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samedi 30 mai 2026

À Boston 2026, les philatélistes méfiants du culte de la personnalité

 Deux publications en ce mois de mai 2026 montrent que le culte de la personnalité autour de l'actuel président des États-Unis d'Amérique inquiète des philatélistes face au Maître général des postes David Steiner, dirigeant l'United States Postal Service depuis juillet 2025.

Un courrier des lecteurs paru dans The American Philatelist daté mai 2026, et consacré majoritairement à Boston 2026, l'exposition mondiale décennale de l'American Philatelic Society, résume les difficultés financières continues de l'opérateur postal historique du pays, un des premiers éléments de son indépendance du Royaume-Uni quelques temps avant la Rébellion et la Déclaration d'Indépendance du quatre juillet 1776.

L'USPS est une entreprise publique, fort dépendante de la politique fédérale puisque le Congrès veille et que l'actuel président n'hésite pas à commenter ses échecs. De plus, sur l'express et les colis, elle est en concurrence avec ses principaux clients tels Amazon qui lui sous-traitent une partie de ses livraisons, notamment en zone d'exploitation coûteuse comme les immenses régions rurales.

Le lecteur de The American Philatelist place ensuite sa loupe sur Steiner, un ancien membre du conseil d'administration du concurrent Fedex, suscitant des interrogations sur la volonté de l'Administration Trump de privatiser l'USPS. Steiner n'a cessé de convaincre du contraire, notamment de proposer les services du dernier kilomètre de livraison à tous les opérateurs courrier express et colis du pays.

L'inquiétude du philatéliste provient aussi que, dans sa recherche de revenus sans coût supplémentaire, Steiner dispose du programme philatélique : pourrait-il imposer au Comité consultatif des citoyens (Citizens' Stamp Advisory Committee) d'abandonner ses règles strictes sur les thèmes des timbres émis au nom des États-Unis, tels la non-représentation de personnes vivantes ou l'aspect jugée extraordinaire de la contribution de la personne passée à l'histoire du pays.

Le lecteur d'imaginer que les intérêts commerciaux dépassent l'intérêt national commun du timbre : des entreprises promouvant leur marque, leurs produits, leurs dirigeants... et donc aussi des partis politiques poussant à représenter des élus encore vivants, voire de faire voter les thèmes sur les réseaux sociaux [aux choix d'affichage aux algorithmes manipulables], des messages de prosélytisme religieux dépassant la simple évocation des grandes fêtes des communautés du pays ?

Et Trump apparaît donc puisque l'U.S. Mint va frapper des pièces en or de deux cinquante dollars à son effigie pour les deux cent cinquante ans de l'Indépendance [entre autres objets à vendr... de collection].

Cinq des vingt-cinq timbre de l'émission sur les personnalités de la Révolution, émis en mai 2026. L'image proposée sur la boutique web de l'USPS prend soin d'une grande diversité des profils choisis.

Avançons donc à l'exposition mondiale qui a lieu depuis samedi dernier jusqu'à ce samedi trente mai 2026, à Boston, lieu emblématique de la rébellion des colons contre les taxations britanniques et des premiers affrontements militaires de la guerre d'Indépendance dès 1774.

Hier, vendredi vingt-neuf mai 2026, le journaliste et éditorialiste Bill Shein publie sur son site Reason Gone Mad un compte-rendu de la manifestation à travers le discours du Maître général des postes et les réponses des visiteurs à ses conséquences potentielles.

Habitant du Massachussetts, l'exposition est une occasion pour lui d'écouter le discours aux philatélistes de David Steiner, de l'interroger directement sur Trump, et de se rendre compte des effets de ces annonces sur le public le plus investi du loisir.


Ainsi, Steiner a expliqué concernant le programme philatélique, ses équipes et lui n'écartent aucune possibilité afin de renouveler son contenu, son attractivité publique. Son objectif est que ce programme montre ce qui rassemble, est commun aux citoyens des États-Unis.

Il a constaté également que les restrictions du CSAC, institution établie en 1957, n'étaient pas inscrite dans une loi du Congrès, mais dans les régulations internes au CSAC et par coutume accepté par les dirigeants de l'USPS.

Seul, Patrick Donohoe contourna la règle de l'interdiction des personnes vivantes sur timbres, entre 2011 et 2018, en contournant complètement le CSAC pour quelques émissions dites commerciales par les collectionneurs : séries sur des films, séries télévisée ou dessins animés très récents, mais très populaires.

Ainsi, Bill Shein confirme qu'en 2011, l'objectif n'était absolument pas de mettre le président Obama sur un timbre, mais de pouvoir émettre une série sur l'univers de Harry Potter en achetant une licence pour utiliser les images des films. Le Maître des postes insistant alors que ce sont les personnages qui sont représentés et appréciés du public, encouragés à la lecture et à l'imagination, pas les acteurs eux-mêmes.

Devant le public, Steiner explique que des réalisations récentes comme une victoire olympique en sport d'équipe lors des Jeux olympiques d'hiver de cette année. Et que les photographies d'un des arrêts décisifs du gardien de but états-unien auraient pu faire un beau timbre-poste.


En aparté, le journaliste interroge le dirigeant de manière fort explicite : l'USPS envisage-t-elle l'émission d'un timbre à l'effigie de Donald Trump de son vivant, donc pendant son mandat.

I’d rather do Taylor Swift and Travis Kelce.

Voici la première phrase, avec humour, de sa réponse : la chanteuse connue dans le monde entier et son fiancé, joueur de football américain.

Avant de se montrer plus rassurant, il voulait annoncer publiquement que la représentation de personnes vivantes, de leurs réalisations rassemblant les citoyens, etc. est possible, même s'il affirme à Boston qu'aucun sujet n'a été discuté par les services de l'USPS.


Bill Shein a ensuite eu les journées suivantes pour constater l'effet de ces paroles sur les visiteurs, qui sont certes les philatélistes les plus impliqués puisqu'en compétition, visiteurs réguliers d'expositions, etc.

Il évoque deux conférences où l'évocation de la règle du CSAC et de la méfiance à la voir affectée a été sujet à de vives réactions, qui vont choquer ceux qui croient qu'on ne doit pas parler de ses opinions politiques quand on philatélise.

Lors de la présentation-encouragement au don de la production d'un documentaire sur la création des timbres-poste, il a été rappelé que cette règle visait à éviter les représentations du monarque des premières séries de timbres-poste, pour une République dont la Déclaration d'Indépendance rappelle qu'elle se rebelle contre le roi d'Angleterre [même si c'est bien le Premier Ministre et la Chambre des Communes qui décident depuis la Glorieuse Révolution].

Applaudissements nourris de l'auditoire.

No King.

Cela ferait-il écho aux manifestations ponctuelles, mais ayant établi le slogan « Pas de roi » depuis juin 2025 et la crainte que le président Trump et ses partisans sont sur le sujet de la dictature personnelle ? Slogan repris dans plusieurs pays quitte à remplacer le titre par dictateur ou tyran, notamment dans des pays dirigés par des personnalités ayant complimenté leur modèle d'outre-Atlantique ou d'outre-Pacifique.


Lors de sa présentation de la création des timbre-poste, c'est sa responsable, Lisa Bobb-Semple, directrice du Service des timbres de l'USPS, qui a dû assurer le service après-vente du discours de son chef.

Suite aux questions, elle n'a connaissance que la Maison Blanche ait demandé un timbre-poste à l'effigie de son locataire [à tendance destructice : jardin de fleurs transformés en terrasse minérale, destruction-reconstruction de l'Aile Est sans qu'on sache trop qui paye et qu'est-ce qui est vraiment construit en-dessous], puis si un criminel condamné pouvait être envisagé...

