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dimanche 7 janvier 2024

Humour au bureau de poste du Pôle Sud

 Le politiste états-unien Ian Bremmer est revenu cette semaine d'un séjour en Antarctique dans le cadre de ses activités de conseil en risque géopolitique et de rédaction d'une lettre de nouvelles sur l'actualité.

Quand le bureau de poste est fermé au Pôle Sud (via le réseau Threads, le cinq janvier 2024).

Sur les réseaux Threads et Instagram, il a visité le bureau de poste de la base Amundsen–Scott, tenu par un vaguemestre de l'United States Postal Service qui ne manque pas d'humour : quand le bureau est fermé, un panneau parodie le slogan du groupe Target, une des cinq principales chaînes de distribution aux États-Unis.

Attendez mieux, payez moins (site officiel).

Car, en Antarctique, l'hivernant ou l'estivant va devoir « espérer moins, payer plus » entre distance, si la météo le permet, et comme l'ont montré des reportages à la base Dumont-D'Urville qui profite du bureau des Terres australes et antarctiques françaises pour recevoir en soutien et envoyer en souvenir des colis.

J'ai rapidement trouvé deux articles sur le fonctionnement du bureau du Pôle Sud, similaire à son homologue français.

Le cinq décembre 2012, Jeffrey Donenfeld avec moultes photographies : timbres-poste des États-Unis, cachets sérieux des postes militaires (APO) ou illustrés du receveur, les boîtes individuelles des destinataires, et leur participation à tour de rôle au traitement du courrier arrivant ou à oblitérer pour les collectionneurs.

Il n'est pas non plus nécessaire d'indiquer « USA » pour le courrier à destination des États-Unis puisque, côté d'un court article postal de Marco Werman dans The World du six février 2013, l'avion-cargo militaire amène le courrier vers la Nouvelle-Zélande où il est routé directement vers l'Amérique du Nord.


Pour les collectionneurs, l'U.S. National Science Foundation est stricte sur sa page au sujet du courrier philatélique rédigé à destination des personnels de la base et, par la même, les collectionneurs... Et cela est bien plus strict que les T.A.A.F.

Le but est de ne pas interférer avec les missions scientifiques ; ce que Donenfeld indiquait : si un départ ou arrivée de matériel scientifique est prévu, le courrier attendra. Et donc, pendant l'été austral, le courrier des collectionneurs n'est absolument pas prioritaires, pourra être traité davantage pendant l'isolement de l'hiver et donc revenir au destinataire plusieurs mois après.

Tout d'abord, la National Science Foundation autorise son personnel à refuser le courrier non sollicité et à le jeter au recyclage. Il y a un agent postal dans la base, c'est à lui que ce courrier doit parvenir et pas plus de deux enveloppes par an et par base par adresse identique de destinataire, affranchi première classe pour les destinations desservis par l'USPS, ou le port internationale de première classe ou de poste aérienne hors-États-Unis.

Précision utile : les enveloppes sont traitées pour un usage personnel, et non commercial... Là, ça vise et les spéculateurs au loin et le personnel des bases. Priorité à l'efficacité (et le chiffre d'affaires ?) des colis.

Peut-être que le choix du tout-avion, l'absence de revenus par des timbres-poste spécifiques, une mentalité de rentabilité des expériences scientifiques sur place et de leurs futures applications expliquent une page aussi sérieuse et une limite d'enveloppes-souvenirs aussi rigoureuses... comparées aux pages infinies de collections d'enveloppes, de tarifs, de cachets de chaque personnel des missions vers la base française sur le continent Antarctique et ses trois districts insulaires.

mardi 31 décembre 2019

Bientôt beaucoup de timbres sur les Îles Éparses ?

Les Îles Éparses de l'océan Indien ont acquis une certaine notoriété philatélique depuis leur intégration en 2007 aux Terres australes et antarctiques françaises, au programme très local.

À la même période, les gouvernements français ont tenté de négocier avec Maurice et Madagascar une forme conjointe de gestion des zones économiques exclusives de ces îles... alors que ces deux États revendiquent ces terres isolées et que des parlementaires français se sont montrés très opposés.
Enveloppe premier jour de l'émission d'août 2019 : la carte rappelle que les revendications mauritiennes ne concernent pas seulement l'archipel des Chagos évoqué par les deux timbres.
Après la cartographie timbrée de décembre 2017 suite au vote à un vote à l'Assemblée générale des Nations unies en juin 2017, Maurice a récidivé le vingt-trois août 2019 grâce à la Cour internationale de justice.

Le vingt-cinq février 2019, celle-ci a prononcé un avis sur la manière dont le Royaume-Uni a procédé à la décolonisation de ses colonies de l'océan Indien. Elle estime que le fait d'avoir séparé, en 1965, l'archipel (peuplé) des Chagos de Maurice est illégal et que le gouvernement britannique doit mettre fin à sa possession de l'archipel, dont une île est louée aux États-Unis et constitue leur principale base entre Afrique et Asie.
Et, en novembre 2019, la France entre dans le jeu de la « guerre philatélique » avec ce timbre sur Tromelin au tarif international (via Phil-Ouest.com).
L'implication de cette décision peut aussi concernée à terme la France et ses îles inhabitées (sauf par des scientifiques et des militaires). Déjà, suite à leur choix distinct par deux référendums en 1974 et 1976, la séparation de Mayotte de l'archipel des Comores suscite des rappels comoriens au sein des institutions de l'Union africaine et des Nations unies.

Les philatélistes savent les nombreuses variations des limites coloniales françaises dans l'océan Indien : depuis une série par île jusqu'à l'inclusion des Comores au sein de Madagascar en 1912, avant leur séparation en 1950... Beaucoup de timbres aux noms de « pays philatéliques » variés.

Et les îles Éparses justement...

N'ont-elles pas été séparées opportunément avant le processus de décolonisation au détriment des nouveaux États de Madagascar et de Maurice ?
La une de La Gazette de la Grande Île du samedi sept décembre 2017, en pleine consultation sur les Îles Éparses à Madagascar (site web du journal).

Cela a justement fait l'actualité fin 2019 dans la Grande Île.

En 1979, l'Assemblée générale des Nations unies déclara arbitraire la séparation des îles Malagasy et de Tromelin de la colonie de Madagascar... Depuis, les problèmes de développement et de paix civile ont empêché Madagascar de poursuivre ses revendications.

Début décembre, pendant trois jours, une grande consultation a eu lieu sur ces îles. Le point de vue du journal La Gazette de la Grande Île est sans appel, dans son édition du sept décembre : « Ici c'est Madagascar » en réponse à la visite des îles Glorieuses par le Président de la République française en octobre dernier.

