dimanche 5 juillet 2026

D'un timbre personnalisé à la liquidation : les librairies Sauramps

Attention aux grincheux et aux collectionneurs de timbres : ceci est un message peu philatélique, assez politique, et optimiste sur la lecture et le livre.


 En juin 2021, les librairies Sauramps de Montpellier créaient avec le quotidien Midi libre un prix littéraire annuel, nommé Habiter le monde, et utilisaient le timbre personnalisé de La Poste française pour en faire la promotion auprès de ses clients, avec renfort par la presse et la direction postale régionale.

Dans le contexte d'alors, c'était aussi un petit moyen de revenus complémentaires pour le nouveau groupe propriétaire depuis 2017.

Vendredi trois juin 2026, le tribunal de commerce de Montpellier a prononcé la liquidation du groupe Sauramps, avec fermeture immédiate de ses commerces à Montpellier et à Alès, dans le Gard. Ce qu'incarne ce timbre a donc échoué.


Le timbre personnalisé du prix littéraire Habiter le monde, vendu aux caisses des librairies Sauramps pendant l'été 2021. 

En 1946 à Montpellier, dans le sud de la France, Henri Sauramps fonde une papeterie-imprimerie à son nom, et c'est son gendre Pierre Torreilles qui a l'idée d'y installer un rayon librairie. Sa croissance en fait, avec peut-être la librairie franchisée Gibert Joseph (qui pratique la reprise de livres d'occasion), la principale librairie indépendante de la ville, alors que les autres petits libraires vivotent ou ferment avant l'an 2000 - souvenir de la Librairie Molière à côté du théâtre.

De la verrière du Triangle où elle atteint toutes les disciplines universitaires, ses nouveaux actionnaires l'essaiment à Alès et gère même la boutique-librairie du musée Fabre - où l'Association philatélique montpelliéraine trouva assez de reproductions de Vue de village sur cartes postales pour les souvenirs premier jour du timbre Frédéric Bazille de février 2017.

Les difficultés arrivent à partir de l'implantation en 2009 au centre commercial Odysseum, un mall à l'états-unienne, et à ciel ouvert avec ligne de tramway intégré, rêvé par le maire Georges Frêche et son urbaniste Raymond Dugrand. Arrêt ludique et commercial sur l'autoroute A9, espoir que les visiteurs passent le même jour de l'espace ludique à l'espace commercial et y fasse même leur approvisionnement à l'hypermarché Casino...

Las ! La librairie et l'hypermarché sont les deux commerces du lieu qui n'ont pas réussi à trouver public et chiffre d'affaires suffisants pour payer le coût de l'emplacement. Sauramps abandonnera, sûrement trop tard, la grande surface louée sur deux niveaux, pour un petit emplacement plus nouveautés et mangas... qui ferme en janvier 2026. Casino fermera définitivement et n'est toujours pas remplacé, le bâtiment n'était pas propriété du reste du centre commercial.

Les déficits d'exploitation apparaissent en 2012, entre loyers d'Odysseum, vétusté de la verrière du Triangle, et bien entendu la jungle du commerce en ligne (jungle, Amazonie,...). Les trois actionnaires principaux tentent de vendre à partir de fin 2016. Après moultes péripéties médiatisées entre repreneurs libraires, c'est le groupe immobilier du montpelliérain François Fontès qui rachète l'ensemble.

Depuis, l'actualité locale était rythmée par les efforts : rationalisation des locaux et renouvellement mobilier, participation continue à la Comédie du livre, relancée avec ce nouveau prix et ce timbre (Montpellier connaît une succession de maires discrètement collectionneurs de timbres : mon résumé de 2020 mériterait un complément pour le mandat suivant).

Mais aussi des décisions tantôt nécessaires, tantôt prises par désespoir, mais toutes relayées dans les médias locaux et très négativement vécues par le public commentateur : fin de Sauramps à Odysseum et retour de la littérature jeunesse dans le magasin du Triangle (fermeture de Polymômes) visaient à faire des économies nécessaires ; la diminution du stock au risque de faire commander plus souvent aux clients pour éviter les invendus est logique, mais difficile pour certains banlieusards et périurbains en voiture individuelle.

Le pire fut la librairie-verrière pleine d'escaliers... Je ne sais pas pour quelles raisons (emplacement-clé, conditions du bail, coût d'un déménagement,...) n'a pas été abandonnée au profit d'un lieu aux normes d'accessibilité et confortables. On a pu parler d'une partie d'un ancien grand magasin, rue Maguelone, entre gare et Comédie, où jadis logea la maison des jeunes... Depuis quelques mois, c'est une enseigne danoise qui y vend de la décoration intérieure à bas prix pour acheteurs compulsifs, selon une méthode suédoise éprouvée, à Odysseum entre autres.

Le dernier soubresaut en 2026 a été la tentative de la direction de faire pétitionner le public pour forcer le propriétaire du magasin à enclencher des travaux. Mais, clients et employés bruissaient de plus en plus fort sur les rayonnages défrichés... et, enfin, la suspension de toute commande dernièrement.

Faute de repreneurs, le tribunal de commerce a donc clos cette histoire quadragénaire, même si maire de Montpellier et présidente de conseil régional espèrent encore...


Mais pour quoi faire ?


La FNAC voisine du Polygone, un magasin Cultura à Saint-Aunès près d'une sortie d'autoroute, et les rayons culture des hypermarchés fournissent déjà nouveautés populaires, bandes dessinées, papeterie (on trouve au centre-ville des papetiers luxueux pour les amateurs).

