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vendredi 31 juillet 2026

La vie de Lattes en 1983 grâce à une flamme postale

 Point de généalogie quand je recherche l'histoire postale de Lattes, en banlieue de Montpellier, mais un lien de vie sur place pour le résident des plaines littorales que je suis. Par contre, en 1983, je vis encore à Montpellier et je n'arrive sur cette commune qu'un an plus tard... bien trop jeune pour penser timbre-poste et aller au collège.

Lors de mon épluchage de stocks de cartes et flammes en ligne, j'ai eu la surprise de cette flamme dans le stock d'un vendeurs sur eBay, et qui permet aussi de retrouver de vieilles habitudes des collectionneurs de flammes et d'oblitérations.

Flamme postale temporaire de Lattes avec timbre de 1974 adapté au message : un championnat scolaire de jeu d'échecs au collège de Lattes en mai 1983.

J'ai déjà évoqué les deux flammes du bureau de Lattes-Centre (la commune comprend trois agglomérations : Lattes, Maurin et Boirargues).

Avant les deux flammes touristiques (l'église puis le port), il y a eu cette flamme à message rédigé sur cinq lignes, sûrement de commande liant plusieurs acteurs autour d'un événement : le baptême du nouveau collège d'enseignement scolaire au nom du chanteur sétois Georges Brassens.

Apparemment, cet événement a lieu du trois au cinq juin 1983 est associé avec deux manifestations pouvant attirer la population de la commune et de Montpellier : la finale du championnat de France scolaire de jeu d'échecs et une exposition philatélique départementale.

Le recto de l'enveloppe envoyé au bureau de poste de Lattes par un philatéliste qui a choisi le timbre des Jeux olympiques échiquéens de Nice en 1974.

La disparition des flammes postales en France en raison de l'oblitération du courrier dans les seuls centres de tri régionaux de La Poste a entraîné également la diminution en surface dans les magazines philatéliques de la partie actualité des oblitérations temporaires, limitées désormais aux premiers jours d'émission de La Poste et aux manifestations des associations philatéliques.

Un des mensuels d'alors donnera les dates d'utilisation de cette flamme. Cela permettait à des collectionneurs de pratiquer cette « correspondance philatélique » comme le petit coup de tampon l'indique sur cette enveloppe : envoyer sous grande enveloppe un courrier et des enveloppes affranchies au directeur du bureau de poste utilisant la flamme. Celui-ci faisait passer ces demandes dans le flux de son bureau pour oblitération et trajet postal (le code-barres saumon sur cette enveloppe).

Le collectionneur devait pratiquer cette collection de manière régulière puisque son adresse est sur un autocollant. Le timbre de 1974rejoint une des thématiques du message, la compétition de jeu d'échecs, dessiné par Pierrette Lambert et gravé par Michel Monvoisin.


Pour une collection thématique visant une médaille dorée, pourquoi cette flamme de Lattes se distinguerait-elle d'autres flammes de compétitions locales des écoles et localités ailleurs en France ?

À son ouverture, le collège de Lattes eut parmi ses enseignants Jean-Claude Loubatières (1944-2004), un des dirigeants nationaux de ce sport et qui devient président de la Fédération française en 1989. Nul doute qu'il a dû mettre en place un atelier de jeu d'échecs, permettant d'accueillir la finale du championnat de France scolaire au moment-clé du nouvel établissement.

Et non, je n'ai pas conservé mon diplôme (rose foncé de mémoire visuelle) de participation grâce à lui à une compétition départementale scolaire, qui eut lieu au lycée Mermoz, à Montpellier, dans les années 1990.

Par contre, des articles de presse locale du printemps 1983 seraient fort pertinents pour une page montrant cette enveloppe ou, placée dans la pochette au dos, pour convaincre les jurés.

Au dos de l'enveloppe non cachetée, un timbre Marianne de soixante centimes complète l'affranchissement.

Autre nécessité de cette pratique de collectionner les empreintes commémoratives, le respect du tarif postal. Le timbre d'un franc fort opportun ne suffit plus en mai 1983.

