lundi 26 octobre 2026

D'un restaurant des Îles Vierges à la vie de l'éditeur de cette carte postale

 Cet été 2026, en flânant sur le site de ventes eBay pour trouver des cartes postales, j'ai approfondi ma mini-collection des Îles Vierges des États-Unis par l'émoi sanitaire suscitée par l'image ci-dessous... sans imaginer la vie et la carrière de son éditeur, potentiel photographe.

"Barbecue Night" sur carte postale numéro 82225 de l'éditeur Hannau-Robinson, vers 1965-1969 (tous droits réservés a priori).

Une véritable publicité pour des vacances en pension complète dans un hôtel de Christiansted, au nord de l'île de Saint Croix, la plus grande du territoire états-unien acheté au Danemark en 1917.

La légende au dos indique que c'est « la soirée barbecue... La nourriture préparée pour assouvir vos goûts personnels spécifiques par des chefs experts ».

...

... avec le grill sous le niveau du sol sur lequel marchent les convives et redescend toutes les poussières et maints animalcules - pas étonnant que la tourista porte ce nom ! N'y avait-il pas encore de service administratif sanitaire dans le territoire dans les années 1960 ? Ou un peu de bon sens chez l'entrepreneur ou les clients ?

Le dos inutilisé de la carte postale numéro 82225 de l'éditeur Hannau-Robinson, vers 1965-1969.

Grâce au site de James Gavin, The Digital Philatelist, et en particulier sa spécialité des Bahamas, on retrouve l'histoire de l'éditeur de cette carte postale en trois étapes, avec les sources listées en 1 : 1 et 2 et 3, ce qui permet de dater l'impression de la carte, à défaut de sa photographie ou de toute correspondance affranchie.

Au départ, il y a l'Autrichien Hans Walter Hannau (1904-2001) qui se réfugie aux États-Unis en 1939 face à la menace hitlérienne. Dans sa patrie d'adoption, il devient un important photographe en couleurs et un éditeur de cartes postales.

En 1953-1954, avec comme imprimeur et vendeur Robinson Printers Inc. à Orlando (Floride), Hannau Color Productions propose ses réalisations aux entreprises touristiques (hôtels, agences de voyages, etc.) depuis trois bureaux à Miami Beach, New York et Berrien Springs (Michigan).

En 1962, Hannau fonde deux entreprises homonymes : Hannau Color Productions Inc. à Miami et à New York, qui fusionne en Hannau-Robinson Color Productions Inc., simplifié en Hannau-Robinson Inc. en 1969. L'entreprise a alors son siège à New York et des bureaux à Miami Beach (à l'adresse indiquée sur ma carte postale) et Orlando pour la Floride, Houston (Texas), Dayton (Ohio ?), Chicago (Illinois), Denver (Colorado) et San Francisco (Californie).

Là s'arrêtent les fiches du Digital Philatelist dont le but est de lier des éditeurs-imprimeurs avec des cartes postales des Bahamas. Hannau-Robinson a donc travaillé avec de nombreuses entreprises touristiques de Floride et des Caraïbes.

Une recherche Google semble indiquer des cartes postales pour bien d'autres hôtels au-delà des littoraux atlantiques, des îles caraïbéennes et des grandes villes des États-Unis, notamment la vue d'une église du Vermont parmi les cartes proposées par ce vendeur spécialisé. On trouve aussi un fascicule de 1967 d'une compagnie aérienne pour des vacances en Jamaïque.


La chance pour connaître Hans Walter Hannau est qu'il a fait donation en 1975 aux archives de la New York Public Library de cinq volumes de négatifs et tirages réalisés dans les années 1940 de vues de New York d'une part, et issues d'un tour des États-Unis d'autre part. Deux projets soutenus par la Galerie St. Etienne (Floride, Colorado, Wyoming, Californie principalement).

Cela permet de disposer d'une biographie assez détaillée pour un photographe commercial, et que je résume ici.

Né le cinq août 1904 à Vienne, il est diplomé de doctorat de l'université de Vienne en 1928 - pas de spécialité mentionnée par les Archives new-yorkaises, probablement de droit puisque c'est ce domaine qui lui fait croiser les nazis. Il étudie la photographie lors d'un séjour en Angleterre dans la foulée.

Il épouse Elisabeth (Ilse) Anne Roeder le vingt-trois juin 1934 à Steyr, et ils ont deux fils : George (né le huit février 1936) et Michael (le vingt-six septembre 1938).

