lundi 25 octobre 2021

Bicentenaire au Guatemala

 Pour les collectionneurs de nouveautés en recherche d'une thématique, depuis quelques années et pour quelques années encore, les pays d'Amérique latine célèbrent le bicentenaire de leur détachement progressif, puis de leur indépendance de l'Espagne, acquise définitivement en 1821 pour la plupart d'entre eux, tel le Guatemala. Des événements provoqués par une multiplicité de causes, notamment les idées propagées par la Révolution française et l'instabilité politique en Espagne provoquée par l'invasion napoléonienne.

La poste de ce pays frontalier du Mexique émet plusieurs séries à cette occasion et montre les manifestations premier jour sur sa chaîne youTube, ainsi que des annonces sur Twitter et  photographies sur Instagram. Loin des postes de pays nordiques qui renoncent à la philatélie artistique (Danemark, Suède) voire au timbre tout court (Islande).

Capture d'écran de la vidéo du vingt-deux octobre 2021 pour l'émission Célébration du Bicentenaire de l'indépendance centraméricaine (youTube).

La série de ce mois d'octobre est consacrée à l'Amérique centrale hispanophone. Les publications sur les réseaux sociaux permettent de voir les timbres, l'oblitération premier jour, une exposition philatélico-historique. Mais aussi de découvrir le bâtiment historique de la poste guatémaltèque, monument important de la capitale qui fut éclairer dernièrement pour le mois de prévention contre le cancer du sein.

La carte sur l'oblitération premier jour représente l'Amérique centrale avec les frontières actuelles des États et le pays émetteur hachuré. Dans les années 1820, la situation fut complexe, le temps que les anciennes colonies s'organisent : le Mexique suivit son propre chemin en 1823, une République fédérale d'Amérique centrale perdura jusqu'à son éclatement en 1839.

Cependant, Panama, lui aussi indépendant en 1821, fut partie de la Grande Colombie et de ses États successeurs jusqu'en 1903 et le Bélize devint une colonie de la Couronne britannique dans la dernière partie du dix-neuvième siècle.

Pour ce dernier pays, est-ce la volonté réaffirmée des dirigeants du Guatemala de revendiquer tout ou partie de l'ancien Honduras briannique ?

Peut-être pas : de ce que je comprend, à l'époque, la pression coloniale britannique sur cette partie de l'Amérique centrale est encore d'ordre économique. La Grande-Bretagne souhaite que ces entreprises puissent exploiter les ressources de cette région (y compris sous forme de plantations esclavagistes). Ce n'est que plus tard qu'un conflit entre le représentant de la Couronne et les planteurs conduit à formaliser la colonisation du Honduras britannique.

Note finale : je n'ai pas étudié l'espagnol et je n'y connais pas grand chose à l'histoire de l'empire espagnol aux Amériques.

mardi 19 octobre 2021

Des graveurs et artistes du timbre en cet automne 2021

 Depuis quelques années, les magazines philatéliques britanniques consacrent de plus en plus d'articles sur les graveurs de timbres-poste et le centenaire de la naissance de Czesław Słania, ce vendredi vingt-deux octobre, va accroître cet intérêt.

L'annonce du numéro de Stamp Collector daté décembre 2021, en kiosque le douze novembre au Royaume-Uni, avec le timbre suédois du centenaire de Czesław Słania.

Ainsi, Stamp Collector annonce pour le numéro daté décembre 2021 un article sur l'anniversaire du graveur polonais installé en Suède à partir des années 1950, et dont la finesse de la gravure a chargé de nombreuses administrations postales et de collectionneurs.

Pour les amateurs, Adrian Keppel propose une double page mensuelle sur un graveur dans Stamp Magazine : Lars Sjööblom dans le numéro daté octobre, Alfred Downey dans celui de novembre.

Et cela permet d'inciter à retrouver aussi les autres artistes du timbre. Le Stamp Collector de novembre propose de découvrir la philatélie tunisienne avec Ed Fletcher par deux biais : une histoire des premiers timbres jusqu'à l'indépendance, puis par les illustrations et le texte, les premiers timbres de la Tunisie indépendante d'un artiste en particulier : Hatem el Mekki.


De l'autre côté de la Manche, le Musée de La Poste, à Paris, poursuit jusqu'au premier décembre prochain son exposition À la pointe de l'art. L'exposition, que j'ai visitée en juillet, comprend trois axes majeurs sur place : des centaines d'œuvres d'arts variés de neuf artistes, depuis les graveurs professionnels jusqu'aux artistes touche-à-touche ; les œuvres des graveurs employés par le service philatélique français ; et une genèse en timbres et vidéo du Coq de Decaris pour mettre tout cela en action.

