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samedi 27 juin 2026

Le parapluie, la solution d'ExploringStamps pour les photographies en exposition

 Lors de l'exposition mondiale de Boston, du vingt-trois au trente mai 2026, plusieurs vidéos ont été réalisées par l'équipe d'ExploringStamps, créée par le vidéaste philatéliste Graham Beck qui réalise depuis 2016 des vidéos sur des timbres, des pays, des acteurs ou moments philatéliques. Elles sont principalement diffusées sur YouTube, avec des formats court, photographies ou bande-annonces sur le réseau Instagram.

Cela a permis à Three Stüns Stamps, un philatéliste partageant sur les deux réseaux cités et Facebook, de découvrir le truc indispensable aux visiteurs d'expositions philatéliques souhaitant plus d'archives des collections en compétition que le catalogue ou la carte de visite des philatélistes.

Une solution peu pratique, sauf sous forme de parasol, pour le même problème évoqué sur ce blog lors d'une exposition nationale française de juin.

Une membre de l'équipe d'ExploringStamps prend en photo ou filme des éléments d'une collection exposée, protégée des reflets par un parapluie (via des vidéos éphémères postées sur Instagram de ThreeStünsStamps depuis celui d'ExploringStamps, mai 2026).

Ainsi, la vidéaste est montrée par Beck en train de réaliser des prises de vue de collections exposées, en se tenant sous un parapluie pour éliminer les reflets de l'éclairage envahissant de ces grandes halles d'exposition, pas vraiment conçu pour l'exposition d'œuvres sous vitre.

Un autre truc a été posté de manière durable : à l'exposition nationale de 2025, Cheryl Ganz a montré comment avec des petits carrés adhésifs amovibles - connus par la marque protégée Post-it -, il est possible de décoller ensemble les timbres autocollants juxtaposés d'un bloc pour les coller tous ensembles sur une enveloppe.

Graham Beck et ExploringStamps pour les amateurs de timbres et de leurs nombreux à-côtés matériels et culturels.

vendredi 26 décembre 2025

La vie en philatélie organisée de Chris King

 Le numéro automne-hiver 2025 de la Philatelic Literature Review, journal de l'American Philatelic Research Library, et, en version longue sur le blog de l'auteur, l'historien de la philatélie Abhishek Bhuwalka propose un long entretien avec le Britannique Chris King, qui depuis un quart de siècle participe de l'évolution de la Société philatélique royale de Londres (RPSL) d'une part, et de la philatélie organisée d'autre part.

En-tête de l'article posté le sept novembre 2025 sur le blog The Philatelist, version longue de l'entretien.

Devenu semestrielle cette année et allégée des listes d'entrées d'ouvrages de la bibliothèque de l'American Philatelic Society, la Philatelic Literature Review vise à l'actualité des bibliothèques philatéliques, la recherche sur comment furent établies de grandes publications depuis origines des commerces ou études philatéliques et postales, ainsi la biographie de leurs auteurs.

Dans ce cadre, l'Indien Abhishek Bhuwalka (ici se présentant sur son site d'auteur et collectionneur) y transmet régulièrement des entretiens avec des bibliophiles, des libraires philatéliques.


À soixante-seize ans, et entré en philatélie exposée à cinquante, le cheminement de Chris King demande de nombreuses pages puisque son parcours personnel permet de voir apparaître le collectionneur spécialisé, mais aussi l'administrateur organisé et réfléchi dont la RPSL et la philosophie de la philatélie avaient besoin en ce début de vingt-et-unième siècle.

La lecture de cette autobiographie guidée permet de voir comment Chris King fut un collectionneur comme beaucoup (enfant ayant abandonné jeune adulte, mais repris avec plus de passion encore), et que sa vie professionnelle et politicienne l'a formé à des compétences indispensables aux sociétés philatéliques dans lesquelles il s'est, tardivement, investi.

Le rôle de son épouse, la Danoise Birthe Troelsen, rencontrée lors d'un stage professionnel à Venise, est déterminant, au point qu'ils ont créé le Double Geneva Club, en 2016, pour les couples philatélistes. Birthe a permis le déchiffrement et la traduction des courriers que Chris étudiait dans ses spécialités autour des duchés du Schleswig et de Holstein, puis des routes postales autour de la Scandinavie. À tel point que sa première exposition en classe ouverte au London Stamp Show 2000 est autant la sienne que celle de sa femme. Ensuite, celle-ci se prend de passion avec des collections sur la Seconde Guerre mondiale au Danemark et en lien avec le génocide perpétré par les nazis.


Je laisse la découverte des détails d'avant cette collection exposée, et surtout, de la suite. Mais quelques points m'ont intéressé.

Parmi les réponses aux questions d'Abhishek Bhuwalka, Chris King rappelle que la présidence de deux de la RPSL est en fait un parcours d'une décennie au sein de son Bureau, et dont la présidence est la partie centrale. L'étude de la modernisation du 41 Devonshire Place, siège historique de la RPSL, puis de sa vente et la gestion quotidienne et sur place du chantier du 15 Abchurch Lane, ont eu lieu après, sous le titre de Past President.

Cela permet à King de montrer qu'avant son adhésion en 2005, les membres du Bureau sont déjà en train de faire évoluer cette société d'apparence élitiste en une société explicitement ouverte à de nouveaux membres, mais surtout à offrir au plus grand nombre ses ressources de recherche.

Tragiquement, Frank Walton (1953-2022) fait partie de ce grand moment d'ouverture et de projets... avec leur fragilité. La genèse de la Global Philatelic Library, incluses les négociations avec le Smithonian en charge du Musée postal national de Washington, montre le bouillonnement d'idées entre King et Walton, mobilisant les cadres de la RPSL autour d'eux. Mais, également que depuis la mort prématurée de ce dernier, il manque une cheville ouvrière pour la Bibliothèque globale.

Car, au terme de la lecture qui montre un Chris King ayant déjà une année 2026 déjà bien remplie, son souci constant est : comment rendre l'ensemble des ouvrages, archives, collections de la Société philatélique royale de Londres, mais aussi du plus grand nombre de sociétés et associations philatéliques accessibles, au moins qu'un moteur de recherche permette d'en connaître l'existence ?

Le séminaire Crawford, en liaison avec le musée intégré à la RPSL, des présentations reprenant les définitions des disciplines et classes d'exposition philatéliques, et donc ouvrant les possibles ouvertures vers l'histoire sociale, les autres collections d'objets (monnaie, affiches, pamphlets, etc.).


À une autre échelle, enfin, Bhuwalka demande à King s'il pense que, depuis les confinements du covid-19, le développement rapide des conférences virtuelles, en parallèle des rencontres physiques, est une bonne chose pour la philatélie.

Là, il est pessimiste. Certes, le virtuel a permis de rapprocher les membres lointains de leurs sociétés, en particulier la très-londonienne RPSL. Cependant, cela a fortement ralenti l'adhésion de membres, leurs visites au 15 Abchurch Lane, la découverte des idées et compétences de chacun.


Je conseille vivement la lecture des entretiens réalisés par Abhishek Bhuwalka, et plus généralement la lecture de la Philatelic Literature Review. La philatélie a besoin d'une mémoire, d'un Who's Who qui ne soit pas qu'une parade des propriétaires de British Guyana, plus de la biographie de ce qu'ils ont apporté à leur échelle à la collection, à l'exposition, à la curiosité générale. Avec remise dans le contexte de l'époque car on est rarement seul comme Chris King le rappelle pour la période 2000-2015 concernant la Direction de la RPSL.

mercredi 15 octobre 2025

Classe ouverte exposée sur réfrigérateur

 Suite à un post sur le réseau social Bluesky d'un cartographe sur ses magnets quasi-sculptures de destinations de voyage, ce mercredi quinze octobre 2025, voici la porte de mon réfrigérateur, le deuxième à voir se superposer souvenirs de mes voyages en France et à l'étranger.

Le réfrigérateur du blogueur (tous droits réservés).

