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mercredi 12 avril 2017

Exigeantes et plaisantes conférences vers les confins méridionaux de l'Empire

Période classique : entiers postaux, premières cartes postales, histoire postale, routes maritimes... Des sujets exigeants pour mes modestes connaissances... Heureusement que des collectionneurs savent exposer, écrire ou parler de ses sujets.

Côté exposition, espérer revoir la collection que Brigitte Abensur présenta à Paris-Philex, en mai 2016, en mai 2016. Avec les mêmes timbres de Napoléon III, côté écriture, relire les articles de Laurent Veglio dans Timbres magazine depuis septembre 2015...

Côté conférences, après les entiers-enveloppes de Saxe par Armin Knapp en mai 2016, une nouvelle intervention sur les entiers m'a, avec surprise, intéressé un jeudi soir de février grâce à la Royal Philatelic Society London, suivie deux mois après par une autre enchaînant, avec une facilité d'écoute, les enveloppes les plus exigeantes à étudier pour l'historienne postale.

Cartes-entiers de l'État libre d'Orange.
Ainsi, le jeudi vingt-trois février dernier, Mike Smith exposa les principes des entiers postaux d'une des républiques boers, l'État libre d'Orange, enclavé dans la future Afrique du Sud.
Une des nombreuses variantes des cartes postales imprimées par Carl Borckenhagen... Mais celle-ci oblitérée le deux mars 1895 a une histoire très particulière (copie d'écran de la conférence de Mike Smith, au siège de la RPSL, le jeudi vingt-trois février 2017).
Une part non négligeable de son propos fut de l'ordre de l'étude-catalogue des différences entre les tirages londoniens commandés à De La Rue dès 1884 et ceux réalisés localement par Carl Borckenhagen à partir de 1889... Sans oublier les quelques-uns utilisés par la république boer du Stellaland pendant sa courte indépendance (1882-1885) avant une invasion britannique.

Mais largement illustré d'entiers ayant servi vers la colonie britannique du Cap - ces cartes furent créées pour servir dans le cadre d'une convention postale entre Orange et Le Cap de 1883, Johannesbourg dans l'autre république boer du Transvaal, et bien au-delà. Pimenté aussi de taxation dont une vers l'Autriche et revenu en Afrique du Sud pour cause d'adresse insuffisante, et bien sûr de marques de censure avec la guerre des Boers qui marque la conquête de l'État d'Orange par le Royaume-Uni.

Des récits pimentent les pièces rangées dans l'ordre du catalogue. Comme l'importance du patron de presse d'origine allemande Carl Borckenhagen dont l'imprimerie réalisa les entiers, quitte à ce qu'un tirage fauté vit les timbres préimprimés avec le sceau du journal au lieu de celui de l'État...

Petit récit avec la correspondance d'une carte illustrée ci-dessus : signé Arthur Tolkien en 1895, comme le père banquier, Anglais expatrié à Bloemfontein, du grand philologue, écrivain, inventeur d'un univers complet, de ses langues et de ses mythes. L'écrivain a alors trois ans et est rentré en Angleterre avec sa mère, mais son père meurt en 1896, premier des nombreux obstacles de la jeunesse de J.R.R. Tolkien.

Pour ceux qui auraient besoin d'une carte libre de droits d'auteur de l'Afrique du Sud en 1885, la base Commons de Wikimedia propose celle du Scottish Geographical Magazine.

Premiers courriers, premières routes de et vers l'Australie-Méridionale.
Inconvénient des conférences et expositions d'histoire postale « des origines à... » est qu'elles montrent des pièces dont j'ose à peine évaluer la rareté et la valeur. Avantage : la générosité en temps de leurs propriétaires à les exposer et les commenter par écrit ou oralement.

Ainsi, le six avril dernier, malgré une collection incroyable de premières marques de... ou d'usages de timbres de forte valeur faciale vers des destinations inattendues, Pat Grimwood-Taylor a un incroyable talent d'oratrice. Elle m'a captivé - public facile, suis-je ? - pendant cette demi-heure où les enveloppes se sont enchaînés arithmétiquement vite, mais au rythme le plus juste pour en comprendre le sens philatélique et historique.

L'objet était donc l'histoire postale des premières décennies de l'Australie-Méridionale, South Australia, colonie britannique fondée en 1834 d'hommes libres, au contraire des établissements de Nouvelles-Galles-du-Sud (constituant alors tout l'Ouest du continent : un petit gif wikipédien pour suivre) fondés comme des pénitenciers et le déversoir de la pauvreté anglaise.

