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samedi 7 juillet 2018

Chiffon à lunettes spéculatif

Billet d'humour

Non, mais il y en a marre des petits tirages de machins trop chers, achetés par les marchands avant l'ouverture des salons et épuisés à peine le troisième jour entamé : des produits réservés aux vieux retraités franciliens ! Des boursicoteurs !

Certes, plus malins que les clients d'Aristofil, puisque nos philatélistes, eux, centuplent leurs mises dès le dimanche du salon.
Imaginez la cote catalogue reproduite sur ce chiffon à lunettes ! Je vous le propose à seulement dix pour cent de celle-ci, port inclus :)
Bref, qui m'expliquera pourquoi seulement quelques happy few privilégiés de Paris-Philex 2018 ont-ils eu droit à ce chiffon à lunettes décoré d'au moins cinquante euros de faciale de blocs de la CNEP et de la FFAP ?

Les collectionneurs de province n'ont-ils pas droit eux aussi de nettoyer leurs lunettes paraphilatéliquement ? Pourquoi doivent-ils attendre que ces outils indispensables à la vie quotidienne et à la sûreté des achats de Chopin soient mis aux enchères sur internet à vil prix ?

À quand une mise en vente générale dans chaque commerce membre de la CNEP et auprès de chaque association fédérée, non mais ! Il faut des états généraux des presbytes !! Une charte des philatélistes myopes !!!

Je sais néanmoins être raisonnable : avec hypocrisie, comme la plupart des rageux, maintenant que j'ai le mien (merci pour le cadeau) : je m'en fiche, mais le marronnier gueulant d'après-salon étant une figure imposée...

vendredi 27 avril 2018

Sisyphe national et chemins de fer (S.N.C.F.)

La Poste française émet trop de timbres-poste, trop chers, qu'on ne trouve pas partout, au profit des marchands et des spéculateurs parisiens.

...

Voilà, ayant coché toutes les cases du Marronnier φl@télique, passons au dernier épisode de cette série.

Malgré un programme d'émissions bien chargé pour rentabiliser son Paris Philex 2018, deuxième biennale à ce nom, φl@πoste a transmis hier jeudi vingt-six avril 2018 à ses π@rtenaires une nouvelle surprise « hors abonnement » !



En effet, dans le dossier d'annonce initial, il manquait le visuel du feuillet Édouard Vuillard pour amateur de dentelure et de figures géométriques...

... et la Marianne du salon !!!

Deux feuilles de cent exemplaires de la Marianne de la jeunesse de dix centimes et quatre-vingts centimes surchargés aux couleurs de Paris Philex, donc vendus dix et quatre-vingts euros. Et permettant de rééquilibrer graphiquement l'allégorie républicaine.

Champagne !, crie le Directeur φn@ncier de φl@πoste.

Bis !!, accompagnent les marchands et collectionneurs spéculatifs habitués des achats de salon.

Est-ce que recevoir de nouveau du courrier de lecteurs en colère sur ce sujet sera-t-il générateur de pages imprimées dans la presse philatélique et pour quelles conséquences ? Aucune idée.
Les dernières maquettes des émissions Paris-Philex du vendredi huit juin 2018 (via le fil Twitter de la Fédération française des associations philatéliques).
« La Fédération lutte de toutes ses forces pour que de pareilles émissions cessent », pes... poste Claude « Sisyphe » Désarménien.

...

En cette heure grave, peut-être la plus fatidique de notre histoire, pour la seconde fois dans les vies de la plupart d'entre nous, nous sommes en guerre... Euh, je m'égare.

Néanmoins, comme en quarante 2016, deux ans presque jour pour jour après l'émission très limitée du bloc bio Caisse des dépôts et consignation, va-t-il de nouveau y avoir un raid des π@rtenaires de la φl@télie φr@nçaise sur le bureau du Directeur de φl@πoste pour garantir une vente à tous les réservataires membres d'associations fédérées ?

Ou, plus drôle, un grand discours du Désir livchitzien comme pour les quarante ans de l'imprimerie de Boulazac, en 2010 ? Ou de grands silences comme pour le bloc Libération de 2015 ?

De mon côté, je n'espère même plus voir apparaître le carnet de France au tarif Monde, censé être émis fin mars, au Bureau philatélique de Montpellier-Préfecture... et je ne suis pas le seul. Un autre rocher côté timbres d'écriture, Monsieur Livchitz ? Les timbres-φ et les Mariannes ne suffisent plus à la spéculation ?

Évidemment, vous pouvez oublier ce texte : les files d'attente au stand φl@πostal début juin au Parc des expositions porte de Versailles, à Paris, montreront que j'aurai eu tort de ne pas chercher à affronter ou contourner la grève ferroviaire.

mercredi 24 août 2016

Paris-Philex (10) : le livret-programme

Et oui, le dixième article échappait à ma mémoire immédiate à chaque fois que j'envisageai quel sujet pour l'épisode suivant, alors que ce livret distribué à l'entrée du salon a été mon compagnon permanent pendant l'écriture, aussi essentiel que mes notes et mes photographies prises sur place, fin mai 2016.

Malgré un contenu très convenu, mais n'est-ce pas son rôle officiel ?

Les premières pages sont consacrées aux huiles (essentielles ?) avant de se consacrer aux volontaires du comité d'organisation, puis au jury, mais pas avant d'avoir listé tout le « parcours philatélique complet » vendu par le grand financier du salon.

Instrument essentiel du blogueur sans mémoire : la liste des participants du championnat par classe... Étrangement, la liste des donateurs des récompenses est séparée du jury et des participants par le long catalogue des stands ? Et la liste des concurrents par ordre alphabétique repousée à la fin avant les publicités ??

À la quarantième page, enfin, de l'étude philatélique avec Jean-François Gibot et la genèse du mille francs Vue aérienne de Paris. Cela permet d'amener la liste des cadres proposés par les académiciens sur leur stand... et, subrepticement, de placer le bonus des Trésors de la φl@télie 2016.

Dans les pages finales, évacuons l'intrus : Super Victor, mascotte de l'Euro, et ses collectors à gogo déjà imprimés en onzième page. Restent les annonces des événements fédéraux à venir : Timbres Passion à Toul (jeunesse, thématique et polaire) en octobre prochain et enfin l'association volontaire pour accueillir le championnat du vingt-huit au premier mai 2017 : Cholet et sa localisation  sur une carte de France. Et en dernier, la Fête du timbre les huit et neuf octobre.

Pourquoi le conserver ?

La mémoire des participants déjà : compétiteurs, académiciens et autres invités exposants de collections. Iconographie de la promotion des manifestations philatéliques ? Les trois discours inauguraux... Utile pour les historiens de la philatélie organisée pour détecter les évolutions dans les discours officiels et comprendre la transformation des salons φr@nçais en grandes messes biennales et leur échec.

En attendant, merci à Martine Divay pour avoir présidé à son édition. Et hop, aux archives jusqu'au jour où la mémoire aura besoin de se rafraîchir.

mercredi 17 août 2016

Paris-Philex (9) : bilan d'un salon, d'une communication ou d'une mémoire ?

Après six articles sur un nombre minuscule des collections exposées - désolé pour la centaine de personnes non citées et encore plus pour ceux dont j'ai mal décrit les collections -, et un seul sur un seul des marchands présents, il est temps de reprendre le chemin de la réflexion : quel bilan tire-je de Paris-Philex 2016 ?

Claude Désarmémien, président de la Fédération française des associations philatéliques, avait clamé que tous clamaient que c'était un succès en introduction d'une page de photographies... Il est plus modéré, mais tout aussi satisfait dans l'éditorial imprimé du numéro 671 de juillet-août de La Philatélie française.

Pour un salon-exposition de quatre jours et quinze mille visiteurs (d'après Timbres magazine de juillet) organisé par les partenaires de la φl@télie dans la capitale de leurs sièges et principaux membres, ça me paraît de loin un minimum... malgré les caprices du financier postal - qui a sûrement mieux rentabilisé quatre jours qu'un salon international de dix - et des syndicats ferroviaires et raffineurs de pétrole.

