Affichage des articles dont le libellé est Liverpool. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Liverpool. Afficher tous les articles

mercredi 15 octobre 2025

Classe ouverte exposée sur réfrigérateur

 Suite à un post sur le réseau social Bluesky d'un cartographe sur ses magnets quasi-sculptures de destinations de voyage, ce mercredi quinze octobre 2025, voici la porte de mon réfrigérateur, le deuxième à voir se superposer souvenirs de mes voyages en France et à l'étranger.

Le réfrigérateur du blogueur (tous droits réservés).

Cartes postales marquantes : reproduction de dessins des amoureux de Peynet trouvés au musée d'Antibes, photographies ou montage artistique de paysages de la descente vers le Vieux Port de Marseille aux monuments de Liverpool et Chester, et le pic Saint-Loup au nord de Montpellier.

Les magnets permettent de faire tenir le tout, avec l'aide de ceux offerts par Médecins sans frontières et de représentations amusées de deux membres du groupe ukrainien Kalush Orchestra, et certains ont été présentés sur ce blog : armoiries de Cologne et Liverpool, singe de Gibraltar postant une lettre, carte touristique de Jeju, reproduction de sceaux anciens de Montpellier ou d'une tuile d'avant-toit du royaume coréen de Silla (par ici aussi), datée du septième siècle avant Jésus Christ.

D'autres ornent les montants de porte de la chambre à coucher, en signe de bons augures pour la journée - non, je ne vérifie pas de quel pied je me lève : 

Le palier du jour du blogueur (tous droits réservés).

Paysages des saisons fraîches depuis la forêt au pied de la tour nord de Séoul, la Vue de village de Frédéric Bazille, le message patriote britannique "Keep Calm and Carry On", et un très beau magnet métallique à l'oiseau emblématique de Liverpool, le Liver bird.


Oui, la plupart ne pourront pas se placer sous les lourdes vitres des traditionnels panneaux d'exposition philatéliques.... d'où leur exposition sur meubles et infrastructures métalliques du domicile.

jeudi 1 mai 2025

80 ans de la Victoire par la bravoure britannique

 Ce jeudi premier mai 2025[1], Royal Mail, l'opérateur postal et philatélique historique mais privatisé britannique, émet une série de timbres-poste pour les quatre-vingts ans de la Victoire contre l'Allemagne nazie, signée à Berlin le huit mai 1945.

Les dix timbres principaux de l'émission (boutique web de Royal Mail).

Cette année, le thème est "Valour and Victory" : Bravoure voire Vaillance et Victoire.

Sont honorés onze Britanniques et sujets de l'Empire colonial britannique ayant participé par une diversité d'activités, pour certaines et certains au-delà du militaire offensif ou défensif, à la résilience britannique isolée après l'armistice entre la France du Président du Conseil Pétain avec l'Allemagne hitlérienne, et l'isolationnisme traditionnel des États-Unis sur ce qui pouvait se passer en Europe - voire l'admiration de certains racistes pour le fascisme et le nazisme.

Les dix timbres principaux sont vendus soit en deux rangées de cinq, soit par feuille de vingt-cinq ou cinquante (cinq ou dix fois la bande concernée), mais les marges de ces feuilles ne sont pas illustrées comme la française Philaposte a pris l'habitude ces dernières années.

Sont présentés en portrait photographique avec en arrière-plan le cadre de leurs activités :

- George Arthur Roberts (1891-1970), natif de Trinitad, volontaire et vétéran de la Première Guerre mondiale, pompier londonien pendant le Blitz.

- Mary Morris (1921-1997), native d'Irlande, infirmière militaire, elle soigna notamment les soldats de l'évacuation de Dunkerque, puis d'un des hôpitaux mobiles du débarquement en Normandie. Elle suit les troupes en Belgique et jusqu'à l'invasion de l'Allemagne.

- Tommy Macpherson (1920-2014), natif d'Écosse, capturé en Libye pendant une reconnaissance pour l'opération Flipper en 1941, il ne cesse les tentatives d'évasion en Italie, en Autriche et même d'un stalag en Pologne d'où il rejoint la Suède puis l'Écosse en 1943. En juin 1944, il est parachuté à Aurillac au sein d'un commando avec deux autres hommes pour guérilla et sabotage en soutien à la Résistance française et au débarquement en Normandie. Avec succès, puisque son autorité convint même les officiers généraux allemands du sud de la France de se rendre à lui à la fin de l'été 1944. Ses dernières opérations ont lieu en Italie du Nord.

Le timbre Violette Szabó avec en arrière-plan sa fausse carte d'identité française, timbre fiscal inclus (boutique web de Royal Mail).

- Violette Szabó (1921-1945), Anglaise née en France, elle travaille comme vendeur textile d'un grand magasin de Brixton, mais est une experte du tir de chasse grâce à son père. En 1940, elle épouse Étienne Szabó, soldat de la Légion étrangère française d'origine hongroise. Volontaire pour la défense intérieure, elle passe d'opératrice téléphonique à artilleuse côtière, avant d'être recruté par le SOE (la Direction des opérations spéciales britannique).

Sa seconde mission en France débute dans les jours suivants le débarquement en Normandie, parachutée à Sussac, près de Limoges, afin d'entraîner et coordonner les maquis locaux. Son officier découvre des résistants peu préparés et envoie Violette Szabó vers la Corrèze et la Dordogne, où les maquis sont plus solides.

Mais, elle est capturée après une fusillade contre des SS de la Division Das Reich, qui avait commencé sa remontée vers le front normand. Interrogé par la Sicherheitsdienst à Limoges, puis la prison parisienne de Fresnes, elle est transférée au camp de concentration de Ravensbrück, en août 1944, puis au camp de Torgau où elle et d'autres agentes perturbent le travail de l'usine d'armement. À Ravensbrück, le commandant du camp la condamne à mort et elle est exécutée le 5 février 1945.

Le timbre la représentant, jeune et vive, a en arrière-plan une de ses fausses cartes d'identité françaises, comprenant un timbre fiscal et des tampons administratifs.

La Collector's Sheet pré-personnalisée : à chaque héros un objet ou une scène de son action. Pour Violette Szabó, une radio (boutique web de Royal Mail). 

- John Harrison, marin sur le HMS Belfast.

- Bhanbhagta Gurung (1921-2008), sujet népalais de l'Empire des Indes. Il sert dans les Gurkahs dans la campagne de Birmanie contre l'armée impériale japonaise.

