dimanche 4 octobre 2026

75 ans de philatélie anglophone de la Corée

 Dans son infolettre rédigée par Ivo Spanjersberg du premier octobre 2026, la Korean Stamp Society rappelle l'approche du soixante-quinzième anniversaire de sa fondation en février 1952, et, particulièrement, de l'acte précurseur du premier octobre 1971 : le premier numéro mensuel de Korean Philately par Harold D. Bearce.

L'ensemble des numéros de la revue ont été mis en ligne par la Société, mais seulement un fac-similé retapé à la machine à écrire du premier ; aucun original ne semblant être retrouvable.

Après plusieurs décennies d'activités, Spanjersberg rappelle le désarroi des derniers membres en 2007, quant une poignée tenta une relance par un site web ouvert et une adhésion libre. Le site d'un format blog publie régulièrement de nouvelles études ou présentations liées à la philatélie et l'histoire postale des Corées (indépendante / coloniale / guerre de Corée / puis Nord et Sud).

À intervalles réguliers, plusieurs articles sont assemblés en un numéro de Korean Philately au format pdf ou vendu imprimé.

Après avoir retrouvé de nouveaux membres passionnés de la Corée, l'adhésion est redevenue payante, fort modestement : l'adhésion à vie est fort accessible et les auteurs d'articles publiés dans la revue bénéficient d'une à deux années offertes, encourageant l'écriture.

Cette croissance a encouragé le rapprochement inédit entre les membres internationaux de KSS et le bureau de la Fédération philatélique coréenne. Les publications des deux associations s'échangent des traductions d'articles et les résumés des numéros de leur revue.

Un projet reste à achever : la traduction en anglais du catalogue spécialisé de la Fédération philatélique coréenne... d'ici fin 2026 ou début 2027.


De mon côté, il faudrait que j'essaie l'adaptation en anglais de mes articles récits de voyage de 2024 pour accompagner la Korean Stamp Society. Ayant aperçu de nouvelles émissions de timbres sud-coréens de 2026, j'en ai profité pour commander l'édition 2026 du catalogue de la fédération auprès d'un vendeur eBay local.

samedi 3 octobre 2026

Une boîte aux lettres dans une petite rue de faubourg à Montpellier

Alors que La Poste ferme bureaux de poste et diminue régulièrement le nombre de boîtes aux lettres dans les rues de France, j'en ai trouvé une à un emplacement surprenant car à l'écart des principales avenues de Montpellier.

La boîte grande et du modèle actuel au pied d'un immeuble d'un faubourg de Montpellier (tous droits réservés, photographie prise le treize août 2026).

Entre la place royale du Peyrou et le Jardin des plantes, s'étend un des anciens quartiers puis faubourgs de Montpellier. Certains tracés de voirie permettent d'aller et venir du centre historique vers le nord-est, ici vers l'avenue d'Assas (la même famille noble qui a donné son nom au village héraultais et au campus universitaire parisien).

Là, dans les rues secondaires, une toute petite place ouvre le ciel et le soleil à quelques immeubles et cette boîte aux lettres jaune, format actuel grand format.

Certes, les sens de direction automobile ne le rendent pas inapprochable par un véhicule postal, mais on n'est loin des habitudes des vingt dernières années de La Poste : peu de boîtes, sur de grandes axes routiers et piétons de passage, et très facilement accessibles pour le personnel.

Vue du sud vers le croisement entre les rues de Richer de Belleval et du Carré du roi (tous droits réservés, photographie prise le treize août 2026).

Mes hypothèses pour l'emplacement, si je l'imagine ancien.

Un plan des sens uniques des glorieuses années automobiles (années 1950 à 1990) informerait mieux sur l'accessibilité et le stationnement devant la boîte.

Ensuite, anciennement et encore aujourd'hui, y a-t-il suffisamment de clients disposant de machines à affranchir et utilisant cette boîte au quotidien : cabinets médicaux, d'avocats (nous sommes proches de deux tribunaux), écoles privées. L'école de l'Assomption est très proche à pied et la boîte voisine l'entrée du campus montpelliérain des Cours Diderot, offrant des formations post-baccalauréat.

En effet, un des critères de maintien ou retrait des boîtes aux lettres est le nombre de plis quotidiens ou hebdomadaires à venir récupérer.

Un dernier élément : cette boîte se situait en marge de trois bureaux de poste, Préfecture, Broussonnet, et plus proche Arceaux-rue Saint-Louis. Seulement, les deux derniers sont fermés, définitivement pour le second de la liste, et pour travaux pour le dernier.

La survie de cette boîte tient-elle à la satisfaction clients posteurs devant aller plus loin pour les services complets du bureau central à côté de la préfecture ?


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

lundi 21 septembre 2026

La Poste Suisse : « la meilleure du monde » qui « dans dix ans aura disparu »

 Le titre de cet article de blog est ironique et résume les deux titres proposés par Le Matin Dimanche du treize septembre 2026 en une puis en ouverture de l'entretien avec le président de La Poste Suisse, Christian Levrat par le journaliste Arthur Grosjean.

