mardi 28 juillet 2026

La France face aux feux de forêts et au changement climatique : du rôle des timbres et du service philatélique

 De nouveau, après l'été 2022, les forêts des Landes de Gascogne connaissent un incendie catastrophique en termes environnementaux et humains depuis le vingt-deux juillet dernier. En 2022, c'était le sud du bassin d'Arcachon ; en 2026, c'est le nord.

Habitants, exploitants forestiers, pompiers, volontaires et militaires font face au refus politicien et médiatique de répondre aux questions : 

- face à des climats qui s'assèchent et se réchauffent en France hexagonale, qu'ont fait les dirigeants pour la prévention et l'équipement à court terme ?

- Face au changement climatique et ses effets sur une forêt artificielle et productive de pins hautement inflammables, qu'ont-ils prévu à long terme ?

« On ne politise pas les feux de forêts ! » est le slogan successif du Premier Ministre, du ministre de l'Intérieur et du président de la République. Comme il ne fallait pas politiser les souffrances et morts des vagues inédites de chaleur de mai et juin 2026 ! L'installation à peu de frais de climatiseurs était alors la solution à court terme, sans envisager qu'en deux mandats, le parti présidentiel n'a pas organisé comment construire l'immobilier neuf et rénover l'ancien pour faire face aux chaleurs estivales aggravées.

Pourtant, en juillet 2024, La Poste faisait son travail d'information du public, probablement sous l'effet de demande politique locale ou nationale d'émissions de timbres-poste du programme philatélique.

Le timbre sur le Canadair de la Sécurité civile, oblitéré premier jour à Paris et, ici, à Nîmes, où se trouve la base de Nîmes-Garons (scan du Document philatélique de Philaposte).

Le cinq juillet 2024, en premier jour, le Canadair était célébré comme outil emblématique de la lutte contre les feux de forêts en France, du nom de l'entreprise canadienne de construction aéronautique qui en a conçu les différentes itérations.

Cet engin capable de voler au ras d'un plan d'eau pour aller en escadrille déposer sa cargaison sur le front du feu pour le ralentir et permettre les interventions des pompiers au sol. Le bruit caractéristique de ses moteurs sont connus de nombreux départements littoraux, particulièrement méditerranéens.

Et, chaque été de grands feux destructeurs, chaque hiver de débat budgétaire au Parlement, son nom synthétise le débat sur l'équipement des pompiers et de la Sécurité civile face à ces incendies. En effet, la flotte des Canadair français est de douze vieillissants, d'une maintenance coûteuse depuis que le modèle n'est plus produit faute de commandes.

Certes, son successeur, une reprise par le canadien De Havilland, est en élaboration, mais pour des livraisons à la fin de la décennie... En attendant, le public tente de comprendre comment les Premiers Ministres, nombreux et successifs du président Macron, en sont arrivés à douze avions dispersés en cas d'été sec.

L'illustration par Mathieu Persan du document philatélique de Philaposte, dont il a aussi créé le timbre (scan).

Comme le climatiseur l'est depuis mai 2026, politiciens, soutenus par les médias économes, jurent que ce n'est pas de leur faute : Canadair a cessé la production, à céder ses plans à d'autres, que le budget de la France est difficile pour dépenser. Mais au pays d'Airbus et de l'industrie aéronautique militaire... ça passe mal, surtout quand les baisses d'impôts et niches fiscales se compte par milliards au bénéfice d'une minorité d'entreprises et leurs dirigeants, sans retour économique apparent pour la majorité des citoyens.

Plus pertinent paraît le discours des états-majors des pompiers et de la Sécurité civile que le Canadair est indispensable, mais pas le seul outil ni stratégie participant de la lutte contre ces feux forestiers. Mais indispensable.

L'illustration que Mathieu Persan a créée pour le document philatélique du timbre Le Canadair de la sécurité civile accompagne bien le propos de Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile : d'autres avions, Tracker et Dash, et les hélicoptères Dragon peuvent eux aussi bombarder d'eau ou de produits retardant la végétation enflammée ou menacée par le front.

