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dimanche 5 juillet 2026

D'un timbre personnalisé à la liquidation : les librairies Sauramps

Attention aux grincheux et aux collectionneurs de timbres : ceci est un message peu philatélique, assez politique, et optimiste sur la lecture et le livre.


 En juin 2021, les librairies Sauramps de Montpellier créaient avec le quotidien Midi libre un prix littéraire annuel, nommé Habiter le monde, et utilisaient le timbre personnalisé de La Poste française pour en faire la promotion auprès de ses clients, avec renfort par la presse et la direction postale régionale.

Dans le contexte d'alors, c'était aussi un petit moyen de revenus complémentaires pour le nouveau groupe propriétaire depuis 2017.

Vendredi trois juin 2026, le tribunal de commerce de Montpellier a prononcé la liquidation du groupe Sauramps, avec fermeture immédiate de ses commerces à Montpellier et à Alès, dans le Gard. Ce qu'incarne ce timbre a donc échoué.


Le timbre personnalisé du prix littéraire Habiter le monde, vendu aux caisses des librairies Sauramps pendant l'été 2021. 

En 1946 à Montpellier, dans le sud de la France, Henri Sauramps fonde une papeterie-imprimerie à son nom, et c'est son gendre Pierre Torreilles qui a l'idée d'y installer un rayon librairie. Sa croissance en fait, avec peut-être la librairie franchisée Gibert Joseph (qui pratique la reprise de livres d'occasion), la principale librairie indépendante de la ville, alors que les autres petits libraires vivotent ou ferment avant l'an 2000 - souvenir de la Librairie Molière à côté du théâtre.

De la verrière du Triangle où elle atteint toutes les disciplines universitaires, ses nouveaux actionnaires l'essaiment à Alès et gère même la boutique-librairie du musée Fabre - où l'Association philatélique montpelliéraine trouva assez de reproductions de Vue de village sur cartes postales pour les souvenirs premier jour du timbre Frédéric Bazille de février 2017.

Les difficultés arrivent à partir de l'implantation en 2009 au centre commercial Odysseum, un mall à l'états-unienne, et à ciel ouvert avec ligne de tramway intégré, rêvé par le maire Georges Frêche et son urbaniste Raymond Dugrand. Arrêt ludique et commercial sur l'autoroute A9, espoir que les visiteurs passent le même jour de l'espace ludique à l'espace commercial et y fasse même leur approvisionnement à l'hypermarché Casino...

Las ! La librairie et l'hypermarché sont les deux commerces du lieu qui n'ont pas réussi à trouver public et chiffre d'affaires suffisants pour payer le coût de l'emplacement. Sauramps abandonnera, sûrement trop tard, la grande surface louée sur deux niveaux, pour un petit emplacement plus nouveautés et mangas... qui ferme en janvier 2026. Casino fermera définitivement et n'est toujours pas remplacé, le bâtiment n'était pas propriété du reste du centre commercial.

Les déficits d'exploitation apparaissent en 2012, entre loyers d'Odysseum, vétusté de la verrière du Triangle, et bien entendu la jungle du commerce en ligne (jungle, Amazonie,...). Les trois actionnaires principaux tentent de vendre à partir de fin 2016. Après moultes péripéties médiatisées entre repreneurs libraires, c'est le groupe immobilier du montpelliérain François Fontès qui rachète l'ensemble.

Depuis, l'actualité locale était rythmée par les efforts : rationalisation des locaux et renouvellement mobilier, participation continue à la Comédie du livre, relancée avec ce nouveau prix et ce timbre (Montpellier connaît une succession de maires discrètement collectionneurs de timbres : mon résumé de 2020 mériterait un complément pour le mandat suivant).

Mais aussi des décisions tantôt nécessaires, tantôt prises par désespoir, mais toutes relayées dans les médias locaux et très négativement vécues par le public commentateur : fin de Sauramps à Odysseum et retour de la littérature jeunesse dans le magasin du Triangle (fermeture de Polymômes) visaient à faire des économies nécessaires ; la diminution du stock au risque de faire commander plus souvent aux clients pour éviter les invendus est logique, mais difficile pour certains banlieusards et périurbains en voiture individuelle.

Le pire fut la librairie-verrière pleine d'escaliers... Je ne sais pas pour quelles raisons (emplacement-clé, conditions du bail, coût d'un déménagement,...) n'a pas été abandonnée au profit d'un lieu aux normes d'accessibilité et confortables. On a pu parler d'une partie d'un ancien grand magasin, rue Maguelone, entre gare et Comédie, où jadis logea la maison des jeunes... Depuis quelques mois, c'est une enseigne danoise qui y vend de la décoration intérieure à bas prix pour acheteurs compulsifs, selon une méthode suédoise éprouvée, à Odysseum entre autres.

Le dernier soubresaut en 2026 a été la tentative de la direction de faire pétitionner le public pour forcer le propriétaire du magasin à enclencher des travaux. Mais, clients et employés bruissaient de plus en plus fort sur les rayonnages défrichés... et, enfin, la suspension de toute commande dernièrement.

Faute de repreneurs, le tribunal de commerce a donc clos cette histoire quadragénaire, même si maire de Montpellier et présidente de conseil régional espèrent encore...


Mais pour quoi faire ?


La FNAC voisine du Polygone, un magasin Cultura à Saint-Aunès près d'une sortie d'autoroute, et les rayons culture des hypermarchés fournissent déjà nouveautés populaires, bandes dessinées, papeterie (on trouve au centre-ville des papetiers luxueux pour les amateurs).

La librairie Gibert de Montpellier est un franchisé du groupe en difficulté, et donc elle fournit encore et toujours nouveautés à larges spectres, occasions, papeterie, etc. Petits magasins et brocanteurs hebdomadaires proposent éditions épuisées ou historiques, avec disques musicaux et audio-visuels un peu partout une fois par semaine par emplacement.

Contrairement aux années 1990, les petites librairies refleurissent dans le centre de Montpellier, en ciblant la fidélisation d'une clientèle résidente ou travaillant dans la proximité, et la spécialisation thématique. La majorité sont reliées à une des plateformes de libraires indépendants : ici et  qui permettent de savoir si elles ont la référence recherchée en stock ou dans celui de leur distributeur, donc à commander par un coup de téléphone.

