Affichage des articles dont le libellé est Palestine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Palestine. Afficher tous les articles

dimanche 21 septembre 2025

Le 22 septembre 2025, la République française reconnaît la Palestine comme État

Pour ceux souhaitant que l'accumulation organisée de timbres et l'étude du service postal reste un loisir et veulent collectionner en paix, veuillez passer à un autre article.


 Demain, lundi vingt-deux septembre 2025, la République française par l'intermédiaire de son président Emmanuel Macron reconnaîtra l'État de Palestine dans le cadre de la quatre-vingtième Assemblée générale des Nations unies, au siège de l'organisation à New York.

Cette semaine à venir, l'Assemblée générale entre dans sa « Semaine de haut niveau », comprendre en présence des chefs d'État et de gouvernements pour tenter de conclure des négociations dans des domaines multiples (guerre et paix, santé et éducation, environnement, etc.) préparées par les ministres, ambassadeurs et autres représentants des États membres au quotidien des relations diplomatiques.


Dès les années 1980, quand les États arabes voisins d'Israël et des Territoires occupés, et accueillant encore aujourd'hui des camps de réfugiés palestiniens, ont cessé la guerre contre leur nouveau riverain, l'Organisation de libération de la Palestine (O.L.P.), dirigée par Yasser Arafat, avait pris le relai, mêlant terrorisme, militantisme populaire et diplomatie.

Le quinze novembre 1988, à Alger, le Conseil national palestinien avait déclaré l'indépendance de la Palestine. À cette époque, les pays du Bloc communiste, la majorité de ceux d'Asie et d'Afrique avaient reconnu immédiatement le nouvel État, suivis dans les années 2010 par l'Amérique latine, sortie des dictatures militaires.

Si les évolutions politiques et électorales, voire la crainte des dirigeants actuels des États-Unis, ont fait varier le vote à l'Assemblée générale des Nations unies des pays d'Europe de l'Est et d'Amérique du Sud, la colonisation violente acceptée par l'État de la Cisjordanie et le règlement du cas du Hamas par l'anéantissement matériel et humain de la bande de Gaza décidés par le gouvernement israélien  depuis les massacres dans le sud d'Israël du sept au neuf octobre 2023 entraînent une mobilisation d'une partie des opinions publiques et de gouvernants dans le monde.

N'ayant pas oublié la colonisation britannique pour l'Irlande et la dictature franquiste pour l'Espagne, des habitants et dirigeants de ces deux pays rappellent que, depuis 1945, l'extermination tous azimuts des civils pour éliminer une menace précise n'est pas acceptable.

Bloc de timbres en l'honneur de Jacques Chirac, émis par la poste de l'Autorité palestinienne, en février 2005 (via le site zobbel.de).

Évidemment, en plaçant la loupe sur les agitations médiatiques de chaque pays, les morts, prise d'otages et souffrances des civils israéliens, touristes et travailleurs migrants en octobre 2023, et celles des générations successives de Palestiniens de 1948 aux morts et souffrances actuelles, sont caricaturées entre politiciens et éditorialistes en vue des élections suivantes.

Non, les guerres civiles du Soudan et de l'est du Congo ne sont pas oubliées (dont les actions en douce des Émirats arabes unis - ah, le rôle des influenceurs fric et fashion à Dubaï - et du Rwanda), ni le fait que les putschistes sahéliens préfèrent lutter seuls contre les groupes djihadistes (en ajoutant les exactions des mercenaires russes pour leurs concitoyens ou pour cacher d'autres raisons ?). L'hebdomadaire The Continent ou les chaînes internationales (comme RFI) le montrent à chaque article et reportage.

Sans compter les philosophes français d'opérette qui estiment que tout Gazaoui est un membre du Hamas ayant mérité son sort... L'influence du groupe islamiste (comme celle des mesquineries contagieuses de Donald Trump) peut rappeler l'importance du Parti nazi et la passivité-profitabilité de la majorité des Allemands des années 1930.

Mais, depuis 1945, on aurait pu espérer que l'Israël du vingt-et-unième siècle avait les moyens de renseignement (Pegasus ?), technologiques et logistiques (bipeurs au plastic ?) pour éliminer les chefs et relais principaux de ce groupe sans avoir à réinventer les ghetto nazis ou le gouvernorat général de Varsovie.

Ah, les drapeaux nationaux, leur symbolique,... Mais, oh ! C'est quoi cet ordre des couleurs !
Timbre des États-Unis pour le bicentenaire de la Révolution français (via Mystic Stamp).

Une fois dépassées les comparaisons avec d'autres conflits (pour lesquels les bonnes volontés de l'Union africaine et des puissances régionales s'épuisent comme celles des pays européens face à la guerre en Ukraine), le dernier « doigt du sage » en France est le débat absolument vital pour les Gazaouis, Palestiniens et Israéliens, la paix dans le monde, et le passage de nos âmes au Paradis :


Puisque le chef de l'État reconnaît un nouvel État,
les élus ont-ils le droit de pavoiser les hôtels de ville du drapeau dudit État ?
Voire de quel n'importe quel drapeau étranger ?


Entre symbole de solidarité et d'appel au public pour les uns, croyance qu'un bout de chiffon n'a aucune influence sur les événements pour d'autres, ou, au contraire pour certains, fantasme d'islamisation des esprits de montrer un drapeau étranger sur un bâtiment républicain...

En France, depuis le Onze-Septembre 2001, avons-nous dans les émotions des grandes tragédies trop abusé de slogans faciles et de mots-dièses au lieu de réflexions et d'actions concrètes pour aider immédiatement et assurer un mailleur avenir : « Nous sommes tous Américains » ne justifie pas l'invasion de l'Irak en 2003 ayant ouvert grand la porte à Daesh, le « Je suis Charlie » de la liberté d'expression en 2015 mais pas jusqu'à soutenir l'intolérance (non, Voltaire ne le croyait pas non plus),...

Et donc, au lieu de s'enquérir des civils victimes en 2003, pourquoi leur gouvernement n'était pas prêt, pourquoi des Gazouis ont célébré ; au lieu de cibler des meneurs-clés et des membres convaincus plutôt que frapper aux missiles en zone urbaine,... chamaillons-nous sur les drapeaux au fronton des mairies (Ukraine, Israël, Palestine, des Fiertés, de la région d'identité reprise de l'Ancien Régime, etc.).

Les mêmes commentent déjà le manque de francité des binationaux ou biculturels montrant des drapeaux étrangers dans les stades, les cortèges de mariage, les manifestations... Et toujours contre les mêmes pays partageant les couleurs panarabes.


