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dimanche 3 mai 2026

Une classe ouverte bien inquiétante aux États-Unis

 Normalement, des collégiens et lycéens européens préparant leurs examens finaux sont capables de repérer que les États-Unis d'Amérique sont en train de tourner dictature personnelle, régime autoritaire, et même d'engager le débat sur l'expression « totalitarisme ».

Certes, en guise de S.A., les nouvelles recrues de la police de l'immigration et des douanes jouent parfaitement leur retour pour terroriser le pseudo-ennemi de l'intérieur : l'immigré... tout en faisant peur au national qui n'a pas les bons traits physiques.

Mais, sur ce blog, il faut du collectionnable, du vendable, du spéculable... Et là, l'homme d'affaires devenu président des États-Unis ne manque ni d'imagination, ni d'hommes qui tiennent leur nomination du seul président. Autre débat historiographique sur Adolf : intentionnalisme ou fonctionnalisme, de la parole du chef ou du zèle de ses partisans, ce qui est sûr est que sont advenus les crimes commis ?

Déjà, nul besoin, chers collectionneurs de timbres, d'aller chercher dans les agences philatéliques de troubles productions dentelées aux noms de pays que Trump méprise : les secrétaires d'État et leurs adjoints, nommés par le Chef, produisent tout sur place.


Dans sa caricature du deux mai 2026, Adam Zyglis liste tous les aspects du culte de la personnalité actuellement en vigueur dans son pays (presse états-unienne, et compte Instagram de l'auteur).

Avec les dernières découvertes par de petits médias indépendants démocrates, épluchant les sites et documents produits par les ministères, les médias généralistes nationaux et étrangers ne peuvent que faire le compte.

Le dernier choc est dévoilé le vingt-huit avril par The Bulwark : le portait du second mandat du président Trump va apparaître sur la deuxième de couverture d'un tirage limité de passeports des États-Unis d'ici l'été et les festivités des deux cent cinquante ans de l'indépendance.

Comme le Conseil de la paix (qui se réunit très peu, même pour la situation actuelle des Gazaouis) au milliard de ticket d'entrée et au logo d'or, sûrement que le Secrétaire à l'Intérieur espère trouver des citoyens prêts à payer un timbre fiscal plein de zéros pour cet exemplaire au portrait de condamné, mais avec sa signature dorée !

Ils cumuleront avec la pièce d'un dollar de l'anniversaire de l'Indépendance que le Secrétariat au Trésor semble avoir réussi à faire frapper... Va-t-il réussir à faire utiliser des pièces de monnaie à la place des billets de un dollar ? Peut-être ou pas : au choix son visage sur pièce ou sa signature sur billets de cent dollars à partie de juin 2026.

Je m'interroge plutôt sur la manière dont un trumpien loyaliste du Trésor a expliqué pourquoi la médaille en or au portait de Trump et de l'anniversaire du 4 Juillet 1776 serait la plus grande possible (et en or) car le président aime l'or le plus grand possible...

Le pass annuel des Parcs nationaux états-uniens pour 2026.

Ce qui rejoint les cartes d'abonnement et d'entrée des Parcs nationaux qui, pour 2026, au lieu de montrer la "Wilderness", cette nature sauvage idéalisée, représente George Washington et son lointain successeur...

... image tellement populaire que particuliers et entreprises ont développé des découpages, caches à superposer pour retrouver un peu de nature.

À tel point que le Département à l'Intérieur a dû annoncé que sont invalides les cartes sur laquelle on aurait collé quelque chose. 

Et ce, dans un contexte où les employés fédéraux des Parcs nationaux et des ministères en charge de la gestion des ressources forestières et fluviales (donc des risques naturels) sont licenciés à tour de bras... tendu, tel celui d'Elon Musk qui a lancé le mouvement en janvier 2025 en refusant d'admettre qu'il faille des fonctionnaires à demeure et d'astreinte dans les Parcs des Rocheuses.


Adam Zyglis, caricaturiste de presse, a résumé l'ensemble des objets à collectionner et lieux à photographier pour les éditions dominicales de ce trois mai 2026.