 Les généralistes - Le Grain des mots, La Cavale -, les spécialisées telles La Géosphère (voyages, géographie, cultures du monde, question environnementale), Azimuts (bandes dessinées), Le Bookshop (anglophone et café), Fiers de lettres (féministe et alternatives) sont accompagnées d'un nombre de  petites librairies de mangas tout autour du centre historique.

Chacune offre une gamme de lecture importante si on va picorer chez chacune selon ses forces. Certaines proposent boissons chaudes ou fraîches, tolèrent les jeunes lecteurs non acheteurs - mais qui reviendront bien avec le parent solvable, organisent des venues d'auteurs en associant le comité de quartier (La Cavale est lié à la vie du quartier des Beaux-Arts) ou les établissements scolaires voisins.

Et elles n'ont pas peur de la concurrence : une d'entre elles a des boîtes à livres sur son palier !

Sauramps faisait beaucoup et c'est triste de voir fermer, surtout car des professionnels du livre perdent leur emploi dans un lieu qui mettait leurs compétences en valeur. Cependant, dans un capitalisme financier et technocratique débridé, la renaissance des librairies montpelliéraines nuance le sentiment de catastrophe, contrairement à la correspondance écrite... manuscrite et affranchie en timbres.

Espérons pour cette dernière que les actions récentes de l'Association pour le développement de la philatélie et le don de cartes postales dans les magazines jeunesse estivaux (deux pour les abonnés avec le Spirou de ce premier juillet) ou dans les offices de tourisme, n'arrivent pas trop tard.

dimanche 17 mai 2026

La poste autrichienne fête l'Eurovision sans l'Eurovision

 Cette semaine a eu lieu à Vienne, capitale de l'Autriche, le Concours Eurovision de la chanson 2026, remporté par Dara, la candidate bulgare et son équipe, sur une chanson arythmique de libération de soi face aux angoisses de notre époque.

La prestation partant d'un décor d'anonymes bureaux avant de partir en tout sens. Bangaranga! étant le motif de cette révolte.

Le timbre sur la harpe de septembre 2025, omniprésent lors de la finale, samedi seize mai 2026 (communiqué de presse de la poste autrichienne).

Mais, contrairement à l'édition autrichienne de 2015, pas de timbre-poste national en 2026.

Au générique final, en effet, Österreichische Post n'est pas un des partenaires nationaux de l'événement, contrairement à d'autres fournisseurs d'équipements liés aux « cartes postales » (vélo par exemple), ces clips courts permettant aux téléspectateurs de découvrir les chanteurs dans le cadre de lieux du pays d'accueil proposé par l'Office du tourisme d'Autriche.

Et pourtant, chacun de ces clips débutaient par la réception d'une carte postale photographique que l'artiste reposait dans sa chambre d'hôtel autographié par le remerciement du pays qu'il représentait.

Et, à côté du message de l'organisation souhaitant la bienvenue, plusieurs clips montraient un timbre oblitéré... bien réel et bien émis par la poste autrichienne, dans les semaines précédant le début des tournages étalés d'octobre 2025 à avril 2026.

Jean-Baptiste Krumpholtz et la harpe sur l'oblitération rectangulaire premier jour d'émission de Vienne (communiqué de presse de la poste autrichienne).

Émis le dix septembre 2025, avec premier jour le cinq, ce timbre d'un euro représente une harpe, dans la série Autriche, pays de la musique.

Sa composition est digne de la préparation du Concours Eurovision pourtant. La finale a été ouverte par l'Orchestre symphonique de la radio de Vienne, appartenant au diffuseur public hôte ; l'instrument a donc convenu aux cartes postales.

La partition est signé du harpiste et compositeur Jean-Baptiste Krumpholtz. Né en Bohême en 1742, il avait ravi le public viennois et a joué au sein de l'orchestre d'une des puissantes familles hongroises avant de partir en tournée où il séjourna longuement à Paris.

 Dans la capitale française, il fréquentait les artisans harpistes, milieu dans lequel il se maria avant de se suicider dans la Seine en 1790, cette seconde épouse ayant fui à Londres avec un amant.

Tchéquie, Autriche, Hongrie, France, le tour promotionnel d'Europe pouvait débuter à prix modique : un euro le timbre ou dix euros en feuillet ou en carnet (pour le commander).

Le timbre à cryptogramme associé, Vienne, ville de musique, émis en avril 2026 par la poste autrichienne (boutique web de la poste autrichienne).

Hélas pour les porte-monnaies et la logique postale, la poste autrichienne a décidé de profiter du concours télévisé sans partenariat et avec un timbre-crypto ou timbre à NFT selon les multiples appellations commerciales de ces coûteux timbres-poste associés à un double numérique par une chaîne de valeur numérique ; double souvent illustré d'une seconde image plus ou moins rare... Spéculation...

Ainsi, le seize avril, la poste a proposé au QWIEN, le Centre de culture et d'histoire queer, à Vienne, le premier jour d'émission du timbre Vienna, City of Music, ouvertement lié à l'Eurovision, mais sans jamais cité le concours...

Pourquoi ce centre ? Déjà car il propose une exposition, , de février au vingt-quatre mai 2026, sUnited by Queerness, reprenant le slogan actuel du concours (United by Music) sur la place des LGBT+ dans cette manifestation depuis les années 1960.

En association avec le Musée d'histoire autrichienne qui, avec Unstoppable, de mars à octobre 2026 une exposition sur comment les messages politiques ont pu être exprimés discrètement ou très audiblement par les artistes. Le titre s'inspire de la phrase dite en montrant le public par Conchita Wurst lors de la remise du trophée lors du Concours Eurovision 2014.


Et, c'est là que la poste autrichienne a joué avec le non-partenaire qui détourne l'événement local.

Sur le crypto-timbre à 11,35 euros de faciale (tousse, tousse), du paysage urbain moderne de Vienne s'élève la tour de télécommunication et un phénix... Rise Like a Phenix est le titre de la chanson vainqueur de 2014.

