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samedi 20 décembre 2025

La poste en Antarctique, marque de souveraineté ou indispensable du quotidien ?

 Tel The Guardian hier soir, samedi treize décembre 2025, la presse britannique se fait écho de l'arrivée de la nouvelle boîte aux lettres à la station de recherche Rothera, située sur une île le long de la péninsule antarctique par l'institut British Antarctic Survey et qui fait fonction de capitale administrative du Territoire antarctique britannique

La poste aux manchots... Ah non, juste la boîte (photographie du British Antarctic Survey, via The Guardian).

Les amateurs des postes polaires connaissent bien, par publicité, croisières, émission de timbres et film documentaire, le Penguin Post Office de la minuscule base devenue musée et bureau postal de Port Lockroy, gérée désormais par le United Kingdom Antarctic Heritage Trust, puisqu'il s'agit d'un patrimoine désormais purement touristique.

À un peu plus de deux cents kilomètres au sud de la péninsule, à Rothera, Kirsten Shaw était déçu de la boîte aux lettres de la base : une vague boîte métallique à peinture rouge, vraiment le modèle officiel de Royal Mail ?

Elle a donc écrit au Roi Charles III pour demander l'envoi d'une nouvelle boîte standardisée à son monogramme - dont plusieurs modèles sont en cours d'installation au Royaume-Uni depuis juillet 2024.

À l'approche de Noël, pendant l'été austral, vient d'arriver une boîte de type lamp post, avec plaque métallique au monogramme et la couronne royal.

Kirsten Shaw et la nouvelle boîte, une enveloppe affranchie de timbres du Territoire antarctique britannique (photographie du British Antarctic Survey, via The Guardian).

Le témoignage de Shaw rappelle l'importance du courrier familial arrivant aux ou envoyé par les estivants ou hivernants, y compris par la symbolique du quotidien d'une boîte aux lettres rouge.

À Rothera, le courrier dépend des rotations du RSS Sir David Attenborough ou des avions du British Antarctic Survey. Le navire, en opération dans l'océan austral depuis novembre 2021, est passé début décembre 2025 (avec les cadeaux de Noël des estivants) et ne reviendra que le vingt-deux janvier 2026.

L'article précise que le lien postal est réalisé par l'intermédiaire des îles Falkland... et donc si le navire arrivant en Antarctique n'y a pas fait escale : pas de courrier.

L'immensité australe : en rouge Rothera, en noir Port Lockroy, au nord vertical la Terre de feu, l'Amérique du Sud et les îles Falkland (Google Maps).

Un avantage néanmoins de la solidarité ultra-marine, comme pour les départements et collectivités d'outre-mer français et la métropole : l'affranchissement de la lettre de base est de seulement 87 pence pour le Royaume-Uni - ce qui est le tarif de la lettre intérieure de moins de cent grammes en seconde classe. Entre le Royaume-Uni et l'Argentine, la même enveloppe coûte 3,30 livres sterling en économie ou 3,40 en envoi standard.

Les tarifs postaux visibles sur le site de Falkland Post Service pour l'archipel des Falkland et les deux territoires britanniques peuvent faire rêver les historiens postaux : une lettre locale par voie terrestre à l'intérieur de l'Antarctique britannique.


Les timbres du Territoire antarctique britannique, ceux communs de Géorgie du Sud et îles Sandwich du Sud, et ceux propres aux îles Falkland peuvent être commandés auprès du bureau philatélique du Service postal des îles Falkland : https://www.falklandstamps.com/ . L'envoi est affranchi en timbres-poste.

Le siège du British Antarctic Survey se trouve à Cambridge, et comprend un musée dont j'ai présenté la façade et l'annonce d'une exposition philatélique en 2014.

mercredi 28 décembre 2022

De QE2 à KC3 : passage de relais philatélique

 Après quelques jours de deuil respectueux, médias et collectionneurs se sont interrogés sur l'arrivée du Roi Charles III sur les timbres-poste du Royaume-Uni, les territoires britanniques d'outre-mer et des royaumes du Commonwealth.


Quelle sera la dernière émission britannique au caméo élisabéthain ?

Du côté de Royal Mail au Royaume-Uni, la réponse fut rapide : le roi ne souhaitait aucun gaspillage. L'effigie de la Reine Elizabeth II, morte le huit septembre dernier, apparaîtra sur les timbres déjà imprimés.

Cela soulève un souci : quelle sera la dernière émission spéciale à porter son caméo ?

Memento mori façon 2023 ?

Craint par beaucoup vu l'aspect commercial du programme philatélique britannique, les couvertures d'album du groupe de rock Iron Maiden... porteront le profil d'Elizabeth II, le douze janvier 2023.

Sur le timbre choisi ci-dessus au soldat britannique squelettique, il y aurait beaucoup à écrire sur cette couverture d'album : l'histoire militaire, coloniale britannique, ce lourd héritage face au monde, ces rappels utiles en temps de Brexit...

Mais, l'objet d'un timbre avec l'effigie d'une souveraine disparue ? Un rappel que nous sommes tous mortels, y compris les empires ?


Au Royaume-Uni, Charles attendra.

Ainsi, s'il faut vider les stocks de timbres au type Machin, il faudra attendre pour voir apparaître son successeur, en dehors d'une émission du couronnement.

Cela pourrait cependant aller vite puisque la Royal Mail est en pleine opération d'échanger des anciens timbres d'usage courant avec de nouveaux Machin à code data matrix.

Le monogramme du Roi Charles III avec la couronne Tudor (communiqué de presse du palais de Buckingham, repris par The Guardian, vingt-sept septembre 2022).

Le grand remplacement des symboles est donc modestement lancé le vingt-six septembre 2022 au terme de la période de deuil lorsque le monogramme royal est publié : C III R - Carolus III Rex en latin. En deux modèles selon la couronne portée afin de respecter l'identité écossaise.

Le monogramme est le choix du roi parmi dix projets proposés par Tim Noad du College of Arms de Londres, l'autorité héraldique du Royaume-Uni.

L'une des premières enveloppes timbrées au nouveau monogramme, le vingt-sept septembre 2022 (capture d'une vidéo diffusée par les médias britanniques, ici le Daily Mail).

Ainsi put apparaître la seule exception précipitée britannique. EIIR disparut des timbres humides produits par la machine à affranchir du palais de Buckingham, qui sert à l'ensemble du courrier de la Cour et des membres de la famille royale qui bénéficient de la franchise postale.

