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samedi 20 janvier 2018

Graveurs de la collectivisation à la privatisation

C'est un grand écart idéologique qui est proposé dans le numéro daté février 2018 de Stamp Magazine en matière de biographies de graveurs de timbres.

Dans sa série entamée récemment et liée à son blog-inventaire Stamp Engravers, Adrian Keppel sort de l'anonymat Lydia Mayorova (1927-2008), graveure pour l'administration soviétique des monnaies et de l'impression sécurisée Goznak de 1948 à sa retraite en 1983.
Utilisé de 1961 à 1991, le médaillon de Lénine du billet soviétique de dix roubles était l'œuvre de Lydia Mayorova (via base Commons de Wikimedia).
Anonymes les graveurs de l'URSS car leurs travaux étaient considérés des œuvres collectives, bien que Mayorova obtint de graver le portrait de Lénine du billet de dix roubles grâce à une visite de Nikita Khroutchtchev.

Dernier hasard que révèlent les archives est que la jeune Lydia n'était pas destinée partiulièrement aux arts... Vivant près de Moscou, son village ne fut pas pris par l'armée allemande, et, en 1943, elle fut lancée dans un apprentissage à Goznak qui recherchait alors à préparer la prochaine génération de graveurs, tandis que l'actuelle servait dans l'Armée rouge.
Présenté comme le successeur de David Gentleman, trois timbres d'Andrew Davidson orne la couverture du numéro de février 2018 de Stamp Magazine.
À l'opposé de l'Europe, des systèmes économiques et du siècle, Peter Marren raconte la partie philatélique de la carrière du graveur sur bois britannique Andrew Davidson (né en 1958).

Malgré l'inflation des émissions de la Royal Mail totalement privatisée depuis 2015, Davidson fait partie des choix artistiques de l'opérateur britannique qui permettent d'avoir quelques émissions graphiquement et thématiquement pertinentes et intéressantes.

...

Qui a dit Star Wars rediffusé et Game of Thrones aura une suite ?

C'est ainsi que les deux styles de Davidson peuvent se retrouver depuis 1988.

D'abord les gravures noires de la couverture du carnet Sherlock Holmes de 1993 aux Animaux de l'âge de glace en 2006. Ensuite, les aplats de couleurs jointes révélant de scènes animées et dynamiques : les transports postaux à travers l'émission Europa de 1988 et les timbres de distributeurs Post & Go depuis 2016, ou les timbres de Noël 1988 et 1990.


Les amateurs de taille-douce à la française liront régulièrement Stamp Magazine qui, tradition française maintenue, consacre régulièrement des articles sur les graveurs français : Pierre Béquet dans le numéro de janvier 2018 et Georges Bétemps est annoncé pour mars.

mardi 15 août 2017

Occupations française et communiste au Royaume-Uni

Apprendre les langues par les timbres.
StampIT (littéralement, timbre-le) est l'atelier jeunesse de L'Association des sociétés philatéliques écossaises (ASPS).

Parmi les nombreuses activités et sessions que ses volontaires proposent aux écoles et autres organisations, figurent des jeux de plateau et cartes pour découvrir le vocabulaire des langues étrangères.
Le plateau du jeu de découverte du français, créé par StampIT de The Association of Scottish Philatelic Societies.
Après l'espagnol et le japonais, ce mois d'août 2017 voit la sortie de la version avec timbres de France. Chaque jeu peut se télécharger gratuitement sur le site de l'ASPS sous la forme d'un fichier compressé .zip ; il contient une notice explicative (rappelant qu'une version manufacturée peut être commandée), le plateau et les cartes-timbres.

Comprendre l'iconographie communiste par le billet de banque.
À partir du dix-sept octobre et jusqu'au dix-huit mars 2018, rapporte The Guardian hier lundi quatorze août, le British Museum de Londres va exposer une collection de billets de banque de pays communistes pour marquer le centenaire de la Révolution d'Octobre 1917 en Russie.

Cette exposition relaiera celle de la British Library qui se termine le mardi vingt-neuf août. Elle a présenté l'abondante littérature et iconographie de l'époque des deux révolutions russes et de la guerre civile qui s'ensuivit.
Billet de cent shillings somaliens de 1975, consacré exclusivement au travail des femmes : de l'allégorie multi-tâches à l'usine agro-alimentaire (image fournie par le British Museum via The Guardian).
Les billets yougoslave de 1955, somalien de 1975 et chinois de 1980 permettent déjà de voir ce que l'État veut montrer du communisme et ce qu'il souhaite de son peuple - jusqu'à susciter l'ironie du conservateur Tom Hockenhull. En effet, la femme somalienne doit tout à l'État : le défendre au fusil-mitrailleur, nourrir avec une bêche, produire avec la pelle, le tout avec le bébé en bandouillère !

