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dimanche 29 mars 2026

"Des centaines de souvenirs" coréens d'objets des années 1980

 Diffusée sur la chaîne payante JTBC entre mi-septembre et mi-octobre 2025 en deuxième partie des soirées de week-end, le feuilleton sud-coréen Des centaines de souvenirs (백번의 추억) permet de vivre entre Incheon et Séoul de 1983 à 1989, période de la progressive émergence économique du pays.

Le bandeau de présentation du feuilleton Des centaines de souvenirs sur le site de vidéo à la demande RatukenViki, responsable de la diffusion internationale.

L'intrigue démarre en 1983 en suivant un groupe de jeunes femmes, receveuses d'une compagnie privée de bus urbain à Incheon, alors petite ville à l'ouest de Séoul. Par la porte placée au centre du bus, elles assurent la descente et la montée des passagers, en récupérant tickets ou monnaie.

Une des employées du bureau vérifie les caisses individuelles des receveuses, recomptant la monnaie et vérifiant la validité des tickets (photographie d'écran pendant le premier épisode).

Vivant en dortoir collectif à l'étage, elles subissent clients, quelques conducteurs séducteurs, mais surtout un directeur odieux tout en aidant leurs familles, souvent modestes, et assurant ainsi les études des petites frères et sœurs.

C'est dans cet esprit d'abnégation et d'espoir que se rencontrent les deux héroïnes : Go Young-rye, l'aînée d'une famille de cinq enfants et étudiante autodidacte, et Seo Jong-hee, à peine arrivée en ville d'un passé inconnu.

Affichage d'un véritable ticket et d'un faux pour alerter, avertir même, les employées (photographie d'écran pendant le premier épisode).

Pendant la phase d'exposition du premier épisode du feuilleton, les passionnés et collectionneurs de tout ce qui a trait aux transports en commun d'avant les applications sur téléphone, seront ravis. Après un service, les receveuses déposent leur sacoche-caisse à une comptable qui vérifie les montants déclarés en retriant pièces de monnaie et tickets donnés par les passagers.

Des gros plans montrent le doigt protégé de la comptable à cette tâche, entre-coupé de plans sur le rappel de tout ce que les malotrus sont capables de tendre à la receveuse en espérant que l'obligation de maintenir le rythme et la ponctualité de la ligne permette de frauder aisément.

Un panneau de tous les tickets non valides... et emballages de confiseries (photographie d'écran pendant le premier épisode).

Un grand panneau montre les tickets refusés : d'Incheon mais d'autres compagnies, d'autres villes et régions coréennes, tickets de loterie,... signe de l'américanisation de la société sud-coréenne : emballage de chewing-gum.

Anecdotiques au premier regard pour le spectateur qui va comprendre rapidement que ces objets annoncent la rencontre avec le héros, mêlant fraude, justice, serviette personnalisée,...


Le thème revient régulièrement dans le feuilleton, signe de la volonté des Coréens de se développer avec les États-Unis : méthode de langue, utilisation ponctuelle mais marquée d'expression anglophone : "Alright!" quand la receveuse signale le départ au conducteur, et maints "OK!", "Thank you."...

... et une passion pour la chansons et styles musicaux liés, qu'ils soient états-uniens, ou du pays en langue coréen ou en anglais. C'est dans un tel lieu, le café Vivaldi, où un disc jockey dans sa cabine enchaîne les disques vinyle à la demande des clients.

L'intrigue finit de se développer dans ce café lors d'un rendez-vous arrangé en 2-4 : un groupe de quatre lycéennes rencontrant en public quatre lycéens, dépassant la non-mixité de leurs établissements. Les héroïnes, jeunes adultes, se laissent entraîner pour aider deux lycéennes qu'elles rencontrent entre fin des cours de jour et début des cours du soir.

... Le triangle amoureux est en place pour douze épisodes en deux époques.

L'héroïne composant une carte postale en écoutant la radio : le transistor s'est démocratisé (photographie d'écran pendant le septième épisode).

Violence économique des petits-chefs et sociale des chaebols de la génération précédente, solidarité au sein de la jeune génération malgré les inégalités de vie et de richesse, la majorité des héros et des seconds rôles essaient de traverser cette émergence de la Corée.

Ainsi, même si les conditions de vie sont meilleures en 1989 - voir l'appartement mieux meublé, plus confortable et des objets de loisirs dont le transistor et le walkman, le travail et l'argent restent une problématique permanente, en plus de ne pas savoir comment commencer une relation amoureuse.

Écoutant une émission radiophonique de la nuit, l'héroïne sort une carte postale du tiroir de son bureau (photographie d'écran pendant le septième épisode).

Et, c'est là qu'un mystère pour le spectateur va se développer en arrière-plan. Quand la radio se généralise et se démocratise, une émission de nuit revient tout au long de la décennies : celle où un animateur à voix profonde et apaisante lit des messages d'auditeurs, partageant leurss joies et leurs peines, permettant aux inconnus de partager leurs expériences.

En fond de chanson, elle écrit sur une carte postale qu'on ne verra plus... (photographie d'écran pendant le septième épisode).

Écrire des cartes postales à une émission radiophonique pour partager, ou pour concourir à un prix : déjà vu sur ce blog, en Asie de l'Est dans un jeu vidéo : dans Yakuza 0 de 2015, le héros à peine sorti de prison a besoin d'argent et il découvre un concours de correspondance radiophonique... en 1988-1989 !

Les deux héroïnes à Incheon en 1983, une boîte aux lettres d'époque à l'arrière-plan (photographie d'écran pendant le premier épisode).

En 2026, les émissions de radio et de télévision faisaient encore appel aux spectateurs usent de sms, de courriel, de commentaires en bas de page web.

Dans le feuilleton, c'est subtil et il faut attendre les derniers épisodes pour comprendre la présence des boîtes aux lettres de rue, vert et rouge à l'époque, pourquoi l'héroïne écoute cette émission, rédige de temps en temps une carte postale dont on ne voit jamais la réception, ni le destinataire.

Une série classe ouverte.

dimanche 31 août 2025

Après maints obstacles, PhilaKorea 2025 en approche

 Après avoir subi la recherche d'un budget avec Korea Post, subi la recherche d'un créneau en 2024 dans le calendrier bien rempli des nations philatéliques d'Asie et d'Océanie, la Fédération philatélique de Corée accueille une exposition internationale, PhilaKorea 2025, du mercredi dix-sept au dimanche vingt-et-un septembre 2025.

Dans le numéro de septembre de Woopyo (우표 - littéralement Timbre), le magazine mensuel de la Fédération, son rédacteur-en-chef Jin Hur témoigne des coulisses de l'organisation d'un tel événement, autant face aux acteurs philatéliques qu'aux administrations générales, et de ses opinions face aux acteurs de la Philatélie organisée (la φl@télie dans certains articles de ce blog).

