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dimanche 1 décembre 2024

"With Gaza" : émission commune des postes arabes

 Découverte sur le réseau social X (moribond Twitter), plusieurs postes de pays arabes ont émis les vingt-huit et vingt-neuf novembre 2024, un timbre à l'illustration commune en soutien aux civils de Gaza, subissant depuis octobre 2023 une offensive anti-terroriste de l'armée israélienne devenue depuis une vengeance divine ? Un crime de masse ? Un nettoyage ethnique ? Un génocide ?

L'annonce de l'émission With Gaza par la poste de Jordanie.

Avec pessimisme de ma part : un nouvel épisode de la cruauté humaine accompagnée d'un nouveau moment d'aveuglement d'autrui. Les Occidentaux menacent sans action, ni effet de ne plus autoriser les exportations d'armes vers Israël ; l'Iran titille Israël par l'intermédiaire de ses groupes alliés paramilitaires à Gaza et au Liban, et son allié le dictateur syrien ; et les pays arabes alentours en sont à accueillir des discussions confidentielles et à émettre un timbre-poste.

L'annonce de l'émission With Gaza par la poste d'Algérie.

D'après la mention marginale en alphabet latin du timbre marocain, l'illustration commune est créée par Maran H. Al-Mazahreh.


L'annonce du timbre With Gaza par la poste du Maroc.

Une enfant, portant un keffieh blanc et noir, regarde, à travers un trou dans un mur d'immeuble bombardé, flotter le drapeau palestinien dans un ciel bleu, accompagné de trois colombes blanches.

Chaque élément est un symbole d'après le communiqué du Ministère de la poste et des télécommunications d'Algérie : de la souffrance vers la justice et l'histoire millénaire de la population de la Palestine.

L'annonce du timbre With Gaza par la poste du Qatar.

Le sujet étant diplomatiquement difficile, j'ai remarqué que le compte X de la poste du Qatar place le timbre à l'unité et en bloc en minuscule sur l'image d'illustration. De plus, contrairement aux autres émissions philatéliques, pas de photographies d'officiels en cérémonie premier jour pour ce timbre - diplomatie ou respect du deuil.

L'annonce du timbre With Gaza par la poste de la Tunisie.

Le vingt-neuf novembre est, depuis 1978 suite à un vote de l'Assemblée générale des Nations unies, la Journée internationale de la solidarité avec le peuple palestinien.

À l'écriture de cet article, le dimanche premier décembre vers dix-neuf heures de Paris, voici les pays que j'ai trouvés par moi-même (détails techniques via les vendeurs eBay ; * : différence avec la source suivante) :

- Algérie (communiqué de presse en anglais du Ministère de la poste et des télécommunications),

- Jordanie,

- Maroc,

- Qatar,

- Tunisie* (non citée par Richard Zimmermann ; feuille de vingt timbres).

Le blog Joint Stamp Issues de Richard Zimmermann, à la page des nouvelles de novembre 2024, signale une liste des pays (en anglais ; *différences entre les deux listes) :

- Algeria, 

- Egypt*, 

- Iraq* (dont la majorité gouvernementale est chiite actuellement), 

- Jordan, 

- Libya* (où le conflit civil se refroidit lentement, mais avec toujours deux entités face à face), 

- Morocco, 

Le feuillet With Gaza de la poste d'Oman.

- Oman (feuille de huit timbres et un bloc-feuillet), 

- Palestine* (ou ce que l'Autorité palestinienne parvient à tenir en Cisjordanie face aux colons israéliens),

- Qatar

- Syria* (voir ci-dessous).


Illustration du timbre With Gaza émis le sept octobre 2024 par la poste de la Syrie.

Ainsi que la poste de Syrie a émis deux timbre dès le sept octobre 2024... le jour anniversaire des massacres par le Hamas dans le sud-ouest d'Israël, provoquant la guerre qui s'ensuit depuis.

Avec la prise d'Alep ces derniers jours par les groupes rebelles et la fuite du président syrien à Moscou... il semble y avoir un retour de karma pour un des alliés du Hamas gazaoui.[1]

Sur eBay, le timbre ici illustré est vendu soixante dollars des États-Unis, plus cent les deux timbres sur enveloppe premier jour.


