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lundi 21 septembre 2026

La Poste Suisse : « la meilleure du monde » qui « dans dix ans aura disparu »

 Le titre de cet article de blog est ironique et résume les deux titres proposés par Le Matin Dimanche du treize septembre 2026 en une puis en ouverture de l'entretien avec le président de La Poste Suisse, Christian Levrat par le journaliste Arthur Grosjean.

Un refrain connu des clients postaux en Europe (ouverture de l'entretien du président de La Poste pour Le Matin Dimanche, treize septembre 2026 - photographie : Raphael Moser).

Depuis 2021, le politicien fribourgeois, parlementaire confédéral, est le président de La Poste, et, comme ses équivalents européens, fait face aux questions du public, des élus locaux, et de la presse sur les évolutions inflationnistes des tarifs, du service postal, des services bancaires, de la réussite de la conversion vers le courrier et stockage numérique, etc.

Et le journaliste suisse n'a pas peur de relancer et secouer. Mais le politicien reste sur son cheminement : La Poste doit s'adapter si les Suisses espèrent en avoir encore une existante et financièrement accessible... contrairement aux Danois.

La une du Matin Dimanche du treize septembre 2026.

En cinq ans, sous sa direction, La Poste a connu des scandales syndicaux qui sont évoqués en début d'entretien.

Le facteur vaudois, avec quatre décennies de service, licencié pour avoir livré des colis dans les étages d'immeuble et éviter des vols, a été muté à un autre poste... car la livraison à la porte et non à la boîte est désormais facturée trois francs au destinataire. Malgré les nombreux dialogues et avertissements, il réalise gratuitement un service payant.

Au siège de Berne, deux vagues de licenciements agacent quant elles sont annoncées comme conséquences d'échecs industriels, dont quarante liés au Dossier électronique du patient... car, rappelle le président postal, la loi n'impose pas aux professionnels de santé de le remplir alors que la filiale numérique y travaille depuis 2004.

Numérique encore, le journaliste n'est pas convaincu par l'application Boîte aux lettres : sept cent mille utilisateurs revendiqués, mais pour une boîte presque vide pour celle du journaliste. Réponse : aux résidents suisses, aux administrations et entreprises du pays, de s'en saisir pour les courriers trop importants ou privés pour être laissés aux grandes messageries états-uniennes.


Les autres questions et réponses sont le quotidien des dirigeants postaux : encore des milliards de lettres et colis à distribuer, mais la lettre est en chute libre, et les colis en forte concurrence et à faible marge... même si La Poste Suisse a une part de marché des trois quarts.

Ne sont pas évoqués les alliances avec d'autres groupes postaux historiques, telle avec La Poste française sur le courrier international à partir de pays tiers : tapez Asendia sur le moteur de recherche Google de ce blog.

Pour les tarifs courrier, La Poste et l'autorité de la concurrence ont conclu un accord sur ces prix aux clients privés jusque fin 2027... Le journaliste aurait préféré 2030. Le président, comme La Poste en France, rappelle la petitesse du budget lettres postales des ménages, donc le faible impact de l'augmentation...


Autre sujet de friction ciblé par les personnes âgées selon le journaliste : la fermeture des bureaux de poste et leur remplacement par des points postaux au sein de commerces divers et variés. 

La réponse est connue et donc répétée : les mille quatre cents « partenaires » peuvent réaliser les opérations postales et bancaires les plus courantes avec une large plage horaire et en permettant des achats et des services du quotidien au même lieu.

Les six cents « offices de poste traditionnel » restants en 2028, eux seuls proposent des services plus complexes. Après l'exemple danois, il convoque l'exemple allemand : Deutsche Post ferme tous ses bureaux au profit de ses comptoirs postaux en commerces privés.


En conclusion si le journaliste s'interroge sur le passé révolu de dirigeant syndical et membre du Parti socialiste de Christian Levrat, ce dernier se défend comme ses homologues qui ont choisi ce modèle complexe mixte : moins de tournées, de bureaux, mais encore une poste active, se diversifiant vers poste, banque et stockage numérique...

... ou alors que les citoyens réclament les solutions allemandes (distribution seulement), britanniques (privatisation totale) et danoises (plus de service universel, payer le prix réel).

mardi 28 juillet 2026

La France face aux feux de forêts et au changement climatique : du rôle des timbres et du service philatélique

 De nouveau, après l'été 2022, les forêts des Landes de Gascogne connaissent un incendie catastrophique en termes environnementaux et humains depuis le vingt-deux juillet dernier. En 2022, c'était le sud du bassin d'Arcachon ; en 2026, c'est le nord.

Habitants, exploitants forestiers, pompiers, volontaires et militaires font face au refus politicien et médiatique de répondre aux questions : 

- face à des climats qui s'assèchent et se réchauffent en France hexagonale, qu'ont fait les dirigeants pour la prévention et l'équipement à court terme ?

- Face au changement climatique et ses effets sur une forêt artificielle et productive de pins hautement inflammables, qu'ont-ils prévu à long terme ?

« On ne politise pas les feux de forêts ! » est le slogan successif du Premier Ministre, du ministre de l'Intérieur et du président de la République. Comme il ne fallait pas politiser les souffrances et morts des vagues inédites de chaleur de mai et juin 2026 ! L'installation à peu de frais de climatiseurs était alors la solution à court terme, sans envisager qu'en deux mandats, le parti présidentiel n'a pas organisé comment construire l'immobilier neuf et rénover l'ancien pour faire face aux chaleurs estivales aggravées.

Pourtant, en juillet 2024, La Poste faisait son travail d'information du public, probablement sous l'effet de demande politique locale ou nationale d'émissions de timbres-poste du programme philatélique.

Le timbre sur le Canadair de la Sécurité civile, oblitéré premier jour à Paris et, ici, à Nîmes, où se trouve la base de Nîmes-Garons (scan du Document philatélique de Philaposte).

Le cinq juillet 2024, en premier jour, le Canadair était célébré comme outil emblématique de la lutte contre les feux de forêts en France, du nom de l'entreprise canadienne de construction aéronautique qui en a conçu les différentes itérations.

Cet engin capable de voler au ras d'un plan d'eau pour aller en escadrille déposer sa cargaison sur le front du feu pour le ralentir et permettre les interventions des pompiers au sol. Le bruit caractéristique de ses moteurs sont connus de nombreux départements littoraux, particulièrement méditerranéens.

Et, chaque été de grands feux destructeurs, chaque hiver de débat budgétaire au Parlement, son nom synthétise le débat sur l'équipement des pompiers et de la Sécurité civile face à ces incendies. En effet, la flotte des Canadair français est de douze vieillissants, d'une maintenance coûteuse depuis que le modèle n'est plus produit faute de commandes.

Certes, son successeur, une reprise par le canadien De Havilland, est en élaboration, mais pour des livraisons à la fin de la décennie... En attendant, le public tente de comprendre comment les Premiers Ministres, nombreux et successifs du président Macron, en sont arrivés à douze avions dispersés en cas d'été sec.

L'illustration par Mathieu Persan du document philatélique de Philaposte, dont il a aussi créé le timbre (scan).

Comme le climatiseur l'est depuis mai 2026, politiciens, soutenus par les médias économes, jurent que ce n'est pas de leur faute : Canadair a cessé la production, à céder ses plans à d'autres, que le budget de la France est difficile pour dépenser. Mais au pays d'Airbus et de l'industrie aéronautique militaire... ça passe mal, surtout quand les baisses d'impôts et niches fiscales se compte par milliards au bénéfice d'une minorité d'entreprises et leurs dirigeants, sans retour économique apparent pour la majorité des citoyens.

