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vendredi 31 juillet 2026

La vie de Lattes en 1983 grâce à une flamme postale

 Point de généalogie quand je recherche l'histoire postale de Lattes, en banlieue de Montpellier, mais un lien de vie sur place pour le résident des plaines littorales que je suis. Par contre, en 1983, je vis encore à Montpellier et je n'arrive sur cette commune qu'un an plus tard... bien trop jeune pour penser timbre-poste et aller au collège.

Lors de mon épluchage de stocks de cartes et flammes en ligne, j'ai eu la surprise de cette flamme dans le stock d'un vendeurs sur eBay, et qui permet aussi de retrouver de vieilles habitudes des collectionneurs de flammes et d'oblitérations.

Flamme postale temporaire de Lattes avec timbre de 1974 adapté au message : un championnat scolaire de jeu d'échecs au collège de Lattes en mai 1983.

J'ai déjà évoqué les deux flammes du bureau de Lattes-Centre (la commune comprend trois agglomérations : Lattes, Maurin et Boirargues).

Avant les deux flammes touristiques (l'église puis le port), il y a eu cette flamme à message rédigé sur cinq lignes, sûrement de commande liant plusieurs acteurs autour d'un événement : le baptême du nouveau collège d'enseignement scolaire au nom du chanteur sétois Georges Brassens.

Apparemment, cet événement a lieu du trois au cinq juin 1983 est associé avec deux manifestations pouvant attirer la population de la commune et de Montpellier : la finale du championnat de France scolaire de jeu d'échecs et une exposition philatélique départementale.

Le recto de l'enveloppe envoyé au bureau de poste de Lattes par un philatéliste qui a choisi le timbre des Jeux olympiques échiquéens de Nice en 1974.

La disparition des flammes postales en France en raison de l'oblitération du courrier dans les seuls centres de tri régionaux de La Poste a entraîné également la diminution en surface dans les magazines philatéliques de la partie actualité des oblitérations temporaires, limitées désormais aux premiers jours d'émission de La Poste et aux manifestations des associations philatéliques.

Un des mensuels d'alors donnera les dates d'utilisation de cette flamme. Cela permettait à des collectionneurs de pratiquer cette « correspondance philatélique » comme le petit coup de tampon l'indique sur cette enveloppe : envoyer sous grande enveloppe un courrier et des enveloppes affranchies au directeur du bureau de poste utilisant la flamme. Celui-ci faisait passer ces demandes dans le flux de son bureau pour oblitération et trajet postal (le code-barres saumon sur cette enveloppe).

Le collectionneur devait pratiquer cette collection de manière régulière puisque son adresse est sur un autocollant. Le timbre de 1974rejoint une des thématiques du message, la compétition de jeu d'échecs, dessiné par Pierrette Lambert et gravé par Michel Monvoisin.


Pour une collection thématique visant une médaille dorée, pourquoi cette flamme de Lattes se distinguerait-elle d'autres flammes de compétitions locales des écoles et localités ailleurs en France ?

À son ouverture, le collège de Lattes eut parmi ses enseignants Jean-Claude Loubatières (1944-2004), un des dirigeants nationaux de ce sport et qui devient président de la Fédération française en 1989. Nul doute qu'il a dû mettre en place un atelier de jeu d'échecs, permettant d'accueillir la finale du championnat de France scolaire au moment-clé du nouvel établissement.

Et non, je n'ai pas conservé mon diplôme (rose foncé de mémoire visuelle) de participation grâce à lui à une compétition départementale scolaire, qui eut lieu au lycée Mermoz, à Montpellier, dans les années 1990.

Par contre, des articles de presse locale du printemps 1983 seraient fort pertinents pour une page montrant cette enveloppe ou, placée dans la pochette au dos, pour convaincre les jurés.

Au dos de l'enveloppe non cachetée, un timbre Marianne de soixante centimes complète l'affranchissement.

Autre nécessité de cette pratique de collectionner les empreintes commémoratives, le respect du tarif postal. Le timbre d'un franc fort opportun ne suffit plus en mai 1983.

Même si ce franc à son émission tend à être une valeur de complément pour les lettres de second échelon et les colis, l'inflation des années 1970 et 1980 le limite au tarif économique au premier juin 1982. D'où l'ajout au dos de cette enveloppe non cachetée d'une Marianne de soixante centimes, oblitérée avec le cachet à date du bureau de Lattes.


De nos jours, cette pratique se limite à commander les souvenirs créés par les associations philatéliques, sauf à se tourner vers Monaco qui par sa souveraineté postale dispose encore de flammes illustrées.


Source des tarifs : les Tables of French Postal Rates 1849 to 2011 de Derek Richardson (The France and Colonies Philatelic Society of Great Britain, 2011) se révèle fort pratique. Il est encore disponible sous forme de fichier pdf auprès de cette association au prix de dix livres sterling.


dimanche 7 septembre 2025

Commerce de répliques graduées à PostiMuseo

 Parmi les souvenirs philatéliques et postaux de la boutique du Centre muséal Vapriikki, à Tampere, en Finlande : cette règle graduée philatélique pour cinq euros cinquante centimes en février 2025.

Règle graduée contenant des reproductions de huit timbres d'usage courant de Finlande.

Au dos, logotype de Posti, du Musée postal et du fabricant de l'objet.

En cette rentrée des classes dans l'hémisphère nord, un outil commode pour collectionneurs de timbres (quoique cassable dans un sac d'écolier - parents, préférer le double-décimètre) : une règle graduée de trente centimètre ou douze pouces pour les contrariants Britanniques et États-Uniens (et quelques industries).

Photographie des trois premiers timbres, les plus anciens, et non, ça pixellise en format scan imprimé - notamment le timbre rouge.

Enclos dans la règle une bande sur laquelle sont reproduits huit timbres d'usage courant de Finlande, depuis le duché sous domination russe jusqu'à l'avènement de l'euro.

Les deux premiers rectangulaires montrent l'imitation : fond de papier pas assez naturel, pixellisation du rouge et du bleu.

Les timbres quatre à sept de la règle, et leur cadre noir autour des dents.

Les plus récents permettent de repérer un léger tour noir, différent du noir de la bande, dans et autour des dents et aussi autour du timbre ovale.

Les deux derniers timbres... pas à l'échelle je pense.

Enfin, la mémoire visuelle me dise que les timbres modernes, particulièrement le 1 euro me paraissent plus grands ou plus petits qu'en réalité.