C'est ainsi que ceux qui ont pu écrire leurs condoléances à divers membres de la famille royale ont pu recevoir le nouveau monogramme sur courrier contenant des cartes de remerciement.


Les territoires à la course aux imprimeurs.

Par contre, ou que l'impression ne fut pas lancée, ou qu'ils voulurent être parmi les premiers à..., plusieurs territoires britanniques semblent s'être précipités à arborer le monogramme royal.

Le mensuel Stamp Magazine daté janvier 2023 (en kiosque début décembre 2022) a sorti la photo-finish pour départager deux services philatéliques bien pressés.

Deux exemples des quatorze timbres de Noël de Guernesey et Aurigny, émis le seize novembre 2022.

Ainsi, le service de Guernesey et Aurigny a annoncé son émission de Noël avec monogramme carolin dès mi-octobre avec pré-commande ouverte le deux novembre et émission le seize novembre. Le thème est le pantonime, une forme populaire de théâtre apprécié lors des fêtes de fin d'année dans les pays anglo-saxons : La Belle aux bois dormants pour les sept timbres de Guernesey, Robin des bois pour ceux d'Aurigny.

Las !  À Gibraltar, on annonçait peu, mais on imprimait vite.

Le feuillet des septième au douzième jour de Noël, émis par Gibraltar le deux novembre 2022.

Dès le deux novembre 2022, douze timbres sont émis pour illustrer le chant traditionnel Les Douze Jours de Noël, du nom de la période entre Noël et l'Épiphanie.

Je trouve dommage cet empressement : la foi d'Elizabeth paraissait sincère et une dernière émission à son monogramme célébrant Noël aurait été un bel hommage avant de fermer le dernier album de son règne.


En suivant le blog Commonwealth Stamps Opinion, décembre et janvier voit plus tranquillement les premières émissions du règne graphique de Charles III : 

Un des quatre timbres de l'émission du centenaire de l'administration civile d'Ascension, émis le dix-neuf décembre 2022 (via Commonwealth Stamps Opinion).

- le dix-neuf décembre pour Ascension, cela marque le centenaire de l'administration civile de l'île atlantique sous l'autorité de la Eastern Telegraph Company et comme dépendance de Sainte-Hélène ;

Un des timbres montrant le RRS Sir David Attenborough, émis le vingt-et-un décembre 2022 (boutique web de Falkland Stamps)

- le vingt-et-un décembre pour le Territoire britannique antarctique, avec quatre timbres pour le voyage inaugural du RRS Sir David Attenborough, un navire de recherche qui est arrivé en Antarctique fin 2021 et affronta ses premières glaces à l'été austral 2022, non sans difficulté d'après l'article de la Wikipedia anglophone.

Les premiers timbres de l'île de Man au monogramme de Charles III (service philatélique mannois).

Enfin, pour cet article de blog, le cinq janvier 2023, l'île de Man émettra quatre timbres sur le Triskelion au nouveau monogramme, quatre illustrations déjà vues sur timbres de distributeur en 2017.


La représentation des Îles Vierges britanniques à Londres, sur un timbre à venir.

Preuve, néanmoins, de la difficulté de réadapter une émission philatélique, Pobjoy Mint annonce que leur client, les Îles Vierges britanniques, vont émettre un timbre pour les vingt ans de leur bureau londonien à une date indéterminée... [Finalement annoncé pour le dix janvier 2023]

Autre date de décembre indéterminée pour les anniversaires de visites royales à Sainte-Hélène en six timbres et un feuillet de trois.


Une nouvelle thématique ?

Dernière curiosité philatélique de cette transition monarchique : le six février 2023, jour anniversaire de son avènement, Guernesey émettra quatre timbres en hommage à la reine défunte, à travers quatre visites qu'elle réalisa sur ce domaine de la Couronne.

Visite royale de 1978 de la reine à Guernesey avec monogramme de Charles III, à émettre le six février 2023.

Seront-ils les premiers timbres-poste représentant Elisabeth II au monogramme du nouveau roi ?



Complément du mardi vingt-huit février 2023 :

L'émission du centenaire de la locomotive Flying Scotman comprend huit timbres et un feuillet de quatre. Ce sont les derniers timbres britanniques à porter le caméo de feue la Reine Elisabeth II d'après les articles de presse du jour (exemple : la BBC).

mardi 1 décembre 2020

Au secours du Penguin Post Office

 Hier, lundi trente novembre 2020, les médias britanniques ont relayé l'appel aux dons de l'explorateur Ranulph Fiennes afin de permettre à la Fondation du patrimoine antarctique du Royaume-Uni de préserver les aménagements humains existant dans le secteur revendiqué dans le continent polaire.

Avec l'humour de sa rubrique "Pass notes", The Guardian a ainsi expliqué que le bureau de Port Lockroy ne peut subsister avec son actuelle clientèle de manchots... Ils n'achètent ni souvenir, ni carte postale !

L'émission de novembre 2019 sur Port Lockroy (boutique web de Falkland Post Service).

Située sur une île le long de la péninsule Antarctique, Port Lockroy est une ancienne base militaire, puis scientifique, britannique. Rénovée, le bâtiment principal est ouvert aux visiteurs pendant l'été austral depuis la fin des années 1990.

Là, les passagers des paquebots (dix-huit mille en 2019) peuvent envoyer au monde des cartes depuis la « poste aux manchots » (Penguin Post Office), les principaux voisins du lieu. Le surnom a permis la petite renommée télévisuelle et internautique de la base britannique et de ses missions.

Même si l'acheminement de ces courriers prend plusieurs semaines, ces ventes, les revenus d'accostage des deux paquebots quotidiens pendant l'été, et les dons sont les principaux revenus de la fondation patrimoniale...

... Jusqu'en 2020, l'année du covid : aucun paquebot n'est programmé cet été, aucun postier n'a d'ailleurs été recruté. Voilà pourquoi Ranulph Fiennes alerte le public sur le risque de dommages irréparables si les lieux protégés ne sont pas entretenus cette année, avant le retour de l'hiver.

La fondation dispose d'une boutique en ligne (protections d'hiver notamment), mais il faudra se tourner vers la poste des îles Falklands pour les timbres et enveloppes premier jour du Territoire antarctique britannique (visible sur les photographies du bureau postal de Port Lockroy). Pour les amateurs de lettres recommandées lointaines, le service postal des Falklands affranchit ses courriers sur place !