Il reçoit la prestigieuse Victoria Cross des mains du Roi George VI au palais de Buckingham, pour la prise d'une colline birmane en mars 1945, protégée par un sniper qu'il abat debout, quatre trous dans lesquels il jette des grenades en courant de l'un à l'autre, tuant leurs occupants, et un bunker dont il tue les soldats au couteau ou avec une pierre. Dans la foulée, il commande deux soldats pour tenir la position face à une contre-offensive ennemie.

Gurung quitte l'armée en janvier 1946 pour s'occuper de sa mère et de sa jeune famille, dont ses trois fils et un petits-fils furent des militaires de carrière.

- Thomas Peirson Frank (1881--1951), ingénieur civil, il est l'Ingénieur-en-chef du Conseil du comté de Londres (la collectivité locale londonienne d'alors) depuis 1931 quand les bombardements du Blitz touche la ville. Sa rapidité d'organisation permet d'assurer les réparations ou déblaiements pour la continuité de la vie économique de la capitale, notamment la remise en état des digues de la Tamise et éviter l'inondation des quartiers bas avec leurs installations industrielles, militaires, navales et portuaires.

- Mahinder Singh Pujji (1918-2010), Sikh natif de Simla, la capitale d'été de l'Empire britannique des Indes que sert son père au département de la Santé et de l'Éducation. Pilote d'avion depuis 1936, il se porte volontaire en 1940 auprès de l'Armée indienne de l'air pour servir la Royal Air Force en Europe.

Qualifié en juin 1941, il escorte des bombardiers au-dessus de la France, mène des patrouilles par temps brumeux, etc. principalement à bord de Hurricanes. En septembre, il rejoint le théâtre de la Méditerranée et du Proche-Orient.

En 1942 et 1943, il rejoint la Royal Indian Air Force  où il atteint le grade tactique de commandant d’escadron. En 1944, il participe à la campagne de Birmanie, notamment dans le repérage de trois cents soldats états-uniens perdus dans la jungle, proche des lignes ennemies. En 1945, il est envoyé à l'École de commandement (Command and Staff College) de Quetta.

Bien que mis en retraite en 1946 à cause des conséquences d'une tuberculose, il ne perd pas son sens de l'aventure avec la moto et le planeur. Il fut le pilote de baptême de vol en planneur de Nehru, Edwina Mountbatten, du président Eisenhower. Il émigre plus tard en Angleterre comme contrôleur aérien.

- William Tutte (1917-2002), mathématicien canadien, il est connu pour son rôle de cryptanalyste, « casseur de codes », de la machine allemande Lorenz, utilisé par l'état-major de la Wehrmacht allemande, au sein des équipes de Bletchley Park.

Il est reconnu pour ses apports en théorie des graphes (même si sa terminologie est refusée par ses pairs) et des matroïdes. [2]

- Lilian Bader née Bailey (1918-2015), née à Liverpool d'un père marin originaire de la Barbade et d'une mère liverpuldienne d'origine irlandaise, elle dut vivre dans un couvent jusqu'à 20 ans après la mort de son père et la discrimination envers une métis pour trouver un emploi.

Malgré son volontariat, les Institutes des forces armées (visant à organiser les loisirs des soldats et vétérans après la Grande Guerre) la renvoie car son père n'est pas né au Royaume-Uni (À quoi cela sert-il d'avoir un Empire ?). Par contre, en 1941, la Royal Air Force est moins regardante pour ses auxiliaires féminines ; elle est formée à la réparation des instruments d'avion. Elle sert jusqu'à sa grossesse en février 1944, mariée à un artilleur, Ramsay Bader en 1943.

Dans les années 1960, en suivant des cours du soir, elle passe les diplômes du secondaire et universitaire pour devenir enseignante.

Le feuillet de quatre timbres différents sur le soutien au moral des troupes par la chanteuse Vera Lynn, ici dans son tirage spécial Europhilex 2025 (boutique web de Royal Mail).

Ces parcours héroïques, communs à des milliers et des milliers de soldats et civils de la Seconde Guerre mondiale et des conflits liés (Japon en Chine, Allemagne et ses annexions, etc.) permettent de montrer la globalité de la guerre quelque soit l'origine sociale, culturelle, nationale des individus.

Cependant, les médias et les partis conservateurs et d'extrême-droite étant ce qu'ils sont, il faut un sujet grand public immédiatement connue pour attirer vers les timbres-poste les journaux et les émissions matinales.

Un bloc-feuillet de quatre timbres de photographies d'époque honore la chanteuse Vera Lynn (1917-2020), surnommée "Forces' Sweetheart", le cœur tendre des Forces (armées), pour ses chansons, ses concerts en Égypte, en Inde et en Birmanie, dans le cadre de l'Entertainments National Service Association des Forces armées britanniques.

Elle resta ouverte au soutien des vétérans, parmi d'autres causes caritatives, y compris par un de ses derniers singles : la reprise de la chanson "My Son, My Son", qu'elle avait chantée en 1954, cette fois pour marquer la fin de la guerre des Falklands.


La commande minimale du collectionneur peut être lourde au porte-monnaie, même s'il n'y a que des timbres du service intérieur première classe (1,70 GBP depuis le sept avril dernier).

Cela fait partie de la promesse de Royal Mail par un communiqué de fin février 2025 que les émissions spéciales ne comprendraient plus que des timbres de première et seconde classes intérieures, et plus de tarifs pour l'étranger, ni de valeur ronde (une ou deux livres sterling).

1,70 x 14... Même si cela permet d'honorer des parcours dans lesquels d'identifier en ces temps géopolitiquement difficiles.


Notes :

1 : Au Royaume-Uni, les jours fériés « laïcs » sont placés le lundi le plus proche par rapport à d'autres pays européens afin de créer, pour ce jour des travailleurs, un Early May bank holiday : un week-end de trois jours sans banque du samedi trois au lundi cinq mai.

2 : Pour les thématistes qui cherchaient des sujets intellectuellement stimulants.

Compléments du lundi cinq mai - férié au Royaume-Uni :

Visiblement qui sert aujourd'hui essentiellement aux célébrations avec le public de la Victoire et des vétérans de la Seconde Guerre mondiale. À Londres de midi à quatorze heures, la cérémonie d'ouverture (discours de Churchill et permission des cadets de l'armée demandée un vétéran à démarrer un défilé) a été suivie par la marche de militaires britanniques, ukrainiens et d'alliés sous pavillon de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord.

Ensuite, la tribune royale s'est vidée pour laisser le Mall au public, le salut du Roi Charles III et sa famille au défilé aérien, avant une réception de vétérans au palais de Buckingham. 