En tout cas, avec l'évolution du matériel d'impression et des méthodes, je ne pense que les timbres de Finlande ont eu une hauteur uniforme des origines à nos jours.

Mais, un joli matériel de bureau.

vendredi 21 mars 2025

L'hyperinflation yougoslave de 1989-1994 dans The London Philatelist

 Des philatélistes et historiens postaux ont une passion pour les périodes d'hyperinflation, des augmentations dramatiques des prix, dont la répétition d'émissions de timbres à multiples zéros, puis les surcharges d'anciennes valeurs, puis des trouvailles diverses pour éviter de tapisser une enveloppe... et donc les enveloppes d'époque ou à destination de l'étranger.

En articles de presse philatélique française ou en expositions, j'ai principalement vu l'hyperinflation allemande de 1921-1924 et celle en Hongrie en 1945-1946, grâce à la masse de timbres neufs à valeur devenus infimes inondant le marché philatélique. Ainsi que les photographies marquantes de l'époque : aller faire ses courses avec une brouette de billets, les prix des patates revues chaque heure, l'homme tapissant son appartement de billets sans valeur effective, etc.

Pour les autres épisodes, il faut trouver un collectionneur spécialisé du pays, ou qui a pu vivre l'époque en garder trace ou savoir où trouver des courriers témoins.

L'introduction de l'article de Vladimir Milić dans The London Philatelist de mars 2025.

Dans le numéro de mars 2025 de The London Philatelist, le journal de la Royal Philatelic Society LondonVladimir Milić propose une présentation de l'hyperinflation en Yougoslavie de 1989 à 1994, de l'évolution des six devises monétaires aux conséquences pratiques sur la poste du pays en division passant de la République fédérale socialiste à six républiques à la République fédérale de Yougoslavie (Serbie et Monténégro).

L'auteur de l'article reste sur les plans purement monétaires, postaux et philatéliques. Ne sont pas l'objet les causes initiales dues à une politique économique de rigueur afin d'obtenir une aide des États-Unis en 1989 - rappelons le statut de non-aligné du pays -, puis l'aggravation de la situation générale avec la partition de la fédération, les guerres qui s'ensuivirent, et les sanctions internationales contre l'État yougoslave restant.

Tout pour causer une hyperinflation et des pénuries. Mais les enveloppes montrées par l'auteur montrent qu'il y avait tout de même nécessité à envoyer du courrier vers l'étranger proche - un destinataire identique à deux exemples pourrait interroger sur la biographie de l'expéditeur.

Les tableaux statistiques proposés sont clairs et permettent de suivre en nombre brut, en puissance de dix, en pourcentage comment les six dinars successifs ont perdu de plus en plus de valeur, et les tarifs postaux de base (lettre intérieure, lettre internationale) ont atteint des dizaines de milliers et des millions de chaque nouveau dinar jusqu'à ce qu'un ultime plan de stabilisation parvienne à une déflation au premier semestre 1994.


Ces tableaux seront absolument indispensables et une référence pour ceux qui rechercheront les traces philatéliques et postales de cet épisode.

Au terme du tableau du tarif postal de la lettre intérieure : 300 dinars le trois mars 1989, 156 x 10^24 du même dinar le seize juin 1994... ou 0,12 dinar (celui créé le vingt-quatre janvier précédent).


Ensuite, pour illustrer avec quelques pièces les formes d'affranchissements connus ou possibles, Vladimir Milić travaille par devise monétaire : 

- collage superposé de timbres-poste que les PTT émettent de moins en moins jusqu'à l'introduction de tarifs de type lettre alphabétique « A » (lettre intérieure) et « R » (recommandation intérieure) quitte à utiliser ce dernier en multiples à sa valeur postale pour tenter de faire face...

- démultiplication des marques de machines à affranchir au nombre de chiffres insuffisants pour atteindre les milliers et millions de dinars nécessaires ;

- étiquette de bureau de poste, quitte à considérer qu'elle sous-entend une puissance de dix non indiquée - d'où l'absolue nécessité de disposer de cet article pour l'étude d'un courrier yougoslave en vue d'une exposition compétitive ;

- et enfin, « port payé  » en français de l'Union postale universelle quand le postier est définitivement dépassé.


La bibliographie indique deux publications imprimées, la collection médaille d'or en cinq panneaux de Vladimir Milić, ainsi qu'une présentation filmée pour youTube qu'il a présentée à l'Union des philatélistes de Serbie.

Non, je ne donne pas les liens des deux derniers : la compétence moteurs de recherche général ou par site précis, et sans intelligence artificielle, est à travailler. Ou adhérer à la RPSL pour profiter de dix numéros annuels de son riche journal.

lundi 10 février 2025

Marianne devenue bleue sur enveloppe Postréponse

 Postréponse est un bien vieux service de La Poste française, connu plus généralement sous le générique « Enveloppe T », qui permet aux expéditeurs de bons de commande ou de dons aux associations de renvoyer le courrier gratuitement à l'entreprise ou l'association.

Un numéro d'autorisation dans l'adresse de l'enveloppe fournie permet à La Poste de facturer les retours réellement envoyés au commanditaire.

En novembre 2024, un Postréponse illustré et imprimé... en bleu !!!

Le grand « T » noir existe toujours pour les entreprises économes, puisque La Poste propose un outil de personnalisation de la maquette de leur enveloppe. Sur la page de présentation des personnalisations, on remarque l'insistance envers les laboratoires pour récupérer des prélèvements et les institutions réalisant des votes.

La Fondation Médecins sans frontières utilise le T en mode économique (reçue en janvier 2025).

Ainsi, La Fondation Médecins sans frontières se contente du T, du retour économique en quatre jours après envoi, et de son logotype en noir et blanc, alors que cette institution communique à destination des plus fortunés souhaitant financer des projets de recherche, qui amélioreront les opérations humanitaires voire de santé générale.

Ce public-là est-il plus attentif au courrier grand format, illustré, avec un fascicule détaillé... et les modes de déduction fiscale ?

Reçue en janvier 2025, un Postréponse Perf avec la Marianne de l'Avenir en bleu.

La surprise en novembre 2024 provient davantage des enveloppes de retour de Médecins sans frontières, cette fois-ci l'organisation non gouvernementale qui a besoin de dons en continu pour mener des opérations régulières ou d'urgence partout dans le monde.

Il faut attirer le regard sur l'enveloppe d'arrivée (photographie grand format par exemple) jusqu'à l'enveloppe de retour du don : logotype en couleur, choix de la formule Postréponse Perf (retour en deux jours au départ de la France métropolitaine et des départements d'outre-mer)...

