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mercredi 7 mai 2025

Europhilex 2025 à Birmingham du 7 au 11 mai 2025

 De ce mercredi sept au dimanche onze mai 2025, se tient l'exposition internationale Europhilex 2025 à Birmingham, au Royaume-Uni.

Le logotype d'Europhilex 2025 imitant les oblitérations Duplex (site officiel).

Le logotype de la manifestation reprend une oblitération de type Duplex britannique, qui a aussi servi de modèle aux médailles remises aux collectionneurs compétiteurs.

Une Collector's Sheet pré-personnalisée avec les projets du timbre de l'anniversaire de la Victoire et du début de la Reconstruction (boutique web de Royal Mail).

L'exposition internationale britannique est organisée tous les dix ans, mais les conséquences accumulées du Brexit (visa payant pour les Européens), du covid, de la guerre en Ukraine, ont pour conséquence une importante inflation dans de nombreux secteurs au Royaume-Uni.

Le budget a été une question immédiate des organisateurs, d'où le choix de Birmingham au lieu de Londres et du Business Design Centre. Moins coûteux à louer pour le salon et l'exposition, la ville vers le centre de l'Angleterre est plus accessible et abordable pour les Britanniques et Irlandais, tout en bénéficiant aussi aux visiteurs lointains pour l'hôtellerie.

Et aller au-delà des habituels monuments et musées londoniens.

Outre l'émission des quatre-vingts ans de la Victoire, émise le premier mai, Royal Mail proposera deux produits en série limitée au salon : le bloc-feuillet Dame Vera Lynn avec imprimé en titre le nom de l'exposition, et, reproduite ci-dessus, une « feuille pour collectionneur » pré-personnalisé avec les projets du timbre de 1946 de l'anniversaire de la Victoire.


Avec l'exposition internationale (liste des participants et titres) et les marchands, les fédérations britanniques (ABPS) et européennes  (FEPA) organisent chacune leur congrès annuel. Et ce sera le lieu de signature du Roll of Distinguished Philatelists pour les nommés de l'année, telle Birthe King, dont les collections et études philatéliques et postales sur la déportation et le système concentrationnaire et d'extermination nazi montrent l'utilité des objets conservés pour la mémoire, à présent que les témoins et survivants ne sont plus.


jeudi 1 mai 2025

80 ans de la Victoire par la bravoure britannique

 Ce jeudi premier mai 2025[1], Royal Mail, l'opérateur postal et philatélique historique mais privatisé britannique, émet une série de timbres-poste pour les quatre-vingts ans de la Victoire contre l'Allemagne nazie, signée à Berlin le huit mai 1945.

Les dix timbres principaux de l'émission (boutique web de Royal Mail).

Cette année, le thème est "Valour and Victory" : Bravoure voire Vaillance et Victoire.

Sont honorés onze Britanniques et sujets de l'Empire colonial britannique ayant participé par une diversité d'activités, pour certaines et certains au-delà du militaire offensif ou défensif, à la résilience britannique isolée après l'armistice entre la France du Président du Conseil Pétain avec l'Allemagne hitlérienne, et l'isolationnisme traditionnel des États-Unis sur ce qui pouvait se passer en Europe - voire l'admiration de certains racistes pour le fascisme et le nazisme.

Les dix timbres principaux sont vendus soit en deux rangées de cinq, soit par feuille de vingt-cinq ou cinquante (cinq ou dix fois la bande concernée), mais les marges de ces feuilles ne sont pas illustrées comme la française Philaposte a pris l'habitude ces dernières années.

Sont présentés en portrait photographique avec en arrière-plan le cadre de leurs activités :

- George Arthur Roberts (1891-1970), natif de Trinitad, volontaire et vétéran de la Première Guerre mondiale, pompier londonien pendant le Blitz.

- Mary Morris (1921-1997), native d'Irlande, infirmière militaire, elle soigna notamment les soldats de l'évacuation de Dunkerque, puis d'un des hôpitaux mobiles du débarquement en Normandie. Elle suit les troupes en Belgique et jusqu'à l'invasion de l'Allemagne.

- Tommy Macpherson (1920-2014), natif d'Écosse, capturé en Libye pendant une reconnaissance pour l'opération Flipper en 1941, il ne cesse les tentatives d'évasion en Italie, en Autriche et même d'un stalag en Pologne d'où il rejoint la Suède puis l'Écosse en 1943. En juin 1944, il est parachuté à Aurillac au sein d'un commando avec deux autres hommes pour guérilla et sabotage en soutien à la Résistance française et au débarquement en Normandie. Avec succès, puisque son autorité convint même les officiers généraux allemands du sud de la France de se rendre à lui à la fin de l'été 1944. Ses dernières opérations ont lieu en Italie du Nord.

Le timbre Violette Szabó avec en arrière-plan sa fausse carte d'identité française, timbre fiscal inclus (boutique web de Royal Mail).

- Violette Szabó (1921-1945), Anglaise née en France, elle travaille comme vendeur textile d'un grand magasin de Brixton, mais est une experte du tir de chasse grâce à son père. En 1940, elle épouse Étienne Szabó, soldat de la Légion étrangère française d'origine hongroise. Volontaire pour la défense intérieure, elle passe d'opératrice téléphonique à artilleuse côtière, avant d'être recruté par le SOE (la Direction des opérations spéciales britannique).

Sa seconde mission en France débute dans les jours suivants le débarquement en Normandie, parachutée à Sussac, près de Limoges, afin d'entraîner et coordonner les maquis locaux. Son officier découvre des résistants peu préparés et envoie Violette Szabó vers la Corrèze et la Dordogne, où les maquis sont plus solides.

Mais, elle est capturée après une fusillade contre des SS de la Division Das Reich, qui avait commencé sa remontée vers le front normand. Interrogé par la Sicherheitsdienst à Limoges, puis la prison parisienne de Fresnes, elle est transférée au camp de concentration de Ravensbrück, en août 1944, puis au camp de Torgau où elle et d'autres agentes perturbent le travail de l'usine d'armement. À Ravensbrück, le commandant du camp la condamne à mort et elle est exécutée le 5 février 1945.