Je n'invente pas : c'est écrit en toutes lettres sur le site spécial cryptostamp de la poste autrichienne.

Plus subtil est le piano de Udo Jürgens, chanteur-compositeur qui a participé trois fois de suite au concours jusqu'à sa victoire en 1966 avec une chanson titrée en français, chantée en allemand et jouée au piano : Merci, chérie. Les deux dernières conditions rendent identifiables le piano aux fans autrichiens.


Onze euros et trente-cinq centimes, pas cinq de plus, pas cinq de moins car c'est le tarif du colis format "L" économique vers le monde entier de moins de deux kilogrammes. En sachant qu'affranchir un colis en timbre à l'avance et faire décompter sa valeur faciale du prix à payer au guichet, de nos jours, c'est... 

... audacieux.

Alors que les avancées numériques de l'objet sont affirmées par les service philatéliques vendeurs et autres entreprises qui ont tenté de refourguer de tels objets concrets ou abstraits en promettant des valeurs digne d'investissements boursiers dans l'industrie pétrolière.

La blockchain devrait pouvoir assurer quelque chose dans le suivi de colis... sauf à considérer que les codes-barres et enregistrement sur site web postal suffisent largement, avec la confiance dans les employés (ah, ça c'est le prochain article sur la poste belge et ses concurrents).

Le candidat lituanien découvrant le paysage de la carte postale, ici la partie correspondance montre le timbre à la harpe oblitéré (finale du concours Eurovision de la chanson, seize mai 2026).

Donc, pour les thématistes, la poste autrichienne n'a pas émis de timbre pour le Concours Euvovision de la chanson 2026 à Vienne, mais un de ses timbres illustrés a été bien montré pendant l'émission et un de ses timbres-souvenirs à forte valeur est digne de porter le logotype de la manifestation.

Cependant, ce n'est pas ni la seule poste, ni le seul événement d'importance mondiale à connaître ce refus de partenariat ou d'achat de droit d'usage de la marque.

La Poste française s'est garde bien, dans les années ayant précédé les Jeux olympiques de Paris 2024, d'afficher les anneaux olympiques sur ces blocs ronds représentant à tour de rôle chacun des continents, et quatre sports et sports adaptés. Elle a repris le principe pour les sports d'hiver pour cette émission continuée jusqu'aux Jeux alpins de 2030.

Sur le forum StampBoards.com, la liste des timbres 2026 sur le football, ce sport en Amérique du Nord, s'allonge sans nommer la Coupe du monde de la F.I.F.A., ni montrer le logotype ou le trophée pourtant identifiable d'un grand nombre.

Est-ce que la gourmandise des organisateurs nationaux ou propriétaires ultimes de la marque a atteint des niveaux indécents ? Ou les ventes philatéliques ont-elles descendu en Occident sous un niveau insuffisant pour se permettre cet ajout ?

Les véritables fans vont-ils plutôt vers d'autres objets-souvenirs : disque, écharpes, maillots, sets Lego, cannettes de soda illustrées, etc.

Cela peut aussi être le signe que l'émission de timbres est devenu moins étatique et plus commerciale : si l'Eurovision et la radio-diffusion publique en Autriche, si la F.I.F.A., veulent faire leur publicité, qu'ils commandent des timbres personnalisés semblent être la conclusion 2026.

mercredi 13 mai 2026

De la fin du service universel postal au Danemark sur la philatélie organisée

 Cela avait secoué les médias européens lors de l'annonce par étapes entre 2023 et 2025, et lors de l'application le premier janvier 2026 : le service postal universel a été aboli par le gouvernement et le parlement du Danemark, sauf subventions pour les îles isolées et les cécogrammes.

Le distributeur privé de journaux et colis, DAO, a remporté le contrat de la poste aux lettres, sans boîtes aux lettres de rue, ni bureau de poste, et des étiquettes interdites d'être appelées timbres-poste (privilège légal désormais inutile de PostNord Danmark). DAO a passé un contrat avec la poste autrichienne pour le courrier international sortant et entrant.

Un article de ce blog du premier janvier dernier, avec deux compléments en février et mars, a résumé les premières conséquences pour les Danois, et surtout les philatélistes et négociants de timbres : la fédération philatélique danoise s'inquiétant de la lenteur du courrier international dans les échanges commerciaux ou amateurs de timbres et lettres historiques.


Dans le numéro daté mai 2026 de The London Philatelist, Chris King, spécialiste du Danemark classique, poursuit son suivi didactique de cette réforme après un premier article en mars 2024 - repris dans FEPA News de juillet 2024.

Après un rappel du choix des politiciens, de l'origine de l'entreprise centenaire Dansk Avis Omdeling, des tarifs et offres postales de celle-ci, King évoque les premières conséquences attendues avant même le jour de l'an : plaintes de retard, association nationale des personnes âgées inquiets de la lenteur des courriers médicaux.

Les Danois sont en attente de mesures statistiques du régulateur, mais le courrier international pose déjà problème : la poste autrichienne imprime ou colle bien ses étiquettes pour montrer son rôle, mais il n'y a aucune date dessus...


Ces délais internationaux sont renforcés par une deuxième alerte des négociants philatéliques et leurs clients pour laquelle King apporte les raisons dues à la réforme : tout courrier de plus de deux cent cinquante grammes doit être envoyé en colis pour DAO ; tout contenu commercial n'est pas une lettre, mais un colis pour DAO... et son concurrent PostNord !

Ainsi, King explique les témoignages de collectionneurs et négociants danois, féroïens et étrangers dont les lettres recommandées avec timbres, enveloppes d'histoire postale, magazines de moins de deux cent cinquante grammes ou petits objets de collection être refusées par les postes des Féroé et d'Autriche et revenir après plusieurs semaines à leur expéditeur.


Enfin, et là, il faudra que l'ensemble des partis politiques danois qui ont accepté cette réforme reprennent les inchangés de la principale loi postale : DAO ne peut transmettre en lettre recommandée intérieure que des lettres de faible valeur. Aucun objet de valeur ne peut être pris en charge en recommandé intérieur ou vers les Féroé par DAO.