Elle a répondu qu'un criminel condamné ne rentrerait pas dans le standard, mais le journaliste a fait ses recherches, quelques grands Américains pour lesquels les réalisations dépassent leurs errements face à la loi dans la mémoire collective ou la destinée de leurs idées : le militant Malcolm X (vol et atteinte aux biens), le chanteur Lead Billy (meurtre), le boxeur Muhammad Ali pour désertion du service miitaire.

Aucun élu. D'où la règle de ne pas représenter une personnalité trois ans après sa mort (dix ans il y a encore quelques temps). L'objectif reste de timbrifier un politicien ou un autre citoyen en étant sûr que ses actions positives pour le pays dépassent grandement les errements potentiels à la loi, ou les opinions politiques que chacun juge à sa manière.

Ciblant les philatélistes habitués, le timbre sur timbre au bison américain, massacré pendant la colonisation de l'Ouest, lentement de retour sur ces terres. Mais, l'électorat visé par le président actuel encourage à bannir les protections des troupeaux de bison sur les pâturages du Montana (boutique web de l'USPS).

Découvrant ou faisant découvrir l'univers des émissions philatéliques, le journaliste a rencontré plusieurs personnalités de la philatélie organisée, associative, ayant ou pas participé au CSAC.

Il semble rassuré par la ligne politique de l'USPS. Les émissions de Boston 2026 liés à l'histoire de l'Indépendance reflètent la diversité des acteurs de celle-ci : hommes comme femmes, descendants de colons comme esclaves ou Indiens défendant leurs droits. Un timbre sur timbre sur la survie du bison, un produit pour collectionneur de classiques, survient la semaine où l'Administration Trump a signé des décrets révoquant des droits de pâturages à cette espèce dans plusieurs secteurs du Montana, pour complaire sûrement à l'électorat local [un peu comme le loup et le cerf en France].

Comme dit sur ce blog et quelques journalistes états-uniens, contrairement aux pièces de monnaies commémoratives de l'U.S. Mint, très histoire des Blancs anglo-saxons protestants (WASP) sur deux cent cinquante ans, l'USPS paraît vouloir représenter l'ensemble des histoires, personnalités, événements positifs de l'histoire du pays.

Le timbre que les participants d'une consultation de l'USPS ont souhaité voir réémis. L'USPS propose le thème sous forme d'un bloc de quatre timbres représentant l'animateur jeunesse avec plusieurs jouets-personnages de son émission (communiqué de presse de l'USPS ; magazine de l'USPS).

Enfin, quasiment tous les philatélistes interrogés sont hautement sceptiques de représenter des personnes vivantes sur les timbres de leur pays.

Particulièrement, Cheryl Ganz, qui a participé au CSAC, confirme que la question est revenu souvent en douze ans de mandat, mais que jamais la discussion n'a porté sur un politicien.

Le sujet semble dépasser les seuls collectionneurs : l'USPS a tenté cette année de proposer la réémission d'un timbre souhait par le public. Les votants ont choisi Fred Rogers, producteur et animateur d'une émission pour enfants qui a duré de 1968 à 2001.

Comme pour les affiches et autres recréations de Marianne et timbre gravé pour Philaposte, est-ce un effet générationnel : les philatélistes et curieux de la consultation ont-ils fixé leur attention sur leurs souvenirs d'enfance ? Y a-t-il un effet transgénérationnel ? Un souhait explicite de revoir sur timbres et bloc-souvenir une réalisation pacifique de la société ?


À titre personnel, je crains comme pour la monnaie, les passeports, le forçage actuel pour un billet de banque, les passes annuels des Parcs naturels, que si un trumpiste se penche sur la question philatélique pour faire plaisir au boss,... Steiner et ses équipes auront-ils le courage et même le choix de justifier un refus par les traditions ? L'arme financière pourrait-elle utiliser par les élus républicains trumpistes pour forcer l'USPS à un acte de dictature personnelle au risque de transformer la nature entière de l'entreprise postale et colis ?


Compléments du mercredi vingt-quatre juin 2026 :

Tels l'arbitrage sans vidéo en sport collectif ou les juges en patinage artistique, évaluer une collection en compétition lors d'une exposition philatélique, surtout au niveau international, peut susciter étonnement voire rancœur des exposants - entre le prix des pièces exposées, le temps passé à rechercher des connaissances et à organiser l'ensemble, et les frais d'expédition et d'entrée fort cher à ce niveau.

L'exposition de Boston 2026 connaît son drame. Le règlement de la Fédération internationale de philatélie demande à un groupe de jurés de sélectionner une ou des collections digne du Grand Prix national, parmi les collections étudiant le pays hôte.

Certes, l'histoire ancienne a montré la sélection d'une seule collection, mais la tradition et le folklore du dîner du palmarès (cher aussi) avaient établi une sélection d'au moins deux des collections aux meilleurs scores. Au moment du palmarès, l'ensemble des jurés vote pour désigner celle qui mérite le Grand Prix national.

À Boston, une seule collection a été sélectionnée, choix acceptée par le bureau du jury, et donc déclarée primé sans vote.

Le souci est que deux autres collections sur la philatélie ou l'histoire postale des États-Unis d'Amérique ont reçu le même nombre de points et quelques autres un point au-dessous.

La rumeur immédiate pré-cérémonie se diffusant, le président de l'American Philatelic Society a publié, le mercredi dix-sept juin, un communiqué acide. Tout d'abord pour rappeler que l'APS, même à l'origine de l'exposition, n'a aucun pouvoir sur le jury, surtout qu'il est lié à la FIP et à un secret des délibérations. De plus, l'APS délègue depuis longtemps la responsabilité à un comité d'organisation autonome, qui reverse le bénéfice financier pour des actions de promotion philatélique.

La déception des participants et du public connaisseur a dû être tellement fort pour justifier à la fois qu'il ne peut rien faire à ce que le président du jury, fort expérimenté et respecté, n'a pas demandé au comité de sélection de revoir sa courte liste.

Cependant, les conséquences annoncées sont brusques :

- demande à ce président de jury de démissionner de ses fonctions au sein de l'American Philatelic Society [merci l'indépendance],

- l'annonce de la constitution d'un comité indépendant d'étude et de proposition des relations entre l'APS et la Fédération internationale, notamment la délégation à un comité d'organisation autonome,

- et sur les règlements applicables à la sélection des juges, notamment l'âge maximum pour être juré international - Il remarque que la FIP a récemment retiré cette condition d'âge de son règlement. Le président de l'APS insistant sur le nombre limité de mandats qu'un membre peut exercer au sein de l'organisation états-unienne.

Pourquoi cibler l'âge du capitaine ? La nouvelle présidence de l'American Philatelic Society veut-elle montrer sa force face à une intrusion extérieure - les États-Uniens sont isolationnistes en première intention (sauf si intérêts évidemment) ? Quelles sont les relations internes entre dirigeants de la Fédération philatélique international encore en jeu cette fois-ci ?

vendredi 10 avril 2026

Le Magasin de lettres de Séoul, roman de Baek Seungyeon

 Publié en Corée en 2024, le roman Le Magasin de lettres de Baek Seungyeon a fait l'objet d'une traduction française par Irène Thirouin-Jung et parue en août 2025 aux éditions Nami.

Le titre original, 편지가 글월, se traduirait par « La lettre est écrite », une action essentielle au sein de la papèterie, lieu principal de l'intrigue.

