Après avoir subi la recherche d'un budget avec Korea Post, subi la recherche d'un créneau en 2024 dans le calendrier bien rempli des nations philatéliques d'Asie et d'Océanie, la Fédération philatélique de Corée accueille une exposition internationale, PhilaKorea 2025, du mercredi dix-sept au dimanche vingt-et-un septembre 2025.
Dans le numéro de septembre de Woopyo (우표 - littéralement Timbre), le magazine mensuel de la Fédération, son rédacteur-en-chef Jin Hur témoigne des coulisses de l'organisation d'un tel événement, autant face aux acteurs philatéliques qu'aux administrations générales, et de ses opinions face aux acteurs de la Philatélie organisée (la φl@télie dans certains articles de ce blog).
Dans le cadre du rapprochement depuis un peu plus d'un an entre la Fédération coréenne et l'association anglophone des collectionneurs de la Corée basée aux États-Unis, Korea Stamp Society, la traduction en anglais de cet éditorial est proposée sur le site de cette seconde, en date du vingt-huit août 2025.
Par clarté, en italique, mes commentaires personnels.
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L'affiche de l'exposition internationale PhilaKorea 2025 (site officiel). |
Jin Hur passe rapidement sur les épisodes des années précédentes. Korea Post et les ministères les plus concernés par l'organisation d'un tel événement, à la fois de niche, mais participant de la réputation du pays, ont eu du mal à trouver les ressources financières. Oui, la Corée du Sud est une puissance économique développée désormais, mais avec des aléas économiques et politiques communs au reste du monde. En voyageant en Corée en 2024, j'ai eu un petit aperçu de ce que c'est d'être entouré par d'autres puissances que celle autour de l'Europe atlantique.
Enfin, septembre 2025 fut adoptée avec la reconnaissance accordée par la Fédération internationale de philatélie, en plus de celle de la Fédération inter-asiatique. Cela a attiré des fédérations d'un vaste horizon, dont la Fédération française.
Contrairement aux croyances des vieux grincheux français sur la fin du timbre, de sa collection, à cause de jeunes écervelés scotchés à tous les écrans possibles... Jin Hur pense que tout commence par comment les adultes et vieux grincheux croient que la communication électronique permet de contourner les règles.
Quelques fédérations semblent ne pas comprendre que l'envoi de dossier complet et aussi définitif que possible (erreurs et impondérables exclus) permet aux organisateurs de travailler sereinement. Le courriel fait croire à certains qu'on peut envoyer les dossiers et informations par épisodes, les modifier au bon plaisir des prises de conscience sûrement des exposants en retard, etc.
Vus les compliments adressés à, et les photographies de collectionneurs français tutorant des enfants à organiser leur collection de timbres pour l'exposer à TimbresPassion, la Fédération française des associations philatéliques (la φF@P) doit avoir respecter les règlements et calendriers.
Les vieux grincheux de France s'étoufferont en lisant que Jin Hur trouvent les jeunes occidentaux sont moins victimes de l'addiction numérique que les Coréens, et qu'il y a même un renouveau de la philatélie jeunesse en France. Après tout, les représentants français vont débarquer avec huit collections jeunesse, le record de PhilaKorea 2025.
Après les représentants nationaux des collectionneurs exposants, c'est au tour des idées reçues (héritées du passé ou des fédérations sportives ?) et de l'élite φl@télique d'en prendre pour leurs grades.
Non, le comité organisateur de l'exposition ne choisit pas les jurés de l'exposition internationale qu'il accueille, même s'il peut se permettre d'exposer quelques collections supplémentaires moins au niveau. C'est la fédération continentale ou, ici, internationale qui désigne les jurys.
S'il semble que l'idée est une proportionnalité entre nombre de collections par nation et nombre de jurés par nation, Jin Hur remarque que les plus importants participants en nombre (Chine, Japon, États-Unis, Inde) ont peu de jurés en comparaison.
De plus, des dirigeants de la Fédération internationale sont jurés ex officio, mais doivent être présentés comme un quota F.I.P. et non selon leur pays.
