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samedi 27 juin 2026

Le parapluie, la solution d'ExploringStamps pour les photographies en exposition

 Lors de l'exposition mondiale de Boston, du vingt-trois au trente mai 2026, plusieurs vidéos ont été réalisées par l'équipe d'ExploringStamps, créée par le vidéaste philatéliste Graham Beck qui réalise depuis 2016 des vidéos sur des timbres, des pays, des acteurs ou moments philatéliques. Elles sont principalement diffusées sur YouTube, avec des formats court, photographies ou bande-annonces sur le réseau Instagram.

Cela a permis à Three Stüns Stamps, un philatéliste partageant sur les deux réseaux cités et Facebook, de découvrir le truc indispensable aux visiteurs d'expositions philatéliques souhaitant plus d'archives des collections en compétition que le catalogue ou la carte de visite des philatélistes.

Une solution peu pratique, sauf sous forme de parasol, pour le même problème évoqué sur ce blog lors d'une exposition nationale française de juin.

Une membre de l'équipe d'ExploringStamps prend en photo ou filme des éléments d'une collection exposée, protégée des reflets par un parapluie (via des vidéos éphémères postées sur Instagram de ThreeStünsStamps depuis celui d'ExploringStamps, mai 2026).

Ainsi, la vidéaste est montrée par Beck en train de réaliser des prises de vue de collections exposées, en se tenant sous un parapluie pour éliminer les reflets de l'éclairage envahissant de ces grandes halles d'exposition, pas vraiment conçu pour l'exposition d'œuvres sous vitre.

Un autre truc a été posté de manière durable : à l'exposition nationale de 2025, Cheryl Ganz a montré comment avec des petits carrés adhésifs amovibles - connus par la marque protégée Post-it -, il est possible de décoller ensemble les timbres autocollants juxtaposés d'un bloc pour les coller tous ensembles sur une enveloppe.

Graham Beck et ExploringStamps pour les amateurs de timbres et de leurs nombreux à-côtés matériels et culturels.

samedi 30 mai 2026

À Boston 2026, les philatélistes méfiants du culte de la personnalité

 Deux publications en ce mois de mai 2026 montrent que le culte de la personnalité autour de l'actuel président des États-Unis d'Amérique inquiète des philatélistes face au Maître général des postes David Steiner, dirigeant l'United States Postal Service depuis juillet 2025.

Un courrier des lecteurs paru dans The American Philatelist daté mai 2026, et consacré majoritairement à Boston 2026, l'exposition mondiale décennale de l'American Philatelic Society, résume les difficultés financières continues de l'opérateur postal historique du pays, un des premiers éléments de son indépendance du Royaume-Uni quelques temps avant la Rébellion et la Déclaration d'Indépendance du quatre juillet 1776.

L'USPS est une entreprise publique, fort dépendante de la politique fédérale puisque le Congrès veille et que l'actuel président n'hésite pas à commenter ses échecs. De plus, sur l'express et les colis, elle est en concurrence avec ses principaux clients tels Amazon qui lui sous-traitent une partie de ses livraisons, notamment en zone d'exploitation coûteuse comme les immenses régions rurales.

Le lecteur de The American Philatelist place ensuite sa loupe sur Steiner, un ancien membre du conseil d'administration du concurrent Fedex, suscitant des interrogations sur la volonté de l'Administration Trump de privatiser l'USPS. Steiner n'a cessé de convaincre du contraire, notamment de proposer les services du dernier kilomètre de livraison à tous les opérateurs courrier express et colis du pays.

L'inquiétude du philatéliste provient aussi que, dans sa recherche de revenus sans coût supplémentaire, Steiner dispose du programme philatélique : pourrait-il imposer au Comité consultatif des citoyens (Citizens' Stamp Advisory Committee) d'abandonner ses règles strictes sur les thèmes des timbres émis au nom des États-Unis, tels la non-représentation de personnes vivantes ou l'aspect jugée extraordinaire de la contribution de la personne passée à l'histoire du pays.

Le lecteur d'imaginer que les intérêts commerciaux dépassent l'intérêt national commun du timbre : des entreprises promouvant leur marque, leurs produits, leurs dirigeants... et donc aussi des partis politiques poussant à représenter des élus encore vivants, voire de faire voter les thèmes sur les réseaux sociaux [aux choix d'affichage aux algorithmes manipulables], des messages de prosélytisme religieux dépassant la simple évocation des grandes fêtes des communautés du pays ?

Et Trump apparaît donc puisque l'U.S. Mint va frapper des pièces en or de deux cinquante dollars à son effigie pour les deux cent cinquante ans de l'Indépendance [entre autres objets à vendr... de collection].

Cinq des vingt-cinq timbre de l'émission sur les personnalités de la Révolution, émis en mai 2026. L'image proposée sur la boutique web de l'USPS prend soin d'une grande diversité des profils choisis.

Avançons donc à l'exposition mondiale qui a lieu depuis samedi dernier jusqu'à ce samedi trente mai 2026, à Boston, lieu emblématique de la rébellion des colons contre les taxations britanniques et des premiers affrontements militaires de la guerre d'Indépendance dès 1774.

Hier, vendredi vingt-neuf mai 2026, le journaliste et éditorialiste Bill Shein publie sur son site Reason Gone Mad un compte-rendu de la manifestation à travers le discours du Maître général des postes et les réponses des visiteurs à ses conséquences potentielles.

Habitant du Massachussetts, l'exposition est une occasion pour lui d'écouter le discours aux philatélistes de David Steiner, de l'interroger directement sur Trump, et de se rendre compte des effets de ces annonces sur le public le plus investi du loisir.


Ainsi, Steiner a expliqué concernant le programme philatélique, ses équipes et lui n'écartent aucune possibilité afin de renouveler son contenu, son attractivité publique. Son objectif est que ce programme montre ce qui rassemble, est commun aux citoyens des États-Unis.

Il a constaté également que les restrictions du CSAC, institution établie en 1957, n'étaient pas inscrite dans une loi du Congrès, mais dans les régulations internes au CSAC et par coutume accepté par les dirigeants de l'USPS.

Seul, Patrick Donohoe contourna la règle de l'interdiction des personnes vivantes sur timbres, entre 2011 et 2018, en contournant complètement le CSAC pour quelques émissions dites commerciales par les collectionneurs : séries sur des films, séries télévisée ou dessins animés très récents, mais très populaires.

Ainsi, Bill Shein confirme qu'en 2011, l'objectif n'était absolument pas de mettre le président Obama sur un timbre, mais de pouvoir émettre une série sur l'univers de Harry Potter en achetant une licence pour utiliser les images des films. Le Maître des postes insistant alors que ce sont les personnages qui sont représentés et appréciés du public, encouragés à la lecture et à l'imagination, pas les acteurs eux-mêmes.

Devant le public, Steiner explique que des réalisations récentes comme une victoire olympique en sport d'équipe lors des Jeux olympiques d'hiver de cette année. Et que les photographies d'un des arrêts décisifs du gardien de but états-unien auraient pu faire un beau timbre-poste.


En aparté, le journaliste interroge le dirigeant de manière fort explicite : l'USPS envisage-t-elle l'émission d'un timbre à l'effigie de Donald Trump de son vivant, donc pendant son mandat.

I’d rather do Taylor Swift and Travis Kelce.

Voici la première phrase, avec humour, de sa réponse : la chanteuse connue dans le monde entier et son fiancé, joueur de football américain.

Avant de se montrer plus rassurant, il voulait annoncer publiquement que la représentation de personnes vivantes, de leurs réalisations rassemblant les citoyens, etc. est possible, même s'il affirme à Boston qu'aucun sujet n'a été discuté par les services de l'USPS.


Bill Shein a ensuite eu les journées suivantes pour constater l'effet de ces paroles sur les visiteurs, qui sont certes les philatélistes les plus impliqués puisqu'en compétition, visiteurs réguliers d'expositions, etc.

Il évoque deux conférences où l'évocation de la règle du CSAC et de la méfiance à la voir affectée a été sujet à de vives réactions, qui vont choquer ceux qui croient qu'on ne doit pas parler de ses opinions politiques quand on philatélise.

Lors de la présentation-encouragement au don de la production d'un documentaire sur la création des timbres-poste, il a été rappelé que cette règle visait à éviter les représentations du monarque des premières séries de timbres-poste, pour une République dont la Déclaration d'Indépendance rappelle qu'elle se rebelle contre le roi d'Angleterre [même si c'est bien le Premier Ministre et la Chambre des Communes qui décident depuis la Glorieuse Révolution].

