samedi 29 août 2026

Une boîte aux lettres pour les visiteurs de la Boisserie

 Petite découverte liée à l'actualité des caprices d'un héritier du général de Gaulle sur la possible vente à l'État ou au Département de sa résidence privée de La Boisserie, à Colombey-les-deux-Églises, en Haute-Marne.

La billetterie d'entrée de La Boisserie, située en face de l'entrée de la propriété, avec une boîte aux lettres jaune à côté de son entrée (photographie de StreetView, un service de Google, prise en juillet 2026).

La billetterie du lieu se trouve de l'autre côté de la rue Charles-de-Gaulle, dans un petit pavillon, qui est sur le cheminement des touristes entre le parc de stationnement et le portail de la propriété.

La photographie prise par la voiture du service StreetView de Google, en juillet 2026, montre une boîte aux lettres de La Poste fixé au mur à côté de l'entrée de cette billetterie.

Vue d'ensemble : à gauche, l'entrée de La Boisserie, au centre l'accès au village et la billetterie, et complètement à droite le parc de stationnement (photographie de StreetView, un service de Google, prise en juillet 2026).

Les vues de côté montrent des livres et affiches par les fenêtres ouvertes. Sûrement des cartes postales et des timbres-poste sont en vente.  Timbres personnalisés ? Peut-être.

Le portail pavoisé d'entrée de La Boisserie, à Colombey-les-Deux-Églises (photographie de StreetView, un service de Google, prise en juillet 2026).

La propriété, bien délimitée quand on l'observe sur les photographies aériennes et satellites, est intimement liée à Charles et Yvonne de Gaulle et leur famille depuis qu'ils l'ont achetée en viager en 1934 à une personne morte accidentellement en juillet 1939.

Peu équipée, puis pillée par l'occupant allemand, la résidence est choisie pour son isolement et son environnement : le couple veut faire s'épanouir et protéger Anne, la cadette affectée d'une trisomie 21.

L'attachement du général, puis président de la République, à sa maison marque la mémoire du village et du pays.

Musée depuis 1980 sous la protection de son fils Philippe de Gaulle (1921-2004), le patrimoine est désormais objet de questionnement face à ses quatre fils et héritiers. De nombreuses archives de Charles de Gaulle ont été vendues aux enchères, avec un large usage de son droit de préemption par l'État. 

Le devenir de La Boisserie est désormais sous les feux médiatiques : si un des fils a vendu sa part à son cadet, ce dernier semble être fort gourmand. Le choix de faire du lieu un musée public, propriété du Département de la Haute-Marne [ou de l'État macronien finissant] semblait sûr, une fois le financement de l'achat des parts des trois frères et le projet muséal constitués.

Las ! En août 2026, le cadet excentrique déclare lancer une cagnotte - une souscription, aurait-on dit au temps du général - pour sauver La Boisserie !


Si vous voulez envoyer un souvenir depuis La Boisserie, espérons que les deux aînés et le Département mettent le hola avant qu'une action inconsidérée n'aie lieu.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

dimanche 16 août 2026

Police recherche propriétaire d'une collection d'or quasi-neuve, peu servie

 Mardi onze août 2026, un jeune ouvrier et ses collègues, effectuant des travaux de terrassements en Belgique, ont découvert une immense collection de pièces et lingots en or, enterrée sur une frise industrielle rachetée et reconvertie en bureaux et logement par le Centre d'action sociale flamand (CAW).

Suite à une communication de la police locale, des autorités belges et aux témoignages de l'ouvrier, les médias belges et européens se sont emparés de l'histoire à partir de vendredi quatorze août, avec de magnifiques photographies des objets par ladite police de Termonde (Dendermonde en néerlandais), dans la province de Flandre-Orientale.

Le trésor rangé et exposé par la police de Termonde (photographie par la police, reprise par The Guardian, le quatorze août 2026).

Dans la commune de Saint-Gilles-lez-Termonde, section de Termonde, a existé une brasserie entre 1899 et 1970. Elle a été fondée par Theophilus Van Assche et est restée propriété gérée par ses descendants.

Le trésor a été découvert dans une cavité sous la villa de maître, construite peu après le bâtiment de production. Un représentant du CAW explique que les murs de celle-ci sont conservés, mais que tout le reste devait être rénové ; les ouvriers creusaient pour l'installation de tuyaux.

Les lingots d'or trouvés, apparemment photographiés sur le site du chantier (source : police de Termonde via The Guardian).

