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vendredi 26 décembre 2025

La vie en philatélie organisée de Chris King

 Le numéro automne-hiver 2025 de la Philatelic Literature Review, journal de l'American Philatelic Research Library, et, en version longue sur le blog de l'auteur, l'historien de la philatélie Abhishek Bhuwalka propose un long entretien avec le Britannique Chris King, qui depuis un quart de siècle participe de l'évolution de la Société philatélique royale de Londres (RPSL) d'une part, et de la philatélie organisée d'autre part.

En-tête de l'article posté le sept novembre 2025 sur le blog The Philatelist, version longue de l'entretien.

Devenu semestrielle cette année et allégée des listes d'entrées d'ouvrages de la bibliothèque de l'American Philatelic Society, la Philatelic Literature Review vise à l'actualité des bibliothèques philatéliques, la recherche sur comment furent établies de grandes publications depuis origines des commerces ou études philatéliques et postales, ainsi la biographie de leurs auteurs.

Dans ce cadre, l'Indien Abhishek Bhuwalka (ici se présentant sur son site d'auteur et collectionneur) y transmet régulièrement des entretiens avec des bibliophiles, des libraires philatéliques.


À soixante-seize ans, et entré en philatélie exposée à cinquante, le cheminement de Chris King demande de nombreuses pages puisque son parcours personnel permet de voir apparaître le collectionneur spécialisé, mais aussi l'administrateur organisé et réfléchi dont la RPSL et la philosophie de la philatélie avaient besoin en ce début de vingt-et-unième siècle.

La lecture de cette autobiographie guidée permet de voir comment Chris King fut un collectionneur comme beaucoup (enfant ayant abandonné jeune adulte, mais repris avec plus de passion encore), et que sa vie professionnelle et politicienne l'a formé à des compétences indispensables aux sociétés philatéliques dans lesquelles il s'est, tardivement, investi.

Le rôle de son épouse, la Danoise Birthe Troelsen, rencontrée lors d'un stage professionnel à Venise, est déterminant, au point qu'ils ont créé le Double Geneva Club, en 2016, pour les couples philatélistes. Birthe a permis le déchiffrement et la traduction des courriers que Chris étudiait dans ses spécialités autour des duchés du Schleswig et de Holstein, puis des routes postales autour de la Scandinavie. À tel point que sa première exposition en classe ouverte au London Stamp Show 2000 est autant la sienne que celle de sa femme. Ensuite, celle-ci se prend de passion avec des collections sur la Seconde Guerre mondiale au Danemark et en lien avec le génocide perpétré par les nazis.


Je laisse la découverte des détails d'avant cette collection exposée, et surtout, de la suite. Mais quelques points m'ont intéressé.

Parmi les réponses aux questions d'Abhishek Bhuwalka, Chris King rappelle que la présidence de deux de la RPSL est en fait un parcours d'une décennie au sein de son Bureau, et dont la présidence est la partie centrale. L'étude de la modernisation du 41 Devonshire Place, siège historique de la RPSL, puis de sa vente et la gestion quotidienne et sur place du chantier du 15 Abchurch Lane, ont eu lieu après, sous le titre de Past President.

Cela permet à King de montrer qu'avant son adhésion en 2005, les membres du Bureau sont déjà en train de faire évoluer cette société d'apparence élitiste en une société explicitement ouverte à de nouveaux membres, mais surtout à offrir au plus grand nombre ses ressources de recherche.

Tragiquement, Frank Walton (1953-2022) fait partie de ce grand moment d'ouverture et de projets... avec leur fragilité. La genèse de la Global Philatelic Library, incluses les négociations avec le Smithonian en charge du Musée postal national de Washington, montre le bouillonnement d'idées entre King et Walton, mobilisant les cadres de la RPSL autour d'eux. Mais, également que depuis la mort prématurée de ce dernier, il manque une cheville ouvrière pour la Bibliothèque globale.

Car, au terme de la lecture qui montre un Chris King ayant déjà une année 2026 déjà bien remplie, son souci constant est : comment rendre l'ensemble des ouvrages, archives, collections de la Société philatélique royale de Londres, mais aussi du plus grand nombre de sociétés et associations philatéliques accessibles, au moins qu'un moteur de recherche permette d'en connaître l'existence ?

Le séminaire Crawford, en liaison avec le musée intégré à la RPSL, des présentations reprenant les définitions des disciplines et classes d'exposition philatéliques, et donc ouvrant les possibles ouvertures vers l'histoire sociale, les autres collections d'objets (monnaie, affiches, pamphlets, etc.).


À une autre échelle, enfin, Bhuwalka demande à King s'il pense que, depuis les confinements du covid-19, le développement rapide des conférences virtuelles, en parallèle des rencontres physiques, est une bonne chose pour la philatélie.

Là, il est pessimiste. Certes, le virtuel a permis de rapprocher les membres lointains de leurs sociétés, en particulier la très-londonienne RPSL. Cependant, cela a fortement ralenti l'adhésion de membres, leurs visites au 15 Abchurch Lane, la découverte des idées et compétences de chacun.


Je conseille vivement la lecture des entretiens réalisés par Abhishek Bhuwalka, et plus généralement la lecture de la Philatelic Literature Review. La philatélie a besoin d'une mémoire, d'un Who's Who qui ne soit pas qu'une parade des propriétaires de British Guyana, plus de la biographie de ce qu'ils ont apporté à leur échelle à la collection, à l'exposition, à la curiosité générale. Avec remise dans le contexte de l'époque car on est rarement seul comme Chris King le rappelle pour la période 2000-2015 concernant la Direction de la RPSL.

mardi 23 décembre 2025

Du numéro 1 du trimestriel So'Philatélie & Co

 Lors du Salon philatélique d'automne en novembre 2025 à Paris, Sophie Bastide-Bernardin a présenté So'Philatélie & Co, un nouveau magazine philatélique à parution trimestrielle, dont le premier numéro est envoyé aux abonnés depuis le vingt-six octobre.

La couverture londonienne signée Miles Hyman du premier numéro d'automne de So'Philatélie & Co.

Quelques mois après la disparition brutale de L'Écho de la timbrologie et la reprise de la rédaction-en-chef d'Atout timbres par le patron, il est agréable de voir Sophie Bastide-Bernardin de retour avec une publication philatélique aux objectifs et contenus proposant une alternative aux publications philatéliques habituelles.