Est-ce la contrainte du covid et des restrictions liées alliée aux expérimentations philatéliques de par le monde ? Le Musée propose également de revoir des conférences diffusées sur internet et des courtes séquences vidéo aux futurs visiteurs ou à ceux empêchés de se rendre à Paris. Cela permet d'étendre aux études philatéliques et artistiques, ainsi qu'aux arts littéraires, de participer de cette célébration du timbre-poste.

Pour en savoir plus sur la démarche de cette exposition, on peur se tourner vers l'entretien avec Monika Nowacka, responsable du département des collections philatéliques du Musée de La Poste, paru dans Atout timbres du quinze octobre.


Compléments du lundi vingt-cinq octobre 2021 :

À l'occasion de ce centenaire, Adrian Keppel a annoncé, vendredi dernier, qu'il interrompt l'écriture de son blog Stamp Engravers.

En effet, il estime que même si des graveurs participent encore à la genèse des projets, les timbres en taille-douce actuels sont, finalement, créés par ordinateur. C'est un des débats sur cette forme de création et d'impression : faut-il que la main humaine - de l'artiste comme des artisans/ouvriers imprimeurs - soit présente à toutes les étapes ou est-il acceptable que l'ordinateur prenne le relais à l'imprimerie ?

À son avis, seules certaines épreuves correspondent à sa recherche... ce qui correspond aux œuvres proposées à ses membres par l'association Art du timbre gravé.

Le blog reste en ligne, mêlant articles d'actualité, découverte de graveurs et une base de données de graveurs de timbres du monde entier.

samedi 9 octobre 2021

Postcrossing surprise de Guam

 Pendant cet automne du temps qui manque et de l'hiver qui arrive (traître soleil qui pénètre profondément le salon alors que les matins caillent), une surprise tropicale de l'océan Pacifique : une carte postale de Guam, territoire non incorporé mais organisé des États-Unis d'Amérique, au sud de l'archipel des Mariannes.

Le site d'échanges de correspondance par carte postale en aveugle Postcrossing considérant certains territoires comme des entités à part entière, j'ai donc reçu l'une des un peu moins de trois mille cartes envoyés par quarante-et-un Postcrosseurs depuis Guam.

L'île garde les traces de la Guerre du Pacifique contre l'Empire japonais (carte postale par Impact Photographics).

Merci à Leslie pour sa carte historique : un des canons de défense côtière installés par l'armée japonaise sur une crête dans la forêt de Guam. L'île fut conquise lors de l'offensive qui a immédiatement suivi l'attaque de Pearl Harbor, le sept décembre 1941, et ne put être libérée que pendant l'été 1944. La guerre devait encore durer une année de débarquement, île par île.

Mon correspondant a complété avec un historique de l'occupation de Guam par les Chamorro il y a quatre mille ans jusqu'à l'arrivée de l'explorateur Magellan le six mars 1521.

Deux des trois timbres sur la carte, oblitérés le vingt septembre 2021. Le timbre de bienfaisance en faveur des espèces en voie de disparition est évoqué sur ce blog le trente décembre 2015.

Côté timbre, les États-Unis ont eu une histoire assez simple pour leurs territoires américains et leur empire colonial d'îles et d'archipels devenu patchwork de territoires aux statuts variés : très tôt, la poste des États-Unis y est l'opérateur, y utilise les mêmes timbres-poste que dans les États fédérés.

Les territoires lointains des États-Unis font l'objet d'un timbre au tarif international de temps en temps, comme une plage de Guam en 2007.

Et donc, c'est le cachet à date qui signale l'origine. Oblitéré le vingt septembre 2021, la carte est arrivée dans ma boîte aux lettres le cinq octobre, probablement via les États-Unis continentaux.

Ainsi, un timbre de bienfaisance en faveur des espèces en voie de disparition et une image du Soleil, tous deux des Forever Stamps, timbre à validité permanente pour la lettre nationale de base. Un troisième timbre complète, dans un coin : un lapin à valeur de l'once additionnel, pour monter dans la gamme des tarifs.

...

Alors, si j'en crois le communiqué de l'American Philatelic Society suite à l'augmentation d'août 2021, le port réalisé est de deux foix cinquante-huit cents pour les deux timbres scannés et vingt cents pour l'once additionnel.