Applaudissements nourris de l'auditoire.

No King.

Cela ferait-il écho aux manifestations ponctuelles, mais ayant établi le slogan « Pas de roi » depuis juin 2025 et la crainte que le président Trump et ses partisans sont sur le sujet de la dictature personnelle ? Slogan repris dans plusieurs pays quitte à remplacer le titre par dictateur ou tyran, notamment dans des pays dirigés par des personnalités ayant complimenté leur modèle d'outre-Atlantique ou d'outre-Pacifique.


Lors de sa présentation de la création des timbre-poste, c'est sa responsable, Lisa Bobb-Semple, directrice du Service des timbres de l'USPS, qui a dû assurer le service après-vente du discours de son chef.

Suite aux questions, elle n'a connaissance que la Maison Blanche ait demandé un timbre-poste à l'effigie de son locataire [à tendance destructice : jardin de fleurs transformés en terrasse minérale, destruction-reconstruction de l'Aile Est sans qu'on sache trop qui paye et qu'est-ce qui est vraiment construit en-dessous], puis si un criminel condamné pouvait être envisagé...

Elle a répondu qu'un criminel condamné ne rentrerait pas dans le standard, mais le journaliste a fait ses recherches, quelques grands Américains pour lesquels les réalisations dépassent leurs errements face à la loi dans la mémoire collective ou la destinée de leurs idées : le militant Malcolm X (vol et atteinte aux biens), le chanteur Lead Billy (meurtre), le boxeur Muhammad Ali pour désertion du service miitaire.

Aucun élu. D'où la règle de ne pas représenter une personnalité trois ans après sa mort (dix ans il y a encore quelques temps). L'objectif reste de timbrifier un politicien ou un autre citoyen en étant sûr que ses actions positives pour le pays dépassent grandement les errements potentiels à la loi, ou les opinions politiques que chacun juge à sa manière.

Ciblant les philatélistes habitués, le timbre sur timbre au bison américain, massacré pendant la colonisation de l'Ouest, lentement de retour sur ces terres. Mais, l'électorat visé par le président actuel encourage à bannir les protections des troupeaux de bison sur les pâturages du Montana (boutique web de l'USPS).

Découvrant ou faisant découvrir l'univers des émissions philatéliques, le journaliste a rencontré plusieurs personnalités de la philatélie organisée, associative, ayant ou pas participé au CSAC.

Il semble rassuré par la ligne politique de l'USPS. Les émissions de Boston 2026 liés à l'histoire de l'Indépendance reflètent la diversité des acteurs de celle-ci : hommes comme femmes, descendants de colons comme esclaves ou Indiens défendant leurs droits. Un timbre sur timbre sur la survie du bison, un produit pour collectionneur de classiques, survient la semaine où l'Administration Trump a signé des décrets révoquant des droits de pâturages à cette espèce dans plusieurs secteurs du Montana, pour complaire sûrement à l'électorat local [un peu comme le loup et le cerf en France].

Comme dit sur ce blog et quelques journalistes états-uniens, contrairement aux pièces de monnaies commémoratives de l'U.S. Mint, très histoire des Blancs anglo-saxons protestants (WASP) sur deux cent cinquante ans, l'USPS paraît vouloir représenter l'ensemble des histoires, personnalités, événements positifs de l'histoire du pays.

Le timbre que les participants d'une consultation de l'USPS ont souhaité voir réémis. L'USPS propose le thème sous forme d'un bloc de quatre timbres représentant l'animateur jeunesse avec plusieurs jouets-personnages de son émission (communiqué de presse de l'USPS ; magazine de l'USPS).

Enfin, quasiment tous les philatélistes interrogés sont hautement sceptiques de représenter des personnes vivantes sur les timbres de leur pays.

Particulièrement, Cheryl Ganz, qui a participé au CSAC, confirme que la question est revenu souvent en douze ans de mandat, mais que jamais la discussion n'a porté sur un politicien.

Le sujet semble dépasser les seuls collectionneurs : l'USPS a tenté cette année de proposer la réémission d'un timbre souhait par le public. Les votants ont choisi Fred Rogers, producteur et animateur d'une émission pour enfants qui a duré de 1968 à 2001.

Comme pour les affiches et autres recréations de Marianne et timbre gravé pour Philaposte, est-ce un effet générationnel : les philatélistes et curieux de la consultation ont-ils fixé leur attention sur leurs souvenirs d'enfance ? Y a-t-il un effet transgénérationnel ? Un souhait explicite de revoir sur timbres et bloc-souvenir une réalisation pacifique de la société ?


À titre personnel, je crains comme pour la monnaie, les passeports, le forçage actuel pour un billet de banque, les passes annuels des Parcs naturels, que si un trumpiste se penche sur la question philatélique pour faire plaisir au boss,... Steiner et ses équipes auront-ils le courage et même le choix de justifier un refus par les traditions ? L'arme financière pourrait-elle utiliser par les élus républicains trumpistes pour forcer l'USPS à un acte de dictature personnelle au risque de transformer la nature entière de l'entreprise postale et colis ?


Compléments du mercredi vingt-quatre juin 2026 :

Tels l'arbitrage sans vidéo en sport collectif ou les juges en patinage artistique, évaluer une collection en compétition lors d'une exposition philatélique, surtout au niveau international, peut susciter étonnement voire rancœur des exposants - entre le prix des pièces exposées, le temps passé à rechercher des connaissances et à organiser l'ensemble, et les frais d'expédition et d'entrée fort cher à ce niveau.

L'exposition de Boston 2026 connaît son drame. Le règlement de la Fédération internationale de philatélie demande à un groupe de jurés de sélectionner une ou des collections digne du Grand Prix national, parmi les collections étudiant le pays hôte.

Certes, l'histoire ancienne a montré la sélection d'une seule collection, mais la tradition et le folklore du dîner du palmarès (cher aussi) avaient établi une sélection d'au moins deux des collections aux meilleurs scores. Au moment du palmarès, l'ensemble des jurés vote pour désigner celle qui mérite le Grand Prix national.

À Boston, une seule collection a été sélectionnée, choix acceptée par le bureau du jury, et donc déclarée primé sans vote.

Le souci est que deux autres collections sur la philatélie ou l'histoire postale des États-Unis d'Amérique ont reçu le même nombre de points et quelques autres un point au-dessous.

La rumeur immédiate pré-cérémonie se diffusant, le président de l'American Philatelic Society a publié, le mercredi dix-sept juin, un communiqué acide. Tout d'abord pour rappeler que l'APS, même à l'origine de l'exposition, n'a aucun pouvoir sur le jury, surtout qu'il est lié à la FIP et à un secret des délibérations. De plus, l'APS délègue depuis longtemps la responsabilité à un comité d'organisation autonome, qui reverse le bénéfice financier pour des actions de promotion philatélique.

La déception des participants et du public connaisseur a dû être tellement fort pour justifier à la fois qu'il ne peut rien faire à ce que le président du jury, fort expérimenté et respecté, n'a pas demandé au comité de sélection de revoir sa courte liste.

Cependant, les conséquences annoncées sont brusques :

- demande à ce président de jury de démissionner de ses fonctions au sein de l'American Philatelic Society [merci l'indépendance],

- l'annonce de la constitution d'un comité indépendant d'étude et de proposition des relations entre l'APS et la Fédération internationale, notamment la délégation à un comité d'organisation autonome,

- et sur les règlements applicables à la sélection des juges, notamment l'âge maximum pour être juré international - Il remarque que la FIP a récemment retiré cette condition d'âge de son règlement. Le président de l'APS insistant sur le nombre limité de mandats qu'un membre peut exercer au sein de l'organisation états-unienne.

Pourquoi cibler l'âge du capitaine ? La nouvelle présidence de l'American Philatelic Society veut-elle montrer sa force face à une intrusion extérieure - les États-Uniens sont isolationnistes en première intention (sauf si intérêts évidemment) ? Quelles sont les relations internes entre dirigeants de la Fédération philatélique international encore en jeu cette fois-ci ?

dimanche 3 mai 2026

Une classe ouverte bien inquiétante aux États-Unis

 Normalement, des collégiens et lycéens européens préparant leurs examens finaux sont capables de repérer que les États-Unis d'Amérique sont en train de tourner dictature personnelle, régime autoritaire, et même d'engager le débat sur l'expression « totalitarisme ».