So'Philatélie & Co souhaite proposer aux lecteurs des nouvelles et articles philatéliques ainsi que des ouvertures sur les à-côtés : philatélie organisée en prenant le temps, place du timbre et de la correspondance dans d'autres domaines, tels l'œuvre romanesque de Jane Austen et de ses adaptations audio-visuelles pour ce premier numéro.

Même si l'actrice interviewée est très loin du domaine, il permet tout de même une cohésion thématique londonienne-anglaise d'une partie du numéro : les lettres entre personnages de Jane Austen, couverture par Miles Hyman (artiste du timbre en 2020), visite riche en photographies de ce que la Royal Philatelic Society London et le Postal Museum peut offrir aux collectionneurs, dont l'exposition temporaire Voices of Resistance: Slavery and Post in the Caribbean jusqu'au cinq janvier 2026, et les créations d'Alistair Mavin à partir de collages de timbres d'usage courant.

De là, sans se perdre dans des pages infinies des nouveautés de France (il y a tellement de ressources répétées pour les retrouver), la philatélie se développe à côté du thème principal : initiation aux timbres perforés de France [il y aurait à découvrir plus tard ceux à usage sociaux-fiscaux britanniques pour payer les factures de commodités énergétiques], une thématique des déserts étendue aux multiples sens.

De petits cadres précisent des définitions philatéliques qui pourraient intéresser le public non ou peu collectionneur aussi visé par la publication.

Affranchissement de l'envoi du premier numéro de So'Philatélie & Co début décembre 2025.

Étant au commencement de l'aventure éditoriale par abonnement, l'affranchissement est en timbres récents et quelques anciens pour arrondir les centimes d'euro.


L'abonnement à So'Philatélie & Co est possible sur le site du magazine.

mardi 28 octobre 2025

Des artistes du timbre reconnus dans l'actualité philatélique

 Des collectionneurs de timbres apprécient de découvrir les artistes qui signent les petits papiers dentelés qu'ils amassent et organisent. Quelques exemples récents.

Le courriel d'annonce d'une vente d'impressions inédites de David Gentleman au profit du Postal Museum de Londres (daté du vingt-quatre octobre 2025).

The Postal Museum de Londres a reçu un don d'impression de dessins que David Gentleman a réalisé dans les tunnels du petit train postal, qui a servi sous les rues de la capitale londonienne. Leur vente démarre le mardi quatre novembre 2025 et le produit permettra de financer les opérations du musée.

Sur le site web du musée, il est rappelé l'importance de Gentleman dans l'histoire philatélique britannique, au temps de la généralisation des timbres commémoratifs et illustrés : gravure sur bois, créations plus contemporaines dans la lignée du design commercial, et comment il a établi le caméo de la Reine Elisabeth II lorsque le Maître général des postes Tony Benn tenta de remplacer la photographie Wilding par le nom du pays.

En-tête de l'entretien entre une membre de Postcrossing et l'artiste du timbre portugais João Machado, le vingt-cinq octobre dernier.

Le lendemain du courriel du musée londonien, sur le blog de Postcrossing, le site d'échanges de cartes postales en aveugle, Clarisse a proposé un entretien avec João Machado qui crée des timbres pour Correios de Portugal (CTT) depuis 1987.

Livre jeunesse, affiches, multiples techniques manuelles, couleurs vives... Le touche-à-touche de l'illustration a fait de même au cours de sa carrière philatélique, dont le timbre en liège en 2007.

Logotype de Nordfrim, marchands de timbres, de catalogues et de matériels de collections.

Reconnaissant la popularité et la longévité de certains artistes, Nordfrim propose une case à cocher « Martin Mörck » dans la liste des timbres en vente, et même, récemment, des paquets de timbres signés du norvégien Mörck pour accompagner son millième timbre féroïen ou du groenlandais Jens Rosing (1925-2008) dont la poste de sa nation a célébré le centenaire.

jeudi 1 mai 2025

80 ans de la Victoire par la bravoure britannique

 Ce jeudi premier mai 2025[1], Royal Mail, l'opérateur postal et philatélique historique mais privatisé britannique, émet une série de timbres-poste pour les quatre-vingts ans de la Victoire contre l'Allemagne nazie, signée à Berlin le huit mai 1945.

Les dix timbres principaux de l'émission (boutique web de Royal Mail).

Cette année, le thème est "Valour and Victory" : Bravoure voire Vaillance et Victoire.

Sont honorés onze Britanniques et sujets de l'Empire colonial britannique ayant participé par une diversité d'activités, pour certaines et certains au-delà du militaire offensif ou défensif, à la résilience britannique isolée après l'armistice entre la France du Président du Conseil Pétain avec l'Allemagne hitlérienne, et l'isolationnisme traditionnel des États-Unis sur ce qui pouvait se passer en Europe - voire l'admiration de certains racistes pour le fascisme et le nazisme.

Les dix timbres principaux sont vendus soit en deux rangées de cinq, soit par feuille de vingt-cinq ou cinquante (cinq ou dix fois la bande concernée), mais les marges de ces feuilles ne sont pas illustrées comme la française Philaposte a pris l'habitude ces dernières années.

Sont présentés en portrait photographique avec en arrière-plan le cadre de leurs activités :

- George Arthur Roberts (1891-1970), natif de Trinitad, volontaire et vétéran de la Première Guerre mondiale, pompier londonien pendant le Blitz.

- Mary Morris (1921-1997), native d'Irlande, infirmière militaire, elle soigna notamment les soldats de l'évacuation de Dunkerque, puis d'un des hôpitaux mobiles du débarquement en Normandie. Elle suit les troupes en Belgique et jusqu'à l'invasion de l'Allemagne.

- Tommy Macpherson (1920-2014), natif d'Écosse, capturé en Libye pendant une reconnaissance pour l'opération Flipper en 1941, il ne cesse les tentatives d'évasion en Italie, en Autriche et même d'un stalag en Pologne d'où il rejoint la Suède puis l'Écosse en 1943. En juin 1944, il est parachuté à Aurillac au sein d'un commando avec deux autres hommes pour guérilla et sabotage en soutien à la Résistance française et au débarquement en Normandie. Avec succès, puisque son autorité convint même les officiers généraux allemands du sud de la France de se rendre à lui à la fin de l'été 1944. Ses dernières opérations ont lieu en Italie du Nord.