Même si ce franc à son émission tend à être une valeur de complément pour les lettres de second échelon et les colis, l'inflation des années 1970 et 1980 le limite au tarif économique au premier juin 1982. D'où l'ajout au dos de cette enveloppe non cachetée d'une Marianne de soixante centimes, oblitérée avec le cachet à date du bureau de Lattes.


De nos jours, cette pratique se limite à commander les souvenirs créés par les associations philatéliques, sauf à se tourner vers Monaco qui par sa souveraineté postale dispose encore de flammes illustrées.


Source des tarifs : les Tables of French Postal Rates 1849 to 2011 de Derek Richardson (The France and Colonies Philatelic Society of Great Britain, 2011) se révèle fort pratique. Il est encore disponible sous forme de fichier pdf auprès de cette association au prix de dix livres sterling.


samedi 27 juin 2026

Le parapluie, la solution d'ExploringStamps pour les photographies en exposition

 Lors de l'exposition mondiale de Boston, du vingt-trois au trente mai 2026, plusieurs vidéos ont été réalisées par l'équipe d'ExploringStamps, créée par le vidéaste philatéliste Graham Beck qui réalise depuis 2016 des vidéos sur des timbres, des pays, des acteurs ou moments philatéliques. Elles sont principalement diffusées sur YouTube, avec des formats court, photographies ou bande-annonces sur le réseau Instagram.

Cela a permis à Three Stüns Stamps, un philatéliste partageant sur les deux réseaux cités et Facebook, de découvrir le truc indispensable aux visiteurs d'expositions philatéliques souhaitant plus d'archives des collections en compétition que le catalogue ou la carte de visite des philatélistes.

Une solution peu pratique, sauf sous forme de parasol, pour le même problème évoqué sur ce blog lors d'une exposition nationale française de juin.

Une membre de l'équipe d'ExploringStamps prend en photo ou filme des éléments d'une collection exposée, protégée des reflets par un parapluie (via des vidéos éphémères postées sur Instagram de ThreeStünsStamps depuis celui d'ExploringStamps, mai 2026).

Ainsi, la vidéaste est montrée par Beck en train de réaliser des prises de vue de collections exposées, en se tenant sous un parapluie pour éliminer les reflets de l'éclairage envahissant de ces grandes halles d'exposition, pas vraiment conçu pour l'exposition d'œuvres sous vitre.

Un autre truc a été posté de manière durable : à l'exposition nationale de 2025, Cheryl Ganz a montré comment avec des petits carrés adhésifs amovibles - connus par la marque protégée Post-it -, il est possible de décoller ensemble les timbres autocollants juxtaposés d'un bloc pour les coller tous ensembles sur une enveloppe.

Graham Beck et ExploringStamps pour les amateurs de timbres et de leurs nombreux à-côtés matériels et culturels.

samedi 30 mai 2026

À Boston 2026, les philatélistes méfiants du culte de la personnalité

 Deux publications en ce mois de mai 2026 montrent que le culte de la personnalité autour de l'actuel président des États-Unis d'Amérique inquiète des philatélistes face au Maître général des postes David Steiner, dirigeant l'United States Postal Service depuis juillet 2025.

Un courrier des lecteurs paru dans The American Philatelist daté mai 2026, et consacré majoritairement à Boston 2026, l'exposition mondiale décennale de l'American Philatelic Society, résume les difficultés financières continues de l'opérateur postal historique du pays, un des premiers éléments de son indépendance du Royaume-Uni quelques temps avant la Rébellion et la Déclaration d'Indépendance du quatre juillet 1776.

L'USPS est une entreprise publique, fort dépendante de la politique fédérale puisque le Congrès veille et que l'actuel président n'hésite pas à commenter ses échecs. De plus, sur l'express et les colis, elle est en concurrence avec ses principaux clients tels Amazon qui lui sous-traitent une partie de ses livraisons, notamment en zone d'exploitation coûteuse comme les immenses régions rurales.

Le lecteur de The American Philatelist place ensuite sa loupe sur Steiner, un ancien membre du conseil d'administration du concurrent Fedex, suscitant des interrogations sur la volonté de l'Administration Trump de privatiser l'USPS. Steiner n'a cessé de convaincre du contraire, notamment de proposer les services du dernier kilomètre de livraison à tous les opérateurs courrier express et colis du pays.