... Sans aller jusqu'à l'excès inverse des politiciens et des chaînes d'information continue en pamoison devant un avion de transport A400-M, prévu pour un usage militaire, converti en bombardier de retardant cet été. Au moment d'écrire cet article de blog, il a effectué un unique (utile) vol dans les Landes, le deuxième devant avoir lieu prochainement.

Scan du document philatélique de Philaposte pour le timbre sur le Canadair, premier jour de Nîmes du cinq juillet 2024, illustrations de Mathieu Persan et texte de Julien Marion.

Comme tout, la prévention et la lutte contre les feux de forêts sont un système de moyens, d'actions, prévus longtemps à l'avance et revus encore après.

Ce que nos politiciens et principaux médias ont du mal à concevoir, entre incompétence et malhonnêteté électoraliste.


La forêt est elle aussi un système.

Le timbre Forêt des Landes émis mi-juillet 2024, avec premier jour dans trois villes de Gironde et la préfecture des Landes.

Le même mois de juillet 2024, La Poste émettait un timbre sur la forêt des Landes, dont les textes des documents et notices philatéliques insistaient sur l'histoire, mais aussi la fragilité suite aux feux de 2022, en évoquant explicitement le changement climatique comme un des défis visant cette forêt au vingt-et-unième siècle.

L'illustration de Ségolène Derudder, gravée par Line Filhon, montre bien la domination du pin maritime dans les Landes, et même partiellement sur ces alignements à visée productiviste de leurs plantations depuis le grand chambardement écologique provoqué par l'empereur Napoléon III, dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

Dans l'émission Le Cours de l'histoire du trente août 2022 (rediffusée dernièrement), l'historien Jacques Sargos et le géographe Paul Arnould racontent et expliquent comment, en 1852, un géomètre en chef du cadastre décrit, puis compare, les Landes des deux départements, constatant leur différence de développement économique... La légende a ajouté le voyage en train vers l'Espagne de l'empereur, désolé d'un tel paysage entraînant la misère.

Scan d'une notice philatélique au timbre de la forêt des Landes, avec texte du directeur de Philaposte, offert aux clients du service philatélique fin 2024.

Comme le remembrement des années 1940 à 1970 (ici, , en BD), l'enforestation des Landes a été un drame social, une opportunité économique pour les grands propriétaires, des industriels liés au bois et à la chimie, et ceux amenant les capitaux. Pas vraiment les bergers sur échasses.

Le pin maritime fut majoritaire en raison des sols et de sa croissance rapide, donc rentable et profitable pour les dits propriétaires fonciers et industriels.

Un siècle et demi plus tard, après une alerte en 1949, cette forêt de résineux d'exploitation suscite ses propres limites.

Un système que politiciens, grands médias et mauvais commentateurs résument à un seul point (juste, mais pas suffisant seul) : la surface à entretenir est énorme, le débroussaillage et la gestion des bois morts (en retirer par sécurité, en laisser par biodiversité) à répéter éternellement même pour de petits propriétaires fiers de leur héritage foncier mais sans assise financière pour les coûts d'exploitation avant coupe et vente. Donc, on accuse les politiciens et associations écologistes d'empêcher cette vidange de végétaux morts dans le but de protéger la biodiversité...

Encore une semaine de feu et d'évacuation et ils accuseront des baigneuses faisant du surf en burkini à Lacanau.


Même le président de la République, l'hypocrite créateur d'une Convention citoyenne pour le climat dont il n'a pas tenu compte (2019-2020), le bullshiteur - digne de Trump - avec son Make the planet great again (juin 2017), n'a pas évoqué le changement climatique lors de sa visite en Gironde hier. Par contre les pronoms l'incluant à la lutte alors que ce sont les habitants et les pompiers qui payent en sueur, larmes, souvenirs d'une vie, et sacrifice mortel.