La passion sud-australienne qui anime Mme Grimwood lui permet de réaliser un véritable cours sur les routes maritimes suivies par les courriers au départ d'Adelaide, la capitale... en ayant le temps d'expliquer avec clarté - à la Geoffrey Lewis - comment le Post Office britannique et son homologue colonial se répartissait les coûts du trajet, lettre par lettre.
Lettre envoyée en double d'Adelaide pour l'Écosse via Marseille le douze juillet 1855, en recommandé. Le 10 (dcimes) manuscrit est dû à l'administration postale française, le 6 au Post Office britannique (recommandation). Ne m'en demandez pas plus... Si je n'ai pas déjà réussi à faire une erreur dans ce résumé (copie d'écran de la conférence de Par Grimwood-Taylor, au siège de la Royal Philatelic Society London, le jeudi six avril 2017).
L'idée essentielle étant que le chiffre est la part due au Post Office britannique selon la part du service maritime postal qu'il finançait : 1 pence s'il l'était par les Sud-Australiens, 3 pence si à parts égales, 5 pence s'il l'était par les Britanniques.

Le point culminant est atteint avec la dernière enveloppe présentée de Anthonys Lagoon, en plein Territoire du Nord sous administration méridionale, pour Wimbledon en Angleterre, oblitérée du vingt-sept janvier 1891...

Mais une marque « TOO LATE », raconte l'historienne postale, signale qu'elle rata le départ du cavalier postal de nuit à Camooweal pour Borroloola, le quatorze février. Deux semaines ensuite, il reprend son chemin multi-modal assez complexe : par bateau à partir de Burketown jusqu'à Sydney puis Melbourne et en train pour Adelaide. Enfin, par bateau transocéanique, il atteint l'Angleterre via une escale à Naples en mai 1851. Pfiou.
Merci de croire la conférencière quand elle affirme que les péripéties de cette lettre ont eu lieu au milieu de nulle part (Google Maps, la fonction itinéraire sert juste à garder en place les quatre lieux cités).
Pfiou pour le parcours de la lettre. Pfiou pour les recherches nécessaires pour retrouver ce parcours.

Les visiteurs du site de la RPSL peuvent retrouver les très complets fascicules des collections exposées ; ils peuvent aussi écrire au Secrétariat de cette Société pour demander l'adresse de la conférence filmée sur youTube.

dimanche 17 avril 2016

Semaines #2016.14-15 ici et ailleurs

Vendredi huit avril sur SebPhilately : mode d'emploi du sans pho chez News du Phospho
Expliqué en anglais l'importance de la communication de deux experts et de deux philatélistes définissant ce qu'est une variété de bandes phosphorescente sur timbres de France.

Et le treize avril, une première leçon de détection des rémanences d'Olivier Gervais sur son blog complète l'offensive pédagogique sur cette spécialité.

Mardi douze avril sur RTÉ : le documentaire sur le GPO de Dublin continue
L'article du mercredi vingt-trois mars est complété à chaque nouvel épisode de la vie au sein du bâtiment du Bureau central de Dublin, simultanément bureau de poste, siège social de l'opérateur irlandais, musée postal et, désormais, mémorial de l'Insurrection de 1916.

Dans le quatrième épisode du douze avril, c'est l'Avent.

Vendredi quinze avril chez votre marchand de journaux : deuxième volume du Dessous des timbres
En à peine quatre mois, Gauthier Toulemonde publie un nouveau hors-série philatélico-géopolitique sur « L'incroyable présence de la France dans le monde », de la frontière avec la Suisse jusqu'aux concessions en Chine, en passant par le type Mouchon d'Éthiopie et des îlots et îles variés.

Le vendredi premier juillet 2016 : plus de folie à Adelaide
Dans le numéro 340, période mai-juin 2016, Australia Post annonce la retraite du distributeur de timbres imprimant la valeur à la demande et qui connaît une célébrité inattendue depuis l'émission d'urgence de janvier dernier. Pourtant, cela faisait de nombreuses années qu'elle vivotait d'émission originale pour faire plaisir aux philatélistes d'Australie-Méridionale.

Punition de la direction régionale suite à la spéculation toujours en cours ? Épuisement du stock de rouleaux aux animaux ?