Dans le cadre du rapprochement depuis un peu plus d'un an entre la Fédération coréenne et l'association anglophone des collectionneurs de la Corée basée aux États-Unis, Korea Stamp Societyla traduction en anglais de cet éditorial est proposée sur le site de cette seconde, en date du vingt-huit août 2025.

Par clarté, en italique, mes commentaires personnels.

L'affiche de l'exposition internationale PhilaKorea 2025 (site officiel).

Jin Hur passe rapidement sur les épisodes des années précédentes. Korea Post et les ministères les plus concernés par l'organisation d'un tel événement, à la fois de niche, mais participant de la réputation du pays, ont eu du mal à trouver les ressources financières. Oui, la Corée du Sud est une puissance économique développée désormais, mais avec des aléas économiques et politiques communs au reste du monde. En voyageant en Corée en 2024, j'ai eu un petit aperçu de ce que c'est d'être entouré par d'autres puissances que celle autour de l'Europe atlantique.

Enfin, septembre 2025 fut adoptée avec la reconnaissance accordée par la Fédération internationale de philatélie, en plus de celle de la Fédération inter-asiatique. Cela a attiré des fédérations d'un vaste horizon, dont la Fédération française.


Contrairement aux croyances des vieux grincheux français sur la fin du timbre, de sa collection, à cause de jeunes écervelés scotchés à tous les écrans possibles... Jin Hur pense que tout commence par comment les adultes et vieux grincheux croient que la communication électronique permet de contourner les règles.

Quelques fédérations semblent ne pas comprendre que l'envoi de dossier complet et aussi définitif que possible (erreurs et impondérables exclus) permet aux organisateurs de travailler sereinement. Le courriel fait croire à certains qu'on peut envoyer les dossiers et informations par épisodes, les modifier au bon plaisir des prises de conscience sûrement des exposants en retard, etc.

Vus les compliments adressés à, et les photographies de collectionneurs français tutorant des enfants à organiser leur collection de timbres pour l'exposer à TimbresPassion, la Fédération française des associations philatéliques (la φF@P) doit avoir respecter les règlements et calendriers.

Les vieux grincheux de France s'étoufferont en lisant que Jin Hur trouvent les jeunes occidentaux sont moins victimes de l'addiction numérique que les Coréens, et qu'il y a même un renouveau de la philatélie jeunesse en France. Après tout, les représentants français vont débarquer avec huit collections jeunesse, le record de PhilaKorea 2025.


Après les représentants nationaux des collectionneurs exposants, c'est au tour des idées reçues (héritées du passé ou des fédérations sportives ?) et de l'élite φl@télique d'en prendre pour leurs grades.

Non, le comité organisateur de l'exposition ne choisit pas les jurés de l'exposition internationale qu'il accueille, même s'il peut se permettre d'exposer quelques collections supplémentaires moins au niveau. C'est la fédération continentale ou, ici, internationale qui désigne les jurys.

S'il semble que l'idée est une proportionnalité entre nombre de collections par nation et nombre de jurés par nation, Jin Hur remarque que les plus importants participants en nombre (Chine, Japon, États-Unis, Inde) ont peu de jurés en comparaison.

De plus, des dirigeants de la Fédération internationale sont jurés ex officio, mais doivent être présentés comme un quota F.I.P. et non selon leur pays.

Il a aussi pris conscience du manque de jurés coréens ayant passé les qualifications nationales, continentales et internationales... par manque de volontaires plus que par manque de compétences. Déplacements, rythme soutenu des évaluations debout, réunions (houleuses ?), communication avec les candidats,... ?

Et, coup de bâton sur l'élite φl@télique, de rappeler comment, lors d'expositions internationales, certains courent après les officiels de leur fédération et de la F.I.P. pour devenir juré... quand d'autres attendent de voir reconnu leurs connaissances et leur capacité d'exposition en termes de notes après plusieurs expositions. Au risque de voir l'incompétence des premiers pénalisait l'enthousiasme des seconds face à des évaluations qui ne seront pas au niveau.

Oh, ce souvenir de deux Français marchant et parlant vite en français dans les couloirs d'une exposition internationale à Londres car les notes semblaient leur déplaire... Deux décennies environ.

La Fédération coréenne semble devoir se lancer dans la recherche et la formation de bonnes volontés et Jin Hur d'illustrer cela avec la diapositive d'une formation de jurés en Australie. Et d'encourager ceux qui disposent des qualités de juge de ne pas forcément attendre la médaille Grand Or internationale pour se porter volontaire.


Hélas ! Une fois supporté* ses pairs (*put up with, cope with in French, and absolutely not to support), il y a des limites à ce qu'un officiel philatélique peut faire, face à l'Administration de son pays en ces temps de préjugés envers les étrangers... enfin certains étrangers.

Dans les ambassades et consulats de la République de Corée de certains pays ou face à certaines nationalités, il a été imposé de fournir des documents en plus de l'invitation officielle de Korea Post aux demandeurs de visa d'entrée...

... Comme le certificat d'enregistrement commercial de l'entreprise, émis par une autorité étatique coréenne !

Si au ministère des Affaires étrangères, comme dans beaucoup de pays développés, les politiques demandent aux fonctionnaires de se méfier des touristes dépassant leur séjour pour rester en Corée (jeunes touristes français passionnés de k-pop, pas de figuration salariée sur un tournage avec un visa touristique... Vous ne rerentrez pas en Corée pour plusieurs années. Il y a un visa spécifique), Jin Hur rappelle qu'un migrant clandestin motivé restera, malgré la débauche de preuves initiales. 

Méconnaissance aussi de la niche des collectionneurs internationaux. Imagine-t-on un philatéliste capable de payer le voyage et le séjour pour être exposant, représentant, juré d'une exposition et qui resterait en Corée clandestinement en laissant famille et collections au pays ?!! Un réfugié ? Une personne désespérée de son avenir et celui de sa famille ?

Jin Hur ajoutant la pique sur l'élitisme de la Philatélie organisée et d'une partie de ses jurés avec les belles photographies d'un des repas de galas en queue-de-pie. Loin de l'image du migrant volant le travail du Coréen : campagne de pêche en haute-mer, travail de découpe sur les marchés aux poissons et les abattoirs, récupération de déchets recyclables, et, pire, victimes du crime organisé ?


Sauf qu'en consultant le ministère des Affaires étrangères, le rédacteur en chef a découvert que c'est le ministère de la Justice qui appelle à ce zèle.

Avec conclusion de l'éditorial sur ce point de l'accueil des participants à un événement culturel international : les Sud-Coréens ont-ils été aussi mal accueillis par les consulats occidentaux quand leur pays était encore en développement ?


Comme les films et séries télévisées, le récit de l'histoire par des non professionnels, l'intrigue des jeux vidéo, la philatélie est bien politique : des relations entre acteurs de la Philatélie organisée jusqu'à la manière dont les pays d'accueil reçoivent les collections et les participants.