Néanmoins, les propos présidentiels me font revenir au questionnement initial de la série d'articles... Oui, certes, j'ai tort, Claude a raison :)

Mais surtout : qui parle de ce salon ? L'expérience vécue se suffit-elle à même ?

Non, le but n'est pas de jeter la pierre et des rochers sur les bénévoles de la Fédération. Je ne peux cacher mon étonnement : l'introduction en page d'accueil de ffap.net et le reportage photographique de M. Désarménien ont disparu corps et âme dans les tréfonds du site, voire ont atteint les limbes du web. Aujourd'hui, mercredi seize août midi, pas de dossiers photos pour 2016 en suivant le chemin le plus logique...

Internet et la philatélie associative, c'est difficile : des petits blogueurs qui bricolent beaucoup sans être massivement lus, des associations importantes qui développent des sites professionnels sans l'armée de dactylos et d'informaticiens pour le maintenir, et une Académie de philatélie qui n'a remis qu'un seul prix internet depuis 2002 (Celui-là, il ne mérite pas ? Et par là, c'est primable ?).

Non, depuis le mercredi vingt-cinq mai, il ne reste que le résumé de l'« émission du désir » épuisé et des photographies dans les numéros d'été des mensuels français. Pour le direct, les articles de Pierre Jullien sur son blog hébergé par Le Monde sont bien isolés : aucun retour d'expérience des visiteurs sur leurs blogs ou les forums qu'ils fréquentent.

Ai-je tort de porter tant d'importance à la mémoire d'un salon et des collections en compétition ?

Dois-je aller relire le dernier compte-rendu « comme d'hab, rien de nouveau » sur un blog que je suis régulièrement ? Le relire avant et après chaque salon, à la création et à la publication de chaque article de ce blog, à chaque émission de φl@poste (ça sent le par cœur en un mois lol) pour que mon étrange envie de savoir « Comment on fait les expos ? » disparaisse.

Ce serait fort dommage pour les collectionneurs-compétiteurs, les jurés et les visiteurs curieux.

J'ai dû passer environ neuf heures devant les cadres de l'exposition, à lire, essayer de comprendre, photographier ce qui me paraissait sur le moment intéressant à retenir ou mémorable à terme pour mes besoins philatéliques.

Au bout de trois mois, huit articles et, compréhension tardive de certaines choses, un passage dans une certaine bibliothèque londonienne, c'est le triple qu'il m'aurait évidemment fallu avec, à ma disposition, les collectionneurs, leurs ouvrages de référence, un scanner professionnel, un bureau, une chaise de bureau tout confort, ordinateur, papier-stylo et un éclairage adéquat... Le tout imprimé en couleurs et reliés, et livrés un mois avant le salon que je révise...

Tout le contraire d'une exposition philatélique normale tout en verticalité de quatre rangées allant de trop bas à bien trop haut et s'étalant en kilomètres horizontaux zigzagant.

Existe-t-il un marché pour un ouvrage reproduisant les collections primées d'une exposition (grand or et or, voire les prix spéciaux) ? Au moins un livret résumant celles-ci, reproduisant les pages d'introduction et ce qui serait la ou les pièces les plus didactiques, rares,... Qu'en sais-je, je ne suis pas collectionneur exposant, moi !

Est-ce pour cela, pour Paris-Philex comme pour New York d'ailleurs (un exemple australien), que la communication des organisateurs et de la presse spécialisée se limite aux acteurs souriants d'en être, au bilan des bonnes ventes et des pièces rarissimes - New York avec son Inverted Jenny vendu et son Inverted Jenny retrouvé ! - et pas le contenu des collections exposées, ni leur évaluation par le jury ?

Vouées, comme les résultats des championnats d'honneur régional de sports collectifs, à l'oubli, sauf dans la mémoire de l'exposant fier d'avoir atteint ce niveau...

...

Oh ! Une idée me vient : les souvenirs d'un compétiteur philatélique, voire d'un visiteur, peuvent-ils constituer une collection ?

Depuis le vendredi premier juillet et jusqu'au lundi trente-et-un octobre, l'équipe du musée de la Royal Philatelic Society London expose la collection de souvenirs divers que Francis Kiddle, disparu en octobre 2015, a conservé des Congrès philatéliques britanniques, incluant ses médailles...

La même équipe qui a choisi les expositions philatéliques comme un des cinq axes de conservation de leur travail. Un espoir ?

Prochaine réflexion sur ce sujet avec l'exposition Fête du timbre de Montpellier les huit et neuf octobre ? Est-ce vraiment déjà le dernier article sur Paris-Philex 2016 ?

Je n'évoque même pas le grand secret médiatique entourant désormais le Concla... Congrès fédéral depuis l'année dernière. Volontaire pour éviter de laver le linge sale en public, notamment quand les présents battent au savon noir le costume du Directeur de φl@poste alors qu'il le porte encore ? Ou manque de moyens techniques et humains ?

Notes du mercredi vingt-six octobre 2016 :
J'ai pu ajouter le lien vers le reportage photographique de Claude Désarménien qui avait disparu dans le site fédéral sans être lié quelque part de retrouvable. Le lien est revenu sur la page d'entrée pour signaler la vidéo de Vincent Lourdin résumant exposition et congrès (le jeu : deviner les grands thèmes abordés par les morceaux de phrases audibles dans les pauses musicales).

dimanche 14 août 2016

Paris-Philex (8) : Guerres, conséquences et cartographie

Après colonisation et mondialisation, ce sont les Guerres mondiales et leurs conséquences qui ont intéressé les compétiteurs du championnat national à Paris-Philex, en mai 2016. Ici, je m'intéresserai principalement à deux collections sur les effets et conséquences de la Seconde Guerre mondiale, avant quelques commentaires de collections sur celle qui aurait dû être « la der des ders ».

Un cadre sur trois jours de l'histoire postale française en Allemagne occupée
Toujours dans les soucis monétaires de l'après-guerre, Alain Milone a trouvé un sujet qui ne peut tenir qu'en un cadre puisque l'épisode en question a duré trois jours, quatre avec l'exemple illustré en photographie ci-dessous.
Lettre du vingt-quatre juin 1948 : trop tard pour écouler le stock de timbres en « anciens pfennigs » (collection Alain Milone, Paris-Philex 2016).
Comme il est expliqué dans une longue introduction illustrée de pièces philatéliques et postales - car il faut bien justifier du cadre unique et... remplir ce cadre, les effets de la réforme monétaire allemande de 1948 en zone d'occupation française est un sujet qui débute le lundi vingt-et-un juin et se termine avec la dernière levée du mercredi vingt-trois !

Moins graves que le blocus de Berlin sur l'ordre de Staline qui s'oppose à l'unification monétaire des zones occidentales d'occupation, furent tout de même les aléas de la poste en Bade, Württemberg-Hohenzollern et Rhénanie-Palatinat (pas la Sarre, vieille envie d'annexion française, qui utilise le franc français).

Les timbres sont réémis le lundi pour correspondre à la nouvelle devise, le Mark. Mais, une tolérance est mise en place pendant trois journées : les anciens timbres peuvent être encore utilisés, seuls ou en complément des nouveaux timbres, à un dixième de leur valeur faciale.

D'où une collection plaisante et colorée de petits timbres de trois Länder avec calculs. Légende signalant une lettre commerciale pesante suraffranchie de timbres promis à la démonétisation le jeudi matin. Ou, comme ci-dessus, le postier isolant huit anciens timbres ce jeudi-là pour obliger l'expéditeur a acheté deux nouveaux timbres, les seuls désormais valables.

Grand argent et soixante-dix-huit points pour Alain Tirone, par ailleur le monsieur communication et informatique de la fédération depuis l'année dernière.