Cartes postales marquantes : reproduction de dessins des amoureux de Peynet trouvés au musée d'Antibes, photographies ou montage artistique de paysages de la descente vers le Vieux Port de Marseille aux monuments de Liverpool et Chester, et le pic Saint-Loup au nord de Montpellier.

Les magnets permettent de faire tenir le tout, avec l'aide de ceux offerts par Médecins sans frontières et de représentations amusées de deux membres du groupe ukrainien Kalush Orchestra, et certains ont été présentés sur ce blog : armoiries de Cologne et Liverpool, singe de Gibraltar postant une lettre, carte touristique de Jeju, reproduction de sceaux anciens de Montpellier ou d'une tuile d'avant-toit du royaume coréen de Silla (par ici aussi), datée du septième siècle avant Jésus Christ.

D'autres ornent les montants de porte de la chambre à coucher, en signe de bons augures pour la journée - non, je ne vérifie pas de quel pied je me lève : 

Le palier du jour du blogueur (tous droits réservés).

Paysages des saisons fraîches depuis la forêt au pied de la tour nord de Séoul, la Vue de village de Frédéric Bazille, le message patriote britannique "Keep Calm and Carry On", et un très beau magnet métallique à l'oiseau emblématique de Liverpool, le Liver bird.


Oui, la plupart ne pourront pas se placer sous les lourdes vitres des traditionnels panneaux d'exposition philatéliques.... d'où leur exposition sur meubles et infrastructures métalliques du domicile.

dimanche 31 août 2025

Après maints obstacles, PhilaKorea 2025 en approche

 Après avoir subi la recherche d'un budget avec Korea Post, subi la recherche d'un créneau en 2024 dans le calendrier bien rempli des nations philatéliques d'Asie et d'Océanie, la Fédération philatélique de Corée accueille une exposition internationale, PhilaKorea 2025, du mercredi dix-sept au dimanche vingt-et-un septembre 2025.

Dans le numéro de septembre de Woopyo (우표 - littéralement Timbre), le magazine mensuel de la Fédération, son rédacteur-en-chef Jin Hur témoigne des coulisses de l'organisation d'un tel événement, autant face aux acteurs philatéliques qu'aux administrations générales, et de ses opinions face aux acteurs de la Philatélie organisée (la φl@télie dans certains articles de ce blog).

Dans le cadre du rapprochement depuis un peu plus d'un an entre la Fédération coréenne et l'association anglophone des collectionneurs de la Corée basée aux États-Unis, Korea Stamp Societyla traduction en anglais de cet éditorial est proposée sur le site de cette seconde, en date du vingt-huit août 2025.

Par clarté, en italique, mes commentaires personnels.

L'affiche de l'exposition internationale PhilaKorea 2025 (site officiel).

Jin Hur passe rapidement sur les épisodes des années précédentes. Korea Post et les ministères les plus concernés par l'organisation d'un tel événement, à la fois de niche, mais participant de la réputation du pays, ont eu du mal à trouver les ressources financières. Oui, la Corée du Sud est une puissance économique développée désormais, mais avec des aléas économiques et politiques communs au reste du monde. En voyageant en Corée en 2024, j'ai eu un petit aperçu de ce que c'est d'être entouré par d'autres puissances que celle autour de l'Europe atlantique.

Enfin, septembre 2025 fut adoptée avec la reconnaissance accordée par la Fédération internationale de philatélie, en plus de celle de la Fédération inter-asiatique. Cela a attiré des fédérations d'un vaste horizon, dont la Fédération française.


Contrairement aux croyances des vieux grincheux français sur la fin du timbre, de sa collection, à cause de jeunes écervelés scotchés à tous les écrans possibles... Jin Hur pense que tout commence par comment les adultes et vieux grincheux croient que la communication électronique permet de contourner les règles.

Quelques fédérations semblent ne pas comprendre que l'envoi de dossier complet et aussi définitif que possible (erreurs et impondérables exclus) permet aux organisateurs de travailler sereinement. Le courriel fait croire à certains qu'on peut envoyer les dossiers et informations par épisodes, les modifier au bon plaisir des prises de conscience sûrement des exposants en retard, etc.

Vus les compliments adressés à, et les photographies de collectionneurs français tutorant des enfants à organiser leur collection de timbres pour l'exposer à TimbresPassion, la Fédération française des associations philatéliques (la φF@P) doit avoir respecter les règlements et calendriers.

Les vieux grincheux de France s'étoufferont en lisant que Jin Hur trouvent les jeunes occidentaux sont moins victimes de l'addiction numérique que les Coréens, et qu'il y a même un renouveau de la philatélie jeunesse en France. Après tout, les représentants français vont débarquer avec huit collections jeunesse, le record de PhilaKorea 2025.


Après les représentants nationaux des collectionneurs exposants, c'est au tour des idées reçues (héritées du passé ou des fédérations sportives ?) et de l'élite φl@télique d'en prendre pour leurs grades.

Non, le comité organisateur de l'exposition ne choisit pas les jurés de l'exposition internationale qu'il accueille, même s'il peut se permettre d'exposer quelques collections supplémentaires moins au niveau. C'est la fédération continentale ou, ici, internationale qui désigne les jurys.

S'il semble que l'idée est une proportionnalité entre nombre de collections par nation et nombre de jurés par nation, Jin Hur remarque que les plus importants participants en nombre (Chine, Japon, États-Unis, Inde) ont peu de jurés en comparaison.

De plus, des dirigeants de la Fédération internationale sont jurés ex officio, mais doivent être présentés comme un quota F.I.P. et non selon leur pays.

Il a aussi pris conscience du manque de jurés coréens ayant passé les qualifications nationales, continentales et internationales... par manque de volontaires plus que par manque de compétences. Déplacements, rythme soutenu des évaluations debout, réunions (houleuses ?), communication avec les candidats,... ?

Et, coup de bâton sur l'élite φl@télique, de rappeler comment, lors d'expositions internationales, certains courent après les officiels de leur fédération et de la F.I.P. pour devenir juré... quand d'autres attendent de voir reconnu leurs connaissances et leur capacité d'exposition en termes de notes après plusieurs expositions. Au risque de voir l'incompétence des premiers pénalisait l'enthousiasme des seconds face à des évaluations qui ne seront pas au niveau.

Oh, ce souvenir de deux Français marchant et parlant vite en français dans les couloirs d'une exposition internationale à Londres car les notes semblaient leur déplaire... Deux décennies environ.

La Fédération coréenne semble devoir se lancer dans la recherche et la formation de bonnes volontés et Jin Hur d'illustrer cela avec la diapositive d'une formation de jurés en Australie. Et d'encourager ceux qui disposent des qualités de juge de ne pas forcément attendre la médaille Grand Or internationale pour se porter volontaire.


Hélas ! Une fois supporté* ses pairs (*put up with, cope with in French, and absolutely not to support), il y a des limites à ce qu'un officiel philatélique peut faire, face à l'Administration de son pays en ces temps de préjugés envers les étrangers... enfin certains étrangers.

Dans les ambassades et consulats de la République de Corée de certains pays ou face à certaines nationalités, il a été imposé de fournir des documents en plus de l'invitation officielle de Korea Post aux demandeurs de visa d'entrée...

... Comme le certificat d'enregistrement commercial de l'entreprise, émis par une autorité étatique coréenne !

Si au ministère des Affaires étrangères, comme dans beaucoup de pays développés, les politiques demandent aux fonctionnaires de se méfier des touristes dépassant leur séjour pour rester en Corée (jeunes touristes français passionnés de k-pop, pas de figuration salariée sur un tournage avec un visa touristique... Vous ne rerentrez pas en Corée pour plusieurs années. Il y a un visa spécifique), Jin Hur rappelle qu'un migrant clandestin motivé restera, malgré la débauche de preuves initiales. 

Méconnaissance aussi de la niche des collectionneurs internationaux. Imagine-t-on un philatéliste capable de payer le voyage et le séjour pour être exposant, représentant, juré d'une exposition et qui resterait en Corée clandestinement en laissant famille et collections au pays ?!! Un réfugié ? Une personne désespérée de son avenir et celui de sa famille ?

