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mercredi 20 août 2025

Les actions des Casques bleus au Mémorial de la paix à Busan

 Au-delà des timbres-poste qui serait surchargés ou des courriers des militaires et civils envoyés pour servir lors d'une mission dans un pays en guerre ou en sortie de conflit, quels objets de collection restent-ils des « Casques bleus » et autres personnels participant aux opérations de maintien de la paix de l'Organisation des Nations unies.

Après le récit de la guerre de Corée et la mémoire des vétérans (anonymes comme connus), la troisième grande partie du Mémorial de la paix, à Busan, est consacré aux actions actuelles des missions de paix des Nations unies dans le monde.

Les différents traits des missions onusiennes, qui dépasse la simple interposition entre forces belligérantes (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

En particulier, par des personnels de l'unité Sangnoksu en Afrique et en Asie depuis que la République de Corée a pu adhérer à l'Organisation en 1991. D'où le choix des thématiques et localisation des opérations de l'exposition : Somalie, Angola, Timor oriental, Soudan du Sud.

Cette galerie est didactique : elle vise à éduquer les visiteurs à la réalité des guerres actuelles dans le monde. Cela implique les adultes comme les enfants, en visite scolaire ou avec leurs parents - en effet, le chauffage en hiver et la climatisation en été, font des musées (et même de l'exposition philatélique annuelle) des lieux d'activités en semaine comme le week-end.

Le dernier panneau de l'exposition : 
« L'ONU n'a pas été créé pour amener l'humanité au paradis,
mais pour la sauver de l'enfer
 »
(en anglais, coréen, chinois et japonais ; Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Fresque réaliste (paysages) ou symbolique (policiers sous Casques bleus cassant le mur de la haine entre populations), la majorité des représentations sont en grand format et vise à capter l'attention : statues blanches de deux enfants et d'un adulte leur donnant une arme de guerre, aux côtés de photographies de reporters de guerre, pour la partie sur les enfants-soldats et la difficulté de les ramener à la vie civile.

Oui, difficile à ramener à la maison, à ranger dans un album et à exposer sur des panneaux sous vitre... Mais, ce n'est pas le but de cette galerie : le dernier panneau est le message à retenir (ci-dessus). Comprendre que les Nations unies visent à sauver l'humanité de l'enfer, pas à l'amener au paradis... Ce qui permet d'évaluer beaucoup des dirigeants du monde entier.

En reproduction haute qualité, on pourrait imaginer utiliser les photographies de guerre des reporters et des actions des Casques bleus sud-coréens, à partir d'une commande aux agences : patrouille de type police de proximité parmi la population, déminage, reconstruction et fourniture en matériel d'éducation et d'école, aide aux activités sportives, culturelles et professionnalisante (taekwondo, initiation à l'outil informatique,...).

Les objets restant des missions réalisés par la Major Park Soonhyang (donation au Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, photographie de juillet 2024).

Plus inspirants pour les collectionneurs : la Major Park Soonhyang a fait donation des objets officiels de ses missions au sein de l'unité Sangnoksu, principalement dans l'administration transitoire du Timor oriental, puis au Soudan du Sud. 

La petite vitrine comprend un badge d'identification, des emblèmes onusiens en tissu ou en épinglette pour uniforme, médaillon et plaque de remerciement reprenant l'emblème global, le drapeau du pays aidé, les drapeaux des autres pays ayant participé à la mission, barrettes des décorations militaires.

Le contenu d'un paquet dédié à la petite enfance lors des opérations de l'Organisation des Nations unies (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, photographie de juillet 2024).

Avec recherche, certains pourraient retrouver des éléments des paquets de l'Unicef accompagnant les missions de paix, tel celui exposé à Busan dédié à l'éveil de la petite enfance, mêlant la santé (sel de réhydratation en cas de diarrhée), jeux éducatifs, jeux créatifs (dessins, collage, écriture), moyen de communiquer et d'amuser (ensemble de dessins, et aussi des peluches-marionnettes à main), ainsi que des manuels pour aider les adultes encadrant.

Dans l'entrée du Mémorial, mascottes et zone pour enfants (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, photographie de juillet 2024).

Alors oui, c'est à la fois un mémorial pour les vétérans, un musée de découverte aussi. Comme d'autres lieux climatisés, c'est visité été comme hiver par des scolaires et des enfants accompagnés de leurs parents... alors qu'il peut être considéré comme un musée sur la guerre, la mort, les souffrances.

Certes, ma visite et mes photographies ne montrent pas les accompagnements proposés par le Mémorial, les activités adaptés préparés par les enseignants dès la salle de classe, et les capacités des parents.

Pour ces articles du blog sur ce Mémorial, montrer comment la volonté de transmettre la mémoire requiert des moyens variés et des logiques évolutives, c'est déjà éveillé le visiteur du lieu autant que le lecteur du blog de voyage (et leurs lycéens français d'adolescents en spécialité HGGSP : thèmes 2 et 3 si vous cherchez des thématiques de visites familiales).

