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mercredi 23 février 2022

Cartes postales à clef dans Uncharted le film

 Ce blog a plusieurs fois montré comment l'esthétique de la carte postale touristique apparaît régulièrement dans les jeux vidéos - entre mémoire de la génération des créateurs, adaptation à la chronologie de l'histoire ou esquive du téléphone portable ? Relisez les mini-articles sur Just Cause 3, Céleste, The Church in the Darkness, Yakuza 0 et Yakuza Kiwami.

Cette fois-ci, les cartes postales servent l'intrigue d'un film inspiré d'une série de jeux vidéo, un genre d'adaptation qui depuis trois décennies a très mauvaise réputation... Transposer un univers où le joueur est mis en action à une heure trente de spectacle passif... est une tâche ardue surtout quand la production vise davantage à utiliser le médium film pour vendre les deux derniers épisodes ressortis sur PlayStation 5 en janvier et bientôt sous Windows.

Mercredi seize février 2022 est sorti en France et le dix-huit aux États-Unis Uncharted au personnage principal, Nathan Drake, interprété par Tom Holland (Spider-Man dans les films Marvel), et son mentor Sully par le vétéran Mark Wahlberg.

Les jeux et le film ont le même principe : le héros aventurier part à la recherche de trésors mythiques en concurrence avec l'ensemble des mercenaires et milliardaires mafieux du monde. Le film jouant sur les origines du héros : orphelin, il a été élevé dans un orphelinat religieux avant la fugue de son frère. On le retrouve jeune barman pickpocket à New York.

Nathan et Chloe, une complice volatile, relisant les cartes de Sam Drake à la quête d'indice pour leur quête (via ScreenRant.com).

C'est là que Sully l'embauche pour retrouver un trésor mythique : l'or que Magellan ou El Cano dut cacher près de l'endroit où Magellan mourut lors du premier tour du monde, au seizième siècle. Mon « ou » est dû à l'écriture du film supposant des raccourcis scénaristiques qui font passer les Indiana Jones pour l'équivalent des Rougon-Macquart.

Divulgâchages aidant, Sully connaît les atouts généalogiques de Nathan et sa passion des trésors grâce à Sam avec qui il travaillait sur ce trésor. Là où cinq jeux vidéo auront eu le temps de faire découvrir tranquillement l'histoire aux joueurs, le film bâcle en quelques instants : Nathan et Sam seraient les descendants du corsaire et explorateur Francis Drake.

De la découverte de cette relation entre Sully et son frère, Nathan déduit que les cartes postales envoyées par ce dernier retrace ses parcours à travers le globe et pourraient cacher des indices précieux sur les dernières étapes menant au trésor espagnol dans les Philippines (?).

Montrée en introduction du film et retrouvée par le héros avant l'acte final, l'écriture sympathique sur carte postale d'Espagne (via GamesRadar.com).

Soit vous avez le temps et l'argent pour une séance, soit vous attendez le DVD ou la vidéo à la demande, pour voir les détails mis par les accessoiristes dans la création de ces cartes du monde entier : vues touristiques, timbres, oblitérations, surtout pour celles montrées en gros plan d'Espagne, de Jordanie. Une étude à mener dans quelques temps donc.

Sur les adaptations croissantes de jeux vidéo au cinéma et en séries télévisées, le hasard propose, ce mercredi matin vingt-trois février, une chronique Et maintenant ? de Quentin Lafay dans l'émission matinale de France Culture à ce sujet avec l'aide de Bérénice Bonhomme de l'Université Jean jaurès et de l'E.N.S.A.V., École nationale publique de cinéma de Toulouse.

Il ne reste plus qu'à espérer que les prochaines adaptations soient plus convaincantes... Un des reproches au film : le héros emploie une seule fois une arme à feu, un peu accidentellement et mal... ayant la chance de la gravité - deux séquences fort audacieuses - pour tuer les mercenaires à ses trousses. Dans les jeux, c'est une armurerie sur pattes : un film tranquille pour convaincre les parents de laisser leurs enfants jouer à un jeu mature ?

jeudi 11 mai 2017

Timbres micro-philippin et giga-russe

Entre vacances de proches et Postcrossing, ce début du printemps a permis une rencontre philatélique du plus petit et du plus grand dans ma boîte aux lettres.
Timbre des Philippines fait de bric et de brac avec oblitération allant à l'essentiel. Merci à Pascale.
Ainsi, une amie de ma mère a passé des vacances méritées sur l'île de Bohol, aux Philippines. Outre les primates tarsiers (illustration de la carte), elle a découvert comment poster du courrier à l'office du tourisme qui lui a vendu un timbre de 2015 représentant la poste centrale de Manille.

