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dimanche 6 septembre 2026

Les expositions internationales ont-elle vraiment besoin de la FIP ?

 Les expositions internationales ont-elles vraiment besoin de la Fédération internationale de philatélie ?

"La philatélie américaine n'est pas marié à la FIP".

C'est, dans le courrier des lecteurs du numéro d'août 2026 de The American Philatelist, la question et la réponse provocantes que pose Mark E. Butterline, le directeur exécutif de l'entreprise d'organisation de l'exposition Boston 2026 World Stamp Show (du vingt-trois au trente mai 2026), manifestation qui avait obtenu le patronage de la Fédération internationale.

L'exposition mondiale décennale des organisations nationales philatéliques des États-Unis (American Philatelic Society et son homologue de philatélie thématique) a lieu l'année-anniversaire de la Déclaration d'Indépendance du pays, en 1776.

Par habitude et prudence financière, elle est organisée par une entreprise privée créée pour l'occasion. L'objectif étant d'assurer l'équilibre dépenses-recettes et de voir le profit réalisé reversé en donation aux associations organisatrices pour le développement du loisir.

Ainsi, Mark Butterline confronte l'intérêt financier aux dépenses induites par le sceau de la F.I.P. et, à ses yeux, ça paraît peu pertinent.


Dès le premier paragraphe, la conclusion est claire : à la demande de fournir les dépenses liées à la F.I.P. pour les expositions internationales de 2031 et 2036, Butterline témoigne pour Boston 2026 :

- ce patronage n'a pas amené plus de visiteurs ;

- l'argent et les personnels mobilisés pour répondre au cahier des charges d'une exposition mondiale sous patronage lui sont démesurés, peu utiles, et auraient pu permettre de développer d'autres aspects de l'exposition.


Il rappelle qu'une exposition philatélique internationale n'a pas besoin de l'autorisation ou du patronage de la Fédération internationale.

L'exemple de l'exposition internationale privée, Stockholmia 2019, par la Société philatélique royale de Londres, a eu lieu sans avoir à nourrir, loger et faire voyager une délégation F.I.P.


Et arrive le point noir qui a marqué la fin de Boston 2026 : le Grand Prix national n'a pas l'objet d'une sélection de plusieurs collections avec vote public des jurés lors du dîner du palmarès. Le jury a choisi une seule collection.

En raison du patronage, les jurés devaient être des jurés reconnus par la Fédération internationale... Pourquoi, demande Butterline, ne pas les sélectionner par d'autres critères pertinents ?

En évoquant Stockholmia 2019, il montre que le dîner de palmarès peut devenir un véritable moment de la compétition philatélique et de la responsabilité des jurys face au public. Un peu comme au Concours Eurovision de la chanson, les juges avaient enregistré leurs votes pour le Grand Prix. Les vidéos étaient diffusés pendant le banquet, avec classement par points modifié en direct.

Certes, à l'absence de secret, on peut opposer que les juges peuvent se sentir tenus par un conformisme selon la proximité sociale entre exposants, jurés, organisateurs, etc.


En conclusion, le directeur exécutif de Boston 2026 insiste qu'il y a sûrement bien d'autres manières d'organiser une exposition internationale, d'y attirer collectionneurs, compétiteurs et public, de rendre le jugement aussi légitime que possible.

Bref, que les Fédérations nationales intéressées par la collection exposée trouveront bien mieux, que les dirigeants de celles qui s'intéressent à « autres choses », finit Butterline.

samedi 30 mai 2026

À Boston 2026, les philatélistes méfiants du culte de la personnalité

 Deux publications en ce mois de mai 2026 montrent que le culte de la personnalité autour de l'actuel président des États-Unis d'Amérique inquiète des philatélistes face au Maître général des postes David Steiner, dirigeant l'United States Postal Service depuis juillet 2025.

