Cette semaine a eu lieu à Vienne, capitale de l'Autriche, le Concours Eurovision de la chanson 2026, remporté par Dara, la candidate bulgare et son équipe, sur une chanson arythmique de libération de soi face aux angoisses de notre époque.
La prestation partant d'un décor d'anonymes bureaux avant de partir en tout sens. Bangaranga! étant le motif de cette révolte.
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| Le timbre sur la harpe de septembre 2025, omniprésent lors de la finale, samedi seize mai 2026 (communiqué de presse de la poste autrichienne). |
Mais, contrairement à l'édition autrichienne de 2015, pas de timbre-poste national en 2026.
Au générique final, en effet, Österreichische Post n'est pas un des partenaires nationaux de l'événement, contrairement à d'autres fournisseurs d'équipements liés aux « cartes postales » (vélo par exemple), ces clips courts permettant aux téléspectateurs de découvrir les chanteurs dans le cadre de lieux du pays d'accueil proposé par l'Office du tourisme d'Autriche.
Et pourtant, chacun de ces clips débutaient par la réception d'une carte postale photographique que l'artiste reposait dans sa chambre d'hôtel autographié par le remerciement du pays qu'il représentait.
Et, à côté du message de l'organisation souhaitant la bienvenue, plusieurs clips montraient un timbre oblitéré... bien réel et bien émis par la poste autrichienne, dans les semaines précédant le début des tournages étalés d'octobre 2025 à avril 2026.
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| Jean-Baptiste Krumpholtz et la harpe sur l'oblitération rectangulaire premier jour d'émission de Vienne (communiqué de presse de la poste autrichienne). |
Émis le dix septembre 2025, avec premier jour le cinq, ce timbre d'un euro représente une harpe, dans la série Autriche, pays de la musique.
Sa composition est digne de la préparation du Concours Eurovision pourtant. La finale a été ouverte par l'Orchestre symphonique de la radio de Vienne, appartenant au diffuseur public hôte ; l'instrument a donc convenu aux cartes postales.
La partition est signé du harpiste et compositeur Jean-Baptiste Krumpholtz. Né en Bohême en 1742, il avait ravi le public viennois et a joué au sein de l'orchestre d'une des puissantes familles hongroises avant de partir en tournée où il séjourna longuement à Paris.
Dans la capitale française, il fréquentait les artisans harpistes, milieu dans lequel il se maria avant de se suicider dans la Seine en 1790, cette seconde épouse ayant fui à Londres avec un amant.
Tchéquie, Autriche, Hongrie, France, le tour promotionnel d'Europe pouvait débuter à prix modique : un euro le timbre ou dix euros en feuillet ou en carnet (pour le commander).
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| Le timbre à cryptogramme associé, Vienne, ville de musique, émis en avril 2026 par la poste autrichienne (boutique web de la poste autrichienne). |
Hélas pour les porte-monnaies et la logique postale, la poste autrichienne a décidé de profiter du concours télévisé sans partenariat et avec un timbre-crypto ou timbre à NFT selon les multiples appellations commerciales de ces coûteux timbres-poste associés à un double numérique par une chaîne de valeur numérique ; double souvent illustré d'une seconde image plus ou moins rare... Spéculation...
Ainsi, le seize avril, la poste a proposé au QWIEN, le Centre de culture et d'histoire queer, à Vienne, le premier jour d'émission du timbre Vienna, City of Music, ouvertement lié à l'Eurovision, mais sans jamais cité le concours...
Pourquoi ce centre ? Déjà car il propose une exposition, , de février au vingt-quatre mai 2026, sUnited by Queerness, reprenant le slogan actuel du concours (United by Music) sur la place des LGBT+ dans cette manifestation depuis les années 1960.
En association avec le Musée d'histoire autrichienne qui, avec Unstoppable, de mars à octobre 2026 une exposition sur comment les messages politiques ont pu être exprimés discrètement ou très audiblement par les artistes. Le titre s'inspire de la phrase dite en montrant le public par Conchita Wurst lors de la remise du trophée lors du Concours Eurovision 2014.
Et, c'est là que la poste autrichienne a joué avec le non-partenaire qui détourne l'événement local.
Sur le crypto-timbre à 11,35 euros de faciale (tousse, tousse), du paysage urbain moderne de Vienne s'élève la tour de télécommunication et un phénix... Rise Like a Phenix est le titre de la chanson vainqueur de 2014.
Je n'invente pas : c'est écrit en toutes lettres sur le site spécial cryptostamp de la poste autrichienne.
Plus subtil est le piano de Udo Jürgens, chanteur-compositeur qui a participé trois fois de suite au concours jusqu'à sa victoire en 1966 avec une chanson titrée en français, chantée en allemand et jouée au piano : Merci, chérie. Les deux dernières conditions rendent identifiables le piano aux fans autrichiens.
Onze euros et trente-cinq centimes, pas cinq de plus, pas cinq de moins car c'est le tarif du colis format "L" économique vers le monde entier de moins de deux kilogrammes. En sachant qu'affranchir un colis en timbre à l'avance et faire décompter sa valeur faciale du prix à payer au guichet, de nos jours, c'est...
... audacieux.
Alors que les avancées numériques de l'objet sont affirmées par les service philatéliques vendeurs et autres entreprises qui ont tenté de refourguer de tels objets concrets ou abstraits en promettant des valeurs digne d'investissements boursiers dans l'industrie pétrolière.
La blockchain devrait pouvoir assurer quelque chose dans le suivi de colis... sauf à considérer que les codes-barres et enregistrement sur site web postal suffisent largement, avec la confiance dans les employés (ah, ça c'est le prochain article sur la poste belge et ses concurrents).
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| Le candidat lituanien découvrant le paysage de la carte postale, ici la partie correspondance montre le timbre à la harpe oblitéré (finale du concours Eurovision de la chanson, seize mai 2026). |
Donc, pour les thématistes, la poste autrichienne n'a pas émis de timbre pour le Concours Euvovision de la chanson 2026 à Vienne, mais un de ses timbres illustrés a été bien montré pendant l'émission et un de ses timbres-souvenirs à forte valeur est digne de porter le logotype de la manifestation.
Cependant, ce n'est pas ni la seule poste, ni le seul événement d'importance mondiale à connaître ce refus de partenariat ou d'achat de droit d'usage de la marque.
La Poste française s'est garde bien, dans les années ayant précédé les Jeux olympiques de Paris 2024, d'afficher les anneaux olympiques sur ces blocs ronds représentant à tour de rôle chacun des continents, et quatre sports et sports adaptés. Elle a repris le principe pour les sports d'hiver pour cette émission continuée jusqu'aux Jeux alpins de 2030.
Sur le forum StampBoards.com, la liste des timbres 2026 sur le football, ce sport en Amérique du Nord, s'allonge sans nommer la Coupe du monde de la F.I.F.A., ni montrer le logotype ou le trophée pourtant identifiable d'un grand nombre.
Est-ce que la gourmandise des organisateurs nationaux ou propriétaires ultimes de la marque a atteint des niveaux indécents ? Ou les ventes philatéliques ont-elles descendu en Occident sous un niveau insuffisant pour se permettre cet ajout ?
Les véritables fans vont-ils plutôt vers d'autres objets-souvenirs : disque, écharpes, maillots, sets Lego, cannettes de soda illustrées, etc.
Cela peut aussi être le signe que l'émission de timbres est devenu moins étatique et plus commerciale : si l'Eurovision et la radio-diffusion publique en Autriche, si la F.I.F.A., veulent faire leur publicité, qu'ils commandent des timbres personnalisés semblent être la conclusion 2026.