L'inquiétude du philatéliste provient aussi que, dans sa recherche de revenus sans coût supplémentaire, Steiner dispose du programme philatélique : pourrait-il imposer au Comité consultatif des citoyens (Citizens' Stamp Advisory Committee) d'abandonner ses règles strictes sur les thèmes des timbres émis au nom des États-Unis, tels la non-représentation de personnes vivantes ou l'aspect jugée extraordinaire de la contribution de la personne passée à l'histoire du pays.

Le lecteur d'imaginer que les intérêts commerciaux dépassent l'intérêt national commun du timbre : des entreprises promouvant leur marque, leurs produits, leurs dirigeants... et donc aussi des partis politiques poussant à représenter des élus encore vivants, voire de faire voter les thèmes sur les réseaux sociaux [aux choix d'affichage aux algorithmes manipulables], des messages de prosélytisme religieux dépassant la simple évocation des grandes fêtes des communautés du pays ?

Et Trump apparaît donc puisque l'U.S. Mint va frapper des pièces en or de deux cinquante dollars à son effigie pour les deux cent cinquante ans de l'Indépendance [entre autres objets à vendr... de collection].

Cinq des vingt-cinq timbre de l'émission sur les personnalités de la Révolution, émis en mai 2026. L'image proposée sur la boutique web de l'USPS prend soin d'une grande diversité des profils choisis.

Avançons donc à l'exposition mondiale qui a lieu depuis samedi dernier jusqu'à ce samedi trente mai 2026, à Boston, lieu emblématique de la rébellion des colons contre les taxations britanniques et des premiers affrontements militaires de la guerre d'Indépendance dès 1774.

Hier, vendredi vingt-neuf mai 2026, le journaliste et éditorialiste Bill Shein publie sur son site Reason Gone Mad un compte-rendu de la manifestation à travers le discours du Maître général des postes et les réponses des visiteurs à ses conséquences potentielles.

Habitant du Massachussetts, l'exposition est une occasion pour lui d'écouter le discours aux philatélistes de David Steiner, de l'interroger directement sur Trump, et de se rendre compte des effets de ces annonces sur le public le plus investi du loisir.


Ainsi, Steiner a expliqué concernant le programme philatélique, ses équipes et lui n'écartent aucune possibilité afin de renouveler son contenu, son attractivité publique. Son objectif est que ce programme montre ce qui rassemble, est commun aux citoyens des États-Unis.

Il a constaté également que les restrictions du CSAC, institution établie en 1957, n'étaient pas inscrite dans une loi du Congrès, mais dans les régulations internes au CSAC et par coutume accepté par les dirigeants de l'USPS.

Seul, Patrick Donohoe contourna la règle de l'interdiction des personnes vivantes sur timbres, entre 2011 et 2018, en contournant complètement le CSAC pour quelques émissions dites commerciales par les collectionneurs : séries sur des films, séries télévisée ou dessins animés très récents, mais très populaires.

Ainsi, Bill Shein confirme qu'en 2011, l'objectif n'était absolument pas de mettre le président Obama sur un timbre, mais de pouvoir émettre une série sur l'univers de Harry Potter en achetant une licence pour utiliser les images des films. Le Maître des postes insistant alors que ce sont les personnages qui sont représentés et appréciés du public, encouragés à la lecture et à l'imagination, pas les acteurs eux-mêmes.

Devant le public, Steiner explique que des réalisations récentes comme une victoire olympique en sport d'équipe lors des Jeux olympiques d'hiver de cette année. Et que les photographies d'un des arrêts décisifs du gardien de but états-unien auraient pu faire un beau timbre-poste.


En aparté, le journaliste interroge le dirigeant de manière fort explicite : l'USPS envisage-t-elle l'émission d'un timbre à l'effigie de Donald Trump de son vivant, donc pendant son mandat.

I’d rather do Taylor Swift and Travis Kelce.

Voici la première phrase, avec humour, de sa réponse : la chanteuse connue dans le monde entier et son fiancé, joueur de football américain.