Un courrier des lecteurs paru dans The American Philatelist daté mai 2026, et consacré majoritairement à Boston 2026, l'exposition mondiale décennale de l'American Philatelic Society, résume les difficultés financières continues de l'opérateur postal historique du pays, un des premiers éléments de son indépendance du Royaume-Uni quelques temps avant la Rébellion et la Déclaration d'Indépendance du quatre juillet 1776.

L'USPS est une entreprise publique, fort dépendante de la politique fédérale puisque le Congrès veille et que l'actuel président n'hésite pas à commenter ses échecs. De plus, sur l'express et les colis, elle est en concurrence avec ses principaux clients tels Amazon qui lui sous-traitent une partie de ses livraisons, notamment en zone d'exploitation coûteuse comme les immenses régions rurales.

Le lecteur de The American Philatelist place ensuite sa loupe sur Steiner, un ancien membre du conseil d'administration du concurrent Fedex, suscitant des interrogations sur la volonté de l'Administration Trump de privatiser l'USPS. Steiner n'a cessé de convaincre du contraire, notamment de proposer les services du dernier kilomètre de livraison à tous les opérateurs courrier express et colis du pays.

L'inquiétude du philatéliste provient aussi que, dans sa recherche de revenus sans coût supplémentaire, Steiner dispose du programme philatélique : pourrait-il imposer au Comité consultatif des citoyens (Citizens' Stamp Advisory Committee) d'abandonner ses règles strictes sur les thèmes des timbres émis au nom des États-Unis, tels la non-représentation de personnes vivantes ou l'aspect jugée extraordinaire de la contribution de la personne passée à l'histoire du pays.

Le lecteur d'imaginer que les intérêts commerciaux dépassent l'intérêt national commun du timbre : des entreprises promouvant leur marque, leurs produits, leurs dirigeants... et donc aussi des partis politiques poussant à représenter des élus encore vivants, voire de faire voter les thèmes sur les réseaux sociaux [aux choix d'affichage aux algorithmes manipulables], des messages de prosélytisme religieux dépassant la simple évocation des grandes fêtes des communautés du pays ?

Et Trump apparaît donc puisque l'U.S. Mint va frapper des pièces en or de deux cinquante dollars à son effigie pour les deux cent cinquante ans de l'Indépendance [entre autres objets à vendr... de collection].

Cinq des vingt-cinq timbre de l'émission sur les personnalités de la Révolution, émis en mai 2026. L'image proposée sur la boutique web de l'USPS prend soin d'une grande diversité des profils choisis.

Avançons donc à l'exposition mondiale qui a lieu depuis samedi dernier jusqu'à ce samedi trente mai 2026, à Boston, lieu emblématique de la rébellion des colons contre les taxations britanniques et des premiers affrontements militaires de la guerre d'Indépendance dès 1774.

Hier, vendredi vingt-neuf mai 2026, le journaliste et éditorialiste Bill Shein publie sur son site Reason Gone Mad un compte-rendu de la manifestation à travers le discours du Maître général des postes et les réponses des visiteurs à ses conséquences potentielles.

Habitant du Massachussetts, l'exposition est une occasion pour lui d'écouter le discours aux philatélistes de David Steiner, de l'interroger directement sur Trump, et de se rendre compte des effets de ces annonces sur le public le plus investi du loisir.


Ainsi, Steiner a expliqué concernant le programme philatélique, ses équipes et lui n'écartent aucune possibilité afin de renouveler son contenu, son attractivité publique. Son objectif est que ce programme montre ce qui rassemble, est commun aux citoyens des États-Unis.

Il a constaté également que les restrictions du CSAC, institution établie en 1957, n'étaient pas inscrite dans une loi du Congrès, mais dans les régulations internes au CSAC et par coutume accepté par les dirigeants de l'USPS.

Seul, Patrick Donohoe contourna la règle de l'interdiction des personnes vivantes sur timbres, entre 2011 et 2018, en contournant complètement le CSAC pour quelques émissions dites commerciales par les collectionneurs : séries sur des films, séries télévisée ou dessins animés très récents, mais très populaires.

