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dimanche 16 août 2026

Police recherche propriétaire d'une collection d'or quasi-neuve, peu servie

 Mardi onze août 2026, un jeune ouvrier et ses collègues, effectuant des travaux de terrassements en Belgique, ont découvert une immense collection de pièces et lingots en or, enterrée sur une frise industrielle rachetée et reconvertie en bureaux et logement par le Centre d'action sociale flamand (CAW).

Suite à une communication de la police locale, des autorités belges et aux témoignages de l'ouvrier, les médias belges et européens se sont emparés de l'histoire à partir de vendredi quatorze août, avec de magnifiques photographies des objets par ladite police de Termonde (Dendermonde en néerlandais), dans la province de Flandre-Orientale.

Le trésor rangé et exposé par la police de Termonde (photographie par la police, reprise par The Guardian, le quatorze août 2026).

Dans la commune de Saint-Gilles-lez-Termonde, section de Termonde, a existé une brasserie entre 1899 et 1970. Elle a été fondée par Theophilus Van Assche et est restée propriété gérée par ses descendants.

Le trésor a été découvert dans une cavité sous la villa de maître, construite peu après le bâtiment de production. Un représentant du CAW explique que les murs de celle-ci sont conservés, mais que tout le reste devait être rénové ; les ouvriers creusaient pour l'installation de tuyaux.

Les lingots d'or trouvés, apparemment photographiés sur le site du chantier (source : police de Termonde via The Guardian).

Face à l'immensité de la découverte, l'équipe a appelé la police et le propriétaire actuel, le CAW. L'estimation des services fédéraux belges est de neuf millions d'euro.

Les lingots sont marqués des marques et numéros de séries des fondeurs et des banques d'achat, dont la banque NM Rothschild & Sons, la branche britannique du groupe Rothschild & Co., le raffineur britannique Johnson Matthey.

Nul doute que l'identification de ces lingots auprès de leur fondeur et des banques pourra dater leur dernière vente connue dans les circuits officiels et déclarés.

Un seau en parti rempli de plusieurs centaines de pièces d'or (source : police de Termonde via The Guardian).

Les pièces d'or sont en excellent état, brillantes, comme passée de la frappe à la cave murée...

Apparemment, il n'y aurait que des Souverains frappés par la Monnaie royale britannique depuis Victoria (régnant de 1837 à 1901) jusqu'à la jeune Elizabeth II dans sa première effigie par Mary Gillick, La première apparaît sous deux effigies, suivie par son fils Edward VII et petit-fils George V.

Une grande partie des monnaies visibles sur la photographie portent Saint Georges terrassant le dragon des pièces britanniques.


Évidemment, ouvriers, policiers et médias se demandent à qui revient la propriété de cette trouvaille oubliée dans une propriété privée vendue.

Pour la police et sûrement le fisc belge, il s'agit de distinguer s'il s'agit d'un ancien trésor familial des Van Assche - une sécurité légalement acquise et déclarée, ou une fraude fiscale. Ou s'assurer qu'il ne s'agit pas d'une cache de criminalité plus récente, datant d'après la fermeture de la brasserie.

Dans tous les cas, la loi belge impose aux découvreurs d'attendre cinq années avant de se voir accorder des droits. Cela va laisser le temps aux descendants des derniers propriétaires de la brasserie de se signaler et de justifier cette cache visiblement oubliée...

La presse fait état d'une complexe procédure judiciaire civile croisant les ouvriers découvreurs, leur employeur, l'institution propriétaire actuel, et les descendants potentiels.


Les frappes de Souverains britanniques ont lieu de manière intermittente jusqu'à l'époque de l'effigie Gillick, selon les besoins en pièces circulantes d'une livre sterling, puis comme valeurs de placement. Le Souverain Gillick est frappée pour la dernière fois en 1968 ; les Souverains suivant portent l'effigie Machin au diadème qu'il ne semble pas apparaître dans le seau - sauf à considérer l'autre face des pièces.

Il est fort probable que cette cache a fini d'être emplie dans les années 1950 ou 1960 par un membre de la famille. Était-il ou elle trop âgé, ou un décès accidentel, pour transmettre le secret à ses descendants - secret conservé pour éviter que les jeunes, le personnel, ou des malfrats, veuillent s'approprier le magot.

Les généalogistes belges reconstitueront sûrement l'arbre familial et le confronteront à l'histoire immobilière du lieu : qui vivait là dans les années 1950 et 1960 ? Qui était encore présent lors de la fermeture de la brasserie, puis quand la famille quitta la villa ? Enfin les dates de cession des bâtiments et terrains jusqu'à l'achat par le CAW.


... oubliant en chemin des kilogrammes de métaux précieux dans une cave ...

jeudi 15 août 2024

Ça bouge et ça s'arrête à la Royal Mint

 Royal Mint, la monnaie royale en charge des frappes de pièces et médailles britanniques, fait l'objet de deux actualités à la fois sur son activité et son manque d'activité cet été 2024.

Déjà, rassurez-vous : la diversification commerciale de l'entreprise lui permet d'affronter ces aléas sans souci. Outre les coffrets de pièces et médailles nouvelles, elle est un marchand numismatique en rachetant et revendant d'anciennes monnaies aux collectionneurs. Ou, sous cette forme ou celle de lingots, du métal précieux pour les investisseurs.

Les nouvelles faces des pièces d'un penny et de deux pence mises en circulation en 2023 (site commercial de Royal Mint).

Elle devrait donc survivre à la non commande pour 2025 par le Trésor britannique de pièces d'un penny et de deux pence de circulation générale, signalé par la presse fin juillet, tel The Guardian le vingt-cinq.

Ce qui ne changera pas grand chose à l'usine de Llantrisant au Pays de Galles : depuis 2018, le Trésor n'a commandé des pièces de deux pence qu'en 2021.

Mais, immédiatement, les journalistes se sont interrogés sur la disparition légale de ces divisions monétaires dans un pays qui a subi de plein fouet l'inflation entre les complications douanières du Brexit, les problèmes de circulation internationale pendant l'épidémie de covid-19, et enfin les tensions sur certaines productions liées à l'agression russe contre l'Ukraine.

Annoncer leur disparition et la mise en place de l'arrondi des prix en bas du ticket de caisse comme en Finlande... Oulala...