Dès l'entrée, comme partout-partout-partout en Corée, de mignonnes figurines accueillent les jeunes visiteurs : deux personnages de bandes dessinées (un enfant déguisé et un soldat de la paix et la mascotte de la conférence ministérielle des missions de paix des Nations unies, tenue à Séoul en décembre 2021 (site des Nations unies d'une part ; analyse des décisions d'autre part).

La mignonnerie des messages publics est omniprésente en Corée : avertissement sur le comportement dans les transports publics, indication du cheminement en lieu commercial ou touristique, guide imaginaire de musée, mini-publicité en magasins... Entre rendre l'espace accessible aux enfants, aider leurs parents à leur expliquer le monde autour d'eux, autant que rappeler d'abord gentiment les règles aux adultes.

Ici, les mascottes accueillent bien mieux que des images de guerre, et, en plus, elles servent de séparation entre le hall d'accueil et la Kids Zone où les enfants, restés sages un temps infini pendant les activités au musée, peuvent se défouler ou faire ce qu'ils veulent avec livres, jeux collectifs, etc.

Y compris les familles puisqu'à l'arrière-plan de la photographie de gauche ci-dessus, c'est bien le café-snack du Mémorial avec des publicités pour les glaces bien en vue. Vous ai-je déjà dit qu'il fait tropical en juillet en Corée ?

lundi 18 août 2025

La mémoire des vétérans célèbres de la guerre de Corée à Busan

 À Busan, en République de Corée, la visite du cimetière des Nations unies et du Mémorial de la paix permet de prendre conscience des étapes, depuis la Seconde Guerre mondiale, de la mémoire des acteurs des conflits. Ici, les vétérans de la coalition des Nations unies en Corée, puis ceux envoyés pour participer à la reconstruction du sud de la péninsule.

De l'unité des troupes et du corps médical, avec le carré cérémoniel par pays et les pierres tombales strictement identiques au cimetière de Busan, jusqu'à la construction de « chapelles » avec des photographies des années 1950, et, au plus récent, un long mur sur lequel sont gravés les noms de chaque soldats morts entre 1950 et 1953.

Les derniers objets d'un soldat au sol : casque, plaques d'identification, Nouveau Testament miniature et sa pochette, crucifix de poche (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Le Mémorial de la paix des Nations unies, à proximité du cimetière, tente la synthèse de ces évolutions mémorielles, tout en rappelant que certains vétérans sont mieux connus et célébrés car et officiers et ayant marqué la vie des habitants de Busan.

Dans la même galerie "Remember" (se souvenir) se côtoient photographies de vétérans revenus en groupe aux commémorations en Corée et l'installation ci-dessus sur ceux dont la mort au combat ne permettait plus de vieillir.

Au sol, creusé, sont posés sur des graviers blancs un casque militaire, deux plaques d'identification, un Nouveau Testament miniature et un petit crucifix. Les restes d'un tué au feu, du soldat devenant vétéran ?

 Après les étapes de la guerre de Corée et les vitrines rendant hommage aux soldats et soignants de chaque nation, le Mémorial entraîne le visiteur sur le chemin vers l'avenir... sans eux, sans armes.

Les objets restants des actes du général Whitcomb de l'Armée des États-Unis, exposés au Mémorial de la paix des Nations unies à Busan (juillet 2024) 

Néanmoins, certains vétérans sont bien mieux connus : les officiers... Mais, à Busan, les deux présentés dans cette galerie du souvenir le sont pour leurs actions civiles à Busan.

Tout d'abord, traités comme les soldats des vitrines (relire 1, 2 et 3) et de la tombe ci-dessus, le général Richard Whitcomb (1894-1982) de l'Armée des États-Unis d'Amérique.

Àcôté de son portrait en noir et blanc et le résumé de sa vie, la vitrine montre, comme les autres soldats, son uniforme vide avec ses décorations, le drapeau plié du soldat mort, la médaille hibiscus de l'Ordre du mérite civil de Corée, et trois diplômes coréens.

Bien peu, mais reflets de deux vies.

Militaire de carrière d'abord : officier logistique en Islande, Angleterre et France pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient général en charge du port militaire de Manille. Il est envoyé au commandement logistique de Busan en 1953...

... ou sa vie coréenne débute par un acte qui déplut au Congrès à Washington : il utilise des stocks de vêtements et de nourriture de l'U.S. Army pour venir au secours des trente mille sans abri laissés par l'incendie d'un des bidonvilles de réfugiés, dont la « capitale provisoire » s'est empli lors de l'offensive nord-coréenne.

En retraite en 1955, il reste en Corée où il travaille à retrouver les restes de soldats de son pays sur deux champs de bataille. Il part en quête de fonds pour financer les hôpitaux de Busan, et obtient que des terrains anciennement possédés par le Japon servent à rebâtir l'université nationale de cette ville.

L'uniforme vide est représentatif que, finalement, si la carrière du soldat a participé du collectif en Europe, les actions durables de l'homme lui sont propres et ses réalisations sont à chercher dans la ville, parmi les descendants des Busanais des années 1950, les étudiants de l'université.

Le colonel William Eber en uniforme de cérémonie à la fin de sa vie (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Le message est plus dramatique encore avec le grand panneau sur le colonel William Eber (1925-2022), dont la partie centrale est ici photographié.

