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mercredi 15 octobre 2025

Classe ouverte exposée sur réfrigérateur

 Suite à un post sur le réseau social Bluesky d'un cartographe sur ses magnets quasi-sculptures de destinations de voyage, ce mercredi quinze octobre 2025, voici la porte de mon réfrigérateur, le deuxième à voir se superposer souvenirs de mes voyages en France et à l'étranger.

Le réfrigérateur du blogueur (tous droits réservés).

Cartes postales marquantes : reproduction de dessins des amoureux de Peynet trouvés au musée d'Antibes, photographies ou montage artistique de paysages de la descente vers le Vieux Port de Marseille aux monuments de Liverpool et Chester, et le pic Saint-Loup au nord de Montpellier.

Les magnets permettent de faire tenir le tout, avec l'aide de ceux offerts par Médecins sans frontières et de représentations amusées de deux membres du groupe ukrainien Kalush Orchestra, et certains ont été présentés sur ce blog : armoiries de Cologne et Liverpool, singe de Gibraltar postant une lettre, carte touristique de Jeju, reproduction de sceaux anciens de Montpellier ou d'une tuile d'avant-toit du royaume coréen de Silla (par ici aussi), datée du septième siècle avant Jésus Christ.

D'autres ornent les montants de porte de la chambre à coucher, en signe de bons augures pour la journée - non, je ne vérifie pas de quel pied je me lève : 

Le palier du jour du blogueur (tous droits réservés).

Paysages des saisons fraîches depuis la forêt au pied de la tour nord de Séoul, la Vue de village de Frédéric Bazille, le message patriote britannique "Keep Calm and Carry On", et un très beau magnet métallique à l'oiseau emblématique de Liverpool, le Liver bird.


Oui, la plupart ne pourront pas se placer sous les lourdes vitres des traditionnels panneaux d'exposition philatéliques.... d'où leur exposition sur meubles et infrastructures métalliques du domicile.

jeudi 14 août 2025

Archives, recherches et rédaction dans The London Philatelist été 2025

 Dans le numéro juillet-août 2025 de The London Philatelist et ses compléments sponsorisés, les membres de la Société philatélique royale de Londres (RPSL), l'Association internationale des journalistes philatéliques (AIJP) et deux grandes maisons de commerce proposent abondance de conseils et de ressources passés et à venir sur le rôle des archives, de la recherche et de la rédaction en philatélie.


Ce qui a attiré d'abord mon regard a été le fascicule édité par l'AIJP et la maison aux enchères allemande Heinrich Köller pour annoncer un Sommet sur la littérature philatélique suivi de la vente de « La Bibliothèque "PARIS" », les treize et quatorze novembre 2015 pour le premier, le quinze pour la seconde ; le tout à Wiesbaden, en Hesse.

Le Suédois Tomas Bjäringer cède son immense bibliothèque philatélique aux enchères, dont une partie est photographiée au siège de la maison d'enchères, rangée comme au départ dans ses étagères d'origine.

Le catalogue est téléchargeable en pdf sur le site de vente, sous le nom donc The "PARIS" Library (sa seconde ville de résidence), et numéro 387, ISBN 978-3-911997-32-4.

Plus de mille deux cents ouvrages des origines de la timbromanie aux ouvrages récents de référence aux tirages limités ; présentés pour certains comme rares et/ou reliés luxueusement, de provenance à faire frémir les fans d'autographes ; ou, plus utile à mon avis, annotés par l'auteur, le marchand aux enchères, ou un de ses propriétaires.

Attention aux spécialistes de la Suède, la partie de la bibliothèque de Tomas Bjäringer sur son pays sera proposée le trente novembre par GÖTA Frimärken, à Göteborg, même si la liste des lots suédois est reproduite dans le même fichier pdf.

Le catalogue comprend plusieurs pages sur l'œuvre philatélique de Bjäringer, principalement ses réalisations en écriture philatélique, sa participation à l'organisation de grands moments bibliophiles tels une partie de sa collection lors de Stockholmia 2019 pour les cent cinquante ans de la RPSL ; ainsi qu'une sorte de « généalogie » philatélique, à la fois familiale et de ses mentors.

Avant la liste des lors, Bjäringer présente les dix livres qu'il emporterait sur une île déserte et une page présente celle à qui il confie la reliure de ses ouvrages depuis deux décennies : Annika Baudry de ateljé b, une Suédoise, diplômée et installée à Paris.

Vue l'inflation des tarifs postaux, notamment pour les colis express avec assurance, Henrich Köller offre deux pour cent de ristourne sur les frais du vendeur (buyer's premium) aux acquéreurs qui viendront retirer leurs lots le lendemain, dimanche quinze novembre.


Pour ces objets spécifiques que sont les livres philatéliques, à la fois fruits de la recherche, outils de travail des chercheurs suivants, et objets de collection, l'AIJP organise un sommet sur la littérature philatéliques, toujours à Wiesbaden, les deux jours précédents cette vente.

Certes, avec un hôtel partenaire, on pressent que cela aidera à attirer des acheteurs à de petites vacances philatéliques en Allemagne, mais le titre des exposés et discussions montre le développement des questionnements.

Venus d'Allemagne, du Royaume-Uni et de Suède principalement, et quelques autres pays européens, les animateurs s'interrogeront, entre autres le premier jour :

- la littérature philatélique se limite-t-elle aux timbres et donc à la période depuis le six mai 1840 (Chris King) ;

- Karl Louis, connu pour tenir des bases de données philatéliques, d'histoire postale et de littérature, présentera l'intérêt et les limites des catalogues de vente aux enchères comme fondements de « registres philatéliques ». Il sera suivi par James Podger sur comment collectionner lesdits catalogues ;

- L'après-midi du premier jour verra la question des collectionneurs renommés (provenance, valeur de placement, j'imagine) autant que celle de la conservation d'une bibliothèque privée.

Le deuxième jour sera celui des études de cas, entre autres :

- des grandes bibliothèques de référence allemandes : à Wuppertal, Hambourg et celle nommée en mémoire d'Heinrich Köller à Francfort-sur-le-Main ; et celle de la RPSL à Londres ;

- des éditeurs passées (Jean-Baptiste Moens, et un panorama sur la littérature suisse) et actuels avec The Stuart Rossiter Trust.

Pour clore, Claudio Manzati posera une question d'actualité : « Lancer un journal international d'histoire postale de nos jours : une idée folle ou un défi raisonnable ? »


Néanmoins, il faut bien que ses livres aient été rédigées, des recherches menées pour les emplir de connaissances aussi fiables que possible.