Certes, en guise de S.A., les nouvelles recrues de la police de l'immigration et des douanes jouent parfaitement leur retour pour terroriser le pseudo-ennemi de l'intérieur : l'immigré... tout en faisant peur au national qui n'a pas les bons traits physiques.

Mais, sur ce blog, il faut du collectionnable, du vendable, du spéculable... Et là, l'homme d'affaires devenu président des États-Unis ne manque ni d'imagination, ni d'hommes qui tiennent leur nomination du seul président. Autre débat historiographique sur Adolf : intentionnalisme ou fonctionnalisme, de la parole du chef ou du zèle de ses partisans, ce qui est sûr est que sont advenus les crimes commis ?

Déjà, nul besoin, chers collectionneurs de timbres, d'aller chercher dans les agences philatéliques de troubles productions dentelées aux noms de pays que Trump méprise : les secrétaires d'État et leurs adjoints, nommés par le Chef, produisent tout sur place.


Dans sa caricature du deux mai 2026, Adam Zyglis liste tous les aspects du culte de la personnalité actuellement en vigueur dans son pays (presse états-unienne, et compte Instagram de l'auteur).

Avec les dernières découvertes par de petits médias indépendants démocrates, épluchant les sites et documents produits par les ministères, les médias généralistes nationaux et étrangers ne peuvent que faire le compte.

Le dernier choc est dévoilé le vingt-huit avril par The Bulwark : le portait du second mandat du président Trump va apparaître sur la deuxième de couverture d'un tirage limité de passeports des États-Unis d'ici l'été et les festivités des deux cent cinquante ans de l'indépendance.

Comme le Conseil de la paix (qui se réunit très peu, même pour la situation actuelle des Gazaouis) au milliard de ticket d'entrée et au logo d'or, sûrement que le Secrétaire à l'Intérieur espère trouver des citoyens prêts à payer un timbre fiscal plein de zéros pour cet exemplaire au portrait de condamné, mais avec sa signature dorée !

Ils cumuleront avec la pièce d'un dollar de l'anniversaire de l'Indépendance que le Secrétariat au Trésor semble avoir réussi à faire frapper... Va-t-il réussir à faire utiliser des pièces de monnaie à la place des billets de un dollar ? Peut-être ou pas : au choix son visage sur pièce ou sa signature sur billets de cent dollars à partie de juin 2026.

Je m'interroge plutôt sur la manière dont un trumpien loyaliste du Trésor a expliqué pourquoi la médaille en or au portait de Trump et de l'anniversaire du 4 Juillet 1776 serait la plus grande possible (et en or) car le président aime l'or le plus grand possible...

Le pass annuel des Parcs nationaux états-uniens pour 2026.

Ce qui rejoint les cartes d'abonnement et d'entrée des Parcs nationaux qui, pour 2026, au lieu de montrer la "Wilderness", cette nature sauvage idéalisée, représente George Washington et son lointain successeur...

... image tellement populaire que particuliers et entreprises ont développé des découpages, caches à superposer pour retrouver un peu de nature.

À tel point que le Département à l'Intérieur a dû annoncé que sont invalides les cartes sur laquelle on aurait collé quelque chose. 

Et ce, dans un contexte où les employés fédéraux des Parcs nationaux et des ministères en charge de la gestion des ressources forestières et fluviales (donc des risques naturels) sont licenciés à tour de bras... tendu, tel celui d'Elon Musk qui a lancé le mouvement en janvier 2025 en refusant d'admettre qu'il faille des fonctionnaires à demeure et d'astreinte dans les Parcs des Rocheuses.


Adam Zyglis, caricaturiste de presse, a résumé l'ensemble des objets à collectionner et lieux à photographier pour les éditions dominicales de ce trois mai 2026.

Il a donc ajouté les photographies en draperie verticale sur les façades des ministères à Washington, le baptême après bouleversement du conseil d'administration du Centre Kennedy pour les arts.


Pour un peuple capable de justifier son port d'arme par la résistance des ancêtres au Roi George, ce culte montre l'aboutissement d'une évolution de la figure politique aux États-Unis que même les créateurs de la série télévisée The Boys n'arrivent plus à dépasser.

La cinquième saison sur la résistance contre des super-héros déviants a, jusqu'à présent, montré un équivalent de Superman odieux, égocentrique, narcissique frustré, meurtrier... et désormais ayant des visions d'ange l'appelant à atteindre sa destinée : Dieu.

[Quelques heures avant l'épisode, DJT posta une image générée par intelligence artificielle dans laquelle il ressuscite Lazare... et des fans qui vendent des posters de Jésus soutenant Trump depuis 2000]

Oh... Oh...

Les auteurs de la série Andor, sur l'origine de la rébellion dans l'univers de La Guerre des étoiles, sont plus clairvoyants : usines-prisons, manipulation des masses lointaines par des médias sous ordre, plusieurs discours-modes d'emploi.

samedi 18 avril 2026

Vacances à Water Island et aux îles Vierges dans les années 1960

 J'ai évoqué récemment la situation ou géopolitique ou foncière de Water Island, une petite île dans la rade de Saint Thomas, pile principale des Indes occidentales danoises devenues les îles Vierges des États-Unis par une vente en 1917.

Seulement, l'île Water avait déjà été vendue à une compagnie coloniale danoise en 1905 avant que le Département de l'Intérieur états-unien ne la rachète en 1944. Aucune source ne m'indique si Water Island était états-unienne mais propriété privée, ou dans un vide juridique héritage des compagnies coloniales ayant pu avoir le rôle d'État.

Les forces armées n'en faisant finalement rien, la guerre sous-marine allemande terminée et la dissuasion nucléaire imposant d'autres modes de combat (avion-espion et bombardier), les autorités fédérales acceptent de rendre l'île à l'utilisation indépendante et l'organisation administrative de ses habitants et propriétaires fonciers.

D'où son apparition sur ces cartes postales à vue touristique postées au début des années 1960, même si seule la correspondance peut indiquer si l'expéditeur a séjourné sur l'île puisqu'elles ont été oblitérées au bureau le plus proche : Charlotte Amalie.

Deux cartes identiques de l'arrivée du ferry de Saint-Thomas à la jetée de Water Island, éditée par Dexter Press, alors installé à West Hyak, État de New York.

Parmi mes trouvailles auprès de vendeurs de cartes postales anciennes sur la plate-forme eBay, voici deux cartes postales de l'éditeur Dexter Press : l'arrivée du ferry reliant le port de Saint-Thomas à Water Island.

Sur la jetée, un groupe de trois hommes attende son arrivée, avec trois jeeps stationnées derrière eux. Un employé chargé de l'amarrage du bateau et du déchargement des vivres et consommables ? Deux propriétaires ou guides qui récupèrent ces biens et vont mener les arrivants vers leur logement de vacances ?

Au dos, des correspondances entre vacanciers et leurs proches en 1961 et 1963.

Les expéditeurs racontent leurs vacances aux îles Vierges, un couple à une amie à Long Island en novembre 1961, l'autre à une destinataire à Los Angeles en mars 1963. Le tarif postal aérien est passé de cinq à six cents en deux ans. Le climat antillais en automne et en hiver semble parfaitement leur convenir.

En 1963, Roy apprécie particulièrement l'absence de taxe sur les liqueurs et le rhum à Saint-Thomas, le territoire étant dispensé d'impôts fédéraux depuis 1922. Il précise qu'il a bien fait la traversée et a nagé à Water Island.

En 1961, "D" utilise la majeure partie de sa correspondance à la gestion de son stock de vingt cartes postales acheté sur place et du peu qu'elle a finalement écrite et envoyée (six) : "no time for letter writing"... Comme Roy entre la plage, l'alcool détaxé et les fêtes ?

Elle prend le temps de remercier l'épouse de John (très traditionnel) de sa dernière lettre et signale la température fort clémente pour un début novembre : soixante-dix degrés fahrenheit, soit vingt-un celsius. D'après les archives météorologiques, après un été indien début novembre, la température a chuté vers quatre degrés celsius à New York, le temps que D termine ses vacances en couple.

L'affranchissement d'un timbre de poste aérienne de cinq cents en 1961.