Plus pertinent paraît le discours des états-majors des pompiers et de la Sécurité civile que le Canadair est indispensable, mais pas le seul outil ni stratégie participant de la lutte contre ces feux forestiers. Mais indispensable.

L'illustration que Mathieu Persan a créée pour le document philatélique du timbre Le Canadair de la sécurité civile accompagne bien le propos de Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile : d'autres avions, Tracker et Dash, et les hélicoptères Dragon peuvent eux aussi bombarder d'eau ou de produits retardant la végétation enflammée ou menacée par le front.

... Sans aller jusqu'à l'excès inverse des politiciens et des chaînes d'information continue en pamoison devant un avion de transport A400-M, prévu pour un usage militaire, converti en bombardier de retardant cet été. Au moment d'écrire cet article de blog, il a effectué un unique (utile) vol dans les Landes, le deuxième devant avoir lieu prochainement.

Scan du document philatélique de Philaposte pour le timbre sur le Canadair, premier jour de Nîmes du cinq juillet 2024, illustrations de Mathieu Persan et texte de Julien Marion.

Comme tout, la prévention et la lutte contre les feux de forêts sont un système de moyens, d'actions, prévus longtemps à l'avance et revus encore après.

Ce que nos politiciens et principaux médias ont du mal à concevoir, entre incompétence et malhonnêteté électoraliste.


La forêt est elle aussi un système.

Le timbre Forêt des Landes émis mi-juillet 2024, avec premier jour dans trois villes de Gironde et la préfecture des Landes.

Le même mois de juillet 2024, La Poste émettait un timbre sur la forêt des Landes, dont les textes des documents et notices philatéliques insistaient sur l'histoire, mais aussi la fragilité suite aux feux de 2022, en évoquant explicitement le changement climatique comme un des défis visant cette forêt au vingt-et-unième siècle.

L'illustration de Ségolène Derudder, gravée par Line Filhon, montre bien la domination du pin maritime dans les Landes, et même partiellement sur ces alignements à visée productiviste de leurs plantations depuis le grand chambardement écologique provoqué par l'empereur Napoléon III, dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

Dans l'émission Le Cours de l'histoire du trente août 2022 (rediffusée dernièrement), l'historien Jacques Sargos et le géographe Paul Arnould racontent et expliquent comment, en 1852, un géomètre en chef du cadastre décrit, puis compare, les Landes des deux départements, constatant leur différence de développement économique... La légende a ajouté le voyage en train vers l'Espagne de l'empereur, désolé d'un tel paysage entraînant la misère.

Scan d'une notice philatélique au timbre de la forêt des Landes, avec texte du directeur de Philaposte, offert aux clients du service philatélique fin 2024.

Comme le remembrement des années 1940 à 1970 (ici, là, en BD), l'enforestation des Landes a été un drame social, une opportunité économique pour les grands propriétaires, des industriels liés au bois et à la chimie, et ceux amenant les capitaux. Pas vraiment les bergers sur échasses.

Le pin maritime fut majoritaire en raison des sols et de sa croissance rapide, donc rentable et profitable pour les dits propriétaires fonciers et industriels.

Un siècle et demi plus tard, après une alerte en 1949, cette forêt de résineux d'exploitation suscite ses propres limites.

Un système que politiciens, grands médias et mauvais commentateurs résument à un seul point (juste, mais pas suffisant seul) : la surface à entretenir est énorme, le débroussaillage et la gestion des bois morts (en retirer par sécurité, en laisser par biodiversité) à répéter éternellement même pour de petits propriétaires fiers de leur héritage foncier mais sans assise financière pour les coûts d'exploitation avant coupe et vente. Donc, on accuse les politiciens et associations écologistes d'empêcher cette vidange de végétaux morts dans le but de protéger la biodiversité...

Encore une semaine de feu et d'évacuation et ils accuseront des baigneuses faisant du surf en burkini à Lacanau.


Même le président de la République, l'hypocrite créateur d'une Convention citoyenne pour le climat dont il n'a pas tenu compte (2019-2020), le bullshiteur - digne de Trump - avec son Make the planet great again (juin 2017), n'a pas évoqué le changement climatique lors de sa visite en Gironde hier. Par contre les pronoms l'incluant à la lutte alors que ce sont les habitants et les pompiers qui payent en sueur, larmes, souvenirs d'une vie, et sacrifice mortel.

Comme signalé avec la poste des États-Unis et les timbres qu'elle a émis pour les deux cent cinquante ans de l'Indépendance, la poste française semble tenir une certaine direction honnête et honorable dans son programme philatélique, qui est désormais de la seule signature et responsabilité du Président du Groupe La Poste.

L'actuelle et nouvelle présidente de ce groupe laissera-t-elle Philaposte et sa commission philatélique poursuivre ce travail d'équilibre entre timbre émis, liberté des textes imprimés sur les documents, etc. Ou fait-elle partie des nominations dignes de notre président : n'importe qui de ses alliés pouvant devenir préfet, recteur, etc. ?

dimanche 5 juillet 2026

D'un timbre personnalisé à la liquidation : les librairies Sauramps

Attention aux grincheux et aux collectionneurs de timbres : ceci est un message peu philatélique, assez politique, et optimiste sur la lecture et le livre.


 En juin 2021, les librairies Sauramps de Montpellier créaient avec le quotidien Midi libre un prix littéraire annuel, nommé Habiter le monde, et utilisaient le timbre personnalisé de La Poste française pour en faire la promotion auprès de ses clients, avec renfort par la presse et la direction postale régionale.

Dans le contexte d'alors, c'était aussi un petit moyen de revenus complémentaires pour le nouveau groupe propriétaire depuis 2017.

Vendredi trois juin 2026, le tribunal de commerce de Montpellier a prononcé la liquidation du groupe Sauramps, avec fermeture immédiate de ses commerces à Montpellier et à Alès, dans le Gard. Ce qu'incarne ce timbre a donc échoué.


Le timbre personnalisé du prix littéraire Habiter le monde, vendu aux caisses des librairies Sauramps pendant l'été 2021. 

En 1946 à Montpellier, dans le sud de la France, Henri Sauramps fonde une papeterie-imprimerie à son nom, et c'est son gendre Pierre Torreilles qui a l'idée d'y installer un rayon librairie. Sa croissance en fait, avec peut-être la librairie franchisée Gibert Joseph (qui pratique la reprise de livres d'occasion), la principale librairie indépendante de la ville, alors que les autres petits libraires vivotent ou ferment avant l'an 2000 - souvenir de la Librairie Molière à côté du théâtre.

De la verrière du Triangle où elle atteint toutes les disciplines universitaires, ses nouveaux actionnaires l'essaiment à Alès et gère même la boutique-librairie du musée Fabre - où l'Association philatélique montpelliéraine trouva assez de reproductions de Vue de village sur cartes postales pour les souvenirs premier jour du timbre Frédéric Bazille de février 2017.

Les difficultés arrivent à partir de l'implantation en 2009 au centre commercial Odysseum, un mall à l'états-unienne, et à ciel ouvert avec ligne de tramway intégré, rêvé par le maire Georges Frêche et son urbaniste Raymond Dugrand. Arrêt ludique et commercial sur l'autoroute A9, espoir que les visiteurs passent le même jour de l'espace ludique à l'espace commercial et y fasse même leur approvisionnement à l'hypermarché Casino...

Las ! La librairie et l'hypermarché sont les deux commerces du lieu qui n'ont pas réussi à trouver public et chiffre d'affaires suffisants pour payer le coût de l'emplacement. Sauramps abandonnera, sûrement trop tard, la grande surface louée sur deux niveaux, pour un petit emplacement plus nouveautés et mangas... qui ferme en janvier 2026. Casino fermera définitivement et n'est toujours pas remplacé, le bâtiment n'était pas propriété du reste du centre commercial.