Couverture de l'édition française : le chat est une liberté de l'illustrateur.

Au début du roman, cela fait une semaine que Hyoyeong travaille dans un magasin spécialisé dans le matériel de la correspondance écrite, ouvert à l'étage d'un immeuble par un camarade de ses études de cinéma. Un an avant, elle a dû interrompre à celles-ci suite à un drame qui a endetté sa sœur et ses parents.

Toujours déçu et marqué par cela, elle découvre progressivement ce lieu, que le titre allemand décrit comme « le magasin de lettres dans lequel le temps est suspendu », aux rituels apaisants : ranger les papiers et enveloppes décorés, préparer manuellement une partie au comptoir, comprendre le but de la correspondance des clients, rédiger à la main les reçus... tout en regardant le paysage des collines boisées de la banlieue.

Tout a été fait pour inciter à l'écriture aux autres, y compris le parfum d'ambiance, et une grande table d'écriture. Les clients peuvent même, contre le prix de l'affranchissement postal, laisser leur missive qui sera amené au bureau de poste du quartier, dont la jeune employée se prend de curiosité pour ce magasin.

Particularité du lieu, qui en une petite année va lier encore davantage l'héroïne, le lieu et ses clients réguliers : le Service de correspondance et son meuble composé de niches dans lesquelles reposent parfois des enveloppes illustrées par un correspondant.

Contre une somme modique, celui-ci a pu coucher sur le papier ses émotions ou pensées du moment, à destination d'un autre client inconnu du service. Car on ne peut lire une de ses lettres que si on en a rédigé et déposé une. Seuls, les employés ont l'identité des correspondants, conservée dans un registre afin de les prévenir que leur lettre a été retirée ou s'ils ont eu une réponse.

Ainsi, au fil du roman, les clients sont des personnages à part entière de l'intrigue, souvent curieux et enthousiasmés de ces échanges.

Seule, Hyoyeong semblent ne pas vouloir participer elle-même à l'écriture... face au passé et à sa sœur.

Un message glissé dans le roman par l'éditeur Nami pour la publication.

Dans l'ouvrage se trouve un message sur un beau papier de la maison d'édition française : un échange de lettres entre lectrices, imitant le service de correspondance du roman.

Le mode d'emploi de l'échange de correspondance.

Je ne sais si c'est spécifique à l'éditeur français ou créé par l'autrice et son éditeur coréen, mais ce petit jeu rappelle qu'il y a bien deux magasins de lettres, à Séoul, qui ont inspiré ceux du roman.

De plus, les lettres des clients de fiction sont largement inspirées de celles que des clients de ces magasins ont accepté de rédiger pour accompagner l'œuvre de Baek Seungyeong.

Pour les curieux de la société sud-coréenne ou de l'Asie de l'Est, le roman croise en arrière-plan plusieurs des problématiques locales : la réussite scolaire et professionnelle, la vision négative au premier regard de certains métiers (dont employé de magasin ou créateur de webtoons), la vie quotidienne des écoliers jusqu'aux retraités dans les quartiers périphériques des grandes villes, etc.


Pour ceux qui ont accès au centre de Paris, la librairie Le Phenix, 72 boulevard de Sébastopol, dans le troisième arrondissement, est un lieu indispensable pour trouver des publications originales ou des traductions de l'Asie orientale jusqu'aux cultures tibétaines et de l'Inde.

dimanche 5 avril 2026

Initiation aux sciences de l'archéologie au musée Unterlinden de Colmar

 À Colmar, en Alsace, le musée Unterlinden existe depuis 1853 au sein d'un ancien couvent féminin, dont les religieuses furent expulsées pendant la Révolution française, avant que le projet muséal sauve le bâtiment, ses éléments archéologiques, et le patrimoine matériel religieux confisqué.

Il a été enrichi dans de nombreux domaines : archéologie du Haut-Rhin, arts décoratifs et religieux d'Alsace, un cabinet de gravures modernes, des peintures du dix-neuvième siècle à nos jours, des œuvres au crayon, etc. Et surtout, restauré récemment et exposé de manière à la voir en entier : le retable d'Issenheim de Matthias Grünewald (début seizième siècle), parmi plusieurs autres retables.

Le Char de la mort de Théophile Schuler, de 1851 (photographie de Gzen92, via la base documentaire libre de droits Commons de Wikimedia).

Deux moments marquants pour moi, dont un lié aux collections de ce blog, parmi les nombreux objets et œuvres.

D'abord, la découverte du grand tableau de 1851 du Strasbourgeois Théophile Schuler, Le Char de la mort qui exprime magnifiquement, à mon humble avis, l'époque romantique entre espoir de la Révolution, conviction chrétienne, et désespoir face à la trop lente agonie des mauvais sentiments humains, tous incarnés par de nombreuses allégories.

Une petite collection de pièces de monnaie antiques de peuples celtes au musée Underlinden, à Colmar, en février 2026.

Le musée accueille aussi une longue galerie sur la préhistoire et l'antiquité régionale (au sens élargi, l'Alsace ayant participé aux espaces et réseaux celtes et romains), classées par âges bien entendu, mais surtout par thématiques des disciplines spécialisées de l'archéologie.

Pour montrer et expliquer le passage et les techniques des âges de pierre et des métaux, les objets trouvés sont accompagnés de grands panneaux expliquant les techniques employés découvertes par Homo sapiens.

À hauteur d'enfant, l'explication du métier de numismate placée sous les monnaies (tous droits réservés, musée Underlinden, Colmar).

Ces panneaux sont accompagnés d'objets reconstitués à toucher, toujours utile avec des enfants, et aussi de petits blocs en vitrine. Sur ces blocs sont posés des trouvailles archéologiques et sur la face avant, l'enfant peut découvrir un des spécialistes étudiant, pendant et après les fouilles, les objets d'un site pour le dater, comprendre les interactions humaines, la chronologie de l'occupation, etc.

Ici, les exemples monétaires permettent de présenter le numismate, ancienne spécialisation de l'archéologue et de l'historien, qui interprète la vie du site selon les monnaies que les archéologues ont trouvées.

Un lapin et de petits dessins attirent le regard enfantin sur ce métier.

Devant le cube, un petit lexique donne les éléments-clés pour comprendre comment les monnaies sont créées (tous droits réservés, musée Underlinden, Colmar).

Enfin, posé devant, un lexique illustré explique en quelques mots et l'action de frappe comment les monnaies sont créées.

Il ne reste plus qu'à organiser ponctuellement des journées archéologiques avec frappe monétaire, reconstitution de vases avec moulage au plâtre de morceaux manquants, etc.

Et une visite au Musée de la Monnaie de Paris, notamment la galerie des métaux, même s'il sera moins touche-à-tout.

Métallurgie, étude des graines fossiles, etc. Toutes les passions et curiosités des visiteurs sont servies par ces petits cubes illustrés.

Couverture du livre Qu'est-ce que la Préhistoire ? de Sophie A. de Beaune, édition Folio, 2016


La boutique du musée colmarien dispose de propositions sur préhistoire, antiquité et archéologie.

Pour les lecteurs de bon niveau, la préhistorienne et ancienne universitaire lyonnaise, Sophie de Beaune, a proposé en 2016 un Qu'est-ce que la Préhistoire ? au sens ce qu'est la discipline Préhistoire qui étudie les humains et leurs sociétés avant l'écriture... ou avec...

