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mercredi 19 mars 2025

Solidarité avec l'Ukraine en Australie

 Le vingt-trois août 2024, Australia Post a émis un carnet de cinq timbres en solidarité avec l'Ukraine.

Le timbre autocollant à dentelure ondulé à l'emporte-pièce.

Chaque timbre a une valeur faciale de trois dollars (environ 1,74 euro) pour le courrier international - présence du bandeau bleu "International Post". Par contre, aux tarifs lus ce dimanche seize mars 2025, trois dollars australiens est le tarif unique de "Greetings Cards" dans le monde entier.

Il faut trente cents de plus pour la zone 2 Asie-Pacifique, quatre-vingt-dix pour États-Unis et Canada, un dollar dix cents pour l'Europe pour atteindre la lettre standardisée petit format.

Est-ce que par "Greetings Cards", la poste australienne place ensemble toutes les cartes postales ? Un passage sur les forums de Postcrossing s'annonce.

L'intérieur du carnet.

L'aspect déchiré à droite des timbres montre un assemblage en souche de plusieurs dizaines de carnets, égrenés au gré des commandes et des achats. Les carnétistes français connaissent bien et espèrent retrouver des repères d'impression et de comptage des carnets d'une souche sur ce côté-là justement.

La face extérieur du carnet en trois morceaux indiquant la possibilité de plirures.

La symbolique de la paix avec l'hirondelle tenant une branche d'olivier est claire. L'oiseau blanc se découpe sur le paysage désormais aussi symbolique de l'Ukraine et de son drapeau : le champ de tournesol sous un ciel bleu.

Comme indiqué sur la page d'achat du carnet, il est pratique car pliable en trois au format porte-feuille. La couverture extérieure le prouve aussi bien que la séparation large entre les timbres autocollants : image seule / image, lien vers tarifs, logotype et code-barres / titre du carnet avec son contenu et sa valeur de vente.

lundi 10 mars 2025

"Brûle, esclavagiste, brûle" : Marie Joseph Angélique (~1710-1734)

 Si les grands ports français et les planteurs des colonies ont profité de la traite d'esclaves africains, Postes Canada a rappelé par un timbre-poste, émis le trente-et-un janvier 2025, l'existence de quelques milliers d'esclaves noirs et amérindiens en Nouvelle-France, pendant l'époque moderne.

La couverture du carnet de l'émission Marie Joseph Angélique, émis par Postes Canada, pour le Mois de l'histoire des Noirs 2025. 

Chaque mois de février, aux États-Unis en 1976 et au Canada depuis 1995, la place et le rôle de la diaspora africaine dans les sociétés nord-américaines fait l'objet d'un « Mois de l'histoire des Noirs » (Black History Month).

Le trente-et-un janvier dernier, Postes Canada choisit ce qui aurait pu rester un fait divers pour l'époque : une esclave de maître français condamnée à mort pour sa rébellion et son projet de fuite vers la Nouvelle-Angleterre... sauf que ce fait a eu lieu lors de l'important incendie détruisant l'Hôtel-Dieu (à peine reconstruit) et une quarantaine de bâtiments de Montréal, en 1734.

L'illustration côté face de l'enveloppe premier jour localise les effets de l'incendie dans le Montréal du début du dix-huitième siècle.

L'esclave se nomme Marie Joseph Angélique, née à Madère vers 1710, achetée par un important marchand d'esclaves new-yorkais. Achetée par un couple de Français, elle est baptisée à Montréal en 1730 ; elle a eu avec un autre esclave trois enfants tous morts en bas âge .

En 1734, l'esclave apparemment assez libre de ton demande à sa maîtresse, veuve de François Poulin de Francheville, exploitant du minerai de fer et créateur des premières forges de la région, de pouvoir quitter son service pour la Nouvelle-Angleterre anglaise avec son amoureux Claude Thibault.

Face au refus de sa maîtresse et la crainte d'être vendue, le procès aboutit à la conclusion que Marie Joseph Angélique aurait mis le feu à la maison, qui, sous l'effet d'un fort vent et des construction en bois, a conduit à la destruction du quartier et de ses commerces. La rumeur faisant le reste, les Montréalais réclament la punition la plus meurtrière de l'esclave.

La défense de Marie Joseph Angélique reproduite à l'intérieur du carnet de six timbres.

Malgré sa défense : « Madame, quoyque je sois mechante, je ne suis pas assez malheureuse pour faire une action comme cella. », que le seul témoin oculaire soit un enfant de quatre ans, qu'elle a sauvé des biens de sa maîtresse et n'a pas tenté de fuir Montréal, son cas est submergé par des accusations par ouï-dire.

Les archives judiciaires montrent la cruauté des procès de l'Ancien Régime, qui rappelleront ce que subit Jean Callas en 1762 : multiples séances de torture, menées par le bourreau, un esclave de Martinique condamné à mort pour ses tentatives de fuites et qui y échappa à la condition de servir le gouverneur de Nouvelle-France dans cette tâche que les bons colons français ne voulaient pas réaliser...

Marie Joseph Angélique est finalement pendue, son corps brûlé, les cendres dispersées.