Jin Hur ajoutant la pique sur l'élitisme de la Philatélie organisée et d'une partie de ses jurés avec les belles photographies d'un des repas de galas en queue-de-pie. Loin de l'image du migrant volant le travail du Coréen : campagne de pêche en haute-mer, travail de découpe sur les marchés aux poissons et les abattoirs, récupération de déchets recyclables, et, pire, victimes du crime organisé ?


Sauf qu'en consultant le ministère des Affaires étrangères, le rédacteur en chef a découvert que c'est le ministère de la Justice qui appelle à ce zèle.

Avec conclusion de l'éditorial sur ce point de l'accueil des participants à un événement culturel international : les Sud-Coréens ont-ils été aussi mal accueillis par les consulats occidentaux quand leur pays était encore en développement ?


Comme les films et séries télévisées, le récit de l'histoire par des non professionnels, l'intrigue des jeux vidéo, la philatélie est bien politique : des relations entre acteurs de la Philatélie organisée jusqu'à la manière dont les pays d'accueil reçoivent les collections et les participants.

Le timbre-feuillet des cinquante de Radio France, entreprise de service public, créé par Ugo Gattoni (via le communiqué de presse).

Comme, en France, émettre un timbre-feuillet d'un artiste contemporain pour les cinquante ans de Radio France, l'année où la ministre de la Culture essaie d'envoyer la Torpille finale après des années de disette budgétaire et d'accusations contre les employés du service public.

dimanche 24 août 2025

La déception de ma carte postée à l'Exposition philatélique de Corée de 2024

 Hier, au bout d'un an, j'ai évoqué l'expérience artistique et postale d'envoyer un courrier à un an d'avance... alors que j'aurai déjà pu montrer le timbre de l'Exposition philatélique de Corée 2024.

Certes, l'année professionnelle n'a pas été de tout repos et, donc, trier les centaines de photographies et scanner quelques dizaines d'items... Oulala !

Mais, c'est aussi car la carte postale que j'avais posté au stand du service philatélique de la poste... et bien...

Deux timbres personnalisés de l'Exposition philatélique de Corée 2024, multi-oblitérés le vingt-six juillet 2024.

Le vendeur de cartes postales toute choupinou à base de chats était aimable. Le jeune personnel du stand philatélique de Korea Post également. Ce sont parmi les généreux commerçants que j'ai évoqués dans un articulet en avril 2025 : offerts une planche d'autocollants félins pour l'un, un porté-clé philatélique pour les autres.

Un pot de stylos et de feutres fins mis à disposition des clients. Et une petite boîte rouge posée sur le comptoir. L'expérience a été réussie.

Sauf que le neuf août suivant, en 2024, la carte arriva dans ma boîte aux lettres...

... au centre de tri, au moins quatre passages sous la machine oblitérante. Aucun horizontal ?


Pour la valeur d'usage de ces timbres personnalisés, en noir : 영원 (yeongweon / prononcé yɔngouɔn, avec, approximativement en français, un "ou" et deux o ouvert = ɔ).

Deux logiciels de traduction en ligne propose « éternité » ou « permanent ». On doit être donc sur un timbre pour la lettre nationale standard au premier échelon de poids, d'où la consigne d'en coller deux pour le tarif pour la France, faute d'autres timbres que ceux émis lors de l'Exposition.

samedi 23 août 2025

Des courriers reçus un an après et leur mise en scène à Séoul en 2024

 Après une semaine à Jeju puis Busan, j'arrivai le mardi vingt-trois juillet 2024 à Séoul, la capitale sud-coréenne, et après un parcours en bus depuis le quartier de la gare principale, je rejoignis l'île de Nodeul, où se tenait l'Exposition philatélique de Corée, du dix-huit au vingt-quatre.

L'affiche de l'Exposition philatélique de Corée 2024, au dos du papier à lettre de l'animation de correspondance.

Nodeul est une petite île au milieu du large fleuve Han qui coupe la métropole en deux. Elle accueille un héliport, une salle de concert, de nombreuses halles pour exposition et salons, quelques restaurants et cafés, et une pelouse de concert en plein air.

C'est dans ce lieu que la Fédération philatélique de Corée et Korea Post ont organisé l'exposition compétitive nationale 2024, et diverses animations philatéliques, ludiques, officielles tout autant que d'initiation à la philatélique et à la correspondance écrite et postée - en août 2024, j'évoquai la présence de la poste chaleureuse.

L'enveloppe que je me suis envoyée de l'exposition, le vingt-trois juillet 2024, et arrivé hier, le vingt-deux août 2025.

Pour encourager à la correspondance, il était proposé de s'écrire une lettre, de la poster, et le service postal se chargerait de l'envoyer un après. Une capsule temporelle de papier, déjà proposée au sommet de Gamcheon, à Busan, et dans d'autres lieux touristiques ou religieux du pays.

L'en-tête du papier à lettre, rappelant que 2024 marque le cent quarantième anniversaire de l'émission du premier timbre-poste coréen.

Ainsi, des hôtes et hôtesses expliquaient aux visiteurs le principe, indiquait l'espace de petits bureaux avec stylo et une feuille A4 de papier à lettre, reproduisant l'affiche de l'Exposition 2024.

Ça paraît simple, il faut juste aller acheter un timbre (tarif national), deux (tarif international) au stand de Korea Post.

Ça aurait été décembre, je me serai cru à envoyer une lettre au Père Noël : l'animation de l'envoi de la correspondance à soi un an après (personnage de Hong Yerim et installation multi-supports de Lee Jaehyung, Exposition philatélique de Corée 2024, à Séoul, en juillet 2024).

Mais, à l'exposition nationale, c'est la mise en scène qui visait à convaincre les visiteurs de se lancer dans l'exercice, acheter un timbre pré-personnalisé avec l'affiche de l'Exposition... et attendre un an.

La boîte aux lettres spéciale avec le facteur Ours Bleu à diodes luminescentes (personnage de Hong Yerim et installation multi-supports de Lee Jaehyung, Exposition philatélique de Corée 2024, à Séoul, en juillet 2024).

Une des salles du salon était une installation artistique d'écran, de vidéoprojecteur et de statues tapissées de diodes bleues. C'était une des deux parties haute-technologie et futur des activités proposées (avec se photographier avec un timbre personnalisé en réalité augmentée).

Lee Jaehyung utilise les diodes en réseau pour jouer avec leur éclairage et leurs couleurs lorsqu'il transmet des paquets d'informations, si possibles provenant de réactions humaines, des visiteurs par exemple.

Montage de photographies résumant le principe de la vidéo de base : Ours Bleu mène sa tournée en passant devant des timbres de Corée des origines à nos jours (personnage de Hong Yerim et installation multi-supports de Lee Jaehyung, Exposition philatélique de Corée 2024, à Séoul, en juillet 2024).

À patte gauche de l'ours-facteur, est projeté sur le long mur un film animé mettant en scène sa tournée à vélo, en passant devant des timbres de Corée, des classiques aux récents, des thématiques historiques aux réalisations technologiques du pays... jusqu'à passer derrière un mur de pierre servant de générique à ce film BlueBear.

Surprise ! Un cœur apparaît sur le facteur Ours Bleu !
(personnage de Hong Yerim et installation multi-supports de Lee Jaehyung, Exposition philatélique de Corée 2024, à Séoul, en juillet 2024) 

Vous ai-je dit qu'il faisait tropical en Corée l'été ?

Oui... Ah.

Donc, même l'avant-dernier jour, en semaine, il y avait quelques visiteurs dont des parents avec enfants et des Coréens, en recherche d'occupation climatisée.

Imaginez la réaction des enfants quand il glisse leur enveloppe dans la boîte aux lettres spéciale : leur message chaleureux (consigne de l'activité) suscite l'apparition d'un cœur rouge sur la statue bleutée du facteur... Et une lettre scellée d'un petit cœur rejoindre le film d'animation.

