Affichage des articles dont le libellé est Jordanie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jordanie. Afficher tous les articles

dimanche 29 octobre 2023

Soutien philatélique à Gaza en Jordanie

 Ce vendredi vingt-sept octobre 2023, la Société philatélique et numismatique jordanienne tenait une vente aux enchères de bienfaisance : ses bénéfices contribueront au soutien de la population civile de Gaza, victime actuellement d'une violente opération militaire israélienne en représailles des barbares massacres de civils commis par les combattants du Hamas dans plusieurs localités d'Israël, le samedi sept octobre dernier.

Timbre de Jordanie de 1991, surchargé en soutien à la résilience de Gaza en octobre 2023 (page Facebook de la Société).

La vente était accompagnée par Jordan Post, l'opérateur public jordanien, qui a réémis avec surcharge deux timbres-poste et proposés une oblitération premier jour tricolore palestinienne au slogan "Gaza Resilience 2023".

Le timbre de 1991 illustrait la (première) intifada (soulèvement, résistance en arabe) de 1987 au début des années 1990, dont l'image médiatique fut des jeunes enfants et adolescents des Territoires occupés lançant des pierres vers les soldats et les chars de Tsahal, l'armée israélienne.

Si une colombe semble espérer la paix, la nécessité de la violence populaire pour l'obtenir et la carte d'une Palestine unie donne la direction espérée par le pouvoir jordanien de l'époque.

Timbre de Jordanie de 2003, surchargé en soutien à la résilience de Gaza en octobre 2023 (page Facebook de la Société).

Le second timbre de 2003 représente l'arc de triomphe dédié à l'empereur romain Hadrien, un vestige du site de Gérasa, à Jaresh, au nord de la Jordanie.

Pourquoi ce timbre ? Seulement mes suppositions : largement disponible en stock, le symbole du triomphe, le rappel de la tolérance jordanienne contre l'intolérance d'autres acteurs : Daech avait détruit nombre vestiges et statues à Palmyre, en Syrie. La première émission de Jordan Post de 2024 sera consacrée d'ailleurs à « la coexistence interconfessionnelle en Jordanie »...

... après de nombreuses images troublantes à Jérusalem (crachats de juifs orthodoxes sur des pèlerins chrétiens) et en Cisjordanie (de plus en plus fréquentes confiscations de propriétés palestiniennes par des citoyens israéliens), et les horreurs commises par le Hamas d'une part et aveuglément par les gouvernements de Benyamin Netanyahou d'autre part.

Il ne faut pas omettre dans ce geste l'hypothèse de la politique intérieure jordanienne : présence des réfugiés palestiniens et leurs descendants dans le pays, une opinion publique appelant à la remise en cause du traité de paix avec Israël de 1994 - alors que celui-ci garantit une quantité d'eau du Jourdain à la Jordanie -, etc.


Sources :
- page Facebook de la Société philatélique et numismatique jordanienne par ici,
- page de Jordan Post sur Facebook par là.
Sur Twitter, @mfgahtany, membre de la Société philatélique saoudienne, permet de suivre nouvelles émissions de timbres autant que les événements philatélique des pays arabes et d'Asie.

mercredi 23 février 2022

Cartes postales à clef dans Uncharted le film

 Ce blog a plusieurs fois montré comment l'esthétique de la carte postale touristique apparaît régulièrement dans les jeux vidéos - entre mémoire de la génération des créateurs, adaptation à la chronologie de l'histoire ou esquive du téléphone portable ? Relisez les mini-articles sur Just Cause 3, Céleste, The Church in the Darkness, Yakuza 0 et Yakuza Kiwami.

Cette fois-ci, les cartes postales servent l'intrigue d'un film inspiré d'une série de jeux vidéo, un genre d'adaptation qui depuis trois décennies a très mauvaise réputation... Transposer un univers où le joueur est mis en action à une heure trente de spectacle passif... est une tâche ardue surtout quand la production vise davantage à utiliser le médium film pour vendre les deux derniers épisodes ressortis sur PlayStation 5 en janvier et bientôt sous Windows.