Un Washington d'un cent est nécessaire en 1963. Note : ce n'est pas la seule carte postale des îles Vierges que j'ai vu avec le timbre aérien à l'envers...

Les affranchissements doivent sûrement être communs : un cent du premier président des États-Unis et un cinq cents de poste aérienne rouge à l'aigle en vol. Le bureau d'oblitération est Charlotte Amalie, le chef-lieu du territoire.


Pour le destinataire de 1961, le code postal est "Los Angeles 44".

Les codes postaux (ZIP code) sont introduits par la poste états-unienne le premier juillet 1963, à usage non obligatoire alors. Mais ce "Los Angeles 44" pré-date ce nouveau système général.

L'article de la Wikipédia en anglais m'apprend que l'administration postale avait déjà créée des codes de districts pour la gestion du courrier des plus grandes villes du pays, en mai 1943. L'idée était de faciliter le travail de postier et postière novice de ces territoires ou du métier alors que les employés habitués s'engageaient pour la Seconde Guerre mondiale.

samedi 14 février 2026

Présentation d'une structure de base de données marcophile

 Dans le cadre de son programme de conférences en ligne, la Société philatélique royale de Londres a invité Ian Gibson-Smith à présenter, mardi dix février 2026, son modèle de base de données numériques qu'il a établie avec des membres de quelques sociétés spécialisées en philatélie classique, marcophilie et histoire postale.

Établir au sens de l'infrastructure informatique, des informations standardisées, et de leur remplissage en partant de listes et catalogues publiés sans réédition ni remise à jour, puis en encourageant les membres des associations à publier enveloppes et marques en leur possession, ou dont ils ont une preuve visuelle et notables d'existence.


En environ vingt minutes, il a présenté son parcours de collectionneurs le menant vers l'intérêt pour les marques postales et l'histoire postale - l'étude du parcours d'un courrier à partir de ces timbres, marques manuscrites, tamponnées, etc.

L'idée est de fournir un outil de création de base de données « libre », autant qu'un outil de connaissances collectif en lecture comme en écriture - avec l'association fournissant des administrateurs pour valider les ajouts et propositions de modifications faites par les membres de l'association eux-mêmes (à la Wikidata, la base de données commune aux sites de Wikimedia, avec une modération obligatoire).

L'outil calibré permet d'extraire ensuite à l'aide d'un moteur de recherche une liste des marques selon des éléments et des mots-clés intéressants un collectionneur.

« Libre » car les concepteurs de l'infrastructure laissent qui souhaite utiliser cette infrastructure, et avec capacité possible entre les associations adoptives de pouvoir communiquer et échanger leurs bases.


Une fois n'est pas coutume, la partie des questions des spectateurs dépasse en durée la présentation, déjà par la présence de Fellows et d'officiers de la RPSL, passés et actuels, puisque les questionnements ont beaucoup tourné autour de la publicité de ces connaissances face aux droits individuels des collectionneurs.

Premier point spontané de plusieurs membres de sociétés spécialisées des classiques de pays et colonies du Commonwealth : l'intérêt d'un de leurs membres ou de leur association qui ont établi ou sont en train d'établir des bases de données de marques postales. La réponse de M. Gibson-Smith est que l'outil développé est développé pour s'en servir sans avoir besoin de lui et ses équipiers pour le faire fonctionner.


Autre point sur le coût de fonctionnement paraît faire l'objet de multiples stratégies. Alliée à la fierté de partager des informations en leur nom, l'ajout d'une marque ou d'un objet lié se fait au nom du collectionneur-rédacteur. Gibson-Smith espère ainsi contourner le côté discret de nombreux collectionneurs face à la diffusion sur internet de leurs possessions... Mais un intervenant se demande s'il faut dater le début et la fin de la propriété d'une pièce par le rédacteur.

Les coûts actuels des serveurs de stockage ne semblent pas inquiéter le conférencier, même si le Bureau de la RPSL signale que, dans le cas récent de l'archivage des informations d'une collection complète ayant permis de nombreuses expositions médaillées, un étudiant reçoit dédommagement à passer ses journées de volontariat à scanner et inventorier correctement les items. Une véritable formation de documentaliste et conservateur de musée.

Il y aura donc sûrement rendre publiques et structurées les bases des sociétés spécialisées contre cotisations annuelles, appel aux grands collectionneurs à partager leurs bases de référence, volontariat bénévole de ceux qui ont preuve d'items (collection personnelle, lecture de catalogues de ventes, etc.), et ponctuellement indemnisation de quelques personnes en cas de numérisation de masse d'une collection de référence sans index numérique strandard.


Cependant, les anciens (donc sages) présents signalent des soucis récurrents, entre pratiques du monde philatélique et juridictions multiples dans le monde.

Ainsi, un intervenant insiste que la question de la propriété d'ensemble de la base n'est pas à négliger. Après tout, les maisons d'enchères par la publication de leurs catalogues et les marchands les compilant par eux-mêmes créent des bases de données propriétaires, et même privés au sens du secret permettant à leur entreprise d'être plus performante que la concurrence.

Une telle base de données pourrait-elle être vendue à une entreprise et devenir payante, et plus librement accessible à ceux qui l'ont établie, les ponctuels qui l'ont complétée, et même les membres de l'association anciennement propriétaire. D'où la présentation à la RPSL ? Proposer un chemin vers les grandes organisations philatéliques qui paraissent durables financièrement et techniquement ?

Sur le point de bases de données d'entreprises, en France avec la numérotation du catalogue Yvert et Tellier, comme dans le droit britannique sur la propriété de bases de données ayant coûté à un acteur, etc., cela peut poser un risque juridiques au propriétaire de la base selon l'origine d'ajouts massifs par un rédacteur employant sa collection de catalogues d'enchères par exemple.

Et ce, même si la quasi-totalité des enveloppes de collection sont dans le domaine public de fait : au-delà des décennies après le décès des créateurs des timbres (par ailleurs maculés d'encre), de l'écriture manuscrite des expéditeurs, ou avec des cachets stéréotypés.

Seulement, le fait de passer un temps à photographier, scanner, organiser, légender peut créer un droit sur la base de ces données, notamment au Royaume-Uni. Le collectionneur ayant organisé sa collection puis l'a vendu, la maison de vente ayant édité le catalogue, verront-ils tous avec plaisir ces bases de données se multiplier librement montrant leurs anciens biens ?

Cela se fait déjà, mais ponctuellement quand un article de marchand ou de presse philatélique veut illustrer l'évolution du marché d'un type de lettres ou l'historique des propriétaires d'une rareté postale.


Dernière crainte : avec de telles bases quasi-complètes et voulues aussi ouvertes à la consultation que possibles, n'y a-t-il pas à crainte leur utilisation par des faussaires ?

On peut se rassurer par deux points. Martin-Redman signale qu'une marque fausse peut être listée comme fausse et ainsi être connue par ceux qui auront le réflexe de consulter la base spécialisée avant un achat...

... ce qui renvoie à l'éducation des collectionneurs. On ne peut accuser les experts en philatélie passés et actuels, ni la RPSL d'ailleurs*, de diffuser les images imprimées sur papier ou mieux transparents (*Madame Joseph Revisited), ou numérisées de marques postales frauduleusement réemployés ou falsifiées.


Enfin, Simon Martin-Redman, actuel vice-président de la RPSL et président du site web Museum of Philately de sauvegarde des collections renommées, conclut les questions en reprenant une problématique connue au sein de la Société philatélique royale : trouver de jeunes philatélistes doués ou professionnels de l'informatique pour animer ces projets au sein des diverses sociétés spécialisées.

Cela résonne avec l'hommage que Chris King a fait au défunt Frank Walton, dans son entretien avec Abhishek Bhuwalka, publié fin 2025 dans la Philatelic Literature Review. Walton et lui avait de nombreuses idées et maints projets ; le premier y apportant en plus ses compétences techniques en informatique.

Comme le montre les travaux de Ian Gibson-Smith, l'informatique comme outil de la philatélie et de l'histoire postale a toujours de l'avenir, mais combien d'ingénieurs et techniciens pour soutenir, entretenir et tenir à jjour tout cela au bénéfice des associations et de la collectivité ?

[Note : pas moi, je remercie Google de maintenir Blogger et ses outils pour naïfs.]