Sur StampBoards.com, sont attendues impatiemment les cotes que les catalogues vont proposer pour ces timbres, leurs types et multiples variétés.

vendredi 26 février 2016

Faut-il guillotiner les kangourous sans tatouage à Adelaide ?

Comme le tatouage obligatoire des chiens et chats en France depuis 1989, faut-il imposer le tatouage obligatoire de la valeur faciale et du lieu d'émission sur les timbres d'urgence d'Adelaide ?

L'animal a bien fait de se baisser pour observer le problème...
La variété non imprimée avec sa découpe imparfaite dans la partie haute, et toujours attaché à sa bande par ses deux millimètres non guillotinés après impression (wucky100 sur eBay).
Aujourd'hui, vendredi vingt-six février 2016, un peu avant midi heure d'été en Australie orientale, une bande cinq timbres de l'émission d'urgence d'Adelaide accompagnée d'un sixième compagnon isolé s'est vendue pour à peine moins neuf mille dollars australiens !!!

Le week-end dernier, nous en étions à deux mille et plus la bande de six, et même, en lot, la proportionnalité était très suivie à ce niveau croissant là.

La nouvelle justification pour faire monter des prix déjà très forts : un des cinq timbres n'a pas reçu sa valeur faciale lors de l'impression réalisée début janvier dernier, que le vendeur a pu prouver par la conservation de la bande entière.

Une chose peu évidente à réaliser : les participants de StampBoards.com, toujours à suivre avec enthousiasme l'évolution enchériste et spécialiste de l'émission, témoignent de la fragilité des deux minuscules millimètres qui relient encore les timbres de distributeur après découpe partielle dans la machine.
Le lot entier que le vendeur a eu l'intelligence de proposer avec le sixième manquant (wucky100 sur eBay).
Si l'émission paraît légitime quoique démontrant une certaine impréparation des bureaux de poste et franchisés de la région d'Adelaide lors de l'augmentation des tarifs intérieurs, les aspects techniques et spéculatives se font concurrence quand vous suivez les échanges sur le forum philatélique, principale source d'information sur cette émission.

Si les timbres portaient des puces électroniques...
Le vingt-deux février, un membre, saphilatelist, a posté son recensement d'après les achats marchands et collectionneurs, et des estimations sur la part non-philatéliques (par les Muggles pour payer leurs factures par exemple) d'après les ventes sur eBay.

Grâce à la découverte fortuite par un collectionneur le jeudi sept janvier et le bouche-à-oreille dans le milieu, un peu moins de deux mille timbres neufs intacts existeraient, soit, d'après lui, presque les quatre cinquièmes des timbres survivants... Spéculation ? Promotion de l'étude spécialisée des timbres CPS de distributeur australien ? Vaste débat.

Un vingt-cinquième serait collée sur du courrier qui n'est jamais parti : les médias généralistes ont explosé l'affaire à partir du samedi vingt-trois janvier et les expéditeurs se sont rendus compte de ce qu'ils possédaient. Au contraire, une quantité équivalente a servi sur du courrier et est encore collée dessus alors cent cinquante auraient déjà étaient été découpés - par chance avec date lisible et le timbre de soixante-dix cents - voire décollés. Cette pratique philatéliste mal expliquée aux muggles qui croit que c'est un rite obligatoire de passage du timbre rare.

Les philatélistes attirés par la cote et la valeur ont déjà évalué les créneaux calendaires pertinents : au plus près du jeudi sept janvier, à la rigueur avant le lundi vingt-cinq mais si preuve de non-philatélisme : avec ou sans tatouage de sécurité alors ?

Dix pour cent des timbres existant ont, enfin, servi sur du courrier créé par des marchands et des collectionneurs de timbres avant la diffusion sur le forum de la nouvelle, le dix-sept janvier ; certains en utilisant des enveloppes à fenêtre anonymisant le destinataire, donc l'origine philatélique traçable... Débat encore : ça permet au moins de valoriser les courriers adressés à des entreprises d'électricité ou à des particuliers sans aucun rapport avec la philatélie.

Chacun jugera de la pertinence commerçante, spécialiste ou complétiste de la bulle spéculative autour des timbres neufs... tout en espérant que davantage d'enveloppes ingénues apparaissent pour prouver l'intérêt postal de l'émission... qui encouragera le gonflement de la bulle...