Comment traverser un océan en guerre ?
Suite à la mise en place des lignes aériennes d'Europe vers le reste du monde pendant l'entre-deux-guerres (relire l'article précédent), Patrice Trzeciak s'interroge sur la traversée de l'océan Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale : censures, routes à reconstituer au gré de l'évolution des événements militaires, notamment les déclarations de guerre qui s'étalent tout le long du conflit selon l'intérêt des États et des colonies. D'où le plan à la fois chronologique et par services.

Admirable est d'abord dans la présentation de M. Trzeciak est le respect des sources et du lecteur curieux : la première page comprendre une bibliographie. Mieux encore, la carte utilisée en page deux pour localiser les lignes évoquées voit son fond de carte correctement attribué.

En effet, dessiner une carte, en décalque à la main voire à l'ordinateur, est difficile, mais en trouver une dans un livre ou sur internet et ne pas en indiquer la provenance ! Cela donne, dans plusieurs collections écrites en français, des cartes en anglais, en allemand ou en polonais sans en expliquer la raison. Pour peu qu'un des jurés a été formé à la recherche, combien de petits points perdus en deux premières pages ?
De Curaçao pour le Royaume-Uni en remontant la FAM22 par les censeurs néerlandais locaux, britanniques à Trinidad et Tobago et états-uniens à New York (collection Patrice Trzeciak, Paris-Philex 2016).
J'ai gardé en mémoire les enveloppes des Caraïbes se cherchant un chemin vers l'Europe déchirée.

Évidemment en quelques mois, je regrette de ne pas avoir lu, photographié et pris abondance de notes sur cette collection : depuis mars, j'ai une curiosité pour l'Afrique de l'Ouest britannique, notamment les liaisons aériennes connectées à la FAM22 depuis Bathurst (l'actuelle Banjul, capitale de la Gambie). En effet, dès mes achats à Paris-Philex, sans le savoir, une lecture complète me serait grandement utilé aujourd'hui. La lecture de Cameo du West Africa Study Circle aidera sûrement.

Pour cette belle collection d'aérophilatélie, M. Trzeciak a reçu une médaille vermeil... Et là, je souhaiterai vraiment que se pose la question du commentaire sportif en philatélie compétitive.

Centenaire de la Grande Guerre : de multiples sources d'inspiration
Pour aller vite car les années 1930 à 1950 m'intéressent davantage que les pourtours ayant causé la Grande Guerre, il faut saluer l'inventivité et la créativité des collectionneurs de cette dernière.

Jean-Luc Flaccus et les postes des villes polonaises : les municipalités d'une Pologne dépecée entre ses voisins autrichiens, prussiens et russes ont été occupées par la puissance rivale ou isolées par les manœuvres des différents épisodes. Dix villes, des timbres et des cachets postaux parfois éphémères, souvent sommaires pour pallier à l'urgence, voire marquer une revendication future d'indépendance.

M. Flaccus est méritant de rendre intelligible le contexte à partir de sources en allemand et en polonais, même si la carte choisie aurait besoin d'une source et d'une légende, à défaut d'une version française : quelles sont les frontières internationales et intérieures allemandes, autrichiennes et russes si une légende ne présente pas les différentes lignes ?

Une médaille d'argent en philatélie traditionnelle sur un sujet où la recherche des courriers ne doit pas être facile.

Prix de la surprise pour moi et prix spécial du jury : Raymond Loëdec en histoire postale avec « La Guerre à l'Ouest 1914-1918. Les îles dans la tourmente » ou comment les îles du littoral atlantique, leurs garnisons et leurs habitants ont vécu la guerre.

Grand vermeil avec quatre-vingt-huit points, trois points de plus qu'au championnat de France de 2014, mais sept par rapport à 2015 et l'étrange score obtenu à l'exposition de Çannakale de mars 2015, lors du centenaire de la bataille des Dardanelles, en Turquie.

Un peu de fiscal et de hors les murs : l'Alsace
En conclusion, pourquoi les guerres mobilisent-elles autant les collectionneurs ?

Car les opérations même provoquent des actes postaux entre les militaires et de leurs familles (voir la collection d'Emmanuel Le Becque et la poste d'étapes allemandes dans le Valenciennois). Les occupations et annexions pendant et après le conflit crééent de nouveaux pays ou régions philatéliques, des changements politiques autant que monétaires et administratifs que les timbres et les courriers portent sur eux.

Et que dire si on commence à lire les courriers ou à rechercher qui étaient les expéditeurs et les destinataires...

En France, une région a vécu ces effets délétères des guerres : les départements d'Alsace-Lorraine.
Lors de l'exposition Frontières, deux affiches de propagande se répondent, la flèche de la cathédrale de Strasbourg en arrière-plan (affiches allemande de 1940 et française de 1945, collections du Musée de l'Armée Invalides, exposition temporaire au Palais de la Porte dorée, novembre 2015-juillet 2016).
Une des sous-parties de l'exposition Frontières au Palais de la Porte dorée, déjà évoquée en marge de ma visite de Paris-Philex, était consacrée à la frontière franco-allemande de 1870 à 1945, dont faisaient partie les deux affiches rassemblées sur le montage ci-dessus.

L'affiche initiale a servi à la propagande anti-française des autorités nazies, de retour en Alsace. Son auteur a raconté sa version des faits par écrit pour les différents dépôts d'archives alsaciens et finalement, au quotidien L'Alsace le sept mars 2015. Ou comment un devoir artistique devient la catastrophe d'une vie pour une famille. La réponse française est placardée en 1945.

À la porte de Versailles, c'est Edmond Andrau, spécialiste des colis postaux, qui illustre, en philatélie fiscale, l'un des changements de souveraineté en Alsace avec les « bulletins d'expéditions de colis postaux d'Alsace-Lorraine dans le régime intérieur » du quinze décembre 1918 au dix-neuf juin 1940, et comment le changement s'opèrent aussi rapidement que possible.

Une première présentation grand vermeil à qui je souhaite d'obtenir un or européen comme la précédente.

Post scriptum:
Question actuelle mais non urgente : toutes les guerres ont-elles droit à autant de postérité et de mémoire en philatélie ? Les révoltes des colonisés ? Les guerres civiles des pays où l'écrit postal est peu employé ? Les conflits actuels au temps d'internet ?

Prochain et dernier épisode : bilan de Paris-Philex.

jeudi 14 juillet 2016

Paris-Philex (7) : la philatélie, une histoire des empires et de la mondialisation ?

Les deux, mon commandant !

Une passion issue du dix-neuvième siècle européen.
Le collectionneur, le philatéliste, l'historien postal ou le curieux du contexte de tout cela lira avec attention le numéro d'été du mensuel français L'Histoire - dont le site web a changé d'adresse, intitulé XIXe siècle. Le monde est à nous ! La mondialisation à l'européenne.
Couverture du numéro été 2016 de L'Histoire en vente en kiosque jusque fin août (site de L'Histoire).
Le lecteur notera toutes les images d'Européens inventifs et ingénieux, pionniers même, et d'indigènes de tous les autres continents travaillant au profit exclusif des entreprises et des États européens et des colonies de peuplement établis par l'une des plus grandes dispersions de migrants de l'histoire humaine. Plus de cinquante millions vers les Amériques... Ça relativise bien des circulations récentes.

Le philatéliste fiscal notera un timbre fiscal états-unien sur une action de 1864 de la Keystone Zinc Company de Philadelphie, page cent quatorze dans un article sur « Comment la City [londonienne] a propulsé New York »... Les débuts de la mondialisation financière.

Pour ceux qui aiment remettre en cause leurs préjugés sur les personnages historiques ou les grands actes humains, ce même numéro interroge Louis XIV et sa puissance : son règne fut-il celui où le roi absolu contrôla la noblesse ? Ou obligé de veiller constamment sur les finances du royaume et sur une noblesse frondeuse à Versailles, par les arts et les (nombreuses) guerres, fut-ce celle-ci qui contrôla le devenir de la France, le roi ne faisant que suivre ?

Le numéro des Collections de L'Histoire de l'été est aussi décapant : la famille depuis les mythes bibliques jusqu'à nos jours, de la gestation pour autrui à Rome à l'hypothèse que la filiation constitue davantage les familles que le mariage.

