Affichage des articles dont le libellé est Roumanie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Roumanie. Afficher tous les articles

mardi 11 juillet 2017

Semaine n°2017.27 en Philatélie

Fin juin : nouveau Président et Bureau à la RPSL.
Lors de l'assemblée générale annuelle du jeudi vingt-deux juin 2017, les membres de la Royal Philatelic Society London ont élu le Belge Patrick Maselis président de l'association londonienne.
La couverture du premier ouvrage de Patrick Maselis sur les colonies belges - et il n'y en eut pas que le trio Congo-Ruanda-Burundi (base de données bilbiophile Documents philatéliques).
En terme de philatélie organisée, le premier président « d'outre-mer » de la RPSL est président du Club de Monte Carlo, regroupant plusieurs institutions et collectionneurs importants qui organisent Monacophil ; mais également préside l'Académie royale de philatélie en Belgique dont le site fournit une fiche complète.

En littérature, il a montré sa spécialisation dans les documents historiques et postaux des colonies belges en 2005 avec Des Açores à la Nouvelle Zélande (extraits sur un blog), suivi d'un autre en 2009 sur l'enclave du Lado, prêt de territoire africain entre puissances européennes.

Début juillet : dix-neuf ans pour le Musée de la philatélie d'Oaxaca.
Le MUFI (et ici aussi) célèbre son anniversaire en même temps qu'une exposition thématique sur les océans et leur faune. Les médias et institutions de la ville d'Oaxaca, au Mexique, participent à faire connaître ce musée.

Le samedi premier juillet, Lisbeth Mejla du quotidien El Impartial rapporte sa visite de la bibliothèque philatélique du musée, riche des écrits sur le Mexique et les anciennes éditions de catalogues célèbres.


Depuis vendredi sept, la Fondation Alfredo Harp Helú propose une vidéo sur le musée, ses expositions permanentes de collections, ses activités jeunesse, sa bibliothèque.

Jeudi six juillet : du bloc-feuillet, épistémologie philatélique dans El Watan.
Dans la chronique philatélique hebdomadaire du quotidien algérien, Arslan Selmane s'interroge sur l'utilité du bloc-feuillet comme produit philatélique, à l'occasion de l'émission le huit de cinq timbres sur des batailles illustrant la résistance des Algériens face à l'invasion et l'occupation française de 1830 à 1962.
Le bloc en question, émis par Algérie Poste le samedi huit juillet 2017 (via le forum PhilatélieDz).
Cinq peintures : Kheng Ennetah en 1832, Bir El Gharama en 1881, Bir Teskift en 1957, Aïn Zana en 1959 et Djebel Bouk'hil en 1961. Laissons aux historiens le débat sur pourquoi ces moments et quelle(s) mémoire(s) ils commémorent.

Selmane s'interroge également sur la forme philatélique de vente : en quoi le bloc-feuillet va gêner les collectionneurs et exposants thématistes. Deux périodes différentes, des lieux variés : où placer et comment exploiter un document bien grand.

Une manière éclairée de critiquer la vente en double des timbres algériens cette année 2017 : à l'unité et rassemblés en blocs thématiques ? Attention : en termes de nouvelles émissions, en Belgique et aux Pays-Bas, pour ne citer qu'eux, hors du feuillet, point de salut à l'unité désormais.

Quant à l'effet de ces défaites timbrifiées en France... Il semble que les politicien(ne)s français ont d'autres chats à fouetter : le timbre de mars dernier leur est passé inaperçu. J'imagine que la prochaine Marianne d'usage courant les mobilisera davantage.

Samedi huit juillet : chez le marchand de journaux hors philatélie.
Plusieurs magazines proposent de longues lectures pour occuper les deux mois d'été, supposant que le plus grand nombre est en vacances, ou en recherche de nouvelles thématiques.

Le mensuel L'Histoire propose un numéro double sur l'histoire de l'Inde d'une part et un numéro de ses Collections sur la Bretagne d'autre part, depuis les monuments du Néolithique jusqu'aux problématiques actuelles en passant par le rôle des Bretons dans la colonisation de l'Amérique et la Révolution française.
Statuette en terre cuite, cinquième millénaire de notre ère, découverte dans une nécropole hamangia à Cernavodă, en Roumanie (site de La Documentation française).
Néolithique encore - puisque j'ai temporairement trahi l'histoire globale des quinzième et seizième siècles - avec cette intéressante et très accessible synthèse sur cette période préhistorique de grandes transformations humaines : le numéro 8117 de la Documentation photographique daté mai-juin 2017.

