Affichage des articles dont le libellé est Pologne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pologne. Afficher tous les articles

mardi 6 mai 2025

Des colis piégés de juillet 2024... et mars 2025

 En exclusivité, ce lundi cinq mai 2025, Pjotr Sauer et Shaun Walker, deux journalistes du quotidien britannique The Guardian rapportent les faits et l'enquête menée par les services de renseignements européens contre une opération de placement de colis explosifs dans les flux aériens de l'Union européenne pendant l'été 2024.

Si le titre de l'article attirera des sourires gras, la réalité des complots ourdis côté russe de la guerre froide Europe - Russie semble avoir pris un tour dangereux pendant l'été 2024, avant que divers représentants des États concernés et des États-Unis contactent leurs homologues à Moscou.

Il y a neuf mois, en juillet 2024, trois colis déclenchés par leur explosion des incendies, relativement limités, dans des entrepôts logistiques aériens de DHL à Birmingham en Angleterre, Leipzig en Allemagne et Varsovie en Pologne ; tous avec point de départ la Lituanie.

Si les médias européens en ont fait l'écho, aucun n'a trop insisté ensuite.

Peut-être parce que les services de renseignements des pays d'Europe se lançaient dans la recherche des auteurs et des commanditaires, même si la Russie paraissait le coupable idéal.

La publicité en ce printemps 2025 provient de l'arrestation en cascade d'août à novembre 2024 d'un tout petit groupe de Russes et Ukrainiens, vivant réfugiés en Pologne, principalement là où ils vivaient et le dernier par les agents du renseignement de Bosnie-Herzégovine alors qu'il venait d'entrer illégalement  et se cachait dans une cabane, préférant rejoindre la Russie et une sanction pénale pour ses activités délinquantes à Rostov-sur-le-Don que, savait-il désormais, pour un complot terroriste.

Si ce groupe-ci n'est peut-être pas à l'origine des colis explosés, leur récit aux enquêteurs polonais semble poser le mode de fonctionnement du complot.

Par une chaîne de petits jobs proposés aux réfugiés ukrainiens russophones en Pologne sur le réseau social Telegram, ce petit groupe d'hommes remarque un compte proposant une tâche simple de confection de paquets, mais, payant grassement quelques centaines de dollars des États-Unis, pour l'achat de jouets sexuels, matelas de massage, et produits cosmétiques, puis l'envoi en plusieurs colis de Lituanie vers des destinations en Europe.

D'après les enquêteurs, cela a permis aux comploteurs cachés derrière ce compte Telegram de repérer, minuter et localiser les déplacements des colis dans le réseau logistique - ah, le suivi de colis ouvert à tous, pour peu qu'on est le numéro de suivi.

La salve de mi-juillet comprenait un cosmétique piégé : un gel explosif, un produit instable et le détonateur à compte à rebours dérivé d'un de ces gadgets géolocalisant les objets personnels. Cela fut découvert grâce à un quatrième colis qui n'a pas explosé dans un dépôt à Varsovie.

L'erreur fut quand le commanditaire ordonna à un membre de ce groupe d'acheter des vêtements de sport de marque états-unienne et d'envoyer le colis toujours en express vers une adresse aux États-Unis. Là, le premier août, les logiciels des douanes ont dû sonner l'alerte rouge : pourquoi expédier chèrement des vêtements de marque vers un pays où on les trouve déjà, pour ne pas dire aussi voire moins cher qu'en Europe ?

De là, un premier citoyen polonais est arrêté et les membres de ce petit groupe de connaissances (ou de complices : à la justice de trancher) d'être arrêtés un à un chez eux ou à proximité.

Sauf un qui l'apprenant, fuit vers la Slovaquie se cachant plusieurs semaines de village en village, pour rejoindre les forêts entre Croatie et Bosnie-Herzégovine, et espérer prendre un vol Serbie - Russie, où la police et des affaires non terminées l'attendent pourtant.

Et là, est peut-être d'après les journalistes, une preuve de l'orchestration à un certain échelon par les services de renseignements russes. La découverte du colis posté le premier août provoque l'information du gouvernement des États-Unis, le choc qu'un avion de marchandises voire un avion de passagers avec une soute louée par un groupe logistique explose en vol... avec les conséquences humaines et géopolitiques...

D'où les appels vers les homologues russes... Et, apparemment, la fin des incendies de colis aux origines criminelles en Europe. D'après les journalistes, les organisateurs du complot en Russie ont lâché « les petites mains », voire ont livré suffisamment d'informations pour les pister : le dernier arrêté en Bosnie a appelé son épouse en Russie peu avant. Il semble une habitude des services russes de se servir de délinquants et petits criminels pour ce genre de choses, il y a toujours moyen si nécessaire de les arrêter et les mettre en prison grâce à leur passé.


Le dernier paragraphe est de moi :

Ceci explique sûrement pourquoi certains sites de suivi des postes et logisticiens européens sont moins loquaces sur les dates et lieux, par rapport aux années précédentes.

Cela justifie peut-être aussi la politique trumpienne sur la capacité du public à envoyer ou recevoir autant de colis au risque de noyer des pièges dans ce flux stunamien, entre son bras de fer commercial avec la Chine et un compte-rendu de sécurité qu'il écoute visiblement mieux que sous son premier mandat.


Compléments inquiétants du vendredi seize mai 2025 :

Mercredi quatorze mai, la presse allemande (puis The Guardian) signale une enquête policière ayant abouti à l'arrestation de trois nationaux ukrainiens en Allemagne et en Suisse pour les mêmes motifs que décrits en Pologne.

Sauf que la dernière opération d'envoi de colis daterait de mars 2025...

Sur l'ordre d'un premier suspect, le second a envoyé deux colis express de Cologne vers l'Ukraine, contenant un traceur GPS inclus dans la confection par le troisième homme. Apparemment, sur consigne donnée à distance par des agents soupçonnés d'être liés à la Russie.

L'article précise pour les colis de juillet 2024 que c'est un retard des avions qui a empêché l'explosion et l'incendie en vol. Les opérations divulguées cette semaine viseraient-elles à poursuivre le complot sur des vols logistiques, en évitant de placer ces colis piégés sur des vols de passagers (seulement l'équipage ce qui est déjà trop).

samedi 8 mars 2025

La boîte aux lettres, place Henri Krasucki, à Montpellier

 Ma participation du samedi huit mars au #postboxsaturday des réseaux sociaux : la boîte aux lettres, place Henri Krasucki, faubourg Boutonnet, à Montpellier.

Boîte aux lettres haute et jaune de La Poste française, plantée à l'ombre d'un olivier, place Henri Krasucki, à Montpellier (licence Creative Commons BY-NC-SA 4.0).

Au nord du centre médiéval de Montpellier, l'Écusson, se trouve des faubourgs anciens, dits faubourg Boutonnet au nord-ouest, et, plutôt dix-neuvième siècle dits des Abattoirs, puis Beaux-Arts au nord-est. 

Pour ce dernier, le généalogiste-vidéaste Ketella a diffusé tout dernièrement une recherche ingénue sur une famille de bouchers montpelliérains, qui évoque notamment le déplacement pour motifs d'hygiène des abattoirs vers l'extérieur de la ville. Elle sert aussi de mode d'emploi sur les annuaires anciens en histoire familiale.