... et au lieu de la Marianne rouge, habituelle de ces enveloppes, du type d'usage courant précédent ou en cours, Marianne en bleu !


Est-ce une adaptation logique des couleurs actuelles du service postal standard ?
- rouge pour la lettre prioritaire en ligne, ce que n'est pas ce courrier ;
- vert pour la lettre vert, ce qu'est ce courrier « Perf » en J+2, mais pas exactement qui paye ;
- gris écopli qui a disparu... Le « éco ».

Il reste le bleu des empreintes de machine à affranchir, autre mode d'affranchissement des grands clients de La Poste depuis au moins 2005 (?).

Un des modèles de courrier international de retour dans le mode d'emploi de personnalisation de La Poste (copie d'écran).

Par contre, pour les enveloppes de retour en provenance de l'étranger, La Poste impose à son client de respecter un standard international : rectangle vide barré, mentions bilingues :
- « Ne pas affranchir / No Stamp Required »,
- « Réponse payé / Reply Card / France »,
avec le numéro d'autorisation client dans l'adresse (pas ma faute si l'adresse fictive du modèle est dans l'Hérault encore une fois).


Prochain article mercredi douze février sur les empreintes de machine à affranchir bleu justement.

samedi 21 décembre 2024

Timbre Marianne solidarité avec Mayotte le 2 janvier 2025

 Le jeudi dix-neuf décembre, les comptes officiels sur le réseau social X[1] du Groupe La Poste, de Phil@poste (@tousurletimbre) et des cadres liés ont annoncé l'émission le jeudi deux janvier 2025 d'un timbre Marianne lettre verte en solidarité avec Mayotte, département français d'outre-mer très gravement dévasté par un cyclone.

Le timbre à partir d'un des comptes officiels de La Poste sur X, repris par phil-ouest.com et la presse (dix-neuf décembre 2024).

Un don est ajouté au prix du service postal du timbre, selon un principe graphique développant le timbre Marianne en cours, hélas désormais habituel,  pour les grandes catastrophes exceptionnelles à laquelle la Croix-Rouge française vient en aide d'urgence aux populations : tsunami en Asie en 2005, séismes en Haïti en 2010, agression contre l'Ukraine en 2022.

Cela permet aux collectionneurs de timbres-poste et aux correspondants de courrier de participer à l'effort collectif. Ici, chaque timbre sera vendu avec un euro en plus de la valeur d'usage pour des actions de la Croix-Rouge française dans le département d'outre-mer, en lien avec les besoins urgents causés par les destructions causés par le cyclone Chido.

La feuille de vingt-cinq avec le profil cartographique de l'archipel dans les marges (mêmes sources).

De ce que j'ai compris des précisions scientifiques, la trajectoire du cyclone est à la fois un phénomène connu même si rare : probabilité dite centenaire de passer largement au nord de Madagascar. Le passage au-dessus d'une terre ferme affaiblit, refroidit et ralentit le phénomène.

Par ailleurs, des météorologues et climatologues font tourner des modèles des millions de fois pour estimer si la force d'un des premiers phénomènes cycloniques de cette saison 2024-2025 dans ce secteur de l'océan Indien a pu être aggravée par l'augmentation des températures de surface des mers et océans de notre planète... en lien avec le changement climatique global.

Ici, le cyclone a heurté de plein fouet l'archipel de Mayotte et son urbanisation spontanée et fragile. Si le ministre démissionnaire de l'Intérieur puis le président de la République n'ont pas osé trop parler du bilan hors-hôpital, le préfet a, dès les premières heures, annoncé la réalité de possibles milliers de personnes tuées.

 

Le cachet premier jour de Paris daté deux janvier 2025 (mêmes sources). 

L'article de la Wikipédia en français permet de dépasser l'échelle nationale française : l'île mauricienne d'Agaléga est dévastée et les quelques trois cents habitants n'ont dû leur survie qu'au nouvel aéroport qui est un des rares bâtiments encore debout. Des secours de Maurice et de l'Inde y arrivent.

Des dégâts mineurs sont relevés dans les trois îles des Comores, sans décès, au contraire des deuils au Mozambique et jusqu'à provoquer des inondations mortelles au sud du Malawi pourtant à plus de sept cents kilomètres du littoral !

Le timbre des revendications maritimes de Maurice, émis en 2017, pour situer Agaléga. Le phénomène cyclonique a démarré près de Diego Garcia à l'ouest. Mayotte se situe hors-champ à l'ouest du milieu du timbre.


Notes :

[1] : en l'état politique de la propriété du réseau social X (ex-Twitter) et du monde occidental, sauf cas de philatélistes importants, je ne relierai plus ce blog directement à X.

Merci donc aux philatélistes blogueurs qui rapportent les nouveautés en dehors des réseaux sociaux : phil-ouest.com pour la France, Commonwealth Stamps Opinion pour les pays issus de l'Empire britannique, etc.

mercredi 3 janvier 2024

Tristes 400 ans de la poste danoise

 Le vingt-quatre décembre 1624, Christian IV, roi du Danemark, établit des maîtres de poste dont un devait passer deux heures par jour à la bourse de Copenhague pour relever les courriers. Comme les autres postes européennes, ce fut le début d'une longue évolution : création de routes postales, réforme postale avec le timbre-poste, code postal, industrialisation et... arrivée de l'informatique.

Première émission commémorative de 2024 : les quatre cents de la poste au Danemark pour l'exposition Hafnia (émission du deux janvier 2024, via la boutique web de PostNord).

Celle-ci a, à la fois, accéléré le traitement du courrier et des colis, mais aussi provoqué un important déclin de la correspondance imprimée (les factures, les bulletins scolaire - hélas, pas la publicité non demandée) et écrite entre particuliers.

Au sein du Marché unique de l'Union européenne, l'ouverture à la concurrence de la petite logistique a néanmoins été accompagné du droit des États à protéger les consommateurs par un service postal universel... sans empêcher le capitalisme des anciens monopoles historiques : les États danois et suédois ont fusionné leur poste en un groupe PostNord en 2009.

Ce lundi premier janvier 2024, le service universel intérieur a quasiment disparu au Danemark suite à une loi votée en 2023, comme l'expliquent le mode d'emploi des timbres-poste de PostNord danois et un article de Post & Parcel du premier décembre dernier.

