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vendredi 3 mai 2013

En quelques instants, Google et les Antilles néerlandaises

Pour compléter la note du 30 avril 2013 sur l'outre-mer néerlandais actuel, voici ce qu'il est possible de trouver rapidement avec Google sur les systèmes postaux et la philatélie des îles antillaises du Royaume des Pays-Bas depuis 2010.


Commençons par le plus ancien autonome, dès 1986, et son entreprise Post Aruba, dont le site propose un historique. Responsable des postes le premier janvier 1986, membre à part entière de l'Union postale des Amériques, de l'Espagne et du Portugal (UPAEP) en 1993 et privatisée en 2005. Cinq bureaux sont listés, dont un seul est ouvert le samedi.

Côté philatélie : timbre personnalisé disponible, une adresse Facebook pour suivre les émissions et deux adresses mail (une pour les commandes locales, une pour les commandes internationales) sont proposées. Les valeurs faciales sont en centimes de florin d'Aruba (code AWG ; à parité fixe 1,79 AWG = 1 dollar des États-Unis).


Pour Curaçao, devenue autonome au sein du Royaume des Pays-Bas en 2010, il existe un Bureau Telecommunication and Post en charge d'organiser et de veiller au respect des règlements du territoire. Sur le site du BT&P, une phrase intéressante permet de comprendre pas mal de choses (surtout pour les commandes de timbres) : "Les services postaux sur les îles BES et Curaçao ont été délégués à Nieuwe Post N.V." Nieuwe Post Nederlandse Antillen bénéficie d'un monopole sur tous les courriers de moins de deux kilogrammes, même si les autres opérateurs peuvent proposer un tel service s'il est plus rapide.

Même si la phrase n'est pas datée, elle lie Curaçao avec les îles Bonaire, Sint Estatius et Saba (BES) qui sont devenus en 2010 trois communes d'outre-mer des Pays-Bas métropolitains. La page d'histoire de l'opérateur confirme que, malgré 2010, le système postal de feues les Antilles néerlandaises perdurent dans quatre îles : PNA, détenu par l'État, a remplacé l'administration postale en 1997 avant de devenir, en mai 2003, NPNA et possédée par CPIL [qui s'est ? Mystère à éclaircir].

Sur le site de NPNA, on trouve les horaires d'ouverture des cinq bureaux de Curaçao, des trois des BES (un chacune) et de celui de Sint Maarten... Néanmoins, pour ce dernier, les services financiers sont limités à Curaçao et BES.

Pour compliquer le tout : les devises utilisées dans les anciennes Antilles néerlandaises sont en cours de réformes depuis 2010. Les îles BES, aussi dénommées Pays-Bas caribéens (Caribisch Nederland) ont adopté le dollar des États-Unis, avec application le premier janvier 2011. De leur côté, Curaçao et Sint Maarten continue à utiliser le florin des Antilles néerlandaises (ANG, localement gulden), mais préparent une nouvelle unité monétaire. Ce florin caribéen pourrait être mis en circulation en 2013... après plusieurs retards. Ces deux florins sont à la même parité fixe avec le dollar que le florin d'Aruba.


Quant aux timbres de Curaçao, dans la section Personal, tout en bas, un menu philatélique. Là encore, les timbres personnalisés sont bien mis en avant avec leurs quatre arrière-plans : générique, pour enfants, pour touristes et pour les entreprises. Les programmes philatéliques de Caraçao depuis 2006 et de Caribish Nederland depuis 2010 sont proposés avec, juste après, un bulletin d'abonnement. Par contre, celui-ci et le bon de commande des séries encore disponibles ne précisent pas l'entité émettrice (Antilles néerlandaises, Curaçao ou Pays-Bas caribéen) ; les collectionneurs ont un mail pour demander.


Il reste donc Sint Maarten, la jumelle de la collectivité d'outre-mer français de Saint-Martin, et très proche de Sint Eustatius et Saba. Après quelques jongleries avec Google, le décret ministériel créant Postal Services St. Maarten en octobre 2010 est trouvé, lui octroyant, pour vingt ans, l'opération postale dans la demi-île. Comme à Curaçao, il existe un régulateur, le Bureau Telecommunications & Post Sint Maarten.