La place Henri Krasucki, au cœur du faubourg Boutonnet, à Monpellier (licence Creative Commons BY-NC-SA 4.0).

Comme on le remarque aisément, le quartier a subi une modernisation partielle autour de cette place. D'abord, à partir de ma lecture des cartes et photographies aériennes anciennes proposées par Geoportail de l'Institut géographique national, une extension de l'espace libre avec la destruction de bâtiments bien alignés à gauche hors-champ, probablement lié à l'ancienne École d'infanterie, et de destructions d'anciens immeubles, avec récupération probable des derniers grands jardins.

La rue du Faubourg-Boutonnet quand elle débouche sur la place Hanri Krasucki, en mars 2023 (Google Street View).

Si les deux rues longeant la boîte deviennent, à gauche, une « auto-rue » sans âme jusqu'à arriver aux commerces et activités du quartier des Beaux-Arts, et à droite, une rue résidentielle dense jusqu'à la place Albert Ier [de Belgique] et l'Écusson, derrière le photographe, c'est la partie animée de la rue du Faubourg-Boutonnet avec ces commerces et restaurants du quotidien.

Ils animent le quartier résidentiel alentours, y compris une maison de retraite et une cité universitaire au sommet.

Henri Kraucki en juin 1983 par Olivier Victor Marius Dumay (licence CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=97263603).

Quant à Henri Krasucki (1924-2003), il serait bien temps que les syndicalistes français du dix-neuvième et vingtième siècles aient droit à une série de timbres-poste... avant dilution des droits sociaux en France.

Déjà, rien que sa vie (merci aux Wikipédiens).

Car, avant d'être naturalisé français en 1947, d'animer la Confédération générale du travail (C.G.T.) jusqu'à en devenir le secrétaire général de 1982 à 1992, il a été résistant contre l'Occupation allemande et même au sein du camp de concentration de Birkenau, Jawischowitz et Buchenwald, survivant aux mines du second et à la marche de la mort vers le troisième.

Timbre du cinquantième anniversaire des accords franco-polonais d'immigration de travail - une des rares immigrations dont la France fut fière... (via Phil-Ouest.com).


Son père, ouvrier textile communiste polonais, arrive en France en 1926, rejoint par sa femme et son fils aîné, né dans un village juif en bordure de Varsovie. À Paris, ils tiennent un atelier de textile à Belleville et poursuivent leurs activités communistes et révolutionnaires, dans lesquelles leur fils cadet Henri les rejoint et où il est instruit par le futur « Colonel Fabien ».

Bon élève au lycée, Henri préfère cependant devenir ouvrier-adjusteur. En 1939, le pacte germano-soviétique, puis en juin 1940, l'occupation allemande, font entrer la famille dans la clandestinité sous de fausses identités.

À quinze ans, il entre dans la résistance avec les Jeunesses communistes dans la section juive de la Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) du Parti communiste dans le 20e arrondissement : sabotages, tractages, mais aussi actions armées.

Sa famille et lui paient le prix de ces actes. En février 1943, son père Isaac meurt dans une chambre à gaz de Birkenau. Deux mois après son père, Henri, sa mère et sa sœur sont arrêtés et torturés sans parler par les inspecteurs des Renseignements généraux français.

Livrés aux Allemands, il fut avec ses camarades parisiens des rares survivants du convoi 55 parti de Drancy, le vingt-trois juin 1943, arrivé à Birkenau. Après les travaux forcés et résistance interne aux camps, il revient à Paris le vingt-huit avril 1945.

Certes, les Français des Trente Glorieuses et des années Mitterrand-Chirac ont retenu le syndicaliste menaçant de grève pour lutter pour les droits des travailleurs, et son silence comme beaucoup face aux tentatives de liberté en Europe de l'Est en 1953, 1956 et 1968.

Centenaire des accords sur l'immigration polonaise en France (boutique web de Philaposte en 2023).


Par contre, malgré son statut de résistant combattant, une journaliste du Figaro Magazine lui reproche, en 1987, d'être un « Français de fraîche date » qui se permet de critiquer la politique de la France, alors sous le gouvernement de droite de Jacques Chirac.

Sur ce moment-là, il raconte l'histoire résistante et tragique de son père. Dans un journal syndicaliste, il rappelle qu'on ne rappelle pas à un autre natif polonais juif ses origines : le cardinal archevêque de Paris, Jean-Marie Lustiger, à la jeunesse également instructive sur les Français de l'entre-deux-guerres et dont la mère fut assassinée en déportation sur dénonciation d'une employée avide. 

Voire à un descendant de la grande noblesse polonaise, du Premier Empire français, de Talleyrand... le prince Michel Poniatowski, parachutiste-commando des Forces françaises libres, plusieurs fois parlementaire, et aussi ministre de l'Intérieur sous le président Giscard d'Estaing.

Tous trois étant de la même génération née dans les années 1920 et ayant risqué leur vie pendant la Seconde Guerre mondiale.


Complément du samedi huit novembre 2025 :
L'Institut national de l'audiovisuel, institution française d'archivage des productions télévisuelles, propose un extrait du journal télévisé de France 2 du vingt-quatre janvier 1995, donc à la date du cinquantenaire de la libération du camp de concentration nazi d'Auschwitz par l'Armée rouge soviétique.

Interrogé par Daniel Bilalian, Henri Krasucki y témoigne de ce vécu et de sa volonté de vivre ensuite... tout en sachant ce dont les êtres humains sont malheureusement capables.


Compléments du mardi dix-neuf mai 2026 :

En septembre 2026, les éditions Flammarion publieront le témoignage laissé en 1978 par Henri Krasucki pour la Fondation pour la mémoire de la déportation.

Couverture de l'ouvrage à paraître en septembre 2026 (via la veille bibliographique de l'historien Florian Louis sur le réseau social BluSky).


Il y revenait sur la période d'engagement politique puis résistant de 1938 jusqu'à la trahison qui l'envoie entre les poings des tortionnaires nazis, puis en camp de concentration, y perdant son père. L'entretien se conclut avec la libération et le retour en France en 1945.

Le titre : Nous voulions vivre mais pas à n'importe quel prix. De Belleville à Auschwitz.

lundi 4 septembre 2023

Étranges gens que les politiciens, éditorialistes et journalistes français

 Ah ! L'immigration ! Sujet médiatique ! 

Certes, à bien envisager en termes politique, c'est-à-dire la gestion de la vie de la cité, du débat, etc.

Mais aussi, cache-misère des absences de politiques, voire pire des sabotages des services publics et des droits économiques et sociaux.

Pour les lecteurs non-français de ce blog, l'École publique, l'hôpital et la sécurité sociale, les assurances-retraite sont en piteux état à cause des politiques thatchériennes, néo-libérales, sarkozo-macroniennes, etc. connus dans d'autres pays.

Au Royaume-Uni, on découvre que, pour toucher baisser les impôts, les ministres conservateurs ont raboté les budgets d'entretien et de construction des bâtiments scolaires, hospitaliers et judiciaires, à tel point que ceux des Trente-Glorieuses réalisés avec un matériau pratique et peu cher, peuvent s'effondrer à tout moment ! Des milliers d'élèves vont reprendre l'école aujourd'hui à distance ou dans des locaux loués à fort prix par leurs écoles.