Ainsi, Bill Shein confirme qu'en 2011, l'objectif n'était absolument pas de mettre le président Obama sur un timbre, mais de pouvoir émettre une série sur l'univers de Harry Potter en achetant une licence pour utiliser les images des films. Le Maître des postes insistant alors que ce sont les personnages qui sont représentés et appréciés du public, encouragés à la lecture et à l'imagination, pas les acteurs eux-mêmes.

Devant le public, Steiner explique que des réalisations récentes comme une victoire olympique en sport d'équipe lors des Jeux olympiques d'hiver de cette année. Et que les photographies d'un des arrêts décisifs du gardien de but états-unien auraient pu faire un beau timbre-poste.


En aparté, le journaliste interroge le dirigeant de manière fort explicite : l'USPS envisage-t-elle l'émission d'un timbre à l'effigie de Donald Trump de son vivant, donc pendant son mandat.

“I’d rather do Taylor Swift and Travis Kelce.”

Voici la première phrase, avec humour, de sa réponse : la chanteuse connue dans le monde entier et son fiancé, joueur de football américain.

Avant de se montrer plus rassurant, il voulait annoncer publiquement que la représentation de personnes vivantes, de leurs réalisations rassemblant les citoyens, etc. est possible, même s'il affirme à Boston qu'aucun sujet n'a été discuté par les services de l'USPS.


Bill Shein a ensuite eu les journées suivantes pour constater l'effet de ces paroles sur les visiteurs, qui sont certes les philatélistes les plus impliqués puisqu'en compétition, visiteurs réguliers d'expositions, etc.

Il évoque deux conférences où l'évocation de la règle du CSAC et de la méfiance à la voir affectée a été sujet à de vives réactions, qui vont choquer ceux qui croient qu'on ne doit pas parler de ses opinions politiques quand on philatélise.

Lors de la présentation-encouragement au don de la production d'un documentaire sur la création des timbres-poste, il a été rappelé que cette règle visait à éviter les représentations du monarque des premières séries de timbres-poste, pour une République dont la Déclaration d'Indépendance rappelle qu'elle se rebelle contre le roi d'Angleterre [même si c'est bien le Premier Ministre et la Chambre des Communes qui décident depuis la Glorieuse Révolution].

Applaudissements nourris de l'auditoire.

“No King.”

Cela ferait-il écho aux manifestations ponctuelles, mais ayant établi le slogan « Pas de roi » depuis juin 2025 et la crainte que le président Trump et ses partisans sont sur le sujet de la dictature personnelle ? Slogan repris dans plusieurs pays quitte à remplacer le titre par dictateur ou tyran, notamment dans des pays dirigés par des personnalités ayant complimenté leur modèle d'outre-Atlantique ou d'outre-Pacifique.


Lors de sa présentation de la création des timbre-poste, c'est sa responsable, Lisa Bobb-Semple, directrice du Service des timbres de l'USPS, qui a dû assurer le service après-vente du discours de son chef.

Suite aux questions, elle n'a connaissance que la Maison Blanche ait demandé un timbre-poste à l'effigie de son locataire [à tendance destructice : jardin de fleurs transformés en terrasse minérale, destruction-reconstruction de l'Aile Est sans qu'on sache trop qui paye et qu'est-ce qui est vraiment construit en-dessous], puis si un criminel condamné pouvait être envisagé...

Elle a répondu qu'un criminel condamné ne rentrerait pas dans le standard, mais le journaliste a fait ses recherches, quelques grands Américains pour lesquels les réalisations dépassent leurs errements face à la loi dans la mémoire collective ou la destinée de leurs idées : le militant Malcolm X (vol et atteinte aux biens), le chanteur Lead Billy (meurtre), le boxeur Muhammad Ali pour désertion du service miitaire.