Avant de se montrer plus rassurant, il voulait annoncer publiquement que la représentation de personnes vivantes, de leurs réalisations rassemblant les citoyens, etc. est possible, même s'il affirme à Boston qu'aucun sujet n'a été discuté par les services de l'USPS.


Bill Shein a ensuite eu les journées suivantes pour constater l'effet de ces paroles sur les visiteurs, qui sont certes les philatélistes les plus impliqués puisqu'en compétition, visiteurs réguliers d'expositions, etc.

Il évoque deux conférences où l'évocation de la règle du CSAC et de la méfiance à la voir affectée a été sujet à de vives réactions, qui vont choquer ceux qui croient qu'on ne doit pas parler de ses opinions politiques quand on philatélise.

Lors de la présentation-encouragement au don de la production d'un documentaire sur la création des timbres-poste, il a été rappelé que cette règle visait à éviter les représentations du monarque des premières séries de timbres-poste, pour une République dont la Déclaration d'Indépendance rappelle qu'elle se rebelle contre le roi d'Angleterre [même si c'est bien le Premier Ministre et la Chambre des Communes qui décident depuis la Glorieuse Révolution].

Applaudissements nourris de l'auditoire.

No King.

Cela ferait-il écho aux manifestations ponctuelles, mais ayant établi le slogan « Pas de roi » depuis juin 2025 et la crainte que le président Trump et ses partisans sont sur le sujet de la dictature personnelle ? Slogan repris dans plusieurs pays quitte à remplacer le titre par dictateur ou tyran, notamment dans des pays dirigés par des personnalités ayant complimenté leur modèle d'outre-Atlantique ou d'outre-Pacifique.


Lors de sa présentation de la création des timbre-poste, c'est sa responsable, Lisa Bobb-Semple, directrice du Service des timbres de l'USPS, qui a dû assurer le service après-vente du discours de son chef.

Suite aux questions, elle n'a connaissance que la Maison Blanche ait demandé un timbre-poste à l'effigie de son locataire [à tendance destructice : jardin de fleurs transformés en terrasse minérale, destruction-reconstruction de l'Aile Est sans qu'on sache trop qui paye et qu'est-ce qui est vraiment construit en-dessous], puis si un criminel condamné pouvait être envisagé...

Elle a répondu qu'un criminel condamné ne rentrerait pas dans le standard, mais le journaliste a fait ses recherches, quelques grands Américains pour lesquels les réalisations dépassent leurs errements face à la loi dans la mémoire collective ou la destinée de leurs idées : le militant Malcolm X (vol et atteinte aux biens), le chanteur Lead Billy (meurtre), le boxeur Muhammad Ali pour désertion du service miitaire.

Aucun élu. D'où la règle de ne pas représenter une personnalité trois ans après sa mort (dix ans il y a encore quelques temps). L'objectif reste de timbrifier un politicien ou un autre citoyen en étant sûr que ses actions positives pour le pays dépassent grandement les errements potentiels à la loi, ou les opinions politiques que chacun juge à sa manière.

Ciblant les philatélistes habitués, le timbre sur timbre au bison américain, massacré pendant la colonisation de l'Ouest, lentement de retour sur ces terres. Mais, l'électorat visé par le président actuel encourage à bannir les protections des troupeaux de bison sur les pâturages du Montana (boutique web de l'USPS).

Découvrant ou faisant découvrir l'univers des émissions philatéliques, le journaliste a rencontré plusieurs personnalités de la philatélie organisée, associative, ayant ou pas participé au CSAC.

Il semble rassuré par la ligne politique de l'USPS. Les émissions de Boston 2026 liés à l'histoire de l'Indépendance reflètent la diversité des acteurs de celle-ci : hommes comme femmes, descendants de colons comme esclaves ou Indiens défendant leurs droits. Un timbre sur timbre sur la survie du bison, un produit pour collectionneur de classiques, survient la semaine où l'Administration Trump a signé des décrets révoquant des droits de pâturages à cette espèce dans plusieurs secteurs du Montana, pour complaire sûrement à l'électorat local [un peu comme le loup et le cerf en France].