Face à l'immensité de la découverte, l'équipe a appelé la police et le propriétaire actuel, le CAW. L'estimation des services fédéraux belges est de neuf millions d'euro.

Les lingots sont marqués des marques et numéros de séries des fondeurs et des banques d'achat, dont la banque NM Rothschild & Sons, la branche britannique du groupe Rothschild & Co., le raffineur britannique Johnson Matthey.

Nul doute que l'identification de ces lingots auprès de leur fondeur et des banques pourra dater leur dernière vente connue dans les circuits officiels et déclarés.

Un seau en parti rempli de plusieurs centaines de pièces d'or (source : police de Termonde via The Guardian).

Les pièces d'or sont en excellent état, brillantes, comme passée de la frappe à la cave murée...

Apparemment, il n'y aurait que des Souverains frappés par la Monnaie royale britannique depuis Victoria (régnant de 1837 à 1901) jusqu'à la jeune Elizabeth II dans sa première effigie par Mary Gillick, La première apparaît sous deux effigies, suivie par son fils Edward VII et petit-fils George V.

Une grande partie des monnaies visibles sur la photographie portent Saint Georges terrassant le dragon des pièces britanniques.


Évidemment, ouvriers, policiers et médias se demandent à qui revient la propriété de cette trouvaille oubliée dans une propriété privée vendue.

Pour la police et sûrement le fisc belge, il s'agit de distinguer s'il s'agit d'un ancien trésor familial des Van Assche - une sécurité légalement acquise et déclarée, ou une fraude fiscale. Ou s'assurer qu'il ne s'agit pas d'une cache de criminalité plus récente, datant d'après la fermeture de la brasserie.

Dans tous les cas, la loi belge impose aux découvreurs d'attendre cinq années avant de se voir accorder des droits. Cela va laisser le temps aux descendants des derniers propriétaires de la brasserie de se signaler et de justifier cette cache visiblement oubliée...

La presse fait état d'une complexe procédure judiciaire civile croisant les ouvriers découvreurs, leur employeur, l'institution propriétaire actuel, et les descendants potentiels.


Les frappes de Souverains britanniques ont lieu de manière intermittente jusqu'à l'époque de l'effigie Gillick, selon les besoins en pièces circulantes d'une livre sterling, puis comme valeurs de placement. Le Souverain Gillick est frappée pour la dernière fois en 1968 ; les Souverains suivant portent l'effigie Machin au diadème qu'il ne semble pas apparaître dans le seau - sauf à considérer l'autre face des pièces.

Il est fort probable que cette cache a fini d'être emplie dans les années 1950 ou 1960 par un membre de la famille. Était-il ou elle trop âgé, ou un décès accidentel, pour transmettre le secret à ses descendants - secret conservé pour éviter que les jeunes, le personnel, ou des malfrats, veuillent s'approprier le magot.

Les généalogistes belges reconstitueront sûrement l'arbre familial et le confronteront à l'histoire immobilière du lieu : qui vivait là dans les années 1950 et 1960 ? Qui était encore présent lors de la fermeture de la brasserie, puis quand la famille quitta la villa ? Enfin les dates de cession des bâtiments et terrains jusqu'à l'achat par le CAW.


... oubliant en chemin des kilogrammes de métaux précieux dans une cave ...

jeudi 6 août 2026

La guerre des drones et de la logistique des colis

 Dès le plan d'invasion de février 2022 de l'Ukraine par la Russie poutienne, la logistique a été une cible des forces armées russes : le dirigeant de la poste ukrainienne était sur la liste des personnalités à abattre, les véhicules et bureaux postaux publics et aussi un entrepôt postal privé délibérément ciblés,... Et l'Ukraine a répliqué en ciblant particulièrement le pont routier et ferroviaire de Kerch entre Crimée annexée et reste de la Russie, et de plus en plus souvent les raffineries et dépôts d'hydrocarbures : pas de carburant, pas de circulation.

En cet été 2026, le colis devient un des principaux nerfs de cette guerre.

Comme écrit sur ce blog, de nombreux professionnels, institutions publiques ou simples habitants d'Ukraine se sont tournés vers les plateformes de commerce en ligne pour exporter, et ainsi trouver chiffres d'affaires et revenus fiscaux à leur pays.