Mercredi seize février 2022 est sorti en France et le dix-huit aux États-Unis Uncharted au personnage principal, Nathan Drake, interprété par Tom Holland (Spider-Man dans les films Marvel), et son mentor Sully par le vétéran Mark Wahlberg.

Les jeux et le film ont le même principe : le héros aventurier part à la recherche de trésors mythiques en concurrence avec l'ensemble des mercenaires et milliardaires mafieux du monde. Le film jouant sur les origines du héros : orphelin, il a été élevé dans un orphelinat religieux avant la fugue de son frère. On le retrouve jeune barman pickpocket à New York.

Nathan et Chloe, une complice volatile, relisant les cartes de Sam Drake à la quête d'indice pour leur quête (via ScreenRant.com).

C'est là que Sully l'embauche pour retrouver un trésor mythique : l'or que Magellan ou El Cano dut cacher près de l'endroit où Magellan mourut lors du premier tour du monde, au seizième siècle. Mon « ou » est dû à l'écriture du film supposant des raccourcis scénaristiques qui font passer les Indiana Jones pour l'équivalent des Rougon-Macquart.

Divulgâchages aidant, Sully connaît les atouts généalogiques de Nathan et sa passion des trésors grâce à Sam avec qui il travaillait sur ce trésor. Là où cinq jeux vidéo auront eu le temps de faire découvrir tranquillement l'histoire aux joueurs, le film bâcle en quelques instants : Nathan et Sam seraient les descendants du corsaire et explorateur Francis Drake.

De la découverte de cette relation entre Sully et son frère, Nathan déduit que les cartes postales envoyées par ce dernier retrace ses parcours à travers le globe et pourraient cacher des indices précieux sur les dernières étapes menant au trésor espagnol dans les Philippines (?).

Montrée en introduction du film et retrouvée par le héros avant l'acte final, l'écriture sympathique sur carte postale d'Espagne (via GamesRadar.com).

Soit vous avez le temps et l'argent pour une séance, soit vous attendez le DVD ou la vidéo à la demande, pour voir les détails mis par les accessoiristes dans la création de ces cartes du monde entier : vues touristiques, timbres, oblitérations, surtout pour celles montrées en gros plan d'Espagne, de Jordanie. Une étude à mener dans quelques temps donc.

Sur les adaptations croissantes de jeux vidéo au cinéma et en séries télévisées, le hasard propose, ce mercredi matin vingt-trois février, une chronique Et maintenant ? de Quentin Lafay dans l'émission matinale de France Culture à ce sujet avec l'aide de Bérénice Bonhomme de l'Université Jean jaurès et de l'E.N.S.A.V., École nationale publique de cinéma de Toulouse.

Il ne reste plus qu'à espérer que les prochaines adaptations soient plus convaincantes... Un des reproches au film : le héros emploie une seule fois une arme à feu, un peu accidentellement et mal... ayant la chance de la gravité - deux séquences fort audacieuses - pour tuer les mercenaires à ses trousses. Dans les jeux, c'est une armurerie sur pattes : un film tranquille pour convaincre les parents de laisser leurs enfants jouer à un jeu mature ?

lundi 3 septembre 2018

Pour les amateurs de géopolitique

Au temps jadis - quelques années sur le web donc, j'avais trouvé un site de géopolitique qui, une fois l'an, recensait les variations des États : fixations concertées de frontières, changement de nom, déménagement de capitales, modification de la devise monétaire, du drapeau national, de la nature de la constitution, etc.

Des éléments qui peuvent intéresser un philatéliste spécialisé dans un pays ou amateur du « un timbre, un pays ».

En cette deuxième moitié d'été 2018, ces changements se bousculent au portillon. En voici deux définitifs et deux en projets très controversés.


Face à l'hyper-inflation, le gouvernement du Venezuela supprime encore des zéros pour que le bolivar fort de 2008 devienne le bolivar souverain le vingt août 2018, à valeur arrimé au petro, une crypto-monnaie lancée en février et liée au cours du pétrole... sûrement dans le but de se passer le plus possible du dollar des États-Unis. La mesure s'accompagne d'une augmentation importante du salaire minimum et d'essais de contrôle des prix.

