Les expositions internationales ont-elles vraiment besoin de la Fédération internationale de philatélie ?
"La philatélie américaine n'est pas marié à la FIP".
C'est, dans le courrier des lecteurs du numéro d'août 2026 de The American Philatelist, la question et la réponse provocantes que pose Mark E. Butterline, le directeur exécutif de l'entreprise d'organisation de l'exposition Boston 2026 World Stamp Show (du vingt-trois au trente mai 2026), manifestation qui avait obtenu le patronage de la Fédération internationale.
L'exposition mondiale décennale des organisations nationales philatéliques des États-Unis (American Philatelic Society et son homologue de philatélie thématique) a lieu l'année-anniversaire de la Déclaration d'Indépendance du pays, en 1776.
Par habitude et prudence financière, elle est organisée par une entreprise privée créée pour l'occasion. L'objectif étant d'assurer l'équilibre dépenses-recettes et de voir le profit réalisé reversé en donation aux associations organisatrices pour le développement du loisir.
Ainsi, Mark Butterline confronte l'intérêt financier aux dépenses induites par le sceau de la F.I.P. et, à ses yeux, ça paraît peu pertinent.
Dès le premier paragraphe, la conclusion est claire : à la demande de fournir les dépenses liées à la F.I.P. pour les expositions internationales de 2031 et 2036, Butterline témoigne pour Boston 2026 :
- ce patronage n'a pas amené plus de visiteurs ;
- l'argent et les personnels mobilisés pour répondre au cahier des charges d'une exposition mondiale sous patronage lui sont démesurés, peu utiles, et auraient pu permettre de développer d'autres aspects de l'exposition.
Il rappelle qu'une exposition philatélique internationale n'a pas besoin de l'autorisation ou du patronage de la Fédération internationale.
L'exemple de l'exposition internationale privée, Stockholmia 2019, par la Société philatélique royale de Londres, a eu lieu sans avoir à nourrir, loger et faire voyager une délégation F.I.P.
Et arrive le point noir qui a marqué la fin de Boston 2026 : le Grand Prix national n'a pas l'objet d'une sélection de plusieurs collections avec vote public des jurés lors du dîner du palmarès. Le jury a choisi une seule collection.
En raison du patronage, les jurés devaient être des jurés reconnus par la Fédération internationale... Pourquoi, demande Butterline, ne pas les sélectionner par d'autres critères pertinents ?
En évoquant Stockholmia 2019, il montre que le dîner de palmarès peut devenir un véritable moment de la compétition philatélique et de la responsabilité des jurys face au public. Un peu comme au Concours Eurovision de la chanson, les juges avaient enregistré leurs votes pour le Grand Prix. Les vidéos étaient diffusés pendant le banquet, avec classement par points modifié en direct.
Certes, à l'absence de secret, on peut opposer que les juges peuvent se sentir tenus par un conformisme selon la proximité sociale entre exposants, jurés, organisateurs, etc.
En conclusion, le directeur exécutif de Boston 2026 insiste qu'il y a sûrement bien d'autres manières d'organiser une exposition internationale, d'y attirer collectionneurs, compétiteurs et public, de rendre le jugement aussi légitime que possible.
Bref, que les Fédérations nationales intéressées par la collection exposée trouveront bien mieux, que les dirigeants de celles qui s'intéressent à « autres choses », finit Butterline.