Je n'en suis qu'aux premiers chapitres de définitions, mais déjà, sont posées la diversité et la complémentarité des spécialisations des archéologues et des préhistoriens : la fouille qui recense strictement, mais détruit aussi, n'est pas l'analyse interprétative des paléontologues, des sociologues et anthropologues, des numismates,...

J'ai trouvé ce livre quelques jours après Colmar à la boutique du musée des Confluences, à Lyon, héritier des musées d'histoire naturelle et autres cabinets de curiosités de la ville.


mercredi 1 avril 2026

Oblitération à message allemande à Prague en novembre 1945 (HEIN ?!!)

 Je reste dubitatif face à la réponse à une question de lecteurs parue dans le numéro d'avril 2026 d'un magazine philatélique français dont le rédacteur-en-chef écrivait dans son éditorial de janvier, suite à un repas de fin d'année chez son propriétaire à Amiens : « Comme rédacteur-en-chef, il m'est difficile d'être impartial et j'aurais plutôt tendance à dire que nous sommes les "meilleurs". » pour justifier pourquoi sa publication ne proposait pas de participer aux compétitions de littérature philatélique.

À la première lecture, j'ai même cru à un poisson d'avril - tradition que j'apprécie peu.

Un objet philatélique quasi-identique à celui en question à la page dix du magazine concerné (vente sur le site Le Bon Coin).

En quelques instants sur le moteur de recherches Google (par mots-clés en allemand, puis à partir du cliché photographique de l'oblitération à message de propagande), j'ai trouvé une réponse qui me paraît plus pertinente que : Oh ! Des anti-communistes tchèques tentent sous le nez de l'Armée rouge et du KGB de s'opposer au bolchevisme avec des timbres à l'effigie d'Hitler et un slogan en tchèque et en allemand, six mois après la capitulation du Troisième Reich !!!

Un autre exemple de souvenir philatélique de timbres du Protectorat et d'une oblitération à message bilingue, ici du quatorze septembre 1941 (via le site philatélique spécialisé et marchand German-Reich.de)

Ainsi, je découvre rapidement un site philatélique marchand qui fait dans l'instruction du collectionneur de timbres-poste : German-Reich.de, dédié à expliquer les enjeux de la philatélie allemande de 1872 à 1945, territoires occupés inclus.

Sur la page dédiée au protectorat de Bohême et Moravie, un souvenir de la foire de Prague (ci-dessus) montre la réponse sur le problème de la date du souvenir antibolchévique : en Allemagne, le mois est indiqué en chiffre arabe ; côté tchèque, c'est un chiffre romain qui l'identifie sur l'oblitération, même les oblitérations courantes (voir cette enveloppe de la même série hitlérienne sur un site de vente polonais).

14. IX. 41 pour ce souvenir de la foire de Prague, donc le 14 septembre 1941.

Pour le souvenir antibolchévique, -3. II. 45-15 se lit 3 février 1945 à 15 heures et non 3 novembre 1945.

Que le lecteur s'interroge et serve à d'autres dans les mêmes doutes, c'est naturel si les chiffres romains sur timbres et oblitérations lui est inhabituel. Mais que le journaliste creuse une explication possible, mais pas la plus simple à vivre pour les résistants tchèques de novembre 1945, ni à prouver (ou alors, citer l'ouvrage et son auteur qui le raconte).

Vente de l'oblitération anti-bolchévique sur un site tchèque, datée du vingt-huit janvier 1945 (sur aukro.cz).

Pour l'oblitération à messages, en double ligne dans la partie inférieure du cercle extérieur (ou aussi dans la bande centrale), j'en ai vu plusieurs côté Allemagne pré-1945 au cours de cette recherche. Je ne sais si la poste tchécoslovaque avait cette façon de faire avant les accords de Munich.

Par la recherche inversée Google Images, en partant d'une photographie de l'oblitération proposée par le lecteur du magazine (en ôtant le timbre qui gêne le moteur de recherche), on trouve un site de vente tchèque où cette marque est proposée sur fragment datée du vingt-huit janvier 1945 (28. I. 45, pas de confusion ici) en 2021 à 390 couronnes tchèques (environ quinze euros).


L'erreur est humaine, mais rappelons que le meilleur des utilisateurs de chiffres romains du magazine aurait pu être consulté, lui qui en est, en avril 2026, au nombre LXXIII.

Complément du lundi vingt-sept avril 2026 : une correction est publiée dans le numéro de mai dudit magazine, page 8, avec un exemple d'oblitération tchécoslovaque de 1924 page 97.

dimanche 9 novembre 2025

Une carte postale, une fresque, des puzzles : des ados bien étonnants dans ce roman coréen

 Pendant mon séjour à Paris en juillet 2025, j'ai enfin pu découvrir la Librairie Le Phénix, 72 boulevard de Sébastopol, dans le troisième arrondissement de Paris, spécialisée dans les cultures d'Asie de l'Est principalement, mais aussi du Sud-Est, de l'intérieur (Mongolie, Tibet), et quelques aspects en Inde.

L'équipe de libraires organise également ateliers et rencontres d'auteurs sur place. N'hésitez pas à vous abonner à leur infolettre.

Couverture de l'édition coréenne du roman évoqué : une scène urbaine de graffitis qui peut illustrer un moment libérateur pour le héros lycéen.

En mode exploration des étagères coréennes, j'ai pu revenir avec des manuels de présentation de la Corée du Sud et de sa culture, quelques bandes dessinées et romans traduits en français dont Encouragez donc les garçons ! de Eun Hee-Kyung de 2010, publié en français par L'Atelier des Cahiers Éditeur en 2022.

La couverture (brutale) de la traduction française de 2022, avec une traduction alternative du titre : approximativement « Console le garçon / Réconfortez les garçons » (소년을 위로해줘).

Dans ce récit à la première personne, l'écrivaine met en scène Kang Yeonu, surnommé « L'Indifférent » par son nouvel ami Dokgo Taesu, au moment de son adolescence où il va changer à la fois progressivement et par à-coups alors que rien ne paraît changer dans le cadre imposé par sa mère a-maternelle.

Élevé par une mère divorcée à la fois égoïste et colocataire de son fils, et le petit ami du moment de celle-ci, Yeonu déménage une nouvelle fois et sait déjà qu'il va s'enregistrer pour être dirigé vers un nouveau lycée, dans lequel son physique et ses piètres résultats vont le mettre à la marge des groupes sociaux distingués comme harceleurs du quartier.

Bref, il est comme le duo de chats de l'appartement : sa mère les a voulus, mais elle regrette de devoir les faire souffrir en les gardant... Guère réjouissant.

Seulement, il fait la rencontre de l'impulsif Taesu et de sa sérieuse sœur, revenus d'une année aux États-Unis avec leurs parents, et de la craintive Chaeyeong par le hasard du déménagement. Le premier lui fait écouter - et Yeonu s'identifie rapidement - les paroles du rappeur lycéen inconnu et amateur G-Griffin (griffon...), et ne sait que faire des sentiments nouveaux que semblent montrer les deux lycéennes.

Dans sa nouvelle chambre, dont Chaeyeong semble connaître l'emplacement de la fenêtre avant même leur rencontre, Yeonu découvre qu'il place ses meubles stéréotypés exactement aux mêmes endroits que l'occupant précédent, que celui-ci a petit à petit dessiné des ailes déployées sur le mur dans l'axe du miroir... trop hautes pour le narrateur, mais inspirante.

Et, à la première venue du facteur, Yeonu découvre, oublié par la famille, une carte postale de Chaeyeong envoyée à ce Min Gihun, l'auteur de la fresque ailée. Une carte achetée au musée Franz Kafka et expédiée de Prague par Chaeyeong, sur laquelle l'écrivain, regard gêné, est photographiée à la plage avec une amie.