Le timbre-feuillet des cinquante de Radio France, entreprise de service public, créé par Ugo Gattoni (via le communiqué de presse).

Comme, en France, émettre un timbre-feuillet d'un artiste contemporain pour les cinquante ans de Radio France, l'année où la ministre de la Culture essaie d'envoyer la Torpille finale après des années de disette budgétaire et d'accusations contre les employés du service public.

lundi 7 avril 2025

L'orientalisme étudié grâce à une correspondance intacte

 Que cette couverture est magnifique : des timbres-poste français, italien, hongrois, oblitérés d'Algérie, de Budapest, de Rome, etc.

Heureux sont les historiens de l'École des hautes études en sciences sociales et de l'Institut national des langues et civilisations orientales que leur auteur, expéditeur et destinataire principal - ou un de ses héritiers - n'eût pas été philatéliste !

Couverture de l'ouvrage collectif L'orientalisme en train de se faire, aux éditions de l'EHESS, publié en mars 2024.

Le treize janvier 2025, l'émission audio Paroles d'histoire d'André Loez a permis aux trois chercheurs ayant dirigé l'épluchage de cette masse d'archives par leurs collègues et des étudiants sur plusieurs années universitaires.

Marie Bossaert, Augustin Jomier et Emmanuel Szurek ont ainsi pu étudier la vie et le travail d'un orientaliste français dans son quotidien à l'université d'Alger, alors colonie française ; ses correspondances avec d'autres spécialistes européens de l'Orient, et avec sa propre mère dont il récupéra après sa disparition les courriers qu'il lui avait envoyé. Un véritable archiviste pour qui la moindre pensée mise à l'écrit pouvait servir à l'avenir.

Ainsi, René Basset (1855-1924), ses deux fils André et Henri, spécialistes des langues et cultures arabes et berbères, et d'autres personnalités sont rendus « vivants » dans la manière d'appréhender les cultures et mœurs algéroises, arabes et berbères, des mots et concepts employés par la population, du débat s'il faut considérer ou pas une influence ottomane jusqu'au Maghreb, etc.

Toute sa correspondance et sa bibliothèque terminent à Gérardmer, dans le département des Vosges, dans une demeure qui sera sauvée de l'incendie vengeur de la ville par l'occupant allemand en fuite des seize au dix-huit novembre 1944... par l'intervention d'une femme de la famille ayant indiqué l'importance du contenu de la maison du patriarche. Elle, elle perdit la sienne.

Bien évidemment, nombre de philatélistes, de marcophiles et d'historiens postaux aimeraient mettre le nez dans ces archives données par les descendants en 2014 aux centres de recherche de l'État...

Heureusement que non. Les mauvaises habitudes de dispersion par découpage des timbres, expositions compétitives, ventes aux enchères ont eu une vie longue avant l'émergence de la philatélie sociale dont relève cet ouvrage de recherche universitaire...

... Bon, d'accord, il n'est pas sûr que les chercheurs et étudiants se soient préoccupés des détails philatéliques au-delà des points d'origine et de destination des courriers. Si jamais un jour, ces archives sont numérisées.

dimanche 5 septembre 2021

La poste de Chypre Nord et Twitter ; retour sur la Jeanne-Élisabeth

 Une petite note pour annoncer un complément à l'article de ce blog du vingt-deux octobre 2020 évoquant une « guerre philatélique » mêlant un commerce philatélique spécialisé sur l'Arménie et un compte de réseau social dans le contexte de la guerre Arménie-Azerbaïdjan sur le Haut-Karabakh. Le compte Twitter @KKTC_Posta a évolué : à relire ici. Cette note est reprise sur l'article cité.


Deuxième note sur la Jeanne-Élisabeth, navire naufragé dont la cargaison avait avivé l'appât du gain métallique de pirates héraultais. Suite aux études scientifiques évoquées grâce à la presse sur ce blog en février et décembre 2016, l'histoire de cette piraterie, du naufrage et de ses trouvailles font désormais l'objet d'une exposition au Musée de l'Éphèbe et d'archéologie sous-marine d'Agde (octobre 2019-19 septembre 2021) et de la première émission de la saison 2021-2022 de l'émission Carbone 14 de France Culture, hier, samedi quatre septembre 2021, Carbone 14. Cette note est reprise aux deux articles cités.

lundi 28 juin 2021

À voir ou écouter en juin 2021

 Médias professionnels, associatifs ou amateurs, qu'y avait-il à voir ou écouter côté philatélie, histoire postale ou carte postale en ce mois finissant de juin 2021 ?


Les archives des actualités cinématographiques ou télévisées peuvent inspirer des thématiques. L'historien spécialiste de l'Afrique de l'Est, Derek R. Peterson, propose sur Twitter des clips d'archives rappelant l'évolution de cette partie du continent après la décolonisation. 

L'extrait proposé le vingt-et-un juin intriguera ou motivera le collectionneur de nouveautés qui surveille les émissions liées à la République populaire de Chine. Nombreux sont désormais les pays du tiers monde/non alignés/en développement (entouré la version trahissant votre âge scolaire) à émettre des timbres pour l'anniversaire de leurs relations diplomatiques avec la Chine, l'inauguration d'un grand chantier d'infrastructures avec l'aide financière de celle-ci, etc. Des timbres que certains supposent imprimés et offerts par la Chine elle-même.

L'extrait rappelle que, dès 1970, la Chine de Mao aida la Zambie à rejoindre l'océan Indien par le rail, évitant ainsi l'ancienne voie coloniale vers le sud, passant alors par la Rhodésie du Sud.


Dans le cadre de leurs rencontres à distance qu'ils ont lancées, et qu'ils partagent en quelques heures sur YouTube, car l'épidémie du covid-19 les empêchent de le faire en apparté des expositions philatéliques, les philatélistes du continent américain de Mi Oficina ont goûté à la thématique viticole, le mercredi vingt-six juin.

Leur initiative spontanée est présentée dans le numéro 131 du magazine Flash de la Fédération internationale de philatélie, paru en avril 2021. Le groupe initial organisa des rencontres quotidiennes avec le logiciel Zoom dès février 2020, avant de passer en mode présentations philatéliques en avril, sur de nombreux domaines, thèmes au fil des jours.


Le jeudi dix-sept juin, le Musée de La Poste a hébergé en direct sa première conférence philatélique, une étude de Jean-Jacques Rabineau sur les aléas du deuxième tirage du timbre à validité permanente Europe de la Marianne et l'Europe. Précise enquête qui montre l'intérêt de bandes phosphorescentes pour la collection des timbres contemporains français d'usage courant.