Aucun élu. D'où la règle de ne pas représenter une personnalité trois ans après sa mort (dix ans il y a encore quelques temps). L'objectif reste de timbrifier un politicien ou un autre citoyen en étant sûr que ses actions positives pour le pays dépassent grandement les errements potentiels à la loi, ou les opinions politiques que chacun juge à sa manière.

Ciblant les philatélistes habitués, le timbre sur timbre au bison américain, massacré pendant la colonisation de l'Ouest, lentement de retour sur ces terres. Mais, l'électorat visé par le président actuel encourage à bannir les protections des troupeaux de bison sur les pâturages du Montana (boutique web de l'USPS).

Découvrant ou faisant découvrir l'univers des émissions philatéliques, le journaliste a rencontré plusieurs personnalités de la philatélie organisée, associative, ayant ou pas participé au CSAC.

Il semble rassuré par la ligne politique de l'USPS. Les émissions de Boston 2026 liés à l'histoire de l'Indépendance reflètent la diversité des acteurs de celle-ci : hommes comme femmes, descendants de colons comme esclaves ou Indiens défendant leurs droits. Un timbre sur timbre sur la survie du bison, un produit pour collectionneur de classiques, survient la semaine où l'Administration Trump a signé des décrets révoquant des droits de pâturages à cette espèce dans plusieurs secteurs du Montana, pour complaire sûrement à l'électorat local [un peu comme le loup et le cerf en France].

Comme dit sur ce blog et quelques journalistes états-uniens, contrairement aux pièces de monnaies commémoratives de l'U.S. Mint, très histoire des Blancs anglo-saxons protestants (WASP) sur deux cent cinquante ans, l'USPS paraît vouloir représenter l'ensemble des histoires, personnalités, événements positifs de l'histoire du pays.

Le timbre que les participants d'une consultation de l'USPS ont souhaité voir réémis. L'USPS propose le thème sous forme d'un bloc de quatre timbres représentant l'animateur jeunesse avec plusieurs jouets-personnages de son émission (communiqué de presse de l'USPS ; magazine de l'USPS).

Enfin, quasiment tous les philatélistes interrogés sont hautement sceptiques de représenter des personnes vivantes sur les timbres de leur pays.

Particulièrement, Cheryl Ganz, qui a participé au CSAC, confirme que la question est revenu souvent en douze ans de mandat, mais que jamais la discussion n'a porté sur un politicien.

Le sujet semble dépasser les seuls collectionneurs : l'USPS a tenté cette année de proposer la réémission d'un timbre souhait par le public. Les votants ont choisi Fred Rogers, producteur et animateur d'une émission pour enfants qui a duré de 1968 à 2001.

Comme pour les affiches et autres recréations de Marianne et timbre gravé pour Philaposte, est-ce un effet générationnel : les philatélistes et curieux de la consultation ont-ils fixé leur attention sur leurs souvenirs d'enfance ? Y a-t-il un effet transgénérationnel ? Un souhait explicite de revoir sur timbres et bloc-souvenir une réalisation pacifique de la société ?


À titre personnel, je crains comme pour la monnaie, les passeports, le forçage actuel pour un billet de banque, les passes annuels des Parcs naturels, que si un trumpiste se penche sur la question philatélique pour faire plaisir au boss,... Steiner et ses équipes auront-ils le courage et même le choix de justifier un refus par les traditions ? L'arme financière pourrait-elle utiliser par les élus républicains trumpistes pour forcer l'USPS à un acte de dictature personnelle au risque de transformer la nature entière de l'entreprise postale et colis ?


Compléments du mercredi vingt-quatre juin 2026 :

Tels l'arbitrage sans vidéo en sport collectif ou les juges en patinage artistique, évaluer une collection en compétition lors d'une exposition philatélique, surtout au niveau international, peut susciter étonnement voire rancœur des exposants - entre le prix des pièces exposées, le temps passé à rechercher des connaissances et à organiser l'ensemble, et les frais d'expédition et d'entrée fort cher à ce niveau.