Le tourisme, cet outil de développement décidément à double tranchant. Quand il est là, on s'inquiète de ses conséquences environnementales. Quand il ne l'est plus, de ses largesses économiques.

dimanche 8 décembre 2019

Stockholmia (11) : Des piquets-radars entre Nouvelle-Zélande et Antarctique

L'exposition privée Stockholmia 2019 est terminée depuis début juin, mais ses administrateurs terminent les comptes qu'ils rendront publics lors de London 2020 en mai.

Une des particularités de cette exposition a été d'en assurer l'équilibre immédiat par des dons privés : un mécène ayant permis de réserver très tôt - et donc au meilleur prix - le lieu, quelques dizaines de donateurs et patrons de plus ou moins grande importance et une entrée payante pour le reste du public.

Les mécéne, patrons et soutiens furent remerciés par leur identité indiquée sur le panneau présentant chacune des collections proposées par des membres de la Royal Philatelic Society London. C'est ainsi que - par approche nombriliste - je me suis intéressé à une collection de thématique maritime et polaire.

La première page de la collection de Teresa Harry sur les navires-piquets radar de l'opération Deep Freeze (collection exposée à Stockholmia 2019). Sur la carte, à 60° Sud et 160° Est, est figurée d'un rectangle la zone de déploiement des navires-piquets.

De 1955 à 1968, entre la Nouvelle-Zélande et le détroit McMurdo, en Antarctique, des navires néo-zélandais et états-uniens participèrent aux opérations Deep Freeze, une nécessité avant les moyens très longue distance de communication, notamment satellitaires.

Ces navires jouaient de le rôle de piquets-radar (picket ships) permettant de repérer et d'aider à se repérer les aéronefs circulant entre la métropole néo-zélandaise et sa zone revendiquée en Antarctique, la Dépendance de Ross.

Avec nombre enveloppe aux cachets illustrés des navires, leurs photographies et quelques coupures de presse, la Néo-Zélandaise Teresa Harry raconte la douzaine d'années de missions effectuées. Soulignant tout de même que certaines oblitérations de la base néo-zélandaise Scott sont de complaisance, le navire concerné n'y ayant pas fait passage.

Une autre approche de l'histoire postale polaire.

jeudi 21 juillet 2016

Un été latinolympique

2016 est une année très américaine : le World Stamp Show de New York du vingt-huit mai au quatre juin dernier d'une part, les Jeux olympiques d'été à Rio de Janeiro du cinq au vingt-et-un août prochain. L'ampleur capitaliste et médiatique des seconds vont recentrer cette attraction sur la partie latino du continent.

Les plus thématistes sportifs pourront se tourner vers l'association Sports Philatelists International, basée aux États-Unis, l'Association française des collectionneurs olympiques et sportifs (qui pourrait signaler son changement d'adresse web au Comité national olympique) et toutes les émissions opportunistes des deux cents et quelques pays philatéliques et agences de papier-peint dentelé. Première esquisse par Jean-Louis Emmenegger dans le numéro d'été de Timbres magazine.

Le continent peut inspirer des retours sur expositions et lectures. Déjà, à Paris-Philex, les empeintes Daguin du Chili par Jean-Michel Garaud...

Avec son numéro daté août, Stamp magazine étudie les timbres d'un des départements de Colombie : Boyacá - même si c'est la Première Guerre mondiale qui inspire majoritairement le mensuel...
Carte du réseau de la compagnie bolovienne d'après Alberto Decombe, Historia del Ferrogarril de Arica a La Paz, 1913 (via Commons de Wikimedia). L'article de Hobbs se concentre sur la partie bolivienne de la ligne.
Plus ancien, grâce à la gentillesse de la Postal History Society britannique lors d'Europhilex London 2015 : dans le numéro 350 de juin 2014 de Postal History, Barry Hobbs propose d'étudier les bureaux ambulants boliviens sur la Antofagasta & Bolivia Railway et ses extensions progressives, entre Chili et Bolivie - et même Pérou, de 1907 à 1930.

L'article de la Wikipedia en anglais nous apprend (sans notes infrapaginales) que la première ligne est ouverte en 1893 pour permettre l'exportation de minerai par la concession accordée par la Bolivie à l'entreprise minière australienne Clarke & Company, dans la région d'Antofagasta. La Guerre du Pacifique de 1879-1883 place la région sous le contrôle du Chili, ce qui n'empêche pas la continuation de la ligne - qui sera cotée à la bourse de Londres en 1888 - plus à l'intérieur de la Bolivie.

Depuis les années 1960, le contrôle capitaliste britannique a laissé place à un contrôle public bolivien et un conglomérat minier chilien.
La première page de l'exposition 148 Years de la Royal Philatelic Society London pour New York 2016 (copie d'écran de la publicitation en ligne : lien signalé ci-dessous).
Du côté de la Royal Philatelic Society London, les deux parties du continent ont été et seront célébrés. À New York, pour se faire connaître et annoncer les cent cinquante ans de la Société en 2019, ses membres ont soumis cent quarante-huit pièces constituant une collection philatélique et postale des cent quarante-huit dernières années. Elle est visible pour tous sur le site de la Société, en partant du premier compte-rendu de réunion de celle-ci : philatélie traditionnelle, histoire postale, timbres de distributeurs, événements royaux, thématiques, astrophilatélie,... Tout le monde peut en profiter.

Jeudi prochain après-midi, à son siège à Londres, les membres proposeront des collections d'Amérique latine pour marquer la fin de la saison 2015-2016, qui complète l'exposition du mois sur l'Antarctique britannique par Hugh Osborne (visitable en ligne par là), ce qui permet d'avoir sûrement touché tout le continent.

Reste à varier les médias encore un peu : télévision avec le rappel des facteurs des favelas à Rio soit par la série télévisée Cidade dos Homens, soit par des reportages.

mercredi 20 avril 2016

Lettres des TAAF au Stamp Centre du Strand

Jeté avec le numéro daté mai 2016 de Stamp Magazine, l'habituelle publicité de The Stamp Centre contient une surprise française.

Dans le prospectus numéro J1, le quatrième item propose des lots de dix enveloppes expédiées depuis les Terres australes et antarctiques françaises, acquises récemment par le marchand de timbres installé au 79 Strand, Lonon WC2R 0DE, juste en face du magasin de Stanley Gibbons et à portée de pas de Trafalgar Square.