L'argumentaire ressemble à celui de Maurice pour Chagos et Tromelin : à l'époque coloniale, chacune des Éparses était incluse dans une des provinces de Madagascar. Et la proposition de cogestion sous souveraineté française lancée 1999 est rejetée.

Les gouvernements malgaches semblent plus prudents malgré l'intérêt pour les richesses minières aux marges maritimes de ces îles qui aideraient bien au développement.

Alors, d'ici juin 2020 et un possible aboutissement des négociations franco-malgaches, les premiers timbres de Madagascar sur les « îles Malagasy » et Tromelin ?

samedi 16 décembre 2017

De la réalité des revendications mauriciennes et des nouveautés philatéliques

Même si le blog Commonwealth Stamps Opinion et son auteur sont loués pour leur complétude face aux déluges des nouvelles émissions de timbres du Royaume-Uni et des territoires anciennement ou actuellement membres du Commonwealth, il peut toujours y avoir un doute sur l'existence des émissions qui y sont citées ou que les marchands de nouveautés proposent ensuite.

L'appât du gain des agences philatéliques privées de sinistre réputation s'associant à l'impossibilité matérielle des opérateurs postaux de proposer leurs émissions en vente par correspondance à l'unité par leurs sites web - les abonnés recevront certes.

Tel est le cas de la poste de Maurice et des trois timbres sur les zones économiques exclusives de cet État, évoqué cette semaine : ma source la plus proche de la poste était qu'ils étaient proposés par un vendeur mauricien sur la plate-forme de vente eBay.
Deux des trois lettres concernées sur lettre recommandée.
À réception de la commande, c'est le feu d'artifice : l'enveloppe est bellement affranchie avec deux des trois timbres concernés, ainsi qu'avec deux timbres émis en 2016 (Nelumbo nucifera et sentiers forestiers) et deux autres de 2017 (centenaire du peintre Serge Constantin et deux cents cinquantenaire de la police mauricienne). Pas de Tromelin, tant pis.

À l'intérieur, la série neuve et le premier jour officiel souhaités.

Merci pour le service client philatéliste.
Le timbre des zones maritimes de la République de Maurice oblitéré le mercredi treize décembre 2017, deux jours après l'émission.
De là, une réflexion sur le coût qui serait nécessaire pour disposer de catalogues ou listes à jour des timbres contemporains réellement émis sur leurs territoires d'usage - s'il n'y a pas de bulletin des services philatéliques : envoi gracieux par les postes aux éditeurs, réseau de correspondants gentiment récompensés, veille salariée des sites web, blogs, boutiques de vendeurs professionnels et amateurs, magazines étrangers, journaux des associations philatéliques locales ou spécialisées, etc...

Titanesque ! Réussi ?

Je ne sais, mais je m'interroge toujours de la périodicité des éditions annuelles de catalogues simplifiés des timbres du monde des éditeurs britanniques et états-uniens ou du tome de l'année d'un éditeur français.

Peuvent-ils être exhaustifs quant il faut plusieurs mois à des collectionneurs passionnés, sur StampBoards, pour aboutir à une liste quasi-définitive des pays n'ayant pas émis de timbres en 2017... et découvrent qu'une poste de pays en développement, Trinité-et-Tobago en l'occurence, aurait surchargé de vieux stocks pour éviter le coût d'une émission.

mardi 12 décembre 2017

Tromelin et Chagos, îles mauriciennes

Hier, lundi onze décembre 2017, la poste mauricienne a émis trois timbres sur les zones maritimes de la République de Maurice... qui devraient faire réagir les gouvernements britanniques et français, d'après un article d'hier du White Knight, l'auteur du Commonwealth Stamps Opinion, blog de suivi des émissions dans les pays membres du Commonwealth.
Carte des zones économiques exclusives, le territoire maritime de Maurice d'après elle-même (via Commonwealth Stamps Opinion).
Depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968, l'État insulaire comprend également des dépendances isolées mais habitées, par nombre décroissant d'habitants : RodriguesAgalega (et son bureau de poste) et les écueils des Cargados Carajos.
Cartographie des fonds marins de l'archipel des Chagos (via Commonwealth Stamps Opinion). 
Cependant, le pays revendique également l'archipel des Chagos, constituant le Territoire britannique de l'Océan Indien depuis l'indépendance de Maurice et des Seychelles.

Sauf que les Français, anciens colonisateurs de Maurice, avaient également lancé des plantations à Diego Garcia administrées depuis celle qui s'appelait alors île de France avant de passer aux Britanniques en 1810... Pourquoi alors séparé Maurice et les Chagos peu avant l'indépendance ?

Surtout que c'est Maurice et les Seychelles qui ont dû accueillir l'essentiel des Chagossiens chassés par l'implantation de la base militaire états-unienne à Diego Garcia dans les années 1970... Une des dernières, mais encore active, épines coloniales du Royaume-Uni : les Chagossiens et leurs descendants réclamant un droit au retour.
Tromelin, ses dunes et sa piste d'aterrissage... et c'est tout (via Commonwealth Stamps Opinion).
Pour faire bon compte, rappeler aux expéditeurs mauritiens leur géographie et piétiner l'amitié française, un troisième timbre et le plus cher d'ailleurs montre le profil de l'île Tromelin, actuellement partie du district des Îles éparses des Terres australes et antarctiques françaises.

Comme les îles australes balayées par les vents et la Terre Adélie, quoique tropicale, Tromelin est inhabitée et n'accueille que le personnel militaire et scientifique minimal pour assurer la souveraineté française, maintenir une base météorologique et étudier l'environnement.

Pour Maurice, la version anglaise du traité de Paris de 1814 sous-entend que la dépendance tromelienne est passée sous contrôle britannique avec Maurice et les Seychelles ; et les actions britanniques jusqu'en 1951, puis françaises ensuite semblent indiquer le flou juridique de l'île.
Émission conjointe de 2014 sur la tortue verte, une des habitantes permanentes de Tromelin, avec timbres de France, TAAF et Maurice (scan de timbredujura.blogspot.fr).
Pourtant, l'amitié philatélique franco-mauricienne semblait bien se porter : émission conjointe en 2014 avec toutes les postes du secteur à l'occasion des Sixièmes Rencontres philatéliques de l'océan Indien, puis en 2015 pour le tricentenaire du débarquement des Français à Maurice.

Côté diplomatie, un accord de 2010 prévoit même la cogestion des eaux autour de Tromelin. Un accord adopté par le Sénat français en 2012, mais que l'Assemblée nationale refuse de considérer au débat en 2013 et en janvier 2017, plusieurs députés arguant de l'indivisibilité du territoire national et de la souveraineté de la France sur celui-ci - en approche du référendum d'auto-détermination néo-calédonien...

Ses timbres sont-ils un moyen de montrer l'impatience de Maurice envers les deux anciennes puissances coloniales ? Sûrement.