La présentation de Ian Gibson-Smith est visible sur la page YouTube de la Société philatélique royale de Londres. En libellés de cet article de blog, les trois pays pour lesquels le conférencier a établi des bases de données de marques postales par passion (Hong Kong), puis en lien avec ce projet spécifique.

dimanche 18 janvier 2026

Water Island : un État indépendant entre Danemark et États-Unis de 1917 à 1996 ?

 Louisiane, Alaska, îles Vierges... Peut-être que les anciennes puissances coloniales européennes en mal de revenus ont trop donné le goût du commerce de territoires à l'ancienne puissance émergente que furent les États-Unis d'Amérique au cours de leur premier siècle et demi d'existence.

Désormais, c'est un président inspiré de Monroe, l'expulsion d'Inuits pour la construction de bases militaires, qui se tourne méchamment vers ses alliés européens pour s'emparer du Groenland, peu importe ce qu'en pensent ses habitants autonomes, sa métropole devenue prudente avec le temps, et la division de l'Alliance atlantique.

Donc, le Danemark a donné le goût de ce genre de commerce au début du vingtième siècle en cédant les Indes occidentales danoises aux États-Unis, en 1917. Elles sont depuis le territoire des Îles Vierges des États-Unis.

Des politiciens américains visaient déjà cet achat, populaire au Danemark (un archipel coûteux entre fin de l'esclavage et catastrophes naturelles) comme pour les îliens en mal de développement, dès les années 1860, pour contrer l'influence britannique dans le contexte de la guerre de Sécession.

Les historiens postaux connaissent bien une de ces îles Vierges : Saint Thomas, un nœud essentiel des routes maritimes entre l'Amérique du Nord et l'Europe d'une part, les Caraïbes et l'Amérique centrale et du Sud d'autre part.

L'île Water face à Charlotte Amalie, sur l'île Saint Thomas et capitale du territoire (Google Maps). 

Donc, après un nouvel échec en 1902, les négociations sont reprises pendant la Première Guerre mondiale et aboutissent à un traité en 1916. Les habitants se désespéraient de leur isolement économique ; les États-Unis se méfiaient de la capacité allemande à envahir ou contraindre le Danemark, et de là, à établir une base navale de sous-marins en plein milieu des Antilles.

L'immense montant en or pour le Danemark et l'espoir d'un développement local pour les habitants sont conclus par la prise de souveraineté des États-Unis, officiellement au trente-et-un mars 1917. Du côté de ses derniers, seule la Marine militaire fut contentée puisque le produit de l'impôt sur le revenu des résidents des îles est reversé intégralement au Trésor du territoire par une loi de 1922.


Cependant, avant la cession, le Danemark obtient une exception pour une petite île au large de Saint Thomas, Water Island, acquise par la Compagnie (danoise) de l'Asie orientale en 1905... ??? !!!

Ainsi, cette petite île, comparativement à Saint Thomas mitoyenne, semble vivre dans un vide juridique des États-nations de 1917 à 1944, puis devient par achat la propriété de l'État fédéral des États-Unis, avant d'être rendu à des habitants autorisés à s'y installer et s'organiser administrativement à partir des années 1960. L'État fédéral l'a finalement vendu à l'administration civile des Îles Vierges en 1996 au même prix nominal que celui de toutes les Indes orientales danoises en 1917.

L'achat de 1944 semble avoir la même logique que les tentatives évoquées : s'assurer que l'Allemagne ne parviennent à s'y établir alors qu'une base sous-marine a été installée par l'U.S. Navy juste sous la protection de Water Island.

Les articles de Wikipédia et, surtout, un site web d'histoire locale de Water Island montrent que le Département de la Défense n'a pas fait grand chose durable de l'îlet : un fort non achevé, une batterie, même le port militaire de Saint Thomas a été délaissé jusqu'à l'effondrement de l'Europe occidentale face à l'Allemagne hitlérienne en 1940. Après la Seconde Guerre mondiale, par contre, des essais d'armes chimiques dans les années 1950 ont lieu dont les précurseurs de l'Agent Orange.

Voilà pourquoi l'île est transférée au Département de l'Intérieur qui autorise l'installation d'habitants... et d'hôteliers.


Le logotype d'un hôtel ouvert sur Water Island dans les années 1960, visible au dos de plusieurs cartes postales alors (via une vente sur eBay).

Sur le site d'histoire locale et la plate-forme de commerces eBay, l'histoire postale de Water Island - indépendante de fait de 1917 à 1944, puis propriété fédérale de 1944 à 1996 - se limite à des vues de l'île, de son quai de ferry, et le confort de l'hôtel Colony Club, sur des cartes postales à partir des années 1960.

Au dos, les timbres des États-Unis, en usage dans tous les Territoires, sont oblitérés à Charlotte Amalie, la ville de Saint Thomas en face de Water Island et capitale administrative des Îles Vierges.

La légende proposée par les éditeurs de cartes des années 1960-1970 signalent le statut spécial de l'île sous contrôle du Département fédéral de l'Intérieur :

- qu'elle soit vue depuis Saint Thomas ou photographiée avec ce port en arrière-plan, elle est localisée dans "Saint Thomas Harbour", disons en français « le havre de Saint-Thomas ». Tandis que le nom de cette ville est systématiquement suivi de la localisation ", U.S. Virgin Islands".

- Et sur les cartes à visée touristique, notamment d'un hôtel ouvert dans les années 1960, elle est décrite comme « une île privée », une des plages au nom attirant les mariés en voyages de noce comme « dans une baie calme et protégée »...


Bref, d'un vide juridique géopolitique, l'île à l'accès limité par le ferry ou un yacht devient typique des propriétés privées ou îlots privatisés des Petites Antilles, attirant jeunes mariés, couples riches, célébrités fuyant obligations et photographes à sensation.

samedi 3 janvier 2026

De la fin profitable mais à l'avenir inquiétant des "one cent" aux États-Unis

 Suite à quelques recherches, la date de la révélation des pièces de monnaie des deux cent cinquante ans de l'indépendance des États-Unis fait partie de grandes journées numismatiques pour l'United States Mint et les collectionneurs (riches) : la veille, mardi onze décembre 2025, la Monnaie confiait l'ensemble des derniers pennies à l'effigie d'Abraham Lincoln à la maison d'enchères californienne Stack’s Bowers Galleries.

Cependant, à côté de ces festivités profitables, des pénuries de pièces et l'absence de gestion de l'avenir monétaire rendent difficiles le quotidien des commerçants.

Couverture du catalogue de la vente des derniers cents Lincoln marqués de la lettre grecque omega, publié par Stack's Bowers Galleries (via la bibliothèque de leurs catalogues).

Le douze novembre précédent, dans ses ateliers de Philadelphie et de Denver (marque D), l'U.S. Mint a appliqué la décision du Secrétaire au Trésor de ne plus commander de pièces de one cent de circulation, en raison du coût des métaux et de la fabrication, du manque de réutilisation des pièces par les habitants qui les récupèrent principalement en retour de monnaie.

Les pièces au millésime 2025 seront donc les dernières de circulation ; à partir de 2026, seules des médailles de collection seront frappées pour les collectionneurs.

Les dernières frappes étaient prévues pour être mises aux enchères le mois suivant en deux cent trente-deux trios : deux en zinc plaqué de cuivre - une pour chaque atelier, accompagné d'une pièce de six grammes en or 24 carats.

Ces pièces portent la marque Ω : la lettre grecque de l'expression biblique qu'utilise Dieu pour se décrire comme « l'alpha et l'oméga », la Création et sa Fin.

Le dernier lot, 232, comprenait les coins annulés de ces frappes oméga (catalogue de la vente).


Indiquée dans le catalogue, la qualité de chaque pièce a été évaluée (grade, qui, avec la mise sous capsule hermétique, est une habitude états-unienne), les collectionneurs connaissaient donc dans quels lots étaient les meilleurs frappes et les moins bonnes. L'ordre du lot dans les frappes et la vente est indiqué sur la légende accompagnant l'emballage de chaque pièce.

Le site d'information numismatique CoinWeek a ainsi pu résumer les résultats de la vente d'après ces évaluations.

Le lot n°1 a eu un effet bonifié par qualité des premières frappes validées par les employés de l'U.S. Mint et le numéro d'ordre : adjugé deux cent mille dollars.

Selon CoinWeek, le moins lot (n°64) est parti à seulement quarante-huit mille dollars. La majorité des lots se situe entre cinquante et quatre-vingt-sept mille.