Par contre, comme tous les États frappant d'aussi petites coupures dont le coût de production est supérieur à la valeur faciale, le Trésor britannique doit souhaiter que les usagers s'en servent au lieu de, en vrac, les thésauriser dans des jarres, les laisser traîner dans le vide-poche, les jeter au caniveau,...

Par groupement de multiples de dix, on peut payer efficacement un commerçant de marché en plein air, aider une personne démunie... voire tout balancer dans une caisse automatique pour laisser faire le travail de compte.

Un brin sensationnelle la photographie du communiqué de presse : de la carte-mère d'un ordinateur à des bracelets en or (Royal Mint).

Par contre, début août, une annonce officielle de Royal Mint reprise dans la presse montre qu'elle souhaite innover dans la récupération de métaux précieux.

Au sein de son site gallois, Royal Mint ouvre une usine pour récupérer de l'or pur en retraitant jusqu'à quatre mille tonnes de circuits imprimés électroniques par an, afin de limiter le recours à l'or extrait des mines. Et de fournir ainsi ses propres lignes de production, dont "886" sa collection de bijoux de luxe.

Sont évoquées l'amélioration sociale et environnementale du marché de l'or, le moindre coût énergétique du procédé à température ambiante créé par la compagnie canadienne Excir, spécialisée dans la récupération de différents éléments chimiques dans les déchets électroniques.

Le communiqué indique indirectement la limite de cette action en citant une statistique d'une agence des Nations unies estimant à soixante-deux millions de tonnes les déchets électroniques en 2022, en forte croissance de plus de deux tonnes et demi chaque année depuis la démocratisation d'internet et des appareils permettant d'y accéder.


Une autre question provient de mes lectures liées au marché d'ensemble de l'électronique car il y a d'autres solutions avant la ré-extraction des matières premières.

Le trimestriel spécialisé dans le matériel informatique, principalement à destination des joueurs, Canard PC Hardware, a proposé au moins deux articles sur cette question du devenir des déchets électroniques?

D'abord, la reprise en masse du matériel auprès des grands groupes et autres clients professionnels qui renouvelle leur équipement par génération. Là, des entreprises comme HPE, dont le site écossais a été visité par Dandu pour un article d'avril 2020, montre une efficacité d'échelle.

Jugés obsolètes par leurs entreprises propriétaires, des centaines d'ordinateurs étaient simplement vérifié pour des pannes et usures possibles, remis à niveau logiciel par des employés avant remise sur le marché secondaire. À ce moment-là, HPE ne devait jeter que les éléments en caoutchouc trop fragilisés.

Et donc, qu'advient-il de nos ordinateurs personnels et familiaux souvent remplacés en toute fin de vie, consoles de jeux qui ne trouveront jamais repreneurs à cause de la nouvelle génération plus puissante, et que dire des smartphones ? La récupération un par un, dispersé en des milliers de points de récupération (magasins, déchetterie, etc.), la traçabilité de ces petits éléments jusqu'au recycleur... ou jusque dans un pays pauvre ?

La couverture du numéro 24 de Canard PC Hardware, un de ces numéros de périodiques qui se conservent des années.

Dans le numéro 24 du même magazine en 2015, Doc TB s'était interrogé sur la récupération de l'or des processeurs centraux (CPU, jusqu'à un gramme d'or !) à travers une expérience de chimie - qui était d'ailleurs au programme de physique-chimie de terminale S en France à l'époque.

Bon... Utilisation de produits dangereux, toxiques pour les organes humains (et la faune et la flore à ce compte-là), avec vapeurs mortelles si inhalées, et, si l'orpailleur avait échappé à tout cela, incendie de son domicile avec le final.

Au début des années 2010, la récupération des métaux précieux (or, argent, platine, palladium, rhodium) était jugée limitée car le procédé industriel de l'époque est coûteux et dangereux, réalisé dans les pays en développement. Plus le fait qu'une partie de l'or sert en couche fine de protection des contacts en cuivre sous forme d'aurocyanure de potassium [ KAu(CN)2  ] tout en laissant passer le courant électrique.

En relisant l'expérience (non, je ne veux pas être fiché S en la reproduisant ici), elle se fait à température ambiante en 2015. Il faudrait savoir :

- quelle est la ou les innovations du laboratoire canadien ? Un moyen d'employer moins de produits polluants ou un procédé permettant de les récupérer en sécurité ? Ou alors l'industrie fait tout fondre en vrac puis réalise des procédés pour récupérer les composés rentables ?

- Et si Royal Mint récupère l'or, qui récupère le reste : le silicium, les autres métaux précieux, ou pas d'ailleurs ?


On essaiera à notre très-modeste échelle de : Utiliser au maximum, Réparer ou améliorer, Revendre ou rapporter à un point-relais en espérant le Recycler, ne pas consommer pour Rien... en étant noyé dans une économie du pousse-à-la-consommation.

... et utilisez ces foutus pence et centimes !!!



Note : toute approximation, erreur ou stupidité sur la partie informatique n'est due qu'à moi. Allez lire les articles cités de Canard PC Hardware pour les formulations correctes.

mercredi 5 juin 2024

Les billets à l'effigie de Charles III entrent en circulation

 Ce mercredi cinq juin 2024, la Banque d'Angleterre met en circulation les billets en polymères à l'effigie du roi Charles III.

L'annonce sur le fil Twitter de la Bank of England, le cinq juin 2024.

L'imprimeur de sécurité De La Rue propose le témoignage de ses employés sur cette réalisation, en sachant néanmoins, que seul les effigies royales ont été modifiées : le reste des illustrations et éléments reste identique.

Pour The Guardian, Geneva Abdul a rencontré les premiers visiteurs de l'agence londonienne de la Bank of England venus retirer les quatre nouvelles coupures de cinq, dix, vingt et cinquante livres sterling... ou des touristes disposant de billets retirés du commerce et surpris du changement. La limite d'échange était ce jour de trois cents livres.


Complément du jeudi six juin 2024 :

Par mail, la maison de vente aux enchères Spink de Londres annonce des ventes de charité par la Banque d'Angleterre de ces nouveaux billets avec des numéros de série qui plaira aux collectionneurs.

Deux cents trente-cinq billets de cinq livres à partir du numéro 000003, enchères le treize juin 2024.