Le timbre Violette Szabó avec en arrière-plan sa fausse carte d'identité française, timbre fiscal inclus (boutique web de Royal Mail).

- Violette Szabó (1921-1945), Anglaise née en France, elle travaille comme vendeur textile d'un grand magasin de Brixton, mais est une experte du tir de chasse grâce à son père. En 1940, elle épouse Étienne Szabó, soldat de la Légion étrangère française d'origine hongroise. Volontaire pour la défense intérieure, elle passe d'opératrice téléphonique à artilleuse côtière, avant d'être recruté par le SOE (la Direction des opérations spéciales britannique).

Sa seconde mission en France débute dans les jours suivants le débarquement en Normandie, parachutée à Sussac, près de Limoges, afin d'entraîner et coordonner les maquis locaux. Son officier découvre des résistants peu préparés et envoie Violette Szabó vers la Corrèze et la Dordogne, où les maquis sont plus solides.

Mais, elle est capturée après une fusillade contre des SS de la Division Das Reich, qui avait commencé sa remontée vers le front normand. Interrogé par la Sicherheitsdienst à Limoges, puis la prison parisienne de Fresnes, elle est transférée au camp de concentration de Ravensbrück, en août 1944, puis au camp de Torgau où elle et d'autres agentes perturbent le travail de l'usine d'armement. À Ravensbrück, le commandant du camp la condamne à mort et elle est exécutée le 5 février 1945.

Le timbre la représentant, jeune et vive, a en arrière-plan une de ses fausses cartes d'identité françaises, comprenant un timbre fiscal et des tampons administratifs.

La Collector's Sheet pré-personnalisée : à chaque héros un objet ou une scène de son action. Pour Violette Szabó, une radio (boutique web de Royal Mail). 

- John Harrison, marin sur le HMS Belfast.

- Bhanbhagta Gurung (1921-2008), sujet népalais de l'Empire des Indes. Il sert dans les Gurkahs dans la campagne de Birmanie contre l'armée impériale japonaise.

Il reçoit la prestigieuse Victoria Cross des mains du Roi George VI au palais de Buckingham, pour la prise d'une colline birmane en mars 1945, protégée par un sniper qu'il abat debout, quatre trous dans lesquels il jette des grenades en courant de l'un à l'autre, tuant leurs occupants, et un bunker dont il tue les soldats au couteau ou avec une pierre. Dans la foulée, il commande deux soldats pour tenir la position face à une contre-offensive ennemie.

Gurung quitte l'armée en janvier 1946 pour s'occuper de sa mère et de sa jeune famille, dont ses trois fils et un petits-fils furent des militaires de carrière.

- Thomas Peirson Frank (1881--1951), ingénieur civil, il est l'Ingénieur-en-chef du Conseil du comté de Londres (la collectivité locale londonienne d'alors) depuis 1931 quand les bombardements du Blitz touche la ville. Sa rapidité d'organisation permet d'assurer les réparations ou déblaiements pour la continuité de la vie économique de la capitale, notamment la remise en état des digues de la Tamise et éviter l'inondation des quartiers bas avec leurs installations industrielles, militaires, navales et portuaires.

- Mahinder Singh Pujji (1918-2010), Sikh natif de Simla, la capitale d'été de l'Empire britannique des Indes que sert son père au département de la Santé et de l'Éducation. Pilote d'avion depuis 1936, il se porte volontaire en 1940 auprès de l'Armée indienne de l'air pour servir la Royal Air Force en Europe.

Qualifié en juin 1941, il escorte des bombardiers au-dessus de la France, mène des patrouilles par temps brumeux, etc. principalement à bord de Hurricanes. En septembre, il rejoint le théâtre de la Méditerranée et du Proche-Orient.

En 1942 et 1943, il rejoint la Royal Indian Air Force  où il atteint le grade tactique de commandant d’escadron. En 1944, il participe à la campagne de Birmanie, notamment dans le repérage de trois cents soldats états-uniens perdus dans la jungle, proche des lignes ennemies. En 1945, il est envoyé à l'École de commandement (Command and Staff College) de Quetta.

Bien que mis en retraite en 1946 à cause des conséquences d'une tuberculose, il ne perd pas son sens de l'aventure avec la moto et le planeur. Il fut le pilote de baptême de vol en planneur de Nehru, Edwina Mountbatten, du président Eisenhower. Il émigre plus tard en Angleterre comme contrôleur aérien.

- William Tutte (1917-2002), mathématicien canadien, il est connu pour son rôle de cryptanalyste, « casseur de codes », de la machine allemande Lorenz, utilisé par l'état-major de la Wehrmacht allemande, au sein des équipes de Bletchley Park.

Il est reconnu pour ses apports en théorie des graphes (même si sa terminologie est refusée par ses pairs) et des matroïdes. [2]

- Lilian Bader née Bailey (1918-2015), née à Liverpool d'un père marin originaire de la Barbade et d'une mère liverpuldienne d'origine irlandaise, elle dut vivre dans un couvent jusqu'à 20 ans après la mort de son père et la discrimination envers une métis pour trouver un emploi.

Malgré son volontariat, les Institutes des forces armées (visant à organiser les loisirs des soldats et vétérans après la Grande Guerre) la renvoie car son père n'est pas né au Royaume-Uni (À quoi cela sert-il d'avoir un Empire ?). Par contre, en 1941, la Royal Air Force est moins regardante pour ses auxiliaires féminines ; elle est formée à la réparation des instruments d'avion. Elle sert jusqu'à sa grossesse en février 1944, mariée à un artilleur, Ramsay Bader en 1943.

Dans les années 1960, en suivant des cours du soir, elle passe les diplômes du secondaire et universitaire pour devenir enseignante.

Le feuillet de quatre timbres différents sur le soutien au moral des troupes par la chanteuse Vera Lynn, ici dans son tirage spécial Europhilex 2025 (boutique web de Royal Mail).

Ces parcours héroïques, communs à des milliers et des milliers de soldats et civils de la Seconde Guerre mondiale et des conflits liés (Japon en Chine, Allemagne et ses annexions, etc.) permettent de montrer la globalité de la guerre quelque soit l'origine sociale, culturelle, nationale des individus.

Cependant, les médias et les partis conservateurs et d'extrême-droite étant ce qu'ils sont, il faut un sujet grand public immédiatement connue pour attirer vers les timbres-poste les journaux et les émissions matinales.