La librairie Gibert de Montpellier est un franchisé du groupe en difficulté, et donc elle fournit encore et toujours nouveautés à larges spectres, occasions, papeterie, etc. Petits magasins et brocanteurs hebdomadaires proposent éditions épuisées ou historiques, avec disques musicaux et audio-visuels un peu partout une fois par semaine par emplacement.

Contrairement aux années 1990, les petites librairies refleurissent dans le centre de Montpellier, en ciblant la fidélisation d'une clientèle résidente ou travaillant dans la proximité, et la spécialisation thématique. La majorité sont reliées à une des plateformes de libraires indépendants : ici et  qui permettent de savoir si elles ont la référence recherchée en stock ou dans celui de leur distributeur, donc à commander par un coup de téléphone.

 Les généralistes - Le Grain des mots, La Cavale -, les spécialisées telles La Géosphère (voyages, géographie, cultures du monde, question environnementale), Azimuts (bandes dessinées), Le Bookshop (anglophone et café), Fiers de lettres (féministe et alternatives) sont accompagnées d'un nombre de  petites librairies de mangas tout autour du centre historique.

Chacune offre une gamme de lecture importante si on va picorer chez chacune selon ses forces. Certaines proposent boissons chaudes ou fraîches, tolèrent les jeunes lecteurs non acheteurs - mais qui reviendront bien avec le parent solvable, organisent des venues d'auteurs en associant le comité de quartier (La Cavale est lié à la vie du quartier des Beaux-Arts) ou les établissements scolaires voisins.

Et elles n'ont pas peur de la concurrence : une d'entre elles a des boîtes à livres sur son palier !

Sauramps faisait beaucoup et c'est triste de voir fermer, surtout car des professionnels du livre perdent leur emploi dans un lieu qui mettait leurs compétences en valeur. Cependant, dans un capitalisme financier et technocratique débridé, la renaissance des librairies montpelliéraines nuance le sentiment de catastrophe, contrairement à la correspondance écrite... manuscrite et affranchie en timbres.

Espérons pour cette dernière que les actions récentes de l'Association pour le développement de la philatélie et le don de cartes postales dans les magazines jeunesse estivaux (deux pour les abonnés avec le Spirou de ce premier juillet) ou dans les offices de tourisme, n'arrivent pas trop tard.

samedi 27 juin 2026

Le parapluie, la solution d'ExploringStamps pour les photographies en exposition

 Lors de l'exposition mondiale de Boston, du vingt-trois au trente mai 2026, plusieurs vidéos ont été réalisées par l'équipe d'ExploringStamps, créée par le vidéaste philatéliste Graham Beck qui réalise depuis 2016 des vidéos sur des timbres, des pays, des acteurs ou moments philatéliques. Elles sont principalement diffusées sur YouTube, avec des formats court, photographies ou bande-annonces sur le réseau Instagram.

Cela a permis à Three Stüns Stamps, un philatéliste partageant sur les deux réseaux cités et Facebook, de découvrir le truc indispensable aux visiteurs d'expositions philatéliques souhaitant plus d'archives des collections en compétition que le catalogue ou la carte de visite des philatélistes.

Une solution peu pratique, sauf sous forme de parasol, pour le même problème évoqué sur ce blog lors d'une exposition nationale française de juin.

Une membre de l'équipe d'ExploringStamps prend en photo ou filme des éléments d'une collection exposée, protégée des reflets par un parapluie (via des vidéos éphémères postées sur Instagram de ThreeStünsStamps depuis celui d'ExploringStamps, mai 2026).

Ainsi, la vidéaste est montrée par Beck en train de réaliser des prises de vue de collections exposées, en se tenant sous un parapluie pour éliminer les reflets de l'éclairage envahissant de ces grandes halles d'exposition, pas vraiment conçu pour l'exposition d'œuvres sous vitre.

Un autre truc a été posté de manière durable : à l'exposition nationale de 2025, Cheryl Ganz a montré comment avec des petits carrés adhésifs amovibles - connus par la marque protégée Post-it -, il est possible de décoller ensemble les timbres autocollants juxtaposés d'un bloc pour les coller tous ensembles sur une enveloppe.

Graham Beck et ExploringStamps pour les amateurs de timbres et de leurs nombreux à-côtés matériels et culturels.

samedi 20 juin 2026

Des accompagnements variés pour une série coréenne sur le service militaire

 Du onze mai au seize juin 2026 dernier, le groupe de télévision sud-coréen tvN a proposé deux fois par semaine un épisode de La Légende du soldat cuisinier, inspiré d'une bande dessinée.

Sur une des affiches promotionnelles, le héros Kang Seong-jae en apprentissage, avec un élément graphique peu réaliste : un écran virtuel...

L'intrigue apparaît simple pendant le début du premier épisode. Classé dépressif et accroc aux jeux vidéo, Kang Seong-jae décide d'effectuer son service militaire malgré la mort récente de son père, un ancien restaurateur. Il est affecté à un avant-poste entre des montagnes forestières et la mer.

Inquiet de son état mental (d'où le smiley épinglé sur son uniforme), le capitaine décide de l'envoyer comme soutien à la cuisine puisque c'est le métier de ses parents... à l'étonnement du sergent-chef qui imagine de suite les couteaux, les gazinières, etc.

Et, héritage de la bande dessinée, perdu dans ce nouvel universel dont il s'efforce les règles à la lettre (dont le fait de clamer son grade et son nom à chaque appel par un soldat plus gradé), un écran virtuel doté d'une voix féminine émerge ponctuellement, et la première fois quand il se retrouve seul dans la réserve pour sa première corvée : remettre en ordre le stock et à jour le tableau d'inventaires.