Et là, le numéro lui-même du London Philatelist présente le compte-rendu du Crawford Festival qui s'est tenu les vingt-quatre et vingt-cinq juin 2025, au siège de la RPSL, 15 Abchurch Lane, à Londres.

Les archives étaient le thème de ce colloque annuel sur la recherche philatélique, nommé d'après James Lindsay, comte de Crawford (1847-1913), grand bibliophile et sûrement un des premiers à acquérir et mettre en valeur les épreuves et essais qui participent de la genèse des timbres-poste.

La première présentation par le Français Maurice Hadida et le Gibraltarien Richard Garcia a montré comment leur ouvrage sur les postes locales et chérifiennes du Maroc a précisé, corrigé, voire découvert des connaissances en partant des archives diplomatiques de Gibraltar, Espagne, France, Royaume-Uni et Allemagne.

Un labeur de quelques décennies, dans des archives non postales a priori, mais qui contiennent des informations indispensables pour comprendre des services tenus par des étrangers, parfois sur des périodes très courtes... à peine le temps pour la presse philatélique de l'époque de les découvrir.

Cette réflexion est commune avec le troisième intervenant, Richard Scott Morel, conservateur des Collections philatéliques de la British Library, quand il présente des objets des collections nationales du Royaume-Uni : diplôme d'un grand scientifique portant un timbre fiscal de quarante shillings (cher !), une lettre supposée écrite par Jack l'éventreur,...

Des items parfaitement identifiés, catalogués pour leur importance historique, mais pas philatélique ou postale. Le conservateur d'insister sur l'importance des méta-données : cette formalisation des archivistes et documentalistes pour décrire et indexer au départ de la conservation... au risque sinon que les chercheurs suivants ne puissent redécouvrir faute de pouvoir rechercher dans le catalogue général, aussi informatisé soit-il.

Notamment pour des domaines spécialisés, que je dirais « de niche », pour lesquels la connaissance ou prise de consciences des professionnels peut manquer, vu l'immense champ des possibles face aux archivistes (et aux documentalistes dans les bibliothèques).


Justement, la numérisation d'archives a été l'objet de deux exposés, les deux pour mettre à disposition plus aisément au public potentiel, mais le but de la conservation n'est pas la même.

Éviter d'user les archives, pouvoir indexer leur contenu pour faciliter des recherches et la consultation immédiate chez soi sur un ordinateur, a été le but et les étapes du travail mené par la RPSL et des membres volontaires pour les archives de production de timbres-poste de l'imprimeur Perkins-Bacon en possession de la Société. Le processus de numérisation depuis la manutention des registres jusqu'à la livraison des fichiers a été expliqué par deux responsables de Max Communications, l'entreprise spécialisée au Royal Warrant, qui a réalisé cette tâche.

Cependant, David Beech, ancien président de la RPSL et prédécesseur de Morel à la British Library, rappelle comment Alan Druce et lui ont développé les connaissances sur cette imprimerie quant il s'est révélé que, difficiles à trouver et consulter, des archives se trouvaient également à la British Library et aux Archives nationales... alors que les chercheurs n'allaient que vers celles possédées par la RPSL, les seules dont le public avait le plus facilement connaissance grâce à l'achat et à la numérisation par l'association.

D'un autre point de vue, comment conserver les collections d'exposition compétitives qui sont, par nature, temporaires puisque le collectionneur crée un bilan de recherche philatélique, thématique, classe-ouvertiste sur un sujet donné à partir d'objets collectionnés... avant de les sortir de cet ensemble pour en revendre une partie, constituer une autre approche, remplacer par mieux, passer à tout autre chose, etc.

C'est pourquoi l'actuel président de The Museum of Philately, Simon Martin-Redman, a expliqué l'initiative de David Feldman, fondateur de la maison d'enchères éponyme, et Marcus Orsi de conserver sous forme numérisée les collections ayant obtenu une médaille Grand Or dans une exposition internationale. Devenue une entreprise non-profitable, le musée virtuel utilise ses bénéfices pour développer la philatélie dans le monde.

L'avantage du colloque-séminaire est que le public présent semble avoir répondu de manière critique au Museum of Philately. L'intérêt est vu immédiatement pour retrouver des connaissances et des objets à l'avenir ; assurer la provenance et l'histoire des propriétaires d'un objet ; la simplicité de consultation.

Néanmoins, la question de l'indexation est revenue, ce dont le président a conscience : actuellement, l'organisation vise la facilité d'accès, pas encore les méta-données de chaque item inclus dans les collections...

Personnellement, pour revenir au Sommet sur la littérature philatélique de novembre prochain, j'espère que les intervenants présents à Londres en juin s'interrogeront alors sur comment indexer les lots de chaque catalogue de vente aux enchères... Tout indexer, quels lots ? Et, questions posées au festival : la reconnaissance automatique de caractères et des logiciels d'indexation de mots sont-ils déjà efficaces ? Les deux participants de Max Communications n'écartent pas ces outils, mais signalent la constante nécessité d'une vérification humaine du travail réalisé par la machine. 


C'est ainsi que, lors de la quatrième et dernière demi-journée, Chris King seul, puis en discussion avec un panel, a insisté sur l'importance d'aller aux archives, aux sources primaires pour construire la connaissance philatélique et d'histoire postale.

Les auteurs reprenant pour argent comptant les écrits antérieurs sans vérification, mais King déplore également la difficulté à accéder aux archives principales, non numérisées ou nécessitant de trop coûteux voyages. En plus du problème de l'indexation et des méta-données.

Et là, je ne peux conseiller à ceux qui sont intéressés par ses questions à s'abonner à la revue de l'American Philatelic Research Library, qui est partie de l'American Philatelic Society, mais dont la cotisation-abonnement est dissociée : nul besoin de prendre les deux.

En effet, ce sont des enjeux permanents en archives et même en bibliothèque-documentation que le panel a évoque comme l'APRL : indexation ; durabilité des moyens de stockage numérique (autant matériels que logiciels) ; et puisqu'un représentant des archives postales britanniques était présent pour signaler ce qui pouvait intéresser les philatélistes, la nécessité d'identifier les acteurs-clés des archives sur un temps long : propriétaire [idée personnelle : le dépositaire le reste-t-il ?], conservateur, financeur [voir premiers crochets ; autres financements pérennes ?],...

Évidemment que les philatélistes, qui ont acheté des essais et tirages particuliers d'imprimeries philatéliques privées ayant liquidé leurs archives, sont heureux... Les chercheurs moins.