Maintenant, y aura-t-il réaction politicienne à Londres et Paris ?


Pour se procurer la série, je n'ai rien vu sur la boutique de Mauritius Post, mais un vendeur eBay basé à Maurice les propose.


Coïncidence des lectures, le mensuel britannique Gibbons Stamp Monthly a proposé ces deux dernières années des articles sur presque tous les territoires concernés par les revendications mauritiennes :
- en août 2016, Stephen Pendleton étudiait l'histoire postale de Tromelin et les timbres consacrés par le Service postal des TAAF depuis 2007 ;
- en janvier 2017, le même auteur approfondissait l'histoire du Territoire britannique de l'océan Indien (B.I.O.T.), les courriers qui ont pu en provenir et surtout les timbres évoquant leur importance avant la création tardive du territoire en 1965... Si tardive que Maurice accuse donc depuis le Royaume-Uni d'avoir voulu la priver de l'archipel des Chagos, stratégique en pleine Guerre froide.

lundi 24 juillet 2017

Aux marges économiques de la France

Après que leurs auteurs ont mené des recherches détaillées, deux articles récents de sites web permettent d'aborder deux histoires aux marges économiques de la France au début et à la fin du vingtième siècle : des poissons austraux aux roubles indochinois.


Hier, dimanche vingt-trois juillet 2017, sur le blog La Marcophilie navale, Jean-Michel Bergougniou  raconte par les courriers et les timbres les deux premières campagnes de pêche de 1981 et 1982 dans les eaux des îles Kerguelen, dans les Terres australes et antarctiques françaises.

Dans le contexte des conflits de pêche aux larges de Terre-Neuve et de la Norvège, la campagne expérimentale de l'été austral 1980-1981 permit d'étudier la ressource et aux navires de pêche d'évaluer la rentabilité de son exploitation. La suivante (1981-1982) ramena du poisson et, avec l'exemple du Zélande 2 de la Société nouvelle des pêches lointaines de Bordeaux, de suivre le parcours des navires de la France à l'océan Austral en passant par Suez.

Rafraîchissant... quoique la tramontane soufflant actuellement sur le Sud de la France évoquent les quarantièmes rugissant et les cinquantièmes hurlants affrontés par ces navires de pêche.


Restons dans les climats réputés frais, mais dans une ambiance de guerre civile.

La période entre les révolutions russes de 1917 et la stabilisation des frontières au début des années 1920 est complexe en Europe centrale, orientale et aux confins de la Russie en guerre civile (voir l'exemple des conflits entre Pologne et Ukraine). Mais, en Russie d'Asie, la situation fut tout aussi confuse.

Pierre, un des deux auteurs du site d'actualités Numismag, propose, depuis mercredi dernier le dix-neuf juillet, a un article de recherche sur les billets en rouble de la Banque de l'Indo-Chine en Russie à partir notamment des archives de cette banque conservées désormais par le Crédit agricole après de multiples ventes et fusion bancaire en France.

Début 1918, dans le but de contrôler la Sibérie, les alliés envoient troupes, matériels et aide financière vers les chefs et groupes qui leur paraissent les plus aptes à lutter contre les bolcheviks. Si la confusion entre Russes est grande, il en est de même côté alliés à lire le déroulement de la mission du général français Maurice Janin chargé d'abord de commander l'armée tchécoslovaque se trouvant là...
Un exemple de spécimen non émis de vingt-cinq roubles vendu en 2016 sur le site CGB.fr.
Pour revenir à la numismatique, l'article explique comment le gouvernement français décide de stabiliser la situation monétaire : les roubles impériaux que les bolcheviks impriment encore concurrencent les roubles du gouvernement renversé de Kerenski. Et à Omsk, la principale ville « blanche » de Sibérie, on envisage une émission souveraine de billets.

Pour rassurer les populations de l'Orient russe qui auraient à faire aux militaires français, il est demandé à la Banque de l'Indo-Chine d'ouvrir une agence à Vladivostock et d'émettre des billets bilingues et libellés en rouble, lié  par une parité fixe avec le franc français (un rouble pour soixante centimes). L'auteur signale le même stratagème par les Britanniques à Arkhangelsk.

En 1919, la Banque de l'Indo-Chine confie la création et l'impression à l'American Banknote Company qui comprend une allégorie au bonnet phrygien dans un médaillon entouré d'éléments de sécurité.

Cependant, les aléas militaires et politiques à Omsk empêcheront la mise en circulation de ces billets. Leur destruction a lieu en mai 1920 à New York... qu'ils n'ont jamais quitté. N'en restent que les séries spécimens circulant dans les ventes ou conservées dans les archives de la Banque de l'Indochine.

Un article passionnant. Bonne lecture !

jeudi 14 juillet 2016

Paris-Philex (7) : la philatélie, une histoire des empires et de la mondialisation ?

Les deux, mon commandant !

Une passion issue du dix-neuvième siècle européen.
Le collectionneur, le philatéliste, l'historien postal ou le curieux du contexte de tout cela lira avec attention le numéro d'été du mensuel français L'Histoire - dont le site web a changé d'adresse, intitulé XIXe siècle. Le monde est à nous ! La mondialisation à l'européenne.
Couverture du numéro été 2016 de L'Histoire en vente en kiosque jusque fin août (site de L'Histoire).
Le lecteur notera toutes les images d'Européens inventifs et ingénieux, pionniers même, et d'indigènes de tous les autres continents travaillant au profit exclusif des entreprises et des États européens et des colonies de peuplement établis par l'une des plus grandes dispersions de migrants de l'histoire humaine. Plus de cinquante millions vers les Amériques... Ça relativise bien des circulations récentes.

Le philatéliste fiscal notera un timbre fiscal états-unien sur une action de 1864 de la Keystone Zinc Company de Philadelphie, page cent quatorze dans un article sur « Comment la City [londonienne] a propulsé New York »... Les débuts de la mondialisation financière.

Pour ceux qui aiment remettre en cause leurs préjugés sur les personnages historiques ou les grands actes humains, ce même numéro interroge Louis XIV et sa puissance : son règne fut-il celui où le roi absolu contrôla la noblesse ? Ou obligé de veiller constamment sur les finances du royaume et sur une noblesse frondeuse à Versailles, par les arts et les (nombreuses) guerres, fut-ce celle-ci qui contrôla le devenir de la France, le roi ne faisant que suivre ?

Le numéro des Collections de L'Histoire de l'été est aussi décapant : la famille depuis les mythes bibliques jusqu'à nos jours, de la gestation pour autrui à Rome à l'hypothèse que la filiation constitue davantage les familles que le mariage.

Quel rapport entre cette lecture impériale et mondialisée du monde et Paris-Philex ?