Entre les lignes, le gouvernement danois a eu en avoir assez de compenser le déficit de la poste aux lettres depuis 2020, à hauteur d'environ cent cinquante millions de couronnes danoises en 2023, soit environ un peu plus de vingt millions d'euros.

Aux expéditeurs désormais d'assumer le coût avec deux changements au premier janvier 2024 : une augmentation traditionnelle des tarifs et la taxe sur la valeur ajoutée frappe désormais le courrier intérieur qui doit l'indiquer !

Les deux nouvelles valeurs courantes à faciale et d'usage, le timbre rouge étant affecté d'une TVA à reverser à l'État danois (communiqué de presse de PostNord).

En 2023, une lettre intérieure coûtait 12 DKK jusqu'à cinquante grammes et 24 DKK jusqu'à cent grammes, TVA incluse. Depuis lundi, elle coûte 25 DKK TVA incluse avec obligation d'utiliser un timbre portant la mention "INDLAND" (intérieur) donc que sa vente produira une taxe retournant au Trésor danois. Environ 3,35 euro donc.

En 2023, une lettre internationale coûtait 36 DKK jusqu'à cent grammes, désormais c'est 50 DKK toujours sans TVA et doit être affranchie avec un timbre mentionnant "UDLAND" (étranger). Environ 7,70 euros.

Le prix proportionnel est de vigueur : deux timbres affranchissent de cent à deux cents cinquante grammes, trois timbres de deux cents cinquante à deux kilogrammes en respectant des limites standardisées d'enveloppes ou de colis très plats.

Note de curiosité : la "Quickbreve" ou lettre prioritaire intérieure existe toujours pour dix couronnes de plus au premier échelon intérieur, mais ne peut être reçue que dans un bureau de poste (si Google Traduction est de confiance).

Une seule valeur de complément : les anciens usage courant restent valables un an.

Le souci est donc que, depuis le premier janvier, tous les timbre-poste précédant perdent subitement leur pouvoir d'affranchir le courrier intérieur ! Sur-le-champ !

Malgré un dialogue entre l'opérateur postal, le ministère du Transport et l'Autorité de régulation, ces derniers sont restés inflexibles : désormais, tout affranchissement intérieur doit prouver qu'il a payé la taxe sur la valeur ajoutée, donc à l'achat de l'affranchissement : "INDLAND" ! Et tout envoi international ne doit pas être grevé d'une TVA, tout son affranchissement doit appartenir à l'opérateur postal pour son travail...

Apparemment, les autorités danoises n'ont pas voulu ou pu considérer une alternative existant dans les pays ayant imposé la TVA sur le courrier et les colis : tout timbre émis avant la taxation explicite doit être complété de la taxe en déposant l'objet en bureau de poste (Australie et Suède sont citées sur un fil du forum StampBoards).

Libéralisation du marché postal et comptabilité nationale (« Téma la taille du rat ! »).


Les timbres émis avant le trente-et-un décembre 2023 ne peuvent servir que sur le courrier pour l'étranger et seulement jusqu'au trente-et-un décembre 2024, rapporte l'éditeur philatélique allemand PhilaPress, le treize décembre dernier.

PhilaPress précise également que la libéralisation quasi-totale de la loi de 2023 entraîne la limitation de nombreux service par PostNord Danmark pour faire face à la concurrence et limiter les coûts sur ce service en déficit : démontage de nombreuses boîtes aux lettres de rues, diminution du nombre de boîtes postales, mise en concurrence totale de la distribution des abonnements de journaux et magazines, etc.

Une révolution : le type héraldique de 1946 disparaîtra donc dans un an (boutique web de PostNord Danmark).

Philatéliquement, la dernière révolution est la suspension de la continuité du type Petites armoiries nationales en usage depuis 1946. Ses valeurs en carnet de dix allant de deux à cinquante couronnes aideront les Danois à faire l'appoint des affranchissements pour l'étranger en 2024.

Le nouveau type de 2024 reprend les vagues et les cœurs, éléments traditionnels du type Ligne ondulée de 1905, et qui lui aussi a servi sans discontinué.

Enfin, l'exposition européenne Hafnia 2024 aura lieu du dix-sept au vingt octobre 2024 à Copenhague. Les timbres de son bloc ont une valeur faciale de vingt-cinq couronnes et la mention "INDLAND".


Note : la Suède, co-actionnaire de PostNord, n'est pas concernée puisqu'il s'agit d'une loi danoise. Les postes des îles Féroé et du Groenland sont indépendantes, même si une partie des coûts à venir pour leurs clients proviendront du passage par le système postal danois.


Compléments du vendredi huit mars 2024 : premier pas vers la post-philatélie ?

Une fois n'est pas coutume, The London Philatelist daté mars 2024 publie un article approfondi sur de la philatélie actuelle liée aux conséquences de la fin du service universel postal intérieur au Danemark.

Chirs King, ancien président de la Société philatélique royale de Londres et spécialiste classique du Schleswig, propose un article jumelé avec le numéro de janvier 2024 de The Posthorn du Scandinavian Collectors Club.


Parmi les nombreux informations et détails en plus de mon mini-article amateur, King signale qu'à cause de la taxe sur la valeur ajoutée frappant désormais le courrier intérieur font que les timbres Indland ne sont plus légalement des timbres-poste (Frimærker), mais des étiquettes postales (Postmærker) !

En effet, le droit fiscal danois exempte les timbres-poste de la TVA. Et d'illustrer le fait par un humoriste danois : le nouveau timbre rouge légendé en français dans le texte « Ceci n'est pas un timbre ».


Pour montrer que les expéditeurs danois - et les guichets postaux ! - pouvaient déjà ignorer les timbres-poste, il rappelle l'existence d'affranchissement numérisé : des codes alphanumériques imprimables ou recopiables dont il montre un exemple de décembre 2023. Sous le carré de quatre signes sur quatre manuscrits, une marque en danois indique « Porto kontrolleret »...

... lettre que la Royal Mail britannique a taxé comme non affranchie : cinq livres sterling pour le destinataire !

Le timbre international par sms ou code obtenu sur internet a encore du chemin à faire.


Finalement, les fameuses grandes étiquettes de colis en recommandé comprenant expéditeur, destinataire, déclaration douanière semblent le moyen le plus fiable de l'envoi vers l'étranger... au détriment de l'environnement (papier, adhésif).

Et de conclure si la politique danoise de fin du service universel du courrier au Danemark n'ouvre pas la porte à tous les opérateurs postaux et la fin de la philatélie postalement utilisée.


