lundi 6 avril 2026

Du bureau postal en Lego proposé par le Musée de La Poste

 Profitant du dimanche de Pâques, et grâce à un ami parisien, j'ai assemblée le bureau de poste, set 230925, en briques Lego, un produit proposé par le Musée de La Poste depuis décembre 2025 dans la boutique du musée parisien, après avoir vendu un lot sur le site web.

Le sachet de cent pièces Lego, le livret de montage dans la boîte bleu poste.

De près, l'illustration du bureau de poste sur la boîte et en couverture du livret de montage montre l'usage d'un logiciel de création de modèle Lego à l'extérieur de l'entreprise.

Le texte légal au dos du livret d'instructions (et aussi sur un des côtés de la boîte).

Cela était prévu puisque le Musée annonce trois mille unités en série limitée et numérotée... Je cherche encore le numéro de ma boîte d'ailleurs.

Les avertissements sont brusquement explicites : si les pièces ont été fabriquées et fournies par le groupe danois, ce produit dans sa conception n'est pas de sa responsabilité.

Les habitués des bâtiments Lego s'en rendront compte rapidement : la montée des murs est bien verticale sans consolidation par les briques - ça peut évoquer les standards du bâtiment moderne, des grandes plaques de béton juxtaposées. Par contre, la poutre intérieure montre rapidement le point faible de cette conception économe : soutenez-la en montant le toit.

Le bureau fini avec la factrice et son vélo.

Les un centime de moins que cinquante euros en cent briques sont employés plutôt en sept briques tampographiés, dont quatre aux marques de La Poste et La Banque postale, l'oiseau postal tout petit sur le torse basique de la mini-figurine, un mini-clavier pour le distributeur bancaire, et la plaque d'adresse : 49 place du Musée de La Poste.

D'ailleurs, ce distributeur et la boîte aux lettres requiert plusieurs pièces pour l'assemblage, expliquant l'espace de six tenons de large où se trouve la plus grande densité de briques.

La brique lettre affranchie avec destinataire et expéditeur.

Les archivistes du Lego retrouveront si la lettre affranchie, la couleur jaune-orangé du vélo, la chevelure-casquette de la mini-figurine sont inédits.

L'intérieur épuré du bureau de poste.

Limite coût-prix acceptable, place laissé à l'imagination, l'intérieur du bureau est... vide.

En dehors de la boîte à document bancaire et la fenêtre ouvrable, le comptoir reste à créer, selon les époques des bureaux de poste français : haut comptoir avec vitre de protection, espace ouvert actuel.

Et là, deuxième gros souci du set entre conception privée et mode officielle Lego : les anciens remarqueront l'aspect lisse de la plaque sur laquelle repose le bureau, qui laisse peu d'emplacement de fixation pour cet intérieur.

En effet, depuis 2021, pour la gamme Lego City ciblant les plus jeunes, Lego a remplacé les grandes plaques de chaussées par ce système de modules épais (deux briques plates de haut) avec quelques vides emplis de tenons. Les grandes et moyennes plaques fines à tenons se trouvent encore dans les gammes à licence ou créatives plutôt pour assembleurs expérimentés. Et leur commerce de second main a connu une inflation des prix.

Pour ce bureau, le module principal permet à deux emplacements de servir de fondations aux murs. Cependant, cela limite les possibilités de fixer figurines et objets, notamment dans cet intérieur ouvert au créateur.


Pour finir par les plus : le choix du trio de couleur est harmonieux, méridional même, me rappelant le guichet annexe (fermé) de la place des Arcades, à Maurin, village excentré de la commune héraultaise de Lattes. Cet aspect me paraît renforcer par la fenêtre proposé en ouverture en biais : du sol extérieur vers l'intérieur à rafraîchir l'été.