Ce kangourou peut-il cesser de sauter, please ?

dimanche 21 février 2016

Hangover ou lever matinal à Adelaide ?

Les choses se calment sur le fil du forum StampBoards.com consacré à l'émission d'urgence d'Adelaide, en Australie-Méridionale, tandis que les vendeurs sur eBay semblent trouver un rythme de croisière. Vivement l'entrée en scène des éditeurs de catalogue pour relancer ou enterrer la spéculation.

Les épisodes précédents
Si vous n'avez toujours pas eu accès à un résumé (vraiment aucun ?), le lundi quatre janvier 2016, les tarifs intérieurs d'Australia Post ont augmenté et complété d'un service prioritaire. Alors que tous, marchands et collectionneurs participant à StampBoards et moi, pensions suivre comment l'opérateur postal allait réussir à prioritiser le courrier avec une simple vignette que l'oblitération ne doit pas toucher, selon les règles expliqués aux postiers publics ou franchisés.

La surprise est révélé sur ce forum le dimanche dix-sept janvier : le Bureau régional d'Adelaide a imprimé sur une machine plusieurs centaines de séries de timbres à valeur sur demande - généralement abandonnés au début des années 2000, mais servant pour des expositions philatéliques locales - pour pallier un manque de timbres de trente cents dans plusieurs bureaux de poste et comptoirs franchisés de la métropole d'Australie-Méridionale.

Le stampede et la spéculation ont bien pris grâce au suivi assuré sur le forum - non sans intérêt : entre la découverte vers le sept et la révélation... Cette semaine, la bande de six timbres neuf tend à atteindre les deux milles dollars australiens : soixante-dix-sept eurocentimes de faciale vendues mille trois cents euros !

La valorisation des courriers est moindre quoiqu'impressionnante plus la date d'oblitération se rapproche de l'émission. Le premier jour supposé est le mercredi six janvier, le sourcil des StampBoarder se soulève d'amusement passé la médiatisation de la semaine du dix-huit, et rigole franchement pour les envois de février... Ne croyant pas que des non-philatélistes aient pu rater le stampede et les accusant d'auto-envoi pour pouvoir récupérer une part du gateau.

La spéculation dans toute sa splendeur.

Mais combien ? Pourquoi les variétés ?
L'éloignement vers eBay de la galopade spéculative infernale permet sur le forum de voir les spécialistes de l'impression et des timbres de distributeur CPS (counter printed stamps) se poser des questions dont les vendeurs et acheteurs se moquent bien.

Sur combien de séries, de timbres, de ventes ? Mystère car les forumeurs témoins ont promis le secret aux autorités postales d'Adelaide. Ce qui est sûr est que l'utilisation de deux types de papier repérables à l'emplacement du millésime 1994 est aléatoire : les rouleaux étaient pris selon leur apparition dans les mains de l'opérateur.

Pourquoi des variétés albinos ? La bande de six portant une marque "$1.00 Adelaide 2016" inversé imprimé en blanc a atteint une enchère de cinq mille dollars. La marque "30c" albino existe aussi.

Mode d'emploi de la machine à impression thermique en main, un participant signale que le rouleau apposant la marque [oula, me faire parler de techniques d'imprimerie... en traduction en plus] a pu servir auparavant pour l'impression des vignettes habituelles millésimées du Bureau d'Adelaide, mise en vente le premier février... Au moment où la commande de trente cents d'urgence a été donnée,... je laisse les connaisseurs de ce genre de machines expliquait immensément plus correctement que moi.

Tout cela est expliqué à partir de la treizième page du fil de discussion.

Et maintenant ?
Les suppositions sur les prix de référence et les cotes de catalogue vont bon train, chacun tenant son calepin de ventes eBay à jour : ce sera fortement utile quand il faudra retrouver un courrier naturel au milieu des créations douteuses.

Le tassement devrait avoir lieu quand les collectionneurs les plus complétistes et les plus passionnés de l'Australie contemporaine auront été satisfaits, donc que leurs exemplaires seront durablement dans des albums.

Seulement, les principaux éditeurs de catalogue (Gibbons, Scott et l'australien Seven Seas Stamps) ont pris contact avec un des acteurs du forum pour connaître les conditions de l'émission... et deux d'entre eux sont en train de préparer la prochaine édition de leur catalogue d'Australie.

