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samedi 5 juillet 2025

La Namibie, heureuse d'être membre des Nations unies

 Il y a quatre-vingts ans, le vingt-six juin 1945, la Conférence des Nations unies sur l'Organisation internationale se terminait, à San Francisco, par la signature de la Charte fondatrice de l'institution par les représentants de cinquante États, plus la Pologne rapidement ensuite. Le premier janvier 1946, la première Assemblée générale eut lieu à Londres, quelques semaines après la ratification par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et une majorité des signataires.

Timbre de Namibie des quatre-vingts ans de l'Organisation des Nations unies, avec oblitération premier jour de Windhoek (boutique web de la poste namibienne).

Le nom officiel de la conférence rappelle que le nom de l'alliance contre l'Axe composé de l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste et l'Empire du Japon fut « les nations unies » d'après la déclaration des Nations unies du premier janvier 1942, signée à Washington, lors de la conférence Arcadia par les États-Unis d'Amérique et le Royaume-Uni.

Rapidement, une quarantaine d'États et de gouvernement en exil l'adoptèrent faisant ainsi promesse d'une guerre totale sans paix séparée contre les forces de l'Axe. De ces discussions fut tiré le nom de la future organisation diplomatique internationale : l'Organisation des Nations unies.

Las ! L'ONU a toujours été aussi forte que la volonté de ses membres, en particulier les deux super-puissances puis le petit groupe des puissances dotées de l'arme nucléaire... Et le court espoir occidental des années 1990 s'est confronté aux réalités des puissants à toutes les échelles et en de nombreux points du globe.

Par contre, la Namibie rappelle que l'Organisation en elle-même et ses États-membres ont réussi quelques avancées, comme la décolonisation du Sud-Ouest africain allemand confié à l'Union sud-africaine sous un mandat de la Société des nations... et dont le régime d'apartheid ne voulut pas rendre aux populations leur droit à l'auto-détermination.

Néanmoins, comme indiqué sur le timbre en-dessous du logotype de l'anniversaire, le siège de l'ONU fut le théâtre de plusieurs actes vers l'indépendance namibienne :

- le chef herero Hosea Kutako trouva dans l'organisation le lieu pour pétitionner en 1946 contre le mandat sud-africain, ce qui aboutit au vote en 1969 par le Conseil de sécurité de la résolution 269 déclarant illégale l'occupation sud-africaine.

- Avec l'indépendance des autres nations du continent - et sûrement les non-alignés et les régimes communistes - et leur participation aux Assemblées générales, le mouvement qu'il co-fonda, l'Union nationale du Sud-Ouest africain (SWAPO) fut reconnue en 1976 comme le seul représentant du peuple namibien.

- Si le timbre évoque la résolution 435 du Conseil de sécurité ayant forcé l'Afrique du Sud à accepter l'organisation d'élections libres et pluralistes en Namibie en 1989 sous la supervision d'une mission onusienne, ladite résolution fut votée en 1978 !

- Ainsi, le timbre relie l'ONU avec l'indépendance de la Namibie, le vingt-et-un mars 1990, et son adhésion à l'organisation le vingt-trois avril suivant.


Le timbre permet l'affranchissement de la carte postale. Il est vendu à l'unité 11,80 dollars namibiens (NAD ; environ 0,57 euro), en bloc de quatre avec mentions de contrôle d'impression (47,20 NAD) ou en feuillet entier de dix (118 NAD).

Par contre, le timbre sous toutes ces formes et même en enveloppe premier jour est épuisé en ce samedi cinq juillet 2025 : petit tirage, succès local ou international,... ?

vendredi 11 juin 2021

La Grande Guerre de l'Afrique "neutre" à la nouvelle Pologne

 La Première Guerre mondiale et ses conséquences sont une mine de collections et d'études philatéliques et postales, en partant déjà de l'expérience vécue par les soldats des deux camps et discernable dans leur correspondance personnelle.

Côté géopolitique, les modifications de frontières inspirent les historiens postaux en quête des surcharges et création d'outils postaux de fortune des nouveaux États. Mais, n'oublions pas les guerres coloniales en Afrique et en Océanie pour prendre possession des territoires allemands.

Une note : un nouveau Libellé « Première Guerre mondiale » pour les articles évoquant causes, faits et conséquences de la Grande Guerre ; l'ajout sera progressif.


Le numéro de juin 2021 du London Philatelist propose ces deux aspects.

Par une introduction efficace avant la description d'éléments de leurs collections ville par ville (timbres, cartes et enveloppes), Julian Auleytner et Stefan Petriuk expliquent l'origine des émissions locales polonaises de l'armistice du onze novembre 1918 jusqu'au cours de l'année 1919.

L'établissement de la Pologne indépendante fut immédiate puisque les Empires allemands et austro-hongrois avaient posé les bases d'un royaume de Pologne sur les territoires pris à l'Empire russe. Mais, sur le terrain, la « polonisation » pour reprendre un terme de l'article du système postal dut faire avec les éléments immédiatement disponibles : timbres et tampons des trois anciennes puissances impériales.