Comme signalé avec la poste des États-Unis et les timbres qu'elle a émis pour les deux cent cinquante ans de l'Indépendance, la poste française semble tenir une certaine direction honnête et honorable dans son programme philatélique, qui est désormais de la seule signature et responsabilité du Président du Groupe La Poste.

L'actuelle et nouvelle présidente de ce groupe laissera-t-elle Philaposte et sa commission philatélique poursuivre ce travail d'équilibre entre timbre émis, liberté des textes imprimés sur les documents, etc. Ou fait-elle partie des nominations dignes de notre président : n'importe qui de ses alliés pouvant devenir préfet, recteur, etc. ?

dimanche 19 juillet 2026

Poster une lettre en voisin ou avant de partir à la Gare Sud de France

 Sûrement posée à l'ouverture en 2018, voici la boîte aux lettres de la gare ferroviaire Sud de France, la gare montpelliéraine pour les lignes à grande vitesse et, sans arrêt, les trains de marchandises pour alléger la ligne historique.

La boîte aux lettres de la gare Montpellier Sud de France, le seize juin 2026.

La nouvelle gare représente de nouvelles contraintes pour les voyageurs. Déjà ne pas la confondre avec la gare historique du centre-ville, rebaptisée Saint-Roch dans les années 2000. Si le prolongement en décembre 2025 de la ligne de tramway a simplifié le trajet vers la ville et les correspondances ferroviaires, il n'en reste que certains ne prêtent pas attention à la gare, seulement au prix.

Le voisinage est en construction. Côté nord sur le territoire de Montpellier, un quartier d'immeubles de services, bureaux, écoles du supérieur se construit, tout en protégeant la Mogère, une des « folies » locales, ces châteaux de la bourgeoisie et noblesse de robe du dix-huitième siècle.

L'entrée sud de la gare Sud de France, vue depuis le plateau formant l'étage au-dessus des voies ; la boîte aux lettres est au pied d'un des piliers. Au loin, les étangs et le lido (photographie du seize juin 2026 sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, sous couvert des droits d'architecte).

Côté sud, où se trouve la boîte, c'est plus « sauvage ».

Une fois sorti des espaces de stationnement courte durée, bus publics et cars, l'espace adjacent, situé sur la commune de Lattes, est en friche. Seul, un chemin  de terre battue atteint le récent quartier de petits immeubles au nord de Boirargues. Ces résidents lattois ont accès à deux lignes de tramway en marchant, pédalant ou trottinant ; la ligne 1 en traversant la gare donc.

La boîte aux lettres peut donc leur être fort commode... même si on pourrait penser que le côté du quartier Cambacérès et ses entreprises pourraient justifier une boîte. Mais, entre la dématérialisation du courrier d'entreprises et les machines à affranchir demandant une remise directe à La Poste...

Horaires de levée et adresse du bureau le plus proche... à cinq kilomètres de là.

La Poste justement.

Comme sur toutes les boîtes aux lettres en France, deux ouvertures de pré-tri : vers l'Hérault et les quatre départements de Languedoc-Roussillon, ou le reste du pays et l'étranger. Les levées sont matinales : neuf heures en semaine, huit heures le samedi.

Et l'adresse du bureau postal le plus proche est indiquée : plan du Nega-Cat à Lattes, le chef-lieu de la commune comprenant Boirargues.


Ce bureau a déjà été évoqué sur ce blog : il a accueilli une des manifestations premier jour de La Marianne et la Jeunesse en 2013, des élèves du lycée Champollion, à Boirargues, ayant participé au jury de la commande de cette série d'usage courant.

Ce bureau est à cinq kilomètres environ de la boîte aux lettres, nécessite une dizaine de minutes en voiture selon les embouteillages du sud de Montpellier, ou un trajet en tramway (deux lignes en partant de la station de la gare, ou de la marche jusqu'à la station Boirargues de la ligne 3 - ce sera l'objet de la boîte aux lettres suivante).