Le musée multiplie ces diffusions en direct ou à rattraper sur YouTube, enregistrées, dans les différents thèmes de ses missions. À explorer pour trouver des idées. Prochaine conférence philatélique : jeudi premier juillet à 18h30 sur fraude et falsification des timbres de France avec l'expert Jean-François Brun.

 Le programme en direct est annoncé sur le fil Twitter du musée et l'agenda sur son site ; les redifussions apparemment une quinzaine de jours ensuite sur son profil YouTube.


Du samedi vingt-six au dimanche vingt-sept, France Culture a proposé une Nuit de la carte postale, dans le cadre de la rediffusion thématique de ses archives. Environ six heures d'émissions sur l'objet de correspondance à plusieurs moments de son siècle et demi d'existence.


Il y a aussi le voir interactif avec les jeux vidéos d'inspiration postale.

Le trente-et-un août 2021, sort KeyWe, un jeu coopératif (à deux donc au même endroit ou en ligne) dans lequel les joueurs incarnent deux kiwis aidant un postier à gérer un bureau de brousse : envois télégraphiques, adressage, timbrage et oblitération des timbres, empaquetage des colis... Ils doivent tout réussir en duo coordonné malgré les dangers de la faune et de la météo locales. Sur consoles (notamment Switch) et ordinateur.

samedi 4 juillet 2020

Entiers postaux japonais chez les yakuzas

Jouant à l'épisode zéro de la série de jeux vidéo Yakuza (traduction appauvrie du titre original japonais Comme un dragon), voilà que la génération actuelle de créateurs montre de l'intérêt pour la correspondance et, de là, la poste et le timbre-poste.

Un des deux héros du jeu, Kazuma Kyriu, prêt à déposer sa prose sur un entier postal (capture d'écran d'une séquence de jeu postée sur youTube).


La série Yakuza du studio Ruy Ga Gotoku et distribuée par Sega pose depuis 2005 un héros principal et, selon les éditions, quelques autres personnages principaux que le joueur va incarner afin de traverser les affres de la carrière d'un membre d'un clan du crime organisé japonais et de sa philosophie - ou tenter de survivre quand le personnage en est chassé.

Yakuza 0 est un épisode sorti en 2015 pour attirer un nouveau public, à l'approche du sixième opus, en racontant les événements d'avant le premier jeu, et en modernisant le moteur graphique et les éléments ludiques du jeu. Depuis, les deux premiers épisodes ont contenu ce rafraîchissement avec le sous-titre Kiwami.

L'action se déroule ainsi en décembre 1988 et janvier 1989, alors que le Japon connaît la réussite de l'argent facile des golden boys. Le joueur accompagne les héros chacun dans la vie quotidienne (et nocturne) d'un quartier animé, incarnant ce capitalisme financier : des versions fictives de Kabukicho à Tokyo pour Kyriu, futur propriétaire immobilier, et Dotonbori à Osaka pour Majima, gérant d'un cabaret-club (Ai-je précisé jeux déconseillés aux mineurs ?).

La recréation des quartiers replace des éléments, communs d'avant l'ère des télécommunications mobiles, presque disparus depuis : vidéo-club, cabines téléphoniques (indispensables pour sauvegarder sa progression) et boîtes aux lettres oranges (inutilisées dans le jeu).

Zoom sur l'entier postal recréé dans le jeu : quelle ressemblance avec la réalité ?

Mais, au cours d'une mission commune aux deux personnages, l'acte d'écriture devient obligatoire... car, à l'époque, la « libre antenne » à la radio passe peu par des coups de fil en direct (trop chers avant les forfaits illimités), ni par sms surtaxé, et encore moins par les réseaux sociaux du web.

Il faut écrire à la main son message et l'envoyer par la poste à l'émission en espérant être sélectionné et lu par l'animateur. Surtout, quand, dans un jeu où l'argent est roi, les héros découvrent qu'ils peuvent gagner un million de yens si trois de leurs cartes postales sont lues à l'antenne !

Et, hop, stylo à la main, entiers postaux sur le bureau, c'est parti... avec animation exagérée digne des mangas et animés (cliquer ici pour visionner une de ces missions d'écriture).

Mais, l'entier postal présenté à chaque moment de grande concentration autorale, est-il ressemblant à la réalité ? N'est-il pas trop flou pour être honnête ? En effet, les programmeurs ont su être immensément plus détaillé pour le reste du jeu, et surtout pour le détail des bouteilles d'alcool de marque que les héros sont encouragées à consommer tout au long du jeu : Sega ayant accepté le placement de produits alcoolisés pour financer le projet !

Grâce au forum StampBoards et les ressources cumulées de ses participants, deux entiers postaux correspondent pour l'année 1989.

L'entier postal, commode quand on écrit rarement : le timbre est déjà dessus
(merci à pmc pour l'aide - voir crédit en fin d'article).

A circulé en fin de décennie 1980, avec le timbre vert au prunier en fleurs, les cases de codes postaux,... mais les branches de prunier sont de trop.

L'autre candidat au canard, émis fin mars 1989 (merci à pmc).

Émis en mars 1989, l'entier au canard peut correspondre si on excepte les deux dernières cases d'en bas, trop grandes...

On conclura que les programmeurs ont fait leurs recherches, ou sont restés marqués par le souvenir des adultes écrivant sur ces entiers dans les années 1980-1990.

Vu le placement d'alcools forts et que nous sommes alors en 2015 au temps du « tout se paye »*, le studio a probablement voulu éviter de payer des droits de reproduction à la poste japonaise.

* : un exemple signalé dans l'article de la Wikipédia en anglais : les chansons japonaises d'introduction et de conclusion du jeu sont remplacées par des musiques instrumentales dans la version internationale.

Remerciements : à pmc, memphre (qui montre que la collection d'entiers japonais est riche : thématique, publicitaires, loterie, etc.) et ligneN pour avoir répondu à mon appel sur le forum de discussion StampBoards.com.

Note : la série Yakuza était une exclusivité pour les consoles PlayStation et le sera apparemment pour l'épisode 7 à venir. Les versions modernisées (0 ; 1 et 2 dites Kiwami ; et 6) sont ensuite sorties sur PC Windows et Xbox One. Attention : en raison du contenu, ces jeux sont vivement déconseillés aux mineurs.

lundi 23 mars 2020

Une nouvelle poste : le Bureau des remerciements

Depuis la semaine dernière et le confinement général de la population française, le réseau des radios publiques locales France Bleu encourage ses auditeurs à remercier les professions indispensables toujours au travail malgré les risques de contamination :

médecins, infirmiers et personnels des hôpitaux, personnes en charge de la propreté de nos rues, personnel des supermarchés et des commerces alimentaires, transporteurs routiers et employés-logisticiens, enseignants volontaires pour faire classe aux enfants des personnels hospitaliers, etc.
Habillé en postier à l'américaine, Soprano chante pour ceux qui aident (capture d'écran du clip, youTube, 2019).
Une chanson a été choisie pour être diffusée à l'antenne chaque jour à vingt heures afin d'incarner cet appel : À nos héros du quotidien du rappeur Soprano, extrait de son album Phœnix de 2018.
Le message de cette chanson est encore plus clair avec le clip vidéo sorti l'automne dernier.