De mon petit et insignifiant coin philatélique, je propose d'afficher ou projeter le portrait de Jacques Chirac (1932-2019) sur fond de drapeau palestinien, mis en timbre par la poste de l'Autorité palestinienne, émis en février 2025, dans le cadre de la série « Les Amis de la paix ».

Le vingt-deux octobre 1996, en imposant qu'il visite la vieille ville de Jérusalem, le président de la République française avait vertement rappelé à l'ordre les services de protection israélien qui empêchaient avec brusquerie les habitants palestiniens de pouvoir s'approcher. Déjà Netanyahou au pouvoir.


Tous les problèmes du monde sont anciens, les solutions idéales sûrement des fantasmes de jeunes écolo-gauchistes-woke - expressions rappelant l'accusation de « judéo-bolchévisme » d'antan.

Les solutions actuelles une relance de la barbarie humaine pour plusieurs décennies. Et je ne parle pas seulement de Gaza, du Soudan, de Goma, mais aussi du professionnalisme pantouflards je-retourne-ma-veste des politiciens jusqu'à ce que la sagesse ou l'inhumanité les touche, et donc des inégalités à toutes les échelles, et du changement climatique face à des capitalistes bourgeois aveuglés et aveuglants.



dimanche 1 décembre 2024

"With Gaza" : émission commune des postes arabes

 Découverte sur le réseau social X (moribond Twitter), plusieurs postes de pays arabes ont émis les vingt-huit et vingt-neuf novembre 2024, un timbre à l'illustration commune en soutien aux civils de Gaza, subissant depuis octobre 2023 une offensive anti-terroriste de l'armée israélienne devenue depuis une vengeance divine ? Un crime de masse ? Un nettoyage ethnique ? Un génocide ?

L'annonce de l'émission With Gaza par la poste de Jordanie.

Avec pessimisme de ma part : un nouvel épisode de la cruauté humaine accompagnée d'un nouveau moment d'aveuglement d'autrui. Les Occidentaux menacent sans action, ni effet de ne plus autoriser les exportations d'armes vers Israël ; l'Iran titille Israël par l'intermédiaire de ses groupes alliés paramilitaires à Gaza et au Liban, et son allié le dictateur syrien ; et les pays arabes alentours en sont à accueillir des discussions confidentielles et à émettre un timbre-poste.

L'annonce de l'émission With Gaza par la poste d'Algérie.

D'après la mention marginale en alphabet latin du timbre marocain, l'illustration commune est créée par Maran H. Al-Mazahreh.


L'annonce du timbre With Gaza par la poste du Maroc.

Une enfant, portant un keffieh blanc et noir, regarde, à travers un trou dans un mur d'immeuble bombardé, flotter le drapeau palestinien dans un ciel bleu, accompagné de trois colombes blanches.

Chaque élément est un symbole d'après le communiqué du Ministère de la poste et des télécommunications d'Algérie : de la souffrance vers la justice et l'histoire millénaire de la population de la Palestine.

L'annonce du timbre With Gaza par la poste du Qatar.

Le sujet étant diplomatiquement difficile, j'ai remarqué que le compte X de la poste du Qatar place le timbre à l'unité et en bloc en minuscule sur l'image d'illustration. De plus, contrairement aux autres émissions philatéliques, pas de photographies d'officiels en cérémonie premier jour pour ce timbre - diplomatie ou respect du deuil.

L'annonce du timbre With Gaza par la poste de la Tunisie.

Le vingt-neuf novembre est, depuis 1978 suite à un vote de l'Assemblée générale des Nations unies, la Journée internationale de la solidarité avec le peuple palestinien.

À l'écriture de cet article, le dimanche premier décembre vers dix-neuf heures de Paris, voici les pays que j'ai trouvés par moi-même (détails techniques via les vendeurs eBay ; * : différence avec la source suivante) :

- Algérie (communiqué de presse en anglais du Ministère de la poste et des télécommunications),

- Jordanie,

- Maroc,

- Qatar,

- Tunisie* (non citée par Richard Zimmermann ; feuille de vingt timbres).

Le blog Joint Stamp Issues de Richard Zimmermann, à la page des nouvelles de novembre 2024, signale une liste des pays (en anglais ; *différences entre les deux listes) :

- Algeria, 

- Egypt*, 

- Iraq* (dont la majorité gouvernementale est chiite actuellement), 

- Jordan, 

- Libya* (où le conflit civil se refroidit lentement, mais avec toujours deux entités face à face), 

- Morocco, 

Le feuillet With Gaza de la poste d'Oman.

- Oman (feuille de huit timbres et un bloc-feuillet), 

- Palestine* (ou ce que l'Autorité palestinienne parvient à tenir en Cisjordanie face aux colons israéliens),

- Qatar

- Syria* (voir ci-dessous).


Illustration du timbre With Gaza émis le sept octobre 2024 par la poste de la Syrie.

Ainsi que la poste de Syrie a émis deux timbre dès le sept octobre 2024... le jour anniversaire des massacres par le Hamas dans le sud-ouest d'Israël, provoquant la guerre qui s'ensuit depuis.

Avec la prise d'Alep ces derniers jours par les groupes rebelles et la fuite du président syrien à Moscou... il semble y avoir un retour de karma pour un des alliés du Hamas gazaoui.[1]

Sur eBay, le timbre ici illustré est vendu soixante dollars des États-Unis, plus cent les deux timbres sur enveloppe premier jour.


Note du huit décembre 2024 :

Karma tel que le président Bachar el-Assad a fui le pays et que son Premier Ministre organisait avec l'armée rebelle le transfert de pouvoir ce week-end des sept et huit décembre 2024.

dimanche 29 octobre 2023

Soutien philatélique à Gaza en Jordanie

 Ce vendredi vingt-sept octobre 2023, la Société philatélique et numismatique jordanienne tenait une vente aux enchères de bienfaisance : ses bénéfices contribueront au soutien de la population civile de Gaza, victime actuellement d'une violente opération militaire israélienne en représailles des barbares massacres de civils commis par les combattants du Hamas dans plusieurs localités d'Israël, le samedi sept octobre dernier.

Timbre de Jordanie de 1991, surchargé en soutien à la résilience de Gaza en octobre 2023 (page Facebook de la Société).

La vente était accompagnée par Jordan Post, l'opérateur public jordanien, qui a réémis avec surcharge deux timbres-poste et proposés une oblitération premier jour tricolore palestinienne au slogan "Gaza Resilience 2023".

Le timbre de 1991 illustrait la (première) intifada (soulèvement, résistance en arabe) de 1987 au début des années 1990, dont l'image médiatique fut des jeunes enfants et adolescents des Territoires occupés lançant des pierres vers les soldats et les chars de Tsahal, l'armée israélienne.