Le haut du panier des évaluations, huit lots, ont dépassé les cent mille juqu'à cent soixante mille dollars pour le lot 69, suivi du 231 à cent cinquante.

Trois lots seulement comprenaient des pièces évaluées à MS-67, frappées à Denver. C'est pour cela que le lot 157 a atteint cent trente mille dollars, en troisième position avant le dernier lot.

Le lot final a atteint huit cent mille dollars, comprenant les six coins ayant servi à ces frappes, mutilés d'une croix pour ne plus resservir.


Au final, la vente au nom de l'U.S. Mint atteint 16,76 millions de dollars pour une valeur de deux cent dix mille dollars d'or contenu dans les pièces les plus précieuses. Joli profit pour l'United States Mint et pour la maison d'enchères.


Parmi les réactions du public connaisseur, sur le site de CoinWeek, de nombreuses déceptions. Un rappelle que ce ne sont pas les derniers cents puisque des exemplaires de collection seront encore frappés pour les sets annuels à venir.

D'autres regrettent ce choix de viser les collectionneurs les plus riches avec cette rareté tout en faisant la promotion de la fin d'une histoire populaire de la monnaie états-unienne, créée en 1793. Intéressante la question d'un intervenant : à ce prix-là, les pièces en zinc saucé de cuivre auraient pu être en cuivre.


Côté grand public, je ne peux que constater, avec nombre de numismates, de curieux, de contribuables précautionneux et la journaliste Caity Weaver, que le président Trump et son ancien meilleur conseiller Elon ont eu raison de contraindre le Secrétariat au Trésor de trouver une solution légale pour suspendre la fort coûteuse frappe de pennies inutiles : trois fois leur valeur faciale en coût, des milliards de ces pièces dans la nature, des citoyens qui ne les utilisent pas alors que les commerces doivent leur rendre la monnaie eu cent près.

Ainsi, dans un long article pour The Atlantic du seize novembre 2025, Caity Weaver a fort raison de dire que les pièces d'un cent sont des détritus sans aucune valeur autre que de nuisance, faute d'avoir su interpréter la section 5111 et 5112, titre 31 du Code des lois des États-Unis d'Amérique, qui semble pouvoir autoriser les quantités de pièces que le Secrétaire au Trésor peut commander.

Sauf que, depuis l'annonce de la non commande de cette valeur, la réalité légale se rappelle à beaucoup : dans la plupart des cinquante États, le District de Columbia et les Territoires (Porto-Rico, Guam,...), voire dans les règlements urbains, les commerces sont toujours dans l'obligation de rendre la monnaie au cent près en cas de paiement en espèces... mais, désormais, la Réserve fédérale ne distribue que les stocks restants de pièces d'un cent qui atteignent déjà la pénurie régionale par endroits.

Weaver de constater qu'en fait, l'Administration Trump par son Secrétaire au Trésor n'a rien prévu en lien avec la fin des frappes de ces pièces !

L'article de la Wikipédia en anglais signale cet amateurisme en listant des articles de médias à partir de novembre, et des - enfin - premières réactions d'élus des chambres législatives fédérées mi-décembre. Des commerces arrondissent ou tronquent la somme à régler par les clients, mais juridiquement sans droit, et, le faisant sûrement à l'avantage du client, en perdant de l'argent (un cent fois combien de millions de transactions ?).

Weaver raconte comment le gouvernement fédéral canadien a stoppé la fabrique de pièce d'un cent en 2012, et lancer la lente procédure de leur disparition sans heurts pour les consommateurs : large communication, règle officielle d'arrondi en l'absence de ces pièces, droit de recyclage des métaux par la Monnaie royale canadienne, etc. En conséquence, au Canada, la récupération du cuivre et de l'acier a permis de compenser le coût du transport des pièces, de les reprendre à leur valeur monétaire d'un cent, et de limiter le désastre environnemental de leur dispersion comme déchets domestiques.

L'environnement... La journaliste, qui a vraiment travaillé son sujet, a découvert le problème dramatique du choix du zinc dans la pièce états-unienne : très peu de valeur en recyclage faute d'offre, hautement difficile à séparer du cuivre, mais au moins le zinc des pièces est bien moins toxique à récupérer que de produire du zinc depuis une mine.

En 2019, l'United States Government Accountability Office, agence indépendante de conseils et d'audit du Congrès fédéral, avait publié un rapport d'alerte, avec les banques témoignant, sur ces questions d'éducation du public, de gestion des conséquences de la fin de la frappe,... ni - je rajouterai - comment rendre populaire l'usage des pièces de monnaie dans une population accroc aux billets de banque et à la carte de paiement différé.


Même non frappé, les pennies vont rester un coûteux problème américain très longtemps.

vendredi 2 janvier 2026

Point de Trump, mais un anniversaire très... WASP.

Le douze décembre 2025, l'United States Mint a annoncé les faces des différentes pièces de circulation ou commémoratives commandées par une loi du Congrès pour le deux cent cinquantenaire anniversaire de la Déclaration d'indépendance de treize colonies britanniques en Amérique du Nord, le quatre juillet 1776, formant dès lors la république des États-Unis d'Amérique.

La description complète des pièces, artistes inclus, se retrouve actuellement sur la partie communication du site web de la monnaie états-unienne.

La pièce de dix cents (en haut à gauche) et les cinq pièces de vingt-cinq cents de circulation de l'émission des deux cent cinquante ans de la déclaration d'indépendance (site web de l'U.S. Mint).

Comme je le pensais, l'annonce en octobre du portrait de l'actuel président sur une de ces monnaies par un des officiels du Secrétariat au Trésor était bien de la brosse à reluire... enfin, espérons, tellement peut se produire en ces temps étranges.

Par contre, le choix des personnages et des événements sont très coloniaux, blancs anglo-saxons protestants (WASP).

Les cinq quarters parcourent une partie du « roman national » : en démarrant avec le Mayflower Compact de 1620 signé par une partie des colons fondateurs de la colonie de Plymouth, devenu le Massachusetts, les fameux passagers du Mayflower. Suivent George Washington et la Guerre révolutionnaire, Thomas Jefferson et la Cloche de la liberté pour la déclaration d'indépendance, James Madison et l'Independence Hall de Philadelphie pour la Constitution.

Si la population originelle du continent se retrouve sur les autres pièces du programme numismatique officielle, les anciens esclaves et leurs descendants peuvent se retrouver dans la cinquième pièce à l'effigie du président Abraham Lincoln... mais pour le discours de Gettysburg de 1863, lors de l'ouverture du premier cimetière militaire de l'Union. Celui sur la nécessité de poursuivre la guerre pour concerner une union fondée sur la liberté et la démocratie décrite comme « le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

La pièce de circulation de cinq cents et les deux pièces de collection de cinquante cents et d'un cent (site web de l'U.S. Mint).

Le nickel de cinq cents suscite aussi le débat sur ce que cette émission commémore de deux cent cinquante ans de république états-unienne. Thomas Jefferson est bien un des Pères fondateurs de l'indépendance et des premières décennies du pays neuf et les deux faces de la pièce sont celles utilisées, repensées, regravées depuis 1938.

Cependant, représenter Monticello, le bâtiment principal du maître d'une plantation esclavagiste en 2026... Certes, il semblerait que Jefferson ne fut pas le plus mauvais, que l'existence même de l'esclavage dans les États du sud rendait sa prolongation nécessaire à la survie de la nouvelle Union,... et je ne suis pas citoyen des États-Unis.

Même de circulation, les images de la pièce de cinq cents et sa description cryptique sur le rôle de Jefferson et le lieu Monticello semblent indiquer un souci chez les communicants de l'U.S. Mint.


Le dime de circulation et le half-dollar de collection sont allégoriques.

Pour la première, une Liberté guerrière au bonnet phrygien aux étoiles et rayures du drapeau des États-Unis est accompagnée de l'Aigle portant des flèches.

Pour la seconde, le cadeau de la France pour le centenaire de l'indépendance fait une apparition fort vivante sur une face, puis tend la flamme de la liberté à une main enfantine, la génération suivante.


Pour clore ce programme-anniversaire, le cent revient malgré la suspension de sa frappe en 2025 en raison du coût du métal et du manque d'appétence des habitants pour les pièces de monnaie.