L'exposition de Boston 2026 connaît son drame. Le règlement de la Fédération internationale de philatélie demande à un groupe de jurés de sélectionner une ou des collections digne du Grand Prix national, parmi les collections étudiant le pays hôte.

Certes, l'histoire ancienne a montré la sélection d'une seule collection, mais la tradition et le folklore du dîner du palmarès (cher aussi) avaient établi une sélection d'au moins deux des collections aux meilleurs scores. Au moment du palmarès, l'ensemble des jurés vote pour désigner celle qui mérite le Grand Prix national.

À Boston, une seule collection a été sélectionnée, choix acceptée par le bureau du jury, et donc déclarée primé sans vote.

Le souci est que deux autres collections sur la philatélie ou l'histoire postale des États-Unis d'Amérique ont reçu le même nombre de points et quelques autres un point au-dessous.

La rumeur immédiate pré-cérémonie se diffusant, le président de l'American Philatelic Society a publié, le mercredi dix-sept juin, un communiqué acide. Tout d'abord pour rappeler que l'APS, même à l'origine de l'exposition, n'a aucun pouvoir sur le jury, surtout qu'il est lié à la FIP et à un secret des délibérations. De plus, l'APS délègue depuis longtemps la responsabilité à un comité d'organisation autonome, qui reverse le bénéfice financier pour des actions de promotion philatélique.

La déception des participants et du public connaisseur a dû être tellement fort pour justifier à la fois qu'il ne peut rien faire à ce que le président du jury, fort expérimenté et respecté, n'a pas demandé au comité de sélection de revoir sa courte liste.

Cependant, les conséquences annoncées sont brusques :

- demande à ce président de jury de démissionner de ses fonctions au sein de l'American Philatelic Society [merci l'indépendance],

- l'annonce de la constitution d'un comité indépendant d'étude et de proposition des relations entre l'APS et la Fédération internationale, notamment la délégation à un comité d'organisation autonome,

- et sur les règlements applicables à la sélection des juges, notamment l'âge maximum pour être juré international - Il remarque que la FIP a récemment retiré cette condition d'âge de son règlement. Le président de l'APS insistant sur le nombre limité de mandats qu'un membre peut exercer au sein de l'organisation états-unienne.

Pourquoi cibler l'âge du capitaine ? La nouvelle présidence de l'American Philatelic Society veut-elle montrer sa force face à une intrusion extérieure - les États-Uniens sont isolationnistes en première intention (sauf si intérêts évidemment) ? Quelles sont les relations internes entre dirigeants de la Fédération philatélique international encore en jeu cette fois-ci ?

dimanche 31 août 2025

Après maints obstacles, PhilaKorea 2025 en approche

 Après avoir subi la recherche d'un budget avec Korea Post, subi la recherche d'un créneau en 2024 dans le calendrier bien rempli des nations philatéliques d'Asie et d'Océanie, la Fédération philatélique de Corée accueille une exposition internationale, PhilaKorea 2025, du mercredi dix-sept au dimanche vingt-et-un septembre 2025.

Dans le numéro de septembre de Woopyo (우표 - littéralement Timbre), le magazine mensuel de la Fédération, son rédacteur-en-chef Jin Hur témoigne des coulisses de l'organisation d'un tel événement, autant face aux acteurs philatéliques qu'aux administrations générales, et de ses opinions face aux acteurs de la Philatélie organisée (la φl@télie dans certains articles de ce blog).

Dans le cadre du rapprochement depuis un peu plus d'un an entre la Fédération coréenne et l'association anglophone des collectionneurs de la Corée basée aux États-Unis, Korea Stamp Society, la traduction en anglais de cet éditorial est proposée sur le site de cette seconde, en date du vingt-huit août 2025.

Par clarté, en italique, mes commentaires personnels.

L'affiche de l'exposition internationale PhilaKorea 2025 (site officiel).