Les déficits d'exploitation apparaissent en 2012, entre loyers d'Odysseum, vétusté de la verrière du Triangle, et bien entendu la jungle du commerce en ligne (jungle, Amazonie,...). Les trois actionnaires principaux tentent de vendre à partir de fin 2016. Après moultes péripéties médiatisées entre repreneurs libraires, c'est le groupe immobilier du montpelliérain François Fontès qui rachète l'ensemble.

Depuis, l'actualité locale était rythmée par les efforts : rationalisation des locaux et renouvellement mobilier, participation continue à la Comédie du livre, relancée avec ce nouveau prix et ce timbre (Montpellier connaît une succession de maires discrètement collectionneurs de timbres : mon résumé de 2020 mériterait un complément pour le mandat suivant).

Mais aussi des décisions tantôt nécessaires, tantôt prises par désespoir, mais toutes relayées dans les médias locaux et très négativement vécues par le public commentateur : fin de Sauramps à Odysseum et retour de la littérature jeunesse dans le magasin du Triangle (fermeture de Polymômes) visaient à faire des économies nécessaires ; la diminution du stock au risque de faire commander plus souvent aux clients pour éviter les invendus est logique, mais difficile pour certains banlieusards et périurbains en voiture individuelle.

Le pire fut la librairie-verrière pleine d'escaliers... Je ne sais pas pour quelles raisons (emplacement-clé, conditions du bail, coût d'un déménagement,...) n'a pas été abandonnée au profit d'un lieu aux normes d'accessibilité et confortables. On a pu parler d'une partie d'un ancien grand magasin, rue Maguelone, entre gare et Comédie, où jadis logea la maison des jeunes... Depuis quelques mois, c'est une enseigne danoise qui y vend de la décoration intérieure à bas prix pour acheteurs compulsifs, selon une méthode suédoise éprouvée, à Odysseum entre autres.

Le dernier soubresaut en 2026 a été la tentative de la direction de faire pétitionner le public pour forcer le propriétaire du magasin à enclencher des travaux. Mais, clients et employés bruissaient de plus en plus fort sur les rayonnages défrichés... et, enfin, la suspension de toute commande dernièrement.

Faute de repreneurs, le tribunal de commerce a donc clos cette histoire quadragénaire, même si maire de Montpellier et présidente de conseil régional espèrent encore...


Mais pour quoi faire ?


La FNAC voisine du Polygone, un magasin Cultura à Saint-Aunès près d'une sortie d'autoroute, et les rayons culture des hypermarchés fournissent déjà nouveautés populaires, bandes dessinées, papeterie (on trouve au centre-ville des papetiers luxueux pour les amateurs).

La librairie Gibert de Montpellier est un franchisé du groupe en difficulté, et donc elle fournit encore et toujours nouveautés à larges spectres, occasions, papeterie, etc. Petits magasins et brocanteurs hebdomadaires proposent éditions épuisées ou historiques, avec disques musicaux et audio-visuels un peu partout une fois par semaine par emplacement.

Contrairement aux années 1990, les petites librairies refleurissent dans le centre de Montpellier, en ciblant la fidélisation d'une clientèle résidente ou travaillant dans la proximité, et la spécialisation thématique. La majorité sont reliées à une des plateformes de libraires indépendants : ici et là qui permettent de savoir si elles ont la référence recherchée en stock ou dans celui de leur distributeur, donc à commander par un coup de téléphone.

 Les généralistes - Le Grain des mots, La Cavale -, les spécialisées telles La Géosphère (voyages, géographie, cultures du monde, question environnementale), Azimuts (bandes dessinées), Le Bookshop (anglophone et café), Fiers de lettres (féministe et alternatives) sont accompagnées d'un nombre de  petites librairies de mangas tout autour du centre historique.

Chacune offre une gamme de lecture importante si on va picorer chez chacune selon ses forces. Certaines proposent boissons chaudes ou fraîches, tolèrent les jeunes lecteurs non acheteurs - mais qui reviendront bien avec le parent solvable, organisent des venues d'auteurs en associant le comité de quartier (La Cavale est lié à la vie du quartier des Beaux-Arts) ou les établissements scolaires voisins.

Et elles n'ont pas peur de la concurrence : une d'entre elles a des boîtes à livres sur son palier !

Sauramps faisait beaucoup et c'est triste de voir fermer, surtout car des professionnels du livre perdent leur emploi dans un lieu qui mettait leurs compétences en valeur. Cependant, dans un capitalisme financier et technocratique débridé, la renaissance des librairies montpelliéraines nuance le sentiment de catastrophe, contrairement à la correspondance écrite... manuscrite et affranchie en timbres.

Espérons pour cette dernière que les actions récentes de l'Association pour le développement de la philatélie et le don de cartes postales dans les magazines jeunesse estivaux (deux pour les abonnés avec le Spirou de ce premier juillet) ou dans les offices de tourisme, n'arrivent pas trop tard.

mercredi 17 juin 2026

La Poste française et la mode de l'intelligence artificielle

 Aujourd'hui, mercredi dix-sept juin 2026, débute le salon VivaTech à Paris. Jusqu'à samedi, le journal économique capitaliste financier Les Échos et l'entreprise publicitaire Publicis organise ce salon professionnel dédié aux nouvelles technologies, avec conférences de grands patrons et dirigeants politiques mondiaux.


Pour donner le ton quête du profit - consumérisme exacerbé - rentabilisation financière du travailleur déshumanisé, voici l'idée-clé du discours de Jeff Bezos, fondateur du magasin en ligne Amazon, devenu groupe de l'invasion informatique du quotidien des consommateurs (dont productions audiovisuelles, santé et armement), et de l'entreprise spatiale privée Blue Origin, visant une installation permanente sur la Lune.

« [L'intelligence artificielle] conduira à des pénuries de main-d’œuvre, parce qu’elle permettra aux individus d’identifier davantage d’opportunités.»

 «Chaque personne dans le public a déjà eu une idée de nouvelle entreprise, de produit ou d’appareil qu’elle aurait voulu fabriquer. Et cette idée est restée dans sa tête, sans jamais aboutir. Car c’était trop difficile à réaliser et que cela n’en valait pas la peine. Si nous parvenons à accélérer la boucle “rêver-construire”, alors nous serons limités non pas par nos capacités, mais par notre imagination. »

Jeff Bezos au salon VivaTech, mercredi dix-sept juin 2026.

Un journaliste du monde signalant que cet argumentaire se conclut par un tonnerre d'applaudissements du public de professionnels et d'investisseurs forcément déjà convaincus.

Qu'en sera-t-il des ressources essentielles à la vie et survie humaine pour réussir ces bonds technologiques ? L'eau, le silicium, la production électrique de tous les ordinateurs, serveurs, puces et cartes-mémoires consacrés uniquement à créer de nouveaux produits à consommer et vendre sans garantie d'utilité morale ?

Vous achèterez en kiosque le dernier numéro de CanardPC Hardware pour découvrir une enquête sur l'économie de la mémoire informatique, formé d'oligopoles étroits depuis les mines de quartz et transformteurs de silicium jusqu'aux producteurs de RAM et disques durs SSD. Ces derniers, connus des joueurs aguerris et des passionnés du dernier smartphone, préfèrent les clients billionnaires développeurs d'I.A. génératives aux concrets besoins quotidiens de travail, de santé et de loisirs de nous simples humains.

Deux graphiques montrent la catastrophe : le prix des kits de barrettes de RAM de dernière génération et celui du SSD principal proposé par Samsung ont doublé brusquement au tournant de l'année 2026.

Donc, l'espoir des journalistes du magazine français : soit que les nouveaux monstres industriels de l'I.A. aboutissent, réussissent (peut-être) et rationalisent les besoins de tous en mémoire informatique, soit que de moyennes entreprises chinoises décident de se projeter sur les marchés grand public visiblement délaissés par les grands habituels.