L'histoire postale de la conquête européenne du monde : le cas aérien de l'Afrique.
Arrivé à ce septième article sur le championnat de France de philatélie de 2016, il reste encore à aborder l'aérophilatélie et plusieurs collections montrant les liaisons postales internationales tous azimuts au cours de la première moitié du vingtième siècle, quant les puissances coloniales croyaient en leur apogée durable.

Deux compétiteurs illustrent magnifiquement cela à travers l'établissement des compagnies aériennes à travers le continent africain : René Maréchal avec l'Imperial Airways vers l'Afrique du Sud (1925-1937) et Daniel Blanquerin avec Air Afrique vers Madagascar (1925-1939).
Les premières pages des collections de M. Maréchal (gauche) et de M. Blanquerin (droite) à Paris-Philex 2016.
La confrontation de leur première page respective permet de constater la diversité des approches et des présentations... La carte de M. Blanquerin permet de constater que le continent africain est maillé par les liaisons aériennes mises en place pendant l'entre-deux-guerres, mais aussi la concurrence entre les compagnies.

L'Imperial Airways, britannique, oblique fortement vers le sud-est de l'Europe pour connecter toutes les colonies britanniques depuis l'Égypte sous influence jusqu'au Dominion sud-africain. Air Afrique ou Transafricaine en 1928, après fusion de plusieurs lignes, établit un pont entre les colonies françaises d'Afrique et Madagascar.

Deux textes d'introduction et un plan qui suit une logique d'établissement progressif des lignes, chronologiquement plus marqué chez Blanquerin, plus géographique pour Maréchal. Bonus pour le premier : une bibliographie [présenter une bibliographie par contre...].

Au bilan des juges : quel empire bénéficiait des meilleures liaisons aériennes impériales ? Aucune idée. Grand vermeil pour la collection Air Afrique et deux points devant et prenant quatre points en quatre ans, médaille d'or et meilleure collection d'aérphilatélie pour Imperial Airways.

Pourquoi pas de photographies d'enveloppes ? J'en ai pas... Un peu fatigué en fin de parcours. Pourquoi placer l'aérophilatélie si loin dans l'exposition, après polaire et ouverte, et pas aux côtés de l'histoire postale ?

Une conquête créant des connections mondialisées alors surprenantes.
Pour l'histoire postale, économique et sociale, l'impérialisme des puissances européennes, le profitisme des grandes compagnies occidentales selon la grille de lecture ou la dispersion de migrants européens connectent des territoires aussi inattendus que les exemples que je vais piocher dans quelques collections.
Enveloppe oblitérée à Jérusalem, mandat britannique de Palestine, le vingt-neuf juillet 1940 pour Hanoï en Indochine française (collection Christian Abravanel, Paris-Philex 2016).
Un courrier entre une banque de France métropole et la Banque de l'Indochine à Hanoï, logique. Sûrement moins fréquent mais envisageable avec une banque d'une autre colonie française.

Mais, entre une banque de Jérusalem et celle de l'Indochine ?! Cette enveloppe est présentée par Christian Abravanel, webmestre du site du Cercle français philatélique d'Israël, dans Les échanges postaux entre civils en provenance et à destination de la Palestine entre 1938 et 1945, sur laquelle je reviendrai dans le prochain article sur Paris-Philex.

Sous l'enveloppe, il propose un planisphère des principales voies aériennes et maritimes intercontinentales encore disponibles à ce moment de la guerre où le Royaume-Uni est seul face à l'Axe.
Lettre de Kerguelen vers Le Havre, acheminée à Point Natal par un navire ravitailleur norvégien en mars 1912 (collection Alexis Cottineau, Paris-Philex 2016).
Changement de climat et d'époque : dans une collection d'« oblitérations maritimes sur Semeuse (1903-1941) », Alexis Cottineau de l'Amicale philatélique Nostradamus de Salon-en-Provence atteint les recoins du monde de 1912 avec cette enveloppe partie de Kerguelen, acheminée par un navire ravitailleur d'un compagnie baleinière (colonisation, mondialisation et environnement) vers l'Afrique du Sud pour une remise dans les circuits postaux maritimes. En trois semaines, elle est arrivée à destination au Havre.

Mais un « monde européen » éphémère voire pas conformes aux préjugés coloniaux.
En se plaçant dans l'entre-deux-guerres, la majorité des collections se situe déjà à la fin de ces empires coloniaux : à entendre clamer qu'ils sont envahis pour être « civilisés », des indigènes qui ont suivi le chemin de la « civilisation » réclament les droits qui vont avec les nombreux devoirs qu'ils leur ont été imposés, non sans violence.
Lettre portant une Marianne de Decaris illégalement surchargée « Algérie française 23 avril 1961 » (collection Égon Habé, Paris-Philex 2016).
Bien évidemment, la collection grand vermeil de l'Alsacien Égon Habé illustre ce thème de la fin des empires avec, en philatélie moderne, « la Marianne de Decaris surchargée EA » par les autorités algériennes indépendantes entre juillet 1962 et janvier 1963.

En amont, il présente des surcharges des partisans de l'« Algérie française » (mais était-il pour l'application de toutes les valeurs de la République à toute la population ?) dans le contexte du Putsch des généraux d'avril 1961 ou des actions de l'Organisation de l'armée secrète à destination des élus de métropole.

Comment les empires coloniaux ont-ils pu finir si mal ? Exploitation contre « civilisation », racisme contre valeurs, etc. Sûrement aussi préjugés et complexe de supériorité face aux cultures indigènes jugées si pittoresques... Soupir.
Lettre de Rhodes italienne pour Téhéran en mai 1933 (collection René Maréchal, Paris-Philex 2016).
Merci à René Maréchal de fournir un formidable document de la diversité humaine, dans la seconde collection qu'il présentait, « La poste aérienne en mer Égée (1929-1947) ». Pourquoi cette zone si précise ? Elle est une escale possible sur la route entre l'Europe et le Proche-Orient - un autre courrier montre les liaisons aériennes entre pays baltes et Pologne d'une part, et la Palestine d'autre part via la mer Égée.

Ensuite, car Rhodes et les autres îles du Dodécanèse sont sous contrôle italien, alors que Mussolini veut faire de l'Italie une grande puissance, ce qui passe par l'aviation sur le modèle impérial britannique et français (voir plus haut).

Maintenant, suivons grâce à M. Maréchal cette enveloppe dont le verso timbré était présenté au visiteur de Paris-Philex et le scan du recto en-dessous. Elle est expédiée de Rhodes par un dénommé Albert Israel le onze mai 1933. Elle est déposée le lendemain à Athènes (oblitération à gauche des timbres) par Aero Espresso Italiana. Quatre jours après, Imperial Airways l'emporte d'escale en escale jusqu'à Bagdad (oblitération à droite des timbres). Là, c'est une compagnie allemande, Junkers Luftverkehr Persien, l'amène à Téhéran le vingt-et-un.