La boîte aux lettres du Bureau des remerciements à partir duquel Soprano va distribuer les mots de remerciements (capture d'écran du clip, youTube, 2019).
Au début du film court, un facteur vient chercher des lettres dans une boîte rouge du Bureau des remerciements, puis circule à vélo dans un quartier pavillonnaire pour déposer ces mots chez ceux qui ont, à un moment donné, aidé, conseillé, rassuré un inconnu.

Celui qui aide un jeune à jongler avec son ballon de football, celle qui aide une personne à ramasser un objet, l'inconnue qui réconforte un hospitalier,...

Côté rappeur, l'uniforme et une boîte aux lettres de domicile reprennent les codes des États-Unis, mais les plans larges montrent bien des boîtes standardisées françaises de grand format.
Le logotype de l'opération France Bleu 100% solidaire.
En ces temps difficiles, n'oublions pas ceux qui permettent au pays de tourner au quotidien... surtout après cette crise.


Une suite en décembre 2022 :
Alors que la période de prudence contre le covid-19 a rendu difficile pendant plusieurs mois la visite des résidents des maisons de retraite, le fils de la directrice de l'ÉHPAD* de L'Enchanterie, à Nantes, a proposé d'utiliser les réseaux sociaux pour recréer du lien social, raconte Anne Bertrand de France Bleu Loire Océan dans un article du jeudi vingt-deux décembre 2022.

Il a posté des photographies de pensionnaires tenant une ardoise avec leur nom et l'adresse de l'établissement. En quelques jours, l'initiative est relayée par d'autres abonnés d'Instagram, mais aussi sur d'autres réseaux sociaux.

Le courrier arrivant à L'Enchanterie est passé de trente à deux mille lettres quotidiennes, dont des recommandés et quelques dizaines de colis avec cadeaux divers et gourmands.

Le lien avec l'article initial de ce blog : la société de production de Soprano a envoyé un album et un t-shirt dédicacé du chanteur à chaque résident. Un merci à ceux qui ont formé et accompagné les générations actuelles.

* : établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (medicalised retirement home in the French health system).

mardi 6 mars 2018

Quand les radios confessionnelles philatélisent

Dans une société du profit et du spectacle médiatique, comment diffuser des émissions régulières de philatélie ? Pas assez de public pour le profit. Pas de spectaculaire hors l'éternel sujet de la valeur des timbres rares... qu'il faut des années d'étude pour reconnaître.

Certes, dans la presse quotidienne régionale, des rubriques existent parce qu'une association locale l'écrit elle-même : voir la page cartes postales historiques dans l'édition montpelliéraine du dimanche de Midi libre compilée depuis fort longtemps par l'Association cartophile de Montpellier-Juvignac.

À son retour bloguiste, Dominique Stéphan a ajouté à son Blog philatélie les liens vers des chroniques philatéliques Le timbre sous la loupe, diffusées le lundi par le réseau Radio chrétienne francophone (RCF), regroupant plusieurs chaînes confessionnelles régionales françaises. La chronique du Jurassien Robert Donnet existe depuis la première le quatorze décembre 2015, passe en revue l'alphabet de la philatélie, de nombreuses émissions de La Poste et autres événements.
Évitons de relancer les guerres de Religion : les logotypes de RCF à gauche et de FM Plus à droite (athée et anticléricaux, soyez rassurés : les liens mènent directement à leur émission philatélique respective).
Côté réformé, c'est la radio associative montpelliéraine FM-Plus et Guylène Dubois qui ont invité Michel Soulié, le marcophile président de l'Association philatélique montpelliéraine, à présenter la philatélie et des discussions-découvertes intitulées Les Timbrés - ... au  moins le titre est clair.

La première discussion eut lieu le vendredi deux février dans le cadre de Vivre ensemble, une case quotidienne à vingt heures ouvertes aux associations de la ville pour présenter leurs activités.

Les premières Timbrés ont été mises en ligne le vingt-sept février pour diffusion les dimanches à onze heures et mercredis à vingt heures. Si Michel Soulié a repris les gros chiffres-tartes à la crème pour attirer les non-philatélistes (le timbre le plus cher du monde, celui vendu cinquante milliards,...) ou  simplement le premier timbre de France, les récits historiques qu'il a présentés permettent de replacer l'objet-timbre dans son usage, son contexte. Bref, l'intérêt de son étude.
Des auditeurs futurs visiteurs et membres de l'Association philatélique montpelliéraine ?
Si la radio offre du temps de parole et d'écoute - et même en différée grâce au web, le site de l'association offre les images et les articles de ses membres pour montrer aux auditeurs curieux ce qui est faisable avec une collection de timbres et d'enveloppes.

Prochaines émissions de FM-Plus : l'Alpine et donc ensuite une demi-heure sur le rôle de la Fête du timbre et des membres regroupés au sein d'une association.

Catholiques et réformés en mission d'évangélisation philatélique ?

Comme dirait un collègue qui, tous les midis, prend son temps à ouvrir et décortiquer ses noix au début de chaque repas, il faut bien se vider l'esprit pour manger sereinement... Certes, il est anticlérical, mais un croyant pourra bien adapter cette habitude gastro-méditative à la collection de timbres.

mercredi 7 février 2018

Nostalgie du centenaire ou uchronie de la Grande Guerre

La collision de nouvelles provoquent la nostalgie d'un vingtième siècle où les conflits n'auraient pas (tous) eu lieu grâce au meilleur comportement de quelques politiciens, notamment la Grande Guerre dont la dernière année du centenaire ne clora pas les centenaires des événements ayant continué à pousser l'Europe et son voisinage vers de nouveaux conflits à court et long termes.

Certes, l'historien Ian Kershaw a bien montré, avec Choix fatidiques (Fateful choices) pour la période 1940-1941, que l'Histoire est une avancée constante et inexorable des actions humaines conduisant les hommes à commettre la seule et catastrophique action qui leur paraît possible au moment donné, ayant annihilé toute autre possibilité acceptable au fur et à mesure.

Mais, pendant l'automne 2017, Fred Duval et Jean-Pierre Pécaud assistés de Fred Blanchard, les auteurs de l'anthologie dessinée uchronique Jour J ont osé réécrire l'histoire de la pacification et de la démocratisation sans guerre du Moyen-Orient de 2001 à nos jours. « Avril 2006 : Bagdad, première destination touristique du Proche-Orient », sous-titre provocateur du trente-et-unième tome de leur série.