Sûrement la plus simple des créations Bending Matrix de Lee Jaehyung sur la relation diodes - émotions, mais la plus efficace pour le faire connaître et provoquer l'acte postal d'écriture manuscrite.


À part vendre des timbres supplémentaires (moins le coût des feuilles et des enveloppes), quel est l'intérêt des organisateurs philatéliques comme postaux de cette animation-là ?

Le dos de l'enveloppe : un autocollant annonce l'exposition internationale PhilaKorea 2025, un mois et demi après l'envoi des courriers.

Il faut retourner l'enveloppe qui s'est alourdit depuis que je l'ai postée : un autocollant a été collée annonçant l'exposition internationale PhilKorea 2025, à Séoul, du dix-sept au vingt-et-un septembre 2025...

... Soit un mois et demi après l'envoi des courriers, le premier août 2025.

Et, en plus, le visiteur qui s'écrit à lui-même, a financé par le timbre, son temps et son attente, la publicité pour l'événement philatélique suivant, sans que la Fédération et la Poste n'aient eu à établir un fichier et un envoi massif à ce public potentiellement non-philatéliste.

Idée économique à creuser !


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

jeudi 14 août 2025

Archives, recherches et rédaction dans The London Philatelist été 2025

 Dans le numéro juillet-août 2025 de The London Philatelist et ses compléments sponsorisés, les membres de la Société philatélique royale de Londres (RPSL), l'Association internationale des journalistes philatéliques (AIJP) et deux grandes maisons de commerce proposent abondance de conseils et de ressources passés et à venir sur le rôle des archives, de la recherche et de la rédaction en philatélie.


Ce qui a attiré d'abord mon regard a été le fascicule édité par l'AIJP et la maison aux enchères allemande Heinrich Köller pour annoncer un Sommet sur la littérature philatélique suivi de la vente de « La Bibliothèque "PARIS" », les treize et quatorze novembre 2015 pour le premier, le quinze pour la seconde ; le tout à Wiesbaden, en Hesse.

Le Suédois Tomas Bjäringer cède son immense bibliothèque philatélique aux enchères, dont une partie est photographiée au siège de la maison d'enchères, rangée comme au départ dans ses étagères d'origine.

Le catalogue est téléchargeable en pdf sur le site de vente, sous le nom donc The "PARIS" Library (sa seconde ville de résidence), et numéro 387, ISBN 978-3-911997-32-4.

Plus de mille deux cents ouvrages des origines de la timbromanie aux ouvrages récents de référence aux tirages limités ; présentés pour certains comme rares et/ou reliés luxueusement, de provenance à faire frémir les fans d'autographes ; ou, plus utile à mon avis, annotés par l'auteur, le marchand aux enchères, ou un de ses propriétaires.

Attention aux spécialistes de la Suède, la partie de la bibliothèque de Tomas Bjäringer sur son pays sera proposée le trente novembre par GÖTA Frimärken, à Göteborg, même si la liste des lots suédois est reproduite dans le même fichier pdf.

Le catalogue comprend plusieurs pages sur l'œuvre philatélique de Bjäringer, principalement ses réalisations en écriture philatélique, sa participation à l'organisation de grands moments bibliophiles tels une partie de sa collection lors de Stockholmia 2019 pour les cent cinquante ans de la RPSL ; ainsi qu'une sorte de « généalogie » philatélique, à la fois familiale et de ses mentors.

Avant la liste des lors, Bjäringer présente les dix livres qu'il emporterait sur une île déserte et une page présente celle à qui il confie la reliure de ses ouvrages depuis deux décennies : Annika Baudry de ateljé b, une Suédoise, diplômée et installée à Paris.

Vue l'inflation des tarifs postaux, notamment pour les colis express avec assurance, Henrich Köller offre deux pour cent de ristourne sur les frais du vendeur (buyer's premium) aux acquéreurs qui viendront retirer leurs lots le lendemain, dimanche quinze novembre.


Pour ces objets spécifiques que sont les livres philatéliques, à la fois fruits de la recherche, outils de travail des chercheurs suivants, et objets de collection, l'AIJP organise un sommet sur la littérature philatéliques, toujours à Wiesbaden, les deux jours précédents cette vente.

Certes, avec un hôtel partenaire, on pressent que cela aidera à attirer des acheteurs à de petites vacances philatéliques en Allemagne, mais le titre des exposés et discussions montre le développement des questionnements.

Venus d'Allemagne, du Royaume-Uni et de Suède principalement, et quelques autres pays européens, les animateurs s'interrogeront, entre autres le premier jour :

- la littérature philatélique se limite-t-elle aux timbres et donc à la période depuis le six mai 1840 (Chris King) ;

- Karl Louis, connu pour tenir des bases de données philatéliques, d'histoire postale et de littérature, présentera l'intérêt et les limites des catalogues de vente aux enchères comme fondements de « registres philatéliques ». Il sera suivi par James Podger sur comment collectionner lesdits catalogues ;

- L'après-midi du premier jour verra la question des collectionneurs renommés (provenance, valeur de placement, j'imagine) autant que celle de la conservation d'une bibliothèque privée.

Le deuxième jour sera celui des études de cas, entre autres :

- des grandes bibliothèques de référence allemandes : à Wuppertal, Hambourg et celle nommée en mémoire d'Heinrich Köller à Francfort-sur-le-Main ; et celle de la RPSL à Londres ;

- des éditeurs passées (Jean-Baptiste Moens, et un panorama sur la littérature suisse) et actuels avec The Stuart Rossiter Trust.

Pour clore, Claudio Manzati posera une question d'actualité : « Lancer un journal international d'histoire postale de nos jours : une idée folle ou un défi raisonnable ? »


Néanmoins, il faut bien que ses livres aient été rédigées, des recherches menées pour les emplir de connaissances aussi fiables que possible.

Et là, le numéro lui-même du London Philatelist présente le compte-rendu du Crawford Festival qui s'est tenu les vingt-quatre et vingt-cinq juin 2025, au siège de la RPSL, 15 Abchurch Lane, à Londres.

Les archives étaient le thème de ce colloque annuel sur la recherche philatélique, nommé d'après James Lindsay, comte de Crawford (1847-1913), grand bibliophile et sûrement un des premiers à acquérir et mettre en valeur les épreuves et essais qui participent de la genèse des timbres-poste.

La première présentation par le Français Maurice Hadida et le Gibraltarien Richard Garcia a montré comment leur ouvrage sur les postes locales et chérifiennes du Maroc a précisé, corrigé, voire découvert des connaissances en partant des archives diplomatiques de Gibraltar, Espagne, France, Royaume-Uni et Allemagne.

Un labeur de quelques décennies, dans des archives non postales a priori, mais qui contiennent des informations indispensables pour comprendre des services tenus par des étrangers, parfois sur des périodes très courtes... à peine le temps pour la presse philatélique de l'époque de les découvrir.

Cette réflexion est commune avec le troisième intervenant, Richard Scott Morel, conservateur des Collections philatéliques de la British Library, quand il présente des objets des collections nationales du Royaume-Uni : diplôme d'un grand scientifique portant un timbre fiscal de quarante shillings (cher !), une lettre supposée écrite par Jack l'éventreur,...

Des items parfaitement identifiés, catalogués pour leur importance historique, mais pas philatélique ou postale. Le conservateur d'insister sur l'importance des méta-données : cette formalisation des archivistes et documentalistes pour décrire et indexer au départ de la conservation... au risque sinon que les chercheurs suivants ne puissent redécouvrir faute de pouvoir rechercher dans le catalogue général, aussi informatisé soit-il.

Notamment pour des domaines spécialisés, que je dirais « de niche », pour lesquels la connaissance ou prise de consciences des professionnels peut manquer, vu l'immense champ des possibles face aux archivistes (et aux documentalistes dans les bibliothèques).


Justement, la numérisation d'archives a été l'objet de deux exposés, les deux pour mettre à disposition plus aisément au public potentiel, mais le but de la conservation n'est pas la même.