Compléments du jeudi huit mai 2025 :

Ce jour de fête et souvenir en Europe, Gary Younge propose un billet d'opinion dans The Guardian sur la capacité de la société britannique - et par ses exemples, les sociétés dont les États ont conquis et exploité des empires coloniaux - a « honoré tous ceux qui se sont battus » ?

Partant des manifestations indépendantistes en Algérie française ayant fini en massacre par les forces de l'ordre, il rappelle que des colonies britanniques d'Afrique ont connu de tels mouvements pour obtenir après tout seulement ce que les Métropoles prétendraient s'être battues pour elles-mêmes : libertés, démocraties, respect de l'autre, etc. Quitte en Indochine et en Indonésie à profiter du vide de pouvoir en septembre 1945 à la capitulation du Japon.

Pour la société britannique, il s'agit des combattants et civils volontaires de l'Empire des Indes et des  futures Malaisie et Singapour, des colonies africaines, et celles des Caraïbes. Le choix de Lilian Bader pour un des timbres montre pourquoi : le racisme de la bonne société anglaise et de ses élites accueillait volontiers l'effort de guerre au risque de leur vie  des colonisés, pourvu qu'ils retournent dans leurs pays... sauf que Lilian était née en Angleterre d'une mère britannique.

Et la question se pose encore outre-Manche : la Windrush Generation, profitant de nouveaux droits en 1948 et venue en Métropole travailler, a subi la discrimination anti-migrants à partir de 2012. Les fonctionnaires du Home Office - aidés par l'absence de carte nationale d'identité obligatoire et de la difficulté de ses retraités et leurs enfants de prouver par paperasse la légalité de leur arrivée - ne distinguant pas les migrants récents, des immigrants caribéens longuement installés de droit et devenus Britanniques.

Gary Younge, "On VE Day, remember the war – but can we resolve to honour all who fought in it?", 'The Guardian', 8 mai 2025.

jeudi 20 février 2025

La cathédrale anglicane de Liverpool sur un timbre de Noël 2024

 Dès 1969, la plus récente des cathédrales de Liverpool, au nord-ouest de l'Angleterre, était représentée dans sa modernité sur un timbre britannique : la cathédrale métropolitaine du Christ-Roi bénéficia de la mode Oscar-Niemeyer de la légèreté béton ascendant, imitée avec des défauts par Frederik Gibberd.

En effet, la construction en béton et aluminium, à l'économie, est due à la fois à ce que Liverpool est le plus catholique et irlandaise des ports anglais, et donc, en raison des métiers du port, pas la ville la plus riche une fois l'empire colonial dispersé et la conteneurisation nécessitant des ports en eau profonde en front de mer.

La cathédrale de Liverpool, timbre 1st Class de Noël 2024 (copie d'écran d'un compte de réseau social de Royal Mail).

Les premiers projets catholiques visaient à rivaliser en volume avec la cathédrale anglicane que cette scène enneigée, peinte par Judy Joel, me paraît réduire en dimension subjective. À son pied, l'église-cathédrale du Christ à Liverpool est dans les records des plus longues, volumineuses, hautes cathédrales du monde chrétien, tellement qu'il fallut la bâtir de 1904 à 1978.

Plantée au sommet de la vallée de la Mersey, elle dominait ce qui fut le port de Liverpool, et désormais les docks conservés pour le tourisme et les activités tertiaires qui ont remplacé la logistique.

En ayant visité sept fois la ville, je sais que ce n'était pas l'idée de ses concepteurs, mais j'y ai vu l'épée  d'un archange plantée dans le sol jusqu'à la garde.

À l'intérieur, tout est immensément néogothique et calme vu l'espace disponible pour chaque groupe de visiteurs. Le sommet de la tour se visite pour une grosse poignée de livres sterling. On peut aussi, à certains périodes de donations pour entretenir le lieu, faire graver son nom ou celui d'une personne de ses pensées sur une brique qui ornera une petite chapelle de côté.

Originaire et vivant en Cornouailles, la peintre de style naïf Judy Joel est également galleriste.

lundi 21 août 2023

Accéder aux archives, un essentiel de la recherche

 À travers deux exemples tirés du numéro juillet-août 2023 du London Philatelist, est rappelé que l'accès à des archives étudiées de manière critique permet de réaliser une recherche en philatélie, comme pour d'autres sciences humaines.

Couverture du London Philatelist de l'été 2023.

En ouverture, le nouveau président de la Royal Philatelic Society London se présente aux lecteurs du journal de la société. Pour ce qui m'intéresse aujourd'hui, Mike J. Y. Roberts a vécu à Liverpool deux périodes de cinq années au début de sa vie active.

Le Royal Liver Building, une des trois grâces de l'époque où Liverpool fut un immense port (timbre de la poste privée Universal Mail).

Il indique que cette période, loin de ses racines certes, a néanmoins permis la découverte de l'histoire postale grâce à l'accès au Musée maritime du Merseyside situé à proximité de son travail. Roberts a ainsi développer ses premières collections vers l'histoire postale maritime, spécialement celle de la Pacific Steam Navigation Company dont le siège comme plusieurs autres étaient alors à Liverpool - comme la White Star, ses ancêtres et ses successeures dans le bâtiment historique de James Street, toujours dans le même quartier portuaire.

Son livre sur la Pacific Steam Navigation Company et son histoire postale a été permis par la connaissance des lieux d'archives à Liverpool.


Le second exemple est proposé par Malcolm Givans et son essai de retrouver des connaissances sur les gravures commandés à Daniel J. Pound (1820-1894) par l'imprimerie De La Rue pour les timbres britanniques et de coloniaux.

Retrouver car l'usine et les archives de De La Rue furent détruites lors des bombardements allemands de décembre 1940. L'auteur rappelle que l'histoire de plusieurs timbres-poste, de leur genèse à leurs tirages, est inconnue ou partiellement reconstituée avec les archives survivantes et, surtout, grâce à l'études des timbres, blocs et feuilles, mais aussi de diverses traces actuellement dans des collections privées : brouillon et essai d'artistes ou d'imprimeurs.

Et, dans le cas de David J. Pound, Givans explique en introduction que la biographie permet d'identifier le graveur archivistiquement inconnu de plusieurs effigies philatéliques de la Reine Victoria, par le suivi de sa sociabilité dans le monde de l'édition londonienne, ses relations avec Warren De la Rue et en observant avec attention les très nombreux portraits réalisés par Pound avec ceux effectués au fil des contrats de De La Rue avec les administrations postale et coloniale.