Chaeyeong, personnage mystérieux, mais attachant, ce qui s'accorde bien avec l'attitude mutique et prudente de Yeonu : elle lui fait cadeau de la carte qu'il parvient à lui rendre, elle l'introduit au bar à puzzle du quartier, elle lui offre un pendentif orné d'un griffon identique au sien quand leurs sentiments s'accordent...


L'intrigue adolescente paraît simple, mais non : d'abord ces adolescents et la mère détonnent dans la société coréenne de compétition par le comportement social attendu, les résultats ou la force brute.

Le fait de vivre de nouvelles expériences avec ces trois camarades entraîne des péripéties inattendues pour le héros et une frustration montante et surprenante en lui malgré la découverte qu'il aime lire (un roman de Kafka que sa mère récupère dans les livres de son ex-mari qu'elle n'a jamais jetés) et la formation à la course à pied reçu par le petit ami de sa mère, qui semble avoir plus de parentalité en lui.

Le premier tiers du roman pose Yeonu dans ses habitudes de suivre sa mère dans sa manière de vivre, avec les premiers intérêts pour ces trois nouveaux ami.e.s. Le deuxième tiers semble faire mûrir le héros au rythme des aléas adolescents (la passion pour les chansons du rappeur, un enseignant méchant et donc la peur de celle des parents face aux punitions, le passé non-dit des trois autres, la déception non dissimulée d'une des filles, l'accomplissement par la course à pied,...).

Au troisième tiers, brusquement, Yeonu prend conscience qu'il a depuis son emménagement une collection d'objets sous ses yeux, en main, qu'il utilise même, mais qui ne le mène en fait pas vers la découverte de lui-même. La carte postale est incluse dans cette révélation vue le titre de ce blog.

Là, l'éditeur français peut justifier sa couverture, et l'autrice son titre : qui va venir consoler ce garçon de cette découverte pour qu'il la dépasse, confronte la situation de manière réfléchie. Ses amis, ils sont juges, parties, et eux-mêmes dépassés. Le petit ami, faux beau-père, il a déjà bien encouragé et ce n'est pas son rôle. La mère est-elle si distante de ses devoirs parentaux ?

...

Je ne sais pas : il me reste cinq chapitres, l'épilogue et relire le chapitre introductif pour savoir si et comment Yeonu va devenir un jeune adulte libre.

En attendant, encore un auteur de fiction qui place la correspondance écrite et postale en bonne place de la construction de ses personnages.


Postscriptum du mardi onze novembre 2025 :

J'ai terminé la fin du roman, surprenante quoique logique en évoquant des adolescents en construction.

Pour les accrocs du timbre-poste et de la carte postale illustrée, une surprise dans les dernières pages : comment un des personnages compare sa rencontre avec le héros à partir du roman épistolaire illustré de courrier réalistes Griffin and Sabine, premier tome d'une saga de Nick Bantock, publié en 1991.

La fiction relie par la correspondance un illustrateur de cartes postales londonien et une illustratrice de timbres-poste vivant en Océanie... Le point-clé pour clore le roman coréen est le nom du héros : griffon.

samedi 16 août 2025

Spink vend sa maison d'édition à Pen & Sword

 La nouvelle ne rassurera pas les tout derniers espérant, sur un coup de poker, une nouvelle édition du catalogue Spink-MauryZomby-Dallay, mais qui sait ?

La maison d'enchères londonienne et internationale, Spink, a décidé de céder son département publications à Pen & Sword, maison d'édition spécialisée dans l'histoire militaire, navale, maritime et aérienne, les objets de collection liés, ainsi que les microhistoires : locales et familiales. Elle est établie au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie.

Le premier catalogue Coins of England & the United Kingdom - Decimal Issues de Sovereign Rarities (site de cette dernière entreprise).

C'est la dernière étape du lâcher de l'édition pour Spink, dont le courriel d'annonce montre une focalisation accrue sur le marché des ventes aux enchères de prestige en Europe, États-Unis et Asie, pour les monnaies, médailles, et autres articles de collection à haute valeur ajoutée.

... ou fuir un secteur d'activité dont les coûts d'impression matérielle et d'expédition postale croissent trop pour un groupe dont ce n'est pas la réputation et le revenu prioritaires ? 

La première étape a eu lieu en avril 2024 quand le marchand de monnaies londonien Sovereign Rarities a acheté les droits des catalogues de monnaies des îles Britanniques : les deux volumes de Coins of England & the United Kingdom (avant et après la décimalisation de 1971) et Coins of Scotland, Ireland and the Islands including Anglo-Gallic Coins. L'édition 2025 des deux premiers étant les premiers avec le nouveau nom d'éditeur.

Le logotype de Pen & Sword Books (boutique web britannique).

Le courriel de Spink de juillet 2025 est évidemment optimiste, même s'il se détache d'un élément centenaire de l'entreprise, qui a créé en propre ses publications, mais aussi pour d'autres entités gouvernementales, privées et associatives dont la Royal Numismatic Society and the British Numismatic Society.

La transition pour les clients de Spink Books est annoncé comme aisée. Pen & Sword est l'actionnaire majoritaire de Script Publisher Services, un sous-traitant du monde de l'édition, aidant depuis la mise en forme, la mercatique jusqu'à la distribution ; et dont Spink utilisait les services.

Pour l'heure, le site web Spink Books est maintenu sous contrôle désormais de Pen & Sword. La Direction du nouveau propriétaire annonce une nouvelle marque (Imprints sur la boutique web) pour incorporer les titres Spink et attirer les auteurs et institutions : Script Collectables.

Quand au catalogue de cotations des timbres de France et de son empire colonial... Certains pourront espérer que zombie Maury deviennent anglophone pour rentabiliser les droits que Pen & Sword a acquis. Les conquêtes coloniales avec l'imaginaire militaire et naval qu'elles suscitent - à côté de leurs immenses violences meurtrières - peuvent peut-être susciter une envie philatélique outre-Manche ?

mardi 5 août 2025

Très triste nouvelle : dernier numéro pour Stamp Magazine

 Jeudi prochain, le quatorze août 2025, le mensuel philatélique Stamp Magazine publiera son tout dernier numéro après neuf décennies dans les kiosques britanniques.

La couverture du dernier numéro, daté septembre 2025, de Stamp Magazine qui termine avec la variété de sujets qui le caractérise.

Dans son dernier éditorial, Guy Thomas évoque les réponses connues de cette fin : la baisse des ventes et des revenus publicitaires, ainsi que la montée des coûts du papier et de la distribution qu'elle soit postale ou en kiosque.

Pour les lieux de presse, WHSmith a décidé de vendre ses magasins en ville au Royaume-Uni, qui sont déjà des mini-marchés en eux-mêmes : presse et littérature, mini-repas rapide, loisirs créatifs, location d'espace à Post Office Ltd, etc. Le groupe veut se recentrer sur les aéroports et autres lieux à plus forte valeur ajoutée.

La disparition de Stamp Magazine va constituer un grand manque pour moi qui y suit abonné depuis 2007. Outre les nouvelles émissions britanniques, le mensuel présentait une grande diversité de pays au-delà du Commonwealth, leurs timbres et usages de 1945 à nos jours, thématique, manière de parler des timbres beaucoup, de courrier et tarifs aussi.