Éviter d'user les archives, pouvoir indexer leur contenu pour faciliter des recherches et la consultation immédiate chez soi sur un ordinateur, a été le but et les étapes du travail mené par la RPSL et des membres volontaires pour les archives de production de timbres-poste de l'imprimeur Perkins-Bacon en possession de la Société. Le processus de numérisation depuis la manutention des registres jusqu'à la livraison des fichiers a été expliqué par deux responsables de Max Communications, l'entreprise spécialisée au Royal Warrant, qui a réalisé cette tâche.

Cependant, David Beech, ancien président de la RPSL et prédécesseur de Morel à la British Library, rappelle comment Alan Druce et lui ont développé les connaissances sur cette imprimerie quant il s'est révélé que, difficiles à trouver et consulter, des archives se trouvaient également à la British Library et aux Archives nationales... alors que les chercheurs n'allaient que vers celles possédées par la RPSL, les seules dont le public avait le plus facilement connaissance grâce à l'achat et à la numérisation par l'association.

D'un autre point de vue, comment conserver les collections d'exposition compétitives qui sont, par nature, temporaires puisque le collectionneur crée un bilan de recherche philatélique, thématique, classe-ouvertiste sur un sujet donné à partir d'objets collectionnés... avant de les sortir de cet ensemble pour en revendre une partie, constituer une autre approche, remplacer par mieux, passer à tout autre chose, etc.

C'est pourquoi l'actuel président de The Museum of Philately, Simon Martin-Redman, a expliqué l'initiative de David Feldman, fondateur de la maison d'enchères éponyme, et Marcus Orsi de conserver sous forme numérisée les collections ayant obtenu une médaille Grand Or dans une exposition internationale. Devenue une entreprise non-profitable, le musée virtuel utilise ses bénéfices pour développer la philatélie dans le monde.

L'avantage du colloque-séminaire est que le public présent semble avoir répondu de manière critique au Museum of Philately. L'intérêt est vu immédiatement pour retrouver des connaissances et des objets à l'avenir ; assurer la provenance et l'histoire des propriétaires d'un objet ; la simplicité de consultation.

Néanmoins, la question de l'indexation est revenue, ce dont le président a conscience : actuellement, l'organisation vise la facilité d'accès, pas encore les méta-données de chaque item inclus dans les collections...

Personnellement, pour revenir au Sommet sur la littérature philatélique de novembre prochain, j'espère que les intervenants présents à Londres en juin s'interrogeront alors sur comment indexer les lots de chaque catalogue de vente aux enchères... Tout indexer, quels lots ? Et, questions posées au festival : la reconnaissance automatique de caractères et des logiciels d'indexation de mots sont-ils déjà efficaces ? Les deux participants de Max Communications n'écartent pas ces outils, mais signalent la constante nécessité d'une vérification humaine du travail réalisé par la machine. 


C'est ainsi que, lors de la quatrième et dernière demi-journée, Chris King seul, puis en discussion avec un panel, a insisté sur l'importance d'aller aux archives, aux sources primaires pour construire la connaissance philatélique et d'histoire postale.

Les auteurs reprenant pour argent comptant les écrits antérieurs sans vérification, mais King déplore également la difficulté à accéder aux archives principales, non numérisées ou nécessitant de trop coûteux voyages. En plus du problème de l'indexation et des méta-données.

Et là, je ne peux conseiller à ceux qui sont intéressés par ses questions à s'abonner à la revue de l'American Philatelic Research Library, qui est partie de l'American Philatelic Society, mais dont la cotisation-abonnement est dissociée : nul besoin de prendre les deux.

En effet, ce sont des enjeux permanents en archives et même en bibliothèque-documentation que le panel a évoque comme l'APRL : indexation ; durabilité des moyens de stockage numérique (autant matériels que logiciels) ; et puisqu'un représentant des archives postales britanniques était présent pour signaler ce qui pouvait intéresser les philatélistes, la nécessité d'identifier les acteurs-clés des archives sur un temps long : propriétaire [idée personnelle : le dépositaire le reste-t-il ?], conservateur, financeur [voir premiers crochets ; autres financements pérennes ?],...

Évidemment que les philatélistes, qui ont acheté des essais et tirages particuliers d'imprimeries philatéliques privées ayant liquidé leurs archives, sont heureux... Les chercheurs moins.


Pour illustrer tout cela, des articles de philatélie sociale sur les civils pendant la Seconde Guerre mondiale sont proposés dans ce numéro. Les auteurs ayant le souci de retrouver les correspondants et le contexte de leurs échanges.

Et un article de John Stimson sur l'achat grâce à deux mécènes (dont Patrick Maselis) et le dévoilement par la RPSL d'une des trois copies historiques du portrait de la Reine Victoria par Alfred Edward Chalon, dont l'original est passé de la Famille royale britannique à celle de Belgique, et est connue des philatélistes de l'Empire colonial britannique, de l'Océanie au Canada, en passant par les Indes occidentales.

L'avantage des archives et des recherches bien documentées permet ainsi à l'auteur d'expliquer comment le « Chalon portugais » est dit « portugais » et quel parcours l'a mené jusqu'à Londres.


Enfin, le deuxième cahier publicitaire est véritablement un périodique de connaissances en lui-même : le dixième numéro de The Corinphila Gazette daté août 2025, publié par la maison d'enchères allemande Corinphila.

Certes, un journal par une entreprise marchande est bien pour attirer des collectionneurs souhaitant vendre leurs biens les plus précieux, et signaler le contenu des prochaines ventes.

Néanmoins, l'activité d'édition de collections médaillées internationales en coopération avec Heinrich Köller, la série Édition d'Or ; les principales dates des cent années de la CORportation INternationale de PHIlatélie ; et les annonces de nouveaux livres spécialisés ; complètent la presse philatélique grand public.


Au final, comment conserver un linéaire de livres, catalogues, journaux, « presse publicitaire », timbres en albums et classeurs, dont plusieurs adaptés aux enveloppes, voire morceaux de colis,...

Sans parler du temps de loisir nécessaire...

Je comprend mieux pourquoi se spécialiser.


Merci à toutes les personnes, institutions et entreprises mentionnées pour cette lecture estivale qui sert de piqûre de rappel à tous, même à moi (mes articles sur la Corée doivent être bourrés d'erreurs ou de manques de recherche ; que mes libellés ne doivent pas permettre de retrouver facilement des informations ; etc :(

mercredi 7 mai 2025

Europhilex 2025 à Birmingham du 7 au 11 mai 2025

 De ce mercredi sept au dimanche onze mai 2025, se tient l'exposition internationale Europhilex 2025 à Birmingham, au Royaume-Uni.

Le logotype d'Europhilex 2025 imitant les oblitérations Duplex (site officiel).

Le logotype de la manifestation reprend une oblitération de type Duplex britannique, qui a aussi servi de modèle aux médailles remises aux collectionneurs compétiteurs.

Une Collector's Sheet pré-personnalisée avec les projets du timbre de l'anniversaire de la Victoire et du début de la Reconstruction (boutique web de Royal Mail).

L'exposition internationale britannique est organisée tous les dix ans, mais les conséquences accumulées du Brexit (visa payant pour les Européens), du covid, de la guerre en Ukraine, ont pour conséquence une importante inflation dans de nombreux secteurs au Royaume-Uni.

Le budget a été une question immédiate des organisateurs, d'où le choix de Birmingham au lieu de Londres et du Business Design Centre. Moins coûteux à louer pour le salon et l'exposition, la ville vers le centre de l'Angleterre est plus accessible et abordable pour les Britanniques et Irlandais, tout en bénéficiant aussi aux visiteurs lointains pour l'hôtellerie.

Et aller au-delà des habituels monuments et musées londoniens.

Outre l'émission des quatre-vingts ans de la Victoire, émise le premier mai, Royal Mail proposera deux produits en série limitée au salon : le bloc-feuillet Dame Vera Lynn avec imprimé en titre le nom de l'exposition, et, reproduite ci-dessus, une « feuille pour collectionneur » pré-personnalisé avec les projets du timbre de 1946 de l'anniversaire de la Victoire.