En mars 1938 a lieu l'Anschluss, l'invasion et l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie. Hannau est compromis par son travail administratif passé contre les Jeunesses hitlériennes ; il est déporté au camp de concentration de Buchenwald, dont il est libéré lors d'une grâce d'anniversaire du Führer.

La famille fuit le pays et arrive en juin 1939 aux États-Unis, s'installant modestement dans le New Jersey, puis durablement à Miami Beach en 1940. Encouragée par son épouse, il devient photographe professionnel. La notice indique « plus de soixante livres de photographies » à son nom.

À New York, il fait la connaissance de Otto Kallir (1894-1978), collectionneur d'art d'origine autrichienne, qui a fondé de la Galerie St. Etienne. Kallir encourage les membres et clients de sa galerie à soutenir les cartes postales de Hannau et son projet American Views. Par sa réputation de galeriste, Kallir fait partie des Autrichiens anti-nazis influents auprès des autorités états-uniennes et aidant les immigrants autrichiens.

De ce tour de son nouveau pays proviennent les négatifs et tirages donnés par ce dernier aux archives de la Bibliothèque publique de New York. Le tour des États-Unis continentaux inclut également des clichés d'Amérindiens : Pueblos au Nouveau-Mexique, Hopis et Navajos en Arizona. Également pour la Galerie St. Etienne, il produit Views of New York City sur le centre et le sud de Manhattan.

La notice se clôt avec quelques titres de Hannau [dont sont tirés les cartes postales ?] : U.S.A. in Full Color, Bermuda in Full Color, California in Full Color, Tropical Flowers, Islands of the Caribbean, et des livres de panoramas.

Il meurt le huit mai 2001 à Miami Beach.

Source ce résumé biographique : H.W. Hannau photographs, Irma and Paul Milstein Division of United States History, Local History and Genealogy, The New York Public Library (page consultée le vingt-six octobre 2026).


Dernier questionnement : à partir de la création de l'entreprise commune avec Robinson, Hannau était-il le seul photographe à être édité sur ces cartes postales ? Comment fonctionnait la création des autres objets imprimés par Hannau-Robinson ?

samedi 24 octobre 2026

Un récent bureau de poste près du pont de l'Europe à Strasbourg

 Le mardi vingt-quatre février 2026, lors de vacances alsaciennes, j'ai visité les alentours du pont de l'Europe, entre France et Allemagne.

J'ai traversé le Rhin par le pont Beatus-Rhenanus, construit principalement pour la ligne de tramway strasbourgeoise menant à Kehl, en Allemagne, depuis 2017. Un musée d'histoire locale était fermé pour rénovation, je n'ai donc vu que la grande rue commerciale, sorte d'Andorre-la-Vieille-sur-le-Rhin : bureaux de change et d'achat-vente d'or, débitants de tabac, magasins de vêtements et divers cadeaux.

Les parcs ont mené le retour vers la France : le Jardin des Deux-Rives se trouve des deux côtés du large fleuve, avec une passerelle piétonne et cycles du même nom ouverte en 2004. Côté allemand, c'est la longue rive entre Rhin et quartier résidentiel ; côté français, c'est plus grand et aménagé, sans doute car un remplacement de terrains portuaires, industrielles et de friches.

L'église Sainte-Jeanne-d'Arc et un immeuble neuf, récent voisin, place de l'Hippodrome, à Strasbourg, le vingt-quatre février 2026 (droits réservés).

Le parc français comprend ainsi des animations, dont une reconstitution végétale à l'échelle de notre système solaire. Le promeneur peut aussi rechercher les monuments dédiés au souvenir de la libération définitive de l'Alsace par les troupes du général de Lattre de Tassigny en mai 1945, et des œuvres d'art évoquant la réconciliation franco-allemande.

Pour rejoindre la première station de tramway en territoire français, il faut atteindre un des quartiers de Port du Rhin, comprenant autour de la place de l'Hippodrome deux églises liées à l'histoire conflictuelle avec l'Allemagne : l'église Sainte-Jeanne-d'Arc des années 1930 et, en face, la chapelle de la Rencontre des années 1950. La première, sur la photographie ci-dessus, rappelait la francité de la dernière île strasbourgeoise face à l'Allemagne ; la construction de la seconde fut financée avec les réparations allemandes.

Zoom sur le nouveau bureau de poste de Port du Rhin, place de l'Hippodrome, à Strasbourg, le vingt-quatre février 2026 (tous droits réservés).

La partie centrale de Port du Rhin est en urbanisation relancée ces dernières années. Le service StreetView de Google permet encore de voir l'avant-après les travaux de l'approche routière du pont de l'Europe et de la grande route qui passait devant le parvis des églises sus-citées.