Deux cents soixante-et-un billets de dix livres à partir du numéro 000002, le vingt-sept juin.

De même pour les billets de vingt livres à partir du numéro 000002, le onze juillet.

Deux cents cinquante-huit billets de cinquante livres à partir du numéro 000003, ainsi que soixante-douze lots des numéros 002025 à 002998, le vingt-quatre juillet.

Enfin, des lots de quatre de chacun des billets au même numéro de série seront proposés à cent vingtaine-sept livres cinquante pence, série allant de 002102 à 002994, à réserver immédiatement.


mardi 5 mars 2024

Charles III et les haies : greenwashing ou sincérité environnementale ?

Rappel des épisodes précédents

Le six mai 2023, Charles Mountbatten-Windsor a été couronné roi à Londres après son avènement à la mort de sa mère, la Reine Elisabeth II, le huit septembre 2022.

Le feuillet du couronnement de Charles III, émis par Royal Mail, en mai 2023.

Dès la fin de la période de deuil, médias généralistes comme forums philatéliques se sont interrogés sur l'apparition du nouveau souverain sur les objets habituels de la souveraineté britanniques, notamment les monnaies, billets et timbres-poste.

Le monogramme de la machine à affranchir du bureau de poste du palais de Buckingham fut mis à jour dès le vingt-sept septembre ; présentée le trente septembre et mise en circulation le huit décembre 2022 la première pièce de monnaie commémorative a devancée la série d'usage courant de quelques jours aux illustrations annoncées mi-octobre ; et, en dernier, le timbre d'usage courant montré le huit février 2023 pour une émission le quatre avril suivant.

Les véritables futurs billets à l'effigie de Charles III exposés au Musée de la Banque d'Angleterre (photographie de Jack Blackburn du Times, vingt-sept février 2024).

Enfin, depuis le vingt décembre 2022 et la face royale des billets de banque, les imprimeurs préparent les stocks du premier des billets qui seront mis en circulation le cinq juin 2024, annonce du vingt-et-un février 2024 de la Bank of England. Néanmoins, les visiteurs du musée de celle-ci peuvent déjà admirer les quatre billets lors de l'exposition Le Futur de la monnaie qui ouvre ce mercredi vingt-huit février.


Charles III et l'environnement enrichissant

Revenons en septembre 2022 quand l'ancien Prince de Galles rappela ses visions environnementales et qu'il ne souhaitait aucun gaspillage de timbres-poste, de monnaie ou de billets de banque.

Bien évidemment, qu'un prince Windsor ait cette préoccupation, née une cuillère royale dans la bouche, avec les revenus du duché de Cornouilles - des propriétés foncières dans toute l'Angleterre, des revenus placés et même les biens des défunts sans héritier !

...

Si le cinq avril 2023, The Guardian révélait comment la Reine avec le Duché de Lancaster et le Prince de Galles avec le Duché de Cornouailles ont multiplié leurs fortunes et revenus, le vingt-trois novembre suivant, c'est le principe de bona vacantia qui était dévoilé au public. Dans les deux fiefs historiques, le souverain et son héritier reçoivent les biens des personnes sans héritiers quant c'est le trésor public qui a ce rôle ailleurs dans les quatre Nations...

Certes, en lisant les révélations, des articles anciens ou récents, en sachant l'inhumanité des politiciens conservateurs britanniques et des milliardaires allergiques à la solidarité sociale, il vaut peut-être mieux être le locataire ou le propriétaire d'un logement tout en louant le terrain du Roi ou du Prince de Galles. Ainsi, dernièrement, le prince William a annoncé la construction de logements sociaux dans des villages ruraux de Cornouailles, et, sous la reine, de petites entreprises de tourisme ont été fondées au profit privée de la reine certes, mais au moins, ce n'est pas de l'argent parti à Londres au risque de rester dans les régions votant conservateurs...

Féodalo-bourgeois au pire, paternaliste au mieux. Démocratique, pas vraiment, mais la démocratie parlementaire britannique a de l'asthme depuis Margaret Thatcher.


Charles III et l'environnement en philatélie

Au milieu de tout cela, la Royal Mail a donc bien fait de faire apparaître le cameo royal pour la première fois sur l'émission spéciale dédiée aux fleurs du jardin, émise le vingt-trois mars 2023, une des passions du roi.

L'émission Garden Flowers de mars 2023.

Mais, aviez-vous remarqué que cette passion apparaissait également et intimement sur un des timbres du Couronnement ?

Soutenabilité et biodiversité, un des quatre timbres du Couronnement de Charles III, émis en mai 2023.

Gravé sur bois par Andrew Davidson à partir du travail du studio Atelier Works, les thèmes des quatre timbres constituant le feuillet auraient été choisis par le roi lui-même : le Couronnement représentant la continuité et la tradition ; la diversité et la communauté à travers les religions présentes au Royaume-Uni ; le Commonwealth of Nations dont la Reine avait obtenu des autres membres que son fils soit son successeur en tant que chef symbolique ; et soutenabilité et biodiversité.

Un timbre vert avec tous les éléments du greenwashing (éco-blanchissement ou écologie de façade), penseront les mauvaises langues : travail des champs et de l'élevage, village à peine dérangé par un train électrique, collines cultivées ou laissées en forêt, oiseaux vivant librement et se nourrissant d'insectes et de vers, etc.

Pas vraiment mes souvenirs de Londres ou de la ville de Liverpool s'étalant en pavillons mal isolés...

Mais, surtout, très britannique ou français d'avant les années 1950, de larges haies et des bosquets d'arbres en marge du champ labouré ou du pâturage des bovins...

Le prince de Galles établissant une haie horizontale (source et date inconnues, trouvée par un participant du forum StampBoards).

... car Charles a au moins une forme de sincérité pour certainss formes d'aménagements ruraux, même si on imagine que l'essentiel du travail de ses Duchés successifs sont réalisés par des fermiers non nobles.

Sur le timbre, au premier plan à gauche, un homme est en train d'établir une haie en hedge laying, typique des îles Britanniques. La Wikipédia en français me conduit à l'article haie vive tressée attribuée là au Pays basque. Il tient dans sa main un outil typique de ce travail, un billhook, sorte de serpe plus droite que celle du druide Panoramix dans Les Aventures d'Astérix, et au manche suffisamment solide pour servir de marteau d'appoint.