Pendant la seconde moitié de juillet dernier, les forces armées ukrainiennes ont bombardé une poignée des deux cents entrepôts de Wildberries, décrit par les journalistes comme le « Amazon russe », le fameux supermarché-bazar-place de marché états-unien. Créé en 2004, l'entreprise russe dessert une partie des anciennes républiques soviétiques, des pays d'exportations potentielles en Europe occidentale et aux Émirats arabes unis, et dernièrement, des pays d'Afrique.

L'effet a sidéré de nombreux petits entrepreneurs russes qui ont vu partir en flammes et fumées leurs stocks, représentant leur activité principale ou un revenu complémentaire permettant la survie. Le vingt-quatre juillet, Pjotr Sauer du Guardian rapporte les paroles de colère et de désespoir de deux entrepreneuses devant les entrepôts touchés... sous couvert d'anonymat des noms de famille. L'une a perdu les manteaux qu'elles comptaient vendre tout l'hiver ; l'autre ces deux stocks de cartes postales artisanales qu'elle crée.

Vers qui cette colère est-elle tournée ?

L'Ukraine... Hypocrites ou aveuglés les Russes ? La réponse du président ukrainien a été rapidement donné : ces entrepôts stockent et expédient des pièces détachées et des objets utiles à la guerre des drones et à l'équipement individuel des soldats. Pour l'Ukraine, cela en fait des cibles légitimes.

Leur propre président... Dangereux comme attitude, surtout qu'il n'a pas l'air de vouloir cesser cette guerre, multipliant les bombardements de lieux emplis de civils ukrainiens.

La fondatrice et dirigeante de Wildberries : onze jours avant la première attaque, les conditions contractuelles entre les commerces accueillis et le groupe ont été modifiées pour réduire les dédommagements en cas d'événement de force majeure... Un acte de guerre par exemple ?

Les témoins expliquent qu'elles n'auraient reçu que l'équivalent d'un pour cent de la valeur des productions détruites.


Attention, ce n'est pas la première fois que le secteur logistique est affecté à une échelle continentale (l'immensité russe), même si l'événement précédent a coûté bien peu, mais aurait pu avoir des conséquences catastrophiques.

En juillet 2024, trois colis piégés avait explosé en transit dans les bases logistiques des aéroports de Birmingham (Royaume-Uni), Leipzig (Allemagne) et Varsovie (Pologne) - incendie sans dommage ni blessé. L'enquête avait permis de découvrir au sein de l'appareil étatique russe un complot contre la logistique européenne et nord-américaine, qui aurait pu entraîner des explosions d'aéronefs en vol.

La Russie informée aux niveaux administratifs et ministériels semblait avoir fait cessé ces pratiques après mars 2025. Et, depuis, je trouve que les sites de suivi des colis sont moins loquaces sur la localisation précise des points de passage.


Apparemment, cela reprendrait du côté européen : hier mercredi cinq août 2026, deux drones typiques de la guerre Russie-Ukraine, dont un contenant un explosif de type militaire, ont été découverts dans la partie logistique ou en vol au-dessus de l'aéroport de Leipzig, trois jours après de nouveaux bombardements ukrainiens sur des entrepôts de Wildberries en Russie, dimanche.

Dan Sabbagh, spécialiste des questions défense et sécurité du Guardian, analyse les trouvailles de mercredi à Leipzig, ce jeudi cinq août, rapportées par la presse allemandes et en interrogeant des spécialistes britanniques.

Le premier drone, avec explosifs mais un détonateur défectueux, a été découvert au sol, en extérieur, dans la zone aéroportuaire, à proximité des avions gros porteurs ukrainiens, présent en Allemagne depuis la destruction de la base Hostomel en 2022. Ces derniers sont entretenus à Leipzig. Le second a heurté en vol un avion de DHL, sans dommage majeur.

L'origine russe et étatique est fort probable, même si les précédents de l'été 2024 et mars 2025 interrogent sur le niveau de décision : agents infiltrés autonomes, initiative d'un service ou d'un ministre, du sommet même ? Le plastic trouvé est employé par les armées et les groupes terroristes d'importance, et ni ce plastic, ni la quantité d'explosifs (huit cents grammes) ne sont à la portée de pilotes de drones amateurs russophiles.

Les cibles sont nombreuses. Certes, la destruction d'avions et de possibles entrepôts liés à l'Ukraine et ses forces armées seraient une réponse aux entrepôts de Wildberries... Mais avec quelle intensité puisqu'une telle attaque sur le sol allemand aurait des répercussions géopolitiques et militaires aussi graves qu'imprévisibles (en tout cas pour le simple citoyen que je suis) ?