Seulement, les collectionneurs étant un marché : les derniers cents frappés le douze novembre 2025 à Philadelphie et Denver portent une marque spéciale, et les sets à venir devraient comprendre le cent, même s'ils n'auront plus valeur d'usage.

Pour 2026, la pièce au président Lincoln et au blason de l'union fédérale revient avec, comme toutes ces pièces, le millésime « 1776 - 2026 ».


Selon le calendrier de l'United States Mint, les pièces anniversaires vont être mises progressivement en circulation à partir de février 2026.

Pour les autres citoyens du pays, il faut se tourner vers le dollar de la série Native American en janvier (Polly Cooper, une Oneida, qui nourrit une troupe rebelle en 1778)... et c'est tout. Entre les monnaies en argent et en or, et celles consacrées à la coupe du monde de football, plus de place au-delà de la série des présidents.

jeudi 1 janvier 2026

Abolie, la poste aux lettres danoise existe encore...

 Depuis le six mars 2025, les médias et sûrement de nombreux opérateurs postaux historiques observent le Danemark. Ce jour-là, la partie danoise du groupe dano-suédois PostNord, dont la mission fêtait tout juste quatre cents, annonçait abandonner la distribution de la lettre nationale comme internationale !

L'année philatélique danoise 2025 était complexe. Gouvernement et parlement danois ont mis fin au service postal universel en 2023, ce qui imposait la levée de la taxe sur la valeur ajoutée. D'un coup, l'ensemble des timbres danois était démonétisée et les expéditeurs devaient acheter des timbres mentionnant explicitant le service intérieur (donc la perception de la TVA) ou le service international.

Avec l'annonce de mars, PostNord Danmark se débarrasse de l'ensemble des contraintes : émettre des timbres, s'assurer de leur bon usage, reverser la nouvelle TVA, assurer les tournées aux bureaux et aux boîtes de rue, puis leur transmission et distribution à domicile, équilibrer les coûts de l'ensemble avec la décroissance du courrier physique au profit des échanges numériques, etc.

Plus que du colis.

Courrier ayant circulé à l'intérieur du Danemark en 2025 avec l'opérateur privé DAO, proposé par un vendeur sur eBay (qui propose également des objets liés aux hôtels).

Sauf qu'il restait tout de même cent dix millions de lettres postées et ayant circulé par la poste danoise en 2024 et un contexte géopolitique de « guerre hybride » avec une grande puissance de l'est du continent européen, notamment des attaques sur les réseaux de télécommunication.

En théorie, le service universel postal était maintenu pour les îles les plus isolées, aux électeurs peu nombreux mais sûrement facilement médiatisables. En plus des usagers ayant besoin du courrier papier pour rester informés et sûrs d'eux face aux services administratifs et médicaux.

Évolution du nombre de lettres gérées par PostNord au Danemark entre 2000 et 2024, graphique de l'entreprise remis en pour un article de la BBC britannique, le six mars 2025.

Donc, dans une logique libérale capitaliste assez étrange, les autorités politiques danoises ont pris acte de la décision de PostNord et voté une subvention exceptionnelle à DAO pour qu'il devienne le nouveau transporteur de lettres de référence au Danemark à partir de ce premier janvier 2026 !

...

DAO, pour Dansk Avis Omdeling ou Distributeur de journaux danois, a été créé en 1921 par trois grandes entreprises de presse du pays pour assurer la distribution de leurs publications quotidiennes.

Avec la libéralisation du marché du colis en 2010, DAO était devenu une des nouvelles postes privées du pays. Un de ses arguments auprès des clients était la possibilité de livrer les paquets avant le lever du soleil, chaque jour de l'année, grâce au réseau de buralistes et à la remise quotidienne de la presse aux abonnés.

En cette année 2025, l'entreprise a dopée son offre courrier en prenant en charge trente millions de lettres et en prévoyant quatre-vingt millions en 2026.

Faute de boîtes aux lettres, toutes démontées par PostNord, les Danois ont deux solutions d'affranchissement : acheter des « timbres » autocollants (je reviendrai sur les guillemets) ou se connecter au site DAO, remplir sa demande, et recopier un code sur l'enveloppe.

Deux solutions pour poster sa lettre : la déposer affranchie dans un des commerces partenaires (DAO shop) ou demander, pour dix couronnes danoises, qu'elle soit récupérer par un livreur lors de sa tournée - ce qui se pratiquait déjà pour les colis à expédier.

Le vendeur eBay cité ci-dessus montre et explique ce qui arrive ensuite : une étiquette est ajoutée portant le logotype de DAO dans une dentelure illustrative, voisinant avec un long code chiffrée et un code-barres en deux dimensions. Désormais fort classique pour le courrier mondial, voir dernièrement au Laos.

Les tarifs Lettre de DAO en 2025 (copie d'écran du premier janvier 2026).

Le service courrier de DAO est complet, même si philatéliquement ultra-simplifiée :

- deux tranches de poids : jusqu'à cent grammes ou deux cents cinquante ; au-delà, ce sera un colis.
- deux zones géographiques : Danemark, Monde.

Et pour le Danemark, trois services, avec la recommandation apparue en décembre 2025 :
- courrier normal livré en deux à cinq jours ;
- service PLUS en un à deux jours pour treize couronnes de plus ;
- le courrier recommandé en deux à cinq jours pour 210 ou 233 DKK selon la masse.

Pour l'international, un seul mode d'expédition classique au prix double du national.

Actuellement, 10 DKK valent environ 1,34 euro. 3,10 € la lettre nationale, 6,20 la lettre pour l'étranger... Vingt et quelques le recommandé ! Tousse...


Les limites au-delà des tarifs.

Une est « amusante ». Les « timbres », blanc et rouge pour le service intérieur, blanc et bleu pour le service global, et vendus par dix ou cinquante, ne sont officiellement pas des « timbres-poste »...

Un participant du forum StampBoards.com a lu un article de presse danois indiquant que l'actuelle loi postale du pays limite le droit d'émission de timbres-poste à PostNord Danmark, qui ne veut plus ni des lettres, ni donc des timbres qui vont avec.

Voilà pourquoi DAO a dû se passer de dentelure même simulée, d'illustration autre que fonctionnelle. Les amateurs de design pur sont donc ravis.


L'autre limite est plus sérieuse : se promener sur la carte des commerces proposant les services DAO, dont les boîtes aux lettres, sont nombreux à Copenhague, mais fort inégalement répartis dans de nombreuses régions. Des zones rurales ou péri-urbaines dépendent d'un ou deux commerces dans le bourg d'à-côté ; des îles ont un ou deux points d'accès maximum.

Les dix couronnes de frais de retrait dans sa boîte personnelle seront-elles acceptées ?


Les postes historiques ne veulent plus de la poste aux lettres, voire du service universel, même subventionnées, mais les gouvernements ont besoin de rassurer leurs électeurs avec celle-ci, quitte à la relancer par l'intermédiaire d'un concurrent privé.

Nul doute qu'en France, où les tarifs postaux pour la presse viennent d'augmenter brusquement ce jour de l'an, La Poste et les entreprises de presse observent d'un œil la situation danoise, en se léchant les babines ou en tremblant de crainte, tout en se regardant de l'autre en chiens de faïence.

L'échec de Presstalis montre que les grands quotidiens parisiens n'auront aucune envie de créer un DAO à la française et de se coltiner les livraisons de courrier en zone rurale - oui, je provoque les journaux de droite libérale anti-service public (exemple d'hypocrisie par ici - oui, l'article est payant).


Compléments du dimanche huit février 2026 : aléas d'une poste privée exerçant la seule poste aux lettres d'un membre de l'UPU.

Un bon mois après que DAO, opérateur privé, a reçu la mission de la poste aux lettres au Danemark, de premiers témoignages arrivent des habitants, à retrouver sur le fil spécifique du forum anglophone StampBoards.com.

La douloureuse est vécue par tous les expéditeurs. La lettre n'est plus un service universel, donc il doit être rentable pour DAO.

Par contre, le site de l'Union postale universelle indique toujours PostNord comme opérateur postal de référence pour le Danemark... Et cela s'en ressent dans la manière dont DAO gère l'expédition du courrier pour l'étranger et la réception-distribution en sens inverse.

Ainsi, fin janvier, le directeur de l'Association philatélique danoise a averti ses membres de la lenteur du courrier internationale, signalé par des vendeurs danois, leurs clients étrangers, ou des destinataires au Danemark de courrier d'au-delà.

