samedi 29 octobre 2016

Mise en contexte du collectionneur britannophile par la série télé

Dans les deux mois à venir, deux séries télévisées vont venir peindre ou caricaturer la monarchie britannique sur les petits écrans - du téléviseur grand écran jusqu'au téléphone portable. La fin d'une longue attente non philatélique.

The Crown (Netflix)
Le vendredi quatre novembre, le service de programmes à la demande Netflix proposera les dix épisodes d'une heure chacun de la première saison de The Crown de Peter Morgan, la couronne, biographie de la Reine Elizabeth II.
L'héroïne parviendra-t-elle à assumer ce rôle héréditaire ? Son peuple connaîtra-t-il - au moins pour le chef de l'État - six décennies sans changement ? La série montrera-t-elle la dure vie de la « Britannie d'en bas » tout au long de ce règne ? (Netflix, capture d'écran de la vidéo Behind Closed Doors, posté le onze avril 2016 sur youTube).
Le projet compte six saisons et la diffusion par un des nouvelles entreprises de la diffusion audio-visuelle, peu lié aux fluctuations de l'audience au jour le jour mais à la croissance des abonnements et à la vente de produits dérivés, peut garantir sa réalisation complète.

Après des premières bandes-annonces en janvier dernier, Netflix a accéléré la diffusion de nouveaux appâts sur youTube, autant d'extraits, de commentaires d'acteurs (Claire Foy royale, Matt Smith princier et John Lithgow primeministrier) et des grands principes qui vont animer l'intrigue : deuil, devoir et oncle en embuscade, la Couronne face au Gouvernement en période électorale, le mari à l'ancienne devenu vassal, la sœur qui veut elle aussi se marier par amour, et toute rivalité qui permettra d'animer et romancer l'histoire.

The Royals (E!), troisième saison.
Du côté de la chaîne états-unienne de l'actualité des stars et du show business, E!, c'est la troisième saison de The Royals, de Mark Schwahn, qui s'approche à partir du dimanche quatre décembre.
Photographie officielle qui clôt l'introduction en trois épisodes de la série en mars 2015 : ils ont l'air si respectable (site du diffuseur E!).
Avec ses gros sabots d'Hamlet sous drogues dures, sauce télé-réalité, violence et complots. L'oncle Cyrus ne semble pas avoir renoncé au trône - et ils sont plusieurs à lorgner sur la couronne - malgré la résolution du meurtre du malheureux honnête Roi Simon et le lync... pardon spoil... divulgâcheur, jugement qui a suivi.

Et dans l'une des bandes-annonces, la Reine-Mère ne craint pas de proposer aux révoltés états-uniens de rejoindre la Couronne pour mettre fin à la difficile élection présidentielle en cours :p

Par contre, sauf quelques rares épisodes comme dans les deux premières saisons, le peuple et sa vie quotidienne sont loin des préoccupations des personnages. Quoique la Première Ministre avait montré une certaine force de caractère.

The Real Ones (n'importe quel média)
En effet, quel rêve de scénariste de représenter les tensions passées d'une famille placée dans le devoir d'être publique en permanence ou de caricaturer à l'extrême ses affres... qui, avec le recul, sont communs à de nombreuses familles.
Le couple royal devant l'émission de l'anniversaire lors de la visite du centre de distribution de Windsor, le mercredi vingt avril 2016 (photographiée publiée par le journal sud-africain The Citizen).
Les photographies aux arrières-petits-enfants (une a donné le bloc philatélique, l'autre a orné les magazines) diffusés pour le quatre-vingt-dixième anniversaire de la Reine, au printemps dernier, sont tout de même plus sereines...

... mais il est vrai que les protagonistes des deux séries n'ont ni atteint l'âge de sagesse (septante et plus ?) tout en oubliant temporairement l'âge de raison dans la course au pouvoir.

Proposition de lecture :
en anglais, mais sûrement que les éditeurs de manuels de poche tel Que sais-je ? possèdent un équivalent : le professeur de politique et député travailliste (1992-2010) Tony Wright a écrit British Politics dans la collection « A Very Short Introduction », aux Presses universitaires d'Oxford (première édition en 2003, complété en 2013, £7.99).

Les relations entre les pouvoirs au Royaume-Uni et les évolutions des dernières décennies y sont expliqués simplement. Un passage explique en quoi le (dés-)équilibre entre les pouvoirs exécutif et législatif dans ce pays a pu conduire les ministres britanniques à se heurter aux habitudes fort différentes au sein des institutions intergouvernementales et supranationales de la Communauté européenne.

Par contre, dans cet ouvrage, peu de choses pour faire une série télévisée sur le monarque face au gouvernement et au parlement... Plutôt envisager la longue introduction de Robert Rhodes James (justement titrée « la politique de la survie ») sur les relations Rois-reines/Premiers Ministres depuis la Glorieuse Révolution de 1688.

En bref, ces deux séries me seront justes une excuse pour manger du pop corn et de la crème glacée, même si j'espère voir Claire Foy en pleine séance d'approbation de timbres-poste et l'oncle Cyrus préparait les siens en cas de mort prématurée de son neveu.

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