Et cette conclusion philatélique est immédiatement bouleversante. Un important marchand de timbres danois (Fyns Frimærker Service) détient deux cent mille couronnes danoises de timbres uniquement pour les envois à ses clients ! À date de l'article de King, vers le onze janvier, le syndicat des marchands philatéliques danois est entré en négociation avec Post Danmark sur ce problème.

On n'est loin de la perte de valeur au catalogue des collections de passionnés.

Mais, l'occasion faisant le larron : l'entreprise Bladkompagniet S/A distribue des milliers de journaux et magazines chaque nuit dans tout le pays. Pour vingt couronnes, elle proposerait la délivrance de lettres intérieures en une nuit, sept jours sur sept, contre vingt-cinq pour la poste qui, elle, a perdu ses subventions et dont le modèle est de plus en plus centré sur les colis.

mardi 7 novembre 2023

La Marianne du greenwashing

 En-fin ! Ça-y-est ! Le prince-président a trouvé D-E-U-X heures pour dévoiler le timbre-poste Marianne de son second mandat, avec un programme fortement réduit par rapport à l'initial qui aurait dû avoir lieu vers mi-octobre.

Ainsi, l'embargo médiatique enfin levé dimanche cinq, mais avec plus de détail hier soir lundi six novembre 2023, Marc Bertrand de France Bleu Périgord a pu détailler ce qui aurait dû avoir lieu entre le président et les habitants de la Dordogne : dévoilement de la Marianne et signature symbolique du bon de tirage à l'imprimerie Philaposte Boulazac, visite d'un collège à Chamiers où a été réalisée une fresque de la nouvelle allégorie, tournée avec un facteur rural, rencontre avec une quarantaine d'élus locaux sur les thématiques de la ruralité et les difficultés d'un département rural où une papeterie menace de licenciement massif.

Au final : la Marianne rurale est bien là, toute verte, pleine de feuilles, partout des feuilles... Sortez les râteaux, au Salon d'automne de Paris, puis partout en France le lundi treize, le timbre d'un euro orange feuilles mortes va toutes les faire tomber par terre dans les centres de tri !

Emmanuel Macron prend encore les Français pour des cons : une Marianne du greenwashing, bel et bien une Marianne du faire-semblant.

Un aller-retour en jet pour deux heures : beau message d'effort de transition environnemental.

Pour deux heures de serrage poli de main d'employés postaux et un gavage-apéritif d'élus pour éviter qu'ils aient le temps de contre-argumenter le président. De toute manière, on l'a revu à Plougastel-Daoulas après la tempête, toute contradiction est politique, mal informée voire mal intentionnée... par celui qui a jeté à la poubelle la majorité du résultat de la Convention citoyenne sur le climat qu'il a pourtant lancée.

Cette visite est donc un doigt d'honneur aux postiers de terrain, aux élèves et à leurs enseignants au collège Jean Moulin de Chamiers, qui attendent un professeur de français ; qui, eux, respectent la démarche de l'avenir : l'atelier de couture a réalisé les serviettes en tissu du service de cantine pour limiter l'usage des serviettes en papier. Ce collège est le troisième dont l'approvisionnement de la cantine est labellisé 100% Bio par le conseil départemental en mars 2022.

Un nouveau timbre d'usage courant à éviter...

mercredi 1 novembre 2023

La Marianne du faire-semblant arrive... quand ?

 Depuis la réélection d'Emmanuel Premier à la prince-présidence de la République au printemps 2022, magazines et forums philatéliques français bruissent, par tradition, du « Quel suspens ! Il va y avoir une nouvelle Marianne sur les timbres ! »

Ayant été promu Superintendant au programme philatélique national, le président du Groupe La Poste fit savoir par ses Philapostiers qu'un concours très discret serait organisé en appelant en cachette des artistes confidentiels à proposer des projets inédits qui serait soumis à Sa Majesté présidentielle, dans un bunker sécurisé par le RAID et le GIGN, à une date que les archives ne révélerait qu'après l'Assomption emmanuelle, qui viendra le plus tard possible bien entendu. Qu'on vienne l'y chercher !, aurait-il clamé un jour inconnu avant que la lourde porte ne se referme sur ce choix magistral.

Il est loin le temps où je pouvais reprocher à François Mitterrand de ne pas suivre la consultation du public de Philexfrance avec sa vision de l'avenir - moquée « la Marianne aveugle » - et heureusement pour amateurs de films et de vidéoludisme que les industries audio-visuelles et informatiques ont fait d'immenses et très rapides progrès.

La façade de l'Assemblée nationale au temps de la République heureuse... où le peuple était encore souverain face à ses représentants (automne 2004, sous licence CC BY-NC-ND 4.0).

Et même : Gloire à l'ambitieux libéral Chirac ! Qui choisit la consultation populaire pour la bien nommée Marianne des Français qui eut droit à la façade de l'Assemblée nationale pour une consultation la plus large possible. Il fut moins ouvert, mais d'une grandeur d'esprit pour choix de la Marianne du 14 Juillet.

Je n'irai pas jusque là pour le social-traître Hollande. Néanmoins, il consulta la jeunesse lycéenne pour la Marianne qui porta son nom... Là, ce fut La Poste qui eut de tels problèmes de paternité de l'œuvre que je me demandai si les commerciaux faisaient comme si elle n'existait pas. Peut-être que depuis, le jury philapostal rencontre en personne les artistes et en garde des preuves photographiques ? Quant à gérer toutes les lectures opportunistes sur cette allégorie, lectures qui annonçaient l'ambiance actuelle de haine - du racisme à l'antiwokisme (ké cé?) -, pas merci à la génération des quinquas qui fut doublée dans leur ascension princière par un jeune pseudo-centriste... Lire la suite.


L'ultralibéralisme bling-bling illibéral-flashball étant à la mode depuis 2007, les princes-présidents se croient mécènes de la Renaissance en choisissant seul l'allégorie postale de la République.

Et, qu'est-ce que ce choix absolutiste révèle de leur vision du peuple et de ce qu'il doit subir d'après eux !

Une Marianne sonnée, triste en robe de bure tandis que l'Omniprésident Nicolas, courant en tout sens un Timbres magazine dans les bras - « Ah ! Le roi collectionne les timbres ! Il va sauver la taille-douce ! ! » - commença l'œuvre de ronger les piliers de l'État-providence et du programme du Conseil national de la Résistance... que même les chiraquiens ambitieux eurent la prudence de préserver malgré leurs bienfaiteurs industrieux.