La route a été déviée à l'arrière de l'église dédiée à Jeanne d'Arc, près d'une nouvelle clinique périphérique. Cela a libéré la place de l'Hippodrome (là, je pense qu'il faut remonter le temps pour retrouver des courses de chevaux), devenu un espace minéral et arboré, lieu de rencontre pour les habitants des nombreux immeubles récents autant que des immeubles précédents, plus au nord.

Au pied de l'un de ces immeubles neufs, donnant sur la place, un bureau de poste avec une boîte de rue sur pied. 

La Poste le référence comme le bureau Strasbourg 2 Rives, 10-12 rue de l'Abbé François-Xavier Scherer, le clerc (1891-1942) à l'origine de la paroisse Sainte-Jeanne-d'Arc et dont il anima la vie sociale de ce quartier ouvrier pauvre de 1923 à 1936. Son prêche conduit la Gestapo à l'arrêter et le déporter au camp de concentration de Dachau, où il meurt en septembre 1942.

Les Strasbourgeois et historiens postaux du Bas-Rhin sauront s'il a remplacé un ancien bureau du quartier Pont du Rhin, en le rapprochant de la nouvelle station de tramway ou en bénéficiant d'un espace plus grand pour la fonction bancaire et le stockage de colis.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

vendredi 23 octobre 2026

Philatélie fiscale, illustrations et guerres polaires, une variété de thèmes pour The American Philatelist d'octobre 2026

 Même si sa couverture annonce un numéro sur les timbres fiscaux, The American Philatelist d'octobre 2026 développe des curiosités en de multiples et inattendues directions.

La une de The American Philatelist d'octobre 2026 met en exergue la taxation des véhicules à moteur pendant la Seconde Guerre mondiale (via le site web de l'American Philatelic Society).

Provocatrice, la rédactrice en chef Susanna Mills annonce en titre d'éditorial : "Paying Taxes Has Never Been So Fun". Certes, mais il n'est pas sûr que les contemporains de ces timbres-là ait eu la même perception.


Don Woodworth étudie la taxe fédérale sur les véhicules motorisées, établies pour financer l'effort de guerre et a été obligatoire du premier février 1942 au trente juin 1946. Le paiement était au prorata de l'année fiscale restante, celle-ci débutant le premier juillet. Une année fiscale complète coûtait cinq dollars, équivalents de cent dollars de nos jours.

Les Français d'un certain âge reconnaissent là le principe de la vignette automobile pour « financer une retraite minimale » de manière nationale de 1956 à 1984, puis avec tarif variant selon les départements (collectivité en charge des aides sociales) jusqu'à la disparition de la taxe entre 2000 et 2006.

De fait, la ressemblance est là : chaque premier jour de l'année fiscale, le timbre états-unien changeait de couleur et de valeur faciale.

Également, un souci de l'usage de ces timbres, et donc de leur collection, est qu'ils devaient être très visibles sur l'automobile concernée, donc collé sur le pare-brise ou, parfois, la face avant du pare-soleil. Décoller le timbre revenait à le détruire, sauf si le soleil n'avait pas anéanti sa lisibilité avant. Des porte-timbres protecteurs ont été créés en forme de blason patriotique.

L'auteur insiste : les timbres usagers de février 1942 avec gomme à l'arrière (!?) sont difficiles à trouver. Les suivants avec gomme à l'avant peuvent selon comment le propriétaire du véhicule l'a apposé : blason protégeant la face avant, décoller pour le conserver. Rarissime reste le formulaire d'enregistrement d'un véhicule pour paiement de la taxe et réception du timbre : Woodworth n'en connaît qu'un, illustré dans l'article. Le reste, détruit ou perdu dans les archives fédérales.

La collection de ces timbres fiscaux présentent un intérêt usager car les propriétaires des véhicules devaient y faire figurer des informations détaillées : leur nom de famille, le modèle, l'immatriculation dans l'État fédéré, etc. Cela donne une collection de surcharges par tampon, manuscrites, à l'avant , au dos... ou, plus efficacement, au dos des protège-timbres qui proposaient assez d'espace pour cela.

Un tour dans les archives familiales ou aux salons de voitures de collection peut alimenter une collection réelle ou de photographies.


Regis Hoffman élargit le cadre en affrontant l'ensemble des timbres fiscaux du Commonwealth, donc après la Seconde Guerre mondiale avec la disparition progressive de la notion d'Empire colonial (pas toujours dans la pratique répressive des mouvements d'indépendance).