Du drapeau sud-coréen à gauche jusqu'à celui des États-Unis d'Amérique, une citation voisine avec le portait photographique du militaire en uniforme cérémoniel, quasiment au terme de sa vie... Loin dans le temps de ses actions en Corée.

La citation : « Pendant la Seconde Guerre mondiale, nous nous battions pour la défaite de nos opposants , mais dans la guerre de Corée, nous nous battions pour sauver la population. La fierté des soldats provient de ce que l'on a conservé plutôt que de ce que l'on a gagné. »

En effet, la victoire en Corée en fut-elle une ? Retour à une ligne d'armistice coupant un peuple en deux ; état de guerre continu depuis 1953 ; la péninsule devenu une pièce d'un grand jeu entre trois puissances...

Volontaire en 1943, il est formé comme parachutiste pendant la Seconde Guerre mondiale. Soldat de carrière, devenu capitaine, il combat en Corée : débarquement d'Incheon, reconquête de Séoul, occupation de Pyongyang, avant, blessé, d'être évacué en 1951. Il prend sa retraite en 1980.

Anonymes tout en représentant chaque communautés états-uniennes et des supplétifs coréens, le mémorial aux vétérans de la guerre de Corée, à Washington, sur le timbre émis en 2003 par l'United States Postal Service (via Linn's Stamp News, le trente avril 2021).

Retraite qu'il occupe dans diverses fondations dédiées aux vétérans, notamment de Corée.

Les philatélistes connaissent le résultat d'un des projets qu'il a poursuivi : le mémorial de vingt statues pour honorer les vétérans de la guerre de Corée, installé dans la capitale fédérale, Washington. Décidé au milieu des années 1980, le chantier débute en 1992 et l'inauguration a lieu le vingt-sept juillet 1995.

Le cliché sous la neige par le Marine John Ally de la partie statuaire du mémorial sert au timbre-poste émis en 2003... entraînant une plainte du scuplteur Frank Gaylord réclamant un dédommagement pour l'usage de son œuvre. Procédure qu'il remporta en 2013, obtenant près de 685 mille dollars.

Mais, ce mémorial ne se limite pas aux statues organisées dans un parc triangulaire et partiellement arboré. Il comprend aussi un Wall of Remembrance avec le nom de chaque soldat états-unien tué dans ce conflit. En tant que président de la Fondation des vétérans de la guerre de Corée, Eber a participé à convaincre le Congrès, le Service des Parcs nationaux (qui a rappelé le problème des erreurs du mur de la guerre du Vietnam) et encourager l'État coréen à financer ses ajouts et des sponsors de ce pays pour l'entretien. En 2015, le groupe Samsung a inclus le nettoyage du lieu dans les activités possibles pour ses salariés lors de sa journée nationale de service.


Au-delà même de la carrière militaire, les vétérans et soignants des troupes des Nations unies en Corée ont donc servi la mémoire des leurs, morts au combat, mais aussi, les civils coréens à survivre au conflit, puis à le dépasser pour relancer la vie civile... N'est-ce pas le rôle désormais des troupes militaires et des corps civils sous Casques bleus ? Au prochain article donc.

mercredi 13 août 2025

La mémoire des vétérans des Nations unies au Mémorial de la Paix de Busan (3 sur 3)

 Les deux premiers articles (1, 2) sur la galerie honorant les vétérans de l'expédition des Nations unies en Corée, au Mémorial de la paix des Nations unies, à Busan, ont porté sur les objets rappelant les militaires combattants. Voici les militaires et volontaires soignants.

Cependant, l'évocation de l'empereur éthiopien a conclu sur un étonnement lié au grand ordre de Mugunghwa, décoration créée en République de Corée pour son chef d'État et être remise aux chefs d'États alliés et amis : le premier étranger qui l'a reçu n'est pas de ceux qu'on pourrait imaginer.

Photographies ou extraits de films d'actualité : des infirmières allemandes en Corée du Sud (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Or, des seize pays de l'expédition autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies pour sauver le sud de la Corée de l'invasion du nord, c'est le président de la République fédérale allemande, Heinrich Lübke, lors d'une visite du pays en 1967 (ici, un film d'actualité de British Pathé à Busan). L'ingénieur en bâtiment a été victime du régime nazi, a travaillé pour entreprise de construction qui eut des contrats avec l'État et Albert Speer ; il devient président fédéral, rôle honorifique pour ne pas faire d'ombre au véritable chef : le chancelier Konrad Adenauer.

Certificat de remerciement remis par un directeur d'hôpital à un soignant allemand (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Est-ce le souci de l'Allemagne fédérale de montrer rapidement une meilleure image du pays et ses habitants après le Troisième Reich et son alliance avec le Japon impérialiste ?

Adenauer décide cet envoi après sa rencontre avec le président des États-Unis. Les deux cents soignants et matériels arrivent à Busan en mai 1954 pour cinq ans afin d'aider la population de retour en paix.

L'Allemagne de l'Ouest a donc envoyé en Corée, comme d'autres pays neutres ou militairement insignifiants comparés aux forces des États-Unis, du personnel militaire ou civil de soignants avec des équipements de santé.