Chargées des marques des équipages et participants des expéditions vers ces districts français, ces enveloppes sont proposées ainsi :  dix enveloppes pour dix-neuf livres et quatre-vingt-quinze pence (plus frais de port), vingt pour un peu point de quarante livres, frais de port offert, voire quarante, selon disponibilité, pour soixante-quinze livres sterling (un peu moins de cent euros).

Partagé avec un magasin de produits dérivés de science-fiction, notamment de la série Doctor Who, The Stamp Centre dispose d'un numéro de téléphone pour les clients lointains (attention à votre facture téléphonique) : 0044 207 836 2341.

samedi 20 février 2016

Les coulisses du documentaire Penguin Post Office sur BBC Radio 4

Dans la foulée d'un documentaire diffusé sur les chaînes télévisées de la BBC en juillet 2014*, le caméraman et réalisateur spécialisé dans les documentaires naturalistes Andrew Graham-Brown, son assistante Ruth Peacey et leur équipe ont raconté leur voyage vers Port Lockroy en octobre 2013 et le séjour de cinq mois ensuite, en une série de cinq épisodes pour la culturelle BBC Radio 4, dont vous pouvez profiter de la réécoute suite à leur rediffusion fin décembre 2015 et début janvier 2016.
Logotype de BBC Radio 4, la chaîne information et culture.
La base de Port Lockroy est entretenue par l'Antartic Heritage Trust britannique sous la « marque » du Penguin Post Office depuis qu'en 1996, la base est transformée en musée et rouvert un bureau de poste (après celui de 1944-1962) accessible aux touristes polaires sur Wiencke, une des îles bordant la péninsule Antarctique. L'été austral correspondant à la période de séjour de quelques milliers de manchots papous.
Le musée et bureau de poste de Port Lockroy (BBC Radio 4).
La série sur les coulisses du documentaire témoigne de l'excitation du séjour laisse place à une croisière soucieuse au milieu d'icebergs, poussés vers la yacht par le blizzard, se concluant piégés au milieu de la glace à deux cents cinquante mètres à peine de l'île et de son immanquable bureau de poste rouge. Faut-il attendre ou marcher - assez vite, il fait frisquet - sur cette fine couche de glace ?

Une fois sur place : étudions donc les nombreux pingouins (bruyants et puants, rappelait un des postiers précédents) pendant cinq mois, avec une pause au bureau de poste/boutique de souvenirs ciblant les navires de touristes estivaux (troisième épisode), entre deux grands moments de plusieurs heures d'attente pour pouvoir filmer ce que l'équipe a besoin pour son documentaire. Si, bien sûr, les oiseaux prédateurs ne bouffent pas le poussin avant le tournage.

Enfin pause... Dans le quatrième épisode, la maître des postes rappelle les limites de la vie dans la base et la prise de conscience des facilités du confort occidental ; et l'équipe raconte les journées perdues à réparer leurs équipements de vie ou à ne pas pouvoir quitter la minuscule île gelée.

Jusqu'à la carte postale rédigée et jetée dans la boîte le jour de saint David, à la fin du dernier épisode.

Notes :
* et le vingt-huit janvier 2015 sur la chaîne publique états-unienne PBS qui a édité un DVD, probablement protégé en zone 1.

mercredi 27 janvier 2016

Les boîtes rouges, marqueurs de souveraineté australe

Une brève au hasard du mur Facebook de la Famille royale britannique qui croise une nouvelle qui a attendu l'été austral pour parvenir en Europe.

Note : la partie de l'article sur Fox Bay a été remanié suite à des informations fournies par Stefan Heijtz que je remercie infiniment.

Alors que le nouveau président de la Nation argentine,  Mauricio Macri, visitait le Premier Ministre britannique la semaine dernière, un membre de la famille royale achevait un séjour dans les deux territoires d'outre-mer des Falkland d'une part, et des îles Géorgie du Sud et Sandwich du Sud... Le premier voulait entamer des discussions sur ces îles sur des bases moins conflictuelles, le second lui rappela qu'elles sont britanniques.

Sur place...
La Princesse Royale a dévoile la boîte aux lettres du bureau restauré de Grytviken, sur l'île de Géorgie du Sud (Gouvernement du territoire de Géorgie du Sud et des Sandwich du Sud).
Entre visites aux habitants, citoyens britanniques et fiers de l'être, aux scientifiques et découverte de la faune et de la flore australe, la Princesse Royale, Anne Windsor, fille de la Reine, a pu accomplir quelques tâches postales, marquant finalement la souveraineté britannique sur les lieux.

À Grytviken, elle a dévoilé la boîte aux lettres du bureau de poste restauré de cet établissement fondé par des Norvégiens et nommé par un Suédois, peuplé en 2008 de vingt habitants (trente en tout avec les Sandwich du Sud).

Elle a également visité la tombe de Sir Ernest Shackleton, dont la Royal Mail célèbre le centenaire de l'expédition de l'Endurance.
La Princesse Anne poste une carte-souvenir à l'ancien bureau de Fox Bay. À l'arrière-plan, le philatéliste falklandais Stefan Heijtz, Sir Timothy Laurence, époux de la Princesse et Roger Edwards, membre de l'Assemblée législative des Falkland (Government House of the Falkland Islands, reprise par The Royal Household).
De retour dans les Falkland, Anne posta une carte postale à Fox Bay, sur l'île occidentale (ou Grande Malouine). Et c'était le lieu le mieux choisi pour cela. En effet, le numéro daté février 2016 de Gibbons Stamp Monthly informe que le quasi-centenaire bureau de poste de Fox Bay est devenu un musée postal en mars 2015 !

La maison contint un émetteur radio en 1918, dont l'opérateur fit fonction de postier. En 1988, le bureau a déménagé à l'épicerie locale. En 2014, le philatéliste Stefan Falkland Heijtz a acheté la bâtisse et transformé en musée postal avec l'aide de Hugh Osborne, autre grand spécialiste de la philatélie de l'archipel.
Carte postale spéciale marquant l'événement du vingt-et-un janvier de l'inauguration par la Princesse Anne de la boîte aux lettres du musée de Fox Bay (photographie du Government House Falkland Islands, que m'a transmise Stefan Heijtz).