Courrier danois vers la Belgique, transmis via la poste autrichienne, janvier-février 2026 (photographie de Aerogi, participant du forum StampBoards, diffusée le sept février 2026).

Un correspondant belge montre l'explication prévisible : une lettre danoise lui est parvenue avec un non-timbre DAO (rappel : la loi postale danoise limite toujours les mots-clés à la seule PostNord...).

Celui-ci est en partie recouvert d'une étiquette prioritaire d'affranchissement payé de la poste autrichienne.

Poste privée, qui n'est pas l'opérateur historique ou membre de l'Union postale universelle, égale recours à des contrats au mieux-disant avec les opérateurs postaux historiques ou alternatifs pour transmettre le courrier vers l'étranger.

DAO est historiquement un distributeur de journaux au petit matin, devenu opérateur colis puis de lettres avec la libéralisation du secteur. De fait, il n'a jamais eu (et n'en aura pas les moyens) les capacités de transmission internationale du courrier. Sûrement que les lettres de ce genre qu'il prenait en charge devait être reversé, comme client grand compte, à PostNord ou à un opérateur postal étrangers aux capacités établies.

Au fur et à mesure que les lettres internationales danoises avancent au rythme des cartes postales de vacances remises à des petites postes privées, les historiens postaux pourront établir une liste des opérateurs avec qui DAO a contractualisé le courrier international partant ou arrivant au Danemark.


Chers gouvernement et parlement danois, ne serait-il pas temps de réformer la loi postale de votre pays puisque vous et PostNord avait décidé de lâcher cette mission de service public ?


Compléments du dimanche vingt-deux mars 2026 :

Dans le numéro de mars 2026 de The American Philatelist, Morten Soerensen synthétise la fin de la poste aux lettres historique au Danemark et le relais pris par DAO. Type de distributeurs privés qu'il connaît pour avoir eu son premier métier de jeune adolescent de distributeur de prospectus publicitaires, puis de journaux gratuits.

Il propose un résumé des obligations postales du Danemark : en tant que membre de l'Union postale universelle, le pays doit permettre le courrier international et celui pour les aveugles et mal-voyants. De plus, malgré e-boks, une plate-forme de courrier administratif en ligne, les cartes d'électeurs restent des imprimés officiels.

Il illustre les différents courriers ayant transité nationalement par DAO, avec leur point commun essentiel : un QR-code avec la ligne de chiffres en clair ajoutés quelque soit le moyen d'affranchir choisi par l'expéditeur (timbres officiellement vignettes ou code alpha-numérique commandé par message téléphonique (sms) ou le site web.

Enfin, il confirme que la poste autrichienne est missionnée par DAO pour faire arriver le courrier de l'étranger et délivrer le courrier danois à l'étranger. L'exemple est un coin d'enveloppe du Danemark pour la Suède, avec un timbre autocollant DAO, oblitéré surimprimé d'une marque de port payé autrichien, avec logotype d'Austria Post, compte client à Salzbourg, et adresse de retour dans cette même ville en cas de non-distribution.


Provocateur, Soerensen rappelle que si certains estiment que le Danemark est un pays philatéliquement mort, c'est aussi un pays qui a connu des postes privées et leurs timbres dans une douzaine de villes de 1866 à 1916. Et que, même de manière peu artistique mais fort pratique, DAO use des timbres, marques imprimées et d'un agent postal international (a forwarding agent, diront les historiens postaux qui collectionnent et interprètent leurs tampons de l'ère classique).

Bref, que le catalogue des timbres du Danemark a un nouveau chapitre ouvert, et surtout que l'histoire postale du pays n'est pas terminé. DAO a même communiqué sur le courrier manuscrit postal de Noël qui semblent intéresser toutes les générations de Danois, y compris les adolescents, depuis quelques années, L'opérateur privé ne souhaitant pas perdre cet élan avec la fuite de PostNord.

mercredi 26 novembre 2025

La France et ses colonies dans The American Philatelist de novembre 2025

  Les timbres et le courrier de France et de son empire colonial sont à la une du journal mensuel de l'American Philatelic SocietyThe American Philatelist de novembre 2025.

Couverture du numéro de novembre 2025 de The American Philatelist - par contre, pas de Semeuse dans les articles.

Quatre articles géographiquement et de classes variés.

Spécialiste de l'Algérie des origines à la conquête française, Kenneth Nilsestuen propose le récit des dangers posés par les corsaires des côtes algériennes en Méditerranée occidentale du seizième siècle à l'invasion française de 1830, à travers des lettres d'Européens.


Pré-philatélie, philatélie, marques postales : Jere Dutt raconte, avec des courriers puis des émissions de timbre, l'incursion des Européens, puis la colonisation française du Dahomey (actuel Bénin). La flotte de guerre britannique veilla à l'abolition de la traite esclavagiste à partir de 1834, le Parlement de Londres promettant récompenses pécuniaires à ceux qui empêcheraient les navires négriers de quitter l'Afrique de l'Ouest.

Ensuite, dans les années 1880, arrivèrent les forces françaises pour tenter de disposer d'un accès à la région déjà bien occupée par les Britanniques, d'où l'usage de routes maritimes postales de ces derniers.

Suit ensuite les timbres et des exemples de courrier affranchis avec les séries générales des colonies françaises, au nom du Bénin, puis du Dahomey.


Côté poste aérienne, Dan Gribbin se plonge dans l'histoire des vols Air France de l'année 1935, lui permettant d'expliquer le développement de l'aviation civile pendant les années 1930 malgré la Grande Dépression, au début des années 1940.

L'article, richement illustré d'enveloppes circulant entre trois continents, est captivant en rappelant donc les étapes qui ont mené à l'aviation connue dans la seconde moitié du vingtième siècle, notamment le développement des aérodromes, diminuant de manière importante le recours aux hydravions.

Néanmoins, il signale que ceux qui tenteraient d'assembler un courrier par vol de la compagnie française dans l'Atlantique Sud entre 1931 et 1940 - 511 d'après Pierre Labrousse en 1974 - se fâcheraient avec leur banquier, leur ophtalmologiste et leur conjoint, et pas forcément dans cet ordre.

Les héros vont-ils réussir à prendre cet avion avant un drame ? (capture d'écran du film Casablanac)

Il termine son récit par une anecdote dans la réalisation du film Casablanca (1942) dont la fin montre un avion à destination de Lisbonne, escale pour les héros, vers l'Amérique avec la compagnie PanAm. Comment cet avion a-t-il pu être filmé dans un studio devenu trop petit pour faire entrer ce genre d'appareil dans les années 1940. Autre signe des rapides progrès des objets plus lourds que l'air.

Cette ouverture cinématographique sert de bande-annonce à la collection d'accessoires hollywoodiens, imitant timbres-poste et courrier, assemblée par Thomas Richards.


Vous remarquerez que les auteurs assemblés par la rédactrice-en-chef explorent l'espace philatélique et postal français loin des sentiers convenus.

Ainsi, l'étude de Bruce Arlen Wasserman se concentre sur l'enveloppe circulant entre des Virginiens et un soldat de l'Armée des États-Unis, alors inaccessible puisque parti à l'offensive dans la seconde bataille de la Marne, entre le printemps et l'été 1918.

L'objectif allié était de repousser vivement les troupes allemandes renforcées par les contingents orientaux libérés par la paix de Brest-Litovsk avec la Russie, signée le trois mars, en profitant des renforts états-uniens arrivant progressivement depuis une année.

Récit des opérations, photographies retrouvées dans les archives numérisées du gouvernement des États-Unis, journaux d'époque également numérisés, permettent d'expliquer la tardive remise de cette lettre au soldat au début de l'automne.


En dehors de l'espace français, deux articles évoquent les droits de douane autant des premières années d'indépendance d'une nation en quête de finances, puis en tentant d'interpréter les règlements de l'Administration Trump sur la circulation commerciale de timbres-poste et de biens de collection philatélique.

Il semble que les hauts fonctionnaires ont constaté l'absurdité des taxes par pays d'arrivée, imposée du Bureau ovale, sur des objets qui ont une transmission qui les éloigne progressivement du pays de fabrication ou d'émissions. En plus de causer des sueurs froides aux organisateurs de l'exposition mondiale de Boston 2026 sur l'entrée des collections et des marchandises aux États-Un