Quel rapport entre cette lecture impériale et mondialisée du monde et Paris-Philex ?

L'histoire postale de la conquête européenne du monde : le cas aérien de l'Afrique.
Arrivé à ce septième article sur le championnat de France de philatélie de 2016, il reste encore à aborder l'aérophilatélie et plusieurs collections montrant les liaisons postales internationales tous azimuts au cours de la première moitié du vingtième siècle, quant les puissances coloniales croyaient en leur apogée durable.

Deux compétiteurs illustrent magnifiquement cela à travers l'établissement des compagnies aériennes à travers le continent africain : René Maréchal avec l'Imperial Airways vers l'Afrique du Sud (1925-1937) et Daniel Blanquerin avec Air Afrique vers Madagascar (1925-1939).
Les premières pages des collections de M. Maréchal (gauche) et de M. Blanquerin (droite) à Paris-Philex 2016.
La confrontation de leur première page respective permet de constater la diversité des approches et des présentations... La carte de M. Blanquerin permet de constater que le continent africain est maillé par les liaisons aériennes mises en place pendant l'entre-deux-guerres, mais aussi la concurrence entre les compagnies.

L'Imperial Airways, britannique, oblique fortement vers le sud-est de l'Europe pour connecter toutes les colonies britanniques depuis l'Égypte sous influence jusqu'au Dominion sud-africain. Air Afrique ou Transafricaine en 1928, après fusion de plusieurs lignes, établit un pont entre les colonies françaises d'Afrique et Madagascar.

Deux textes d'introduction et un plan qui suit une logique d'établissement progressif des lignes, chronologiquement plus marqué chez Blanquerin, plus géographique pour Maréchal. Bonus pour le premier : une bibliographie [présenter une bibliographie par contre...].

Au bilan des juges : quel empire bénéficiait des meilleures liaisons aériennes impériales ? Aucune idée. Grand vermeil pour la collection Air Afrique et deux points devant et prenant quatre points en quatre ans, médaille d'or et meilleure collection d'aérphilatélie pour Imperial Airways.

Pourquoi pas de photographies d'enveloppes ? J'en ai pas... Un peu fatigué en fin de parcours. Pourquoi placer l'aérophilatélie si loin dans l'exposition, après polaire et ouverte, et pas aux côtés de l'histoire postale ?

Une conquête créant des connections mondialisées alors surprenantes.
Pour l'histoire postale, économique et sociale, l'impérialisme des puissances européennes, le profitisme des grandes compagnies occidentales selon la grille de lecture ou la dispersion de migrants européens connectent des territoires aussi inattendus que les exemples que je vais piocher dans quelques collections.
Enveloppe oblitérée à Jérusalem, mandat britannique de Palestine, le vingt-neuf juillet 1940 pour Hanoï en Indochine française (collection Christian Abravanel, Paris-Philex 2016).
Un courrier entre une banque de France métropole et la Banque de l'Indochine à Hanoï, logique. Sûrement moins fréquent mais envisageable avec une banque d'une autre colonie française.

Mais, entre une banque de Jérusalem et celle de l'Indochine ?! Cette enveloppe est présentée par Christian Abravanel, webmestre du site du Cercle français philatélique d'Israël, dans Les échanges postaux entre civils en provenance et à destination de la Palestine entre 1938 et 1945, sur laquelle je reviendrai dans le prochain article sur Paris-Philex.

Sous l'enveloppe, il propose un planisphère des principales voies aériennes et maritimes intercontinentales encore disponibles à ce moment de la guerre où le Royaume-Uni est seul face à l'Axe.
Lettre de Kerguelen vers Le Havre, acheminée à Point Natal par un navire ravitailleur norvégien en mars 1912 (collection Alexis Cottineau, Paris-Philex 2016).
Changement de climat et d'époque : dans une collection d'« oblitérations maritimes sur Semeuse (1903-1941) », Alexis Cottineau de l'Amicale philatélique Nostradamus de Salon-en-Provence atteint les recoins du monde de 1912 avec cette enveloppe partie de Kerguelen, acheminée par un navire ravitailleur d'un compagnie baleinière (colonisation, mondialisation et environnement) vers l'Afrique du Sud pour une remise dans les circuits postaux maritimes. En trois semaines, elle est arrivée à destination au Havre.

Mais un « monde européen » éphémère voire pas conformes aux préjugés coloniaux.
En se plaçant dans l'entre-deux-guerres, la majorité des collections se situe déjà à la fin de ces empires coloniaux : à entendre clamer qu'ils sont envahis pour être « civilisés », des indigènes qui ont suivi le chemin de la « civilisation » réclament les droits qui vont avec les nombreux devoirs qu'ils leur ont été imposés, non sans violence.
Lettre portant une Marianne de Decaris illégalement surchargée « Algérie française 23 avril 1961 » (collection Égon Habé, Paris-Philex 2016).
Bien évidemment, la collection grand vermeil de l'Alsacien Égon Habé illustre ce thème de la fin des empires avec, en philatélie moderne, « la Marianne de Decaris surchargée EA » par les autorités algériennes indépendantes entre juillet 1962 et janvier 1963.

En amont, il présente des surcharges des partisans de l'« Algérie française » (mais était-il pour l'application de toutes les valeurs de la République à toute la population ?) dans le contexte du Putsch des généraux d'avril 1961 ou des actions de l'Organisation de l'armée secrète à destination des élus de métropole.

Comment les empires coloniaux ont-ils pu finir si mal ? Exploitation contre « civilisation », racisme contre valeurs, etc. Sûrement aussi préjugés et complexe de supériorité face aux cultures indigènes jugées si pittoresques... Soupir.
Lettre de Rhodes italienne pour Téhéran en mai 1933 (collection René Maréchal, Paris-Philex 2016).
Merci à René Maréchal de fournir un formidable document de la diversité humaine, dans la seconde collection qu'il présentait, « La poste aérienne en mer Égée (1929-1947) ». Pourquoi cette zone si précise ? Elle est une escale possible sur la route entre l'Europe et le Proche-Orient - un autre courrier montre les liaisons aériennes entre pays baltes et Pologne d'une part, et la Palestine d'autre part via la mer Égée.

Ensuite, car Rhodes et les autres îles du Dodécanèse sont sous contrôle italien, alors que Mussolini veut faire de l'Italie une grande puissance, ce qui passe par l'aviation sur le modèle impérial britannique et français (voir plus haut).

Maintenant, suivons grâce à M. Maréchal cette enveloppe dont le verso timbré était présenté au visiteur de Paris-Philex et le scan du recto en-dessous. Elle est expédiée de Rhodes par un dénommé Albert Israel le onze mai 1933. Elle est déposée le lendemain à Athènes (oblitération à gauche des timbres) par Aero Espresso Italiana. Quatre jours après, Imperial Airways l'emporte d'escale en escale jusqu'à Bagdad (oblitération à droite des timbres). Là, c'est une compagnie allemande, Junkers Luftverkehr Persien, l'amène à Téhéran le vingt-et-un.

Adresse transcrite en farsi et lettre parvenue à David Israël à l'École Alliance israélite universelle, institution internationale créée en France en 1860 - fondation commémorée en France par un timbre en 2010. Le courrier passe donc, d'entreprises concurrentes en entreprises, et dont les pays d'origine sont difficilement amis selon les paires constituées ; pour permettre la correspondance entre deux personnes de confession juive, dont une vivait dans un pays à majorité chiite qui, même devenu République islamique en 1979, assure une représentation politique minimale même si avec suspicion.

L'article de Wikipédia signale comment l'Alliance israélite universelle ouvrit des écoles avec le soutien des autorités perses au tournant du vingtième siècle et qui connurent une certaine popularité auprès des élites musulmanes... Peut-être car elles furent davantage françaises au départ qu'israélites et persanes par la suite ?