Un bloc-feuillet de quatre timbres de photographies d'époque honore la chanteuse Vera Lynn (1917-2020), surnommée "Forces' Sweetheart", le cœur tendre des Forces (armées), pour ses chansons, ses concerts en Égypte, en Inde et en Birmanie, dans le cadre de l'Entertainments National Service Association des Forces armées britanniques.

Elle resta ouverte au soutien des vétérans, parmi d'autres causes caritatives, y compris par un de ses derniers singles : la reprise de la chanson "My Son, My Son", qu'elle avait chantée en 1954, cette fois pour marquer la fin de la guerre des Falklands.


La commande minimale du collectionneur peut être lourde au porte-monnaie, même s'il n'y a que des timbres du service intérieur première classe (1,70 GBP depuis le sept avril dernier).

Cela fait partie de la promesse de Royal Mail par un communiqué de fin février 2025 que les émissions spéciales ne comprendraient plus que des timbres de première et seconde classes intérieures, et plus de tarifs pour l'étranger, ni de valeur ronde (une ou deux livres sterling).

1,70 x 14... Même si cela permet d'honorer des parcours dans lesquels d'identifier en ces temps géopolitiquement difficiles.


Notes :

1 : Au Royaume-Uni, les jours fériés « laïcs » sont placés le lundi le plus proche par rapport à d'autres pays européens afin de créer, pour ce jour des travailleurs, un Early May bank holiday : un week-end de trois jours sans banque du samedi trois au lundi cinq mai.

2 : Pour les thématistes qui cherchaient des sujets intellectuellement stimulants.

Compléments du lundi cinq mai - férié au Royaume-Uni :

Visiblement qui sert aujourd'hui essentiellement aux célébrations avec le public de la Victoire et des vétérans de la Seconde Guerre mondiale. À Londres de midi à quatorze heures, la cérémonie d'ouverture (discours de Churchill et permission des cadets de l'armée demandée un vétéran à démarrer un défilé) a été suivie par la marche de militaires britanniques, ukrainiens et d'alliés sous pavillon de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord.

Ensuite, la tribune royale s'est vidée pour laisser le Mall au public, le salut du Roi Charles III et sa famille au défilé aérien, avant une réception de vétérans au palais de Buckingham. 

Compléments du jeudi huit mai 2025 :

Ce jour de fête et souvenir en Europe, Gary Younge propose un billet d'opinion dans The Guardian sur la capacité de la société britannique - et par ses exemples, les sociétés dont les États ont conquis et exploité des empires coloniaux - a « honoré tous ceux qui se sont battus » ?

Partant des manifestations indépendantistes en Algérie française ayant fini en massacre par les forces de l'ordre, il rappelle que des colonies britanniques d'Afrique ont connu de tels mouvements pour obtenir après tout seulement ce que les Métropoles prétendraient s'être battues pour elles-mêmes : libertés, démocraties, respect de l'autre, etc. Quitte en Indochine et en Indonésie à profiter du vide de pouvoir en septembre 1945 à la capitulation du Japon.

Pour la société britannique, il s'agit des combattants et civils volontaires de l'Empire des Indes et des  futures Malaisie et Singapour, des colonies africaines, et celles des Caraïbes. Le choix de Lilian Bader pour un des timbres montre pourquoi : le racisme de la bonne société anglaise et de ses élites accueillait volontiers l'effort de guerre au risque de leur vie  des colonisés, pourvu qu'ils retournent dans leurs pays... sauf que Lilian était née en Angleterre d'une mère britannique.

Et la question se pose encore outre-Manche : la Windrush Generation, profitant de nouveaux droits en 1948 et venue en Métropole travailler, a subi la discrimination anti-migrants à partir de 2012. Les fonctionnaires du Home Office - aidés par l'absence de carte nationale d'identité obligatoire et de la difficulté de ses retraités et leurs enfants de prouver par paperasse la légalité de leur arrivée - ne distinguant pas les migrants récents, des immigrants caribéens longuement installés de droit et devenus Britanniques.

Gary Younge, "On VE Day, remember the war – but can we resolve to honour all who fought in it?", 'The Guardian', 8 mai 2025.

mardi 18 février 2025

Deuxième anniversaire de l'avènement de Charles III en Nouvelle-Zélande

 Me préoccupant avec retard de certains pays, voici ce que j'ai pu commander sur la boutique web de New Zealand Post comme souvenir des premiers mois du règne de Charles III, roi du Royaume-Uni et de Nouvelle-Zélande.

Enveloppe à l'oblitération du douze septembre 2024, combinant timbre, photographie et pièce de monnaie de deux ans de règne.

En haut à droite, le premier timbre de l'archipel à l'effigie du nouveau roi avec son monogramme, émis en 2023, et oblitéré du douze septembre 2024, deux ans et quatre jour après la disparition de la Reine Elisabeth II - comme rappelé par la légende au dos de l'enveloppe.

La photographie au balcon du palais de Buckingham est celle de la Famille royale Windsor et Mountbatten, le samedi six mai 2023, après le sacre de Charles à l'abbaye de Westminster, à Londres.

Revers de la pièce de cinquante cents à l'Endeavour et au mont Taranaki, avec l'effigie du Roi Charles III et le millésime de 2024 sur l'avers.

La pièce de monnaie en belle épreuve, encapsulée avec l'enveloppe scellée sous plastique, a une valeur faciale de cinquante cents : voir l'article en anglais sur les pièces de monnaie en dollar de Nouvelle-Zélande.

Le revers représente depuis la décimalisation de 1967, mais avec une diminution de son diamètre en juillet 2006, le voilier HMS Endeavour commandé par le capitaine James Cook au nom de la Royal Society. Celle-ci envoyaient des savants observer le transit de Vénus à Tahiti, puis l'Amirauté faire explorer l'océan Pacifique à la recherche d'un possible continent. L'expédition fut la seconde européenne à atteindre les côtes de l'archipel.

Le volcan assoupi à l'arrière-plan fut baptisée mont Egmont par Cook en janvier 1770, en l'honneur du Premier Lord de l'Amirauté d'alors qui soutint cette recherche de cet hypothétique continent.