Pire, DAO a interdiction de transmettre ou recevoir des lettres recommandées internationales qui restent le monopole de PostNord Danmark !!!

L'auteur signale ainsi que de grandes entreprises danoises envoient en recommandé leurs courriers importants depuis PostNord à Malmö, en Suède de l'autre côté du détroit de l'Öresund... Et, en retour, il conseille aux correspondants internationaux souhaitant assurer une prompte arrivée au Danemark d'envoyer en lettre recommandée les envois nécessitant de la confiance, ce qui fera aboutir directement à PostNord Danmark.


Mon point de vue conclusif : les dirigeants de l'opérateur historique ont donc touché le pactole. Ils n'ont plus la charge d'un réseau de poste aux lettres, concurrencent le prestataire du courrier national sur le colis, et ont encore les lettres recommandées internationales ; tout en forçant les Danois à envoyer tout objet commercial même imprimé au tarif libre des colis.

Et comme l'indique Chris King, l'argument libéral politicard de l'entrée de nouveaux acteurs sur la poste aux lettres a fait long feu : DAO est en monopole de droit puisque le seul à avoir répondu à l'appel d'offres du gouvernement.


Mais, il y a pire que pire pour les philatélistes lorsque King observe les conséquences fonctionnelles et financières du retrait de PostNord Danmark de la poste aux lettres et de l'émission de timbres-poste, pourtant encore inscrites dans la loi générale.

L'actuel musée des postes et télécommunications, ENIGMA, est l'héritier privé du musée historique. Le musée, mais aussi l'accès aux archives et à la bibliothèque, sont dépendants des subsides alloués par les deux compagnies historiques (la poste et les télécommunications), avec bien sûr les entrées et achats des visiteurs.

Aucune subvention publique.

Désormais, les demandes des chercheurs en histoire de ces administrations et entreprises reçoivent un courriel reproduit par King. Les consultations sur place et les recherches par les documentalistes sont drastiquement limitées et si vous ne recevez pas de réponse dans les trois mois... c'est qu'il n'y a pas les moyens financiers et humains de vous répondre ou recevoir.


De là, et les philatélistes du monde entier le savent bien, une poste même libéralisée, voire privatisée, est [trop ?] essentielle au financement de la philatélie organisée : émissions de timbres suscitant manifestations locales et souvenirs d'associations, participation financière et événementielle des expositions philatéliques, etc.

La Danmarks Filatelist Forbund, qui connaissait les mêmes difficultés que d'autres fédérations nationales, voit l'année 2026 devenir une période de décisions graves aux yeux de l'auteur britannique.

Par la fin du courrier affranchi en timbres illustrés, PostNord Danmark cessent le financement direct ou indirect de la philatélie danoise, confrontant les collectionneurs fédérés ou non aux choix budgétaires de la Fédération et des représentants de ses associations membres.

Outre des décisions logiques en période difficile, la bibliothèque fédérale, trop peu utilisée, vient d'être fermée et dispersée entre ce qui a été rendu au musée ENIGMA, des éléments précis transmis à la Société d'histoire postale danoise pour numérisation et publication en ligne, et le reste vendu à la maison Göta Frimärken.

La Société philatélique royale de Londres, l'American Philatelic Society et une poignée d'autres bibliothèques en Allemagne, en Amérique du Nord, jusqu'aux associations locales, ont montré l'importance d'une bibliothèque de recherche adaptée aux intérêts de leurs membres.


King, qui a montré qu'il tient à une philatélie organisée solide et financièrement autonome, conclut que la situation danoise l'inquiète grandement et sert de preuve qu'il ne faut pas attendre pour aller vers le grand public, et apparemment pas certains opérateurs postaux actuels.

lundi 6 avril 2026

Du bureau postal en Lego proposé par le Musée de La Poste

 Profitant du dimanche de Pâques, et grâce à un ami parisien, j'ai assemblée le bureau de poste, set 230925, en briques Lego, un produit proposé par le Musée de La Poste depuis décembre 2025 dans la boutique du musée parisien, après avoir vendu un lot sur le site web.

Le sachet de cent pièces Lego, le livret de montage dans la boîte bleu poste.

De près, l'illustration du bureau de poste sur la boîte et en couverture du livret de montage montre l'usage d'un logiciel de création de modèle Lego à l'extérieur de l'entreprise.

Le texte légal au dos du livret d'instructions (et aussi sur un des côtés de la boîte).

Cela était prévu puisque le Musée annonce trois mille unités en série limitée et numérotée... Je cherche encore le numéro de ma boîte d'ailleurs.

Les avertissements sont brusquement explicites : si les pièces ont été fabriquées et fournies par le groupe danois, ce produit dans sa conception n'est pas de sa responsabilité.

Les habitués des bâtiments Lego s'en rendront compte rapidement : la montée des murs est bien verticale sans consolidation par les briques - ça peut évoquer les standards du bâtiment moderne, des grandes plaques de béton juxtaposées. Par contre, la poutre intérieure montre rapidement le point faible de cette conception économe : soutenez-la en montant le toit.

Le bureau fini avec la factrice et son vélo.

Les un centime de moins que cinquante euros en cent briques sont employés plutôt en sept briques tampographiés, dont quatre aux marques de La Poste et La Banque postale, l'oiseau postal tout petit sur le torse basique de la mini-figurine, un mini-clavier pour le distributeur bancaire, et la plaque d'adresse : 49 place du Musée de La Poste.

D'ailleurs, ce distributeur et la boîte aux lettres requiert plusieurs pièces pour l'assemblage, expliquant l'espace de six tenons de large où se trouve la plus grande densité de briques.

La brique lettre affranchie avec destinataire et expéditeur.

Les archivistes du Lego retrouveront si la lettre affranchie, la couleur jaune-orangé du vélo, la chevelure-casquette de la mini-figurine sont inédits.

L'intérieur épuré du bureau de poste.

Limite coût-prix acceptable, place laissé à l'imagination, l'intérieur du bureau est... vide.

En dehors de la boîte à document bancaire et la fenêtre ouvrable, le comptoir reste à créer, selon les époques des bureaux de poste français : haut comptoir avec vitre de protection, espace ouvert actuel.