Les lecteurs de la presse ont été marqué, pendant les derniers jours du bolivar fort, par les photographies du reporter Carlos Garcia Rawlins de l'agence Reuters plaçant un produit de consommation courante avec la montagne de billets nécessaires pour l'acheter.

Nous pouvons déjà prévoir quel monnaie sera offerte pour un euro au premier numéro d'un magazine sur les monnaies du monde : avec le dollar zimbabwéen, les bolivars.

Les timbres ont dû suivre : par émissions nouvelles ou surcharges, c'est à rechercher... Enfin, si les gens ont encore le loisir et les moyens d'envoyer du courrier.


Zimbabwe, le grenier de l'Afrique devenu pays de la pénurie agricole en hyperinflation à cause de la politique anti-blancs et de reconversion d'urbains noirs en paysans sans formation. Je me souviens des reportages où un fermier ayant été obligé de donner ses terres à ses compatriotes, finissait par venir leur apprendre à cultiver au moins de quoi subsister.

Bon, le nonagénaire Robert Mugabe a été contraint à la retraite mi-novembre 2017 et son successeur par intérim, Emmerson Mnangagwa, a été élu démocratiquement - après trente ans de mugabisme, la démocratie s'apprend lentement - le trente juillet dernier.

Particularité de cette démocrature qu'a remarqué l'auteur du blog Commonwealth Stamps Opinion : Robert Mugabe n'est jamais apparu sur un timbre de son pays !

Mieux... ou pire... son successeur est apparu sur quatre timbres le dix-huit juillet 2018.

...
Le message de la poste zimbabwéenne est clair : rassurez les investisseurs, les voisins africains et les puissances émergentes : Open for Business (via Commonwealth Stamps Opinion, quinze août 2018).

...

Élection le trente, timbres le dix-huit... Reprenons : démocratie : État de droit où le peuple exerce le pouvoir.

Donc un référendum posé à un peuple qu'on a maintenu dans l'ignorance n'est pas démocratique, mais comme le Royaume-Uni est encore membre de l'Union européenne pour quelques mois, nous n'irons pas plus loin sur ce sujet glissant. Ou alors, dans un autre article philatélique à venir.


Modifications de frontières à venir, mais comme elles sont soutenues par la diplomatie de l'Administration Trump, tout le monde hésite à savoir qu'en penser.

Depuis quelques temps, les gouvernements de Serbie et du Kosovo dialoguent prudemment sur une reconnaissance de quelque chose, afin principalement de pouvoir se rapprocher chacun de son côté du Marché unique européen qui les entoure.

Une des idées pour reconnaître l'indépendance du Kosovo pourrait être d'échanger des territoires pour dépasser les limites administratives de l'époque yougoslave afin que la majorité serbe du nord du Kosovo et la majorité albanaise de l'extrême-sud-est de la Serbie rejoignent un État-nation qui conviendrait mieux à leur population.

Plusieurs gouvernements européens et les États-Unis soutiennent ce qui semble pouvoir faciliter la résolution des différends entre les deux entités, mais les journalistes du Guardian aujourd'hui, lundi trois septembre, signalent toutes les difficultés qui heurtent les nationalistes des deux bords et certains gouvernements européens.

Allons-nous revivre, en Europe centrale et orientale, la période des nationalismes de la fin du dix-neuvième siècle à la résolution de la Première Guerre mondiale où des découpages ont eu lieu selon les nationalités des majorités,... dans des pays non concernés par le conflit Serbie-Kosovo ? Avec force preuves des cartes uniformément colorées ne tenant pas compte des mixités locales.

Des timbres kosovars en territoires anciennement serbes, il faudra attendre. Des discours malheureux de certains chefs d'État de l'Union européenne, c'est fort possible.


Autre résolution d'avenir soutenue par Washington : une confédération Palestine-Jordanie est expliquée par Courrier international aujourd'hui à partir d'une revue de la presse israélienne et états-unienne.

