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jeudi 7 août 2025

La mémoire des vétérans des Nations unies au Mémorial de la Paix de Busan (2 sur 3)

 Aux côtés des souvenirs militaires, évoqués dimanche dernier, le courrier et les timbres-poste participent des vitrines de la galerie, au Mémorial de la paix à Busan, en République de Corée, en hommage aux troupes des pays ayant participé à l'expédition des Nations unies de soutien à la Corée du Sud, entre 1950 et 1953.

Ces objets sont variés tout autant qu'ils jouent des rôles divers dans la reconstitution de la vie quotidienne de ces soldats et du souvenir que les événements ont laissé en Corée et au-delà.

Note : oui, les objets ici décrits ont été photographiés au smartphone à travers une vitre et l'éclairage du musée... On peut faire mieux en prise de clichés et en trouvailles collectionneuses.

Un entier postal recommandé utilisé par un militaire australien en 1956 pour jouer à la loterie, un quasi -monopole de Tattersall's, fondé par George Adams (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024 - merci à Ian Billings pour l'identification de la destination du pli). 

Ainsi, plusieurs objets sont similaires à ceux employés pendant l'expédition en Corée, mais pas forcément utilisés aux bonnes dates. Telle cette enveloppe-entier recommandé australien, utilisé par un soldat de ce pays pour une correspondance vers l'État de Victoria, en 1956, et transmise par la poste militaire.

Il faudra consulter des ressources spécialisées pour savoir si des troupes et l'APO 215 (Army Post Office) étaient encore en Corée cette année-là, ou si ce bureau gérait une zone d'Asie de l'Est plus stable, telle l'occupation du Japon.

Les timbres d'Inde surchargées pour servir au Corps expéditionnaires en Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Encore plus générique, la vitrine consacrée à l'Inde présente la série neuve de timbres-poste indien, surchargés pour servir à la poste militaire en Corée.

Trois enveloppes et trois lettres de courrier militaire grec de la guerre de Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Plus marquantes sont donc ces trois enveloppes en franchise militaire et trois lettres manuscrites liées à des soldats grecs en Corée, en 1952 d'après les cachets oblitérants.

Les hellénistes liront les numéros des bureaux de poste militaire et déchiffreront le contenu de ces courriers, s'ils vont de la Corée vers la mère-patrie, à peine sortie de l'occupation nazie et de la guerre civile avec les communistes.

Affiche dans l'entrée du Mémorial appelant aux dons des souvenirs des vétérans de la guerre de Corée.

Ce manque d'objets postaux directement lié à des individus et leur petite histoire, ainsi que la disparition progressive des vétérans, est illustré par le lancement en 2023 d'un appel aux dons de leurs souvenirs par les vétérans de la guerre de Corée, ou leurs familles.

L'affiche dans l'entrée du Mémorial montre un ensemble de memorabilia qui rappellera aux Français la Grande Collecte du centenaire de la Première Guerre mondiale, juste avant 2014.


Ensuite la pure philatélie vient à la rescousse de la mémoire.

Carte postale de l'arrivée des troupes belges en Corée, oblitérée lors d'une exposition philatélique, le quatorze avril 1951 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Des soldats belges, tout juste débarqués en Corée, illustrent une carte postale utilisée comme souvenir lors d'une exposition philatélique à Woluwe (soit dans Bruxelles, soit en Brabant flamand).

L'item montre le lien entre les troupes et la population au pays si un collectionneur belge a des informations sur cette exposition.

Enveloppe premier jour de l'émission Volontaires de Corée du vingt-cinq septembre 1952 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024). 

C'est par l'émission de 1952 que les soldats tucs volontaires sont, entre autres, honorés dans la vitrine de la Turquie : quatre timbres sur une enveloppe premier jour.

L'illustration de celle-ci est claire : autour d'une carte de la péninsule coréenne, des soldats mitraillent et mettent ainsi en fuite des soldats vers la République populaire de Chine, pendant que le drapeau turc est levé à la frontière entre la Corée et la Chine au nord.

Ceci était fort optimiste alors que le front s'était stabilisé depuis 1951 à la frontière actuelle.

Timbres de Colombie de 1954 célébrant les forces armées colombiennes... pour un coup d'État (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Cependant, tout ce qui brille n'étant pas d'or, il y a quelques surprises à utiliser les si commodes timbres-poste.

En Colombie d'abord, ces deux blocs de timbres colombiens, nation participant à la Force des Nations unies en Corée, honorent les Forces armées colombiennes pour l'anniversaire du treize juin 1953, un an après l'armistice de Panm...

...

Euh, l'anniversaire d'un coup d'État militaire à Bogota, un mois avant l'armistice inter-coréen.

J'imagine qu'un Coréen, un Chinois, un Cambodgien aurait aussi des choses à redire sur les expositions d'arts asiatiques en Europe.

Le drapeau de l'empire d'Éthiopie et les timbres coréens de 1951 remerciant les pays venus à son secours (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Deuxième surprise : l'Éthiopie, un peu comme le badge dans la vitrine de la Turquie ou de la Colombie, fait partie des pays où j'imagine que la vitrine a été difficile à créer : quelle mémoire des vétérans de la Corée dans ces pays depuis bousculés par les événements politiques, économiques et sociaux ?

D'où un effort pédagogique de rappeler déjà que c'est l'Empire d'Éthiopie qui a répondu à l'appel du Conseil de sécurité des Nations unies : rappel du drapeau de l'époque imprimé sur carton et avec les timbres de 1951 que la poste coréenne a émis pour chaque pays participant à l'expédition.

Timbre de Corée du Sud de 1968 : visite de l'empereur Haïlé Sélassié auprès du président Park Chung-hee (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).  

Un timbre-feuillet de 1968 rappelle ce lien entre Corée et Éthiopie : la visite de l'empereur Haïlé Sélassié en Corée du Sud, alors présidée par Park Chung-hee.

Le planisphère choisi est éloquent : centré sur l'océan Indien, il relit la péninsule coréenne à l'Éthiopie par une branche des lauriers de la paix, de couleur verte (ni bleu, ni rouge... en ces temps de guerre Froide).

Lors de cette visite, l'empereur est ainsi le huitième non coréen et le premier africain à recevoir le grand ordre de Mugunghwa, remis de 1949 à 2008 aux présidents sud-coréens en début d'exercice, qui peuvent en décorer les chefs d'État alliés du pays.


Grand ordre dont le premier étranger à le recevoir fut le président de la République fédérale d'Allemagne en 1964... 

Ah ? Pas Truman, ni Eisenhower, présidents des États-Unis d'Amérique pendant le conflit ?

L'Allemagne, l'ancien allié du Japon impérialiste ?

...

Pourquoi ? Réponse partielle au prochain épisode sur le Mémorial de la paix des Nations unies, à Busan.

mercredi 9 avril 2025

Le bloc australien de 2022 en mémoire du Prince Philip, duc d'Édimbourg

 Le neuf avril 2021 disparaissait le Prince Philip Mountbatten, époux de la Reine Elisabeth II du Royaume-Uni et de plusieurs États dans le monde.