Cependant, le passé allemand a retardé cette décision quant d'autres pays anciennement belligérants de la dernière guerre mondiale (Inde, Italie notamment) et neutres ont pu intervenir dès 1950.

Uniforme d'infirmière volontaire suédoise lors de l'expédition de Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Ainsi, la Suède, État neutre, a participé par l'envoi de matériels et fournitures pour les hôpitaux de la Croix-Rouge en Corée. Parmi les six cents volontaires, cent soixante-dix femmes et hommes sont arrivent sous la direction du Colonel Carl-Erik Goth, le vingt-cinq septembre 1950 à Busan.

Une infirmière de la Croix-Rouge suédoise en couverture du numéro de Life, du vingt-cinq septembre 1950 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024). 

Dans la vitrine dédiée à ses volontaires suédois, envoyés dès le début du conflit, l'uniforme gris foncé est modeste avec ses épinglettes de la Croix-Rouge comme seul distraction visuelle.

Un collectionneur privé trouvera que la presse d'époque montrant un visage souriant et des civils en aide à la population civile coréenne, dont les colonnes de réfugiés fuyant les combats, varient de l'horreur ou du manque de documentation accessible sur les âpres combats.

Courrier d'un membre de la Croix-Rouge suédoise ayant passé par la poste militaire (états-unienne ?) (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

L'historien postale analysera les enveloppes laissés par les membres de l'Hôpital de campagne de la Croix-Rouge suédoise - le nom officiel de l'opération - ayant son adresse auprès de la poste militaires(sûrement des États-Unis ? APO503) au port japonaise de Yohohama.

Le Mémorial de Busan propose une enveloppe de courrier aérien, de Corée à la Suède via Yokohama, et affranchit par des timbres des États-Unis et un timbre coréen. Un double affranchissement nécessaire ? Ou petit souvenir coréen pour la destinatrice, peut-être l'épouse, les deux personnes portant le même nom de famille.

Timbre du Danemark de 1951 représentant le MS Jutlandia, alors en Corée, avec surcharge en faveur de la Croix-Rouge (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Le Danemark a marqué les esprits par l'envoi du bateau marchand MS Jutlandia, réaménagé en un navire-hôpital et son personnel médical de quarante-deux volontaires sélectionnés parmi des milliers de candidatures.

Photographies de personnel de la Croix-Rouge danoise et d'enfants coréens soignés de leurs graves blessures (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Ici, par contre, la vitrine évoque les conséquences de la guerre par le texte introductif et deux photographies. Les volontaires danois ont été choisis pour pouvoir tenir le choc de soigner et s'occuper de toutes les blessures et souffrances vécues par les civils coréens pendant la guerre, tels la nécessité d'amputer des enfants.

Comme les histoires de Coréens adoptés par des familles des États-Unis reviennent, avec bonheur ou malheur, dans les médias d'information et œuvres culturelles sud-coréennes, cette vitrine initie peut-être une réflexion sur pourquoi la Corée du Sud a été un point de recherche d'orphelins à adopter...

... avec les risques d'abus que le pays a connu jusqu'à tardivement au vingtième siècle.


Évidemment que mes recensions d'objets présents dans ces vitrines d'un musée sont fort incomplètes, n'ayant pas beaucoup approfondi mes recherches. Mais, les pistes sont là.


Post scriptum : des forces coloniales.

Photographie légendée « Vétérans néerlandais  » en Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Les militaires et volontaires civils des seize pays, de manière officielle (uniformes, médailles), personnelles (courrier) ; le rappel de leurs actions ; les femmes, les enfants évoqués,...

Une photographie rappelle qu'il y avait encore des empires coloniaux après la Seconde Guerre mondiale, même si l'Inde était indépendante depuis 1947 et l'Éthiopie jamais conquise jusqu'à l'agression mussolinienne.

Deux vétérans néerlandais en Corée paraissent originaires d'une des colonies des Pays-Bas, enfin celles qu'il a encore alors, car l'année précédant la guerre de Corée, ils ont dû reconnaître celle de l'Indonésie après quatre ans de conflits armés.

Surinam ? Antilles néerlandaises ?

Les concepteurs de cette galerie ont donc vu des coins et recoins de recherche pour tous les pays et populations ayant participé volontairement (les seize) ou indirectement (les anciennes colonies) à l'intervention en Corée.

samedi 9 août 2025

Poésie, carte postale et boîte aux lettres pour le final de Good Boy en Corée

 Du trente-et-un mai au vingt juillet 2025, la chaîne sud-coréen JTBC a diffusé les seize épisodes du feuilleton Good Boy (qui est le titre coréen prononcé à l'américaine : 굿보이), mêlant les fils du k-drama, comédie de reconversion professionnelle, et drame policier dans une ville de fiction, Inchun [-ou-], dont le nom évoquant Incheon [-o- ouvert], le port de Séoul, et le panorama et les cartes de Busan, le grand port du pays avec ses multiples baies, estuaires et montagnes forestières en pleine ville.

Oui, ici, le message au début de chaque épisode que tout est fictif est insistant, surtout vu le négatif qui plomberait la réputation d'une ville portuaire et de ses élites économiques et politiques.