Je peux admettre que ces algorithmes boostés, avec des éléments dont je ne suis pas spécialiste professionnel, peuvent me paraître pertinent pour des tâches répétitives, scientifiquement contrôlées et des usages très encadrés : aide à la reconnaissance de pathologies sur tests médicaux, codage de parties répétitives en informatique.

En tant que joueur, je n'utilise pas, mais je sais que certains programmeurs développent de petits outils d'IA locaux générateurs de pixels pour alléger le travail de la carte graphique en prédisant la couleur d'une partie des pixels attendus, apportant pour quelques watts locaux un certain confort au joueur ; la carte pouvant ainsi être concentrée sur les calculs plus longs, et surtout, les images à venir résultats des actions en jeu. Mais cela se fait sans modifier le résultat prévu par les développeurs du jeu.


Cependant, en matière postale et philatélique, cette « RAMpocalypse » ou « RAMagedddon » (autre néologisme proposé par le rédacteur-en-chef Ivan Gaudé) peut sembler éloignée des préoccupations des collectionneurs, qu'il soit accumulateur curieux de tout, ou philatéliste étudiant, et même marchand spécialisé.

Évidemment qu'un ordinateur PC ou portable bien entretenu, avec des pièces détachées remplacées, voire un logiciel de fonctionnement Windows trop lourd remplacé par une des bases Linux, avec des logiciels libres de droits, n'a pas besoin d'être coûteusement remplacés et peut être optimisés avec des cartes et accessoires anciens à bons prix.

Néanmoins, les individus que nous sommes se laissent tenter d'utiliser ces nouveaux logiciels entraînés à la prédiction générative de réponses attendues :

- question posée à une des IAgen connues parce qu'on arrive pas à formuler clairement la recherche sur un moteur de recherche habituel, faute de connaître un domaine ;

- ceux qui veulent à tout prix une illustration inédite pour leur blog, publications sociales, etc.

- la reconnaissance faciale d'un timbre inconnu de manière automatisé... au lieu de demander sur un forum ou à un magazine, voire de se procurer un des guides éducatifs de la reconnaissance des timbres publiés au fil du temps par les éditeurs de catalogues de timbres.

La rédaction partielle ou complète d'articles philatéliques a déjà été évoquée et crainte par la rédactrice en chef de The American Philatelist en juillet 2025... mais combien d'exposants ayant mis en forme les légendes de leur collection compétitive, ou leur index de timbres et enveloppes avec une IAgen coûteuse en ressources essentielles et en offrant gracieusement ainsi leurs connaissances à des entrepreneurs et actionnaires, tout en perdant un savoir-faire, une capacité de lecture, d'analyse et d'écriture personnelle ?

Déjà que les titres et contenus de nombreux articles de médias du plus petits au plus grands deviennent tellement similaires et prenant le public et son attention pour des cibles cons... Ce qu'il est peut-être aussi, mais rendus ainsi par le consumérisme capitaliste en recherche de pur profit sans morale.

Je rappellerai aussi à certains que les IAgen proposés au grand public sont des versions gratuites limitées, meilleures si prises d'abonnement, mais bien plus puissantes pour les gros clients ayant besoin de résolution complexe. Ces outils en sont au point que le gouvernement des États-Unis a, en quelques heures la semaine dernière, interdit à Anthropic de rendre disponible la dernière version de ses IAgen à des acteurs étrangers tant qu'il n'aurait pas expliqué son alerte : pour l'entreprise elle-même, ses propres outils sont désormais trop dangereux pour la sécurité informatique nationale - propos qui ont suscité un tollé chez ses ambitieux concurrents, et l'intérêt d'Amazon qui a détourné le nouvel outil quelques heures pour vérifier les failles de ses systèmes informatiques.


Dire que j'ai commencé à jouer à Fallout 4 il y a un mois... J'aurais dû me contenter de revoir les Terminator.


La Poste là-dedans ?

Puisque c'est le titre de cet article amateur, mais comme cela fait quinze jours que je n'ai pas eu loisir de rédiger, je digresse et digresse pour arriver au suivi des publications par les animateurs de communauté en ligne (community manager) du groupe La Poste sur le réseau social BluSky, ce jour d'ouverture de VivaTech - et que les habitués d'autres réseaux aux dirigeants plus ou moins moraux peuvent retrouver ailleurs.

Certes, des prototypes ou réalisations semblent fort utiles : robot porteur de charge lourde pour centre de colis (euh, et au pied de mon immeuble, comment font le livreur et moi ?), panneaux solaires sur casier à colis de rue pour éviter travaux et connexion au réseau électrique collectif, destiné à électrifier les modes de déplacement.

Les collectionneurs de nouveautés râleurs apprécieront que les visiteurs professionnels soient invités à acheter un collector de timbres personnalisés VivaTech... plus cher que leur valeur d'usage postal. Avec les timbres NFT, le stock de clients pigeons s'agrandit pour le plus grand bonheur des épouses et banquiers de philatélistes.


Cependant, l'IAgen s'infiltre et je me demande franchement si cela en vaut la peine, là où algorithme bien programmé par des humains ou bon sens salarié pourraient suffire. À part rentabiliser les serveurs de Docaposte et diversifier le porte-feuille d'activités du groupe fondé sur un courrier moribond ?

Une machine qui apprend à détecter les colis sans étiquette... après nous avoir vendu des centres de tri à caméras tous angles pour lire les code-barres... donc leur potentielle absence. Je veux bien croire que la bestiole sera peut-être capable de remonter le fil du colis pour identifier le véhicule d'arrivée, le lieu potentiel de perte de l'autocollant,... Un peu coûteux en fric et en ressources quand, faute de mieux, pochettes plastiques, gros scotch et adhésif de force suffisent. Environnementalement, ces trois outils ne sont pas idéaux, l'IAgen est-elle franchement meilleure et moins dangereuse pour notre survie.

Côté fête foraine, La Poste propose de défier un robot piloté à l'IA pour placer dans les cases des enveloppes selon l'adresse... Une vidéo montre le ridicule de l'expérience : le cobaye humain, même postier-trieur, a-t-il eu un entrainement de plusieurs semaines sur cette tournée et le meuble à cases ? Ou débarque-t-il face à un bras automate qui a déjà le plan des cases en mémoire sans entrainement, et dont l'IA doit probablement servir à la reconnaissance de l'écriture manuscrite et accélérer de quelques centièmes de secondes le départ de mouvement vers la bonne case... Ce que les automates de tri de La Poste sont censés savoir faire par algorithmes successifs et améliorés depuis les dernières décennies d'automatisation du tri... si vraiment La Poste veut se débarrasser des bras humains habitués des territoires desservis

Sinon, vous avez The Wind Waker dans la série des jeux Zelda pour vous entraîner.

Exemple d'une innovation liée à l'intelligence artificielle du Groupe La Poste : lunettes à caméra et assistance vocale pour facteur en tournée (via BluSky, dix-sept juin 2026).

Enfin, j'en arrive à ce qui m'a fait réagir et imaginer cette rédaction ce matin.

L'auteur britannique George Orwell, utilisé à fond depuis quelques années par tout le spectre politique, grâce aux interprétations variées de son roman 1984 de 1948, imaginant un avenir sombre d'un État totalitaire manipulant la population par le nationalisme, l'amnésie archivistique, l'omniprésence de l'autorité, et en dernier recours la terreur si le dressage et les automatismes échouent.

J'essaie de ne pas employer le titre du roman ou l'adjectif orwellien, mais Henry Ford et les dirigeants de nombreuses polices politiques des années 1930 jusqu'à la Stasi est-allemande auraient commandé des tonnes de lunettes à caméra connectées à un smartphone sur lequel un assistant IA conseillerait le facteur en tournée.