Attention : un urbain va tenter d'expliquer de l'horticulture.

Apparemment, à partir d'arbres fins, on va les forcer à pousser vers une horizontale, maintenus par des piquets espacés. Au milieu de tout cela, l'arbre aura ses feuilles, des graines d'autres végétaux poussées par le vent ou déféquées par des animaux pourront y être stoppées et poussées ; des insectes et des animaux s'y installés en marge des champs cultivés ou des prairies d'élevage pour lequel la haie servira de barrière sans user de fils de fer barbelé.

Pour revenir à la philatélie, certains ont regretté que le bloc comprennent deux tarifs différents : deux timbres de première classe intérieur et deux de 2,20 livres sterling. Le public aurait-il plus célébré le couronnement avec quatre timbres première classe voire un des quatre timbres émis en carnets ou en feuilles ? Royal Mail a-t-elle apprécié des ventes sans usage sur courrier ? Sûrement.


Charles III, un modèle non démocratique, mais un modèle tout de même ?

Depuis plusieurs mois, la colère monte chez les agriculteurs d'Europe et aussi dans plusieurs pays du monde en lien avec les importantes fluctuations des prix et des productions réalisées : si ce n'est une guerre qui nuit au commerce des surplus, c'est un extrême météorologique qui nuit à toute une saison de culture... Des extrêmes désormais suffisamment répétitifs pour une prise de conscience du changement climatique ?

Quand j'étais lycéen, le cours de géographie sur la Politique agricole commune évoquait l'actualité européenne d'alors de subventionner les agriculteurs pour l'entretien du paysage au-delà des seules aides à la production d'une Europe auto-suffisante.

Bilan de l'échec : cet entretien qui comprend le retour des haies - maudit remembrement productiviste (et même des témoins, alors enfants dans les années 1950-1960, se souviennent des terreurs d'alors parmi leurs proches) - est vécue comme une malédiction par la majorité des exploitants actuels en France.

Le média indépendant breton Splann !, repris par le média de l'écologie Reporterre, raconte ce vingt-huit février 2024 « Pourquoi les agriculteurs n’aiment pas trop les haies »*, entre définitions administratives complexes, indemnisations méprisantes, rentabilité à tout prix face aux industriels et, espérons que c'est rare, haine de l'environnement non apparemment productif ?


Charles est-il à l'agriculture ce que le greenwashing est à l'industrie des hydrocarbures ? En attendant, une partie de ses passions vont dans la bonne direction... Son fils William sera-t-il aussi inspirant dans le domaine de l'environnement ?

Disons-le de suite, aucun des dirigeants français actuels ne m'inspirent autant que Charles III pour mener une transition agricole...


* Nolwenn Weiler et Yann-Malo Kerbrat (Splann !), « Pourquoi les agriculteurs n’aiment pas trop les haies », Reporterre, 28 février 2024 ; lien web.

jeudi 28 décembre 2023

L'impression des premiers billets de Charles III est bien en cours

 Si, dans les semaines qui ont suivi l'avènement du Charles III, les journaux et médias britanniques se sont interrogés sur l'arrivée du monogramme et de l'effigie royale sur les objets traditionnels du pouvoir, le nouveau roi a donné consigne que la mise en circulation générale ne devait avoir lieu qu'une fois les timbres-poste, pièces de monnaie et billets de banque à l'effigie de sa mère, la reine Elisabeth II, viendraient à manquer.

Zoom sur une pile de feuilles de billets de dix livres sterling à l'effigie du roi Charles III, diffusée par l'imprimeur De La Rue sur Twitter, le vingt-huit décembre 2023.

Il y a un an, la Banque d'Angleterre a présenté la face au monarque des quatre futurs billets de cinq, dix, vingt et cinquante livres sterling, mais en précisant qu'ils n'arriveront entre les mains des consommateurs que vers le milieu de 2024.

En effet, la Banque d'Angleterre principalement, ainsi que les banques écossaise et nord-irlandaises ayant le droit fiduciaire, sont passé du billet-papier au billet en polymère, à l'espérance de vie plus longue. En juin 2021, le dernier des quatre valeurs en polymère entraient en service : le cinquante livres Alan Turing ; et la fin définitive de l'échange des billets papiers de vingt et cinquante avait lieu le trente septembre 2022.

Le stock élisabethain ne manquait donc pas, même en stoppant la production aussi rapidement que possible.

Sur Twitter, De La Rue fait la promotion de SAFEGUARD, son polymère à billets en montrant les futurs billets de dix livres carolins.

Ce vingt-huit décembre 2023, l'imprimeur de sécurité De La Rue plc promeut sur le réseau social Twitter son polymère SAFEGUARD déjà utilisé en Égypte, à Fidji et à Samoa notamment, en montrant une pile de feuilles non coupées de billets de dix livres sterling orange à l'effigie de Charles III.

Le travail avance donc.

mercredi 27 décembre 2023

Unboxing Day : les pièces de Charles du Royaume-Uni de 1948 à 2023

 Les nouveaux revers faune et flore des îles Britanniques m'ayant conquis à leur annonce, je me suis offert pour Noël un des coffrets du premier jeu annuel des pièces courantes du règne de Charles III, avec un bonus proposé par Royal Mint : les pièces britanniques de 1948, année de sa naissance.

Sur carton avec une étiquette blanche standard de recommandation de Royal Mail, le paquet cadeau extérieur ne paye pas de mine (ça tombe bien : les voleurs de colis sont de retour dans mon quartier).

Le coffret joue sur le monogramme aux trois C entrelacés créés par la Monnaie royale pour les pièces de monnaie.

Le coffret avec relief à gauche, le contenant à droite.

L'arrière de ces deux objets reprend l'objectif de la collection de pièces rassemblées de l'année de naissance du roi à l'année de son couronnement, ainsi que la définition des pièces elles-mêmes.

L'arrière du coffret et du livret de pièces.

Côté droit, les nouvelles pièces à l'état neuf tant attendues. Avant de passer aux animaux et végétaux, d'abord le nouveau roi dont le profil est une création de Martin Jennings.

La légende du prince de Galles devenu roi face aux pièces de circulation à son effigie.

Côté gauche, les pièces de 1948 et l'histoire du pays dans lequel Charles est alors né.