Si une colombe semble espérer la paix, la nécessité de la violence populaire pour l'obtenir et la carte d'une Palestine unie donne la direction espérée par le pouvoir jordanien de l'époque.

Timbre de Jordanie de 2003, surchargé en soutien à la résilience de Gaza en octobre 2023 (page Facebook de la Société).

Le second timbre de 2003 représente l'arc de triomphe dédié à l'empereur romain Hadrien, un vestige du site de Gérasa, à Jaresh, au nord de la Jordanie.

Pourquoi ce timbre ? Seulement mes suppositions : largement disponible en stock, le symbole du triomphe, le rappel de la tolérance jordanienne contre l'intolérance d'autres acteurs : Daech avait détruit nombre vestiges et statues à Palmyre, en Syrie. La première émission de Jordan Post de 2024 sera consacrée d'ailleurs à « la coexistence interconfessionnelle en Jordanie »...

... après de nombreuses images troublantes à Jérusalem (crachats de juifs orthodoxes sur des pèlerins chrétiens) et en Cisjordanie (de plus en plus fréquentes confiscations de propriétés palestiniennes par des citoyens israéliens), et les horreurs commises par le Hamas d'une part et aveuglément par les gouvernements de Benyamin Netanyahou d'autre part.

Il ne faut pas omettre dans ce geste l'hypothèse de la politique intérieure jordanienne : présence des réfugiés palestiniens et leurs descendants dans le pays, une opinion publique appelant à la remise en cause du traité de paix avec Israël de 1994 - alors que celui-ci garantit une quantité d'eau du Jourdain à la Jordanie -, etc.


Sources :
- page Facebook de la Société philatélique et numismatique jordanienne par ici,
- page de Jordan Post sur Facebook par là.
Sur Twitter, @mfgahtany, membre de la Société philatélique saoudienne, permet de suivre nouvelles émissions de timbres autant que les événements philatélique des pays arabes et d'Asie.

jeudi 7 mai 2020

Collectionner des passeports : retrouver l'histoire

Philatélie fiscale aujourd'hui.

Depuis quelques mois, je suis les publications d'un collectionneur de passeports et de documents officiels de voyage : Neil, alias "Our Passeports" @ourpussports sur Twitter et qui a aussi un site web.

Une collection difficile de mon point de vue puisque ces documents sont rendus à l'administration d'origine et détruits en cas de renouvellement, et qu'advient-il de ceux des personnes décédées ? Conservés tant qu'un descendant y attache une valeur sentimentale ?

Neil est spécialisé dans les documents et passeports liés à la Seconde Guerre mondiale, notamment émis par les pays de l'Axe (Allemagne nazie, Italie fasciste, Japon impérialiste), leurs alliés ou les territoires occupés.
Aristides de Sous Mendes, sujet d'un timbre Europa en 1995 au Portugal ;
la thématique des Justes parmi les nations permet de retrouver ces héros de l'administration.
Cela comprend les documents de circulation obtenus par des personnes juives soit pour fuir l'Europe, notamment les visas délivrés par de courageux consuls à contre-courant des consignes de leur gouverment, tels le portugais Aristides de Sousa Mendes à Bordeaux, le japonais Chiune Sugihara en Lituanie.

Mais, aussi des autorisations pour que ces juifs puissent débarquer dans un pays d'Amérique ou en Palestine sous mandat britannique. Cela permet de retrouver des parcours individuels pendant les années trente ou la guerre.

Les dates extrêmes des représentations diplomatiques de l'Axe à l'étranger apparaissent régulièrement : derniers documents nazis émis au Japon en avril-mai 1945 ou peu avant la « libération » d'un pays d'Europe de l'Est par l'Armée rouge.

Au détour des pages, des timbres fiscaux pour payer ces visas. À mes yeux, de beaux fiscaux à l'effigie de George VI sur les passeports de voyageurs à destination de la Palestine, mais tous les pays et leurs timbres finissent par se dévoiler au lecteur, y compris les traditions administratives asiatiques aux tampons fort différents.

Pourquoi en parler aujourd'hui ? Parce que Neil présente une couverture de passeport qui rejoint ce que savent les collectionneurs de timbres de l'entre-deux-guerres.
Couverture d'un passeport de la Ville libre de Danzig (années 1920-1939), collection @Ourpussports.

La Ville libre de Dantzig fut une entité politique indépendante de l'Allemagne et de la Pologne, entre les deux guerres mondiales, le temps pour la Société des nations de définir le souhait de sa population.

Entité autonome signifie qu'elle a émis ses propres passeports et ses propres timbres de 1920 à 1939 (les habitants pouvaient aussi utiliser des timbres polonais surchargés s'ils passaient par le bureau de poste polonais).

Par extension, cette collection peut se diriger vers une collection de documents d'origine administrative, tel celui-ci illustrant une réquisition de pommes de terres auprès d'un fermier polonais en 1942.

La version initiale de cet article est parue sur le site de l'Association philatélique montpelliéraine, le mercredi six mai 2020.



lundi 3 septembre 2018

Pour les amateurs de géopolitique

Au temps jadis - quelques années sur le web donc, j'avais trouvé un site de géopolitique qui, une fois l'an, recensait les variations des États : fixations concertées de frontières, changement de nom, déménagement de capitales, modification de la devise monétaire, du drapeau national, de la nature de la constitution, etc.

Des éléments qui peuvent intéresser un philatéliste spécialisé dans un pays ou amateur du « un timbre, un pays ».

En cette deuxième moitié d'été 2018, ces changements se bousculent au portillon. En voici deux définitifs et deux en projets très controversés.


Face à l'hyper-inflation, le gouvernement du Venezuela supprime encore des zéros pour que le bolivar fort de 2008 devienne le bolivar souverain le vingt août 2018, à valeur arrimé au petro, une crypto-monnaie lancée en février et liée au cours du pétrole... sûrement dans le but de se passer le plus possible du dollar des États-Unis. La mesure s'accompagne d'une augmentation importante du salaire minimum et d'essais de contrôle des prix.

Les lecteurs de la presse ont été marqué, pendant les derniers jours du bolivar fort, par les photographies du reporter Carlos Garcia Rawlins de l'agence Reuters plaçant un produit de consommation courante avec la montagne de billets nécessaires pour l'acheter.

Nous pouvons déjà prévoir quel monnaie sera offerte pour un euro au premier numéro d'un magazine sur les monnaies du monde : avec le dollar zimbabwéen, les bolivars.

Les timbres ont dû suivre : par émissions nouvelles ou surcharges, c'est à rechercher... Enfin, si les gens ont encore le loisir et les moyens d'envoyer du courrier.