Et point de gaspillage : deux centimètres et demi sur deux virgule deux, informations répartis sur six étages pour promouvoir la marque et les services de PHLPost, nom depuis 2012 de l'opérateur postal historique.

L'oblitération est du même style : trois lignes horizontales pour le lieu du bureau, la province, et la mention de poste aérienne... Pas de date. Est-ce l'oblitération habituelle aux Philippines ?
Grande peinture de 1997 du monastère russe au Mont Athos, enclave autonome orthodoxe du nord de la Grèce. Merci à Olga.
Tout l'opposé de l'affranchissement de la carte envoyée, le vingt-huit mars dernier, par la Postcrosseuse Olga de Novgorod : un carré de cinq centimètres de côté, multicolore dans un cadre façon bronze, émis en 2016 pour le millénaire de la présence russe au Mont Athos.

Entièrement en cyrillique, sauf un Russia en bas à droite, la peinture de Dmitri Anatolyevich Belyukin représente Saint-Panteleimon, le monastère « russe » du Mont Athos, une entité politico-religieuse autonome au sein de la République hellénique. Il fut fondée par des moines d'origine russe - au sens du onzième siècle, même si, de nos jours, il est peuplé de moines de nationalité grecque et relevant de Constantinople.

Sur le peintre, il est un Peintre du peuple de la Fédération de Russie, titre honorifique créé en 1995, et ses œuvres ont déjà connu le programme philatélique russe. Un grand timbre à l'échelle des détails et des couleurs lumineuses : les bleus du ciel et de la mer auraient fait excellente impression sur le timbre un peu terne Vue de village de Frédéric Bazille, émis en France en février.

Je remercie vraiment Olga d'avoir pris la peine de trouver un thème monuments historiques à sa carte, en sachant que le timbre d'usage courant de quatre roubles assure l'essentiel du port, avec sa dimension plus raisonnable.

dimanche 11 mars 2007

Missent to Philippines

Après les variétés trouvées par hasard, les lettres originales que les postes nous réalisent sans qu'on le leur demande. Et toujours dans la lignée, c'est quand on ne le cherche pas qu'on le trouve.

Fin juin 2006, je lis un article de Christian Beslu sur les enveloppes mal dirigées, publié dans Timbres magazine n°70 (le lien vous dirige vers la liste des articles consultables en ligne, dont celui-là). Ces plis passent par des lieux étonnants par rapport à leur parcours initial et sont revêtus par le bureau de l'étape involontaire d'un cachet « MISSENT ».

Au cours d'un voyage avec ses parents d'origine sino-vietnamienne, un ami m'a envoyé une lettre de Macao, de Honk Kong et de République populaire de Chine. Avant son départ, pour le briefing philatélique, je lui montre l'article et il plaisante en disant que peut-être une de ses lettres fera un tel parcours. Avec ma chance, penses-tu !

Fin août, arrive en une poignée de jours la lettre de Macao, puis une semaine après, celle de Chine populaire... mais rien de celle de Hong Kong revêtu d'un timbre de la série d'usage courant de 2002. D'une valeur de 3 dollars, il est doté d'une dentelure avec une perforation de sécurité ovale sur les côtés (on distingue celle de gauche sur ce scan). Tous ses amis ont reçu leur lettre de Hong Kong assez rapidement. Le doute me prend...

Et voilà, que début septembre, je me vois doté d'une lettre mal dirigée vers les Philippines sur un trajet Hong Kong-Paris. « CMEC » signifie « Central Mail Exchange Center », le centre de tri du courrier international intallé dans la métropole de Manille, à Pasay City.

Quant à la cause... Bref, ça finit toujours par arriver :)