Jin Hur passe rapidement sur les épisodes des années précédentes. Korea Post et les ministères les plus concernés par l'organisation d'un tel événement, à la fois de niche, mais participant de la réputation du pays, ont eu du mal à trouver les ressources financières. Oui, la Corée du Sud est une puissance économique développée désormais, mais avec des aléas économiques et politiques communs au reste du monde. En voyageant en Corée en 2024, j'ai eu un petit aperçu de ce que c'est d'être entouré par d'autres puissances que celle autour de l'Europe atlantique.

Enfin, septembre 2025 fut adoptée avec la reconnaissance accordée par la Fédération internationale de philatélie, en plus de celle de la Fédération inter-asiatique. Cela a attiré des fédérations d'un vaste horizon, dont la Fédération française.


Contrairement aux croyances des vieux grincheux français sur la fin du timbre, de sa collection, à cause de jeunes écervelés scotchés à tous les écrans possibles... Jin Hur pense que tout commence par comment les adultes et vieux grincheux croient que la communication électronique permet de contourner les règles.

Quelques fédérations semblent ne pas comprendre que l'envoi de dossier complet et aussi définitif que possible (erreurs et impondérables exclus) permet aux organisateurs de travailler sereinement. Le courriel fait croire à certains qu'on peut envoyer les dossiers et informations par épisodes, les modifier au bon plaisir des prises de conscience sûrement des exposants en retard, etc.

Vus les compliments adressés à, et les photographies de collectionneurs français tutorant des enfants à organiser leur collection de timbres pour l'exposer à TimbresPassion, la Fédération française des associations philatéliques (la φF@P) doit avoir respecter les règlements et calendriers.

Les vieux grincheux de France s'étoufferont en lisant que Jin Hur trouvent les jeunes occidentaux sont moins victimes de l'addiction numérique que les Coréens, et qu'il y a même un renouveau de la philatélie jeunesse en France. Après tout, les représentants français vont débarquer avec huit collections jeunesse, le record de PhilaKorea 2025.


Après les représentants nationaux des collectionneurs exposants, c'est au tour des idées reçues (héritées du passé ou des fédérations sportives ?) et de l'élite φl@télique d'en prendre pour leurs grades.

Non, le comité organisateur de l'exposition ne choisit pas les jurés de l'exposition internationale qu'il accueille, même s'il peut se permettre d'exposer quelques collections supplémentaires moins au niveau. C'est la fédération continentale ou, ici, internationale qui désigne les jurys.

S'il semble que l'idée est une proportionnalité entre nombre de collections par nation et nombre de jurés par nation, Jin Hur remarque que les plus importants participants en nombre (Chine, Japon, États-Unis, Inde) ont peu de jurés en comparaison.

De plus, des dirigeants de la Fédération internationale sont jurés ex officio, mais doivent être présentés comme un quota F.I.P. et non selon leur pays.

Il a aussi pris conscience du manque de jurés coréens ayant passé les qualifications nationales, continentales et internationales... par manque de volontaires plus que par manque de compétences. Déplacements, rythme soutenu des évaluations debout, réunions (houleuses ?), communication avec les candidats,... ?

Et, coup de bâton sur l'élite φl@télique, de rappeler comment, lors d'expositions internationales, certains courent après les officiels de leur fédération et de la F.I.P. pour devenir juré... quand d'autres attendent de voir reconnu leurs connaissances et leur capacité d'exposition en termes de notes après plusieurs expositions. Au risque de voir l'incompétence des premiers pénalisait l'enthousiasme des seconds face à des évaluations qui ne seront pas au niveau.

Oh, ce souvenir de deux Français marchant et parlant vite en français dans les couloirs d'une exposition internationale à Londres car les notes semblaient leur déplaire... Deux décennies environ.

La Fédération coréenne semble devoir se lancer dans la recherche et la formation de bonnes volontés et Jin Hur d'illustrer cela avec la diapositive d'une formation de jurés en Australie. Et d'encourager ceux qui disposent des qualités de juge de ne pas forcément attendre la médaille Grand Or internationale pour se porter volontaire.


