lundi 3 mars 2014

La Roche-sur-Yon, préfecture sans timbre

Samedi premier mars 2014, Ouest-France signalait le soixante-neuvième congrès philatélique du Centre-Ouest, une des régions de la Fédération française des associations philatéliques (φFAP), à La Roche-sur-Yon.

Pour en parler et attirer des visiteurs, Michel Audureau, vice-président de l'Amicale philatélique yonnaise, a trouvé un biais intéressant : un collector de timbres personnalisés sur la ville-hôte, c'est classique, et le constat que le chef-lieu départemental vendéen ferait partie d'une courte liste de préfectures jamais objet d'un timbre-poste du programme philatélique national.

Cela ferait un joli concours dans un magazine philatélique : trouvez ces chef-lieux de départements actuels sans timbre. Déjà, en fouillant les recoins du massif Central : Mende en Languedoc-Roussillon, Aurillac en Auvergne, toute en Limousin ont eu un timbre.

Les arguments explicatifs de la non-timbrification et du pourquoi il faudrait permettent de comprendre pourquoi La Roche-sur-Yon n'a pas eu son timbre :

- de monsieur Audureau : pas d'appui de personnalités politiques lors des demandes de l'association auprès de La Poste... Un bon lobbying commence par de puissants soutiens. Après recherche, le soutien politique paraît être une vraie loterie : le bicentenaire de la ville en 2004 fut ratée par le programme philatélique, et pourtant, Luçon, en Vendée également, eut un timbre pour sa cathédrale. Quelle commémoration ou événement motivant ? Le démontage, restauration, remontage de sa flèche... Et pourtant, le programme dépendait alors d'un gouvernement de cohabitation de gauche, le maire de La Roche était du même bord, et pas celui de Luçon... Le soutien politique doit être plus complexe s'il justifie les timbres.

- de monsieur Audureau : une insistance sur le fondateur de la ville, Napoléon Bonaparte, sujet vendeur s'il en est. Oui, enfin, célébrer les créations législatives soit, les figurines soldats de plomb pour collectionneurs nostalgiques encore, mais célébrer un chef de guerre qui ne connut aucune limite jusqu'à ce qu'un empereur brûle sa capitale et qu'un royaume trouve une île assez isolée. Pas très politiquement correct, sauf si un autre des pays concernés par cette mémoire le souhaite.

- Enfin, timbrifier la Vendée... c'est aussi s'interroger sur le souvenir de la guerre de Vendée, pendant l'époque révolutionnaire. Certes, huit cents ans après, on a bien timbrifié en 2013 le ralliement au domaine royal de l'Auvergne et du Languedoc par la bataille et la croisade... Rien de plus positif sur l'attachement de ces deux ensembles médiévaux à la France capétienne ? La mémoire des Vendéens est-elle aussi à distance ?

En attendant, c'est l'illustrateur Benjamin Rabier, un natif de la ville qui aura la vente premier jour de son timbre à La Roche-sur-Yon, le 14 juin prochain, grâce à l'Amicale philatélique yonnaise.


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