Le timbre la représentant, jeune et vive, a en arrière-plan une de ses fausses cartes d'identité françaises, comprenant un timbre fiscal et des tampons administratifs.

La Collector's Sheet pré-personnalisée : à chaque héros un objet ou une scène de son action. Pour Violette Szabó, une radio (boutique web de Royal Mail). 

- John Harrison, marin sur le HMS Belfast.

- Bhanbhagta Gurung (1921-2008), sujet népalais de l'Empire des Indes. Il sert dans les Gurkahs dans la campagne de Birmanie contre l'armée impériale japonaise.

Il reçoit la prestigieuse Victoria Cross des mains du Roi George VI au palais de Buckingham, pour la prise d'une colline birmane en mars 1945, protégée par un sniper qu'il abat debout, quatre trous dans lesquels il jette des grenades en courant de l'un à l'autre, tuant leurs occupants, et un bunker dont il tue les soldats au couteau ou avec une pierre. Dans la foulée, il commande deux soldats pour tenir la position face à une contre-offensive ennemie.

Gurung quitte l'armée en janvier 1946 pour s'occuper de sa mère et de sa jeune famille, dont ses trois fils et un petits-fils furent des militaires de carrière.

- Thomas Peirson Frank (1881--1951), ingénieur civil, il est l'Ingénieur-en-chef du Conseil du comté de Londres (la collectivité locale londonienne d'alors) depuis 1931 quand les bombardements du Blitz touche la ville. Sa rapidité d'organisation permet d'assurer les réparations ou déblaiements pour la continuité de la vie économique de la capitale, notamment la remise en état des digues de la Tamise et éviter l'inondation des quartiers bas avec leurs installations industrielles, militaires, navales et portuaires.

- Mahinder Singh Pujji (1918-2010), Sikh natif de Simla, la capitale d'été de l'Empire britannique des Indes que sert son père au département de la Santé et de l'Éducation. Pilote d'avion depuis 1936, il se porte volontaire en 1940 auprès de l'Armée indienne de l'air pour servir la Royal Air Force en Europe.

Qualifié en juin 1941, il escorte des bombardiers au-dessus de la France, mène des patrouilles par temps brumeux, etc. principalement à bord de Hurricanes. En septembre, il rejoint le théâtre de la Méditerranée et du Proche-Orient.

En 1942 et 1943, il rejoint la Royal Indian Air Force  où il atteint le grade tactique de commandant d’escadron. En 1944, il participe à la campagne de Birmanie, notamment dans le repérage de trois cents soldats états-uniens perdus dans la jungle, proche des lignes ennemies. En 1945, il est envoyé à l'École de commandement (Command and Staff College) de Quetta.

Bien que mis en retraite en 1946 à cause des conséquences d'une tuberculose, il ne perd pas son sens de l'aventure avec la moto et le planeur. Il fut le pilote de baptême de vol en planneur de Nehru, Edwina Mountbatten, du président Eisenhower. Il émigre plus tard en Angleterre comme contrôleur aérien.

- William Tutte (1917-2002), mathématicien canadien, il est connu pour son rôle de cryptanalyste, « casseur de codes », de la machine allemande Lorenz, utilisé par l'état-major de la Wehrmacht allemande, au sein des équipes de Bletchley Park.

Il est reconnu pour ses apports en théorie des graphes (même si sa terminologie est refusée par ses pairs) et des matroïdes. [2]

- Lilian Bader née Bailey (1918-2015), née à Liverpool d'un père marin originaire de la Barbade et d'une mère liverpuldienne d'origine irlandaise, elle dut vivre dans un couvent jusqu'à 20 ans après la mort de son père et la discrimination envers une métis pour trouver un emploi.

Malgré son volontariat, les Institutes des forces armées (visant à organiser les loisirs des soldats et vétérans après la Grande Guerre) la renvoie car son père n'est pas né au Royaume-Uni (À quoi cela sert-il d'avoir un Empire ?). Par contre, en 1941, la Royal Air Force est moins regardante pour ses auxiliaires féminines ; elle est formée à la réparation des instruments d'avion. Elle sert jusqu'à sa grossesse en février 1944, mariée à un artilleur, Ramsay Bader en 1943.

Dans les années 1960, en suivant des cours du soir, elle passe les diplômes du secondaire et universitaire pour devenir enseignante.

Le feuillet de quatre timbres différents sur le soutien au moral des troupes par la chanteuse Vera Lynn, ici dans son tirage spécial Europhilex 2025 (boutique web de Royal Mail).

Ces parcours héroïques, communs à des milliers et des milliers de soldats et civils de la Seconde Guerre mondiale et des conflits liés (Japon en Chine, Allemagne et ses annexions, etc.) permettent de montrer la globalité de la guerre quelque soit l'origine sociale, culturelle, nationale des individus.

Cependant, les médias et les partis conservateurs et d'extrême-droite étant ce qu'ils sont, il faut un sujet grand public immédiatement connue pour attirer vers les timbres-poste les journaux et les émissions matinales.

Un bloc-feuillet de quatre timbres de photographies d'époque honore la chanteuse Vera Lynn (1917-2020), surnommée "Forces' Sweetheart", le cœur tendre des Forces (armées), pour ses chansons, ses concerts en Égypte, en Inde et en Birmanie, dans le cadre de l'Entertainments National Service Association des Forces armées britanniques.

Elle resta ouverte au soutien des vétérans, parmi d'autres causes caritatives, y compris par un de ses derniers singles : la reprise de la chanson "My Son, My Son", qu'elle avait chantée en 1954, cette fois pour marquer la fin de la guerre des Falklands.


La commande minimale du collectionneur peut être lourde au porte-monnaie, même s'il n'y a que des timbres du service intérieur première classe (1,70 GBP depuis le sept avril dernier).

Cela fait partie de la promesse de Royal Mail par un communiqué de fin février 2025 que les émissions spéciales ne comprendraient plus que des timbres de première et seconde classes intérieures, et plus de tarifs pour l'étranger, ni de valeur ronde (une ou deux livres sterling).