Affiche promotionnelle de Good Boy : les héros avant / après leur carrière sportive (JTBC).

L'intrigue de départ est amusante : quatre champions olympiques des Jeux (fictifs) de São Paulo de 2016 ont choisi de se reconvertir dans la police d'Inchon, qui a lancé un programme de recrutement de sportifs de haut niveau : un discobole (trop) gentil, un escrimeur, une tireuse d'élite et, le héros principal : un boxeur, le « bon garçon » du titre.

Bon par sa morale, mais un peu immature.

Tous marqués par leur carrière, mais aussi par les traumatismes ou les échecs de leur passé, olympique ou pas d'ailleurs.

Une des méchantes, de nuit, dans un coin du port, à côté d'une boîte aux lettres (avant-dernier épisode).

L'intrigue policière a déjà démarré, passion des flashbacks dans les séries coréennes, et les quatre plus un inspecteur, ancien champion de lutte, participent en début de série à la tentative de la police de capturer le Lapin doré, l'insaisissable chef d'un réseau de drogue de la ville.

Entre comédie et drame, se dévoile l'obstination du héros, la mise en scène des combats à coups de goings, en escrimeur à bâton, au fusil à lunettes, ou à la lutte huilée, contre les gangs locaux, japonais, chinois et russes (c'est fictif !), et l'émergence du véritable méchant...

... Là, par contre, comment le méchant a atteint sa place, mériterait d'aller relire l'histoire criminelle des grands ports du monde depuis le dix-neuvième siècle.

Yoon Dong-ju, le héros, l'a rejoint après lui avoir laissé une carte postale marine (avant-dernier épisode).

La pieuvre du grand banditisme s'étant en effet depuis les aires de stockage des conteneurs maritimes jusqu'aux petits commerces gris : dépannage téléphonique, préteur sur gages, petits voleurs de belles voitures, etc.

Et en arrosant de billets et cadeaux, autant que de coups les élites locales qui apprécient que cette richesse-là du port ruisselle vers elles, mieux que celles offertes par le service public ou le marché.

La carte laissée au bon endroit : 흐르는 거리, à la rue qui s'écoule (avant-dernier épisode).

Comme d'autres séries de Corée du Sud, de nombreuses problématiques sociales et historiques de ses habitants qui vont créer progressivement les obstacles à ces projets criminels : le principe de méritocratie inculquée aux communs, l'adoption des orphelins par des États-Uniens, la honte des victimes des addictions, entre autres.

À l'avant-dernier épisode, une des méchantes est concernée par ces enjeux et acceptent de rencontrer le héros... non pas suite à un appel téléphonique - omniprésent dans la série -, mais car il a déposé au bon endroit une carte postale, une vue d'eau, et un simple message identifiant le lieu, littéralement en coréen : « la rue qui s'écoule ».

Un recueil de poésie, une des sous-intrigues multiples de ce drama (dernier épisode).

Franchement, arrivé au quinzième épisode de ces feuilletons aux multiples intrigues individuelles, au présent comme au passé, avec retour sur des scènes pour révélations non montrées au spectateur, celui-ci ne se demande pas comment dans une plaine aux multiples fleuves et rivières, elle a compris le lieu de la rencontre...

... sauf que la scène du héros marchant sur le quai vers cette femme et la boîte aux lettres, elle récite un poème extrait d'un recueil qui est revenu plusieurs fois de la jeunesse de Yoon Dong-ju au dernier épisode où il le retrouve.

A hazy fog rolls in

The street flows along

With no harbor to rest in,

I stand there wih my hands

on the red postbox

on the street corner.

(traduction en anglais tiré de la série)

Cet ouvrage, Ciel, vent, étoiles et poésie, compile les œuvres de Yun Dong-jun (윤동주), Coréen ayant vécu d'abord avec ses parents en exil en Chine du Nord, puis ayant étudié dans la Corée sous occupation japonaise, avant de poursuivre ses études en 1942 au Japon où il est exécuté en 1943 pour sa lutte en faveur de l'indépendance.

En hangeul, le héros de la série porte le même nom et prénom que le poète martyr ; un choix de la mère, dont le recueil de poèmes est le seul objet-souvenir que le policier idéaliste a d'elle.

Dans une des péripéties de la série, la méchante s'est retrouvé avec le recueil qu'elle a lu avec avidité, souhaitant tirée un trait sur sa jeunesse américaine.

Le message de la carte postale semble donc le titre d'un des poèmes de Yun, retenus par cœur par son homonyme de fiction, qui savait donc la méchante capable de comprendre...

Ça ne donne toujours pas pourquoi ce lieu-là et cette boîte aux lettres-ci, mais ça remet un peu de courrier rédigé dans un univers très nouvelles technologies de communication, où même le grand méchant utilise encore du p... Oups, no spoiler.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

jeudi 7 août 2025

La mémoire des vétérans des Nations unies au Mémorial de la Paix de Busan (2 sur 3)

 Aux côtés des souvenirs militaires, évoqués dimanche dernier, le courrier et les timbres-poste participent des vitrines de la galerie, au Mémorial de la paix à Busan, en République de Corée, en hommage aux troupes des pays ayant participé à l'expédition des Nations unies de soutien à la Corée du Sud, entre 1950 et 1953.