À présent, le lien avec la photographie : inauguré en mars 2015, le musée a reçu une boîte-pilier de l'époque du Roi Edward VII de la part du British Postal Museum & Archive qui fut inaugurée par la Princesse Anne, ce jeudi vingt-et-un janvier, lors de sa venue au musée.

Plusieurs enveloppes commémoratives ont été confectionnées et seront vendues par le Falkland Islands Philatelic Study Group pour financer le Fond de recherche Stefan Heijtz pour encourager l'étude et les publications philatéliques sur le Saint-Pierre-et-Miquelon britannique.

Pour visiter le musée , il faut demander soit à Stefan Heitz ou un des agents du village de Fox Bay de vous ouvrir.

Complément du vendredi vingt-huit décembre 2018 :
Le vingt-huit novembre 2018, la poste des Fakland a émis une série de quatre timbres pour le centenaire du bureau de Fox Bay. Je traite de l'émission et de la lettre recommandée dans laquelle je l'ai reçue par ici.

dimanche 17 janvier 2016

Explorations arctiques entre Groenland et Finlande

Reçu grâce à une carte Postcrossing, oblitérée le vingt-neuf décembre 2015, ce magnifique timbre finlandais.
Graveur expérimenté, bleu glacial su noir profond... Quelle bonne idée eut la poste du Groenland avec ses émissions conjointes sur l'exploration polaire.
Certes, un usage tardif d'un timbre de 2008 issu des deux timbres finlandais de l'émission conjointe avec le Groenland, à l'origine de plusieurs dyptiques originaux : gravés par Martin Mörck, les opérateurs postaux se partageaient un grand timbre commun et deux timbres plus petits.

En 2008, ce sont les expéditions de Adolf Erik Nordenskiöld qui animaient les deux postes. Ce noble suédois et finlandais explora, principalement en bateau tel le Sofia, les côtes du Groenland, la Sibérie, ainsi qu'un tour de l'Eurasie avec retour par les côtes arctiques.

Le second timbre groenlandais montre un minéraliste effectuant un prélèvement tandis que la Finlande héritait du portrait de l'explorateur. Cette dernière émit également un grand feuillet avec ses deux timbres et le rocher prélevé en marge.

Les collectionneurs français reconnaîtront aisément le style et l'organisation de cette émission : en 2007, le quatrième Pourquoi pas ? de Jean-Baptiste Charcot (centenaire d'une de ses expéditions) illustra le grand timbre commun à la France et au Groenland. Le Groenland honora Paul-Émile Victor sur son second timbre pour le centenaire de sa naissance.

samedi 28 mars 2015

Brèves de l'Antarctique anglais à la généalogie française

En espérant avoir plus de temps pour des articles plus longs, deux brèves de lecture d'hier.

Par mail, le marchand Stanley Gibbons tambourine ses promotions de mars, en cours jusqu'au mardi trente-et-un à venir. Notamment, pour les passionnés, la deuxième édition du catalogue des territoires antactiques à moitié prix, trois ans après sa sortie. Si une troisième édition paraît prochainement, nous saurons que c'est un succès suffisant.
La couverture du catalogue antarctique de Stanley Gibbons (site web).
Côté généalogie, à contre-courant des colères et rancœurs liées à l'inflation des tarifs postaux, La Revue française de généalogie rappelle une vérité raisonnable dans son numéro deux cents seize daté février-mars 2015. Dans un rappel sur les demandes généalogiques que le particulier peut légalement adresser aux mairies et aux archives départementales (pages seize et dix-sept), Guillaume de Morant écrit :

« un courrier revient toujours moins cher qu'un aller-retour en train avec cinq nuits d'hôtel ! »

Surtout quand ses ancêtres se dispersent sur plusieurs départements à travers la France.

mercredi 24 décembre 2014

Noël philatélique et présidentiel pour Saint-Pierre-et-Miquelon

Ce mardi vingt-trois décembre 2014, l'édition exceptionnelle d'une heure du journal du soir de la chaîne publique locale Saint-Pierre et Miquelon 1ère permet une mise à jour des connaissances du métropolitain sur la vie et les projets espérés de l'archipel-collectivité française d'outre-mer, et de découvrir deux nouvelles philatéliques pendant que les collectionneurs métropolitains et la φFAP espèrent encore du 20 heures de France 2.

La chaîne a suivi pas à pas la première journée de la visite présidentielle de François Hollande, la première qui ne soit pas une escale vers les puissances nord-américaines et la première à mettre les pieds sur l'île de Miquelon-Langlade.

Bien sûr les esprits franchouillards sont chagrins. Allez lire les commentateurs amateurs des sites de presse. Eux d'habitude nationalistes, pro-chrétiens sans aller à la messe et anti-impôts sauf à bénéficier eux-mêmes de la solidarité nationale, dès qu'il s'agit de l'outre-mer, il faudrait donner l'archipel au Canada ou à l'indépendance non souhaitée le plus vite possible...

Bien entendu, le journal de SPM 1ère montre maires, président de Conseil territorial et concitoyens signalant les besoins quotidiens : voirie, besoin de maison de retraites... Comme partout en métropole.

Mais, avec l'aide du billet d'humeur géopolitique de Mikå Mered pour Le Figaro, le 23 décembre 2014, et quelques moments de la visite présidentielle, il est possible de voir poindre un avenir économique plus autonome à l'archipel.

Commun aux deux documents est le projet de grand port à Saint-Pierre qui serait un avant-port nord-américain à l'entrée/sortie des nouvelles routes maritimes arctiques. Les navires porte-conteneurs arctiques pauseraient/poseraient là une partie de leur cargaison à destination des ports sur le Saint-Laurent et les côtes des Nouvelles-Angleterre et -Écosse avant de charger d'autres et de repartir vers le Sud et des ports de plus grande importance. Ce que les compagnies armatrices proposent souvent dans le monde entier, telle la multinationale danoise Maersk.

En terme de développement durable, le débat va être dur car le nouveau maire de Miquelon signale à une chercheure venue parler au président du devenir du littoral et des tombolos de l'île aux deux presqu'îles, qu'elle aurait pu l'informer avant de créer de l'inquiétude. Donc, une île veut creuser un port en eau profonde tandis que l'autre veut protéger son trait de côte des aléas potentiels à venir.