Malgré la simplicité des murs, les petits assemblages de l'automate bancaire et du phare de vélo sont inspirants pour ses propres créations.

dimanche 5 avril 2026

Initiation aux sciences de l'archéologie au musée Interlinden de Colmar

 À Colmar, en Alsace, le musée Unterlinden existe depuis 1853 au sein d'un ancien couvent féminin, dont les religieuses furent expulsées pendant la Révolution française, avant que le projet muséal sauve le bâtiment, ses éléments archéologiques, et le patrimoine matériel religieux confisqué.

Il a été enrichi dans de nombreux domaines : archéologie du Haut-Rhin, arts décoratifs et religieux d'Alsace, un cabinet de gravures modernes, des peintures du dix-neuvième siècle à nos jours, des œuvres au crayon, etc. Et surtout, restauré récemment et exposé de manière à la voir en entier : le retable d'Issenheim de Matthias Grünewald (début seizième siècle), parmi plusieurs autres retables.

Le Char de la mort de Théophile Schuler, de 1851 (photographie de Gzen92, via la base documentaire libre de droits Commons de Wikimedia).

Deux moments marquants pour moi, dont un lié aux collections de ce blog, parmi les nombreux objets et œuvres.

D'abord, la découverte du grand tableau de 1851 du Strasbourgeois Théophile Schuler, Le Char de la mort qui exprime magnifiquement, à mon humble avis, l'époque romantique entre espoir de la Révolution, conviction chrétienne, et désespoir face à la trop lente agonie des mauvais sentiments humains, tous incarnés par de nombreuses allégories.

Une petite collection de pièces de monnaie antiques de peuples celtes au musée Underlinden, à Colmar, en février 2026.

Le musée accueille aussi une longue galerie sur la préhistoire et l'antiquité régionale (au sens élargi, l'Alsace ayant participé aux espaces et réseaux celtes et romains), classées par âges bien entendu, mais surtout par thématiques des disciplines spécialisées de l'archéologie.

Pour montrer et expliquer le passage et les techniques des âges de pierre et des métaux, les objets trouvés sont accompagnés de grands panneaux expliquant les techniques employés découvertes par Homo sapiens.

À hauteur d'enfant, l'explication du métier de numismate placée sous les monnaies (tous droits réservés, musée Underlinden, Colmar).

Ces panneaux sont accompagnés d'objets reconstitués à toucher, toujours utile avec des enfants, et aussi de petits blocs en vitrine. Sur ces blocs sont posés des trouvailles archéologiques et sur la face avant, l'enfant peut découvrir un des spécialistes étudiant, pendant et après les fouilles, les objets d'un site pour le dater, comprendre les interactions humaines, la chronologie de l'occupation, etc.

Ici, les exemples monétaires permettent de présenter le numismate, ancienne spécialisation de l'archéologue et de l'historien, qui interprète la vie du site selon les monnaies que les archéologues ont trouvées.

Un lapin et de petits dessins attirent le regard enfantin sur ce métier.

Devant le cube, un petit lexique donne les éléments-clés pour comprendre comment les monnaies sont créées (tous droits réservés, musée Underlinden, Colmar).

Enfin, posé devant, un lexique illustré explique en quelques mots et l'action de frappe comment les monnaies sont créées.

Il ne reste plus qu'à organiser ponctuellement des journées archéologiques avec frappe monétaire, reconstitution de vases avec moulage au plâtre de morceaux manquants, etc.

Et une visite au Musée de la Monnaie de Paris, notamment la galerie des métaux, même s'il sera moins touche-à-tout.

Métallurgie, étude des graines fossiles, etc. Toutes les passions et curiosités des visiteurs sont servies par ces petits cubes illustrés.

Couverture du livre Qu'est-ce que la Préhistoire ? de Sophie A. de Beaune, édition Folio, 2016


La boutique du musée colmarien dispose de propositions sur préhistoire, antiquité et archéologie.

Pour les lecteurs de bon niveau, la préhistorienne et ancienne universitaire lyonnaise, Sophie de Beaune, a proposé en 2016 un Qu'est-ce que la Préhistoire ? au sens ce qu'est la discipline Préhistoire qui étudie les humains et leurs sociétés avant l'écriture... ou avec...