Cette introduction est à lire puisqu'elle conte ensuite comment cette collection a évolué entre pratique de collectionner des timbres isolés par décollage du courrier ou la vente de masse avec oblitération en 1921 quand l'État polonais recherchait des fonds, auxquelles s'ajoutent les destructions de bâtiments, et donc de collections, en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. Plus les faussaires...


En Afrique, les collectionneurs de timbres connaissent les surcharges belges, françaises et britanniques au Togo, Cameroun, et Ruanda-Urundi.

Là, Philip E. Parker et Peter Vogenbeck raconte un épisode sidérant : comment une carte postale d'Angola pour l'Allemagne de novembre 1916 témoigne d'un conflit dès 1914 entre le Portugal neutre et l'Allemagne sur leur frontière entre dirigeants de l'Angola du premier et ceux du Sud-Ouest africain (actuelle Namibie) du second.

L'épisode paraîtrait impossible... sauf après l'invasion de la Belgique et du Luxembourg neutres par l'Allemagne. Le gouverneur portugais à Luanda est donc inquiet, expulse les nationaux allemands et rapproche des troupes vers la frontière méridionale.

Pour éviter un front supplémentaire - les troupes allemandes combattent, dès août 1914, celles de l'Union sud-africaine, un commissaire de district allemand est envoyé au Fort Naulila, au sud de l'Angola, pour négocier des relations postales, commerciales, bref pacifiques, avec les Portugais.

Cependant, croisant une patrouille portugaise, lui et ses accompagnants sont tués le dix-neuf octobre 1914 ! En réchappe un supplétif indigène qui rejoint la colonie allemande, un traducteur danois et un soldat allemand faits prisonniers... par un pays qui n'entre en guerre officiellement qu'en mars 1916 du côté de l'Entente. Cela provoqua tout de même une bataille et victoire allemande, à Naulila, qui isola définitivement le Sud-Ouest africain de l'Angola neutre.

L'article se poursuit avec les vestiges de courrier témoignant de l'existence de ces prisonniers de guerre allemands détenus par le Portugal, avant comme après son entrée en guerre.


À noter que ces deux articles reposent et leurs auteurs insistent sur l'entraide directement avec des philatélistes germanophones, en plus de l'emploi de sources polonaises et portugaises.

Cela accompagne des nouveautés au sein de la Société philatélique royale de Londres et de son journal The London Philatelist afin que membres et lecteurs puissent communiquer leurs spécialités de collection, questionnements, recherches et préparation d'exposition en cours afin de communiquer entre eux et de s'entraider.

samedi 11 février 2012

Madiba, semeuse sud-africaine

Aujourd'hui, pour les vingt-deux ans de la libération de Nelson Mandela de prison, son deuxième successeur - aussi indigne de Madiba que le précédent - a dévoilé à la presse les prochains billets de banque d'Afrique du Sud.

La coupure de cinquante rands
et le portrait qui apparaîtra sur toutes les coupures
(GlobalPost.com).

Le grand-père de la nation sud-africaine - loin d'être un saint, mais immensément moins politicard que ses contemporains - cotoyera les grands animaux qui ornaient la série de billets de 2007. La msie en circulation devrait avoir lieu pendant l'année 2012.

L'« humble geste », d'après l'expression de Zuma, a tout de même provoqué une alerte dans le milieu financier sud-africain : en raison de la surprise souhaitée, la presse n'avait pas été informée de la raison de sa convocation à la Reserve Bank. De mauvaises nouvelles ont pu être imaginée...

Les billets en rand d'Afrique du Sud (ZAR) sont utilisables au Lesotho et au Swaziland dans le cadre d'un accord monétaire, même si les monnaies nationales circulent également. Néanmoins, le lilangeni et le loti, ainsi que le dollar de Namibie, ont une valeur d'échange lié au rand.

Le cas du Zimbabwe de Mugabe (oïe, dans l'enfer des politicards... ceux des Français sont finalement des anges de vertu) est intéressant puisque ce pays ne dispose plus de monnaie nationale depuis 2009. La plupart des grandes devises sont désormais utilisées, notamment le rand du voisin.

samedi 1 décembre 2007

En majesté (2)

Toujours Élisabeth, alors princesse, avec sa sœur Margaret, sur une des émissions pour le voyage de la Famille royale en Afrique australe en 1947.

La série d'Afrique du Sud se présente sous plusieurs formes :
* trois timbres : le roi George VI en uniforme, le roi en costume de ville avec sa femme, les deux princesses, le tout avec légende en anglais ;
* idem avec légende en afrikaan comme ici ;
* les deux séries précédentes surchargées « SWA » pour être utilisées dans le mandat du Sud-Ouest africain, ancienne colonie allemande et futur Namibie.