Zimbabwe, le grenier de l'Afrique devenu pays de la pénurie agricole en hyperinflation à cause de la politique anti-blancs et de reconversion d'urbains noirs en paysans sans formation. Je me souviens des reportages où un fermier ayant été obligé de donner ses terres à ses compatriotes, finissait par venir leur apprendre à cultiver au moins de quoi subsister.

Bon, le nonagénaire Robert Mugabe a été contraint à la retraite mi-novembre 2017 et son successeur par intérim, Emmerson Mnangagwa, a été élu démocratiquement - après trente ans de mugabisme, la démocratie s'apprend lentement - le trente juillet dernier.

Particularité de cette démocrature qu'a remarqué l'auteur du blog Commonwealth Stamps Opinion : Robert Mugabe n'est jamais apparu sur un timbre de son pays !

Mieux... ou pire... son successeur est apparu sur quatre timbres le dix-huit juillet 2018.

...
Le message de la poste zimbabwéenne est clair : rassurez les investisseurs, les voisins africains et les puissances émergentes : Open for Business (via Commonwealth Stamps Opinion, quinze août 2018).

...

Élection le trente, timbres le dix-huit... Reprenons : démocratie : État de droit où le peuple exerce le pouvoir.

Donc un référendum posé à un peuple qu'on a maintenu dans l'ignorance n'est pas démocratique, mais comme le Royaume-Uni est encore membre de l'Union européenne pour quelques mois, nous n'irons pas plus loin sur ce sujet glissant. Ou alors, dans un autre article philatélique à venir.


Modifications de frontières à venir, mais comme elles sont soutenues par la diplomatie de l'Administration Trump, tout le monde hésite à savoir qu'en penser.

Depuis quelques temps, les gouvernements de Serbie et du Kosovo dialoguent prudemment sur une reconnaissance de quelque chose, afin principalement de pouvoir se rapprocher chacun de son côté du Marché unique européen qui les entoure.

Une des idées pour reconnaître l'indépendance du Kosovo pourrait être d'échanger des territoires pour dépasser les limites administratives de l'époque yougoslave afin que la majorité serbe du nord du Kosovo et la majorité albanaise de l'extrême-sud-est de la Serbie rejoignent un État-nation qui conviendrait mieux à leur population.

Plusieurs gouvernements européens et les États-Unis soutiennent ce qui semble pouvoir faciliter la résolution des différends entre les deux entités, mais les journalistes du Guardian aujourd'hui, lundi trois septembre, signalent toutes les difficultés qui heurtent les nationalistes des deux bords et certains gouvernements européens.

Allons-nous revivre, en Europe centrale et orientale, la période des nationalismes de la fin du dix-neuvième siècle à la résolution de la Première Guerre mondiale où des découpages ont eu lieu selon les nationalités des majorités,... dans des pays non concernés par le conflit Serbie-Kosovo ? Avec force preuves des cartes uniformément colorées ne tenant pas compte des mixités locales.

Des timbres kosovars en territoires anciennement serbes, il faudra attendre. Des discours malheureux de certains chefs d'État de l'Union européenne, c'est fort possible.


Autre résolution d'avenir soutenue par Washington : une confédération Palestine-Jordanie est expliquée par Courrier international aujourd'hui à partir d'une revue de la presse israélienne et états-unienne.

Après tout, le plan de partage de la Palestine mandataire entre un « État juif » et un « État arabe », proposé par l'Organisation des nations unies en 1948, n'est plus d'actualité depuis très longtemps. L'espoir de ma génération lors des accords d'Oslo... passons. Le mitage et l'emmurage de la Cisjordanie entretenant la radicalisation de jeunes désespérés, ce qui effraie encore plus les Israéliens et justifient encore plus d'enfermement et de violence militaire... L'histoire peut être cyclique.

Et le courrier !

En août, Israël a bien voulu remettre à la poste palestinienne dix tonnes, huit ans de lettres et de colis destinés aux habitants de Cisjordanie !!!

Il semblerait que ce soit la partie que les postes arabes transmettent via la Jordanie, et que le courrier transmis directement via Israël arrive plus vite. Soupir.

Je n'ose imaginer comment le Département d'État états-unien, le gouvernement israélien, voire, Dieu nous en préserve, le Président des États-Unis lui-même, ont abouti à l'idée d'une confédération Palestine-Jordanie.

D'abord : qu'en pensent les deux États concernés ? La Palestine se contentera-t-elle d'un statut qui nie une indépendance complète ? Quelles répercussions sur les Palestiniens, réfugiés ou intégrés en Jordanie ? Quel statut des territoires des colonies israéliennes ou isolées par le mur de sécurité au sein de cette confédération : en feront-ils partie ?

Pire : la proposition est-elle faite pour forcer les dirigeants palestiniens à la refuser afin d'envenimer la situation à leurs dépens ?

Concernant les très hypothétiques timbres d'une nouvelle confédération, le complexe exemple de la Bosnie-Herzégovine montre que ça peut ne pas arriver.


Paix aux hommes de bonne volonté... Dommage que ces hommes et femmes volontaires ne soient pas au pouvoir.

L'oubli de la veille corrigé le lendemain, mardi quatre septembre 2018 :
Et, évidemment, le Roi Mswati III a annoncé que le Swaziland serait désormais appelé en langue szawi : eSwatini à l'occasion du cinquantenaire de son indépendance.

Si l'annonce a eu lieu en avril 2018, les premiers timbres portant ce nom ont été émis vendredi trente-et-un août dernier, l'anniversaire de l'indépendance étant le jeudi six septembre. Je vous laisse cliquer sur le lien ci-dessus vers les illustrations trouvées par le très-attentif Commonwealth Stamps Opinion.

Compléments du mardi onze septembre 2018 :
Au Kosovo, lundi dix septembre, le président de Serbie a visité la commune à majorité serbe Mitrovica, avec un poil de pression de l'Union européenne sur le gouvernement kosovar. Les deux présidents concernés avaient refusé de se rencontrer ; des vétérans de l'Armée de libération du Kosovo ont empêché son passage du côté albanais de la ville ; et l'idée d'un échange de territoires est enterrée mais les négociations marquent une pause.

Balkans et ex-Yougoslavie toujours : le dimanche trente septembre, les citoyens macédoniens se prononceront par référendum sur le changement international et intérieur du nom de leur pays. Afin de clore la querelle culturelle avec la Grèce et lever le veto de cette dernière à l'adhésion macédonienne à l'Union européenne et à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, l'actuel gouvernement a accepté le nom de « Macédoine du Nord ».

Un reportage du Guardian d'hier, dix septembre, développe l'impression des différents partis politiques macédoniens sur l'aspect diminutif de l'ajout, que la question annonce bien que le changement de nom permettra l'adhésion aux deux organisations occidentales, et la veille occidentale sur le fait que les politiques et médias russes s'intéressent brusquement à la Macédoine...