Le bloc en hommage au Prince Philip émis par la poste australienne en juin 2022, mois de sa naissance en 1921 dans les familles royales de Grèce et de Danemark.

Parmi eux, le Commonwealth d'Australie dont la population et les partis politiques varient entre rester une monarchie parlementaire et devenir une république parlementaire... et donc passer d'un gouverneur-général neutre, avec une carrière militaire ou civile avant une carrière achevée en politique, à un président... dont il faudra espérer qu'il suive le modèle fédéral allemand, faute de secrétaires soucieux des apparences au palais de Buckingham.

C'est ainsi que l'émission de deuil d'Australia Post pour le Prince Philip, le duc d'Édimburg, paraît tout sauf lié à un pays neuf, bâti par des colons-pionniers et des bagnards, sur une île-continent peuplé d'aborigènes.

Mais, ce timbre dans ce bloc a l'avantage du programme philatélique australien face au britannique qui tend à multiplier les séries de six à dix timbres, plus un bloc de quatre autres timbres, plus un carnet de prestige, etc.

Il permet avec le seul timbre (vendu en feuillet de dix) de montrer que l'effet de l'âge affecte même les puissants, au moins physiquement - oui, vivre dans un cocon l'essentiel de sa vie, ça aide. La peinture est réalisée par l'Australien Ralph Heimans en 2017 au moment où le Prince prit sa retraite de ses fonctions royales.

Le bloc-feuillet, tourné vers les collectionneurs de timbres, allonge littéralement la réflexion : il a achevé de suivre le long chemin des monarques, princes et princesses précédents dont les statues et portraits ornent le Grand Corridor du Château de Windsor.

Laurits Tuxen, The Family of Queen Victoria in 1887, 1887 ; conservée par The Royal Collection, Royaume-Uni.

Et une évocation maternelle : d'après la description de Australia Post, il se tient face à une représentation de la famille de la Reine Victoria, par le Danois Laurits Regner Tuxen en 1887, sur laquelle sont représentées sa mère Alice de Battenberg, et la mère de celle-ci Victoria de Hesse-Darmstadt, fille de la « grand-mère de l'Europe. »

Qu'ont fait de cette mémoire la majorité des Australiens ? Que feront-ils de la monarchie bien lointaine en distance géographique et de la vie quotidienne ? Il est vrai qu'un seul timbre ne permet pas de montrer sa carrière navale pendant la Seconde Guerre mondiale et des œuvres charitables qu'il a présidées ou créées... Idéal pour des cours de composition artistique, ce timbre maintient la monarchie à un niveau au-delà des sujets-citoyens, symboliquement, mais aussi par un mode confortable de vie.

Mais, n'avons-nous pas les mêmes soucis dans nos démocraties entre citoyens et politiciens carriéristes ?

mercredi 19 mars 2025

Solidarité avec l'Ukraine en Australie

 Le vingt-trois août 2024, Australia Post a émis un carnet de cinq timbres en solidarité avec l'Ukraine.

Le timbre autocollant à dentelure ondulé à l'emporte-pièce.

Chaque timbre a une valeur faciale de trois dollars (environ 1,74 euro) pour le courrier international - présence du bandeau bleu "International Post". Par contre, aux tarifs lus ce dimanche seize mars 2025, trois dollars australiens est le tarif unique de "Greetings Cards" dans le monde entier.

Il faut trente cents de plus pour la zone 2 Asie-Pacifique, quatre-vingt-dix pour États-Unis et Canada, un dollar dix cents pour l'Europe pour atteindre la lettre standardisée petit format.

Est-ce que par "Greetings Cards", la poste australienne place ensemble toutes les cartes postales ? Un passage sur les forums de Postcrossing s'annonce.

L'intérieur du carnet.

L'aspect déchiré à droite des timbres montre un assemblage en souche de plusieurs dizaines de carnets, égrenés au gré des commandes et des achats. Les carnétistes français connaissent bien et espèrent retrouver des repères d'impression et de comptage des carnets d'une souche sur ce côté-là justement.

La face extérieur du carnet en trois morceaux indiquant la possibilité de plirures.

La symbolique de la paix avec l'hirondelle tenant une branche d'olivier est claire. L'oiseau blanc se découpe sur le paysage désormais aussi symbolique de l'Ukraine et de son drapeau : le champ de tournesol sous un ciel bleu.

Comme indiqué sur la page d'achat du carnet, il est pratique car pliable en trois au format porte-feuille. La couverture extérieure le prouve aussi bien que la séparation large entre les timbres autocollants : image seule / image, lien vers tarifs, logotype et code-barres / titre du carnet avec son contenu et sa valeur de vente.

mercredi 5 février 2025

Protégez le facteur du chien de garde en Australie

 Ah, une flamme postale à message, ce n'est plus en France que l'on voit ça depuis 2007.

Oblitération du bureau de Beaudesert, Queensland, puis oblitération jet d'encre du centre de tri.

Le douze septembre 2024, un vendeur australien sur eBay m'envoie une commande de timbres et souvenirs utiles à mes thématiques royales britanniques.

Il prend soin de placer un timbre avec mention "International post" ; il semble qu'Australia Post soit très sourcilleuse avec ce rectangle bleu sur courrier intérieur.

Et de demander une oblitération manuelle au bureau de Beaudesert, au sud-est du Queensland, près de la frontière avec la Nouvelle-Galles du Sud. Sur ce nom presque francophone, mystère : un colon anglais chargé d'y créer une étape pastorale la nomma ainsi, sans que sa biographie n'indique de lieu géographique avec le parc Beaudesert - beauté sauvage, une grande propriété rurale et un manoir des marquis d'Anglesey dans le Staffordshire.

Ensuite, l'enveloppe atteint le centre de tri où elle est oblitérée au jet d'encre à neuf heures deux minutes, mais avec le code du centre illisible... Merci le jet d'encre.

Par contre, et la date (non représentée ci-dessus) et le message postal sont presque parfaitement lisibles : 

"Secure your dog

for safe delivery"

L'enveloppe-bulle n'a donc pas aidé l'empreinte du numéro de centre et du mot final, mais encore lisible.

Comme d'autres postes de pays anglophones - Canada, États-Unis, Royaume-Uni, Australia Post a relancé des messages aux particuliers sur le fait que le chien libre dans le jardin, est certes un élément de protection du domicile en journée, mais aussi un danger pour les facteurs et livreurs de colis.