Le lecteur y découvre évidemment les timbres, mais surtout toutes les marques indiquant leur usage fiscal : troué, signé, daté, frappé d'un timbre humide rouge, tamponné du service administratif précis ; et sur fragment ou document complet de membre d'association, licence de port d'arme, d'assurance, de passeport, de demande de carte d'identité.

Avec le soin de rappeler que tous les timbres d'inspiration britannique ne sont pas tous postaux-et-fiscaux. Ainsi, l'article se conclut avec une lettre d'Afrique du Sud taxée car le timbre au bon tarif, était indiqué seulement "Revenue".


Cela fait transition au papier fiscal timbré collectionné par Peter Schwartz. À l'origine, le timbre fiscal est une marque sur un papier montrant le pré-paiement d'une taxe à l'État.

Ici, l'auteur montre un grand nombre de chèques émis aux États-Unis de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, de banques variées, aux timbres imprimés avant l'impression des éléments du chèque et l'écriture des informations de paiement (Combien ? À qui ? Signé de qui ?).

Ces timbres sont listés par le catalogue Scott sous le titre "Revenue Stamped Paper", comprend plusieurs types, couleurs, et formes d'annulation selon la législation du moment. Par simplicité administrative, il fut considéré que le timbre fiscal était l'ensemble du chèque et qu'écrire dessus la date et apposer une signature recevait à écrire dates et initiales sur un timbre fiscal mobile.

Les illustrations proposées par Schwartz et le rappel du chapitre de fin de catalogue peut aider à reconnaître ces timbres, une fois découpés et mêlés à un lot difficile à identifier pour un philatéliste postal.


Deux autres articles restent sur les à-côtés de la collection, mais peut permettre de développer des objets philatéliques, méprisés, sauf des exposants thématiques, des historiens de la philatélie organisée, ou des amateurs de l'illustration.

Rick Barrett plonge dans la biographie de John Coulthard, dont le métier fut illustrateur pour les journaux, les publicités, des livres, au style bien illustré dans l'article.

Mais, collectionneur de timbres, le Californien est aussi connu aux États-Unis pour l'illustration d'enveloppes ("cachet" en anglais philatélique). Barrett évoque des centaines de modèles différents, pour son courrier personnel comme des manifestations quasi-philatéliques tel un meeting aérien avec entier postal par avion illustré par Coulthard.

La deuxième partie de l'article développe les illustrations fort postales : centenaire du timbre-poste en 1940, lot d'enveloppes-entiers aériens illustrés.

Enfin, l'appréciation de l'art, notamment les gravures anciennes, est soulignée par un coup de chance. En 1960, John Coulthard acquiert chez un antiquaire deux volumes de gravures publiés en 1803. À la lecture en tombent une douzaine de gravures signées Rembrandt... Sûrement des réimpressions des plaques d'origine, sûrement pas des reproductions de 1803 !


Enfin, Wayne Youngblood s'intéresse à un invité discret du service postal des États-Unis : la manicule, ce dessin d'une main fermée avec l'index pointé, invitant le regard vers...

Des origines dans les marges des manuscrits médiévaux d'Europe, aux affiches et panneaux commerciaux, l'auteur arrive à son usage postal dès 1796. Le tampon "PAID" comprend en avant une manicule insistant sur le paiement par l'expéditeur.

Dès lors, la main se retrouve dans d'autres lieux pour cette mention de port payé, mais aussi vers l'identité de l'expéditeur en cas de renvoi à celui-ci. Il est fort possible que les postiers du dix-neuvième siècle n'était pas tous capables de lire au-delà de quelques mots-clés : la main était un signe rapide -> retour au bureau de poste principal -> retour vers la ville ou l'État fédéré indiqué.

Les exemples montrent un usage régulier, avec des manicules de dimension variable, souvent des enveloppes issues d'entreprises ayant utilisé le courrier publicitaire, ou d'administrations qui récupéraient ainsi le motif d'absence du contribuable.


Il reste encore d'autres articles courts, mais aussi variés dans ce numéro, dont une critique du livre de Hal Vogel (1943-2025) et le Français Serge Kahn sur la Guerre froide : du courrier des conflits militaires polaires. Les deux auteurs présentent le courrier lié aux nombreuses guerres qui eurent lieu dans les zones polaires depuis la guerre de Sept Ans (1756-1763) à celle des Falkland (1982).

Hal Vogel et Serge Kahn, Cold War: Polar Military Conflict Mail, American Society of Polar Philatelists, 2026 ; ISBN 978-0-9776449-1-9.