C'est pour cela que j'ai ét...

LÀ ! UN MIGRANT !!!!

...

... ?!

Que ? Quoi ? Qu'y a-t-il, M. le lecteur qui vient de hurler ?

Oui, l'immigration comme la fuite des cerveaux sont des sujets à penser, débattre, trancher, mais pas pour cacher les erreurs politicardes sur d'autres sujets.

Et, dans ce contexte, arrive, disais-je, une jolie et fleurie émission philatélique de rentrée.

Centenaire de l'immigration polonaise en France, timbre de 2023.

D'où ma surprise quant La Poste française décide, ce lundi quatre septembre 2023, de marquer le centenaire de l'accord du trois septembre 1923 sur l'immigration de travailleurs polonais et leurs familles entre la France qui a besoin des bras perdus dans la Grande Guerre et le nouvel État polonais qui a besoin de capitaux pour s'établir et se protéger des anciens empires voisins.

On attend un timbre pour d'autres populations nationales... en sachant que si c'est une question de religion, rappelons que dans la France méfiance, anticlérical et laïque, les migrants catholiques pratiquants ne furent pas accueillir les bras grands ouverts par tous. Demandez aux Italiens d'Aigues-Mortes.

Ce timbre montre à la fois que ces migrants ont répondu aux besoins immédiats de la France dans des métiers fort difficiles : la mine de charbon, que l'arrivée de diplômés et l'intégration des enfants dans des métiers comme la médecine...

Timbre du cinquantenaire de la même diaspora en 1973 (via Phil-Ouest).

Et c'est la seconde fois que cet accord est rappelé par les postes françaises : déjà en 1973 pour le cinquantenaire avec ce timbre de Raymond Juskowiak gravé par Pierre Béquet.

D'autres cultures minoritaires ou migrations ont été évoquées, mais généralement par des personnalités depuis Rachi, rabbin né à Troyes au onzième siècle jusqu'à l'émir Abdel-Kader dont la résistance reconnue par Napoléon III rappelle aussi la place des Algériens dans l'histoire de France en passant par les célèbres migrants italiens de la Renaissance - l'artiste Léonard de Vinci comme les reines.

Ou un bâtiment-clé comme la mosquée de Paris de 1912. L'exception serait l'abolition de l'esclavage dont les timbres évoquent les Africains déportés, même si je crois que le timbre sur Solitude est une première de commémoration des martyrs de la traite et de l'exploitation humaine.

Dans un pays dont les élus animent le débat sur les derniers arrivés - souvent par des élus eux-mêmes enfants de migrants... -, il est intéressant de voir la diaspora polonaise représentée collectivement dans la philatélie française.

dimanche 8 mai 2022

Concurrence papier-carton : un problème pour les timbres ?

 Ce dimanche huit mai 2022, Jérôme Lachasse du site d'information BFM résume la crise des industries et services liés au papier et à l'impression ces derniers mois, et pourquoi cela ne va pas s'améliorer.

Les rédacteurs en chef de plusieurs périodiques avertissent déjà depuis plusieurs mois leurs lecteurs sur des augmentations de prix à venir, encourageant les abonnements voire les abonnements aux versions numériques de leurs titres.

L'article explique notamment la logique de concurrence entre le papier et le carton quand l'industrie papetière doit choisir quel matériau produire avec du bois ou du papier recyclé. La tendance à consommer depuis chez soi valorise rapidement le carton d'emballage (voir mes articles sur « le carton philatélique »).

Or, le papier peut être recyclé en papier ou en carton, mais le carton ne se recycle qu'en carton... enfin, quand il est récupéré et revalorisé.

Le journaliste illustre comment le secteur de l'édition littéraire connaît des retards dans la publication ou des coûts accrus. Après ses alertes sur le naufrage de Presstalis, le dirigeant de Presse Non Stop (Canard PC) s'inquiète publiquement de l'avenir de la presse imprimée. À cela, Jérôme Lachasse ajoute le prix des encres et la difficulté à se procurer de l'aluminium (russe) et des plaques d'aluminium (ukrainiennes) pour le matériel d'imprimerie...

Une récente commande de timbres de Pologne : leur dimension au fil du temps traduit-elle la chèreté du papier ? Pour l'échelle, le timbre de solidarité avec l'Ukraine mesure 3,1 x 2,5 cm (au milieu gauche et scannés à l'envers...).

Le collectionneur de timbres saute donc à l'étape suivante : que va-t-il arriver des programmes philatéliques ?

Si les timbres de soutien à l'Ukraine sont arrivés rapidement dans quelques pays d'Europe centrale et orientale, j'ai remarqué qu'une partie d'entre eux paraissent plus petits que les timbres habituels de la poste nationale concernée.

Par exemple, sur le scan ci-dessus, plusieurs timbres de Pologne des dernières années : on remarque la petitesse relative du timbre de soutien à l'Ukraine et d'un des timbres (centenaire de la naissance du poète et résistant Krzysztof Kamil Baczyński) de 2021.

Un collectionneur spécialisé de Pologne dira s'il s'agit d'une tendance ou d'une exception. Mais, il est possible que le service philatélique a vu petit pour un timbre hors-programme demandant à puiser dans des stocks coûteux à renouveler immédiatement.

Quant est-il à l'imprimerie Philaposte de Boulazac, celle du service philatélique de La Poste française ? Voire, comme les billets de banque de plusieurs pays, ira-t-on vers une généralisation d'autres matériaux : carton fin, voire polymères, cette fois-ci, en dehors de toute émission-gadget ?

mercredi 4 mai 2022

Du carton philatélique (2/3) : recyclage de recommandé en Pologne

 Continuons avec l'enveloppe polonaise qui reprend un peu de plastique avec du papier-bulle : ce fait et d'autres éléments montrent que les services philatéliques prennent au sérieux les envois vers l'étranger. Il doit être très coûteux de s'échanger des courriers recommandés en cas de vols ou de dégradation du contenu.

La boutique web de Poczta Polska est disponible en polonais, allemand et anglais, les prix en złotys.

Recto de l'enveloppe recommandé du service philatélique polonais. Date d'expédition ? En tout petit en haut à droite.

Aucun timbre-poste... Un tampon polono-anglophone de ne pas plier. Le respect du français de l'Union postale universelle tient en deux mots enhaut à droite de numéro de la recommandation : « taxe perçue », qui est aussi le seul endroit où la date d'expédition est mentionnée : le quatre avril 2022.

Trois mots de français, tout le reste en polonais.

Google Traduction fournit une application sur smartphone qui propose des traductions à la volée.

On remarquera que la fermeture de l'enveloppe est scellée par la pochette plastique contenant les mentions d'expédition, de taxe perçue et de destination.

Ne passant ni par WOPA+, ni avec un paiement en carte bancaire ou par PayPal, c'est ma commande récente qui m'a demandé le plus de temps et qui encourage la marche à pied :

- 25 mars : commande réalisée sur la boutique web de la poste polonaise,

- 28 mars : envoi par courriel des coordonnées bancaires de la poste polonaise,

- trouver un jour pour aller au guichet bancaire pour effectuer un virement européen (plus frais),

- 31 mars : accusation de réception du montant de la commande,

- 1er avril : réalisation de la commande,

- 4 avril : expédition postale,

- 9 avril : premier essai de distribution par La Poste (reporté au relais postal urbain = autocollant Monoprix habituel),

- 12 avril : avoir le temps d'aller chercher le recommandé au dit relais.