Y aura-t-il un nouveau stampede depuis les autres continents vers l'Australie tout au long de l'année 2016 au gré des sorties de catalogues ?

samedi 13 février 2016

"Binge philatelying" à Adelaide : la fête continue avec l'émission d'urgence australienne

Les mensuels philatéliques anglophones commencent à diffuser la nouvelle de l'émission d'urgence d'Adelaide du cinq janvier 2016 et de la spéculation dont elle fait l'objet sur eBay depuis sa publicité par un membre du forum StampBoards.com le dix-sept janvier.

Kang'rou, Gloire et Beauté...*
Résumons l'essentiel : le lundi quatre, nouveaux tarifs d'Australia Post dont passage de soixante-dix cents à un dollar pour la lettre standard intérieure. Le jour dit, le Bureau régional d'Australie-Méridionale découvre que ses bureaux de la capitale Adelaide manquent de timbres de complément à trente cents : il autorise l'usage d'un distributeur réformé (sauf pour les expositions philatéliques) de timbres à la demande et diffuse aux bureaux se signalant en rupture de stock, et ces derniers dépannent les bureaux franchisés.

Depuis, c'est les participants - philatélistes, collectionneurs et marchands - qui suivent le mieux le devenir des séries de six des animaux d'Australie, les deux types découverts, et l'origine des courriers selon leurs dates : pactole si oblitéré dès les premiers jours, aussi bien avant le dix-sept (spéculation...), et avec un doute ensuite car les médias généralistes australiens ont largement propagé la nouvelle. Mille dollars la bande de six semble le minimum pour le moment sur eBay.

La nuit, tous les kangourous sont gris... Non.
Un des membres s'amusait de savoir combien de pages pourrait comprendre une collection compétitive sur cette émission... Depuis deux jours, il y aura de quoi remplir avec la découverte d'une... de deux erreurs d'impression dans l'urgence !
Pouquoi une lampe à ultraviolet doit se trouver dans la boîte à outils du collectionneur moderne (photographie de successman publiée le douze février 2016 sur StampBoards.com et une vente eBay).
Un nouveau membre du forum et client fidèle d'un des marchands qui a permis la diffusion de bandes de six à prix d'amis à ses meilleurs clients, signale le jeudi onze que sa commande est un Chopin de la plus grande qualité : intrigué par les blancs dans l'impression de l'expression « Adelaide 2016 », il a observé sa série à la lampe à ultraviolet et découvert que ses blancs sont provoqués par une impression invisible à l'œil d'une valeur faciale de « $ 1.00 » à l'envers du sens des timbres !!!

Surpris, le marchand reprend son stock et découvre bien une impression erronée sur quelques séries, mais de « 30c » !?? Le client publie le lendemain les photographies sous ultraviolet... Deux surprises en moins de vingt-quatre heures.

Lancée le mardi neuf février, la vente de cette série au « dollar erroné inversé albino » sur eBay explose à deux mille six cents dollars australiens, actuellement à trois jours de l'adjudication... Plus de mille six cents euros, près de mille trois cents livres sterling...
Kangourous (ici version sans l'erreur « albino » : « Adelaide 2016 » sans coupure blanche), koalas, une faune qui fait tourner les têtes sur eBay... Qu'en penseront les éditeurs de catalogues ? (scan de GlobalAdministrator sur StampBoards).
À côté de ces erreurs, passeraient inaperçus les autres trouvailles sur courrier des premiers jours de janvier :
- deux mille dollars pour un affranchissement d'urgence oblitéré du six janvier (yeepee!!!) sur fragment (beurk!) que les collectionneurs fuient ou décollent d'habitude,
- une lettre partie du bureau de Torrentsville Plaza en date du sept janvier qui a circulé entre collectionneurs à la valeur initiale du pack de vingt-quatre canettes de bière australienne**,
- une émission de pseudo-urgence d'un dollar du même Bureau régional d'Adelaide existerait, etc.

Du Prix Socrate de la métaphilatélie : où acheter et vouloir être informé.
Surtout, les discussions du forum permettent de philosopher sur la philatélie contemporaine, à partir des opinions des participants ou des réflexions permises par ces faits et ces prix atteints.

Il apparaît ainsi une opposition claire entre les enchères astronomiques sur eBay et les prix fort raisonnables entre un marchand et ses clients habitués ou entre amis collectionneurs, sans compter sur les particuliers ne connaissant pas la philatélie et essaie de vendre des blocs de timbres-poste au crocodile de trente cents comme étant la rareté décrite dans le journal local...