L'écran lui signifie qu'il a démarré le parcours pour devenir un chef cuisinier, que chaque action réussie rapportera des points d'expérience, avec lesquels il perfectionnera ses techniques et pourra apprendre de nouvelles recettes. Ce qui va se révéler essentiel pour les premiers épisodes : le sergent commis à la cuisine est dans l'impatience de sa libération du service et fait si peu d'effort que le vendeur ambulant autorisé par l'armée s'enrichit à chaque passage dans cet avant-poste.


Extrait d'une dégustation d'un plat de Kang Seong-je, rappelant la vie civile, boîte aux lettres rouge incluse (extrait du sixième épisode : un clip de K-pop pendant une simulation de campagne militaire... Hein ?!!  À revoir sur YouTube).

Une banale série sur le service militaire, le différentiel entre le vécu des sous-officiers de carrière et le lent roulement des soldats en service, obéissant avec plus ou moins de plaisir à la vie ordonnée pendant plusieurs mois ?

Comme l'illustre l'image ci-dessus, la série est ponctuée d'hommages ou de caricatures de nombreux genres artistiques. Ici, les soldats et Kang interprètent un clip façon k-pop aux couleurs pastel : la cuisine du dernier arrivé leur évoquant tellement la vie douce à la maison. Une boîte aux lettres standard pour Korea Post est présente avec le logotype de l'entreprise remplacé par des couverts.

Le film de guerre du Pacifique avec débarquement sur la plage, policier contre un Arsène Lupin, « voleur de riz », de gentils contre des gangsters, le Paris ou l'Espagne des touristes et du cinéma d'antan.

Le clip k-pop est devancé par le concert de hard rock à guitares électriques qui hurlent autant que le chanteur pour un épisode où l'avant-poste se demande que faire d'un pêcheur nord-coréen trouvé éperdu après une tempête.

Un nombre de styles aussi grand que les condiments (huiles, pâtes et poudres variées et épicées) et les accompagnements d'un repas d'Asie de l'Est, ces petits plats composant les à-côtés du plat principal et du riz, kimchi en tête.


Tous les styles y passent avec réalisme, mais surtout grandiloquence quand cela permet de ridiculiser les puissants.  

Dans la série, ce sont les trois officiers généraux de plus en plus hiérarchiquement haut, ainsi qu'un politicien qui débarquent toujours à l'avant-poste avec des idées pré-conçues sur les capacités culinaires des soldats du service obligatoire.

Là, le registre de la publicité ciblant déjà, de manières ridicules, les femmes ou la croyance dans la supériorité de la France louis-quuatorzienne à chefs étoilés sont développés, y compris pour convaincre le chien-fétiche d'un général de la qualité des boulettes de viande improvisées par Kang.


Une série à la fois éducatrice sur le service militaire coréen, comédie sur les soldats face à leurs officiers généraux, mais aussi un drame familial à dénouer pour Kang, façon rites de passage inspirés des jeux vidéos, et policier pour faire tenir l'ensemble avec un objectif collectif car il faut bien un méchant.

Et que la nourriture est indispensable au combattant !


Pour le public français, la série de douze épisodes d'une heure est visible sur la plate-forme RatukenViki, ainsi que, selon les régions mondiales, plusieurs autres sites d'abonnement de vidéo à la demande.



Note sur les grades militaires (oui, enfant, j'ai lu et relu les pages illustrées du dictionnaire Larousse) : d'après un article de la Wikipédia en coréen, les appelés du contingent en Corée du Sud passent les premiers grades selon un calendrier basique de seconde classe à sergent.

Les engagés volontaires et les militaires professionnels ont plusieurs grades de sergent avant de passer dans la grille des sous-officiers.

À cela s'ajoute, comme montré dans la série, l'aspect social de respecter ses aînés par âge ou longueur de service, après le respect du grade militaire. D'où les moqueries du capitaine de l'avant-poste, jeune et ambitieux, à son sergent-chef, bien plus âgé, mais qui ne semble pas vouloir aller au-delà de ce grade.

Mais aussi pourquoi un des sergents conscrits hostile et le sergent commis à la cuisine se chamaillent en égaux, donc en vain puisque ni le grade, ni l'âge ne leur permettent de prendre le dessus sur l'autre militairement ou socialement.

mercredi 17 juin 2026

La Poste française et la mode de l'intelligence artificielle

 Aujourd'hui, mercredi dix-sept juin 2026, débute le salon VivaTech à Paris. Jusqu'à samedi, le journal économique capitaliste financier Les Échos et l'entreprise publicitaire Publicis organise ce salon professionnel dédié aux nouvelles technologies, avec conférences de grands patrons et dirigeants politiques mondiaux.


Pour donner le ton quête du profit - consumérisme exacerbé - rentabilisation financière du travailleur déshumanisé, voici l'idée-clé du discours de Jeff Bezos, fondateur du magasin en ligne Amazon, devenu groupe de l'invasion informatique du quotidien des consommateurs (dont productions audiovisuelles, santé et armement), et de l'entreprise spatiale privée Blue Origin, visant une installation permanente sur la Lune.

« [L'intelligence artificielle] conduira à des pénuries de main-d’œuvre, parce qu’elle permettra aux individus d’identifier davantage d’opportunités.»

 «Chaque personne dans le public a déjà eu une idée de nouvelle entreprise, de produit ou d’appareil qu’elle aurait voulu fabriquer. Et cette idée est restée dans sa tête, sans jamais aboutir. Car c’était trop difficile à réaliser et que cela n’en valait pas la peine. Si nous parvenons à accélérer la boucle “rêver-construire”, alors nous serons limités non pas par nos capacités, mais par notre imagination. »

Jeff Bezos au salon VivaTech, mercredi dix-sept juin 2026.