Pourtant, le bureau de Richter - Port Marianne, place Ernest Granier, est plus proche et plus accessible directement avec la ligne 1 du tramway...

Comment sont choisis les bureaux indiqués sur les boîtes aux lettres ? Distance seule ? Bureau lié à la boîte et à la tournée, ici Lattes, alors que la boîte est située sur le territoire de Montpellier.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

dimanche 5 juillet 2026

D'un timbre personnalisé à la liquidation : les librairies Sauramps

Attention aux grincheux et aux collectionneurs de timbres : ceci est un message peu philatélique, assez politique, et optimiste sur la lecture et le livre.


 En juin 2021, les librairies Sauramps de Montpellier créaient avec le quotidien Midi libre un prix littéraire annuel, nommé Habiter le monde, et utilisaient le timbre personnalisé de La Poste française pour en faire la promotion auprès de ses clients, avec renfort par la presse et la direction postale régionale.

Dans le contexte d'alors, c'était aussi un petit moyen de revenus complémentaires pour le nouveau groupe propriétaire depuis 2017.

Vendredi trois juin 2026, le tribunal de commerce de Montpellier a prononcé la liquidation du groupe Sauramps, avec fermeture immédiate de ses commerces à Montpellier et à Alès, dans le Gard. Ce qu'incarne ce timbre a donc échoué.


Le timbre personnalisé du prix littéraire Habiter le monde, vendu aux caisses des librairies Sauramps pendant l'été 2021. 

En 1946 à Montpellier, dans le sud de la France, Henri Sauramps fonde une papeterie-imprimerie à son nom, et c'est son gendre Pierre Torreilles qui a l'idée d'y installer un rayon librairie. Sa croissance en fait, avec peut-être la librairie franchisée Gibert Joseph (qui pratique la reprise de livres d'occasion), la principale librairie indépendante de la ville, alors que les autres petits libraires vivotent ou ferment avant l'an 2000 - souvenir de la Librairie Molière à côté du théâtre.

De la verrière du Triangle où elle atteint toutes les disciplines universitaires, ses nouveaux actionnaires l'essaiment à Alès et gère même la boutique-librairie du musée Fabre - où l'Association philatélique montpelliéraine trouva assez de reproductions de Vue de village sur cartes postales pour les souvenirs premier jour du timbre Frédéric Bazille de février 2017.

Les difficultés arrivent à partir de l'implantation en 2009 au centre commercial Odysseum, un mall à l'états-unienne, et à ciel ouvert avec ligne de tramway intégré, rêvé par le maire Georges Frêche et son urbaniste Raymond Dugrand. Arrêt ludique et commercial sur l'autoroute A9, espoir que les visiteurs passent le même jour de l'espace ludique à l'espace commercial et y fasse même leur approvisionnement à l'hypermarché Casino...

Las ! La librairie et l'hypermarché sont les deux commerces du lieu qui n'ont pas réussi à trouver public et chiffre d'affaires suffisants pour payer le coût de l'emplacement. Sauramps abandonnera, sûrement trop tard, la grande surface louée sur deux niveaux, pour un petit emplacement plus nouveautés et mangas... qui ferme en janvier 2026. Casino fermera définitivement et n'est toujours pas remplacé, le bâtiment n'était pas propriété du reste du centre commercial.

Les déficits d'exploitation apparaissent en 2012, entre loyers d'Odysseum, vétusté de la verrière du Triangle, et bien entendu la jungle du commerce en ligne (jungle, Amazonie,...). Les trois actionnaires principaux tentent de vendre à partir de fin 2016. Après moultes péripéties médiatisées entre repreneurs libraires, c'est le groupe immobilier du montpelliérain François Fontès qui rachète l'ensemble.

Depuis, l'actualité locale était rythmée par les efforts : rationalisation des locaux et renouvellement mobilier, participation continue à la Comédie du livre, relancée avec ce nouveau prix et ce timbre (Montpellier connaît une succession de maires discrètement collectionneurs de timbres : mon résumé de 2020 mériterait un complément pour le mandat suivant).