Je n'en suis qu'aux premiers chapitres de définitions, mais déjà, sont posées la diversité et la complémentarité des spécialisations des archéologues et des préhistoriens : la fouille qui recense strictement, mais détruit aussi, n'est pas l'analyse interprétative des paléontologues, des sociologues et anthropologues, des numismates,...

J'ai trouvé ce livre quelques jours après Colmar à la boutique du musée des Confluences, à Lyon, héritier des musées d'histoire naturelle et autres cabinets de curiosités de la ville.


vendredi 3 avril 2026

Classe ouverte : jeunes artistes actuels

 Pour faire la promotion de leurs premières expositions, les jeunes artistes actuels usent de petits objets collectionnables : affiches, affichettes, créations sur cartes de visite ou autocollants, ou d'un format adapté aux coques transparentes de protection des téléphones portables.

Affichette (flyer) annonçant l'exposition Missing de l'artiste multi-supports montpelliérain Kuro222 en avril-mai 2026.

À l'approche du vernissage, le jeudi neuf avril, de son exposition Missing à la Galerie 411, avenue Georges Clemenceau à Montpellier, j'ai pu trouvé plusieurs de ces collectibles, reflétant une partie de ses thématiques.

L'affiche, grand comme petit format, reprend le personnage-clé de Kuro : un peu lui-même, un peu l'adolescent dont la tête reflète l'état d'esprit. Ici, assez triste mais couronné dans un paysage de mas héraultais, entouré d'amis ou parents heureux, mais loin des préoccupations du héros.

Dos illustré de la carte de visite de Kuro222 en tant que tatoueur, illustrateur et muraliste (oui, il y a un lien avec la Fête du timbre 2026).

Ces personnages réalistes, comme sur sa carte de visite ou, plus cartoon, à la tête remplacée d'illustrations d'idées à foison, sont le motif principal de ses essais adolescents, et désormais de sa carrière principale de tatoueur. Un art corporel qui sied bien au trait simple et aux petits formats, sauf projets de l'artiste ou commandes du client.

Autocollant avec illustration rougeoyante sur papier métallisé, signée Kuro222.

Dernier objet reçu et facile à scanner : cet autocollant en couleur sur papier métal, qui montre comment les personnages ont évolué depuis les traits simples aux couleurs et dégradés de gris.

Autocollant... car artiste muraliste.

Là, il faut visiter Montpellier et les communes alentours. La signature au pochoir "Kuro222" se trouve de temps à autre près de certains établissements scolaires, trottoirs et chaussées du centre-ville, mobiliers de chantiers urbains, etc.

Plusieurs de ses fresques murales sont à connaître rapidement, les propriétaires n'étant pas toujours au courant (avec rafraîchissement en blanc au frais de l'artiste)... même s'il tend à choisir des murs isolés : abri dans les vignes ou en bordure de garrigues par exemple. Des commandes existent pour des murs dans l'espace public et certains établissements scolaires accueillant de courtes résidences d'artistes pour former à l'art les élèves et faire vivre les artistes anonymes.


Vous pouvez explorer les arts en formation continue de Kuro222 sur ses deux comptes Instagram: tatouages / autres arts, et le retrouver en exposition solo ou collective dans les quelques ateliers d'artistes et galeries montpelliéraines.

jeudi 2 avril 2026

Mon timbre en ligne touristique : Angoulême

 Un peu de bonheur et de couleurs dans ce monde de brutes.

Timbre imprimé sur le site de La Poste, au dessin sur Angoulême, avec sticker de suivi, sur enveloppe postée le lundi trente mars et arrivée le premier avril 2026.

J'ai consommé, comme la société capitaliste de marché attend de moi, quelques éléments LEGO postaux qui manquait à ma collection actuelle... à un vendeur en ligne français.

L'enveloppe était affranchie avec donc un timbre en ligne, imprimé à domicile, pour lequel a joliment choisi une vue d'Angoulême à vélo (le vendeur est de l'autre côté du pays).