Après tout, le plan de partage de la Palestine mandataire entre un « État juif » et un « État arabe », proposé par l'Organisation des nations unies en 1948, n'est plus d'actualité depuis très longtemps. L'espoir de ma génération lors des accords d'Oslo... passons. Le mitage et l'emmurage de la Cisjordanie entretenant la radicalisation de jeunes désespérés, ce qui effraie encore plus les Israéliens et justifient encore plus d'enfermement et de violence militaire... L'histoire peut être cyclique.

Et le courrier !

En août, Israël a bien voulu remettre à la poste palestinienne dix tonnes, huit ans de lettres et de colis destinés aux habitants de Cisjordanie !!!

Il semblerait que ce soit la partie que les postes arabes transmettent via la Jordanie, et que le courrier transmis directement via Israël arrive plus vite. Soupir.

Je n'ose imaginer comment le Département d'État états-unien, le gouvernement israélien, voire, Dieu nous en préserve, le Président des États-Unis lui-même, ont abouti à l'idée d'une confédération Palestine-Jordanie.

D'abord : qu'en pensent les deux États concernés ? La Palestine se contentera-t-elle d'un statut qui nie une indépendance complète ? Quelles répercussions sur les Palestiniens, réfugiés ou intégrés en Jordanie ? Quel statut des territoires des colonies israéliennes ou isolées par le mur de sécurité au sein de cette confédération : en feront-ils partie ?

Pire : la proposition est-elle faite pour forcer les dirigeants palestiniens à la refuser afin d'envenimer la situation à leurs dépens ?

Concernant les très hypothétiques timbres d'une nouvelle confédération, le complexe exemple de la Bosnie-Herzégovine montre que ça peut ne pas arriver.


Paix aux hommes de bonne volonté... Dommage que ces hommes et femmes volontaires ne soient pas au pouvoir.

L'oubli de la veille corrigé le lendemain, mardi quatre septembre 2018 :
Et, évidemment, le Roi Mswati III a annoncé que le Swaziland serait désormais appelé en langue szawi : eSwatini à l'occasion du cinquantenaire de son indépendance.

Si l'annonce a eu lieu en avril 2018, les premiers timbres portant ce nom ont été émis vendredi trente-et-un août dernier, l'anniversaire de l'indépendance étant le jeudi six septembre. Je vous laisse cliquer sur le lien ci-dessus vers les illustrations trouvées par le très-attentif Commonwealth Stamps Opinion.

Compléments du mardi onze septembre 2018 :
Au Kosovo, lundi dix septembre, le président de Serbie a visité la commune à majorité serbe Mitrovica, avec un poil de pression de l'Union européenne sur le gouvernement kosovar. Les deux présidents concernés avaient refusé de se rencontrer ; des vétérans de l'Armée de libération du Kosovo ont empêché son passage du côté albanais de la ville ; et l'idée d'un échange de territoires est enterrée mais les négociations marquent une pause.

Balkans et ex-Yougoslavie toujours : le dimanche trente septembre, les citoyens macédoniens se prononceront par référendum sur le changement international et intérieur du nom de leur pays. Afin de clore la querelle culturelle avec la Grèce et lever le veto de cette dernière à l'adhésion macédonienne à l'Union européenne et à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, l'actuel gouvernement a accepté le nom de « Macédoine du Nord ».

Un reportage du Guardian d'hier, dix septembre, développe l'impression des différents partis politiques macédoniens sur l'aspect diminutif de l'ajout, que la question annonce bien que le changement de nom permettra l'adhésion aux deux organisations occidentales, et la veille occidentale sur le fait que les politiques et médias russes s'intéressent brusquement à la Macédoine...

Si le référendum se conclut par un oui et que le Parlement grec ratifie l'accord, les timbres macédoniens devraient voir le nom de pays modifié. Et le point principal du conflit résolu : les deux pays reconnaissant désormais que le nom « Macédoine » fait référence à deux histoires différentes et non concurrentes, une antique hellénique et l'autre moderne slave.