Sur d'autres projets économiques, Mered rappelle que, grâce à ses Territoires austraux et ses bases antarctiques, la France dispose de toute la science polaire pour établir des start ups d'application des trouvailles polaires dans le domaine tempéré... Et pourquoi pas à SPM, seul outre-mer français habité dans une des zones subpolaires. Attention à former les habitants aux compétences requises et les futurs patrons à se fournir localement, au risque d'attirer davantage de Métropolitains et autres Occidentaux, et de bousculer la société saintpierraise.

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Philatéliquement parlant, la visite est heureuse pour les collectionneurs locaux, le Conseil territorial et La Poste d'outre-mer.

Dans une des scènes de foule du début de la journée, un collectionneur est heureux d'obtenir la signature de François Hollande sur son pli philatélique. Il pensera à signaler la référence de la vidéo pour retrouver le journal de 1ère à l'Institut national de l'audiovisuel pour confirmer l'authenticité de sa pièce. En tout cas, il en était tout aussi passionné que ses concitoyens armés de tout appareil doté désormais d'objectif photographique : téléphone, balladeur musical, tablette, etc.

Dans une parenthèse annonçant la journée du Réveillon, la journaliste annonçait l'émission d'un timbre hors-programme (vers 38 minutes 45 de la vidéo), mêlant soixante-treizième anniversaire du ralliement de l'archipel à la France libre en 1941 et célébration de la visite présidentielle.


La maquette d'Éric Resseguier (gendarme philatéliste sur place ?) est touffue : timbres sur timbres d'époque, drapeau tricolore, carte de l'archipel, message de soutien du président,... Ah ! Le charme des hors-programme dont le premier jour aura lieu de dix heures à midi le lundi vingt-neuf décembre, cinq jours après l'émission.

Le site de La Poste de Saint-Pierre-et-Miquelon permet la consultation des tarifs locaux : 0,76 euro permettra dès demain aux habitants de disposer d'un timbre fort utile passé l'augmentation du premier janvier 2015. C'est en effet le nouveau prix de l'expédition d'une lettre prioritaire jusqu'à vingt grammes sur l'ensemble du territoire national, de Dunkerque à Kerguelen, de Miquelon à Wallis.

En conclusion, il reste encore des Français, fiers de l'être sans accuser leurs concitoyens de ne l'être point assez : visitez-les à Saint-Pierre-et-Miquelon en 2016 pour le bicentaire de la réinstallation des habitants français, chassés par l'Anglois à chaque conflit européen jusqu'à 1814.

La suite de la visite ultramarine et philatélique : par ici. Le premier jour : jusque là.

dimanche 7 décembre 2014

Des territoires impénétrables ou presque sur France Culture

Quand il n'y a pas assez de temps pour philatélier autrement qu'en lisant les abonnements mensuels britanniques, on se cultive les oreilles pendant les divers trajets qui parsèment la vie de homo urbanicus : en allant travailler, faire les courses, etc.
Image-totem de l'émission CulturesMonde (site de France Culture).

Magie de la modernité : nul besoin d'être disponible pour écouter une émission de radio lors de sa première diffusion. Podcast propriétaire ou capture à travers de multiples logiciels externes ou internes au navigateur internet.

Ainsi, cette semaine de trajets professionnels nocturnes (vivement que le solstice soit dépassé), écoute des quatre émissions sur les « territoire impénétrable » de CulturesMonde, diffusé à onze heures du dix au treize novembre 2014 par France Culture.

Et les philatélistes apprécieront certains thèmes et témoins.

Le lundi : les « royaumes ermites » avec les exemples des dictatures fermées de Corée du Nord et de l'Érythrée. Et dont pourtant, au moins pour la première, les timbres-poste se diffusent en masse.

Mardi : « Quand les frontières s'entrouvent » en Birmanie et en Iran, l'une en cours de démocratisation, l'autre une démocratie qui dépayse l'occidental sécularisé. Du courrier en perspective ou les nouvelles technologies sont-elles déjà trop présentes ?

Mercredi : « Terres saintes, entrée interdite » avec la gestion des flux humains à La Mecque et Jérusalem, mais aussi le territoire religieux, machiste et émetteurs de timbre-poste qu'est le mont Athos en (dehors de la) Grèce.

Enfin jeudi, deux témoins de territoires très difficiles d'accès, autant par les moyens et distances que par les autorisations nécessaires : l'océanographe Paul Tréguer évoque la conquête de l'Antarctique depuis la course au pôle Sud jusqu'à l'invasion des touristes... Mise en perspective des articles du reporter Pierre Jullien sur sa croisière des Terres australes françaises en seize épisodes répartis entre novembre et décembre 2014... et du débat d'il y a un an sur le tourisme antarctique quand un navire russe en perdition avait retardé plusieurs missions scientifiques.

Doublement mise en perspective par le témoignage de Clarence Boulay qui a passé une année entière à Tristan da Cunha, territoire d'un outre-mer très isolé du Royaume-Uni. Aventure scientifique et sociale, où la vente de timbres-poste n'a pas encore détroné la pêche et est concurrencée par les escales de paquebots pendant l'été austral.

L'émission se termine à la base Concordia où la glaciologue Albane Barbero a passé l'année 2013 et dont elle a nourri un blog.

dimanche 27 juillet 2014

La poste antarctique britannique en 'prime time' sur BBC2

Hasard des écritures et des lectures pour ce blog, l'après-midi après l'article d'hier sur l'exposition philatélique au Scott Polar Research Institute, j'ai commencé à lire les magazines acquis pendant mon séjour à Cambridge, dont un programme de télévision.

Toujours utile pour découvrir comment fonctionne la culture populaire d'un pays - que de télé-réalité et d'émissions de cuisine outre-Manche, c'est la case du jeudi 24 juillet 2014 à vingt heures qui attira mon attention, après un dossier sur les meilleures chances britanniques aux Commonwealth Games de Glasgow.

En prime time, la chaîne publique BBC2 propose Natural World, une émission documentaire hebdomadaire sur la faune. Et, jeudi dernier, sur le Penguin Post Office, la poste des manchots [attention, faux amis lingusitiques], une plongée dans le quotidien de l'environnement de Port Lockroy, port naturel et base militaire puis scientifique britannique de 1944 à 1962.

Une touche de France : ce qui fut un port baleinier porte le nom d'Édouard Lockroy, politicien français (1838-1913) qui apporta son soutien aux expéditions de Charcot.