Si le référendum se conclut par un oui et que le Parlement grec ratifie l'accord, les timbres macédoniens devraient voir le nom de pays modifié. Et le point principal du conflit résolu : les deux pays reconnaissant désormais que le nom « Macédoine » fait référence à deux histoires différentes et non concurrentes, une antique hellénique et l'autre moderne slave.

jeudi 14 juillet 2016

Paris-Philex (7) : la philatélie, une histoire des empires et de la mondialisation ?

Les deux, mon commandant !

Une passion issue du dix-neuvième siècle européen.
Le collectionneur, le philatéliste, l'historien postal ou le curieux du contexte de tout cela lira avec attention le numéro d'été du mensuel français L'Histoire - dont le site web a changé d'adresse, intitulé XIXe siècle. Le monde est à nous ! La mondialisation à l'européenne.
Couverture du numéro été 2016 de L'Histoire en vente en kiosque jusque fin août (site de L'Histoire).
Le lecteur notera toutes les images d'Européens inventifs et ingénieux, pionniers même, et d'indigènes de tous les autres continents travaillant au profit exclusif des entreprises et des États européens et des colonies de peuplement établis par l'une des plus grandes dispersions de migrants de l'histoire humaine. Plus de cinquante millions vers les Amériques... Ça relativise bien des circulations récentes.

Le philatéliste fiscal notera un timbre fiscal états-unien sur une action de 1864 de la Keystone Zinc Company de Philadelphie, page cent quatorze dans un article sur « Comment la City [londonienne] a propulsé New York »... Les débuts de la mondialisation financière.

Pour ceux qui aiment remettre en cause leurs préjugés sur les personnages historiques ou les grands actes humains, ce même numéro interroge Louis XIV et sa puissance : son règne fut-il celui où le roi absolu contrôla la noblesse ? Ou obligé de veiller constamment sur les finances du royaume et sur une noblesse frondeuse à Versailles, par les arts et les (nombreuses) guerres, fut-ce celle-ci qui contrôla le devenir de la France, le roi ne faisant que suivre ?

Le numéro des Collections de L'Histoire de l'été est aussi décapant : la famille depuis les mythes bibliques jusqu'à nos jours, de la gestation pour autrui à Rome à l'hypothèse que la filiation constitue davantage les familles que le mariage.

Quel rapport entre cette lecture impériale et mondialisée du monde et Paris-Philex ?

L'histoire postale de la conquête européenne du monde : le cas aérien de l'Afrique.
Arrivé à ce septième article sur le championnat de France de philatélie de 2016, il reste encore à aborder l'aérophilatélie et plusieurs collections montrant les liaisons postales internationales tous azimuts au cours de la première moitié du vingtième siècle, quant les puissances coloniales croyaient en leur apogée durable.

Deux compétiteurs illustrent magnifiquement cela à travers l'établissement des compagnies aériennes à travers le continent africain : René Maréchal avec l'Imperial Airways vers l'Afrique du Sud (1925-1937) et Daniel Blanquerin avec Air Afrique vers Madagascar (1925-1939).
Les premières pages des collections de M. Maréchal (gauche) et de M. Blanquerin (droite) à Paris-Philex 2016.
La confrontation de leur première page respective permet de constater la diversité des approches et des présentations... La carte de M. Blanquerin permet de constater que le continent africain est maillé par les liaisons aériennes mises en place pendant l'entre-deux-guerres, mais aussi la concurrence entre les compagnies.

L'Imperial Airways, britannique, oblique fortement vers le sud-est de l'Europe pour connecter toutes les colonies britanniques depuis l'Égypte sous influence jusqu'au Dominion sud-africain. Air Afrique ou Transafricaine en 1928, après fusion de plusieurs lignes, établit un pont entre les colonies françaises d'Afrique et Madagascar.

Deux textes d'introduction et un plan qui suit une logique d'établissement progressif des lignes, chronologiquement plus marqué chez Blanquerin, plus géographique pour Maréchal. Bonus pour le premier : une bibliographie [présenter une bibliographie par contre...].

Au bilan des juges : quel empire bénéficiait des meilleures liaisons aériennes impériales ? Aucune idée. Grand vermeil pour la collection Air Afrique et deux points devant et prenant quatre points en quatre ans, médaille d'or et meilleure collection d'aérphilatélie pour Imperial Airways.

Pourquoi pas de photographies d'enveloppes ? J'en ai pas... Un peu fatigué en fin de parcours. Pourquoi placer l'aérophilatélie si loin dans l'exposition, après polaire et ouverte, et pas aux côtés de l'histoire postale ?

Une conquête créant des connections mondialisées alors surprenantes.
Pour l'histoire postale, économique et sociale, l'impérialisme des puissances européennes, le profitisme des grandes compagnies occidentales selon la grille de lecture ou la dispersion de migrants européens connectent des territoires aussi inattendus que les exemples que je vais piocher dans quelques collections.
Enveloppe oblitérée à Jérusalem, mandat britannique de Palestine, le vingt-neuf juillet 1940 pour Hanoï en Indochine française (collection Christian Abravanel, Paris-Philex 2016).
Un courrier entre une banque de France métropole et la Banque de l'Indochine à Hanoï, logique. Sûrement moins fréquent mais envisageable avec une banque d'une autre colonie française.

Mais, entre une banque de Jérusalem et celle de l'Indochine ?! Cette enveloppe est présentée par Christian Abravanel, webmestre du site du Cercle français philatélique d'Israël, dans Les échanges postaux entre civils en provenance et à destination de la Palestine entre 1938 et 1945, sur laquelle je reviendrai dans le prochain article sur Paris-Philex.

Sous l'enveloppe, il propose un planisphère des principales voies aériennes et maritimes intercontinentales encore disponibles à ce moment de la guerre où le Royaume-Uni est seul face à l'Axe.
Lettre de Kerguelen vers Le Havre, acheminée à Point Natal par un navire ravitailleur norvégien en mars 1912 (collection Alexis Cottineau, Paris-Philex 2016).
Changement de climat et d'époque : dans une collection d'« oblitérations maritimes sur Semeuse (1903-1941) », Alexis Cottineau de l'Amicale philatélique Nostradamus de Salon-en-Provence atteint les recoins du monde de 1912 avec cette enveloppe partie de Kerguelen, acheminée par un navire ravitailleur d'un compagnie baleinière (colonisation, mondialisation et environnement) vers l'Afrique du Sud pour une remise dans les circuits postaux maritimes. En trois semaines, elle est arrivée à destination au Havre.