1,70 x 14... Même si cela permet d'honorer des parcours dans lesquels d'identifier en ces temps géopolitiquement difficiles.


Notes :

1 : Au Royaume-Uni, les jours fériés « laïcs » sont placés le lundi le plus proche par rapport à d'autres pays européens afin de créer, pour ce jour des travailleurs, un Early May bank holiday : un week-end de trois jours sans banque du samedi trois au lundi cinq mai.

2 : Pour les thématistes qui cherchaient des sujets intellectuellement stimulants.

Compléments du lundi cinq mai - férié au Royaume-Uni :

Visiblement qui sert aujourd'hui essentiellement aux célébrations avec le public de la Victoire et des vétérans de la Seconde Guerre mondiale. À Londres de midi à quatorze heures, la cérémonie d'ouverture (discours de Churchill et permission des cadets de l'armée demandée un vétéran à démarrer un défilé) a été suivie par la marche de militaires britanniques, ukrainiens et d'alliés sous pavillon de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord.

Ensuite, la tribune royale s'est vidée pour laisser le Mall au public, le salut du Roi Charles III et sa famille au défilé aérien, avant une réception de vétérans au palais de Buckingham. 

Compléments du jeudi huit mai 2025 :

Ce jour de fête et souvenir en Europe, Gary Younge propose un billet d'opinion dans The Guardian sur la capacité de la société britannique - et par ses exemples, les sociétés dont les États ont conquis et exploité des empires coloniaux - a « honoré tous ceux qui se sont battus » ?

Partant des manifestations indépendantistes en Algérie française ayant fini en massacre par les forces de l'ordre, il rappelle que des colonies britanniques d'Afrique ont connu de tels mouvements pour obtenir après tout seulement ce que les Métropoles prétendraient s'être battues pour elles-mêmes : libertés, démocraties, respect de l'autre, etc. Quitte en Indochine et en Indonésie à profiter du vide de pouvoir en septembre 1945 à la capitulation du Japon.

Pour la société britannique, il s'agit des combattants et civils volontaires de l'Empire des Indes et des  futures Malaisie et Singapour, des colonies africaines, et celles des Caraïbes. Le choix de Lilian Bader pour un des timbres montre pourquoi : le racisme de la bonne société anglaise et de ses élites accueillait volontiers l'effort de guerre au risque de leur vie  des colonisés, pourvu qu'ils retournent dans leurs pays... sauf que Lilian était née en Angleterre d'une mère britannique.

Et la question se pose encore outre-Manche : la Windrush Generation, profitant de nouveaux droits en 1948 et venue en Métropole travailler, a subi la discrimination anti-migrants à partir de 2012. Les fonctionnaires du Home Office - aidés par l'absence de carte nationale d'identité obligatoire et de la difficulté de ses retraités et leurs enfants de prouver par paperasse la légalité de leur arrivée - ne distinguant pas les migrants récents, des immigrants caribéens longuement installés de droit et devenus Britanniques.

Gary Younge, "On VE Day, remember the war – but can we resolve to honour all who fought in it?", 'The Guardian', 8 mai 2025.

jeudi 29 février 2024

Je veux ce format George VI accroché à mon mur !!!

 Magie des réseaux sociaux pour les thématistes, la trouvaille régulière de curiosités passionnantes. Ici, le profil du Roi George VI par Edmund Dulac pour les timbres britanniques d'usage courant.

L'enseigne d'un pub de Guildford, en Angleterre (publié sur Twitter vers le vingt-et-un janvier 2024).

Au Royaume-Uni, des pubs portent des noms liés à l'effigie du roi ou de la reine : The King's Head ou The Queen's Head. L'icône choisie allant du portrait historique à celle des timbres-poste tombée dans le domaine public.

Vers le dimanche vingt-et-un janvier 2024 - j'ai coupablement oublié de noter le photographe et le moteur de recherche de X.com est pourri -, un amateur de pub ou de timbre a posté sur le réseau social Twitter (étrangement vandalisé en X.com) l'enseigne d'un débit de boisson de Guildford, dans le Surrey, à quelques encablures au sud-ouest de Londres.

L'enseigne et le pub photographiés par le service StreetView de Google Maps.

The King's Head, au croisement de Kings Road et Stoke Road, est signalé par un très grand format d'un timbre de deux pence et demi bleu à l'effigie du Roi George VI par Edmund Dulac entourée d'éléments par Eric Gill.

La qualité de l'agrandissement... Commandée aux archives postales ? Réalisée par un artiste ou un studio spécialisé ? Je veux : prenez mon argent !


Domaine public : depuis le premier janvier 2024, les œuvres de Dulac sont dans le domaine public (si on ne compte pas les années de guerre pour les celles réalisées pour la France ?).

mercredi 27 décembre 2023

Unboxing Day : les pièces de Charles du Royaume-Uni de 1948 à 2023

 Les nouveaux revers faune et flore des îles Britanniques m'ayant conquis à leur annonce, je me suis offert pour Noël un des coffrets du premier jeu annuel des pièces courantes du règne de Charles III, avec un bonus proposé par Royal Mint : les pièces britanniques de 1948, année de sa naissance.

Sur carton avec une étiquette blanche standard de recommandation de Royal Mail, le paquet cadeau extérieur ne paye pas de mine (ça tombe bien : les voleurs de colis sont de retour dans mon quartier).

Le coffret joue sur le monogramme aux trois C entrelacés créés par la Monnaie royale pour les pièces de monnaie.

Le coffret avec relief à gauche, le contenant à droite.

L'arrière de ces deux objets reprend l'objectif de la collection de pièces rassemblées de l'année de naissance du roi à l'année de son couronnement, ainsi que la définition des pièces elles-mêmes.

L'arrière du coffret et du livret de pièces.

Côté droit, les nouvelles pièces à l'état neuf tant attendues. Avant de passer aux animaux et végétaux, d'abord le nouveau roi dont le profil est une création de Martin Jennings.

La légende du prince de Galles devenu roi face aux pièces de circulation à son effigie.

Côté gauche, les pièces de 1948 et l'histoire du pays dans lequel Charles est alors né.