Et la Méduse reptilienne du prince-président Emmanuel, évocation stupéfiante de la régente qui l'accompagne dans sa vie, faisant face aux Français dont elle réduit les droits en pierre cendreuse. Ce monstre mythique qui aveugle à coup de grenades lacrymogènes et mutile par tirs de balles de défense - utilisées de manière assez offensive - que le dauphin Gérald veut faire tirer à trois mètres bientôt.


Après six années de mandat démarré avec Benalla poursuivi par des éborgnés et continué par tellement de budgets passé sans vote de l'Assemblée nationale par l'article 49.3 de la Constitution moribonde de la Cinquième République, qu'attendre de la prochaine Marianne philatélique ? Rien.

Car je sais maintenant que ce politicien n'est rien philosophiquement à part un porte-feuille d'actions sur pattes. Tant que, comme un de ces prédécesseurs, il pourra émarger dans les grands groupes qu'il aura soutenu par sa fiscalité anti-sociale...

Ainsi, toutes les grandes dates républicaines passent sans la nouvelle Marianne... 8 mai 2023, 14 juillet 2023, même le Louis-treizien 15 août,...

Premier novembre 2023 : rien alors que le service philatélique de La Poste a été obligé d'annoncer la fin de vente des méduses le trente-et-un décembre prochain...

On s'approche du Salon d'automne, dernier grand moment philatélique de 2023... Rien dans la presse.

Ce n'est plus un embargo : les rumeurs bruissent trop fort. Combien de feuilles, de carnets et de roulettes imprimées, empaquetées, expédiées vers les principaux bureaux ? Combien de hauts-fonctionnaires, de cadres postaux et d'employés de La Poste qui l'ont vu ?

Certes, ces trois groupes feront attention au secret professionnel pour préserver postes et retraites (enfin, si elle est encore accessible d'ici 2027...), mais tous les communicants et consultants fort coûteux, qui les retient de s'en vanter en ville, smartphone-appareil photo en main ?


Donc, le mercredi onze octobre 2023, prétend la rumeur, le prince Emmanuel de Macron et la régente ont inauguré la nouvelle Marianne postale...

... dans un univers où l'attaque barbare du Hamas du sept octobre et la posture jusqu'au-boutiste du Premier Ministre israélien n'aurait pas eu lieu et influé sur la vie quotidienne des Français de toute confession et de tous métiers... dans une vie politique et diplomatique où le président aurait présenté le timbre en faisant preuve d'empathie, d'optimisme et transmis un sentiment de sûreté, tout en laissant sa ministre des Affaires étrangères et les diplomates de carrière les premières actions au lieu de tout annuler pour... aller macroner sur place les yeux exorbités - un signe inconscient d'improvisation ?

Merci Nicolas, Manuel, Gérald, Gabriel et bien d'autres pour l'huile jetée sur les feux du monde... pour espérer une élection au hochet suprême. Doit-on à présent se méfier d'un Deux-Décembre ?


Doit-on alors remercier un aléa informatique qui, lundi trente et mardi trente-un octobre, a fait apparaître une autre Marianne sur la page d'entrée de la boutique web de La Poste ?

Un ancien projet non retenu qui a servi pour un test de mise à jour ? Un des projets 2023 refusé ? La nouvelle bel et bien gravée Bara ? Les guetteurs parviendront-ils à deviner à gauche le nom de l'artiste ?

Je m'en fiche.

Malgré une jeunesse, un enthousiasme mieux dessiné, un dynamisme vers l'avenir de cette effigie, je sais que celui qui l'a choisi n'y croit pas un seul moment... pour la Nation souveraine qu'il représente et doit servir. Il ne sert que lui, ses intérêts personnels et les acteurs économiques heureux de le voir élu et réélu, tout en masquant l'anti-républicanisme qu'il incarne.


Oui, ce n'était pas un article philatélique.



Fait du prince, plagiat par anticipation et intoxication du jeudi deux novembre 2023.

Un qui a été en présence du Prince dévoile ce qui ne serait dévoilé que le dix novembre... Ne serait-ce un crime de lèse-majesté ? Et le jour où la presse montpelliéraine explique le côté rancunier du prince-président... Cayenne ou Kerguelen ?

Dans L'Écho de la timbrologie 1988 de novembre 2023, reçu ce jeudi, sa rédactrice-en-chef Sophie Bastide-Bernardin place des indices de son impatience de journaliste :

- page 3 : « le salon philatélique d'automne 2023 pourrait recéler plus de surprises que celles annoncées »... ?

- page 5 : dans son éditorial, elle s'étonne de la disparition de certains produits spéciaux et trouver le dossier de presse incomplet. En retour, c'est les communicants du Musée de La Poste qui prennent pour les slogans actuels qui ne disent rien de ce que le non-visiteur verra dans « quelque chose qui n'est même pas dans votre guide » ...

- et page 15 : la déferlante tombe sur l'opération Meilleurs vœux 2024 de l'association Philapostel. D'ici au vingt-novembre, les intéressés peuvent commander autant d'enveloppes souhaitées avec les adresses des destinataires de ces vœux philatéliques.

Cette année, l'illustration de l'enveloppe est signée Sophie Beaujard, titrée « De Cérès... à Marianne » et est reprise en bleu de la Cérès de 1849 et en rouge le projet de Marianne de l'artiste pour le concours de 2013. L'association a commandé un timbre à date spécial à cette dernière effigie...

... mais ne sait pas quel timbre sera placé sous cette oblitération du premier janvier 2024... puisque le Prince-Président fait attendre ses sujets. Philapostel doit avouer qu'à date soit ce sera la nouvelle Marianne, soit un timbre personnalisé lié à l'anniversaire 1849-2024 du timbre de France, surtout avec l'augmentation de treize centimes de la lettre verte et les limites techniques de la logistique d'une telle affaire.

Dix novembre il paraît, enfin « si le temps le permet ».

Finalement, ce fut ce mardi sept novembre, en deux heures en aller-retour de jet. Et je ne pensais que la Marianne du faire-semblant sonnerait si juste.

lundi 17 juillet 2023

La Marianne de Lamouche au 14-Juillet de Nîmes

 Dernière des Marianne des timbres d'usage courant de France choisie par une consultation populaire étendue, la Marianne des Français de Thierry Lamouche semble restée un modèle pour ceux en recherche d'une représentation moderne de l'allégorie républicaine.