Dans la trilogie du Prince des ténèbres, le surnom du personnage-clé, l'agent du FBI John O'Neill parvient à convaincre le gouvernement états-unien du danger d'Oussama Ben Laden et de son groupe... et d'éviter l'attentat du 11-Septembre dans lequel il est mort au premier jour de son nouvel emploi de chef de la sécurité du World Trade Center, à New York.
Le timbre du centenaire de la mort de l'empereur François-Joseph (merci Irene et Postcrossing).
Dans cet état d'esprit, recevoir une carte postale d'Autriche affranchie du timbre que la République autrichienne a consacré à l'empereur François-Joseph en 2016 suscite de doux et naïfs rêves d'une histoire moins sanglante...

... avec la voix de Frédéric Mitterrand dans son documentaire de 1997, Les Aigles foudroyés, dans lequel il contait comment le conflit initial austro-serbe emporta trois familles impériales sur fond des premiers films de familles.

Le vieil empereur - et sa cour - aurait-il écouté davantage François-Ferdinand son héritier marié en-dessous de son rang, l'Empire austro-hongrois aurait-il pu se transformer suffisamment pour survivre aux nationalismes, voire éviter l'annexion de la Bosnie et de l'Herzégovine ? Eûsse-t-il disparu plus tôt, François-Ferdinand ou son neveu Charles aurait-il pu réconcilier Autriche et Russie avant l'inévitable, voire négocier des paix séparées avec quelques-uns des belligérants ?

Vains questionnements intellectuels pour s'occuper l'esprit ou redécouvrir la complexité des belligérants à l'été 1914.

Car c'est un autre historien qui anime la réflexion - et dissipe les nuages du rêve : les douze leçons sur les crises d'Orient de 1914 et leurs conséquences d'Henry Laurens au Collège de France viennent d'être diffusées sur France Culture du vingt-deux janvier au six février.

Rien que la première inquiète sur la situation de 1914 avant même les coups de feu de Sarajevo : la mémoire nationale française fixée sur le front allemand est secouée par le rappel que les futurs fronts étaient partout à vif et prêts à engloutir empires, soldats et civils, également au sud-est du continent. Royaume-Uni tentant de rallier l'Empire ottoman, pourtant hostile à l'Empire russe, affaibli par les indépendances balkaniques et dont la nouvelle génération de gouvernants rêve de grandeur turque...

Je frémis de ce que les onze émissions suivantes vont me révéler sur les multiples grands et petits faits entre Europe et Asie qui ont conduit aux bains de sang, génocides, tensions, frontières disputées, attentats,... depuis.

jeudi 1 juin 2017

Exposition inter-américaine à Saint-Pierre-et-Miquelon

Aujourd'hui, jeudi premier juin 2017, le Club philatélique de Saint-Pierre a ouvert sa troisième exposition internationale depuis 2011, SPM Expo 2017.

Six pays de la Fédération inter-américaine de philatélie ont accepté l'invitation de venir dans la collectivité française de Saint-Pierre-et-Miquelon.
L'affiche aux drapeaux des nations participantes par Jean-Jacques Oliviéro (site de l'exposition).
Outre le site de l'exposition et celui de l'association, les chaînes de radio et télévision publiques SPM 1ère accompagnent, de nouveau, les philatélistes.

Le président du club, Stéphane Fouchard, a pu présenter l'exposition, le fait d'exposer et les valeurs du loisir pendant le journal de la radio, espérant toucher le plus large public.

Pendant le journal télévisé du mercredi trente-et-un mai, c'est le montage des cadres, les préparatifs et ce que les visiteurs découvriront qui ont fait l'objet d'un reportage.
Les fédérations nationales présentes à SPM Expo (capture d'écran, SPM 1ère, reportage de Claudio Arthur et Aldric Lahiton). 
Vingt collections de cinq à huit cadres et dix-neufs collections classe un cadre sont exposées, permettant de faire le tour du continent de l'archipel français jusqu'aux bureaux ambulants ferroviaires argentins.
Quelques exemples de la série des exportations mexicaines, objet d'une exposition au musée philatélique de Oaxaca en 2013 (image d'un article sur l'exposition, DesignBoom.com, vingt-deux novembre 2013)
Dans ma curiosité partielle, une série de doubles accumulées, enfant, fait l'objet d'une étude traditionnelle par le Costa-Ricain César Sancho : La Série México Exporta 1975-1993.

Et, côté un cadre et début de passion personnelle, une proposition de l'États-Unien Robert Hisey sur The Exit Routes for African Civil Airmail to US pendant la Seconde Guerre mondiale.

Pour suivre l'exposition : par ici, et l'actualité du Club de Saint-Pierre : par là, et toujours un œil sur SPM 1ère.

Mise à jour du samedi trois juin 2017 :
Le palmarès a été publié vendredi sur le site de l'exposition.
Jaime Benavides, un des exposants et des commissaires qui ont bien voulu accueillir les scolaires saint-pierrais à l'exposition (reportage de I. Thomelin, J. Anger et J. Cormier, SPM 1ère, deux juin 2017). 
Dans le journal télévisé de SPM 1ère, le vendredi deux, une classe de lycéens a écouté Jaime Benavides, le commissaire mexicain, leur expliquer en espagnol l'histoire de son pays par les timbres.

N'hésitez pas à regarder l'édition du mercredi trente-et-un mai : après le reportage déjà ci-dessus, Stéphane Fouchard expliquait l'importance de cette compétition, la seule de compétition continentale de 2017, et ce qu'elle permet pour son club, l'archipel et les visiteurs.

Et dans le journal télévisé du dimanche quatre juin 2017 :
un reportage sur la remise des prix le samedi soir (repris en article avec extrait vidéo le lundi cinq par Marie-Claude Vidal).

Deux médailles grand or et le Grand Prix décerné à Jean-Jacques Tillard avec deux collections sur la philatélie de l'archipel fin dix-neuvième siècle ; médaille d'or pour Loïc Detcheverry pour les Oblitérations de Nouvelle-Écosse sur timbres de Saint-Pierre-et-Miquelon ; et médailles d'or et de vermeil sur l'histoire postale saint-pierraise de 1932 à l'après-guerre pour Jim Taylor, président de la Société royale de philatélie du Canada.

Tous trois interrogés par S. Bry, A. Rebmann et Th. Detcheverry de SPM 1ère.

mardi 18 avril 2017

Errinophilie musicale avec Arthur's Landing et FIP

Comme je suis un mélomane médiocre, l'écoute de la chaîne de radio publique FIP est un plaisir de la découverte renouvelée toutes les trois-quatre minutes.

Aux lecteurs non francophones, FIP comme France Inter Paris originellement en 1971 : une radio musicale continue diffusant des morceaux d'une grande variété, ponctuée de discrets flashs d'information et informations culturelles.