Les Māori le nomment mont Tarakani, désormais son nom officiel en temps que « personne légale » depuis une loi du trente janvier 2025, le deuxième plus haut sommet de l'Île du Nord, à 2 518 mètres.

Logotype bilingue de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande au dos de l'enveloppe.

L'effigie royale sur l'avers est une création de Dan Thorne et servira sur les pièces de circulation, à l'épuisement des stocks du précédent règne.

Cette pièce de cinquante cents en belle épreuve est donc le premier millésime des pièces néo-zélandaises à l'effigie de Charles III pour le moment, avec les coffrets.

Quand au bilinguisme et à la biculturalité du pays, il n'apparaît que dans le nom de la Reserve Bank, traduit "Te Pūtea Matua" en māori... et la recherche sur le volcan du paysage numismatique. Loin donc des débats causés par la coalition au pouvoir depuis 2023.

samedi 6 mai 2023

Boîtes aux lettres au Royaume-Désuni : le Pays de Galles

 Cette semaine, avec publicité le mercredi trois mai, Royal Mail a décoré quatre de ses boîtes aux lettres de rue aux couleurs britanniques verticales : bleu, blanc et rouge, pour marquer le couronnement du Roi Charles III, ce samedi six mai 2023.

Le Lieutenant-adjoint et le Lord-Maire de Westminster inaugure la boîte aux lettres du Couronnement pour l'Angleterre (via le compte Twitter de Royal Mail).

Quatre : une par Nation constitutive du Royaume-Uni.

La Royal Mail a l'habitude de ces boîtes redécorées pour marquer des événements... et sûrement vendre timbres et souvenirs : localités d'origine des médaillés d'or olympiques par exemple.

Pour l'Angleterre, la boîte se situe entre l'abbaye de Westminster et le Parlement, dans la capitale du pays. Elle a été inauguré par les autorités d'État et municipales du quartier de Westminster.

Celle de Belfast, en Irlande du Nord, semble peu faire parler d'elle.

À Édimbourg, en Écosse, plus d'articles de presse et un peu de politique d'après cette image prise par le photographe Iain Masterton et publié le lendemain de l'installation.

"Not my king!" à la craie au pied de la boîte aux couleurs du couronnement, dans une artère principale d'Édimbourg (Iain Masterton, publiée sur Twitter le quatre mai 2023).

Le quatre mai, un rappel que tous les Britanniques ne sont pas monarchistes a été écrit à la craie sur le bord du trottoir : « Pas mon roi ! ».

La boîte de Cardiff recouverte d'autocollants indépendantistes (BBC Wales, le six mai 2023).

Par contre, la boîte de Cardiff, au Pays de Galles, déplaît énormément aux indépendantistes à tendance républicaine : le journaliste de l'antenne galloise de la BBC, Peter Gillibrand, signale, ce samedi, que c'est la deuxième fois que la boîte est recouverte d'autocollants et a servi de cibles à des jets d'œufs.

Autocollants de l'organisation Yes Cymru notamment, dont le dirigeant interviewé explique le désintérêt pour le couronnement : roi par la naissance, coût de la cérémonie, plus de touristes à Versailles, sentiment d'abandon du Pays de Galles par le centre politicien londonien, etc. Mais sans appeler à manifester contre.


La localisation de la boîte décorée, St John’s Street, pourrait-elle être aussi en cause ?

C'est ce que pense le scénariste et réalisateur Rich Williams. Elle se situe devant un pub nommé Owain Glyndwr, du nom du dernier Prince de Galles souverain et gallois au début du quinzième siècle... avant de devenir, un siècle après, le titre honorifique des fils aînés des rois d'Angleterre.

Les boîtes aux lettres de la poste royale ne sont donc pas qu'une affaire de tricot.

samedi 27 juin 2020

Disparition : Surésh Dhargalkar (1934-2020)

Lu dans le numéro daté juillet 2020 de Gibbons Stamp Monthly, la disparition, le neuf avril 2020, de Surésh Dhargalkar, architecte du domaine royal britannique et qui servit de 1996 aux années 2000 d'adjoint au Conservateur de la Collection philatélique royale.
The Queen's Stamps de Nicholas Courtney (Methuen, 2004).

Spécialisé dans la conservation, il avait créé la Stamp Room lors que la collection a été installée à Saint James' Palace dans la seconde moitié des années 1990.

De là, il avait aidé Charles Goodwyn, puis Michael Sefi à gérer la collection, y compris en organisant le transfert des pièces vers les expositions, organisant l'exposition itinérante du Julibé d'or de la Reine Elisabeth II en 2002.

Il avait terminé sa carrière en travaillant sur la Bibliothèque royale à Windsor. Il était aussi membre de The Egypt Exploration Society et participa ainsi au projet Armana : la reconstruction du temple d'Aton et du palais d'Akhénaton, à Armana.

Son rôle dans la conservation et la diffusion de la collection de référence qu'est la Collection philatélique royale peut se lire dans The Queen's Stamps, livre de 2004 de Nicholas Courtney.

Il était Lieutenant dans l'Ordre royal de Victoria, membre de l'Institut royal des architectes britanniques, et Compagnon de la Société philatélique royale de Londres.

vendredi 9 août 2019

Stockholmia (7) : une histoire de bibliothèques

Dans les étages du Musée postal de Stockholm, se trouve une bibliothèque philatélique de bois clair et foncé, teinté de rouge orangeoyant ici et là. L'accueil signale bien la destination du lieu :
Timbres sur taies de coussins (je ne sais pas si ça se trouve à la boutique souvenir).
Après l'accueil, deux salles de travail peuvent accueillir les chercheurs, chacune donnant sur des ouvrages.
La première, donnant sur le un sud ensoleillé.

L'autre donne sur les rayonnages de littérature philatélique du monde entier, dont la France.


En dehors des portes ouvertes, organisées pendant Stockholmia, l'ouverture est assez limitée : les mardis et mercredis de midi à seize heures - ils n'ont pas oublié les actifs du centre-ville pouvant se jeter sur ces connaissances pendant le repas. De septembre à avril, la bibliothèque est ouverte jusqu'à dix-neuf heures néanmoins.

Cet excellent outil était, dans l'émotion, concurrencé par la bibliothèque en cours de déménagement de la Royal Philatelic Society London.