Et là, deuxième gros souci du set entre conception privée et mode officielle Lego : les anciens remarqueront l'aspect lisse de la plaque sur laquelle repose le bureau, qui laisse peu d'emplacement de fixation pour cet intérieur.

En effet, depuis 2021, pour la gamme Lego City ciblant les plus jeunes, Lego a remplacé les grandes plaques de chaussées par ce système de modules épais (deux briques plates de haut) avec quelques vides emplis de tenons. Les grandes et moyennes plaques fines à tenons se trouvent encore dans les gammes à licence ou créatives plutôt pour assembleurs expérimentés. Et leur commerce de second main a connu une inflation des prix.

Pour ce bureau, le module principal permet à deux emplacements de servir de fondations aux murs. Cependant, cela limite les possibilités de fixer figurines et objets, notamment dans cet intérieur ouvert au créateur.


Pour finir par les plus : le choix du trio de couleur est harmonieux, méridional même, me rappelant le guichet annexe (fermé) de la place des Arcades, à Maurin, village excentré de la commune héraultaise de Lattes. Cet aspect me paraît renforcer par la fenêtre proposé en ouverture en biais : du sol extérieur vers l'intérieur à rafraîchir l'été.

Malgré la simplicité des murs, les petits assemblages de l'automate bancaire et du phare de vélo sont inspirants pour ses propres créations.

dimanche 5 avril 2026

Initiation aux sciences de l'archéologie au musée Unterlinden de Colmar

 À Colmar, en Alsace, le musée Unterlinden existe depuis 1853 au sein d'un ancien couvent féminin, dont les religieuses furent expulsées pendant la Révolution française, avant que le projet muséal sauve le bâtiment, ses éléments archéologiques, et le patrimoine matériel religieux confisqué.

Il a été enrichi dans de nombreux domaines : archéologie du Haut-Rhin, arts décoratifs et religieux d'Alsace, un cabinet de gravures modernes, des peintures du dix-neuvième siècle à nos jours, des œuvres au crayon, etc. Et surtout, restauré récemment et exposé de manière à la voir en entier : le retable d'Issenheim de Matthias Grünewald (début seizième siècle), parmi plusieurs autres retables.

Le Char de la mort de Théophile Schuler, de 1851 (photographie de Gzen92, via la base documentaire libre de droits Commons de Wikimedia).

Deux moments marquants pour moi, dont un lié aux collections de ce blog, parmi les nombreux objets et œuvres.

D'abord, la découverte du grand tableau de 1851 du Strasbourgeois Théophile Schuler, Le Char de la mort qui exprime magnifiquement, à mon humble avis, l'époque romantique entre espoir de la Révolution, conviction chrétienne, et désespoir face à la trop lente agonie des mauvais sentiments humains, tous incarnés par de nombreuses allégories.

Une petite collection de pièces de monnaie antiques de peuples celtes au musée Underlinden, à Colmar, en février 2026.

Le musée accueille aussi une longue galerie sur la préhistoire et l'antiquité régionale (au sens élargi, l'Alsace ayant participé aux espaces et réseaux celtes et romains), classées par âges bien entendu, mais surtout par thématiques des disciplines spécialisées de l'archéologie.

Pour montrer et expliquer le passage et les techniques des âges de pierre et des métaux, les objets trouvés sont accompagnés de grands panneaux expliquant les techniques employés découvertes par Homo sapiens.

À hauteur d'enfant, l'explication du métier de numismate placée sous les monnaies (tous droits réservés, musée Underlinden, Colmar).

Ces panneaux sont accompagnés d'objets reconstitués à toucher, toujours utile avec des enfants, et aussi de petits blocs en vitrine. Sur ces blocs sont posés des trouvailles archéologiques et sur la face avant, l'enfant peut découvrir un des spécialistes étudiant, pendant et après les fouilles, les objets d'un site pour le dater, comprendre les interactions humaines, la chronologie de l'occupation, etc.

Ici, les exemples monétaires permettent de présenter le numismate, ancienne spécialisation de l'archéologue et de l'historien, qui interprète la vie du site selon les monnaies que les archéologues ont trouvées.

Un lapin et de petits dessins attirent le regard enfantin sur ce métier.

Devant le cube, un petit lexique donne les éléments-clés pour comprendre comment les monnaies sont créées (tous droits réservés, musée Underlinden, Colmar).

Enfin, posé devant, un lexique illustré explique en quelques mots et l'action de frappe comment les monnaies sont créées.

Il ne reste plus qu'à organiser ponctuellement des journées archéologiques avec frappe monétaire, reconstitution de vases avec moulage au plâtre de morceaux manquants, etc.

Et une visite au Musée de la Monnaie de Paris, notamment la galerie des métaux, même s'il sera moins touche-à-tout.

Métallurgie, étude des graines fossiles, etc. Toutes les passions et curiosités des visiteurs sont servies par ces petits cubes illustrés.

Couverture du livre Qu'est-ce que la Préhistoire ? de Sophie A. de Beaune, édition Folio, 2016


La boutique du musée colmarien dispose de propositions sur préhistoire, antiquité et archéologie.

Pour les lecteurs de bon niveau, la préhistorienne et ancienne universitaire lyonnaise, Sophie de Beaune, a proposé en 2016 un Qu'est-ce que la Préhistoire ? au sens ce qu'est la discipline Préhistoire qui étudie les humains et leurs sociétés avant l'écriture... ou avec...

Je n'en suis qu'aux premiers chapitres de définitions, mais déjà, sont posées la diversité et la complémentarité des spécialisations des archéologues et des préhistoriens : la fouille qui recense strictement, mais détruit aussi, n'est pas l'analyse interprétative des paléontologues, des sociologues et anthropologues, des numismates,...

J'ai trouvé ce livre quelques jours après Colmar à la boutique du musée des Confluences, à Lyon, héritier des musées d'histoire naturelle et autres cabinets de curiosités de la ville.


samedi 27 décembre 2025

Au Musée du timbre-poste de Corée (2) : l'interactivité pour créer, écrire, poster

 Deuxième article sur le Musée du timbre-poste de Corée (우표박물관) que j'ai visité le vingt-quatre juillet 2024 : une fois la galerie introductive passée, les visiteurs sont invités à toucher, manipuler, jouer... Idéal pour les enfants, qui ont vu sous verre figurines et véhicules miniatures, et surtout, leurs accompagnateurs parentaux ou scolaires.

