site CoolSerialNumbers.com, dédié aux collectionneurs de billets de banque états-uniens au numéro de série numériquement particuliers : voir la liste sur ledit site.
Attention, la fusée de la dérision est en cours de montage... Le trop plein de sérieux va entraîner quelque chose de drôlissime (capture à partir de youTube - CBS).
Le site est présenté sérieusement tout en moquant les spectateurs qui, à l'annonce que le billet d'un dollar au septuple 7 est vendu deux mille cinq cents dollars sur le site, se sont jetés sur leur porte-feuilles pour une recherche intensive en regrettant d'avoir été si généreux avec les danseuses, le week-end précédent.

Colbert remercie le webmestre du site de rappeler « qu'on peut devenir riche en collectionnant de l'argent »... mais que lui préfère « collectionner les numéros de série des cartes bancaires des autres ». Et là, le festival commence.
Deux splendides exemplaires de la collection de Colbert (capture à partir de youTube - CBS).
Car Stephen Colbert est lui-même un collectionneur : pour trois mille cinq cents dollars, une rare impression à l'envers du billet d'un dollar et une pièce unique d'un Andrew Jackson émotif dont le visage plié change selon l'inclinaison pour un modeste million de dollars.
Un billet dessiné, pièce d'humour autant qu'avertissement aux nouveaux amateurs (capture à partir de youTube - CBS).
La moquerie avertit ainsi discrètement les nouveaux collectionneurs contre les présentations fantasques que certains vendeurs emploient sur internet pour se débarrasser à bon prix de billets normaux voire de faux.

Mille dollars pour un rare Washington au bandeau de pirate que les philatélistes identifieront à de nombreuses impressions par ordinateur de surcharges et d'oblitérations frauduleuses.

Finalement, qu'en pensent les intéressés : collectionneurs et webmestre de CoolSerialNumbers.com ? Retrouvés sur un forum de discussion toutes collections, ils sont très amusés et heureux de l'éclairage sur leur loisirs. Le site explose son attractivité en passant de quelques centaines à quelques milliers de visites quotidiennes, mais pas encore de ventes supplémentaires.


The Late Show with Stephen Colbert mêle, avec humour, sketches, critique de l'actualité et entretien avec scientifiques, écrivains et stars - voire politiciens inconscients - tous les soirs de semaine sur CBS. L'émission satirique précédente de Colbert sur Comedy Central est encore visible sur l'Infinet : il y interprétait une caricature de journaliste républicain version teapartyste.

jeudi 22 octobre 2015

Une comédie musicale pour sauver le billet de dix dollars

Le numéro du premier août 2015, un article de l'hebdomadaire The Economist débute par la première phrase de la comédie musicale en rap consacré à la vie de Alexander Hamilton, un des Pères fondateurs des États-Unis d'Amérique : « Comment un bâtard, orphelin, fils de pute et écossais, déposé au milieu d'un coin oublié des Caraïbes, dans une providentielle misère crasse, est-il devenu un héros et un érudit ? »
Actuel billet de dix dollars depuis 2006, portait d'après la peinture de John Trumbull (uscurrency.org).
Diantre, que d'énergie dans ce projet de Lin-Manuel Miranda de 2009 - cette chanson d'ouverture jouée à la Maison Blanche... - et joué depuis 2013, mais avec un succès off- puis on-Broadway depuis cette année. Le succès est grand d'ailleurs : les séances à guichets fermés se multiplient et celle du lundi deux novembre est privatisée pour une levée de fonds du Parti démocrate avec le Président Obama dans l'assistance.

Premier effet de l'article : s'intéresser à Alexander Hamilton, un des premiers constitutionnalistes des États-Unis naissants, le premier Secrétaire au Trésor du pays sous Washington.

Deuxième effet : pourquoi ce revival alors que d'habitude George et Benjamin suffisent largement ? Au moins pour les Français.

Parce qu'Hamilton est sous la menace de tomber dans l'oubli : à part Necker, qui peut citer les ministres de Louis XVI avant les États généraux ? Hamilton est retenu car il aparaît sur les billets de dix dollars depuis 1861. L'article de la Wikipédia en anglais sur ce billet signale qu'il est aussi l'un des quatre représentés qui n'est pas né aux États-Unis, mais le seul à l'être quasiment en permanence.

En effet, depuis quelques temps maintenant, l'United States Treasury a lancé une consultation publique sur le prochain billet de dix dollars et il semble que la présence - enfin - d'une femme soit garantie. Et les candidates ne manquent pas.