Mais, il n'y a pas qu'eux qui sont peu ou mal informés : les premières réunions des clubs philatéliques de la métropole d'Australie du Sud ont lieu et de nombreux membres entendent parler pour la première fois de cette émission d'urgence... Un forum internet où l'Australie tient une bonne place, tous les médias généralistes, et, un mois après...

Qu'en est-il des collectionneurs européens passionnés de l'Australie contemporaine ?... Non, ils collectionnent tous soit les classiques d'Europe ou les émissions du programme philatélique local.

S'informer est une problématique essentielle dans bien des domaines. Pour ces collectionneurs peu connectés, il reste donc le mensuel national et encore... Comme signalé par un marchand, certains timbres australiens du début du vingtième siècle au filigrane spécifique n'ont commencé à se vendre fréquemment et à très bons prix que récemment lorsque l'éditeur Stanley Gibbons leur accorda une ligne et un numéro dans son catalogue. Auparavant, personne ne s'y intéressait sauf quelques rares collectionneurs très spécialisés.

Combien de numéros pour ces six timbres d'urgence et quelles cotes, notamment oblitérées selon les dates ?

Une question fort utile pour les contemplatifs : laissez la poussière du stampede retomber et faire le point dans des articles et un livre que je pourrai lire calmement :)


To English reading visitors:
* : Amour, Gloire et Beauté is the French title of the U.S. soap opera The Bold and The Beautiful, broadcasted in France every week mornings. I regularly used the French title to make fun of stamp sagas because of the song created in France for the opening credit, a sort of huge male unmelodious shouting: "A!!!mour!!! Gloir'! et! Beau!téééé!!!!!"

Aux lecteurs francophones :
** : un slab en argot australien est le nom du pack de vingt-quatre canettes de bière... soit quelques dizaines de dollars (une trentaine selon un site touristique que je ne retrouve plus). Dans tous les cas : entretenez vos relations philatéliques, ça aidera toujours.


Mise à jour du lendemain, dimanche quatorze février 2016 :
Décalage horaire aidant, l'action australienne a lieu pendant la nuit française. Ainsi, les vendeurs sur eBay semblent entamés une réflexion sur le prix à venir de leurs précieuses possessions : des ventes directes de bande de six sont proposées à deux mille dollars australiens désormais.

La variété de la bande de cinq à la marque « $ 1.00 » inversée albino s'approche doucement des cinq mille dollars, mais le vendeur annonce ce jour qu'il espère voir son lot atteindre plus de dix mille dollars d'ici un an... Aux enchérisseurs d'agir : qui sortira vainqueur de ce poker menteur dans quarante-huit heures ?

Enfin, les associations carétatives continuent à fouiller les enveloppes de leurs donateurs au cas où... Les bonnes œuvres remercient le Bureau principal d'Adelaide.

mardi 2 février 2016

Stampede à Adelaide suite à une augmentation douteuse des tarifs australiens

Grâce au forum StampBoards.com, il est possible de suivre l'augmentation des tarifs postaux du lundi quatre janvier 2016, ses prémices, les railleries, et ses conséquences plus ou moins attendues. Une d'entre elles réussit même à toucher les médias non philatéliques et les sites de vente aux enchères avec des culbutes en quadruple salto vrillé de six timbres de trente cents vendus plus de mille dollars australiens. Diantre !

Pour ne pas multiplier les parenthèses : aujourd'hui, un dollar australien = 0,646 euro = 0,489 livres sterling. En 2014 au plus haut, 1 AUD = 0,60 à 0,70 euro  = 0,55 GBP (source : xe.com).


Problème simple, solution simple ?
Scène coloniale : couple de philatélistes sérieux observant stoïquement les événements timbrés d'Adelaide (Don Rosa pour Egmont et Disney).
Au départ, comme dans certains pays occidentaux (Royaume-Uni, France, Canada), la chute du nombre de lettres envoyées entraîne une politique radicale de licenciements, de croissance du nombre de comptoirs postaux tenus par des franchisés et, pour janvier 2016, une sévère augmentation du tarif postal de la lettre intérieure.

Enfin, si c'était si simple.