Elle ne fut pas amenée jusqu'en Suède, mais la reproduction photographique de la Large Library jouait le rôle de café-point de rencontre qu'était celui de cette salle des revues et périodiques au 41 Devonshire Place.
La Grande Bibliothèque de la Royale reconstituée pendant l'exposition Stockholmia 2019 du cent cinquantenaire de la Société londonienne.
Depuis le milieu du printemps, la bibliothèque de la Royal attend patiemment dans ses cartons la fin des travaux de réaménagement du nouveau siège, 15 Abchurch Lane. Ce qui sera progressivement réalisé à partir de la fin de cet été, d'après les nouvelles.

jeudi 9 août 2018

Le tour du monde 2018-2019 depuis Londres et Stockholm

Sur le site de la Royal Philatelic Society London a été publié le programme des conférences et des expositions du jeudi après-midi ; et, de nouveau, c'est un tour du monde qui sera proposé aux philatélistes. En plus de tout ce qui sera proposé à Stockholmia, l'exposition des cent cinquante ans de la Société du vingt-neuf mai au premier juin 2019.

Du monde francophone
Avec un président belge, il n'y a pas que la France pour incarner les espaces francophones désormais. Ainsi, Patrick Maselis - probablement avec des souvenirs personnalisés - proposera une collection des « Belges Outre-Mer », en lien avec le thème de son ouvrage sur toutes les colonies belges ou en développant des groupes ou des personnalités particulières (missionnaires par exemple) ? Réponse le huit novembre.

Le deuxième jour de Stockholmia 2019, le trente mai, Henk Slabbinck racontera la « présence française en Inde » - aux antipodes des côtes atlantiques du Canada - et la dernière conférence du six juin sera consacrée à la Grande Armée napoléonienne par Paolo Bianchi - son autre passion avec l'Afrique.

Enfin, deux anciennes colonies antillaises de la France : la Dominique par une collection de Simon Richards le quatorze février et Haïti le quatre octobre dans une exposition collective américaine.

Sociétés
Les expositions collectives seront donc présentes. En novembre, les membres de l'association spécialisée dans les territoires occupés par l'Allemagne pendant la Première Guerre mondiale (le quinze) et ceux du cercle d'étude des îles du Pacifique (le vingt-deux) montreront l'étendue de leurs travaux.

À l'invitation de son président, l'Académie royale de philatélie de Belgique sera à Londres le quatre avril. Et le Malaya Study Group, le vingt-et-un mars, plongera dans les multiples entités d'avant la Malaisie et Singapour actuels.

Des bouts du monde...
Le dix-huit octobre, David Leathart explorera la collection de spécimens des timbres à l'effigie de la Reine Victoria que posséda Marcus Samuel (1904-1997). Voilà pour le Royaume-Uni.

Côté Empire, la Dominique donc, auxquelles sont jointes la conférence de Freddy Khalastchy, le vingt-trois mai, sur les surcharges de Bagdad, première émission britannique en Mésopotamie pendant la Première Guerre mondiale.

La deuxième moitié de Stockholmia 2019 - trente-en-un mai et premier juin - verra Eddie Bridges aborder « controverse et intrigue » des essais Darmstadt de 1929 de l'Union sud-africaine et John Barwis explorer les routes maritimes du Victoria australien.

Hors Couronne britannique, deux conférences : Gustaf Douglas décrira, en philatélie classique, les ovales de Finlande, le vingt-huit février, quant Georg Stømer se consacrera à la Norvège de 1855 à 1868. Le premier offrira aux regards sa collection d'or de Suède à Stockholmia, dont la variété Tre Skilling jaune.

William Tatham passera la riche décennie 1876-1886 en Roumélie orientale et Bulgarie du Sud, entre l'insurrection bulgare contre l'Empire ottoman et la fin de la guerre contre la Serbie, période qui voit l'indépendance de la Bulgarie.

...à l'Amérique entière.
Le « Nouveau Monde » sera - à mon sens - omniprésent cette saison à la Royale pour sa dernière année à 41 Devonshire Place, avant son emménagement mi-2019 dans la City de Londres, 15 Abchurch Lane.

Dès le quatre octobre, trois collectionneurs, John Shaw, Glen Stafford et Ray Todd, exposent Chili, Haïti, des entiers du Nicaragua et le Paraguay, complété par Dominique le quatorze février.

Les États-Unis constituent l'autre moitié, avec un poids événementiel dans chacune des conférences prévues, ici dans l'ordre chronologique de leur sujet. Le sept février, Mark Schwartz plonge dans l'histoire postale de Boston pendant la Guerre d'indépendance.

À Stockholm, le vingt-neuf mai, Scott Trepel racontera comment « dix-neuf mois d'opération » a contribué à « une éternité de fascination » pour le Pony Express de 1860-1861 - pour les plus curieux, Trepel a proposé l'histoire du Pony Express face au conflit indien devant le Collectors Club de New York en 2016. Le six décembre, la conférence de John Walker plongera dans l'autre union avec « les lettres patriotiques utilisées dans les États confédérés d'Amérique pendant la Guerre civile (1861-1865) »
L'émission pour l'exposition de Jamestown de 1907 (via la base documentaire Commons de Wikimédia).
Le dix-sept janvier, Roger Brody se rend à l'exposition internationale de Jamestown de 1907, à Norfolk, en Virginie, qui eut droit à une série de trois timbres à l'effigie du capitaine John Smith et de Pocahontas, et la fondation de Jamestown en 1607 par la scène du débarquement du premier sur le littoral virginien.

Pour clore mon parcours dans ce programme, on passera des États-Unis au Libéria, le vingt-cinq avril, avec Bryant E. Korn : un siècle des timbres et de l'histoire postale de ce pays à partir de 1820.

Cerises sur le gâteau d'anniversaire.
La première exposition, le treize septembre, sera traditionnellement issue de la Collection philatélique royale, mais aussi la dernière préparée par Michael Sefi qui prend sa retraite en tant que Gardien de celle-ci : les émissions du règne de George V seront à l'honneur.