Hélas ! Une fois supporté* ses pairs (*put up with, cope with in French, and absolutely not to support), il y a des limites à ce qu'un officiel philatélique peut faire, face à l'Administration de son pays en ces temps de préjugés envers les étrangers... enfin certains étrangers.

Dans les ambassades et consulats de la République de Corée de certains pays ou face à certaines nationalités, il a été imposé de fournir des documents en plus de l'invitation officielle de Korea Post aux demandeurs de visa d'entrée...

... Comme le certificat d'enregistrement commercial de l'entreprise, émis par une autorité étatique coréenne !

Si au ministère des Affaires étrangères, comme dans beaucoup de pays développés, les politiques demandent aux fonctionnaires de se méfier des touristes dépassant leur séjour pour rester en Corée (jeunes touristes français passionnés de k-pop, pas de figuration salariée sur un tournage avec un visa touristique... Vous ne rerentrez pas en Corée pour plusieurs années. Il y a un visa spécifique), Jin Hur rappelle qu'un migrant clandestin motivé restera, malgré la débauche de preuves initiales. 

Méconnaissance aussi de la niche des collectionneurs internationaux. Imagine-t-on un philatéliste capable de payer le voyage et le séjour pour être exposant, représentant, juré d'une exposition et qui resterait en Corée clandestinement en laissant famille et collections au pays ?!! Un réfugié ? Une personne désespérée de son avenir et celui de sa famille ?

Jin Hur ajoutant la pique sur l'élitisme de la Philatélie organisée et d'une partie de ses jurés avec les belles photographies d'un des repas de galas en queue-de-pie. Loin de l'image du migrant volant le travail du Coréen : campagne de pêche en haute-mer, travail de découpe sur les marchés aux poissons et les abattoirs, récupération de déchets recyclables, et, pire, victimes du crime organisé ?


Sauf qu'en consultant le ministère des Affaires étrangères, le rédacteur en chef a découvert que c'est le ministère de la Justice qui appelle à ce zèle.

Avec conclusion de l'éditorial sur ce point de l'accueil des participants à un événement culturel international : les Sud-Coréens ont-ils été aussi mal accueillis par les consulats occidentaux quand leur pays était encore en développement ?


Comme les films et séries télévisées, le récit de l'histoire par des non professionnels, l'intrigue des jeux vidéo, la philatélie est bien politique : des relations entre acteurs de la Philatélie organisée jusqu'à la manière dont les pays d'accueil reçoivent les collections et les participants.

Le timbre-feuillet des cinquante de Radio France, entreprise de service public, créé par Ugo Gattoni (via le communiqué de presse).

Comme, en France, émettre un timbre-feuillet d'un artiste contemporain pour les cinquante ans de Radio France, l'année où la ministre de la Culture essaie d'envoyer la Torpille finale après des années de disette budgétaire et d'accusations contre les employés du service public.

dimanche 6 mars 2022

Une guerre si grave qu'elle affecte la philatélie

 Le titre est dérisoire face à ce que vit la population ukrainienne depuis 2014, et désormais, une invasion militaire russe depuis jeudi vingt-quatre février 2022... et disons-le aussi beaucoup d'autres peuples à travers le monde même si les médias et les gouvernements occidentaux sont moins réactifs.

Les géopoliticiens et les historiens diront, dans plusieurs années et décennies, comment les États-Unis, l'Union européenne et la Russie ont créé suffisamment de précédents géopolitiques entre 1991 et 2022 pour qu'en une décennie deux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies envahissent un autre État souverain en mentant et refusant la voie diplomatique.

Néanmoins, si le sport offre des précédents de boycott d'États pour raison de droit de l'homme (l'Afrique du Sud) ou de guerre (le restant de la Yougoslavie), rarissimes paraissent les occurrences qui ont amené le loisirs de la collection de timbres à être en partie paralysé par une guerre.

Le message du Conseil de la Fédération européenne des associations philatéliques, en date du trois mars 2022 (site de la F.E.P.A.).