Une des grands marques de lunettes, des fabricants de smartphone avec un partenaire IAgen vantent depuis quelques semaines ces montures à objectif caméra... Un objet connecté aussi invasif que les haut-parleurs à assistant algorithmique ("Siri, quel est le score de France-Sénégal ?", "Alexa, joue la troisième de Beethoven dans le salon.") dont les enquêtes de militants et journalistes ont montré que leur compagnie écoutait (en aveugle a priori) en permanence pour entraîner algorithme de reconnaissance vocale, et peut-être à présent les I.A. en développement.

Quand La Poste montre ces montures aux couleurs jaune et bleu le premier jour de VivaTech, j'ai peur du monde orwellien qui s'annonce, mais que finalement les usagers de la route équipées de caméra à carte-mémoire connaissent. L'aide au facteur face à un problème, sa sécurité filmée au besoin (chien méchant, accident de la route, agression et vol), l'information en direct des livraisons de recommandés, suivis et colis aux expéditeurs et destinataires, seront sûrement les arguments médiatiques phares.

Mais, les postiers et leurs syndicats témoignent, dans plusieurs pays les plus avancés, de l'aspect délétère de la tablette qu'ils portent, remplaçant les formulaires papier de délivrance ou de passage, mais ayant permis de programmer des algorithmes de tableurs calculant au plus juste les tournées : x secondes pour un passage simple devant un casier d'immeubles, y minute pour un recommandé à délivrer, etc. Voire déjà les repérant dans l'espace.

Avec ces lunettes et le mouchard intelligent connecté, on imagine bien les futures scènes dans les bureaux de direction et ressources humaines des centres de tri, en France et ailleurs : qu'a fait untel pendant cette période d'immobilité de x minutes y secondes avec cette vieille dame alors qu'elle n'est pas abonnée payante du suivi à domicile ; pourquoi monter déposer un colis à une personne traînant un respirateur ou une femme enceinte avec un petit de deux ans ; etc.


Bien entendu que certaines directions de La Poste prêtent attention aux facteurs, vitrines du groupe partout sur le territoire national.

Artistes primés, invités thématiques, dirigeants postaux et ambassadeurs des personnels de La Poste, à la fin de la Cérémonie des trophées du timbre, le onze juin 2026, à Paris (diffusion en direct sur Youtube, puis revisionnage à la demande).

Philaposte, en charge de la vente philatélique et de l'imprimerie, fait remettre les trophées du timbre à la fois par des dirigeants du groupe et des employés de terrain, décrits comme « ambassadeurs » de Philaposte dans les régions. Cela relie les facteurs au programme philatélique, et tente de rappeler qu'il y a des bureaux avec spécialisation philatélique, dont les guichetiers forment également d'autres bureaux à la vente de ces produits.

Les comptes sociaux du Groupe La Poste montrent régulièrement des postiers heureux, dans leur bureau, centre de tri, ou en tournée, repris de temps à autre dans les reportages locaux des journaux télévisés tel TF1 dernièrement.

Dans son journal télévisé, la chaîne privée propose des reportages thématiques Leur incroyable bureau. Le neuf juin dernier, une factrice décrite comme chanceuse a été présentée au Cap Ferrat, sur la Côte d'Azur, parmi une concentration de villas de millionnaires. Une excuse pour visiter une des villas historiques plus que la tournée de la factrice qui rencontre soit des gardiens de maison, soit dit devoir attendre le destinataire qui doit traverser l'immensité de la maison et des jardins pour atteindre le portail*... même si la hauteur des clôtures murales et végétales limitent le propos journalistique de travailler en admirant de belles demeures.

Car pendant que La Poste dépense en robots et intelligence artificielle générative, la presse quotidienne régionale rappelle régulièrement l'inquiétude des habitants face à la fermeture de leur bureau (ou à Montpellier-La Chamberte, la non réouverture après les travaux du tramway d'un bureau promis à la rénovation...), des grèves ou alertes aux médias des syndicats sur les conditions de travail, les commentaires des destinataires sur la lenteur du courrier ou le bon de passage colis alors que la personne affirme avoir été chez elle (* Mais a-t-elle une Bentley ?, demanderait TF1), etc, etc.


Oui, je ne suis pas très optimiste sur le monde qui vient... semble être déjà là.

samedi 8 novembre 2025

'12 Letters' : deux mystérieuses boîtes aux lettres dans un drama chinois

 Diffusée en fin d'été 2025 par le service de vidéo à la demande du groupe Tencent, la série chinoise Twelve Letters (十二封信) conte les vies de gens du peuple de villes provinciales du début de l'ouverture économique au début des années 1990 jusqu'à la modernisation et la puissance actuelle.

Comment relier ces deux moments ? Par l'intermédiaire de boîtes aux lettres rouges, au moulage rappelant le modèle traditionnel britannique... qui n'est ni le modèle, ni la couleur de celui de Chine populaire. Quel mystère fantastique permet à un papier à lettre des années 1990 de correspondre avec des inconnus de 2026 ?

L'affiche de la série avec les deux principaux duos d'acteurs reliés par les mystérieuses boîtes aux lettres (tous droits réservés).

À l'ouverture du premier épisode : en 1991, la lycéenne prometteuse Ye Hai Tang écrit fiévreusement une lettre qu'elle poste dans une boîte rouge avant d'aller tenter d'assassiner son père... Le retour en arrière, après le générique, permet de découvrir le contexte de Meiwan, petit ville fluviale tendance tropicale, où le commerce libre permet à Hai Tang de travailler dans une petite librairie, à des gangs de profiter d'opportunités tendancieuses, telle que la récupération des dettes de jeu.

La toute première image de la série de douze épisodes : la ruelle de Meiwan où se trouve la première boîte.

C'est ainsi qu'elle rencontre Tang Yi Xun, un orphelin motivé par cet argent facile, mais que son boss force à finir le lycée au cas où. Et la rencontre fait étincelle à cause de la fameuse vieille boîte postale.

Un vieux chiffonnier et son chat roux tire un chariot contenant la boîte rouge... Est-ce lui qui la dépose ensuite après la gentillesse de Ye Hait Tang (accroupie devant la librairie) ? 
 

Apparue à côté de la librairie, le patron de l'héroïne l'a adoptée pour lancer une animation auprès des clients pour s'écrire à leur soi futur, une occasion de vendre du matériel d'écriture.

Las ! Quand elle tente de récupérer sa lettre désespérée, elle a disparu et a été remplacée par une lettre d'amour triste signé par Tang Yi Xun qui vient à peine de s'inscrire au lycée !

Sous les moqueries de l'élève de parents nouveaux riches, les deux lycéens tentent de comprendre qui manipulent ces courriers malgré le cadenas sur la boîte... sauf si c'est cette dernière... ou ce chat roux qui traine autour autour de minuit...

En 2026, dans une ville industrielle en pleine destruction, un quinquagénaire victime de premiers signes de démence ne veut pas quitter le parc où il a découvert une boîte aux lettres rouge.

L'intrigue des épisodes alterne avec 2026 (oui, notre avenir). À Beixing, un port industriel bien plus au nord du pays, un homme victime de démence s'acharne à casser les chaînes d'un parc pour attendre jour et nuit à côté d'une boîte aux lettres rouge.

La ville - usines, chantiers navals, immeubles et le parc - va être détruite et reconstruite pour suivre la puissance modernisatrice de la Chine actuelle. La fille de l'ancien ouvrier et le jeune vigile se désespère de ce comportement...

L'image-titre en fin de générique.

... jusqu'à ce qu'il disparaisse après avoir déposé une lettre pile à minuit dans la boîte, au moment du miaulement d'un chat roux !