Néanmoins, elle est très solidement fixée dans son enveloppe :

Un des quatre contenant de cette commande : une enveloppe à étiquette détachable.

Dans l'ordre de l'épluchage, après l'enveloppe à bulles, cette enveloppe blanche dont la partie jaune est adhésive et détachable. À la traduction, elle fait figure d'accusé de réception avec signature pour un envoi national.

A l'intérieur, deux cartons d'un millimètre d'épaisseur chacun maintenus par quatre autocollants faisant office de sceaux - impliable sauf à le faire violemment exprès - contient une petite enveloppe A5 à quatre sceaux avec les timbres commandés.

Un peu de plastique et d'adhésif, mais du carton solide.

On apprécierait juste que Poczta Polska accepte les paiements par carte bancaire internationale ou système de type PayPal, quitte à augmenter les frais d'expédition - ma banquière a été gentille de ne pas compter le forfait fixe du transfert qui coûtait la commande. Combien de clients abandonnent la transaction face à cette annonce au guichet ?

mardi 19 octobre 2021

Des graveurs et artistes du timbre en cet automne 2021

 Depuis quelques années, les magazines philatéliques britanniques consacrent de plus en plus d'articles sur les graveurs de timbres-poste et le centenaire de la naissance de Czesław Słania, ce vendredi vingt-deux octobre, va accroître cet intérêt.

L'annonce du numéro de Stamp Collector daté décembre 2021, en kiosque le douze novembre au Royaume-Uni, avec le timbre suédois du centenaire de Czesław Słania.

Ainsi, Stamp Collector annonce pour le numéro daté décembre 2021 un article sur l'anniversaire du graveur polonais installé en Suède à partir des années 1950, et dont la finesse de la gravure a chargé de nombreuses administrations postales et de collectionneurs.

Pour les amateurs, Adrian Keppel propose une double page mensuelle sur un graveur dans Stamp Magazine : Lars Sjööblom dans le numéro daté octobre, Alfred Downey dans celui de novembre.

Et cela permet d'inciter à retrouver aussi les autres artistes du timbre. Le Stamp Collector de novembre propose de découvrir la philatélie tunisienne avec Ed Fletcher par deux biais : une histoire des premiers timbres jusqu'à l'indépendance, puis par les illustrations et le texte, les premiers timbres de la Tunisie indépendante d'un artiste en particulier : Hatem el Mekki.


De l'autre côté de la Manche, le Musée de La Poste, à Paris, poursuit jusqu'au premier décembre prochain son exposition À la pointe de l'art. L'exposition, que j'ai visitée en juillet, comprend trois axes majeurs sur place : des centaines d'œuvres d'arts variés de neuf artistes, depuis les graveurs professionnels jusqu'aux artistes touche-à-touche ; les œuvres des graveurs employés par le service philatélique français ; et une genèse en timbres et vidéo du Coq de Decaris pour mettre tout cela en action.

Est-ce la contrainte du covid et des restrictions liées alliée aux expérimentations philatéliques de par le monde ? Le Musée propose également de revoir des conférences diffusées sur internet et des courtes séquences vidéo aux futurs visiteurs ou à ceux empêchés de se rendre à Paris. Cela permet d'étendre aux études philatéliques et artistiques, ainsi qu'aux arts littéraires, de participer de cette célébration du timbre-poste.

Pour en savoir plus sur la démarche de cette exposition, on peur se tourner vers l'entretien avec Monika Nowacka, responsable du département des collections philatéliques du Musée de La Poste, paru dans Atout timbres du quinze octobre.


Compléments du lundi vingt-cinq octobre 2021 :

À l'occasion de ce centenaire, Adrian Keppel a annoncé, vendredi dernier, qu'il interrompt l'écriture de son blog Stamp Engravers.

En effet, il estime que même si des graveurs participent encore à la genèse des projets, les timbres en taille-douce actuels sont, finalement, créés par ordinateur. C'est un des débats sur cette forme de création et d'impression : faut-il que la main humaine - de l'artiste comme des artisans/ouvriers imprimeurs - soit présente à toutes les étapes ou est-il acceptable que l'ordinateur prenne le relais à l'imprimerie ?

À son avis, seules certaines épreuves correspondent à sa recherche... ce qui correspond aux œuvres proposées à ses membres par l'association Art du timbre gravé.

Le blog reste en ligne, mêlant articles d'actualité, découverte de graveurs et une base de données de graveurs de timbres du monde entier.

vendredi 11 juin 2021

La Grande Guerre de l'Afrique "neutre" à la nouvelle Pologne

 La Première Guerre mondiale et ses conséquences sont une mine de collections et d'études philatéliques et postales, en partant déjà de l'expérience vécue par les soldats des deux camps et discernable dans leur correspondance personnelle.

Côté géopolitique, les modifications de frontières inspirent les historiens postaux en quête des surcharges et création d'outils postaux de fortune des nouveaux États. Mais, n'oublions pas les guerres coloniales en Afrique et en Océanie pour prendre possession des territoires allemands.

Une note : un nouveau Libellé « Première Guerre mondiale » pour les articles évoquant causes, faits et conséquences de la Grande Guerre ; l'ajout sera progressif.


Le numéro de juin 2021 du London Philatelist propose ces deux aspects.

Par une introduction efficace avant la description d'éléments de leurs collections ville par ville (timbres, cartes et enveloppes), Julian Auleytner et Stefan Petriuk expliquent l'origine des émissions locales polonaises de l'armistice du onze novembre 1918 jusqu'au cours de l'année 1919.

L'établissement de la Pologne indépendante fut immédiate puisque les Empires allemands et austro-hongrois avaient posé les bases d'un royaume de Pologne sur les territoires pris à l'Empire russe. Mais, sur le terrain, la « polonisation » pour reprendre un terme de l'article du système postal dut faire avec les éléments immédiatement disponibles : timbres et tampons des trois anciennes puissances impériales.

Cette introduction est à lire puisqu'elle conte ensuite comment cette collection a évolué entre pratique de collectionner des timbres isolés par décollage du courrier ou la vente de masse avec oblitération en 1921 quand l'État polonais recherchait des fonds, auxquelles s'ajoutent les destructions de bâtiments, et donc de collections, en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. Plus les faussaires...


En Afrique, les collectionneurs de timbres connaissent les surcharges belges, françaises et britanniques au Togo, Cameroun, et Ruanda-Urundi.

Là, Philip E. Parker et Peter Vogenbeck raconte un épisode sidérant : comment une carte postale d'Angola pour l'Allemagne de novembre 1916 témoigne d'un conflit dès 1914 entre le Portugal neutre et l'Allemagne sur leur frontière entre dirigeants de l'Angola du premier et ceux du Sud-Ouest africain (actuelle Namibie) du second.

L'épisode paraîtrait impossible... sauf après l'invasion de la Belgique et du Luxembourg neutres par l'Allemagne. Le gouverneur portugais à Luanda est donc inquiet, expulse les nationaux allemands et rapproche des troupes vers la frontière méridionale.