Mais, aucun site officiel en vue... Dans la presse locale, on trouve quelques nouvelles émissions et, surtout, l'information que, depuis le premier février 2012, les timbres des Antilles néerlandaises ne sont plus acceptés sur le courrier posté auprès de l'opérateur Postal Services St. Maarten. Les commentaires des lecteurs sont incendiaires : pas question que les Pays-Bas mettent leur nez dans l'île, mais que le monopole de PSS est sévèrement critiqué. Outre le choc de la perte des valeurs fiduciaires que sont les timbres, un lecteur signale que le bureau n'a pas trois jours de stocks de timbres... [Pas même une machine à affranchir ?]


Pour résumer : quatre pays philatéliques au lieu de deux depuis 2010, mais seulement trois opérateurs postaux aux caractères visiblement très différents. Indépendant à Aruba, coopératif à Curaçao+BES et pressé d'être indépendant à Sint Maarten.

mardi 30 avril 2013

Lang leve de Koning! d'Amsterdam à Bonaire

Aujourd'hui, mardi 30 avril 2013, le royaume des Pays-Bas a changé de souverain d'une manière que nombre monarchies (et républiques) ignore ou font exprès d'ignorer : la reine Beatrix a estimé qu'il était temps qu'elle délaisse sa charge à un souverain plus jeune, son fils Willem-Alexander.

Émis le premier mai 2013, la version 1 de la série d'usage courant
(la version deuxième classe est bleu et verte, page 5 de Er is post!).

PostNL présente les premiers timbres-poste du nouveau règne dans son magazine Er is post!, consultable en ligne (et en néerlandais).

Dès le 25 mars, un timbre rouge honorait le règne de Beatrix, suivi le 21 mai par un bleu pour Willem-Alexander (programme philatélique 2013).

Illustré ci-dessus, deux timbres d'usage courant à valeur d'usage (1 et 2) au monogramme du nouveau roi : rouge et bleu pour le 1, bleu et vert pour le 2. Comme d'habitude pour l'audacieuse production philatélique néerlandaise, les deux timbres peuvent se placer côte à côte et se continuer (on se souviendra comme les vaches hollandaises coupées en timbres avait rempli les colonnes philatéliques).

Le magazine propose également un petit panorama philatélique du règne de Beatrix, avant d'aborder les services de PostNL et les mots croisés (entraînement à la langue locale :).


Note :
comme un lecteur le réclame dans le courrier de Timbres magazine de mai 2013, les Wikipedias en toute langue explique l'évolution institutionnelle récente des Pays-Bas et de ses communes et territoires d'outre-mer.

Pour simplifier :
- en 2010, les Pays-Bas européens (que tout le monde connaît depuis 1581) ont été admistrativement rejoints par trois communes antillaises : Bonaire, Sint Eustatius et Saba (= les Pays-Bas caribéens). Cependant, contrairement au système ultra-marins français (les quatre DOM de 1947), elle constitue une entité philatélique depuis 2010 avec ses propres timbres (source de la Wikipédia en anglais : par ici), ne serait-ce que parce que la monnaie locale est le dollar des États-Unis et non l'euro.
- Avant 2010, ces trois îles, Curaçao et Sint Maarten (ainsi qu'Aruba jusqu'en 1986) formaient les Antilles néerlandaises ayant leurs propres timbres à partir de 1950, année suivant l'introduction du nouveau nom.
- Avant 1950, les timbres de Curaçao servaient dans toutes les Antilles néerlandaises.

Depuis la dissolution des Antilles néerlandaises en 2010 : Aruba (dès 1986), Curaçao et Sint Maarten disposent chacune de leurs propres timbres.

Vous attendrez l'article promis par Timbres magazine pour vérifier les informations institutionnelles et philatéliques des Wikipédias, et savoir comment connaître les émissions actuelles de ces quatre pays philatéliques depuis 2010. Notamment, quels timbres ont-ils émis pour le changement de chef d'État aujourd'hui ?

Le Postzegelblog néerlandais vous aide un peu pour Sint Maarten.


Note du 3 mai 2013 :
Adrian Keppel, spécialiste des timbres européens d'usage courant, propose une revue des timbres de couronnement des cinq dernières et dernier souverains néerlandais sur le blog de Stamp Magazine.