Mais aussi des décisions tantôt nécessaires, tantôt prises par désespoir, mais toutes relayées dans les médias locaux et très négativement vécues par le public commentateur : fin de Sauramps à Odysseum et retour de la littérature jeunesse dans le magasin du Triangle (fermeture de Polymômes) visaient à faire des économies nécessaires ; la diminution du stock au risque de faire commander plus souvent aux clients pour éviter les invendus est logique, mais difficile pour certains banlieusards et périurbains en voiture individuelle.

Le pire fut la librairie-verrière pleine d'escaliers... Je ne sais pas pour quelles raisons (emplacement-clé, conditions du bail, coût d'un déménagement,...) n'a pas été abandonnée au profit d'un lieu aux normes d'accessibilité et confortables. On a pu parler d'une partie d'un ancien grand magasin, rue Maguelone, entre gare et Comédie, où jadis logea la maison des jeunes... Depuis quelques mois, c'est une enseigne danoise qui y vend de la décoration intérieure à bas prix pour acheteurs compulsifs, selon une méthode suédoise éprouvée, à Odysseum entre autres.

Le dernier soubresaut en 2026 a été la tentative de la direction de faire pétitionner le public pour forcer le propriétaire du magasin à enclencher des travaux. Mais, clients et employés bruissaient de plus en plus fort sur les rayonnages défrichés... et, enfin, la suspension de toute commande dernièrement.

Faute de repreneurs, le tribunal de commerce a donc clos cette histoire quadragénaire, même si maire de Montpellier et présidente de conseil régional espèrent encore...


Mais pour quoi faire ?


La FNAC voisine du Polygone, un magasin Cultura à Saint-Aunès près d'une sortie d'autoroute, et les rayons culture des hypermarchés fournissent déjà nouveautés populaires, bandes dessinées, papeterie (on trouve au centre-ville des papetiers luxueux pour les amateurs).

La librairie Gibert de Montpellier est un franchisé du groupe en difficulté, et donc elle fournit encore et toujours nouveautés à larges spectres, occasions, papeterie, etc. Petits magasins et brocanteurs hebdomadaires proposent éditions épuisées ou historiques, avec disques musicaux et audio-visuels un peu partout une fois par semaine par emplacement.

Contrairement aux années 1990, les petites librairies refleurissent dans le centre de Montpellier, en ciblant la fidélisation d'une clientèle résidente ou travaillant dans la proximité, et la spécialisation thématique. La majorité sont reliées à une des plateformes de libraires indépendants : ici et  qui permettent de savoir si elles ont la référence recherchée en stock ou dans celui de leur distributeur, donc à commander par un coup de téléphone.

 Les généralistes - Le Grain des mots, La Cavale -, les spécialisées telles La Géosphère (voyages, géographie, cultures du monde, question environnementale), Azimuts (bandes dessinées), Le Bookshop (anglophone et café), Fiers de lettres (féministe et alternatives) sont accompagnées d'un nombre de  petites librairies de mangas tout autour du centre historique.

Chacune offre une gamme de lecture importante si on va picorer chez chacune selon ses forces. Certaines proposent boissons chaudes ou fraîches, tolèrent les jeunes lecteurs non acheteurs - mais qui reviendront bien avec le parent solvable, organisent des venues d'auteurs en associant le comité de quartier (La Cavale est lié à la vie du quartier des Beaux-Arts) ou les établissements scolaires voisins.

Et elles n'ont pas peur de la concurrence : une d'entre elles a des boîtes à livres sur son palier !

Sauramps faisait beaucoup et c'est triste de voir fermer, surtout car des professionnels du livre perdent leur emploi dans un lieu qui mettait leurs compétences en valeur. Cependant, dans un capitalisme financier et technocratique débridé, la renaissance des librairies montpelliéraines nuance le sentiment de catastrophe, contrairement à la correspondance écrite... manuscrite et affranchie en timbres.