Ou, avec le deuxième drone et l'avion DHL, est-ce un avertissement ferme aux pays européens et aux États membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord. Leipzig est par DHL un hub continental du transport logistique civil donc, mais aussi militaire pour l'OTAN et les armées allemandes.

Un des experts interrogés par Dan Sabbagh doute de l'hypothèse du seul avertissement ; pour lui, ainsi que le ministre fédéral de l'Intérieur, le drone trouvé au sol était fait pour exploser.

S'ajoutant aux missiles et drones endommagés tombant sur les territoires des membres de l'Union européenne, aux trajectoires de vol et de navigation provocatrices de l'armée de l'air et de la marine russe tout autour du continent européen.


Compléments du vendredi sept août 2026 :

Publié sur le site web mercredi cinq et présent dans la version imprimée ce vendredi, un article du Figaro, quotidien français, permet de compléter mon résumé, notamment sur le drone qui a heurté un avion-cargo DHL en vol. Quelques incises ont été ajoutées dans le texte ci-dessus.

Le vol DHL se trouvait à plusieurs centaines de mètres d'altitude au moment de la collision et alors que l'aéroport de Leipzig était interdit d'accès avec la découverte du drone explosif. Il a atterri à l'aéroport de Hanovre au nord-ouest.

Le lien entre les deux drones est en cours d'investigation.


dimanche 2 août 2026

Inflation des prix, déclin des cotes

 Une des deux cartes postales présentées cette semaine est arrivée dans une enveloppe affranchie de deux timbres-poste de 1989, de ce qui fut le premier produit philatélique coûteux de ma jeune collection démarrée au printemps 1988.

Cinquante francs ! Pour vingt francs de timbres ! À réserver d'avance, donc en plus de la réservation des timbres émis normalement... et sans pouvoir profiter de l'entrée à trente francs à l'exposition parisienne. Une somme pour mes modestes parents.

En 2026, la moitié de ce bloc événement sert d'affranchissement à bas coût pour une banale lettre verte... loin de la lettre très pesante de 1989.

Le bas du bloc Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen, émis à l'occasion de l'exposition PhilexFrance 89, oblitéré manuellement le vingt-quatre juillet 2026.

Côté conversion monétaire, les Français de l'an 2000 savent qu'un euro vaut 6,559 57 francs, donc que dix francs valent 1.52449... euro. Presqu'un demi-centime de trop pour la lettre verte actuelle à 1,52 euro pile.

Côté cote catalogue, le Dallay 2007-2008 affiche chaque timbre 4,50 euro neuf ou oblitéré, et 20 euro sur lettre - même  trente-sept ans après ?

Oui, j'ai quand même plus récent avec l'Yvert et Tellier 2024 : 3,50 euro neuf ou oblitéré chaque timbre, et 15 en bloc entier...

Il y a bien une plus-value l'exemplaire toujours dans ma collection, mais des actions d'une compagnie pétrolière auraient plus dynamiques.

Donc, ce bloc et sûrement des années entières de timbres de France servent donc d'économies de frais postaux aux marchands de timbres et cartes postales.

Un rappel pertinent aux collectionneurs complétistes : c'est une passion, pas un investissement, donc étymologiquement une souffrance si on cherche la plus-value réelle.

Oblitération mécanique de centre de tri au dos et en diagonale : non, aucun courrier n'y échappera dans la France de 2026 !

Usages postaux : l'expéditeur a-t-il de bonnes relations avec les employés de son bureau de poste pour obtenir des oblitérations manuelles rondes, datées, même sans lieu ? Probable.

Cela n'a pas empêché les machines à oblitérer actuelles en centres de tri régionaux de passer au dos de ce courrier, le même jour avec le code 37845A-02, qui correspond à une des machines de la plate-forme industrielle courrier de Saint-Priest, gérant le trafic postal des départements du Rhône et de l'Ain - ce qui concorde avec l'adresse du vendeur.

Joie ! Les vagues jet d'encre ne sont pas sur les timbres au recto, mais ça n'aura d'intérêt qu'en cas de revente (en carton de brocante) pour un acheteur ayant ce critère de sélection.

vendredi 31 juillet 2026

La vie de Lattes en 1983 grâce à une flamme postale

 Point de généalogie quand je recherche l'histoire postale de Lattes, en banlieue de Montpellier, mais un lien de vie sur place pour le résident des plaines littorales que je suis. Par contre, en 1983, je vis encore à Montpellier et je n'arrive sur cette commune qu'un an plus tard... bien trop jeune pour penser timbre-poste et aller au collège.