Ces objets sont variés tout autant qu'ils jouent des rôles divers dans la reconstitution de la vie quotidienne de ces soldats et du souvenir que les événements ont laissé en Corée et au-delà.

Note : oui, les objets ici décrits ont été photographiés au smartphone à travers une vitre et l'éclairage du musée... On peut faire mieux en prise de clichés et en trouvailles collectionneuses.

Un entier postal recommandé utilisé par un militaire australien en 1956 pour jouer à la loterie, un quasi -monopole de Tattersall's, fondé par George Adams (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024 - merci à Ian Billings pour l'identification de la destination du pli). 

Ainsi, plusieurs objets sont similaires à ceux employés pendant l'expédition en Corée, mais pas forcément utilisés aux bonnes dates. Telle cette enveloppe-entier recommandé australien, utilisé par un soldat de ce pays pour une correspondance vers l'État de Victoria, en 1956, et transmise par la poste militaire.

Il faudra consulter des ressources spécialisées pour savoir si des troupes et l'APO 215 (Army Post Office) étaient encore en Corée cette année-là, ou si ce bureau gérait une zone d'Asie de l'Est plus stable, telle l'occupation du Japon.

Les timbres d'Inde surchargées pour servir au Corps expéditionnaires en Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Encore plus générique, la vitrine consacrée à l'Inde présente la série neuve de timbres-poste indien, surchargés pour servir à la poste militaire en Corée.

Trois enveloppes et trois lettres de courrier militaire grec de la guerre de Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Plus marquantes sont donc ces trois enveloppes en franchise militaire et trois lettres manuscrites liées à des soldats grecs en Corée, en 1952 d'après les cachets oblitérants.

Les hellénistes liront les numéros des bureaux de poste militaire et déchiffreront le contenu de ces courriers, s'ils vont de la Corée vers la mère-patrie, à peine sortie de l'occupation nazie et de la guerre civile avec les communistes.

Affiche dans l'entrée du Mémorial appelant aux dons des souvenirs des vétérans de la guerre de Corée.

Ce manque d'objets postaux directement lié à des individus et leur petite histoire, ainsi que la disparition progressive des vétérans, est illustré par le lancement en 2023 d'un appel aux dons de leurs souvenirs par les vétérans de la guerre de Corée, ou leurs familles.

L'affiche dans l'entrée du Mémorial montre un ensemble de memorabilia qui rappellera aux Français la Grande Collecte du centenaire de la Première Guerre mondiale, juste avant 2014.


Ensuite la pure philatélie vient à la rescousse de la mémoire.

Carte postale de l'arrivée des troupes belges en Corée, oblitérée lors d'une exposition philatélique, le quatorze avril 1951 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Des soldats belges, tout juste débarqués en Corée, illustrent une carte postale utilisée comme souvenir lors d'une exposition philatélique à Woluwe (soit dans Bruxelles, soit en Brabant flamand).

L'item montre le lien entre les troupes et la population au pays si un collectionneur belge a des informations sur cette exposition.

Enveloppe premier jour de l'émission Volontaires de Corée du vingt-cinq septembre 1952 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024). 

C'est par l'émission de 1952 que les soldats tucs volontaires sont, entre autres, honorés dans la vitrine de la Turquie : quatre timbres sur une enveloppe premier jour.

L'illustration de celle-ci est claire : autour d'une carte de la péninsule coréenne, des soldats mitraillent et mettent ainsi en fuite des soldats vers la République populaire de Chine, pendant que le drapeau turc est levé à la frontière entre la Corée et la Chine au nord.

Ceci était fort optimiste alors que le front s'était stabilisé depuis 1951 à la frontière actuelle.

Timbres de Colombie de 1954 célébrant les forces armées colombiennes... pour un coup d'État (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Cependant, tout ce qui brille n'étant pas d'or, il y a quelques surprises à utiliser les si commodes timbres-poste.

En Colombie d'abord, ces deux blocs de timbres colombiens, nation participant à la Force des Nations unies en Corée, honorent les Forces armées colombiennes pour l'anniversaire du treize juin 1953, un an après l'armistice de Panm...

...

Euh, l'anniversaire d'un coup d'État militaire à Bogota, un mois avant l'armistice inter-coréen.

J'imagine qu'un Coréen, un Chinois, un Cambodgien aurait aussi des choses à redire sur les expositions d'arts asiatiques en Europe.

Le drapeau de l'empire d'Éthiopie et les timbres coréens de 1951 remerciant les pays venus à son secours (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Deuxième surprise : l'Éthiopie, un peu comme le badge dans la vitrine de la Turquie ou de la Colombie, fait partie des pays où j'imagine que la vitrine a été difficile à créer : quelle mémoire des vétérans de la Corée dans ces pays depuis bousculés par les événements politiques, économiques et sociaux ?