Comme dit sur ce blog et quelques journalistes états-uniens, contrairement aux pièces de monnaies commémoratives de l'U.S. Mint, très histoire des Blancs anglo-saxons protestants (WASP) sur deux cent cinquante ans, l'USPS paraît vouloir représenter l'ensemble des histoires, personnalités, événements positifs de l'histoire du pays.

Le timbre que les participants d'une consultation de l'USPS ont souhaité voir réémis. L'USPS propose le thème sous forme d'un bloc de quatre timbres représentant l'animateur jeunesse avec plusieurs jouets-personnages de son émission (communiqué de presse de l'USPS ; magazine de l'USPS).

Enfin, quasiment tous les philatélistes interrogés sont hautement sceptiques de représenter des personnes vivantes sur les timbres de leur pays.

Particulièrement, Cheryl Ganz, qui a participé au CSAC, confirme que la question est revenu souvent en douze ans de mandat, mais que jamais la discussion n'a porté sur un politicien.

Le sujet semble dépasser les seuls collectionneurs : l'USPS a tenté cette année de proposer la réémission d'un timbre souhait par le public. Les votants ont choisi Fred Rogers, producteur et animateur d'une émission pour enfants qui a duré de 1968 à 2001.

Comme pour les affiches et autres recréations de Marianne et timbre gravé pour Philaposte, est-ce un effet générationnel : les philatélistes et curieux de la consultation ont-ils fixé leur attention sur leurs souvenirs d'enfance ? Y a-t-il un effet transgénérationnel ? Un souhait explicite de revoir sur timbres et bloc-souvenir une réalisation pacifique de la société ?


À titre personnel, je crains comme pour la monnaie, les passeports, le forçage actuel pour un billet de banque, les passes annuels des Parcs naturels, que si un trumpiste se penche sur la question philatélique pour faire plaisir au boss,... Steiner et ses équipes auront-ils le courage et même le choix de justifier un refus par les traditions ? L'arme financière pourrait-elle utiliser par les élus républicains trumpistes pour forcer l'USPS à un acte de dictature personnelle au risque de transformer la nature entière de l'entreprise postale et colis ?


Compléments du mercredi vingt-quatre juin 2026 :

Tels l'arbitrage sans vidéo en sport collectif ou les juges en patinage artistique, évaluer une collection en compétition lors d'une exposition philatélique, surtout au niveau international, peut susciter étonnement voire rancœur des exposants - entre le prix des pièces exposées, le temps passé à rechercher des connaissances et à organiser l'ensemble, et les frais d'expédition et d'entrée fort cher à ce niveau.

L'exposition de Boston 2026 connaît son drame. Le règlement de la Fédération internationale de philatélie demande à un groupe de jurés de sélectionner une ou des collections digne du Grand Prix national, parmi les collections étudiant le pays hôte.

Certes, l'histoire ancienne a montré la sélection d'une seule collection, mais la tradition et le folklore du dîner du palmarès (cher aussi) avaient établi une sélection d'au moins deux des collections aux meilleurs scores. Au moment du palmarès, l'ensemble des jurés vote pour désigner celle qui mérite le Grand Prix national.

À Boston, une seule collection a été sélectionnée, choix acceptée par le bureau du jury, et donc déclarée primé sans vote.

Le souci est que deux autres collections sur la philatélie ou l'histoire postale des États-Unis d'Amérique ont reçu le même nombre de points et quelques autres un point au-dessous.

La rumeur immédiate pré-cérémonie se diffusant, le président de l'American Philatelic Society a publié, le mercredi dix-sept juin, un communiqué acide. Tout d'abord pour rappeler que l'APS, même à l'origine de l'exposition, n'a aucun pouvoir sur le jury, surtout qu'il est lié à la FIP et à un secret des délibérations. De plus, l'APS délègue depuis longtemps la responsabilité à un comité d'organisation autonome, qui reverse le bénéfice financier pour des actions de promotion philatélique.

La déception des participants et du public connaisseur a dû être tellement fort pour justifier à la fois qu'il ne peut rien faire à ce que le président du jury, fort expérimenté et respecté, n'a pas demandé au comité de sélection de revoir sa courte liste.