Le documentaire suit des manchots, obviously, dans la proximité de la base transformée en musée et bureau de poste en 1996 afin d'accueillir des touristes (souvenez-vous du débat...), permettant à l'Antarctic Heritage Trust de financer la protection d'un large espace où vivent tranquillement lesdits manchots papous (Gentoo penguins en anglais).

L'émission du 24 juillet est l'occasion d'une opération de communication tous azimuts : documentaire accessible aux enfants sur CBBC, tenue d'un blog par les documentaristes depuis octobre 2013, etc.

À cette occasion, le Foreign & Commonwealth Office a publié un questions-réponses expliquant le fonctionnement du Territoire antarctique britannique et de sa poste en adoptant le point de vue du contribuable près de ses sous :
- qu'il existe un Territoire antarctique britannique dont la poste est opéré par l'Antarctic Heritage Trust ou par le British Antarctic Survey, et non par Royal Mail ;
- des bureaux de poste pour le courrier du personnel des bases et les trente-cinq mille visiteurs du territoire d'outre-mer - soixante-cinq pence la carte postale ;
- quand le courrier circule : de novembre à mars par bateau de croisière pour Port Lockroy, quand il peut être exfiltrer par avion et bateau pour les bases du BAS ;
- et que tout cela ne coûte rien au contribuable britannique car la vente de timbres et monnaie (par CASCO jusqu'à début 2014, Pobjoy Mint depuis) permet de rendre autonome le service postal antarctique.

Enfin, le ministère des Affaires étrangères et au Commonwealth dirige vers les conditions d'octroi d'un permis de visite du Territoire...

Post scriptum : l'émission est visible en rediffusion à la demande jusqu'au trente-et-un juillet prochain pour les résidents et contribuables britanniques (ou ceux qui ont quelques connaissances en localisation sur le web).

samedi 26 juillet 2014

Exposition philatélique polaire à Cambridge

Pour ceux qui se rendent en vacances en Angleterre, ils peuvent profiter depuis le douze juin jusqu'au six septembre 2014 d'une exposition philatélique polaire à Cambridge, la ville universitaire à une heure environ par l'autoroute ou le train au nord de Londres.

Je ne peux dire quoique ce soit de plus puisque ma venue à Cambridge fut professionnelle et que ce musée est fermé les dimanche et lundi, et clôt ses portes à seize heures (!).
Le musée du Scott Polar Research Institute à Cambridge, Lensfield Road (photographie sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr).
 En passant devant lors d'une rapide marche matinale avant le travail, j'ai remarqué immédiatement un timbre-poste devant ce bâtiment de Lensfield Road, à proximité de l'église catholique Our Lady dont le clocher sert de point de repère pour la partie sud de la ville.

Montage d'éléments visibles devant le musée et sur sa façade, notamment des œuvres d'art arctiques et contemporaines (photographie sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr).
La reproduction d'un timbre d'une livre du Territoire antarctique britannique de 1969, représentant le HMS Endurance, alors récente acquisition de la Royal Navy pour patrouiller les eaux australes. Il servit de 1967 à 1991.

Sur un poteau rouge marquant l'exposition temporaire combinant des archives de l'institut de recherche, partie de l'Université de Cambridge, et des archives offertes par les Crown Agents, l'agence de la Couronne en charge de proposer aux colonies britanniques, puis aux pays indépendants et aux territoires d'outre-mer de nombreux services régaliens et administratifs, tels la frappe monétaire et l'impression de timbres-poste.

Dimanche matin, enfin libre de mes mouvements, je découvrais les difficiles horaires de ce musée et me contentait des œuvres dispersées autour de lui, dont l'effigie de Robert Falcon Scott, mort en explorant l'Antarctique en 1912, et un inuksuk.

Les inuksuit sont des statues composées de pierres accumulées, d'apparence humaine et qui servent dans l'Arctique américain à marquer des lieux et des repères pour diverses raisons (navigation, chasse, religion,...).

La boutique en ligne du musée propose plusieurs pièces de monnaie commémorative et enveloppes premier jour du Territoire antarctique britannique.

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À Cambridge, si vous trouverez le British Museum trop immense et trop touristiquement fréquenté, profitez en deux bonnes heures du Fitzwilliam Museum, à quelques enjambées de l'Institut Scott. Composé en grande partie de collections de peintures, sculptures, porcelaines offertes à leur mort par des professeurs des universités et colleges de la ville, il propose actuellement une exposition d'affiches de propagande française de la Première Guerre mondiale d'une part, et une autre sur l'expression artistique de la recherche scientifique.

Après les musées, profitez d'une croisière en punt sur la tranquille rivière Cam, sans oublier de flâner dans les nombreux jardins et parcs de la ville et de ses quartiers de banlieue, tels Milton et son country park protégeant de nombreuses espèces d'oiseaux.

Et bien évidemment, les nombreux bâtiments historiques des différentes institutions universitaires.

lundi 30 juin 2014

L'Alaska, épine du service universel à l'états-unienne

Remarqué sur The Stamp Collecting Forum, le Washington Post a publié sur son site, le 28 juin 2014, un reportage écrit et vidéo sur un des serpents de mer du service universel aux États-Unis : l'Alaska Bypass.

Là où Postes Canada souhaite ne délivrer du courrier qu'à des murs de boîtes aux lettres en entrée de quartier, où les entreprises postales hésitent entre supprimer un jour ou deux de tournée, mais peuvent envisager dans les grandes métropoles états-uniennes et britanniques de livrer le dimanche les colis d'un gros client comme Amazon (New York, Londres), l'United States Postal Service cherche à faire des économies et la subvention de l'Alaska revient sur le tapis au grand dam des élus de cet État fédéré et de leurs collègues des États ruraux.


Depuis les années 1980, à l'initiative du sénateur Ted Stevens, l'USPS doit subventionner l'expédition de toute marchandise à destination des villages isolées du gigantesque État subarctique. Lisa Rein du Washington Post suit ainsi une palette de boissons sucrées, fruitées et aqueuses et ce qu'elle coûte à l'USPS qui ne facture qu'une part faible de l'affranchissement de colis de plusieurs centaines de livres (1 lbs équivalant à environ 450 grammes).

La quasi-seule chaîne alaskaine de commerces reçoit des produits achetés en gros à Seatlle, expédié fort logiquement en porte-conteneurs jusqu'à Anchorage. Là, la facture dérape : de petits avions cargos amènent les palettes jusqu'aux plus gros villages (six mille habitants dans le reportage), où de tout petits avions délivrent les paquets jusqu'aux villages amérindiens les plus isolés.