En effet, les contribuables australiens et leurs postiers ont du mal avec l'actuel président-directeur général d'Australia Post, Ahmed Fahour : en 2014, alors qu'il virait neuf cents employés, il était le fonctionnaire... et le patron le mieux payé d'Australie avec à peine moins de cinq millions de dollars australiens annuels, même si en 2015, il aurait renoncé à ses bonus soit la moitié de ce revenu alors qu'il avait connu les premiers exercices déficitaires de toute l'histoire de la poste australienne.


Enfin si on a deux solutions, c'est mieux, non ?
Un des dessins parmi les documents qu'Australia Post a publié pour expliquer au public (et à ses postiers et franchisés) le nouveau système (site d'Australia Post).
Le vingt-sept novembre 2015, l'autorité de la concurrence autorisa une augmentation de la lettre intérieure, passant de soixante-dix cents à un dollar... Et Australia Post, aussitôt, annonça une réforme du système des priorités, portant à un dollar cinquante cents le nouveau tarif prioritaire.

Pour faire aussi simple que le charmant dessin ci-dessus, la durée du voyage postal de la lettre dépend désormais explicitement si la destination est dans une métropole et dans quel État. Vers la métropole de l'État, l'expédition sera plus rapide que la campagne d'un autre État, s'étalant ainsi du peut-être le lendemain à une semaine. Un dollar donc, anciennement soixante-dix cents.

Mais, si vous souhaitez être sûr du lendemain, le service Express aux boîtes aux lettres jaunes et entiers postaux spécifiques à cinq dollars soixante-quinze, existe encore.

Entre les deux, le nouveau service prioritaire vous garantit un délai d'acheminement un à deux jours plus courts si vous payez cinquante cents de plus, soit un dollar et demi... Qui a dit pigeon ?

Pour l'heure, les essais postaux des participants australiens de StampBoards.com semblent indiquer une inefficacité du service prioritaire comparé au service regular... voire pire.


Pourquoi faire simple ?
Les étiquettes... timbres-poste... machins à coller pour qu'une lettre devienne prioritaire (site d'Australia Post).
Pourquoi ce relatif échec ?

De ma compréhension des débats australiens, il faut se tourner vers les timbres-vignettes ci-dessus. Australia Post n'émet pas de timbre d'un dollar cinquante car, pour rendre le service prioritaire, elle s'est équipée de machines de tri dernier cri.

Le timbre prioritaire est donc une vignette à valeur d'usage avec code datamatrix à coller à côté de l'affranchissement habituel. La lettre jetée dans une boîte rouge sera distinguée du reste grâce au code datamatrix et son traitement expéditif.

Enfin, en théorie.

Les témoignages des philatélistes vont de la postière franchisée qui ne croit pas que ce système va fonctionner, jusqu'à l'interrogation franche : avec les cinq millions de dollars cités auparavant, ne pouvait-on pas commander aux postes européennes (genre TNT ou DHL) des machines qui fonctionnent clé en main ? Il semble qu'Australia Post aurait commandé des machines diverses aux logiciels peu intercommunicants.

Autre étrangeté : les postiers ne doivent pas oblitérer la vignette prioritaire... Les encoches à l'emporte-pièce empêcheront-elles la réutilisation d'exemplaires non maculés ?


Et voilà les philatélistes qui s'en mêlent...

Premier gros accroc : alors que les nouveaux tarifs postaux doivent entrer en vigueur le lundi quatre janvier, les carnets de cinq vignettes prioritaires sont mis en vente dès fin novembre sur le site d'Australia Post au grand étonnement de postiers franchisés à qui l'opérateur a à peine annoncé la nouvelle.

Deux membres de StampBoards.com ont ainsi lancé une vente aux enchères au profit de l'Armée du salut avec une enveloppe postée le deux décembre 2015 et portant - non touchée par l'oblitération - une vignette prioritaire. Un peu d'amusement pour une bonne cause.

Par contre, combien de pseudophilatélistes-spéculateurs malhonnêtes ont-ils proposé de telles pièces aussi peu utiles que des autocollants décoratifs à des collectionneurs mal informés ?


... relayés par une direction régionale inconséquente.
Un des six timbres provisoires de trente cents du Bureau d'Adelaide émis en urgence en janvier 2016... Comme dans les bureaux coloniaux qui ne voyaient pas le bateau-ravitailleur arriver (scan de GlobalAdministrator sur StampBoards).
La situation est déjà passablement compliquée : nouveaux tarifs, nouveau service, doute sur la capacité des dirigeants actuels à gérer une industrie postale... Normalement, ça suffit déjà pour que les médias locaux se jettent sur les témoignages d'usagers mécontents.