Cependant, les conséquences annoncées sont brusques :

- demande à ce président de jury de démissionner de ses fonctions au sein de l'American Philatelic Society [merci l'indépendance],

- l'annonce de la constitution d'un comité indépendant d'étude et de proposition des relations entre l'APS et la Fédération internationale, notamment la délégation à un comité d'organisation autonome,

- et sur les règlements applicables à la sélection des juges, notamment l'âge maximum pour être juré international - Il remarque que la FIP a récemment retiré cette condition d'âge de son règlement. Le président de l'APS insistant sur le nombre limité de mandats qu'un membre peut exercer au sein de l'organisation états-unienne.

Pourquoi cibler l'âge du capitaine ? La nouvelle présidence de l'American Philatelic Society veut-elle montrer sa force face à une intrusion extérieure - les États-Uniens sont isolationnistes en première intention (sauf si intérêts évidemment) ? Quelles sont les relations internes entre dirigeants de la Fédération philatélique international encore en jeu cette fois-ci ?

dimanche 14 septembre 2025

Jeu de tampons et ambiances variées pour petits cadeaux à Séoul

 Plusieurs musées, des régions de randonnée ou de pèlerinage proposent gratuitement, ou en payant pour les expositions philatéliques marchandes, de compléter un petit livret de tampons qui, entièrement complété, permet d'obtenir un petit cadeau matériel ou spirituel dans le cas du diplôme des chemins de Saint-Jacques de Compostelle

À Séoul, j'ai visité trois lieux proposant ce petit périple dans la visite. Tout d'abord, l'exposition philatélique de Corée 2024 où étaient célébrés les cent quarante ans du premier timbre coréen.

L'exposition assez traditionnelle des 140 ans du timbre coréen, en entrée de l'Exposition philatélique de Corée 2024 (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0). 

N'ayant pas prévu la répétitivité de ces petits jeux, je n'ai pas de photographies des tampons, ni de la fiche finale puisque rendue contre le cadeau.

L'objectif était de faire visiter les différents lieux et activités de l'exposition, qu'ils soient marchands, culturels et aussi l'exposition philatélique compétitive à toute sorte de public - vous ai-je dit qu'il fait chaud l'été en extérieur en Corée ? : collectionneurs vers les activités numériques et de correspondance, familles vers la philatélie traditionnelle, jeunes urbains en recherche de climatisation et/ou de gadgets choupinous vers les aspects de ce loisirs.

L'exposition vidéo de l'histoire de la poste et des timbres de Corée, à l'Exposition philatélique de Corée 2024 (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0). 

Après une exposition de pages d'albums contenant les timbres de l'Empire de Corée et de la République de Corée (du Sud), un mur ponctué d'écrans proposés des vidéos de l'histoire de la poste et de la création des timbres du pays.

L'exposition de timbres en variation artistique et dans la vie quotidienne des Coréens  (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, sous réserve de la mise en scène). 


L'exposition de timbres en variation thématique végétale (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, sous réserve de la mise en scène). 

Une autre allée forcé les collectionneurs à se mêler aux non-collectionneurs, ou à revoir leur point de vue : plantes, étagères, objets du quotidien créés en Corée, plantes entourés des cadres contenant des feuilles de timbres ou des œuvres de la même thématique.

En face, tous les timbres de Corée reproduits sur cartes postales : à la fois exposition et cadeau de la chasse aux tampons (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, sous réserve de la mise en scène).

Sur le mur opposé, environ deux cents cartes postales, spécialement créées pour l'anniversaire, reproduisaient en bloc toutes les émissions de l'Empire de Corée et de la République de Corée.

Le numéro d'ordre de ces émissions permettaient aussi de demander d'obtenir une de ces cartes en cadeau pour avoir accompli la trouvaille de tous les tampons.

Quatre des huit cartes offertes par la Fédération de philatélie et Korea Post : hangeul, adhésion aux Nations unies, boîtes aux lettres, bâtiments historiques.

Et, générosité coréenne oblige, après des autocollants du créateur de cartes postales félines et le porte-clés des postiers, je suis repartie avec huit de ces cartes au lieu du nombre théorique : adaptation à l'âge (pour les enfants !) ou touriste remercié de sa venue ?