Et non la Fédération internationale de philatélie (F.I.P.) dont une association d'Amis (Friends of the FIP), lancée en ce début d'avril, regrette que Google fournisse plus rapidement la « radio musicale éclectique » que l'organisme commun des fédérations nationales de philatélistes, historiens postaux, exposants et collectionneurs de timbres de tout niveau. Au-delà, l'association s'interroge sur le rôle actuel et futur de la Fédération : prochain congrès en décembre 2018.

Aux lecteurs francophones : c'est bon, aucune confusion avec une association des amis de FIP la radio.
La couverture de l'album Arthur's Landing inspire d'une certaine époque philatélique (site du Band Camp du label Strut).
De temps en temps, à l'oreille, et même au regard sur l'écran de repos du smartphone montrant, grâce à FIP, la couverture de l'album dont est extrait le morceau en cours. Ainsi, en sortant mon appareil pour répondre à un message, la chanson It's a Boy m'a fait découvrir cette pépite errinophile.

Arthur's Landing, paru sous le label Strut, fut un regroupement de musiciens new-yorkais qui ont travaillé et joué, en 2010-2011, des concerts et un album-hommage à Arthur Russell (1951-1992) avec qui ils avaient tous travaillé.

Le choix de la couverture a la forme d'un timbre carré posé sur la pointe, illustré d'une scène de gratte-ciel devant les rayons d'un soleil levant et survolé par un dirigeable. Très années trente et cinquante.

Une devise latine sur chaque côté : Per ardua ad astra, « À travers l'adversité, jusqu'aux étoiles » d'après la Wikipédia en français. Une devise choisie en 1912 pour les premières forces aériennes britanniques et reprise par plusieurs forces aériennes du Commonwealth. Les connaisseurs d'Arthur Russell sauront trouver le lien entre l'artiste et cette devise.

Sur la musique et l'album, je vous laisse juge. Le projet et sa réalisation est expliqué dans une vidéo du label avec les membres du collectif.

mercredi 5 avril 2017

L'abondant courrier des Citoyens du monde en 1948-1949

Ce matin, il fut question quelques instants de timbres-poste comme preuves de la diffusion internationale d'un mouvement politique après les deux Guerres mondiales, dans l'édition de ce mercredi cinq avril 2017 de La Fabrique de l'histoire, diffusée sur la radio publique France Culture, avec les historiens Stéphane Dufoix et Sylvain Boulouque.
Un fantasme de collectionneurs du vingt-et-unième siècle : le courrier affranchi reçu d'une association suscitant l'engouement (Actualités cinématographiques, 20 janvier 1949, via l'Institut national de l'audiovisuel).
Dans une semaine consacrée à « L'histoire des mondialisations », la discussion du jour a expliqué le mouvement des Citoyens du monde de son lancement à ses nombreux essaimages à la fin des années 1940. Un de ses prolongements transforme la provinciale Cahors (alors quinze mille habitants) en Cahors Mundi, « ville citoyenne du monde » et lieu d'enregistrement des « citoyens du monde » à l'initiative de l'instituteur et résistant Robert Sarrazac.

Mondialisation est donc compris dans un sens large, celui de la diffusion globale d'idées et de mouvements visant à réformer l'organisation politique mondiale. Par-delà celle de la division internationale du travail et de la finance des (trop ?) grandes directions économiques.
Garry Davis dictant le contenu d'une lettre à une bénévole à Paris en janvier 1949 (Actualités cinématographiques, 20 janvier 1949, via l'Institut national de l'audiovisuel).

Le mouvement connaît une grande publicité en 1948 quand l'ancien pilote de guerre Garry Davis annonce renoncer à la citoyenneté des États-Unis. Le dix-neuf novembre suivant, Sarrazac (ou Pierre Bergé) et lui interrompent les débats de l'Assemblée générale des Nations unies au palais de Chaillot à Paris, le dix-neuf novembre 1948 - extrait diffusé en tout début d'émission (à revoir sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel).

Ils proclament une déclaration « au nom des personnes non représentées [par celle-ci] » et en accusant les États souverains d'être une menace permanente de relance d'une guerre totale. Et d'appeler à l'instauration d'un gouvernement mondial avant que ce ne soit une assemblée du peuple du monde qui se lève pour l'imposer.

Cette déclaration dite d'Oran doit ce nom à la participation d'Albert Camus à sa rédaction, illustrant la popularité du mouvement mondialiste chez les écrivains.
Un panneau des pays du monde à partir des enveloppes timbrées reçues par Garry Davis en janvier 1949 (ctualités cinématographiques, 20 janvier 1949, via l'Institut national de l'audiovisuel).
C'est après cet épisode que les animateurs Anaïs Kien et Emmanuel Laurentin placent un reportage des Actualités cinématographiques françaises du vingt janvier 1949, visible sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel : Davis occupe une dizaine de chambres de l'Hôtel des États-Unis, boulevard du Montparnasse à Paris, où des secrétaires bénévoles et lui enregistrent les Citoyens du monde qui lui écrivent de tous les pays.

Longue file d'enveloppes, panneaux des pays recensés, gros plan sur des courriers britannique, canadien, indien et états-unien. Un peu de philatélie dans notre monde de Facebook Like et de Tweet Share, rapidement noyés dans un fil chronologique à descente rapide et malcommode à explorer.

La situation actuelle montre qu'il y a loin avant un gouvernement mondial, voire même d'une simple entente internationale sur les problèmes globaux : tant que les Pékinois ne voient pas tousser leurs enfants ou que les électeurs occidentaux n'ont pas à payer leurs factures chirurgicales rubis sur l'ongle, à quoi bon débattre de développement durable pour tous.

À Cahors, l'enregistrement des Citoyens du monde et l'élan mondialiste se poursuivent.

Dans la semaine des mondialisations de La Fabrique de l'histoire, ne pas oublier d'écouter l'historien Pierre Singaravélou raconter comment Tianjin a subi le monde au dix-neuvième siècle (Tien-Tsin pour les philatélistes). Puis, un documentaire évoque comment Sarah Petronio et sa sœur dansant des claquettes illustre la mondialisation depuis la banlieue parisienne. Enfin, demain jeudi, est annoncé un débat sur les liens entre la mondialisation et le commerce.

mardi 14 mars 2017

Journée du timbre 2017 : le vaudeville !

La thématique danse s'est terminée avec la Fête du timbre du week-end dernier, la première du retour au premier trimestre calendaire après une poignée d'années en octobre.

Pour fêter cela : mon poisson d'avril 2017, pêché avec l'avance d'un salon de printemps organisé dix jours avant l'équinoxe.


La nouvelle thématique sera le théâtre et l'ensemble de ses genres.

À commencer en 2018 par le vaudeville, inspiré par ce long week-end φl@télique du jeudi neuf au dimanche douze mars 2016.

Sur une place parisienne remplie de cafés.

Le mari trompé : Au voleur ! On m'a ravi ma chère 11-Mars !... Et même mes marchands !