Des invitations aux rires et aux selfies avec plusieurs panneaux ornés de héros des séries d'animation jeunesse de la télévision coréenne... et qui ont fait l'objet d'émissions de timbres récemment (tous droits réservés).

La première idée pour faire visiter les trois espaces, malgré le sérieux de certains d'entre eux, est un petit jeu de pèlerinage à la quête des tampons du musée.

La fiche remplie des tampons disponibles à neuf endroits du musée philatélique coréen.

Contre la promesse d'un cadeau philatélique (épuisé pour la saison printemps-été 2024), le visiteur doit tamponner correctement sa fiche à neuf emplacements à deviner selon le titre sous chaque rond blanc.

Les emplacements choisis sont peu interactifs, mais doivent permettre une pause sur le premier timbre coréen, les boîtes aux lettres, les galeries thématiques (ici l'aquarium empli de poissons timbrifiés), l'art du timbre.

En bas, sont représentés à gauche deux activités d'écriture et de prévention : la poste chaleureuse déjà évoquée, présente aussi dans l'espace public. Le passant est invité à coucher ses soucis sur le papier et recevra une réponse encourageante et motivante de l'association de proximité.

La boîte dédiée au courrier à recevoir dans un an dans le Musée du timbre-poste de Corée.

Au milieu, avec la tortue, symbole de lenteur mais de constance : la boîte dédiée à recevoir une correspondance à soi-même une année après l'avoir posté. Le message sur papier orange rappelle le mode d'emploi et l'enveloppe est celle dédiée à ce service : adresse du musée, légende rappelant qu'aucun courrier ne peut être récupéré... Prudence à ce que l'on s'écrit.

Une des deux presses pour gaufrer des cartes postales : initiation à l'imprimerie.

La galerie de la création du timbre-poste comblera les passionnés d'artistes du timbre, de modes d'impression, etc... Pour mettre en pratique de suite avec les moins passionnés et les touche-à-touche, deux presses à roue et des cartes postales reproduisant deux timbres sud-coréens sont proposées.

Avant / après la presse, la mise en relief du monument en pierre sur ce timbre coréen de 2003.

Le but est à la fois de comprendre la presse à imprimer et de repartir avec un souvenir concret et fait soi-même.

La présence coréenne en Antarctique avec la mise en valeur de l'aile et des traits du manchot sur ce timbre de 2008 (zoologie ou géopolitique ?).

Le choix des deux timbres reproduits montrent le souci de plaire au plus large public, adultes comme enfants, passionné d'histoire nationale ou de science et d'animaux.

Un puzzle à réaliser en famille pour reconstituer ce bloc-feuillet de la Nature de Dokdo.

Plusieurs murs sont à toucher en tout sens : exposition des timbres de Corée à tirer du mur, tiroirs renfermant thématiques ou timbres par pays... et un bloc-feuillet transformé en puzzle à tourniquets.

Nature de Dokdo de 2004 sert à cette activité ludique et nationaliste : dès le train direct aéroport d'Incheon - gare centrale de Séoul, la revendication de souveraineté de la République de Corée sur les rochers Liancourt est affirmée.

Dans le train, ce sont des documents anciens qui sont montrés dans une vidéo. Au musée du timbre-poste, c'est la connaissance de la faune aérienne et de la flore qui fait connaître cette partie du territoire national aux visiteurs.

Un grand écran à l'horizontale pour un quiz philatélique à trois joueurs au Musée du timbre-poste de Corée.

Et comme les vieux grincheux pensent que la jeunesse est collée aux écrans : le quiz philatélique a lieu sur un grand écran tactile posé à plat et permet à trois joueurs de gagner une fanfare victorieuse...

...

Oui, c'est la traduction proposée par Google Translate pour le texte sur le mur vertical qui donne aussi le mode de jeu : cinq histoires sur des sujets montrés par des timbres, sont-elles vraies, fausses ?

En raison des animations, de la mise en scène, l'espace des thématiques par les timbres est le plus grand des trois du musée, mais c'est celui qui permet d'apprendre aux visiteurs non collectionneurs et aux enfants curieux que le monde peut se découvrir avec ses petits bouts de papier.

Le premier tampon à trouver dans le musée.

C'était d'ailleurs le message du tout premier des tampons de la quête initiale, à trouver dans la galerie introductive, un des murs non directement consacré à la poste et au timbre-poste :

« Un grand monde dans un petit carré

Le musée du timbre. »


Par un escalier du jardin d'ornement, le Musée du timbre-poste de Corée se situe au premier sous-sol du gratte-ciel et siège social de Korea Post, au centre de la capitale Séoul, entre la gare centrale et les deux palais de Gyeongbok et Changdeok.

mardi 23 décembre 2025

Du numéro 1 du trimestriel So'Philatélie & Co

 Lors du Salon philatélique d'automne en novembre 2025 à Paris, Sophie Bastide-Bernardin a présenté So'Philatélie & Co, un nouveau magazine philatélique à parution trimestrielle, dont le premier numéro est envoyé aux abonnés depuis le vingt-six octobre.

La couverture londonienne signée Miles Hyman du premier numéro d'automne de So'Philatélie & Co.

Quelques mois après la disparition brutale de L'Écho de la timbrologie et la reprise de la rédaction-en-chef d'Atout timbres par le patron, il est agréable de voir Sophie Bastide-Bernardin de retour avec une publication philatélique aux objectifs et contenus proposant une alternative aux publications philatéliques habituelles.

So'Philatélie & Co souhaite proposer aux lecteurs des nouvelles et articles philatéliques ainsi que des ouvertures sur les à-côtés : philatélie organisée en prenant le temps, place du timbre et de la correspondance dans d'autres domaines, tels l'œuvre romanesque de Jane Austen et de ses adaptations audio-visuelles pour ce premier numéro.