Connue auparavant en raison de l'impact de ce procès au début de l'époque des Lumières en Métropole, c'est depuis la publication d'un ouvrage de recherches en 2006 par l'historienne Afua Cooper, docteure en histoire des Afro-Canadiens, que le cas de Marie Joseph Angélique incarne au Québec et au Canada la cruauté de l'esclavage aux Amériques, montre l'existence des actes de résistance - vains mais existants -, et leur mémoire.


Les collectionneurs de timbres regretteront que Postes Canada force à dépenser six timbres pour le carnet ou une enveloppe premier jour... ou de se tourner vers d'autres collectionneurs ou vendeurs de timbres pour disposer d'un seul timbre neuf.

Le timbre "P" vaut 1,24 dollar canadien en carnet ; 1,44 dollar à l'unité. Il permet l'envoi d'une lettre standardisée ou d'une carte postale intérieure de moins de trente grammes.

Néanmoins, je juge immense la qualité du choix des illustrations du premier jour, de la couverture et de l'arrière-plan de l'intérieur du carnet.

Les participants à la création sont indiqués en bas du bloc de timbres autocollants du carnet :

- la comédienne et mannequin Penande Estime prête ses traits à l'héroïne de l'émission (et qui présente la séance photo sur son compte Instagram, le vingt-quatre février dernier) ;

- traits fixés par le réalisateur, scénariste et photographe Jorge Camarotti ;

- l'illustratrice Alexis Eke a conçu l'image du timbre, placée dans un design sous la direction de Nathalie Cusson de Scooter Design ;

- et produit par l'imprimeur de sécurité Colour Innovations.

mercredi 5 mars 2025

Le 50 centimes Jeanne d'Arc de 1929 présenté à la RPSL

 Hier, mardi quatre mars 2025, la Royal Philatelic Society London a organisé une présentation en visio-conférence sur un timbre de France, grandement apprécié pour les marges de ses carnets publicitaires : le cinquante centimes Jeanne d'Arc, émis le onze mars 1929 pour les cinq cents ans de la fin du siège de la ville d'Orléans, un des épisodes principaux de la guerre de Cent Ans entre les dynasties royales françaises et anglaises pour la descendance de la couronne de France.

Le plan de la présentation par Michael Bister (copie d'écran, compte youTube de la RPSL).

Michael Bister a présenté la genèse, l'impression, les carnets publicitaires et les usages postaux d'un de ces premiers timbres commémoratifs de France.

Le projet retenu de Gabriel Barlangue, repris et colorisé par un journal confessionnel, Le Pèlerin (copie d'écran, compte youTube de la RPSL).
 
Dans la première partie, les projets soumis au concours d'artistes et les tirages en couleurs sont montrés et expliqué dans leur contexte de la Troisième République, certes victorieuse de la Première Guerre mondiale, mais où la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905 est encore en mémoire.

On peut compléter que la République a fixé, en 1920 dans les semaines qui ont suivi sa canonisation par l'Église catholique, une fête nationale en son honneur au second dimanche du mois de mai. Le trente mai étant sa fête religieuse, jour de son martyre sur le bûcher.

C'est le dessin de Gabriel Barlangue qui fut retenu et gravé par Abel Mignon, gravure qui élimina la seule fleur de lys capétienne complète du drapeau. L'impression fut typographique.

Par la suite, l'artiste Barlangue dessina trente-et-un timbres de France, vingt-sept pour les colonies et des postes étrangères. Multi-support, Mignon a commencé à graver des timbres pour les P.T.T. en 1910, et pour la poste tchécoslovaque en 1927.

Une complète explication des différents type de carnets publicitaires ou de commande de privée, dont voici un exemple de pages par Michael Bister (copie d'écran, compte youTube de la RPSL).

Les collectionneurs traditionnels apprécieront l'abondance des illustrations et explications sur l'origine des couvertures et des marges publicitaires ou à messages, dont a bénéficié cette émission sous forme de carnet de vingt timbres.

Les historiens postaux profiteront des usages dans la quatrième partie. La valeur faciale de cinquante centimes permettait d'envoyer une lettre de moins de vingt grammes en France  (merci au site Phil-Ouest.com de se praticité) et en multiples pour l'étranger.

Particularité de sa carrière, les postes françaises firent la promotion de la poste aérienne régulière à ce moment-là, mais à un tarif supérieur. Des lettres aériennes sous-affranchies existent donc sans taxation au destinataire : avec un cachet sur les lettres intérieures, les P.T.T. faisaient connaître le cheminement exceptionnel comme forme de réclame.Sur les courriers vers l'Europe, le service aérien repostait le courrier, ce qui peut aussi donner des courriers avec affranchissement complémentaire en timbre de destination ; Bister propose un exemple suisse.

Autre aventure précurseure pour le Jeanne d'Arc fut les essais de faire passer les sacs postaux d'un paquebot à un avion au large des côtes des États-Unis. Plus les pneumatiques parisiens. Une quatrième partie non négligeable.

L'orateur termine sa présentation par un film des dernières fêtes johanniques, proposé sur le site de la Ville d'Orléans, et organisée une dizaine de jours et se concluant le huit mai, jour-anniversaire de la délivrance face aux Anglais.