mercredi 1 avril 2026

Oblitération à message allemande à Prague en novembre 1945 (HEIN ?!!)

 Je reste dubitatif face à la réponse à une question de lecteurs parue dans le numéro d'avril 2026 d'un magazine philatélique français dont le rédacteur-en-chef écrivait dans son éditorial de janvier, suite à un repas de fin d'année chez son propriétaire à Amiens : « Comme rédacteur-en-chef, il m'est difficile d'être impartial et j'aurais plutôt tendance à dire que nous sommes les "meilleurs". » pour justifier pourquoi sa publication ne proposait pas de participer aux compétitions de littérature philatélique.

À la première lecture, j'ai même cru à un poisson d'avril - tradition que j'apprécie peu.

Un objet philatélique quasi-identique à celui en question à la page dix du magazine concerné (vente sur le site Le Bon Coin).

En quelques instants sur le moteur de recherches Google (par mots-clés en allemand, puis à partir du cliché photographique de l'oblitération à message de propagande), j'ai trouvé une réponse qui me paraît plus pertinente que : Oh ! Des anti-communistes tchèques tentent sous le nez de l'Armée rouge et du KGB de s'opposer au bolchevisme avec des timbres à l'effigie d'Hitler et un slogan en tchèque et en allemand, six mois après la capitulation du Troisième Reich !!!

Un autre exemple de souvenir philatélique de timbres du Protectorat et d'une oblitération à message bilingue, ici du quatorze septembre 1941 (via le site philatélique spécialisé et marchand German-Reich.de)

Ainsi, je découvre rapidement un site philatélique marchand qui fait dans l'instruction du collectionneur de timbres-poste : German-Reich.de, dédié à expliquer les enjeux de la philatélie allemande de 1872 à 1945, territoires occupés inclus.

Sur la page dédiée au protectorat de Bohême et Moravie, un souvenir de la foire de Prague (ci-dessus) montre la réponse sur le problème de la date du souvenir antibolchévique : en Allemagne, le mois est indiqué en chiffre arabe ; côté tchèque, c'est un chiffre romain qui l'identifie sur l'oblitération, même les oblitérations courantes (voir cette enveloppe de la même série hitlérienne sur un site de vente polonais).

14. IX. 41 pour ce souvenir de la foire de Prague, donc le 14 septembre 1941.

Pour le souvenir antibolchévique, -3. II. 45-15 se lit 3 février 1945 à 15 heures et non 3 novembre 1945.

Que le lecteur s'interroge et serve à d'autres dans les mêmes doutes, c'est naturel si les chiffres romains sur timbres et oblitérations lui est inhabituel. Mais que le journaliste creuse une explication possible, mais pas la plus simple à vivre pour les résistants tchèques de novembre 1945, ni à prouver (ou alors, citer l'ouvrage et son auteur qui le raconte).

Vente de l'oblitération anti-bolchévique sur un site tchèque, datée du vingt-huit janvier 1945 (sur aukro.cz).

Pour l'oblitération à messages, en double ligne dans la partie inférieure du cercle extérieur (ou aussi dans la bande centrale), j'en ai vu plusieurs côté Allemagne pré-1945 au cours de cette recherche. Je ne sais si la poste tchécoslovaque avait cette façon de faire avant les accords de Munich.

Par la recherche inversée Google Images, en partant d'une photographie de l'oblitération proposée par le lecteur du magazine (en ôtant le timbre qui gêne le moteur de recherche), on trouve un site de vente tchèque où cette marque est proposée sur fragment datée du vingt-huit janvier 1945 (28. I. 45, pas de confusion ici) en 2021 à 390 couronnes tchèques (environ quinze euros).


L'erreur est humaine, mais rappelons que le meilleur des utilisateurs de chiffres romains du magazine aurait pu être consulté, lui qui en est, en avril 2026, au nombre LXXIII.

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