Une diversité postale pour une histoire de rencontres humaines variées, au-delà des intérêts géopolitiques ou commerciaux. Très beau souvenir qu'est cette enveloppe dans une collection grand vermeil et prix spécial du jury qui rejoint le long palmarès aérophilatélique de M. Maréchal depuis 1995.

À suivre...
Encore un article sur les collections de Paris-Philex : comment la Seconde Guerre mondiale inspire les collectionneurs.

samedi 9 juillet 2016

Paris-Philex (6) : tout se collectionne

Ah ! La classe ouverte, la benjamine des classes compétitives, la petite préférée des expositions de la Fédération française des associations philatéliques pour relancer la passion vers de nouveaux groupes... Sûrement celle dont j'ai ouï les mots les plus durs au hasard des discussions aux comptoirs des marchands, faisant passer mon ironie pour une infusion du soir sucrée au miel.
Ah ! Le pain moisi de Philippe Nadeau... dont les oreilles doivent siffler depuis des mois d'expositions... Les légendes montrent pourtant de la recherche postale et fromagère pour une classe ouverte mycologique ; grand argent (collection Philippe Nadeau, Paris-Philex, mai 2016).
Dans la centaine de collections exposées à Paris-Philex, j'ai très peu accroché par goût spontané (oui, je sais, j'ai tort...) à certaines classes. Les thématiques où le sujet encyclopédique paraît en apparence plus important que l'intérêt philatélique et postal des pièces exposées : thématique donc, cartes postales, polaire, errinophilie et classe ouverte.

Bien entendu, étant français : « L'exception qui confirme la règle » s'applique.

En classe ouverte, c'est à qui aura l'objet collectionnable qui marquera le plus les juges et les visiteurs. Philippe Nadeau et champignons sur pain fermenté pour illustrer la découverte du roquefort a - très négativement - marqué l'esprit de nombreux « philatélistes sérieux » outrés, à côté desquels le Capitaine Haddock a le vocabulaire (collectionné par Albert Algoud) d'un enfant de chœur.
Non, ce n'est pas un panneau entier de la collection de M. Nadeau réalisé à partir de lait cru empli de champignons : c'est du Jean Dubuffet de 1946 exposé au Centre Pompidou. Ingrédients : huile, gravier, sable, filasse... à vomir ? (Jean Dubuffet, Michel Tapié soleil, 1946 ; Centre Pompidou, Paris).
Oui, la légende ci-dessus indique que j'ai bien fait le lien entre classe ouverte et art contemporain, même si des écoliers et collégiens qui animaient les couloirs de l'exposition permanente du Centre Pompidou, pendant la Nuit des musées, le samedi de Paris-Philex, rendaient accessibles des œuvres contemporaines.

Voilà un moyen de faire revenir des scolaires dans les salons philatéliques parisiens ? Pour animer les travées des collections de classe ouverte après qu'ils les aient étudiées en classe ? Je pense qu'ils adoreraient découvrir la philatélie ainsi et ça stopperait sûrement les visiteurs devant ses collections au-delà des réactions épidermiques du classique contre le moderne.

Retour à une collection plus acceptée comme telle.
L'Appel du dix-huit juin 1940 sur affiche de résistance et sur disque trente-trois tours (collection Yves Lehmann, Paris-Philex 2016).
Yves Lehmann rappelait, dans Charles de Gaulle, premier Résistant de France - oh le titre polémique en historiographie... - qu'il est des collections qui semblent mourir à petit feu avant de flamber de nouveau tel le phénix : les disques vinyle que tous croyaient disparus avec les disques numériques (cd, dvd, bluray, etc.) : le besoin de jouer sur le déroulement du disque à la main des disc jockeys de la musique électronique, l'envie de posséder un objet qui ne sera jamais technologiquement obsolète (pourra-t-on encore lire cd et dvd quand les abonnements par internet seront monnaie courante - aux sens figuré et propre de l'expression ?).

Forcément, on comprend aisément pourquoi les nouvelles classes compétitives ont adopté le format A3 pour mettre en valeur ces objets. Grand vermeil pour l'ensemble de la collection de M. Lehmann.

J'ai oublié de photographier la grande plaque que Daniel Hermann a placé dans L'Olympisme, la bataille perpétuelle des rénovateurs, mais j'ai pu voir le juge expliquer son évaluation au compétiteur : déjà que cette collection avait une problématique dépassant les Jeux olympiques au sens strict, la plaque et son emplacement ont montré l'esprit d'initiative de M. Hermann, vermeil, qui présentait trois collections sur l'olympisme.

Revenons à la faune qui nous entoure.
Oui, c'est comme le pain moisi, mais avouez que nombreux nous sommes à quêter les traces que laissent les animaux dans la nature... Trace au sens historien du terme : tout ce que laisse l'animal (collection Danielle Jonquet, Paris-Philex 2016).
Retour aux collections où le thème étudié paraît dépasser l'aspect philatélique : le Plaidoyer de l'éléphant par Danielle Jonquet. Contrairement aux Étranges et mystérieux champignons de Philippe Nadeau, je n'ai pas entendu de commentaires ciblant les éléments collectionnables de l'éléphant : poil et morceau de peau de sa queue (Aucun animal ne fut blessé dans la réalisation de cette collection)... et des excréments.

...

Non, tous les anti-classe ouverte se sont focalisés sur le pain moisi.

Si, comme pour la collection de M. Nadeau, on prend la peine de lire les légendes entourant les déjections séchées et sous plastique, on apprendre des choses intéressantes : un des buts des collections thématiques.

J'applaudis donc Mme Jonquet, grand vermeil, mais l'implore de ne plus montrer cette collection à proximité d'officiels de Phil@poste. À cause d'elle, avec Joëlle Almafitano comme juge classe ouverte, ne risquons-nous pas une série annuelle de timbres technologiques : Les Animaux comme ils sentent ?, voire - et j'espère que M. Nadeau s'en rend bien compte - des timbres à fermenter pour humer des effluves de fromages français après quelques jours en milieu chaud et humide.

Je délire ? Nous parlons de Gil@poste là, tout peut arriver.

Retour aux humains... si ce mot peut s'appliquer aux nazis.
Carte allemande de propagande anti -britannique utilisée en 1943 à Cracovie, alors dans le Gouvernement-général de Pologne (collection Gérard Calvi, Paris-Philex 2016).
Une preuve que, malgré mes a priori, je me suis intéressé aux collections thématiques, cartophiles et errinophiles : cette carte postale présentée par Gérard Calvi dans une chronologie de la Seconde Guerre mondiale, médaillé grand argent.

À l'emplacement du timbre est imprimé une caricature du Premier ministre britannique Winston Churchill, un bateau de guerre détruit sur la tête, avec le mention « Wert keinen Pfennig », ne valant aucun centime. Elle fut envoyée pour la Suisse le vingt-six septembre 1943 à Cracovie, en Pologne occupée.

Promis, je passerai plus de temps parmi ces collections la prochaine fois.

jeudi 23 juin 2016

Paris-Philex (5) : de l'exotisme hors les murs

« Paris-Philex hors les murs ».

Je rassure tout de suite les collectionneurs et spéculateurs de nouveautés hors-programme : n'écrivez pas à Timbropresse, ni à la Fédération. Inutile que leurs chefs aillent envahir de nouveau le bureau de Gil@poste Livchitz, ni que Socrate et Gauthier Toulemonde nous répandent des pages entières sur leur rôle intermittent de défenseurs du collectionneur de nouveautés, comme dans le numéro de ce juin 2016 : c'est quoi ce trou d'actions de 2007 à 2015 pendant l'application délétère des états eslingériens de la φl@télie ?

Dans ce « hors les murs », aucune action secrète de Gil@poste pour émettre des timbres spéculatifs ou des entiers en douce en avertissant uniquement quelques happy fews franciliens.
La façade du palais de la porte Dorée par Alfred Janniot - 1929-1931 - en hommage à un empire exploité que nous fantasmions « libre » et en « paix », selon les grands principes entourant l'allégorie centrale (photographie sous licence Creative Commons cc by-nc-nd 3.0 fr - rappel : Janniot est mort en 1969).
« Paris-Philex hors les murs » est ma façon de profiter de trois jours parisiens - alléluia, une marée basse professionnelle, dommage qu'elle fut haute pour Monacophil 2015 - entre philatélie et découverte de Paris.