La Marianne des Français dans le ciel nîmois, photographiée par Alexis Béthune pour Midi libre.

À Nîmes, préfecture du Gard, la municipalité a choisi un spectacle de drones en remplacement du traditionnel feu d'artifices pour la Fête nationale du quatorze juillet 2023.

Le journaliste Martin Moreau a rapporté pour Midi libre les avis des spectateurs dès le quinze à minuit : entre le choix du lieu très arboré, la durée jugée courte (note : de ma terrasse, pas moins long que ceux de quatre communes que j'ai bien en vues), le manque de couleurs et le silence...

Cela contredit les retours des grands spectacles d'Asie de l'Est (le dragon de Shenzhen) et, dernièrement, celui dédiée à la viticulture à Bordeaux. Les spécialistes de ces organisations sauront expliquer.

Parmi les tableaux, une Marianne apparaît logiquement comme évocation de la Révolution française de 1789 et des principes de la République. On y constate deux choses : en effet, les diodes bleus ont du mal à ne pas être violettes et...

..., de nouveau, le modèle de Thierry Lamouche inspire au-delà de la Semeuse d'Oscar de Roty, de La Liberté guidant le peuple de Delacroix, des Sabines réconciliant leurs pères et leurs maris, et toutes les Mariannes récentes produites par les présidents de la Cinquième République, en particulier toutes celles pour lesquelles aucun public ne fut associé.

Est-ce une coupable facilité de recherche Google par les illustrateurs commerciaux ? Est-ce des caractéristiques techniques de reproduction et de message : un trait simple, un message heureux ? Des droits d'auteur plus faciles à obtenir ?


Pour le contre-point sur le spectacle nîmois, l'avis d'un adjoint au maire dans Midi libre le quinze après-midi, et  un reportage de France 3 Occitanie d'après-14-Juillet sur les coulisses et le retour-qualité (avec Marianne en final).

mercredi 22 février 2023

Première moitié de février 2023 dans le monde de la philatélie

 Petit résumé de trouvailles grâce à Twitter pendant la première moitié de février 2023.

L'affiche de l'émission de La Poste du Bénin.

Découverte avec retard, par un article d'Arnaud Koumondji dans Le Béninois libéré, La Poste du Bénin a émis une seule série en 2022, sept timbres représentant sept des trésors royaux rendus par la France fin 2021 après cinq années de débat français. Les trésors ont été exposés temporairement de février à mai 2022 à Cotonou. Actuellement, en réserves, le temps de leur installation définitive en musée, j'imagine.

Un des visuels utilisés sur son compte Twitter par la poste du Guatemala.

Le trois, Correos de Guatemala a célébré d'un timbre la Police nationale civile du pays... ce qui révèle un pan tragique de la police précédente et de l'histoire du pays en guerre civile de 1960 à 1996.

Entre 1981 et 1983, les forces armées répriment violemment jusqu'au génocide, d'après la Commission de clarification historique des Nations unies, de deux cent mille indigènes mayas des communautés rurales du pays. La réforme de la police civile fit partie des accords de paix.

Logotype de Mi Oficina.

Le quatre, Mi Oficina Philatelic Society, le groupe de philatélistes des Amériques, lance leur site https://www.mioficina.group/ . Rappelons que ceux-ci ont lancé des rencontres en ligne pendant les confinements anti-covid-19 en 2020, faute de pouvoir organiser leurs rencontres amicales lors des expositions philatéliques.


Le onze, Vaccari News a représenté les Cafés philatéliques à l'occasion de l'un d'entre eux alors à venir. Le service philatélique de Poste Italiane organise ainsi des rencontres avec les collectionneurs dans des villes sans association. Une idée à creuser ?


Le quinze, The Washington Times rapporte la demande adressée par l'United States Postal Service à l'État fédéral de modifier le manuel du courrier. Face à l'inflation de faux timbres-poste, l'opérateur public souhaite considérer tout courrier affranchi avec ceux-ci comme « abandonné » afin de ne pas supporter les coûts de la mise en taxation, du refus de celle-ci et des va-et-vient avec l'expéditeur.

Certes, ceux qui achètent des timbres très récents à prix suspects sur des sites usurpant l'identité de l'USPS réviseront leur esprit critique, mais que penseront ceux volés par leur commerce de proximité vendant consciemment des timbres frauduleux ?


En France, le même jour, qui veut tuer son chien l'accuse de la rage : France info rapporte les propos du président de La Poste Philippe Wahl devant la Commission des affaires économiques du Sénat : la lettre dématérialisée imprimée prioritaire lancée le premier janvier 2023 fait un flop, d'après lui.

Sauf que si les sénateurs et les journalistes suivaient les enquêtes des associations de consommateurs, il rappellerait que l'abandon de la livraison le plus rapide à moindre coût - le service universel - est la priorité du Groupe La Poste depuis que l'État-actionnaire veut que la poste soit rentable...

Et je ne relancerais pas les conditions d'emploi et de travail des livreurs de colis des filiales de droit privé du groupe public...


Le seize, sur le site du magazine mensuel L'Histoire (apparemment hors numéro imprimé), l'historien du Groupe La Poste Sébastien Richez raconte l'histoire de la poste française et de ses tarifs, fin de la lettre prioritaire oblige, de l'Ancien Régime aux turbulences actuelles demandant une inventivité pour maintenir le métier de facteur.

Mise à jour du jeudi trente mars 2023 : Apparemment, l'article de Sébastien Richez sera publié dans le numéro d'avril de L'Histoire (numéro 506).

samedi 11 février 2023

Échanger ses anciennes Mariannes en 2023

 Petit étonnement en lisant dans le numéro de février 2023 de L'Écho de la timbrologie que sa rédaction n'avait pas reçu à temps pour le bouclage l'enveloppe que La Poste envoie à ceux qui souhaitent échanger les timbres Marianne au tarif prioritaire, service qui n'existe plus en France depuis le premier janvier 2023.

En effet, ma demande - traitée en double, vous allez voir pourquoi - a été honorée rapidement à partir du site https://www.laposte.fr/echange-timbres-rouges .

Une jolie et explicite icône tirée du fascicule expliquant l'opération d'échange des timbres rouge au type Marianne.

INSISTONS BIEN!!!

Toute la procédure d'échanges - sauf évidemment l'envoi des timbres et entiers et la réception des produits de La Poste - se fait à travers le site sus-mentionnés. Tout !