En 1948, un héritier est né, mais aussi un événement social a ouvert le Royaume-Uni à son ancien empire.

Les pièces, désormais en bronze pour les trois petites valeurs et en métaux non précieux pour les autres, portent le profil de Georges VI par Humphrey Paget.

Le carton rappelle qu'en 1948, en pleine renaissance d'après-Guerre, le Royaume-Uni a accueilli les Jeux olympiques à Londres, le National Health Service a été établie au bénéfice de la santé de tous.

Et, aussi, qu'est arrivé au port de Tilbury du navire HMT Empire Windrush, première arrivée après-guerre de travailleurs des Caraïbes et du Commonwealth jusqu'en 1973, ceux qu'on appelle désormais la Windrush Generation.

Les revers illustrés des deux jeux de pièces d'usage courant : de l'héraldique moderne à l'héraldique post-moderne ?

Les premiers panneaux à apparaître sous le regard à l'ouverture du livret sont les revers héraldiques de Harold Wilson Parker, Humphrey Paget, Charles Walter Colombes, Frances Madge Kitchener et George Kruger Gray pour 1948, et un collectif anonymisé d'artistes et de graveurs de Royal Mint pour 2023.

Avis du consommateur : un petit bonus au set de 2023.

Avantage de ce coffret est de disposer, à prix que je juge raisonnable (environ 95 € pour 38 € le set 2023 seul), du jeu actuel neuf et du jeu complet de 1948 sans avoir à rechercher ce dernier : outre la frappe et la vente de jeux neufs, Royal Mint rachète également d'anciennes pièces pour les revendre, et anime également un site de placements de métaux précieux... À méditer pour ceux qui trouvent, comme moi, que les instituts monétaires officielles tel la Monnaie de Paris émettent trop de pièces de collection en métaux précieux pour gruger les collectionneurs. Il y a de la marge dans le capitalisme libéralisé.

Inconvénient pour les puristes de la collection-investissement : la collection de 1948 est d'usage en cupro-nickel pour les fortes valeurs, donc de qualité basique avec trace d'utilisation, marque de saleté ou d'oxydation. Désolé, mais je n'ai pas les moyens et d'achat et de conservation pour une collection de haute qualité d'avant la Seconde Guerre mondiale en métaux précieux.

À rapprocher des sets proposés à des prix équivalents dans les boutiques des musées londoniens : set pré-décimal du règne d'Elisabeth II, un penny par règne depuis Victoria, etc.

Avis du citoyen : vraiment sans pouvoir le roi britannique ?!!

Le feuillet émis par Royal Mail pour le couronnement, sur l'avis du roi Charles III, gravure sur bois de Andrew Davidson, émis le six mai 2023.

Depuis mai 2023, je dois faire un article sur les timbres du couronnement de Charles III et leur symbolique, ça va arriver vite grâce à ce qui entoure les pièces dans ce coffret.

Le prince de Galles était connu pour son engagement environnemental et développement durable... d'où le choix d'animaux, plantes, arbres et fleurs. Certes, des groupes interrogent l'intérêt de la chasse au gibier, passion windsorienne, ou aux écureuils gris invasifs. Le vingt-trois novembre 2023, The Guardian a révélé la survivance de la bona vacancia dans les duchés de Lancastre pour le souverain et de Cornouailles pour son héritier : dans ces deux comtés féodaux, les biens des personnes sans héritier sont reversés au roi et au prince de Galles, et non au Trésor public ! Des biens de personnes modestes aident à financer les propriétés foncières privées de la Famille royale : en espérant que ce soit en milieu rural ?

Par contre, les multiples derniers gouvernants conservateurs auront-ils appréciés la liberté de Royal Mint - avec l'assentiment voire l'encouragement du roi... ? - de rappeler des événements de 1948 qui sont en débat ouvert et vif dans le Royaume-Uni du début du vingt-et-unième siècle ?

La création du National Health Service alors que les conservateurs ne jurent que par la baisse des impôts et cotisations pour tous, surtout les millionnaires et les entreprises multi-nationales, entraînant l'allongement mortifère des listes d'attente pour pouvoir être soigné gratuitement. Ou alors, on a recours au secteur médical privé à l'américaine...

Le rappel de la Windrush Generation alors que les récents ministres de l'Intérieur - dont plusieurs sont descendants de l'immigration, comme en France d'ailleurs* - sont tellement obnubilés par l'immigration qu'ils incitent leurs services à refuser la citoyenneté britannique, l'émission d'un passeport, d'un visa même, et veulent expulser des habitants du Royaume-Uni qui y travaillent et vivent depuis les décennies. * : In France we say the last arrived are the ones who wished to close the door.

Depuis le début endeuillé de son règne, les journalistes locaux guettent tous les signes de lassitude du roi Charles face aux conservateurs : impatience humoristique avec l'éphémère Première Ministre Truss, agonie du ton du discours du trône au Parlement le sept novembre 2023,...


Alors que la défunte reine était fort discrète dans ces messages politiques (chapeau bleu aux fleurs jaune = Union européenne ou pas ?), le roi Charles III aura-t-il la patience de supporter et tolérer les actuels politiciens britanniques conservateurs comme néo-travaillistes ?

Note : et je tiens compte que la Famille royale britannique est un exemple-même de la bourgeoisie hériditaire... mais avec quelques principes et valeurs peut-être ?

dimanche 19 février 2023

David Horry (1949-2023)

En ce début du mois de février 2023 a disparu David Horry, publicitaire de carrière, philatéliste et cruciverbiste de passion, avec un humour souligné dans la nécrologie rédigée par David Brown et publiée le seize février par The Times.

La présentation de David Horry en couverture de The Unissued Stamps of King George VI, en 2001.

Son humour était tel que The Times a autorisé le blog des passionnés des mots croisés du journal - Times by The Times - à reproduire cet hommage. Il commentait régulièrement quitte à troubler ses interlocuteurs... comme moi face à ses chroniques dans Gibbons Stamp Monthly sur les timbres non-émis de l'Empire britannique d'un impropable Hedley Adams Mobbs.