En 1948, un héritier est né, mais aussi un événement social a ouvert le Royaume-Uni à son ancien empire.

Les pièces, désormais en bronze pour les trois petites valeurs et en métaux non précieux pour les autres, portent le profil de Georges VI par Humphrey Paget.

Le carton rappelle qu'en 1948, en pleine renaissance d'après-Guerre, le Royaume-Uni a accueilli les Jeux olympiques à Londres, le National Health Service a été établie au bénéfice de la santé de tous.

Et, aussi, qu'est arrivé au port de Tilbury du navire HMT Empire Windrush, première arrivée après-guerre de travailleurs des Caraïbes et du Commonwealth jusqu'en 1973, ceux qu'on appelle désormais la Windrush Generation.

Les revers illustrés des deux jeux de pièces d'usage courant : de l'héraldique moderne à l'héraldique post-moderne ?

Les premiers panneaux à apparaître sous le regard à l'ouverture du livret sont les revers héraldiques de Harold Wilson Parker, Humphrey Paget, Charles Walter Colombes, Frances Madge Kitchener et George Kruger Gray pour 1948, et un collectif anonymisé d'artistes et de graveurs de Royal Mint pour 2023.

Avis du consommateur : un petit bonus au set de 2023.

Avantage de ce coffret est de disposer, à prix que je juge raisonnable (environ 95 € pour 38 € le set 2023 seul), du jeu actuel neuf et du jeu complet de 1948 sans avoir à rechercher ce dernier : outre la frappe et la vente de jeux neufs, Royal Mint rachète également d'anciennes pièces pour les revendre, et anime également un site de placements de métaux précieux... À méditer pour ceux qui trouvent, comme moi, que les instituts monétaires officielles tel la Monnaie de Paris émettent trop de pièces de collection en métaux précieux pour gruger les collectionneurs. Il y a de la marge dans le capitalisme libéralisé.

Inconvénient pour les puristes de la collection-investissement : la collection de 1948 est d'usage en cupro-nickel pour les fortes valeurs, donc de qualité basique avec trace d'utilisation, marque de saleté ou d'oxydation. Désolé, mais je n'ai pas les moyens et d'achat et de conservation pour une collection de haute qualité d'avant la Seconde Guerre mondiale en métaux précieux.

À rapprocher des sets proposés à des prix équivalents dans les boutiques des musées londoniens : set pré-décimal du règne d'Elisabeth II, un penny par règne depuis Victoria, etc.

Avis du citoyen : vraiment sans pouvoir le roi britannique ?!!

Le feuillet émis par Royal Mail pour le couronnement, sur l'avis du roi Charles III, gravure sur bois de Andrew Davidson, émis le six mai 2023.

Depuis mai 2023, je dois faire un article sur les timbres du couronnement de Charles III et leur symbolique, ça va arriver vite grâce à ce qui entoure les pièces dans ce coffret.

Le prince de Galles était connu pour son engagement environnemental et développement durable... d'où le choix d'animaux, plantes, arbres et fleurs. Certes, des groupes interrogent l'intérêt de la chasse au gibier, passion windsorienne, ou aux écureuils gris invasifs. Le vingt-trois novembre 2023, The Guardian a révélé la survivance de la bona vacancia dans les duchés de Lancastre pour le souverain et de Cornouailles pour son héritier : dans ces deux comtés féodaux, les biens des personnes sans héritier sont reversés au roi et au prince de Galles, et non au Trésor public ! Des biens de personnes modestes aident à financer les propriétés foncières privées de la Famille royale : en espérant que ce soit en milieu rural ?

Par contre, les multiples derniers gouvernants conservateurs auront-ils appréciés la liberté de Royal Mint - avec l'assentiment voire l'encouragement du roi... ? - de rappeler des événements de 1948 qui sont en débat ouvert et vif dans le Royaume-Uni du début du vingt-et-unième siècle ?

La création du National Health Service alors que les conservateurs ne jurent que par la baisse des impôts et cotisations pour tous, surtout les millionnaires et les entreprises multi-nationales, entraînant l'allongement mortifère des listes d'attente pour pouvoir être soigné gratuitement. Ou alors, on a recours au secteur médical privé à l'américaine...

Le rappel de la Windrush Generation alors que les récents ministres de l'Intérieur - dont plusieurs sont descendants de l'immigration, comme en France d'ailleurs* - sont tellement obnubilés par l'immigration qu'ils incitent leurs services à refuser la citoyenneté britannique, l'émission d'un passeport, d'un visa même, et veulent expulser des habitants du Royaume-Uni qui y travaillent et vivent depuis les décennies. * : In France we say the last arrived are the ones who wished to close the door.

Depuis le début endeuillé de son règne, les journalistes locaux guettent tous les signes de lassitude du roi Charles face aux conservateurs : impatience humoristique avec l'éphémère Première Ministre Truss, agonie du ton du discours du trône au Parlement le sept novembre 2023,...


Alors que la défunte reine était fort discrète dans ces messages politiques (chapeau bleu aux fleurs jaune = Union européenne ou pas ?), le roi Charles III aura-t-il la patience de supporter et tolérer les actuels politiciens britanniques conservateurs comme néo-travaillistes ?

Note : et je tiens compte que la Famille royale britannique est un exemple-même de la bourgeoisie hériditaire... mais avec quelques principes et valeurs peut-être ?

dimanche 5 novembre 2023

De magnifiques nouvelles pièces de monnaie britanniques

 Mi-octobre 2023, Royal Mint a dévoilé les nouvelles illustrations des revers des pièces de monnaie britanniques à l'effigie du Roi Charles III par le sculpteur Martin Jennings, mettant enfin un terme au puzzle héraldique étrange de la dernière série de revers du règne précédent.

Les médias britannique y reviennent cette semaine avec le lancement des frappes à l'usine galloise de Llantrisant ; les premières pièces devraient circuler fin novembre.

Les nouveaux revers (boutique web de Royal Mint).

Huit espèces animales et végétales des quatre pays du Royaume-Uni ont été choisies et réalisées en coopération entre les artistes de l'entreprise et invités. L'illustration est complétée par un tiers à droite reprenant la valeur faciale en gros chiffres arabes, et non en lettres comme traditionnellement dans ce pays, sur un fond de triple C entrelacés.