En bureau de poste, vous ne trouverez que l'enveloppe de retour, mais si vous ne passez pas par le site pour vous inscrire et échanger les codes nécessaires, vous perdrez tous les timbres et entiers postaux envoyés. C'est marqué ci-dessous :

La procédure telle qu'expliquée sur le site : RESPECTEZ CHAQUE ÉTAPE !!!

Le dimanche premier janvier est le jour de l'abolition des services prioritaires (dit Marianne rouge par les journalistes qui n'arrivent pas à engranger de la culture générale sur beaucoup de sujets... soupir) et écopli (Marianne grise). Le lundi deux janvier, premier jour ouvrable, le site dont l'adresse est tardivement toute fin de la dernière semaine de décembre 2022 est encore fermé : je l'ai découvert grâce au forum francophone du site d'échanges entre collectionneurs Le Marché du timbre, dont un membre reprenait celle de La Poste captée par l'association Philapostel.

Le formulaire d'entrée des informations sur le site d'échanges de La Poste (capture d'écran).

Le mardi trois janvier, le site fonctionne. J'entre les informations nécessaires à l'échange : identité, adresse postale classiquement. Mais aussi une adresse mail et un numéro de téléphone portable : l'échange sera sécurisé par un échange de codes imprimés dans le document à venir et dans un sms entre le client et La Poste pour certifier ce qui est renvoyé, quand La Poste recevra, ce que La Poste acceptera d'échanger.

Hélas ! Une fois cliqué « Envoyer », la page d'erreur du site s'affiche. Snif.

Le mercredi quatre janvier, rebelote et là, le site confirme la réception de mes informations.

Le courrier avec l'enveloppe de retour et le fascicule expliquant la procédure, posté en écopli le cinq janvier 2023.

Le samedi sept janvier, arrivent deux courriers affranchis par une machine de l'entreprise Sogec Gestion au tarif écopli de quatre-vingt-quinze centimes. Oui, l'écopli existe encore pour les entreprises. Ce sous-traitant propose à plusieurs grandes entreprises françaises de gérer ce genre d'envois, de retours, par exemple, les demandes de résiliation et de remboursement d'opérateur téléphonique.

L'une est datée du cinq janvier, l'autre du six, les courriers ont été expédiés le lendemain de chacune de mes demandes - celle du mardi ayant finalement été traitée par le site.

Le fascicule explicatif reçu avec le courrier.

À l'intérieur, sur une page A4 recto, le mode d'emploi résumé de la procédure :

- en identifiant le QR code imprimé sur l'enveloppe de retour ou en inscrivant le code alpha-numérique qui est imprimé dessous,...

Capture de l'écran du formulaire d'échange : code de l'enveloppe de retour, nombre de produits envoyés, quels produits demandés.

- un formulaire du site demandera le nombre et le type des produits échangés : timbres prioritaires ou entiers postaux,...

- confirmation par un code envoyé par sms de La Poste,

- et là, on peut mettre ces produits dans l'enveloppe et la poster.

Ratez des étapes et tout sera perdu.


Et, maintenant, l'entier postal réponse :

... vu de dos : rappel des règles.

Vraiment, si vous envoyez vos Mariannes et Prêt-à-poster à l'incinérateur, c'est que vous ne savez pas lire les consignes !

Le recto de l'enveloppe T de retour : en bas à gauche, l'emplacement des codes graphiques et alpha-numériques uniques à votre demande.

Sur le recto, de gauche à droite en haut, deux grandes barres obliques rouge, la mention PERF 100 grammes à validité permanente à côté du « T » de la lettre-réponse au coût du destinataire. « Performance » apparaît comme un indicateur de service de nombreuses solutions proposées aux entreprises par La Poste.

En bas à gauche, un code datamatrix carré et un code alpha-numérique correspondant identifient l'envoi précis et c'est celui qui doit être renseigné sur le site au moment de l'envoi des produits que l'on souhaite échanger.

Enfin, un code-barre de lettre suivie pour rassurer l'expéditeur.

Le barème des échanges proposés par La Poste. Note : les timbres Lettre prioritaire des carnets de correspondance sont inclus dans l'offre.

Le barème est l'avantage numéraire des clients, a calculé L'Écho de la timbrologie, mais pas en nombre d'envois possibles pour la solution du milieu de l'image ci-dessus.

En résumé, La Poste propose d'échanger les timbres et entiers prioritaires contre :

- soit l'équivalent lettre verte avec suivi,

- soit deux timbres prioritaires contre le nouveau Lettre service plus (suivi, assurance, objet fin).

Avec l'espoir de convertir les usagers à ces services ?


Dans le détail des conditions générales d'échange sur le site dédié.

Et en cas de désaccord entre La Poste et l'échangeur sur le contenu de l'enveloppe ?

D'accord, vous l'avez lu dans tout cet article : pas d'échange de codes et de formulaires en ligne, VOUS N'AUREZ RIEN. Et arrêtez de râler contre La Poste : d'abord, il y a des lieux pour ça autre que les commentaires de mon blog, et puis, pour qui avez-vous voter aux élections nationales ces dernières décennies, hein ?!

Pour les autres, les conditions générales sont sur les pages de formulaire sous forme d'un fichier pdf à lire : le formulaire de demande d'enveloppe retour et celui de déclaration de ce que vous envoyer.

Là, la procédure est détaillé à l'article cinq : « Des contrôles seront effectués par des agents assermentés de La Poste » qui vérifieront nombre de produits reçus face à ceux déclarés envoyés, et leur authenticité.

L'adresse mail fournie au début de la procédure servira de moyen de communication en cas de désaccord afin d'informer l'échangeur de ce qu'il va finalement recevoir... et, en cas de produits fraudulenx, l'expéditeur et les Douanes seront informés.


L'article six signale comment déposer une réclamation : quatre moyens sont proposés, du bureau de poste au centre d'aide téléphonique en passant par internet. Et, en appel, le service du Médiateur de la consommation du Groupe La Poste.


Espérons que La Poste et les Douanes publieront un bilan de cette opération. Cela permettra de faire un point sur la falsification des timbres d'usage courant, jugé par des philatélistes et marchands britanniques comme une plaie Outre-Manche renforcée là-bas par l'absence fréquente d'oblitérations sur les plis.

Voire le manque de mémoire des machines de tri et de formation des postiers à identifier les timbres datant d'avant 2009 et les standards actuels de sécurité des timbres au type Machin : les destinataires reçoivent des taxes à payer sur des plus légalement affranchis d'anciens timbres !!!