Pour illustrer tout cela, des articles de philatélie sociale sur les civils pendant la Seconde Guerre mondiale sont proposés dans ce numéro. Les auteurs ayant le souci de retrouver les correspondants et le contexte de leurs échanges.

Et un article de John Stimson sur l'achat grâce à deux mécènes (dont Patrick Maselis) et le dévoilement par la RPSL d'une des trois copies historiques du portrait de la Reine Victoria par Alfred Edward Chalon, dont l'original est passé de la Famille royale britannique à celle de Belgique, et est connue des philatélistes de l'Empire colonial britannique, de l'Océanie au Canada, en passant par les Indes occidentales.

L'avantage des archives et des recherches bien documentées permet ainsi à l'auteur d'expliquer comment le « Chalon portugais » est dit « portugais » et quel parcours l'a mené jusqu'à Londres.


Enfin, le deuxième cahier publicitaire est véritablement un périodique de connaissances en lui-même : le dixième numéro de The Corinphila Gazette daté août 2025, publié par la maison d'enchères allemande Corinphila.

Certes, un journal par une entreprise marchande est bien pour attirer des collectionneurs souhaitant vendre leurs biens les plus précieux, et signaler le contenu des prochaines ventes.

Néanmoins, l'activité d'édition de collections médaillées internationales en coopération avec Heinrich Köller, la série Édition d'Or ; les principales dates des cent années de la CORportation INternationale de PHIlatélie ; et les annonces de nouveaux livres spécialisés ; complètent la presse philatélique grand public.


Au final, comment conserver un linéaire de livres, catalogues, journaux, « presse publicitaire », timbres en albums et classeurs, dont plusieurs adaptés aux enveloppes, voire morceaux de colis,...

Sans parler du temps de loisir nécessaire...

Je comprend mieux pourquoi se spécialiser.


Merci à toutes les personnes, institutions et entreprises mentionnées pour cette lecture estivale qui sert de piqûre de rappel à tous, même à moi (mes articles sur la Corée doivent être bourrés d'erreurs ou de manques de recherche ; que mes libellés ne doivent pas permettre de retrouver facilement des informations ; etc :(

mercredi 13 août 2025

La mémoire des vétérans des Nations unies au Mémorial de la Paix de Busan (3 sur 3)

 Les deux premiers articles (1, 2) sur la galerie honorant les vétérans de l'expédition des Nations unies en Corée, au Mémorial de la paix des Nations unies, à Busan, ont porté sur les objets rappelant les militaires combattants. Voici les militaires et volontaires soignants.

Cependant, l'évocation de l'empereur éthiopien a conclu sur un étonnement lié au grand ordre de Mugunghwa, décoration créée en République de Corée pour son chef d'État et être remise aux chefs d'États alliés et amis : le premier étranger qui l'a reçu n'est pas de ceux qu'on pourrait imaginer.

Photographies ou extraits de films d'actualité : des infirmières allemandes en Corée du Sud (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Or, des seize pays de l'expédition autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies pour sauver le sud de la Corée de l'invasion du nord, c'est le président de la République fédérale allemande, Heinrich Lübke, lors d'une visite du pays en 1967 (ici, un film d'actualité de British Pathé à Busan). L'ingénieur en bâtiment a été victime du régime nazi, a travaillé pour entreprise de construction qui eut des contrats avec l'État et Albert Speer ; il devient président fédéral, rôle honorifique pour ne pas faire d'ombre au véritable chef : le chancelier Konrad Adenauer.

Certificat de remerciement remis par un directeur d'hôpital à un soignant allemand (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Est-ce le souci de l'Allemagne fédérale de montrer rapidement une meilleure image du pays et ses habitants après le Troisième Reich et son alliance avec le Japon impérialiste ?

Adenauer décide cet envoi après sa rencontre avec le président des États-Unis. Les deux cents soignants et matériels arrivent à Busan en mai 1954 pour cinq ans afin d'aider la population de retour en paix.

L'Allemagne de l'Ouest a donc envoyé en Corée, comme d'autres pays neutres ou militairement insignifiants comparés aux forces des États-Unis, du personnel militaire ou civil de soignants avec des équipements de santé.

Cependant, le passé allemand a retardé cette décision quant d'autres pays anciennement belligérants de la dernière guerre mondiale (Inde, Italie notamment) et neutres ont pu intervenir dès 1950.

Uniforme d'infirmière volontaire suédoise lors de l'expédition de Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Ainsi, la Suède, État neutre, a participé par l'envoi de matériels et fournitures pour les hôpitaux de la Croix-Rouge en Corée. Parmi les six cents volontaires, cent soixante-dix femmes et hommes sont arrivent sous la direction du Colonel Carl-Erik Goth, le vingt-cinq septembre 1950 à Busan.

Une infirmière de la Croix-Rouge suédoise en couverture du numéro de Life, du vingt-cinq septembre 1950 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024). 

Dans la vitrine dédiée à ses volontaires suédois, envoyés dès le début du conflit, l'uniforme gris foncé est modeste avec ses épinglettes de la Croix-Rouge comme seul distraction visuelle.

Un collectionneur privé trouvera que la presse d'époque montrant un visage souriant et des civils en aide à la population civile coréenne, dont les colonnes de réfugiés fuyant les combats, varient de l'horreur ou du manque de documentation accessible sur les âpres combats.

Courrier d'un membre de la Croix-Rouge suédoise ayant passé par la poste militaire (états-unienne ?) (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

L'historien postale analysera les enveloppes laissés par les membres de l'Hôpital de campagne de la Croix-Rouge suédoise - le nom officiel de l'opération - ayant son adresse auprès de la poste militaires(sûrement des États-Unis ? APO503) au port japonaise de Yohohama.

Le Mémorial de Busan propose une enveloppe de courrier aérien, de Corée à la Suède via Yokohama, et affranchit par des timbres des États-Unis et un timbre coréen. Un double affranchissement nécessaire ? Ou petit souvenir coréen pour la destinatrice, peut-être l'épouse, les deux personnes portant le même nom de famille.

Timbre du Danemark de 1951 représentant le MS Jutlandia, alors en Corée, avec surcharge en faveur de la Croix-Rouge (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Le Danemark a marqué les esprits par l'envoi du bateau marchand MS Jutlandia, réaménagé en un navire-hôpital et son personnel médical de quarante-deux volontaires sélectionnés parmi des milliers de candidatures.