D'où un effort pédagogique de rappeler déjà que c'est l'Empire d'Éthiopie qui a répondu à l'appel du Conseil de sécurité des Nations unies : rappel du drapeau de l'époque imprimé sur carton et avec les timbres de 1951 que la poste coréenne a émis pour chaque pays participant à l'expédition.

Timbre de Corée du Sud de 1968 : visite de l'empereur Haïlé Sélassié auprès du président Park Chung-hee (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).  

Un timbre-feuillet de 1968 rappelle ce lien entre Corée et Éthiopie : la visite de l'empereur Haïlé Sélassié en Corée du Sud, alors présidée par Park Chung-hee.

Le planisphère choisi est éloquent : centré sur l'océan Indien, il relit la péninsule coréenne à l'Éthiopie par une branche des lauriers de la paix, de couleur verte (ni bleu, ni rouge... en ces temps de guerre Froide).

Lors de cette visite, l'empereur est ainsi le huitième non coréen et le premier africain à recevoir le grand ordre de Mugunghwa, remis de 1949 à 2008 aux présidents sud-coréens en début d'exercice, qui peuvent en décorer les chefs d'État alliés du pays.


Grand ordre dont le premier étranger à le recevoir fut le président de la République fédérale d'Allemagne en 1964... 

Ah ? Pas Truman, ni Eisenhower, présidents des États-Unis d'Amérique pendant le conflit ?

L'Allemagne, l'ancien allié du Japon impérialiste ?

...

Pourquoi ? Réponse partielle au prochain épisode sur le Mémorial de la paix des Nations unies, à Busan.

dimanche 3 août 2025

La mémoire des vétérans des Nations unies au Mémorial de la Paix de Busan (1 sur 3)

 Le samedi vingt juillet 2024, j'ai visité le Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, en République de Corée. L'institution a été inaugurée en 2014 par le ministère des Affaires concernant les patriotes et les vétérans, dans la ville qui fut la capitale temporaire et le refuge des sud-Coréens entre 1950 et 1953.

Le bâtiment et ses activités sont établis dans le même quartier que le cimetière-mémorial des membres de la force des Nations unies envoyés pour sauver le sud de la Corée de l'attaque du gouvernement communiste du nord.

Note du sept août 2025 : mon inattention a inscrit la date du 20072025 dans le nom des fichiers photographiques ci-dessous. Il faut bien lire 20072024, date de leur prise, et au cas où la muséographie changerait.

La façade du Mémorial de la paix, à Busan, en juillet 2024 (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, avec limite pour les droits architecturaux).

Outre des manifestations et outils de recherche sur la guerre de Corée, l'intervention d'une coalition d'États-membres des Nations unies sous la direction des États-Unis d'Amérique, et les missions de l'Organisations des Nations unies, le lieu comprend un musée (alors gratuit) avec trois expositions.

La première raconte le déclenchement et le déroulement des opérations militaires jusqu'à la signature de l'armistice à Panmunjeom, le vingt-sept juillet 1953. La troisième montre les activités de l'Organisations des Nations unies et de ses organisations dans le cadre de la paix et du développement dans le monde actuel.

Une vue complète de la vitrine consacrée aux soldats des États-Unis, similaire aux autres : uniformes avec médailles liés à la Corée, photographies militaires, etc. (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, avec limite pour la muséographie).

La seconde est un ensemble de vitrines et de vidéos honorant les hommes et les femmes des seize pays ayant participé à la Force des Nations unies pour la Corée, à travers des objets-souvenirs publics (uniformes, médailles, presse,...) ou privés (courrier par exemple).

Finalement, des ensembles d'objets liés à des collections qui, conservés ou remis ensemble, permet de raconter la vie quotidienne des soldats et personnels médicaux pendant ce conflit.

Dans la vitrine consacrée aux Français, à côté d'un numéro ouvert de Paris Match de 1953, trois médailles militaires françaises liées à la participation au conflit coréen (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, avec limite pour la muséographie).

Les objets militaires sont majoritaires - expliquant qu'un article abordera les objets liés aux personnels de santé. Par exemple, les médailles commémoratives de la participation du militaire à l'expédition en Corée apparaisseent dans la vitrine consacrée à la France :

- deux médailles des Nations unies pour la Corée,

- une médaille à ruban bicolore intérieur et tricolore français en extérieur et armoirie de la Corée : la médaille commémorative française des opérations de l'Organisation des Nations unies en Corée.

Dans la vitrine consacrée à la Brigade turque, une épinglette mêlant armes de la Turquie et emblème des Nations unies, avec sa boîte (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, avec limite pour la muséographie).

Un des soucis est la légèreté de certaines légendes, telle ce « commemorative badge » mêlant emblèmes de la Turquie et des Nations unies - et exposé en travers.

Il est accompagné de sa boîte à la légende en anglais (special badge) et idéogrammes - en sachant qu'une partie du lexique coréen comprend encore des notions ou noms propres écrits en idéogrammes et non en alphabet hangeul.

Est-ce un souvenir coréen local datant de la guerre ou de sa suite produit à titre privé ou public par les Coréens ? Y a-t-il eu une création pour chaque nation participante ?


Pas de photographies à montrer, mais le visiteur verra aussi des cartes d'identité militaires, des journaux de marche tenus par des sous-officiers.