Pour éviter un front supplémentaire - les troupes allemandes combattent, dès août 1914, celles de l'Union sud-africaine, un commissaire de district allemand est envoyé au Fort Naulila, au sud de l'Angola, pour négocier des relations postales, commerciales, bref pacifiques, avec les Portugais.

Cependant, croisant une patrouille portugaise, lui et ses accompagnants sont tués le dix-neuf octobre 1914 ! En réchappe un supplétif indigène qui rejoint la colonie allemande, un traducteur danois et un soldat allemand faits prisonniers... par un pays qui n'entre en guerre officiellement qu'en mars 1916 du côté de l'Entente. Cela provoqua tout de même une bataille et victoire allemande, à Naulila, qui isola définitivement le Sud-Ouest africain de l'Angola neutre.

L'article se poursuit avec les vestiges de courrier témoignant de l'existence de ces prisonniers de guerre allemands détenus par le Portugal, avant comme après son entrée en guerre.


À noter que ces deux articles reposent et leurs auteurs insistent sur l'entraide directement avec des philatélistes germanophones, en plus de l'emploi de sources polonaises et portugaises.

Cela accompagne des nouveautés au sein de la Société philatélique royale de Londres et de son journal The London Philatelist afin que membres et lecteurs puissent communiquer leurs spécialités de collection, questionnements, recherches et préparation d'exposition en cours afin de communiquer entre eux et de s'entraider.

jeudi 7 mai 2020

Collectionner des passeports : retrouver l'histoire

Philatélie fiscale aujourd'hui.

Depuis quelques mois, je suis les publications d'un collectionneur de passeports et de documents officiels de voyage : Neil, alias "Our Passeports" @ourpussports sur Twitter et qui a aussi un site web.

Une collection difficile de mon point de vue puisque ces documents sont rendus à l'administration d'origine et détruits en cas de renouvellement, et qu'advient-il de ceux des personnes décédées ? Conservés tant qu'un descendant y attache une valeur sentimentale ?

Neil est spécialisé dans les documents et passeports liés à la Seconde Guerre mondiale, notamment émis par les pays de l'Axe (Allemagne nazie, Italie fasciste, Japon impérialiste), leurs alliés ou les territoires occupés.
Aristides de Sous Mendes, sujet d'un timbre Europa en 1995 au Portugal ;
la thématique des Justes parmi les nations permet de retrouver ces héros de l'administration.
Cela comprend les documents de circulation obtenus par des personnes juives soit pour fuir l'Europe, notamment les visas délivrés par de courageux consuls à contre-courant des consignes de leur gouverment, tels le portugais Aristides de Sousa Mendes à Bordeaux, le japonais Chiune Sugihara en Lituanie.

Mais, aussi des autorisations pour que ces juifs puissent débarquer dans un pays d'Amérique ou en Palestine sous mandat britannique. Cela permet de retrouver des parcours individuels pendant les années trente ou la guerre.

Les dates extrêmes des représentations diplomatiques de l'Axe à l'étranger apparaissent régulièrement : derniers documents nazis émis au Japon en avril-mai 1945 ou peu avant la « libération » d'un pays d'Europe de l'Est par l'Armée rouge.

Au détour des pages, des timbres fiscaux pour payer ces visas. À mes yeux, de beaux fiscaux à l'effigie de George VI sur les passeports de voyageurs à destination de la Palestine, mais tous les pays et leurs timbres finissent par se dévoiler au lecteur, y compris les traditions administratives asiatiques aux tampons fort différents.

Pourquoi en parler aujourd'hui ? Parce que Neil présente une couverture de passeport qui rejoint ce que savent les collectionneurs de timbres de l'entre-deux-guerres.
Couverture d'un passeport de la Ville libre de Danzig (années 1920-1939), collection @Ourpussports.

La Ville libre de Dantzig fut une entité politique indépendante de l'Allemagne et de la Pologne, entre les deux guerres mondiales, le temps pour la Société des nations de définir le souhait de sa population.

Entité autonome signifie qu'elle a émis ses propres passeports et ses propres timbres de 1920 à 1939 (les habitants pouvaient aussi utiliser des timbres polonais surchargés s'ils passaient par le bureau de poste polonais).

Par extension, cette collection peut se diriger vers une collection de documents d'origine administrative, tel celui-ci illustrant une réquisition de pommes de terres auprès d'un fermier polonais en 1942.

La version initiale de cet article est parue sur le site de l'Association philatélique montpelliéraine, le mercredi six mai 2020.



mardi 27 août 2019

Stockholmia (9) : quand un courrier est la dernière trace connue d'un individu

Reprenons le cheminement suédois de ma pensée sur le lien que certains collectionneurs souhaiteraient encore plus fort entre philatélie et histoire - et pas seulement qu'en classe d'exposition.

En suivant l'actualité des expositions étrangères et mes visites aux Stampex de Londres et de Stockholmia en mai dernier, apparaît le caractère systématique des conférences et des séminaires au Royaume-Uni et aux États-Unis. Une habitude qui commence à apparaître en France, mais encore modestement en comparaison.

Ainsi, à Stockholm, une poignée de réunions autour d'un sujet ou d'un philatéliste avait lieu en simultané, de dix à dix-huit heures, chaque journée de l'exposition des cent cinquante ans de la Société philatélique royale de Londres. L'exemple de la collection Estonie 1918 a été évoqué ici : son auteur a expliqué le cheminement de sa collection exposée pendant une quarantaine de minutes, acceptant les questions et commentaires, puis en descendant montrer quelques autres pièces directement sur les panneaux.

Le temps passant, les générations souhaitant établir la mémoire familiale pour la transmettre aux suivantes, et l'outil postal étant omniprésent à l'époque, les moments troublés de la « guerre civile européenne » motive les chercheurs en philatélie et en histoire postale.

Notamment, le moment le plus tragique : la Shoah. Ainsi, pour plusieurs pays, nous disposons du travail et du volontariat de partager les connaissances acquises de Birthe King pour le cas du Danemark, Ron Brown pour les îles Anglo-Normandes, Kees Adema et Jeffrey Groeneveld pour les Pays-Bas, etc.

Et ce n'est pas qu'une forme de thématique, comme l'a montré Heinz Wewer à Stockholm avec une conférence intitulée Social Philately - a mere paraphrase of History or a new source of Historiography? On the relationship between Philately and History, le jeudi trente mai à onze heures.

On en revient à cette notion de « philatélie sociale » que je retraduis d'après mes études : les traces philatéliques (timbres) et postales (marques, courrier, cheminement) ne peuvent-elles qu'illustrer une histoire déjà établie par les historiens - et c'est déjà un énorme travail de faire correspondre connaissance établie avec suffisamment d'objets de collection !!! - ou ces traces peuvent-elles constituer un réservoir de documents supplémentaires, voire uniques, pour les historiens ?

Heinz Wewer démontre le second point en trois moments progressifs... didactiques et tragiques ; le sujet étant le régime nazi de janvier 1933 à sa chute en mai 1945.