Photographies de personnel de la Croix-Rouge danoise et d'enfants coréens soignés de leurs graves blessures (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Ici, par contre, la vitrine évoque les conséquences de la guerre par le texte introductif et deux photographies. Les volontaires danois ont été choisis pour pouvoir tenir le choc de soigner et s'occuper de toutes les blessures et souffrances vécues par les civils coréens pendant la guerre, tels la nécessité d'amputer des enfants.

Comme les histoires de Coréens adoptés par des familles des États-Unis reviennent, avec bonheur ou malheur, dans les médias d'information et œuvres culturelles sud-coréennes, cette vitrine initie peut-être une réflexion sur pourquoi la Corée du Sud a été un point de recherche d'orphelins à adopter...

... avec les risques d'abus que le pays a connu jusqu'à tardivement au vingtième siècle.


Évidemment que mes recensions d'objets présents dans ces vitrines d'un musée sont fort incomplètes, n'ayant pas beaucoup approfondi mes recherches. Mais, les pistes sont là.


Post scriptum : des forces coloniales.

Photographie légendée « Vétérans néerlandais  » en Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Les militaires et volontaires civils des seize pays, de manière officielle (uniformes, médailles), personnelles (courrier) ; le rappel de leurs actions ; les femmes, les enfants évoqués,...

Une photographie rappelle qu'il y avait encore des empires coloniaux après la Seconde Guerre mondiale, même si l'Inde était indépendante depuis 1947 et l'Éthiopie jamais conquise jusqu'à l'agression mussolinienne.

Deux vétérans néerlandais en Corée paraissent originaires d'une des colonies des Pays-Bas, enfin celles qu'il a encore alors, car l'année précédant la guerre de Corée, ils ont dû reconnaître celle de l'Indonésie après quatre ans de conflits armés.

Surinam ? Antilles néerlandaises ?

Les concepteurs de cette galerie ont donc vu des coins et recoins de recherche pour tous les pays et populations ayant participé volontairement (les seize) ou indirectement (les anciennes colonies) à l'intervention en Corée.

mardi 19 octobre 2021

Des graveurs et artistes du timbre en cet automne 2021

 Depuis quelques années, les magazines philatéliques britanniques consacrent de plus en plus d'articles sur les graveurs de timbres-poste et le centenaire de la naissance de Czesław Słania, ce vendredi vingt-deux octobre, va accroître cet intérêt.

L'annonce du numéro de Stamp Collector daté décembre 2021, en kiosque le douze novembre au Royaume-Uni, avec le timbre suédois du centenaire de Czesław Słania.

Ainsi, Stamp Collector annonce pour le numéro daté décembre 2021 un article sur l'anniversaire du graveur polonais installé en Suède à partir des années 1950, et dont la finesse de la gravure a chargé de nombreuses administrations postales et de collectionneurs.

Pour les amateurs, Adrian Keppel propose une double page mensuelle sur un graveur dans Stamp Magazine : Lars Sjööblom dans le numéro daté octobre, Alfred Downey dans celui de novembre.

Et cela permet d'inciter à retrouver aussi les autres artistes du timbre. Le Stamp Collector de novembre propose de découvrir la philatélie tunisienne avec Ed Fletcher par deux biais : une histoire des premiers timbres jusqu'à l'indépendance, puis par les illustrations et le texte, les premiers timbres de la Tunisie indépendante d'un artiste en particulier : Hatem el Mekki.


De l'autre côté de la Manche, le Musée de La Poste, à Paris, poursuit jusqu'au premier décembre prochain son exposition À la pointe de l'art. L'exposition, que j'ai visitée en juillet, comprend trois axes majeurs sur place : des centaines d'œuvres d'arts variés de neuf artistes, depuis les graveurs professionnels jusqu'aux artistes touche-à-touche ; les œuvres des graveurs employés par le service philatélique français ; et une genèse en timbres et vidéo du Coq de Decaris pour mettre tout cela en action.

Est-ce la contrainte du covid et des restrictions liées alliée aux expérimentations philatéliques de par le monde ? Le Musée propose également de revoir des conférences diffusées sur internet et des courtes séquences vidéo aux futurs visiteurs ou à ceux empêchés de se rendre à Paris. Cela permet d'étendre aux études philatéliques et artistiques, ainsi qu'aux arts littéraires, de participer de cette célébration du timbre-poste.

Pour en savoir plus sur la démarche de cette exposition, on peur se tourner vers l'entretien avec Monika Nowacka, responsable du département des collections philatéliques du Musée de La Poste, paru dans Atout timbres du quinze octobre.


Compléments du lundi vingt-cinq octobre 2021 :

À l'occasion de ce centenaire, Adrian Keppel a annoncé, vendredi dernier, qu'il interrompt l'écriture de son blog Stamp Engravers.

En effet, il estime que même si des graveurs participent encore à la genèse des projets, les timbres en taille-douce actuels sont, finalement, créés par ordinateur. C'est un des débats sur cette forme de création et d'impression : faut-il que la main humaine - de l'artiste comme des artisans/ouvriers imprimeurs - soit présente à toutes les étapes ou est-il acceptable que l'ordinateur prenne le relais à l'imprimerie ?

À son avis, seules certaines épreuves correspondent à sa recherche... ce qui correspond aux œuvres proposées à ses membres par l'association Art du timbre gravé.

Le blog reste en ligne, mêlant articles d'actualité, découverte de graveurs et une base de données de graveurs de timbres du monde entier.

samedi 21 août 2021

Permanente malgré l'uchronie : la boîte aux lettres française

 Vingt ans après la libération des États-Unis de l'occupation nazie, la résistance parisienne en 1980 est l'objet du jeu vidéo Wolfenstein: Youngblood créé par deux studios (un suédois et un français) publié par une entreprise états-unienne en 2019.

Attention : jeu destiné aux adultes dans l'évaluation PEGI.

Wolfenstein est une série de jeux vidéo dans lequel, depuis 1981, le joueur doit violemment tuer des soldats nazis pour fuir un château-prison ou encourager la résistance à l'occupant totalitaire. Jeu de tir à la première personne (FPS), plusieurs de ses itérations récentes ont donc un scénario uchronique : grâce au développement d'une recherche militaire tournée vers les nouvelles technologies (laser, robotique, cybernétique, etc.), les studios imaginent que l'Allemagne nazie a conquis et occupé l'Europe et même l'Amérique du Nord pour plusieurs décennies.

Au milieu du décor du Paris mêlant immeubles haussmanniens et éléments français (barrières, vélo, voitures des années 1970, petits restaurants,...), une boîte aux lettres très années 2000 (copie d'écran).