Ainsi, les auteurs réguliers ont proposé des regards renouvelés sur les émissions semi-modernes et modernes du Royaume-Uni, sur les artistes du timbres et leurs graveurs.

En 2020, le magazine avait été marqué par le confinement avec un numéro reporté, un allègement brutal de la pagination. Le titre a aussi nomadisé entre quelques groupes de publications ou d'activités de loisirs... En vain.


Les abonnements en cours sont reportés vers Stamp Collector de l'éditeur Collectors Club of Great Britain, qui a déjà récupéré l'adresse http de Stamp Magazine.

En quelques années d'abonnement, j'ai bien moins accroché à ce titre, très britanno-impérialo-centré, même si des auteurs y pratiquent une histoire postale et sociale intéressante.

Gibbons Stamp Monthly est plus encyclopédique. Mais, ce périodique et les catalogues Stanley Gibbons sont désormais à la remorque de groupes capitalistes successifs, tendant de traire le plus de profit de la marque de 1856 et de quelques timbres prestigieux. Actuellement, la filiale philatélique est en crise et endettée auprès de sa maison-mère, dont les obsèques sont le revenu principal, suite à l'achat du One Cent Magenta, qu'on espérait rentabiliser en en vendant des reproductions NFT !!!

Au terme de mon nouvel et inattendu abonnement à Stamp Collector, ce sera la fin de mes lectures mensuelles britanniques puisque le défaut des deux survivants est de forcer la main à l'abonnement renouvelable par prélèvement automatique... Pas mon envie.

En espérant retrouver les auteurs de Stamp Magazine tout de même, et espérant le meilleur aux employés.

jeudi 31 juillet 2025

Humour philatélistique absurde dans Spirou - #JesuisFabrice

 Dans son numéro 4554 du mercredi vingt-trois juillet 2025, la rédaction de Spirou, magazine de bandes dessinées, publie la deuxième page du Journal des fans des Fabrice... entretenant la forme d'humour absurde... aux chutes (volontairement) manquées... des deux Languedociens : Fabrice Erre et Fabcaro.

Depuis la rentrée 2019, les deux Fabrice se sont vus confiés la préparation du gag de l'édito du magazine hebdomadaire...

... Leur employeur - qui renouvelle leur contrat ?!! - s'attend à une interprétation des personnages mis à l'honneur de la couverture en espérant de l'humour de qualité.

À gauche, une partie de l'épisode des Fabrice en tournée revu par Evemarie. À droite, la passion philatélique de Fabcaro (extrait de Spirou 4554, page 16, librement consultable sur le site du magazine).

Calembours hors sujet, mauvaise foi face à leurs collègues, la rédaction a été heureuse de découvrir au début de l'été qu'ils démissionnaient pour se lancer dans une carrière musicale où on saurait reconnaître leur talent !

Ainsi, chaque grand festival français ou européen a l'honneur de les recevoir - les organisateurs le savent-ils ? - et les péripéties de cette tournée (mal) financée par la rédaction donne une série estivale par épisode.

Et donc un journal de fan aussi absurde que l'édito des Fabrice.

Rédigé par Jorge Bernstein (gage rock de la qualité des Fabrice) et illustré par divers dessinateurs habituels, le deuxième journal des fans des Fabrice annoncent une grande nouvelle philatélique, digne de la présidence de Sarkozy-le-président-de-la-taille-douce : 

Fabcaro collectionne les timbres !!!

De la caricature (pas le faux timbre Marianne assez réaliste par Ben Lamarre) de la trouvaille aventureuse de la pièce unique un lundi de novembre en Meurthe-et-Moselle ; on relira pour comprendre l'enjeu d'aller se perdre si loin du Midi leur aventure fabricesque dans la jungle amazoinienne dans À la poursuite du trésor de Décalécatán.

...

Décalécatan ? Oui, ils ont osé.


Néanmoins, en temps que chanteur, c'est une autre pièce essentielle de sa collection thématique qui lui manque, mais depuis quelques épisodes de la tournée des Fabrice, on avait compris :)


Deux notes finales.

L'adresse mail indiquée pour ceux qui ont ce timbre rare est fonctionnelle : c'est l'adresse du courrier des lecteurs.

Le logotype de l'éditeur Bandes dessinées à poster.

Enfin, Ben Lamarre est le bon choix pour ce Fabrice-Marianne, à la fois car portraitiste et auteur d'une des histoires proposées par l'éditeur Bandes dessinées à poster (BDàP) , mais ça, c'est pour un autre article.

samedi 19 juillet 2025

La diversité de la philatélie dans The American Philatelist de juillet 2025

 Et, enfin, le contenu lui-même de ce numéro de juillet 2025 de The American Philatelist, le journal mensuel de l'American Philatelic Society (lire épisodes 1 et 2) et que les nouveaux outils à la mode d'« intelligence artificielle » ne peuvent que mal plagier de fort loin.


Histoire postale pré-philatélique, postier pontilleux et numismatique : repérer et expliquer les réécritures de port payé et port dû par les maîtres de postes de États-Unis de la première moitié du dix-neuvième siècle. Oubli de compter un chèque ou une action boursière comme deuxième feuille d'une lettre, erreur sur la distance entre lieux de départ et d'arrivée postaux.

Et erreur de l'expéditeur qui a pu déposer sa missive dans une boîte devant le bureau avec une pièce de monnaie : pas assez ou en trop. Michael Heller explique alors l'habitude ancienne d'institution états-unienne (la poste d'alors, la bourse encore aujourd'hui) d'exprimer des valeurs avec fractions : à l'époque du système de pièce en argent-métal, les pièces de format espagnol circulaient en Amérique du Nord et la conversion en centième de dollar U.S. aboutissait ainsi à un real égale douze cents et demi. D'où le tarif de dix-huit cents trois-quarts (18c 3/4) facilement payé avec une pièce d'un real et une d'un demi-real.

L'article de Michael Heller est proposé par l'U.S. Philatelic Classics Society.


Toujours en histoire postale, mêlé de thématique, MichaelWing évoque la fixation du calendrier occidental par tâtonnement du calendrier julien jusqu'au calendrier grégorien afin de suivre au plus précis la durée des révolutions de la Terre autour du Soleil.

Ce qui suscite son article : comment une lettre de l'est des États-Unis vers Saint-Pétersbourg, en Russie, de 1912, a-t-elle pu partir et arriver le même jour si l'on se contente de croire les cachets postaux ?

 Évidemment, cela est une question de calendrier légal.


Classe un cadre ? Wayne Youngblood montre comment de banales cartes postales ou publicitaires peuvent constituer une collection courte, mais curieuse : le tarif postal de la carte postale intérieure du 22 mars au 31 octobre 1981.

C'est court, et ça a demandé à des adaptations, le temps que des entiers postaux et le timbre au nouveau tarif soient émis : empreinte de machine à affranchir à valeur complémentaire, relance de la carrière d'un timbre précédent (Henry Ford), utilisation par erreur trois jours à l'avance du timbre nouvellement émis début avril

Timbre qui continua d'être utilisé préoblitéré pour les envois en masse pré-triés par l'expéditeur.


Enfin, deux écrits de longueur diamétralement opposés, mais que seul l'esprit humain est capable d'accomplir.

Un bébé moufette sur timbre des États-Unis, émis le vingt-trois mai 2025 (site de l'USPS).

En un articulet d'annonce d'une nouvelle émissions de timbres des États-Unis, Jeff Stage dépasse le communiqué de presse et les connaissances de base sur le sujet de l'émission des bébés d'animaux sauvages.