Avec l'exposition internationale (liste des participants et titres) et les marchands, les fédérations britanniques (ABPS) et européennes  (FEPA) organisent chacune leur congrès annuel. Et ce sera le lieu de signature du Roll of Distinguished Philatelists pour les nommés de l'année, telle Birthe King, dont les collections et études philatéliques et postales sur la déportation et le système concentrationnaire et d'extermination nazi montrent l'utilité des objets conservés pour la mémoire, à présent que les témoins et survivants ne sont plus.


vendredi 21 mars 2025

L'hyperinflation yougoslave de 1989-1994 dans The London Philatelist

 Des philatélistes et historiens postaux ont une passion pour les périodes d'hyperinflation, des augmentations dramatiques des prix, dont la répétition d'émissions de timbres à multiples zéros, puis les surcharges d'anciennes valeurs, puis des trouvailles diverses pour éviter de tapisser une enveloppe... et donc les enveloppes d'époque ou à destination de l'étranger.

En articles de presse philatélique française ou en expositions, j'ai principalement vu l'hyperinflation allemande de 1921-1924 et celle en Hongrie en 1945-1946, grâce à la masse de timbres neufs à valeur devenus infimes inondant le marché philatélique. Ainsi que les photographies marquantes de l'époque : aller faire ses courses avec une brouette de billets, les prix des patates revues chaque heure, l'homme tapissant son appartement de billets sans valeur effective, etc.

Pour les autres épisodes, il faut trouver un collectionneur spécialisé du pays, ou qui a pu vivre l'époque en garder trace ou savoir où trouver des courriers témoins.

L'introduction de l'article de Vladimir Milić dans The London Philatelist de mars 2025.

Dans le numéro de mars 2025 de The London Philatelist, le journal de la Royal Philatelic Society LondonVladimir Milić propose une présentation de l'hyperinflation en Yougoslavie de 1989 à 1994, de l'évolution des six devises monétaires aux conséquences pratiques sur la poste du pays en division passant de la République fédérale socialiste à six républiques à la République fédérale de Yougoslavie (Serbie et Monténégro).

L'auteur de l'article reste sur les plans purement monétaires, postaux et philatéliques. Ne sont pas l'objet les causes initiales dues à une politique économique de rigueur afin d'obtenir une aide des États-Unis en 1989 - rappelons le statut de non-aligné du pays -, puis l'aggravation de la situation générale avec la partition de la fédération, les guerres qui s'ensuivirent, et les sanctions internationales contre l'État yougoslave restant.

Tout pour causer une hyperinflation et des pénuries. Mais les enveloppes montrées par l'auteur montrent qu'il y avait tout de même nécessité à envoyer du courrier vers l'étranger proche - un destinataire identique à deux exemples pourrait interroger sur la biographie de l'expéditeur.

Les tableaux statistiques proposés sont clairs et permettent de suivre en nombre brut, en puissance de dix, en pourcentage comment les six dinars successifs ont perdu de plus en plus de valeur, et les tarifs postaux de base (lettre intérieure, lettre internationale) ont atteint des dizaines de milliers et des millions de chaque nouveau dinar jusqu'à ce qu'un ultime plan de stabilisation parvienne à une déflation au premier semestre 1994.


Ces tableaux seront absolument indispensables et une référence pour ceux qui rechercheront les traces philatéliques et postales de cet épisode.

Au terme du tableau du tarif postal de la lettre intérieure : 300 dinars le trois mars 1989, 156 x 10^24 du même dinar le seize juin 1994... ou 0,12 dinar (celui créé le vingt-quatre janvier précédent).


Ensuite, pour illustrer avec quelques pièces les formes d'affranchissements connus ou possibles, Vladimir Milić travaille par devise monétaire : 

- collage superposé de timbres-poste que les PTT émettent de moins en moins jusqu'à l'introduction de tarifs de type lettre alphabétique « A » (lettre intérieure) et « R » (recommandation intérieure) quitte à utiliser ce dernier en multiples à sa valeur postale pour tenter de faire face...

- démultiplication des marques de machines à affranchir au nombre de chiffres insuffisants pour atteindre les milliers et millions de dinars nécessaires ;

- étiquette de bureau de poste, quitte à considérer qu'elle sous-entend une puissance de dix non indiquée - d'où l'absolue nécessité de disposer de cet article pour l'étude d'un courrier yougoslave en vue d'une exposition compétitive ;

- et enfin, « port payé  » en français de l'Union postale universelle quand le postier est définitivement dépassé.


La bibliographie indique deux publications imprimées, la collection médaille d'or en cinq panneaux de Vladimir Milić, ainsi qu'une présentation filmée pour youTube qu'il a présentée à l'Union des philatélistes de Serbie.

Non, je ne donne pas les liens des deux derniers : la compétence moteurs de recherche général ou par site précis, et sans intelligence artificielle, est à travailler. Ou adhérer à la RPSL pour profiter de dix numéros annuels de son riche journal.

samedi 25 janvier 2025

20 ans de Postcrossing fêtés par la Belgique en juin 2025

Le lundi quatorze juillet 2025, le projet Postcrossing d'échanges de cartes postales en aveugle fêtera ses vingt ans.

Grâce au Portugais Paulo Magalhães, le mardi sept janvier 2025 a été reçu et enregistré la quatre-vingt millionième carte postale entre Rotterdam, aux Pays-Bas, et l'Allemagne. Les statistiques des échanges de 2024 ont été mis en ligne sur le blog du projet, le quatorze janvier suivant ; en une année, 5 014 287 cartes ont voyagé la distance qui sépare actuellement la sonde Voyager 1 et la Terre.

Le bloc-feuillet de cinq timbres imitant une carte postale, à émettre le seize juin 2025 par la poste belge (© bpost and artist Geert Wille à  via Postcrossing blog)

Ainsi, le lundi seize juin prochain, bpost, l'entreprise historique postale belge, émettra un magnifique bloc-feuillet en forme de carte postale internationale avec ses chevrons bleu-blanc-rouge, son étiquette bleu clair « A Prior[itaire] » de poste aérienne et la salutation bilingue : "Groeten de België" en néerlandais et « Bonjour de Belgique » en français.

Les cinq timbres dessinés par Geert Wille représente chacun une étape de la carte postale : rédaction avec un timbre à message cœur rouge, le périple postale avec boîte aux lettres rouge, facteur et vol autour du globe, avant d'être enfin reçu et lu par le destinataire.


La valeur d'usage indiqué permet de réviser (dans les deux sens du terme) le système postal belge.

Depuis le premier octobre 2007 avec le régime intérieur, et le deux janvier 2009 pour l'Europe et pour le Monde, chaque timbre belge porte un nombre de points avec, initialement, un indicateur graphique de destination : drapeau européen ou globe terrestre.

 Ainsi, les timbres Postcrossing à venir porte un « 1 EUROPE », avec le chiffre dans un rond rose concordant avec le bleu ciel de fond des illustrations. Déjà, depuis ma dernière plongée belge et sûrement par souci d'accessibilité et compréhension de tous ses usagers, la poste a décidé d'indiquer en toute lettre la destination possible avec le timbre tenu en main.


Deuxième habitude belge depuis le premier janvier 2010, l'achat à l'unité de timbre en bureau de poste coûte plus cher qu'un achat groupé ou par carnet et feuillet.

En 2010, le nombre permettant d'obtenir une ristourne était de dix. Les tarifs 2025 actuels indique une diminution à cinq timbres pour la ristourne pourvu que l'achat porte sur un timbre intérieur « PRIOR », ou « 1 » Europe ou Monde. Dix restent la barre pour les timbres « 1 » intérieur.

Cinq au lieu de dix presque... sauf que cela signifie qu'au tarif intérieur, bpost a réintroduit un tarif économique et un tarif prioritaire qu'elle avait abandonné dans les années 2000 car elle livrait quasiment tout le courrier interne le lendemain...

Les temps changent ou la lettre du service universel coûte cher et les colis sont certes un milieu concurrentiel, mais plus nombreux et leurs circuits de distribution plus rentables que la tournée des facteurs.