À venir, les souvenirs postaux exposés dans cette galerie.

samedi 24 mai 2025

Boîte aux lettres près du Monument aux vétérans des Nations unies à Busan

 Le samedi vingt juillet, j'ai visité à Busan plusieurs lieux honorant la mémoire des soldats des forces d'États-membres des Nations unies venus au secours de la Corée du Sud contre l'offensive de la Corée du Nord : la guerre de Corée de 1950 à 1953.

La boîte aux lettres avec de nouveaux commerces modernes en arrière-plan (photographie du vingt juillet 2024 sous licence Creative Commons CC BY-NC-SA).

Au sud-est de la ville étalée entre des montagnes forestières, et du sud-ouest, la rue Soekpo arrive devant le Monument aux vétérans des Nations unies, en passant quelques centaines de mètres avant devant un bureau de poste où se trouve la boîte aux lettres ci-dessus.

Le bureau de poste rue Soekpo, à Busan, en 2017 (Google Street View).

Le bureau devant lequel elle se trouve est en bordure d'un quartier résidentiel de maisons et petits immeubles, principalement en briques, de la seconde moitié du vingtième siècle, alors qu'en face, les parcelles commerciales sont modernisées : Street View montre un chantier en 2017 en face du bureau de poste où j'ai pu voir un supermarché avec parc de stationnement intérieur tout neuf.

Le mode d'emploi minimal de la poste aux lettres (tous droits réservés).

Comme sur presque toutes les boîtes de Korea Post, un autocollant signale l'heure de levée et des consignes sur la poste aux lettres : risque de retard après la levée du vendredi dix-sept heures, le courrier mal affranchi (430 wons si standardisé) sera retourné à l'expéditeur.

Trois numéros de téléphone du renseignement général aux directions postales complètent le tout, signé du directeur postal de Nambusan, bureau principal en charge de l'ouest de l'agglomération de Busan.

D'autres boîtes alertent aussi les expéditeurs de ne pas poster de médicaments par cet intermédiaire : entre besoin d'un colis déclaré et de possibles lois spécifiques.

Le Monument aux vétérans des Nations unies, à Busan (photographie du vingt juillet 2024 sous licence Creative Commons CC BY-NC-SA)

En bout de la rue que je suivais dans le quartier du cimetière-mémorial des Nations unies, le monument aux vétérans des Nations unies : des soldats marchant pour soutenir le monde, entourés des drapeaux des pays participant à cette force.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

samedi 29 mars 2025

En Corée, des boîtes aux lettres pour s'écrire au futur (1/2)

 Outre les boîtes jaunes de la poste chaleureuse (Ongi Post) qui permet à des bénévoles de répondre aux personnes en difficulté, il existe en Corée du Sud des boîtes aux lettres pour envoyer du courrier à son moi futur.

Trois semaines ou un an, à vous d'écrire (en juillet 2024, licence Creative Commons BY-NC-SA 4.0).

À Busan, au sud-est du pays, le quartier de Gamcheon est composé de vieilles bâtisses multicolores à flancs de montagnes dominant d'un côté la gare centrale et de l'autre le port. En 2009, il devient un espace mixte résidentiel à sauvegarder, touristique à l'aide du personnage du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, et culturel en aidant des artistes et studio à s'y installer.

Vue de Gamcheon depuis une des plate-formes pour touristes - n'hésitez pas à tourner, des boutiques recèlent des œuvres d'artistes locaux... pour un futur article (en juillet 2024, licence Creative Commons BY-NC-SA 4.0).

Dès l'office de tourisme situé à l'arrêt de bus ouvrant sur le parcours principal de la partie la plus touristique du quartier - dont de multiples panneaux rappellent qu'il y a des résidents -, les jeunes gens qui l'animent vous proposent pour un prix modeste l'envoi d'une carte postale (qu'il faut que je retrouve pour la scanner).

Mais, une fois parvenu à une des plate-formes panoramiques parmi les moins aisés à atteindre - pente rude, distraction par deux boutiques de chats-souvenirs, pièges à touristes-instagrammeurs, etc. -, deux boîtes aux lettres patientent avec un Petit Prince dessiné, assez peu visitées.

Peut-être que leur but se mérite.

Le Petit Prince est partout... avec le renard, la rose, etc. à vous d'écrire (en juillet 2024, licence Creative Commons BY-NC-SA 4.0).

Le mode d'emploi est inscrit, de haut en bas, en corée, anglais, japonais et chinois : écrivez votre histoire sur une carte postale et postez-la. Dans la jaune, elle sera postée dans trois semaines ; dans la rouge, elle le sera dans un an.

Il faut juste ne pas oublier de laisser son nom et le prix du timbre à l'office du tourisme, au point de départ du parcours classique.

Je n'ai pas réalisé l'expérience car j'ai redescendu à travers pente : petites maisons avec les gros bocaux à kimchi et sauces variées posés devant ; petits ateliers où travaille l'artiste, prêt à s'interrompre pour proposer dessins, gravures, cartes postales visibles dans un coin, minuscules parcs avec matériel de mobilité sportive adaptée au troisième âge, etc.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.