Adresse transcrite en farsi et lettre parvenue à David Israël à l'École Alliance israélite universelle, institution internationale créée en France en 1860 - fondation commémorée en France par un timbre en 2010. Le courrier passe donc, d'entreprises concurrentes en entreprises, et dont les pays d'origine sont difficilement amis selon les paires constituées ; pour permettre la correspondance entre deux personnes de confession juive, dont une vivait dans un pays à majorité chiite qui, même devenu République islamique en 1979, assure une représentation politique minimale même si avec suspicion.

L'article de Wikipédia signale comment l'Alliance israélite universelle ouvrit des écoles avec le soutien des autorités perses au tournant du vingtième siècle et qui connurent une certaine popularité auprès des élites musulmanes... Peut-être car elles furent davantage françaises au départ qu'israélites et persanes par la suite ?

Une diversité postale pour une histoire de rencontres humaines variées, au-delà des intérêts géopolitiques ou commerciaux. Très beau souvenir qu'est cette enveloppe dans une collection grand vermeil et prix spécial du jury qui rejoint le long palmarès aérophilatélique de M. Maréchal depuis 1995.

À suivre...
Encore un article sur les collections de Paris-Philex : comment la Seconde Guerre mondiale inspire les collectionneurs.

samedi 25 juin 2016

Été historique et exotique français pour Gibbons Stamp Monthly

Les numéros datés juillet (déjà sorti) et d'août (prévu pour début juillet) du mensuel britannique Gibbons Stamp Monthly se tournent vers la France, son histoire commune avec les Britanniques, et son empire colonial.

Histoire postale commune : la Somme.
La série de six timbres du centenaire de 1916 dans la Grande Guerre, dont trois au tarif prohibitif d'une livre cinquante-deux, soit la lettre européenne de plus de cent grammes !!! (Royal Mail).
Pour le centenaire de la bataille de la Somme, qui eut lieu du premier juillet au dix-huit novembre 1916, la Royal Mail émet un timbre sur le mémorial de Thiepval, photographié de loin, à l'arrière-plan dominant les champs et bois actuels.

Deux articles d'histoire postale complète la description de l'émission. Graham Mark explique comment la censure postale britannique s'est développée en 1916 sur tous les fronts.

Alistair Kennedy se concentre sur le courrier des forces britanniques pendant la bataille de la Somme avec force oblitération de field post offices sans timbre-poste - franchise postale oblige - et de marques de censeur.

Une capte le regard français dès son apparition en couverture de ce numéro de juillet : la République assise en majesté entourée d'un cercle dans lequel est inscrit « Service de l'aviation navale anglaise », oblitérée par la poste de l'armée britannique... Quel mélange.

L'article se conclut par une carte postale humoristique montrant que, malgré la bataille, la poste fonctionne avec un grand flegme.

Gibbons au Congo.
Un autre événement de moindre importance appelle un autre article dans la fibre française dans le même numéro de juillet 2016 : suite à la division de son catalogue France & Colonies (France seule par ici), l'éditeur Stanley Gibbons vient de mettre en vente un catalogue comprenant l'ensemble des colonies, départements, territoires et actuelles collectivités d'outre-mer françaises, y compris les bureaux à l'étranger. Ouf.

Un peu moins de trente-cinq livres sterling, soit cinquante euros quand la livre se porte trop bien (1,50), quarante-six quand elle se porte normalement (1,33) ou vous patientez un œil sur les taux de change que propose votre banquier dans les prochaines semaines.

La publicité est page cinquante-huit. Pour mettre immédiatement le pied à l'étrier au collectionneur britannique, Michael Round avec l'aide de Claire de la Feuillade détaille en quatre pages toute une étude traditionnelle de la série de 1900 du Congo français, comprenant le Congo et le Gabon actuels.

Par pitié du Britannique, alors méditant un référendum difficile sur l'Union européenne, les modifications administratives coloniales françaises de 1906-1910 ne sont qu'effleurées : Congo, Moyen-Congo avec/sans Gabon, Afrique équatoriale française, etc.

Une étude approfondie puisque Round se plonge dans les auteurs anciens pour préciser la date d'émission avant de passer en revue papier, dentelure, couleurs et filigranes. Dictionnaire de traduction en main pour ce dernier : le couple de faux jumeaux renversé/inverted - inversé/reversed pouvant gravement tromper l'anglophone.

Perfides Français !

La vengeance est d'ailleurs terrible : pour marquer l'Euro de football organisé en France, le mensuel propose son équipe britannique idéale à travers les timbres et les enveloppes-souvenirs.

Que s'échoue la galère...
Et ces pérégrinations dans le domaine français vont se poursuivre dans le numéro d'août, disponible en kiosque début juillet. L'annonce est "Tromelin: A True Desert Island".

Stephen Pendleton va décrire les timbres, courriers et tampons de mission à rechercher de cet îlot du district des Îles éparses, rendu célèbre par le naufrage en 1761 d'un navire pratiquant illégalement la traite et l'abandon ensuite des esclaves survivants par l'équipage. Une poignée sera finalement sauvée quinze ans plus tard par le chevalier de Tromelin.

Un article récit d'aventure et d'histoire postale des Terres australes et antarctiques françaises en perspective.

mercredi 20 avril 2016

Lettres des TAAF au Stamp Centre du Strand

Jeté avec le numéro daté mai 2016 de Stamp Magazine, l'habituelle publicité de The Stamp Centre contient une surprise française.

Dans le prospectus numéro J1, le quatrième item propose des lots de dix enveloppes expédiées depuis les Terres australes et antarctiques françaises, acquises récemment par le marchand de timbres installé au 79 Strand, Lonon WC2R 0DE, juste en face du magasin de Stanley Gibbons et à portée de pas de Trafalgar Square.

Chargées des marques des équipages et participants des expéditions vers ces districts français, ces enveloppes sont proposées ainsi :  dix enveloppes pour dix-neuf livres et quatre-vingt-quinze pence (plus frais de port), vingt pour un peu point de quarante livres, frais de port offert, voire quarante, selon disponibilité, pour soixante-quinze livres sterling (un peu moins de cent euros).

Partagé avec un magasin de produits dérivés de science-fiction, notamment de la série Doctor Who, The Stamp Centre dispose d'un numéro de téléphone pour les clients lointains (attention à votre facture téléphonique) : 0044 207 836 2341.

vendredi 18 mars 2016

Bientôt une histoire postale pénitentiaire de Kerguelen

Grâce à l'homme politique français Nicolas Dupont-Aignan, les journalistes français et leurs clients sont en train de découvrir l'archipel des Kerguelen et les Terres australes et antarctiques françaises, déjà connus des collectionneurs de timbres et des philatélistes polaires.