Un refrain connu des clients postaux en Europe (ouverture de l'entretien du président de La Poste pour Le Matin Dimanche, treize septembre 2026 - photographie : Raphael Moser).

Depuis 2021, le politicien fribourgeois, parlementaire confédéral, est le président de La Poste, et, comme ses équivalents européens, fait face aux questions du public, des élus locaux, et de la presse sur les évolutions inflationnistes des tarifs, du service postal, des services bancaires, de la réussite de la conversion vers le courrier et stockage numérique, etc.

Et le journaliste suisse n'a pas peur de relancer et secouer. Mais le politicien reste sur son cheminement : La Poste doit s'adapter si les Suisses espèrent en avoir encore une existante et financièrement accessible... contrairement aux Danois.

La une du Matin Dimanche du treize septembre 2026.

En cinq ans, sous sa direction, La Poste a connu des scandales syndicaux qui sont évoqués en début d'entretien.

Le facteur vaudois, avec quatre décennies de service, licencié pour avoir livré des colis dans les étages d'immeuble et éviter des vols, a été muté à un autre poste... car la livraison à la porte et non à la boîte est désormais facturée trois francs au destinataire. Malgré les nombreux dialogues et avertissements, il réalise gratuitement un service payant.

Au siège de Berne, deux vagues de licenciements agacent quant elles sont annoncées comme conséquences d'échecs industriels, dont quarante liés au Dossier électronique du patient... car, rappelle le président postal, la loi n'impose pas aux professionnels de santé de le remplir alors que la filiale numérique y travaille depuis 2004.

Numérique encore, le journaliste n'est pas convaincu par l'application Boîte aux lettres : sept cent mille utilisateurs revendiqués, mais pour une boîte presque vide pour celle du journaliste. Réponse : aux résidents suisses, aux administrations et entreprises du pays, de s'en saisir pour les courriers trop importants ou privés pour être laissés aux grandes messageries états-uniennes.


Les autres questions et réponses sont le quotidien des dirigeants postaux : encore des milliards de lettres et colis à distribuer, mais la lettre est en chute libre, et les colis en forte concurrence et à faible marge... même si La Poste Suisse a une part de marché des trois quarts.

Ne sont pas évoqués les alliances avec d'autres groupes postaux historiques, telle avec La Poste française sur le courrier international à partir de pays tiers : tapez Asendia sur le moteur de recherche Google de ce blog.

Pour les tarifs courrier, La Poste et l'autorité de la concurrence ont conclu un accord sur ces prix aux clients privés jusque fin 2027... Le journaliste aurait préféré 2030. Le président, comme La Poste en France, rappelle la petitesse du budget lettres postales des ménages, donc le faible impact de l'augmentation...


Autre sujet de friction ciblé par les personnes âgées selon le journaliste : la fermeture des bureaux de poste et leur remplacement par des points postaux au sein de commerces divers et variés. 

La réponse est connue et donc répétée : les mille quatre cents « partenaires » peuvent réaliser les opérations postales et bancaires les plus courantes avec une large plage horaire et en permettant des achats et des services du quotidien au même lieu.

Les six cents « offices de poste traditionnel » restants en 2028, eux seuls proposent des services plus complexes. Après l'exemple danois, il convoque l'exemple allemand : Deutsche Post ferme tous ses bureaux au profit de ses comptoirs postaux en commerces privés.


En conclusion si le journaliste s'interroge sur le passé révolu de dirigeant syndical et membre du Parti socialiste de Christian Levrat, ce dernier se défend comme ses homologues qui ont choisi ce modèle complexe mixte : moins de tournées, de bureaux, mais encore une poste active, se diversifiant vers poste, banque et stockage numérique...

... ou alors que les citoyens réclament les solutions allemandes (distribution seulement), britanniques (privatisation totale) et danoises (plus de service universel, payer le prix réel).

dimanche 20 septembre 2026

Hommage au philatéliste fondateur et au courrier papier dans la RF de Généalogie

 Le numéro 286 de La revue française de Généalogie (ou Généalogie rouge et vertical si vous cherchez l'étagère surchargée d'un marchand de presse) daté octobre-novembre 2026 évoque l'importance du courrier pour les généalogistes et de la philatélie dans la genèse de ce bimensuel fondé en avril 1979.

La page 3 du numéro 286 de La revue française de Généalogie (octobre-novembre 2026).

La troisième page est ouverte aux photographies de documents et d'archives des lecteurs de la publication. Ici, un ensemble d'enveloppes à en-tête de plusieurs mairies de France, affranchies par machine - souvent au tarif écopli et lettre verte.

Si les archives d'état civil, paroissiales puis communales, ont été photographiées et microfilmées grâce à un accord entre la République laïque et le mouvement religieux mormon, leur numérisation a accru encore davantage l'accessibilité de ces traces officielles des naissances, mariages, décès de nos ancêtres, parfois aussi en marges des divorces et reconnaissances de parentalité.

Cependant, les règlements sur le droit à la vie privée limitent ces consultations pour les personnes potentiellement en vie. Selon les sites web d'archives départementales et municipales, ces actes ne sont pas lisibles anonymement s'ils ont mois de quatre-vingts voire cent ans ; quelques Archives départementales acceptant un délai plus court en échange de la création d'un compte à identité prouvée.