Une idée peut-être : ces pays ne devraient-ils pas adopter des boîtes aux lettres standardisées comme en France ? Ou les habitants préfèrent-ils les caméras de porte d'entrée permettant de savoir de quelle manière le facteur ou le livreur Amazon/UPS/Fedex s'est comporté avec le colis ?

samedi 25 novembre 2023

Fin d'une année difficile pour la philatélie de Nouvelle-Galles du Sud

 Plus de mille quatre cents messages échangés, plus de quatre-vingts mille vues pour ce fil du forum anglophone StampBoard sur le déménagement de Philas, la Philatelic Association of New South Wales, fédération les clubs philatéliques de l'État australien de Nouvelle-Galles du Sud.

Depuis 1977, Philas était propriétaire d'une partie d'un immeuble de bureaux des années 1960 dans le centre de Sydney. Vieillissant, d'après le consensus apparent du début des années 2020, le bâtiment devenait plus coûteux à entretenir et la modernisation des télécommunications se posaient également. Les principaux revenus de l'association sont l'organisation d'immenses ventes aux enchères entre membres ainsi que les déductions fiscales liées à la bibliothèque commune, qui elle-même est une personne morale à part entière.

L'ancien siège de Philas, dans Sydney (site du vendeur immobilier via StampBoards).

Ainsi, assez rapidement, entre octobre et décembre 2022, ont lieu et la vente de l'immeuble 17-19 Brisbane Street et l'achat d'un bâtiment à Silverwater, une banlieue de l'ouest de Sydney dans le territoire du Conseil de la ville de Parramatta, et la diffusion officieuse d'une liste des travaux intérieurs nécessaires et que certains d'entre eux sont déjà payés...

... avant même que le Conseil de la ville ait donné une dérogation à Philas, association culturelle et éducative, de s'installer dans une zone industrielle !!!

En quelques semaines, quelques millions de dollars australiens circulent pour un déménagement dans un bâtiment qui légalement ne convient pas et qui, structurellement, est étonnant : un entrepôt avec des bureaux en mezzanine sur le côté. L'idée est d'allonger la mezzanine pour les bureaux, l'organisation des enchères et réunion, et d'après le poids, la bibliothèque en rez-de-chaussée ?

? car les informations de la direction de Philas sont officiellement diffusées au micro-goutte au fur et à mesure alors que nous sommes à l'époque d'internet. Ils réagissent, à leurs yeux, face à des y'aka-faut-kon.

Sur le forum StampBoards, les doutes accusatoires de philatélistes australiens, particulièrement de Nouvelle-Galles, grossissent tandis que, dans certains clubs-membres, leurs responsables prennent conscience des actions commises en leur nom dans leur dos.

Pire, les annonces immobilières, les actes du Conseil de la ville de Parramatta ou un coup de fil sur les actions en cours sont publics !!! Dès les premières semaines de 2023, tout un chacun sait que la Conseil a refusé une exception au code urbain... Dès les premières semaines, une église vend son bâtiment cozy en brique ou une entreprise vend son local commercial au même prix que l'entrepôt de Silverwater pour plus de confort, plus de surface ou plus de confort.

L'actuel siège de Philas, à Silverwater, dans la banlieue de Sydney (via Google Maps)

Pire, les témoins membres du Bureau de Philas, après démission ou écœurés à leurs amis, témoignent de l'ambiance déjà pressentie lors des dernières ventes aux enchères à Brisbane Street. Quelques personnalités machistes qui croient qu'il faut amadouer le Conseil, que leurs rôles passés font d'eux des experts... même si les archives numérisées de l'époque du papier semblent indiqués une autre version. Au cours d'une réunion d'explication dans un club, c'est une remarque sexiste que prend dans la figure une philatéliste posant une question gênante.

S'ajoutent à cela l'immobilisation totale des activités de Philas et de ses clubs-membres : bibliothèque emprisonnée dans un conteneur posé dans le nouvel entrepôt, possiblement jeté le matériel informatique ancien mais fiable nécessaire à la numérisation des lots d'enchères, annonce qu'on photographiera avec les smartphones des bénévoles,...

Ah, les ventes aux enchères ! Le cœur des revenus de Philas. Aucune depuis un an et demi puisque : les lots vendus (!) et à vendre sont emprisonnés dans un second conteneur dans l'entrepôt. Enfin, en octobre quand la mutinerie menace, un des gros durs se rend compte qu'il sera impossible à des volontaires (s'il en reste) de retrouver dans le conteneur les lots vendus pour les donner aux acheteurs et payer les vendeurs, et d'identifier-numériser-mettre en ligne des lots pour une vente de fin d'année, quant bien même le dur-en-chef en a besoin pour redorer son blason.

Mettre en ligne... Philas a été victime d'une plaie du web associatif : il faut des volontaires pour maintenir le site à jour, qu'un responsable web n'oublie pas de transmettre les codes d'accès au site chez l'hébergeur A, ou que le responsable web sache transférer le site vers un hébergeur B meilleur... En 2023, les insurgés découvrent que Philas a plusieurs sites inactifs, un site actif (mais pas à jour des péripéties) et une page Facebook que la Direction met au silence pour contrôler la communication, c'est-à-dire empêcher la publication de questions sur le déménagement et l'avenir des activités.

Pour, en octobre, commettre une erreur monumentale : l'ensemble des sites des clubs-membres étant hébergés dans le site Philas, leur page web devient inaccessible pendant quelques semaines...

... alors qu'enfin, est appelé une Assemblée générale... (enfin !)

... extraordinaire ! (Quoi !)

La Direction annonce qu'en trois semaines, les clubs-membres doivent se prononcer sur une modernisation de la constitution de Philas. Les deux grands changements étant l'abolition de la représentation proportionnelle des clubs selon le nombre de membres et une immense liberté de décision pour le Bureau élu...

Les bureaux des clubs prennent tous conscience de la situation : ils obtiennent le report à 2024 de cette Assemblée extraordinaire et l'organisation pour le samedi vingt-cinq novembre d'une Assemblée générale annuelle avec élection d'un nouveau Bureau si nécessaire - cette nuit heure d'Europe centrale et occidentale.

Un groupe de candidats alternatifs s'organisent malgré des mails du Secrétaire de Philas donnant des dates et des délais alambiqués - incompétence, sabotage, ras-le-bol individuel ? Les langues se délient sur les coulisses de Philas : comme toute association, elle est forte de ses volontaires. Or, ceux de 2022-2023 sont ce qu'ils sont, mais eux et leurs prédécesseurs depuis au moins deux décennies, méconnaissent tellement Philas que le Trésorier 2023 a découvert qu'un des pionniers de Philas avait très bien organisé les fonds des années 1970-1980 sur un placement très confortable...

Les factures s'accumulent donc sans revenu pour une opération immobilière multi-millionnaire réalisée à la hâte alors que Philas est assis sur une épargne formidable !

Dernière péripétie une semaine environ avant l'Assemblée générale : le Président et un autre dur, un des membres honnêtes du Bureau et un insurgé assistent séparément à une vente aux enchères presqu'en face de l'entrepôt de Philas, à Silverwater. Un entrepôt avec bureaux très bien aménagés (cuisine, salle de repos, salle de prière pour les employés) vendu bien bien bien en-deçà du prix au mètre carré déjà surpayé par Philas un an avant...