Le candidat de droite souverainiste a proposé, mercredi seize mars 2016, l'arrestation préventive des djihadistes français de retour de Syrie et leur transfert aux îles Kerguelen, un des districts de la collectivité d'outre-mer inhabité en dehors des scientifiques et... à l'accès drastiquement limité afin de protéger l'environnement...

Les réactions vont de l'outrance (idée stupide, respect du droit, impraticabilité) à l'humour : Les Décodeurs du Monde proposent au lecteur de choisir quel territoire français lointain leur paraît assez lointain dans l'espace (voire le temps : bagnes de Cayenne ou de l'île Nou) pour isoler ces individus dangereux.

Plus didactique, Le Parisien a étudié la vie aux Kerguelen : isolé oui, dur climat très-oui, mais les scientifiques et la faune protégés apprécieront-ils leurs nouveaux voisins ?

Et le passage plus fréquent de navires pour les évasions : au coût de débarquement et de gestion d'une colonie pénitentiaire, ajouter des patrouilles de la Marine nationale qui a déjà du mal à choper les navires de pêche qui exploitent illégalement les ressources de la zone économique exclusive française dans l'océan austral...

Des coûts qui seraient peut-être compensés par l'augmentation des tirages des timbres des TAAF pour fournir le bureau de poste pénitentiaire qui ne manquerait pas d'ouvrir.

samedi 5 mars 2016

Les Rencontres philatéliques de l'océan Indien : enquête et découvertes.

Avec l'émission conjointe entre six opérateurs postaux en octobre 2014, les Rencontres philatéliques de l'océan Indien ont connu une reconnaissance large, mais comment reconstituer leur histoire depuis septembre 2008 avec internet pour seul outil ? Mon petit défi philatélique du samedi midi.

Pourquoi passer mon samedi à ça ? Parce que.
Les six timbres rangés dans la pochette commémorative vendue par le service philatélique français (scan de timbredujura.blogspot.fr).
Revenons aux sixièmes rencontres d'octobre 2014 et son émission reprenant la Tortue verte par Claude Perchat. Tout collectionneur français en a entendu parler avec deux services philatéliques en action : Phil@poste pour les départements de Mayotte et de la Réunion, et le service des postes et de la philatélie des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) qui a piloté la réalisation technique selon le bulletin n°111 de l'Amicale philatélique de Nanterre daté septembre 2014.

Ensuite, ce sont les collectionneurs du Commonwealth britannique qui sont invités à se pencher sur le sud-est maritime de l'Afrique avec Maurice et les Seychelles. D'autant plus que le White Knight du Commonwealth Stamp Opinion apprécie la sobriété de l'archipel : aucun timbre émis en 2013, sauf à compter une enveloppe spécialement imprimée - mais pas un entier postal - pour les cinquièmes Rencontres qui y ont eu lieu en octobre 2013.

Un participant du forum StampBoards.com signalait, en avril 2015, que ce timbre serait la seule émission de l'année 2014 pour les Comores, Madagascar et les Seychelles... si elle est parvenu à leurs bureaux depuis l'imprimerie française de Boulazac.

Aux origines de la première journée de 2008 : l'APOI.
L'Association philatélique de l'océan Indien, origine des Rencontres (logotype sur un des sites officiels).
Avec Google, il est possible de retrouver l'étincelle originelle de ces Rencontres philatéliques... Moteur de recherches web absolument nécessaire : l'association a retrouvé ayant un site par période (ou par secrétaire ? Ou selon l'abonnement internet du moment ?) quasiment... apoi.re est un lien mort et c'est pourtant vers cette adresse que votre névigateur peut vous renvoyer en tapant http://philatelie.reunion.free.fr/ alors que la page http://philatelie.reunion.free.fr/rpoi.html fonctionne... Puis vous la retrouverez entre 2009 et 2011 sur Blogspot par ici, et actuellement sur over-blog.

Bref, les premières Rencontres sont organisées par l'Association philatélique de l'océan Indien, basée à la Réunion, qui ne paraît pas affiliée à la φφ@π. Marquant le cinquantenaire de l'association et une volonté de présenter les îles alentours à travers leurs postes présentes, l'événement a lieu à l'Hôtel de Région du vingt-cinq au vingt-huit septembre 2008, moitié exclusivement aux élèves scolarisés, le week-end pour le grand public.

Les deuxièmes de 2009 : où chercher ?
Si j'en crois le résumé sur le site free, la délégation de Madagascar a organisé les secondes rencontres en 2009.

Des troisièmes aux cinquièmes, la communication monte
En septembre 2011, c'est Mayotte qui accueille les troisièmes rencontres devant et dans l'office du tourisme selon cet article sur l'ancien site archivé des TAAF, six mois après que la collectivité d'outre-mer est devenu un département d'outre-mer et à quelques mois de la fin de ses émissions philatéliques autonomes.
L'enveloppe commémorative sans émission propre sera reprise en 2013 lors des Rencontres aux Seychelles (boutique web de Mauritius Post).
En septembre 2012, le Cabinet  des ministres de Maurice qui prend note des quatrièmes rencontres organisées à Ebene CyberCity du six au neuf du même mois, soulignant deux objectifs de la manifestation : coopération postale et faire connaître la richesse culturelle et historique des pays concernés. Est évoqué également un atelier sur l'histoire des administrations postales... Mauritius Post vend encore un ouvrage sur son histoire, publié en 2013, rédigé par Jean-Marie Huron, secrétaire de la Société d'histoire de Maurice, et Robert Marion (pages 6 et 7 du document) qui a exposé une histoire militaire et sociale de Maurice à travers l'histoire postale de 1680 à 1870 à Europhilex London en mai 2015. Un article très complet fut publié par le réunionnais Zinfos974.com.

Déjà évoqué grâce au blog Commonwealth Stamp Opinion en date du samedi vingt-huit décembre 2013, les cinquièmes journées ont lieu aux Seychelles dont la poste ou une association imprime une nouvelle carte dentelé de cet espace.

Sixièmes en 2014
Nul besoin de chercher loin pour savoir que les sixièmes journées ont eu lieu à Saint-Leu le jeudi neuf et au siège des TAAF à Saint-Pierre les dix et onze octobre 2014 : l'émission conjointe piloté par la collectivité française d'outre-mer a beaucoup aidé à attirer tous les médias francophones du secteur, tel Le Journal de Mayotte. Pourquoi à Saint-Leu ? Claude Perchat l'explique dans son compte-rendu de voyage publié en janvier 2015 sur le blog de l'association Art du timbre gravé : c'est le site de Kélonia, un centre d'études, d'observation et musée des tortues marines, un site idéal pour les scolaires et les curieux non-collectionneurs.