Mais un « monde européen » éphémère voire pas conformes aux préjugés coloniaux.
En se plaçant dans l'entre-deux-guerres, la majorité des collections se situe déjà à la fin de ces empires coloniaux : à entendre clamer qu'ils sont envahis pour être « civilisés », des indigènes qui ont suivi le chemin de la « civilisation » réclament les droits qui vont avec les nombreux devoirs qu'ils leur ont été imposés, non sans violence.
Lettre portant une Marianne de Decaris illégalement surchargée « Algérie française 23 avril 1961 » (collection Égon Habé, Paris-Philex 2016).
Bien évidemment, la collection grand vermeil de l'Alsacien Égon Habé illustre ce thème de la fin des empires avec, en philatélie moderne, « la Marianne de Decaris surchargée EA » par les autorités algériennes indépendantes entre juillet 1962 et janvier 1963.

En amont, il présente des surcharges des partisans de l'« Algérie française » (mais était-il pour l'application de toutes les valeurs de la République à toute la population ?) dans le contexte du Putsch des généraux d'avril 1961 ou des actions de l'Organisation de l'armée secrète à destination des élus de métropole.

Comment les empires coloniaux ont-ils pu finir si mal ? Exploitation contre « civilisation », racisme contre valeurs, etc. Sûrement aussi préjugés et complexe de supériorité face aux cultures indigènes jugées si pittoresques... Soupir.
Lettre de Rhodes italienne pour Téhéran en mai 1933 (collection René Maréchal, Paris-Philex 2016).
Merci à René Maréchal de fournir un formidable document de la diversité humaine, dans la seconde collection qu'il présentait, « La poste aérienne en mer Égée (1929-1947) ». Pourquoi cette zone si précise ? Elle est une escale possible sur la route entre l'Europe et le Proche-Orient - un autre courrier montre les liaisons aériennes entre pays baltes et Pologne d'une part, et la Palestine d'autre part via la mer Égée.

Ensuite, car Rhodes et les autres îles du Dodécanèse sont sous contrôle italien, alors que Mussolini veut faire de l'Italie une grande puissance, ce qui passe par l'aviation sur le modèle impérial britannique et français (voir plus haut).

Maintenant, suivons grâce à M. Maréchal cette enveloppe dont le verso timbré était présenté au visiteur de Paris-Philex et le scan du recto en-dessous. Elle est expédiée de Rhodes par un dénommé Albert Israel le onze mai 1933. Elle est déposée le lendemain à Athènes (oblitération à gauche des timbres) par Aero Espresso Italiana. Quatre jours après, Imperial Airways l'emporte d'escale en escale jusqu'à Bagdad (oblitération à droite des timbres). Là, c'est une compagnie allemande, Junkers Luftverkehr Persien, l'amène à Téhéran le vingt-et-un.

Adresse transcrite en farsi et lettre parvenue à David Israël à l'École Alliance israélite universelle, institution internationale créée en France en 1860 - fondation commémorée en France par un timbre en 2010. Le courrier passe donc, d'entreprises concurrentes en entreprises, et dont les pays d'origine sont difficilement amis selon les paires constituées ; pour permettre la correspondance entre deux personnes de confession juive, dont une vivait dans un pays à majorité chiite qui, même devenu République islamique en 1979, assure une représentation politique minimale même si avec suspicion.

L'article de Wikipédia signale comment l'Alliance israélite universelle ouvrit des écoles avec le soutien des autorités perses au tournant du vingtième siècle et qui connurent une certaine popularité auprès des élites musulmanes... Peut-être car elles furent davantage françaises au départ qu'israélites et persanes par la suite ?

Une diversité postale pour une histoire de rencontres humaines variées, au-delà des intérêts géopolitiques ou commerciaux. Très beau souvenir qu'est cette enveloppe dans une collection grand vermeil et prix spécial du jury qui rejoint le long palmarès aérophilatélique de M. Maréchal depuis 1995.

À suivre...
Encore un article sur les collections de Paris-Philex : comment la Seconde Guerre mondiale inspire les collectionneurs.

samedi 19 mars 2016

Exposition au congrès régional à Montpellier

Aujourd'hui, samedi dix-neuf, et demain dimanche vingt mars 2016, l'Association philatélique montpelliéraine accueille le congrès du Groupement philatélique Languedoc-Roussillon dans la salle Jules Pagézy, sous l'ancien hôtel de ville de Montpellier sur le côté du centre commercial Polygone.

Dimanche, il y aura sûrement bien plus de monde que cet après-midi entre quinze et seize heures puisque le congrès aura lieu en présence de Claude Désarménien, le président de la ΦΦ@Π. Deux à trois personnes devant chacun des quatre stands de marchands de timbres, trois-quatre parmi les panneaux de l'exposition.

Après les quatre-vingt-dix ans de l'Association philatélique montpelliéraine en mai 2015 et la fête du timbre en octobre, plusieurs collections en compétition départementale ou régionale ont déjà été vues, même si mon manque de mémoire photographique et l'aspect éphémère d'une collection comparée à un livre à mes yeux m'empêchent de savoir si elles ont évolué d'un championnat à un autre.

Passons donc directement à celles qui m'ont attirées pour la première fois, tout en évitant soigneusement les thématiques, cartes postales anciennes et la croix-rouge, dont l'association thématique était l'invitée du salon.

Réalisée par J. Paraseit de l'Association philatélique et numismatique biterroise, une collection des tarifs postaux CFA du Département de la Réunion permet de revoir sa philatélie métropolitaine surchargée en franc des Colonies françaises d'Afrique de 1945 à 1975. Ainsi que quelques courriers à l'oblitération « convoyeur » de l'ambulant sur la seule ligne de chemin de fer de l'île, fermée en 1976.

Toujours de Béziers, en compétition départementale, la collection de J. Ara Somohano touche de nombreuses situations postales et humaines avec « L'exil des républicains espagnols en France » : vignette de propagande sur courrier, lettres adressées vers les camps ouverts par les autorités françaises, affranchies sous la République comme sous l'État français, ou encore envoyée de l'Espagne soumise par le franquisme.

En cour d'honneur, c'est un invité du Groupement régional Midi-Pyrénées, Henri Taparel, qui propose une étude des tarifs postaux en Russie pendant la période de la guerre civile russe de 1917 à 1923, ponctuée de textes détaillés sur les causes et la fonction des changements postaux. Président de l'Association philatélique gaillacoise, le spécialiste de la Russie propose un site sur ce pays et l'Union soviétique avec force textes et exemples de pièces. Une étude qui permet d'ajouter une pièce au puzzle de l'Europe orientale à la fin de la Grande Guerre que deux articles de février 2016 m'avaient permis de lancer. En effet, Edward Klempka signalait que les autorités ukrainiennes avaient surchargé leurs timbres impériaux pour empêcher l'afflux de timbres depuis une Russie en hyperinflation : en quoi ces flux sont-ils liés à la décision russe de multiplier par cent la valeur des timbres en kopeks faute de stocks face à l'inflation ?