Et ce, jusqu'à plusieurs détails : comment Pound est sûrement le graveur du premier portrait gravé spécialement pour les timbres d'Inde de l'East India Company en 1857 suite à l'interdiction de Londres qu'elle continue à utiliser l'effigie du timbre de 1840. Givans a reconstitué les possibilités de quel graveur : Russell de De La Rue était très occupé notamment par les ouvrages d'astronomie de Warren ; ce dernier voulait peut-être tester un nouveau graveur, que son nom apparaît sur un essai de portrait qui a survécu au Blitz et qui est identique à un essai de timbre et à un timbre-télégraphe.

Avec la prudence d'une interprétation des documents accessibles - ce qu'il écrit explicitement permettant de replacer les publications précédentes en perspective -, il estime que c'est Pound - avec pour consigne à Bigola de l'imiter ensuite - a aussi gravé le portrait de timbres britanniques de la seconde moitié des années 1860. Tout en travaillant sur les profils des années 1880, Pound aurait aussi formé un imprimeur de De La Rue, David Turner, qui put ainsi devenir graveur en chef en 1890.

Une très intéressante approche historique et sociologique de la société victorienne, notamment les loisirs une fois la vie quotidienne assurée par le travail.

Enfin, cet article vaut - au sens « a de la valeur » - par sa liste de références, de sources et de notes complémentaires permettant d'aller vérifier par esprit critique et d'en apprendre encore davantage.

dimanche 23 juin 2019

Exposer les deux côtés d'une médaille

Comment exposer une médaille ou une monnaie quand les deux côtés sont intéressants ?

Un feignant comme moi photographiera ou scannera les deux côtés, tapera au clavier son texte en insérant les images aux endroits souhaités. Imprimera, pochettera et exposera.

Mais, des conservateurs de musée, voire des collectionneurs en exposition compétitive, ne peuvent se contenter de cette facilité.
La solution vue au Merseyside Maritime Museum de Liverpool, en janvier 2019.
Dans la galerie consacrée au RMS Titanic, le Musée maritime du Merseyside - le nom de la région de Liverpool - expose des médailles décernées officiellement ou remises par des associations au Capitaine Arthur Roston, du RMS Carpathia, pour avoir secouru les naufragés du paquebot géant, dans la nuit du quatorze au quinze avril 1912.
Oui, c'est illisible : je suis nul en photographie au smartphone, surtout en éclairage artificiel.
Le présentoir en plastique permet la pose d'un miroir orienté de manière à rendre visible l'arrière de la médaille au visiteur.

Le moyen n'est sûrement pas novateur*, mais le pliage m'a rappelé la création manufacturière du cours de technologie de ma classe de troisième, dans les années 1990 : une plaquette plastique pliée à la main après chauffage pour constituer un repose-stylo et papier, avec une autre plaquette pliée et équipée d'un transistor et d'un interrupteur-poussoir posé dans un repli de la première. Nos parents, plus vraiment ébahis depuis les souvenirs en pâte de la maternelle, pouvait, dès lors, poser le combiné du téléphone fixe pour faire attendre le correspondant en musique ou prendre des notes (ou gribouiller des dessins) tout en téléphonant.

Dans un atelier associatif de bricolage, aujourd'hui, ce sont des présentoirs à pièces et médailles que je préparerais : le téléphone fixe - aimant à démarchage publicitaire - ayant rejoint le carton avec les souvenirs d'école.

L'outil peut servir pour les timbres-poste, en tout cas pour ceux qui veulent voir le dos bien gommé, pas rafistolé ou aminci... Pardon, pour pouvoir exposer les deux faces des timbres à surcharge dorsale : premiers timbres grecs, certains Machins vendus à tarif inférieur pour les Fêtes, etc. Voire, en grand format, des lettres dépliées... mais là, l'effet-miroir va poser souci de lecture.

Mais, je ne suis pas sûr que les associations et fédérations apprécient de devoir s'équiper de plusieurs vitrines 3D tant que les lourds panneaux plats seront la norme des règlements.


* : Le week-end de Pentecôte, avec Phila-France 2019, au Parc des expositions de Montpellier, ayant été une accumulation de travail, fièvre et volontariat, ne pas me taper si jamais il y avait cette forme d'exposition dans la présentation Revivez la France (en relief et classe ouverte) par Philippe Lesage.

mardi 12 février 2019

Sac d'achats timbré chez Ted Baker

Lors de mon séjour à Liverpool, en janvier dernier, j'ai pu prendre en photo ce sac affranchi grâce à l'amabilité du consommateur du magasin Ted Baker du quartier commercial Liverpool One, qui le tenait. Merci à ce courtois anonyme.
Du timbre à la flamme et à l'oblitération, tout signale la classe dont va se parer le consommateur éclairé.
La marque londonienne propose des vêtements et accessoires de qualité pour femmes, hommes et enfants - accessible en euros pour la clientèle française.

Pour signaler aux passants ne fréquentant pas encore ses magasins ou son site marchand, elle habille le coin de ses sacs en carton léger d'un timbre violet sur fond jaune.

Sur cette vignette dentelé de première classe (1st des timbres britanniques), un homme, au coude replié pour se tenir la tête de ses doigts, montre l'élégante tenue de sa veste et des extrémités de sa chemise.

Une première flamme ondulée noire clame "CLASS" tandis qu'une oblitération ronde rouge signale que le sac contient un "achat dont vous profiterez" (purchase / will done enjoy), conclut de l'adresse du site marchand.

Il est toujours étonnant dans une société où les magasins multiplient les offres par code datamatrix envoyés aux clients par mail ou sms, où la fidélité se dématérialise (votre nom suffit à vous retrouver en caisse), que le commerce en revienne aux codes de la correspondance par courrier...

Une question de classe pour compenser la réduction des coûts ?

samedi 2 février 2019

Jouer au douanier postal à Liverpool

Au Musée maritime du Merseyside - du nom du comté métropolitain de Liverpool - à Liverpool, une des expositions permanentes est consacrée au travail des douanes depuis le début de l'époque moderne jusqu'à nos jours : Seized! - Saisi !

Plusieurs activités permettent au visiteurs d'expérimenter et d'essayer leurs talents de douanier face aux activités délictueuses ou criminelles des contrebandiers.
L'activité Parcel Search de l'exposition Seized! au Musée maritime du Merseyside (photographie du quatorze janvier 2019 sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr sauf les éléments créés par le musée).
Par exemple, Parcel Search inviste à prendre en main une poignée de colis, d'en découvrir les expéditeurs et les destinataires, le pays d'origine, etc. pour deviner, à partir de ces indices, lesquels pourraient contenirdes produits interdits et la nature de ceux-ci.

Pour avoir la solution, il suffit de saisir le colis et de le passer devant un lecteur de puces électroniques sur le pannea du fond (le rectangle “scan” sur la photographie).