Les insurgés de commencer à creuser l'identité des personnes ayant participé aux transactions immobilières et mobilières depuis un an, et en ayant tiré des frais proportionnels au prix d'achat... Bilan : en cas de plainte en justice, un membre du Bureau pourrait avoir du souci.


Le résultat de l'élection de cette nuit, matin à Sydney, est éloquent : un groupe uni est élu après que le trio infernal a retiré ses candidatures face à l'ambiance dans la pièce et aux nombreuses questions. Le nouveau Bureau a promis une réunion en ligne des présidents des clubs pour décider des premières actions à mener pour remettre le bateau en mouvement apparent pour les collectionneurs-côtisants, le pavillon bien en vue et dans une direction la moins coûteuse possible.

Car, outre les pertes substantielles à la revente du bâtiment de Silverwater et des frais engagés perdus, il va falloir gérer la réputation de Philas auprès des autorités locales, vérifier et, le cas échéant, rétablir la légalité de la Bibliothèque en tant qu'association charitable, relancer les enchères philatéliques face à la démobilisation des volontaires et la méfiance des vendeurs et des acheteurs qui attendent argent et lots depuis un an, etc.

Je vais rester loin du bénévolat, essayer déjà d'avoir ma maison en ordre est bien suffisant. Oui, je sais, ce n'est pas très optimiste pour l'avenir commun.

Pas de lien vers un site de Philas le temps que se clarifie la communication de l'Association.


Mise à jour du dimanche vingt-six novembre 2023 :

Le nouveau Bureau s'est réuni immédiatement après l'Assemblée générale extraordinaire et a publié son premier message à la communauté philatélique néo-galloise.

Complément du jeudi quatre janvier 2024 :

Le feuilleton des personnes ne semble pas terminé : le nouveau président élu a démissionné courant décembre et son vice-président a pris la relève. Ce qui est inquiétant est que la nouvelle se diffuse non par l'intéressé lui-même ou son successeur pour clarifier, rassurer,... mais un membre du Bureau précédent dans la lettre de nouvelles d'un club dont il est le secrétaire.

mardi 18 juillet 2023

Une nouvelle reine pour l'Australie

Attention : divulgâchage rien que par les images de cet article. À lire sans les images si vous n'avez pas vu la série.


 Depuis le seize juin 2023 sur la BBC au Royaume-Uni et son service à la demande et une semaine ensuite sur ABC en Australie, les six épisodes de la série Queen of Oz s'amuse de la monarchie et des médias du commentaire permanent.

"Oz" pour Australie, le pays où a été filmée la série et où se déroule l'intrigue à Sydney. La princesse cadette et célibataire Georgiana est la tête brûlée de la Famille royale britannique. Un dernier scandale conduit la Reine à abdiquer en Australie et à transmettre la Couronne à sa fille comme une dernière chance pour la princesse et la monarchie face au républicanisme local.

La confrontation entre une prince tout feu tout flamme, son personnel proche, les membres des institutions australiennes et le public va faire des étincelles... Combien de temps avant l'avènement de la république ?

La Reine et le directeur de la Banque centrale australienne au lancement du billet de cinq dollars à l'effigie de la première (capture d'écran du deuxième épisode de Queen of Oz)

La série est une création de l'actrice et comédienne Catherine Tate, dont le public international avait pu voir le dynamisme dans le rôle de Donna Noble, compagnon du Dixième (et tout aussi intenable) Docteur dans la série de science-fiction Doctor Who en 2006 et 2008.

La numismatique apparaît dans deux épisodes sous la forme du billet de cinq dollars que la Reserve Bank of Australia prépare avec le profil souhaité par la Reine... Quiproquo, caprice,...

Le billet finit par être montré en fin d'épisode mais après avoir découvert plusieurs facettes de la Reine, le principal fil rouge de la série,...

Retour du billet fictif dans une séquence radio-tabloid-micro-trottoir au début du cinquième épisode.

... mais aussi comment les talk shows radiophoniques, les journaux tabloid et les micro-trottoirs enveniment et dramatisent les situations à raison, mais aussi à tort. Une critique appréciée puisque les présentateurs radio britanniques, irlandais et australiens jouent leur propre rôle dans Queen of Oz.

Ainsi, le début du cinquième épisode voit revenir ce billet pour montrer comment la Reine se retrouve accusée pour une réalité toute australienne : la faune autant animale qu'humaine du continent austral permet des situations comiques et de grandes exclamations caricaturales de la Reine Georgiana.

Une série à voir. 

lundi 2 janvier 2023

Philatélie et réflexion sur la monarchie dans The Crown

 La série télévisée The Crown, proposée par le service Netflix, se proposait initialement de romancer le règne d'Elizabeth II à raison d'une saison par décennie environ, avec changement des acteurs toutes les deux saisons afin de montrer le temps qui passe.

Cependant, du côté des magazines à sensations, c'est le traitement de la relation entre le prince Charles et Lady Diana qui concentre leur attention depuis la deuxième moitié de la quatrième saison. Cet automne et la cinquième saison a relancé le débat sur réalité ou fiction... et, déjà, des scènes tournées de la sixième traumatisent les réseaux sociaux sans attendre qu'en salle de montage ait lieu une autre partie du travail de création audiovisuelle...

Pour cause de reconstitution historique, l'équipe de décorateurs a recréé de nombreux objets portant les portraits des personnes réelles pour les remplacer celles des acteurs : unes de journaux, apparition télévisuelle,... et courrier avec timbres-poste.

Cet article vise à montrer comment la philatélie est utilisée dans The Crown, ainsi que quelques réflexions personnelles sur le règne achevé d'Elizabeth II et celui débutant de Charles III.

Par commodité, les personnes réelles seront ici nommés avec leur titre tandis que les personnages de la série porteront seulement leur prénom.


Le timbre pour rendre réaliste la fiction.

L'actrice Olivia Colman étudiant le projet d'un nouveau timbre-poste à son effigie (à droite) dans le premier épisode de la troisième saison.

La première apparition de timbres-poste est immanquable : dans la première scène de la troisième saison, Elizabeth étudie deux grands formats de timbres-poste. À gauche, celui au portait de sa jeunesse incarnée par l'actrice Claire Foy ; à droite, celui de la femme aux enfants quasiment adultes... "an old bat", dit-elle sous les traits d'Olivia Colman. Littéralement, « d'une vielle folle ».

La scène permet d'introduire le nouveau casting des troisième et quatrième saison, en faisant le relais avec celui des deux premières.

Un type Machin aux traits d'Olivia Colman, montré dans une émission télévisée britannique (The Graham Norton Show du réveillon du Nouvel An, extrait promotionnel posté le 29 décembre 2022 via YouTube).