Suite aux aventures du héros initial, ce sont ses deux filles qui prennent le relai dans Youngblood : leur père a disparu dans Paris martyrisé et le gouvernement des États-Unis paraît peu enclin à aller l'y secourir. Protégées par leur armure de combat et des armes allemandes récupérées sur les cadavres, elles vont parcourir la capitale française découpée en quartiers-bunkers, séparés les uns des autres par des murs fortifiés : les membres de la Gestapo peuvent ainsi profiter de la quiétude du Petit-Berlin à l'ouest, tandis que les Parisiens, suite à une insurrection, se retrouvent petit à petit concentrés dans des ghettos... vidés au moment où se déroule le jeu.

Par rapport au jeu The New Colossus de 2017, établi dans les années 1960, le courrier postal est moins mis en avant, des notes et des enregistrements laissés ici et là par des agents et soldats allemands apportent les pointes d'ironie ou de tragédie sur la vie quotidienne dans un régime totalitaire apparemment durablement installé.

Certes, une enveloppe timbrée en rouge fait partie de l'image de la partie Collections du menu, mais le joueur est plutôt invité à retrouver dans les décors des collectibles digne des années 1970-1980 : cassettes audio - avec parfois paroles de chansons allemandes, états-uniennes et françaises - et disquettes trois pouces et demi, ainsi que des lunettes 3D avec films plastiques bleu et rouge.

Boîte aux lettres dans les décors parisiens de Wolfenstein: Youngblood (copie d'écran).

Les décors parisiens montrent la difficulté des programmeurs à allier l'histoire ayant évolué différemment et le monde tel qu'il a été. Si on peut concevoir que Paris du 1980 uchronique est resté le Paris de 1940 (haussmannien, restaurants, croissants,...) complété des constructions sécuritaires nazies et de la conséquence de leur politique oppressive, la boîte aux lettres de rue fait vraiment tache.

Ce jaune fait que ces boîtes ressortent grandement d'un décor allant du pierre et rouge commercial des beaux quartiers aux pierre et gris des ghettos. Le modèle est reconnaissable : les boîtes que La Poste française emploie depuis les années 2000, avec le logo modifié. Si c'est l'oiseau postal, il a connu une évolution sacrément technologico-militariste : j'y vois un bombardier survolant une ville-cible dans le contexte du jeu.

Du côté des auteurs et de leur analyse d'un Paris sous occupation pendant quatre décennies, on retrouve une idée revenant dans plusieurs œuvres uchroniques : avec le Führer vieillissant ou mort, comment les différents organes du régime nazi se seraient-ils disputé le pouvoir ? Ici, face aux insurrections parisiennes, c'est la Gestapo qui a pris le contrôle de la ville avec son système de persécutions, de rafles et de tortures.

Le jeu est fait pour être joué en duo en ligne, mais peut se jouer seul en partenariat avec une intelligence artificielle pour le second personnage. Il a reçu des notes moyennes en comparaison des épisodes majeurs de 2014 et 2017, même si les testeurs constatent l'imagination de la mise en scène terrifiante d'un monde dominé par le nazisme.

Allant à toucher l'actualité de notre époque, le courrier d'un écrivain amateur évoque l'impossibilité pour un éditeur qu'un Trump puisse devenir le chef du Reich et que des catastrophes météorologiques à répétition en dehors du Reich semblent sous-entendre un nouveau problème dû aux activités humaines...

mercredi 1 juillet 2020

La Reine Elisabeth II sur timbres de Hong Kong

Un affranchissement composite sur cette lettre oblitérée le vingt-six septembre 1975, envoyée par une entreprise de Hong Kong à une entreprise en Suède.


La nouvelle série d'usage courant au profil monétaire est émise en juin 1973, il n'est pas étonnant que l'expéditeur puisse avoir eu encore des timbres reprenant le portrait réalisé par l'Italien Pietro Annigoni, en usage depuis 1962.

Surtout pour une valeur « ronde » comme cinquante cents.


Par contre, le « timbre » de droite... extrait d'un entier découpé et recollé ? Le papier est rêche au toucher et bleu clair : probablement découpé d'un aérogramme.

Apparemment, la poste de Hong Kong n'y voyait pas d'inconvénient puisqu'elle n'a pas taxé le pli.

Quand aux entreprises, sait-on jamais ce qu'on peut en apprendre.

Turnils AB d'Alingsas existe toujours : elle fournit des stores et des rideaux épais en tissus, bois ou métal. 

Pas de Dragon Furnishers Ltd aisément trouvable à Hong Kong avec le moteur de recherches Google. Avec sa version cartographique Maps, si l'on accepte une orthographe phonétique différente, l'adresse - 69 Wong Nai Chung Road - se situerait sur les premières hauteurs de la partie urbanisée de l'île de Hong Kong. Depuis 1975, des gratte-ciels d'habitations ont grimpé à chaque étage de la montée depuis le voisinage de l'hippodrome jusqu'au stade de football, reconstruit à partir de celui de 1953.

Cette entreprise fabriquait-elle de la matière première pour les stores ? Des pièces détachées de machines-outils ? Servait-elle plutôt d'intermédiaire pour l'exportation de productions locales ?

Une enveloppe, témoin discret des étapes de la mondialisation. Aujourd'hui, il faudrait imprimer des mails.

jeudi 23 avril 2020

Yoku, le bousier facteur, qui va sauver le monde !

Petite trouvaille pour décompresser et occuper quelques heures de confinement, le jeu vidéo Yoku's Island Express met en scène un bousier, coléoptère de naissance et facteur de profession, alors qu'il arrive sur l'île de Mokumana pour remplacer le ptérodactyle... inquiet des derniers événements.
L'écran-titre, après les premières étapes du jeu (celle de la démo) : mignon, choupi, kawaii ! (capture d'écran)
En effet, cette île, peuplée d'une faune étendue, est protégée par des divinités assassinées, une à une, par un déicide qui s'empare de leur force par une blessure en forme de hashtag...
La passation de service sur la plage, au début du jeu, notre héros se tenant fièrement sur sa pelote de bouse (capture d'écran).
Hmmm... Un postier envoyé sauver le monde menacé par un #...

Quand on dit aux vieux cons-plétistes d'arrêter de croire que les jeunes sont tarés à cause des écrans : la génération numérique - développeurs de jeux vidéo ici - revient au courrier et au timbre, même indirectement.

Et c'est parti pour explorer l'île et en retrouver les principaux protecteurs : c'est un jeu d'aventure.