Cinq images réalisés dans une machine à rayons X permettent de comprendre ce qu'un douanier doit voir, de l'apparence d'illégitimité à la réalité du contenu.
Un colis à destination de l'Écosse et en provenance d'une entreprise de sécurité installée aux États-Unis. Jolis timbres-paysages de poste aérienne (photographie du quatorze janvier 2019 sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr sauf les éléments créés par le musée).
Ainsi, ce colis circulant entre États-Unis et Écosse sera à vérifier au cas où cette entreprise baptisée Protective Security Worldwide ne serait pas en train d'exporter sans autorisation une arme à feu vers l'Écosse. Le philatéliste appréciera les timbres de poste aérienne de l'United States Postal Service.
D'autres timbres oblitérés de Colombie.
Les ateliers anti-contrebande sont caricaturaux sur le trafic de drogue : en clair, le visiteur ressort avec l'impression qu'il faut se méfier de tout voyageur ou colis en provenance de la Colombie...

Même si l'atelier de sécurité à l'aéroport, qui vous invite à sélectionner des passagers à contrôler parmi une poignée, propose des solutions aléatoires... Le Colombien en fauteuil roulant peut être tout à fait innocent... ou des sachets de drogue être dissimulés dans les barres creuses de son fauteil. Pareil pour le touriste revenant d'Iran avec un tapis roulé ou le monsieur au manteau d'hiver revenant au Royaume-Uni en été d'un pays tempéré de l'hémisphère sud.
Un colis rond (du thé ?) arrivant de Thaïlande (photographie du quatorze janvier 2019 sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr).
Le réalisme de reprendre des timbres oblitérés est appréciable pour ceux qui espèrent que les enfants et les non-philatélistes qui visitent ce musée national - donc gratuit au Royaume-Uni ! - se diront que le prochain cadeau envoyé par la poste pourraient recevoir des timbres à message.

Les autres expositions du Musée maritime du Merseyside, situé dans les bâtiments du Royal Albert Dock, comprennent aussi la vie sur les paquebots de croisière, les tragédies du Titanic et du Lusitania, la bataille de l'Atlantique. Le dernier étage est le siège du Musée international de l'esclavage à découvrir absolument pour prendre pleinement conscience de toute l'horreur de cette pratique.

mardi 29 janvier 2019

La philatélie à la Bibliothèque centrale de Liverpool

Premier (petit) article sur mon pèlerinage annuel à Liverpool, au nord-ouest de l'Angleterre. En suivant un guide touristique inspiré, j'ai découvert la Bibliothèque centrale, un des lieux publics de lecture de la municipalité.

L'extérieur est joint au World Museum, magnifique musée d'histoire naturelle, et date du début de la seconde moitié du dix-neuvième siècle quand le port voyait passer toutes les richesses de l'Empire colonial. Le secteur devant la gare de Lime Street fut orné de lieux de concerts et d'expositions pour impressionner les riches Londoniens arrivant dans le port de commerce.

L'intérieur de l'édifice fait partie des circuits touristiques grâce à une rénovation résolument moderniste, réalisée entre 2010 et 2013, tout en ayant conservé plusieurs salles anciennes, toute de bois foncé, de gravité et de silence feutré.

Là, en revenant de la petite salle où sont conservés sous clé les ouvrages les plus précieux et fragiles et qui sert de lieux d'exposition - cocasse : pochettes de disques punk sur fond de reliures en cuir -, l'œil entraîné du philatéliste anglophile repère l'étagère-clé.
Et une photographie pourrie prise à la volée au téléphone portable, le lundi quatorze janvier 2019, dans la Bibliothèque centrale de Liverpool.
Dans un meuble consacré à la gravure, une étagère de catalogue de billets de banque et de timbres-poste ! L'éditeur Stanley Gibbons seul dans l'univers.

De droite à gauche sur la photographie ci-dessus : le catalogue des marques postales britanniques, le tome de base des timbres britanniques (Collect British Stamps), le tome 1 des timbres de l'Empire et du Commonwealth de 1840 à 1970, et enfin, le catalogue simplifié mondial en six tomes.

On remarque que ce sont les dernières éditions parues qui sont à la disposition des lecteurs et chercheurs.

Malgré six séjours à Liverpool, il y a encore et toujours à y découvrir.

samedi 15 juillet 2017

Un timbre sur Liverpool dans une série architecture contemporaine

Jeudi treize juillet, la Royal Mail a émis une série de dix timbres sur des bâtiments marquants de l'architecture contemporaines. L'opérateur britannique est très touristique cette année : cette émission urbaine fait suite à l'émission plus rurale des moulins à eau du vingt juin précédent.
Le timbre de première classe à la façade de l'Everyman Theater de Liverpool... Si le cadrage allait plus à gauche... une autre merveille contemporaine apparaîtrait, mais elle a déjà été timbrifiée en 1969 (Royal Mail).
La piscine des Jeux olympiques de 2012, à Stratford, voisine avec le proche - en forme de tête chapeauté - auditorium Armadillo de Glasgow.

Les deux parlements régionaux d'Écosse et du Pays de Galles méritaient bien leur place. Celui de Cardiff, le Senedd, que j'ai visité l'année dernière, mêle une base sombre évoquant les couches de charbon, et un toit en bois plongeant pour devenir ce minerai. À la rencontre des deux matériaux se trouve la chambre de l'Assemblée nationale.
La série complète (via Norvic Philatelics)
Les éléments naturels apparaissent donc, au moins de manière symbolique. La formation volcanique de la Chaussée des Géants, sur le littoral nord-irlandais est évoquée par son bâtiment d'accueil des visiteurs. Plus technologique, les dômes de l'Eden Project, en Cornouailles, permettent de finir de balayer de nombreux usages, techniques et régions du Royaume-Uni.

Pour Liverpool, c'est l'Everyman Theater qui a été choisi. Il existe depuis 1964 dans le quartier des spectacles et de la bohême, à proximité des universités et surplombant la partie portuaire de la ville en reconversion depuis les années 1980. La reconstruction complète de l'Everyman entre 2011 et 2014 (voir avant / après grâce aux participants des Wikipédias), offrant désormais une longue façade illustrée de photographies de comédiens.

Hope Street, à l'extrémité nord où il se trouve, mérite une promenade complète à elle seule en plein jour depuis la cathédrale anglicane au sud à la cathédrale catholique au nord (timbre de 1969), avec quelques œuvres de rue à observer...