Voilà.

C'est tout.

mercredi 1 avril 2026

Oblitération à message allemande à Prague en novembre 1945 (HEIN ?!!)

 Je reste dubitatif face à la réponse à une question de lecteurs parue dans le numéro d'avril 2026 d'un magazine philatélique français dont le rédacteur-en-chef écrivait dans son éditorial de janvier, suite à un repas de fin d'année chez son propriétaire à Amiens : « Comme rédacteur-en-chef, il m'est difficile d'être impartial et j'aurais plutôt tendance à dire que nous sommes les "meilleurs". » pour justifier pourquoi sa publication ne proposait pas de participer aux compétitions de littérature philatélique.

À la première lecture, j'ai même cru à un poisson d'avril - tradition que j'apprécie peu.

Un objet philatélique quasi-identique à celui en question à la page dix du magazine concerné (vente sur le site Le Bon Coin).

En quelques instants sur le moteur de recherches Google (par mots-clés en allemand, puis à partir du cliché photographique de l'oblitération à message de propagande), j'ai trouvé une réponse qui me paraît plus pertinente que : Oh ! Des anti-communistes tchèques tentent sous le nez de l'Armée rouge et du KGB de s'opposer au bolchevisme avec des timbres à l'effigie d'Hitler et un slogan en tchèque et en allemand, six mois après la capitulation du Troisième Reich !!!

Un autre exemple de souvenir philatélique de timbres du Protectorat et d'une oblitération à message bilingue, ici du quatorze septembre 1941 (via le site philatélique spécialisé et marchand German-Reich.de)

Ainsi, je découvre rapidement un site philatélique marchand qui fait dans l'instruction du collectionneur de timbres-poste : German-Reich.de, dédié à expliquer les enjeux de la philatélie allemande de 1872 à 1945, territoires occupés inclus.

Sur la page dédiée au protectorat de Bohême et Moravie, un souvenir de la foire de Prague (ci-dessus) montre la réponse sur le problème de la date du souvenir antibolchévique : en Allemagne, le mois est indiqué en chiffre arabe ; côté tchèque, c'est un chiffre romain qui l'identifie sur l'oblitération, même les oblitérations courantes (voir cette enveloppe de la même série hitlérienne sur un site de vente polonais).

14. IX. 41 pour ce souvenir de la foire de Prague, donc le 14 septembre 1941.

Pour le souvenir antibolchévique, -3. II. 45-15 se lit 3 février 1945 à 15 heures et non 3 novembre 1945.

Que le lecteur s'interroge et serve à d'autres dans les mêmes doutes, c'est naturel si les chiffres romains sur timbres et oblitérations lui est inhabituel. Mais que le journaliste creuse une explication possible, mais pas la plus simple à vivre pour les résistants tchèques de novembre 1945, ni à prouver (ou alors, citer l'ouvrage et son auteur qui le raconte).

Vente de l'oblitération anti-bolchévique sur un site tchèque, datée du vingt-huit janvier 1945 (sur aukro.cz).

Pour l'oblitération à messages, en double ligne dans la partie inférieure du cercle extérieur (ou aussi dans la bande centrale), j'en ai vu plusieurs côté Allemagne pré-1945 au cours de cette recherche. Je ne sais si la poste tchécoslovaque avait cette façon de faire avant les accords de Munich.

Par la recherche inversée Google Images, en partant d'une photographie de l'oblitération proposée par le lecteur du magazine (en ôtant le timbre qui gêne le moteur de recherche), on trouve un site de vente tchèque où cette marque est proposée sur fragment datée du vingt-huit janvier 1945 (28. I. 45, pas de confusion ici) en 2021 à 390 couronnes tchèques (environ quinze euros).


L'erreur est humaine, mais rappelons que le meilleur des utilisateurs de chiffres romains du magazine aurait pu être consulté, lui qui en est, en avril 2026, au nombre LXXIII.