En sautant de plate-formes en balancements à bout de plantes carnivores : c'est un jeu de plate-formes.

Et en se servant de la bouse comme d'une balle de flipper...

... hein ?! ...
Un des flippers du jeu : une façon animée et défoulante de progresser (capture d'écran).
Oui, oui : reliés ensemble par une corde, le coléoptère est balancé dans tous les sens dans des mini-flippers pour ouvrir des passages vers les personnages qu'il doit retrouver.

C'est donc un jeu de flipper : les vieux, on vous a dit que les jeunes ont de la culture... de bistro.
Le facteur accomplit sa mission : une des trente boîtes est en cours de remplissage (copie d'écran).
Avant qu'ils ne sortent la carte bancaire (ou le compte Paypal pour les modernes), prévenons les postiers, philatélistes et autres passionnés de la chose postale : secondaire est la part du jeu consacrée à déposer du courrier dans les boîtes aux lettres et livrer des colis.

La mission principale reste la recherche des trois chefs de tribu et l'anéantissement du déicide, mais pour atteindre les 100%, plusieurs missions secondaires sont à accomplir :

oui, les vieux collectionneurs de timbres qui râlaient en permanence contre la jeunesse non philatéliste qui ne s'intéressent pas aux timbres des années 1950 à 1990 : elle peut être aussi complétiste que vous !
Attention : le perroquet veille. Il faudra accomplir toutes les missions postales avant de pouvoir porter ce badge (copie d'écran).
Déposer du courrier dans toutes les boîtes de l'île et, en jouant sur le déguisement de la bouse, livrer trois colis à des habitants : vous obtiendrez le badge du postier suprême !

Et, pour les 100% complets : retrouver tous les oisillons perdus, les coffres, etc, etc. De six à douze heures selon vos perspicacité et dextérité.


Le jeu est une création du studio suédois Villa Gorilla, et est disponible sur PC (boutique Steam par exemple) et sur les boutiques en ligne des consoles actuelles (dont la Switch du petit dernier).

Pour mes rappels des complétistes qui râlent contre la jeunesse qui ne collectionnent pas (ou n'achètent pas) leurs timbres (l'adjectif possessif est mon interprétation), c'est juste une réaction épidermique à un texte espagnol qui invite à découvrir une immensément intéressante liste de sites, blogs et forums philatéliques espagnols en critiquant très négativement le recours actuel à internet et aux réseaux sociaux pour collectionner et étudier les timbres et courriers... au lieu d'envisager comment parvenir à la difficile synthèse entre les pratiques de clubs et les pratiques numérisées à l'avantage de tous les collectionneurs.

vendredi 9 août 2019

Stockholmia (7) : une histoire de bibliothèques

Dans les étages du Musée postal de Stockholm, se trouve une bibliothèque philatélique de bois clair et foncé, teinté de rouge orangeoyant ici et là. L'accueil signale bien la destination du lieu :
Timbres sur taies de coussins (je ne sais pas si ça se trouve à la boutique souvenir).
Après l'accueil, deux salles de travail peuvent accueillir les chercheurs, chacune donnant sur des ouvrages.
La première, donnant sur le un sud ensoleillé.

L'autre donne sur les rayonnages de littérature philatélique du monde entier, dont la France.


En dehors des portes ouvertes, organisées pendant Stockholmia, l'ouverture est assez limitée : les mardis et mercredis de midi à seize heures - ils n'ont pas oublié les actifs du centre-ville pouvant se jeter sur ces connaissances pendant le repas. De septembre à avril, la bibliothèque est ouverte jusqu'à dix-neuf heures néanmoins.

Cet excellent outil était, dans l'émotion, concurrencé par la bibliothèque en cours de déménagement de la Royal Philatelic Society London.

Elle ne fut pas amenée jusqu'en Suède, mais la reproduction photographique de la Large Library jouait le rôle de café-point de rencontre qu'était celui de cette salle des revues et périodiques au 41 Devonshire Place.
La Grande Bibliothèque de la Royale reconstituée pendant l'exposition Stockholmia 2019 du cent cinquantenaire de la Société londonienne.
Depuis le milieu du printemps, la bibliothèque de la Royal attend patiemment dans ses cartons la fin des travaux de réaménagement du nouveau siège, 15 Abchurch Lane. Ce qui sera progressivement réalisé à partir de la fin de cet été, d'après les nouvelles.

vendredi 2 août 2019

Tjokholmia (6) : le secret du Président est cristallisé

Le beurre de cacao a cuit ! Le contrebandier du chocolat entre la Belgique et Londres n'est plus Président de la Société philatélique royale de Londres, et donc le secret de sa popularité est évent... s'est cristallisé.

Mais, trêve de mes insipides plaisanteries : le chocolat et le cacao sont des choses sérieuses sur ce blog.
La vraie ? Celle en chocolat ? « Le loisirs des rois » est désormais un surnom véritablement mérité ! (photographie de Dane Garrod pour Stockhlmia 2019)
De l'été 2017 au printemps 2019, Patrick Maselis a été le premier président non britannique de la RPSL, mais aussi un animateur inventif lors des événements sociaux de la Société. 

Outre son humour, il a ainsi laissé nombre de souvenirs philatéliques sous forme de timbres personnalisés et oblitérations privées de Belgique, aux philatélistes exposants au 41 Devonshire Place, aux membres venant assister aux conférences et aux membres recevant par courrier les dernières actualités concernant l'avenir de l'organisation commune.

Surtout, il y a eu la certitude pour les stars des jeudis, que ce soit à 1 pm (les expositions) ou à 5 pm (les conférences), ou aux convives des grands dîners présidentiels, de repartir avec du chocolat artisanal de grande qualité. Depuis Rococo Chocolates à Chester (boutique fermée : se reporter à celles de Londres), je comprend mieux la différence avec les marques industrielles (bio ou pas) des commerces à ma portée.

Et donc, agréable surprise ce vendredi deux août, dans le troisième numéro spécial du London Philatelist consacré à l'exposition Stockholmia 2019 des cent cinquante ans de la RPSL : le secret chocolaté du Président !
Une enseigne à connaître à Bruges.
... Ou plutôt, le chocolatier secret : quatre pages de photographies succulentes des pièces uniques qu'Oliver Van Nueten a réalisé pendant deux ans pour Patrick Maselis. Âgé de vingt ans, l'artisan est Maître Chocolatier de Belgique depuis trois ans et, avec l'aide de sa famille, à la tête de sa propre entreprise depuis deux à Bruges.