Tout d'abord, illustrer que le matériel postal a lui aussi été « un instrument de l'action politique » : - les entiers postaux dont l'illustration porte le message du nouveau régime ;
- les marques antisémites ajoutés en plus de l'oblitération, par des postiers zélés, puis, comme souvent dans le régime nazi, pratique institutionnaliser sous forme de flammes par celui-ci alors que la montée des slogans dans la violence s'accroît.

Certes, ce ne sont pas les discours filmés, retranscrits dans la presse, les affiches qui manquent aux historiens. Néanmoins, autant que la vitrine dégradée ou brisée du magasin voisin, le courrier reçu et envoyé est un moment quotidien de la plupart dans les années 1930 : les messages sous-entendus par les timbres et les marques postales deviennent terriblement habituels...

Dans un second temps, les objets postaux sont également « les témoins de l'actions politique » sur des sujets connus, mais, encore, peut-être pas dans le quotidien des victimes du régime hitlérien.

Ainsi, dès le vingt-huit février 1933, sur ordre présidentiel, le courrier des partis et associations démocratiques est censuré, une étiquette l'indiquant... avant que ces traces disparaissent au profit du décollage/recollage des enveloppes.

Les correspondances des personnes de confession juive indique le traitement subi :
- les cartes des intellectuels et scientifiques emprisonné en camp de concentration , tel Carl von Ossietzky, prix Nobel de la paix mort en détention ;
- les détails : „Konsulent“ au lieu d'avocat ou médecin, métiers désormais interdits... et c'est un tampon professionnel à refaire pour marquer sa correspondance. L'ajout des prénom „Israel“ et „Sarah“ pour ceux dont le prénom ne serait « pas assez juif », tel dans l'exemple de „Siegfreied Israel Mode“ ;
- enfin, l'aryanisation des entreprises se remarque entre les tampons d'entreprise retamponner de la nouvelle identité, les affranchissements à la machine pas encore mise à jour ;
- ou le courrier de ceux « partis sans laisser d'adresse »... que la Gestapo récupérait systématiquement...

Tout s'analyse sur un courrier dans cette approche historique : tout détail faisait baigner les juifs dans la stigmatisation, les autres dans l'acceptation du fait établi.

Et, pour Heinz Wewer, on passe la ligne qui permet aux traces postales de devenir des sources indispensables à l'historien académique comme à l'historien des familles (le généalogiste) : certains courriers par leur existence sont les toute dernières preuves qu'un individu a bien vécu.

...

Les dernières lettres envoyées à l'étranger décrivant aussi positivement que possible le quotidien ou la demande des autorités de se préparer à être déplacé vers un ghetto ou un camp. Et si, après recherche des dates, l'historien découvre un camp d'extermination au débouché du possible convoi, ce sera bel et bien la seule trace prouvant la déportation et l'assassinat dans une chambre à gaz.

Wewer évoque aussi des parcours pour lesquels ces courriers sont les rares traces d'événements dépassant l'entendement :
- un Polonais juif racontant à sa famille émigré en Palestine comment la Polenaktion entraîna la déportation d'au moins dix-sept mille Polonais juifs d'Allemagne vers la frontière que la Pologne, stupéfaite, ferma dans un second temps... certains réfugiés restant dans ce no man's land jusqu'à l'invasion de septembre 1939... [note personnelle : ça fait profondément réfléchir sur la problématique des réfugiés de nos jours]
- Et parfois, la définition de censure laisse dubitatif - ou est angoissante, telle cette carte d'un grand-père à sa petite-fille en septembre 1942 : le texte prouve qu'il sait que sa convocation à Berlin pour partir vers Theresienstadt est la fin. Correspondance laissée passer pour laisser un message à une réfugiée en Suède ?

Heinz Wever a rencontré cette femme qui a conservé toute sa correspondance de l'époque, qui permet de reconstituer le parcours des Kindertransport, leur intégration dans le pays de refuge, comment les adultes restés en Allemagne leur décrivent la vie quotidienne par parabole, détour d'écriture...

Pour l'historien « philatélique social » , disposer des archives familiales permet de suivre l'histoire d'une famille, dont certains individus pour lesquels ces quelques lignes sont les seules preuves qu'ils ont vécu en Allemagne, le régime nazi ayant tout fait pour en faire disparaître toute trace.

Et Wewer d'insister : il y a eu jusqu'à cinq centaines de « camps » dans Berlin pour le travail industriel forcé, cinq cents lieux d'emprisonnement, combien de milliers de personnes. Les combats du printemps 1945 et les destructions de leurs archives par les nazis font qu'il n'y a pas assez d'archives restantes pour tous les connaître - les lieux autant que les individus...

... sauf quelques noms sur des cartes postales.

...

Une de mes réflexions pendant cette dernière partie est une que j'ai régulièrement face à la recherche de « la belle marque » par les collectionneurs, une réflexion d'historien : combien d'archives dispersées entre de multiples collectionneurs au lieu de conserver unis des ensembles permettant l'étude de vie individuelle, de relations familiales, de leur quotidien face au contexte politique.

Savoir philatélique ou savoir historique ?

Tel est un de mes dilemmes face à l'acte de collectionner.



Note :
Heinz Wever est l'auteur de deux ouvrages en allemand, édité chez Hentrich & Hentrich :
- „Abgereist, ohne Angabe der Adresse, Postalische Zeugnisse zu Verfolgung und Terror im Nationalsozialismus, 2017, ISBN 978-3-95565-241-8 ;
Postalische Zeugnisse zur deutschen Besatzungsherrschaft im Protektorat Böhmen une Mähren, 2018, ISBN 978-3-95565-245-6.

dimanche 18 août 2019

80 ans de la Seconde Guerre mondiale dans Stamp Collector

Le numéro daté septembre 2019, en vente ce mois d'août, du mensuel britannique Stamp Collector comprend plusieurs articles sur la Seconde Guerre mondiale en Europe à l'occasion des quatre-vingts ans de son déclenchement, le premier septembre 1939 quand l'Allemagne nazie attaque la Pologne pour prendre possession de la ville de Danzig/Gdańsk.
La couverture du numéro septembre 2019 de Stamp Collector (à retrouver sur son site All About Stamps).
L'origine nazie est présentée par David Bailey à travers les timbres-poste du Troisième Reich, de 1933 à 1939. En juillet, six mois après l'arrivée au pouvoir de Hitler, les timbres allemands sont désormais imprimés sur un papier avec la croix gammée en filigrane.

Ensuite, les grands thèmes de l'idéologie nazie sont déclinés : le culte militariste (jour du Héros, Jeunesse hitlérienne), la fidélité au parti, et, enfin, les timbres célébrant le retour de territoires (Sarre, Autriche, Sudètes, Danzig).

À l'opposé chronologique, le souvenir des sacrifices de la guerre et de la victoire est l'objet d'un article thématique, sous la forme de pistes d'approfondissement : anniversaires, dirigeants et officiers, la chose militaire, honorer les morts au combat, ou préparer un nouvel avenir.

Chose militaire justement. Nick Colley de The Forces Postal History Society et Colin Tabeart proposent deux initiations au courrier militaire britannique. Les grands principes, toutes armes confondues pour le premier, la Marine royale spécifiquement pour le second. Cela permet d'expliquer le fonctionnement de la censure et des numéros postaux codés : le « code postal » - A.P.O. - pour envoyer à un soldat étant, par sécurité, différent du « bureau de poste du champ de bataille » - F.P.O.