Un journaliste du monde signalant que cet argumentaire se conclut par un tonnerre d'applaudissements du public de professionnels et d'investisseurs forcément déjà convaincus.

Qu'en sera-t-il des ressources essentielles à la vie et survie humaine pour réussir ces bonds technologiques ? L'eau, le silicium, la production électrique de tous les ordinateurs, serveurs, puces et cartes-mémoires consacrés uniquement à créer de nouveaux produits à consommer et vendre sans garantie d'utilité morale ?

Vous achèterez en kiosque le dernier numéro de CanardPC Hardware pour découvrir une enquête sur l'économie de la mémoire informatique, formé d'oligopoles étroits depuis les mines de quartz et transformteurs de silicium jusqu'aux producteurs de RAM et disques durs SSD. Ces derniers, connus des joueurs aguerris et des passionnés du dernier smartphone, préfèrent les clients billionnaires développeurs d'I.A. génératives aux concrets besoins quotidiens de travail, de santé et de loisirs de nous simples humains.

Deux graphiques montrent la catastrophe : le prix des kits de barrettes de RAM de dernière génération et celui du SSD principal proposé par Samsung ont doublé brusquement au tournant de l'année 2026.

Donc, l'espoir des journalistes du magazine français : soit que les nouveaux monstres industriels de l'I.A. aboutissent, réussissent (peut-être) et rationalisent les besoins de tous en mémoire informatique, soit que de moyennes entreprises chinoises décident de se projeter sur les marchés grand public visiblement délaissés par les grands habituels.

Je peux admettre que ces algorithmes boostés, avec des éléments dont je ne suis pas spécialiste professionnel, peuvent me paraître pertinent pour des tâches répétitives, scientifiquement contrôlées et des usages très encadrés : aide à la reconnaissance de pathologies sur tests médicaux, codage de parties répétitives en informatique.

En tant que joueur, je n'utilise pas, mais je sais que certains programmeurs développent de petits outils d'IA locaux générateurs de pixels pour alléger le travail de la carte graphique en prédisant la couleur d'une partie des pixels attendus, apportant pour quelques watts locaux un certain confort au joueur ; la carte pouvant ainsi être concentrée sur les calculs plus longs, et surtout, les images à venir résultats des actions en jeu. Mais cela se fait sans modifier le résultat prévu par les développeurs du jeu.


Cependant, en matière postale et philatélique, cette « RAMpocalypse » ou « RAMagedddon » (autre néologisme proposé par le rédacteur-en-chef Ivan Gaudé) peut sembler éloignée des préoccupations des collectionneurs, qu'il soit accumulateur curieux de tout, ou philatéliste étudiant, et même marchand spécialisé.

Évidemment qu'un ordinateur PC ou portable bien entretenu, avec des pièces détachées remplacées, voire un logiciel de fonctionnement Windows trop lourd remplacé par une des bases Linux, avec des logiciels libres de droits, n'a pas besoin d'être coûteusement remplacés et peut être optimisés avec des cartes et accessoires anciens à bons prix.

Néanmoins, les individus que nous sommes se laissent tenter d'utiliser ces nouveaux logiciels entraînés à la prédiction générative de réponses attendues :

- question posée à une des IAgen connues parce qu'on arrive pas à formuler clairement la recherche sur un moteur de recherche habituel, faute de connaître un domaine ;

- ceux qui veulent à tout prix une illustration inédite pour leur blog, publications sociales, etc.

- la reconnaissance faciale d'un timbre inconnu de manière automatisé... au lieu de demander sur un forum ou à un magazine, voire de se procurer un des guides éducatifs de la reconnaissance des timbres publiés au fil du temps par les éditeurs de catalogues de timbres.

La rédaction partielle ou complète d'articles philatéliques a déjà été évoquée et crainte par la rédactrice en chef de The American Philatelist en juillet 2025... mais combien d'exposants ayant mis en forme les légendes de leur collection compétitive, ou leur index de timbres et enveloppes avec une IAgen coûteuse en ressources essentielles et en offrant gracieusement ainsi leurs connaissances à des entrepreneurs et actionnaires, tout en perdant un savoir-faire, une capacité de lecture, d'analyse et d'écriture personnelle ?

Déjà que les titres et contenus de nombreux articles de médias du plus petits au plus grands deviennent tellement similaires et prenant le public et son attention pour des cibles cons... Ce qu'il est peut-être aussi, mais rendus ainsi par le consumérisme capitaliste en recherche de pur profit sans morale.

Je rappellerai aussi à certains que les IAgen proposés au grand public sont des versions gratuites limitées, meilleures si prises d'abonnement, mais bien plus puissantes pour les gros clients ayant besoin de résolution complexe. Ces outils en sont au point que le gouvernement des États-Unis a, en quelques heures la semaine dernière, interdit à Anthropic de rendre disponible la dernière version de ses IAgen à des acteurs étrangers tant qu'il n'aurait pas expliqué son alerte : pour l'entreprise elle-même, ses propres outils sont désormais trop dangereux pour la sécurité informatique nationale - propos qui ont suscité un tollé chez ses ambitieux concurrents, et l'intérêt d'Amazon qui a détourné le nouvel outil quelques heures pour vérifier les failles de ses systèmes informatiques.


Dire que j'ai commencé à jouer à Fallout 4 il y a un mois... J'aurais dû me contenter de revoir les Terminator.


La Poste là-dedans ?

Puisque c'est le titre de cet article amateur, mais comme cela fait quinze jours que je n'ai pas eu loisir de rédiger, je digresse et digresse pour arriver au suivi des publications par les animateurs de communauté en ligne (community manager) du groupe La Poste sur le réseau social BluSky, ce jour d'ouverture de VivaTech - et que les habitués d'autres réseaux aux dirigeants plus ou moins moraux peuvent retrouver ailleurs.