Il a donc ajouté les photographies en draperie verticale sur les façades des ministères à Washington, le baptême après bouleversement du conseil d'administration du Centre Kennedy pour les arts.


Pour un peuple capable de justifier son port d'arme par la résistance des ancêtres au Roi George, ce culte montre l'aboutissement d'une évolution de la figure politique aux États-Unis que même les créateurs de la série télévisée The Boys n'arrivent plus à dépasser.

La cinquième saison sur la résistance contre des super-héros déviants a, jusqu'à présent, montré un équivalent de Superman odieux, égocentrique, narcissique frustré, meurtrier... et désormais ayant des visions d'ange l'appelant à atteindre sa destinée : Dieu.

[Quelques heures avant l'épisode, DJT posta une image générée par intelligence artificielle dans laquelle il ressuscite Lazare... et des fans qui vendent des posters de Jésus soutenant Trump depuis 2000]

Oh... Oh...

Les auteurs de la série Andor, sur l'origine de la rébellion dans l'univers de La Guerre des étoiles, sont plus clairvoyants : usines-prisons, manipulation des masses lointaines par des médias sous ordre, plusieurs discours-modes d'emploi.

vendredi 9 août 2024

Le premier bureau de poste à l'arrivée en Corée

 Après quinze heures de vol direct, à longer tout en l'évitant les espaces aériens ukrainien et russes, et à faire un sacré zig-zag pour contourner le centre de Beijing autant que de passer trop près de la Corée du Nord, voici le voyageur marchant sur le sol coréen à l'aéroport international d'Incheon, construit sur une des îles du littoral à l'ouest de la capitale Séoul.

Une note linguistique : 인천, Incheon ou Inchŏn dans une ancienne transcription, car "eo" identifie ici un O ouvert. Sur place et les pays anglophones, on évitera ainsi le sÉoul français ; même principe 서울, Sŏoul - Seoul.

Le visa d'entrée autocollant ; désolé pour les marcophiles et philatélistes fiscaux.
Le QR-code ne peut être lu sur un smartphone normal.

De suite, une fois passé la frontière, se repérer pour quitter l'aéroport, profiter du voyage ou, dans mon cas, rejoindre l'aéroport de Gimpo et une liaison vers l'île de Jeju.

Dans cet ordre, ou pas : les toilettes, l'accès du train express entre Séoul et ses aéroports, une supérette,...

Panneau de direction vers le bureau de poste de l'aéroport d'Incheon.

... un bureau de poste !

Qui complète plusieurs points privés d'envois de colis, voir la page dédiée sur le site web de l'aéroport.

L'entrée du bureau de poste de l'aéroport d'Incheon, dans un coin d'un grand espace.

Comme je le verrai ensuite pendant le voyage, mêmes signalétique, agencement des meubles, services proposés (postaux comme financiers). La photographie reste vague : outre la sécurité d'un aéroport, il y avait un petit groupe de clients à ce moment-là.

Mais, pas d'utilisation personnelle : pas de carte postale, ni d'enveloppe adressée prête, et le but restait de trouver la navette ferroviaire vers la première grande étape du séjour.

À suivre.

jeudi 7 mai 2020

Collectionner des passeports : retrouver l'histoire

Philatélie fiscale aujourd'hui.

Depuis quelques mois, je suis les publications d'un collectionneur de passeports et de documents officiels de voyage : Neil, alias "Our Passeports" @ourpussports sur Twitter et qui a aussi un site web.

Une collection difficile de mon point de vue puisque ces documents sont rendus à l'administration d'origine et détruits en cas de renouvellement, et qu'advient-il de ceux des personnes décédées ? Conservés tant qu'un descendant y attache une valeur sentimentale ?

Neil est spécialisé dans les documents et passeports liés à la Seconde Guerre mondiale, notamment émis par les pays de l'Axe (Allemagne nazie, Italie fasciste, Japon impérialiste), leurs alliés ou les territoires occupés.
Aristides de Sous Mendes, sujet d'un timbre Europa en 1995 au Portugal ;
la thématique des Justes parmi les nations permet de retrouver ces héros de l'administration.
Cela comprend les documents de circulation obtenus par des personnes juives soit pour fuir l'Europe, notamment les visas délivrés par de courageux consuls à contre-courant des consignes de leur gouverment, tels le portugais Aristides de Sousa Mendes à Bordeaux, le japonais Chiune Sugihara en Lituanie.