Espérons pour cette dernière que les actions récentes de l'Association pour le développement de la philatélie et le don de cartes postales dans les magazines jeunesse estivaux (deux pour les abonnés avec le Spirou de ce premier juillet) ou dans les offices de tourisme, n'arrivent pas trop tard.

samedi 27 juin 2026

Le parapluie, la solution d'ExploringStamps pour les photographies en exposition

 Lors de l'exposition mondiale de Boston, du vingt-trois au trente mai 2026, plusieurs vidéos ont été réalisées par l'équipe d'ExploringStamps, créée par le vidéaste philatéliste Graham Beck qui réalise depuis 2016 des vidéos sur des timbres, des pays, des acteurs ou moments philatéliques. Elles sont principalement diffusées sur YouTube, avec des formats court, photographies ou bande-annonces sur le réseau Instagram.

Cela a permis à Three Stüns Stamps, un philatéliste partageant sur les deux réseaux cités et Facebook, de découvrir le truc indispensable aux visiteurs d'expositions philatéliques souhaitant plus d'archives des collections en compétition que le catalogue ou la carte de visite des philatélistes.

Une solution peu pratique, sauf sous forme de parasol, pour le même problème évoqué sur ce blog lors d'une exposition nationale française de juin.

Une membre de l'équipe d'ExploringStamps prend en photo ou filme des éléments d'une collection exposée, protégée des reflets par un parapluie (via des vidéos éphémères postées sur Instagram de ThreeStünsStamps depuis celui d'ExploringStamps, mai 2026).

Ainsi, la vidéaste est montrée par Beck en train de réaliser des prises de vue de collections exposées, en se tenant sous un parapluie pour éliminer les reflets de l'éclairage envahissant de ces grandes halles d'exposition, pas vraiment conçu pour l'exposition d'œuvres sous vitre.

Un autre truc a été posté de manière durable : à l'exposition nationale de 2025, Cheryl Ganz a montré comment avec des petits carrés adhésifs amovibles - connus par la marque protégée Post-it -, il est possible de décoller ensemble les timbres autocollants juxtaposés d'un bloc pour les coller tous ensembles sur une enveloppe.

Graham Beck et ExploringStamps pour les amateurs de timbres et de leurs nombreux à-côtés matériels et culturels.

samedi 20 juin 2026

Des accompagnements variés pour une série coréenne sur le service militaire

 Du onze mai au seize juin 2026 dernier, le groupe de télévision sud-coréen tvN a proposé deux fois par semaine un épisode de La Légende du soldat cuisinier, inspiré d'une bande dessinée.

Sur une des affiches promotionnelles, le héros Kang Seong-jae en apprentissage, avec un élément graphique peu réaliste : un écran virtuel...

L'intrigue apparaît simple pendant le début du premier épisode. Classé dépressif et accroc aux jeux vidéo, Kang Seong-jae décide d'effectuer son service militaire malgré la mort récente de son père, un ancien restaurateur. Il est affecté à un avant-poste entre des montagnes forestières et la mer.

Inquiet de son état mental (d'où le smiley épinglé sur son uniforme), le capitaine décide de l'envoyer comme soutien à la cuisine puisque c'est le métier de ses parents... à l'étonnement du sergent-chef qui imagine de suite les couteaux, les gazinières, etc.

Et, héritage de la bande dessinée, perdu dans ce nouvel universel dont il s'efforce les règles à la lettre (dont le fait de clamer son grade et son nom à chaque appel par un soldat plus gradé), un écran virtuel doté d'une voix féminine émerge ponctuellement, et la première fois quand il se retrouve seul dans la réserve pour sa première corvée : remettre en ordre le stock et à jour le tableau d'inventaires.

L'écran lui signifie qu'il a démarré le parcours pour devenir un chef cuisinier, que chaque action réussie rapportera des points d'expérience, avec lesquels il perfectionnera ses techniques et pourra apprendre de nouvelles recettes. Ce qui va se révéler essentiel pour les premiers épisodes : le sergent commis à la cuisine est dans l'impatience de sa libération du service et fait si peu d'effort que le vendeur ambulant autorisé par l'armée s'enrichit à chaque passage dans cet avant-poste.