Après un détour sur la carrière de Philippe Pétain (et le premier timbre à son effigie) par Chris West, le courrier des prisonniers de guerre est introduit par Dane Garrod à partir de la correspondance, scrupuleusement conservée, du couple Ron et Eileen Harris, dont la lune de miel à Guernesey de juin 1940, dura cinq années dont trois dans un camp d'internement dans le sud de l'Allemagne.

Depuis le télégramme annonçant le report de leur départ à cause de la panique dans le port de l'île anglo-normande jusqu'à l'article du Daily Herald du dix-neuf juin 1945, évoquant leur lune de miel.

Et ceci ne constitue qu'environ la moitié des articles proposées dans ce numéro de Stamp Collector, dont comment exposer en compétition une (trop courte, selon les règlements) collection aérienne de Brunei.

mardi 26 juin 2018

Vers une charte britannique de la taille-douce ?

Tout va mal chez les Rosbeefs ! La Royal Mail émet trop de timbres (et de feuillets), sur des sujets frivoles, que l'honnête complétiste ne trouve pas tous au bureau de poste (s'il reste un bureau) et jamais sur le courrier (quand celui-ci n'est pas oblitéré au stylo) !! L'heure est grave !!!

En conséquence, le quinze juin dernier, les π@rtenaires de la φl@tely britannique se sont donc réunis pour rédiger et soumettre toutes affaires cessantes à la signature royale une Charte de la philatél...

... LOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOL...

Retrouvons le flegme d'en-face : au Royaume-Uni, le service philatélique de la Royal Mail est certes un acteur important par ses émissions, sa communication sur les nouveautés qui atteint régulièrement les médias grâce à ses séries de six à huit timbres, et les revenus qu'elle donne aux organisateurs des salons nationaux en louant son stand.

Mais, elle n'en est pas le financier-mécène-communicant unique imposant une charte essentiellement consacrée aux nouvelles émissions... car ce serait le seul et unique moyen de faire découvrir la philatélie.

Les magazines britanniques ont pris néanmoins un tournant à la française ces dernières années en s'intéressant aux artistes du timbre en dépassant Edmund Dulac et le trio David Gentleman / Arnold Machin / Jeffery Matthews à l'origine des principes du type d'usage courant actuel, et même sous l'effet taille-douce aux graveurs d'outre-mer...

... pour susciter un nouveau type de collections thématiques par auteurs ?

Ainsi, autour de ce solstice d'été, Adrian Keppel, le Stamp Engravers blogueur, se consacre aux graveurs d'Europe centrale entre deux graveurs français. Dans Stamp Magazine daté mai 2018, il conte la carrière du Tchécoslovaque Bohumil Heinz (1894-1940), employé à distance par De La Rue : son travail se retrouve ainsi sur les timbres de Chine en 1933 et du Soudan en 1935, de trois colonies britanniques - dont le Nigeria - par un profil du Roi George VI, pour se terminer à la Barbade en 1939...

En effet, victime de l'impérialisme hitlérien, il doit travailler aux timbres du Protectorat de Bohême et Moravie sur lesquels il réalise le célèbre acte de résistance de la carte de la Tchécoslovaquie dissimulée dans la série touristique.
Étude de tous les messages cachés dans les timbres de Bohumil Heinrich, proposée sur le site de Richard Frajola (fichier pdf).
Par l'entre-mise d'un projet refusé en 1934, le collectionneur devenu philatéliste par la recherche trouvera la gravure de Heinz sur un timbre tchécoslovaque de 1949.

Pour les éditions datées de juillet, l'amateur de gravure se démultiplie.

Dans Gibbons Stamp Monthly, Kepple retrace le parcours de l'autre Polonais de Suède : Piotr Naszarkowski (né en 1952) ; le premier étant l'excellentissime Czesław Słania qui avait traversé la mer Baltique en 1956 pour fuir la dictature.

Naszarkowski, lui, est un artiste qui a suivi plusieurs chemins et arts pour suivre l'amour avant de tomber dans la gravure en 1981 sous la contrainte politique... en partant de rien. Il ne connaissait rien à la gravure ; en 2018, cinq pages d'illustration montre un talent créatif : châteaux et portraits historiques en Pologne, portraits de prix Nobel en temps très limité en Suède, et portraits de papes récemment avec Benoît XVI et, surtout à la loupe, les deux feuillets de l'émission conjointe Pologne-Vatican de 2014 sur Jean-Paul II.

Dans Stamp Magazine, c'est un voyage inattendu dans le temps et l'espace que Keppel propose, très loin des écoles française, polonaise et suédoise : quand l'Espagnol José Moreno Benavente (1905-1981) émigra au Chili où il est employé par Joaquín Marcó, directeur de Talleres de Especies Valadoras, fusionné à la Monnaie chilienne en 1927.

Aux amateurs français de gravure, voilà un artiste qui a une carrière très longue, dont la collection comprendra les timbres bien sûr, mais aussi un numéro de 1955 de la publication belge L'Illustré et, aux archives et brocante, la Memoria de 1974. Ce dernier est l'édition décennale du livre-souvenir de la Monnaie chilienne pour promouvoir la qualité de son travail ; en 1974, toutes les œuvres sont celles de Moreno qui est contraint à la retraite à soixante-dix ans à cause de sa vue et d'une main moins sûre.

Pour clore en dehors de la taille-douce, le même numéro de juillet de Stamp Magazine propose un article de Peter Marren sur l'illustrateur Golden Brown, créateur de quinze émissions britanniques de styles très variés depuis 1991.

mardi 24 octobre 2017

Histoire postale de la guerre du Vietnam

La chaîne culturelle franco-allemande Arte a diffusé en septembre les dix épisodes du documentaire de Ken Burns et Lynn Novick sur la guerre du Vietnam. Aspect marquant de leur travail : avoir pu interroger librement des vétérans vietcongs et nord-vietnamiens, ce qui rappelle l'aspect-miroir de beaucoup de conflits alors que l'Europe achèvera le centenaire de la Grande Guerre en 2018.

La division du Vietnam avec la guerre de décolonisation d'Indochine, puis la guerre où les États-Unis se sont embourbés, ont produit leurs lots de timbres patriotiques et de courrier militaire. Reste à les retrouver.

Le mercredi dix-sept mai 2017, Dan Telep a proposé une conférence et sa collection de courrier militaire des insurgés vietcongs et de l'armée du Nord-Vietnam devant les membres du Collectors Club de New York - et aux internautes sur Vimeo.
La zone démilitarisée en gris et sa proximité cartographiée par les United States Marine Corps (domaine public, via la base documentaire Commons de Wikimedia).
Vétéran du conflit, Telep a servi à proximité de la zone démilitarisée entre les deux républiques vietnamiennes, lieutenant coincé entre les Vietcongs, insurgés-guérilleros communistes du sud, et les attaques de l'armée nordiste de la République démocratique, entre canonnades, coups de poing ou passages par le Laos.

Très vivant, le réalisateur du Club a dû bosser : filmer l'enseignant en marketing en mouvement, montrer les diapositives à partir du fichier, ou zoomer pour les montrer projetées car Telep y montre un détail important.