Certes, des prototypes ou réalisations semblent fort utiles : robot porteur de charge lourde pour centre de colis (euh, et au pied de mon immeuble, comment font le livreur et moi ?), panneaux solaires sur casier à colis de rue pour éviter travaux et connexion au réseau électrique collectif, destiné à électrifier les modes de déplacement.

Les collectionneurs de nouveautés râleurs apprécieront que les visiteurs professionnels soient invités à acheter un collector de timbres personnalisés VivaTech... plus cher que leur valeur d'usage postal. Avec les timbres NFT, le stock de clients pigeons s'agrandit pour le plus grand bonheur des épouses et banquiers de philatélistes.


Cependant, l'IAgen s'infiltre et je me demande franchement si cela en vaut la peine, là où algorithme bien programmé par des humains ou bon sens salarié pourraient suffire. À part rentabiliser les serveurs de Docaposte et diversifier le porte-feuille d'activités du groupe fondé sur un courrier moribond ?

Une machine qui apprend à détecter les colis sans étiquette... après nous avoir vendu des centres de tri à caméras tous angles pour lire les code-barres... donc leur potentielle absence. Je veux bien croire que la bestiole sera peut-être capable de remonter le fil du colis pour identifier le véhicule d'arrivée, le lieu potentiel de perte de l'autocollant,... Un peu coûteux en fric et en ressources quand, faute de mieux, pochettes plastiques, gros scotch et adhésif de force suffisent. Environnementalement, ces trois outils ne sont pas idéaux, l'IAgen est-elle franchement meilleure et moins dangereuse pour notre survie.

Côté fête foraine, La Poste propose de défier un robot piloté à l'IA pour placer dans les cases des enveloppes selon l'adresse... Une vidéo montre le ridicule de l'expérience : le cobaye humain, même postier-trieur, a-t-il eu un entrainement de plusieurs semaines sur cette tournée et le meuble à cases ? Ou débarque-t-il face à un bras automate qui a déjà le plan des cases en mémoire sans entrainement, et dont l'IA doit probablement servir à la reconnaissance de l'écriture manuscrite et accélérer de quelques centièmes de secondes le départ de mouvement vers la bonne case... Ce que les automates de tri de La Poste sont censés savoir faire par algorithmes successifs et améliorés depuis les dernières décennies d'automatisation du tri... si vraiment La Poste veut se débarrasser des bras humains habitués des territoires desservis

Sinon, vous avez The Wind Waker dans la série des jeux Zelda pour vous entraîner.

Exemple d'une innovation liée à l'intelligence artificielle du Groupe La Poste : lunettes à caméra et assistance vocale pour facteur en tournée (via BluSky, dix-sept juin 2026).

Enfin, j'en arrive à ce qui m'a fait réagir et imaginer cette rédaction ce matin.

L'auteur britannique George Orwell, utilisé à fond depuis quelques années par tout le spectre politique, grâce aux interprétations variées de son roman 1984 de 1948, imaginant un avenir sombre d'un État totalitaire manipulant la population par le nationalisme, l'amnésie archivistique, l'omniprésence de l'autorité, et en dernier recours la terreur si le dressage et les automatismes échouent.

J'essaie de ne pas employer le titre du roman ou l'adjectif orwellien, mais Henry Ford et les dirigeants de nombreuses polices politiques des années 1930 jusqu'à la Stasi est-allemande auraient commandé des tonnes de lunettes à caméra connectées à un smartphone sur lequel un assistant IA conseillerait le facteur en tournée.

Une des grands marques de lunettes, des fabricants de smartphone avec un partenaire IAgen vantent depuis quelques semaines ces montures à objectif caméra... Un objet connecté aussi invasif que les haut-parleurs à assistant algorithmique ("Siri, quel est le score de France-Sénégal ?", "Alexa, joue la troisième de Beethoven dans le salon.") dont les enquêtes de militants et journalistes ont montré que leur compagnie écoutait (en aveugle a priori) en permanence pour entraîner algorithme de reconnaissance vocale, et peut-être à présent les I.A. en développement.

Quand La Poste montre ces montures aux couleurs jaune et bleu le premier jour de VivaTech, j'ai peur du monde orwellien qui s'annonce, mais que finalement les usagers de la route équipées de caméra à carte-mémoire connaissent. L'aide au facteur face à un problème, sa sécurité filmée au besoin (chien méchant, accident de la route, agression et vol), l'information en direct des livraisons de recommandés, suivis et colis aux expéditeurs et destinataires, seront sûrement les arguments médiatiques phares.

Mais, les postiers et leurs syndicats témoignent, dans plusieurs pays les plus avancés, de l'aspect délétère de la tablette qu'ils portent, remplaçant les formulaires papier de délivrance ou de passage, mais ayant permis de programmer des algorithmes de tableurs calculant au plus juste les tournées : x secondes pour un passage simple devant un casier d'immeubles, y minute pour un recommandé à délivrer, etc. Voire déjà les repérant dans l'espace.

Avec ces lunettes et le mouchard intelligent connecté, on imagine bien les futures scènes dans les bureaux de direction et ressources humaines des centres de tri, en France et ailleurs : qu'a fait untel pendant cette période d'immobilité de x minutes y secondes avec cette vieille dame alors qu'elle n'est pas abonnée payante du suivi à domicile ; pourquoi monter déposer un colis à une personne traînant un respirateur ou une femme enceinte avec un petit de deux ans ; etc.


Bien entendu que certaines directions de La Poste prêtent attention aux facteurs, vitrines du groupe partout sur le territoire national.