Pour The Economist, les admirateurs du natif de Nevis (la sœur de St. Kitts) signalent que le rustre Andrew Jackson pourrait laisser sa place sur le billet de vingt, les autres personnalités de l'Indépendance (Washington, Jefferson et Franklin) et de la guerre de Sécession (Lincoln et Grant) étant intouchables.

Ce qui est sûr, comme le pense son personnage dans la pièce, le vice-président Aaron Burr ne devrait jamais avoir cet honneur : suite à une incendiaire campagne gouvernorale à New York, en 1804, Burr provoque et tue le trop critique Hamilton en duel, acte illégal qui met fin à sa carrière politique.

En 2020, le nouveau billet de dix sera mis en circulation. Hamilton y apparaîtra-t-il encore ? Restera si non une comédie musicale.

mercredi 30 avril 2014

Mao président des États-Unis, il y a un an

Il y a un an, avec l'édition du 30 avril 2013 en vente dès le 29 midi dans les grandes villes, le supplément économique et entreprises du journal français Le Monde devenait quotidien - et dispose d'une partie dédiée sur le site -, comme Le Figaro sans la couleur saumon.

Scan extrait d'une pleine page de publicité parue dans l'édition datée du 30 avril 2013.
Pour le faire savoir, l'agence Publicis Conseil a créé un billet nostradamusien ou uchronique selon comment le lecteur considère l'évolution du système économique mondial, de plus en plus soumis à de grands coups de barres des places financières : le camarade Máo Zédōng (prononciation) sur un billet de un dollar en lieu et place du premier président des États-Unis, George Washington.

(domaine public : création du Gouvernement des États-Unis)
La publicité aime à heurter ce que nous savons et vivons avec ce que nous ne savons pas ou refusons de voir des situations de notre monde actuel : une hyperpuissance capitaliste dépendant financièrement d'une puissance émergente dictatoriale, mais non seulement la première peut toujours dissoudre sa dette d'un claquement de doigt, et la seconde dépend petit à petit du comportement de ses classes sociales émergentes au risque du conflit social envers les rouages de l'État-parti aux revendications syndicales en passant au risque de surchauffe de la croissance et des prix quand un milliard de Chinois consommeront ce qu'ils exportaient précédemment...

Mais entre prédiction ou histoire alternative, il faudra patienter tout en agissant et donc changer l'avenir.

C'est toujours plus optimiste qu'un billet de cent dollars à l'effigie du Führer... et que le devenir d'autres rubriques et suppléments du même journal qui ont disparu depuis un an : chroniqueur environnement écarté (?), supplément géopolitique baladé du dimanche qui me convenait au jeudi avant d'être enterré.

vendredi 24 février 2012

Numismatique uchronique pour The Man in the High Castle

Après un article sur les timbres-poste des couvertures de romans uchroniques, voici un billet de banque.

La nouvelle traduction française de The Man in the High Castle de Philip K. Dick (1962) est publiée, ce mois de février 2012, par l'éditeur J'ai lu et la traductrice Michelle Charrier. D'après quelques critiques, la traduction suit mieux le style originel de l'auteur états-unien

Adolf Hitler est représenté, regard vers l'avenir, sur un billet de cent dollars des États pacifiques d'Amérique. Les forces de l'Axe ont vaincu l'URSS et les États-Unis et se sont partagés le pays. Les EPA étant le satellite de l'Empire japonais. Les États des Rocheuses, un État à la merci des deux puissances. À l'Est, seulement évoqué par des rumeurs, les nazis y imposent leur régime et l'extermination des juifs.

Le lecteur suit plusieurs personnages des deux premiers États. À San Francisco, un agent allemand, se présentant comme un commerçant suédois, est reçu par un collègue japonais qui lui présente un antiquaire qui essaye de survivre en vendant des souvenirs de la grandeur des États-Unis. Dans les Rocheuses, une femme croise la route d'un vétéran devenu camionneur. Tous ont en commun l'utilisation du Yi Jing pour déterminer leurs actions à venir et la lecture d'un captivant roman qui raconte comment les Alliés ont gagné la guerre, écrit par l'homme qui vit dans le haut château...

Dans les conséquences imaginées de la Seconde Guerre mondiale, advenue et imaginée, l'idée que le vainqueur impose son système scientifique : Dick développe la fusée comme le moyen de transport intercontinental, et non, l'avion.