Le onze avril, dans le cadre du cent cinquantenaire de la Société, la Reine et les anciens présidents de la RPSL proposeront des parties de leurs collections avant l'exposition de Stockholm, fin mai, au programme très riche.

vendredi 15 juin 2018

Une tourte de pelures épistolaires devenue film guernesiais

Sorti ce mercredi treize juin 2018 en France, Le Cercle littéraire de Guernesey n'est certes pas prêt d'entrer au panthéon du cinéma, mais en période pré-estivale, peut concilier un temps mémoire de l'Occupation, besoin de douceur dans un monde de brutes et pré-réservation d'un séjour dans les îles Anglo-Normandes.
L'affiche française du film reprenant l'illustration façon histoire postale des couvertures du roman, et insistant sur l'aspect choral du film : vous retrouverez bien une actrice ou un acteur britannique qui vous est connu (via le site web de Première).
Juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1946, la fiction suit Juliet Ashton, une jeune auteure londonienne, qui a fait fortune par l'écriture de chroniques patriotiques sous un pseudonyme masculin. Tout lui réussit, même l'amour d'un officier états-unien.

Jusqu'à l'arrivée surprenante d'une enveloppe portant les timbres du baillage de Guernesey, laquelle contient la lettre d'un éleveur de l'île. Ayant trouvé l'adresse dans un livre d'occasion et la lecture ayant permis à son groupe et lui de tenir sous l'Occupation allemande, il demande le service de l'adresse d'un libraire de la capitale pour trouver un livre en particulier.

Curieuse du nom de ce groupe, la fameuse Société de littérature et de tourtes d'épluchures de patates de Guernesey, mensonge initialement créée pour justifier une violation du couvre-feu au cours duquel un cochon rôti échappa à l'armée allemande.
Les couvertures britannique et française du roman (via les sites Amazon).
Comme le roman, de Mary Ann Schaffer et sa nièce Annie Barrows, dont il est inspiré, le film insiste sur la relation épistolaire, ce qui réjouira les philatélistes. Cependant, le film suit directement l'héroïne à Guernesey et ses passages au bureau de poste pour les coûteux appels à son impatient agent londonien.

Le roman, dont le film peut servir d'introduction - là, je suis d'accord avec M. Sotinel du Monde, point de « j'ai déjà vu le film », est la relation épistolaire quasiment quotidienne entre les protagonistes londoniens et guernesiais au fur et à mesure que Juliet enquête sur l'Occupation allemande... forçant les mémoires à s'ouvrir difficilement - c'est un des reproches adressés au film d'ailleurs : lui-même montre difficilement ses souvenirs malgré de nombreux flashbacks.
L'émission du 28 juillet 2011 consacrée au roman par Guernsey Stamps.
Avec le tournage de ce film - dont l'office du tourisme de l'île est un partenaire - et sa sortie britannique en avril dernier, The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society peut devenir une collection thématique en lui-même : couverture timbrée et oblitérée, émission d'une série à Guernesey en 2011, d'un souvenir avec ces timbres et une oblitération spéciale en avril 2018,...
Le souvenir émis pour la sortie du film en avril dernier (fil Twitter du service philatélique de Guernesey).
... et les amateurs de porc rôti, d'élevage porcin, de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, de l'île de Guernesey et ses paysages, des longues et continues correspondances d'antan complèteront les nombreux panneaux d'exposition.

mardi 27 mars 2018

Un serial personaliser belge frappe encore à Londres

En bon Français que je suis, j'ai oublié de retrouver et de scanner deux timbres jusqu'à ce dimanche et, curieux hasard, ce mardi midi, j'obtiens trois nouveaux exemplaires d'un coup dans ma boîte aux lettres.

Alertons donc de suite le monde : il y a un personnaliseur en série en liberté dans les rues de Londres !

Timbre personnalisé de Belgique à l'effigie de la RPSL oblitéré du dix février dernier.
Ce midi au courrier, une enveloppe comportant l'annonce d'une opération de la Royal Philatelic Society London pour le financement du réaménagement de son nouveau siège, au 15 Abchurch Lane, dans la Cité de Londres.

La lourdeur de la tâche a demandé trois timbres à un point Europe, dans la version personnalisable proposée par Bpost, la poste belge. La personnalisation étant le logotype de la RPSL.

Oblitérés par la Société le dix février 2018, deux jours après l'exposition de son Président Patrick Maselis.
L'enveloppe entière du dix février 2018.
Avec une étiquette de poste aérienne prioritaire belge...

... timbres belges, oblitération privée britannique...

Quel circuit ! Mais ce n'est pas la première fois :
En juin 2017, des informations sur Stockholmia 2019 avec les mêmes timbre et oblitération.
En effet, lors de l'assemblée générale de la RPSL, le vingt-deux juin 2017, l'annonce d'une présentation monégasque de Stockholmia 2019, exposition du cent-cinquantenaire de la Société, reçut la même élégante quoique postalement perturbante présentation.

Sauf que ce n'était pas la première occurrence... et depuis cinq ans, j'oublie de poster sur :
Déjà, en Belgique en 2013...
... ce timbre personnalisé de l'entreprise agro-alimentaire Maselis, fondée en 1829, avec oblitération  du dix-neuf mars 2013 du bureau philatélique de Malines (Mechelen en flamand), pour l'annonce d'une réunion Benelux des membres de la RPSL.

Mon Dieu, membres de la Royale, vous avez élu un serial personaliser à la tête de la Société !


Complément du jeudi vingt-six avril 2018 :
Le jeudi cinq avril dernier, Patrick Maselis a étendu cette collection personnalisée avec un tirage limité de cent cinquante cartes-maximum :
La carte spéciale offerte à l'assistance (photographie par JackZhang, présentée ici avec autorisation).
En effet, lors de la conférence de Bryan Kersley sur les Seahorses, série de fortes valeurs faciales britanniques du règne de George V, Richard Berry a assisté à sa cent cinquantième réunion consécutive de la Royal Philatelic Society London.

Outre un présent de cent cinquante chocolats, il est l'objet d'une carte-maximum portant le timbre belge personnalisé au logotype de la Société et oblitéré de sa fidélité, plus un timbre belge sur le scoutisme.

lundi 5 février 2018

Échos français depuis le 41 Devonshire Place

Dans son numéro daté février 2018, Sophie Bastide-Bernardin, rédactrice en chef de L'Écho de la timbrologie, consacre une belle pagination au récit épique de l'après-midi qu'elle a passé, le jeudi onze janvier dernier, au siège de la Société philatélique royale de Londres, profitant de l'exposition d'histoire postale du Maroc de 1852 à 1925 proposée par Maurice Hadida.
La couverture British de L'Écho de la timrbologie de février 2018 (boutique web du magazine).
Récemment élu Fellow de la Société presque cent-cinquantenaire, Maurice Hadida ponctuait ainsi avec cinq cents quatre-vingt-huit pages de collection trois articles écrits avec le Gibraltarien Richard Garcia et publiés en 2017 par The London Philatelist, une collaboration qui pourrait donner un livre-somme sur le Maroc postal.