Pour les collections précédemment vues en 2015, celle de Claude Pesche sur la poste à Jérusalem jusqu'en 1948 révèle décidément que le modèle « un pays / une poste / un timbre » est une vision très franco-jacobine du monde. Combien de « pays philatéliques » pour le territoire de Jérusalem ou la Palestine ? Entre la puissance historique ottomane, les postes - privées dans ce contexte des États d'Europe, les occupations militaires et mandataires de 1917 à nos jours, les émissions des indépendantistes sionistes des années 1940 auxquelles font écho l'indépendance progressive d'un État palestinien,... voire les timbres surchargés ou oblitérations des forces sous mandat des Nations unies... et si on élargit aux secteurs d'intervention de l'armée israélienne pendant les guerres avec ses voisins...

En voilà une que je dois revoir, avec les tarifs postaux russes, ou sinon me plonger dans les ressources livresques.

dimanche 6 septembre 2015

Réfugiés et philatélie : entre humeur et thématique

En ces temps troublés, qui peuvent évoquer à certains les années trente, de l'autre côté de la mer Méditerranée, des régimes autocratiques du Moyen-Orient à l'Érythrée oppressent les peuples qu'ils sont censés protéger, des aspirants au génocide se moquent autant des frontières d'inspiration occidentale que de la dignité humaine, féminine et religieuse, un membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord paraît jouer double jeu dès que la question kurde apparaît.
Le timbre de la poste algérienne pour la Journée mondiale des réfugiés, émis en juin 2015 : certains n'y voient qu'une nouvelle gaffe plagiaire d'un opérateur incompétente quant le mélange de photographies de l'Espagne des années 1930 et des Libyens des années 2010 rappellent - involontairement ? - la permanence des problèmes d'un vingtième siècle qui n'en finit plus... (site d'Algérie Poste).
De ce côté-ci, les années trente paraissent inspirer autant une masse d'indifférence, entre de généreux citoyens d'un côté et des sérieusement fascisants de l'autre lorsque, après quatre ans et demi, des milliers de Syriens renoncent à survivre dans la pire des guerres civiles, celle qui divise une nation en trois parties opposées pendant que la communauté internationale tourne en rond incapable de choisir quel camp ou duo de camps aider, coincée entre droit international des Nations unies, jeu des puissances grandes et moyennes dans une recréation meurtrière de la guerre civile espagnole depuis les volontaires exaltés jusqu'aux voisins participant.

Points auxquels, depuis plusieurs mois, d'après la direction occidentale prise par les réfugiés, il faut rajouter les interrogations des membres de l'Union européenne sur leurs valeurs supposées communes et un espace de circulation commun quand ça arrange.
Larry Wilmore, du Nightly Show de la chaîne Comedy Central, sur comment Jed Bush tente de faire oublier les aventures militaires de son frère (page Facebook de l'émission, cinq septembre 2015).
Finissons aux États-Unis cette liste à la Prévert, avec un candidat floridien à la primaire républicaine qui, en traduisant l'humoriste Larry Wilmore, admet qu'il aurait fait la même chose, entre Afghanistan et Irak, que son frère quand celui-ci « démoula un gros bronze bien puant, sans tirer la chasse d'eau, tout en cassant la cuvette » tout en reprochant maintenant à celle qui eut à en gérer les conséquences d'avoir effacé des mails.

Soyons tristement optimiste : après des flux de réfugiés, les guerres du Vietnam, de Yougoslavie et du Rwanda ont bien fini par être stoppées entre efforts des bonnes volontés locales là-bas et ici, et coups de poing plus ou moins tardifs et inspirés des puissances occidentales - avec ou sans l'aide des deux puissances orientales.



Revenons aux timbres et courriers sur le thème des réfugiés.



Évidemment, tous les timbres sur le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés et marquant ses manifestations de prise de conscience peuvent s'accumuler depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, tout comme ceux célébrant les organisations non gouvernementales qui apportent aide et soin d'urgence, tels Médecins sans frontières ou la Croix-Rouge française.
Au lieu des Trésors de la philatélie à forte valeur faciales, voilà un des timbres à réemettre pour la lettre de moins de vingt grammes (Phil-Ouest.com). Si vous préférez la chanson : Goldman peut être utile de nos jours.
Les États d'Europe ont émis des timbres sur ce thème, avec surtaxe de bienfaisance, avant. Phil-Ouest.com permet de retrouver ceux de France : l'aide aux réfugiés de 1936 au timbre d'usage courant surchargé en novembre 1939 pour permettre aux réfugiés espagnols d'écrire en franchise postale.

Une philatélie thématique vaste qui peut animer des citoyens, comme au sein de l'association normande Philapaix. C'est bien peu comme geste, mais c'est déjà bien plus sur un chemin menant de Damas à la sécurité où des familles ont affronté les dangers des mers, l'hermétisme des frontières, le tunnel sous la Manche, et depuis cette semaine, les terminus des gares et les autoroutes parcourus à pied.

Sûrement, on y ajoutera l'ensemble des timbres émis pour soutenir les réfugiés et la cause palestinienne dans de nombreux pays à majorité musulmane, même si ces soutiens gouvernementaux seraient à questionner par les historiens pour leur efficacité relative, voire leur hypocrisie : combien de Palestiniens sont maintenus dans le statut de réfugié, sans droit à l'intégration, par les États qui les ont accueillis, dans l'idée qu'ils retourneront en Palestine ? Jetez un œil à la page aide d'Atout timbres du quinze juillet 2015 décrivant la litanie de ces timbres obligatoires dans l'Irak de Saddam Hussein.

Probablement, comme le thème discret des bureaux de poste de l'apartheid sud-africain, peut-on retrouver dans les oblitérations et le contenu de lettres et de cartes postales quelques courriers postés par des réfugiés depuis leurs camps ou la ville voisine soit dans l'urgence de donner quelques nouvelles rassurantes ou dès qu'il est possible de se poser ?