Lors de mon épluchage de stocks de cartes et flammes en ligne, j'ai eu la surprise de cette flamme dans le stock d'un vendeurs sur eBay, et qui permet aussi de retrouver de vieilles habitudes des collectionneurs de flammes et d'oblitérations.

Flamme postale temporaire de Lattes avec timbre de 1974 adapté au message : un championnat scolaire de jeu d'échecs au collège de Lattes en mai 1983.

J'ai déjà évoqué les deux flammes du bureau de Lattes-Centre (la commune comprend trois agglomérations : Lattes, Maurin et Boirargues).

Avant les deux flammes touristiques (l'église puis le port), il y a eu cette flamme à message rédigé sur cinq lignes, sûrement de commande liant plusieurs acteurs autour d'un événement : le baptême du nouveau collège d'enseignement scolaire au nom du chanteur sétois Georges Brassens.

Apparemment, cet événement a lieu du trois au cinq juin 1983 est associé avec deux manifestations pouvant attirer la population de la commune et de Montpellier : la finale du championnat de France scolaire de jeu d'échecs et une exposition philatélique départementale.

Le recto de l'enveloppe envoyé au bureau de poste de Lattes par un philatéliste qui a choisi le timbre des Jeux olympiques échiquéens de Nice en 1974.

La disparition des flammes postales en France en raison de l'oblitération du courrier dans les seuls centres de tri régionaux de La Poste a entraîné également la diminution en surface dans les magazines philatéliques de la partie actualité des oblitérations temporaires, limitées désormais aux premiers jours d'émission de La Poste et aux manifestations des associations philatéliques.

Un des mensuels d'alors donnera les dates d'utilisation de cette flamme. Cela permettait à des collectionneurs de pratiquer cette « correspondance philatélique » comme le petit coup de tampon l'indique sur cette enveloppe : envoyer sous grande enveloppe un courrier et des enveloppes affranchies au directeur du bureau de poste utilisant la flamme. Celui-ci faisait passer ces demandes dans le flux de son bureau pour oblitération et trajet postal (le code-barres saumon sur cette enveloppe).

Le collectionneur devait pratiquer cette collection de manière régulière puisque son adresse est sur un autocollant. Le timbre de 1974rejoint une des thématiques du message, la compétition de jeu d'échecs, dessiné par Pierrette Lambert et gravé par Michel Monvoisin.


Pour une collection thématique visant une médaille dorée, pourquoi cette flamme de Lattes se distinguerait-elle d'autres flammes de compétitions locales des écoles et localités ailleurs en France ?

À son ouverture, le collège de Lattes eut parmi ses enseignants Jean-Claude Loubatières (1944-2004), un des dirigeants nationaux de ce sport et qui devient président de la Fédération française en 1989. Nul doute qu'il a dû mettre en place un atelier de jeu d'échecs, permettant d'accueillir la finale du championnat de France scolaire au moment-clé du nouvel établissement.

Et non, je n'ai pas conservé mon diplôme (rose foncé de mémoire visuelle) de participation grâce à lui à une compétition départementale scolaire, qui eut lieu au lycée Mermoz, à Montpellier, dans les années 1990.

Par contre, des articles de presse locale du printemps 1983 seraient fort pertinents pour une page montrant cette enveloppe ou, placée dans la pochette au dos, pour convaincre les jurés.

Au dos de l'enveloppe non cachetée, un timbre Marianne de soixante centimes complète l'affranchissement.

Autre nécessité de cette pratique de collectionner les empreintes commémoratives, le respect du tarif postal. Le timbre d'un franc fort opportun ne suffit plus en mai 1983.

Même si ce franc à son émission tend à être une valeur de complément pour les lettres de second échelon et les colis, l'inflation des années 1970 et 1980 le limite au tarif économique au premier juin 1982. D'où l'ajout au dos de cette enveloppe non cachetée d'une Marianne de soixante centimes, oblitérée avec le cachet à date du bureau de Lattes.


De nos jours, cette pratique se limite à commander les souvenirs créés par les associations philatéliques, sauf à se tourner vers Monaco qui par sa souveraineté postale dispose encore de flammes illustrées.


Source des tarifs : les Tables of French Postal Rates 1849 to 2011 de Derek Richardson (The France and Colonies Philatelic Society of Great Britain, 2011) se révèle fort pratique. Il est encore disponible sous forme de fichier pdf auprès de cette association au prix de dix livres sterling.