Mais, aussi des autorisations pour que ces juifs puissent débarquer dans un pays d'Amérique ou en Palestine sous mandat britannique. Cela permet de retrouver des parcours individuels pendant les années trente ou la guerre.

Les dates extrêmes des représentations diplomatiques de l'Axe à l'étranger apparaissent régulièrement : derniers documents nazis émis au Japon en avril-mai 1945 ou peu avant la « libération » d'un pays d'Europe de l'Est par l'Armée rouge.

Au détour des pages, des timbres fiscaux pour payer ces visas. À mes yeux, de beaux fiscaux à l'effigie de George VI sur les passeports de voyageurs à destination de la Palestine, mais tous les pays et leurs timbres finissent par se dévoiler au lecteur, y compris les traditions administratives asiatiques aux tampons fort différents.

Pourquoi en parler aujourd'hui ? Parce que Neil présente une couverture de passeport qui rejoint ce que savent les collectionneurs de timbres de l'entre-deux-guerres.
Couverture d'un passeport de la Ville libre de Danzig (années 1920-1939), collection @Ourpussports.

La Ville libre de Dantzig fut une entité politique indépendante de l'Allemagne et de la Pologne, entre les deux guerres mondiales, le temps pour la Société des nations de définir le souhait de sa population.

Entité autonome signifie qu'elle a émis ses propres passeports et ses propres timbres de 1920 à 1939 (les habitants pouvaient aussi utiliser des timbres polonais surchargés s'ils passaient par le bureau de poste polonais).

Par extension, cette collection peut se diriger vers une collection de documents d'origine administrative, tel celui-ci illustrant une réquisition de pommes de terres auprès d'un fermier polonais en 1942.

La version initiale de cet article est parue sur le site de l'Association philatélique montpelliéraine, le mercredi six mai 2020.



jeudi 14 juillet 2016

Paris-Philex (7) : la philatélie, une histoire des empires et de la mondialisation ?

Les deux, mon commandant !

Une passion issue du dix-neuvième siècle européen.
Le collectionneur, le philatéliste, l'historien postal ou le curieux du contexte de tout cela lira avec attention le numéro d'été du mensuel français L'Histoire - dont le site web a changé d'adresse, intitulé XIXe siècle. Le monde est à nous ! La mondialisation à l'européenne.
Couverture du numéro été 2016 de L'Histoire en vente en kiosque jusque fin août (site de L'Histoire).
Le lecteur notera toutes les images d'Européens inventifs et ingénieux, pionniers même, et d'indigènes de tous les autres continents travaillant au profit exclusif des entreprises et des États européens et des colonies de peuplement établis par l'une des plus grandes dispersions de migrants de l'histoire humaine. Plus de cinquante millions vers les Amériques... Ça relativise bien des circulations récentes.

Le philatéliste fiscal notera un timbre fiscal états-unien sur une action de 1864 de la Keystone Zinc Company de Philadelphie, page cent quatorze dans un article sur « Comment la City [londonienne] a propulsé New York »... Les débuts de la mondialisation financière.

Pour ceux qui aiment remettre en cause leurs préjugés sur les personnages historiques ou les grands actes humains, ce même numéro interroge Louis XIV et sa puissance : son règne fut-il celui où le roi absolu contrôla la noblesse ? Ou obligé de veiller constamment sur les finances du royaume et sur une noblesse frondeuse à Versailles, par les arts et les (nombreuses) guerres, fut-ce celle-ci qui contrôla le devenir de la France, le roi ne faisant que suivre ?

Le numéro des Collections de L'Histoire de l'été est aussi décapant : la famille depuis les mythes bibliques jusqu'à nos jours, de la gestation pour autrui à Rome à l'hypothèse que la filiation constitue davantage les familles que le mariage.

Quel rapport entre cette lecture impériale et mondialisée du monde et Paris-Philex ?