Par ailleurs, les TAAF y ont proposé un documentaire, filmé pendant la rotation du Marion Dufresne d'août-septembre 2013, sur ses Postiers du bout du monde (version DailyMotion).

Pour 2014, reste le mystère des collectionneurs éloignés de ces îles et qui se demandent si les timbres ont vraiment servi dans les bureaux des postes concernés. Pierre Jullien a raison de trouver intéressante l'information relayée par l'Amicale philatélique de Nanterre : tirages pour Madagascar (un million) et Seychelles (cent mille), et l'idée des Comores d'en créer une série de valeurs différentes... Reste à trouver des philatélistes qui ont vu sur place, voire ceux qui ont reçu du courrier car voici les sites des postes (et leur déclaration de timbres au système de l'Association mondiale de développement de la philatélie) des Comores (WNS bloqué à 2007), Madagascar (site ouvert fin 2015, WNS avec 2015 sans le timbre de 2014) et Seychelles (WNS bloqué à 2011).

... services financiers aux Comores... ouvert fin 2015 et un peu lent à Madagascar présente les timbres de 2015 seulement... Il y a plus urgent à financer comme infrastructures et activités génératrices d'emplois et de développement que le site web des postes, je suis d'accord ; et plus important que la philatélie à afficher en premier aux usagers.

Ah ! Une surprise aux Seychelles : le site fonctionne et a l'annonce du timbre de l'émission conjointe !

Septièmes en 2015 ?
Après ce feu d'artifice, retour à la recherche des bons mots-clés et du hasard... Et au bout de deux heures, je n'ai pas trouvé d'indices sur les septièmes journées de 2015 :(

En attendant, d'un salon-exposition philatélique, une association philatélique est parvenue avec l'aide des gouvernements locaux et nationaux, et des opérateurs postaux à constituer une plaisante réunion de collaboration régionale à laquelle les scolaires et le grand public sont invités. Un modèle pour d'autres régions ? L'Union européenne en aurait besoin.

Recherches à suivre donc...

samedi 4 janvier 2014

Le timbre ou le touriste, comment financer la recherche antarctique ?

C'est en m'arrêtant au stand du service philatélique des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) lors de Monacophil, le samedi 7 décembre 2013, que je me suis rendu compte que cela faisait deux ans que je ne m'étais pas rendu dans un salon philatélique : en 2011 Monaco, en 2010 Londres... Peu me donne envie de tenter Paris en coup de vent pour un salon d'automne depuis 2008, ni le Salon du timbre & de l'écrit. Par contre, Europhilex 2015 à Londres avec une comédie musicale comme cerise sur le gâteau...

Logotypes de la République française et des TAAF (site officiel de la collectivité).
 Les timbres-bateaux des TAAF m'intéressent distraitement, dans les deux sens du mot-valise : ceux, souvent adaptant des peintures, représentant des navires récents (fouiller là-dedans) et le fait que les timbres-poste et le courrier des TAAF, c'est exagéré : franchise ou marque postale adaptées pour les scientifiques, militaires et autres estivants/hivernants ne suffiraient-elles pas ?

Ce qui pardonne ce programme philatélique de qualité - à part quelques hors-programme pour faire venir aux salons parisiens - est qu'il aide modestement à financer la recherche scientifique dans ces lieux lointains.


 Pour les mécènes amateurs de rêves et destinations lointaines en recevant du courrier, le postier distribue ce fascicule ici scanné, avec le mode d'emploi de l'auto-envoi de courrier avec un des districts ou une des îles Éparses de la plus méridionale collectivité territoriale de l'outre-mer français.

Lisible plus confortablement sur les pages philatéliques du site officiel des TAAF.

Je l'avais fait, par curiosité, à l'occasion du bloc marquant l'intégration du district des îles Éparses aux Terres australes et antarctiques françaises, émis en mai 2007. Évidemment, le blog de La Marcophilie navale est amateur de ces plis, timbres et marques personnelles aposées par les membres des expéditions australes.


Cependant, le collectionneur vit une frustration - oui, encore une en plus de l'impossible exhaustivité... Ne pas pouvoir voir sur place ce que tous ces timbres lui montrent : la faune marine libre, la faune terrestre exotique quoique disciplinable :

Toujours un grand mystère : pourquoi essaient-ils un moyen étrange et nouveau, de mémoire de manchots, plutôt que la façon habituelle... Le demander aux animaux de nos forêts et garrigues qui se servent quotidiennement des tunnels pour animaux aménagés sous nos autoroutes et voies ferrées.
 ... des îles perdues, libres de marques humaines, sauf quelques installations baleinières dont des artistes font des œuvres d'art... qui sans timbre n'auraient pas de public régulier, sauf à philosopher sur l'art a-t-il besoin d'un public ? Des oiseaux austraux peuvent-ils être critique d'art? :
Installation et photographie de Klavdig Sluban, réalisé début 2012 pendant une résidence d'artiste à Kerguelen (source).
 D'où l'envie de certains -curieux, passionnés, parfois richissimes - d'aller voir eux-mêmes l'Antarctique, avant que tout ne fonde sous l'effet des multiples activités incontrôlées de l'humanité. Cela peut permettre en un aller-retour de bateau de financer également une saison complète de recherche scientifique... plus vite que la vente de timbres.

Notamment dans le cas du navire russe, l'Akademik-Shokalskiy, actuellement pris dans les glaces, la Russie n'ayant pas eu l'idée d'émettre des timbres pour ses bases antarctiques... Stéphane Foucart, pour lemonde.fr ces deux derniers jours, établit un bilan inspiré de l'avis des scientifiques : trois navires perturbés dans leurs rotations en période de grande circulation pour préparer l'hiver austral, riche d'expériences scientifiques et humaines. Le français, sous-équipé, a évité le sort du chinois qui se retrouve également immobilisé et le désagrément de servir de taxi de luxe du navire australien, dont l'Agence a bien d'autres choses à faire que de remorquer des naufragés qui ont paru trop heureux sur des images et vidéos transmises sur les réseaux sociaux et médiatiques.

Finalement, le climat montpelliérain, quoique capricieux aux inter-saisons, paraît plus clément pour admirer sur timbres les trésors austraux et antarctiques.

Pour aller plus loin :
- hélas en sommeil depuis mars 2012, le site-inventaire Philatélie des TAAF.
- Pour ceux qui tiennent à aller dans cette collectivité de manière légale et utile : section recrutement du site des TAAF.

mercredi 7 octobre 2009

Soyons pessimiste

Toute compte fait, même les collectionneurs britanniques sont des vieux messieurs dégoûtants pour l'Office des émissions de timbres-poste de Monaco. En effet, dans le tout nouveau numéro de novembre 2009 de Stamp Magazine, le fameux mannequin perd ses timbres pour attirer le British à l'exposition de prestige Monacophil du 4 au 6 décembre 2009. Encore, sur la côte d'Azur, on imagine qu'elle finira, au pire, en maillot de bain.