Selon le média consulté, le choix des chiffres gros et au même emplacement vise, au choix, les enfants, les personnes âgées, les personnes ayant besoin d'outils clairs de repérage ou les touristes - qui ne s'est jamais demandé laquelle valait plus entre la dix et la vingt pence ?

Les formes circulaires, à sept ou neuf côtés, bicolores sont maintenues.

Un penny au muscardin des noisetiers hivernant : acier sous couverture de cuivre, 

Deux pence à l'écureuil roux : idem, . Elle reste immense pour un pouvoir d'achat de plus en plus ridicule. Au Royaume-Uni, l'écureuil roux est menacé par le gris d'origine nord-américaine.

Avec ces deux « petites espèces », c'est l'ensemble du Royaume-Uni qui couvert.

Cinq pence à la branche de chêne : acier sous couverture de nickel,

Dix pence au tétra (capercaillie) : idem.

Vingt pence au macareux (puffin) : cupro-nickel.

Cinquante pence au saumon remontant la rivière : cupro-nickel.

Une livre sterling aux deux abeilles : cercle intérieur en laiton et nickel sous couverture de nickel, couronne extérieure en laiton et nickel. Elle est au format de sécurité de 2017.

Deux livres sterling aux emblèmes : idem. Les emblèmes de chaque nation sont la rose anglaise, le chardon écossais, la jonquille galloise et le trèfle irlandais. Une devise est frappée sur la tranche, tirée du discours d'intronisation du roi, en septembre 2022 : IN SERVICO OMNIUM (Au service de tous, en latin). 

Mammifères, oiseaux, poissons, insectes, arbres, fleurs et herbes, un joli petit tour de la nature est fait. À réaliser dans les parcs et forêts chaque moment de repos pendant l'automne et l'hiver.

dimanche 1 janvier 2023

De QE2 à KC3 : la fable monétaire du lièvre et de la tortue

 Suite à l'article philatélique sur le passage aux effigies ou monogrammes du Roi Charles III au Royaume-uni, la fable de la course entre le lièvre et la tortue paraît adapter... même si les méthodes de production peuvent expliquer la vitesse de départ de la Royal Mint face à la Bank of England.

Évidemment, la très grande ancienneté de l'association de la monnaie avec le pouvoir politique - pour ne pas dire la nécessité de l'un d'être associée à l'autre - explique d'être pressé de marquer le changement du monarque par rapport aux timbres-poste, vague étiquette de pré-paiement du courrier depuis un siècle et demi à peine.

Profil monétaire du roi Charles III : à droite sur pièce de cinquante pence, à gauche pour les médailles de fortes valeurs (Royal Mint via la BBC, trente septembre 2022).

Malgré vingt-sept milliards de pièces à l'effigie de la Reine Elizabeth II en circulation, la Royal Mint a dévoilé les profils monétaires du nouveau roi dès le trente septembre 2022. Le profil est l'œuvre du sculpteur de plus grand format Martin Jennings à partir de photographies.

L'autre face des pièces commémoratives, les premières du règne de Charles III, en hommage à sa mère (Royal Mint via la BBC, trente septembre 2022).

Ces deux premières monnaies sont aussi les premières commémoratives, en hommage à la Reine Elizabeth II. Le revers de la cinquante pence reprend celui de la médaille d'une couronne du couronnement de 1953 avec armoiries, fleurs emblématiques et couronne. La couronne de cinq livres sterling est illustrée par John Bergdahl d'un double portrait richement encadré.

Les quatre millions neuf cent mille pièces de cinquante pence sont mises en circulation à partir du jeudi huit décembre 2022 dans les rendus de monnaie des points de vente de Post Office Ltd. Les pièces de circulation générale sont prévues pour les premiers mois de 2023.

Le set de quatre pièces de circulation et une médaille du set commémoratif britannique de 2023 (site web de Royal Mint).

Par contre, la Royal Mint a lancé sa communication sur les pièces commémoratives de cinquante pence et de deux livres sterling pour 2023, accompagné d'une grosse couronne dans le set annuel, dont les pré-commandes sont lancées le trois janvier : les soixante-quinze ans du National Health Service - malgré sa destruction consciencieuse par les Blairites et Thatchérites - et de la Windrush Generation - du nom du premier navire arrivé avec des citoyens des colonies des Antilles britanniques qui venait d'obtenir le droit de s'installer au Royaume-Uni - pour la première valeur, Tolkien et la locomotive The Flying Scotman pour la seconde.


La Banque d'Angleterre a pris davantage son temps car elle vient à peine de lancer une nouvelle gamme de billets en polymères depuis le cinq livres Winston Churchill de 2016 jusq'au cinquante livres Alan Turing de 2021.

De plus, le trente septembre 2022 justement, s'achevait la phase d'utilisation commerciale des billets papier de vingt et cinquante livres sterling - encore échangeable directement auprès de la Bank of England.

Enfin, le Roi Charles III ayant demandé à ne pas gaspiller l'existant ou le déjà imprimé... Royal Mail a pris son temps pour des billets prévus pour mi-2024 !

La face royale des billets à l'effigie de Charles III (site de la Bank of England).

C'est ainsi que le vingt décembre 2022, la Banque a dévoilé la face royale des quatre futurs billets qui remplaceront progressivement les billets élisabéthains polymères usés et aux stocks épuisés.


Restent les philatélistes pressés de découvrir le remplaçant du type Machin, après cinquante-cinq ans d'émissions et variations de toutes sortes.

Un profil sculpté ? Photogaphique ? Tourné vers le public comme sur le billet de banque ? Comment obtenir un résultat harmonieux avec le nouveau code data matrix en usage sur les derniers Machin depuis février 2022 ?

Proposition réalisée par HalfpennyYellow, participant de StampBoards.com.

Le vingt-et-un décembre 2022, un participant du forum anglophone StampBoards.com a réalisé une magnifique proposition, que je trouve bien équilibrée, à partir du billet de banque. J'espère qu'il l'a soumis à Royal Mail... et reproduira la genèse de la série d'usage courant du Roi Édouard VIII (un récit qu'il faudrait que je raconte sur ce blog, tiens).