Et ses timbres peuvent resservir : de nombreux bureaux sont montrés dans la série. Souvent ceux des secrétaires personnels d'Elizabeth, vieux gardiens des traditions pour protéger la bien jeune souveraine les premières années, puis sas de tri entre elle et le reste du monde ensuite.

C'est ainsi qu'il a bien fallu créer des enveloppes aux bonnes adresses et avec timbres britanniques...

Pour le réveillon du trente-et-un décembre 2022, Olivia Colman a été invité à l'émission de la BBC One, The Graham Norton Show, et elle est venu avec un cadeau secret : une de ces enveloppes et l'anecdote de comment elle a pu la conserver. Une accessoiriste la lui a remise avec pour consigne de ne rien en dire à personne.


Le loisir des rois, le roi des couards ?

Il faut attendre la cinquième saison diffusée à partir de novembre 2022 pour que les timbres-poste reviennent, d'abord en invité étrange...

George au perroquet commentant les couleurs des timbres de son courrier en 1917 au début du sixième épisode de la cinquième saison.

En introduction du sixième épisode, l'intrigue démarre dans le Londres de la Grande Guerre. George V et son épouse déjeunent, le premier observant les timbres sur son courrier, commentant la nuance inattendue d'un d'entre eux, perroquet sur l'épaule.

Ça casse l'image du patron de « la Firme », du nom que le Roi George V a donné à la Famille royale...

Arrive rapidement une dépêche du Premier Ministre que George montre immédiatement à son épouse Mary. Flashforward à décembre 1991 et la dislocation de l'Union soviétique suivie à la télévision par Elizabeth. L'épisode va se consacrer à montrer comment elle va participer à faire que Boris Eltsine accepte l'effort de retrouver, identifier et enterrer dignement Nicolas II et sa famille tuée dans Maison Ipatiev.

Un épisode qui semble accuser la Famille royale de George le couard à Elizabeth l'ignorante, en passant par Mary sans cœur... et qui se conclut par une pique finale.

Les archives gouvernementales ont confirmé le souci de survie des Windsor en 1917 et qu'à ce moment-là, aider la famille impériale russe aurait été un moment difficile face à une opinion publique ayant subi quatre années de guerre...


Les timbres, thermomètre de l'avenir de la monarchie ?

Mais, les timbres jouent un rôle plus essentiel dans les dernières scènes du dernier épisode de la cinquième saison, en participant à l'avancée de principaux des fils rouges d'une série, particulièrement celles des couples.

Au terme de cette saison, j'ai vraiment l'impression que cette série est moins l'histoire du règne de la Reine Elizabeth II que celles des couples qui l'ont vécu. Et en premier lieu, celui entre Elizabeth et Philip.

Même si, comme avec l'épisode Ipatiev House, la survie de la monarchie britannique est un fil rouge récurrent.

Charles échappe à un rappel de ses problèmes de couple en montrant qu'il se préoccupe de l'avenir de la monarchie, dans le dernier épisode de la cinquième saison.

C'est ainsi que je lis la scène entre Elizabeth en colère et Charles entre deux femmes.

Le premier juillet 1997, Charles Prince de Galles est envoyé à bord du yacht royal Britannia pour la cérémonie de rétrocession de Hong Kong à la République populaire de Chine, sous un déluge de pluie.

Hélas pour sa mère Elizabeth, dans la série en tout cas, il profite de la croisière retour avec des amis, notamment sa maîtresse Camilla, enfonçant encore le désarroi d'Elizabeth qui ne cesse d'espérer pour le couple princier.

Charles est ainsi convoqué pour une raison liée à la partie suivante, mais il échappe au courroux maternel par une répartie sur l'avenir de la monarchie (voir images ci-dessus). Il a pu voir à Hong Kong comment en quelques jours la monarchie britannique, les nom et monogramme de sa mère avaient disparu des institutions, des boîtes aux lettres,... son portrait des timbres-poste !

Deux instants du début du règne du Roi Charles III montrent peut-être cette différence d'avec sa mère, tellement neutre et peut-être trop âgée alors pour participer au débat politique. 

Si The Crown était allé jusqu'en 2022, la série aurait-elle montré comment le nouveau roi a reçu l'éphémère Premier Ministre Liz Truss, gênée par le protocole, s'entendant dire : "Back again? Dear, oh dear"... Humour maladroit ou opinion personnelle sur le programme économique à venir ?

Et, son premier discours de Noël - un monument annuel pour la télévision familiale britannique et le seul discours royal qui ne reçoit pas l'aval du gouvernement : entre réflexion chrétienne et appel à la solidarité, des remerciements à tous les agents publics britanniques (maltraités par des décennies de gouvernements inspirés de Thatcher et Blair...) et des images d'actions caritatives dans le monde entier (en reflet de Brexit, Calais, envoyer des réfugiés demandant l'asile au Rwanda ?).


La personne Elizabeth.

Au côté du poids de la Couronne qui donne son titre à la série, le fil rouge principal reste la relation entre Elizabeth et son mari Philip au fil des saisons et des aléas familiaux ou politiques.

Cette cinquième saison frappe le couple durement - pas de divulgâchage - dès le premier épisode où il faudrait une action politique pour la seule fois où Elizabeth demande au gouvernement quelque chose pour elle-même... et qui explique son mécontentement envers Charles dans le dernier épisode.

Si le curieux et ingénieux Philip trouve dans une nouvelle activité un dérivatif à l'inéluctable, Elizabeth dans sa zone de confort a du mal...

Elizabeth, incarnée par l'actrice Imelda Staunton, se console en observant son passé à travers les timbres-poste de son règne dans une des dernières scènes de la cinquième saison.

Mais, il faut bien faire le deuil du passé. À ce moment de la série, elle n'est plus la jeune reine de toutes les promesses de l'après-Seconde Guerre mondiale ; elle est, aux yeux des tabloids, la belle-mère de Diana... et la mère d'un prince héritier impatient.

Avant-dernière scène de ce dernier épisode, Elizabeth se réfugie dans les albums de la Collection philatélique royale et retrouve ce passé à la fois royal et matrimonial à travers les timbres émis par les territoires britanniques, les pays nouvellement indépendants, à l'occasion des visites...

Puis, dans une dernière scène émouvante, elle va tirer un trait sur l'incarnation de ce passé.

Trop tard pour se rendre compte qu'elle aurait pu être une autre reine, en famille comme face aux gouvernements ?

mardi 25 janvier 2022

Le effets du covid sur les postes, encore deux ans après

 Alors que cela fait désormais deux années que les premières informations gouvernementales étaient publiées sur l'identification d'une nouvelle maladie, alors en Chine et rapidement dans le monde connecté par avion, le covid-19 continue à perturber les trafics postaux dans le monde.

Témoignage de la lenteur du courrier en tant de pandémie mondiale et à Haïti, posté par Amélie Baron sur Twitter, le vingt-quatre janvier 2022.