...et un retour chaque soir pour ses lieux de spectacle, restaurants et bars chics offrant comme l'architecture et les sculptures de nombreux styles depuis le début du vingtième jusqu'à la décennie courante.

mardi 7 mars 2017

La philatélie néerlandaise en une carte

Fin février, j'ai reçu une carte postale des Pays-Bas grâce à Postcrossing, dont l'expéditrice, collectionneur de timbres, fut très inspirée.
Une carte inspirée de l'éditeur Greetz, correspondant au timbre personnalisé au verso. Thématique liverpuldienne avec les Beatles d'ailleurs.
La carte reprend le projet avortée d'affiche britannique de 1939 et le détourne pour promouvoir la collection de timbres, avec trois exemples de timbres personnalisés.
Trois types de timbres, un beau résumé de la philatélie néerlandaise (merci Shelly).
Comme affranchissement, cinq timbres résumant les catégories de timbres de la poste néerlandaise : à droite, un timbre personnalisé, et à gauche, trois timbres de complément au design fonctionnel.

Au centre, un timbre touristique de 2006 sur Schoonhoven : celui du bas du feuillet de cinq, avec une évocation de l'argenterie, activité traditionnelle de la ville.

Pour un résumé plus long de l'année 2016 aux Pays-Bas : c'est par ici.

dimanche 5 mars 2017

Carte de Noël de marins prisonniers au Musée maritime de Liverpool

Souvent les musées présentent un ou quelques éléments pouvant intéresser le philatéliste, et le Musée maritime de la Merseyside, à Liverpool, ne fait pas exception dans son exposition permanente sur la bataille de l'Atlantique.

Ici, une carte postale de vœux illustrée envoyée le vingt-huit décembre 1941 depuis un camp de prisonnier en Allemagne, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Petit montage de la reproduction des deux faces de la carte, à partir de mes photographies prises en janvier 2017.
Elle est partie du Stalag X-B fin 1941, près de Brême, comme indiquée en haut à gauche de l'illustration.

L'article de la Wikipédia en anglais sur le double camp de Marlag und Milag Nord.

Marlag était l'abbréviation  de Marinelager, camp de (prisonniers de la) marine, mêlant marins de la Royal Navy capturés et marins marchands que l'Allemagne nazie ne voulut pas, initialement, garder dans un simple camp.

Cela le devint après une inspection de membres états-uniens et suisses de la Croix-Rouge, et en février 1942 est achevé le Milag pour Marineinterniertenlager, un camp d'internement réservé aux marins civils.

Le Musée maritime de la Merseyside est un musée national britannique, à l'entrée gratuite - donation encouragée, aux expositions permanentes variées et captivantes - pas seulement celle sur le naufrage du Titanic. Situé sur le côté septentrional de l'Albert Dock, il partage son bâtiment avec le Musée international de l'esclavage.

dimanche 5 février 2017

Un nouveau bureau de poste dans le centre de Liverpool

Depuis cinq ans de pélerinage annuel, la situation postale du centre touristique de Liverpool, au nord-ouest de l'Angleterre, paraissait durablement fixée. Mais, 2017 va voir l'ouverture d'un nouveau bureau franchisé dans cette ville qui retrouve une certaine croissance.
La façade de l'ancien Lyceum Post Office sur Bold Street - la rue des librairies et des restaurants - en  mars 2015 (photographie sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr).
Le Lyceum reste pratiquement vide au croisement des rues commerçantes. Le bâtiment néo-classique du début du dix-neuvième siècle a servi de bibliothèque, de club privé et, de 1984 à 2004, un bureau de poste.

Le projet du Post Office était, au départ, d'en faire le principal bureau de la ville, complété d'un musée postal. Mais, la création de l'entreprise Post Office, séparée de Royal Mail, fit que l'utilisation du bâtiment fut plurielle avec des cafés successifs.

Depuis 2004, à part une petite agence bancaire au rez-de-chaussée du côté de la façade donnant sur Hannover Street, le Lyceum est désespérément vide : les propriétaires voulant le détruire et profiter de la croissance économique, culturelle et sociale de la ville, la ville et la société civile prônant la protection de ce patrimoine dans une ville ravagée par les bombardements allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale (voir l'exposition sur la bataille de l'Atlantique à l'excellent Musée maritime du Merseyside).

Deux bureaux sont, à mon empirique connaissance - en marchant, observant et par hasard trouvant, sont ouverts dans le centre classé au Patrimoine de l'humanité de l'Unesco :
- en descendant Church Street en direction du fleuve Mersey, à l'une des entrées du centre commercial Liverpool One, un bureau complet est encastré à l'étage d'un marchand de journaux/librairie/papeterie WHSmith.
- En remontant Bold Street vers l'église St. Luke, martyre des bombardements allemands et conservée en l'état : le bureau de Leece Street est davantage populaire. Il faut voir la longue file d'attente de retraités les lundis pour l'ouverture de neuf heures moins le quart.
Les baies vitrées du futur bureau (et café) Central Village sur  Renshaw Street, une des artères centrales, en janvier 2017 (photographie sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 fr).
C'est à proximité de ce second bureau que des affiches annonçant l'ouverture d'un nouveau bureau sont apparues sur les vitres du Lewis Building... et ce n'est pas n'importe quelle adresse de Liverpool. Le Lewis est un ancien grand magasin de 1856 à 2010 - différent des magasins John Lewis fondés à la même époque -, avec une reconstruction après les affres de la guerre. Il est situé face à l'Adelphi Hotel, l'hôtel des passagers les plus aisés des croisières transatlantiques.

Le Liverpool Echo racontait, le vingt-six octobre 2016, qu'un entrepreneur propose d'établir un bureau de poste en sous-sol et un café au niveau du trottoir, là où les affiches du Post Office sont visibles sur la photographie.
Localisation des bureaux évoqués grâce à Google Maps (légendée avec Paint.NET).
Que va-t-il advenir du bureau de Leece Street ? Un maintien me paraît difficile : cinq cents mètres sépareront les bureaux, l'espace entre deux arrêts de bus... Le remplacement de Leece qui me paraît sous contrôle direct de Post Office Ltd par un franchisé ? Ou alors, les besoins sont suffisants pour deux bureaux entre les habitants des quartiers proches, les Liverpuldiens venant travailler, les étudiants et les entreprises.

Probablement des réponses lors de mon prochain séjour en 2018.