L'amant rusé : Du calme ! Venez me raconter vos malheurs, assis avec mes collègues du syndicat, sous ce soleil printanier précoce. Pour une fois qu'il fait beau à Paris à la fin de l'hiver.

Le facteur : Que de lettres bellement timbrées pour la dame du 11-Mars : et une étoile ici, et une invitation à valser là, et même un Sacré-Cœur... Oh, oh, oh, une croisière pour Malte ! Pour le mari, hi, hi, hi, des factures sévèrement affranchies de durs souvenirs. Le pôôôvre !

Le mélenchoniste haranguant la foule : Et les timbres de la Nâââtion libérée porteront toujours le phi ! Par sagesse et pour marquer le retour à un Franc neuf ! Vive le Franc-Phi !

Attention : une de ses répliques n'est pas un poisson d'avril. Laquelle ?*

* : indice à 23'50".

mardi 7 février 2017

Tea With Puppets, une webradio philatélique canadienne

Depuis octobre 2016, un philatéliste canadien propose Tea With Puppets des émissions anglophones de radio en ligne sur les nouvelles émissions de timbres du Canada ou l'histoire de la philatélie organisée de confédération (l'expositions Capex de 1982).
Le logotype de Tea With Puppets.
La liste des émissions (onze au dimanche cinq février) avec un résumé du propos se retrouve sur ce blog. En fin de page les liens vers les quatre sites de sauvegarde des épisodes en ligne : SoundCloud, Stitcher, et, pour les habitués : Google Play Musique et iTunes.

Complément du jeudi quinze février 2017 :
L'auteur de Tea With Puppets poste également des vidéos sur la littérature philatélique liée aux nouveautés de Postes Canada : catalogues de vente, de cotations, livres de l'année, etc.

Liste des émissions hors-programme philatélique :
- 25 octobre 2016 : épisode 2 : les expositions Capex ;
- 14 février 2017 : épisode 13 : le drapeau canadien ;
- 12 mars : épisode 16 : retour sur le dix dollars Baleine bleu ;
- 19 mars : épisode 17 : Thomas d'Arcy McGee (timbre de 1927) ;
- 26 mars : épisode 18 : décoller des timbres ;
- 16 avril : épisode 20 : Terry Fox (timbres de 1982 et 2000) ;
- 30 avril : épisode 22 : Expo 67, l'exposition universelle de 1967 à Montréal ;
À suivre...

Mise à jour du mercredi vingt-quatre janvier 2018 :
Hélas, l'auteur de Tea With Puppets n'a pu continuer son projet et a annoncé aujourd'hui qu'il ne pouvait le poursuivre, ni payer l'hébergement de ces fichiers audio : à écouter et télécharger au plus vite.

dimanche 18 décembre 2016

Sous les marronniers, SPM 1ère va de salon en expositions

La chaîne publique Saint-Pierre-et-Miquelon 1ère continue à suivre quasiment en direct l'actualité des philatélistes de la collectivité d'outre-mer française. Revue d'extraits pour l'automne 2016 : les reportages sont regardables sur les pages web de SPM 1ère liées dans les paragraphes ci-dessous.

Samedi cinq novembre, c'est la présence de la poste de l'archipel qui motive la caméra de la 1ère à se rendre au Salon d'automne à Paris. En une minute quarante-six, promotion des timbres locaux, promotion de la taille-douce par la conseillère artistique Raphaële Goineau (sujet d'un reportage en août), promotion du carnet de voyage sur la gendarmerie. Efficace.

Lundi quinze novembre, dans Brume de Capelans, le philatéliste Jean-Jacques Tillard revient sur l'année 2016 du Club de Saint-Pierre, de sa présence comme nation américaine à New York à son quatre-vingt-quinze points pour la première présentation internationale à Philataipei de sa collection sur le type Groupe.

Marronniers de Noël le dimanche onze décembre avec un petit tour du côté de l'arrivée des colis au bureau de Saint-Pierre, alors que quelques personnels malades affectent autant le service que les expéditeurs n'indiquant pas le numéro de boîte des destinataires îliens.

Pour ceux qui souhaitent profiter d'une trêve des confiseurs sans philatélie : l'actualité locale comprend également les problèmes de la patinoire qui ne gèle pas, un atelier de rigologie, la mise en ligne d'archives sur les poilus du territoire par le musée de l'Arche et les célébrations du bicentenaire du retour des Français à Saint-Pierre et Miquelon en 1816.

samedi 26 novembre 2016

Retour vers l'été par tous les moyens possibles

Après une dizaine de jours de temps britannico-méditerranéen (températures tropicales, averses fréquentes), il était temps d'une journée presqu'ensoleillée sans pluie sur Montpellier. Plusieurs signes ont accompagné ce retour.
Timbres estivaux de Russie via Postcrossing (merci Olya).
En scannant quelques cartes postales reçues, deux timbres de Russie renvoient vers une saison meilleure : mongolfières au-dessus de la ville de Vilikié Louki (huit cent cinquante ans cette année) et le pont au-dessus de la rivière Irtych, près de Khanty-Mansïisk.

Certes, ce n'est pas la première fois que les Postcrosseurs russes me rappellent qu'il fait beau l'été en climat continental, mais j'ai toujours une vision rose/rougeoyant des timbres russes avec l'actuelle série des châteaux ou celle des armes de la victoire de 1945.
La chaleureuse couverture de Timbres magazine de décembre 2016 (via trouverlapresse.com).
Et ça continue chez le marchand de journaux avec l'intense soleil rayonnant orange d'une regrettée canicule aride qui est proposé en arrière-plan de la couverture du numéro de décembre 2016 de Timbres magazine.

Qui met particulièrement en valeur un article que j'aurais survolé sinon sur la thématique Strelitzia, fleurs connues sous le nom d'oiseaux de paradis de son Afrique du sud d'origine aux jardins d'ornement du monde entier, proposé par Jean-Noel Nivoit.
Le troisième hors-série Le dessous des timbres, sortie le mardi treize décembre (trouverlapresse.com).
Impression de réchauffement confortée par le soleil couchant languedocien... Non, les nuages reviennent. C'est en fait la couverture rouge du troisième hors-série géopolitique du Dessous des timbres consacré aux frontières à commander ou trouver le mardi treize décembre prochain.

Sommaire partiellement proposé par Socrate en fin de mensuel.

Et les oreilles chauffent aussi au rythme endiablé des animateurs de l'émission C'est tendance de Sud Radio (siège social en Haute-Garonne) qui recevaient, signale Timbres magazine, son rédacteur en chef Gauthier Toulemonde le vingt-huit octobre dernier, pour définir le collectionneur de timbres : fichier audio mp3 téléchargeable sur la page de l'émission ou à visionner avec youTube sur TV Timbres.

Attention, ce n'est pas le rythme posé de la germanique Europe 1 le premier février 2016.