Les quatre autres cartes offertes par la Fédération de philatélie et Korea Post : enfants collectionneurs de timbres, faune, planning familial (en 1977).

Vue mon expérience dans un petit restaurant coréen près de la gare de Lyon, à Paris, la maîtrise basique des formules et gestes de politesse coréens est très appréciée.

Pour un philatéliste français habitué soit au duo marchands-expositions tout-est-payant, soit au barnum de l'exposition internationale (prix postal bruyamment remis à des célébrités sans lien avec la philatélie, modèles-géants-attire-enfants), j'ai été étonné et ravi de cette variété d'activités peu coûteuses en moyens, en dehors des artistes numériques et du système d'impression de timbres à la demande (photographies modifiées par des gadgets visuels), et pouvant attirer tout le monde.

L'après-midi de ma visite, avant-dernier jour de l'exposition, peu de visiteurs certes, mais qu'en était-il la demi-semaine et, surtout, pendant le week-end en position centrale dans les dates d'ouverture ? Il y avait toujours deux-trois personnes dans l'allée où j'étais ; le bénévole de la poste chaleureuse composait des lettres de réponse ; et une présentation avait lieu dans une salle d'une vingtaine de philatélistes plutôt âgés.

Cela aussi m'a intrigué : une exposition nationale du jeudi au mercredi, sans pénurie de nouveautés organisée le premier jour, ni obligation pour les actifs d'être dans la capitale le samedi faute d'ouverture le dimanche, une plage large pour des conférences, des signatures d'artistes ou des réunions liées à la Fédération.

Sûrement coûteux en location d'espace, personnel postal et en temps de bénévolat... Je ne sais si la Fédération et la poste coréennes font ainsi chaque année, ou s'ils ont profité de 2024 pour se préparer à l'exposition internationale PhilaKorea, du mercredi dix-sept au dimanche vingt-et-un 2025 ?

jeudi 28 août 2025

Porte-clés et épinglette philatéliques de l'Exposition de Corée 2024

 Quel a été le cadeau commercial offert par l'équipe tenant le stand de Korea Post à l'Exposition philatélique de Corée, quand je l'ai visité le mardi vingt-trois juillet 2024, à Séoul ?

Le porte-clés mi-philatélique, mi-choupinou vendu au stand de Korea Post en 2024.

Un porte-clés qui faisait partie des produits du stand, probablement à destination du public non philatéliste souhaitant un souvenir plus utile que les timbres ou l'enveloppe premier jour.

Tout en métal pour l'étoile, et une maison en plastique contenant la reproduction de l'affiche de l'exposition nationale 2024.

Côté face, un timbre sud-coréen de 2023 inclus.

Et, au dos, un véritable timbre-poste de Corée du Sud : ici, le lancement d'un satellite, émis en 2023.

Plusieurs timbres différents étaient proposés, selon des thématiques variés.

Merci à la (les) jeune mais dynamique équipe commerciale que Korea Post emploie sur les salons et expositions. Souriants, très aimables, solidaires entre eux pour trouver réponses aux questions, et spontanément capable de gestes commerciaux.

Un membre de la Fédération philatélique de Corée animait un atelier de création d'épinglette personnalisée avec des... (Exposition philatélique de Corée, vingt-trois juillet 2024)

Dans la grande salle où se trouvaient les panneaux de l'exposition nationale compétitive, la Fédération philatélique de Corée proposait des activités manuelles et créatives, telle l'écriture traditionnelle au pinceau et à l'encre de Chine.

Ou de créer soi-même son propre souvenir philatélique : une épinglette avec le timbre-poste de son choix.

La machine à sertir pour fusionner épinglette, timbre et protection plastique (Exposition philatélique de Corée, vingt-trois juillet 2024).

Les enfants étaient invités à choisir un timbre-poste et écouter le mode d'emploi de la machine à sertir [mes connaissances industrielles étaient fort limitées, je n'ai pas le nom de l'objet].

Ensuite, bien aligner la capsule au dos de laquelle est soudée l'épingle, le timbre, et la protection plastique et.... appuyer fort sur le levier de l'appareil.

Et hop, un petit objet personnel à accrocher à sa veste d'uniforme scolaire ou son sac à dos.