Ce livre peut être commandé au prix de 50 USD plus frais de port sur le site web de l'American Philatelic Society.

mardi 20 octobre 2026

Une carte postale pour renouer une amitié à quatre mains sur un clavier

 Du vingt-neuf août au quatre octobre 2026, la chaîne sud-coréenne tvN a diffusé les douze épisodes du k-drama Quatre Mains, Deux Sonates (포핸즈, littéralement un morceau de piano écrit pour quatre mains), désormais visibles à la demande sur les plateformes locale TVING et internationale Netflix.

Image de promotion du douzième et dernier épisode du quatre octobre 2026 sur les réseaux sociaux de la mini-série, ici Instagram.

L'intrigue alterne deux périodes, avec flashbacks et flashforwards, comme souvent pour les dramas coréens.

En 2016-2017, deux lycéens se rencontrent au sein d'une école-conservatoire ; tous deux pianistes dès l'enfance, ils sont brillants mais diamétralement opposés. Kang Pi-o, issu d'une famille d'artistes, est aussi froid et technique au clavier que l'orphelin Choi Jeong-yo, vivotant grâce aux combines d'un usurier, y exprime toutes ses émotions pour lui-même.

Entre la contrainte d'apprendre l'un de l'autre, les pressions familiales, l'amitié mêlé de jalousie, leur parcours commun atteint en milieu de saison un concours de pianistes à Prague, en Tchéquie... où le drame devient tragédie.

Un message musical anonyme de Tchéquie en fin du dernier épisode de Quatre Mains, Deux Sonates (capture d'écran Netflix).

Dix ans plus tard, les deux hommes se retrouvent : le premier est devenu un grand pianiste recherché tandis que l'autre réapparaît en Europe centrale chef d'orchestre autodidacte, primé lors d'une compétition européenne, attirant ainsi l'intérêt du grand-père de Kang, conseiller musical d'un grand orchestre de Corée.

Le drame devient enquête policière, thriller de manipulation autour de ce qui se serait passer à Prague en 2017, et jusqu'à quel point l'exécution d'une œuvre musicale peut traduire la tragédie vécue.

La carte postale reçue à Séoul, postée en Tchéquie, et reçue en fin du dernier épisode (capture d'écran Netflix).

Au terme du suspense, du dépassement des musiciens, et des révélations passées, le contact est repris trois ans plus tard. Kang a rompu sa carrière et joue dans des villages et anonymement sur internet. Il reçoit une carte postale de conseil d'un pianiste anonyme, affranchie de deux timbres de République tchèque. C'est une vue peinte d'une église.

Si les vignettes dentelées de l'affiche promotionnelles sont des images extraites de la série, les deux timbres-poste tchèques paraissent aussi réels que possibles :

- 27 couronnes au paysage de Prague, ville, rivière Vltava et pont Charles, dominé par le château ;

- 31 couronnes, paysage au coucher du soleil, légendé "Karlův most / Prague" : le pont Charles.

Sont-ce de vrais timbres émis par la poste tchèque ? Si c'est non, la création est d'apparence fort correcte.

Pourquoi Prague et la République tchèque ? L'Orchestre métropolitain de Prague interprète les morceaux classiques. La ville de Prague et sa campagne proche servent de décor à l'intrigue et permet de lier l'aspect international du monde des musiciens classiques d'excellence.

lundi 19 octobre 2026

Trier le courrier, le vrai travail de Gaston Lagaffe

 Dans le numéro 4612 du magazine de bandes dessinées Spirou, paru le deux septembre 2026, il est rappelé que la fonction théorique de Gaston Lagaffe est de trier le courrier des éditions Dupuis... avant que son esprit ne s'égare à vivre et penser librement au sein d'une entreprise et d'une société policée.

Extrait du gag Gaston paru dans Spirou 4612 du deux septembre 2026 (scénario Lewis Trondheim, dessin Delaf, couleur BenBK).

Le personnage a été repris en 2022 par le dessinateur québécois Delaf, avec ici un scénario du français Lewis Trondheim qui la rejoint pour le deuxième album.

L'idée de départ de ce gag est que, pour une fois, qui n'est pas coutume, le bureau de Gaston montre le courrier complètement trié et ficelé par destination: à signer, à payer, agadou, Spirou, O.K., refus, etc.

... et pour les paquets au pied du bureau, par beauté des timbres !


Les auteurs et dessinateurs du magazine franco-belge continuent donc de faire de la place au courrier postal et timbré, quasiment chaque semaine avec le chapeau illustré du courrier des lecteurs par ses responsables actuels : les Fabrice.