Il a aussi pris conscience du manque de jurés coréens ayant passé les qualifications nationales, continentales et internationales... par manque de volontaires plus que par manque de compétences. Déplacements, rythme soutenu des évaluations debout, réunions (houleuses ?), communication avec les candidats,... ?
Et, coup de bâton sur l'élite φl@télique, de rappeler comment, lors d'expositions internationales, certains courent après les officiels de leur fédération et de la F.I.P. pour devenir juré... quand d'autres attendent de voir reconnu leurs connaissances et leur capacité d'exposition en termes de notes après plusieurs expositions. Au risque de voir l'incompétence des premiers pénalisait l'enthousiasme des seconds face à des évaluations qui ne seront pas au niveau.
Oh, ce souvenir de deux Français marchant et parlant vite en français dans les couloirs d'une exposition internationale à Londres car les notes semblaient leur déplaire... Deux décennies environ.
La Fédération coréenne semble devoir se lancer dans la recherche et la formation de bonnes volontés et Jin Hur d'illustrer cela avec la diapositive d'une formation de jurés en Australie. Et d'encourager ceux qui disposent des qualités de juge de ne pas forcément attendre la médaille Grand Or internationale pour se porter volontaire.
Hélas ! Une fois supporté* ses pairs (*put up with, cope with in French, and absolutely not to support), il y a des limites à ce qu'un officiel philatélique peut faire, face à l'Administration de son pays en ces temps de préjugés envers les étrangers... enfin certains étrangers.
Dans les ambassades et consulats de la République de Corée de certains pays ou face à certaines nationalités, il a été imposé de fournir des documents en plus de l'invitation officielle de Korea Post aux demandeurs de visa d'entrée...
... Comme le certificat d'enregistrement commercial de l'entreprise, émis par une autorité étatique coréenne !
Si au ministère des Affaires étrangères, comme dans beaucoup de pays développés, les politiques demandent aux fonctionnaires de se méfier des touristes dépassant leur séjour pour rester en Corée (jeunes touristes français passionnés de k-pop, pas de figuration salariée sur un tournage avec un visa touristique... Vous ne rerentrez pas en Corée pour plusieurs années. Il y a un visa spécifique), Jin Hur rappelle qu'un migrant clandestin motivé restera, malgré la débauche de preuves initiales.
Méconnaissance aussi de la niche des collectionneurs internationaux. Imagine-t-on un philatéliste capable de payer le voyage et le séjour pour être exposant, représentant, juré d'une exposition et qui resterait en Corée clandestinement en laissant famille et collections au pays ?!! Un réfugié ? Une personne désespérée de son avenir et celui de sa famille ?
Jin Hur ajoutant la pique sur l'élitisme de la Philatélie organisée et d'une partie de ses jurés avec les belles photographies d'un des repas de galas en queue-de-pie. Loin de l'image du migrant volant le travail du Coréen : campagne de pêche en haute-mer, travail de découpe sur les marchés aux poissons et les abattoirs, récupération de déchets recyclables, et, pire, victimes du crime organisé ?
Sauf qu'en consultant le ministère des Affaires étrangères, le rédacteur en chef a découvert que c'est le ministère de la Justice qui appelle à ce zèle.
Avec conclusion de l'éditorial sur ce point de l'accueil des participants à un événement culturel international : les Sud-Coréens ont-ils été aussi mal accueillis par les consulats occidentaux quand leur pays était encore en développement ?
Comme les films et séries télévisées, le récit de l'histoire par des non professionnels, l'intrigue des jeux vidéo, la philatélie est bien politique : des relations entre acteurs de la Philatélie organisée jusqu'à la manière dont les pays d'accueil reçoivent les collections et les participants.
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Le timbre-feuillet des cinquante de Radio France, entreprise de service public, créé par Ugo Gattoni (via le communiqué de presse). |
Comme, en France, émettre un timbre-feuillet d'un artiste contemporain pour les cinquante ans de Radio France, l'année où la ministre de la Culture essaie d'envoyer la Torpille finale après des années de disette budgétaire et d'accusations contre les employés du service public.
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