Lors de la réunion de son Conseil, le mardi deux mars, la Fédération européenne recommande de ne pas recevoir la Russie et la Biélorussie lors d'événements philatéliques dans un futur proche, sous-entendant donc, au sein de ces deux fédérations, les représentants de leurs associations, des collectionneurs exposants, des jurés, etc. La nouvelle est publié le trois mars sur le site de la F.E.P.A. et repris par la presse en ligne, notamment Vaccari News.

Quelques heures ensuite, d'Australie toujours le trois mars, le président de la Fédération internationale de philatélie a soumis les mêmes conseils concernant les expositions organisées sous le patronage de son organisation.

En attendant de voir comment les premiers comités d'exposition concernés vont gérer cela, sûrement aidés par les interdictions mutuelles de vols des compagnies aériennes nationales, une première exposition est victime de l'invasion russe en Ukraine : OSTROPA devait réunir à Berlin sous l'égide de la Fédération allemande et d'une de ses fédérations régionales, les collectionneurs d'Europe centrale et orientale depuis 2020... reportée deux fois à cause de l'épidémie de covid-19... et finalement annulée pour cause de guerre.

Pour les organisateurs, le message de l'exposition n'est plus audible face aux événements qui ont actuellement lieu.


Certes, je suis jeune, au sens que j'ai vécu très jeune l'espoir des adultes de la fin de la Guerre froide, du fonctionnement du système des Nations unies pour sauver le Koweït...

Mais, en reprenant l'histoire des cent quatre-vingt-deux années de timbres-poste et de leur collection, je ne vois que la Grande Guerre de 1914-1918 qui a autant marqué la philatélie européenne : le refus des créateurs du Roll of Distinguished Philatelists d'inclure des « Pères de la philatélie » allemands ou autrichiens parmi les défunts qui ne pouvaient le signer. Il a fallu attendre un siècle pour y admettre l'Allemand Otto Moschkau et l'Autrichien Victor Suppantschitsch.

D'autres actions ont pu exister, gênant l'activité des collectionneurs lors de « conflits gelés », comme la difficulté toujours actuelle pour un citoyen des États-Unis d'acheter directement ou de vendre des timbres de Cuba ou d'Iran.

Mais, l'exclusion de fait de participants aux expositions compétitives...


Post scriptum : pour le suivi de l'actualité postale et philatélique, je conseille vivement la version actualités du marchand, éditeur et libraire italien Vaccari  sur son site dédié ou sur son fil Twitter. Beaucoup sur l'Italie, mais un certain éclectisme dans les sujets abordés. 


Complément du mardi huit mars 2022 : Delcampe.

Le site de vente spécialisée entre internautes collectionneurs Delcampe a diffusé par mail à ses inscrits qu'il suspendait les ventes et achats réalisés depuis la Russie et la Biélorussie.

Complément du samedi douze mars 2022 : Postcrossing.

Dès l'invasion russe, plusieurs discussions ont eu lieu sur les forums du site d'échange de cartes postales Postcrossing. Des utilisateurs demandaient la suspension des envois vers des adresses et inscrits biélorusses et russes ; tandis que des Postcrosseurs russes insistaient sur la différence entre les actes de leur gouvernement et leurs opinions personnelles.

Finalement, le fondateur du projet a posté un message sur le blog officiel, mercredi neuf mars. Le but du site est de relier des individus autour de leurs passions. Les adresses russes et biélorusses restent proposées ; ceux qui ne souhaitent pas envoyer de cartes vers ces deux pays sont invités à ne pas participer à Postcrossing pour le moment.

Par contre, comme pour les aléas du courrier international pendant la crise du covid-19, Postcrossing pourra suspendre l'envoi entre certains pays si le trafic postal était suspendu. Là, les sanctions mutuelles entre la Russie et les pays opposés à l'invasion pourraient venir dissocier les membres de ces pays si seules des compagnies interdites de vol transportaient du courrier.