Note du huit décembre 2024 :

Karma tel que le président Bachar el-Assad a fui le pays et que son Premier Ministre organisait avec l'armée rebelle le transfert de pouvoir ce week-end des sept et huit décembre 2024.

jeudi 26 décembre 2019

Un tramway égyptien à Monacophil 2019

En face de l'exposition d'histoire postale maritime, pendant Monacophil 2019, le musée automobile de Monaco accueillait également des collections consacrées à l'Égypte : philatélie traditionnelle, histoire postale dont maritime, aérienne et ferroviaire, etc.
Carte postale d'un militaire français qui a débuté son voyage dans ce tramway en avril 1915, et à destination de Nîmes, dans le sud de la France (collection Ronny Van Pellecom, Monacophil 2019).
Une d'entre elles a suscité ma curiosité : les courriers transportés par le tramway Ramleh et Alexandrie, qui dessert depuis les années 1860 le littoral chic du port égyptien depuis la gare de Ramleh en direction du nord-est.

Le Belge Ronny Van Pellecom explique en introduction qu'une population européenne et plusieurs hôtels ont peuplé cette partie de la ville. De quelques villas, les stations de ce lien ferroviaire permet l'apparition de quartiers et, à son terminus, d'une université.

Le site de la Bibliothèque nationale de France, qui présente une poignée de cartes postales sur cette ligne, signale qu'à partir d'une convention de 1865, les rames transportent le courrier des bureaux installés dans les stations du tramway.

Pour en savoir plus, Van Pellecom propose un cahier sur le site de l'Amicale Alexandrier Hier et Aujourd'hui (le n°61, en octobre 2010). Au-delà, il faut retrouver le livre Ramleh-Alexandrie: Its Development and Postal History, 1863-1929, qu'il a publié avec Peter Grech et Aalain Stagier en 2010 ; une seconde édition augmentée est parue en 2015 (une critique est parue dans The Quarterly Circular of the Egyptian Study Circle de septembre 2015).

Utiliser les transports en commun existants pour déplacer du courrier et des colis... Une idée ancienne à relancer dans nos villes et nos campagnes ?

dimanche 25 octobre 2015

Échanges maritimes franco-britanniques entre 'Stamp' et 'Timbres magazine's

Comment présenter les lectures possibles de magazines philatéliques reçus en évitant l'énumération des articles plaisants ? Trouver une relation par coïncidence.


De Marseilleà... Marseille via Londres ?
Il y a quinze jours, lors de la Fête du timbre de Montpellier, à Castelnau-le-Lez, j'ai apprécié pour la troisième fois en un an la collection de marques d'entrées maritimes du courrier parvenant à Marseille des origines à la fin du dix-neuvième siècle, établie par le Roussillonnais Marcel Nadal, médaille grand vermeil à Londres, en mai 2015.

La première en avril, je comprenais à peine en quoi consister une exposition et peu de temps pour tout explorer. En mai, à Londres, j'avais saisi les grands principes du plan. À Castelnau, ce mois-ci, j'ai observé les enveloppes provenant de colonies britanniques dont j'ai pris quelques photographies pour commencer à faire mes gammes.

C'est donc avec des courriers maritimes en tête que j'ai épluché, hier samedi après-midi, les trois magazines reçus, deux britanniques et un français datés novembre 2015 ; Stamp Magazine étant arrivé avec dix jours de retard à cause d'un lourd catalogue d'un marchand britannique - pas merci à La Poste UK.


De Marseille à Qusayr, ou vice-versa
L'enveloppe, pièce principale de la collection Manning d'histoire postale indienne, en couverture du catalogue (capture à partir du fichier pdf par Cavendish Philatelic Auctions).
Ce fut le premier lu tout de même, avec un long arrêt à la quatorzième page consacrée à quelques pièces d'enchères (grandes images, description de l'objet, prix de la vente). Le neuf septembre dernier, la maison Cavendish a vendu trente-quatre mille livres sterling une lettre de la collection indienne de Michael Manning...

... Et le cachet de Marseille qui me saute aux yeux - le rectangulaire d'entrée plutôt que celui où Marseille est écrit dessus, merci monsieur Nadal !

Envoyée en décembre 1836 de Calcutta, elle porte une marque de port payé de cette ville et les marques de passage par Madras et Marseille. Dans cette dernière, elle reçoit une marque de purification1 qui laisse quatre petites coupures. Enfin, un cachet ovale signale qu'elle fut récupérée et relancée par le forwarding agent marseillais Robert Gower & Co. vers le Royaume-Uni où elle reçoit un dernier cachet de port dû intérieur pour parvenir à sa destination finale Glasgow. Se reporter au catalogue pdf, page 51 pour l'arrière du pli.