Même si l'actrice interviewée est très loin du domaine, il permet tout de même une cohésion thématique londonienne-anglaise d'une partie du numéro : les lettres entre personnages de Jane Austen, couverture par Miles Hyman (artiste du timbre en 2020), visite riche en photographies de ce que la Royal Philatelic Society London et le Postal Museum peut offrir aux collectionneurs, dont l'exposition temporaire Voices of Resistance: Slavery and Post in the Caribbean jusqu'au cinq janvier 2026, et les créations d'Alistair Mavin à partir de collages de timbres d'usage courant.

De là, sans se perdre dans des pages infinies des nouveautés de France (il y a tellement de ressources répétées pour les retrouver), la philatélie se développe à côté du thème principal : initiation aux timbres perforés de France [il y aurait à découvrir plus tard ceux à usage sociaux-fiscaux britanniques pour payer les factures de commodités énergétiques], une thématique des déserts étendue aux multiples sens.

De petits cadres précisent des définitions philatéliques qui pourraient intéresser le public non ou peu collectionneur aussi visé par la publication.

Affranchissement de l'envoi du premier numéro de So'Philatélie & Co début décembre 2025.

Étant au commencement de l'aventure éditoriale par abonnement, l'affranchissement est en timbres récents et quelques anciens pour arrondir les centimes d'euro.


L'abonnement à So'Philatélie & Co est possible sur le site du magazine.

dimanche 14 décembre 2025

Passion briques postales ou charognards de la spéculation ?

 À peine le temps pour HothBricks, le blogueur spécialisé des nouveautés Lego, d'annoncer la mise en vente vendredi douze décembre 2025 d'une boîte spéciale au Musée de La Poste, à Paris et sur sa boutique web, que le produit est déjà épuisé le samedi à la pause de midi.

Le set privé 230925 du Musée de La Poste : un petit bureau, dont l'avantage tient surtout aux briques sur lesquelles les logotypes du Groupe La poste sont imprimés (via HothBricks).

Pour cinquante euros moins un centime, cent pièces permettent de construire un bureau de poste (les visuels ne montrent que la façade et pas le possible intérieur), un vélo jeune orangé et un facteur.

Selon le principe du prix par brique en neuf non ouvert, c'est très cher, donc limité aux amateurs de la poste, d'un souvenir du musée, pour une reconstitution urbaine ou de village en briques danoises.

Le prix comprend, bien entendu, l'impression des briques personnalisées (qui rappelle les licences des marques de films ou de dessins animés), la société de conseils, et surtout le coût de la confection spécifique d'une petite série.

La boutique du musée annonce trois mille sets numérotés... Je croirais lire les publicités de Philaposte pour les NFTimbres... à plusieurs fois huit euros de faciale ET LE TIMBRE NUMÉRIQUE dont il ne faudrait pas le séparer.

Sur eBay, samedi vers quatorze heures... du double au quadruple.

Entre la lecture des commentaires du site HothBricks et la consultation hier, samedi treize décembre 2025, d'offres de ventes du set sur eBay, je confirme une perte de foi envers une partie de l'espèce humaine : les charognards spéculateurs.

Sur le blog, les témoins signalent l'apparente non limite de la quantité pouvant être commandée... Oui, les vrais rats créateurs de pénurie seront ultra-minoritaires, mais bon, j'espère que, lundi matin, il sera fait du ménage dans les commandes extravagantes.

Seuls, deux sets sur les huit de ma capture semblent avoir été achetés au Musée avec photographie prise sur un parquet ou une table en bois. Les autres rentabilisent déjà une commande probablement même pas encore définitivement validée.

De cent à deux cents euros alors qu'en fouillant un stock personnel de briques, en commandant les quelques qui manqueraient directement à Lego en neuves ou sur un forum d'échanges entre particuliers, on peut reconstituer un modèle non officiel.

Les bricoleurs recréeront un moyen (illégal : marques déposées) de coller, imprimer les logotypes. On peut même envisager de personnaliser le set amateur avec le logotype et les couleurs de sa poste préférée.


Seul petit point rassurant du côté de la direction du musée : un acheteur s'étant rendu à la boutique du Musée indique que seul un lot de cinq cents a été mis en vente vendredi.

Certes, j'avais haussé un sourcil quand j'avais découvert, en 2023, que la voiture postale (set 230923) n'était en vente qu'au musée à Paris... L'approche de Noël permit à un ami parisien de m'aider à l'acquérir sans hâte. Au moins, la vente s'écoulait au rythme des visiteurs et des curieux tombant dessus.

Là, une impression de premières heures du Monacophil 2019 ou de poubelles du Salon d'automne pleine des livrets jetés pour n'en conserver que les timbres hors-programme... Il serait intéressant de savoir si le musée (pas que la boutique : les expositions) a été davantage visité vendredi et samedi.


Oui, la mignonnerie de ce bureau fera que je ferai un tour sur la boutique web demain ou mardi, mais bon, j'ai un stock de briques anonymes, ainsi qu'assez de Lego postaux pour décorer : le bureau aux murs bleus et le facteur en side-car de ma jeunesse, une poste aux chouettes en marge d'un set Harry Potter, le bureau de poste du Père Noël qui attend son tour de montage.

mardi 28 octobre 2025

Des artistes du timbre reconnus dans l'actualité philatélique

 Des collectionneurs de timbres apprécient de découvrir les artistes qui signent les petits papiers dentelés qu'ils amassent et organisent. Quelques exemples récents.

Le courriel d'annonce d'une vente d'impressions inédites de David Gentleman au profit du Postal Museum de Londres (daté du vingt-quatre octobre 2025).

The Postal Museum de Londres a reçu un don d'impression de dessins que David Gentleman a réalisé dans les tunnels du petit train postal, qui a servi sous les rues de la capitale londonienne. Leur vente démarre le mardi quatre novembre 2025 et le produit permettra de financer les opérations du musée.

Sur le site web du musée, il est rappelé l'importance de Gentleman dans l'histoire philatélique britannique, au temps de la généralisation des timbres commémoratifs et illustrés : gravure sur bois, créations plus contemporaines dans la lignée du design commercial, et comment il a établi le caméo de la Reine Elisabeth II lorsque le Maître général des postes Tony Benn tenta de remplacer la photographie Wilding par le nom du pays.