Maintenant, arithmétique, combien coûtera ce bloc-feuillet ?

Cinq fois 2,90 euro au tarif postal ou cinq fois 2,78 euro car il s'agit d'acheter cinq timbres « 1 EUROPE » d'un coup, respectant l'achat en nombre.

La consultation de la boutique web de bpost (la eshop... ça va hurler à l'Académie française et au Québec à force) permet de constater les précédentes émissions du programme philatélique sont, habitude belge du vingtième-et-un siècle, essentiellement des blocs-feuillets de formes variées et vendues cinq fois le tarif préférentiel.

Le bloc Postcrossing 2005-2025 devrait donc être vendu à 13,90 euro et non 14,50.


Retour à la philatélie et à l'événementiel du collectionneur.

Un des postcrosseurs belges a ajouté une information à l'annonce de l'émission sur le blog du site d'échanges. Une vente premier jour aura lieu le samedi quatorze juin avec bureau de poste à Kalken, commune de Laarne, dans la province flamande de Flandre-Orientale. Un village à une dizaine de kilomètres à l'est de Gand.

Pourquoi là ? Car le samedi quatorze et le dimanche quinze a lieu SKALAFILA 2025, une exposition compétitive régionale (avec la Flandre-Occidentale) de toutes classes, y compris les cartes postales illustrées. Elle est organisée par le club Themafila-Wetteren.

Le site du club permet d'apprendre que bpost y lancera également deux émissions : un carnet de dix peintures de Bruegel (tarif « 1 » donc vendu par dix) et un feuillet reproduisant cinq billets de banque parmi l'histoire du franc belge (tarif « 1 EUROPE »).


Le programme 2025 de Belgique est disponible en une agréable au format pdf sur la page philatélie du site principal de bpost.

samedi 24 août 2024

Une poste chaleureuse en Corée pour lutter contre les déprimes

 Lors de ma visite de PhilaKorea 2024, l'exposition philatélique nationale coréenne, le mardi vingt-trois juillet dernier, j'ai été surpris par un espace inédit pour un Français : des tables et chaise pour écrire confortablement, de petites enveloppes, et une boîte aux lettres jaune dans un pays aux boîtes rouges...

La boîte aux lettres et le logotype jaunes de la Ongi Post.

La 온기우편함 ou boîte aux lettres chaleureuses (온기 = la chaleur) voisine heureusement avec un jeune homme en train de rédiger des lettres. Il explique que chacun peut coucher ses soucis sur le papier, les enclore dans une enveloppe, les déposer dans la boîte...

Et lui ou un bénévole de l'association de la Poste chaleureuse y répondra par retour de courrier, grâce aux affranchissements offerts par le partenaire Korea Post.

À gauche la lettre pliée, à droite la lettre close par un adhésif.

Mais, il ne sait pas si une lettre en anglais ou une adresse de retour hors de Corée donnera une réponse. Il me laisse essayer tout de même.

En coréen, l'affiche expliquant l'objectif et le mode d'emploi de l'opération de réconfort.

Intéressante et utile association que voilà, surtout si elle est présente sur un lieu d'exposition philatélique pour encourager la correspondance.

D'ailleurs, j'y reviendrai dans un prochain article sur le blog, s'il y avait peu de visiteurs cet après-midi-là pluvieuse, la moyenne d'âge était dans le jeune actif accompagné ou pas d'enfant ; les plus de cinquante ans faisaient davantage la queue pour les oblitérations spéciales dans une pièce proche de l'entrée.

Des trentenaires et jeune quadragénaires qui ont peut-être intérêt à extérioriser ainsi des soucis sans risque de jugement.

Un bureau de la Poste chaleureuse au sein du Musée du timbre-poste coréen, à la Korea Post Tower, Séoul, le lendemain.

Et l'initiative est nationale de la part de l'association Ongi Post Office : le lendemain, je trouvai ainsi une installation à l'intérieur du parcours du Musée du timbre-poste, à la Korea Post Tower de Séoul.

Le décor est plus éducatif car, encore un article promis à rédiger, le musée comprend plusieurs activités pour enfants.

L'espace de rédaction rappelle une cabine téléphonique - rappeler le passé aux générations précédentes, la boîte aux lettres est bicolore avec de petites personnages dessinées. Cette façon de transcrire des consignes, voire des règlements, par de tels personnages est fréquent dans le pays : éduquer les enfants, souplesse des rappels aux adultes avant la sanction ?

Le mode d'emploi de la poste chaleureuse version Korea Post.

« Boîte aux lettres de conseil concernant les préoccupations.

Veuillez partager une histoire honnête de manière anonyme dans une lettre de préoccupation

et envoyez-la par courrier à la boîte aux lettres Yellow Heart!

La Poste vous enverra une réponse manuscrite. »

Voici la traduction proposée par Google Translate, avec une image montrant une personne transmettant son histoire à travers la cabine... ou se recherchant les batteries en exprimant son désarroi.

La boîte aux lettres est bien au nom stylisé de Ongi Post ; Ongi est en jaune, les syllabes grises signifiant « boîte aux lettres ».

De retour en France, avec le traducteur automatique de Google plus accessible sur mon ordinateur que sur mon smartphone, quelques trouvailles.

Une installation de quartier de Ongi Post à Jongno-gu, le site historique de Séoul, en 2021 (Ongi Post via Korea.net).

Un article sur cette initiative existe sur Korea.net, le média d'informations du Ministère coréen de la Culture, en date du quatorze juillet 2021, associé avec un reportage vidéo posté sur youTube qui montre l'activité collective de répondre correctement et en manuscrit à une personne en détresse plus ou moins grande. Le site de Ongi Post précise qu'elle permet de signaler aux autorités locales s'il y a des situations, anonymes, mais graves dans le secteur d'une boîte.

À l'origine, en février 2017, Cho Hyunsik, alors étudiant, débuta cette action en recevant et répondant à des lettres anonymes qui exprimait leurs soucis.

Depuis, il a créé Ongi Post, l'a étendu à tout le pays : soixante-six boîtes même si la majorité est dans la ville de Séoul et la province qui l'entoure. Deux cents volontaires actuellement pour une durée d'environ deux heures par réponse !

Les institutions civiques ou médicales, et les entreprises partenaires de Ongi Post.

Sur son site, Ongi Post explique avoir besoin de donateurs financiers certes, mais surtout de bénévoles pour l'installation et l'entretien des boîtes et du matériel d'écriture, ainsi que de correspondants pour répondre aux lettres.

L'article indique ainsi la diversité de ces scribes bénévoles : toutes les classes d'âge adultes, certains ayant connu des difficultés et sachant comment rassurer, d'autres ayant des qualités d'écoute et d'empathie. L'exemple est donné des expatriés ayant du mal à s'adapter à la vie en Corée voient leurs inquiétudes répondues par des Coréens ayant connu la vie à l'étranger.

Les partenaires institutionnels et commerciaux sont des lieux denses ou de grand passage : plusieurs universités dans un pays socialement très compétitifs ; cimetières, columbariums et lieux de funérailles ; CGV est une chaîne de cinéma, Lotte est la principale chaîne de centres commerciaux du pays.

Korea Post... le meilleur donateur pour réduire les coûts logistiques du courrier postal. Nulle surprise à ce que Ongi Post soit invitée à la partie postale de l'exposition philatélique nationale ou au sein du musée philatélique.

mercredi 3 janvier 2024

Tristes 400 ans de la poste danoise

 Le vingt-quatre décembre 1624, Christian IV, roi du Danemark, établit des maîtres de poste dont un devait passer deux heures par jour à la bourse de Copenhague pour relever les courriers. Comme les autres postes européennes, ce fut le début d'une longue évolution : création de routes postales, réforme postale avec le timbre-poste, code postal, industrialisation et... arrivée de l'informatique.

Première émission commémorative de 2024 : les quatre cents de la poste au Danemark pour l'exposition Hafnia (émission du deux janvier 2024, via la boutique web de PostNord).