Et, en ce dimanche de rédaction, je découvre qu'Hedley Adams Mobbs a bel et bien vécu (de 1891 à 1970), a bien été architecte suffisamment reconnu pour avoir un article sur la Wikipedia en anglais, et donc bien le grand-père de David Horry comme écrit par lui dans la préface de The Unissued Stamps of King George VI.

Couverture de The Unissued Stamps of King George VI, encore disponible chez HH Sales.

Je sais désormais d'où provenait le style de présentation de ces timbres détournés au point de se demander où était finalement la vérité : entre les montages et les notes du grand-père, et la mise en forme du petit-fils.

Le demi-penny White Out des îles Falklands, imaginé par Mobbs et Horry.

Le premier exemple que je vous propose est le demi-penny White Out de la série de 1938 des îles Falklands, image épique du blizzard local, pour laquelle est imaginée la réaction de la presse philatélique.

The Roosevelt's Head de Grenade imaginé par Mobbs et Horry

Avec le second exemple, j'ai fini par attraper mon catalogue de l'Empire britannique... même s'il est sûr et certain que l'effigie du Roi George VI n'aurait jamais pu être remplacée par celle du Président des États-Unis.

Couverture de L'Encyclopédie des marques postales des Indes occidentales britanniques sous le règne du Roi George VI, publié en 2007 (via HH Sales).

Plus sérieusement, il a publié deux encyclopédies des marques postales des Antilles occidentales britanniques pour les règnes de George VI en 2007 et Elisabeth II en 2015. D'après le site bibliographique Encyclopaedia of Jamaican Philately, il s'est également penché sur « l'énigme » des cachets ovales de recommandation de Jamaïque et de Trinitad, en 2017.

Ces articles se retrouvent dans les publications de deux sociétés spécialisées dans cet espace britannique : le British West Indies Study Circle et British Caribbean Philatelic Study Group, qui ont fusionné en West Indies Philatelic Study Group.


Néanmoins, c'est sa carrière comme publicitaire qui amène le grand quotidien londonien à signaler sa disparition. Apparemment, il faut se pencher sur les campagnes dans les années 1970 et 1980 pour Fiat Strada, Silk Cut “Zulu”, and Whitbread Trophy Beer, signalés dans le premier paragraphe de cette nécrologie.

L'agence où il brilla comme directeur artistique fut Collett Dickenson Pearce, où ont travaillé également les réalisateurs Ridley Scott et Hugh Hudson, même si ses intuitions n'allaient pas jusqu'aux détails graphiques.

Dès cette époque, il ne voulait pas travailler tant qu'il n'avait pas achevé les mots croisés du Times, s'il fallait rester dix minutes dans la même pièce ou mit de l'humeur dans les salles de travail jusqu'aux employées et employés de secrétariat... jusqu'à camoufler totalement le bureau d'un collègue en un week-end dans les années 1980. Encore plus stimulé sur les séances photo que certains directeurs lui confièrent des tâches inutiles pour l'éloigner.

À partir du milieu des années 1990, le monde de la publicité devint apparemment sérieux et il dut s'habituer à des postes de directions dans d'autres entreprises britanniques et en Asie de l'Est, d'où la présence d'un sceau traditionnel rouge comme signature personnelle sur sa fiche biographique (première image de cet article).


Dans sa nécrologie, David Brown rappelle le grand sérieux avec lequel, par contre, Horry considérait la philatélie en particulier la qualité des ouvrages et articles publiés pendant sa retraite, ce qui ne cessait d'étonner ses anciens collègues. Il était un Fellow de la Société philatélique royale de Londres.


Citations de David Horry :

Peu importe où il allait, « les larmes allait couler jusqu'à leurs jambes » à cause de ses histoires drôles.

« Tous mes enfants sont plus matures que moi ».

mercredi 8 février 2023

Le type Jennings à l'effigie de Charles III présenté par Royal Mail

 Ce mercredi huit février 2023, cinq mois après la disparition de la Reine Elisabeth II, la Royal Mail a présenté les quatre nouveaux timbres britanniques d'usage courant à émettre le quatre avril prochain.

L'annonce de Royal Mail qu'une grande nouvelle arrivait... Quel suspense !

Par souci d'économie, les timbres au type Machin à code datamatrix seront utilisés jusqu'au dernier... Les valeurs complémentaires seront donc émises à l'automne.

Souci d'économie graphique également :

Le timbre au profil du Roi Charles III au type Jennings.

Un profil du Roi Charles III, la valeur d'usage, le code datamatrix, les éléments de sécurité et c'est tout !

Le profil royal sur une pièce de cinquante pence à gauche, et une pièce de collection à droite.

Et, ce profil est celui créé par Martin Jennings pour les pièces de monnaie frappées par Royal Mint, éclairé d'une manière adapté à l'impression de timbres-poste.

Proposition réalisée par HalfpennyYellow, participant de StampBoards.com.

Comme d'autres, j'aurais préféré la reprise de l'effigie bancaire mis en forme par un participant du forum Stampboards.com. Un peu de variété et d'humanité après l'éternité du type Machin.

Royal Mail semble avoir proposé aux médias une vidéo de l'impression des carnets que propose Vaccari News sur sa page Facebook.

Une feuille véritable sous la loupe du Postal Museum de Londres.

Sur son blog Norvic Philatelic Blog de ce jour, Ian Billings propose une analyse du code datamatrix d'un des timbres réels montrés dans les médias à partir de la photographie ci-dessus du Musée postal à Londres.

Postal Museum qui ouvre une exposition The King's Stamps à partir de ce jour jusqu'au trois septembre 2023 comprenant une feuille complète de ce timbre. Sont ainsi présentés plusieurs esquisses, travaux, projets de timbres des sept monarques philatéliques britanniques.

Un des panneaux de l'exposition The King's Stamps (via The Guardian).

L'article du Guardian, reprenant l'essentiel du communiqué de presse de Royal Mail, est illustré d'un élément de cette exposition avec le passage des photographies et bas-relief du Roi George VI et d'Elisabeth II, derrière un grand format du timbre de Charles III.