Ainsi, la journaliste Amélie Baron, en poste à Haïti pour l'Agence France Presse et Radio France Internationale, vient de revoir du courrier de France oblitéré d'octobre et novembre 2020... parvenu à Haïti en août 2021... et finalement chez elle, hier lundi vingt-quatre janvier 2022.

Si la suspension de nombreuses liaisons aériennes a rendu complexe, voire impossible, le transit postal depuis le printemps 2020, se pose ici la question de l'état du système postal haïtien.

Signalons que le petit pays en voie de développement n'est pas le seul affecté, les pays les plus avancés et émergents le sont aussi. Dans un cas, des philatélistes australiens patientent l'arrivée de leur courrier selon les aléas des liaisons avec l'Amérique du Nord et l'Europe via l'Asie de l'Est, tandis que la poste sud-africaine signale sur les réseaux sociaux quand elle a trouvé un vol vers l'Australie pouvant y amener du courrier et des colis.

L'Asie de l'Est justement où les dirigeants chinois sont à la peine face au variant omicron alors qu'ils tentent de maintenir au plus bas l'épidémie par de réguliers confinements locaux (local en Chine touchant des millions d'habitants d'une agglomération tout de même).

Pour expliquer l'arrivée d'omicron sur leur territoire, des autorités régionales chinoises pointent du doigt le courrier et les colis internationaux... Je ne suis pas spécialiste pour juger. En attendant, désormais, recevoir du courrier de l'étranger impose au destinataire un test de dépistage dans les deux jours suivants dans la province du Guangdong, rapportait, hier, la chaîne nationale sud-coréenne.

Et personne ne prend ça à la légère, l'équivalent de l'application locale du passe sanitaire passe au jaune pour ce seul motif... et des lieux se ferment immédiatement aux personnes concernées.

Chine et courrier international : ça va en faire du monde à tester.

mercredi 25 août 2021

Continuation d'anciennes nouvelles océaniques en août 2021

 En cette deuxième moitié d'été 2021, quelques sujets reviennent dans la lumière médiatique et montrent comment ils ont évolué sur plusieurs années.


En Atlantique-Nord.

Le philatéliste Jean-Jacques Tillard a été décoré de la médaille de l'ordre du Mérite, lundi vingt-trois août 2021 pour son rôle dans le rayonnement de la collectivité française de Saint-Pierre-et-Miquelon par le loisirs philatéliques lors des expositions inter-américaines et internationales.

À cette occasion, il a répondu aux questions de la chaîne de radio publique La 1ère, le lendemain, permettant de mettre à jour son palmarès : cent trente médailles désormais (cent en mai 2016) et en quête du titre de Champion des champions avec sa collection des surchargés du territoire au dix-neuvième siècle, lors de l'exposition européenne Notos 2021, en novembre en Grèce.

Par ailleurs, le dix-huit juin, la maison de vente David Feldman a annoncé que Tillard est devenu un de ses représentants internationaux.


Au milieu de l'océan Indien.

Autre océan, archipels aussi difficiles d'accès : les îles Chagos sont de retour dans la diplomatie onusienne. Aujourd'hui, mercredi vingt-cinq août, BBC News Africa rapporte la décision des membres de l'Union postale universelle de n'accepter le courrier en provenance et à destination de cet archipel qu'affranchi de timbres de Maurice.

Un des timbres du onze décembre 2017 par lesquels Maurice rappelait les zones économiques exclusives que cet État revendique autour d'une île française et des îles britanniques Chagos.

Depuis la scission des îles Chagos de la colonie mauritienne en 1965, l'éviction des Chagossiens de Diego Garcia loué aux forces armées des États-Unis et l'indépendance de Maurice en 1968, le statut du territoire britannique d'outre-mer des îles de l'océan Indien (B.I.O.T. en anglais) est contesté régulièrement par Maurice.

Petit à petit, les institutions multilatérales des Nations unies reconnaissent que la scission avant indépendance aggravé par le déplacement forcé des Chagossiens est illégale. : votes de l'Assemblée générale (non contraignant), mais avis de la Cour internationale de justice en 2019, et maintenant l'Union postale universelle.

Les philatélistes seront mitigés : du courrier britannique des Chagos, ça doit être rare... On peut imaginer que les militaires états-uniens utilisent la poste militaire. Et vu le niveau des services postaux (oblitération au stylo-bille, timbre démonétisé non taxé, etc.), combien de postes iront vérifier le courrier international pour trouver ce pays-là et en vérifier les timbres ?... Maurice à coup sûr.

Rappelons qu'il faut surveiller les îles Éparses de l'océan Indien, un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises : Tromelin est revendiqué par Maurice. De plus, Madagascar revendique ces îles selon la même logique que Maurice : selon le principe de la décolonisation, la France n'aurait pas dû séparer ces îles de sa colonie malgache.

Côté puissances européennes, l'époque est à la négociation. Le Royaume-Uni a promis de donner la souveraineté du BIOT à Maurice dès qu'il n'aura plus d'intérêt pour la Défense... à une époque où les puissances mondiales s'installent dans l'océan Indien (États-Unis, Chine et son « collier de perles », ce qui braque l'Inde qui s'entraîne avec la France, etc.). Les derniers présidents français tentent de convaincre Maurice et Madagascar d'une part, les parlementaires soudainement patriotes d'autre part, d'une co-souveraineté permettant protection de l'environnement et exploitation raisonnée des ressources potentielles.

À suivre.


Outre-Manche et Outre-Indien.

Pour ceux qui trouvent qu'il y a trop d'émissions sur des sujets superflus (c'est acceptable... si vous ne les achetez pas donc), le marchand britannique derrière Norvic Philatelics raconte, dans un article du vingt-quatre août, qu'au Royaume-Uni, le tournant ciné-télé-chanteurs états-uniens sur timbres date de 2015 et que l'embauche de Matt Parkes par Royal Mail participe de ce mouvement de toucher un public de fans non philatélistes.

Un article intéressant car il rappelle que Parkes est une personne fort aimable, et qui permet de garder trace de comment évolue un service philatélique et son travail programmatique... Ce que l'entreprise en question tente généralement de ne pas évoquer.

Dans le même ordre d'idée, mais plus en phase avec ce que les collectionneurs souhaitent d'un programme philatélique national, l'American Philatelic Society évoque, le même jour, l'illustrateur srilankais Isuru Pothpitiya et ses réalisations pour les timbres de son pays, dernièrement des émissions sur la flore et les milieux humides de l'île de l'océan Indien.


Au-delà du sérieux : l'humour philatélique d'antan.

Et si tout ceci vous paraît bien trop sérieux, Peter (@stampden sur Twitter ou son blog) a rassemblé des blagues et caricatures d'inspiration philatélique qu'il a retrouvées dans les archives de la presse anglophone au fil de ses recherches en philatélie sociale.