Artistes primés, invités thématiques, dirigeants postaux et ambassadeurs des personnels de La Poste, à la fin de la Cérémonie des trophées du timbre, le onze juin 2026, à Paris (diffusion en direct sur Youtube, puis revisionnage à la demande).

Philaposte, en charge de la vente philatélique et de l'imprimerie, fait remettre les trophées du timbre à la fois par des dirigeants du groupe et des employés de terrain, décrits comme « ambassadeurs » de Philaposte dans les régions. Cela relie les facteurs au programme philatélique, et tente de rappeler qu'il y a des bureaux avec spécialisation philatélique, dont les guichetiers forment également d'autres bureaux à la vente de ces produits.

Les comptes sociaux du Groupe La Poste montrent régulièrement des postiers heureux, dans leur bureau, centre de tri, ou en tournée, repris de temps à autre dans les reportages locaux des journaux télévisés tel TF1 dernièrement.

Dans son journal télévisé, la chaîne privée propose des reportages thématiques Leur incroyable bureau. Le neuf juin dernier, une factrice décrite comme chanceuse a été présentée au Cap Ferrat, sur la Côte d'Azur, parmi une concentration de villas de millionnaires. Une excuse pour visiter une des villas historiques plus que la tournée de la factrice qui rencontre soit des gardiens de maison, soit dit devoir attendre le destinataire qui doit traverser l'immensité de la maison et des jardins pour atteindre le portail*... même si la hauteur des clôtures murales et végétales limitent le propos journalistique de travailler en admirant de belles demeures.

Car pendant que La Poste dépense en robots et intelligence artificielle générative, la presse quotidienne régionale rappelle régulièrement l'inquiétude des habitants face à la fermeture de leur bureau (ou à Montpellier-La Chamberte, la non réouverture après les travaux du tramway d'un bureau promis à la rénovation...), des grèves ou alertes aux médias des syndicats sur les conditions de travail, les commentaires des destinataires sur la lenteur du courrier ou le bon de passage colis alors que la personne affirme avoir été chez elle (* Mais a-t-elle une Bentley ?, demanderait TF1), etc, etc.


Oui, je ne suis pas très optimiste sur le monde qui vient... semble être déjà là.

samedi 30 mai 2026

À Boston 2026, les philatélistes méfiants du culte de la personnalité

 Deux publications en ce mois de mai 2026 montrent que le culte de la personnalité autour de l'actuel président des États-Unis d'Amérique inquiète des philatélistes face au Maître général des postes David Steiner, dirigeant l'United States Postal Service depuis juillet 2025.

Un courrier des lecteurs paru dans The American Philatelist daté mai 2026, et consacré majoritairement à Boston 2026, l'exposition mondiale décennale de l'American Philatelic Society, résume les difficultés financières continues de l'opérateur postal historique du pays, un des premiers éléments de son indépendance du Royaume-Uni quelques temps avant la Rébellion et la Déclaration d'Indépendance du quatre juillet 1776.

L'USPS est une entreprise publique, fort dépendante de la politique fédérale puisque le Congrès veille et que l'actuel président n'hésite pas à commenter ses échecs. De plus, sur l'express et les colis, elle est en concurrence avec ses principaux clients tels Amazon qui lui sous-traitent une partie de ses livraisons, notamment en zone d'exploitation coûteuse comme les immenses régions rurales.

Le lecteur de The American Philatelist place ensuite sa loupe sur Steiner, un ancien membre du conseil d'administration du concurrent Fedex, suscitant des interrogations sur la volonté de l'Administration Trump de privatiser l'USPS. Steiner n'a cessé de convaincre du contraire, notamment de proposer les services du dernier kilomètre de livraison à tous les opérateurs courrier express et colis du pays.

L'inquiétude du philatéliste provient aussi que, dans sa recherche de revenus sans coût supplémentaire, Steiner dispose du programme philatélique : pourrait-il imposer au Comité consultatif des citoyens (Citizens' Stamp Advisory Committee) d'abandonner ses règles strictes sur les thèmes des timbres émis au nom des États-Unis, tels la non-représentation de personnes vivantes ou l'aspect jugée extraordinaire de la contribution de la personne passée à l'histoire du pays.

Le lecteur d'imaginer que les intérêts commerciaux dépassent l'intérêt national commun du timbre : des entreprises promouvant leur marque, leurs produits, leurs dirigeants... et donc aussi des partis politiques poussant à représenter des élus encore vivants, voire de faire voter les thèmes sur les réseaux sociaux [aux choix d'affichage aux algorithmes manipulables], des messages de prosélytisme religieux dépassant la simple évocation des grandes fêtes des communautés du pays ?

Et Trump apparaît donc puisque l'U.S. Mint va frapper des pièces en or de deux cinquante dollars à son effigie pour les deux cent cinquante ans de l'Indépendance [entre autres objets à vendr... de collection].

Cinq des vingt-cinq timbre de l'émission sur les personnalités de la Révolution, émis en mai 2026. L'image proposée sur la boutique web de l'USPS prend soin d'une grande diversité des profils choisis.

Avançons donc à l'exposition mondiale qui a lieu depuis samedi dernier jusqu'à ce samedi trente mai 2026, à Boston, lieu emblématique de la rébellion des colons contre les taxations britanniques et des premiers affrontements militaires de la guerre d'Indépendance dès 1774.

Hier, vendredi vingt-neuf mai 2026, le journaliste et éditorialiste Bill Shein publie sur son site Reason Gone Mad un compte-rendu de la manifestation à travers le discours du Maître général des postes et les réponses des visiteurs à ses conséquences potentielles.