Espérons que les notices seront plus factuelles et que la lecture ne sera pas que la critique capitaliste ultralibérale du communisme.

Une grande partie des billets exposés appartiennent aux collections du British Museum qui compte également une collection de cartes postales, elles aussi étudiées avec la distance critique de ce que veut montrer son créateur, son éditeur et finalement son expéditeur.

Les collectionneurs de timbres, de billets et de monnaie, ou intéressés par les graveurs ont intérêt à visiter le musée londonien - malgré les masses touristiques des voyages organisés, quelques noms connus de nos disciplines y ont leur place.

samedi 7 janvier 2017

Soviet Postcards, un intéressant site de cartes postales soviétiques

Petite trouvaille internautique : un site social et discrètement commercial de cartes postales de l'Union soviétique, accompagnées de quelques autres petits objets de collections : pin's et livres notamment.
Carte soviétique de nouvel an sur fond d'industries, pas très développement durable, mais très souriante (Soviet Postcards).
Avec les fêtes de fin et début d'année, les utilisateurs de réseaux sociaux multiplient les images de saison et c'est ainsi qu'à partir d'une reprise d'image, j'ai découvert le site social de partage d'images Soviet Postcards, tenu depuis sept ans par Katya.

Son lecteur plonge dans l'univers graphique de l'ère soviétique des quinze républiques. Et contrairement aux représentations de dictatures, égalitarisme par la pauvreté [à l'opposé, je ne suis pas béat face au capitalisme actuel de la lutte, encouragée par certains millionnaires, entre les prolétaires qui ne le sont pas, millionaires], industrialisation lourde à outrance, ce sont des scènes jolies, joyeuses qui s'offrent au regard.
Enveloppe pré-affranchie des années 1950 avec décor de patinage artistique et sapin décoré (Soviet Postcards).
Les thématistes seront aux anges : les fêtes de l'hiver donc, les champignons aussi, les reproductions de peintures d'artistes, etc.

La collectionneuse cède quelques-unes de ces pièces sur une boutique indiquée en introduction du site d'images.

Pour quelques minutes de voyages dans le temps chaque jour.

Complément du mardi dix janvier 2017 :
Un article sur les timbres de Noë... Nouvel An soviétiques sur le blog de l'American Philatelic Society, le mercredi vingt-et-un décembre dernier.

vendredi 12 juin 2015

Timbre, propagande et puissance chinoise au Bac 2015

Une fois n'est pas coutume, c'est un timbre que les candidats au baccalauréat français du centre d'examen de Beyrouth ont eu à commenter, le vingt-six mai 2015.

La première partie du sujet d'étude de documents du sujet littéraire/économique et social d'histoire-géographie, centre d'examen du Liban, vingt-six mai 2015 (copie d'écran de la version pdf proposé par Langlois sur un blog hébergé par lemonde.fr).

Dans le thème de l'histoire des puissances contemporaines, les élèves de terminale étudient deux « chemins de la puissance » : comment les États-Unis d'Amérique depuis 1919 d'une part, la République populaire de Chine depuis 1949 d'autre part, ont-ils atteint le niveau de puissance mondiale ?

Lors de l'épreuve Liban de la session 2015, les candidats doivent, à partir de l'étude de deux documents, expliquer les relations de la puissance chinoise avec les deux grandes puissances de la Guerre froide, et leurs évolutions.

Le second document est un article d'époque du Monde diplomatique sur la politique étrangère chinoise après l'annonce de la visite de Richard Nixon à Pékin, au début des années 1970... qui s'oppose donc à ce timbre-poste chinois marquant la signature du traité d'amitié sino-soviétique de 1950 : Staline et Mao se serrant la main avec extrait de mappemonde, drapeaux, monuments, etc.

L'ensemble symbolique de ce timbre permet d'expliquer que le citoyen chinois pouvait voir les symboles du communiste, qu'il vivait comme les Soviétiques sous un chef bénéfique, ami de celui du pays voisin.

Mais, critiquer le fait que le timbre ne développe pas ici le contenu concret de cette amitié : stratégique et idéologique pour l'Union soviétique, technique et matérielle pour la République populaire... Un traité très intéressé pour la Chine qui change de fusil d'épaule tout au long de la Guerre froide avant de se lancer dans le cheminement dictatorio-capitaliste d'exportation que nous lui connaissons.*

Idée entrevue dans un manuel, collection de timbres à disposition, hasard d'une recherche Google, la préparation des sujets de baccalauréat étant entourée du plus grand secret, nous ne saurons jamais comment un enseignant a imaginé un timbre plutôt qu'une affiche ou un discours de Mao pour illustrer la première partie des relations de la Chine communiste avec le reste du monde.


* : aux futurs élèves de terminale, ceci n'est pas un blog pédagogique. L'utilisation de mes expressions dans vos copies est à vos risques et périls.