La suite : l'émission du quatre avril, pré-commande sur la boutique web de Royal Mail à partir du trois mars.

lundi 8 juin 2020

Timbres de Fidji en 1948

Voici les deux timbres nécessaire pour expédier par voie aérienne une lettre des îles Fidji, dans l'océan Pacifique au Strand, avenue du centre de Londres, en février 1948.
Un shilling et six pence, forte somme à l'époque. La voie aérienne est indiquée manuscrite sur l'enveloppe.

Dans cette série de 1938, avec plusieurs retirages avec variations de dentelure ou de couleurs, j'apprécie comme la double couleur de deux des fortes valeurs faciales a été réalisées, la lueur de la torche de ce pêcheur notamment, et la vue du port de Suva sous un ciel rougeoyant pour le deux shillings.

vendredi 22 mai 2020

Voyager au "pays de l'été"

Puisqu'il va être difficile de voyager loin pendant quelques temps avec le covid-19, retournons aux flammes touristiques de la grande époque.
Flamme jamaïcaine sur lettre pour la Suède, oblitérée le six novembre 1954.
Voici un beau paysage montagneux et forestiers sur une flamme d'oblitération de Jamaïque des années 1950, qui se marie bien avec le timbre bicolore sur la culture et l'exportation de la banane.

mardi 26 juin 2018

Vers une charte britannique de la taille-douce ?

Tout va mal chez les Rosbeefs ! La Royal Mail émet trop de timbres (et de feuillets), sur des sujets frivoles, que l'honnête complétiste ne trouve pas tous au bureau de poste (s'il reste un bureau) et jamais sur le courrier (quand celui-ci n'est pas oblitéré au stylo) !! L'heure est grave !!!

En conséquence, le quinze juin dernier, les π@rtenaires de la φl@tely britannique se sont donc réunis pour rédiger et soumettre toutes affaires cessantes à la signature royale une Charte de la philatél...

... LOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOL...

Retrouvons le flegme d'en-face : au Royaume-Uni, le service philatélique de la Royal Mail est certes un acteur important par ses émissions, sa communication sur les nouveautés qui atteint régulièrement les médias grâce à ses séries de six à huit timbres, et les revenus qu'elle donne aux organisateurs des salons nationaux en louant son stand.

Mais, elle n'en est pas le financier-mécène-communicant unique imposant une charte essentiellement consacrée aux nouvelles émissions... car ce serait le seul et unique moyen de faire découvrir la philatélie.

Les magazines britanniques ont pris néanmoins un tournant à la française ces dernières années en s'intéressant aux artistes du timbre en dépassant Edmund Dulac et le trio David Gentleman / Arnold Machin / Jeffery Matthews à l'origine des principes du type d'usage courant actuel, et même sous l'effet taille-douce aux graveurs d'outre-mer...

... pour susciter un nouveau type de collections thématiques par auteurs ?

Ainsi, autour de ce solstice d'été, Adrian Keppel, le Stamp Engravers blogueur, se consacre aux graveurs d'Europe centrale entre deux graveurs français. Dans Stamp Magazine daté mai 2018, il conte la carrière du Tchécoslovaque Bohumil Heinz (1894-1940), employé à distance par De La Rue : son travail se retrouve ainsi sur les timbres de Chine en 1933 et du Soudan en 1935, de trois colonies britanniques - dont le Nigeria - par un profil du Roi George VI, pour se terminer à la Barbade en 1939...

En effet, victime de l'impérialisme hitlérien, il doit travailler aux timbres du Protectorat de Bohême et Moravie sur lesquels il réalise le célèbre acte de résistance de la carte de la Tchécoslovaquie dissimulée dans la série touristique.
Étude de tous les messages cachés dans les timbres de Bohumil Heinrich, proposée sur le site de Richard Frajola (fichier pdf).
Par l'entre-mise d'un projet refusé en 1934, le collectionneur devenu philatéliste par la recherche trouvera la gravure de Heinz sur un timbre tchécoslovaque de 1949.

Pour les éditions datées de juillet, l'amateur de gravure se démultiplie.

Dans Gibbons Stamp Monthly, Kepple retrace le parcours de l'autre Polonais de Suède : Piotr Naszarkowski (né en 1952) ; le premier étant l'excellentissime Czesław Słania qui avait traversé la mer Baltique en 1956 pour fuir la dictature.

Naszarkowski, lui, est un artiste qui a suivi plusieurs chemins et arts pour suivre l'amour avant de tomber dans la gravure en 1981 sous la contrainte politique... en partant de rien. Il ne connaissait rien à la gravure ; en 2018, cinq pages d'illustration montre un talent créatif : châteaux et portraits historiques en Pologne, portraits de prix Nobel en temps très limité en Suède, et portraits de papes récemment avec Benoît XVI et, surtout à la loupe, les deux feuillets de l'émission conjointe Pologne-Vatican de 2014 sur Jean-Paul II.

Dans Stamp Magazine, c'est un voyage inattendu dans le temps et l'espace que Keppel propose, très loin des écoles française, polonaise et suédoise : quand l'Espagnol José Moreno Benavente (1905-1981) émigra au Chili où il est employé par Joaquín Marcó, directeur de Talleres de Especies Valadoras, fusionné à la Monnaie chilienne en 1927.

Aux amateurs français de gravure, voilà un artiste qui a une carrière très longue, dont la collection comprendra les timbres bien sûr, mais aussi un numéro de 1955 de la publication belge L'Illustré et, aux archives et brocante, la Memoria de 1974. Ce dernier est l'édition décennale du livre-souvenir de la Monnaie chilienne pour promouvoir la qualité de son travail ; en 1974, toutes les œuvres sont celles de Moreno qui est contraint à la retraite à soixante-dix ans à cause de sa vue et d'une main moins sûre.