Là, un coup d'œil sur les commentaires des lecteurs du Washington Post signale le souci posé par ce système dans un économie capitaliste libérale et qu'un élu californien explique pour signifier que l'Alaska Bypass doit être remis en cause mais sans supprimer l'assistance à ses compatriotes isolés : ce système coûte cher à une entreprise postale en difficultés financières et politiques (toutes ses décisions stratégiques doivent être votées par le Congrès...) et, en plus, il nuit aux consommateurs qu'il est censé aider.

Les habitants, tous bénéficiaires d'aides publiques signalées par l'expression non philatélique de food stamp - timbre de nourriture, nous dirions coupon d'alimentation, trouvent que les prix restent très chers tout de même... les opposants au système actuel l'explique par le fait que la chaîne de magasins et les quelques compagnies aériennes locales profitent du système pour augmenter leur marge.

Et même, la loi assure quinze pour cent de profitabilité aux compagnies aériennes dans un système qui nuit à l'entrée de nouveaux acteurs qui pourraient créer une concurrence au profit de l'USPS et des consommateurs. Ainsi, pourquoi faire de grandes expéditions en bateau l'été pour stocker des biens non périssables quand les compagnies aériennes peuvent livrer plusieurs fois par semaine selon les besoins ?

Le fait qu'en Alaska le fret devienne du courrier est anecdotique.

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Sur la survivance de systèmes de fret postal dans le monde actuel : voir aussi le documentaire de la Norddeutscher Rundfunk (2013) diffusé sur arte en juin 2014 : Avec le bateau postal sur le Ienissei, filmé en Russie sibérienne et où les habitants du nord arctique remonte le fleuve à la belle saison pour faire des emplettes d'équipement, et où la poste russe complète son courrier et ses colis avec des montagnes de fruits et de légumes.

samedi 4 janvier 2014

Le timbre ou le touriste, comment financer la recherche antarctique ?

C'est en m'arrêtant au stand du service philatélique des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) lors de Monacophil, le samedi 7 décembre 2013, que je me suis rendu compte que cela faisait deux ans que je ne m'étais pas rendu dans un salon philatélique : en 2011 Monaco, en 2010 Londres... Peu me donne envie de tenter Paris en coup de vent pour un salon d'automne depuis 2008, ni le Salon du timbre & de l'écrit. Par contre, Europhilex 2015 à Londres avec une comédie musicale comme cerise sur le gâteau...

Logotypes de la République française et des TAAF (site officiel de la collectivité).
 Les timbres-bateaux des TAAF m'intéressent distraitement, dans les deux sens du mot-valise : ceux, souvent adaptant des peintures, représentant des navires récents (fouiller là-dedans) et le fait que les timbres-poste et le courrier des TAAF, c'est exagéré : franchise ou marque postale adaptées pour les scientifiques, militaires et autres estivants/hivernants ne suffiraient-elles pas ?

Ce qui pardonne ce programme philatélique de qualité - à part quelques hors-programme pour faire venir aux salons parisiens - est qu'il aide modestement à financer la recherche scientifique dans ces lieux lointains.


 Pour les mécènes amateurs de rêves et destinations lointaines en recevant du courrier, le postier distribue ce fascicule ici scanné, avec le mode d'emploi de l'auto-envoi de courrier avec un des districts ou une des îles Éparses de la plus méridionale collectivité territoriale de l'outre-mer français.

Lisible plus confortablement sur les pages philatéliques du site officiel des TAAF.

Je l'avais fait, par curiosité, à l'occasion du bloc marquant l'intégration du district des îles Éparses aux Terres australes et antarctiques françaises, émis en mai 2007. Évidemment, le blog de La Marcophilie navale est amateur de ces plis, timbres et marques personnelles aposées par les membres des expéditions australes.


Cependant, le collectionneur vit une frustration - oui, encore une en plus de l'impossible exhaustivité... Ne pas pouvoir voir sur place ce que tous ces timbres lui montrent : la faune marine libre, la faune terrestre exotique quoique disciplinable :

Toujours un grand mystère : pourquoi essaient-ils un moyen étrange et nouveau, de mémoire de manchots, plutôt que la façon habituelle... Le demander aux animaux de nos forêts et garrigues qui se servent quotidiennement des tunnels pour animaux aménagés sous nos autoroutes et voies ferrées.
 ... des îles perdues, libres de marques humaines, sauf quelques installations baleinières dont des artistes font des œuvres d'art... qui sans timbre n'auraient pas de public régulier, sauf à philosopher sur l'art a-t-il besoin d'un public ? Des oiseaux austraux peuvent-ils être critique d'art? :
Installation et photographie de Klavdig Sluban, réalisé début 2012 pendant une résidence d'artiste à Kerguelen (source).
 D'où l'envie de certains -curieux, passionnés, parfois richissimes - d'aller voir eux-mêmes l'Antarctique, avant que tout ne fonde sous l'effet des multiples activités incontrôlées de l'humanité. Cela peut permettre en un aller-retour de bateau de financer également une saison complète de recherche scientifique... plus vite que la vente de timbres.

Notamment dans le cas du navire russe, l'Akademik-Shokalskiy, actuellement pris dans les glaces, la Russie n'ayant pas eu l'idée d'émettre des timbres pour ses bases antarctiques... Stéphane Foucart, pour lemonde.fr ces deux derniers jours, établit un bilan inspiré de l'avis des scientifiques : trois navires perturbés dans leurs rotations en période de grande circulation pour préparer l'hiver austral, riche d'expériences scientifiques et humaines. Le français, sous-équipé, a évité le sort du chinois qui se retrouve également immobilisé et le désagrément de servir de taxi de luxe du navire australien, dont l'Agence a bien d'autres choses à faire que de remorquer des naufragés qui ont paru trop heureux sur des images et vidéos transmises sur les réseaux sociaux et médiatiques.

Finalement, le climat montpelliérain, quoique capricieux aux inter-saisons, paraît plus clément pour admirer sur timbres les trésors austraux et antarctiques.

Pour aller plus loin :
- hélas en sommeil depuis mars 2012, le site-inventaire Philatélie des TAAF.
- Pour ceux qui tiennent à aller dans cette collectivité de manière légale et utile : section recrutement du site des TAAF.