Habitant du Massachussetts, l'exposition est une occasion pour lui d'écouter le discours aux philatélistes de David Steiner, de l'interroger directement sur Trump, et de se rendre compte des effets de ces annonces sur le public le plus investi du loisir.


Ainsi, Steiner a expliqué concernant le programme philatélique, ses équipes et lui n'écartent aucune possibilité afin de renouveler son contenu, son attractivité publique. Son objectif est que ce programme montre ce qui rassemble, est commun aux citoyens des États-Unis.

Il a constaté également que les restrictions du CSAC, institution établie en 1957, n'étaient pas inscrite dans une loi du Congrès, mais dans les régulations internes au CSAC et par coutume accepté par les dirigeants de l'USPS.

Seul, Patrick Donohoe contourna la règle de l'interdiction des personnes vivantes sur timbres, entre 2011 et 2018, en contournant complètement le CSAC pour quelques émissions dites commerciales par les collectionneurs : séries sur des films, séries télévisée ou dessins animés très récents, mais très populaires.

Ainsi, Bill Shein confirme qu'en 2011, l'objectif n'était absolument pas de mettre le président Obama sur un timbre, mais de pouvoir émettre une série sur l'univers de Harry Potter en achetant une licence pour utiliser les images des films. Le Maître des postes insistant alors que ce sont les personnages qui sont représentés et appréciés du public, encouragés à la lecture et à l'imagination, pas les acteurs eux-mêmes.

Devant le public, Steiner explique que des réalisations récentes comme une victoire olympique en sport d'équipe lors des Jeux olympiques d'hiver de cette année. Et que les photographies d'un des arrêts décisifs du gardien de but états-unien auraient pu faire un beau timbre-poste.


En aparté, le journaliste interroge le dirigeant de manière fort explicite : l'USPS envisage-t-elle l'émission d'un timbre à l'effigie de Donald Trump de son vivant, donc pendant son mandat.

I’d rather do Taylor Swift and Travis Kelce.

Voici la première phrase, avec humour, de sa réponse : la chanteuse connue dans le monde entier et son fiancé, joueur de football américain.

Avant de se montrer plus rassurant, il voulait annoncer publiquement que la représentation de personnes vivantes, de leurs réalisations rassemblant les citoyens, etc. est possible, même s'il affirme à Boston qu'aucun sujet n'a été discuté par les services de l'USPS.


Bill Shein a ensuite eu les journées suivantes pour constater l'effet de ces paroles sur les visiteurs, qui sont certes les philatélistes les plus impliqués puisqu'en compétition, visiteurs réguliers d'expositions, etc.

Il évoque deux conférences où l'évocation de la règle du CSAC et de la méfiance à la voir affectée a été sujet à de vives réactions, qui vont choquer ceux qui croient qu'on ne doit pas parler de ses opinions politiques quand on philatélise.

Lors de la présentation-encouragement au don de la production d'un documentaire sur la création des timbres-poste, il a été rappelé que cette règle visait à éviter les représentations du monarque des premières séries de timbres-poste, pour une République dont la Déclaration d'Indépendance rappelle qu'elle se rebelle contre le roi d'Angleterre [même si c'est bien le Premier Ministre et la Chambre des Communes qui décident depuis la Glorieuse Révolution].

Applaudissements nourris de l'auditoire.

No King.

Cela ferait-il écho aux manifestations ponctuelles, mais ayant établi le slogan « Pas de roi » depuis juin 2025 et la crainte que le président Trump et ses partisans sont sur le sujet de la dictature personnelle ? Slogan repris dans plusieurs pays quitte à remplacer le titre par dictateur ou tyran, notamment dans des pays dirigés par des personnalités ayant complimenté leur modèle d'outre-Atlantique ou d'outre-Pacifique.


Lors de sa présentation de la création des timbre-poste, c'est sa responsable, Lisa Bobb-Semple, directrice du Service des timbres de l'USPS, qui a dû assurer le service après-vente du discours de son chef.

Suite aux questions, elle n'a connaissance que la Maison Blanche ait demandé un timbre-poste à l'effigie de son locataire [à tendance destructice : jardin de fleurs transformés en terrasse minérale, destruction-reconstruction de l'Aile Est sans qu'on sache trop qui paye et qu'est-ce qui est vraiment construit en-dessous], puis si un criminel condamné pouvait être envisagé...

Elle a répondu qu'un criminel condamné ne rentrerait pas dans le standard, mais le journaliste a fait ses recherches, quelques grands Américains pour lesquels les réalisations dépassent leurs errements face à la loi dans la mémoire collective ou la destinée de leurs idées : le militant Malcolm X (vol et atteinte aux biens), le chanteur Lead Billy (meurtre), le boxeur Muhammad Ali pour désertion du service miitaire.

Aucun élu. D'où la règle de ne pas représenter une personnalité trois ans après sa mort (dix ans il y a encore quelques temps). L'objectif reste de timbrifier un politicien ou un autre citoyen en étant sûr que ses actions positives pour le pays dépassent grandement les errements potentiels à la loi, ou les opinions politiques que chacun juge à sa manière.

Ciblant les philatélistes habitués, le timbre sur timbre au bison américain, massacré pendant la colonisation de l'Ouest, lentement de retour sur ces terres. Mais, l'électorat visé par le président actuel encourage à bannir les protections des troupeaux de bison sur les pâturages du Montana (boutique web de l'USPS).

Découvrant ou faisant découvrir l'univers des émissions philatéliques, le journaliste a rencontré plusieurs personnalités de la philatélie organisée, associative, ayant ou pas participé au CSAC.