Complément du mardi 2 juillet 2019 :
Ayant raté le pèlerinage de 2018, j'avais oublié la suite de cet article. Donc, en janvier 2019, le bureau de Leece Street a bien fermé avec l'ouverture du nouveau bureau de Central Village.
Au premier plan à droite, avec la boîte aux lettres rouge, l'ancien bureau de Leece Street, à Liverpool. À gauche, le nouvel immeuble avec supermarché sur la rue (Google Strret View, photographie de mars 2019 ; enregistrée le deux juillet 2019).
Rendez-vous en 2020 pour savoir ce que sera devenu le rez-de-chaussée abandonnée, voire le bâtiment : commerces, bureaux ou démolition et remplacement, comme ce qu'il est advenu de son voisin, logeant désormais un supermarché urbain au rez-de-chaussée d'un immeuble neuf couvrant une grande partie du pâté de maison.

mercredi 26 octobre 2016

Artistes, design et timbres dans Stamp magazine de novembre 2016

Tandis que le nouveau président d'Art du timbre gravé présente sa mallette pleine de projets pour promouvoir la gravure (la guerre du φ n'aura hélas pas lieu) dans le numéro 183 de Timbres magazine, l'actualité et les choix éditoriaux de Stamp Magazine accumulent les réflexions sur le timbre et ses artistes dans son édition datée novembre 2016.
C'est sûr qu'avec des timbres comme ça, il y aura moins de coûts et de débats... quoique : on peut avoir une version en taille-douce, please ? (wikimedia.commons.org)
Y aura-t-il de la taille-douce scandinave après 2017 ?
Côté taille-douce, c'est l'inquiétude avec l'annonce, le neuf septembre dernier, par PostNord qu'il va progressivement se tourner vers Cartor, filiale française du groupe britannique International Security Printers, pour imprimer l'ensemble des timbres-postes du Danemark et de Suède, les pays couverts par l'opérateur postal.

La crainte est que les deux pays ont une tradition de production interne et d'impression en taille-douce que Cartor n'a pas. Et le magazine de rappeler que l'émission mixte Long May She Reign de septembre 2015 à entraîner la sous-traitance de la taille-douce à la Fábrica Nacional de Moneda y Timbre espagnole.

Martin Mörck, ses confrères et consœurs, leurs prédécesseurs, auront-ils des disciples dans ces deux pays scandinaves ?

Y a-t-il un dessinateur sur le timbre ?
Certes, les moins méfiants se diront que Cartor a prévu d'innover grâce à ce contrat à long terme ou continuera à sous-traiter à des imprimeries expertes (Boulazac possible ?).

Mais, du côté du courrier des lecteurs, il est remarqué une triste pratique anglo-saxonno-capitaliste de créditer les émissions récentes au studio de création qui a reçu la commission ; et finalement pas aux artistes individuels qui ont créé le projet.

Ainsi en fut-il des six timbres et leur prochette formant une bande dessinée du Grand Incendie de Londres de 1666 dans la presse et, même Stamp Magazine daté octobre : l'agence The Chase fut citée, mais moins souvent le dessinateur de comics John Higgins, natif de Liverpool.

Il serait intéressant de revoir du siècle des origines (le dix-neuvième donc) à nos jours pourquoi telle administration postale choisit d'imprimer le nom des artistes et graveurs sur ses timbres et pas telle autre.

En tout cas, il y a des designers philatéliques et philatélistes.
Tout ceci conduit à deux dossiers de nature fort différente, mais valorisant le rôle de l'artiste du timbre.

Figure imposée du mois : les neuf cents cinquante ans de la bataille d'Hastings et le cinquantenaire de l'émission du neuvième centenaire que Peter Marren évoque par sa genèse en pleine révolution britannique.

Les années soixante - et le ministère de Tony Benn - virent le lancement définitif d'un programme commémoratif au Royaume-Uni et de grandes réflexions graphiques sur les timbres avec, notamment, David Gentleman qui tenta de couper la tête de la reine sur timbre... D'où jaillit l'effigie Machin.

Gentleman justement proposa la bande de six timbres et deux timbres de fortes valeurs à part reproduisant des éléments de la Tapisserie de Bayeux à partir de ses capacités en gravure sur bois et en jouant avec les lignes de gravure pour faire correspondre au mieux couleurs originales avec les couleurs possibles à l'imprimerie Harrison and Sons.

Six pages de genèse et d'études spécialisées pour ceux en recherche de variétés.
La couverture du livre collectif, dont les timbres reproduits ont été sélectionnés par Follett et Thomson (Unit Editions).
Un dossier suivi d'un autre, moderne et inattendu : les dix meilleures émissions d'après les designers Iain Follett et Blair Thomson, à l'occasion de la sortie d'un livre Graphic Stamps: The Miniature Beauty of Postage Stamps, chez Unit Editions, pour lequel ils ont choisi les timbres reproduits.

C'est le retour des débats sur ce qu'il doit y avoir sur un timbre-poste, ce difficile équilibre entre les besoins postaux et le message politique, commémoratif ou, de plus en plus, commercial (pour certains sujets : publicité ou hommage ?). On en revient à l'échange épistolaire dans la presse britannique entre Edmund Dulac et Eric Gill autour des premiers timbres du règne d'Edward VIII.

C'est une plongée dans la philatélie de 1969 à 1986 qui est proposé, avec le souci de retrouver les illustrateurs même si, à deux exceptions, aucun de leurs noms n'apparaît sur les timbres.
« Absolue pureté de fonction et de forme » pour Blair Thomson (image à partir de commons.wikimedia.org).
En accord avec les deux designers, je pense que le timbre singapourien de 1969 sur l'accomplissement du programme de cent mille foyers est une réussite typographique pour Tay Siew Chiah. Et qu'à un extrême de dépouillement (valeur faciale centrée sur un fond uni), les vignettes d'entraînement des postiers britanniques pour la décimalisation de 1971 suscite la réflexion face à l'abondance d'émissions des dernières décennies.

Complément du lendemain : étant natif d'Australie mais vivant au Canada, Blair Thomson est interrogé par le service philatélique d'Australia Post à l'occasion de ce livre. Il est un collectionneur de timbres qui a entamé une toute nouvelle collection à l'âge adulte, centrée sur l'appréciation du design du timbre en lien avec sa profession. Il publie petit à petit sa collection sur Graphilately, un compte social photographique hébergé par Instagram.

Quant à Unit Editions, Graphic Stamps est le premier dans une nouvelle série qui veut lier des designers avec leurs collections. Au terme de ma recherche Google du jour, le meilleur moyen de se le procurer semble la commande sur le site de l'éditeur.

dimanche 24 janvier 2016

All you need is love : les timbres de Liverpool

De retour d'une semaine fraîche à Liverpool, l'ancien grand port et désormais aspirant à devenir un des centres universitaires, touristiques et festifs du nord-ouest de l'Angleterre.