Pour clore en dehors de la taille-douce, le même numéro de juillet de Stamp Magazine propose un article de Peter Marren sur l'illustrateur Golden Brown, créateur de quinze émissions britanniques de styles très variés depuis 1991.

samedi 31 mars 2018

Roi George, tarifs et centenaire de la Royal Air Force

Ce dimanche premier avril 2018 marque le centenaire de l'établissement de la Royal Air Force et celui de l'entrée dans ces nouvelles forces aériennes britanniques du Prince Albert, futur Roi George VI.
Le Prince Albert Windsor, alors officier de la Royal Air Force, en 1919 (via la base documentaire Commons de Wikimedia).
Après une formation navale, le second fils de George V servit dans la Navy pendant le début de la Grande Guerre, participant comme officier de tourelle à la bataille du Jutland - même si son navire fut tenu à distance des zones principales de combat, ce qui le désespéra autant que ses graves problèmes gastriques.

Après une opération chirurgicale en 1917, il intègre la formation du Service aérien de la Marine royale début 1918 à Cranwell, dans le Lincolnshire. Baigné dans l'ordre et la discipline depuis tout jeune à la Cour puis dans la Marine, le Prince se retrouve à gérer le quotidien d'un navire terrestre de cinq cents jeunes marins qu'il fallut former à la discipline militaire, aux besoins des forces aériennes... dans la pagaille de la fusion annoncée des forces aériennes de la Marine et de l'Armée, prévue pour le premier avril suivant.

La base et ses hommes sont organisés comme un navire avec ses quarts et ses tribords... mais aussi des grades de l'Armée portés par des marins ayant conservé leur uniforme et des officiers de l'Armée toujours dans leur uniforme d'origine... Le capitaine de la RAF "Albert, Prince" est, dès lors, réputé trop strict par les remuantes jeunes recrues. Même si son second - un civil ! - témoigne de la justesse et de la pertinence de ses décisions, autant les sanctions que les permissions.

Lassé des querelles de protocoles et du désordre ambiant, il est transféré début août au quartier-général de la RAF à St Leonards-on-Sea, dans le sud-est de l'Angleterre, où il commande une escadrille de cadets.
Classe ouverte : une médaille de long service et bonne conduite de la Royal Air Force de 1948 (via la base documentaire Commons de Wikimedia).
Bien que pilote qualifié, sa qualité de prince et donc d'héritier potentiel de la Couronne le maintient éloigné des combats. Il obtint néanmoins de servir enfin sur le continent sous la direction du Général Trenchard, à Autigny, de fin octobre 1918 à janvier 1919. Il y arrive par avion le vingt-trois octobre à bord d'un bombardier Handley Page.

Le pilote, Louis Greig, est initialement un médecin naval, mais sa rencontre avec le Prince en 1909 alors que celui-ci est encore un cadet, a changé sa vie. Réunis en 1916, les deux hommes sont inséparables pendant six ans : Greig suit donc Albert dans les Forces aériennes, lui apprenant à Cranwell à conduire une voiture (avec l'autorisation du Roi) et l'entraînant au tennis avec un succès qui permet au Prince de participer au tournoi de Winbledon en 1926.
L'émission du centenaire de la Royal Air Force du vingt mars dernier (boutique web de Royal Mail).
Fin de ma gorgeoquintophilie - merci Sarah Bradford - pour un retour à l'histoire postale contemporaine : par la grâce des choix du service philatélique de Royal Mail, l'émission du mardi vingt mars peut intéresser les amateurs de tarifs postaux.

Signalé par Ian Billings, les tarifs internationaux de poste aérienne portés par six timbres de l'émission (deux des trois diptyques et deux des quatres timbre du mini-feuillet sur les Red Arrows, la patrouille accrobatique de la RAF) sont devenus obsolètes le jour même !

Ainsi, il faut ajouter un Machin de cinq pence pour que les timbres d'une livre quarante puissent porter le pli de moins de vingt grammes au-delà de l'Europe (£ 1,25 pour l'Europe, ou le monde jusqu'à dix grammes).

Mais, les £ 1,57 ne peuvent être complétés puisque le tarif jusqu'à cent grammes pour l'Europe baisse de deux pence... Conclusion du marchand de Norvic Philatelics : encore une preuve que les timbres actuels ne sont pas créés pour servir sur le courrier ?

Voire, un moyen de traire de quatre pence les collectionneurs qui oseraient utiliser postalement ces timbres ?

Souci final pour les puristes : une lettre de moins de cent grammes pour l'Europe affranchie d'un de ces £ 1,57 sera forcément sur-affranchie (comme celle-ci magnifiquement oblitérée sans stylo), donc indigne d'une collection ?

dimanche 10 septembre 2017

Initiation à repérer les faux dans Gibbons Stamp Monthly

Dans le numéro daté septembre 2017, le mensuel britannique Gibbons Stamp Monthly propose deux articles complets sur les falsifications philatéliques, en plus des remarques ponctuelles dans les articles spécialisés.

Dickon Pollard du marchand Murray Payne rappelle l'ancienneté des fraudes concernant les timbres du règne du Roi George VI et leur extension géographique à tout l'Empire. Un texte entre conseils de prudence (méfiance face au bas prix, fuite devant le vendeur refusant une expertise, vérification des marques postales de Madame Joseph,...) et anecdotes effarantes sur les pratiques d'une minorité de marchands et de vendeurs.

Plus près de notre époque, Edward Klempka présente quelques-uns des nombreux et multiples faux du type Machin avec ses actuels éléments de sécurité... et propose des raisons pour lesquelles ils finissent sur du courrier qui parvient aux destinataires : la dilution du système de vente des timbres-poste et les manquements de Royal Mail sur les oblitérations notamment.

Heureusement, pour les falsifications les plus ressemblantes, il semble rester une preuve ultime : Klempka n'a trouvé aucun timbre faux dont les barres phosphorescentes brillent encore après arrêt de l'exposition à une lumière ultra-violette.

Et le lendemain, lundi onze, avec la fin de la lecture...

Le numéro remonte même à un des pionniers de la philatélie scientifique ou analytique et de la description des faux : Michael Peach raconte l'histoire de la dynastie des Pemberton.

Le patriarche, Edward Loines Pemberton (1844-1878), s'illustra ainsi dès l'âge de dix-sept ans comme un philatéliste accompli et un marchand de timbres de Birmingham. En 1863, Thornton Lewes et lui rédigèrent des articles compilés dans l'ouvrage Forged Stamps: How to Detect Them, alors un des premiers sur ce thème.