Car il suffisait de prendre le tramway devant le parc des expositions de la porte de Versailles, siège de l'exposition philatélique nationale pour rallier la porte Dorée et une scénographie colonialiste évoquant l'époque de naissance d'une grande partie des visiteurs de Paris-Philex et du volailler φl@postal.

Le monument ouvrant la zone honore les anciens combattants d'Indochine, fontaine-rivière minérale entouré de pelouse et de palmiers par l'architecte Louis Madeline, provenant d'une statue d'Athéna par Louis-Ernest Drivier. Il est suivi d'un bas-relief de l'expédition de 1898 du colonel Marchand du Congo à Djibouti, via un arrêt dangereusement imprévu à Fachoda, sur lequel tous les officiers français sont nommés et les tirailleurs sénégalais évoqués par leur nombre...

Face à cela, le palais-musée-aquarium de la porte Dorée et sa façade exploitons les richesses des colonies... Nous savons depuis 2005 qu'il n'est toujours pas possible de faire l'histoire de l'empire colonial français par les historiens, de montrer comment l'empire raciste bénévole de Jules Ferry est devenu un empire raciste et parasite, oublieux des valeurs de la République. Que dans les colonies le bon est mêlé au mal dans la manière dont la France, les colons et les métropolitains ont géré ces territoires et ces peuples.

Tant de débats historiens et de réflexions invisibles quand sont évoqués les timbres créés pour les colonies.
Carte postale utilisée en 1907 : des bûcherons immigrés belges et leur... hutte... (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Quelle ironie d'y avoir installé le Musée de l'histoire de l'immigration depuis 2007, avec dans les premières pièces une carte postale du début du vingtième siècle, dans une mise en scène digne d'un timbre colonial de l'indigène exploitant l'hévéa grâce au Français civilisateur : une équipe de bûcherons belges œuvrant dans la forêt de Marchenoir, en Loir-et-Cher où la carte fut postée avec une Semeuse en 1907.

Le détail qui montre que le point de vue français est autant un problème que les migrants : « et leur hutte »... Habitat temporaire pour une taille d'accord, mais rudesse du confort : une cause du refus des bons Français de réaliser ce travail ?
Cartes postales (!) françaises sur l'expulsion de « romanichels » par les gendarmes, vers 1900 (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Une exposition temporaires sur les frontières sur deux siècles, « sur les limites et leurs limites », se tient juqu'au dimanche trois juillet prochain.

Pour le sens des frontières françaises au début du vingtième siècle, un lot de cinq cartes postales est présenté : des photographies prises, clairement mises en scène, imprimées, vendues, utilisées sur un sujet qui provoquerait un scandale médiatique aujourd'hui, quoique vu le débat britannique sur les frontières (exemple par UKIP)...

... des photographies d'opérations de gendarmerie expulsant des « Romanichels » du territoire, voire sur une autre carte « Nos campagnes. Voyageurs indésirables »... Pfiou.

Illustrées ci-dessous, deux affranchies sur l'image.

À gauche, une carte française mais avec une légende sommairement traduite en allemand. Sur la route entre Arracourt (Meurthe-et-Moselle) et Vic-sur-Seille (Moselle), au poste-frontière, une ligne bien rangée de gendarmes soldats allemands - et d'habitants endimanchés - posent barrant le chemin à des « romanichels serbes » qui posent avec leurs ours, après leur expulsion par les gendarmes français. Le montreur d'ours pyrénéen contre la loi de séparation des Églises et de l'État a été plus populaire...

La carte est utilisée côté allemand à « Vic (Seille) » le vingt-cinq mars 1916. L'oblitération sur timbre allemand m'étonne car elle conserve le nom français de la commune, allemande depuis l'annexion de l'Alsace-Lorraine, régions qui appraît beaucoup dans le premier tiers de l'exposition Frontières.

La carte de droite est encore plus révoltante. Les gendarmes posent avec les riverains lors d'une expulsion de « Bohêmiens », enfants bien placés dont le bébé voit sa joue pincer affectueusement par l'officier...
Barthélémy Toguo ( exposition temporaire FrontièreMusée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Coincés entre les postes-frontières est le message que je retiens de nombreux documents et œuvres d'art de cette exposition. L'artiste camerounais Barthélémy Toguo résume cette situation humaine en 2010 : des sculptures en bois représentent des êtres humains tandis que le dessous est gravé comme des tampons douaniers, dont un porte un prénom.

Envie de jouer le douanier comme sur ces cartes postales : testez ce jeu vidéo.
Philatélie fiscale : un visa temporaire de réfugié célèbre (France) en haut et un passeport soviétique de1935 en bas ( collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
À entrer ainsi dans les vies individuelles, l'exposition temporaire, comme l'exposition permanente, oblige le visiteur à se souvenir que les migrants sont des êtres humains au-delà des timbres fiscaux, visas et passeports présentés.

Si la collection de photographies de « voitures-cathédrales » des travailleurs immigrés retournant en vacances au Maghreb avec des achats pour toute la famille étendue provoquera à coup sûr des blagues racistes - et peut-être un gentil rappel à la sécurité routière, le retour sur terre a lieu peu après avec la carte temporaire de séjour de janvier 1962 avec timbre fiscal de cinq francs - photographie retirée - au nom du réfugié soviétique :
Conférence de presse aux Champs-Élysées six jours après sa demande d'asile à la France (SIPA / initialement Paris-Jour).

« Saleté de réfugiés, refoulons-les », « S'ils restaient pour combattre, ils sauveraient leur pays », etc., etc. Entre un président fils d'exilé hongrois et un premier ministre né espagnol d'un couple espagnol et italien...
Document de voyage visé à l'ambassade britannique de Paris en 1949.
Bref, ce musée est une œuvre de salut public pour éclairer bien des débats avec le recul de l'histoire, tout en œillades à destination des philatélistes postaux autant que fiscaux. Quelques dernières pièces que vous pouvez découvrir dans leur contexte individuel au musée de la porte Dorée.

Visa portant trois timbres fiscaux consulaires britanniques à l'effigie du Roi George VI pour seize shillings, déjà une belle dépense en septembre 1949, oblitérés à l'ambassade du Royaume-Uni à Paris.
Timbre fiscal belge sur un coin d'une affiche de cinéma de l'exposition temporaire Frontières (Musée de l'histoire de l'immigration, Paris, 2016).
Une partie de l'exposition temporaire est également consacrée au travail des douaniers, notamment leur matériel au fil des décennies - ce qui me rappelle l'exposition sur les douanes britanniques (Seized - Saisi) au Musée maritime du Merseyside de Liverpool : un grand musée qui rassemble de nombreux aspects du voyage maritime depuis le Titanic à la traite atlantique, en passant par la marine marchande, les peintures marines et l'exploitation humaine de nos jours.

Aspect culturel de ce métier avec l'affiche du film franco-italien La loi c'est la loi de Christian-Jacque avec les comédiens Fernandel et Totò, de 1958 - en pleine genèse du Marché commun européen.

Dans le coin inférieur droit, le philatéliste remarque un timbre fiscal belge oblitéré le vingt-cinq mai 1961... Une taxe sur l'affichage public ?
Facture italienne pour un accordéon commandé en France (Collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Dans la collection générale, une galerie rappelle tout ce que les immigrés ont apporté à la culture française depuis Offenbach... Un immigré célèbre encore.

Une facture y est présentée pour la commande d'un accordéon (ou un harmonica, mes souvenirs musicaux sont vagues comparés à la philatélie) avec dans le coin un timbre fiscal italien d'une lire oblitéré le huit mars 1932, et donc conservé par la famille pour finir au musée. La fenêtre d'exposition évoquant la vie des immigrés arrivant en France avec quelques talents musicaux.