L'histoire postale de la conquête européenne du monde : le cas aérien de l'Afrique.
Arrivé à ce septième article sur le championnat de France de philatélie de 2016, il reste encore à aborder l'aérophilatélie et plusieurs collections montrant les liaisons postales internationales tous azimuts au cours de la première moitié du vingtième siècle, quant les puissances coloniales croyaient en leur apogée durable.

Deux compétiteurs illustrent magnifiquement cela à travers l'établissement des compagnies aériennes à travers le continent africain : René Maréchal avec l'Imperial Airways vers l'Afrique du Sud (1925-1937) et Daniel Blanquerin avec Air Afrique vers Madagascar (1925-1939).
Les premières pages des collections de M. Maréchal (gauche) et de M. Blanquerin (droite) à Paris-Philex 2016.
La confrontation de leur première page respective permet de constater la diversité des approches et des présentations... La carte de M. Blanquerin permet de constater que le continent africain est maillé par les liaisons aériennes mises en place pendant l'entre-deux-guerres, mais aussi la concurrence entre les compagnies.

L'Imperial Airways, britannique, oblique fortement vers le sud-est de l'Europe pour connecter toutes les colonies britanniques depuis l'Égypte sous influence jusqu'au Dominion sud-africain. Air Afrique ou Transafricaine en 1928, après fusion de plusieurs lignes, établit un pont entre les colonies françaises d'Afrique et Madagascar.

Deux textes d'introduction et un plan qui suit une logique d'établissement progressif des lignes, chronologiquement plus marqué chez Blanquerin, plus géographique pour Maréchal. Bonus pour le premier : une bibliographie [présenter une bibliographie par contre...].

Au bilan des juges : quel empire bénéficiait des meilleures liaisons aériennes impériales ? Aucune idée. Grand vermeil pour la collection Air Afrique et deux points devant et prenant quatre points en quatre ans, médaille d'or et meilleure collection d'aérphilatélie pour Imperial Airways.

Pourquoi pas de photographies d'enveloppes ? J'en ai pas... Un peu fatigué en fin de parcours. Pourquoi placer l'aérophilatélie si loin dans l'exposition, après polaire et ouverte, et pas aux côtés de l'histoire postale ?

Une conquête créant des connections mondialisées alors surprenantes.
Pour l'histoire postale, économique et sociale, l'impérialisme des puissances européennes, le profitisme des grandes compagnies occidentales selon la grille de lecture ou la dispersion de migrants européens connectent des territoires aussi inattendus que les exemples que je vais piocher dans quelques collections.
Enveloppe oblitérée à Jérusalem, mandat britannique de Palestine, le vingt-neuf juillet 1940 pour Hanoï en Indochine française (collection Christian Abravanel, Paris-Philex 2016).
Un courrier entre une banque de France métropole et la Banque de l'Indochine à Hanoï, logique. Sûrement moins fréquent mais envisageable avec une banque d'une autre colonie française.

Mais, entre une banque de Jérusalem et celle de l'Indochine ?! Cette enveloppe est présentée par Christian Abravanel, webmestre du site du Cercle français philatélique d'Israël, dans Les échanges postaux entre civils en provenance et à destination de la Palestine entre 1938 et 1945, sur laquelle je reviendrai dans le prochain article sur Paris-Philex.

Sous l'enveloppe, il propose un planisphère des principales voies aériennes et maritimes intercontinentales encore disponibles à ce moment de la guerre où le Royaume-Uni est seul face à l'Axe.
Lettre de Kerguelen vers Le Havre, acheminée à Point Natal par un navire ravitailleur norvégien en mars 1912 (collection Alexis Cottineau, Paris-Philex 2016).
Changement de climat et d'époque : dans une collection d'« oblitérations maritimes sur Semeuse (1903-1941) », Alexis Cottineau de l'Amicale philatélique Nostradamus de Salon-en-Provence atteint les recoins du monde de 1912 avec cette enveloppe partie de Kerguelen, acheminée par un navire ravitailleur d'un compagnie baleinière (colonisation, mondialisation et environnement) vers l'Afrique du Sud pour une remise dans les circuits postaux maritimes. En trois semaines, elle est arrivée à destination au Havre.