En ces temps de débats sur les modèles économiques à suivre, la confrontation sur un temps très long entre penseurs contemporains (dont Karl Marx) et le lent passage nomades/sédentaires il y a dix mille ans sera jugée savoureuse, stupide ou... inspirante selon le lecteur.
La couverture du hors-série familial de Canard PC (fil Twitter du magazine).
Beaucoup regrettent l'absence de nouveaux jeunes collectionneurs de timbres, accusant notamment les loisirs vidéo-ludiques qui prennent du temps et demanderaient moins d'efforts... Qu'ils ne lisent pas ce blog.

Et si un enfant avait plusieurs types de loisirs, entraînant une communication avec les parents et les grands-parents ?

Un de mes neveux, pourtant pas un lecteur facile, ni un passionné de la patience, s'interroge pourtant sur une question qui l'oblige à lâcher manettes et tablettes, et à dialoguer avec les adultes : « Dis, à quels les jeux vidéo tu jouais quand tu avais mon âge ? »

J'attend donc la question : « Dis, comment tu faisais pour parler avec tes copains s'il y avait pas de téléphone portable ? Pour savoir les choses sans internet ? Etc. »

La rédaction du bimensuel de critiques de qualité - non sans humour corrosif - de jeux vidéo Canard PC propose donc un numéro d'été, en kiosque depuis samedi huit, pour concilier les pratiques vidéoludiques fort diverses des familles d'aujourd'hui. Pour les plus philatélistes, je rappelle que le Musée postal de Tampere et l'Université locale proposent quatre jeux sur téléphone Android liés aux timbres ou au courrier.

Bonnes lectures.

vendredi 29 avril 2016

Correspondances balkaniques dans les magazines de mai

Après avoir écumé les confins des empires russes et austro-hongrois du dix-neuvième siècle des nationalités à la fin de la Première Guerre mondiale dans les numéros de février 2016, voilà que deux de mes magazines français et britanniques s'attaquent aux Balkans dans les numéros datés de mai : de Belgrade à Constanza aux marges d'un Empire ottoman déclinant en Europe, avec escales grecques.
La couverture rangée au cordeau du Stamp Magazine daté mai 2016.
Toujours à compulser leur calendrier universel des anniversaires, Stamp Magazine place en couverture l'article des cent cinquante ans du premier timbre-poste de Serbie.

John Winchester raconte la tumultueuse histoire de l'autonomie de la principauté de Serbie des insurrections de 1804 et 1817, à l'établissement d'un royaume indépendant d'Istanbul après deux guerres en 1876, et conclut l'article avec l'établissement de la Yougoslavie, le royaume des Slaves du Sud.

Tout en décrivant les timbres émis, leur genèse dans les grands ateliers de gravure d'Europe (Louis-Eugène Mouchon en guest star aux côtés de Wincenz Katzler de la Monnaie de Vienne, Carl von Radnitzky à Vienne, des Français C. Dumont et G. Tasset) de Vienne à Paris, en passant même par Berlin en 1890.

Surtout, le passage d'un souverain à un autre, d'une timbre à un autre, montre le conflit de deux familles pendant ce première siècle serbe : les Obrenovic d'un côté, les Karadjordjevic d'un autre. Quatre révolutions entre ces deux dynasties, en plus des deux soulèvements du début et les multiples conflits contre l'Empire ottoman, puis les voisins, eux aussi prenant leur indépendance, afin de définir des frontières nationales dans un espace multinational.

Un bon moyen de se rendre compte que venir au secours de la Serbie en 1914 était peut-être protéger un petit pays contre un gigantesque voisin - et régler des comptes entre six puissances mondiales, mais aussi une petite folie face à un État si remuant dans un environnement tendu et qui le restera longtemps. En 1934, le roi Alexandre Ier de Yougoslavie est assassiné à Marseille par un terroriste bulgare dont l'organisation visait à ce que les Bulgare contrôle la Macédoine et la Thrace - organisation que l'armée bulgare était en train de détruire après le coup d'État du printemps précédent.


Côté français, ce sont les deux dernières publications de Timbres magazine qui présentent l'histoire et la complexité géopolitique de cette région d'Europe à des moments et par des spécialités philatéliques qui la montre calme et suffisamment pacifiques pour permettre au courrier international de circuler l'Europe occidentale et centrale vers l'Empire ottoman.
La couverture du Timbres magazine de mai 2016 et ses (seulement) huit titres à la une (version bien verticale via www.trouverlapresse.com).
Côté magazine mensuel daté mai 2016, Laurent Veglio présente les options maritimes et terrestres qui se présentent à un expéditeur français du Second Empire pour sa lettre à destination de Constantinople.