Son dernier exemple tiré d'un journal australien au moment de la grippe dite espagnole, arrivé début 1919 en Océanie, autour de masques et de comment éviter de lécher soi-même les timbres touchés par le postier avec ses doigts...

lundi 22 février 2021

Une collection virtuelle fiscale au gré de la généalogie

 Dans le numéro daté février 2021 de The American Philatelist, le journal mensuel de l'American Philatelic Society (adhésion individuelle possible), Peter Congreve montre comment l'historien postal gagne à utiliser les archives de la presse d'antan (et son rôle de carnet mondain) et les outils de la généalogie (de plus en plus accessible en ligne).

L'enveloppe-cas choisi : Pourquoi un J.A. Bayne de Niagara Falls, aux États-Unis, participait-il à une loterie australienne par correspondance en 1948 ? Et, pas seulement : pourquoi la marque de machine à affranchir fut-elle complétée de deux timbres oblitérés "H.F.A." ?

Les recherches de Peter Congreve se retrouve en forme de fils de quelques tweets consécutifs à l'adresse @stampden et sur un blog.

Côté français, la plongée dans les archives de l'état civil permet de retrouver le besoin de tout taxer, autre héritage de la monarchie absolue avec la Présidence jupitérienne. Tout en comblant les lacunes des sources et des branches d'arbres à travers tout le sud-sud-est de la France, mes copies d'écran d'acte conservent quelques timbres humides sur papier timbré.

Timbre royal d'1F,25c à Espalion, en Aveyron, en 1837.

Alternance des allégories républicaines, monarchiques et impériales (ces dernières pas encore repérées).

Une justice très romaine pour une Troisième République qui s'affirme de plus en plus, avec quelques variations de tarif, de 1872 à 1907.

Des allégories qui unissent des lieux variées, ci-dessus : 1872 à Nîmes, 1877 au Vibal (Aveyron), 1897 et 1907 à Montpellier... Oui, l'industrialisation a incité des familles de cultivateurs aveyronnais ou d'artisans textiles gardois à suivre le chemin de fer vers les emplois nourrissant ou fournissant en énergie une ville en début d'expansion.

Avec des décimes en sus pour payer l'indemnité de la guerre de 1870-1871.

À Montpellier en décembre 1944, au type datant de 1920, sans le tarif.

L'exploitation des nécessités de la vie (naître, se marier, mourir) sous prétexte qu'on ne pouvait faire confiance dans une copie d'acte prit-elle fin en 1986 avec le papier timbré ? Ou coûte-t-elle encore aux communes de France ?

À suivre...


samedi 24 octobre 2020

Numismatique privée sur timbres des îles Cocos (Keeling)

 Mardi vingt octobre 2020, la poste australienne a émis une série de quatre timbres sur les formes de la monnaie privée en usage dans les îles Cocos au temps de la famille Clunies-Ross. Comme les autres timbres au nom de ce territoire depuis 1993, ils sont valides sur l'ensemble de l'Australie et de ses territoires extérieurs.

Le bloc-feuillet reprend les quatre timbres, également émis en feuille de cinquante (site-boutique d'Australie Post).

Comme d'autres îles et territoires sur lesquels l'Australie a exercé ou exerce son autorité (Christmas, Norfolk), les îles Cocos ont une histoire spécifique malgré l'unité administrative que certains gouvernements australiens ont imposé - le cas récent de Norfolk en 2016 a choqué la population locale.

Ainsi, les îles Cocos (Keeling) furent la propriété privée d'une famille d'entrepreneurs, pour exploiter la noix de coco sous la forme de coprah, parfois comparée à un fief puisque ces privilèges familiaux furent reconnus malgré l'annexion de l'archipel à l'Empire britannique en 1857.

Si la devise officielle fut celle des colonies successives de rattachement diplomatique des îles Cocos, les ouvriers malais étaient payés d'une monnaie privée pour qu'ils dépensent au magasin patronal.

Ce sont ces tickets (sur peau de mouton et signé de Ross III, de 1879, sauf le 1/10 de roupie photographié émis en 1902) et jetons en ivorine (1902), puis plastique (1968), qui sont présentés sur les quatre timbres émis. 

La notice d'Australia Post signale que la dernière émission métallique de 1977 eut pour but de lutter contre l'emploi croissant du dollar australien, ce qui avait apparemment limité l'usage des jetons plastiques à la comptabilité familiale. Hélas pour Ross V, il fut contraint à vendre sa propriété à l'Australie dès l'année suivante, qui en transféra la propriété et le gouvernement local aux habitants.

Les photographies en arrière-plan sont également d'un grand intérêt documentaire sur la vie des Clunies-Ross aux îles Cocos, de leur famille à la fois écossaise et malaise. Le deuxième timbre d'un dollar dix cents montre le chargement du coprah dans le coin supérieur droit.

Plus anecdotique, mais symbolique de l'histoire de ces territoires australiens : la maison familiale construite de briques importées d'Écosse sur le premier timbre de deux dollars vingt cents ou le portrait de Ross V sur la marge du feuillet date de 1954 et de la visite de la reine Elisabeth II sur l'archipel.

Pour les tarifs postaux, un dollar dix cents paye la lettre standardisée intérieure jusqu'à deux cent cinquante grammes. Le double affranchit la lettre plus grande que le standard jusqu'à cent vingt-cinq grammes. Dans tous les cas, il faudra des valeurs complémentaires pour utiliser un AUD 2,20 ou deux AUD 1,10 vers les trois zones tarifaires internationales d'Australia Post.

mercredi 22 avril 2020

Suspension du service prioritaire en Australie

Hier, mardi 21 avril 2020, Australia Post a annoncé des adaptations à ses services afin de faire face aux conséquences de l'épidémie de covid-19.

Le gouvernement australien a accepté que la poste australienne adapte sa poste aux lettres en chute de moitié en mars, avec effondrement de trois-quarts de la publicité non adressée, et pouvoir diriger ses efforts sur la circulation des colis (plus quatre-vingt pour cent en mars 2020 !) alors que l'épidémie a réduit le nombre de vols de la compagnie Quantas qui est le transporteur intérieur de l'opérateur postal.

Dans les aires métropolitaines, il y aura tournée du facteur un jour sur deux, avec jusqu'à cinq jours pour délivrer une lettre à l'intérieur d'un même État. Lié à cette question de vitesse à ralentir, le service prioritaire de la lettre intérieure est suspendue.

D'après ce que je comprend de l'article, ces décisions seront revues en juin 2021 ! Au final, Australia Post va pouvoir rediriger deux mille postiers vers le service colis.
Une des formes de vente de étiquettes de priorité (site marchand d'Australia Post, consulté en février 2016).
Pour les philatélistes, cela signifie la disparition de fait des timbres/étiquettes/vignettes de priorité, mis en circulation lors des tarifs du quatre janvier 2016.

Fin 2015, les autorités australiennes avaient autorisé une forte augmentation des tarifs postaux, qui avaient été compensées par le dédoublement du service lettre : un service ordinaire passant de 0,70 AUD à un AUD, et à l'aide d'une étiquette sans valeur faciale (vendue cinquante cents), un service prioritaire raccourcissant le trajet postal (théoriquement) garanti.