Restent les actes bien trop récents pour lesquels il faut écrire à la mairie dépositaire encore des registres, prouver son droit à obtenir copie, remercier par avance les agents municipaux, et attendre l'arrivée de ces enveloppes distinctives.


Le choix de cette illustration postale, fort différente des habituelles archives anciennes ou au contenu inhabituel, est peut-être lié au décès du fondateur de la Revue française de Généalogie, évoqué dans son éditorial par le rédacteur en chef Charles Hervis.

Dans un récit fort généalogique, il évoque comment deux frères ont fondé après la Seconde Guerre mondiale un tout petit groupe de presse, Martin Média. L'aîné est correspondant pour la presse locale, le cadet René-Louis Martin (1936-2026) est instituteur et aide son frère par des photographies et des articles sur les églises rurales.

Philatéliste, il propose des articles à des magazines du loisir, avant de découvrir la numismatique et l'absence de revue aisément accessible au début des années 1970. L'entreprise démarre avec Numismatique et change en 1972 tout en poursuivant son métier d'instituteur.

La réussite de cette publication encourage à aller vers d'autres domaines et loisirs, dont la généalogie en 1979, avant de céder Martin Média qui continue magazines et sites web spécialisés, dont un lancé en 1989 lié au métier du fondateur : La Classe.

Le courrier réapparaît alors dans la mémoire de Charles Hervis : du patron alors retraité rapatriant du courrier de lecteurs arrivé chez lui vers le nouveau siège social.

Côté articles philatéliques, il faudra retrouver les index d'articles des revues existant alors.

dimanche 6 septembre 2026

Les expositions internationales ont-elle vraiment besoin de la FIP ?

 Les expositions internationales ont-elles vraiment besoin de la Fédération internationale de philatélie ?

"La philatélie américaine n'est pas marié à la FIP".

C'est, dans le courrier des lecteurs du numéro d'août 2026 de The American Philatelist, la question et la réponse provocantes que pose Mark E. Butterline, le directeur exécutif de l'entreprise d'organisation de l'exposition Boston 2026 World Stamp Show (du vingt-trois au trente mai 2026), manifestation qui avait obtenu le patronage de la Fédération internationale.

L'exposition mondiale décennale des organisations nationales philatéliques des États-Unis (American Philatelic Society et son homologue de philatélie thématique) a lieu l'année-anniversaire de la Déclaration d'Indépendance du pays, en 1776.

Par habitude et prudence financière, elle est organisée par une entreprise privée créée pour l'occasion. L'objectif étant d'assurer l'équilibre dépenses-recettes et de voir le profit réalisé reversé en donation aux associations organisatrices pour le développement du loisir.

Ainsi, Mark Butterline confronte l'intérêt financier aux dépenses induites par le sceau de la F.I.P. et, à ses yeux, ça paraît peu pertinent.


Dès le premier paragraphe, la conclusion est claire : à la demande de fournir les dépenses liées à la F.I.P. pour les expositions internationales de 2031 et 2036, Butterline témoigne pour Boston 2026 :

- ce patronage n'a pas amené plus de visiteurs ;

- l'argent et les personnels mobilisés pour répondre au cahier des charges d'une exposition mondiale sous patronage lui sont démesurés, peu utiles, et auraient pu permettre de développer d'autres aspects de l'exposition.


Il rappelle qu'une exposition philatélique internationale n'a pas besoin de l'autorisation ou du patronage de la Fédération internationale.

L'exemple de l'exposition internationale privée, Stockholmia 2019, par la Société philatélique royale de Londres, a eu lieu sans avoir à nourrir, loger et faire voyager une délégation F.I.P.


Et arrive le point noir qui a marqué la fin de Boston 2026 : le Grand Prix national n'a pas l'objet d'une sélection de plusieurs collections avec vote public des jurés lors du dîner du palmarès. Le jury a choisi une seule collection.

En raison du patronage, les jurés devaient être des jurés reconnus par la Fédération internationale... Pourquoi, demande Butterline, ne pas les sélectionner par d'autres critères pertinents ?

En évoquant Stockholmia 2019, il montre que le dîner de palmarès peut devenir un véritable moment de la compétition philatélique et de la responsabilité des jurys face au public. Un peu comme au Concours Eurovision de la chanson, les juges avaient enregistré leurs votes pour le Grand Prix. Les vidéos étaient diffusés pendant le banquet, avec classement par points modifié en direct.

Certes, à l'absence de secret, on peut opposer que les juges peuvent se sentir tenus par un conformisme selon la proximité sociale entre exposants, jurés, organisateurs, etc.


En conclusion, le directeur exécutif de Boston 2026 insiste qu'il y a sûrement bien d'autres manières d'organiser une exposition internationale, d'y attirer collectionneurs, compétiteurs et public, de rendre le jugement aussi légitime que possible.

Bref, que les Fédérations nationales intéressées par la collection exposée trouveront bien mieux, que les dirigeants de celles qui s'intéressent à « autres choses », finit Butterline.