Il semble rassuré par la ligne politique de l'USPS. Les émissions de Boston 2026 liés à l'histoire de l'Indépendance reflètent la diversité des acteurs de celle-ci : hommes comme femmes, descendants de colons comme esclaves ou Indiens défendant leurs droits. Un timbre sur timbre sur la survie du bison, un produit pour collectionneur de classiques, survient la semaine où l'Administration Trump a signé des décrets révoquant des droits de pâturages à cette espèce dans plusieurs secteurs du Montana, pour complaire sûrement à l'électorat local [un peu comme le loup et le cerf en France].

Comme dit sur ce blog et quelques journalistes états-uniens, contrairement aux pièces de monnaies commémoratives de l'U.S. Mint, très histoire des Blancs anglo-saxons protestants (WASP) sur deux cent cinquante ans, l'USPS paraît vouloir représenter l'ensemble des histoires, personnalités, événements positifs de l'histoire du pays.

Le timbre que les participants d'une consultation de l'USPS ont souhaité voir réémis. L'USPS propose le thème sous forme d'un bloc de quatre timbres représentant l'animateur jeunesse avec plusieurs jouets-personnages de son émission (communiqué de presse de l'USPS ; magazine de l'USPS).

Enfin, quasiment tous les philatélistes interrogés sont hautement sceptiques de représenter des personnes vivantes sur les timbres de leur pays.

Particulièrement, Cheryl Ganz, qui a participé au CSAC, confirme que la question est revenu souvent en douze ans de mandat, mais que jamais la discussion n'a porté sur un politicien.

Le sujet semble dépasser les seuls collectionneurs : l'USPS a tenté cette année de proposer la réémission d'un timbre souhait par le public. Les votants ont choisi Fred Rogers, producteur et animateur d'une émission pour enfants qui a duré de 1968 à 2001.

Comme pour les affiches et autres recréations de Marianne et timbre gravé pour Philaposte, est-ce un effet générationnel : les philatélistes et curieux de la consultation ont-ils fixé leur attention sur leurs souvenirs d'enfance ? Y a-t-il un effet transgénérationnel ? Un souhait explicite de revoir sur timbres et bloc-souvenir une réalisation pacifique de la société ?


À titre personnel, je crains comme pour la monnaie, les passeports, le forçage actuel pour un billet de banque, les passes annuels des Parcs naturels, que si un trumpiste se penche sur la question philatélique pour faire plaisir au boss,... Steiner et ses équipes auront-ils le courage et même le choix de justifier un refus par les traditions ? L'arme financière pourrait-elle utiliser par les élus républicains trumpistes pour forcer l'USPS à un acte de dictature personnelle au risque de transformer la nature entière de l'entreprise postale et colis ?


Compléments du mercredi vingt-quatre juin 2026 :

Tels l'arbitrage sans vidéo en sport collectif ou les juges en patinage artistique, évaluer une collection en compétition lors d'une exposition philatélique, surtout au niveau international, peut susciter étonnement voire rancœur des exposants - entre le prix des pièces exposées, le temps passé à rechercher des connaissances et à organiser l'ensemble, et les frais d'expédition et d'entrée fort cher à ce niveau.

L'exposition de Boston 2026 connaît son drame. Le règlement de la Fédération internationale de philatélie demande à un groupe de jurés de sélectionner une ou des collections digne du Grand Prix national, parmi les collections étudiant le pays hôte.

Certes, l'histoire ancienne a montré la sélection d'une seule collection, mais la tradition et le folklore du dîner du palmarès (cher aussi) avaient établi une sélection d'au moins deux des collections aux meilleurs scores. Au moment du palmarès, l'ensemble des jurés vote pour désigner celle qui mérite le Grand Prix national.

À Boston, une seule collection a été sélectionnée, choix acceptée par le bureau du jury, et donc déclarée primé sans vote.

Le souci est que deux autres collections sur la philatélie ou l'histoire postale des États-Unis d'Amérique ont reçu le même nombre de points et quelques autres un point au-dessous.

La rumeur immédiate pré-cérémonie se diffusant, le président de l'American Philatelic Society a publié, le mercredi dix-sept juin, un communiqué acide. Tout d'abord pour rappeler que l'APS, même à l'origine de l'exposition, n'a aucun pouvoir sur le jury, surtout qu'il est lié à la FIP et à un secret des délibérations. De plus, l'APS délègue depuis longtemps la responsabilité à un comité d'organisation autonome, qui reverse le bénéfice financier pour des actions de promotion philatélique.

La déception des participants et du public connaisseur a dû être tellement fort pour justifier à la fois qu'il ne peut rien faire à ce que le président du jury, fort expérimenté et respecté, n'a pas demandé au comité de sélection de revoir sa courte liste.

Cependant, les conséquences annoncées sont brusques :

- demande à ce président de jury de démissionner de ses fonctions au sein de l'American Philatelic Society [merci l'indépendance],

- l'annonce de la constitution d'un comité indépendant d'étude et de proposition des relations entre l'APS et la Fédération internationale, notamment la délégation à un comité d'organisation autonome,

- et sur les règlements applicables à la sélection des juges, notamment l'âge maximum pour être juré international - Il remarque que la FIP a récemment retiré cette condition d'âge de son règlement. Le président de l'APS insistant sur le nombre limité de mandats qu'un membre peut exercer au sein de l'organisation états-unienne.

Pourquoi cibler l'âge du capitaine ? La nouvelle présidence de l'American Philatelic Society veut-elle montrer sa force face à une intrusion extérieure - les États-Uniens sont isolationnistes en première intention (sauf si intérêts évidemment) ? Quelles sont les relations internes entre dirigeants de la Fédération philatélique international encore en jeu cette fois-ci ?