Un de ces dix timbres aux illustrations amusantes de Tracy Walker a suscité un questionnement à l'auteur : serait-ce le premier timbre-poste des États-Unis représentant une moufette (mal identifié au putois d'Europe par les francophones à cause du nom mal adapté du personnage Pépé le Putois). La notice de nouvelle émission devient un mini-article sur la moufette sur les timbres non postaux du pays.

Rubrique Fin de catalogue et érinnophilie : fait !


Sur plusieurs pages et abondance de photographies, un couple, Al D'Andrea et Margit Ahlin content comment en quelques années, pour découvrir leur nouvelle région d'adoption, et assouvir la passion philatélique du premier, ils ont visité les 444 bureaux de poste du Maine.

Le huit janvier 2010, D'Andrea a l'idée de faire oblitérer par courtoisie une enveloppe portant le timbre en hommage au peintre Winslow Homer, Two Boys in a Pasture, au bureau de Prouts Neck, localité où vécut le peintre.

Et l'engrenage était lancé... Parcours de villages lors des week-ends et congés, jusqu'à la frontière québécoise, exploration des îles atlantiques et remercier la générosité des habitants qui ont accepté de les aider à ne pas rater le dernier ferry de la semaine, parcs naturels de l'État fédéré,...

Ainsi que le professionnalisme des postiers acceptant le règlement postal qu'un client peut demander à se faire oblitérer sans voyage postal un pli pourvu qu'il soit affranchi au tarif de la lettre.


Quelques autres articles animeront l'envie de collectionner différemment ou de se dire que sa collection personnelle a tout autant de mérite que les autres.

Sans la curiosité, les qualités de recherche, et le style de présentation et de rédaction propre à chacune et chacun, ce magazine, eut-il été écrit sous « intelligence artificielle », n'aurait jamais eu la même saveur.

vendredi 18 juillet 2025

Des dirigeants philatéliques bien optimistes aux États-Unis

 Le même numéro de juillet 2025 de The American Philatelist (précédemment par ici) marque aussi la dernière chronique en tant que directeur exécutif de Scott English.

Spécialiste de l'organisation d'actions et de la gestion associative et politique, il a travaillé aux enquêtes de l'association Citizens Against Government Waste dans les années 1990, avant de participer aux travaux législatifs des représentants républicains Mark Sanford et Bob Barr.

La page de titre de son bilan aux membres du Collector's Club de New York : "Une décennie en philatélie : chaleureux souvenirs et conseils pour l'avenir" (via Vimeo).

Depuis août 2015, il a été embauché comme le septième directeur exécutif de l'American Philatelic Society ; l'importance de l'APS, de ses biens (la bibliothèque notamment) et de ses actions passées et à venir pour maintenir le nombre de membres et leurs interactions, nécessitent de disposer d'un chef d'orchestre salarié en permanence, appliquant et facilitant les décisions des membres élus du Bureau.

Il a présenté un bilan détaillé au Collector's Club de New York, le vingt-neuf janvier 2025 (<= le lien mène vers la vidéo-conférence sur la plate-forme Vimeo), et un bilan résumé et affectif aux membres de l'APS donc dans ce numéro de leur journal avant le transfert de sa charge en août.

Et, contrairement à deux des courriers de lecteurs sur la multiplication des timbres émis par la poste nationale, la futilité d'une récente émission (les appâts de pêche) qui lui ferait renoncer à la collection, voire la nécessité pour la revue de relancer la rubrique des émissions abusives, Scott English quitte son poste en philatéliste aussi optimiste que Susanna Mills est confiante dans les futurs auteurs d'articles.

Il avoue être arrivé à ce poste avec le passé philatélique de base : un tiroir rempli de timbres accumulés et prenant, depuis, la poussière.

En dix ans, il a une collection mieux organisée, et même une en cours de préparation pour une exposition.

Mais, surtout à ses yeux, pour faire son job, il a rencontré, appris et repart avec des amitiés et des expériences de longue durée. Il valide ainsi le slogan de sa prise de fonction :

We don't sell stamps, we build stories.

Nous ne vendons pas des timbres, nous construisons des histoires.

Dans la courte énumération des réalisations sous son mandat, on distingue la résolution d'enjeux, particulièrement financiers et technologiques, qui ont pu diviser les membres les plus actifs de l'American Philatelic Society dans les années 2000 :

- remboursement par avance du crédit de l'achat et de la rénovation de la fabrique d'alumettes de Bellefonte, en Pennsylvanie, devenue le siège et la bibliothèque de l'APS ;

- lancement d'une bibliothèque numérique pour que l'accès dépasse les visiteurs du siège et les demandes par correspondance (recherche assistée par documentalistes et membres volontaires contre paiement) ;

- revitalisation du salon-exposition philatélique national sous la forme du Great American Stamp Show (GASS) ;

- face aux limites d'interaction sociale et de voyages pendant les premières années du covid-19, et pour favoriser les rencontres entre membres du pays-continent voire du monde entier, développement de conférences en ligne et d'un forum de discussion réservé aux inscrits (y compris non membres de l'APS) ;

- pour aller vers les non-membres et la jeunesse : création de StampEd, un mini-journal philatélique numérique et gratuit -> par ici pour s'inscrire à l'info-lettre.

Les volontaires de l'APS faisant le plein* pour l'exposition nationale (*"Gass'd up" et les lettres Empty et Full) en couverture du numéro juillet 2025 de The American Philatelist.

Et, régulièrement, des éditoriaux et des articles d'initiation et conseils aux côtés des articles spécialisés dans The American Philatelist depuis le passage à la rédaction-en-chef de Gary Loew. Il y a eu deux numéros sur les catalogues de timbres des plus généraux aux éditeurs nationaux. La présidente sortante de l'APS, Cheryl Ganz, donne des conseils pour aller à la rencontre des marchands philatéliques lors du prochain GASS, en août.


Depuis lundi quatorze juillet, le directeur exécutif de l'APS est Kirk Gillis, jusque là directeur associé adjoint et chef Ventes et Marketing de l'United States Mint, la Monnaie du département du Trésor des États-Unis d'Amérique. Le cœur de sa carrière privée a été le lancement d'entreprises numériques en Afrique de l'Est : l'esprit d'entreprise et l'échelle globale sont soulignés dans le communiqué de presse de l'APS annonçant sa prise de fonction.

Bref, trop de timbres futiles émis en 2025... Il y a tant d'autres choses à collectionner et étudier.


Complément du vendredi huit août 2025 :

En juillet, The American Philatelist publie la colère d'un collectionneur sur l'émission des appâts de pêche par la poste des États-Unis... pour que dans le numéro d'août, le nouveau directeur exécutif de l'American Philatelic Society déclare une collection de décorations de Noël liées à la pêche.

Un de ses employeurs précédents offrait des appâts de pêche enfermés dans des boules de verre à fixer sur le sapin familial, ce qui a relancé le virus de la collection.

mercredi 16 juillet 2025

« I.A. » contre auteurs philatélistes dans The American Philatelist

 C'est en éditant un numéro varié de The American Philatelist que Susanna Mills montre un optimisme pédagogique face aux agents conversationnels de type grand modèle de langage (LLM) pré-entraînés  (GPT), abusivement popularisés depuis deux ans sous le terme d'« intelligence artificielle » par les marchands du temple numérique et des journalistes peu précis.

Comprendre, pour citer quelques-uns de ces êtres algorithmiques à la mode : ChatGPT, Grok, Mistral, etc.