À la fin des années 1850, une compagnie britannique propose au sultan la construction d'une voie ferrée entre le Danube et la mer Noire, au port de Constanza (Constanța en roumain et écrit à la française à partir du turc Kustendje). L'objectif postal est d'économiser de précieuses demi-journées de transport fluvial à travers la Dobroudja par le coude menant au delta du Danube, tout en s'éloignant géopolitiquement d'un Empire russe alors honni par une les puissances françaises et britanniques : voir la guerre de Crimée de 1853 à 1856.

Pendant six ans, à Vienne, la voie de terre permet soit de passer par Belgrade, alors à la frontière danubienne de l'Empire ottoman, puis d'employer les postes ottomanes, ou de continuer à descendre le Danube sur un bateau autrichien entre rive ottomane et rive vallache au nord (Valachie tout juste devenue l'embryon futur de la Roumanie par fusion avec la principauté de Moldavie... oïe, nous revoilà aux confins de l'Ukraine et du futur Empire soviétique) pour atteindre le nouveau barreau ferroviaire.

Un tableau de Laurent Veglio, à partir du calcul des temps de parcours et des jours de départ, démontre la pertinence de l'entreprise si la lettre pour la capitale ottomane ne rate pas le départ : de trois à quatre jours d'économiser par rapport à la voie balkanique et même les deux voies maritimes étudiées : par les Messageries impériales au départ de Marseille ou la Lloyd Austriaco par Trieste - au nord-est d'une Italie remuée par l'unification piémontaise.

À tel point, que la voie de Kustendje est concurrencée dès 1866 - merci « la bulle ferroviaire » de l'époque,par un barreau en Dobroudja méridionale, dans la future Bulgarie, entre Roussé (Routchouk en turc, presque au droit de Bucarest) et Varna, cent cinquante kilomètres environ au sud de Constanza.

Cet article prenant à lire est complété de notes infrapaginales et de ses sources, deux moyens pour que les lecteurs aillent d'eux-mêmes plus loin. Encore trop rarement présents dans les pages de Timbres magazine.
Couverture du second Dessous des timbres que Gauthier Toulemonde consacre à la présence française dans le monde.
Car c'est avec un dictionnaire historique ou les articles opportuns des Wikipédias (selon les sources de leur contenu, leur illustration, parfois liés à la langue des contributeurs) qu'il faut lire la longue liste des bureaux de poste français en Grèce de 1852 à 1914 dans le deuxième numéro hors-série Les Dessous des timbres en cours de commercialisation depuis mi-avril...

... pour expliciter les quelques remarques dispersées sur le pays où se trouvait la ville concernée au fil des conflits entre indépendantistes grecs ou bulgares et l'Empire ottoman.

Certes, l'article avait d'autres buts premiers, demandant déjà de la rédaction et des illustrations. Il constitue une étude de cas pour l'ensemble des bureaux français d'Europe et du Proche-Orient, comme le sont également les articles sur Fort Bayard en Chine du Sud et Yokohama au Japon : rappeler quels timbres de France furent imprimés ou surchargés pour ces bureaux lointains, quelles oblitérations gros chiffres recherchés avant ces timbres spécifiques. Et, enfin, quelle est la chronologie typique qui justifia l'ouverture de ces bureaux entre nécessité postale maritime et expression de la puissance dans des zones à influencer ou coloniser.

Un catalogue de cotations suffit pour débuter après la lecture de cet article.

En grattant internet, avant de se jeter sur une bibliothèque d'association ou organisation philatélique, on tombe assez rapidement sur le site de Robert Désert sur les « bureaux français de l'Empire ottoman (oblitérations sur timbres français, 1854-1902) », dernière mise à jour en 2004 et premier (et depuis le seul remis) Prix internet 2002 de l'Académie de philatélie. On y apprend qu'un bureau français fut ouvert de 1869 à 1879 à Kustendje, combien peu de timbres et d'enveloppes en sont restés.
Timbre émis par la Danube and Black Sea Railway pour le courrier transporté sur sa ligne (base d'images Commons de Wikimedia).
Parvenu au web anglophone, c'est un contributeur roumain du forum StampCommunity.org qui proposait en juin 2013 quelques éléments de l'histoire philatélique et postale de Kustensje : un timbre local est issu d'un accord entre la compagnie Danube and Black Sea Railway et une compagnie du port de Constanza. Il fut employé seul pour les correspondances entre les villes de la ligne ou en complément de timbres autrichiens (Levant ou Lombardie-Vénétie).

Les Balkans au temps des indépendances et des conflits nationaux, une région à creuser autant que l'Europe orientale dans l'après-Grande Guerre.