Trois timbres ont eu droit à leur reproduction en chocolat : le Penny Black et le type Machin en 2018, et la variété unique, le Tre Skilling jaune pour Stockholmia, qui permet à Maselis de s'amuser de la réaction de Van Nueten face à la photographie : N'a-t-il pas le scan d'un exemplaire en meilleur état ?

Vingt kilogrammes de chocolat moulé et sculpté en surface chacun !

Le Vasa, navire autour duquel s'est déroulé le repas du palmarès de Stockholmia, est montré en pleine reconstitution au chocolat blanc sur noir, avec dessin détaillé à portée du regard de l'artisan.

Au-delà des tablettes épaisses (au marteau la découpe !), le Roi de Suède est reparti, très surpris, avec sa couronne fidèlement reproduit en chocolat (et joyaux en sucre transparent), avec un bonnet saupoudré de cacao rouge : quarante-quatre heures de travail !
L'emblématique porte, stylisée par Maria Gadh, pour l'exposition Stockholmia 2019.

Découverte par les membres présents lors d'une des réunions du printemps, la dernière sculpture en date est également présentée : dans un volume approximativement cubique : le porche d'entrée du 41 Devonshire Place, siège de la RPSL de 1925 jusqu'au trente juin dernier, avec ses deux piliers, sa porte et les vitrages l'entourant.

Je conseille la lecture de ce numéro hors-série aux philatélistes, aux amateurs de chocolat, mais aussi à ceux qui essaient de prolonger le hobby : comment ces gestes non philatéliques d'une part, et la manière d'organiser et de faire vivre l'exposition de Stockholm, permettent de prolonger la collection de timbres et de courrier.

Pour les non-philatélistes, trompés par le mot-clé chocolat : outre ses chocolats plus petits et habituels, Oliver Van Nueten propose de travailler sur commande. Un portfolio moins timbré est visible sur son site.


...

Sinon, j'ai besoin d'un conseil : MM. Maselis et Van Nueten, quand on vit dans le sud de la France avec du 30°C quasi toutes les après-midis en été, comment peut-on éviter la cristallisation du chocolat dans le placard de la cuisine ?

vendredi 26 juillet 2019

Stockholmia (5) : La salle du trésor au Musée postal de Stockholm

Suite de la visite au musée de la poste suédoise, à Stockholm, dans une ambiance toute en bois.

La chambre du trésor est consacrée au premier siècle du timbre-poste. Des textes expliquent son apparition et son évolution en Suède, depuis les causes de la réforme de 1840 au Royaume-Uni. Les vitrines exposent les objets les plus rares possédés par le musée : timbres, lettres, oblitérations.

Une partie consacrée aux émissions de Suède permet d'expliquer les méthodes d'impression, avec les schémas habituels.
Distributeur de timbres au mécanisme apparent au Musée postal, à Stockholm (photographie du vingt-neuf mai 2019).
Sur un côté, le visiteur peut découvrir le mécanisme d'un distributeur de timbres, ses cloisons d'origine ayant été remplacées par des plaques transparentes.
Plus anciens vestiges de la collection de timbres au Musée postal, à Stockholm (photographie du vingt-neuf mai 2019).
Progressivement, l'exposition passe à la collection de timbres. Dans une vitrine, un des premiers albums encore existant, ayant appartenu à Olof Arborelius et qu'il remplit, dans sa jeunesse, vers 1858. Il devint ensuite un célèbre peintre suédois.

Cependant, les vitrines font deux mètres de haut, les textes sont de l'histoire... Comment occuper les enfants qui vous accompagnent. Les abandonner dans la section pour enfants (objet d'un prochain article) ? Tout leur raconter et les porter pour que leur regard soit à la hauteur des objets en hauteur ?
Jouer au collectionneur-trieur au Musée postal, à Stockholm (photographie du vingt-neuf mai 2019).
Pourquoi ne pas leur faire découvrir la grande table au centre de la pièce ?

Une boîte de timbres décollés entourés de casier à feutrines, dont chaque case porte le nom d'un pays (en suédois). Les règles du jeu sont simples.

vendredi 12 juillet 2019

Stockholmia (4) : dîner dans un timbre-poste !

Pour mon séjour à Stockholm, fin mai dernier, mes contraintes alimentaires ont conduit mes recherches des collections et conférences à voir à l'exposition Stockholmia de la Royal Philatelic Society London jusqu'aux restaurants où manger convenablement.

Par son statut touristique, l'île centrale de Gamla Stan propose masse de restaurants, façon quartier Saint-Michel à Paris - ce n'est pas un compliment. Dans la partie basse au sud-est, quelques perles de qualité existent, tel le pub/brasserie Movitz.
Le logotype du restaurant Under Kastajen (site web).
Plus intéressant pour ceux souhaitant une cuisine plus suédoise - ils ont un burger ;) -, Under Kastanjen au sommet de la vieille ville propose un menu succulent et des desserts magnifiques. Le nom du restaurant peut se traduire du suédois : « Sous la châtaigne » ou « Sous le châtaignier », celui qui orne la place Brända Tomten ; ce triangle tire son nom du pâté de maison disparu lors d'un incendie en 1728 et jamais rebâti.

En dînant le vendredi trente-et-un, je profitai de mon apéritif en rêvassant tandis que mon regard philatéliste m'indiquait un problème à résoudre... dans un restaurant ? La fatigue sûrement.

Sauf que...
Même hors d'une exposition philatélique ou d'une boîte aux lettres, le collectionneur de timbres a toujours l'esprit aux aguets (tous droits réservés).
... sur un mur de la salle : un cadre blanc contenant de petits rectangles rappelant des timbres !

En effet, cinq timbres sur deux lignes, surmonté de l'un d'entre eux imprimé en grand format décoratif et représentant la place Brända Tomten, la façade et la terrasse du restaurant Under Kastanjen !
Le carnet autocollant Gamla Stan de 2016.
Ainsi, le quatre mai 2016, la poste suédoise a émis cinq timbres sur le centre historique de Stockholm, l'île de Gamla Stan - la vieille ville en suédois.
Manger dans un timbre, un timbre sur un restaurant.