En même temps, un Chinois qui a émigré avec son père au Royaume-Uni revient en urgence à Pushui, dont Meiwan est devenue une banlieue avec la croissance démographique et le développement économique chinois : sa mère restée au pays ne répond plus aux appels et a disparu.

Malgré leur différence culturelle, la fille du vieil homme et le fils émigré vont devoir se faire confiance quand ils découvrent que leurs parents sont liés et qu'une lettre de 1991 aux noms de deux inconnus est apparue dans la boîte de Beixing !?

La bandeau de présentation de la série sur le site Viki.com sur laquelle la série est visible en France et dans certains pays en dehors de la Chine (Ratuken Viki).

Correspondance entre le passé et le futur ? Au hasard ou y aurait-il un lien entre les deux disparus de 2026 et les deux correspondants de 1991 ? Mais quel rapport entre les deux disparus, un anonyme ouvrier du nord et une simple institutrice du sud ?

Le lien postal vise-t-il à aider les personnages passés ou à retrouver les disparus de l'avenir ?

Les enquêteurs d'idéologie réfléchiront aux comportements variés des nombreux personnages face aux évolutions de la Chine communiste s'ouvrant à la mondialisation capitaliste. Mais ceux qui restent sur le chemin socialiste (tendance confucianiste) parviendront-ils à être heureux ?

En 2026, dans une boîte en métal de biscuits, la fille du disparu découvre que son père prenait le train loin vers le sud, une fois par an...

Les collectionneurs apprécieront la boîte à biscuits en métal qui permet de conserver sa mémoire : une lettre sur un papier illustré de correspondance, des tickets de train, des photographies... et l'importance d'écrire (surtout qu'en 1991 le seul téléphone disponible est celui que loue l'épicier).


Pour les chansons qui se répètent au fil des épisodes et des génériques, celle de l'ancien groupe 福禄寿 - FloruitShow), "See You When Spring Flowers Bloom" (春暖花开去见你 - Je te reverrai quand les fleurs écloront au printemps ; 2020) berce l'amour non dit et tendre des héros autour des saisons et des nombres 3 - 30 - 300, dont une version avec paroles en idéogrammes chinois, translittération pinyin, et traduction en anglais se trouve sur youTube.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

mercredi 5 novembre 2025

Sidération en Grèce : fermeture subite de 45% des bureaux de poste

 Découvert grâce au forum du site d'échanges de timbres entre collectionneurs Le Marché du timbre, La Poste hellénique (ELTA) a annoncé le vendredi trente-et-un octobre 2025 la fermeture immédiate de deux cent quatre, soit quarante-cinq pout cent de ses bureaux de poste à travers tout le pays.

Dans le numéro du mardi quatre des Échos, leur correspondant Basile Dekonink témoigne d'un bureau du centre d'Athènes dès le lundi trois novembre au matin : matériel de déplacement du courrier vide, absence d'activité, un message scotché indiquant de ne pas utiliser les boîtes aux lettres.

À Pramanta, une municipalité du sud de l'Épire (1 700 habitants sur 69 000 km²), le journaliste raconte la surveillance menée par des habitants pour empêcher le déménagement du matériel.

Côté politique, l'association des communes de Grèce hurle à l'absence de communication et de préparation des élus, des commerces et des habitants à cette décision brutale. Pour les classes populaires urbaines, dans les communes de montagnes et des îles, la poste c'est aussi la banque, le centre de paiement des impôts et des taxes, et un point de reconnaissance des touristes.


L'article donne évidemment des statistiques connues des postes européennes : ELTA gère dix pout cent du courrier comparé à il y a dix ans. Les bureaux fermés constitueraient dix pour cent de son activité pour cinquante pour cent des coûts d'exploitation.

L'histoire économique et financière de la Grèce est connue comme point de départ en 2010 de la crise des dettes publiques de la zone euro, dans la foulée de la crise des prêts immobiliers pourris aux États-Unis en 2007-2008, les banques et fonds de placement ayant besoin de retrouver rapidement des liquidités face à des propriétaires états-uniens incapables de rembourser leur maison.

Quinze ans après les chocs économiques et sociaux subis par la population grecque, sous le regard méprisant d'une partie des dirigeants de l'Union européenne (Allemagne et France pas dans les derniers), La Poste hellénique a donc décidé de résorber son déficit annuel par une restructuration de ses bureaux.


Ce n'est pas la première fois que, face à la libéralisation du service postal, face au double langage des politiciens ou des consommateurs (incompétents caricaturés - indispensables pour les services et dans les zones peu rentables), les dirigeants d'un service postal historique décident de résoudre le problème d'eux-mêmes.

De la fin du service universel danois fin décembre 2025 à la privatisation totale de Royal Mail devenu une filiale d'un groupe logistique coté aux Pays-Bas, et la litanie pourrait continuer...

En France, quand les dirigeants auront dépassé les élections municipales et sénatoriales de 2026, voire compris comment légiférer et gouverner en régime parlementaire (avec un président moins royal), peut-être sera posé le périmètre du service universel, les obligations de La Poste, mais aussi en conséquence nécessaire celles de ses concurrents privés.


Compléments à venir : 

Le temps de lire quelques articles et de comprendre les enjeux, le plan de fermeture est stoppé, le président de ELTA a démissionné, les députés sont vent debout, mais le ministre grec de l'Économie a rappelé quelques réalités à ses collègues politiciens.

samedi 20 septembre 2025

Donald Trump déteste le courrier, épisode 2025

 L'actuel président des États-Unis est connu pour ses critiques acerbes contre la rentabilité (ou son manque) de l'opérateur postal historique, l'United States Postal Service (USPS).

Au cours de son premier mandat (janvier 2017 - janvier 2021), il avait condamné la faiblesse de la rémunération versée par Amazon à l'USPS pour les livraisons des derniers kilomètres en milieu rural.

Le maître général des postes, Louis DeJoy, choisi par le conseil d'administration sous pression en juin 2020, perturba gravement le fonctionnement de la filière courrier dans les semaines précédant l'élection présidentielle de novembre : enlèvement de milliers de boîtes aux lettres, interdiction des heures supplémentaires, envoi à la casse de machines de tri grande vitesse, etc. L'action des comités du Congrès et une enquête de l'Inspecteur général de l'USPS forçèrent DeJoy à repousser la poursuite de cette politique à après l'élection, puis à l'abandonner totalement en octobre...

Sous surveillance pendant la présidence Biden, DeJoy a démissionné en mars 2025 après avoir implanté des changements pour améliorer la rentabilité avec des conséquences sur la qualité du service.

Caricature de Jimmy Margulies pour The Washington Post, le trois septembre 2025 (page Opinions du journal sur Instagram). 

Son successeur, toujours sous la pression du président, est comme DeJoy un administrateur d'un concurrent de l'USPS, mais n'a pas encore fait la une des journaux.

Pas comme Donald qui a fait publiquement savoir que son grand ami, Vladimir, lui a conseillé en août 2025 d'abolir le vote par correspondance, une modalité que l'homme d'affaires a toujours détesté, surtout depuis l'élection perdue de novembre 2020.

Aux États-Unis, le vote postal ou celui aux bureaux de vote avant le jour des élections générales se justifient par plusieurs causes historiques et sociales. D'abord, le Jour de l'Élection (Election Day) a toujours lieu le mardi qui suit le premier lundi du mois de novembre, donc un jour ouvrable dans un pays économiquement libéral : toutes les entreprises ne sont pas forcément assez civiques pour libérer leurs salariés.

Ensuite, l'immensité des États ruraux, le vieillissement démographique, l'inscription dans son État natal alors que sa vie universitaire et professionnelle se trouve dans un autre.