Celle-ci a, à la fois, accéléré le traitement du courrier et des colis, mais aussi provoqué un important déclin de la correspondance imprimée (les factures, les bulletins scolaire - hélas, pas la publicité non demandée) et écrite entre particuliers.

Au sein du Marché unique de l'Union européenne, l'ouverture à la concurrence de la petite logistique a néanmoins été accompagné du droit des États à protéger les consommateurs par un service postal universel... sans empêcher le capitalisme des anciens monopoles historiques : les États danois et suédois ont fusionné leur poste en un groupe PostNord en 2009.

Ce lundi premier janvier 2024, le service universel intérieur a quasiment disparu au Danemark suite à une loi votée en 2023, comme l'expliquent le mode d'emploi des timbres-poste de PostNord danois et un article de Post & Parcel du premier décembre dernier.

Entre les lignes, le gouvernement danois a eu en avoir assez de compenser le déficit de la poste aux lettres depuis 2020, à hauteur d'environ cent cinquante millions de couronnes danoises en 2023, soit environ un peu plus de vingt millions d'euros.

Aux expéditeurs désormais d'assumer le coût avec deux changements au premier janvier 2024 : une augmentation traditionnelle des tarifs et la taxe sur la valeur ajoutée frappe désormais le courrier intérieur qui doit l'indiquer !

Les deux nouvelles valeurs courantes à faciale et d'usage, le timbre rouge étant affecté d'une TVA à reverser à l'État danois (communiqué de presse de PostNord).

En 2023, une lettre intérieure coûtait 12 DKK jusqu'à cinquante grammes et 24 DKK jusqu'à cent grammes, TVA incluse. Depuis lundi, elle coûte 25 DKK TVA incluse avec obligation d'utiliser un timbre portant la mention "INDLAND" (intérieur) donc que sa vente produira une taxe retournant au Trésor danois. Environ 3,35 euro donc.

En 2023, une lettre internationale coûtait 36 DKK jusqu'à cent grammes, désormais c'est 50 DKK toujours sans TVA et doit être affranchie avec un timbre mentionnant "UDLAND" (étranger). Environ 7,70 euros.

Le prix proportionnel est de vigueur : deux timbres affranchissent de cent à deux cents cinquante grammes, trois timbres de deux cents cinquante à deux kilogrammes en respectant des limites standardisées d'enveloppes ou de colis très plats.

Note de curiosité : la "Quickbreve" ou lettre prioritaire intérieure existe toujours pour dix couronnes de plus au premier échelon intérieur, mais ne peut être reçue que dans un bureau de poste (si Google Traduction est de confiance).

Une seule valeur de complément : les anciens usage courant restent valables un an.

Le souci est donc que, depuis le premier janvier, tous les timbre-poste précédant perdent subitement leur pouvoir d'affranchir le courrier intérieur ! Sur-le-champ !

Malgré un dialogue entre l'opérateur postal, le ministère du Transport et l'Autorité de régulation, ces derniers sont restés inflexibles : désormais, tout affranchissement intérieur doit prouver qu'il a payé la taxe sur la valeur ajoutée, donc à l'achat de l'affranchissement : "INDLAND" ! Et tout envoi international ne doit pas être grevé d'une TVA, tout son affranchissement doit appartenir à l'opérateur postal pour son travail...

Apparemment, les autorités danoises n'ont pas voulu ou pu considérer une alternative existant dans les pays ayant imposé la TVA sur le courrier et les colis : tout timbre émis avant la taxation explicite doit être complété de la taxe en déposant l'objet en bureau de poste (Australie et Suède sont citées sur un fil du forum StampBoards).

Libéralisation du marché postal et comptabilité nationale (« Téma la taille du rat ! »).


Les timbres émis avant le trente-et-un décembre 2023 ne peuvent servir que sur le courrier pour l'étranger et seulement jusqu'au trente-et-un décembre 2024, rapporte l'éditeur philatélique allemand PhilaPress, le treize décembre dernier.

PhilaPress précise également que la libéralisation quasi-totale de la loi de 2023 entraîne la limitation de nombreux service par PostNord Danmark pour faire face à la concurrence et limiter les coûts sur ce service en déficit : démontage de nombreuses boîtes aux lettres de rues, diminution du nombre de boîtes postales, mise en concurrence totale de la distribution des abonnements de journaux et magazines, etc.

Une révolution : le type héraldique de 1946 disparaîtra donc dans un an (boutique web de PostNord Danmark).

Philatéliquement, la dernière révolution est la suspension de la continuité du type Petites armoiries nationales en usage depuis 1946. Ses valeurs en carnet de dix allant de deux à cinquante couronnes aideront les Danois à faire l'appoint des affranchissements pour l'étranger en 2024.

Le nouveau type de 2024 reprend les vagues et les cœurs, éléments traditionnels du type Ligne ondulée de 1905, et qui lui aussi a servi sans discontinué.

Enfin, l'exposition européenne Hafnia 2024 aura lieu du dix-sept au vingt octobre 2024 à Copenhague. Les timbres de son bloc ont une valeur faciale de vingt-cinq couronnes et la mention "INDLAND".


Note : la Suède, co-actionnaire de PostNord, n'est pas concernée puisqu'il s'agit d'une loi danoise. Les postes des îles Féroé et du Groenland sont indépendantes, même si une partie des coûts à venir pour leurs clients proviendront du passage par le système postal danois.


Compléments du vendredi huit mars 2024 : premier pas vers la post-philatélie ?

Une fois n'est pas coutume, The London Philatelist daté mars 2024 publie un article approfondi sur de la philatélie actuelle liée aux conséquences de la fin du service universel postal intérieur au Danemark.

Chirs King, ancien président de la Société philatélique royale de Londres et spécialiste classique du Schleswig, propose un article jumelé avec le numéro de janvier 2024 de The Posthorn du Scandinavian Collectors Club.


Parmi les nombreux informations et détails en plus de mon mini-article amateur, King signale qu'à cause de la taxe sur la valeur ajoutée frappant désormais le courrier intérieur font que les timbres Indland ne sont plus légalement des timbres-poste (Frimærker), mais des étiquettes postales (Postmærker) !

En effet, le droit fiscal danois exempte les timbres-poste de la TVA. Et d'illustrer le fait par un humoriste danois : le nouveau timbre rouge légendé en français dans le texte « Ceci n'est pas un timbre ».


Pour montrer que les expéditeurs danois - et les guichets postaux ! - pouvaient déjà ignorer les timbres-poste, il rappelle l'existence d'affranchissement numérisé : des codes alphanumériques imprimables ou recopiables dont il montre un exemple de décembre 2023. Sous le carré de quatre signes sur quatre manuscrits, une marque en danois indique « Porto kontrolleret »...

... lettre que la Royal Mail britannique a taxé comme non affranchie : cinq livres sterling pour le destinataire !

Le timbre international par sms ou code obtenu sur internet a encore du chemin à faire.


Finalement, les fameuses grandes étiquettes de colis en recommandé comprenant expéditeur, destinataire, déclaration douanière semblent le moyen le plus fiable de l'envoi vers l'étranger... au détriment de l'environnement (papier, adhésif).

Et de conclure si la politique danoise de fin du service universel du courrier au Danemark n'ouvre pas la porte à tous les opérateurs postaux et la fin de la philatélie postalement utilisée.


Et cette conclusion philatélique est immédiatement bouleversante. Un important marchand de timbres danois (Fyns Frimærker Service) détient deux cent mille couronnes danoises de timbres uniquement pour les envois à ses clients ! À date de l'article de King, vers le onze janvier, le syndicat des marchands philatéliques danois est entré en négociation avec Post Danmark sur ce problème.

On n'est loin de la perte de valeur au catalogue des collections de passionnés.

Mais, l'occasion faisant le larron : l'entreprise Bladkompagniet S/A distribue des milliers de journaux et magazines chaque nuit dans tout le pays. Pour vingt couronnes, elle proposerait la délivrance de lettres intérieures en une nuit, sept jours sur sept, contre vingt-cinq pour la poste qui, elle, a perdu ses subventions et dont le modèle est de plus en plus centré sur les colis.