En-tête de l'entretien entre une membre de Postcrossing et l'artiste du timbre portugais João Machado, le vingt-cinq octobre dernier.

Le lendemain du courriel du musée londonien, sur le blog de Postcrossing, le site d'échanges de cartes postales en aveugle, Clarisse a proposé un entretien avec João Machado qui crée des timbres pour Correios de Portugal (CTT) depuis 1987.

Livre jeunesse, affiches, multiples techniques manuelles, couleurs vives... Le touche-à-touche de l'illustration a fait de même au cours de sa carrière philatélique, dont le timbre en liège en 2007.

Logotype de Nordfrim, marchands de timbres, de catalogues et de matériels de collections.

Reconnaissant la popularité et la longévité de certains artistes, Nordfrim propose une case à cocher « Martin Mörck » dans la liste des timbres en vente, et même, récemment, des paquets de timbres signés du norvégien Mörck pour accompagner son millième timbre féroïen ou du groenlandais Jens Rosing (1925-2008) dont la poste de sa nation a célébré le centenaire.

mardi 21 octobre 2025

Au Musée du timbre-poste de Corée (1) : la galerie d'histoire

 Début d'une série de petits articles sur le Musée du timbre-poste de Corée (우표박물관)*, situé au sous-sol de la tour Korea Post, dans le centre de Séoul, et que j'ai visité le mercredi vingt-quatre juillet 2024 au matin.

Peu de visiteurs adultes, après tout l'exposition nationale se terminait ce jour-là et les vacances scolaires semblaient débuter en fin de semaine : épuisé était le stock de cadeaux pour ceux qui remplissaient leur page de tampons aux quatre coins du musée.

Ainsi, la majorité était composée de deux groupes scolaires : une classe d'école maternelle qui ont filé vers les activités à toucher et un groupe d'écoliers dirigés vers les expositions thématiques.

Mais comment assurer l'intérêt (et donc le calme) dans la grande entrée ?

Les uniformes des facteurs coréens de 1884 à 2012, façon pâte à modeler dans l'entrée du Musée du timbre-poste de Corée (tous droits réservés).

À gauche, l'histoire des timbres-poste, et à droite : entre photographies et figurines mignonnettes, l'histoire des facteurs et postiers coréens.

À hauteur d'adultes, les photographies murales résument l'évolution de l'uniforme, des boîtes aux lettres et du logotype de la poste coréenne. Ici, la période 1945-1957 de la libération à la fin de la guerre (tous droits réservés).

À hauteur d'enfants, des maquettes façon pâte à modeler ; à celle des adultes, des photographies d'archives.

Dans les années 2010, avec veste de sécurité, boîte rouge, et en bas à droite, le tampon du concours du visiteur assidu (tous droits réservés).

Ces figurines servent aussi à représenter le service postal et son lien avec les habitants dans de petites scènes de rue : de la traditionnelle poste aux lettres à l'actuelle économie du colis.

Dans les années 1960, deux enfants se précipitent avec leurs lettres vers le facteur à mobylette, vidant une boîte rouge et verte (tous droits réservés).

Certes, des panneaux alertent sur la présence de vitre en verre, comprendre : ne pas s'appuyer ou toucher, même si ce doit être davantage destiné aux touristes étrangers qu'aux doigts des petits Coréens.

Le bureau parallépipède rectangle, le van et la livraison de colis tous azimuts : la poste coréenne telle que le visiteur peut la voir de nos jours (tous droits réservés).

Il ne manque plus que des petites voitures.

Camions et triporteurs motorisés postaux de la poste coréenne (tous droits réservés).

Et hop, une vitrine des gros véhicules motorisés des origines (avec pare-choc adapté à la neige et aux arbres tombés ?), aux tricycles motorisés passe-partout des quartiers aux rues étroites, jusqu'au van actuel... et assez faciles à voir en arrivant ou repartant du musée, puisque la tour comprend un bureau de poste et un point de départ de distribution de colis au rez-de-chaussée.


Pour la suite, que ce soit pour les enfants, leurs parents curieux, ou les philatélistes chevronnés, aux prochainx épisodes.


* : 우표 pour timbre (prononciation approximative en français : oupyo) et 박물관 pour musée (bagmoulgoan). 

dimanche 7 septembre 2025

Commerce de répliques graduées à PostiMuseo

 Parmi les souvenirs philatéliques et postaux de la boutique du Centre muséal Vapriikki, à Tampere, en Finlande : cette règle graduée philatélique pour cinq euros cinquante centimes en février 2025.

Règle graduée contenant des reproductions de huit timbres d'usage courant de Finlande.

Au dos, logotype de Posti, du Musée postal et du fabricant de l'objet.

En cette rentrée des classes dans l'hémisphère nord, un outil commode pour collectionneurs de timbres (quoique cassable dans un sac d'écolier - parents, préférer le double-décimètre) : une règle graduée de trente centimètre ou douze pouces pour les contrariants Britanniques et États-Uniens (et quelques industries).

Photographie des trois premiers timbres, les plus anciens, et non, ça pixellise en format scan imprimé - notamment le timbre rouge.

Enclos dans la règle une bande sur laquelle sont reproduits huit timbres d'usage courant de Finlande, depuis le duché sous domination russe jusqu'à l'avènement de l'euro.

Les deux premiers rectangulaires montrent l'imitation : fond de papier pas assez naturel, pixellisation du rouge et du bleu.

Les timbres quatre à sept de la règle, et leur cadre noir autour des dents.

Les plus récents permettent de repérer un léger tour noir, différent du noir de la bande, dans et autour des dents et aussi autour du timbre ovale.

Les deux derniers timbres... pas à l'échelle je pense.

Enfin, la mémoire visuelle me dise que les timbres modernes, particulièrement le 1 euro me paraissent plus grands ou plus petits qu'en réalité.

En tout cas, avec l'évolution du matériel d'impression et des méthodes, je ne pense que les timbres de Finlande ont eu une hauteur uniforme des origines à nos jours.

Mais, un joli matériel de bureau.