Le vote par correspondance et le vote à l'avance sont ainsi devenus majoritaires par commodité : entre septembre et novembre 2020, 65,6 millions d'électeurs ont choisi la voie postale pour 158 millions de votes enregistrés à l'élection présidentielle ! Ajoutés les votes à l'avance, la majorité des électeurs avait voté avant le trois novembre 2020.

Évidemment, depuis 2020, l'échec électoral autant que la fortune des dons reçus directement par Trump* a incité gouverneurs, députés et associations d'électeurs républicains à l'échelle des cinquante États fédérés à rendre plus difficile l'accès au vote par courrier... par des mesures non traditionnelles voire vexatoires.

*Le mouvement-slogan Make America Great Again a permis à Donald Trump de devenir le patron à la romaine, le parrain à l'italienne, etc. de l'ensemble du Parti républicain et de ses composantes locales. Les électeurs moins politisés avant MAGA dirigent leur don plus spontanément vers les fonds électoraux de Trump que ceux du Parti et de ses candidats.

Ainsi, depuis 2020, c'est un concours au républicain qui trouvera la mesure la plus nocive au vote postal, voire au vote des électeurs jugés trop dangereux pour la droite :

- présentation d'une preuve officielle d'identité avec photographie dans un pays anglo-saxon typique où la carte nationale d'identité n'est pas obligatoire et vue comme une tentative de contrôle de l'État ;

- preuve qui doit porter la même identité que l'acte de naissance, risquant d'écarter les personnes transsexuelles et... les épouses ayant pris l'usage du nom de leur mari, et pas été informée qu'il aurait fallu faire ajouter leur nom de naissance à la réinscription sur les listes électorales et sur la pièce d'identité utilisée ;

- oubli de communiquer largement les nouvelles règles, en particulier, vers les populations trop démocrates : les Afro-Américains dans les États esclavagistes-ségrégationnistes du Sud ;

- obligation de justifier la cause du vote postal ou en avance, avec évidemment, limitation croissante de la liste des possibilités, etc.

Voilà pourquoi les partis politiques et des associations civiques font le tour de certains quartiers pour rappeler les enjeux des élections, mais aussi aider les électeurs à se réinscrire correctement. Il y a infiniment peu de fraude par les électeurs aux États-Unis, la confiance se joue par l'adéquation information de la liste électorale, parole et preuve présentés par l'électeur (la carte de Sécurité sociale n'a pas de photographie).

Comme au temps de la ségrégation dans le Sud, ce sont les autorités malhonnêtes en amont et le stress imposé aux assesseurs au moment du décompte par les surveillants du Parti républicain le risque que des votes soient exclus.


D'où le choix du dessinateur de presse, Jimmy Margulies, pour le Washington Post le trois septembre 2025, de représenter ces manœuvres validées par le président russe avec une retraitée afro-américaine, endimanchée pour réaliser ce geste civique, acquis après souffrances et violences par les colons des Treize Colonies, les esclaves et les femmes,...

... et menacée par un char de la Garde nationale d'un des États républicains ou fédéralisée par Trump pour lutter contre le crime dans les grandes villes : Los Angeles (troubles causés par sa police masquée contre l'immigration), la capitale fédérale (où la criminalité est en baisse pourtant), avec menaces ces jours-ci contre Chicago et Memphis.

La protection quasiment sacrée accordée au secret de la correspondance écrite, et le choix des électeurs de voter pour qui ils veulent comme ils le souhaitent, sont actuellement menacées aux États-Unis.

Un domino de plus y tombe sur le chemin rapide vers la dictature.



Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

P.S. : oui, j'ai depuis longtemps rayé ce pays de mes rêves de voyages à cause de la présence des armes à feu en vente libre et une tolérance à l'intolérance assez douteuse dans une partie de la population.

mercredi 2 avril 2025

La générosité philatélique incroyable des Coréens

 Évidemment, le commerce étant le commerce, j'ai payé au prix affiché et dû la totalité de mes achats en Corée du Sud, lors de mon séjour en juillet 2024. Mais, en plusieurs endroits principalement liés à la philatélie, à l'art et la réception des touristes, j'ai eu des cadeaux-surprises.

Voici le plus surprenant.

Carte postale lié à l'exposition philatélique nationale de juillet 2024.

Le premier après-midi à Séoul, le mardi vingt-trois juillet 2024, j'ai visité l'exposition philatélique nationale organisée par la fédération nationale et Korea Post. C'était l'avant-dernier jour et, le temps de revoir, triturer et classer photographies et souvenirs, cela fera l'objet d'articles sur toutes les animations présentes pour attirer un nouveau public ou faire dépasser du bureau de poste et de l'artiste en séance d'autographe les collectionneurs aguerris.

Zoom du timbre et de l'oblitération du vingt-quatre juillet 2024 d'un timbre au drapeau traditionnel coréen.

La surprise survint le lendemain mercredi, lors de ma visite matinale au bureau de poste situé au sous-sol du siège social de Korea Post - oui, là, où j'avais pris en photographie la boîte aux lettres numéro 1 la veille sur le chemin du retour vers mon hôtel.

Grâce à une employée ayant du métier dans « le philatéliste » [surtout ne parlant pas coréen] qui ne vient pas que pour acheter un timbre d'affranchissement, sa collègue me surveilla explorer le classeur à timbre-poste pour collecter ce qui me plaisait.

Carte postale lié à l'exposition philatélique nationale de juillet 2024.

Là, un autre client, philatéliste coréen, arriva et acheta des dizaines de petites valeurs de complément pour l'étranger. Une fois son achat payé, il engagea avec moi la conversation en anglais. Lorsqu'il me conseilla d'aller à l'exposition nationale, et que je lui indiquai l'avoir visité la veille...

... il prit dans son large paquet de cartes postales deux d'entre elles et me les offrit !

Sans souci de prix, d'échange postal en me laissant une adresse. Le seul plaisir d'offrir.

La veille, ce fut les jeunes vendeurs de Korea Post qui m'offrirent un porte-clé ; à plusieurs reprises des illustrateurs - nombreux dans leur petite boutique dans des quartiers anciens - qui ajoutèrent un ou deux objets illustrés à mes achats ; les deux vendeurs de la boutique au sommet de la tour de télécommunications qui m'offrirent des timbres de cent wons pour le tarif de la carte internationale et m'éviter de placer deux timbres pour beaucoup plus, etc.

Sur le sujet du timbre, de l'oblitération et ceux des cartes postales, ça attendra un autre article.

lundi 31 mars 2025

La valise de l'étudiant kényan est un colis comme un autre

 À en croire une annonce sur les réseaux sociaux, des vacances scolaires et universitaires approchent au Kenya puisque la poste du pays propose son service de transfert de bagages.

La publicité de Posta Kenya sur son transport de bagages ciblant les lycéens et étudiants, postée sur le réseau social X, le mercredi vingt-six mars 2025.

Serez-vous l'étudiante A qui va traîner sa valise à roulettes dans les moyens de transport et les gares et stations du pays ? Ou l'étudiant B qui aura confié sa valise à Kenya Posta, officiellement Corporation Postal of Kenya, pour qu'elle arrive comme un colis postal de moins de cinquante kilogrammes vers un des quatre cents bureaux de poste de son choix.

Quatre cents si j'en crois le paragraphe sur les colis postaux du site pour un pays aussi grans, il va quand même y avoir du traînage de bagages selon l'éloignement du village par rapport au point postal le plus proche.

Prix annoncé : six cents shillings, soit 4,30 euros.

En juin 2022, cinq cents shillings à Nairobi permettait une journée de repas, deux jours à partir de sacs de riz et de pommes de terre comme base.