Et je compléterais bien sa proposition si Royal Mail n'était pas une entreprise privée le profit sur le cœur : le portait gravé et imprimé en taille-douce, avec valeur en offset, couronne et des lignes ondulées "Royal Mail" ondulées en encre iridescente, et le code datamatrix unique à chaque timbre au moins cher. Royal Mail créerait avec un de ses imprimeurs un beau timbre difficile à reproduire en masse, ce qui est devenu la plaie des postes occidentales.

jeudi 27 octobre 2016

Souvenirs numismatiques dans les musées londoniens

Après leur visite, j'ai trouvé des souvenirs numismatiques dans les boutiques de l'Imperial War Museum et du British Museum de Londres, lors de mon séjour le dernier week-end de juillet dernier.
Avers d'une pièce de trois pence en nickel et laiton de 1945 - très marqué.

Au musée militaire, près de la gare de Waterloo, la boutique est majoritairement consacrée à la littérature consacrée à l'histoire et au fait militaire des vingtième et vingt-et-unième siècles. Sur un des présentoirs de cartes postales et petits objets-souvenirs du combattant, j'ai trouvé cette pièce de trois pence de 1945 à l'effigie du Roi George VI.

Très marquée par l'usage, elle est loin de l'état excellent pour laquelle le catalogue Coins of England de Spink accorde une cote de cinq livres sterling en 2015.
Revers de la même pièce (le trait blanc est le reflet d'un pli du plastique d'emballage sous le scanner).

Cher pour une livre et demi, mais c'est le souvenir qui compte : comme la bijouterie numismate à Cardiff, je n'avais pas le projet d'écumer les marchands philatéliques, numismatiques ou de médailles et c'est la rencontre aléatoire qui a suscité l'achat.

Par contre, ma motivation différait fortement de celle du public visé : je n'ai pas gardé le petit carré de carton qui servait de support et remise en contexte de la pièce. L'entreprise Westair illustrait la pièce avec le rappel de l'évacuation à la campagne des femmes et des enfants, évoquant ce que la pièce permettait d'acheter entre 1939 et 1945.

Non conservé car la pièce et le carton était lié par un gros bout d'adhésif mou... De musée en musée, ou directement sur le site de Westair, il est possible de se constituer une petite collection de pièces de l'époque avec quelques éléments marquants de la résilience britannique, esseulée face à l'Allemagne nazie.

La nostalgie pour cette pièce est réelle : sa forme à douze côtés sera reprise pour la nouvelle pièce d'une livre sterling qui apparaîtra en mars 2017, après présentation de son revers en mars 2015.

Un côté pile très symbolique pour attirer le regard vers le présentoir (Westair).

 Au British Museum, au centre de la ville, se trouvent trois espaces de vente répartis autour de l'ancienne salle de lecture circulaire de la British Library : deux à dominante littéraire et un plus ludique et décoratif.

C'est dans ce dernier que deux sets de pièces britanniques étaient proposés par l'entreprise Westair spécialisée donc dans les objets historiques ou leurs reconstitutions pour les boutiques de musées. Les pièces de monnaie évoquées sont authentiques, même si en état d'usage.

J'ai choisi de repartir avec un ensemble de pièces pré-décimales du règne d'Elisabeth II, pour douze livres, avec une pièce commémorative d'une Couronne période décimale pour compléter.

Petit aléa : le texte au dos décrit la Couronne comme celle du Jubilé d'argent de 1977, avec la Reine à cheval... Ici, c'est celle de 1972 pour les noces d'argent d'Elisabeth et Philip avec un minuscule Eros au cœur du monogramme EP et l'effigie monétaire d'Arnold Machin qui succéda à celle pré-décimale par Mary Gillick.

L'autre set rassemble une pièce d'un penny pour chaque règne depuis Victoria, cinq pièces donc. La composition est équilibrée : soit vous avez une pièce victorienne à l'effigie de Thomas Brock (1895-1901) très lisse à l'usage et la pièce d'Edward VII est mieux marquée, soit vous pouvez distinguer les détails du relief de la couronne de la Reine, mais celle de son fils se lisse davantage...

On en a pour son argent et cherchant des modèles peu coûteux pour de futures références, pour les pennies, ce fut trop lisse.

Avant de quitter le British Museum, ne pas oublier un passage dans la luxueuse boutique située à l'entrée sud : des reproductions en très beaux matériaux des principales pièces conservées font rêver.

lundi 10 octobre 2016

Bijou numismatique au Pays de Galles

Le dimanche vingt-quatre juillet dernier, je passai ma première journée de promenade et de tourisme à Cardiff, la capitale du Pays de Galles. Sous un ciel fort britannique donc vivifiant, j'allais de mon Bed & Breakfast vers l'ancien port, le Millenium Centre, le siège du parlement régional et une ancienne petite église.

Dans celle-ci, une surprise m'attendait, en plus de ce que le guide m'avait indiqué.
Un farthing de 1939 plaqué argent et monté en pendentif, une fabrication de Coinwear.
 L'église norvégienne de Cardiff est posée toute seule au bord de la baie fermée, toute blanche. Elle servit de 1868 à 1974 aux marins des navires amenant du bois nordique pour les mines galloises et rapportant du charbon extrait de celles-ci.

Depuis 1987 et en deux étapes, le bâtiment est rénové et rouvre comme un petit lieu d'exposition artistique à l'étage (histoire du lieu et exposition de peintures), un café et la nef servant à des événements privés.

Ce dimanche-là, les artisans locaux étaient à l'honneur : jouets en bois, linges de maison et... bijoux réalisés à partir de pièces de monnaie.
L'église norvégienne de Cardiff sur le chemin entre l'ancien port urbanisé et les installations portuaires actuelles (photographie sous licence Creative Commons by-nc-sa 3.0 fr). Oui, le cliché date bien de fin juillet dans l'hémisphère Nord ; ça repose de la canicule méditerranéenne.
Depuis 1989, les deux entrepreneurs de Coinwear.co.uk montent en boucles d'oreilles ou collier des pièces de monnaie plaquées en or ou en argent.

Les exemples les plus marquants sont celles qui sont ciselées pour mettre en avant leur motif : Britannia, plantes symboliques et rouge-gorge sur les pence, kangourous du dollar australien, Liberty marchant ou aigle des dollars des États-Unis,...

Ils travaillent également à partir de vos propres pièces-fétiches.