Soit un dollar trente-six cents, ce qui dépasse de six cents le tarif international de la lettre et carte postale internationale tous pays d'après les tarifs 2021 de l'United States Postal Service, soit environ un euro douze centimes d'après un site de conversion monétaire.

dimanche 19 septembre 2021

Un magazine britannique via Jersey

 Dans la continuité de mon petit hobby de suivre comment les magazines s'affranchissent (voir « timbrage presse »), j'ai été peut-être trop optimiste, le trois août dernier, concernant la disparition du plastique postal dans l'Union européenne et au Royaume-Uni : quelques magazines s'acheminent postalement encore sous cette apparence.

Étiquette d'affranchissement de Jersey Post sur poche apparemment plastique du magazine Stamp Collector daté septembre 2021, reçu mi-août.

Ainsi du mensuel Stamp Collector, à l'affranchissement illustré ci-dessus. Pour les philatélistes qui lisent l'anglais, ce mensuel commercial parmi les trois en vente outre-Manche comprend quelques pages et rubriques sur la constitution d'une collection exposable.

Dans les années précédentes, j'ai déjà montré comment les deux concurrents emploient la libéralisation postale pour trouver l'opérateur le moins cher, donnant des routes par à-coups. Ici, ce magazine imprimé en Angleterre est arrivé par voie prioritaire en France par Jersey Post... par l'île de Jersey ou par un entrepôt de Jersey Post près d'un aéroport anglais ?

L'emballage plastique est aux normes britanniques, indiquant ce que le destinataire doit en faire après usage par le rectangle expliquant qu'il faut le rapporter dans un point de collecte à un supermarché  ("Recycle with carrier bags at larger stores"), et non pas dans la poubelle du domicile, que l'on sort dans la rue avant le passage des éboueurs ("not at kerbside").

Dans la Métropole de Montpellier, ce sera dans le conteneur jaune « tous emballages », en sachant qu'une partie d'entre eux finiront dans les incinérateurs d'autres intercommunalités... Il paraît difficile de réduire la consommation jetable, d'en assurer la réutilisation ou le recyclage à grande échelle, sans que cela finisse en fumée ou en micro-particules dans l'environnement.

P.S.: merci aux deux philatélistes pour leur aide par l'entre-mise de Twitter.

mercredi 8 septembre 2021

Enveloppe verticale pour oblitération horizontale à l'endroit

 Les concepteurs des machines de tri du courrier doivent envisager de nombreuses combinaisons afin qu'au terme du circuit, les enveloppes soient dans le bon sens de lecture du postier, les timbres oblitérés, un code-barre de destination pour être lu par les autres machines du réseau jusqu'au tri ultime de la tournée du facteur.

Enveloppe oblitérée le trois septembre 2021 au deuxième échelon de la lettre verte (arrivée au destinataire le mercredi huit septembre).

Et c'est ainsi que cette enveloppe m'a étonné - ce qui n'est guère étonnant vu mon inculture postalo-mécanique.

Deuxième échelon de la lettre verte, donc deux timbres Marianne de la jeunesse - certaines associations ont du stock - pour de la documentation de rentrée de septembre (message, affiches, prospectus de recrutement). Dans une enveloppe grand format verticale vu l'emplacement de la case transparente permettant de lire l'adresse du destinataire sur la première page du courrier.

Enveloppe verticale, timbres côte à côte à l'horizontale dans la logique de l'enveloppe... Plusieurs possibilités à l'oblitération. Au pire, j'aurais craint une première dans deux coins supérieurs droits loin des timbres... puis une seconde à l'envers là où les timbres furent.

Finalement, l'oblitération est horizontale comme si l'enveloppe l'était elle aussi, mais « en bas » pour annuler les timbres où ils sont... mais sans être à l'envers. Apparemment, la nouvelle génération de machine s'adapte à la hauteur relative des timbres.

Un timbre a évité l'encre noire tout de même... La solution de la poste des États-Unis d'oblitération mécanique selon un rectangle très étendu en surface n'est pas encore envisagée.

Pas de code-barres saumon ni devant, ni derrière, j'imagine que le code datamatrix, à côté des date, code du centre de tri et nom du pays, peut cacher les informations de destination... en sachant qu'ici la lettre est parti de Montpellier pour Montpellier, via sûrement la plate-forme de Mauguio-Fréjorgues, dans la zone d'activités de l'aéroport de Montpellier.

Pour clore sur les timbres : une bande phosphorescente chacun à droite sur toute la longueur du timbre. Je les imagine tirés de carnets avec leur bandelette à gauche dont ils n'ont su se séparer ; et qu'ils sont tout ce qu'il y a de plus normal.

Les curieux du « pho » et de ses variétés consulteront avec attention le site et le blog d'Olivier Gervais - voire les collections qu'il expose, ainsi que le catalogue Spink-Maury auquel il participe.