En sachant que ces techniques informatiques d'apprentissage de robots, sous de multiples formes d'algorithmes, existent depuis plusieurs décennies au profit de la recherche scientifique ou en se limitant aux algorithmes prédictifs « bêtes » mais plus efficaces (correcteur orthographique ou grammatical non en mode non automatisé, Où est mon colis ?, reconnaissance ultra-spécialisée d'imagerie diverse et variée par exemples).

Mais, là, après l'échec de multiples « révolutions » qui allaient transformer l'emploi, la vie humaine et la collection de timbres-poste tous azimuts (la réalité virtuelle, le métavers, la réalité augmentée, la block chain, les NFT), il fallait aux star ups et aux milliardaires de nouveaux jouets pour trouver des capitaux alimentant leur image et leur train de vie. Et peu importe les conséquences.

Extrait de l'éditorial de Susanna Mills dans The American Philatelist de juillet 2025.

Dans le numéro de juillet 2025 du journal mensuel de l'American Philatelic Society, la rédactrice en chef réagit à un échange sur The Hub @ Stamp SCHOOL, un des domaines du forum créé par l'APS et où les non membres peuvent s'inscrire gratuitement.

La question posée a été quelle approche les rédacteurs en chef philatéliques allaient avoir face à des articles créés par ces robots.

Comme l'extrait ci-dessus le montre, il s'agit toujours de poser un premier regard sur l'article, découvrir les problèmes qu'il pose, puis à partir des définitions-clés, annoncer que la rédaction de The American Philatelist va compléter le guide des auteurs d'un refus des articles rédigés par « intelligence artificielle ».

Les défauts de rédaction sont connus, même si on lit trop vite ces productions : 

- style ampoulé ne correspondant pas à l'humain censé l'avoir rédigé (je remercie les start up états-uniennes, brésiliennes et singapouriennes qui semblent faire lire mon blog au premier trimestre 2025 vu les centaines de visites - c'est peut-être pour cela que nous sommes quelques auteurs de blogs et écritures personnelles à découvrir que les tirets et quadratins dont nous abusons se retrouvent chez les GPT en contexte francophone), 

- des paragraphes entiers de vide pour aboutir à la réponse (de vrais écoliers croyant donc que la note dépend du nombre de pages).

Le pire que la rédactrice en chef signale dès le début : un étudiant, un chercheur et un rédacteur en chef apprennent une chose très vite pour juger s'il faut lire un article ou un livre dans le temps limité qu'ils ont face à l'Himalaya de la connaissance passée et future : titre, introduction problématisée, conclusion aboutie... ET la liste des sources et la bibliographie.

Ces outils sont incapables de fournir une liste fonctionnelle, et même réelle, de leurs sources : sur les réseaux sociaux, les enseignants-chercheurs multiplient les signalements de productions feignantes avec l'aide d'un GPT où la bibliographie est une hallucination totale.


Et, avec pédagogie, comme plusieurs spécialistes du numérique, Susanna Mills rappelle que ces robots ou réseaux de puces sont gavés comme des oies de tout ce que les entreprises trouvent comme écrits numérisés. Ensuite, face aux questions posées, ils tentent de produire le texte le plus véritable possible...

... sauf que « véritable » ici signifie d'approcher le plus fort pourcentage de réussite en succession de mots et de phrases d'après ce que le réseau de puces a appris de l'écriture humaine.

Elle signale ainsi d'autres défauts à la production d'articles philatéliques spécialisés par ces outils. D'abord, l'immense bibliothèque philatélique est encore sur papier, partiellement numérisée, mais loin d'avoir été transcrite par reconnaissance optique de caractères, avec relecture humaine.

Ensuite, ils ne produiront qu'à partir de ce qu'ils ont ingurgité ou trouve à la volée d'une recherche web... Des pans entiers des spécialités philatéliques et postales vont aboutir au mieux à une reconnaissance d'échec, au pire à un texte faux.

Enfin, une fois l'article ou le livre de référence lu, le collectionneur veut comprendre le timbre ou la lettre qu'il a sous ses yeux pour l'exposition compétitive ou la revente à meilleur prix grâce au contexte... Bon courage pour obtenir des informations sur cet objet précis avec ces GPT.


Seul pessimisme pour les lettres d'information électronique et des articles sur les nouvelles émissions où certains pourraient prendre le raccourci, avec tous les défauts qui vont avec : ne rien apprendre, ne pas faire travailler son cerveau, son esprit de recherche et sa critique face aux sources d'informations.

Bref, comme l'a montré un test récent dans La Revue française de généalogie daté juin-juillet 2025 : recherche d'archives inutilisables (les algorithmes que les fournisseurs actuels proposent pour éplucher les bases de données indexées par les archives ou les associations suffisent largement pour aider la recherche et susciter l'analyse critique avant d'inclure les informations dans son arbre), dessin d'arbre généalogiques illogiques,...


Certes, l'espoir de certains utilisateurs est vif, quelques pistes pertinentes de recherche peuvent être proposé par l'outil sous la forme de question-réponse humanisée, mais :

Pour conclure par moi-même : néo-nazi trumpiens, écoliers-salariés en recherche d'efficacité travail-loisirs, et patrons-actionnaires, ont tous de bonnes raisons de plonger dans la dernière mode, mais ce n'est pas pour ça qu'ils ont raison.

Nous avons déjà bien à faire avec la réalité de nos opinions plurielles, de plus ou moins bonne foi.


Vendredi dix-huit juillet 2025 : aussi dans ce numéro, la dernière chronique de Scott English en tant que directeur exécutif de l'American Philatelic Society.

lundi 12 mai 2025

Humour numismate canadien anti-trumpien

 Face à la relation que l'actuel président des États-Unis d'Amérique impose aux États et économies nationales du monde entier, et notamment à son voisin et principal partenaire commercial, le Canada, le caricaturiste Adam Zyglis a récemment proposé une leçon culturelle américano-canadienne pour le journal The Buffalo News, diffusé dans cette ville frontalière de l'ouest de l'État de New York.

Caricature d'avril 2025 d'Adam Zyglis sur « ce qui fait mal à l'économie de Buffalo », ville de publication de The Buffalo News (via le compte Instagram du dessinateur).

Il joue sur l'homophonie de "louni" en anglais.

En argot canadien, "the Loonie" est le surnom de la pièce de monnaie d'un dollar canadien depuis 1987, représentant un "looni", c'est-à-dire le plongeon huard que Robert-Ralph Carmichael a créé pour la Royal Canadian Mint.

La devise canadienne incarnant ce vil adversaire commercial, dont les pratiques ruinent les Américains qui croient aux paroles de Donald Trump (plus l'excuse de la circulation de médicaments addictifs utilisés comme drogue par de très nombreux de ses concitoyens).

Mais, comme la diffusion des cartoons du soft power états-unien nous l'a appris depuis les années 1930, "The Loonie" est aussi un synonyme de la personne folle, démente... comme les "Looney Tunes" dont les actions des membres font pâle figure avec Donald (le T., pas le Duck).

Finalement, le lapin vicieux et provocateur qui martyrise un canard noir colérique pour tourner en ridicule un cochon de chasseur... Rien de bien méchant.

Enfin, comparé à Donald en camisole, dont dépasse sa toujours très longue cravate rouge, et tenant fermement ses deux slogans au moment des élections législatives fédérales canadiennes : "Les taxes douanières, ça marche" (enfin, oui, si les concernés changent leur American Way of Life) et "Canada comme 51e État".

La page Instagram d'Adam Zyglis a permis de diffuser au-delà des zones frontalières et des numismates le surnom de la monnaie canadienne.