L'autre côté de mon collier géorgien.
Admirateur du Roi George VI, j'ai été d'abord déçu puisque l'effigie royale attire moins les acheteurs, donc la scie du bijoutier. Heureusement, un quart de penny de 1939 était solitaire dans un coin, espérant un jumeau pour une paire ciselée de boucles d'oreille.

Hop en collier !

lundi 26 septembre 2016

Nouveau billet, nouvelle génération au Royaume-Uni

Depuis mardi treize septembre dernier, la Banque d'Angleterre a commencé la diffusion du nouveau billet de cinq livres sterling à l'effigie du Premier Ministre Winston Churchill. Elle entame une nouvelle génération de billets en passant au polymère.

Habitude toute britanniques, les banques écossaises suivent avec, dès demain, la Clydesdale Bank émettra son billet de cinq livres en polymère, suivie par la Bank of Scotland le quatre octobre et la Royal Bank of Scotland le vingt-sept octobre.
Le labyrinthe du palais où naquit le grand homme, une citation historique, Big Ben hologramme parmi les mesures de sécurité (compte Flikr de la Bank of England).
L'étape est à réussir dans un pays où j'ai pu voir des commerçants dénués d'appareils de vérification être hautement méfiants envers les billets de cinquante livres d'avant 2011.

Le nouveau billet est plus petit, réputé plus propre grâce à un support impropre aux champignons, résistant à l'eau (bientôt les tests par les youTubeurs) et à durée de vie plus longue...

Tellement de qualités révolutionnaires que les participants australiens de StampBoards.com moquent les métropolitains qui découvrent un matériau bancaire employé dans la Grande Île depuis un billet commémoratif en 1988 et sa série générale depuis 1992.

La Reine Elizabeth II, une couronne en relief,  les blasons des quatre pays unis du Royaume (compte Flikr de la Bank of England). 
À l'âge d'internet, le lancement du billet nouveau fait appel à tous les moyens possibles. Fini est le temps où la pédagogie sécuritaire se limitait aux reportages didactiques des médias et aux prospectus dans les banques et les commerces.

Les images sont rangées dans la banque d'images Flikr. Le billet a même son propre site de présentation : The New Fiver, comprenant un concours de vidéo pour les écoles. Et même trois clips sur youTube : introduction sur une musique digne de l'Angleterre éternelle, sécurités, production.

Par contre, les touristes ont jusqu'au cinq mai 2017 pour utiliser les billets à l'effigie de la réformatrice du dix-neuvième siècle Elizabeth Fry. Ensuite, c'est le guichet de la Bank of England.

Prochain épisode monétaire en mars avec la nouvelle pièce d'une livre de la Royal Mint. Pour les prochains billets plastiques : le dix livres et l'écrivaine Jane Austen est prévu pour l'été 2017 et le vingt livres consacré au peintre Turner d'ici 2020.

mardi 25 août 2015

Adieu au demi-penny en pièces et timbres

En mai dernier, lors de l'exposition européenne London 2015, j'ai acheté deux souvenirs numismatiques à prix bradés, une livre sterling chacun.

Si le premier, présenté jeudi dernier, respecte peu les pièces de monnaie collées à même le support ; le second maltraite les timbres et met en valeur les pièces.
Face avant du souvenir Farewell to the Half Pence.
L'origine, si elle est connue, ne se trouvera pas sur l'objet anonyme, ni même sur la page Sets du site Jersey Coins and Banknotes de H.K. Frears, spécialisé dans les moyens de paiement de Jersey.

Est marquée la disparition de la pièce d'un demi-penny décimal, en bronze, apparue en 1971, frappée pour la dernière fois en 1984 et démonétisée à la fin de cette même année.

Trouver des pièces en assez bon état ne devait pas être difficile, j'imagine : échange une plus grosse pièce contre des rouleaux de demi-pence.

On s'interrogera sur le choix des territoires : Grande-Bretagne et Irlande normal - même si la pièce irlandaise survivra jusqu'en décembre 1986.

Les Dépendances de la Couronne pas trop difficile de s'y rendre ou à leur représentation londonienne... Mais pourquoi les îles Falkland ? Et pas Gibraltar bien plus proche ? Parce que le Rocher ne frappe ses propres pièces que depuis 1988 et n'a connu que les demi-pence britanniques.

Oublions les territoires d'outre-mer britanniques des Antilles dont l'histoire monétaire est dans la complexité du système métallique des Amériques, multiplié par le nombre des territoires et des choix possibles, à lire la page de la Wikipédia en anglais sur le dollar des Indes occidentales britanniques.

Face arrière - et elizabethaine - du souvenir.
Les millésimes des pièces est au bonheur la chance depuis 1971 pour Guernsey à 1982 pour le Royaume-Uni, en passant par 1977 Man et un trio de 1980. L'exemplaire de Frears possède une pièce de Jersey de 1981.

Les timbres sont identiques et paraissent être les derniers d'usage courant à cette valeur, aussi aisés à se procurer en quantité, sauf pour les îles Falkland.

Le Machin est celui de 1971 (le prédécimal de 1968 était orange-brun ou brun-orange, j'ai du mal avec les sous-nuances), il faut étudier le papier et sa phosphorescence pour préciser le tirage. Pour les Dépendances, de 1978 à 1981, dans des thèmes locaux : paysages à Man, anciennes monnaies à Guernsey et blasons familiaux à Jersey.

Pour l'Irlande, c'est l'émission des animaux stylisés de 1968-1969 qui a été choisi, mais pas la réémission pour la décimalisation 1971 en bleu et sans le « p » qui aurait été plus logique. Il se peut que le stock du pré-décimal ait été plus important chez les marchands, surtout que la série architecture de 1982 ne comprend plus cette valeur.

Le carton avec surface simili-cuir est épais et solide, la pochette en plastique visiblement efficace. eBay interdit de lire depuis la France plusieurs annonces britanniques de ce souvenir (?!) dont les pièces sont toujours décrites comme n'ayant pas circulé. Néanmoins, un exemplaire australien est proposé à un peu moins de treize dollars locaux, soit environ huit euros.

À savoir si des collectionneurs ou des marchands européens ont pensé à créer ce genre d'objets pour le passage des monnaies nationales à l'euro - ou se sont contentés de spéculer sur les souvenirs timbro-monétaires des postes et monnaies nationales ?