Extrait d'une dégustation d'un plat de Kang Seong-je, rappelant la vie civile, boîte aux lettres rouge incluse (extrait du sixième épisode : un clip de K-pop pendant une simulation de campagne militaire... Hein ?!!  À revoir sur YouTube).

Une banale série sur le service militaire, le différentiel entre le vécu des sous-officiers de carrière et le lent roulement des soldats en service, obéissant avec plus ou moins de plaisir à la vie ordonnée pendant plusieurs mois ?

Comme l'illustre l'image ci-dessus, la série est ponctuée d'hommages ou de caricatures de nombreux genres artistiques. Ici, les soldats et Kang interprètent un clip façon k-pop aux couleurs pastel : la cuisine du dernier arrivé leur évoquant tellement la vie douce à la maison. Une boîte aux lettres standard pour Korea Post est présente avec le logotype de l'entreprise remplacé par des couverts.

Le film de guerre du Pacifique avec débarquement sur la plage, policier contre un Arsène Lupin, « voleur de riz », de gentils contre des gangsters, le Paris ou l'Espagne des touristes et du cinéma d'antan.

Le clip k-pop est devancé par le concert de hard rock à guitares électriques qui hurlent autant que le chanteur pour un épisode où l'avant-poste se demande que faire d'un pêcheur nord-coréen trouvé éperdu après une tempête.

Un nombre de styles aussi grand que les condiments (huiles, pâtes et poudres variées et épicées) et les accompagnements d'un repas d'Asie de l'Est, ces petits plats composant les à-côtés du plat principal et du riz, kimchi en tête.


Tous les styles y passent avec réalisme, mais surtout grandiloquence quand cela permet de ridiculiser les puissants.  

Dans la série, ce sont les trois officiers généraux de plus en plus hiérarchiquement haut, ainsi qu'un politicien qui débarquent toujours à l'avant-poste avec des idées pré-conçues sur les capacités culinaires des soldats du service obligatoire.

Là, le registre de la publicité ciblant déjà, de manières ridicules, les femmes ou la croyance dans la supériorité de la France louis-quuatorzienne à chefs étoilés sont développés, y compris pour convaincre le chien-fétiche d'un général de la qualité des boulettes de viande improvisées par Kang.


Une série à la fois éducatrice sur le service militaire coréen, comédie sur les soldats face à leurs officiers généraux, mais aussi un drame familial à dénouer pour Kang, façon rites de passage inspirés des jeux vidéos, et policier pour faire tenir l'ensemble avec un objectif collectif car il faut bien un méchant.

Et que la nourriture est indispensable au combattant !


Pour le public français, la série de douze épisodes d'une heure est visible sur la plate-forme RatukenViki, ainsi que, selon les régions mondiales, plusieurs autres sites d'abonnement de vidéo à la demande.



Note sur les grades militaires (oui, enfant, j'ai lu et relu les pages illustrées du dictionnaire Larousse) : d'après un article de la Wikipédia en coréen, les appelés du contingent en Corée du Sud passent les premiers grades selon un calendrier basique de seconde classe à sergent.

Les engagés volontaires et les militaires professionnels ont plusieurs grades de sergent avant de passer dans la grille des sous-officiers.

À cela s'ajoute, comme montré dans la série, l'aspect social de respecter ses aînés par âge ou longueur de service, après le respect du grade militaire. D'où les moqueries du capitaine de l'avant-poste, jeune et ambitieux, à son sergent-chef, bien plus âgé, mais qui ne semble pas vouloir aller au-delà de ce grade.

Mais aussi pourquoi un des sergents conscrits hostile et le sergent commis à la cuisine se chamaillent en égaux, donc en vain puisque ni le grade, ni l'âge ne leur permettent de prendre le dessus sur l'autre militairement ou socialement.