Mais un « monde européen » éphémère voire pas conformes aux préjugés coloniaux.
En se plaçant dans l'entre-deux-guerres, la majorité des collections se situe déjà à la fin de ces empires coloniaux : à entendre clamer qu'ils sont envahis pour être « civilisés », des indigènes qui ont suivi le chemin de la « civilisation » réclament les droits qui vont avec les nombreux devoirs qu'ils leur ont été imposés, non sans violence.
Lettre portant une Marianne de Decaris illégalement surchargée « Algérie française 23 avril 1961 » (collection Égon Habé, Paris-Philex 2016).
Bien évidemment, la collection grand vermeil de l'Alsacien Égon Habé illustre ce thème de la fin des empires avec, en philatélie moderne, « la Marianne de Decaris surchargée EA » par les autorités algériennes indépendantes entre juillet 1962 et janvier 1963.

En amont, il présente des surcharges des partisans de l'« Algérie française » (mais était-il pour l'application de toutes les valeurs de la République à toute la population ?) dans le contexte du Putsch des généraux d'avril 1961 ou des actions de l'Organisation de l'armée secrète à destination des élus de métropole.

Comment les empires coloniaux ont-ils pu finir si mal ? Exploitation contre « civilisation », racisme contre valeurs, etc. Sûrement aussi préjugés et complexe de supériorité face aux cultures indigènes jugées si pittoresques... Soupir.
Lettre de Rhodes italienne pour Téhéran en mai 1933 (collection René Maréchal, Paris-Philex 2016).
Merci à René Maréchal de fournir un formidable document de la diversité humaine, dans la seconde collection qu'il présentait, « La poste aérienne en mer Égée (1929-1947) ». Pourquoi cette zone si précise ? Elle est une escale possible sur la route entre l'Europe et le Proche-Orient - un autre courrier montre les liaisons aériennes entre pays baltes et Pologne d'une part, et la Palestine d'autre part via la mer Égée.

Ensuite, car Rhodes et les autres îles du Dodécanèse sont sous contrôle italien, alors que Mussolini veut faire de l'Italie une grande puissance, ce qui passe par l'aviation sur le modèle impérial britannique et français (voir plus haut).

Maintenant, suivons grâce à M. Maréchal cette enveloppe dont le verso timbré était présenté au visiteur de Paris-Philex et le scan du recto en-dessous. Elle est expédiée de Rhodes par un dénommé Albert Israel le onze mai 1933. Elle est déposée le lendemain à Athènes (oblitération à gauche des timbres) par Aero Espresso Italiana. Quatre jours après, Imperial Airways l'emporte d'escale en escale jusqu'à Bagdad (oblitération à droite des timbres). Là, c'est une compagnie allemande, Junkers Luftverkehr Persien, l'amène à Téhéran le vingt-et-un.

Adresse transcrite en farsi et lettre parvenue à David Israël à l'École Alliance israélite universelle, institution internationale créée en France en 1860 - fondation commémorée en France par un timbre en 2010. Le courrier passe donc, d'entreprises concurrentes en entreprises, et dont les pays d'origine sont difficilement amis selon les paires constituées ; pour permettre la correspondance entre deux personnes de confession juive, dont une vivait dans un pays à majorité chiite qui, même devenu République islamique en 1979, assure une représentation politique minimale même si avec suspicion.

L'article de Wikipédia signale comment l'Alliance israélite universelle ouvrit des écoles avec le soutien des autorités perses au tournant du vingtième siècle et qui connurent une certaine popularité auprès des élites musulmanes... Peut-être car elles furent davantage françaises au départ qu'israélites et persanes par la suite ?

Une diversité postale pour une histoire de rencontres humaines variées, au-delà des intérêts géopolitiques ou commerciaux. Très beau souvenir qu'est cette enveloppe dans une collection grand vermeil et prix spécial du jury qui rejoint le long palmarès aérophilatélique de M. Maréchal depuis 1995.

À suivre...
Encore un article sur les collections de Paris-Philex : comment la Seconde Guerre mondiale inspire les collectionneurs.