Sauf qu'il y a la direction du Bureau d'Adelaide (GPO pour Great Post Office dans les discussions an anglais) qui a oublié de s'approvisionner en timbres de trente cents pour fournir les bureaux de la ville et de l'État d'Australie-Méridionale pour finir de vider leurs stocks de soixante-dix ou permettre aux usagers d'utiliser les leurs.

Pour parer au plus pressé, on ressortit de la naphtaline une machine débitant des timbres à la demande pour sortir sur des rouleaux de six animaux australiens datant de 1994 des valeurs postales de trente cents avec mention « Adelaide 2016 »...

...

Oui, oui. En 2016, dans un pays occidental, où la spéculation philatélique est connue des dirigeants postaux qui doivent la manier façon « timbres du désir » lors des salons philatéliques uniquement - ce à quoi servait ponctuellement la machine d'ailleurs, un directeur régional a émis des timbres d'urgence...

Publiée le dix-sept janvier sur StampBoards, la nouvelle est contée par un participant qui a découvert, le huit janvier, les timbres dans son bureau de quartier qui en limitait la vente à cause du manque de timbres de trente cents. Après enquête, il raconte que, le cinq, le GPO avait fourni les bureaux de la ville qui en avaient fait la demande avec ces timbres, qui à leur tour ont fourni les bureaux franchisés de leur zone, jusqu'au huit et l'arrivée des timbres-poste habituels.

Dimanche trente-et-un janvier, avec l'aide du même Glen Stephens qui suit bien les péripéties dans son pays, le marchand britannique Ian Billings conte l'inévitable : un lot de six timbres s'est vendu mille cinquante-et-un dollars sur eBay le vingt janvier ! Et une lettre s'est adjugée à presque mille sept cents dollars !!!


Au moins, fin janvier, les médias australiens ne s'interrogeaient plus sur le salaire du patron de la poste et j'avais l'impression de relire, plus d'un siècle après, les épisodes de timbres coupés en deux ou surchargés dans un bureau perdu où le postier attend fébrilement le prochain bateau et sa livraison de timbres neufs.


Et vingt-quatre heures de plus, le mercredi soir trois février 2016 :
Une journée australe de plus a permis une remarque sur le fil de StampBoards consacré à l'émission d'urgence d'Adelaide : parmi les six timbres, le timbre de distributeur « Famille de koala » [et pas seulement, note du dimanche sept février 2016] existait en 1994 sous deux types avec le millésime décalé. Un témoignage de philatélistes ayant pu consulter les stocks créés début janvier confirmerait l'existence des deux types.

Sur les sites d'enchères, une bulle se forme : certaines séries neuves atteignent des propositions de mille cinq cents à deux mille dollars ! La recherche des participants du forum se concentre davantage sur estimer les courriers effectivement affranchis et ayant circulé postalement sans philatéliste : le six janvier reste le premier jour connu, mais une résidente a témoigné avoir acheté ces timbres le mardi cinq et utilisé plus tard...


En fin de semaine, le samedi six février 2016 :
À présent, les membres du même fil de StampBoards suivent les ventes sur eBay ou entre marchands et collectionneurs connus localement, en essayant d'imaginer où les cotes vont se stabiliser et, même, quel serait le plan d'une exposition sur cette émission d'urgence.

Actuellement, la série de six bloque à mille dollars australiens (environ mille six cents euros), mais l'intérêt des philatélistes se portent sur les enveloppes d'origine non philatéliques oblitérées avant que la nouvelle ne soit connue, au plus près du cinq janvier donc.

Et là, une anecdote glace le sang sur le plein d'idées reçues des moldus concernant la philatélie : un membre a l'habitude de trouver son bonheur dans le courrier reçu par une association carétative (charity). Hélas, cette semaine, aucun timbre des timbres d'Adelaide...

... car un bénévole de l'association a déjà débusqué trois enveloppes les portant et décollé les timbres comme pour tous les courriers afin de confectionner les pochettes de timbres. Nombre de fois où j'ai dû accepter de ne récupérer que le coin déchiré d'une enveloppe reçue par une connaissance... soupirs...