Son rôle précurseur lui vaut d'être considéré comme un des « Pères de la philatélie » sur les piliers encadrant la première page du Roll of Distinguished Philatelists en 1921.

La lutte contre les faux, une vieille histoire.

Sur BBC One, le jeudi vingt-et-un septembre 2017 :
L'émission d'avertissement des consommateurs contre la contre-façon Fake Britain a diffusé un reportage (quatrième épisode de sa huitième saison) sur l'ampleur colossale de la vente de faux timbres d'usage courant au Royaume-Uni. Y est notamment interrogé Hugh Jefferies, le rédacteur en chef du catalogue Stanley Gibbons, qui effectue la démonstration de Edward Klempka avec une lampe à ultra-violet.

Petit problème, la qualité générale de réalisation rend cette démonstration difficile à effectuer par le consommateur chez un buraliste ou une épicerie, même s'il ne souhaite pas aider les délinquants que ce trafic enrichit.

lundi 26 juin 2017

George VI et la thématique Guerre des ondes

Dans leur excellent Timbres en guerre (Presses universitaires de Rennes, 2016), les deux historiens Alain Croix et Didier Guyvarc'h analysent le traitement des deux Guerres mondiales par les autorités politiques et postales depuis 1914.

Après des chapitres chronologiques, ils essaient des synthèses par thème, qui peuvent éveiller des questionnements auprès des thématistes. Ainsi, des médias, ils constatent que la radio, le nouveau moyen d'information, de propagande et de lutte contre les idées de l'ennemi, n'est quasiment pas représentée sur les timbres évoquant la Seconde Guerre mondiale (chapitre 6, page 157) - sauf de manière discrète au Pays-Bas et au Royaume-Uni.

Une nuance personnelle, conséquence de leur enseignement : les timbres sur une personnalité, quand ils sont très dépouillés, demandent à connaître la personne pour savoir si elle a un lien avec le conflit.

Une exception fameuse, signalent-ils cependant : l'Appel du dix-huit juin 1940 du général de Gaulle repris régulièrement par La Poste française, ses filiales ou consœurs des collectivités d'outre-mer, jusqu'aux anciennes colonies... Et, bien évidemment, les agences de papiers-peints dentelés, pudiquement évoquées par les deux historiens comme « le marché philatélique ».
Le feuillet complétant une série de six timbres, principalement consacré au Roi de guerre.
L'anniversaire des quatre-vingts ans du couronnement du Roi George VI permet de compléter la thématique de la radio en guerre grâce au service philatélique de Jersey, dans les îles Anglo-Normandes.

Le douze mai dernier, Jersey Stamps a émis six timbres et un feuillet sur ce souverain, dans le cadre de sa série L'Héritage royal de la Reine Victoria, alors que le bicentenaire de sa naissance sera célébré en 2019.

Beaucoup de portraits en uniforme, un en collectionneur de timbres et un seul en civil avec un de ses chers corgis, passion canine que sa fille Elizabeth a perpétuée.


Le discours du trois septembre 1939 tel qu'enregistré par la BBC.

Le feuillet de deux livres sterling reproduit la photographie officielle du discours du dimanche trois septembre 1939, au cours duquel le Roi annonça l'entrée en guerre du Royaume-Uni contre l'Allemagne nazie après l'invasion de la Pologne, deux jours auparavant.
Le timbre de soixante-quatre pence - le roi orateur - sous-entend la diffusion radiophonique des discours du Roi.
Grâce au film The King's Speech, l'histoire ayant mené à ce cliché et ce discours est désormais bien connue : le deuxième fils de George V était affecté de bégaiement tout autant que son frère aîné semblait incapable d'assumer ses obligations royales. Il combattit ce handicap avec l'aide de l'orthophoniste peu orthodoxe Lionel Logue à partir de 1926.

Le film romance beaucoup sûrement, mais le discours du trois septembre 1939 ne fut pas tenu au bureau du roi. Mais, dans une pièce transformé en studio, debout.

Pour aller plus loin sur George VI :
- évidemment : Robert Rhodes-James, A Spirit Undaunted, 1998, avec une analyse des relations entre les souverains britanniques et leurs gouvernements en une longue introduction.
- Le pavé : Sarah Bradford, George VI, 1989 ; plus de six cents pages en édition poche de 2011.
- Mark Logue et Peter Conradi, The King's Speech, Quercus, 2010. Rédigé à partir du journal de Lionel Logue et des archives familiales.

Et une lecture récente : King's Counsellor. Abdication and War, édition par Duff Hart-Davis, 2006, du journal personnel d'Alan "Tommy" Lascelles (1887-1981), secrétaire particulier du roi. Troisième tome des écrits privés et de quelques correspondances de Lascelles, il permet de découvrir la société britannique à travers le journal d'un membre de la cour et descendant de bonne famille. Attention : le journal de guerre lui-même ne débute qu'en 1942 quand, sur le conseil de son épouse, Lascelles pose sur le papier le fardeau de sa mission qui doit rester discrète.

Complément du samedi vingt-deux juillet 2017 :
En rédigeant cet article, j'avais oublié que la Reine avait devancé son père sur les timbres de la radio pendant la Seconde Guerre mondiale.

Suite au film Dunkerque de Christopher Nolan (un excellent exercice d'école de cinéma sur les émotions et terreurs vécues par les soldats, mais absolument pas fini... un réalisateur trop coûteux pour le budget du film ? - attention : ne cliquer sur le lien que si l'on accepte la liberté de parole), j'ai retrouvé, sur le site du marchand Norvic Philatelics, le feuillet de quatre timbres plus une citation du discours de Winston Churchill après l'évacuation de l'armée britannique et de troupes françaises entre le vingt-six mai et le quatre juin 1940.

Émis le treize mai 2010 - pendant l'exposition de Londres, il accompagnait une série de huit timbres intitulée Britain Alone. Un des timbres montrait les Princesses Elizabeth et Margaret s'adressant aux Britanniques et aux peuples de l'Empire par l'entre-mise de la radio.