Le premier timbre du carnet The Beatles Story de la poste privée Universal Mail UK.
Les thématistes se reporteront, pas trop, au Titanic : le paquebot était certes immatriculé dans le port de Liverpool où se trouvait le siège d'un de ses copropriétaires, la White Star Line, mais il n'y vint jamais. Sûrement qu'en élargissant à l'ensemble des navires de la compagnie, le nombre de timbres et d'enveloppes grossira, encore plus si est ajouté la Cunard Line, la concurrente jusqu'à leur fusion en 1947, grâce aux paquebots Queen Mary et Queen Elizabeth.

Les hérétiques iront jusqu'aux timbres de Grenade consacré au club de football Liverpool FC...
La cathédrale catholique de Liverpool sur un timbre de la série des cathédrales du vingt-huit mai 1969, dessiné par Peter Gauld (collecgbstamps.co.uk).
La poste britannique n'a pas l'habitude d'émettre énormément de timbres par ville ou lieu, contrairement à la France depuis les timbres de poste aérienne de l'entre-deux-guerres. Néanmoins, quelques séries permettent une thématique par région et ville.

En 1969, l'artiste Peter Gauld crée les six timbres d'une émission sur l'architecture britannique dédiée aux cathédrales. Côté catholique et art moderne, c'est la cathédrale métropolitaine de Liverpool qui est choisie car la ville est sûrement la plus irlandaise et catholique d'Angleterre depuis la Famine du milieu du dix-neuvième siècle.

Pour comprendre l'histoire de ce bâtiment dans le paysage chaotique du centre de Liverpool, il faut lire l'histoire de la cathédrale anglicane dont la masse fantastique et l'emplacement immanquable furent considérés comme une provocation par certaines catholiques de la ville.

Situées aux extrémités opposées de Hope Street - entre les deux, ne pas rater la scupture A Case Story par John King de 1998 en plus de la Philharmonie et des restaurants chics, les deux églises sont à visiter, tout autant que la maquette du gigantesque projet d'avant la Seconde Guerre mondiale envisagée par l'Église catholique avant que les réalités économiques ne s'imposent. Elle se trouve au Museum of Liverpool, un magnifique exemple de musée adapté à tous les âges et styles de visiteurs.

Ceux qui exploreront un catalogue Stanley Gibbons de Grande-Bretagne (avec les noms des artistes donc) retrouveront aussi la série sur les plus anciens chemins de fer dont la ligne entre Manchester et Liverpool est un exemple en 1830. Sur place, l'intérieur de Lime Street Station, la gare historique, et observer les bâtiments alentours rappelleront ce que la bourgeoisie migrante anglaise découvrait en arrivant dans le port-point de départ de leur voyage transtatlantique.
Le carnet The Beatles Story entier.
Néanmoins, les attractions touristiques de masse ont été construites ou installées sur l'emplacement des plus anciens docks du port de Liverpool, qui ont pris le relais du port fluvial de la proche Chester - elle aussi à visiter. L'ensemble portuaire de la ville est classé au Patrimoine de l'humanité de l'UNESCO, depuis le port même jusqu'aux musées et quartiers construits pour accompagner sa croissance du dix-neuvième siècle à la Seconde Guerre mondiale : sachez qu'un des premiers bâtiments à façade d'acier et de verre est toujours visibles à Liverpool - non, pas à Manhattan.

Ainsi, le centre commercial à ciel ouvert Liverpool One est construit au-dessus du plus ancien site portuaire de la ville tandis que la promenade courant du mémorial au Titanic jusqu'à l'Albert Dock, est une dalle au-dessus d'anciens bassins.

Albert Dock, un ensemble d'un bassin carré et d'entrepôts inaugurés en 1846 et une des premières constructions britanniques sans structure en bois, accueille désormais restaurants et musées :
une délocalisation de la Tate Gallery - exposition Matisse jusqu'au deux mai,
- deux musées publics dans le même bâtiment :
- - le Merseyside Maritime Museum qui compte plusieurs expositions permanentes et au contenu très varié : le travail des douanes britanniques, le naufrage du Titanic, la vie sur le Lusitania, etc.
- - l'International Slavery Museum raconte la traite atlantique et l'esclavage américain depuis la vie dans les villages d'Afrique occidentale aux conditions du voyage et de la vie dans les plantations, jusqu'au travail des enfants en Inde, et l'intégration des descendants d'esclaves au sein de la société liverpuldienne, la ville ayant été un important port négrier comme plusieurs noms de rues l'indiquent.

Enfin, The Beatles Story permet en une bonne heure de découvrir la montée des scarabées, le groupe emblématique de la ville. Plusieurs salles sonorisées et richement décorées vont du premier concert de deux gamins jusqu'aux excès graphiques du Yellow Submarine et de Sergeant Pepper's.

L'émotion est vive dans les deux dernières salles : le devenir des quatre depuis la scission du groupe et, enfin, la salle blanche consacré à John Lennon et à sa chanson Imagine. Elle est d'ailleurs l'objet d'un des cinq timbres du carnet privé commandé par le musée à l'opérateur postal Universal Mail UK.
La couverture du carnet The Beatles Story reprend les mentions de l'opérateur en bas, mais le logotype et la présentation publicitaire du musée.
Pour ceux qui ont raté les épisodes précédents sur ce blog, d'autres blogs et forums francophones comme anglophones, sans compter la presse philatélique, Universal Mail United Kingdom émet des timbres-poste depuis 2008, uniquement valables pour l'expédition de cartes postales à destination de territoires hors du Royaume-Uni européen. Les cartes peuvent être déposées dans les boîtes rouges de la Royal Mail qui les gèrent elle-même... sur un mode un tantinet très économique.

L'avantage pour le touriste est que ces carnets de cinq sont vendus dans les lieux touristiques : musées, buralistes, etc. Même si le prix de ces carnets est difficile à connaître à l'avance. Universal Mail vend les carnets génériques cinq livres sterling (soit cinq timbres au tarif Royal Mail pour l'étranger jusqu'à dix grammes), mais les buralistes et les musées arrondissent.

Par exemple, le carnet privé (voir la catégorie Bespoke sur le site d'Universal Mail) de The Beatles Story est vendu cinq livres cinquante pence à la boutique du musée, soit un surcoût de dix pence par timbres. Mais, cinquante pence pour ne pas avoir à chercher un bureau de poste ou un carnet de Machins dans une ville inconnue du visiteur.

Pour une plongée beatleslistique, le Cavern dans le quartier des pubs autour de Matthew Street - d'anciens entrepôts du port initialement - existe toujours avec ses amateurs reprenant les classiques du rock.


Malgré quatre séjours désormais, visiter Liverpool reste une expérience à revivre.