Déjà que la Charte de la Φlatélie permet à Φl@poste de faire désormais tout ce qu'elle veut en France métropolitaine, voilà que le Service des postes et télécommunications des Terres australes et antarctiques françaises s'y met aussi. Et hop, un produit à haute valeur spéculative non dentelée pour cinq cents happy few (trop chics pour faire la queue au prochain Salon d'automne ?). Et hip, l'happy few est happy du bô kdô, mais est sad de voir le SPT revenir aux vieux démons de son grand frère métropolitain. « Alors, polémique ou pas polémique à prévoir ? » Alors, hypocrites ou pas hypocrites, les cinq cents futurs spéculateurs ?


Enfin, dans le courrier du jour, le petit bulletin trimestriel des actions de Médecins sans frontières explique à quoi servent les dons reçus, dont celui de neuf millions de dollars états-uniens du collectionneur (qui se passe des pseudo-émissions non dentelées...) Bill Gross. À l'issue du récent référendum sur la départementalisation de Mayotte, la mare
philatélique française se demandait si, à la fin du processus, ce territoire pourrait encore émettre ses propres timbres-poste. Il paraît plus urgent de s'intéresser à la santé et au logement des habitants des actuels bidonvilles de la future France des cent un départements. Quartiers où MSF intervient...

lundi 30 mars 2009

Nouvelles d'outre-mer

À raison d'une dizaine de timbres chaque année, le Conseil général de Mayotte et la commission philatélique locale présentent chaque année la collectivité d'outre-mer par les timbres. Collectivité dont la population a choisi le statut de département à part entière hier, dimanche 29 mars 2009.

Ce programme philatélique montre principalement la faune, la flore et les paysages des îles de la collectivité. La seconde partie présente la culture et les traditions mahoraises pour une dernière partie institutionnelle (bâtiments publics, personnalités).

En 2011, au terme de la départementalisation, l'autonomie philatélie disparaîtra-t-elle ? Le service postal est assuré par le service Outre-Mer de La Poste.


À Tromelin, du 27 octobre au 1er décembre 2008, a eu lieu une expédition scientifique menée par Max Guérout, qui, Biterrois, a donc droit à un article du Midi Libre de ce lundi 30 mars 2009. L'objectif était de poursuivre la recherche des traces du naufrage de L'Utile en 1761.

Pour en savoir plus : le site du Groupe de recherche en archéologie navale dispose d'un site consacré à Tromelin et au journal de la mission. Les photographies pour oublier les « saints de glace » et autres giboulées métropolitaines de mars.

Tromelin et son histoire, de futurs sujets de timbres aux TAAF ?


Enfin, du côté des Antilles : je me souviens qu'un responsable postal d'une des îles devenues collectivité d'outre-mer en 2007, Saint-Martin ou Saint-Barthelémy dans les Antilles, avait évoqué dans un des magazines philatéliques français la possibilité d'émission de timbres-poste dès 2007. Pas de nouvelles ?

Évidemment, pas moyen de retrouver le numéro en question.

mercredi 12 novembre 2008

Grand écart maritime

Rêvons un peu grâce aux timbres trouvés au Salon d'automne, alors que ladite saison, douce quoiqu'humide, semble bien installée sur le Languedoc.

Le Marion Dufresne va voguer entre les districts insulaires des Terres australes et antarctiques françaises. À son bord, en plus des scientifiques et du ravitaillement des bases, une enveloppe que je me suis auto-adressée.

Sur le décalage du orange sur cet exemplaire, il semble qu'une bonne partie du tirage soit affectée : voir celui présenté par Pierre Jullien.

Si le départ de la Réunion conviendrait certainement à mon épiderme et mon bronzage, ce timbre des États-Unis satisfait davantage dans la durée. Grâce à la valeur faciale du régime international, la poste états-unienne rappelle l'appartenance postale, même si politiquement amoindrie, d'îles caraïbes et pacifiques. L'année dernière, c'était Guam ; cette année, ce sont les îles Vierges qui présentent leurs plages de sable blanc, leurs eaux turquoises et leurs forêts luxuriantes.

Bientôt, il faudra se tourner vers nos établissements du Pacifique, quand les flocons menaçeront.

mardi 11 décembre 2007

Long comment ?

Un peu plus de quinze centimètres et demi mesure le timbre des Terres australes et antarctiques françaises émis pour le solstice d'hiver austral, le 21 juin 2007.

Soit environ 7 à 8 Marianne (ici le carnet mixte Marianne de Cheffer de novembre 2007) ou deux dyptiques France-Groenland.

À quoi cela sert-il ? En France métropolitaine, à rien sauf à découvrir un photo-montage pédagogique sur la course du soleil dans le ciel antarctique au solstice d'hiver (c'est déjà çà).

Dans un des cinq districts des TAAF : à affranchir un pli pour l'étranger (comprendre le monde entier sauf la France, son outre-mer et son ancien empire colonial).


Pour d'autres beaux timbres de territoires à valeur hautement philatéliques, voir le site du Bureau philatélique des îles Falkland. Si tous les timbres métropolitains étaient aussi inspirés et inspirant sur le courrier.

vendredi 29 juin 2007

Îles Éparses : reportage de Pierre Jullien

Sur son blog Philatélie au quotidien, Pierre Jullien, le journaliste du journal Le Monde et de Timbres magazine, fait le récit de l'oblitération premier jour des enveloppes revêtues des premiers timbres présentant les îles Éparses (voir les épisodes précédents sur mon blog). Une version légèrement différente et illustrée de photographies est parue dans Timbres magazine de juillet-août 2007, page 31.

Comme je le supposais, les enveloppes de l'île Tromelin ont fait un aller-retour d'une seule jourée en Transal, le 1er juin avec Jean-Marie Jaguenaud, responsable philatélique des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Il a oblitéré environ 2000 enveloppes en quatre heures, 2500 blocs de cinq timbres ont été vendus à Paris et à Saint-Denis de la Réunion lors des mises en vente anticipées de mai, sur un tirage de 70 000.

Mes enveloppes ne comprennent pas une grosse marque commémorative rectangulaire noire à Paris et bleue à la Réunion (où est le siège des TAAF).

Timbres magazine donne page 16 les adresses des gérances postales des TAAF pour y expédier des enveloppes affranchies de timbres des TAAF pour bénéficier des tampons, cachets et marques postales locales. Les tarifs postaux se trouvent aisément sur le site des TAAF (attention, ils présentent des différences avec les tarifs métropolitains).