Selon le budget disponible et la destination de l'étudiant, confier sa valise à la poste est-ce une économie ou un luxe par rapport au coût du bagage en train, car ou taxi-brousse ? Une sécurité avec assurance en cas de perte ou vol : pas de bagage à surveiller lors des arrêts-pause ou si on s'endort pendant le voyage ?

Oui, je ne vis pas au Kenya, donc je n'ai pas idée.

Par contre, ce service devient une des propositions des postes africaines pour diversifier leurs activités et revenus. La poste de Côte d'Ivoire propose déjà ses camions pour les déménagements, alors pourquoi ne pas s'assurer du taux de remplissage des wagons et camions postaux avec les bagages des lycéens et étudiants du pays ? Et qu'eux et leurs familles rendent aussi visite au bureau de poste ou relais postal pour y (re-)découvrir les services proposés ?

mardi 25 février 2025

Igor Smelyansky poursuit sa mission de développement de la poste ukrainienne

 Dès les premiers jours de l'agression russe contre l'Ukraine, Igor Smelyansky était une des cibles à abattre et est devenu un caillou dans la chaussure de la communication poutinienne : à la tête d'Ukrposhta, il a réussi à maintenir le réseau postal public, tout en assurant la mission qu'il avait reçue à sa nomination, moderniser son appareil et le rentabiliser dans un pays connu pour la corruption de certains dirigeants d'alors.

Le dirigeant d'Ukrposhta a rendu hommage aux employés tués pendant la guerre d'agression russe, le vingt-cinq février 2025 (via son compte X).

Entre son compte très politique sur Twitter/X et l'annonce des offres commerciales sur Instagram, il a su parler aux Ukrainiens, particuliers, pensionnaires et entrepreneurs, pour leur montrer que les postiers restaient disponibles partout où l'Armée Z n'avait pas le contrôle.

Et aussi, à l'étranger, par les timbres moquant les coups d'éclat militaires ukrainiens et la continuité des exportations du pays, faire savoir que nous pouvons continuer à soutenir ce pays par nos commandes.

Au siège de la poste ukrainienne, des panneaux honorant les postiers morts en service depuis février 2022 (via son compte X).

Et cela au prix des risques pris par les postiers à bord de leurs voitures et camionnettes blanches et jaunes - indiquant clairement l'aspect civil. Smelyansky a documenté les véhicules criblées de balles ou touchés par un explosif, les bureaux de poste dévastés...

En novembre 2024, il assiste à la réouverture de bureaux dans les parties non occupées de la région de Donetsk, ici à Pokrovsk (via son compte X).

... et la remise en place du service le plus vite possible : réparation des locaux si les dégâts sont réparables, installation de bureaux-conteneurs s'il le faut. En novembre 2024, au plus près du front, dans la région de Donetsk, il faut que la poste d'Ukraine donne le change aux bombardements russes. Il annonce la réouverture de deux emplacements.

Certes, en communication de guerre, les silences sur d'autres lieux indiquent l'immense recul avec la conquête du sud de l'Ukraine et son annexion immédiate à la Fédération de Russie.

Début février, annonce que le tri des colis postaux est automatisé à cent pour cent (via son compte X).

Et, malgré ce contexte hostile, Igor Smelyansky parvient également à faire aboutir son contrat d'embauche initial : transformer la poste ukrainienne en une entreprise logistique et de service public rentable par elle-même.

Le quatre février 2025, il annonce ainsi qu'Ukrposhta trie désormais automatiquement tous les colis qui lui sont remis, diminuant les besoins humains dans les centres et accélérant leur livraison le lendemain autant que possible - justement là où l'humain est nécessaire.

Du passé au présent à l'avenir d'Ukrposhta, première image (via son compte X).

Et, apparemment, il compte sur l'humain postal - les postiers et facteurs - pour poursuivre le développement de l'entreprise, comme il le développe dans un message en anglais, le six février 2025.

Le contexte bancaire national compte : depuis septembre 2024, la Verkhovna Rada, l'assemblée nationale ukrainienne, débat de la loi 12044 sur l'inclusion bancaire ; les crises successives mondiales de 2008, internes et russes depuis 2014, ont conduit les grandes banques ukrainiennes à fermer des agences et à réduire l'accès matériel et humain de la population aux services bancaires.

Smelyansky compte sur cette loi pour poursuivre son travail en transférant une des banques nationales au sein d'un groupe Ukrposhta :

- faire que les services financiers et bancaires atteignent toute la population : boîte aux lettres, internet, et même service humain à domicile pour les personnes n'ayant pas les moyens de se rendre à une agence ou ne souhaitant pas confier cela.

- permettre d'économiser 2,6 milliards de hryvnia (UAH) à l'État, ce qu'il dépense chaque année pour la remise des pensions, et ainsi atteindre 5 milliards d'économie en trois à cinq ans, grâce à un groupe public coordonnant poste et banque.

- et, avec l'informatique embarqué des agents et le serveur des agences, permettre hors-ligne les services, donc en zone rurale ou près des zones de combat empêchant la connexion aux réseaux de télécommunications.

Du passé au présent à l'avenir d'Ukrposhta, deuxième image (via son compte X).

Sur le deuxième panneau, il indique l'ensemble des acteurs qui bénéficieront d'Ukrposhta Bank : 

- atteindre cinq millions de retraités et de pensionnés, y compris en leur livrant médicaments et nourriture (ce qu'Ukrposhta réalise actuellement dans les régions proches du front).

- passer des transferts des exilés à l'aide aux populations restées ou de retour dans les territoires libérés en rétablissant immédiatement les services postaux et bancaires simultanément. Là, les transferts de la famille exilée ou les prêts d'urgence pourront être disponibles immédiatement aux familles libérées.

- développer le paiement des factures des biens essentiels en zone rurale et de guerre, trop risquées pour les banques traditionnelles.

- permettre à la poste qui gère la livraison intérieure et la transmission internationale des colis d'offrir une solution de e-commerce complète jusqu'à dix millions de consommateurs ukrainiens et plus de quatre-vingt mille commerçants du pays utilisant les plateformes occidentales.

Annonce en ukrainien sur Instagram concernant les colis Ukraine vers États-Unis (via son compte Instagram).

Et, commercialement, le président d'Ukrposhta joue de l'actualité pour rassurer les Ukrainiens, en particulier ceux qui vivent et survivent des exportations.

Le sept février dernier, sur Instagram, tout en se moquant du Mémorandum de Budapest de 1994 et de la parole des présidents des États-Unis, et face aux éructations de Trump sur les taxes douanières, il annonce la baisse jusqu'à cinquante pour cent de l'affranchissement des colis ponctuels de dix à trente kilogrammes à destination des États-Unis, en mode EMS, le service express commun à de nombreux opérateurs membres de l'Union postale universelle.

Il donne ainsi un exemple en lien avec les plateformes Amazon et Etsy : un entrepreneur, une petite ou moyenne entreprise ukrainienne pourront ainsi envoyer plus de marchandises en stock aux entrepôts de ces plateformes pour un coût postal moindre...

... et améliorer ainsi leurs marges sur les ventes à partir d'un entrepôt localisé aux États-Unis.

Feuille de timbres pré-personnalisés caricaturant le Mémorandum de Budapest de 1994.


Attention néanmoins aux collectionneurs de la thématique ukrainienne en résistance : en plus du programme officiel, Ukrposhta utilise son service de timbres personnalisés pour marquer des événements que nombre de postes membres de l'Union postale universelle pourraient trouver malaisants sur leur courrier entrant.


"make russia small again", dernière émission pré-personnalisée d'Ukrposhta, le vingt-cinq février 2025.

Suivi bien l'actualité de la boutique web de la poste car ces feuillets-là coûteront bien plus cher chez les revendeurs ukrainiens, habituellement raisonnable sur les émissions récents et les packs avec cartes postales et premier jour.