Ce qui en fait sa valeur pour les collectionneurs britanniques est le cachet sur le côté droit : "Care of Mr. Waghorn / Cossier", connu en deux exemplaires seulement et la seule en main privée. L'autre lettre a pu suivre le même voyage avec acheminement, d'après la traduction de Léon Dubus, privé via Cosseir - al-Qusayr en anglais de nos jours, un port égyptien sur la mer Rouge.


De Qusayr à l'impatience des séries
De là, c'est un long article d'histoire postale de Timbres magazine qui m'intrigue.

En cinq pages et deux photographies d'enveloppes (aucun timbre isolé), Laurent Veglio raconte l'évolution de la voie maritime entre l'Europe et l'Australie entre 1856 et 1862, de la route du Cap à celle de Suez, et de là, les premières décennies de la colonisation du continent-pénitencier.

Mais, mon attention est prise en défaut : l'article est  indiqué comme le deuxième épisode d'une histoire postale maritime - avec voie anglaise donc - avec affranchissements français au type Empire non dentelé, et un troisième épisode à venir sur l'armée des Indes... Mais, un premier épisode ?

Et oui, agacé par l'éditorial sur la nouvelle formule, reprenant d'étranges arguments du numéro de mai précédent, et anesthésié par la thématique « Lyon, capitale de... », j'avais à peine relevé, dans le numéro 170 de septembre, l'article sur la route du Cap de Bonne Espérance. Ce dernier point sera corrigé et le premier l'objet d'un avis prochainement.

En attendant, ça en fait du bateau anglais portant du courrier français ou du courrier passant par la France en deux magazines différents. Vive le troisième épisode dans le numéro de janvier normalement.


Laissons-nous porter par les achemineurs
Retour à Stamp Magazine pour un coup d'œil sur une lettre navale de Malte à l'Écosse, en 1855. Son timbre britannique est oblitéré avec un P. dans un ovale, une des deux seules connues et vendues par Cavendish lors de la dispersion de la collection sur la guerre de Crimée de François Piat Dewavrin, toujours en septembre.

Mais, ensuite, ce sont ces forwarding agents qui m'intriguent désormais suite à la première lettre et une lecture récente d'un article de Stephen Walske dans le numéro de janvier 2015 de The London Philatelist,2 sur les blocus britanniques en Amérique du Nord pendant la guerre d'Indépendance et les guerres napoléoniennes, dans lequel ces achemineurs ont un rôle, notamment pour faire parvenir à l'intérieur des anciennes colonies des courriers enfin parvenus dans les ports états-uniens.

Ça tombe bien : John Edwards propose l'étude d'un agence installée à Londres de 1866 au début des années 1920 par le gouvernement états-unien. Son objectif était, avec l'aide de l'attaché naval de l'ambassade, de faire suivre le courrier destiné aux marins de l'US Navy jusqu'aux navires selon leurs escales en Europe jusqu'à l'Empire ottoman (cas d'une enveloppe confiée au soin du consul américain à Smyrne).

The United States Despatch Agency utilisa ainsi neuf cachets ovales reproduits et décrits dans un tableau complétant l'article.


Et tout cela ne fut qu'une partie du temps de lecture d'hier après-midi.

Notes :
1 : rappelons que le jeudi trente-et-un mars 2016, Guy Dutau présentera une conférence au siège de la Royal Philatelic Society London consacrée aux courriers désinfectés de France.
2 : pour les non membres de la Royal Philatelic Society London, les numéros de l'année du London Philatelist sont vendus en version numérique pour trois livres sterling le numéro. Une intégrale sur clé USB existe également.

vendredi 23 mai 2008

L'été approche

Le manque de soleil et de chaleur stable à Paris incite à parcourir les timbres des pays chauds.


Cet entier égyptien envoyé vers Paris en 1904 appartient à la première partie politique de l'histoire philatélique de ce pays : le gouvernement khédivial des descendants d'Ismaïl Pacha. Ce régime tombe en 1914 lorsque les Britanniques placent le second fils de Pacha, Hussein Kamal, à la tête d'un sultanat.

La plus grande partie des premiers timbres d'Égypte représentent, de 1872 à 1914, la même scène que cet entier : la pyramide de Khéops et le Sphinx.