Un samedi matin enrichissant culturellement, politiquement et... philatéliquement.


Notes de l'après-midi :
Il suffit d'un tour en ville après avoir écrit pour enrichir un article déjà rassasiant.

Ainsi, actuellement dans les salles, l'histoire d'un jeune médecin zaïrois, seul volontaire pour s'installer avec sa famille à Marly-Gomont, dans l'Aisne, dans les années soixante-dix. D'après la jeunesse de l'humoriste Kamini qu'il avait évoquée dans un rap.

Bande-annonce de Bienvenue à Marly-Gomont (youTube).

Années soixante-dix oblige, le bureau des PTT et le courrier jouent de petits rôles secondaires dans l'intrigue.

À la librairie, dans ce thème, on peut toujours encourager à lire les essais de Gaston Kelman, né Camerounais, mais qui n'aime pas le manioc, comme le rappelle le titre d'un ouvrage de 2003 où il démonte les idées reçues sur les personnes noires. Pour les plus jeunes, Niourk, le roman de Stefan Wul ou sa récente adaptation en bande dessinée par Olivier Vatine.

Bande-annonce de l'exposition Déluge (Ville de Montpellier via youTube).
Une fois n'est absolument pas coutume, j'ai parlé d'art contemporain avec Barthélémy Toguo. Une exposition de l'artiste a lieu à Montpellier depuis hier ! D'hier mercredi vingt-deux juin au six novembre prochain, Toguo a créé une exposition inédite sur le thème du Déluge, au Carré Sainte-Anne, au cœur du centre historique (et gratuite).

Mon vendredi après-midi est prêt.

vendredi 17 juin 2016

Paris-Philex (4) : de l'exotisme

Outre les marchands allemands et scandinaves à Paris-Philex, du dix-neuf au vingt-deux mai 2016, la compétition philatélique permettait de se balader dans le monde... sans l'excuse de timbres classiques français.

Deuxième épisode de mon commentaire sportif (amateur, partiel et partial) du championnat de France de philatélie.

Petite précision : je ne lie pas les noms des exposants avec leur fiche sur le site fédéral si elles signalent des coordonnées privées précises.

Sans aller trop loin :  quatre escales en Espagne.
Juan-José Ara Somohano exposait deux collections, toujours sur le thème de la Guerre d'Espagne et des Républicains espagnols, dont l'exil fait l'objet d'une collection lors de la compétition départementale de Montpellier, en mars dernier.

À Paris, l'histoire postale de La Guerre d'Espagne poursuit un long chemin, depuis 2002 selon la page du philatéliste sur le site fédéral. Elle confirme désormais un niveau de Grand Vermeil pour la seconde fois de suite, avec cette année les félicitations du jury. Pourquoi ? Aucune idée.

Mais, le Biterrois a profité de l'innovation de Paris-Philex : l'invitation adressée à l'Association arc-en-ciel regroupant les errinnophiles, collectionneurs de vignettes non postales (les Cinderella/Cendrillon britanniques). Sa collection Une page de l'histoire espagnole - secteur républicain 1936-1939 a participé dans cette catégorie hors concours en laissant le jury mixte débattre vendredi matin de son classement : le juré philatéliste reconnaissant une collection de philatélie - une grande partie des vignettes ayant pour but affirmé l'affichage sur le courrier voire une fonction postale d'urgence ; ses collègues erinnophiles confirmant l'entre-deux du travail de M. Ara Somohano.

Quatre-vingt points au milieu du classement errinophile... Vivement des publications fédérales, associatives et journalistiques commentant et expliquant ces scores aux visiteurs.

Pour les curieux de cet épisode de l'histoire espagnole, deux philatélistes espagnols - fédération invitée - ont complété : José Barros Calchadora avec la philatélie de la République espagnole (1931-1939) et Estanislao Pan de Alfao sur l'histoire postale du camp de concentration de Miranda de Ebro, au nord de la Castille, qui servit à enfermer successivement les républicains, les étrangers fuyant l'avancée allemande en France, puis les déserteurs allemands et nazis fuyant la Libération de l'Europe occupée.

Quand les machines Daguin voyagent hors de France...
... pour reprendre le titre de la collection de Brigitte Abensur.

Les machines manuelles d'oblitération françaises de l'ingénieur Eugène Daguin, fort populaires chez les collectionneurs de marques postales et de flammes illustrées, ont eu une carrière à l'exportation. Par exemple, sur le site Exponet, le Roumain Dan N. Dobrescu propose sa collection de marques Daguin en Roumanie entre 1890 et 1909.

Plus voyageur, Jean-Michel Garaud de l'Amicale philatélique des pays de la Fillière, en Savoie, les a suivies jusqu'au Chili après une collection plus mondiale exposée de 2003 à 2011 ayant atteint le grand vermeil.
Un exemple de Daguin mixte de 1934, petit résumé à mon avis des usages de ces machines au Chili (collection Jean-Michel Garaud).
Après un Catalogue des empreintes Daguin chiliennes de 1898 à 1950, médaille vermeil en 2014, voilà l'application sur cadres. Et c'est exotique pour le lecteur qui redécouvre ses classiques sous de nouvelles formes graphiques et d'usage : flamme muette, publicitaire ou illustrée, marque jumelée ou borgne, voire mixte.


Minute gueulante :
encore une fois, une collection difficile 
à lire et photographier
à cause d'un éclairage inacceptable
pendant qu'on avait sorti les projecteurs
de stade de football pour Phil@poste...


De l'exotique histoire postale de Nemours
Exotique Nemours ? Le nom colonial de Ghazaouet avant l'indépendance de l'Algérie.

Non, non : Nemours en Seine-et-Marne, à moins de cent kilomètres au sud de Notre-Dame de Paris.

...

Le Béarnais Jean-Claude Ferret remporte mon prix de l'exotisme en classe ultra-traditionaliste pour compenser une simple médaille d'argent à soixante-douze points malgré...

Ultra-traditionaliste : l'étude de l'évolution des marques postales d'une commune française des origines pré-philatéliques à 1876, date-repère-barrière entre les Cérès/Napoléon et le type Sage. À titre personnel - et sûrement j'ai tort..., j'en ai lu une complètement en exposition à Montpellier et j'ai l'impression de revoir la même chose quelque soit la ville, le département choisi, sauf à me parler de lieux qui me sont intimes ou si la présence d'une gare ou d'un port apporte un brin de variété.

M. Ferret ose aller jusqu'à nos jours !
Une oblitération ROC Toshiba sur enveloppe ouverte à la Moldu dans une exposition philatélique : scandale ! (collection Jean-Claude Ferret).
Oui, des Daguin et des flammes touristiques SECAP... et même une Toshiba à code ROC anonyme pour ne pas savoir où se trouve votre centre de tri.

Scandale diront certains : il faut dé-cou-per ! Et jeter les flammes ondulées :p

Visionnaire diront d'autres : pour créer un marcophile aujourd'hui, il faut partir du courrier qu'il reçoit ou trouvera en explorant les poubelles d'une entreprises.

Normal à mon sens : les découpages chronologiques classiques sont commodes pour se repérer et étudier efficacement. Mais, comme le découpage en grandes ères de l'Histoire, en quoi cela dérange-t-il de les dépasser ?

Encore une fois, savoir comment les jurés ont évalué cette présentation serait fort pédagogique. Complète chronologiquement, cette collection n'est-elle pas assez approfondie dans ses explications par époque ? L'inclusion d'une plate-forme courrier de Melun a-t-elle gêné et était considérée comme hors-sujet ? Ou est-ce simplement un problème de mise en forme des informations pour l'accessibilité du lecteur ?

À côté de la collection Nemours, la Fédération aurait dû placer le stand de vente des deux tomes de L'Oblitération mécanique en France d'Yvon Nouazé pour éclairer les curieux.

Vivement une médaille plus jaune pour cette collection.