Le timbre dessiné par J. Windström est très détaillé, ce que la gravure de Martin Mörck confirme. Ainsi, en observant la droite du timbre :
Détail du timbre, avec les signatures.
Outre les touristes (pousette, enfants, sac à dos), l'artiste n'a pas oublié le drapeau du restaurant, ni les éléments sur la façade de l'immeuble voisin.
La rue Kindsugatan, sur la droite du restaurant Under Kastanjen (photographie du trente-et-un mai 2019, sous licence Creative Commons by-nc-sa 4.0).
Plissez encore les yeux sur le haut de la porte :
Au 4 Kindsugatan, à Stockholm, une intéressante inscription pour la petite histoire des habitants de la ville (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/).
En sortant, de mon dîner, sans connaître les détails du timbre - dont j'ai commandé le carnet à un vendeur sur Delcampe et que j'ai reçu hier -, j'ai admiré cette place dont l'histoire et le confort ombrager lui a accordé le droit à un timbre.

Et, j'ai remarqué cette inscription au-dessus de la porte de l'immeuble voisin - dont le cadre général est reproduit sur le timbre. Avec mon allemand scolaire, j'avais compris que l'identité d'un couple marié entouré un message central.

La Wikipédia en anglais, à partir de sources historiennes (auquel peut s'ajouter celle-ci), explique qu'il s'agit de la maison occupée par un marchand de la fin du dix-septième siècle qui devint maire de Stockholm, puis fut anobli. La devise : « Ceux que Dieu aide ne peuvent plus avoir de problèmes » en traduction très littérale et peu poétique.

Par contre, admirez bien ces timbres.

En effet, PostNord, l'entreprise chapeautant désormais les postes suédoises et danoises, a renoncé à la gravure et la taille-douce peu après. Pour preuve, à Stockholmia, les timbres proposés par PostNord pour ces deux pays à son stand.

Mais, la RPSL a aidé les graveurs à... Pour un prochain article.



Note : Sur son site, dans les actualités, le restaurant évoque ce timbre par deux fois : à son émission, et en bilan de fin d'année.

mardi 2 juillet 2019

Stockholmia (3) : art contemporain au Musée postal

À Stockhlom, pendant l'exposition du cent cinquantenaire de la Royal Philatelic Society London, du vingt-neuf mai au deux juin 2019, le Musée postal était un autre lieu de philatélie possible dans la capitale suédoise.

Les horaires d'ouverture de ce musée sont serrés : de onze heures à seize heures du mardi au dimanche... Heureusement que le trajet est court entre la gare et le centre de congrès de Stockholmia d'une part et le Musée installé dans l'île centrale de Gamla Stan.

Avant de décrire les expositions permanentes du musée dans un autre article, consacrons un peu de temps à l'exposition temporaire Postal Art, d'art contemporain, de novembre 2018 à août 2019.
Une bannière annonce l'exposition temporaire au Musée postal, Lilla Nygatan 6, 111 28 Stockholm, en Suède (photographie sous licence Creative Commons by-nc 4.0, prise le jeudi trente mai 2019).
Le site web - et j'imagine le catalogue en suédois... - décrit comment les œuvres ont été conçues selon trois cheminements différents que je vais décrire selon mes impressions.

D'abord, le plus étrange au premier abord - pour quelqu'un n'ayant qu'une exposition annuelle à l'art contemporain (dans tous les sens du mot « exposition ») - fut tous les broderies exposés sur beaucoup de murs. En 2018, un club de broderie de Stockholm a visité le musée tous les mercredis pour les préparer, y trouvant inspiration autour des timbres, réels ou imaginés, et de leur illustration, de la correspondance, y compris un meuble de tri postal composé de poches en tissus pastels et brodés. Décoratif et apportant des couleurs distrayantes dans cette exposition.

Ensuite, une œuvre encombrante autant que morcelée de Linn Lindström et Kristine Lund amenait l'observateur à réfléchir. Simultaneous Souvenirs (a record of a wordless correspondence) est l'assemblage d'objets hétéroclites, autant quotidiens qu'exceptionnels, que les deux artistes s'envoient depuis trois ans selon un rituel artistique : à une date et une heure définie, chacune s'empare d'un objet et l'envoie à l'autre par la poste.

Penser à l'autre ? Sens de l'amitié ? Critique de la société de consommation ? Du sens de la communication ?

Une vision de l'œuvre clouée à un mur est visible sur le site de Linn Lindstöm ; au musée postal, les objets sont assemblées sur des tables et tablettes, ce qui prend l'essentiel de l'espace d'une des salles.

Enfin, le reste des œuvres pouvant susciter la réflexion autant que la perplexité du visiteur proviennent du travail d'étudiants d'une école d'art, la Gerlesborgsskolan. Le catalogue de l'exposition indique que ce partenariat provient de la visite d'une collection d'art postal conservée par le Musée postal canadien, à Ottawa (fermé depuis et inclus désormais dans le Musée canadien de l'histoire).

Les étudiants ont visité le musée et travaillé pendant l'automne 2018 autour des thèmes de la poste, les lettres, les colis, la communication.

Et là, je garderai une seule œuvre qui a résonné immédiatement et rebondi mi-juin dans ma vie quotidienne.

L'installation est simple : posée contre une fenêtre, elle imite le perron d'une maison. Juste devant, vers le visiteur donc, le paillasson sur lequel est posé un immense parallélépipède rectangle aux parois transparentes...

... empli de...
En entrée d'exposition : simple, efficace, marquant (auteur et titre honteusement oubliés, en cours de recherche).
... prospectus publicitaires, bien sûr !

Ce paquet que beaucoup retrouve en rentrant chez eux après le travail.

Alors que dirigeants postaux, personnes de lettres et collectionneurs de timbres pleurent le triomphe du sms et de l'e-mail - pardon, du texto et du courriel - sur la correspondance écrite, les particuliers reçoivent toujours et encore du courrier...

... publicitaire !

Qu'il soit déposé par le facteur, diversification nécessaires des postes (Destineo en France) ou par des travailleurs de la nécessité.

Ce sera l'œuvre marquante de mon année d'art contemporain.

Quinze jours plus tard, ayant repris le rythme normal - comprenant donc deux paquets concurrents de publicité par semaine -, voilà qu'un petit couvercle en plastique a fait son apparition avec un petit mot est apparu au coin du mur de boîtes de lettres de mon immeuble : « Servez-vous. »

Dedans, des autocollants verts « Pas de pub ».

Le résultat est digne d'une œuvre contemporaine : en deux jours, le bol était vide et les trois-quart de la façade des boîtes pleines :
Sans titre, œuvre d'un voisin anonyme, Montpellier, juin 2019 (droits réservés).
Souci d'éviter le gaspillage de papier et d'encres ? Souci de ne pas voir de paquets de pub abandonnés dans le hall ? Ou œuvre vivante et collective d'art contemporain ?