Très difficile est une collection postale militaire vietcong ou nord-vietnamienne comme l'expérience combattante de l'orateur permet de l'expliquer.
Joie ! Les pionniers de cette collection et la bibliographie sont au début de la présentation pour rappeler leur importance dans le chemin parcouru (diapositives de Dan Telep, conférence au Collectors Club de New York, dix-sept mai 2017).
Certes, la joie des soldats de ramener un sac de courrier ou une enveloppe pris à l'ennemi permet de découvrir des plis à distribuer de toute urgence, disposant de la marque de l'officier expéditeur. Mais la règle fort logique était de détruire après avoir lu...

D'où les conjectures sur les rares lettres que le collectionneur peut montrer : officiers vietnamiens n'ayant pas respecté l'ordre, sortie illicite des archives de l'État vietnamien ? Combien de courrier dans ces archives justement.

Néanmoins, les efforts de Dan Telep permet de comprendre l'organisation postale d'une zone de conflit complexe et difficile à connaître des Occidentaux.


Et des commissions militaires observant le respect des zones démilitarisées et des cessez-le-feu au nom de la Communauté internationale ?

C'est le philatéliste et blogueur indien Mani Muthukrishnan qui a montré sur Philatelic Titbits en septembre les timbres surchargés que la poste indienne fournit aux forces armées indiennes pour le courrier des commissions internationales envoyées en Indochine de 1954 à la fin de la guerre du Vietnam.
Le premier message sur Philatelic Titbits le vingt septembre 2017.
L'Inde avait en charge les transmissions postales de ces commissions. Ainsi, en 1954, Indiens, Canadiens et Polonais observèrent les premières années d'indépendance depuis leurs missions dans les quatre capitales de l'ancienne Indochine française jusqu'en 1958, puis dans les années 1960 au Cambodge et à Saïgon. Avec oblitération de Field Post Office (FPO).

Surchargés en hindi, les timbres ont suivi l'évolution philatélique indienne : nouvelle devise monétaire en 1957, nouveau filigrane dans les années 1960. La surcharge devint un ICC rouge avec le timbre Nehru au Laos et Sud-Vietnam.
Premier jour de la série du deux octobre 1968 (Philatelic Titbits, 26 septembre 2017).

L'étude de Mani Muthukrishnan se conclut par une enveloppe premier jour de la série surchargée d'octobre 1968...

Encore un neurone qui doit retenir d'aller fouiller le web et la médiathèque pour retrouver le rôle de ces malheureuses commissions coincées dans un conflits où aucun acteur ne voulait céder un pouce de terrain idéologique.

mercredi 30 novembre 2016

Des origines du scoutisme aux îles éparses de l'Atlantique

Deux expositions temporaires au siège de la Royal Philatelic Society London pour explorer un thème et une région.

Le jeudi vingt-sept octobre, Hallvard Slettebö a proposé six expositions en une sur le scoutisme, thématique qu'il développe abondamment sur son site web.

Sa collection grand or sur le succès du scoutisme depuis le siège de Mafeking au cours duquel les éclaireurs de Robert Baden-Powell s'illustrèrent comme facteurs, jusqu'à la diffusion du mouvement dans le monde avant la Seconde Guerre mondiale. Elle se conclut sur une carte postale oblitéré - grâce à une pomme de terre gravée - le premier jour du service postal organisé par les scouts polonais, cinq jours après le début de l'insurrection de Varsovie, en août 1944.

La deuxième partie poursuit sur ce rôle postal des scouts dans les camps de personnes déplacées au sortir de la Seconde Guerre mondiale en Europe, avant d'explorer l'histoire postale du scoutisme au Royaume-Uni, en Norvège et dans les autres pays d'Europe et du monde jusqu'en 1957, centenaire de la naissance de Baden-Powell et le cinquantenaire de la fondation du scoutisme.

Qu'il est agréable de lire une collection thématique sans « papier-peint » d'agence.

Le jeudi dix novembre, ce sont les spécialistes des îles britanniques de l'Atlantique au sein du West Africa Study Circle qui ont proposé de découvrir la philatélie et l'histoire postale de Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha.

Courrier précurseur (1677 pour Sainte-Hélène), études classiques des timbres, histoire postale. Qu'est-ce qui m'a marqué ?

Après la découverte de ceux des guerres anglo-françaises de 1744 à 1815 avec Jacques Renollaud, l'étude du courrier des prisonniers de guerre fait halte à Sainte-Hélène - île-prison - pendant la deuxième guerre Anglo-Boer (1899-1902). Barry Burns et Kevin Darcy précisent que des camps de prisonniers boers furent également ouverts à Bermudes, Ceylan et en Inde, en plus de ceux en Afrique du Sud.

Les collectionneurs des colonies et protectorats français iront voir dans le pot-pourri où Burns présente des fiches cartonnées sur lesquels sont collés des timbres de Sainte-Hélène surchargés par les postes de Madagascar, de Mauritanie et de Tunisie, des spécimens envoyés conformément aux règlements de l'Union postale universelle. Une pratique que Burns et Bernard Mabbett ont pu confirmer jusqu'aux années 2000 lorsqu'ils ont catalogué et rangé les archives de la poste de Saint-Hélène en 2013 : deux cartons contenant des émissions neuves de nombreux pays du monde des années 1990 et 2000 ont été retrouvées.

Graham Mytton présente des enveloppes fort intéressantes : envoyées depuis Ascension de 1991 à nos jours, elles l'ont toutes été pour des motifs nécessaires. Courrier des auditeurs insulaires au BBC World Service, puis courrier entre le siège social et les employés sur place de l'entreprise entretenant les équipements de la BBC sur Ascension.

Le fascicule-résumé se conclut par une bibliographie. Celui-ci avec celui de Hallvard Slettebö sont consultables au format pdf sur le site de la RPSL par ici.

samedi 24 septembre 2016

The Witcher, fierté vidéoludique de la Poste polonaise

A translation of this article in English is available on SebPhilately since Monday 26 September 2016.

Depuis vendredi seize septembre 2016, des millions d'adolescents et d'adultes non philatélistes se sont vus rappelés par leurs sites d'information préférés, ici et , que les timbres-postes existent encore : un des grands jeux vidéo du moment a droit à son timbre de six złotys en Pologne.
Le timbre à l'effigie de Geralt de Riv dans son feuillet (Poczta Polska).
Les joueurs de jeu vidéo se voit proposer par la Poste polonaise cent quatre-vingt mille exemplaires d'un feuillet d'un timbre sur la série The Witcher et son héros Geralt de Riv qui a atteint son troisième épisode en mai 2015 sur ordinateurs sous Windows et les consoles de salon actuelles.

Les jeux sont inspirés des nouvelles et romans de fantasy de Andrzej Sapkowski, traduits en France comme le Cycle du Sorceleur aux éditions Bragelonne. Dans un univers mêlant Europe médiévale et magie, le héros combat tous les monstres et dangers menaçant les humains dans un monde grand ouvert à l'exploration par le joueur.

Un coup de pub ?

Pas forcément : un seul timbre polonais qui honore un écrivain polonais, pour une partie de son œuvre connue dans le monde, et des jeux vidéo liés créés par un studio polonais, CD Projekt RED.

Où ai-je mis ce bloc de timbres vidéo-ludiques ramené par un ami après un voyage au Japon ?