Son partenaire poursuit ce même mois dans Gibbons Stamp Monthly son récit des aventures du Rocher d'en face : en 1891, comment la maîtresse des postes Margaret Susan Creswell dut faire face à une pénurie de timbres à Gibraltar et dans ses filiales marocaines.

Pour en revenir à l'article de Madame Bastide-Bernardin, ceux qui n'ont jamais visité le 41 Devonshire Place découvriront l'endroit, sa bibliothèque, son moment thé et son histoire, accrochée à tous les pans de murs... mais vont devoir se presser à Londres pour découvrir l'adresse avant l'emménagement d'ici 2019 de la RPSL dans la Cité de Londres... à une adresse encore mystérieuse et confidentielle, dont la quête est détaillée dans un entretien avec Chris King, ancien Président et directeur du Comité de développement de la Société, publié dans le numéro du mois du London Philatelist.

Du transitoire au durable, résumait la Française en éditorial : le dernier adjectif pour la société londonienne et ses traditions, à peine perturbées par le chocolat et la bière de son nouveau Président belge Patrick Maselis (interviewé dans le même Écho) ; le premier pour un des aspects insistants de la Société et de la classe ouverte en France : l'intérêt pour les petits objets paraphilatéliques des médailles aux programmes d'expositions, etc.

Pourvu qu'elle propose cet éditorial à la lecture du service informatique de sa maison-mère pour une durable mise à jour du transitoire kiosque numérique de son mensuel. En effet, celui-ci dépend du logiciel Silverlight de Microsoft - évitant fort justement les risques de diffusion gratuite et illicite de fichiers pdf par d'ingrats lecteurs, mais que la compagnie états-unienne ne maintient plus à jour pour les navigateurs web depuis quelques années...

En espérant que mes vains trois euros quatre-vingt-dix centimes pour ce numéro virtuel - quelle idée d'avoir un ordinateur à jour ! - servent à financer un passage à un logiciel plus efficace... Et merci à l'abonnement collectif d'une association philatélique locale.

Dans ce domaine, L'Écho de la timbrologie peut se tourner vers Geoff Eibl-Kaye qui a réalisé un magnifique travail avec les archives numériques du London Philatelist depuis 2005, ou en raison de sa retraite du projet, vers son successeur Julian Jones.

jeudi 17 août 2017

Le programme des jeudis de la RPSL pour 2017-2018

Le programme des conférences et des expositions des jeudis de 2017-2018 a été récemment publié sur le site de la Royal Philatelic Society London.

Royaume-Uni, Empire et Commonwealth bien entendu, mais avec de nombreuses escapades outre-mer, ponctuées de quelques promenades maselisiennes.

Nouveau président belge de la Société, Patrick Maselis proposera, le huit février, une exposition sur l'ensemble de la « fin du catalogue » des timbres de Belgique : fiscaux, aériens, carnets, taxe, roulettes, timbres des postes locales et ferroviaires. Son rôle de président du Club de Monte-Carlo, réunissant des collectionneurs importants et des institutions - et organisateur de Monacophil, se verra avec une sélection des collections du Prince Albert II de Monaco, le dix-sept mai.

Les expositions de groupes seront nombreuses, invitant successivement la Deutscher Altbriefsammlung-Verein le douze octobre, le Belgian Congo Study Circle le vingt-six octobre, l'Académie russe de philatélie le vingt-cinq janvier, l'East Africa Study Circle le quinze février, les membres du Sud-Ouest anglais le dix-neuf avril.

L'Afrique ne sera donc pas contournée ; d'autant plus que, le onze janvier, le Français Maurice Haddida exposera l'histoire postale du Maroc de 1852 à 1925, faisant suite à ses articles conjoints avec le Gibraltarien Richard Garcia dans les récents numéros du London Philatelist.

L'Europe continentale sera complétée par un tour extérieur des Alpes avec une conférence le vingt-huit septembre de Jean Voruz sur le système postal du canton de Genève, une autre le vingt-deux février de Harald Lang sur l'émission d'Autriche-Hongrie de 1867, issu du compromis austro-hongrois, et une exposition le vingt-deux mars de Vittorio Morani sur l'histoire postale de Toscane.

L'Amérique centrale et caraïbe sera évoquée par l'histoire pré-philatélique du Salvador, une allocution de Guillermo Gallegos le neuf novembre, et une chronologie complète des îles Cayman par James Podger le trois mai.
La couverture de l'ouvrage de Bryan Kearsley (site de la Great Britain Philatelic Society).
Côté Royaume-Uni, deux grandes traditions seront étudiées : les entiers gaufrés de 1841 à 1973 exposées par Alan Huggins le vingt-trois novembre et les Seahorses, les fortes valeurs faciales de George V, par une conférence de Bryan Kearsley le cinq avril - douze ans après son livre Discovering Seahorses publié par la Great Britain Philatelic Society.

Que reste-t-il encore du programme ?

Avec les beaux jours, l'ensemble des membres va apparemment être invité à présenter sur le thème de la philatélie polaire le trente-et-un mai, puis pour une compétition « un cadre » estivale le douze juillet.

Et, apparaissent deux titres peu communs de conférences.

Pour la dernière de l'année 2017, Dane Garrod titre son discours du sept décembre de la célèbre citation, devenue expression courante : "Your Very Loving Madeline" (guillemets compris). Une thématique sur Proust ? Sur les souvenirs philatéliques de jeunesse ? Sur les desserts ?
Marcel Proust sur timbre de France de 1966 (via Phil-Ouest.com).
Pour la dernière du programme, Tim O'Connor propose « Le Docteur Franklin s'adressera aux Lords sur l'état de la Poste de Sa Majesté ». Une étude des activités à Londres du Maître des postes colonial nord-américain Benjamin Franklin ?

Les fascicules de présentation des expositions et des conférences sont publiés sur le site de la Royal Philatelic Society London (page Recent displays) ; les vidéos des conférences, diffusées en direct puis à la demande sur youTube, sont accessibles aux membres (à demander au secrétariat pour les non-membres).