lundi 24 juillet 2017

Aux marges économiques de la France

Après que leurs auteurs ont mené des recherches détaillées, deux articles récents de sites web permettent d'aborder deux histoires aux marges économiques de la France au début et à la fin du vingtième siècle : des poissons austraux aux roubles indochinois.


Hier, dimanche vingt-trois juillet 2017, sur le blog La Marcophilie navale, Jean-Michel Bergougniou  raconte par les courriers et les timbres les deux premières campagnes de pêche de 1981 et 1982 dans les eaux des îles Kerguelen, dans les Terres australes et antarctiques françaises.

Dans le contexte des conflits de pêche aux larges de Terre-Neuve et de la Norvège, la campagne expérimentale de l'été austral 1980-1981 permit d'étudier la ressource et aux navires de pêche d'évaluer la rentabilité de son exploitation. La suivante (1981-1982) ramena du poisson et, avec l'exemple du Zélande 2 de la Société nouvelle des pêches lointaines de Bordeaux, de suivre le parcours des navires de la France à l'océan Austral en passant par Suez.

Rafraîchissant... quoique la tramontane soufflant actuellement sur le Sud de la France évoquent les quarantièmes rugissant et les cinquantièmes hurlants affrontés par ces navires de pêche.


Restons dans les climats réputés frais, mais dans une ambiance de guerre civile.

La période entre les révolutions russes de 1917 et la stabilisation des frontières au début des années 1920 est complexe en Europe centrale, orientale et aux confins de la Russie en guerre civile (voir l'exemple des conflits entre Pologne et Ukraine). Mais, en Russie d'Asie, la situation fut tout aussi confuse.

Pierre, un des deux auteurs du site d'actualités Numismag, propose, depuis mercredi dernier le dix-neuf juillet, a un article de recherche sur les billets en rouble de la Banque de l'Indo-Chine en Russie à partir notamment des archives de cette banque conservées désormais par le Crédit agricole après de multiples ventes et fusion bancaire en France.

Début 1918, dans le but de contrôler la Sibérie, les alliés envoient troupes, matériels et aide financière vers les chefs et groupes qui leur paraissent les plus aptes à lutter contre les bolcheviks. Si la confusion entre Russes est grande, il en est de même côté alliés à lire le déroulement de la mission du général français Maurice Janin chargé d'abord de commander l'armée tchécoslovaque se trouvant là...
Un exemple de spécimen non émis de vingt-cinq roubles vendu en 2016 sur le site CGB.fr.
Pour revenir à la numismatique, l'article explique comment le gouvernement français décide de stabiliser la situation monétaire : les roubles impériaux que les bolcheviks impriment encore concurrencent les roubles du gouvernement renversé de Kerenski. Et à Omsk, la principale ville « blanche » de Sibérie, on envisage une émission souveraine de billets.

Pour rassurer les populations de l'Orient russe qui auraient à faire aux militaires français, il est demandé à la Banque de l'Indo-Chine d'ouvrir une agence à Vladivostock et d'émettre des billets bilingues et libellés en rouble, lié  par une parité fixe avec le franc français (un rouble pour soixante centimes). L'auteur signale le même stratagème par les Britanniques à Arkhangelsk.

En 1919, la Banque de l'Indo-Chine confie la création et l'impression à l'American Banknote Company qui comprend une allégorie au bonnet phrygien dans un médaillon entouré d'éléments de sécurité.

Cependant, les aléas militaires et politiques à Omsk empêcheront la mise en circulation de ces billets. Leur destruction a lieu en mai 1920 à New York... qu'ils n'ont jamais quitté. N'en restent que les séries spécimens circulant dans les ventes ou conservées dans les archives de la Banque de l'Indochine.

Un article passionnant. Bonne lecture !

1 commentaire:

Jean-François Paix a dit…

Très intéressant. Merci