L'exotisme philatélique à Paris-Philex continuera dans un prochain épisode.

mardi 14 juin 2016

Paris-Philex (3) : le prix du marchand

Puisqu'il y a une compétition des collections, pourquoi n'y aurait-il pas une compétition des marchands et négociants présents à Paris-Philex 2016 ?
Logotype du marchand danois (site web).
Mon vainqueur : JF-Stamps d'Odense, au Danemark.

Pourquoi ?

Politesse, courtoisie, stock international de timbres et d'enveloppes... Pas limité à la France et ses colonies, gros défaut des marchands français.

De la poignée de marchands dont j'ai parcouru les boîtes, AUCUNE enveloppe n'avait été abîmée par l'ajout du prix au crayon ou d'une mention quelconque.

Bravo !

Leur site web est consultable en danoisallemand et anglais.


dimanche 12 juin 2016

Paris-Philex (2) : exposer, ça a l'air si facile...

... comme quand, enfant, vous voyez quelqu'un de votre âge jouer du piano... Non, toujours pas d'instrument de musique ou de livrets de chants chez moi. C'est peut-être pour ça que j'écris après avoir lu... à force de lire et d'écrire depuis quelques décennies maintenant.

C'est ainsi que certaines collections paraissaient si faciles à Paris-Philex... mais cette compétition n'étant que très rarement évoquée dans la presse et le web philatélique...
Une des diagonales du championnat de France de philatélie 2016 menant jusqu'à son envahissant mécène... Je reviendrai sur le plafond dans quelques paragraphes (licence Creative Commons nc-by-sa 3.0 fr).
Aussi facile, nous sommes-nous dit avec une épouse de philatéliste devant Quand les « Empire dentelés » voyagent hors de France de Brigitte Abensur. Admirable dès la première approche est la simplicité d'accès de la collection - même si je suis partial sur ce thème entre les articles de Laurent Veglio dans Timbres magazine d'une part, destinations britanniques et impériales britanniques d'autre part.
Je me permets un extrait de la collection de Mme Abensur : lettre de Nantes pour la République dominicaine (collection Brigitte Absensur, 2016).
Un plan sous forme de planisphère pour pouvoir aller au plus vite vers les enveloppes rangées par destinations vers les plus lointaines. Des pages d'un jaune suffisamment léger pour que le lecteur ne remarque plus les bandes plastiques jaunis des cadres de la Fédération.

... Et des légendes d'une clarté limpide, aussi exhaustive que facile à comprendre. Même l'ignorant du thème comprend ce qui est écrit, pourquoi cette lettre est là et, comme dans l'exemple choisi ci-dessus : quel exceptionnalité présente la pièce encadré de bleu voire de rouge...

Malgré la présentation, est ainsi rappelé le labeur de plusieurs années de lectures, de collections, de recherches afin de placer plus de cent cinquante enveloppes toutes légendées. Mme Abensur et son mari, président de l'Académie de philatélie, sont réputés pour leurs collections d'histoire postale : ils sont, par exemple, remerciés par Geoffrey Lewis pour leur aide à étudier autant de lettres des années 1830 que possible pour étudier les effets des conventions postales franco-britanniques de l'époque.

Résultat : médaille d'or à quatre-vingt-onze points et prix spécial du jury pour ces qualités... et sûrement pour s'excuser d'un éclairage haut perché d'entrepôt gênant la lecture des feuilles placées en haut de cadre.

Message à Gilles et ses vassaux :

Pourquoi les collections ne bénéficient-elles pas d'un éclairage aussi avantageux que les stands des marchands et du parc à volailles plumées de φl@poste, bordel de merde !!!

Placez les collections dans la lumière naturelle près des baies vitrées !
Et aménagez les entrées pour diriger les visiteurs vers les marchands dans l'entrepôt.
Et émettez un bloc spécial spéculatif de plus - on n'est plus à ça près - pour vous payer un éclairage confortable pour les collections !


Revenons au plaisir de lire avec un cadre proposé par Marc Gérault en philatélie moderne :
Le premier cadre de la collection de Marc Gérault sur les quinze francs typographiés au type Marianne de Gandon (collection Marc Gérault).
Et le lecteur débutant en exposition philatélique devine rapidement qu'il doit y avoir une « querelle des classiques et des modernes » : la page A4 contre la page A3.

Cette dernière apparaît surtout dans des expositions de philatélie moderne, thématiques et classe ouverte. Un bon exemple, illustré ci-dessus, est la collection de Marc Gérault, président de l'Union philatélique de Flers, dans l'Orne, consacré aux timbres de 15 francs rouge et outremer typographiés Marianne de Gandon, qui a pris dix points depuis le championnat de France de 2014.

Le format double A4 permet de faire entrer davantage de documents que sur le format simple : les enveloppes longues restent horizontales, la deuxième page sur la genèse des timbres tient en une seule feuille - deux pages, et probablement respecte les proportions du plan attendu dans cette catégorie.

Vermeil et soixante-dix-sept points en 2014 -> grand vermeil et quatre-vingt-sept en mai dernier.
La présentation des types par Marc Gérault avec publicités, s'il vous plaît (collection Marc Gérault).
Mais, la difficulté et l'exigence de la compétition se devinent immédiatement. Dans la collection de M. Gérault, c'est l'usage de paires verticales de timbres de carnets publicitaires pour la page sur les différents types des timbres étudiés.

Laurent Bonnefoy1 a placé la barre beaucoup plus haut :
Une pièce de tissu pour un cadre complet (collection Laurent Bonnefoy) . En-dessous, un autre affranchissement pour un envoi de douze kilogrammes ! (correspondance avec M. Bonnefoy).
S'il faut impressionner le visiteur, Laurent Bonnefoy méritait bien un prix spécial : dans un seul cadre de sa collection Le 5 francs Merson (France métropolitaine, 1900-1931), une seule pièce d'emballage d'une lettre lourde2.

Déjà que les timbres de plus d'un franc étaient coûteux en 1907... alors une grosse vingtaine de cinq francs Merson perforés d'entreprise.
La légende de la pièce (droits d'auteur du texte : Laurent Bonnefoy).
Ce colis d'une valeur déclarée de cinq cents francs partit du Crédit lyonnais de Paris vers le trésor public finlandais, à Helsinki, le onze mars 1907. Auquel s'ajoute les marques postales françaises, allemandes de transit et une finlandaise d'arrivée... Plus les sceaux de cire rouge pour clore le tout.

Comment cela a-t-il survécu à la poubelle, au découpage, au décollage des timbres, aux conflits de « la guerre civile européenne » ??? Et comment M. Bonnefoy l'a-t-il retrouvée, se demande l'ignare que je suis ? Est-ce une pièce réputée de la philatélie française ? L'a-t-il déjà décrite dans une revue philatélique ?3

Médaille d'or et quatre-vingt-dix points pour l'ensemble de la collection. Aucun prix spécial ? Retenons-nous et ne nous comportons pas comme des supporters de football face aux arbitres, mais...

À suivre...

Notes du quatorze juin 2016 :
1 : Laurent Bonnefoy, et non Jacques Lavigne comme écrit dans la version initiale de l'article... Erreur dans le rangement des photographies et la relecture des titres de collection : les deux philatélistes proposaient des collections sur les fortes valeurs au type Merson ; M. Lavigne sur Valeurs déclarées dans le régime intérieur de 1877 à 1916, emploi des 2F et 5F Sage et Merson. Merci à Laurent Bonnefoy et à Olivier, webmestre du blog News du Phospho, pour leurs mails d'alerte.
2 : Laurent Bonnefoy qui me rappelle que c'est une lettre à postalement parler. À l'époque, il n'y avait pas de limite de poids pour la lettre alors que les colis si (l'exemple est de cinq kilogrammes pour la Finlande).
3 : Le même répond par mail à deux questions : une vente sur offres en Allemagne en 2008 et présentée à l'Académie de philatélie le cinq décembre 2009.

Compléments du jeudi dix-huit mai 2023 :
Brigitte Absensur, disparue d'une fulgurante maladie le vingt-huit mars 2023, a obtenu une médaille Grand Or avec la collection présentée ici à Paris-Philex 2016.