Le respect des engagements de vitesse à partir de cette fin avril va faire grincer des dents...

Cette garantie repose sur le rabattement du courrier posté vers les grandes plate-formes de tri installées dans les métropoles de chaque État. Un forme de zonage existe donc : une lettre circulant dans une métropole sera délivrée plus vite qu'une devant circuler entre le reste de l'État et le centre de tri. Plus l'avion et une nouvelle étape de tri s'il faut la diriger vers un des autres États de la fédération.
Hop, hop, hop... (scan de GlobalAdministrator sur StampBoards).
Donc, cinq jours pour une lettre circulant dans un seul État... À quoi s'attendre pour le courrier national au sens continental du terme ?

Pour ceux qui préfèrent collectionner des timbres plutôt que se demander comment fonctionnent les postes de nos jours, rappelons que le tarif du janvier 2016 avait provoqué une émission locale d'urgence, pas autorisée, au Bureau principal (GPO) d'Adelaide (à retrouver sur ce blog avec le libellé Adelaide et en version originale au vif de l'actualité d'alors sur StampBoards.com)...

dimanche 13 mai 2018

La « philatélie frugale », une nouvelle génération d'exposition ?

Comment convaincre des collectionneurs et philatélistes à exposer ?

Innover avec ce qui existe déjà
Dans l'éditorial de La Philatélie française daté mai-juin 2018, Bernard Jimenez rappelle les innovations que plusieurs fédérations apportent aux règlements de leurs compétitions pour attirer plus de participants aux niveaux départementaux et régionaux.

Avant de généraliser ces innovations aux échelles continentales et mondiales.

En France, la Fédération française des associations philatéliques a encouragé l'ouverture des collections exposées vers tout ce que nous collectionnons, nous les « collectionneurs de collections » (copyright : ma maman, joyeuse fête des mères anglo-saxonne) : classe ouverte avec les étiquettes marchandes, les tickets de transport, les pin's, médailles et monnaies, etc., l'errinophilie au-delà des timbres fiscaux et socio-postaux, et, dernièrement, la thématique à partir des oblitérations commémoratives.

Pour la première et cette dernière, ce sont bien des collections et des souvenirs dénigrés dans les travées de Paris-Philex 2016 et les réunions d'associations philatéliques, mais que débutants, collectionneurs passionnés et philatélistes amateurs achètent, possèdent, se font même offrir par les institutions philatéliques pour les attirer au loisirs.

Mais que les marchands et philatélistes exigeants ne veulent pas considérer. À juste titre ou pas... le débat est à ouvrir selon quelles règles compétitives, commerciales, lexicales ou postohistoriques les intervenants jouent : voir l'échange sur les Mariannes des salons sur le blog Les News du phospho.


Encore un stampede à Adelaide ?
Jimenez annonce qu'il évoquera au congrès de la FFAP le samedi neuf juin prochain, une initiative océanienne visant à abattre un autre biais de la philatélie de Première Ligue : il faudrait être riche pour obtenir une médaille d'or et un grand prix en exposition internationale.

D'une ligne, il lance le nom de la nouvelle « philatélie frugale ».

...

Non, Monsieur Jimenez ! Je suis de la génération du streaming et du binge watching (avec achat des dvd pour les meilleures séries télévisées), donc non, votre stratégie du cliffhanger ne passera pas par moi ! Je n'attendrai pas la publication de la captation du congrès pour enquêter sur cette nouvelle bestiole exposante, dont la piqûre pourrait transformer le petit collectionneur que je suis en Spider-Man de la compétition. Où est mon Baygon vert ?

Après recherche sur la Toile, la frugal philately en anglais semble être apparue en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Les règles expérimentales de la nouvelle classe (site de l'Australian Philatelic Federation, février 2016).

Ainsi, un document de février 2016 (attention : fichier pdf) de la fédération australienne présente le principe et les règles souplement rigides ou rigidement souples de cette nouvelle classe expérimentale.

Afin d'éviter que le collectionneur soit inquiet de l'ampleur du nombre de pièces nécessaires, une collection frugale sera constituée de trois à cinq panneaux. Néanmoins, les critères d'évaluation restent les mêmes : qualité du traitement du sujet, de son importance, des connaissances et recherches mises en œuvre, condition des pièces.

Toutefois, le règlement devient strict, et même très pénalisant sur un point précis.

Les téléspectateurs français des années 1990 se souviennent du critique culinaire Jean-Pierre Coffe et de sa participation dans l'émission du midi La Grande Famille à la grande époque rebelle de Canal Plus : il imposait à un chef ou une célébrité de préparer un bon repas de fin de semaine - j'ai épuisé mon quota de franglais - pour un maximum de deux cents francs.

Et bien, le collectionneur frugal garantit que les pièces de son exposition de qualité ne valent collectivement pas plus de mille dollars australiens, au risque de nombreux points de pénalité !!!


Quelques traces pour une future épistémologie de la frugalité
En continuant avec les autres résultats de Google, le règlement de la fédération néo-zélandaise précise le rôle des juges pour apprécier la chute de points... Je pressens les débats valeurs/cotes que cette classe pourrait ouvrir entre collectionneurs et juges d'abord, puis entre collectionneurs, marchands et catalogues de cotations : « Comment ça mon Vermillon dépasse le quota ! Mais regardez ! Achetez dix euros chez mon cousin Trucmuche ! »

Planqué sur le site d'une université portugaise, la copie pdf d'un article du vice-président de l'Australian Philatelic Federation, John MacDonnell, apparemment pour une revue philatélique portugaise, conte les débuts de la philatélie sociale et de la philatélie frugale. La seconde est initiée à l'exposition de Canberra de 1996. Les juges notaient selon le barème de la classe habituelle, puis la valeur était estimée par des marchands. Nouveau débat : les négociants doivent-ils se mêler de l'exposition ? Les choisis seront-ils parmi les sur- ou les sous-évaluateurs ?

MacDonnell explique que les premiers intéressés furent les historiens postaux de la mécanisation du courrier, sans dire dans cet article-là pour quelles raisons. Valeurs faibles à cause du faible développement des catalogues sur ces questions ? Difficulté à atteindre le nombre de pages règlementaires des classes traditionnelles ?


Et de la diffusion de la philatélie frugale au-delà de l'Australasie ?

À coup sûr la France très prochainement à cause de/grâce à Bernard Jimenez - choisissez votre locution selon votre avis lors de la première expérimentation nationale. Mais déjà, en 2010, Stamps of India, une exposition nationale indienne proposait cette classe avec un maximum de deux mille roupies par panneau, le jury estimant la valeur marchande avant l'exposition.

Cette collection encouragera-t-elle davantage de collectionneurs à conserver leurs factures et à de nombreux marchands à en établir d'ailleurs ?

À suivre...

Complément du vendredi treize juin 2017
... ou pas.