Le jeudi seize avril 2026, les journalistes du média régional public Omroep Gelderland ont publié comment ils ont pu suivre l'emplacement d'une frégate de la Marine royale néerlandaise à la fin du mois de mars.
Les journalistes de Gueldre titrent avec provocation ce suivi d'un bâtiment de cinq cent millions d'euro avec cinq euros de gadgets : un traceur Bluetooth de base pour localiser objets égarés, une carte postale épaisse du genre à piles pour alimenter une puce musicale, deux timbres-poste, et le mode d'emploi du service postal des forces armées.
Une fois postée, la carte postale a suivi un chemin classique : centre de tri de l'opérateur national, une base navale, l'aéroport d'Eindhoven pour arriver en Crête.
Là, les journalistes ont pu confirmer l'arrivée de la carte à bord de la frégate grâce à la webcam publique du port d'Heraklion qui montre le navire à quai. Et son départ, le vingt-sept mars, correspond aux mouvements en mer du signal Bluetooth.
Environ vingt-quatre plus tard, probablement au tri ou à la réception du courrier, le signal du traceur n'est plus visible des journalistes. Sa dernière position est au large de Chypre, probablement à proximité du porte-avions français Charles de Gaulle et de sa flotte franco-européenne de soutien.
Porte-avions déjà victime des technologies connectées quand Le Monde a pu localiser un membre d'équipage faisant sa course à pied sur le pont en utilisant publiquement l'application pour smartphone Strava... et malgré l'alerte portée par l'Armée des États-Unis dont les bases, bien dissimulées sur les images satellites accessibles au public, ont pu être cartographiées par les courses, footing et jogging des troupes connectées, depuis quelques années.
Des experts en géopolitique et sécurité cyber s'inquiètent, dans le reportage néerlandais, des éléments immédiats : un courrier épais contenant une puce de géolocalisation a passé les mailles du contrôle postal militaire.
Ils sont aussi gênés par l'accès au grand public aux règlements sur les courriers entre familles et militaires sur le site du ministère de la Défense des Pays-Bas. Ce dernier répondant l'importance sur le moral de ce lien entre la nation et ses troupes. Se pose donc la question : faut-il limiter aux soldats et leur famille immédiate ce mode d'emploi ?
L'article évoque également une vidéo dans laquelle la poste militaire communique sur le traitement de sécurité du contenu des colis à destination des militaires... pouvant laisser comprendre que le courrier, lettres et cartes postales, n'est pas contrôlé par rayons X. D'où l'essai réussi des journalistes d'Omroep Gelderland.
En fin d'article, ceux-ci précisent qu'ils ne diffusent pas certaines informations précises et ont prévenu le ministère et les armées du résultat de leur enquête avant publication, leur laissant le temps de prendre des actions sur ce problème.
Ainsi, les cartes postales musicales et lumineuses à piles sont désormais interdites dans le courrier militaire des Pays-Bas.
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