Et ce, depuis le génocide arménien ? Avant ? Et les courriers des prisonniers des camps nazis ?
Après que le régime de Salazar a conduit la famille Sousa Mendes à la ruine ou à l'exil d'une partie de ses enfants, la République du Portugal a pu honorer la mémoire du consul de Bordeaux en 1995 : malgré les ordres, il avait accordé un visa permettant la traversée de l'Espagne vers le Portugal à tous ceux qui en demandaient, signant tous les bouts de papier possibles, même dans sa voiture le long des files de réfugiés jusqu'à la frontière.
Les justes ne manquent pas non plus, même si la thématique sera d'abord centrée sur les consuls ayant œuvré dans l'Europe sous menace nazie - les liens mènent au timbre qui les honore : le diplomate suédois et martyr du stalinisme Raoul WallenbergGilberto Bosques consul mexicain à Marseille, Aristides de Sousa Mendes consul portugais à Bordeaux ou, disparu le premier juillet dernier et qu'une pétition va permettre la timbrification dès 2016, le Britannique Nicholas Winton. Et je dois en oublier...

Le sujet est bien sérieux philatéliquement au point d'avoir inspiré un article de la Revue européenne des migrations internationales, en 1996, rédigé par le chercheur documentaliste Gilles Dubus... et librement consultable sur le site de l'éditeur Persée (ou sur la future version de son site).

Quant à la peur de « l'invasion », du « grand remplacement » ou du « dégât des eaux » - la dernière citation provenant du champion des collectionneurs français de timbres <sigh>-, Indochinois installés en France suite à l'instauration de pouvoirs communistes, Yougoslaves arrivés dans les années 1990 posent-ils problèmes d'intégration ? Pas de ce que je peux témoigner dans mon ancienne vie en Île-de-France. Va-t-on renvoyer le chanteur Corneille au Rwanda ? S'interroger si Stromae est une fuite incommodante dans la maison Europe ? Si grande maison européenne que ses habitants peuvent oublier qu'elle a largement « débordé », à cause d'une démographie incontrôlée, sur tous les continents entre la fin du dix-neuvième et le début du vingtième siècle ?

Retournons au village de Cacao, en Guyane française à travers les articles de ce blog des trente-et-un juillet et vingt-six décembre 2009 puisqu'on y trouve un bureau de poste. Y vivent, depuis les années 1970 et leur fuite des persécutions liées à une division sociale de bases raciste, coloniale, frigobelliqueuse, des Hmongs, ce qui a permis de faire revivre un hameau potager : une petite communauté permettant d'aider à l'autosuffisance du département d'outre-mer français. Et là continue la vie entre traditions asiatiques, vie dans la forêt guyanaise et valeurs de la République, comme le montrent les activités des élèves de l'école primaire Les Citronniers qui proposent même le cd-rom de présentation de Cacao, expédié par La Poste.

samedi 2 mai 2015

90 ans de l'Association philatélique montpelliéraine

Aujourd'hui, samedi deux, et demain dimanche trois mai 2015, l'Association philatélique montpelliéraine célèbre son quatre-vingt-dixième anniversaire par une exposition dans la salle Jules Pagézy, dans l'ancien hôtel de ville de Montpellier, situé sur le côté septentrional du centre commercial Polygone.
Habituel pour les animations en ville, l'APM a pu placer une banderole à l'entrée de l'Esplanade Charles-de-Gaulle. À partir de là, entre la place de la Comédie vers la salle Pagézy, des flèches en carton fluorescent dirigent les curieux (licence Creative Commons by-nc-sa 3.0).
Marchands :
J'y suis allé entre onze heures et demi et un peu avant treize heures, d'une grosse poignée de visiteurs au moment des discours donc au grand vide de la pause déjeûner. Néanmoins, l'inauguration eut droit à la présence du maire de Montpellier, généreux préteur de salle, et du sénateur de l'Hérault et maire de Castelnau-le-Lez dont la commune accueille une association philatélique dont la Bourse multicollections aura lieu le dimanche sept juin 2015.

Pendant discours et verre de l'amitié, je restai le nez dans les enveloppes britanniques du négociant Studio philatélique, descendu du sommet ombragé de l'Écusson, puis des classeurs de timbres à petits prix de ses voisins - principalement à la recherche de Royaume-Uni et Commonwealth au temps de George VI.

La partie négociant s'est achevée avec cinq euros donnés pour trois pièces andorranes, cinq, dix et vingt centimes d'usage encore brillantes. Il restait encore un autre spécialiste des choses classiques de France (timbres, enveloppes et cartes postales). Certes, ce n'est pas la foule, mais il y avait toujours un ou deux collectionneurs pour occuper chaque marchand.

Un représentant de l'Association philatélique du Paix d'Aix était présent avec deux publications : l'œuvre collective 4 Siècles d'histoire de la poste à Aix (vingt euros) et Lettres des internés du camp des Mille (trente euros) ; chacun dispose de son bon de commande sur le site de l'A.P.P.N.

Collections exposées :
Malgré une épiphanie récente, les collections ont eu du mal à accrocher mon attention, soit par leur thématique, soit par leur présentation aride. Deux exceptions.

Vous trouverez votre bonheur entre : une reprise des souvenirs montpelliérains des Journées/Fêtes du timbre à travers les années, des dinosaures, la vie quotidienne en Éthiopie.

Avec plus de philatélie, les preuves postales des actions des Croix-Rouges (première exception pour certains documents), les usages à l'étranger du cinq centimes au type Blanc, l'une des premières séries de timbres d'Éthiopie, la Sabine de Gandon, pré-philatélie dans les départements conquis pendant la Révolution et l'Empire, et quelques monographies communales héraultaises (Pézenas, Ganges), et j'en oublie.

Je fus tout de même accroché par les plis présentant l'histoire postale de Jérusalem depuis l'Empire ottoman jusqu'à la fin de la première guerre arabo-israélienne de 1948. En effet, comment les autorités en présence, ont-elles géré le changement géopolitique que fut le partage avorté du mandat britannique de Palestine ?

J'ai oublié de noter la bibliographie utilisée par Claude Pesche. Sûrement que les travaux de Raphaël Livnat ou de Ernst Fluri aident à retrouver les actes postaux des Britanniques, des groupes sionistes, de l'ambassadeur de France et de la Jordanie. Mais cela ne fait pas le rassemblement des pièces exposées ce week-end.

L'association :
Enfin - ou pour commencer selon comment vous aborder la visite à l'entrée, la table de l'Association philatélique montpelliéraine où sont proposés les anciens souvenirs locaux et fédéraux - sourires ravis du trésorier de la φφAP.

J'ai préféré le bulletin spécial, daté mai 2015 (cinq euros), de l'association comprenant un historique et plusieurs études philatéliques françaises, régionales, éthiopienne et de la surcharge « EA » de la fin de l'Algérie française.

En souhaitant à l'association et ses membres, un nombre de visiteurs suffisants cet après-midi ensoleillé et demain dimanche.

Pour finir, en plus du site de l'A.P.M. déjà inclus ci-dessus, voir aussi celui du Groupement philatélique Languedoc-Roussillon pour l'actualité des associations fédéralisées.