J'ai évoqué récemment la situation ou géopolitique ou foncière de Water Island, une petite île dans la rade de Saint Thomas, pile principale des Indes occidentales danoises devenues les îles Vierges des États-Unis par une vente en 1917.
Seulement, l'île Water avait déjà été vendue à une compagnie coloniale danoise en 1905 avant que le Département de l'Intérieur états-unien ne la rachète en 1944. Aucune source ne m'indique si Water Island était états-unienne mais propriété privée, ou dans un vide juridique héritage des compagnies coloniales ayant pu avoir le rôle d'État.
Les forces armées n'en faisant finalement rien, la guerre sous-marine allemande terminée et la dissuasion nucléaire imposant d'autres modes de combat (avion-espion et bombardier), les autorités fédérales acceptent de rendre l'île à l'utilisation indépendante et l'organisation administrative de ses habitants et propriétaires fonciers.
D'où son apparition sur ces cartes postales à vue touristique postées au début des années 1960, même si seule la correspondance peut indiquer si l'expéditeur a séjourné sur l'île puisqu'elles ont été oblitérées au bureau le plus proche : Charlotte Amalie.
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| Deux cartes identiques de l'arrivée du ferry de Saint-Thomas à la jetée de Water Island, éditée par Dexter Press, alors installé à West Hyak, État de New York. |
Parmi mes trouvailles auprès de vendeurs de cartes postales anciennes sur la plate-forme eBay, voici deux cartes postales de l'éditeur Dexter Press : l'arrivée du ferry reliant le port de Saint-Thomas à Water Island.
Sur la jetée, un groupe de trois hommes attende son arrivée, avec trois jeeps stationnées derrière eux. Un employé chargé de l'amarrage du bateau et du déchargement des vivres et consommables ? Deux propriétaires ou guides qui récupèrent ces biens et vont mener les arrivants vers leur logement de vacances ?
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| Au dos, des correspondances entre vacanciers et leurs proches en 1961 et 1963. |
Les expéditeurs racontent leurs vacances aux îles Vierges, un couple à une amie à Long Island en novembre 1961, l'autre à une destinataire à Los Angeles en mars 1963. Le tarif postal aérien est passé de cinq à six cents en deux ans. Le climat antillais en automne et en hiver semble parfaitement leur convenir.
En 1963, Roy apprécie particulièrement l'absence de taxe sur les liqueurs et le rhum à Saint-Thomas, le territoire étant dispensé d'impôts fédéraux depuis 1922. Il précise qu'il a bien fait la traversée et a nagé à Water Island.
En 1961, "D" utilise la majeure partie de sa correspondance à la gestion de son stock de vingt cartes postales acheté sur place et du peu qu'elle a finalement écrite et envoyée (six) : "no time for letter writing"... Comme Roy entre la plage, l'alcool détaxé et les fêtes ?
Elle prend le temps de remercier l'épouse de John (très traditionnel) de sa dernière lettre et signale la température fort clémente pour un début novembre : soixante-dix degrés fahrenheit, soit vingt-un celsius. D'après les archives météorologiques, après un été indien début novembre, la température a chuté vers quatre degrés celsius à New York, le temps que D termine ses vacances en couple.
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| L'affranchissement d'un timbre de poste aérienne de cinq cents en 1961. |
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| Un Washington d'un cent est nécessaire en 1963. Note : ce n'est pas la seule carte postale des îles Vierges que j'ai vu avec le timbre aérien à l'envers... |
Les affranchissements doivent sûrement être communs : un cent du premier président des États-Unis et un cinq cents de poste aérienne rouge à l'aigle en vol. Le bureau d'oblitération est Charlotte Amalie, le chef-lieu du territoire.
Pour le destinataire de 1961, le code postal est "Los Angeles 44".
Les codes postaux (ZIP code) sont introduits par la poste états-unienne le premier juillet 1963, à usage non obligatoire alors. Mais ce "Los Angeles 44" pré-date ce nouveau système général.
L'article de la Wikipédia en anglais m'apprend que l'administration postale avait déjà créée des codes de districts pour la gestion du courrier des plus grandes villes du pays, en mai 1943. L'idée était de faciliter le travail de postier et postière novice de ces territoires ou du métier alors que les employés habitués s'engageaient pour la Seconde Guerre mondiale.




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